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Chapitre 4 - Adduction des eaux

4.1 Introduction

On définit par adduction des eaux le transport des eaux brutes (non traitées) des zones de captage
aux zones d'utilisation. Cette définition n'est pas absolue car les systèmes d'adduction peuvent
parfois transporter de l'eau traitée comme c'est le cas pour la ville de Québec. Toutefois, dans la
plupart des cas, lorsque les distances à parcourir sont assez longues, on se limite à transporter de
l'eau brute.

L'exemple de système d'adduction de grande envergure reste certainement celui de l'état de


Californie. En effet, dans cette région 70 % des ressources en eau sont situées au nord alors que
plus de 77 % de la consommation se trouve au sud. Ce vaste complexe comprend les éléments
suivants :

• 1 065 Km d'aqueducs

• 16 réservoirs

• 5 milliards de KWh de production

• 1 barrage de 213 m de hauteur de chute

• Un système d'élévation de 610 m pour le passage d'un col.

• 105 Km de canaux à ciel ouvert.

• De nombreux tunnels.

4.2 Types d'aqueducs

Les aqueducs peuvent être des conduites en charge, des canaux ouverts et des tunnels ou
galeries. Le choix entre ces diverses solutions est essentiellement économique, il s'agit de
déterminer la configuration la plus rentable eu égard aux éléments suivants :

• Topographie

• Charge hydraulique disponible

• Méthodes de construction

• Coût initial et d'exploitation

• Qualité de base de l'eau


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• Contamination lors du transport

Canaux à surface libre

C'est une méthode de transport à pression atmosphérique, le gradient hydraulique est égal à la
pente de la surface libre. Son choix est déterminé par :

• Une topographie permettant un écoulement gravitaire avec excavation et remblayage


minimum.

• Une hauteur de chute hydraulique suffisamment faible pour permettre de garder


l'écoulement en régime fluvial.

Ces installations doivent être étanches pour éviter la contamination et les fuites. On construit
donc en béton ou en bitume en utilisant des écrans d'étanchéité en butyle, en vinyle ou en toiles
synthétiques. Ceci offre l'avantage de la résistance à l'écoulement. Certains canaux, posés sur le
sol ou surélevés, sont construits en bois, béton ou acier.

Conduites

Elles servent à transporter l'eau sous pression. On les utilise généralement lorsque la topographie
ne permet pas de faire des canaux et que les hauteurs de chutes sont élevées. Construites en béton
précontraint, en acier, en fonte ou en fibrociment d'amiante, elles sont soit enterrées soit posées
sur le sol. Un aqueduc constitué en tout ou en partie nécessite l'utilisation d'un grand nombre
d'équipements annexes :

• Vannes de cantonnement

• Clapets non - retour

• Soupapes de purge (points hauts)

• Drains de vidange (points bas)

• Équipements contre les coups de bélier

• Joints d'expansion

• Joints d'étanchéité

• Trappes de visite

• Stations de pompage

Tunnels

Ils permettent la traversée de montages et de cours d'eau, ils peuvent fonctionner à surface libre
ou en charge. Leur faisabilité est liée à la qualité du roc.

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4.3 Considérations hydrauliques

Comme il s'agit de transport d'eau claire, les relations courantes d'écoulement en charge ou à
surface libre sont donc utilisées.

4.3.1 Écoulement en charge

Formule de Hazen-Williams

Surtout utilisée en Amérique du Nord, cette formule s'écrit :

V = 1,318 C R 0,63S 0,54 (4.1)

avec :
V: Vitesse en pied/s
C: Coefficient d'écoulement (sans dimension)
R: Rayon hydraulique en pied
S: = h/L, pente de la ligne d'énergie, rapport de la perte de charge h sur la longueur L

La version en système international s'écrit :

V = 0,8492 C R 0,63S 0,54 (4.2)

avec V en m/s et R en m.

Dans le cas d'une conduite circulaire, on obtient une formule de débit :


0,54
Q = 0,4322 C D2,63 h ( L) [S.A.] (4.3)

0,54
Q = 0,2785 C D2,63 h ( L) [S.I.] (4.4)

avec D, le diamètre de la conduite respectivement en pieds ou en mètres. Le tableau 4.1 présente


un programme sur calculatrice HP 11C pour évaluer n'importe quel des quatre paramètres Q, D,
h et L à partir de trois autres connus.

Le coefficient d'écoulement d'Hazen-Williams est directement proportionnel au débit et dépend


de la rugosité de la conduite, qui peut varier avec l'âge de cette dernière, en voici quelques
exemples types :

Matériau C

Fonte neuve 130

Fonte (5 ans) 120

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Fonte (20 ans) 100

Béton 130

Acier neuf 120

Ciment d'amiante 140

Chlorure de polyvinyle 150

Formule de Darcy-Weisbach

La perte de charge et l'écoulement peuvent aussi se calculer de façon plus précise avec la formule
de Darcy - Weisbach dans laquelle, contrairement à la formule précédente, le coefficient de
frottement varie en fonction du régime hydraulique caractérisé par le nombre de Reynolds :

f L V2
h= (4.5)
D 2g

ou encore, pour les conduites circulaires :

8f L 2
h= Q (4.6)
π 2 g D5

avec g, la gravité et f, le facteur de frottement. Cette formule est homogène sur le plan des unités,
le facteur f peut être déterminé sur le diagramme de Moody ou encore par la formule de
Colebrook :

1 ε D 2,51 
= −0,86 ln +  (4.7)
f  3,7 Re f 

avec ε, la rugosité absolue et le nombre de Reynolds :

€ VD
Re =
ν

où ν est la viscosité cinématique du fluide, pour l'eau à 20 °C, ν = 1,01 × 10-6.

Les pertes de charge locales sont généralement faibles dans les systèmes de transport, on ne les
considère que si elles sont significatives.

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Pertes de charges locales

Lorsqu’elles sont significatives, on doit prendre en compte les pertes de charge locales. C’est
particulièrement le cas pour les singularités comme les robinets-vannes dont la perte sert à
ajuster le débit tout en préservant une pression résiduelle.

La perte de charge singulière s’écrit :

V2
h = Cl (4.8)
2g

ou encore, pour les conduites circulaires :

€ 8Cl
h= 2 4
Q2 (4.9)
π gD

où C l est un coefficient déterminé expérimentalement qui dépend de la géométrie de la


singularité comme, par exemple, la forme de l’ouverture d’une vanne.

Diagramme d’énergie

Rappelons que dans tout système en charge, l’équation de Bernoulli s’applique entre deux points
A et B :

PA V2 P V2
+ z A + A = B + zB + B + ΔH (4.10)
γ 2g γ 2g

où :
P: Pression
€z: Élévation
V: Vitesse
γ: Poids volumique
g: Accélération gravitationnelle
ΔH : Perte de charge entre A et B

À partir de ce principe de conservation d’énergie, il est possible de tracer des diagrammes


d’énergie pour représenter la répartition de pression, de hauteur piézométrique, d’énergie de
vitesse (cinétique) et de perte de charge tout au long d’un circuit hydraulique en charge.

Illustrons cet aspect par quelques exemples :

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a) Conduite de diamètre variable entre deux réservoirs.

V2
2g

ligne ΔH
d'én
P ergie
γ
ligne
piéz
omé V2
triqu
e 2g

P
γ
A

z
B
z

Dans cette configuration, on peut évaluer le débit qui passe d’un réservoir à l’autre en utilisant
l’équation de Bernoulli (eq.4.10). Sachant que la charge dans le réservoir du côté A est :

PA VA2
HA = + zA +
γ 2g

et que, pareillement pour le côté B :

PB V2
HB = + zB + B
γ 2g

on obtient :

H A − HB = ΔH

La perte de charge totale est composée la perte par frottement dans la première conduite de
longueur L1 et diamètre D1, la perte par frottement dans la deuxième conduite de longueur L2 et
diamètre D2 et la perte singulière dans le rétrécissement :

8  f L1 f L2 C 
ΔH = 2
 5 + 5
+ l 4  Q2
π g  D1 D2 D2 

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d’où :

g ( H A − HB )
Q =π
fL f L2 C 
8  51 + 5
+ l4 
 D1 D2 D2 

b) Conduite entre deux réservoirs avec vanne de réglage du débit.

V2
2g
ligne d'énergie
ligne piézométrique

P ΔH
γ

V2
2g
P
γ

En raisonnant de la même façon qu’en b) on trouve :

8  f L Cl  2
ΔH = + Q
π 2 g  D5 D 4 

d’où :

π g ( H A − HB )
Q=
D2 fL 
8 + Cl 
 D 

Dans un robinet – vanne, le coefficient varie de près de zéro à l’infini.

c) Conduite
€ entre un réservoir et une sortie l’air libre.

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ligne d
'énerg
V2 ie
2g ΔH

P
γ ligne
piézo
métriq V2
ue
2g

Ici puisque l’écoulement sort en B à la pression atmosphérique, Pb = 0 et Vb est inconnu (comme


on n’arrive pas dans un réservoir dont le niveau est connu, le niveau de charge nette est inconnu).
On écrit alors :

 V2
H A −  zB + B  = ΔH
 2g 

En posant :
2
V2 = Q
A2

avec, pour une conduite circulaire :

π D2
A=
4

Il vient :

8  f L 2
H A − zB = 1+ Q
π 2g D 4  D 

finalement :

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g ( H A − zB )
Q=πD
 f L
8 1+ 
 D 

Conduites en série et en parallèle

Bien €
souvent, avant de faire l'analyse d'un réseau, il est nécessaire de le simplifier en regroupant
en série ou en parallèle un certain nombre de conduites pour former des conduites équivalentes.

Pour les conduites en série:


a) La perte de charge totale est égale à la somme des pertes de charge de chaque conduite :

hT = h1 + h2 + K + h j (4.11)
b) Le débit est le même pour toutes les conduites :

QT = Q1 = Q2 = K = Qj (4.12)
c) La perte de charge est liée au débit par une relation du type :

h = R Qn (4.13)

où le coefficient R est la résistance de la conduite. Cette résistance ne dépend que des propriétés
de la conduite c’est-à-dire la rugosité, le diamètre et la longueur.

Avec la formule de Darcy-Weisbach, on a :

8f L
R= et n = 2
π 2 g D5

Pour la formule de Hazen-Williams, on a :


1,85
 1  L
R=  et n = 1,85
 CHW β  D 4,87

β est le coefficient d'unités (β = 0,2785 (S.I.), β = 0,4322.(S.A.)).


Donc, en introduisant l'expression (4.13) dans (4.11) on obtient :

Re QTn = R1 Q1n + R2 Q2n + K + R j Qnj


d'après (4.12) :

Re QTn = ( R1 + R2 + K + R j )QTn
d'où:

Re = R1 + R2 + K+ R j

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Donc pour des conduites en série, la résistance équivalente s'exprime comme la somme des
résistances de chaque conduite :
j

Re = ∑ Ri (4.14)
i =1

Pour les conduites en parallèle :


a) Le débit total est égal à la somme des débits de chaque conduite:

QT = Q1 + Q2 + K + Qj (4.15)
b) La perte de charge est la même pour toutes les conduites:

hT = h1 = h2 = K = h j (4.16)
c) Le débit est lié au à la perte de charge par une relation du type:

Q = K hm (4.17)
où K est la conductance de la conduite. La conductance est liée à la résistance par la relation :

1
K=
Rm
avec m = 1/n.
Donc, en introduisant l'expression (4.17) dans (4.15) on obtient:

Ke hTm = K1 h1m + K2 h2m + K + K j hjm


d'après (4.16):

Ke hTm = ( K1 + K2 + K + K j ) hTm
d'où:

Ke = K1 + K2 + K + K j

Donc pour des conduites en parallèle, la conductance équivalente s'exprime comme la somme
des conductances de chaque conduite :
j

Ke = ∑ Ki (4.18)
i=1

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4.3.2 Écoulement à surface libre

Formules d’écoulement

La formule de Manning est certainement la plus utilisée pour calculer l'écoulement à surface
libre en régime permanent uniforme dans les cas où la pente est inférieure à 10% :

1 2 3 12
V= Rh S [S.I.] (4.19)
n

1,49 23 12
V= Rh S [S.A.] (4.20)
n

avec n, le coefficient de frottement de Manning, Rh le rayon hydraulique et S la pente d’énergie
qui est parallèle à la pente du fond pour un écoulement uniforme. Le tableau suivant propose
€ valeurs typiques du coefficient de Manning :
quelques

Matériau n

Béton 0,013

Brique 0,016

Tôle ondulée 0,022

Béton bitumineux 0,015

CPV 0,009

PEHD 0,012

La formule de Chézy est aussi fréquemment utilisée :

V = Ch Rh S (4.21)

Le coefficient de Chézy Ch est lié à celui de Manning par la relation :

€ 1 16
Ch = Rh (4.22)
n

En Europe, on se sert aussi beaucoup de la formule de Bazin, qui donne le débit, pour un
écoulement permanent uniforme à surface libre, par l'expression suivante :

87 Rh S
Q= A (4.23)
γ
1+
Rh

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où A est la section d'écoulement et γ le coefficient de frottement compris généralement entre 0,12


et 0,16.

La notion de hauteur normale est aussi importante car elle permet d’établir les conditions
d’écoulement pour un débit donné. En introduisant une formule d’écoulement dans l’expression
du débit, on obtient une relation dont seule la hauteur d’écoulement est connue. Avec l’équation
de Manning, on a :

A( yn ) 2 1
Q = AV = Rh ( yn ) 3 S 2
n

La résolution de cette équation non linéaire nécessite souvent l’utilisation de méthodes


numériques.

Par ailleurs, dans le but d’optimiser les dimensions de la section d’écoulement du canal, il faut
maximiser le rayon hydraulique en considérant que la forme de la section reste constante, donc à
minimiser le périmètre mouillé. Il s’agit d’une optimisation sous contrainte que l’on peut
effectuer grâce à la méthode des multiplicateurs de Lagrange.

Soit y, la hauteur d’écoulement et b, une largueur de la section d’écoulement. On pose la


fonction à optimiser :

F = P + λΦ

avec le périmètre mouillé P = f1 (b, y) et la contrainte Φ = f2 (b, y) − A = 0.


€ le système suivant
On écrit

∂€F ∂P ∂Φ €
= +λ =0
∂b ∂b ∂b
∂F ∂P ∂Φ
= +λ =0
∂y ∂y ∂y

On élimine λ du système et on obtient une relation entre b et y qui nous indique la proportion de
ces paramètres à respecter pour obtenir la section d’écoulement la plus efficace.

4.3.3 Stations de pompage

Les installations de pompage à plusieurs pompes seront vues au chapitre 7. Pour l’instant, nous
considérerons une équation liant le débit à la hauteur d’élévation, c’est la courbe de pompe.
Afin de satisfaire approximativement le comportement d’une pompe ou d’un groupe de pompes,
nous donnons à cette relation une forme quadratique valide uniquement pour Q > 0.

h p = h0 + BQ + CQ2 (4.24)
où :
hp : Hauteur d’élévation

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h0 : Hauteur de coupure
B: Coefficient
C: Coefficient

Notons que, lorsque cette équation sera couplée à un circuit hydraulique, il faudra considérer Hp
comme une perte de charge négative, c’est-à-dire comme un gain de charge.

100.0

90.0

pompe
80.0 perte de charge

70.0

60.0
gain de charge, h

50.0

40.0

30.0

20.0

10.0

0.0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
débit, Q

Fig. 4.1 – Courbe de pompe typique

La courbe des pertes de charge exprime la variation de la perte de charge en fonction du débit.
Elle contient la hauteur statique et la somme des pertes de charge qui dépendent du débit :

h =h s+ ∑ hi (Q) (4.25)
i
où :
hs : Hauteur statique
h: Charge totale à relever en fonction du débit
€ hi : Pertes de charge par frottement et locales
Q: Débit

Le point de fonctionnement (h,Q) est le point d’intersection qui satisfait simultanément la


courbe de pompe et la courbe des pertes de charge.

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Exemple

Une pompe est utilisée pour pomper l’eau d’un réservoir vers un autre, en faisant l’hypothèse
que les niveaux des réservoirs restent constants, établir le point de fonctionnement

h2

hp hs

h1 2

La courbe de pompe est donnée par :

h p = h0 + BQ + CQ2

La courbe des pertes de charge est donnée par :

€ h =h s+ ∑ hi (Q)
i

8 f i Li 2
avec , en utilisant la formule de Darcy-Weisbach, hi = 2 5
Qi = RiQi2
π gDi

Le point de fonctionnement s’établit pour h = hp, d’où :

hs + ( R1 + R2 )Q2 = h0 + BQ + CQ2 €

en regroupant les termes :

€ 2
( R + R − C)Q
1 2 − BQ + hs − h0 = 0

La solution est donnée par la racine valide de :

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B ± B2 − 4( R1 + R2 − C )( hs − h0 )
Q=
2( R1 + R2 − C )

qu’il suffit de porter dans l’une des équations des courbes pour obtenir la hauteur pompée.

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Tableau 4.1 - Formulaire de Hazen-Williams pour les conduites circulaires

Débit: Q = ßCD2,63 (h/L)0,54


Diamètre : D = (Q/Cß)0,38 (L/h)0,205
Charge : h = (Q/Cß)1,85 (L/D4,87)
Longueur : L = (Cß/Q)1,85 D4,87 h

C = coefficient de Hazen-Williams
ß = coefficient d'unités
ß = 0,2785 (S.I.)
ß = 0,4322.(S.A.)

Programme HP-11C

Calcul de :
Q D h L 1/Cß h/L Exposants
001 LBL A 015 LBL B 027 LBL C 041 LBL D 056 LBL 1 066 LBL 2 071 LBL E

002 GSB 1 016 GSB 1 028 GSB 1 042 GSB 1 057 . 067 RCL 3 072 .

003 1/X 017 RCL 0 029 RCL 0 043 RCL 0 058 2 068 RCL 2 073 5

004 GSB 2 018 x 030 x 044 x 059 7 069 ÷ 074 4

005 1/X 019 RCL 8 031 RCL 6 045 1/X 060 8 070 RTN 075 STO 5

006 RCL 5 020 YX 032 YX 046 RCL 6 061 5 076 1/X

007 YX 021 GSB 2 033 RCL 3 047 YX 062 RCL 4 077 STO 6

008 x 022 RCL.0 034 x 048 RCL 2 063 x 078 2

009 RCL 1 023 YX 035 RCL 1 049 x 064 1/X 079 .

010 RCL 7 024 x 036 RCL 9 050 RCL 1 065 RTN 080.6

011 YX 025 STO 1 037 YX 051 RCL 9 081 3

012 x 026 RTN 038 ÷ 052 YX 082 STO 7

013 STO 0 039 STO 2 053 x 083 1/X

014 RTN 040 RTN 054 STO 3 084 STO 8

055 RTN 085 ÷

086 STO 9

087 1/X

088 STO.0

089 RTN

N.B. : Le calcul initial des exposants se fait une fois, pour des raisons de précision, en exécutant la fonction E. Les
variables Q, D, h, L et C sont gardées dans les registres 0 @ 4. Il suffit de les initialiser avec les valeurs connues
pour ensuite appeler les fonctions A @ D pour calculer l'une ou l'autre des variables.

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4.5 Dimensionnement économique

Dans le cas des écoulements à surface libre, on cherche à minimiser le frottement pour un
matériau donné, en réduisant la surface de contact entre le fluide et le solide, c'est-à-dire en
cherchant, pour un débit connu et une pente donnée, le périmètre mouillé. Le choix du matériau
dépend des contraintes de coût d'achat et de mise en place.

Dans un système en charge, une forte tête d'eau permet d'obtenir une pente de ligne d'énergie
forte donc une conduite de diamètre plus petit et, par conséquent, moins chère. Par contre, si on
doit élever la charge en construisant un barrage ou une station de pompage, le coût croît. On
pourrait avoir donc tendance à réduire l'élévation de la tête d'eau quitte à augmenter le coût de la
conduite. En fait, dans la plupart des cas, il existe une combinaison pente/hauteur de chute à coût
minimal. L'exemple simplifié suivant permet de comprendre le principe.

La figure 4.2 représente un système d'adduction pour lequel il est nécessaire d'élever la charge
par pompage en A, à une élévation h, pour ensuite faire couler le débit par gravité de B vers C.
dans un tunnel de longueur L. Si h est grand la station de pompage sera chère, mais le coût du
tunnel sera réduit étant donné son plus faible diamètre. Inversement, si h est petit, le coût du
tunnel sera de plus grand. On porte donc en graphique le coût du pompage pour différentes
valeurs de h ou de la pente S = h/L, puis on répète l'opération pour le coût du tunnel ; ce qui est
représenté à la figure 4.3. La somme des coûts a un minimum qui fixe la pente donc la hauteur de
chute.

h
A C

Fig. 4.2 - Exemple de système d'adduction.

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Somme de coûts

Coût
A

T
D
Pompage

Tunnel B

T'

Pente
Fig. 4.3 - Graphique des coûts d'adduction en fonction de la pente

Il est intéressant d'interpréter les tangentes aux courbes de la figure 4.3. Sachant en effet que la
pente S = h/L et que L est constant, alors un incrément de pente dS = dh/L entraîne un incrément
de coût dC, Le rapport de ces incréments L dC/dS est donc la tangente T' de la courbe CD. T'
représente donc le taux variation du coût de pompage en fonction de la hauteur de pompage. Ce
taux est croissant car plus la pente augmente plus le coût augmente.

La courbe AB quant à elle présente les tendances inverses.

En fait, comme la dérivée d'une somme est égale à la somme des dérivées, nous cherchons
l'abscisse pour laquelle cette somme est nulle, c'est-à-dire la pente pour laquelle la tangente à la
courbe de la somme des coûts est nulle.

Dans l'exemple, les conditions optimales apparaissent lorsque T' = -T.

Lorsqu'un aqueduc est formé de différentes conduites en série et que la charge totale est connue,
on peut utiliser la méthode graphique des tangentes parallèles pour connaître les diamètres
économiques de chaque conduite (Fig. 4.4).

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Coût
C
1

C2

h h
1 2 Perte de charge
Fig. 4.4 - Illustration de la méthode des tangentes parallèles.

Connaissant la charge totale hT, on trace les courbes de coût en fonction de la perte de charge de
chaque conduite. Ensuite on trace des tangentes parallèles aux courbes de telle sorte que la
somme des pertes de charge correspondante soit égale à la charge totale. On procède alors par
itérations jusqu'à l'obtention d'une solution.

En fait cette technique est une application graphique de la méthode des multiplicateurs de
Lagrange ce qui permet de trouver l'optimum d'une fonction en respectant une contrainte.

Dans notre cas, la fonction à minimiser est la somme des coûts et la contrainte est donnée par la
perte de charge constante.

Les coûts de chaque conduite sont:

C1 = f1 (h1 ) (4.24)

C2 = f2 (h2 ) (4.25)

CT = C1 + C2 (4.26)

la contrainte s'exprime par:

Φ = h1 + h2 - hT = 0 (4.27)

et la fonction à optimiser:

F = CT + λ Φ (4.28)

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en appliquant la méthode de résolution, on écrit:

∂F ∂C1 ∂Φ
= +λ =0 (4.29)
∂h1 ∂h1 ∂h1

∂F ∂C2 ∂Φ
= +λ =0 (4.30)
∂h2 ∂h2 ∂h2

∂Φ ∂Φ
sachant que = 1 et que = 1, il vient:
∂h1 ∂h2

∂C1
+λ = 0 (4.31)
∂h1

∂C2
+λ = 0 (4.32)
∂h2

donc en éliminant λ on obtient:

∂C1 ∂C2
=
∂h1 ∂h2

Ce qui est bien la méthode des tangentes parallèles.

On peut généraliser ces techniques par l'emploi de la méthode d'Euler-Lagrange qui consiste à
trouver un point de singularité d'une fonctionnelle de type:

I= ∫ f ( x, y, y ′) dx (4.33)
L

où :
I: coût global du projet
€f: fonctions de coût liées aux paramètres hydrauliques
x: distance
y: charge
y' : pente

Ce qui peut se résoudre théoriquement par l'équation d'Euler :

∂f d  ∂ f 
−  =0
∂y dx  ∂y ′ 

En pratique, on utilise plutôt des méthodes numériques pour monter sur ordinateur, à partir de
ces éléments théoriques, des programmes d'optimisation pour lesquels la complexité du système
€ n'est qu'une question de volume de données.
à étudier

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GCI-20552 – Hydraulique urbaine © Jean-Loup Robert

Équipements Vie utile (an)

Aqueduc:

Barrage et tunnel 50 - 75

Conduite d'adduction 25 - 50

Usine de filtration 20 -.25

Conduite > 300 mm 25 - 30

Conduite < 300 mm 15 - 20

Poste de pompage 15 - 20

Pompe 5 - 10

Égout:

Conduite < 400 mm 20

Collecteur, intercepteur 25 - 40

Usine d'épuration 10 - 30

Station de pompage 10 - 20

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GCI-20552 – Hydraulique urbaine © Jean-Loup Robert

Exercices

4.1 Quels équipements retrouve-t-on généralement sur une ligne d'adduction en conduite ?

4.2 On veut déterminer la section la plus efficace (périmètre mouillé minimal) d'un canal
rectangulaire sachant que la vitesse d'écoulement ne devra pas dépasser 1 m/s, que la pente est
fixée à 0,8×10-4 et que le coefficient de Manning est de 0,013.

4.3 Quel débit coulera dans un aqueduc constitué de deux conduites en série de 400 et 800 m de
longueur et de 50 et 60 cm de diamètre sous une charge totale de 80 m.

4.4 Une ligne d'adduction est formée de 3 sections:


A-B 2000 m
B-C 1200 m
C-D 800 m

le débit à produire est de 16 m3/s avec une perte de charge totale de 11 m, le coefficient de
Hazen-Williams est de 100. Trouver les diamètres économiques pour les 3 sections en tenant
compte des coûts en $/m de conduite suivants:
diam 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 (m)
AB 240 282 322 397 466 591 $/m
BC 315 361 423 525 574 755
CD 423 453 535 623 659 902

4.5 Calculer le diamètre économique d'une conduite d'adduction de 2 km transportant un débit de


2000 l/s par gravité sur une dénivellation de 35 m et garantissant une pression résiduelle de 1
bar.(Chw=100).

4.6 Deux conduites d'adduction de diamètres de 30 et 50 cm et d'une longueur de 500 m amènent


parallèlement un débit maximum de 0,3 m3, on désire changer cette installation vétuste par une
seule conduite dont la capacité serait augmentée de 50%, quel devrait être son diamètre ?
(Chw=100)

4.7 Reprendre l’exemple a) en utilisant l’équation de Hazen-Williams au lieu de celle de Darcy-


Weisbach.

4.8 Si le niveau du réservoir amont de l’exemple de la section 4.3.3 est de 10 m et que celui du
réservoir aval est de 40 m, calculer le point de fonctionnent pour des conduites de 1 km de
long et de 50 cm de diamètre chacune (f = 0,02) avec une pompe de courbe h p = 40 − 5Q2 .

Quel résultat obtenez vous en utilisant la formule d’Hazen-Williams avec CHW = 100 ?

Si le niveau du réservoir amont est à 10 m de diamètre et qu’il contient


€ 10 m de hauteur
d’eau, combien de temps cela prend-il pour le vider ?

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