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Corrigé du bac 2017 : SVT obligatoire

Série S – Centres Etrangers Afrique

BACCALAURÉAT GÉNÉRAL

SESSION 2017

SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE


SÉRIE S

Durée de l’épreuve : 3H30 Coefficient : 6

ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE

L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé.

Correction proposée par un professeur de SVT pour le site


www.sujetdebac.fr

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Partie I
La myasthénie

Après avoir décrit la réponse immunitaire aboutissant à la libération


d’anticorps, expliquer comment la production d’anticorps spécifiques
des récepteurs post-synaptiques rend difficile la contraction
musculaire chez un patient atteint de myasthénie.

Lorsqu’un agent infectieux pénètre dans l’organisme et commence à s’y


multiplier, on observe la mise en route très rapide de mécanismes de
l’immunité innée. Les mécanismes de l’immunité adaptative font suite aux
mécanismes de l’immunité innée, quand celle-ci a été insuffisante pour
éliminer un agent infectieux. Mais il arrive que les cellules de l’immunité, les
lymphocytes autoréactifs, n’aient pas été détruits ou inactivés, c'est-à-dire
qu’ils restent dans l’organisme et s’attaquent aux cellules de l’organisme. C’est
le cas de la myasthénie, où des anticorps spécifiques dirigés contre les
récepteurs post-synaptiques de la synapse neuromusculaire rendent cette
synapse inefficace et entrainent une faiblesse musculaire des membres.

Comment la réponse immunitaire aboutit-elle à la libération d’anticorps ? Et


comment la production d’anticorps spécifiques rend difficile la contraction
musculaire chez un patient atteint de myasthénie ?

Nous verrons tout d’abord la réponse immunitaire par voie humorale, qui est à
l’origine de la production d’anticorps spécifiques, puis en quoi ces anticorps
sont responsables de la myasthénie du patient.

1) La réponse immunitaire aboutissant à la libération d’anticorps

La contamination de l’organisme par un agent infectieux déclenche une


réponse adaptative humorale. Les premiers anticorps apparaissent 5 jours
après le contact avec l’agent infectieux.

Des cellules présentes dans l’organisme, les lymphocytes B (LB), possèdent


sur leur membrane des anticorps (Ac) membranaires. Tous les Ac portés
par un LB ont tous la même spécificité, c'est-à-dire qu’ils ne peuvent
reconnaitre qu’un seul antigène.

Ainsi, les LB spécifiques se fixent sur l’antigène porté par l’agent infectieux
par l’intermédiaire de leurs Ac membranaires spécifiques : cette étape est
la sélection clonale.

Dans le même temps, il y a eu sélection clonale de lymphocytes T CD4


spécifiques de l’antigène par leur récepteur T. Ils ont été activés et ils
sécrètent de l’interleukine. Cette molécule induit leur prolifération et leur
différenciation en lymphocytes T auxiliaire : LTa.

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L’expansion et la différenciation des LB :

Grace à leur récepteur T, ces lymphocytes T auxiliaires peuvent interagir


avec les LB qui exprime sur leur membrane un anticorps ayant reconnu
spécifiquement un antigène de l’agent infectieux.

En effet, grâce à leurs anticorps membranaires, les LB phagocytent l’agent


infectieux, puis expriment des antigènes de ce dernier associés aux
molécules du CMH. Sous l’effet de l’interaction avec les LT auxiliaires et des
interleukines sécrétées par ces derniers, les LB prolifèrent puis se
différencient en plasmocytes, cellules sécrétrices d’anticorps. Ces anticorps
libres sont spécifiques de l’antigène de l’agent infectieux qui a été à
l’origine de la sélection clonale.

Il y a donc eu coopération entre les lymphocytes T et les lymphocytes B,


afin que ceux-ci se différencient en plasmocytes sécréteurs d’anticorps.

Comment des anticorps peuvent-ils aboutir à une maladie comme la


myasthénie ?

2) L’origine de la myasthénie

Des anticorps spécifiques des récepteurs post-synaptiques peuvent parfois


être produits si les LB autoréactifs n’ont pas été éliminés lors de la
maturation du système immunitaire. Ils ont reconnu les récepteurs post-
synaptiques comme une molécule antigénique. Cette reconnaissance par
les anticorps membranaires des LB a déclenché la réponse adaptative
humorale. Les LB activés se sont ensuite différenciés en plasmocytes
sécréteurs d’anticorps.

Comment fonctionne une synapse neuro-musculaire et comment fonctionne


cette synapse chez un patient atteint de myasthénie ?

Au niveau de la synapse, la terminaison synaptique du motoneurone, le


bouton synaptique contient des vésicules renfermant de l’acétylcholine.
Cette molécule est un neuromédiateur.

L’arrivée d’un message nerveux au niveau du bouton synaptique provoque


l’exocytose des vésicules, et donc la libération de l’acétylcholine dans la
fente synaptique. La fixation du neuromédiateur sur son récepteur présent
sur la membrane de la fibre musculaire entraine une variation du potentiel
de membrane de la fibre, ce qui déclenche un potentiel d’action musculaire
à l’origine de la contraction de la fibre.

La quantité de neuromédiateur libérée est proportionnelle à la fréquence


des potentiels d’actions arrivés au bouton synaptique.

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Schéma de la synapse neuro-musculaire :

Que se passe-t-il dans le cas de la myasthénie ?

Schéma du fonctionnement de la synapse neuro-musculaire chez le


patient myasthénique :

Légende :

ACh : acétylcholine

RACh : récepteur post-synaptique à acétylcholine

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Une réaction immunitaire préalable a conduit à la production d’anticorps
spécifiques des récepteurs à acétylcholine.

Les anticorps spécifiques se fixent sur ces récepteurs bloquant le site où


doit se fixer l’acétylcholine. En conséquence, la fibre musculaire est moins
stimulée et donc se contracte faiblement voire pas du tout.

Cette difficulté à la contraction est un des symptômes de la myasthénie.

En résumé la myasthénie de ce patient est due à une maladie auto-immune.


L’organisme a produit des lymphocytes qui reconnaissent ses propres
molécules et déclenchent une réponse adaptative en s’attaquant à ses propres
cellules. Dans le cas de ce patient, il s’agit d’une réponse adaptative humorale.
Il produit des anticorps qui bloquent la transmission synaptique au niveau des
muscles en se fixant sur les récepteurs à acétylcholine.

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Partie II : Exercice 1
La recherche de lumière chez les végétaux fixés.

1. Sous l’effet d’un éclairement unilatéral, la croissance d’un coléoptile


est :
☐ plus importante du côté éclairé que du côté non éclairé.
× plus importante du côté non éclairé que du côté éclairé.
☐ la même du côté éclairé que du côté non éclairé.
☐ nulle du côté éclairé.

Remarque : Attention à lire attentivement la question et les réponses


proposées. En effet, la croissance du coléoptile a lieu des 2 côtés, mais elle
plus importante du côté non-éclairé car il y a davantage de distance à
parcourir pour atteindre la lumière. Sur le doc 1, condition 2, on voit bien que
la courbure de la zone A est plus large que la courbure de la zone B, donc la
surface A est plus grande.

2. Sous l’effet d’un éclairement unilatéral, la concentration d’auxine


dans un coléoptile est :
☐ plus forte du côté éclairé que du côté non éclairé.
× plus forte du côté non éclairé que du côté éclairé.
☐ la même du côté éclairé que du côté non éclairé.
☐ nulle du côté éclairé.

3. L’auxine est une hormone végétale qui :


☐ provoque une multiplication du nombre de cellules d’un coléoptile.
☐ provoque un raccourcissement des cellules d’un coléoptile.
× provoque un allongement des cellules d’un coléoptile.
☐ n’a aucun effet sur la longueur des cellules d’un coléoptile.

4. La croissance orientée d’un coléoptile s’explique par :


☐ un allongement plus important des cellules du côté éclairé et donc une
courbure en direction de la lumière.
☐ un allongement plus important des cellules du côté éclairé et donc une
courbure dans la direction opposée à la lumière.
× un allongement plus important des cellules du côté non éclairé et
donc une courbure en direction de la lumière.
☐ un allongement plus important des cellules du côté non éclairé et donc une
courbure dans la direction opposée à la lumière.

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Partie II : Exercice 2
Le contexte géologique de la Sierra Nevada

La Sierra Nevada est une chaine de montagne allongée parallèlement à la côte


ouest des Etats Unis et qui longe la vallée de la mort en Californie. On y trouve
des volcans aujourd’hui inactifs, ainsi qu’un vaste batholithe de roche grenue
formée en profondeur.

Quels sont les arguments qui permettent de montrer que cette région est une
ancienne zone de subduction ?

Document 1 : les roches magmatiques de la Sierra Nevada

Doc 1a : les roches volcaniques du volcan Aurora Bodie

La lame mince de cette roche, observée au microscope polarisant, montre


une structure microlitique caractéristique des roches volcaniques. Sa
composition minéralogique montre la présence de cristaux de feldspath
plagioclase, de biotite et des microcristaux d’amphiboles et pyroxènes.

Doc 1b : la composition minéralogique des principales roches magmatiques

A partir d’un même magma on peut obtenir des roches plutoniques et


volcaniques. Mais le magma a subit une différence de vitesse de
refroidissement à l’origine des 2 types de roches.

De plus la nature de la roche obtenue dépend de la teneur en silice du


magma et donc des roches. Ces roches auront alors une composition
minéralogique différente.

Les seules roches qui contiennent à la fois plagioclase + biotite +


amphibole + pyroxène sont la diorite et l’andésite. Comme notre roche est
volcanique, il s’agit donc d’une andésite.

Or cette roche volcanique est caractéristique du volcanisme des zones de


subduction.

Doc 2 : le batholithe de la Sierra Nevada

Doc 2a : cartographie de l’affleurement

Ce batholithe de très grande taille, parallèle à la côte, est constitué de


granodiorite. Il s’agit d’une roche de structure grenue, donc formée à partir
d’un magma qui a refroidit en profondeur.

D’après le doc 1b : la granodiorite ne diffère de la diorite que par l’absence


de pyroxène.

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Doc 2b : coupe géologique C-D

Le batholithe de la Sierra Nevada se trouve dans la croûte continentale.

Au point C, donc au niveau de l’océan Pacifique, on a une croûte océanique.


Néanmoins, on observe à la suture entre ces 2 croûtes des roches à
glaucophane sur une grande épaisseur.

Doc 2c : diagramme PT des minéraux de la croute océanique

Le domaine de stabilité de la glaucophane est compris entre 1 GPa, soit 20


km de profondeur et 60 km de profondeur, et des températures pouvant
être inférieures à 100°C.

Donc les roches observables aujourd’hui en surface au niveau de la marge


de la Californie sont des roches de la croute océanique qui se sont
enfoncées à plus de 20 km de profondeur : elles ont donc été subduites.
Puis une partie de la croûte océanique est remontée en surface, à la suture
entre croûtes continentale et océanique.

Doc 3 : tomographie sismique à l’aplomb de la Sierra Nevada

On observe sous la croûte continentale une zone du manteau plus sombre


(gris foncé et noir), où les ondes sismiques sont allées plus vite par rapport
à la normale, et cela jusqu’à 8 % plus vite pour la bande noire. La zone
noire a une forme plongeante sous la croûte continentale.

Or les ondes qui ont accéléré ont traversé une zone moins chaude et plus
dense. Ce qui signifie que la zone noire et gris foncé est moins chaude que
le manteau environnant et plus dense. Il pourrait s’agir d’un reste de
lithosphère océanique subduite sous le continent américain et qui est :

− plus dense que l’asthénosphère, ce qui est le cas dans une zone de
subduction (la densité est le moteur de la subduction).
− plus froide car elle se réchauffe plus lentement qu’elle ne s’enfonce.

En conclusion, on trouve dans la Sierra Nevada des roches volcaniques de type


andésite, caractéristique du magmatisme de subduction. Par ailleurs, la plus
grande partie du magma de ces zones de subduction refroidit en profondeur, à
l’origine de roches grenues de la famille des granitoïdes. Ces roches d’origine
profonde sont aujourd’hui en surface et forment un grand batholithe.

De plus, on observe à la suture entre océan et continent, des roches de la


croute océanique qui n’ont pu se former qu’en profondeur, donc dans une zone
de subduction avant de remonter en surface.

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Par ailleurs la sismique révèle sous la croute continentale un reste de
lithosphère plus dense et plus froid que le manteau environnant.

L’ensemble de ces arguments sont en faveur de l’existence d’une zone de


subduction où la lithosphère de l’océan pacifique était subduite sous la
lithosphère continentale américaine, puis cette subduction a cessé de
fonctionner. La Sierra Nevada est donc une ancienne zone de subduction.

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