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Animaux venimeux et vénéneux

A/ Animaux terrestres dangereux :

I/ Serpents :
• 1- Espèces dangereuses :
 Protéroglyphes : cobras, mambas, serpent corail, serpents marins.
 Solénoglyphes : vipères, serpents à sonnette, crotales.
Pas Possibilité de Aglyphes
d'appareil salive toxique
pour
injecter le
venin

Ex : couleuvre de Montpellier
Opisthoglyphes
Appareil Possibilité
venimeux d'intoxication Petits crochets
capable dans certains postérieurs
d'injecter cas précis (fond de la
un venin gueule)

Protéroglyphes

Dent fixe
caniculée.
Certaines
espèces
projettent leur
venin à
plusieurs
mètres
Intoxications Solénoglyphes Ex : vipère
fréquentes
Crochet
caniculé à
l'avant

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• 2- Appareil venimeux : glande salivaire reliée à un crochet inoculateur dont la
structure varie.
• 3- Composition du venin :
 Enzymes : L-amino-acide oxydase (dépourvue de toxicité),
phospholipase, estérase, hyaluronidase (favorise la diffusion des
toxines), protéase.
 Toxines : cardiotoxines, neurotoxines.
 4- Symptomatologie :
 Symptômes locaux : inflammation, douleur, œdème, signes hémorragiques,
paresthésie, nécrose.
 État de choc.
 Troubles de la coagulation (vipères).
 Troubles neurotoxiques : paralysie flasque, mort par asphyxie.
 Complications à long terme : nécrose locale, atteinte rénale.
• 5- Traitement :
 Gestes de premiers secours :
- allonger et immobiliser le membre mordu.
- évacuation vers un centre médicalisé.
- gestes à proscrire : pose de garrot, incision locale, cautérisation, cryothérapie et la succion
de la morsure.
 Traitement médicalisé au niveau périphérique :
- interrogatoire et examen clinique.
- lavage et désinfection de la plaie.
- sérovaccination antitétanique.
- sérothérapie :
* envenimation peu bruyante mais évocatrice;
* envenimation sévère.
- traitement symptomatique.
 Réanimation :
- intervention chirurgicale.
- traitement des syndromes hémorragiques.
- syndrome cobraïque : ventilation assistée, diurèse.

II/ Scorpions :
• 1- Espèces dangereuses : Afrique du Nord
- Androctonus australis.
- Buthus occitanus.
• 2- Composition du venin :
- Enzymes : haluronidase.
- Toxines : neurotoxines, cardiotoxines.
• 3- Symptomatologie :
• Stade I : signes locaux, douleurs intenses.
• Stade II :
- signes locaux.
- signes généraux modérés : sueurs profuses, frissons, tremblements, sialorrhée, nausées.
• Stade III :
- signes généraux sévères : vomissements, priapisme, diarrhée, signes respiratoires.
• Stade IV :
- collapsus cardiovasculaire, coma.

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• Perturbations biologiques :
 Hyperglycémie.
 Hyperleucocytose.
 Acidose métabolique.
 5- Traitement et évolution :
 Évolution : sans séquelles après 24 H.
 Facteurs de risque :
- jeune âge.
- espèce.
- saison (été).
- temps écoulé entre la piqûre et la prise en charge.
 Traitement symptomatique :
- stade I et II :
 analgésiques.
 Refroidir la zone douloureuse.
- stade III et IV :
 Assistance ventilatoire.
 Remplissage vasculaire.
 Sérothérapie.
III/ Araignée :
• Mygale : Les plus grandes araignées du monde.
• Araignée au sens stricte : veuve noire.
Cosmopolites, les veuves noires (genre Latrodectus) possèdent un venin toxique pour
le système nerveux.
• 1- Symptomatologie :
- douleur intense locale.
- douleur locorégionale généralisée.
- sensation d’étouffement infarctus du myocarde.
• 2- Traitement :
- administration de calcium en IV.
- sérum anti-venimeux.
- sédation.

IV/ Insectes :
• Guêpes, frelons, abeilles.
• 1- Venins :
• Amines biogènes : histamine, catécholamines.
• Peptides spécifiques : millitine (abeille) à action hémolytique et
histaminolibératrices, kinines (guêpes).
• Enzymes : cholinestérase, protéase.
• 2- Symptomatologie :
• Piqûre bénigne.
• Réactions allergiques locales générales (choc anaphylactique).
• 3- Traitement :
- Réaction locale bénigne : application de compresse froide.
- Réaction générale :
 Injection de corticoïdes, d’antihistaminique.
 Remplissage vasculaire.

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V/ Autres insectes : Mille-pattes
 Certaines espèces sont venimeuses.
• Enveniment très douloureux.
• Réaction locale érythémateuse, œdémateuse avec nécrose (parfois).
• Traitement symptomatique.

B/ Animaux aquatiques dangereux :

• I- Invertébrés venimeux :
1- Spongiaires : éponges
• Quelques espèces venimeuses : Fibulia, Tedania.
• Accidents bénins essentiellement dermatologiques.
• Traitement :
- corticoïdes, anti-histaminiques.
- tremper la région blessée dans du vinaigre dilué.
- évolution favorable en quelques jours avec le traitement.

2- Cnidaires : méduse, siphonophores, coraux, anémones.


- Symptomatologie :
 Blessures.
 Réactions allergiques (choc anaphylactique).
 Siphonophores : contact des tentacules très douloureux.
 Érythème au niveau de la zone de contact puis éruption de papules
urticariennes blanches alignées sur la zone touchée par les tentacules.
 Évolution favorable en quelques jours.
- Mécanisme toxique et toxines :
Selon les espèces, tout l'animal est urticant (Pelagia …) ou seules les tentacules le sont.
Appareil venimeux :

o Tentacules tapissées de cellules vénéneuses (cnidocystes = nématocystes) et


équipées d'un filament urticant invaginé qui se déroule après stimulation
(contact, différence de pression osmotique...)
o Le tube venimeux s'implante dans la partie supérieure de l'épiderme et entraîne
la brûlure (effet mécanique et effet du venin).
o Venin de nature protéique complexe renfermant des polypeptides
enzymatiques aux propriétés toxiques et antigéniques.

Traitement :
- nettoyer la plaie.
- retirer les tentacules.
- laver la zone atteinte à l’eau de mer.
- neutraliser avec de l’alcool ou du vinaigre puis saupoudrer de talc.
- solution antiseptique, crème à base de corticoïdes, d’analgésiques, d’antihistaminique.
3- Mollusques :
a) Cônes :
Mollusques carnivores, les cônes s'attaquent généralement à d'autres mollusques grâce à une
sorte de langue rigide, la radula, dont les dents sont modifiées en aiguillons. La plupart des
cônes injectent à leurs proies, grâce à cette radula, un poison puissant, qui peut même être
dangereux, voire mortel, pour l'Homme.

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- Symptomatologie :
• Piqûre douloureuse.
• Paresthésie, œdème.
• Malaise général.
• Paralysie musculaire.
• Atteinte respiratoire paralysie respiratoire et mort par
asphyxie.
- Traitement :
• Allonger et immobiliser le membre atteint.
• Extraire la dent.
• Calmer la douleur.
• Assistance ventilatoire.
• Traitement symptomatique.

b) Poulpes : seiche (Sépia officinalis) pieuvre (Octopus vulgaris)


- Symptomatologie :
• Morsure peu douloureuse.
• Saignement local, fourmillement, œdème modéré,
vomissements, nausées.
• Évolution bénigne.
• Cas grave : faiblesse musculaire, troubles de vision, paralysie
des muscles striés, anomalies cardiovasculaires.
- Traitement :
• Assistance respiratoire.
• Traitement symptomatique.

4- Échinodermes : oursins
Les échinodermes sont caractérisés par la présence de plaques calcaires qui forment une
sorte de squelette. Chez l’oursin, elles constituent une coquille sphérique, en outre garnie
de piquants.
- Symptomatologie :
• Piqûre : pseudopanari.
• érythème, œdème localisé.
- Traitement :
• Enlever les morceaux d’épine.
• Désinfection, application d’antiseptiques.
• Antibiothérapie générale.
• Granulomes : excision chirurgicale.

II/ Vertébrés venimeux :


• 1- Raie venimeuse :
Caractérisées par leur forme de losange, ces raies se rencontrent couramment en
Méditerranée. Toutes possèdent une longue queue dotée d'un ou plusieurs aiguillons reliés
à des glandes à venin.
• Piqûre profonde et douloureuse.
• Œdème local nécrose.
• Surinfection.
• Symptômes généraux : lipothymie, angoisse, spasme musculaire, troubles
digestifs, hypotension, détresse respiratoire mort.

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• 2- Vives :
- symptomatologie :
• Douleur immédiate et intense.
• Œdème local.
• Signes généraux : algies, malaise vagale, nausées, agitation.
- Traitement :
• Désinfection de la plaie.
• Enlever les débris d’aiguillon.
• Vaccination antitétanique.
• antibiothérapie (infection).
• 3- Rascasse :
Douleurs intenses.

III/ Vertébrés vénéneux :


• 1- Ciguatéra :
Ingestion de chair de poisson contaminé par des toxines d’une algue unicellulaire
Gamberdiscus toxicus. Ex : mérou.
- Signes cliniques : quelques min. à 30 min.
• Signes digestifs.
• Troubles neurologiques périphériques : parésie.
• Asthénie, hypersudation, bradycardie.
• Évolution : persistance de la paresthésie et l’asthénie.

• 2- Intoxication par les scombridés :


• Ingestion de chair de poisson bleu mal conservé (thon, maquereaux, anchois, sardines)
qui est riche en histidine. L'histidine est décarboxylée en histamine par des bactéries
qui pullulent à la chaleur. Toxines thermostables.
Les troubles apparaissent à partir d'une concentration de 20 mg d'histamine / 100 g de
chair de poisson (grande sensibilité individuelle)

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• L'histamine est un effecteur de la réaction allergique, en aval du conflit antigène-
anticorps ici inexistant

- Signes cliniques : 10 min. à 3 H


• Vasodilatation, bouffée de chaleur.
• Céphalée, tachycardie.
• Éruption urticarienne.
• Troubles digestifs.
IV/ Invertébrés vénéneux :
• Mytilisme :
Ce syndrome survient suite à l’ingestion de coquillages filtreurs (moules, huîtres,
palourdes…) qui sont des animaux qui filtrent de grandes quantités d'eau et concentrent
des agents infectieux et des toxines. Sous certaines conditions climatiques, le plancton et
les microalgues prolifèrent et sécrètent des toxines. Les toxines sont thermostables. Les
signes cliniques sont :
- Troubles digestifs : 6 à 12 H après ingestion de coquillages contaminés provenant
d’une collecte "sauvage".
- Déshydratation.
Prévention :

o Pas de ramassage de coquillages en eau sale, colorée, putrescente ou dormante. Eaux


colorées = signal d'alarme
o Respecter les interdictions temporaires de commercialisation ou de ramassage
o Surveillance sanitaire des mollusques avec dosage des toxines