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Socio économie et innovations

sociales
Marie Fare

Partie 1 : Le problème de l’encastrement des activités et des pratiques économiques

Partie 2 : L’innovation sociale dans une perspective socioéconomique

Bibliographie générale :
Benamouzig Daniel et Cusin François (2004), Économie et sociologie, Paris : PUF (Quadrige),
493 p
Steiner Philippe (2007), La sociologie économique, 3eme édition, Paris : La découverte
(Repères, 247)

Introduction générale
La socio-économie consiste en l’analyse d’objet éco, à partir d’un cadre théorique
disciplinaire ouvert, d’une méthodologie principalement inductive, relevant d’un
individualisme institutionnel et sans postulat quant à la nature du comportement individuel.
Question comme la monnaie, le marché, la consommation, etc.
Utilisation de l’histoire, de la socio, de l’éco.
Démarche inductive : observation des faits pour formaliser par généralisation des lois.
Plusieurs méthodes d’observation du réel.

L’individualisme institutionnel fait le pont entre l’individualisme méthodologique (niveau


micro) et le holisme méthodologique (niveau macro). Adoption des deux regards en socio
éco. Essayer de dépasser ces deux modèles types de l’individus. On va prendre en compte
les inspirations individuelles mais que ces actions sont inséparables du cadre institutionnel
qui va influencer les inspirations individuelles, et réciproquement.

La nature du comportement individuel est non définie au préalable. Il n’y a pas de postulat.
Un ensemble de facteurs peut guider le comportement des acteurs (critères rationnels et
autres critères).

Point de départ
Une dynamique de recherches à côté ou contre la science économique dominante.

Reconnaître la complexité et la pluralité des pratiques économiques concrètes. Pas


seulement de la recherche de l’intérêt individuel. Analyse du rôle des croyances, des valeurs
etc. Apport des autres sciences sociales. Pointé les limites de l’économie dominante.
Réintroduction de certaines dimensions pour mieux comprendre l’économie.
Une logique de déconstruction / reconstruction de catégories éco majeures (marché,
échange, monnaie, ...).
Marché = enchevêtrement de réseaux sociaux. Le marché n’est pas auto régulateur. Le
marché est une construction sociale.

La monnaie est perçue dans les travaux socioéconomiques comme une institution sociale
fondamentale dont la fonction première est au contraire un moyen de quantifier. « Fable du
troc ».

L’échange n’est pas seulement intéressé et marchand mais peut être aussi non marchand
(dons, ...).

Contre les fondements de la science économique


standard

Postulat 1 – Autonomie de l’économique

XIXeme siècle autonomisation de l’économie. La sphère éco serait une sphère unique où
émerge un ordre spontané autonome avec un marché auto régulateur.
Autonomisation qui se conclura par une division du travail entre les économistes (marché,
monnaie, échange, du point de vue de l’homo oeconomicus) et les sociologues (le reste).

Postulat 2 – La naturalité de l’économique

Des pratiques éco émerge un ordre naturel (exemple du marché). L’éco obéit à des lois
naturelles ce qui ne correspond pas à la réalité. Se traduit par l’idée d’un marché
autorégulateur et que ce marché est le modèle éco naturel de l’humanité.
Conséquence de la naturalité économique c’est la neutralité idéologique = approche
mécanique et naturel et non interrogation des choix.
Orthodoxie = éco standard
Hétérodoxie = approche « holiste » de l’éco. « Le négationnisme éco » Cahuc
Si éco science dure = pas de débat pas de conflit.

Postulat 3 – l’Homo oeconomicus

Propension innée à l’échange, recherche de l’utilité individuelle, rationalité = économie


comme science du choix rationnel.
Dénoncé par les socio économistes, car impossibilité de séparer le comportement spécifique
de l’homme de sa vie économique au reste des domaines de sa vie.
Effet performatif : la théorie va modifier le comportement des acteurs, la réalité.

Critiques :
- Vers une rationalité limitée (Simon, 1955) ou l’ouverture à l’observation en
laboratoire des comportements individuels, rationnels et ou non : économie
comportementale (Kahneman 2012 ; Thaler, etc). Un individu n’a pas toujours une
vision claire de ce qu’il désire et évolution du désir, des préférences dans le temps.
Économie comportementale : il existe parfois des comportements non rationnels, jeu
de l’ultimatum.
- Un « Grand Partage » disciplinaire entre sociologie et économie, qui sont des
« mondes hostiles » (Zelizer) : c’est le « consensus Robbins/Parsons ». Risque de
pollution mutuelle entre l’éco et la socio.
- Le problème de l’impérialisme de la science économique (direction prise par Becker,
1976). Elle a envahi les autres sciences sociales. Éco = grammaire générale des autres
sciences humaines. Action = action rationnelle. Il s’agit de l’économissisme.

Film free economics

21/09

Approche socio-économique

Caractéristiques communes

Refus des caractéristiques de l’économique standard du fait de l’irréalisme des hypothèses.

Mise en avant d’autres formes de rationalité.

Les socio économistes vont appréhender l’éco comme une sous partie donc analyse des
dons et d’autres formes (utilisation d’autres sciences sociales).

La deuxième caractéristique qui fonde les travaux socio éco c’est un travail de terrain. Les
méthodes seront principalement inspirées des sciences sociales et seront inductives.
Importance du travail empirique.

C'est une approche dite compréhensive qui s’inspire principalement de Max Weber. Il a
fondé une démarche scientifique qui repose sur trois phases permettant de comprendre des
phénomènes socio éco.
La première est une phase compréhensive. Elle va permettre de comprendre le sens
visé par l’acteur dans ses pratiques et actions socio éco. Il faut développer une vision
emphatique. On cherche à comprendre ce sens.
La deuxième est la phase interprétative qui apparaît une fois que le sens est identifié.
Le chercheur va adopter une posture extérieure pour pouvoir créer des modèles utiles à
l’analyse. Phase difficile du fait de la subjectivité du chercheur. Weber met en avant deux
outils, le rapport aux valeurs (faire prendre conscience au chercheur qu’il n’est pas objectif
du fait de son environnement social), le but est de tenter que le chercheur soit plus objectif,
et la neutralité actiologique qui vise à ne pas émettre de jugement et de faire une hiérarchie
de valeurs. Ce sont deux outils qui permettent au chercheur d’élaborer des concepts. Un des
outils mis en avant est l’idéal type qui facilite la lecture du réel. Il permet de reconstruire le
réel à partir de catégories basées sur des caractéristiques, de traits fondamentaux. C’est un
outil d’analyse qui va accentuer les traits les plus significatifs du phénomène étudié. Il ne se
retrouvera pas obligatoirement dans la réalité.
La troisième est la phase explicative qui vise à établir une relation causale de la
réalité sociale. Il s'intéresse aux conséquences voulues et non voulues. Il établit un lien entre
plusieurs phénomène mais il faut faire attention à une interprétation du type une cause un
effet (ne pas en faire une généralisation). Il faut prendre en compte une multitude de
facteurs pour expliquer un phénomène. C’est ce qu’il qualifie d’affinité élective.

La quatrième caractéristique commune est la reconnaissance de la subjectivité. Il existe


(selon Weber) différentes formes de rationalité : 
- Celle en valeurs, qui cherche à mettre en avant des valeurs auxquelles l’individus
adhère (pas de moyen fin). Cette prise en compte des valeurs a des conséquences sur
ses choix.
- Celle en finalités, c’est l’adaptation entre les moyens et les objectifs poursuivis, c’est
l’intérêt individuel.
- Celle qui repose sur la passion et les sentiments immédiat qu’il (weber) va considérer
comme étant non rationnelle.
- Celle qui repose sur la coutume ou la tradition, c’est une logique d’action non
rationnelle.

La difficulté pour les approches orthodoxes est d’intégrer cette rationalité en valeur.

La cinquième caractéristique est un cadre d’analyse qui est un cadre d’individualisme


institutionnel, combinant individualisme méthodologique et holisme. Les institutions
influencent les acteurs et inversement.

Dans ces caractéristiques communes il y a un certain nombre de courants qui vont


reconnaître ces caractéristiques, mais qui vont aussi amener des débats entre eux.

Le premier courant est le conventionnalisme. C’est ce qui est appelé aussi économie des
conventions (Orléans, Favereau). C’est une forme d’éco qui va chercher à croiser les apports
de l’éco et de la socio. Son objet est de prendre en compte les normes (implicites et
explicites) qui vont permettre la coordination des comportements inter-individuels. Ces
normes sont des conventions, il s’agit d’accords entre des personnes qui vont influencer les
pratiques des acteurs mais aussi permettre leur coordination. Ils vont s’intéresser aux
conventions qui régissent le marché et les échanges. Sans ces conventions, selon eux, le
marché et l’échange ne pourraient pas fonctionner.
Il y a aussi la sociologie des conventions (Bottanski, Thevenot, Chiapettio). Elle repose sur des
conventions plurielles. Distinction de différentes formes de justification (registre de
justification) qui va permettre de justifier le comportement, les choix. Il faut donc trouver un
principe commun et stabiliser un compromis entre les acteurs. Il peut reposer sur un certains
de valeurs qui vont prendre des formes différentes selon les contextes (l’intérêt individuel, la
recherche de profit, la satisfaction de l'intérêt des membres d’une association, etc.).

Le deuxième courant est le mouvement des nouveaux institutionnalistes. Tous les nouveaux
institutionnalistes ne sont pas obligatoirement tous des socio économistes. Les institutions
sont des constructions sociales résultant des actions des individus et elles vont donc évoluer
en fonction des actions de ces individus. Ici, l’économie n’est pas marchande (pour les socio
économistes des nouveaux institutionnalistes). Non Nécessairement marchande. Le marché
est une composante mais ce n’est pas la seule. Il y a une pluralité des modes de
coordination, des échanges (pas nécessairement marchand). Économie et marché ne
coïncide pas.

Le troisième courant est celui de la sociologie économique (Durkheim, Weber, ...). Ce


courant fait l’objet d’un renouveau depuis les 70’s avec Laville, Granovetter, Zelizer et les
théories du mouvement anti-utilitariste en science social. La sociologie économique étudie
les faits économiques en les considérant comme des faits sociaux CAD en soulignant leur
dimension de relation sociale mais sans négliger pour autant la dimension intéressée qui y
est centrale. La prise en compte de cette double dimension va être centrale dans la
sociologie économique.
Trois principes énoncés par Granovetter :
- Toute action éco est une action sociale
- L’action éco est socialement située
- Les institutions économiques sont des constructions sociales.

La nouvelle socio éco ne croit pas que l’on puisse expliquer l'ensemble des comportement à
partir du principe de rationalité économique.
Elle va se déployer autour de trois dimensions :
- La construction sociale des pratiques et des relations économiques. Dimension
sociale, d’un foyer par exemple, sur l’utilisation d’un revenu. Exemple d’un héritage.
- L’explication sociologique de la formation des grandeurs économiques. Travaux
portant sur la question de la formation des prix, de l’emploi, etc. On va prendre en
compte des dimensions sociales (ex : importance des réseaux sociaux pour l’emploi).
- Le problème de la performativité des croyances économiques, ou la construction
économique de la réalité sociale. Ici, on va regarder la façon par laquelle la
connaissance économique va influencer la pratique des acteurs. L’économie comme
une représentation du monde et cette représentation va influencer l’action des
individus. Exemple : la concurrence pure et parfaite qui a été appliquée sur un
marché.

Le quatrième courant est l'ethnographie économique (Duffy & F. Weber). Elle a pour
volontés de réunir des travaux (socio, anthropologique, historique et économique). Elle va
chercher à appliquer une méthode fondée sur un travail de terrain, des enquêtes. C’est une
méthode d’analyse économique plus qu’un courant. Il y a un refus du grand partage
disciplinaire et une tentative d’entremêler les différentes disciplines. Il va y avoir une théorie
des mondes imbriqués. Ne repose pas sur l’approche de l’homo oeconomicus.

La socioéconomique est une pluridisciplinarité ? Une unidisciplinarité ? Ou une


interdisciplinarité ?

Pas de position homogène ou unanime


Interdisciplinarité il faut des concepts communs. Exemple de la monnaie mais problème car
en socio on parle plus d’argent.
Chapitre 2 : Le problème de
l’encastrement des activités et
pratiques économiques
La question originelle de
l’encastrement/désencastrement
Marcel Mauss et la problématique du don

Différentes formes d’encastrement :


- Institutionnel
- Politique (rôle de l’état)
- Culturel
- Économique

Notion qui fait l’objet d’une mise en avant à partir des travaux de Granovetter.

L’encastrement maussien (essai sur le don, 1923-24)

Pour Mauss le don permet de comprendre les dynamiques d’échange dans les sociétés.
Opposé à la vision utilitariste, l’homme n’agit pas pour satisfaire son utilité. Le marché n’est
donc pas la seule modalité d’échange dans les éco.
Il va s’appuyer sur des travaux anthropologiques pour montrer qu’il existe des pratiques de
dons différentes de l’échange marchand.
S’appuie sur le Potlacht (F. Boas). Il s’agit d’une forme de don qui repose sur un processus de
lutte ou de rivalité entre différents clans.
But : donner à son rival une abondance de bien de sorte que celui-ci ne puisse rendre de
façon équivalente à son tour. L’objectif est d’assoir des positions hiérarchiques.
Principe de triple obligation (donner recevoir et rendre). C’est une question d’honneur et de
pouvoir.

Exemple de la kula de Manivosky en Nouvelle Guinée. Un système d’échange de grande


envergure où des habitant d’une île vont aller dans une autre île où ils ont des partenaires
de kula pour recevoir des biens précieux. Une fois les bien précieux reçus il vont devoir
rendre des biens précieux d’une valeur comparable. Et ainsi de suite.
Ils vont marquer les liens qui nouent les différents partenaires. Cycle infinie et triple
obligation mais aussi source de hiérarchisation

Le don n’est pas forcément désintéressé.

Analyse des pratiques de don dans les sociétés modernes à partir de l’intuition maussienne.
Forme de don dans les entreprises. Ferrari a développé comment les échanges
d’informations peuvent être analysés sous la forme de don. Comportement de coopération
qui suppose des échanges informels entre les acteurs ou les relations entre entreprises et
sous-traitants. Processus mêlant des formes de domination mais aussi des formes de liens
entre les individus. Il y a toujours des pratiques de don dans les sociétés modernes.

Encastrement car à la fois le don et les échanges marchands.

Le don apparaît comme obligatoire du fait de la triple obligation mais apparaît aussi comme
libre. Le don est parfois mis en avant comme un mécanisme pacificateur, mais si refus de la
logique de don = guerre

Le contre don n’est pas forcément équivalent, il peut être supérieur. S’il l’est cela peut
obliger à un nouveau contre don plus important.
Contrairement aux échanges marchands le contre don n’est pas forcément équivalent.
Il existe un enchevêtrement des logiques d’intérêt et de désintéressement.

L’encastrement polanyen

Deux hypothèses fondatrices :


- Economie substantive / Économie formelle
- Trois types d’intégrations

Hypothèse 1 : il existe deux sens au mot « économie » :


- Economie formelle : logique de l’action rationnelle, mettant les moyens en
adéquation avec les fins. Le prix va jouer un rôle fondamental.
- Économie substantive : échange homme/nature en vue de satisfaire ses besoins
matériels. Analyse empirique. Echange entre l’homme et son environnement. Elle
serait le cadre d’analyse pertinent pour analyser les éco passées et présentes.
L’économie ne se réduit plus uniquement à son marché.
- Raisonné sur l’économie formelle (comme le fait la théorie économique) donne des
œillères ; il faut raisonner en économie substantive.

Hypothèse 2 : il existe dans toute société trois principes d’intégration (PI), ou mode
d’organisation des interdépendances économiques :
- Réciprocité (se manifeste dans le don contre don ou dans l’organisation réciproque
du travail). Il repose sur un comportement de bonne volonté des acteurs et s’appuie
sur les principes de complémentarité et d’interdépendance entre les individus
- Redistribution (suppose un prélèvement initial par un centre)
- Échange (se manifeste en particulier dans le marché, mais l’échange n’est pas
nécessairement créateur de prix). On pourrait le diviser entre des formes de
commerce et des formes de marché. Il peut être réduit au marché au sens créateur
de prix où la recherche d’un bien individuel prime sur le reste.

Ces trois principes confèrent unité et stabilité aux économies. Chaque société se caractérise
par une combinaison hiérarchisée de ces trois PI.
Société ancienne : échange sous la forme de commerce mais le marché comme un principe
secondaire
Société contemporaine : domination de l’échange et prétention à un système de marché
auto régulateur.
L’économie ne peut pas être réduite à l’échange marché. Évite l’analyse évolutionniste des
sociétés humaines.

Il poursuit son analyse dans la « grande transformation » en montrant que l’autonomisation


de l’économie se serait progressivement imposé par l’adoption de la définition de
l’économie comme autonome des autres sphères.
Le désencastrement de l’éco va passer par le modèle libéral et le système du marché
autorégulateur.
C’est une rupture au regard des autres sociétés.
La transformation de la terre, du travail et de la monnaie en marchandise résultant de
changement législatifs, politiques idéologiques. Il y a par exemple le développement du
machinisme, le développement du rôle de l’état. Mais cette transformation constitue une
fiction pour lui. Ce sont des marchandises fictives car elles ne devraient pas faire l’objet de
cette marchandisation. Cela constitue un danger car c’est destructeur pour la société.
Développement de l’état providence = réencastrement de l’économie. Il montre que le
système nazi peut être considéré comme une réaction de protection mais que cela à des
impacts sur la démocratie qui mettront à bas le système économique.
Pour Polanyi, le désencastrement économique est une tendance, il ne peut aboutir sans une
destruction de la société.
C’est un processus. Pas un état.

L’économie est donc historiquement encastrée :


« L’économie est donc encastrée et englobée dans des institutions économiques et non
économiques. Il importe de tenir compte de l’aspect non économique.
Car il se peut que la religion et le gouvernement soient aussi capitaux pour la structure et le
fonctionnement de l’économie que les institutions monétaires ou l’existence d’outils et de
machines qui allègent la fatigue du travail ».

Application moderne : l’économie plurielle comme observation et


comme norme

Manifeste vers une éco plurielle Aznar et alii, 1997


Un « triangle de Evers » revisité (Laville et Eme)
 Reprise des trois principes d’intégration de Polanyi au travers de l’économie
marchande (échange marchand), non marchande (redistribution), et non monétaire
(réciprocité associée aux logiques de dons reposant sur la bonne volonté des
individus).
L’économie solidaire repose sur une hybridation de ces différentes logiques.
C’est une nécessité pour les sociétés. Il ne faut pas viser l’hégémonie d’une forme sur une
autre. L’économie marchande n’est pas la seule à être productive. Elle repose sur la
redistribution notamment par l’éducation.
Conclusion : un programme de recherche relatif à l’encastrement

Deux encastrements :
- Maussien : une pérennité du don dans le don dans les sociétés modernes
- Polanyien : l’économique est immergé dans des institutions économiques et des
institutions non économiques

Enjeux de la recherche : analyser « le déplacement de l’économie dans la société ». Par


exemple :
- Analyser les processus d’encastrement / désencastrement - dont le mouvement
contemporain de désencastrement (année 1980- année 2000)
- Analyser le déplacement des frontières du marché – pas forcément dans le sens de
son extension

Deux directions :
- Encastrement de l’économique : la société façonne l’économie
- Encastrement par l’économique : l’économie performe la société

05/10

Quatre grands modes d’encastrement de l’économique


Quatre grandes formes d’encastrement : structural (réseaux), institutionnel, politique,
culturel.

L’encastrement structural : le travail fondateur de Mark Granovetter


sur les réseaux sociaux

Getting a Job : l’étude fondatrice (1974)

Comment les gens ont-ils vraiment trouvé leur travail ? Comment les emplois à pourvoir
sont-ils occupés par ceux qui en recherchent un ?
Cas de 256 cadres à Boston.

30% occupent un emploi qu’ils n’ont pas cherché


35% occupent un emploi qui n’était pas à pourvoir
 Quel mécanisme est à la source de ce résultat ?
Granovetter suggère les moyens utilisés pour trouver un emploi.
Trois démarches :
- Candidature spontanée
- Médiation formelle (chasseur de tête etc)
- Des contacts personnels (intermédiaire entre emploi et celui qui va occuper le poste)
= 56% et taux de satisfaction et de rémunération plus important.
Et 19% pour les deux autres.
 Importance des réseaux sociaux et des contacts personnels.
Une autre enquête de Michel Forsé => 35,6 % d’utilisation des réseaux sociaux pour trouver
un emploi.

Importance de la structure sociale dans laquelle l’action des individus est immergée. Suivant
la place de l’individu dans le réseau social. Il faut tenir compte de l’identité des personnes
que l’individu va connaître et des relations qu’ils entretiennent. Et de l’ensemble des
contacts du contact.

La position de Granovetter quant à l’encastrement

L’encastrement selon Granovetter n’est pas un encastrement de l’économie dans les règles


ou des institutions sociales, culturelles, et politique (Polanyi) mais un encastrement de
l’action économique dans des réseaux sociaux : un « encastrement-étayage »

Il refuse les approches suivantes :


- Approches substantives (Polanyi) : selon Granovetter elles pensent l’économie des
sociétés modernes comme désencastrée.
o Le désencastrement est impossible (comme état et non comme processus)
car les individus sont toujours immergés dans des réseaux sociaux
o C’est une lecture déformante de Polanyi car il n’a jamais dit que le
désencastrement était possible. Deux formes d’encastrement différentes
- Approches formalistes (science économique) : vision sous-socialisée de l’individu,
situé hors de toute relation sociale (homo oeconomicus)
- Approche sociologiques : vision sur-socialisée de l’individu (homo sociologicus), c’est
à dire le processus de socialisation qui s’impose à l’individu sans choix individuel.

Granovetter va se positionner entre ces deux dernières visions (entre sous socialisée et sur
socialisée). C’est la mise en avant des réseaux sociaux qui permet cette nouvelle vision.
Il faut inscrire les relations bilatérales au sein de réseaux. Analyse de la structure sociale
Différentes formes de lien (fort et faible)

Les actions sont donc « socialement situées » encastrées dans des réseaux de relations :
- Notion d’action « socialement située »
- Les marchés fonctionnent sur la base de structures sociales composées de réseaux
d’acteur
- Les réseaux traversent organisations et marchés
- Ils façonnent leur efficacité
Les institutions sont socialement construites.

L’encastrement institutionnel

Rôle des institutions dans la formation du marché.


Les institutions (Koleva, Kroichvili, Vercueil, 2007) :
- Des constructions collectives capables d'influencer de manière durable le
comportement individuel
- Distinguer institutions-règles et institutions-acteurs
o Institutions-règles : ensemble de règle adoptée de manière cumulative par un
nombre significatifs d’individus (règles, convention, coutumes)
o Institutions-acteurs qui caractérisent des communautés d’individus doté
d’une stabilité et d’une capacité d’action sur leur environnement
(organisation officielle, groupe informel, ...).
Ici l’encastrement est surtout pensé dans les institutions-règles
Un renouveau lié notamment à la « transition » des PECO (pays d’Europe centrale et
orientale) après 90
Exemple d’institution-règle centrale, encastrée et encastrante.
Exemple du rôle des droits de propriété, analyse de la transition entre passage de la
propriété public vers une propriété privée. Analyse des flux d’IDE entre les pays de l’Est.

Le droit :

On parle d’« encastrement juridique des relations marchandes» (Commons, Fligstein, ... )
Rôle de l’état, du droit qui permet d’encadrer les activités économiques mais c’est aussi un
élément qui permet la mise en place d’un marché (à partir des normes)
Exemples :
- Droit de propriété et droit des contrats : un enjeu majeur dans les pays en transition
mais aussi en Chine et dans les pays en voie de développement
- Droit de la concurrence : c’est un construit social, tout sauf « naturel » (Commons,
1954)
- Cet encastrement juridique est bien illustré par l’indicateur Doing Business de la
Banque centrale = capacité à faciliter les affaires.

L’encastrement politique

Rôle de l’état de l’administration dans les activités économiques

Fligstein (2001) et le rôle de l’état :


- L’état détermine les relations entre réformes concurrentes et pousse à la constitution
de grandes entreprises tout en décidant des limites à la concentration.
- Le dynamisme technologique et concurrentiel, la capacité des firmes à nouer des
relations stables sur les marchés et la croissance des marchés... dépendent des
actions de l’Etat.

Exemple (Fligstein et autres) :


- Influence de l’Etat fédéral et des États fédérés américains sur la vie économique
- Silicon Valley et Internet, produit plus ou moins dérivés d’impulsion du Secrétariat de
la Défense

Conclusion :
- Une évidence ?
Il n’est pas inutile de souligner les interactions économie marchande privée/État
- Comment comprendre les États qui construisent les conditions de leur inaction ?
Rôle de l’expertise, caractère performatif de la théorie économique. La théorie va
façonner les pratiques économiques. Lien avec la monter de la légitimité du discours
économique.

Extensions possibles : l’influence par les réseaux, le lobbying, la corruption, etc

Exemples : la structure de l’industrie électrique aux USA autour de 190 (Granovetter et


McGuire, 1998) :
- La technique finalement victorieuse (production centralisée dans de grosses unités)
n’était pas forcément la plus efficace
- Poids des réseaux d’influence (finance et expertise) mobilisés par Thomas Edison
pour faire triompher ses vues.

L’encastrement culturel

Observer l’importance d’éléments partagés dans le déroulement des échanges. Socialisation,


et principe de perception de classification.
Importance de souligner que la façon d’agir dans la vie éco est influencée par la culture.
La culture peut contraindre l’action éco (question de la morale par exemple).
Question de l’entremêlement.
Approche de Weber et le rôle de l’éthique protestante dans l’émergence du capitalisme.
S’appuie sur des dogmes du Calvinisme qui souligne que les individus vont se réaliser au
travers de leur activité professionnel. L’élection divine est prédéterminée et sa connaissance
est inaccessible. Importance du devoir du travail. La recherche du profit devient un devoir
éthique.

Autre exemple : la culture va contraindre l’activité éco et va délimiter un espace légitime des
comportements marchands. Les individus s’approprient ces codes et normes. = codification
culturelle :
- Les personnes importent (pas de commerce avec sa grand mère)
- Les lieux importent (ex pas de commerce dans les lieux de cultes)
- Les produits importent (cercueil ne se marchande pas)
- Les circonstances importent (non acceptation de l’augmentation du prix d’un bien, ex
hausse prix du parapluie quand il pleut)
- Etc.

La culture va habiliter l’économie. Car c’est une ressource qui est importante dans l’analyse
de l’environnement et la mise en place de l’action.

Viviane Zelizer : l’encastrement culturel comme entremêlement (mingling)


Il faut développer une théorie des marchés multiples, pour observer les intéractions entre
des facteurs éco, culturels, socio éco, ...
Les pratiques éco vont être façonnés par les acteurs, les objets éco sont façonnés par les
pratiques sociales. Pas de causalité unique entre un phénomène et un facteur mais des
causalités multiples.
Remise en cause de la nature éco des faits éco. Le fait éco devient un fait social par la mise
en évidence de l’interaction entre l’intime, la rationalité, et le fait éco.
Travaux sur la monnaie et ses « marquages sociaux » : monnaie comme vecteur de
marchandisation et d’extension de la sphère marchande qui détruirait les autres sphères
(intime par exemple) ?
L’origine de la monnaie, de l’argent importe (ex héritage ou autre).
Phénomènes d’appropriation et de marquage par les individus de la monnaie.

Conclusion :

Encastrements structural, institutionnel, politique et culturel... :


 Chacun présente une origine de l’encastrement de l’économie
 Dans le cas de l’encastrement culturel, sa signification change, par la dissolution de la
différence entre l’économie et le reste.

Conclusion du chapitre
Diversité des formes d’encastrement, mais une approche commune

La question pertinente n’est pas « pourquoi » mais « comment ». Processus et action éco
expliqués par de nombreux facteurs.

Le désencastrement apparaît utopique (Polanyi et tendance d’autonomisation de


l’économie, mais en l’état impossible sans la destruction de la société)

Le marché, la concurrence, etc sont le résultat d'un travail important de la société sur elle-
même (ils ne se créent pas eux-même, résulte d’un entremêlement de facteurs).
Chapitre 3 : L’innovation sociale
Introduction
Contexte d’émergence : vers une prise en compte progressive de l’innovation sociale (IS).
La crise va accentuer l’intérêt de po publiques dans la prise en compte de l’IS.
C’est une modalité de renouvellement des pouvoirs publics dans un contexte de crise et de
désengagement de l’Etat. Innovation comme remaniée face à la crise systémique.
Stratégie de Lisbonne opérationnalisée par les pouvoirs publics (mise en place du FISO).
Au niveau des organisations internationales avec l’OCDE.
Acteurs de terrain qui soulignent leur capacité à entreprendre de l’innovation sociale.
Volonté de déplacer le regard de la technologie ou de l’entreprise vers la société. Question
de la croyance dans le progrès technique.
Redéfinir des nouvelles formes de partage.
Déplacement se fait grâce à la société civile qui est en capacité d’innover.
Concept flou qui peut être utilisé pour souligner différentes dimensions. Appropriation par
des acteurs qui n’est pas toujours source de clarification.
Différentes formes d’innovation (peut-elle être technologique), la définition déborde.

De l’innovation technologique à l’innovation sociale


Conception de l’innovation de Schumpeter : à fortement insisté sur le rôle de l’entrepreneur
comme agent du changement par la proposition et la mise en œuvre d’une innovation.
L’innovation va permettre à l’éco de sortir d’un état stationnaire.

3 phases qui mènent à l’émergence du concept :


- Jusqu’à dans les années 1990, phase de limitation, innovation réduite à l’innovation
technologique
- 90-2000 : phase de généralisation, le terme émerge et commence à structurer des
politiques publiques et recommandations internationales. Le rôle de la recherche est
souligné mais pas de capacité d’innovation de la société civile. Intégration d’autres
formes d’innovations que l’innovation technologique
- 2005-2010 : autonomisation croissante de l’innovation sociale, phase de
spécialisation. Fragmentation du concept en fonction des acteurs qui vont l’utiliser.
Mais risque de fragilisation. Le concept d’IS devient un mot valise (concept « four
tout »).
Innovation Et innovation Continuité et Rupture
technologique sociale
Étapes Continuité Ruptures
Innovation Innovation sociale
technologique
Émergence Résolution de Pression du marché Pression sociale et
problème politique
Recherche
Ressources liées à la d’avantage issue des Recherche
recherche sciences naturelles davantage issue des
scientifique et du génie sciences humaines
et sociales
Processus Intervention d’une Processus Processus ascendant
pluralité d’acteurs descendant
Résultat Articulations Davantage matériel Davantage
possibles entre des immatériel
éléments matériels
et immatériels
Diffusion Diffusion comme Diffusion par la Traduction par les
élément majeur de commercialisation, acteurs, recours à
la diffusion le marché est une une économie
procédure plurielle composée
d’évaluation de la des mécanismes
diffusion d’échanges, de
redistribution, et de
réciprocité.

Innovation sociale : une forme d’innovation qui emprunte à d’autres, tout en allant au-delà :
L’innovation sociale est un type particulier d’innovation qui s’enrichit d’autres formes
d’innovations :
- Organisation du travail, de l’activité (UBER/Blablacar)
- Technologie (application pour les personnes sourdes)
- Institutions (SCIC : coopérative multi-parties prenantes)
- Normes valeur et règles (abonnement à un panier bio)
 L’IS produit des solutions inédites qui s’inscrivent dans un cadre social, elle n’est pas
une simple combinaison des autres formes d’innovation.

Les différentes conceptions de l’innovation sociale


3 conceptions :
 L’IS comme outil de modernisation des politiques publiques
 L’IS dans l’entrepreneuriat social
 L’IS comme système d’innovation territorialisé, inclusif et participatif

L’IS comme outil de modernisation des politiques publiques


Transformer les organisations publiques, afin de les rendre plus performantes ou efficaces.
Prise en compte des restrictions budgétaires.
L’IS comme fondement de la rénovation des politiques sociales.
Inspire règles du nouveau management public et les impératifs d’efficience.

Exemples :
- Valoriser les ressources humaines des personnes âgées (Japon)
- Salariés les grands-parents s’occupant de leurs petits-enfants (Bulgarie)
- Le développement du robots domestique (Japon)
- Des écoles ouvertes sur la vie en ville (Pays Bas)
- Capital gains program (USA)
- Les services dirigés par les usagés (GB)

 Un besoin identifié résultant d’un défaut de l’Etat et donc non assuré par celui-ci.

L’IS dans l’entrepreneuriat social

2 écoles :
- Ecole des recettes marchandes, qui va intégrer toute organisation qui va développer
une activité marchande au profit d’une finalité sociale.
- Ecole de l’IS, qui va insister sur l’entrepreneur et son profil, entrepreneur = agent du
changement, qui a l’opportunité de satisfaire un besoin social.
 Vision de l’entrepreneur social, quelle différence avec les autres entrepreneurs.
Personnalisation de l’IS
Associer les qualités d’un entrepreneur classique avec la volonté de répondre à des besoins
sociaux
La relativité de la non lucrativité
Un aspect philanthropique avec l’assistance à autrui comme mobile d’action.
Changement comme évolution de la finalité des projets éco.

L’IS comme système d’innovation territorialisé, inclusif et participatif

Idée de transformer la société, émerge dans un contexte institutionnel.


L’accent sera mis sur les processus collectifs qui vont mettre en place l’IS.
Rôle central des dynamiques québécoises.
Une vision institutionnaliste de l’IS :
- Sur les nouvelles pratiques, règles ou normes
- Sur l’importance du contexte institutionnel et local dans lequel se développe
l’innovation sociale
Une volonté de transformation sociale (vision politique).

Focus sur la perspective institutionnaliste


Cinq dimensions clés des innovations sociales :
- Des réponses par le bas à des besoins et aspirations sociales :
o Capacité de capter des signaux faibles 
o Hors marché plus lucratif et État ?
o Exemple des CAE => incubateur, entrepreneur salarié de la CAE
- Importance des finalités et de l’encrage local
o Le territoire fournit des ressources liées à différentes formes de proximité :
spatiale, socio-économique (réseaux sociaux, conventions, médiations
diverses) = innovation encastrée dans un tissu social et territorial.
o Donc, question de capital social local.
- Des logiques partenariales autour d’un projet fédérateur
o Mobiliser des ressources et des acteurs divers autour d’un projet fédérateur.
Importance d’espace de proximité, de discussion collective
o C’est-à-dire mobiliser divers réseaux, organisations, institutions
o « Hybridation des ressources », situations de co-construction avec les
pouvoirs publics
- Une critique du modèle dominant
o Dimension contestataire à divers degrés : du refus de la fatalité à la volonté
de transformation
o « Nouveaux mouvements sociaux économiques » (Gendron) : appropriation
d’outils économiques à des fins de transformation (sociale voire politique).
- Émergence de règles et de formes novatrices
o Définition de règles spécifiques : fixation de prix, organisation, etc. Cadre
normatif novateur. (Cf l’accorderie 1h = 1h, entreprise libérée)

A partir de ces dimensions on perçoit la dimension politique que peut porter l’IS dans cette
perspective institutionnaliste. C’est une réponse en rupture, construite de façon différente.

Étapes et écueils de l’IS :


1. Identification par le bas des besoins et aspirations non satisfaits
2. Une réponse par des associations ou des groupes enracinés localement
3. ...

Conclusion provisoire :
La notion d’innovation sociale : une polysémie source de tensions et de controverse ?
Innovation sociale : une transformation des rapports sociaux ?
Loi sur l’ESS 2014

Les facteurs et processus de diffusion et


d’institutionnalisation de l’IS
Le processus de diffusion de l’IS :
Conditionné par :
- Processus informel
- Rôle des interactions
- Processus de diffusion territoriale
- Accès aux ressources modes de
- Processus de diffusion réticulaire
financement ?

L’institutionnalisation de l’IS
La question de l’évaluation
Une approche multi niveau et multi acteurs
Mise en place de méthodologie adaptée. Utiliser l’évaluation comme un outil de création des
critères.
26/10 : cours de Damien Sauze
L’innovation est un processus conscient délibéré (à distinguer du changement).
On parle d’innovation sociale :
- Sociale comme la nature de l’innovation (par opposition à innovation technique ou
technologique). Étudier par les économistes comme une source de gain de
productivité.
- Sociale comme le champ de l’innovation, l’innovation s’intéresse aux innovations
dans le domaine social. Innovations qui ont pour objectif d’améliorer la cohésion de
la société. Elle peut du coup être aussi bien de nature technique ou sociale.
- Sociale comme la finalité de l’innovation. Une finalité de transformation des rapports
sociaux. Développer une alternative à des rapports sociaux existants.

L’innovation sociale dans une perspective historique


Innovations sociales dans une perspective sociale.
Travaux Robert Castel (1995) « les métamorphoses de la question sociale ».
Qu’est-ce que la question sociale ? C’est l’inquiétude sur la capacité à maintenir la cohésion
d’une société.
Cette cohésion peut être remise en cause par les inégalités, le déclassement d’une partie de
la population (« désaffiliation »).
Comment la société nous protège ?
Individus les plus vulnérables :
- Les personnes qui sont dans l’incapacité de travailler (handicap, mauvais état de
santé, vieillesse). Elle a été qualifiée comme les « bons pauvres ».
- Les pauvres ou les indigents valides. Parfois ramenés à de la paresse face au travail.
Les politiques sociales sont bien souvent sélectives. Police des pauvres.

L’assistance au pauvre se fait sur une base locale et/ou religieuse (appartenance à la
paroisse). Lutte contre le vagabondage et la mendicité.
Sous l’ancien régime ce qui caractérise l’intervention sociale c’est le mode de la tutelle.
Aujourd’hui passage de la tutelle au contrat.
Cohésion sociale = apporter de la sécurité éco aux individus.
Via des logique marchande ? Ou via l’intervention publique ?
Réponse de la révolution Française :
- Laisser le marché fonctionner pour résoudre les pbs sociaux. Ce qui empêche les gens
de travailler ce sont les régulations existantes pour entrer dans un métier. Du coup
suppression de ces corporations existantes pour entrer dans le métier.
- La propriété privée (logement, terre) pour maintenir son niveau de vie, une sécurité
éco, et donc une cohésion sociale.
 Absence d’intervention de l’Etat, croyance dans les mécanismes autorégulateurs du
marché
 Désencastrement de l’économie
- Importance de l’épargne
- Être prudent
Paupérisation de la classe ouvrière dans le XIXeme siècle. Tauqueville « mémoire sur le
paupérisme ». En période de crise salaire qui baisse fortement => baisse des conditions de
vie, de travail.
Au cours du XIX eme siècle prise de conscience pour lutter contre ce paupérisme :
- Par les partons vont mettre en place des politiques paternalistes. Proposer des
services sociaux au travailleurs (éducation, santé, crèche, caisse de retraite, et parfois
fourniture du logement) = l’objectif étant de retenir la main d’oeuvre. Exemple de
Schneider. Mais surtout dans les grandes entreprises.
- Régulations restantes de l’ancien régime : le livret ouvrier (abolie en France en 1890),
le règlement d’atelier (choisi par l’employeur).

D’autres idées arrivent à la fin du XIXeme siècle. Société comme interdépendance entre les
individus (Bourgeois). Durkheim : solidarité organique.
Courant qui se développe avec beaucoup d’analogie avec le secteur médical et la santé (mise
en place du vaccin par Pasteur). Doctrine solidariste qui plaide pour une intervention =>
paradigme solidariste à la place du paradigme libéral (François Ewald 1986).
A côté de ça il y a aussi le progrès des statistiques. Ces deux phénomènes vont permettre
l’utilisation de la technique de l’assurance pour faire face aux risques sociaux => innovation
sociale. Transformation de l’incertitude en risque.
Dans le paradigme libéral, accident du travail => pour être indemnisé prouver la culpabilité
de l’employeur ou d’un autre.
Loi 1898 => le salarié n’a plus besoin de prouver que l’employeur est responsable dès lors
que l’accident a lieux sur le lieu de travail. Réparation forfaitaire (non totale) = indemnisation
pour les journées de travail perdue et prise en charge des soins. Les employeurs cotisent à
des assurances = naissance des assurances sociales.

1910 : premier régime d’assurance maladie et vieillesse = capitalisation


Nouvelle tentative en 28 aussi par capitalisation mais krach boursier = écroulement de ce
modèle.

1880 en Allemagne sous Bismarck, mise en place des premières assurances sociales (car
beaucoup de syndicats).
Système Bismarckien : système fondé sur le travail, cotisation prélevée sur les revenus du
travail. Le travailleur et leurs ayant droit (famille) profite de cette assurance.

Système Beveridgien qui lui est fondé sur l’impôt, ce qui fonde la prise en charge est le fait
d’être citoyen. Système universaliste, plus uniforme et y plus unitaire.

En France la sécurité sociale est inspirée par le modèle Bismarckien en 1945.


Limitation de la journée de travail à 8H, et journée de repos hebdomadaire, interdiction du
travail des enfants.
Au XIXeme siècle on ne parle pas de contrat de travail mais de contrat de louage de service
(ce qui correspondrait aujourd’hui au CDD) défini dans le code civil.
Contrat sans limitation de durée à partir des années 1890 = rupture possible unilatéralement
= réponse à des politiques de patronage qui n’étaient pas complètement cohérente. En cas
de rupture = dédommagements peuvent être demandés : droit du licenciement et des
indemnités de licenciement. Au début CDI = contrat peu protecteur, puis avec de
nombreuses innovations au cours du XXeme siècle devenu protecteur.

09/11

Quelles innovations en matière d’emploi et de contrat de travail aujourd’hui ?


Clé de lecture : notion de risque.
Les innovations sociales apportent de nouvelles solution en matière de partage du risque.
Comment modifier le partage des risques ?
Quel est le projet des promoteurs des innovations sociales ?
Soit répartition du risque plus favorable à l’efficacité et notamment plus favorables à
l’innovation.
Innovation sur le contrat de travail :
- Mise en place d’un délai pour licencier les personnes
- Instauration d’indemnités de licenciement
- 1973 : licenciement pour motif perso Employeur doit donner une cause
- 1975 : licenciement pour motif éco au licenciement

Aujourd’hui, possible modification du CDI en contrat unique de type CDI mais dans lequel
durant les deux premières années on peut se faire virer sans motif, puis après deux ans il
faut donner un motif pour licencier. Et retirer la notion de licenciement éco.
L’objectif de ce contrat unique est de sortir d’un marché du travail dual (une partie stable
CDI et contrat précaire CDD, intérim etc). Argument de justice sociale.
Quel changement attendu de la part d’un contrat de travail unique ? => fin du dualisme, il
faut réduire l’écart entre CDI et CDD.

Empêcher une entreprise de licencier quand elle le souhaite c’est bloqué le mécanisme du
marché de travail.
Pb du turnover => reformer les salariés à chaque fois et donc ne permet pas de développer
des routines qui sont facteurs de compétitivité.
Pas de lien entre flexibilité du marché du travail et le taux de chômage.
Contrairement à une idée répandue le CDI reste le contrat majoritaire (85% de l’ensemble
des contrats de travail).
90% des flux d’entré dans une entreprise sont des CDD.

Flexisécurité, lier flexibilité sur le marché du travail et sécurité pour les salariés.
 Comment faire lien entre les deux ? Comment faire avec les salariés « flexibles »
comment les assurer contre le risque de chômage ?
Rôle que l’entreprise qui organise la flexibilité en son sein.
= marché interne du travail. Instauration de règles d’allocation et de rémunération des
travailleurs à l’intérieur de l’entreprise. Idée selon laquelle les entreprises n’ont pas
forcément recours au marché du W. Objectif : proposer des carrières à ses employers. Idée
de la rémunération à l’ancienneté
Avec les marché interne => RSE, fournir de l’emploi à ses salariés, proposer des carrières, les
former.
Marché transitionnelle du travail = activer les transitions sur ce marché. La mobilité sur le
marché du travail doit permettre un meilleur retour à l’emploi. Systématiser les transitions
sur le marché du travail.
Ex : le compte personnalisé d’activité (CPA) permet d’ouvrir des droits pour le salarié par
rapport son activité

Exemple des groupements d’employeur


Une asso d’employeur dont le but est de mutualiser l’embauche d’une partie de leurs
salariés. Périmètre plus large pour assumer la responsabilité sociale. Solution pour les
petites entreprises ?
Loi de 1985.
La façon dont est assurer l’intermédiation est une innovation.
Groupement d’employeur = asso à but non lucrative
Alors que pour l’intérim on a une entreprise à but lucratif.
Finalité sociale : la qualité de l’emploi.
L’idée est d’organiser la mobilité des travailleur à un échelon local

16/11

Bilan de ces groupements :


Bon fonctionnement dans le secteur agricole, mais petit groupement de deux ou trois
exploitants. La loi a permis d’étendre ces groupement à l’ensemble des secteurs d’activité.
Mais ça a moins bien fonctionné.
Environ 300 groupements d’employeurs pour environ 12000 emplois et 10000 entreprises.
Reste un espoir via le travail dans l’éco collaborative.
Difficultés qui tiennent à trouver une complémentarité entre les entreprises.
Ceux qui fonctionnent sont ceux où les entreprises avaient déjà l’habitude de coopérer.
Dialogue social de différent niveau de négociation (nat, inter entreprise, branche d’activité).
Groupement d’employeur peut réunir des entreprises de plusieurs branches d’activité
 Pb de convention, laquelle on applique ?
Groupement peut être comparé à d’autres solutions comme l’intérim par exemple.

Qu’est ce qui freine la création de groupement ou l’adhésion à des groupement déjà existant
?
 Présence d’une charte (cf la gonette) => condition proposer des CDI majoritairement,
critère trop contraignants.

En Belgique, la loi impose une embauche en CDI dans tous les groupements.

Autres solutions :
Régime des intermittents du spectacle : pas de constitution de marché interne plus large
mais on admet que le chômage existe, recherche de la garantie d’un niveau de vie décent
durant les périodes de chômage.
La relation salariale est par nature limitée. Les collectifs de travail se recompose à chaque
nouvelle production. Pas de relation salariale qui dépasse une production. Organisation par
projet (adhocracie). Succession d’emplois de courte durée. On parle dans ce secteur de CDD
d’usage. Comment assurer la viabilité de l’organisation dans un secteur où la demande est
versatile ?
Chaque production est unique = collaboration d’un nouveau collectif. Donc besoin d’une
forte capacité d’adaptation de la part des travailleurs. Besoin d’un système d’info sur les
aptitudes du personnelle dispo. Et essayer de réduire les coûts fixes par la limitation des
contrats dans la durée. Conséquence : insécurité de l’emploi et dynamiques de carrière
incertaines.
Mais pourquoi secteur « attrayant » pour les travailleurs ?
- Espérance de gains importants dans le futur du fait de l’incertitude.
- Quid des salaires horaires ? Exemple de l’industrie cinématographique où les taux de
salaire sont plus élevés.
- Question du personnel disponible : dans ce secteur la réputation est essentielle pour
l’embauche. Phénomène d’évaluation publique qui participe à cette réputation des
artistes. Parallèle avec les plateformes de l’éco collaborative => évaluation sur
Blablacar. Processus de certification qui fait qu’on est pas dans un marché de salarié
interchangeable sans être dans une relation de CDD. Entre une relation purement
marchande et une relation purement économique.
- Existence de mécanisme de solidarité et de redistribution qui garantie un revenu
minimum en période de chômage (pas les mêmes règles que le chômage des autres
travailleurs). Pour être considéré comme intermittent du spectacle il faut avoir
travailler au moins 507h dans les derniers 12 mois. Condition d’indemnisation
beaucoup plus généreuse que dans le reste de l’économie. Taux de remplacement :
70% du salaire moyen.
Système régulièrement en déséquilibre. Nécessite des transferts du régime général vers le
régime des intermittents. Pour résoudre le problème il faudrait résoudre les cotisations.
Mais parfois abus dans l’audio visuel.
Pourquoi ne pas faire intégrer les personnes en situation précaire dans le régime des
intermittents ?

A une échelle nat, on peut observer une situation hétérogène dans l’indemnisation des
chômeurs.
Difficulté de généraliser à d’autres secteurs.
Certains pays sont plus généreux dans l’indemnisation du chômage. Exemple des pays
scandinaves => Danemark avec la flexisécurité
Dans certains pays développement de la flexibilité avec une baisse des indemnisation (GB –
Allemagne).

Politiques de prise en charge de la pauvreté (territoire 0 chômeur de longue durée et Revenu


universel).

Le compte personnel d’activité => autre piste d’innovation social. Garantir des droits
associés aux travailleurs. Outils pour construire sa propre carrière, outils de formation de
droit à la formation. Les droits sont aux salariés non à l’entreprise.

En France, territoire 0 chômeur de longue durée => acteurs qui apportent des financements
pour solvabiliser des emplois, faire passer des situation de chômage vers des situations
d’activité. Il ne s’agit pas de contraindre des chômeurs à travailler. Solvabiliser des besoins
socialement utiles sans être attaquer par des entreprises pour concurrence déloyale. Partir
des compétences pour créer des postes à partir de celles-ci.

23/11

Territoire zéro chômeur de longue durée :


Projet initié par ATD Quart Monde
S’inscrit dans le cadre de la loi constitutionnelle de 2003 relative à l’organisation
décentralisée de la République et loi du 1er août qui permettent des lois d’expérimentation.
Loi d’expérimentation territoriale du 29 février 2016 permet l’expérimentation pour une
durée de 5 ans.
21/11/2016 : choix des 10 territoires retenus dont le quartier St Jean de Villeurbanne.
Objectif : Droit à l’emploi inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946 « chacun à le
droit de travailler et d’obtenir un emploi ».
 Garantir le droit à l’emploi au niveau local.
Vise la problématique du chômage de longue durée (chômage depuis plus d’1 an).
Pas de mesure à portée macroéconomique (politique budgétaire ou monétaire).
Innovation dans les politiques de l’emploi ?
Une mesure d’activation des dépenses pour l’emploi.
On distingue dans les politique de l’emploi, les dépenses actives, celle qui vise à résorber de
façon direct le déséquilibre (dépense de service public de l’emploi, dépenses de formation,
aide en faveur certains publics, des jeunes, des personnes handicapées, ...), des dépenses
passives, celles qui visent à gérer les conséquences du chômage (RSA, dépenses en faveur
des pré retraites).
Aujourd’hui on pense qu’il est plus efficace de faire des politiques de dépenses actives plutôt
que passives.
Transformer des dépenses passives en dépenses actives --> agir sur le chômage okutôt qu’en
gérer les conséquences.
Le chômage de longue durée constitue un coût pour la société. Ces coûts sont directs
(assurance chômage - UNEDIC, allocation spécifique de solidarité ASS - état, RSA -
département) et indirects (dépenses sociales des services sociaux plus importantes, aide au
logement, etc).
Pour le cas de l’initiative territoire 0 chômeur de longue durée on va s’intéresser à l’ASS et
au RSA.
Chaque chômeur de longue durée coûte à la collectivité 15 000€ par an. Idée de transformer
ces dépenses pour créer des emplois (passage de dépense passive à dépense active).

Deux logiques d’activation des dépenses :


- Logique libérale, lier l’indemnisation à une activité de la part des chômeur de longue
durée (workfare). L’activité n’est pas un emploi car non librement choisie et elle ne
donne pas le droit au statut de salarié.
- Logique universaliste : accès à l’emploi pour tous

Territoire 0 chômeur de longue durée relève de cette deuxième logique en ayant pour
objectif de garantir le droit à l’emploi.
Idée : transférer dans un fonds des dépenses qui aujourd’hui dépendent des dépenses
passives de manière à ce que ce fonds soit utilisable pour créer de nouveaux emplois.
Avant les économies étaient réalisée par l’état mais elles ne revenaient pas aux
organisations qui sont destinées à créer les emplois locaux.
Comment créer des conditions pour que des entreprises se lancent dans le projet ? Il faut
qu’elles puissent profiter des économies réalisées, des bénéfices du projet.
Retour des chômeurs de longue durée dans l’emploi est bénéfique pour le reste de la
société. Cercle vicieux auto entretenu du chômage de longue durée.
Pour répondre à la question de la concurrence déloyale : quand on se fixe comme contrainte
d’embaucher des chômeurs de longue durée on rend un service à la société, on crée des
emplois à plus faible productivité donc besoin de subvention. Au delà de la faible
productivité ces emplois ont des externalités positives pour la société.
Emploi créé à partir des compétences des chômeurs de longue durée.
Créé dans des entreprises conventionnées et polyvalente.
Trouver la limite entre emplois complémentaires et le reste des emplois, ne pas détruire des
emplois de l’économie marchande pour créer ces emplois => besoin d’entreprises privées
dans la discussion.
Question de la formation qui apparaît dans un second temps.

Territoire 0 chômeur de longue durée se distingue de l’insertion par l’activité économique


(IAE), Innovation par
- le fait d’embaucher en CDI
- Adapter l’emploi au personne
- Act non concurrentielles
- Comités locaux d’expérimentation réunissant les acteurs locaux = pilotage au niveau
local.

Critique aux politiques d’emplois conventionnés : Effet d’aubaine et effet de substitution


(emplois créés qui détruit des emplois existants).

30/11

Quelles innovations sociales dans la redistribution des


revenus ?
Différentes formes d’allocation des revenus :
- Allocation spécifique de solidarité (1984) s’adresse aux chômeurs en fin de droit
(avoir au moins travailler 5 ans dans les 10 dernières années), il s’agit d’une
allocation fixe sous plafond : 16,27€ par jour pour les personnes seules dont le
revenu mensuel est inférieur à 650€ ou couple dont le revenu est inférieur à 1300€
- Cf graph du ppt Trappe à chômage : désincitation financière à reprendre une activité
ou augmenter son activité. Pour un emploi à temps plein cet effet de seuil n’existe
pas (puisqu’on est aux alentours de ce seuil). Travail : rôle d’intégration sociale.
- RMI (1988) : une allocation différentielle (comme le minimum vieillesse). Allocation
versé pour que les personnes qui reçoivent cette aide aient un niveau de revenu
« défini » Cf graph ppt. Pas de décrochage donc pas de trappe à chômage mais tant
qu’on ne dépasse pas le seuil de 460€ il n’y a pas d’incitation financière à augmenter
son activité tant qu’on reçoit le RMI (critique)
- RSA (2008), d’abord d’expérimentation sur quelques territoires puis généralisation. Il
s’agit d’une allocation dégressive : allocation calculé de façon décroissante suivant le
pourcentage en fonction du revenu. Deux éléments dans le RSA :
o RSA socle (qui correspond au RMI)
o Un revenu sup pour que lorsqu’on reprend une activité les revenus de
transfert augment. Ce revenu sup est dégressif de manière à ce qu’il devienne
0 (à peu près au niveau du SMIC).
Allocation dont il faut faire la demande.

Revenu de base : revenu d’émancipation ou subvention aux


employeurs ?

Chaque individu recevrait de la collectivité de sa naissance à sa mort, sans condition ni


condition ni contrepartie, une somme régulière cumulable avec ses autres revenus dont ceux
d’un travail :
- Universel
- Individuel
- Inconditionnel (possibilité de le cumuler avec d’autres revenus, rien n’est exigé en
échange de ce revenu, quasi absence de critères à remplir pour percevoir ce revenu)
Voire éventuelles conditions = conditions territoriales

Projets différents :
- Filet de sécurité
- Émancipation du travail salarié et de l’économie capitalistes
- Adaptation de la protection sociale à la précarité de l’emploi.

Quel niveau ?
- 500€
- 750€
- 1000€
- Différence en fonction de l’âge, par exemple 30% pour les moins de 15 ans, 50% pour
les 15-17 ans

Quel financement ?
- Utilisation des cotisations sociales ? Financement par l’impôt ?
- Besoin de financement en France de 336 mds € selon le scénario retenu. Dans le
dernier cas, c’est plus que l’intégralité du budget de la protection sociale (hors ALD et
retraites complémentaires qui pourraient conserver un financement spécifique).
Nécessité de compléter ce financement par impôt.

Conséquences sur les inégalités :


- Même revenu de base à tout le monde devrait permettre de réduire l’écart relatif de
revenu entre les plus riches et les plus pauvres
- Dans le cas d’une suppression du SMIC, à l’inverse les écarts de revenu d’activité
risquent de s’accentuer
- Quelle dynamique de partage des gains de productivité : risque qu’ils soient
conservés par ceux qui détiennent un emploi au détriment de ceux qui n’ont que le
revenu d’activité pour vivre.

Place du travail dans la société et chômage


- Revenu de base = se résoudre à la fin du plein emploi
- Travail aussi principal vecteur de lien social. Même si le revenu de base permet
d’assurer un minimum vital, il ne change pas forcément la situation des chômeurs du
point de leur intégration dans la société.

Quels effets sur les salaires ?


Maintien du salaire minimum ? Risque de dégradation des salaires si le salaire
minimum est supprimé
Quels effet sur l’offre de travail et la qualité des emplois ?
Refus des emplois précaires car le revenu de base permet d’obtenir un minimum
vital ?
Incitation pour les employeurs à améliorer les conditions de travail et les salaires
Les conséquences dépendent en grande partie du niveau du revenu de base.

Les expériences actuelles :


Finlande : revenu inconditionnel de 560€ par mois mais uniquement pour les demandeurs
d’emploi de 25 à 58 ans. Ce n’est pas un revenu universel. Expérimentation sur 2000
individus tirés au sort.
Il s’agit essentiellement de simplifier le système d’aides sociales

France : expérimentations proposées dans un rapport du Sénat

Pays-Bas : expérimentation envisagées dans certaines communes

USA, Canada, Brésil : expérimentation dans certaines villes.

Référendum en Suisse : a pour l’instant rejeté le revenu de base.

07/12

Quid d’un revenu de base en France ?


Expérimentations proposées par un rapport au Sénat
Expérimentation à l’étude en Gironde et dans la région nouvelle Aquitaine.
Rapport Sirugue : fusion des minimes sociaux : couverture socle (400 € par mois sous
conditions de ressources) + complément

Proposition Liber (de De Basquiat et Koenig) : impôt négatif, filet de sécurité minimal :
financement par un impôt proportionnel (flat tax) qui remplacerait l’impôt sur le revenu, la
CSG, et l’impôt sur les sociétés de 23% pour un revenu de 450 euros.

Proposition du Mouvement Français pour un revenu de Bas (MFRB) : accroître la liberté des
travailleurs, mais montant proposé reste relativement faible : 465 ou 500 euros.
Financement par l’impôt revenu de base exonéré mais autre revenu mais à contribution dès
le 1er euro) ou encore financement par la création monétaire, dividende monétaire versé par
la BCE à chaque citoyen, helicopter monney.

Baptiste Mylondo : instaurer un revenu de base de 750 euros financé par une augmentation
de 35 points du taux de cotisation de CSG (entre un impôt et une cotisation).

Un exemple d’innovation sociale dans le cadre du nouveau


management public : l'introduction de la tarification à l’activité à
l’hôpital

Le financement des hôpitaux par l’assurance maladie (par la SÉCU).


1er système : Financement à la journée patient (pour chaque jour patient on finance un tarif
pour une journée d’hospitalisation). Abandonné car risque d’inflation de l’activité en nombre
de jour patient

2ème système : financement par enveloppe globale annuelle (enveloppe budgétaire


négociée). Pb de la détermination de l’enveloppe. Risque de demande plus élevée que
nécessaire ou de budget insuffisant en cas de demande sous estimé.

Depuis 2003 : tarification à l’activité (3ème système). Indicateurs de l’activité imaginé : PMSI
(programme de médicalisation des systèmes d’info) => définition de groupes homogènes de
séjour (définis en fonction de la quantité de ressources demandées sur l’activité. On
regroupe des montants de coûts homogènes).
Enquête national des coûts qui permet de définir à partir d’un échantillon le coût moyen
d’un séjour en France.
Hypothèse selon laquelle on peut standardiser le soin.

Nouveau mode de financement qui introduit une régulation marchande au sein des
hôpitaux.
Concurrence par comparaison :
Si l’établissement est au-dessus du coût moyen il doit réduire ses coûts pour
équilibrer son budget. Ceci doit amener à une baisse du coût moyen, donc du tarif et
à une nouvelle nécessité de baisse des coûts.

Au sein d’un hôpital : intérêt à la concentration de l’activité sur les séjours les plus
rentables (plus grande différence entre tarif et coûts)

A l’intérieur d’un même groupe de séjours peuvent nécessiter une quantité de soin très
différente.
La régulation par la tarification à l’activité peut accentuer les inégalités entre hôpitaux.

La T2A peut répondre à des problèmes d’inefficacité. Peut fonctionner sur des types de
séjours qui nécessite peut de différence (ex : recourir à un scanner) mais difficile pour les
séjours qui avec approche pluridisciplinaire.
Nécessité d’une analyse socioéconomique des
innovations sociales (reprendre sur le PPT)