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PROPRIETES DES ONDES ELECTROMAGNETIQUES

SOMMAIRE DU CHAPITRE

2.1. Introduction
2.2. Equation de Maxwell
2.3. Propriétés des ondes planes
2.4. Polarisation des ondes électromagnétiques
2.5. Lien satellitaire
2.6. Conclusion
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Bibliographie

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2.1 - INTRODUCTION

Ce chapitre résume les principales propriétés des ondes électromagnétiques se


propageant en espace libre. Son objectif est de montrer que tout milieu homogène peut
être caractérisé par un petit nombre de paramètres, et que le comportement des ondes
dans un tel milieu peut facilement être étudié.

2.2- EQUATIONS DE MAXWELL

La propagation des ondes électromagnétiques est une conséquence immédiate des


équations de Maxwell.

Ces équations déterminent les relations entre les variations des vecteurs champ
électrique E et champ magnétique H, dans le temps et dans l’espace, dans un milieu
donné.

Les équations de Maxwell peuvent être résumées par des phrases :

(1) Un champ variable B(t) engendre un champ électrique E à circulation non


conservative;
(2) Un champ magnétique est engendré par une variation temporelle d’un champ
électrique, ou d’un courant;
(3) Les lignes de champ électriques prennent naissance sur une charge ou y
aboutissent, ou sont continues;
(4) Les lignes de champ magnétiques sont continues.

2.3 – PROPRIETES DES ONDES PLANES

Il existe plusieurs solutions aux équations de Maxwell, qui représentent toutes des
champs qui peuvent être produits en pratique. Toutefois, elles peuvent être assimilées à
une somme d’ondes planes, comme illustré sur la figure 1.
Une onde EM est constituée d’un champ électrique E et d’un champ magnétique H.

Dans le vide, ces deux champs sont orthogonaux et transverses (perpendiculaires a la


direction de propagation) : c’est une onde transverse électromagnétique (TEM).

La direction de propagation est suivant l’axe des z, et son vecteur directeur est le
vecteur de Poynting.

Les deux vecteurs sont en phase dans le temps et dans l’espace.


Leurs amplitudes sont constantes dans le plan (x,y); le plan d’onde est un plan à
z=constante, parallèle au plan (x,y):on parle alors d’onde plane.

Les variations du champ électrique donnent naissance au champ magnétique qui, à son
tour oscille pour donner naissance au champ électrique. Cette interaction entre les deux
champs permet de transporter de la puissance. Ainsi, une modulation de l’une des
ondes permet un transport d’informations d’une source vers une destination, ce qui

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donne lieu à une liaison sans fil.

2.3.1. RELATIONS ENTRE LES CHAMPS

Le champ électrique peut être écrit sous la forme:


E = Eo cos(ωt – kz)x^, (2.6)
Avec :
Eo : Amplitude du champ;
ω = 2πf : fréquence;
k : nombre d’onde:c’est le taux de changement de phase de l’onde avec la distance,
c’est dire que la phase de l’onde change de k*r radians sur une distance de r mètres.

De même, le vecteur champ magnétique peut se mettre sous la forme


H = Ho cos(ωt –kz)y^, (2.8)
Avec :
Ho: Amplitude du champ magnétique;
y^: Vecteur unitaire dans la direction y > 0.

Dans les deux équations ci dessus, le milieu de propagation a été supposé sans pertes.

2.3.2. IMPEDANCE D’ONDE

Pour un milieu de propagation donné, le rapport des amplitudes des champs électrique
et magnétique est constant, de valeur Z: c’est l’impédance d’onde.
E Ex E μ
= = 0 = =Z (2.11)
H HY H 0 ε

Dans le vide, μ = μ0, et ε = ε0. Dans ce cas, l’impédance d’onde devient:


μ0 36π
Z = Z0 = ≈ 4π *10 −7 * −9 = 120π ≈ 377Ω (2.12)
ε0 10

2.3.3. VECTEUR DE POYNTING

Mesuré en Watts/m2, il définit la valeur et la direction du transfert de puissance.


Sa valeur instantanée est donnée par :
S = ExH * (2.13)
Habituellement, seule la valeur moyenne de la puissance transmise sur une période est
concernée.
L’expression de cette valeur moyenne met en exergue le fait que le trièdre (E, H, Sav)
est direct.

1
S av = E0 H 0 z
2 (2.14)

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2.3.4. VITESSE DE PHASE


La vitesse de phase est définie par :

ω 1
v= = (2.15)
k με

Dans le vide, cette expression devient :

1
v=c= ≈ 3 *108 ms −1 (2.17)
μ 0ε 0

2.3.5. MILIEUX AVEC PERTES


Jusqu’ici, seuls les milieux sans pertes ont été considérés. Lorsque la conductivité du
milieu devient significative, l’amplitude de l’onde diminue avec la distance parcourue
dans celui ci, puisque l’énergie perdue par l’onde est transformée en chaleur.
Les expressions de E et H deviennent :
E = Eo exp[j(ωt – kz) – αz]x^
et
H = Ho exp[j(ωt – kz) - αz]y^

α est la constante d’atténuation, qui dépend de la perméabilité, de la permittivité, de la


fréquence de l’onde, et de la conductivité σ du milieu.
σ, μ et ε sont les paramètres du milieu.

En conséquence, l’énergie des deux champs diminue exponentiellement, à mesure que


l’onde se propage dans le milieu, comme présenté à la figure 2.2.

La distance parcourue par l’onde lorsque son énergie initiale est réduite de 1/e = 36.8%
est son épaisseur de peau δ, donnée par : δ = 1/ α

Ainsi, l’expression de l’énergie du champ électrique en un point z, en fonction de sa


valeur initiale est :
−z
E ( z ) = E ( 0) e δ (2.21)

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Fig. 2.2. Variation de l’énergie de l’onde avec la distance et codes source sous
Matlab

E0=str2num(get(handles.edit1,'string'));
s=str2num(get(handles.edit2,'string'));
z=0:1/100:5;
E=E0*exp(-z/s);
plot(z,E,'linewidth',3);
zlabel('z'),ylabel('E(z)'),title('ENERGIE DU CHAMP ELECTRIQUE');
axis([0 6 0 (6/5)*E0]), grid;
box off

Illustration d’une onde plane et codes source sous Matlab

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2.4. POLARISATION DES ONDES ELECTROMAGNETIQUES

2.4.1. ETATS DE POLARISATION

La polarisation est l’alignement du vecteur champ électrique d’une onde plane par
rapport à la direction de propagation.

C’est en d’autres termes la propriété d’une onde électromagnétique qui décrit le lieu du
vecteur du champ électrique en fonction du temps pour une onde plane.
On distingue globalement trois types de polarisation :

¾ La polarisation linéaire;
¾ La polarisation circulaire;
¾ La polarisation elliptique.

La polarisation linéaire

Elle a lieu lorsque le vecteur champ électrique de l’onde plane garde une direction

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constante le long de l’axe de propagation tout entier. Dans le cas de la Fig. 2.1 ce
champ est parallèle à l’axe des X. L’onde est par conséquent X-polarisée.

Cette onde pourrait être générée par une antenne droite parallèle à l’axe des X.

Une onde plane Y-polarisée entièrement différente pourrait être générée avec la même
direction de propagation et recouvrée indépendamment de l’autre onde en utilisant un
couple d’antennes émettrice et réceptrice avec des polarisations opposées.

Ce principe est quelque fois utilisé dans les communications satellitaires pour fournir
deux canaux de communication sur la même liaison Terre satellite.

Si l’onde est générée par une antenne verticale (champ magnétique H horizontal), alors
elle est dite polarisée verticalement; une antenne filaire parallèle au sol (champ
électrique E horizontal) génère principalement des ondes polarisées horizontalement.

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La polarisation circulaire

On parle de polarisation circulaire lorsque deux ondes planes d’égale amplitude et de


polarisations orthogonales sont combinées avec un déphasage de 90°. Dans ce cas le
mouvement du vecteur champ électrique décrit un cercle centré sur le vecteur de
propagation.

Le vecteur champ fera alors une rotation de 360° pour toutes les longueurs d’onde. Les
ondes polarisées circulairement sont communément utilisées dans les communications
satellitaires, du fait qu’elles peuvent être générées et reçues en utilisant des antennes
orientées dans n’importe quelle direction autour de leur axe et ceci sans perte de
puissance.

Elles sont susceptibles d’être générés soit :

9 Circulairement à droite c’est-à-dire que le vecteur champ électrique rote dans le


sens des aiguilles d’une montre quand on regarde dans la direction de propagation
9 Circulairement à gauche dans le cas contraire.
La polarisation elliptique

Elle résulte d’une inégalité d’amplitude entre les deux composantes de l’onde ou d’un
déphasage différent de 90°

Le vecteur champ électrique rote toujours au même taux (360° toute les longueur
d’onde) mais varie en amplitude avec le temps

Dans ce cas l’onde est caractérisé par le rapport entre les valeurs maximale et minimale
du champ électrique instantané connu sous le nom de rapport axial AR

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Emaj
AR =
Emin

AR est positive pour une polarisation elliptique à gauche et négatif dans le cas contraire.

2.4.2 REPRESENTATION MATHEMATIQUE DE LA POLARISATION


Tous les états de polarisations illustrés à la figure précédente peuvent être représenté
par un champ électrique composé de deux ondes planes polarisés linéairement suivant
x et y respectivement et d’amplitudes Ex et Ey
E = E x xˆ + E y yˆ
Les valeurs relatives de Ex et Ey pour les 6 états de polarisation de la figure
précédente sont alors consigné dans le tableau suivant en supposant que l’amplitude de
l’onde est E0 dans tous les cas et où la constante complexe a dépend du rapport axial.
Le rapport axial est donné en fonction de Ex et Ey ainsi qu’il suit :
±1
⎡ 2⎤

⎢1 +
Ex
Ey
[ ( ) ⎥
cos arg E y − arg(E x ) ⎥]
⎢ ⎥
AR = ⎢ ⎥

⎢ E
Ey
[ ( ) ]
sin arg E y − arg(E x ) ⎥⎥
⎢ x ⎥
⎣ ⎦ choisit de telle manière que
L’exposant dans l’équation ci-dessus est

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AR ≥ 1

2.4.3 POLARISATION ALEATOIRE


Les états de polarisation vus dans les paragraphes précédents mettaient en œuvre la
somme de deux ondes polarisées linéairement dont les amplitudes étaient constantes.
Ces ondes sont dites polarisées complètement en ce qu’elles ont un état de polarisation
indépendant du temps.
Dans certains cas cependant les valeurs de Ex et Ey peuvent varier avec le temps de
façon aléatoire. Ceci pourrait arriver si les champs étaient créés en modulant un bruit
aléatoire par une onde porteuse de fréquence donnée.
Si les champs résultants sont complètement non corrélés, alors l’onde est dite non
polarisée complètement et on a la condition suivante

E ⎡⎢ E x E*y ⎤⎥ = 0
⎣ ⎦
Où E[.] désigne la valeur de la moyenne temporelle de la quantité entre crochets ou son
espérance mathématique
Dans la majorité des cas quand Ex et Ey sont partiellement corrélés, l’onde peut être
exprimé comme la somme d’une onde non polarisée et d’une onde complètement
polarisée. Elle est alors dite polarisée partiellement

2.5. LIENS SATELLITAIRES


2.5.1. Rappels sur la puissance électromagnétique

Un signal doit subir un traitement de modulation et d'amplification sur un canal de


diffusion, pour être ensuite réamplifié et démodulé en sortie de ce dernier. Lorsque le
canal impose au signal une forte atténuation avec un bruit constant, il est nécessaire de
recourir à des technologies de pointe qui lui permettront d'être reçu avec une qualité

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suffisante par le récepteur. Ce problème se rencontre notamment pour l'ensemble des


radiodiffusions, et devient critique dans le domaine satellitaire. En effet, le rapport
PR/PE entre la puissance reçue par le récepteur PR et celle fournie par l'émetteur PE
est de :

(2.22)

où on désigne par :

Geet Gr les gains respectifs des antennes d'émission et de réception,


c la vitesse de la lumière (3 x 10' m/s),
F la fréquence en Hertz,
r la distance en mètres.

Pour mieux manipuler ces ordres de grandeurs, une technique d'ingénierie classique
consiste à utiliser une échelle logarithmique. À chaque variable X est associée une
valeur en décibels XdB, donnée par :

Une quantité physique exprimée en décibels, par exemple la puissance (W) ou la


fréquence (Hz), sera anotée par le symbole « dB » suivi du symbole physique original
(donc, respectivement dBW et dBHz). Ainsi, 10 W correspondent
à 10 dBW, et 100 W à 20 dBW. L'équation 2.22 peut donc se réécrire en

2.23
où A0 est défini par :

2.24

et représente l'atténuation causée par la propagation du signal dans le vide (en anglais,
free space attenuation), la fréquence étant donnée en hertz et la distance en mètres. En
réalité, comme nous le verrons par la suite, la propagation dans l'atmosphère terrestre
engendre d'autres éléments de perturbation.

L'affaiblissement dû à la distance peut donc être très important. Il vaut typiquement 205
dB pour une transmission Terre-Satellite géostationnaire. Or, à titre d'exemple, une
bonne antenne parabolique (3,20 m de diamètre) apporte un gain réel de 40,2 dB
seulement ! À charge donc à l'émetteur et au récepteur de fournir la puissance et la
sensibilité nécessaires pour délivrer un rapport Signal/Bruit acceptable et ce, sans
déformation importante du signal. Nous voyons brièvement dans ce qui suit les
caractéristiques des terminaux d'émission et de réception.

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a) Émission

Un émetteur est un dispositif amplificateur raccordé à un canal de transmission. Son


architecture se schématise grossièrement de la manière suivante

Il se caractérise par les paramètres suivants.

Puissance de sortie

On distingue en général la puissance en régime de porteuse P, de la puissance de crête


Pp et de la puissance moyenne Pm.

Rendement

Gamme couverte

Les émetteurs utilisables sur une large bande ou sur plusieurs bandes de fréquence
demandent beaucoup de puissance, c'est pourquoi on préfère souvent fabriquer une
série d'émetteurs séparés. Par exemple, une antenne collective UHF (400850 MHz) se
comporte comme un émetteur pour ses utilisateurs. Compte-tenu des déperditions de
signal dans les câbles de l'immeuble, et du nombre de récepteurs à innerver, un parc de
100 personnes va demander un gain d'environ 80 dB, difficile à réaliser sur une bande
aussi large. La solution consiste alors à fournir autant d'amplificateurs qu'il y a de
chaînes TV, ce qui réduit drastiquement la largeur de bande à amplifier. De la même
manière, les bandes de fréquences émises par les satellites, d'une largeur typique de 2
GHz, sont transmises en petites bandes de 27 à 2 000 MHz. On imagine bien que ces
émetteurs auraient tendance à interférer. Se posent donc en général des problèmes
d'équilibrage de puissance entre les émetteurs, ainsi que de disposition de ces
différents éléments à l'intérieur du satellite (pour respecter un éloignement minimum)
afin d'éviter de telles perturbations.

Rayonnements non essentiels et stabilité en fréquence

La bande de fréquence hertzienne fait aujourd'hui l'objet d'un contrôle rigoureux. Il est
donc nécessaire de fournir une bande précise. Les rayonnements non essentiels sont
des composantes parasites générées par l'émetteur et peuvent venir de défauts à la
sortie de la modulation, de produits d'intermodulations (interactions entre émetteurs
voisins, de fréquences porteuses FI et F2 proches générant des signaux de porteuse
pFl + qF2), de facteurs de bruit divers intervenant dans l'un des étages de l'émetteur,
ainsi que du manque de précision de la fréquence porteuse fournie par l'oscillateur. Des
normes imposent actuellement à cette dernière fréquence d'être de surcroît très stable.
Ainsi, pour la bande 3-30 MHz, les tolérances de fréquence sont de 1, 5 x 10-6 pour les
émetteurs d'une puissance supérieure à 500 W, et de 5 x 10-5 pour les autres.

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b) Réception

Le processus de réception se schématise comme suit :

Comme en émission, on distingue un certain nombre de caractéristiques qui sont :

• Sensibilité. Plus petite valeur qu'il faut donner au signal d'entrée pour obtenir à la
sortie du récepteur un rapport Signal/Bruit déterminé. Ce rapport Signal/Bruit est
essentiellement donné par le domaine dans lequel on travaille. Nous verrons
dans la suite de façon plus précise qu'il est relié au débit et à la bande passante.
Pour donner un ordre d'idée, un rapport Signal/Bruit correct sera obtenu pour les
valeurs de puissance suivantes à l'entrée du récepteur:

Son discernable : 15 dBW,


Bonne qualité audio : 35 dBW,
Signal-vidéo : 45 dBW.

• Sélectivité. Écart de fréquence minimal entre deux stations que l'on peut
distinguer sans distorsion avec le récepteur.
• Fidélité. Aptitude du récepteur à fournir le signal de modulation sans distorsion.

Certains paramètres dépendent aussi de l'environnement de l'émetteur. Ainsi, la


température de bruit du système tient compte de la température effective à laquelle
opère l'émetteur, ainsi que des perturbations électromagnétiques générées par lui-
même ou par un autre appareil situé à proximité. Nous reviendrons sur ce paramètre
dans la suite.

c) Antennes

La qualité du lien peut être améliorée de manière spectaculaire par les antennes.
L'antenne s'attache à concentrer la puissance du signal dans la direction du lien. Elle
est caractérisée par son gain exprimé en dBi (le « i » vient de l'anglais isotropic, en
rapport avec l'antenne omnidirectionnelle, décrite ci-après). Plusieurs grandes
catégories d'antennes méritent d'être distinguées.

Les antennes omnidirectionnelles

Elles diffusent le signal dans toutes les directions. Ce type de diffusion peut aussi être
appelé isotropique, et sert de référence pour le gain. Ainsi, le gain de ces antennes est
de 0 dBi.

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Les antennes doublets ou dipôles

Ce sont des antennes en forme de tige. Leur longueur est en général de c/2F, où c
représente la vitesse de la lumière et F la fréquence d'émission en hertz. La direction de
la puissance maximale de radiation est donnée par le plan médiateur dans l'antenne.
Pour les points qui sont dans ce plan, le gain est typiquement de 2 dBi. Dans la direction
de l'antenne, par contre, quasiment aucun signal n'est émis.

Les antennes paraboliques

Ces antennes émettent le signal dans une direction unique. En contrepartie, le signal
transmis a un gain très important. Une estimation de leur gain est donnée par la formule

où µ est l'efficacité de l'antenne, F la fréquence d'émission en hertz et D le diamètre de


la parabole en mètres. Une efficacité raisonnable se situe autour de 6070%.

2.5.2. Budget de lien

Le budget de lien permet d'établir le rapport Signal/Bruit que fournit un système donné.
Dans cette optique, il s'agit d'évaluer l'ensemble des équipements d'émission et de
réception, ainsi que la qualité du transducteur, qui se constitue, dans notre cas, de
l'atmosphère terrestre et du vide. Il convient aussi de distinguer le lien descendant
(Satellite-Terre) du lien montant (Terre-Satellite), ce que nous ferons plus tard. Les
caractéristiques des systèmes de transmission peuvent être résumées dans le tableau
2.1.

Tableau 2.1 - Caractéristiques des systèmes de transmission.

Émetteur Récepteur
Gain de l'antenne d'émission Gain de l'antenne de réception
Pertes du guide d'ondes d'émission Pertes du guide d'ondes de réception
Puissance d'émission Température du bruit du système

Le canal de transmission (ou transducteur) est modélisé par :

• l'atténuation du signal due à la propagation dans le vide, A0, calculée par


l'équation 2.24 ;
• l'absorption atmosphérique, qui dépend des conditions météorologiques et de la
fréquence utilisée (de l'ordre du dixième de décibel par temps clair et pour des «
bonnes » fréquences, mais qui peut atteindre la centaine de décibels dans des
conditions hostiles) ;
• la largeur de bande requise par l'application.

Le budget de lien se calcule alors en trois étapes. La puissance du signal à la sortie de


l'émetteur est d'abord évaluée. On trouve ensuite la puissance du signal reçu. Puis le
rapport Signal/Bruit obtenu est déduit.

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a) PIRE de l'émetteur

La PIRE (Puissance isotropique rayonnée de l'émetteur, en anglais EIRP pour Effective


Isotropic Radiated Power) est la puissance de sortie de l'émetteur dans une direction
donnée. Elle est donnée par :

PIRE (dBW) = Puissance de transmission (dBW)


- Pertes du guide d'ondes d'émission (dB) (2.25)
+ Gain de l'antenne d'émission (dBi)

Les pertes du guide d'ondes concernent l'acheminement du signal vers l'antenne.


Suivant la qualité du support (paire de cuivre, câble coaxial, fils en or) et son isolement
et sa longueur, une perte plus ou moins grande peut intervenir. Par principe, il est
toujours souhaitable de rapprocher l'émetteur de l'antenne pour limiter les dissipations.
Le même phénomène intervient en réception, comme nous le verrons dans la suite.

b) Puissance du signal reçu

Cette valeur caractérise le signal à l'entrée de l'équipement de réception.

Puissance du signal reçu (dBW) = PIRE de l'émetteur (dBW)


- Atténuation du signal dans le vide A0 (dB)
- Absorption atmosphérique (dB)
+ Gain de l'antenne de réception (dBi)
- Pertes du guide d'ondes de réception (dB)
(2.26)

c) Puissance de bruit du récepteur

Il s'agit dans un premier temps de calculer le niveau de bruit du système. La puissance


de bruit est déterminée par la température équivalente T du bruit et la largeur de bande
du signal. Elle est donnée par :
Puissance du bruit (d BW) = Température équivalente de bruit du système (dBK)
+ Constante de Boltzmann (- 228,6 dBW/Hz/K)
+ Largeur de bande du signal (dBHz)
(2.27)
La température de bruit équivalente donne une mesure des conditions de réception. La
contribution principale en est la composante thermique. D'ordinaire, les satellites
comprennent un système de régulation thermique qui vise à répartir la chaleur dissipée
par les équipements sur l'ensemble de l'appareil. Les systèmes électroniques opèrent à
une température voisine des conditions terrestres de fonctionnement, c'est-à-dire autour
de 20° C. La température de bruit équivalente est alors de 293 K. La prise en compte
des autres composantes, la sensibilité au bruit des appareils peut cependant amener à
prendre en compte des températures équivalentes supérieures, de 450 K, voire de 600
K. En pratique, la température de bruit d'un équipement est donnée (et mesurée) par le

18
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

constructeur.

Un paramètre redondant souvent utilisé pour qualifier un système est le rapport Gain
d'antenne de réception sur Température de bruit G/T, qui se calcule de la manière
suivante

G/T (dB/K) = Gain de l'antenne de réception (dBi)


- Pertes du guide d'ondes de réception (dB)
- Température équivalente de bruit du système (dBK)
(2.28)

d) Rapport Signal/Bruit

Le rapport Signal/Bruit est alors donné par :

Rapport Signal/Bruit (dB) = Puissance du signal reçu (dBW) (2.29)


- Puissance de bruit (dBW)

Cette notion de rapport Signal/Bruit (en anglais Sig/No, pour Signal to Noise ratio) met
en valeur la puissance minimum que l'on doit fournir pour tirer partie de la bande
passante. D'autres notions de rapport Signal/Bruit sont parfois utilisées. En particulier le
rapport énergie de bit sur densité spectrale de bruit (en anglais Eb/No pour Energy bit to
Noise ratio) donne la marge nécessaire pour transmettre un seul bit d'information. Nous
précisons dans la suite le lien entre le Eb/No et notre Signal/Bruit. Également, le rapport
porteuse/bruit (en anglais C/No, pour Carrier to Noise ratio) vaut Eb/No + WdB, où W
est la largeur de bande, et donne une notion de puissance du signal reçu pour un débit
donné.

e) Sources de bruit multiples

Le calcul effectué précédemment montre comment calculer le bruit qui apparaît sur un
lien unique. En pratique, il faut tenir compte de davantage de facteurs de bruit. Tout
d'abord, un lien satellitaire est souvent constitué d'un lien ascendant et d'un lien
descendant, qui combinent leurs facteurs de bruit (nous les noterons Bruit -A et Bruit D).
Des sources de bruit multiples peuvent apparaître, notamment des interférences (Bruit I)
de la part de satellites proches (typiquement, sur l'orbite géostationnaire). En présence
de ces sources multiples, le rapport Signal/Bruit total est donné par l'équation

(2.30)

En définitive, le budget de lien sert à garantir une valeur minimale au rapport


Signal/Bruit total. Comme certaines sources de bruit peuvent être difficiles à quantifier à
l'avance, il est préférable de conserver une certaine marge. Nous examinons dans la
section suivante diverses sources de bruit qui peuvent entrer en ligne de compte, et leur

19
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

influence. Nous verrons ensuite comment, dans le cadre de la transmission d'un signal
numérique, le rapport Signal/Bruit désiré est déterminé en fonction de la bande
passante et du débit désiré.

2.5.3. Les sources de dégradation du signal les plus courantes

La propagation du signal dans le vide, ainsi que les pertes des guides d'ondes
d'émission et de réception sont les principales sources d'atténuation du signal. Leur
impact évolue cependant au cours du temps, ce qui justifie leur intégration dans le
budget de lien.

Nous évoquons dans cette partie les sources de dégradation du signal qui sont moins
systématiques. L'évaluation précise de ces perturbations reste une question très
délicate. Par exemple, le modèle de Rice prend en compte les multichemins du signal.
Cependant, aujourd'hui, il n'existe toujours pas de modèle physique global satisfaisant,
c'est-à-dire qui permette de simuler l'ensemble de la bande de fréquence de manière
réaliste et dans des temps raisonnables. C'est pourquoi les industriels ont recours à des
prises de mesures dans la bande qu'ils souhaitent exploiter, pour établir un modèle
statistique de propagation. Une campagne de mesures se fait généralement par
hélicoptère et peut représenter un coût de l'ordre du million de dollars.

Il ne s'agit donc pas ici de décrire tous les problèmes qui peuvent être rencontrés, mais
d'en donner les grandes caractéristiques et les ordres de grandeur. Deux grandes
catégories peuvent être distinguées. Le signal peut être atténué, essentiellement parce
qu'il est redirigé en dehors de sa trajectoire, et éventuellement en dehors de sa
fréquence d'origine. Il peut aussi être bruité par d'autres sources de rayonnement
électromagnétiques, d'origine humaine ou non.
L'atténuation atmosphérique du signal résulte de deux phénomènes distincts
l'absorption pour laquelle l'énergie est absorbée et réémise dans toutes les directions,
avec souvent une fréquence différente et la diffusion qui cause des déperditions
d'énergie par redirection du signal en dehors du chemin désiré.

a) Facteurs d'absorption

L'absorption moléculaire retire de l'énergie du chemin d'émission, et la restitue


uniformément dans toutes les directions sur une fréquence différente, qui dépend de la
température de l'absorbant. Différents phénomènes électroniques et moléculaires sont
impliqués, et les fréquences cibles sont des fréquences de résonance identifiables. Il est
ainsi possible de tracer un spectre d'absorption précis qui les répertorie (voir par
exemple [371). Un ordre d'idée de l'affaiblissement par les gaz atmosphériques est
donné par la figure 2.3.
Cette figure s'inspire de la recommandation UIT R P.676-3. Nous remarquons que
l'atténuation résulte principalement de l'oxygène et de la vapeur d'eau. Une atmosphère
humide est par conséquent nettement plus difficile à pénétrer qu'une atmosphère sèche.
Ceci devient particulièrement notable pour la bande C, ainsi que les bandes supérieures
(Ku et Ka).

20
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Chaque fréquence de résonance se traduit par un pic d'absorption ; l'ensemble de ces


pics découpe le spectre en zones où la transmission est réalisable dans de bonnes
conditions. Il est donc possible, à partir de ce spectre, de dresser une liste des fenêtres
de fréquences, c'est à dire des régions où l'atmosphère terrestre est relativement
transparente (Fig. 2.3 : diagramme d'absorption). Le tableau 2.2 donne une description
succincte des fenêtres ainsi obtenues, avec les noms des bandes de fréquence
associées.

Tableau 2.2 - Fenêtres de fréquences praticables pour les liens trans-atmosphériques.

Min (GHz) Max (GHz) Nom des bandes


0,1 15 LSCXKué
25 35 K Ka
80 100
140 160
230 250
260 290

Figure 2.3. Atténuation spécifique de l'atmosphère.

21
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

b) Facteurs de diffusion

Les particules qui provoquent l'absorption génèrent aussi un phénomène de diffusion.


Les ondes électromagnétiques sont alors simplement déviées de leur trajectoire. Ce
phénomène est très complexe car il fait intervenir des propriétés de directivité, de
polarisation, de longueur d'onde des émissions par rapport à la taille des particules, et
de rediffusion en chaîne (encore appelé multichemin). Parmi les phénomènes
identifiables principaux, on trouve les suivants.

Diffusion due à l'air et à la vapeur d'eau

Elle est presque constante pour les angles d'élévation élevés (elle compte au maximum
pour quelques dixièmes de dB). Elle peut être ignorée pour les fréquences en dessous
de 15 GHz. Les deux courbes « capricieuses » de la figure 5.1 relatives à la vapeur
d'eau et à l'oxygène en tiennent compte (en plus de la diffraction).

Réfraction et multichemin

Ces phénomènes peuvent affaiblir le signal en le dissipant vers différentes directions. Il


peut même arriver qu'un signal soit reçu plusieurs fois par une même destination, ayant
emprunté des chemins différents. Cela peut entraîner de graves difficultés de réception,
notamment des problèmes d'auto-interférence. Ce phénomène est accentué par deux
types de conditions :

• un angle d'élévation faible, qui entraîne une pénétration plus inclinée de


l'atmosphère ;
• l'utilisation de terminaux omnidirectionnels à l'intérieur de bâtiments, souvent à
structure métallique.

Si ce dernier type d'interférence est relativement nouveau pour les liaisons satellitaires,
il ne l'est pas pour les réseaux mobiles terrestres. Plusieurs approches ont déjà été
amplement mises en oeuvre pour remédier à ce problème, en particulier l'algorithme de
Viterbi [721. Cependant, la nature des liens radios pour les transmissions vers l'espace
(plage de fréquences, longueur, etc.) devrait engendrer des phénomènes nouveaux.

La rotation de Faraday

Celle-ci intervient lorsque, pour réutiliser la plage de fréquence au maximum, on utilise


la polarisation linéaire du signal dans les transmissions. La rotation détériore la
polarisation ainsi produite, et mixe donc des signaux différents. Son impact est
cependant négligeable pour les bandes Ka et Ku, que nous décrivons plus loin.

c) Hauteur équivalente d'atmosphère

Nous avons pu voir que le franchissement de l'atmosphère est une étape cruciale de

22
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

transmission. Nous avons vu que l'affaiblissement qu'elle produisait dépendait de la


nature des conditions météorologiques et de la distance d'atmosphère parcourue.

L'affaiblissement total obtenu par franchissement de l'atmosphère suivant un angle


d'élévation 8 compris entre 10° et 90° est de'1 :

yo et y,, représentent les atténuations du signal par kilomètre parcouru dans


l'atmosphère dues respectivement à l'oxygène (O) et à la vapeur d'eau (w). Leurs
valeurs sont données par les courbes de la figure 5.1 relatives à l'oxygène et à la vapeur
d'eau. Il reste donc à obtenir les hauteurs équivalentes d'épaisseur effective
d'atmosphère traversée ho et h. La densité de l'atmosphère, en effet, devient moins
importante au fur et à mesure que l'on s'éloigne du niveau de la mer. On prend donc
pour référence la densité de l'atmosphère au niveau du sol et il s'agit alors d'évaluer
l'épaisseur équivalente d'atmosphère franchie par un signal venant de la verticale. Les
hauteurs équivalentes obtenues sont de l'ordre de quelques kilomètres ; la figure 5.2
donne leurs valeurs pour les fréquences courantes, à une température extérieure de 15
°C. Ces valeurs sont approximativement constantes, hormis quelques corrections à des
fréquences particulières.

d) Autres facteurs et notion de marge

À ces facteurs d'atténuation dus au franchissement de l'atmosphère viennent s'ajouter


des facteurs de bruit causés par diverses sources. En particulier, lorsqu'un signal subit
une absorption, son contenu est réémis dans d'autres fréquences, et vient alors polluer
les liaisons d'autres systèmes. A ce niveau, le bruit ne provient pas que des liaisons
avec les satellites, mais peut aussi venir de liaisons d'origine terrestre.

Des phénomènes naturels peuvent également bruiter le signal. Par exemple, pour un
observateur terrestre, lorsque le soleil s'aligne avec un satellite, la liaison radio est
généralement interrompue. Ce phénomène est d'ailleurs bien connu des utilisateurs de
télévision par satellite qui reçoivent un blanc de quelques secondes à cette occasion.
Bien évidemment, les satellites géostationnaires,

1
Pour des angles d'élévation petits, il faut tenir compte de la rotondité de la terre. La
Re ⎡ ⎛ Re ⎞ ⎛ R ⎞⎤
formule : A = ⎢γ o ho F ⎜⎜ tan β ⎟ + γ w hw F ⎜ tan β e ⎟⎥
cos β ⎢⎣ ⎝ ho ⎟⎠ ⎜
⎝ hw ⎟⎠⎥⎦
où Re est le rayon terrestre équivalent tenant compte de la réfraction (typiquement R, = 8 500 km), et F est définie

par : F ( x ) =
1
2
0,661x + 0,339 x + 5,51

23
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Figure 2.5 - Hauteur équivalente au sol de l'atmosphère.

situés sur le plan équatorial, sont davantage sensibles à ce type de perturbation. D'autre
part, les satellites non-géostationnaires, du fait de leur mouvement relatif, subissent une
distorsion du signal connue sous le nom d'effet Doppler. Ce phénomène déplace
l'ensemble du signal sur la bande de fréquence.

Ainsi donc, le rapport Signal/Bruit subit de multiples perturbations au cours de la vie du


lien. Pour garantir la pérennité de la communication, il est donc nécessaire de prévoir
une marge de rapport Signal/Bruit pour y faire face. Elle doit être calculée en fonction du
taux de disponibilité souhaité pour le lien. Établir une marge précise peut faire l'objet
d'une étude assez poussée, se basant notamment sur des statistiques météorologiques.

2.5.4. Relation entre bande passante et débit

Dans le cadre d'une communication numérique, la bande de fréquence est utilisée pour
obtenir un certain débit binaire. Quel débit peut-on obtenir d'une bande de fréquence
donnée ? Cela dépend en fait du rapport Signal/Bruit qui a été calculé plus haut.

a) Passage du continu au discret

Considérons de plus près une méthode de conversion d'un signal analogique, sur une
bande de fréquence [f1, f2] en signal numérique (nous renvoyons le lecteur à [74] pour
plus de détails sur ces méthodes). Soit s la valeur du signal en fonction du temps t, et S
sa transformée de Fourier dépendant de la fréquence f, liées par :

24
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

On cherche à synthétiser un signal qui sera échantillonné selon une fréquence fech.
Autrement dit, on considèrera sa valeur, notée ai, prise à l'instant to + iT pour chaque i E
Z, et avec T = 1/fech. Pour synthétiser le signal, on se sert d'une impulsion r, un signal
de base dont la valeur est 1 en t = 0, et nulle aux autres instants d'échantillonnage (i.e.
kT, pour k ≠ 0). La transformée de Fourier R de l'impulsion est, comme celle du signal,
nulle en dehors de f1 et f2. Nous allons voir que de telles fonctions existent et définir
leurs propriétés. Le signal peut alors s’écrire :

La figure 5.3 illustre cette transformation. Pour que l'échantillonage se déroule sans
interférences, nous avons donc r(k . T) = 0 pour k non nul, et par conséquent:

est donc tout naturellement introduite.


Cette fonction existe car, pour tout f, il existe au plus [T(f2 – f1)1 valeurs de k telles que
⎛ k⎞
R⎜ f − ⎟ ≠ 0
⎝ T⎠ . Elle est, de plus, périodique de période T, et vérifie :

25
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Figure 2.6. - Étape d'échantillonnage : le signal en fonction du temps.

pour toute valeur de n non-nulle. Si on suppose R dérivable par morceaux, alors SR l'est
aussi et en tout point f la série de Fourier de SR converge, avec

où SR(f + 0) (respectivement SR(f - 0)) représente la limite à droite (respectivement à


gauche) de SR en f. Ainsi SR est identiquement égale à c0 par morceaux.

Figure 2.7. - Construction de SR à partir d'un R quelconque (i.e. pouvant générer


des interférences).

Rappelons que, d'un point de vue géométrique, la fonction SR est la somme de toutes

26
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

les translatées de R d'une valeur de k/T, où k ∈ Z, comme l'illustre la figure 5.4. Pour
que SR soit identiquement égale à c0 ≠ 0, il faut donc nécessairement que R soit non-
1 1
f 2 − f1 ≥
nulle sur un segment de taille supérieure à T . Il s'ensuit (Fig. 5.5) que T . Cette
propriété est en fait suffisante pour caractériser r. Ainsi donc, il est possible de
f −f
Δ= 2 1
construire une impulsion telle que nous l'avons définie plus haut. On appelle 2
la fréquence de Nyquist. Le théorème de Nyquist stipule ainsi que nécessairement
1 f
Δ= = ech
2T 2

Figure 2.8 - R ne générant pas d'interférences et SR associé.

Il n'est pas difficile de voir qu'inversement, si on dispose d'une bande de largeur W >
fech/2, il est possible, en théorie, de coder n'importe' quel spectre aux propriétés de
continuité suffisantes (par exemple, dérivable par morceaux et continu), et donc de
retrouver l'échantillon de départ.

b) Capacité en bit/s

Calcul de la capacité

Quel débit peut-on transmettre dans cette fenêtre ? Si les échantillons sont binaires,
c'est-à-dire qu'ils ont deux valeurs possibles, le débit (ou la capacité) obtenu(e) est de

Si par contre, les échantillons contiennent m différentes valeurs, la capacité du lien


devient

Supposons maintenant que les valeurs des échantillons sont espacées régulièrement,
prenant les valeurs suivantes

27
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Si chaque niveau a la même probabilité d'être transmis, la puissance moyenne du signal


est de :

On en déduit que

La valeur exacte de a est déterminée par la puissance o de bruit et la probabilité


d'erreur tolérée, déterminée par K

Comme B = σ2, nous obtenons

(2.31)

Ainsi, le rapport Signal/Bruit doit augmenter exponentiellement pour donner une


augmentation linéaire du débit. En d'autres termes, le rapport Eb/No,
défini par :

ne diffère que peu du Signal/Bruit. Ainsi donc, lorsque l'on augmente la puissance d'un
émetteur, la situation évolue de la manière suivante :

• Avant un certain seuil ((Signal/Bruit)dβ = 0), le signal ne peut pas couvrir le bruit
de fond de toute la bande passante. Il est donc soit indiscernable, soit inefficace
car localisé seulement sur une partie de la bande.
• Une fois ce seuil franchi, le signal devient perceptible, mais reste sensible aux
augmentations accidentelles de bruit. La marge de sécurité nécessaire évolue
entre 5 dB et 15 dB suivant la probabilité d'interruption désirée.
• Au-delà de cette valeur, le débit peut augmenter, mais de façon logarithmique
avec la puissance.

La borne du débit dans l'équation (2.31) a été obtenue pour des hypothèses très
spécifiques sur la modulation et la méthode de transmission du signal. On pourrait
espérer augmenter le débit sur un lien en utilisant des méthodes différentes de
modulation et de transmission. En particulier, on pourrait coder des blocs de symboles :
pour chaque groupe de n symboles originaux, on pourrait transmettre un bloc de k
nouveaux symboles correspondants. On peut choisir des codes robustes, moins
sensibles aux erreurs. On pourrait croire qu'il est possible de transmettre autant de débit
que l'on veut sur une bande passante W.

28
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Capacité de Shannon

En réalité, de tels codes peuvent bien améliorer les débits de transmissions, mais il
existe une limite théorique de bande passante des liens, qu'on appelle la capacité de
Shannon.

Capacité de lien

En effet, Shannon a montré qu'on peut atteindre une probabilité d'erreur qui tend vers
zéro quand la taille des blocs est grande, tant que le débit de transmission ne dépasse
pas une constante qui s'appelle la capacité du lien. Pour un lien sans mémoire et un
bruit gaussien, cette constante est de

Notons que les codes qui permettent de s'approcher de la capacité du lien (et donc
d'obtenir un débit important) demandent souvent beaucoup de calculs et de mémoire, et
requièrent des blocs longs. Le fait d'utiliser des blocs longs ajoute aux délais déjà larges
de la transmission de bout en bout.

Il est donc clair que le débit ne peut pas être augmenté à l'infini. Dans le contexte du
débat entre satellites GEO et LEO cependant, cet état de fait prend une signification
particulière. En effet, la déperdition de puissance à cause de la propagation dans le vide
des signaux radio est autour de 200 dB pour les GEO (contre quelques dizaines de
décibels pour les LEO), alors qu'un grand nombre d'applications n'obtiennent qu'un
rapport Signal/Bruit final de quelques décibels. L'économie considérable faite par les
LEO dans ce domaine justifierait l'effort fait sur ces systèmes ces dernières années.

Les améliorations possibles de la capacité de Shannon

La loi de Shannon telle que nous l'avons décrite ci-dessus traduit une limite de capacité
dans le cadre d'une liaison point à point. Elle ne tient pas compte du facteur spatial des
liaisons électromagnétiques. A ce jour, au moins deux approches sont connues pour
démultiplier la capacité à largeur de bande fixée :

• La polarisation tire parti de l'orthogonalité des champs électrique et magnétique


pour distinguer les signaux. En général, elle permet d'augmenter la capacité d'un
facteur deux [63, pp. 95-99].
• L'exploitation des trajets multiples par des batteries d'antennes consiste à
émettre des signaux par une batterie d'antennes distinctes bien que très
rapprochées physiquement, et à les recevoir par une autre batterie d'antennes
reliée à un décodeur. Ainsi le projet BLAST de Bell Labs annonce des
démultiplications de capacité d'un facteur supérieur à dix [41, 42, 83].

29
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

2.5.5 Dimensionnement des antennes et de la puissance d’émission des satellites

Alors que les dimensions et la taille de l'antenne du terminal terrestre, ainsi que sa
puissance terrestre peuvent être dictées par des critères d'ergonomie, l'éloignement du
satellite par rapport à la Terre fait que l'on a toujours intérêt à utiliser des antennes aussi
efficaces que possible, et en particulier des paraboles. L'approche prise dans ce qui suit
dimensionne le satellite aux besoins de l'utilisateur. Une approche plus traditionnelle
consiste à adapter le terminal à la puissance maximum (ou densité de flux de
saturation) que peut fournir le satellite [34, p.45]. Il convient alors de distinguer le lien
montant (du terminal vers le satellite) du lien descendant (du satellite vers le terminal).

a) Lien montant

Dans un premier temps, l'application détermine la PIRE de l'émetteur. Pour l'utilisateur


terrestre, le gain de l'antenne dépend de la taille du terminal que l'on désire obtenir et de
sa maniabilité. En effet, une antenne de grand gain, pour être efficace, doit
constamment « pointer » en direction du satellite par un système mécanique ou
électronique, ce qui la rend très sensible aux mouvements de l'utilisateur. Ses
dimensions peuvent de plus être prohibitives pour des applications mobiles.

De la même manière, la puissance émise par un mobile est loin d'être anodine sur
l'organisme humain. De nombreux efforts sont faits pour limiter les radiations venant
d'un terminal proche du corps.

En résumé, et en fonction des applications, la valeur de la PIRE du récepteur oscillera


autour de 0 dBW pour un terminal personnel (i.e., porté à même le corps), de 10-15
dBW pour un terminal portatif (une valise ou un équipement auto), et de 30-35 dBW
pour un terminal à bord d'un bateau ou d'un avion.

De plus, le rapport Signal/Bruit de bout en bout de l'application est aussi déterminé par
le niveau de qualité de service que l'on désire obtenir, la largeur de bande (fixée par les
organismes de normalisation), et le débit final désiré. Seule donc la taille de l'antenne
satellite peut, avec un coût, s'adapter à l'application que l'on désire mettre en oeuvre.
Ainsi, si on note
r la distance maximum satellite-terminal,
(S/B)m le rapport Signal/Bruit de bout en bout désiré (m pour « montant »),
W la largeur de bande,
k la constante de Boltzmann (en décibels - 228,6 dBW/Hz/K),
m
LA l'absorption atmosphérique du signal,
µ L’efficacité de l'antenne,

le diamètre de l'antenne sera donné par

30
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

On note que la fréquence n'apparaît pas dans cette expression, si ce n'est par
l'influence qu'elle exerce sur la valeur de LÂ. Sur la figure 5.6, on montre les tailles
d'antennes nécessaires pour différents types de terminaux, et trois altitudes de
référence pour les satellites. Le rapport Signal/Bruit demandé a été fixé à 5 dB, la
largeur de bande à 37 dBHz (correspondant à un débit de 4 800 Kbit/s), la température
de bruit du système à 450 K, et l'absorption atmosphérique à 6 dB. Pour un simple
terminal personnel, les antennes GEO et MEO ont des tailles prohibitives
(respectivement 3,7 m et 1 m), surtout lorsque l'on cherche à couvrir plusieurs zones
avec plusieurs faisceaux.

Figure 2.9 Tailles d'antenne de réception satellite

b) Lien descendant

Les caractéristiques du mobile, et en particulier sa température de bruit, dictent là


encore le comportement du système. La PIRE du satellite est ainsi adaptée au système,
et comme le diamètre Dsat de l'antenne (que l'on utilise souvent à la fois en émission et
en réception) a déjà été déterminé, c'est sa puissance qui est ajustée pour satisfaire la
demande.
Si on note Pterminal la puissance de bruit du terminal, LA l'absorption atmosphérique
(qui n'est pas forcément la même que celle de la section précédente, la fréquence et les
obstacles de propagation étant différents ; d vient donc pour « descendant »), et (S/B)d
le rapport Signal/Bruit de bout en bout désiré, la puissance nécessaire devient
Évidemment, si les contraintes de puissance deviennent trop fortes, les dimensions de
l'antenne satellite seront aussi ajustées pour satisfaire à la demande.

La puissance requise vaut pour une liaison, ce qui signifie que le satellite devra la
fournir pour chaque canal. Sur la figure 2.10, on a fixé la puissance de bruit du terminal
à -167 dBW (soit une température de 293 K, et une bande passante de 37 dBHz), les
pertes atmosphériques à 6 dB, et le rapport Signal/Bruit désiré à 5 dB.

31
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Figure 2.10 - Puissance d'émission nécessaire par canal.

c) Liens avec les stations-passerelles

Avec la constellation de satellites, l'équipementier construit en général des stations-


passerelles, qui servent tant à contrôler la trajectoire des satellites qu'à collecter
l'information ou encore ouvrir une voie de passage vers d'autres réseaux lorsque cela
est nécessaire. Ces stations sont installées sur des sites terrestres en campagne, et
équipées d'antennes paraboliques de grande taille (plusieurs mètres de diamètre), pour
soulager les satellites de l'effort de communication. Ainsi donc, la taille d'antenne et la
puissance requises au niveau du satellite ne sont plus un facteur limitatif. Il reste en
revanche à allouer une bande passante suffisante pour permettre l'ensemble des
communications.

De nombreux satellites, en particulier, se comportent comme des « miroirs » (bent-pipe


en anglais) : ils redirigent toute l'information collectée vers la station-passerelle. Il s'agit
alors de fournir quasiment autant de bande passante pour le lien avec la passerelle que
pour les liens avec les utilisateurs terminaux. Plus la zone couverte par le satellite est
étendue, plus le nombre de connexions à transférer vers la Terre devient important. Cet
argument est évidemment à l'avantage des LEO, dont la zone de couverture est
restreinte.

En revanche, du point de vue de l'attribution des fréquences, le processus pour les


satellites géostationnaires est déjà bien établi et classé par l'UIT dans les services
primaires, alors que les systèmes LEO, MEO, HEO tombent dans les services
secondaires, et doivent souvent cohabiter avec un service fixe, ce qui veut dire qu'ils
n'ont pas le droit d'utiliser la bande passante lorsque cela crée des interférences avec
ledit service (voir section 4.1.1).

32
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

En résumé, les liaisons avec la Terre sont souvent difficilement négociables dans un
système projeté. L'idée a donc été émise de permettre aux satellites de réaliser un
acheminement aussi précis que possible dans les airs, et donc d'utiliser des liens inter-
satellitaires.

2.5.6 Liens inter-satellitaires (LIS)

Divers besoins sont à la source de ces liens. Les liens inter-satellitaires peuvent servir
entre des satellites GEO, entre des satellites mobiles, ou pour connecter des satellites
mobiles aux satellites GEO.

Les liens entres satellites GEO permettent d'augmenter la capacité du système de


satellites GEO de plusieurs façons :

• soit en augmentant la capacité d'une région géographique donnée ; cela se fait


en plaçant plusieurs satellites au même endroit. Une telle application demande
typiquement des LIS d'une longueur d'environ 100 km et d'un débit de l'ordre du
Gbit/s.
• soit en étendant la région géographique. Les LIS en question ont alors une
longueur de 1 500 km (ce qui correspond à 2°) à 83 000 km, et un débit de l'ordre
du Gbit/s.

La bande Ka est difficilement utilisable pour les LIS à large bande, pour des raisons
d'interférence avec les liens en direction de la Terre. Les candidats sont alors
i. la bande 40/60 GHz : on parle alors de LIS à ondes millimétriques.La
technologie 50/60 GHz existe déjà. Les antennes ont une taille de 2 m de
diamètre.
ii. les LIS optiques, qui vont augmenter la capacité de transmission entre
satellites de plusieurs ordres de grandeur. Leur avantage tient dans les
terminaux satellites, qui sont plus petits et plus légers.

Comme exemples de LIS, nous pouvons mentionner :

SILEX (développement Européen) : prévu pour être utilisé sur ARTEMIS (an 2000). Il
permet des LIS entre GEO et LEO. Des informations supplémentaires sont accessibles
dans [65].

LIS OICETS (Japonais) : compatible avec SILEX. 60 Mbit/s avec un laser qui transmet
50-100 mW. Le télescope mesure 30 cm, pèse 100 kg, et consomme 140 W. Des
informations supplémentaires sont accessibles dans [64].
Dans les deux sous-sections qui suivent, nous décrivons d'autres exemples de LIS avec
plus de détails.

a) LIS à ondes millimétriques

Un LIS de très longue distance dans la bande 40-60 GHz a été mis en oeuvre grâce à
un terminal conçu par l'industrie européenne sous la supervision de l'Agence

33
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

européenne de l'espace, opérant à 50-60 GHz [82]. Son poids est de 57 kg, et sa
consommation d'énergie de 130 W. Ce lien permet la transmission bi-directionnelle de
1,5 Gbit/s. Le diamètre de l'antenne est de 1,8 m. Le budget du lien, pour un lien entre
deux satellites géostationnaires séparés pour un observateur terrestre d'un angle de
100°, peut être décrit par les données du tableau 5.3.
Tableau 5.3 Caractéristiques d'un exemple de LIS à ondes millimétriques.

Gain de l'antenne 58,7 dB


Distance 65 000 km
Pertes en espace libre -244,3 dB
Bruits au récepteur 8 dB
G/T 25,6 dB/K
Eb/No nécessaire 9,5 dB
PIRE nécessaire 69,3 dBW
Puissance efficace de transmission 13 W
nécessaire

b) LIS optiques

Un autre terminal, optique celui-là, a été conçu par l'industrie européenne, toujours sous
la supervision de l'Agence européenne de l'espace [30, 82]. Ses composants principaux
sont un transmetteur laser, un récepteur optique, et deux systèmes de contrôle de
pointage, le premier fin et le second grossier. La capacité du lien est déterminée par le
produit puissance fois diamètre de l'antenne (télescope). On a donc intérêt à
dimensionner le système pour que ce produit soit aussi large que possible. Ainsi, dans
l'exemple donné, avec un diamètre du télescope de 10 cm on obtient un gain de 109 dB.
Le budget du lien pour 100°, avec transmission bi-directionnelle de 1,5 Gbit/s devient
alors celui du tableau 5.4.

Tableau 5.4 : Caractéristiques d’un exemple de LIS optique

Longueur d'onde 1 064 nm (Nd : Yager


laser)
Diamètre du 10 cm
télescope
Type de récepteur Détection Homodyne
Modulation Binary phase shift
keying
avec bit de
synchronisation
Codage Simple vérification de
parité
avec décision logicielle
Distance 65 000 km
Pertes d'espace libre -297,7 dB
Total transmission -8 dB

34
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Sensibilité du -55 dBm (12 photons/bit)


récepteur
Puissance efficace 2W
de
transmission
nécessaire

Par ailleurs, les caractéristiques du terminal sont bien plus attrayantes. La tête optique
pèse 9 kg et la partie électronique, 7 kg. Sa consommation de puissance s'élève à 40
W.
Les systèmes présentés ici, en établissant des liens entre satellites géostationnaires,
sont statiques : leur position relative (et également par rapport à la Terre) ne varie pas
au cours du temps, si bien que les réglages de directivité sont peu ou prou définitifs.
Lorsqu'il s'agit de mettre en oeuvre ces liens pour des systèmes mobiles, il devient
nécessaire de soumettre les antennes à un suivi permanent. Notons d'ailleurs au
passage que les antennes des satellites à défilement vers la Terre sont par contre
statiques. Il n'en est pas de même de toutes les autres liaisons.

c) LIS mobiles

Les liens inter-satellitaires mobiles ont en général pour but de connecter les satellites de
proche en proche, afin de constituer un réseau mondial indépendant du système
terrestre. Des liens mobiles peuvent intervenir vers les satellites géostationnaires, qui
servent alors de sorte de station-passerelle un peu plus visible qu'une station basée à
Terre [701.

Il est difficile - et peu utile - d'examiner l'ensemble des cas de figure qui peuvent se
présenter dans le cadre de ces liens. Nous nous placerons ici dans le contexte devenu
très classique de liens entre satellites sur orbite circulaire de même altitude, dans le
cadre d'une constellation. Ils sont en général de deux types : intra- et inter-orbitaux.

Les liens intra-orbitaux

Ces liens relient deux satellites successifs de la même orbite. Ils sont en général
statiques. Certains systèmes prévoient de connecter non seulement les satellites
voisins, mais également les voisins des voisins, formant ainsi une topologie plus
complexe.

Les liens inter-orbitaux

Ces liens sont nécessairement mobiles. Il est facile de voir que deux orbites circulaires
de même altitude se croisent nécessairement en un point, et ce passage met
nécessairement à mal la direction du lien inter-satellitaire.

On pourrait classifier les solutions à ce jour en deux catégories

35
Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

• Tout d'abord les liens permanents résolvent le problème en décalant de manière


très sensible les satellites, de sorte que le passage à l'intersection se fait de
manière nettement décalée. L'un des satellites peut alors suivre l'autre « en avant
», alors que lui-même est suivi « en arrière ». Plus le décalage est grand, moins il
est difficile de suivre le satellite, mais moins le lien est « efficace » : en effet, sa
direction devient alors quasiment parallèle à celle des liens intra-orbitaux, et cela
peut mener à de nombreux sauts de satellite à satellite pour atteindre un point
donné du globe. Inversement, un petit décalage impose au suivi du satellite un
angle très large d'activité, ce qui est soit impossible technologiquement, soit trop
éprouvant pour les équipements.
• Une autre solution consiste alors à mettre des liens alternés (Fig. 5.8) : le satellite
B, connecté à A, utilise la partie gauche de son équipement pour sa liaison avant
le croisement. Il utilise ensuite la partie droite. Un autre satellite, C sur la figure,
emploie les équipements laissés vaquants par A. On constate que l'angle de
balayage requis est nettement diminué pour obtenir une meilleure directivité,
quasiment perpendiculaire aux liens intra-orbitaux. On note cependant que cette
technique impose une coupure de transmission lors de ce changement de bord.
En pratique, les liens ne sont pas exactement perpendiculaires aux liens intra-
orbitaux pour des questions de couverture. Une suite de liens inter-orbitaux se
dessine donc en « W » le long de la constellation.

De nombreuses autres architectures de lien ont été envisagées. En particulier, dans


[39], différentes structures de liens inter-orbitaux sont étudiées pour une constellation
polaire. Le modèle pour les simulations considère des communications entre deux pays
proportionnelles à leurs échanges commerciaux. Il en ressort que les liens sont d'autant
plus efficaces qu'ils sont parallèles aux latitudes, et le fait de pouvoir joindre l'orbite
voisine de l'orbite voisine semble être un facteur déterminant pour réduire le nombre de
liens (et donc de transits au sein des satellites) nécessaires à l'acheminement d'une
communication.

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Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

Figure 5.8-Mise en oeuvre des liens inter-satellitaires mobiles, pour des orbites
circulaires de même altitude.

La conception du routage dans les constellations de satellites est encore un problème


largement ouvert. Les réseaux, s'ils présentent une forme très régulière entre les
satellites, sont en constant mouvement par rapport aux utilisateurs finaux ; il est donc
difficile de garantir une communication de longue durée.

La liaison finale avec l'utilisateur n'est pas sans poser problème de son coté.
Néanmoins, les méthodes d'accès bénéficient dans une large mesure de l'expérience
acquise sur les réseaux mobiles terrestres. Nous examinons en détail les différentes
approches proposées pour ce problème dans le chapitre suivant.

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Radiocommunication mobile Propriétés des ondes électromagnétiques

2.5 CONCLUSION
La propagation des ondes dans un canal uniforme peut être convenablement décrite en
considérant les propriétés des ondes planes, dont les interactions avec le canal sont
entièrement spécifiées par leur fréquence et polarisation et par les paramètres
constitutifs du canal.
Toutes les ondes ne sont pas planes, mais toutes les ondes peuvent être décrites par
une somme d’ondes planes avec une amplitude, une phase, une polarisation et un
vecteur de Poynting appropriés.
Les chapitres qui suivent montreront comment les caractéristiques de propagation et les
antennes dans la communications sans fil peuvent être décrites en terme du
comportement de l’onde plane dans un canal quelconque.

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