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Fiche cours

SCIENCES DE L’INGENIEUR FC.04

Modéliser et représenter le réel Dynamique

1) Introduction :

La dynamique est la partie de la mécanique qui traite des mouvements en relation avec les forces qui les
engendrent.

Au XVIIe siècle, Galilée énonce un principe simple :


Tout corps possède une certaine inertie qui l’oblige à conserver sa vitesse, à moins
qu’une force extérieure l’oblige à arrêter ce mouvement.

Newton fut le premier à formuler correctement le principe fondamental de la dynamique et la loi de gravitation
universelle.

Par la suite, Euler, d’Alembert, Lagrange, Laplace, Poinsot, Coriolis et Einstein apportèrent une contribution
importante au développement de cette science essentielle.

2) Lois de Newton :

1ère loi : Dans un repère galiléen, tout objet en état de mouvement rectiligne
uniforme n'étant soumis à aucune force extérieure, conserve son mouvement.

2ème loi : Force = masse x accélération

3ème loi : Tout corps soumis à une force exerce en retour une force de même
intensité et de direction opposée

3) Repère Galiléen :

Notion de repère absolu :


Pour que le principe fondamental de la dynamique soit correct, l’accélération aG doit être une
accélération absolue. Par commodité, l’accélération aG est généralement repérée ou déterminée par rapport à un
repère fixe lié à la terre (référence absolue). Cependant, la terre n’est pas un référentiel absolu (ou galiléen)
rigoureux mais approché.
Pour la plupart des problèmes de mécanique terrestre, cette approximation suffit et amène des erreurs
négligeables.
Pour un certain nombre de problèmes, faisant intervenir des avions, des fusées, des missiles ou autres soucoupes
volantes, il est parfois nécessaire de faire intervenir les accélérations dues aux mouvements de la terre.

Notion de temps relatif et temps absolu :


Dans l’équation de Newton, le temps est considéré comme une grandeur absolue, s’écoulant
inexorablement d’arrière en avant au rythme régulier indiqué par les pendules et les calendriers.
D’après Einstein, le temps n’est pas absolu mais relatif et dépend de la vitesse propre de l’observateur et de la
position finale de celui-ci. Cependant la notion de temps relatif n’est valable que pour des particules se déplaçant
à très grande vitesse (proche de la vitesse de la lumière (300 000 km/s).

Il existe trois méthodes pour traiter un problème de dynamique :


1. Par application du principe fondamental (loi de Newton)
2. Par utilisation des théorèmes relatifs au travail et à l’énergie (Energétique)
3. Par utilisation des théorèmes portant sur les quantités de mouvement et le moment
cinétique.

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4) Principe fondamental de la dynamique : (S)
(R)
Cas d'un solide "unité de matière" M

Ce solide (S) est si petit qu'il peut être considéré comme un point.
Le solide (S) est soumis à des actions extérieures se réduisant à une résultante extS . 
Soit :  =  .
Son mouvement est tel que :

 =m. Avec  en N
en m/s²
m en Kg (masse du solide)
Cas d'un solide quelconque

Soit un solide (S) quelconque de masse m. Contrairement au solide précédent, celui-ci peut subir des efforts en
différents points. Ceux-ci peuvent le faire tourner. Il y aura donc présence de moments…
En appliquant la démonstration précédente à ce solide, il suffirait de considérer celui-ci comme une somme de
points Mi de masses mi.
Le principe fondamental de la dynamique peut alors s'écrire :

C'est le torseur dynamique

C'est la résultante dynamique

C'est le moment dynamique

Remarque : Le torseur dynamique contient des relations difficilement utilisables par un élève de première et/ou
de terminale S SI. Nous allons donc uniquement nous intéresser au cas particuliers de la translation rectiligne et
de la rotation autour d'un axe fixe.

4-1) Cas du solide en translation rectiligne

G= Accélération du centre de gravité du solide en m/s²


PFD : extS = extS = Somme des forces extérieures en N
m = masse du solide S en Kg
/G

Trajectoire de G m. G
1

G 2
4 G

G G G

 ext = 1 + 2 + 3 + 4

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Remarque : la résultante  ext doit passer par G, sinon Il y a mouvement plan
Exemples :
1 – Sphère en chute libre : z
Une sphère de 1Kg est en chute libre, la résistance de l’air est négligée.

Bilan :  ext = (vecteur poids)


G

aG = 9.81 m/s² (accélération de la pesanteur) G

MRUA
PFD :  ext = m . d’où =m.

En projection sur l’axe z : P = m . g = 1 x 9.81 = 9.81 N P = || || = 9,81 N

2 – Navette spatiale
Une Navette spatiale est supposée à l’arrêt dans l’espace. Ces 3 moteurs sont allumés, la poussée de
chaque moteur est de F = 2 300 kN, les 3 poussées sont parallèles et leur résultante passe par G. Déterminons
l’accélération supportée par un astronaute, si la masse de l’engin est de 100 tonnes.

Bilan :  ext = 3 x (Poussée des 3 moteurs)

aG = ? m/s² (accélération de la navette)

m = 100 000 Kg

PFD :  ext = m . G

En projection sur l’axe z : 3 x F = m . aG d’où aG = = = 69 aG = 69 m/s²

Soit environ 7g ( = 7.033).

Principe de d'Alembert :
Le principe de d'Alembert prend en compte la "Force d'inertie" .
Cette force est opposée à l'accélération G et =-m. G.
La force d'inertie devient un effort extérieur et le principe fondamental de la dynamique peut alors s'écrire :

Câble
Cabine
/G

Exemple : Cabine d’ascenseur


Un homme de 80 kg se tient debout sur une balance dans une cabine
d’ascenseur à l’arrêt. Le moteur est mis en route et la tension du câble G
atteint la valeur de 900 daN pendant les trois premières secondes.
Les frottements sont négligés et la masse de la cabine (cabine + balance) G
G
est de 720kg.
Le centre de gravité G de l’ensemble est situé sur la verticale commune
aux actions et (poids de l'homme).
Si l’accélération est supposée constante, quelle valeur peut-on lire sur la
balance ?
Bâti Balance
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Résolution :

1) Isolons l’ensemble {cabine + homme + balance} :

Remarques : Les actions des rails sur la cabine ne sont pas prises en compte car elles sont perpendiculaires à l’axe
z (pas de composante sur z).

Le principe de d’Alembert s’écrit : total + + =  + –m G =

Et total = Cabine + Homme

En projection sur l’axe z on obtient : P + T – m aG = 0

[-(720 + 80) x 9.81] + 9 000 – (720 + 80) x aG = 0

aG = 1.44 m/s²

2) Isolons l’homme seul :

Bilan des actions extérieures :


Il est soumis à 3 actions : Son poids Homme (80 x 9.81 = 784.8 N)

L’action exercée par la balance

La force d’inertie (- mh . aG = - 80 x 1,44 = - 115,2 N)

On a : homme + + =

En projection sur z on obtient : Ph + B + FI = 0

D'où B = -784.8 + 115,2= 900 N

La masse mesurée par la balance est : = 91.74 kg (1.15 x son poids)

Exercices …

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4-2) Cas du solide en rotation autour d'un axe fixe

4-2-1) Premier cas : Le centre de gravité est situé sur l’axe de rotation

Hypothèses :
- Sa vitesse de rotation  en rad/s
- Son accélération angulaire  en rad/s²
- Le centre de gravité G est situé sur le centre de rotation.
- Ax et Ay sont les actions exercées sur le palier par la liaison pivot en N
- JG et le moment d’inertie du solide par rapport à l’axe (G,z) qui est aussi l’axe de
rotation en m².kg.

(extS) =
PFD :

/G(extS) = /A ext = JG . 

3 3

4
  4

 
JG.
y x
A G
G G
y 2 2
1 1

Remarques :  M/G ( ext) = M/G ( 1) + M/G ( 2) + M/G ( 3) + M/G ( 4) …

Pour un système de forces planes, on dispose de trois équations de projection :


  Fext/x = 0 (projection des forces sur x)
  Fext/y = 0 (projection des forces sur y)
  M/G (Fext)/z = JG  (projection des moments sur z)

Exemple : Essai sur véhicule


Dans un laboratoire d’essai de véhicule, on utilise un dispositif
à tambour pour déterminer les vitesses et accélérations des
véhicules. Les roues motrices de la voiture sont posées sur un
tambour de rayon R = 1m, longueur l = 2.5 m et moment
d’inertie JG ajustable. La masse totale du véhicule est de
2000kg, l’essieu avant supporte, au repos une charge de 1200
daN.
Quelle doit être la valeur de JG pour que le tambour se
comporte comme le véhicule au démarrage ou au freinage
(accélération tangentielle tambour at = accélération véhicule
aV.

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Résolution :
1) Isolons la voiture :
Hypothèses de départ :
- a est l’accélération du véhicule sur un sol horizontal et plat
- P3 est le poids de la voiture
- A1/2 et B sont les actions sur les roues
- FI = -m3.a est la force d’inertie au démarrage.

Le principe de d’Alembert donne :


3+ + 1/2 – m3 . =

En projection sur l’axe x on obtient : Ax1/2 – m3.a = 0 (A)

2) Isolons le tambour :

  ext = 1 + x + y – x – y =

  M/G( ext) = M/G(- x) = JG 

Remarque : Toutes les forces sauf Ax passent par G et ont donc un moment nul)

On a :  = or d’après les hypothèses  = car atA = a .


On a donc d’après l’équation (A) :  = [m3 étant la masse du véhicule]

L’équation  devient : Ax . R = (Ax / (m3.R)) . JG d’où JG = m3 . R²

4-2-2) Second cas : Le centre de gravité n'est pas situé sur l’axe de rotation

(extS) = m . G G = n+ t
PFD : Avec an = ².r
/G(extS) = JG .  at = at = .r
.r

3 3

4 4 JG.

t
m. t
G G
G
2 2 n m. n G
 r
y 
1 1
A x A A

y
x

Remarques : En projection sur (ou AG) :  Fn = - m . ² . r


En projection sur (perpendiculaire à ) :  Ft = m .  . r
L’équation du moment en G peut être remplacée par l’équation du moment en A :

 M/A (Fext) = JA .  avec JA = JG + m . r²

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Exemple : Vibreur à béton

L’appareil présenté sert à tasser le béton


liquide. Les vibrations sont produites par la
rotation d’un arbre excentré (excentration = 3
mm). Cet arbre est guidé en rotation par trois
roulements (3, 4, 5). La vitesse de rotation
maximale est de 10 000 t/min, la puissance
d’entraînement est de 1.5 kW et la masse de
l’arbre est de 2 kg. Fig.1

Déterminons les actions supposées par les roulements en A et B, à vitesse constante et le couple de démarrage si
l’accélération angulaire  est de 5 000 rad/s²
O
Résolution :

Isolons l’axe :
Détermination des actions en A et B à 10 000 tr/min

 = 0 ; at = 0 ; an = ².e ;  = (10 000 . ) / 30 = 1047 rad/s²*

 Fext = A4/1 + B3/1 = m . aG = - Fi (Fi : Force d’inertie sur l’arbre)


Fig.2
En projection sur x : 0 = 0.

En projection sur y1 : A4/1 + B3/1 + P = m . an

A et B sont symétrique par rapport à G, d’où :

A4/1 = B3/1 => 2.Ax + P = m.an => Ax = [2 x (1047² x 0.003) – (20 x 10)] / 2 = 3188 N

Détermination du couple moteur Cm si  = 5 000 rad/s²

Ecrivons l’équation de moment par rapport au point O


Le couple Cm est
défini sur l’axe O.
 M/O (Fext) = JO .  = (JG + m . e²) .  et JG = ½ m R² (R=15mm)
Les moments de A
et B sont nuls /O
car ils passent par Cm = ( . m . R² + m . e²) .  = m ( + e²) . 
ce point.
Voir fig.3
Fig.3
Cm = 2 ( + 0,003²) . 5000 = 1.215

Cm = 1.215 Nm

Calcul du moment d’inertie J d’un solide par rapport à un axe passant par son centre de gravité

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