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- — . — - L A H O U I L L E BLANCHE .

, , ____ 127 —

elle ne supporte que 900. La propagation de magnésie conte- toujours des conséquences très graves : arrêt prolongé de
nue dans le mélange influe aussi, la magnésie ayant une l'usine, dégâts causés parfois à la partie intacte de la con-
grande vitesse de dilatation suivant sa teneur en eau ; ainsi duite, au bâtiment de l'usine, à sa machinerie, aux terrains
pour résumer : la haute teneur en magnésie, la longueur de riverains, e t c . .
la conduite, une longue période d'emmagasinement, un cli- il est nécessaire, pour l'éconoimie, de réduire le plus pos-
mat aride, interviennent activement dans la rupture, si l'une sible l'épaisseur de ces conduites ; il faut pour cela connaître
de ces conditions avait été absente, l'accident sans doute exactement les pressions produites par les divers fonction-
n'eût pas eu lieu. Les remèdes à appliquer : faire des joints nements possibles du régulateur, et donner à la paroi de
d'expansion, immerger la conduite totalement pendant la conduite l'épaisseur juste suffisante pour que le métal,
une heure et demie à deux heures avant de la poser ; si elle sous l'influence de la pression statique augmentée des sur-
est petite cette précaution est inutile, mais il faut alors pressions, travaille au taux habituel de 8 à , 10 kgm. par
amener l'eau dès la pose et noyer la tranchée. 2
mm . La tendance actuelle de l'industrie est d'augmenter la
Des recherches faites en Californie, à climat plus humide, vitesse de l'eau dans les conduites : celle-ci ne dépassait pas
n'ont pas fourni de pareils exemples ; dans la vallée de Saint- récemment encore 2 à 3 mètres par seconde, on atteint au-
Joaquin ils sont nombreux, c'est l'influence du climat sec. jourd'hui, dans certains pays, 5 et 6 mètres par seconde ;
L'exemple est donc tout à fait intéressant pour nous, nous ce qui rend encore plus importante la question des coups de
ne uianquons pas, en effet, de régions sèches ; sans parler bélier. Néanmoins, cette augmentation de vitesse est limitée
du Midi de la France, les projets d'irrigation actuellement à par la perte de charge.
l'étude dans nos colonies africaines, Tunisie-Algérie particu- Les appareils de protection employés : réservoirs d'air,
lièrement, devront tenir compte de ce facteur. cheminées d'équilibre, viennent encore compliquer cette
élude.
(A suivre.) J. LEMARCHANDS,
En outre, les usines métallurgiques tendent de plus en
Agrégé de l'Université.
plus à l'emploi des presses hydrauliques, alimentées soit par
.*—— • ^jii—• • —
des chutes d'eau, soit par des pompes avec interposition d'ac-
cumulateurs ; on sait combien les coups de bélier sont vio-
L'ÉTUDE DES COUPS DE BÉLIER lents dans ces installations.
Nous allons résumer l'état actuel de cette question et indi-
DANS LES quer les méthodes employées dans l'industrie pour le calcul
C A N A L I S A T I O N S M É T A L L I Q U E S SOUS PRESSION de ces phénomènes, dans les projets de conduites forcées.
Nous diviserons les coups de bélier en deux classes dis-
tinctes : ondes se propageant .avec une vitesse finie, oscil-
RÉSULTATS OBTENUS PENDANT L A GUERRE lations en masse. A la première catégorie appartiennent les
phénomènes qui se produisent dans les conduites entière-
(SUITE) ment purgées ; à la seconde les conduites munies de réser-
voirs d'air, de cheminées d'équilibre, de parechocs, lor.sqpe
la dilatation de l'enveloppe et la compressibilité du liquide
Lès coups de bélier dans les conduites forcées. peuvent êlre négligées vis-à-vis des autres phénomènes.
On appelle « coups de bélier » les variations de pression Cette division_des coups de bélier est commode, mais arti-
qui prennent naissance dans les conduites sous l'influence ficielle, car souvent les deux catégories de phénomènes
du changement de vitesse de l'eau, provenant par exemple coexistent.
du fonctionnement du régulateur de la turbine alimentée. Quant aux conduites, certaines ont sur toute leur lon-
Ces phénomènes ont actuellement un grand intérêt en rai- gueur la même épaisseur, le même diamètre et la même
son du développement des installations hydroélectriques qui nature : nous les appellerons conduites à caractéristique
comprennent, sauf de très rares exceptions, des canalisa- unique. Le plus souvent, les conduites sont plus épaisses à
x
tions de grande importance ( ) dont la rupture entraîne leur extrémité aval et plus minces à leur extrémité amont ;

('} On peut dire que les conduites représentent une dépense comprise de chute, on rencontre fréquemment une conduite forcée partant de la
environ entre 1/12 et 1/5 de la dépense à engager Pour des installations prise d'eau même et aboutissant dmctemenl par Une faible petite aux
importantes, cette dépense varie de 500.000 trancs à 3 ou 4 000.000 de turbines. Nous citerons comme exemple l'usine de Champ dans l'Isère,
francs et même plus. où une conduite en charge de 4.500 m. de longueur totale et de 3 m. 20
de diamètre intérieur, exécutée partie en béton armé, partie en acier
Les conduites sont installées de plusieurs façons distinctes, que nous
doux, permet de réaliser une chute de 35 m. environ avec un débit de
allons résumer rapidement : 3
20 à25 m. emprunté aux eaux du Brac.
1° Bans les usines utilisant de, 1res fortes chutes, on rencontre w
3° Enfla dans certaines usines du l type, qui ont à fournir de l'énergie
après la prise d'eau un canal d'amenée à écoulement libre dont la en quantité variable, à chaque instant, ou, comme on dit, à faire face à
longueur varie couramment entre 1 et 10 kilomètres. Oe canal se termine des pointes, ta tendance actuelle est de mettre le canal d'amenée en
à son extrémité aval par une chambre de mise en charge d où partent charge. On évite ainsi les réglages à la prise d'eau en mettant on com-
des conduites sous pression à très forte pente, amenant l'eau aux moteurs munication directe, par l'ensemble du système en charge, la prise d'eau
hydrauliques. On peut trouver de très nombreux exemples de cette en rivière et la turbine, qui prend ainsi constamment et automatique-
disposition, depuis l'usine de Vouvry (Valais) avec sa chute*de 1.650 m., ment dans le cours d'eau la quantité d'eau dont elle a besoin. On peut
jusqu'à, pour prendre des exemples dans la région pyrénéennne qui nous ainsi créer à peu de frais des réservoirs de pointe dans le lit même de la
est plus familière, l'usine d'Orlu, de 20.000 chevaux avec une chute de rivière ou aux abords immédiats.
940 m., l'usine de Soulom appartenant à la Oie du Midi où des canaux Le système en charge se décompose ainsi en deux parties : une conduite
de 6 kilomètres et 4 kilomètres de longueur permettent de réaliser des longue et à faible pente pouvant attfindre 6 à 8 kilom. de longueur et où
chutes de 120 et atOm., l'usine de Sarranooha où un canal d amenée de la pression statique peut varier de 3 à 6 m . de hauteur d'eau à la prise
5.500 m. amène l'eau à une conduite où se réalise une chute de 50 m. jusqu'à 9 à 25 m. à l'extrémité aval; une conduite à forte pente, aussi
Les diamètres de ces conduites varient entre 0 m. 60 pour Orlu et courte que possible, dans laquelle se réalise la partie la plus importante,
2 m. 80 pour Sffrrancohn. de la chute. Pour faire les conduites dans les parties à faible charge, on
2» Dans des usines utilisant de faibles chutes avec de gros débits remplace le métal par le béton armé, plus économique et plus commode
(jusqu'à 6 etT m. de chute), il n'y a pas de conduite sous pression, ia pour l'exécution. Parfois une âme très mince en métal, destinée unique-
différence de niveau étant créée par un barrage et tes turbines prenant ment à assurer l'étanchéité, est enrobée dans une chemise en béton
directement l'eau dans le bief amont. Mais au-dessus de cette hauteur armé assurant la résistance.

Article published by SHF and available at http://www.shf-lhb.org or http://dx.doi.org/10.1051/lhb/1920027


m LA HOUILLE B L A N C H E -

elles sont constituées par dès tronçons d'épaisseurs différen- L'axe de la -conduite est horizontal ; le sens positif de
tes et parfois même de diamètres différents ; nous dirons l'axe des x est dirigé d'aval en amont, et par conséquent
que de pareilles conduites sont à caractéristiques variaules. opposé au sens positif de la vitesse ; les distances x sont
comptées à partir du distributeur.
I. COUPS DE BÉLIER DE LA PREMIÈRE CATÉGORIE L'équation des forces vives donne :
On trouvera dans l'Hydraulique de M. Boulanger, tome I I ,
dans un mémoire de M. Goupil paru en 1907 dans les An- dx
nales, des Ponts et Chaussées et dans le Rapport présenté
par M. Jouguet au Congrès de la Houille Blanche de i g i 4 , dans laquelle le terme v est tout à fait négligeable vis-
des bibliographies très complètes des travaux parus avant
au
191/i sur cette question. Parmi les auteurs, on peut citer : à-vis de
MM. Korteveg, Boussinesq, Resal, Joukowski, Râteau et sur-
Pour écrire l'équation de continuité, on exprime que la
tout MM. Allievi et de Sparre (*•). Ce dernier a, en particu-
différence des volumes d'eau qui passent à travers deux
lier, étudié d'une façon complète le cas des conduites à ca-
sections distantes de dx est égal au volume d'eau emmagasi-
ractéristiques variables,» qui n'avait jamais été abordé avant
née par suite de la coimpressibililé de l'eau et de la dilata-
lui malgré sa grande importance pratique.
tion de l'enveloppe ; on obtient ainsi :
Nous avons, nous-mêmes, dans des études poursuivies
pendant plusieurs années dans des usines de la région des
Pyrénées, en collaboration avec M. Gariel, Directeur des ^ = (1 + ? * ) ^
Etablissements Neyret, Beylier, Piccard, Pictet, et à l'Ins-
2
titut Electrotechnique ( ) de Toulouse, résolu plusieurs ques- En posant :
tions relatives aux coups de bélier que nous indiquerons 1 1 D J_
dans cet article. (3) et P = wy,
g e e E
Le problème des coups de bélier fait intervenir deux élé-
ments : la compressibilité du liquide et la dilatation de l'en- on a
veloppe. On néglige, en général, le frottement intérieur 3u Sy
Fimparfaite fluidité de l'eau ; on suppose que les composan- 57 ~
g
2X d-x 2
a M
tes transversales de la vitesse par rapport à l'axe de la
conduite pris pour axe des x sont nulles et que la vitesse dont les intégrales sont bien cortnues.
n'est fonction que de x et de t, c'est-à-dire la même, à On a donc les équations .
chaque instant, en tous les points d'une même section droite x x
de la conduite. On peut résumer en un mot le résultat fon- y = 1/0 +Pi [t
a a
damental auquel on arrive : l'étude des coups de bélier se
ramène à l'équation de d'Alembert des cordes vibrantes. x
F, H
a
1. Conduites à u n e seule caractéristique.
Ces équations montrent que les pressions y et les vitesses
1. Equations générales. —Nous allons indiquer comment v résultent de la composition de deux ondes, l'une se dépla-
MM. Joukowski et ÀlMévi ont traité ce problème. çant avec la vitesse + a, l'autre avec la vitesse — a i ). 1

Gonsidérons d'abord une conduite horizontale (fig. 1) ; Il est facile de voir que le paramètre a défini par (3) a les
- 1
dimensions d'une vitesse : U T .
Quand le tuyau est indéformable, E = *> ; on a alors « =
CL)
m
- 6 ; la valeur de a est de i . 4 2 5 à la température de i 5 ° .
de i5°.
M. Allievi a donné à la formule (3) l'expression :
9900
Pig. 1.
D
en A se trouve la chambre de mise en charge, en B le dis-
y/48,3 + K
tributeur.
où K = o , 5 pour le fer,
D désigne le diamètre de la conduite, supposé constant
K = j pour la fonte,
d'un bout à l'autre ;
K = 5 pour le plomb.
e son épaisseur supposée constante d'un bout à l'autre ;
E le module d'élasticité de la paroi ; Prenons par exemple un tuyau en tôle d'acier :
s le coefficient de compressibilité de l'eau ; D = i mètre, e=io ; m m

v et p la vitesse et la pression initiales ;


0 0
on a : ' a=998 6.m

v et p la vitesse et la pression au temps i ;


w le poids /spécifique du liquide. La valeur de a pour les tuyaux métalliques est en général
voisine de 1.000 mètres par seconde.
(*) A la fin de cet article, on trouvera une courte bibliographie des Néanmoins, elle peut être très inférieure à cette valeur ;
travaux cités. par exemple, la conduite de la Praz, dont le diamètre est
p) Nous avons conduit simultanément des expériences de laboratoire 2 mètres et dont l'épaisseur est h mm
dans le haut de la con-
surune chute artificielle de 17,3 m. et de quelques chevauxetde grandes duite, a une vitesse a de 329 mètres par seconde.
expériences industrielles dans une usine d'une puissance totale de
21.000 chevaux répartie entre deux chutes distinctes de 120 m. et 250 m.
de hauteur. (<) La vitesse d'écoulement de l'eau est négligeable vis-à-vis de a.
L A HOUILLE BLANCHE 429 —

Pour les tuyaux de caoutchouc du commerce, M. Allievi robinet ; on ouvre celui-ci pendant une durée très faible
5 5
trouve E compris entre 2 . 1 0 et 6.10 , ce qui donne des 2L
vitesses comprises entre 17 mètres et 29 mètres. Ce doit être vis-à-vis du temps — = @ que l'onde met pour aller de l'ex-
l'ordre de grandeur de la vitesse avec laquelle les pulsations trémité aval à la chambre de mise en charge et revenir.
du cœur se propagent-dans les artères. La diminution de pression est inscrite par un manomètre,
Revenons au système (4) ; au temps f = o , la vitesse dans qui enregistre ensuite cette variation de pression, réfléchie
la conduite est v au distributeur et la pression est y ; à
0 0 par l'extrémité amont (chambre de mise en charge), et
oe moment-là, il n'y a pas de surpression, on a donc : changée de signe, et ainsi de suite. On obtient ainsi dans
F , (0) = F , { 0 ) = 0 ; le graphique de la pression une série d'encoches, tantôt
dans un sens, tantôt en sens inverse, qui permettent de
y„ est la pression statique au distributeur. déterminer très commodément la vitesse a. Le temps est
La pression à l'extrémité amont de la conduite, c'est-à- mesuré par un diapason ayant comme période un centième
dire à la chambre de mise en charge, est également y ; en 0 de seconde, ou par une horloge qui permet d'actionner un
désignant par L la longueur de la conduite, on doit donc signal. Pendant cette détermination, la conduite étudiée
avoir, quel que soit t : reste fermée et les vannes compensatrices n'interviennent
pas.
F
Î0 + > a
0, (t>) La figure 2 indique l'enregistrement des variations de

ou
2_L
F (0 = -
8 F , U - a
2L
On pose ® = — ; c'est la durée d'aller et
retour de l'onde du distributeur à la chambre de Fig 2. — Détermination de la vitesse a.
mise en charge et de cette chambre au
distributeur.
pression. On voit à la partie supérieure du cliché l'inscrip-
On peut alors écrire, pour la pression y et la vitesse v au
tion du diapason ; au-dessous se trouvent les dépressions et
distributeur, en supprimant les indices de F :
surpressions que nous venons de signaler.
g = y 0 + F(f).-F(i- e), Soit-y0 la pression statique = 17 m. 3 d'eau, soit s la
vitesse de l'eau et y la pression à l'extrémité de la conduite,
t

v = v - ^ \ F \ Î ) + F (t
a
0
- «) au moment du maximum de la dépression ; on a, en adop-
tant la méthode de M. Allievi :
qui sont applicables à partir de l'époque ©.
On peut interpréter ces équations en disant que la pertur- Ui = y« + F, - * F 4

bation F se propage avec la vitesse a du distributeur à la a 1

chambre de mise en charge, se réfléchit sur celle-ci avec d'où


changement de signe et revient au distributeur. m
Prenons maintenant un point d'abscisse x et considérons Uk = y» — (7)
g
les équations (4) et (6) ; en posant : 2L
A l'époque-^-, la dépression revient à l'extrémité aval,
a a mais elle est changée de signe' ; on a, à cette extrémité de
x 2L la conduite, une vitesse nulle, puisque le robinet est fermé,
on a F (* +
3
a ét une pression y donnée par les équations :
2

Les équations (4) deviennent donc, en supprimant les


^ - # o + F -F 2 0 0= - £ ( F 8 + F ); 4
indices de F : a
" 2 L - d'où
y = g o + F [ t - F (t—
a as m
Ui — Uo + 2
(8)
2 L — x S
V — UN - « aÎ F ( l + F (t-
a
On voit que la dépression brusque change de signe et
dont l'interprétation est évidente. que sa valeur absolue est doublée ; c'est ce que l'expérience
vérifie complètement, comme il est facile de s'en rendre
2. Détermination de la vitesse a. — Méthode de la dépres- compte sur la figure 2.
sion brusque. Vérification de l'état d'une conduite. — Dans En considérant de même les valeurs v , y , . . . , de la pres- s

les recherches d'Hydraulique, il est nécessaire d'avoir affaire 2 L 2 L


à une conduite bien définie, complètement purgée d'air ou sion aux époques Î X a , 3 x — a , etc., on a de même :
contenant des poches d'air de volume connu, en des points
déterminés. y3 = Fo + F 3 - F , a F + F = 0,
3 A

Pour savoir si une conduite est complètement purgée d'où


d'air, et en même temps pour déterminer la vitesse a de «e „ as
F =
3 - (9)
propagation de Fonde dans la conduite, nous employons
la méthode de la dépression brusque, imaginée et étudiée
par l'un de nous. A l'extrémité aval, se trouve un petit tf. = 0o + F 4 - F 3 , F + F = 0
I 3 }
— 130 LA HOUILLE BLANCHE

d'où 4. Fermeture lente. — Soit s la surface ouverte au temps


t du distributeur. Nous appellerons ( i ) la fonction repré-
F* yi = Uo + sentant g , S désignant la section de la conduite.
g
Pendant le premier intervalle de temps ® :
La deuxième encoche a une hauteur double de la pre-
mière ; à partir de la deuxième, toutes les encoches sont
pareilles : c'est bien ce qu'indique la figure 2. y — yn + F- «S = m ;
Les valeurs trouvées par cette méthode concordent bien
avec la formule de M. Allievi ( 5 ) . v = v - 1 (y — y,) = u <>| = <]•
0 l/Tgl^+TJ,

3. Fermeture brusque et complète,


— Nous dirons qu'une
La pression est donnée par l'équation :
, 2L
fermeture est brusque quand sa durée est inférieure à — ;
cette fermeture est terminée quand l'onde revient à l'extré-
mité aval.
Les formules de la fermeture brusque sont les suivantes : 9 T
en désignant par y la pression statique, on a à la fin de la
0
0< / < — = H.
a
fermeture (époque o) une pression y dans la conduite satis- t

faisant aux relations :


On choisit pour y la racine inférieure à y + — • • 0

g
yi = y 0 + F; i 0 = v — 0 |F T )
Etudions maintenant ce qui se passe pendant le second
intervalle © ; écrivons :
i ) désignant la vitesse initiale de l'eau dans la conduite,
0

d'où : y = yo + F — F , 2 t

Fi = :
#o + (10) » = »» — f (F, + F,) - -| y TgJ.
g g
GF£0
Le coup de bélier est donc : \ - La pression est donnée par l'équation :
g
En désignant par y la pression à l'extrémité aval de la ce
2

2 L g
conduite à l'époque , on a :
2
+ (ffo + — — F )= 0
4 a v e c : 0 < f < 2 6.
y, = #0 + F - 2 F„ 0= v - 0 f (F, + F,),
D'une façon générale, on détermine la pression à une
me

6Tou : époque comprise dans le fe intervalle 0 par l'équation :

av
F = 0,
2 # = y»
2
n

y%
~ 2 y (~° + (2 k - 1) </„ - 2 +

On aura de même : «a*

y* = y<s + ~ '
g ' 2 ( » » - ! + + • . + y , ) ) = 0 (M)

0* = 0 o — — > etc. (A - •) e < ; < k e.


avec :

Fig o — Coup de bélier de fermeture dans un temps < 2 L/a.

La figure 3 donne le graphique correspondant aux for- L'expérience vérifie complètement ces formules.
mules précédentes. Les mêmes méthodes de calcul s'appliquent aux ouver-
Les expériences faites à l'Usine à gaz et à l'Institut Elec- tures .
trotechnique ont montré que le coup de bélier était bien
représenté par la formule : 5. Formules de M. de Sparre. Fermetures linéaires. —
Toutes les fois que le coup de bélier ne dépasse pas la
g ' charge, on peut employer pour calculer le maxima l du H
LA HOUILLE BLANCHE 431

coup de bélier les formules suivantes qui ont été données L'expérience vérifie bien les résultats ainsi obtenus.
par M. de Sparre :
Transmission intégrale. — Il est facile de voir que, dans
i° Dans le cas d'une fermeture brusque réduisant la
une conduite à caractéristique constante que l'on ferme en
vitesse de régime de v à v : a x
2 L
a v — v 0
un temps égal à , le coup de bélier se transmet intégra-
(12)
g 4 + av lement jusqu'à un point situé à une distance ~ de la cham-
2 gUo
bre de mise en charge. La figure 4 montre un exemple de
0
a Dans le cas d'une fermeture brusque réduisant la
transmission intégrale.
durée T, si < i , on a ' : {A suivre.) C. CAMICHEL,
l
gUo Professeur à ta Faculté des Sciences,
2fc Directeur de l'Institut éleclroiechnique de Toulouse.
n

2L (13) D. EYDOUX,
1 + Ingénieur des Ponts el Chaussées,
tgyo aT le
Ingénieur principal à la C du Midi.
Si > i , on a :
î
gy«

AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS
gT vh 0
(14)
1 DES

Ces formules sont très-utiles ; on les emploie constam- DIVERS SYSTÈMES DE TRANSFORMATION
ment dans les projets de conduites.
de courant alternatif à haute tension en courant continu
6. Réparlition du coup de bélier le long de La conduite. (SUITE)
— Celte question est très importante dans la pratique, les
ruptures de conduites se produisant parfois dans les parties
hautes. Pour calculer les pressions qui se produisent en un
CHAPITRE VIII
point quelconque "de la conduite, on peut employer la
méthode suivante : MOUVEMENTS PENDULAIRES

On commence d'abord par déterminer une fonction F (t) Le moteur synchrone et la commulatrice ont une com-
définie de la façon suivante : mune tendance aux mouvements pendulaires. Les commu-
Soit t < © : on a : tatrices, à cause de leur faible réactance, y sont toutefois
plus particulièrement exposées, surtout aux fréquences voi-
époque T, — 00 = ?I = F,
sines de 5o périodes.
époque - - f M, y* — 00 = -s = F, - F ,
Le pompage a l'inconvénient, lorsqu'il est trop accentué,
époque x + 2 0, y& -•0o = ?a = F -F,
8
de compromettre gravement la stabilité de marche des
î-
époque x + (h — 1)8, y — 00 = = k
F - F*_
fr
deux machines ; mais il a de plus, en ce qui concerne la
d'où : F = ft s + ?» +
f • . • + u- commutatrice, un autre effet particulièrement fâcheux. Par
la variation qu'il fait subir au flux transversal qui va de
l'induit aux pôles, en passant par les cornes polaires, il
provoque un déplacement de la zone neutre d'où peuvent
résulter des étincelles et parfois même des coups de feu.
Des quatre principales causes Q-) capables de donner nais-

(!) La commutatrice est encore sujette à pomper pour deux autres


causes qui lui sont particulières.
Si les enroulements des différentes phases de l'induit ne sont pas exac-
tement égaux et ne sont pas placés sur l'armature dans des positions
exactement semblables et symétriques les unes par rapport aux autres,
la charge ne se répartit pas également sur les différentes phases et la
machine a une tendance à balancer. Mais il s'agit là d'un vice qui ne se
rencontre plus guère dans les commutatrices actuelles, les constructeurs
^ — - V H
faisant toujours en sorte, pour obtenir le parfait équilibre des phases,
Fig. 4. — Transmission intégrale d'un coup de bélier que le nombre de celles-ci divise exactement, non seulement le nombre
de lames du collecteur par paire de pôles, mais aussi le nombre de rainures
En haut, diagramme pris à l'extrémité a%al ,
par double pas polaire.
en bas, diagramme pris au premier tiers amont.
D'autre part, la commutatrice produit du coté continu une tension
pulsatoire (de fréquence sextuple de celle du coui-ant d'alimentation poul-
Pour avoir le coup de bélier l à une époque t et en un ies machines triphasées et hexaphasées), due à la superposition des chutes
x
ohmiques relatives aux courants continu et alternatif. Quand le circuit
point de la conduite séparé du distributeur par une dis- d'utilisation est constitué par une batterie dîaccumulateurs, la tension
lance x, on applique la formule : pulsatoire représentant une fraction notable de la tension résultante,
produit pendant une période dm l'armature, plusieurs alternances sensi-
bles de la charge se traduisant par des impulsions •positives et négatives
2 L — x qui peuvent occasionner des balancements. Cet effet, toutefois, n'a pas
k ~ F f — F * été observé dans les installations sur lesquelles nous avons été documentés
a

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