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République du Sénégal

Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Ecole Supérieure Polytechnique (ESP)


Département Génie Informatique
Master Systèmes, Réseaux et Télécommunications

Module : Economie Numérique

Rapport sur le Commerce Electronique


au Sénégal

Présenté par : Professeur : Mr Niang


Madina BAL
Maty Dieng Classe: Master SRT
Ndeye Khady Diouf Seck
Mamadou Idrissa Niang
Mouhamadou Ndiaye

Année scolaire 2019-2020


Introduction

La téléphonie mobile, l’internet et d’autres formes de technologies de l’information et de


communication (TIC) peuvent présenter des avantages considérables pour les activités
commerciales courantes de bon nombre de petites et moyennes entreprises (PME) des pays en
développement. Ils ont déjà permis des gains de productivité dans plusieurs secteurs.

Cependant, les PME de ces pays n’exploitent pas toujours au maximum l’utilisation des
TIC. Les gouvernements et leurs partenaires, y compris le secteur privé, ont besoin de tirer
d’avantage parti des possibilités qui se font jour dans le nouveau paysage des TIC. En outre, les
gouvernements doivent faire en sorte que les utilisateurs bénéficient non seulement de leur
connexion à internet, mais aussi de tous les progrès technologiques qui peuvent accélérer la
circulation des données et contribuer à réduire les coûts pour le consommateur.

Or, au Sénégal, le commerce électronique est en plein boom. En 2015, il est apporté qu’un
million de sénégalais auraient effectué des achats en ligne. Cela prouve que de plus en plus de
sénégalais s’intéressent à l’achat de produits sur les sites e-commerce. Cela se trouve facilité
par les méthodes de paiement incluant le mobile Banking ou le paiement à la livraison.

Toutefois, on remarque aujourd’hui de nombreux acteurs qui se lancent dans le secteur du


commerce électronique au Sénégal. Mais combien on réellement comprit le marché ? Combien
ont réellement mis en place une stratégie basée sur la compréhension de leurs acheteurs ?
Connaissent-ils les risques et/ou les opportunités du commerce électronique ? Ces questions
nous amènent à faire une étude profonde du commerce électronique au Sénégal.

I. Contexte générale du commerce électronique


1) Définition du commerce électronique :

Le commerce électronique peut être définit comme étant la vente ou l’achat de


marchandises ou de services effectués sur les réseaux informatiques au moyen de méthodes
spécifiquement conçues pour la réception ou la passation de commandes. Même si les
marchandises ou les services sont commandés par voie électronique, le paiement et la livraison
n’ont pas besoin d’avoir lieu en ligne.

Une transaction commerciale électronique peut se faire entre entreprises, ménages,


particuliers, gouvernements et autres organisations publiques ou privées. Ces transactions
électroniques incluent les commandes passées sur le web, l’extranet ou l’échange électronique
de données. Le type de transaction effectuée est défini par la méthode de passation de la
commande. Les commandes passées par téléphone, fax ou courrier électronique tapé à la main
sont normalement exclues.

2) Pourquoi le commerce électronique ?

Grâce à sa flexibilité, sa large diffusion et au fait qu’une boutique en ligne est ouverte
24h/24 tous les jours de l’année, le commerce électronique devient chaque jour un outil de vente
plus important aux yeux des entreprises modernes. Même les entreprises les plus traditionnelles
exploitent désormais Internet afin de stimuler leurs ventes et se lancent dans l’aventure du
commerce électronique.

Au fil des nouvelles technologies, les sites de ventes en ligne possèdent des systèmes de
paiement de plus en plus sécurisés. Les sites e-commerces étant de plus en plus contraints à une
plus grande transparence quant à la non-diffusion des informations personnelles de leurs clients.
Les lignes hautes débit se sont démocratisées, et il est maintenant possible de recevoir un certain
trafic à moindre coût. Grâce aux médias présents sur internet, les internautes sont mieux
informés du risque totalement inexistant de commander des produits en ligne, et encore bien
d’autres raisons…

Le prix est plus attractif sur internet car les frais de fonctionnement sont moindres (pas
d’employé pour votre showroom, etc). La comparaison des prix de chacun des marchands peut
se faire très rapidement par le biais de comparateurs de prix. Les délais de livraison proposés
sont très courts (48 heures au max). Les produits peuvent désormais être réservés avant leur
date de commercialisation officielle.

3) Les types de commerce électronique

Le commerce électronique est une sous activité du e-business (utilisation de la technologie


Internet à des fins économiques). Or le e-business se divise lui-même en différents types, en
fonction des échanges d’informations qui se déroulent entre une entreprise et des particuliers.

Parmi ces différents types, dans la grandeur de ce secteur économique. Nous allons ainsi en
étudier les plus fondamentales.

a) Le B2B (Business to Business)

Le B2B est un commerce électronique inter-entreprise. Le B2B pur n’implique aucun


intermédiaire pour ce qui est des transactions. Les entreprises utilisent surtout le système EDI
pour communiquer entre elles.
Pour illustrer ce domaine, nous allons employer, à titre d’exemple, le site « Amazone ».
Ce géant du commerce électronique accroît sa notoriété et sa position de leader de la vente par
internet grâce à la National Retail Federation (NRF), qui a lancé une enquête de 8000 clients
vis-à-vis de la qualité de la relation client. Ces consommateurs ont classé « Amazone » en tant
que numéro 1. Suite à ce classement, de nombreuses marques telles que la chaine britannique
« Marks and Spencer » ou « Timex » le fabriquant de montres vont s’associer au site marchand
et vont partager leur logistique dans le but de vendre leurs produits à travers « Amazone ».

b) Le B2C (Business to Consumer)

Le B2C est un commerce électronique réalisé entre un commerçant et un consommateur.

Les meilleurs exemples pour démontrer ce type de commerce sont les entreprises
« Apple » (avec la vente en ligne des I-Pods et MACs) ou le site web « Amazon »

L’entreprise américain « Apple » s’est beaucoup diversifiée avec la vente des fameux
« I-Pods ». Suite à cette invention désormais qui a laissé les « Walkmans » à l’écart, l’entreprise
« Apple » a créé le « ITunes Music Store » qui est un magasin virtuel de musique. Ce système
de vente a connu un succès immédiat avec plus de 300 millions de morceaux vendus.

« Amazon » est également l’un des plus grands marchands sur la toile, leader du type
de commerce B2C avec 14,84 milliards de dollars pour chiffre d’affaire. Le site a réussi à
s’étendre exceptionnellement, débutant en tant que librairie en ligne pour terminer en tant que
l’un des meilleurs sites de ventes en ligne d’objets de toute catégorie.

c) Le C2C (Consumer to Consumer)

Le C2C est un e-commerce s’effectuant entre deux entités, qui sont les deux des
consommateurs. La pure plateforme C2C serait un site créé par un consommateur souhaitant
vendre ses biens.

A l’heure actuelle, le meilleur exemple pour accompagner cette notion de C2C est
« Ebay ». En effet, il serait le site le plus connu pour acheter et vendre des biens sous la forme
d’enchères. Par exemple, une personne peut proposer un ordinateur portable à un certain prix.
Par la suite, plusieurs individus vont alors offrir une certaine somme pour l’objet en question,
puisque nous parlons d’enchères. L’ordinateur sera vendu à la personne offrant la somme la
plus grande. Enfin, l’acheteur aura plusieurs modes de paiement disponibles, comme par
système PayPal, par carte bancaire ou par chèque.
Il nous est préférable de rappeler que divers autres types de relations dans cette modalité
de commerce ont été mis à la disposition de la société à travers les années. Toutefois, ces
derniers sont beaucoup moins convoités.

II. Le commerce électronique au Sénégal

Avec la percée sans précédent des services du numérique, l’on a assisté ces dernières années
au Sénégal à des séries d’innovations dans la quasi-totalité des branches d’activités de
l’économie, notamment dans les secteurs primaires, secondaire et tertiaire. Ce dernier semble
être plus touché par la transformation digitale qui a fini d’apporter une nouvelle configuration
au mode de consommation avec, surtout, l’émergence des plateformes de commerce
électronique les unes plus innovantes que les autres. Aujourd’hui, il est noté au Sénégal une
floraison de startups opérant dans le commerce électronique. Elles cristallisent toutes les
attentions et font l’objet de fortes convoitises en raison de leurs capacités à donner aux
consommateurs de nouvelles opportunités en termes de facilitation d’accès aux produits et de
la diversification des offres sur le marché.

1. Le commerce électronique et les réseaux sociaux :


Le commerce électronique est de plus en plus développé chez nous. Il faut le voir à deux
niveaux. D’abords, il y a la capacité des sénégalais à acheter. Ceci tient au fait d’avoir accès à
la connexion et aux moyens de paiement. De l’autre côté, pour ceux qui vendent, les plateformes
sont de plus en plus disponibles. Il y en a qui sont très connues. Les particuliers eux-mêmes, à
travers les réseaux sociaux, arrivent à faire du e-commerce. Cela se développe à une échelle
tout à fait appréciable. Car les freins que nous avions à l’époque, liés aux moyens de paiement,
aux coûts et à l’accès à internet, sont en train d’être levés. La particularité du commerce
électronique africain, c’est que le paiement se fait souvent à la livraison. Même les moyens de
paiement électroniques ne constituent pas réellement un frein. Puisque la plupart des sites font
le paiement à la livraison.

2. Les opportunités du commerce électronique pour les acteurs


Ils ont directement accès aux consommateurs. Donc, ça permet l’émergence de nouveaux
marchands. Beaucoup de jeunes qui sont dans le domaine de l’artisanat, de la mode, etc, arrivent
à trouver des revenus grâce à ce commerce. Ils n’auront pas les moyens d’ouvrir une boutique
en ville dans un endroit bien placé. Mais sur le web, toutes les adresses ont le même coût. Il n’y
a pas de différence entre par exemple Fann-Résidence, Guédiawaye … n’importe quelle
personne peut valoriser son offre sur le web, pourvu qu’elle sache comment le faire. C’est
vraiment une opportunité pour l’emploi, l’entreprenariat des jeunes, ceux qui sont orientés dans
le commerce. Mais pas dans les services. Car dans ce secteur, c’est autre chose. Il faut avoir
une certaine crédibilité. On ne peut pas vendre un hôtel, si on n’est pas le propriétaire, or on
peut mettre en place une plateforme qui permet de faire des réservations. C’est dans ce
commerce électronique d’interface où nous avons une faiblesse des acteurs nationaux.

Aujourd’hui, nous avons l’exemple de Jumia qui est bien installé sur toutes les plateformes
d’interface. Jumia n’est propriétaire d’aucune boutique, d’aucune voiture, d’aucun hôtel. Mais,
aujourd’hui, c’est l’acteur majeur du commerce électronique. Car il est dans la logique
d’interface qui met en relation l’acteur et le client, d’où un acteur national pouvait le faire.
Toutefois, cela ne demande pas uniquement une plateforme technologique. Ce que tout le
monde peut faire. Cela demande de l’investissement sur le marketing, c’est ça la clé. C’est cette
dimension que les opérateurs minimisent souvent. Jumia n’est pas le premier opérateur au
Sénégal, mais il est aujourd’hui le plus important sur le marché. Il a un budget d’un million de
dollars partout en Afrique pour investir sur le marketing.

3. Les défis à relever pour l’expansion du commerce électronique au Sénégal


Nous sommes dans un commerce électronique descendant. Et c’est toujours un commerce
important. Le gros enjeu du e-commerce en Afrique, c’est faire en sorte que la valeur ajoutée
soit transposée ici. On peut prendre l’exemple du secteur hôtelier. Le Sénégal est un pays qui a
une grosse ambition touristique. Il n’y a aucune stratégie nationale qui a été menée jusqu’à
présent pour faire en sorte que la valeur ajoutée reste. Car, quand on parle de commerce
électronique, le plus important, c’est la valeur ajoutée et elle doit résider dans notre pays. C’est
là où se situe le défi et c’est là où on pense que les autorités doivent faire quelque chose.
Naturellement, elles ne peuvent pas se passer de ce déclic, pour permettre au commerce
électronique sénégalais et africain, d’une manière générale, de créer de la valeur et d’aller dans
le sens de l’export aussi bien sur les services que sur les biens physiques.

Dans notre pays, l’Etat doit jouer un rôle précurseur pour pousser, encadrer, orienter le
commerce électronique dans le sens de l’intérêt de l’économie. Cela veut dire que, vu qu’il n’y
a pas d’acteurs de l’économie d’interface, l’Etat doit le faciliter. Il doit faire en sorte que les
valeurs du e-commerce soient descendantes dans notre pays. Il doit aider les entreprises à se
labelliser pour aller vers l’exportation. On a toutes les organisations qu’il faut. Il est aussi
nécessaire d’organiser les acteurs par rapport à cette problématique. Les gens n’ont besoin de
personne pour introduire une offre. Ils ont des cartes visa, et ont accès à tout. Si l’Etat laisse
ainsi les choses, il va avoir un déficit et même une évasion. Car, les gens qui paient avec des
cartes visa, ce sont des montants qui vont au-delà même de la capacité de contrôle de la Banque
Centrale. C’est très important que l’Etat soit stratège sur cette question. Puisque les acteurs
économiques eux-mêmes ne le sont pas.

III. Importations et Exportations avec le commerce électronique


1. Exportations de services de commerce électronique
Le Sénégal a perçu très tôt le potentiel de croissance que représentait le secteur des services.
Par sa position géographique, la capitale Dakar dispose de sérieux atouts pour jouer le rôle de
centre de services. Le port et l’aéroport ont toujours joué un important rôle de transit par le
passé pour les pays limitrophes, faisant de Dakar une véritable plaque tournante du commerce
international. Le développement des télés services est favorisé par cet atout de Dakar, une
ville ouverte sur l’extérieur, mais également par des ressources humaines de qualité favorisées
par les nombreux instituts et universités tant publics que privés. Chaque année, l’ensemble des
établissements de formation professionnelle déversent sur le marché de l’emploi des centaines
de secrétaires, assistantes, comptables, informaticiens, artistes plasticiens, couturières et
stylistes, etc. qui constituent des ressources pour les entreprises de télés services. On peut en
effet énumérer brièvement quelques activités de télés services :

• Les télés services fonctionnels qui concernent les services aux entreprises caractérisés
par des prestations de services à distance : télé secrétariat, télé saisie, télé traduction,
télégestion, téléconseiller
• La téléinformatique : l’ensemble des prestations informatiques effectuées à distance
tels que : l’ingénierie, le développement de logiciels, l’installation et la maintenance, la
sauvegarde et l’archivage
• La télégestion et la télésurveillance d’équipements ou de réseaux
• Le téléenseignement
• La télémédecine (assistance médicale, diagnostic, transfert d’images pour traitement et
simulation)
• Les télés services d’information, de courtage, de médiation informatique

Sur le plan artistique on a observé ces dix dernières années, une explosion de la musique
sénégalaise sur la scène internationale avec les nombreux concerts organisés à travers le monde
par les musiciens sénégalais. Ces tournées musicales s’accompagnent d’une augmentation des
ventes de cassettes et de CD audio et vidéo. Aujourd’hui la technologie permet de vendre de la
musique sur demande à travers Internet.
Certains types d’arts plastiques marchent déjà bien à l’exportation, il s’agit notamment des
peintures « sous verre » qui retracent des scènes de la vie culturelle sénégalaise et qui sont bien
vendues aux Etats-Unis. En les incluant dans un catalogue électronique, elles pourraient se
vendre à travers Internet. D’une manière générale, les tableaux de peintres peuvent être
vendus par le biais du commerce électronique.
AGCS 2000 Commerce électronique 22 La mode africaine commence à être bien perçue dans
les pays du Nord. En l’adaptant aux goûts des consommateurs de ces pays, il serait possible
d’augmenter rapidement les ventes.
Déjà de nombreux sites Web offre toute une gamme d’habillements avec possibilité de choisir
le style et la couleur.
Les cadeaux fabriqués avec beaucoup de soins à partir de matériaux locaux peuvent également
être vendus dans un système de commerce électronique.
Déjà de nombreux touristes achètent ce type de produits lors de leur séjour au Sénégal. Le
tourisme est devenu le deuxième secteur économique du Sénégal avec des recettes de 100,1
milliards de FCFA en 1998. Or ce secteur est dominé par les tours operator installés dans les
pays d’exportation.
Avec le commerce électronique, les agences touristiques du Sénégal pourront se faire connaître
à travers Internet et vendre des circuits touristiques directement aux clients étrangers.

2. Importations de services de commerce électronique


Le Sénégal a plutôt une politique de promotion industrielle qui vise à attirer les investissements
directs étrangers dans le pays.
Sur le plan institutionnel, il existe tout un ensemble de dispositifs visant à attirer les
investisseurs. D’une manière générale, cette politique ne s’accompagne pas d’une limitation en
matière d’investissement sauf dans certains secteurs considérés traditionnellement comme «
stratégiques », notamment l’eau, l’électricité et les télécommunications. Mais aujourd’hui
les attitudes ont beaucoup changé vis à vis de ces secteurs qui sont pratiquement tous privatisés
avec cession partielle des actions de l’Etat à des partenaires étrangers.
Il n’en demeure pas moins que la SONATEL détient encore le monopole du téléphone local
et international même si l’entreprise a été privatisée avec une participation minoritaire de l’Etat.
Pratiquement tous les services à valeur ajoutée (y compris le commerce électronique) peuvent
être délivrés tant par les nationaux que par les étrangers sans aucune restriction.
La faiblesse actuelle de la largeur de bande passante sur la connexion Internet par rapport à
l’accroissement de la demande va rendre le trafic de plus en plus difficile et en même temps
limiter la possibilité de location de lignes car l’ensemble des lignes louées se partagent
actuellement la bande passante de 1 mégabits/s. Mais cette contrainte sera bientôt levée dès que
les négociations de la SONATEL avec les grands transporteurs (comme MCI) auront abouti.
Les contraintes que rencontrent les fournisseurs étrangers sont de type tarifaire. Bien que le
matériel informatique soit exonéré de droits de douanes, les équipements de télécommunication
restent encore soumis à un taux de 30%.
AGCS 2000 Commerce électronique 24 La complexité des procédures peut également être un
facteur limitant. A quoi bon gagner des minutes voire des secondes dans une transaction
internationale lorsqu’on perd par la suite des heures ou des jours dans les formalités
administratives et douanières ? Ce type de contraintes est en train d’être levé par le Trade Point
qui a mis en place un réseau télématique reliant les différentes agences gouvernementales
chargées de délivrer des certificats ou autorisations préalables à l’importation des marchandises
et qui automatise les procédures et la circulation des documents du commerce extérieur.
IV. Inconvénients du commerce électronique au Sénégal
L’exploitation d’une entreprise de commerce électrique ne se limite pas à des arcs-en-ciel.
Comme le commerce électronique offre de nombreux avantages aux clients, aux entreprises, à
la société et à la nation, il reste encore certaines préoccupation a prendre en compte, et donc
on peut dire que ce modèle d’entreprise présente certainement plusieurs inconvénients tels
que :
• LE MANQUE DE COMPÉTENCES

Le manque de compétences est un frein majeur qui peut ruiner n’importe quelle boite
évoluant dans n’importe quel secteur. En effet, l’e-commerce, ce n’est pas seulement le fait de
posséder un beau site bien développé, c’est également toute une gamme de compétences pour
un excellent management de qualité inscrit dans la durée. Que cela soit un chef de projet web,
un traffic manager ou responsable acquisition client, un responsable logistique, ces trois
postes sont d’emblée des responsabilités clés pour un site e-commerce. Sans compter
également toute l’équipe commerciale, et les personnes ressources rattachées au chef de projet
web.

• LE PAIEMENT

Dans la zone CEDEAO, il n’y a pas plus de 20 % de la population qui est bancarisée.
Particulièrement au Sénégal, le taux de bancarisation tourne autour de 15 % (2014). Malgré le
fait qu’il y est eu une certaine dynamique de 2013 à 2014 avec un passage de 12 % à 15 %,
c’est un frein majeur. En effet, sans moyens de paiement réellement adapté au marché
sénégalais, tout site e-commerce au Sénégal peut fermer boutique. Malgré tout, aujourd’hui,
avec le dynamisme du mobile Banking, cet obstacle pourrait à long terme être dépassé.

Tout de même, il y a également la peur des acheteurs par rapport à la sécurité des transactions.
De nombreuses personnes ressentent le plus souvent un certain manque de confiance par
rapport aux transactions en ligne. Le paiement à la livraison proposé par la plupart des sites e-
commerce au Sénégal semblerait être une réelle solution. Quand même, la non-existence d’un
système d’adressage des rues demeure une réelle problématique.

La confiance envers le système de paiement est donc une grosse bataille qu’il faut gagner vis-
à-vis des acheteurs.

• L’INEXISTENCE D’UN CADRE JURIDIQUE

Cela représente une véritable menace pour l’e-commerce au Sénégal. En effet, sans un
véritable cadre juridique, appuyé par une volonté politique, il y aura toujours un énorme Gap
à remplir. Aujourd’hui, mise à part la loi sur la cybercriminalité et la récente signature de la
convention 108 par le Sénégal, l’acheteur en tant que tel ne dispose pas d’une certaine
sécurité lorsqu’il achète sur un site e-commerce au Sénégal. Or, l’existence d’un cadre
juridique bien peaufiné pourrait nourrir la confiance chez les acheteurs.
• PAS DE POSSIBILITÉ POUR LE CLIENT DE TESTER LE PRODUIT
AVANT DE L’ACHETER

Beaucoup d’internautes nourrissent une certaine peur par rapport au fait d’acheter un produit
en ligne, sans pour autant le tester. En fonction des domaines, ne pas avoir l’occasion de tâter
le produit, crée souvent une réticence chez l’acheteur. Par contre, avec une bonne organisation
sur son site internet, des descriptions détaillées et soignées, des images ou des vidéos, on
pourrait résoudre cette équation.

• LA LIVRAISON OU LA LOGISTIQUE

Lorsque la logistique n’est pas réunie, on ne peut pas effectuer des livraisons à temps voulu.
Le sénégalais est sociologiquement « impatient » et des délais de livraison longs sont des
contraintes qui ne l’attireraient point. Le récent épisode de Cdiscount a carrément soulevé ce
point. Lorsqu’il dispose de son argent et qu’il souhaite acheter, le consommateur sénégalais a
rarement le temps d’attendre encore 30 jours pour avoir son produit d’où la nécessité de revoir
et d’affiner son système de livraison et la gestion de sa logistique.

• L’ANALPHABÉTISME

C’est également un facteur à ne surtout pas négliger. En 2015, l’ANSD (Agence nationale de
la statistique et de la démographie) annonçait un taux d’alphabétisation de 44.8 % pour les 15-
59 ans. Veiller à ce que ce taux s’améliore permettrait d’augmenter les clients potentiels pour
le commerce électronique et bien plus.

Ce ne sont point les seuls obstacles à l’e-commerce au Sénégal, mais ils font partie des
problématiques les plus pesantes.

CONCLUSION

Le commerce électronique n’est pas uniquement un phénomène de mode, mais traduit une
profonde mutation de l’économie mondiale qui s’adapte à une société de l’information dans
laquelle les frontières deviennent de plus en plus poreuses, où les marchés traditionnels se
confondent dans un marché mondial et virtuel qui met directement en contact le producteur et
le consommateur. Le Sénégal, comme les autres pays africains, peut tirer des avantages de
certaines dispositions de l’AGCS sur l’assistance technique, mais également d’autres
programmes d’assistance comme le projet EC-DC de l’IUT qui vise à promouvoir le
commerce électronique dans les pays en développement. Pour ce faire il doit arrêter une
stratégie claire au niveau national et régional en vue des futures négociations de l’OMC. En
même temps il doit faire preuve d’un certain pragmatisme dans la mise en place des
différentes composantes du commerce électronique.

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