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Sommaire

1 L’auteur
◗ L’essentiel sur l’auteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
◗ Biographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Le Bourgeois gentilhomme
◗ Acte I ..................................................................... 11
Questionnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15, 26
◗ Acte II . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Questionnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37, 47, 53
◗ Acte III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Questionnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59, 73, 80, 92, 100, 108
◗ Acte IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
Questionnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117, 129
◗ Acte V . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
Questionnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138, 145
◗ Ballet des nations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
◗ Retour sur l’œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158

3 Dossier Bibliocollège
◗ L’essentiel sur l’œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
◗ L’œuvre en un coup d’œil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
◗ Le monde de Molière : absolutisme, noblesse et théâtre . . . . 166
◗ La genre de la comédie-ballet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
◗ Groupement de textes : L’art du ridicule : la vanité en spectacle. 175
◗ Lecture d’images et histoire des Arts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
◗ Et par ailleurs… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
L’essentiel
sur l’auteur
Grand auteur de théâtre du XVIIe siècle, Molière a également
été comédien et directeur de troupe. Il a surtout écrit et joué
des comédies, genre dramatique considéré alors comme
secondaire, qu’il a contribué à faire évoluer.
Sa devise était Castigat ridendo mores, ce qui signifie, en latin,
« Elle [la comédie] corrige les mœurs en riant ».

Les grands succès de Molière :


Les grandes comédies en vers
(Le Tartuffe en 1664 ;
Le Misanthrope en 1666)
et en prose (Dom Juan en
1665), les comédies plus
légères (Le Médecin malgré
lui en 1666 ; Les Fourberies
de Scapin en 1671), les farces
(Le Dépit amoureux en 1656)
MOLIÈRE
(1622-1673)

Ses contemporains :
Le roi Louis XIV, grand amateur Ses principaux
d’art, et son ministre Colbert. protecteurs :
Les auteurs de tragédies Pierre Successivement le prince
Corneille et Jean Racine. de Conti, gouverneur
Le fabuliste Jean de La Fontaine. du Languedoc (1653-
Les écrivains Cyrano de Bergerac 1658) puis Monsieur,
et Charles Perrault. frère du roi (1658-1665),
Les compositeurs Jean-Baptiste et Louis XIV lui-même
Lully et Marc-Antoine Charpentier. (à partir de 1665).

4 Molière
Acte I

1 L’ouverture1 se fait par un grand assemblage d’instruments ; et dans le


milieu du théâtre on voit un élève du Maître de musique, qui compose
sur une table un air que le Bourgeois a demandé pour une sérénade 2.

SCÈNE 1
MAÎTRE DE MUSIQUE, MAÎTRE À DANSER,
TROIS MUSICIENS, DEUX VIOLONS, QUATRE DANSEURS

1 MAÎTRE DE MUSIQUE, parlant à ses Musiciens. – Venez, entrez


dans cette salle, et vous reposez là en attendant qu’il3 vienne.
MAÎTRE À DANSER, parlant aux Danseurs. – Et vous aussi, de ce
côté.
5 MAÎTRE DE MUSIQUE, à l’élève. – Est-ce fait ?
L’ÉLÈVE – Oui.
MAÎTRE DE MUSIQUE – Voyons... Voilà qui est bien.
MAÎTRE À DANSER – Est-ce quelque chose de nouveau ?
Notes

1. ouverture : morceau par lequel débute 2. sérénade : pièce de musique vocale ou


le plus souvent une œuvre musicale instrumentale jouée en principe en plein
lyrique (opéra, opéra-comique, oratorio). air et de nuit ou le soir.
3. il : M. Jourdain.

Acte I, Scène 1 11
MAÎTRE DE MUSIQUE – Oui, c’est un air pour une sérénade, que
10 je lui1 ai fait composer ici, en attendant que notre homme fût
éveillé.
MAÎTRE À DANSER – Peut-on voir ce que c’est ?
MAÎTRE DE MUSIQUE – Vous l’allez entendre avec le dialogue2 ,
quand il viendra. Il ne tardera guère.
15 MAÎTRE À DANSER – Nos occupations, à vous et à moi, ne sont
pas petites maintenant.
MAÎTRE DE MUSIQUE – Il est vrai. Nous avons trouvé ici un
homme comme il nous le faut à tous deux ; ce nous est une
douce rente3 que ce monsieur Jourdain, avec les visions4 de
20 noblesse et de galanterie5 qu’il est allé se mettre en tête ; et
votre danse et ma musique auraient à souhaiter que tout le
monde lui ressemblât.
MAÎTRE À DANSER – Non pas entièrement ; et je voudrais pour
lui qu’il se connût mieux qu’il ne fait aux choses que nous lui
25 donnons.
MAÎTRE DE MUSIQUE – Il est vrai qu’il les connaît mal, mais
il les paie bien ; et c’est de quoi maintenant nos arts ont plus
besoin que de toute autre chose.
MAÎTRE À DANSER – Pour moi, je vous l’avoue, je me repais6 un
30 peu de gloire, les applaudissements me touchent ; et je tiens
que, dans tous les beaux-arts, c’est un supplice assez fâcheux
que de se produire à des sots, que d’essuyer sur des compo-
sitions la barbarie d’un stupide. Il y a plaisir, ne m’en parlez
point, à travailler pour des personnes qui soient capables
35 de sentir les délicatesses d’un art, qui sachent faire un doux
Notes

1. lui : l’élève qui compose la sérénade. 3. rente : revenu facile à obtenir et


2. dialogue : composition musicale pour régulier.
deux ou plusieurs voix accompagnées 4. visions : idées extravagantes, folles.
d’instruments qui se répondent 5. galanterie : élégance, raffinement.
alternativement. 6. repais : du verbe se repaître, signifiant
« se nourrir, se délecter ».

12 Le Bourgeois gentilhomme de Molière


Dossier Bibliocollège
Le Bourgeois gentilhomme

1 L’essentiel sur l’œuvre .............................. 164


2 L’œuvre en un coup d’œil ......................... 165
3 Le monde de Molière : absolutisme,
noblesse et théâtre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
4 Le genre de la comédie-ballet .................... 170
5 Groupement de textes :
L’art du ridicule : la vanité en spectacle . . . . . . . . 175
6 Lecture d’images et histoire des Arts ............ 184
7 Et par ailleurs… ...................................... 188
1 Fiches synthétiques
L’essentiel sur l’œuvre

Le Bourgeois gentilhomme Le thème de la pièce est


est une comédie-ballet. très simple et fréquent chez
Ce nouveau genre, qui Molière : un père veut imposer
mêle le théâtre, la musique à sa fille un mariage qui
et la danse, a été imaginé servirait sa manie (ici celle
par Molière en 1661 de devenir gentilhomme).
(Les Fâcheux) pour plaire La musique, les chansons et
au roi qui aime toutes les danses sont burlesques
les formes de spectacle et particulièrement bien
et particulièrement la danse. intégrées aux dialogues. Elles
se succèdent à un rythme
accéléré.

Le Bourgeois
gentilhomme

La pièce a été créée au


château de Chambord
pour le divertissement M. Jourdain, bon et riche
du roi le 14 octobre bourgeois, fait tout pour
1670, jouée plusieurs ressembler aux gens de
fois devant la cour, qualité. Son obsession le
puis représentée au rend ridicule car il ne sait
théâtre du Palais-Royal comment se comporter
le 23 novembre 1670, face à la mode, l’art,
devant le public parisien. la culture et l’amour.
Elle obtient un bon Il devient la proie d’un
succès. noble qui profite de sa
naïveté.

164 Le Bourgeois gentilhomme de Molière