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Sommaire

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I. Introduction

Le système financier est dominé jusqu'au milieu des années 80 par la finance
indirecte qui privilégie l'intermédiation de bilan des banques. Il fonctionne selon les principes
d'une économie d'endettement. Cette organisation se modifie progressivement à la suite d'un
ensemble de réformes financières qui favorisent l'essor d'une économie de marché financier.
Cette évolution est caractérisée par le développement des marchés des capitaux qui incite les
entreprises non financières à recourir au financement par émission des titres et les banques à
faire appel à un marché monétaire largement ouvert à tous les agents. Elle également marqué
par une désintermédiation qui se traduit par une baisse de l'importance des crédits bancaire
dans le financement global de l'économie.

Mais ce mouvement n'implique pas un affaiblissement sensible de l'intermédiation


financière.

En effet, l'expansion des marches des capitaux suscite une diversification de


l'intermédiation financière assurée par les établissements de crédit et l'émergence de nouveaux
intermédiaires.

Dans ce sujet, nous allons présenter la définition du concept de l'intermédiation


financière, son rôle, ses principes et aussi les formes et les fonctions.
II. Définition de l’intermédiation financière :

L’intermédiation est l'opération qui consiste à mettre en contact des agents non
financiers ayant une capacité de financement appelés prêteurs avec d'autres agents non
financiers ayant un besoin de financement appelés emprunteurs, afin de réaliser l'équilibre
épargne-investissement.

Les intermédiaires financiers sont des institutions qui acquièrent des fonds en
émettant des dettes et les utilisent pour acquérir des actifs, soit en achètent des titres soit en
faisant des prêts.

III. Rôle de l’intermédiation financière :

L'intermédiation financière a pour principal rôle de résorber les déséquilibres dans


les comptes des agents économiques. En effet, l'existence d'un Système financier permet de
transférer des fonds depuis les agents économiques (ménages, entreprises, administrations
publiques, reste du monde) qui épargnent vers les agents qui souhaitent emprunter

L'intermédiation financière présente l'avantage majeur d'être une activité produisant sécurité
et liquidité. En ce sens, ils contribuent à accroître le volume d'épargne dans l'économie

Aux contacts directs, les agents non financiers peuvent en effet préférer le passage par des
intermédiaires, en raison des coûts de transaction (découlant de l'imperfection des marchés) et
de leur aversion aux risques.

IV. Les principes de l’intermédiation financière

1. Équilibre épargne-investissement :

Les grands équilibres macroéconomiques de la comptabilité nationale mettent en avant la


relation entre l’épargne et l’investissement dans une économie. En économie fermée,
l’épargne est égale à l’investissement. Cet équilibre épargne-investissement découle de
l’équilibre entre les ressources de l’économie (revenu national) et ses emplois
(consommation, investissement privé et dépenses publiques).

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L’épargne nationale se définit comme la somme de l’épargne des ménages, du profit des
entreprises et de l’excédent budgétaire des administrations publiques. L’investissement
national se définit quant à lui comme la somme de l’investissement privé (des ménages et des
entreprises) et de l’investissement public. Les identités de comptabilité nationale impliquent
l’égalité entre épargne nationale et investissement national. Cet équilibre est modifié en
économie ouverte car tout déséquilibre entre épargne et investissement est compensé par la
balance des transactions courantes. Par exemple, un excès d’épargne nationale par rapport à
l’investissement national implique ainsi un surplus du compte courant.

2. Agents à capacité et à besoin de financement

La relation entre épargne et investissement introduit deux grands types d’agents :


les agents à capacité de financement (ou excédentaires) et les agents à besoin de financement
(ou déficitaires). Les agents à capacité de financement sont des agents dont les revenus (par
exemple les salaires et les revenus de patrimoine) excèdent les dépenses (par exemple la
consommation de biens et de services).
Les ménages, en tant que principaux détenteurs d’épargne, appartiennent
principalement à cette catégorie. À l’opposé, les agents à besoin de financement sont des
agents dont les dépenses excèdent les revenus.
Les entreprises, qui sont les principaux investisseurs dans l’économie,
appartiennent typiquement à cette seconde catégorie.

3. Systèmes financiers et réglementation

L’incertitude entourant la relation contractuelle entre prêteur et emprunteur


est liée tout d’abord à un problème d’information imparfaite qui s’appelle asymétrie
d’information.
Ce problème justifie l’intervention des pouvoirs publics pour réguler les
systèmes financiers. Cette réglementation aura trois buts principaux.

a) Améliorer la qualité de l’information financière

Le premier but est d’inciter les agents à besoin de financement à partager


des informations sur la qualité de leurs projets et sur leur santé financière avec les agents à
capacité de financement. Les pouvoirs publics peuvent ainsi obliger les entreprises à rendre

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publiques un certain nombre d’informations. Les intermédiaires financiers devront aussi faire
face à des obligations de reporting afin que les agents à capacité de financement prennent leur
décision avec un niveau d’information suffisant avant d’entrer dans une relation contractuelle
avec l’intermédiaire.

b) Stabiliser le système financier

Le deuxième but est de limiter l’exposition des institutions financières


aux risques pris par les agents à besoin de financement. Alors qu’il est illusoire de limiter les
risques en soi, la réglementation va plutôt viser, d’un côté, à une évaluation correcte des
risques (par exemple, le non-remboursement d’un prêt) et leur valorisation à un niveau
correspondant et, de l’autre, à faire en sorte que les intermédiaires financiers aient les
capacités suffisantes pour absorber les pertes éventuelles (liées à la matérialisation de ces
risques).

c) Protéger les droits des prêteurs et permettre


légalement des défauts de paiements des emprunteurs

Enfin, les agents économiques évoluant dans un environnement


incertain, il est inévitable que certains risques se matérialisent même si l’agent
prend toutes les précautions possibles prévues dans le contrat. Des événements non
contrôlables et imprévisibles peuvent intervenir, rendant le projet à financer irréalisable ou
non-profitable.
Dans ce cas, l’agent à besoin de financement se trouve dans l’incapacité de rembourser
l’emprunt contracté auprès de l’agent à capacité de financement. Les pouvoirs publics doivent
donc prévoir un accompagnement optimal dans ces cas de défaut de paiement pour à la fois
protéger le prêteur mais aussi déterminer un cadre juridique permettant la légalité des défauts.

V. Fonction d’intermédiation financière

Pour se rendre compte de l'importance d'intermédiaires financiers, il nous faut


d'abord comprendre le rôle des coûts de transactions, du partage du risque et des coûts
d'information sur les marchés financiers.

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1. Les coûts de transaction

Les coûts de transaction, c'est-à-dire le temps et l'argent dépensés pour réaliser


les transactions financières, sont un problème majeur pour les gens qui ont l'argent à prêter.
Même quelqu'un qui connaît un entrepreneur qui veut lancer une entreprise, et souhaite lui
prêter de l'argent, doit pour se protéger contre toute éventualité payer un juriste pour rédiger le
contrat de prêt et préciser les conditions de paiement des intérêts et du remboursement. Si le
montant du prêt est peu élevé, le paiement de ce spécialiste risque de lui coûter plus cher que
tous intérêts qu'il ne pourra jamais obtenir, de sorte que le prêt peut ne pas être réalisé.

2. Le partage du risque

Un deuxième avantage, pour les prêteurs, de passer par un intermédiaire


financier est que cela permet de réduire leur exposition au risque c'est-à-dire d'envers
l'incertitude sur le rendement qu'ils peuvent attendre de leurs placements. Les intermédiaires
financiers permettent en effet un partage du risque : ils créent et vendent les actifs avec des
caractéristiques, en termes de risque, qui correspondent aux besoins des épargnants, puis
utilisent l'argent ainsi obtenu pour acheter des actifs éventuellement plus risqués. Comme
leurs dettes sont moins risquées, ils paient un taux d'intérêt plus faible que celui qu'ils
obtiennent sur les actifs qu'ils détiennent.

Comme leurs coûts de transaction sont faibles, les intermédiaires financiers


peuvent gagner de l'argent par la différence entre les deux taux d'intérêt. On parle de la
transformation pour désigner le fait que le risque des actifs détenus par les intermédiaires
financiers n'est pas le même que celui de leurs dettes envers leurs déposants, parce qu'en un
sens, les intermédiaires ont transformé des actifs risqués en actifs plus sûrs pour les
épargnants.

Les intermédiaires financiers permettent aussi le partage du risque en


permettant aux épargnants de diversifier leur portefeuille, et ainsi de diminuer le risque auquel
ils sont exposés.

La diversification, que l'on peut résumer par l'adage « ne pas mettre tous ses
oeufs dans le même panier », consiste à investir dans un assortiment (un portefeuille) d'actifs

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qui ne sont pas exposés aux mêmes risques (c'est-à-dire dont on peut attendre que les
rendements ne varient pas de la même manière face à chacune des situations futures
envisageables), de manière à ce que le risque du portefeuille soit moindre que le risque des
actifs particuliers.

Là encore, la diversification est permise par la faiblesse coûts de transaction


des intermédiaires financiers, qui peuvent réunir un portefeuille d'actifs et en faire un actif
global qu'ils vendent aux épargnants.

3. L'information asymétrique : anti-sélection et risque


moral

La présence de coûts de transaction sur les marchés financiers explique en


partie pourquoi les intermédiaires financiers sont si imposants. Une autre raison, peut-être
encore plus importante, est qu'il est fréquent que les prêteurs connaissent trop peu les
emprunteurs et leurs projets pour pouvoir prendre les bonnes décisions.

Cette situation porte le nom d'asymétrie d'information. De manière générale,


un entrepreneur qui veut emprunter pour réaliser un projet connaît mieux le rendement
potentiel et le risque associés à ce projet que le prêteur. Cette inégalité d'information crée
deux problèmes différents, avant la transaction et après. L'anti-sélection (en anglais adverse
sélection) est le problème que crée l'asymétrie d'information avant qu'une transaction n'ait
lieu.

Il y a anti-sélection sur un marché financier lorsque les emprunteurs les plus


susceptibles de conduire à de mauvais résultats (les plus risqués) sont ceux qui recherchent le
plus activement du crédit et qui ont le plus de chance d'en obtenir (d'être sélectionnés). En
raison de l'anti-sélection, beaucoup de prêts risqués sont accordés, mais si les prêteurs
craignent trop de ce fait perdre leur argent, ils peuvent décider de ne pas prêter du tout alors
même qu'il y a parmi les candidats de bons emprunteurs potentiels.

Le risque moral est le problème créé par l'asymétrie d'information après la


réalisation d'une transaction. Le risque moral sur un marché financier est le risque selon
lequel l'emprunteur s'engage dans des activités considérées comme indésirables
(« immorales ») par le prêteur parce qu'elles augmentent le risque du projet auquel est
consacré le prêt et diminuent donc la probabilité qu'il soit remboursé. Du fait que le risque

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moral augmente le risque de pertes, les prêteurs peuvent décider de ne pas ou prêter, alors
même que le projet initial est bon et même si, en réalité, les emprunteurs ne souhaitent pas
augmenter son risque.

VI. Les formes de l’intermédiation financière

D'après l'approche de Gurley et Shaw, il s'avère que l'intermédiation financière


monétaire ou non monétaire est une intermédiation de bilan qui engage d'une part les éléments
du passif de l'intermédiaire (capital + ressources de dépôts, de souscription, de primes ou de
titres) et investi d'autre part, les éléments de l'actif de ce même intermédiaire.

Il est vrai que le développement des marchés de capitaux, des produits et


l'émanation de la déréglementation et la dérégulation ont totalement transformé la notion
classique d'intermédiation de bilan (finance indirecte) où l'on parle davantage d'intermédiation
de marché (finance directe) au niveau de la bourse des valeurs mobilières, au niveau du
marché monétaire, courtage, négoce...

De manière générale, l'intermédiation financière est l'activité développée par les


agents financiers qui s'interposent pour faciliter l'adéquation en quantité de l'offre à la
demande de capitaux.

On distingue donc deux formes d'intermédiations à savoir :

-L'intermédiation du bilan ; intermédiation active ; finance indirecte.

-L'intermédiation du marché ; intermédiation passive ; finance directe.

1- l’intermédiation de bilan

L'intermédiation comporte une fonction de transformation de titres, ce qui affecte


nécessairement le bilan de l'intermédiaire, d'où l'expression «d’intermédiation de bilan ».

Le financement intermédié, ou finance indirecte, fait intervenir par définition des institutions
- les institutions financières - pour servir d'intermédiaire entre les agents à besoin de
financement et ceux à capacité de financement. Les institutions financières émettent des titres
secondaires au bénéfice des seconds (les agents à capacité de financement cherchent par
acquisition de ces titres - « courts » et peu risqués - à rentabiliser leur épargne liquide) pour

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collecter les ressources nécessaires au financement des titres primaires offerts par les premiers
(les agents à besoin de financements).

En effet, les intermédiaires financiers n'ont pas un rôle passif dans l'économie, leur rôle
ne consiste pas seulement à mettre en contact les offreurs et les demandeurs, mais à réaliser
un équilibre entre eux.

D'une façon plus précise, le rôle bancaire consiste à l'acquisition des titres de « dette
primaire » (actions, obligations) des agents à besoin de financement en émettant en
contrepartie des titres de « dette secondaire ». Les firmes ainsi que l'Etat préfèrent s'endetter
auprès des banques et autres institutions financières spécialisées dans les prêts. Les banques
qui prennent la décision de prêter, se refinancent couramment sur le marché interbancaire ou
après de la banque centrale. Cette dernière ne rationne pas le volume de refinancement mais
l'offre au taux d'intérêt qu'elle fixe en fonction de son objectif de taux et / ou de réserves de
change.

Il s'agit, donc, d'une économie d'endettement où prédomine la finance indirecte. Cette


économie peut être définie de manière stricte « comme étant une économie dans laquelle les
agents non financiers ont une faculté d'emprunt auprès des banques commerciales, qui ont à
leur tour la même faculté auprès de la banque centrale. Dès lors, le taux d'intérêt de la
monnaie centrale joue un rôle directeur ». Ce taux monétaire est inférieur au taux d'intérêt
naturel (taux d'intérêt qui serait dans une économie de marché financier).

2-l’intermediation de marche

Le financement de marché, ou finance directe, amène les agents à besoin de


financement à offrir, en contrepartie des capitaux qu'ils demandent, des titres au bénéfice des
agents qui sont à la recherche de placements-« longs et risqués- pour leur capacité de
financement.

L'intermédiation peut être passive en ce sens que le rôle de l'intermédiaire financier


se limite à aider les agents à besoin de financement à trouver les agents à capacité de
financement pour écouler les titres que les premiers désirent offrir à long ou court terme aux
seconds. C'est « l'intermédiation de marché ».

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Dans une économie de marché où prédomine la finance directe, les banques jouent
un rôle de courtier pour faciliter l'émission des dettes sur le marché primaire (qui est le
véritable mécanisme de la finance directe, c'est à dire d'approvisionnement des entreprises en
capitaux nouveaux par le biais d'émission des titres) et les reclassements des portefeuilles des
investisseurs sur le marché secondaire (marché qui permet aux propriétaires des titres cotés et
uniquement à eux d'échanger ces titres contre de la monnaie donc d'assurer leurs liquidités).

Après avoir présenté les deux types d'intermédiation, on peut les récapituler comme
ainsi :

« Intermédiation de marché »

- Fonction de négociation L'intermédiaire financier est un simple courtier ; il est de titres un


acteur auxiliaire de la finance directe.

 « Intermédiation de bilan »

- Fonction de transformation L'intermédiaire financier est un acteur central de la de titres


finance indirecte.

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VII. Conclusion

L'évolution du système financier est marquée par une désintermédiation bancaire


qui se traduit par une baisse de l'importance des crédits bancaires dans le financement global
de l'économie. Mais ce mouvement n'implique pas un affaiblissement sensible de
l'intermédiation financière. En effet, l'expansion des marchés de capitaux suscite une
diversification de l'intermédiation financière assurée par les établissements de crédit, et
l'émergence de nouveaux intermédiaires.

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VIII. Bibliographie 

 Dees,Sthephane,Macroéconomie financière, Edition de Dunod, 2019 page 05 et 09

 Frederic Mishkin, Monnaie, banque et marché financiers, 10 éme edition, page 49-50-
51-52

IX. Webographie

 https://www.memoireonline.com/10/07/650/impact-liberalisation-financiere-
intermediation-bancaire.html

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Table de matièr

I. Introduction....................................................................................................................................3
II. Définition de l’intermédiation financière :.....................................................................................4
III. Rôle de l’intermédiation financière :..........................................................................................4
IV. Les principes de l’intermédiation financière..............................................................................4
1. Équilibre épargne-investissement :............................................................................................4
2. Agents à capacité et à besoin de financement...........................................................................5
3. Systèmes financiers et réglementation......................................................................................5
a) Améliorer la qualité de l’information financière....................................................................5
b) Stabiliser le système financier...................................................................................................6
c) Protéger les droits des prêteurs et permettre légalement des défauts de paiements des
emprunteurs...................................................................................................................................6
V. Fonction d’intermédiation financière.............................................................................................6
1. Les coûts de transaction.................................................................................................................7
2. Le partage du risque.......................................................................................................................7
3. L'information asymétrique : anti-sélection et risque moral............................................................8
VI. Les formes de l’intermédiation financière..................................................................................9
1- l’intermédiation de bilan................................................................................................................9
2-l’intermediation de marche...........................................................................................................10
VII. Conclusion................................................................................................................................12
VIII. Bibliographie............................................................................................................................13
IX. Webographie............................................................................................................................13

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