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2 – Montage redresseur biphasé

2.1 – Schéma de principe


2.2 – Conduction continue
a) Etude des signaux relatifs à la charge
b) Etude des signaux relatifs aux semi-conducteurs
c) Etude des signaux relatifs au transformateur
-+- 2.3 – Dimensionnement
a) Choix des semi-conducteurs
b) Dimensionnement du transformateur
c) Conclusions
3 – Montage redresseur en pont monophasé
I - INTRODUCTION 3.1 – Schémas de principe
3.2 – Etude des signaux
1 – La conversion d’énergie a) Etude des signaux relatifs à la charge
2 – Rappel sur la diode b) Etude des signaux relatifs aux semi-conducteurs
3 – Les grandeurs caractéristiques des signaux électriques périodiques - Rappels c) Etude des signaux relatifs au transformateur
3.1 – Caractéristiques analytiques du signal 3.3 – Dimensionnement
3.2 – Caractéristiques globales du signal a) Choix des semi-conducteurs
a) Valeur moyenne b) Dimensionnement du transformateur
b) Valeur efficace c) Conclusions
3.3 – Caractéristiques spécifiques des signaux unidirectionnels 4 –Caractéristique de sortie
3.4 – Puissances et facteur de puissance 4.1 – Chute de tension dans les semi-conducteurs
a) Puissance instantanée, puissance moyenne 4.2 – Influence du transformateur
b) Puissance de dimensionnement ou puissance apparente a) Chutes ohmiques
c) Facteur de puissance b) Influence des inductances de fuite
4.3 – Caractéristique réelle
II – REDRESSEMENT MONOPHASE ELEMENTAIRE
IV - REDRESSEMENT TRIPHASE
1 – Equations générales
2 – Charge résistive 1 – Redresseur étoile (ou P3)
3 – Rôle du filtrage 1.1 – Principes
3.1 – Filtrage capacitif ou charge R // C 1.2 – Etude des tensions
3.2 – Filtrage inductif ou charge R série L 1.3 – Etude des courants
3.3 – Conclusions 1.4 – Facteur de puissance
4 – Influence d’une diode de roue libre 2 – Montage en pont (ou P6)
5 – Charge active 2.1 – Etude des tensions
5.1 – Charge présentant une fcem 2.2 – Etude des courants
5.2 – Charge présentant une fem 2.3 – Facteur de puissance
5.3 – Conclusions 2.4 – Chutes de tension
6 – Alimentation des montages
6.1 – Grandeurs primaires
6.2 – Dimensionnement
6.3 – Conclusions

III – REDRESSEMENT MONOPHASE INDUSTRIEL

1 – Conception industrielle
1.1 – Chaîne de puissance
1.2 – Signaux et grandeurs caractéristiques
1.3 – Types de conduction
a) Conduction continue
b) Conduction discontinue
c) Caractéristique de sortie
 Conversion continu  continu : Montages hacheurs
Ils permettent le réglage d’une source continue en évitant la dégradation de l’énergie dissipée dans
une résistance.
Exemple d’application : Alimentation d’un moteur à courant continu à partir du continu (tramway de
I - INTRODUCTION Grenoble)

 Conversion continu  alternatif : Montages onduleurs


1 – La conversion d’énergie On distinguera :
- onduleur assisté assurant la récupération dans un réseau alternatif d’une énergie disponible sous
L’alimentation des principales applications industrielles est fixe. C’est soit le réseau triphasé forme « continue »
avec différentes valeurs de tensions possibles (en France 220 V , 20 kV, 63 kV, 400 kV), soit une - onduleur autonome permettant l’alimentation d’un récepteur.
alimentation continue. Exemple d’application : groupe de secours.
Cependant, une grande partie des applications industrielles forte puissance nécessite d’adapter cette
alimentation afin d’avoir la bonne allure de tension en entrée (alternative ou continue) avec la bonne  Conversion alternatif  alternatif
valeur. On distinguera :
Pour ce faire, on utilise des convertisseurs qui transforment la présentation de l’énergie - gradateur : conservation de la fréquence
électrique. C’est le domaine de l’Electronique de Puissance que d’étudier les convertisseurs statiques - convertisseur de fréquence : passage de f1 à f2  f1.
qui sont destinés à assurer le traitement de l’énergie électrique sans en modifier la nature et sans Exemple d’application :
mettre en jeu d’organes mobiles. Pour cela ils utilisent des interrupteurs électroniques unidirectionnels
à fermeture naturelle ou commandée (cf. § 2).
Ces derniers permettent la modification des caractéristiques des signaux électriques : amplitude, 2 – Rappel sur la diode
forme, fréquence, avec
- un encombrement réduit, Les composants utilisés dans les convertisseurs statiques sont des éléments unidirectionnels à
- de faibles pertes fermeture naturelle (diode) ou commandée (thyristor, mosfet, …).
- un temps de réponse très court. On énonce ci-après les caractéristiques et propriétés principales des diodes.

Si l’on classe les signaux en deux catégories : Une diode est un semi-conducteur constitué par une jonction PN. Ses deux bornes sont appelées :
- signaux unidirectionnels dit « continus », Anode A et cathode K. On la représente conventionnellement comme ci-après.
- signaux « alternatifs » à valeur moyenne nulle.
ID
On peut distinguer 4 types de convertisseurs statiques :
P N K
A K
Redresseur VD = VAK
Fig. 2 : La diode
Hacheur

Sa caractéristique statique ID (VD) est la suivante :


ou conv. f.
Gradateur

ID
- pour VD < 0 le courant « inverse « est très
IMx
faible
- pour ID > 0 la tension « directe » aux bornes
est très faible.

Le constructeur indique les valeurs limites


Onduleur Vinverse d’utilisation :
- IMX au-delà duquel l’effet thermique détruit la
VD = VAK jonction,
Fig. 1 : La conversion d’énergie en électronique de puissance - Vi au-delà de laquelle il y a « claquage » de cette
jonction.
 Conversion alternatif  continu : Montages redresseurs
En général la source est alternative sinusoïdale (source industrielle à 50 Hz). Remarque : Contrairement à ce qui ce fait en électronique bas signal, le courant inverse et la
Elle peut être monophasée ou triphasée. tension directe sont en général négligés. Dans ce qui suit on admettra que dans la
Exemple d’application : Alimentation d’un moteur à courant continu à partir du réseau monophasé fourchette des valeurs limites (Imx et Vi) la caractéristique peut être idéalisée comme
(TGV). suit :
- valeurs extrêmes :
ID
. valeur maximale Smax
. valeur minimale Sin
IMx . valeur crête à crête.

ID > 0
VD = 0 } Etat
Passant 3.2 – Caractéristiques globales du signal

Vinverse Dans les applications industrielles des convertisseurs statiques, les effets des signaux dépendent en
général de leurs valeurs « intégrées » : valeur moyenne, valeur efficace.
VD = VAK
A titre d’exemple : - conversion électro-mécanique (machines tournantes)
ID = 0
VD < 0 } Etat
Bloqué
. vitesse  Umoy
. couple  Imoy
Fig. 3 : Caractéristique statique ID (VD) idéale d’une diode - Dimensionnement des semi-conducteurs
. pertes JOULE = Ieff
En général on utilisera la relation : ID  0  VD  0
a) Valeur moyenne
La diode fonctionne alors comme un interrupteur à fermeture naturelle dès que V D = VAK devient t0  T
positive : elle est alors conductrice. Ceci n’implique pas forcément que V A est positif par rapport à la Smoy 
1
référence des potentiels. Il suffit pour cela que VA soit plus positif que VK.
On rappelle l’expression de la valeur moyenne d’un signal s (t) :
T
 s (t) dt
t0
On notera que le courant, s’il existe, ne peut passer que dans les sens « anode  cathode » : ID > 0.
La valeur moyenne d’un signal est aussi appelée composante continue.
3 – Les grandeurs caractéristiques des signaux électriques périodiques - Rappels Elle peut être obtenue expérimentalement à l’aide d’un oscilloscope en comparant les traces obtenues
en liaison directe (D.C) et en liaison capacitive (A.C).
Les signaux électriques (tensions et courants) mis en jeu dans les convertisseurs statiques sont en
général périodiques. Remarque : Lorsque le signal est une fraction d’un autre signal dont la valeur moyenne est déjà
Leur forme dépend : - de la nature de source : connue, on peut éviter de calculer  s (t) dt .
. source continue constante
. source alternative sinusoïdale
Lorsque le signal est de forme géométrique simple, le calcul de  s (t) dt se réduit alors à
- de la nature de la charge : la somme de surfaces élémentaires.
. charge résistive
. charge inductive ou capacitive
. charge active présentant une f. e. m. b) Valeur efficace
t0  T
1
Les formes les plus fréquentes sont selon la nature des sources et des charges : On rappelle l’expression de la valeur efficace d’un signal s(t) telle que : S2eff   s2 (t) dt
T t0
- des portions de sinusoïdes
- des portions d’exponentielles
- des segments de droites Remarque : On notera que si la fonction périodique s(t) est impaire, la période de s 2(t) est moitié de
- des combinaisons des formes précédentes la période de s(t). Il suffit d’intégrer s2(t) sur une demi-période.
Lorsque le signal est une fraction d’un autre signal dont la valeur efficace est déjà
On rappelle ci-après les différentes façons de caractériser ces signaux.
s
2
connue, on peut éviter de calculer (t) dt .

s
2
Lorsque le signal est de forme géométrique simple, le calcul de (t) dt se réduit alors
3.1 – Caractéristiques analytiques du signal à la somme de surfaces élémentaires.
La connaissance la plus complète d’un signal est assurée par sa représentation en fonction du temps
telle qu’elle peut être obtenue à l’aide d’un oscilloscope. (On notera que l’oscilloscope est l’appareil 3.3 – Caractéristiques spécifiques des signaux unidirectionnels
fondamental pour l’étude des convertisseurs statiques).
La représentation obtenue permet l’étude analytique du signal : Dans le cas des signaux unidirectionnels, on cherche à les comparer à un signal continu idéal pour
- intervalles de temps caractéristiques : lequel on a : s(t) = SMx = Smoy = Seff = S.
. période T
. temps de commutation
On peut pour cela définir les nombres caractéristiques suivants :
S Seff p(t) peut donc s’écrire sous la forme de la somme de deux termes : p(t) = Pmoy + pa(t)
Facteur de crête : Fc = Mx Facteur de forme : Ff = dont on peut donner une interprétation physique.
Seff Smoy
Pmoy : valeur moyenne, sur une période, de la puissance fournie par la source (et consommée par le
On peut caractériser l’ondulation d’un signal unidirectionnel s(t) = Smoy + sa(t) par la valeur « crête à récepteur). C’est une puissance au sens usuel du terme appelée plus précisément puissance active.
crête » de sa partie alternative sa(t) (figure 4). Elle s’exprime en Watt (W).
s (t) Smoy sa (t)
pa(t) : puissance alternative à valeur moyenne nulle sur une période. Ainsi lorsque le récepteur est
1 1
inductif ou capacitif, elle inclut la fluctuation de l’énergie WL ( t )  Li( t )2 ou Wc ( t )  Cu2 ( t ) .
2 2

= + Néanmoins, la fluctuation permanente de W L(t) et de W C(t), met en jeu la circulation d’un courant dont
l’effet sur le bilan énergétique est nul mais qui influe par son effet thermique sur le dimensionnement
des circuits. (Le courant réactif du régime sinusoïdal en constitue un cas particulier).

t t t
b) Puissance de dimensionnement ou puissance apparente
Fig. 4 : Décomposition d’un signal
Une source (ou un récepteur) est conçue pour fonctionner avec une certaine tension de service dite
On pourrait aussi procéder à la décomposition complète en série de FOURIER et caractériser tension nominale qui correspond aux contraintes diélectriques acceptables. Elle est en général définie
l’ondulation à partir des harmoniques. On est conduit à l’expression du taux d’ondulation : par sa valeur efficace Vn.
S2eff - S2moy
T2   Ff2 - 1 De la même façon, il est prévu un courant de service dit courant nominal qui correspond à une
S2moy contrainte thermique (échauffement) acceptable en régime permanent. Ce courant doit donc être lui
Exemple : aussi défini par sa valeur efficace In.

SM SM SM SM En considérant ces grandeurs déduites des limites de service, on peut définir pour une source (ou un
récepteur) une puissance de dimensionnement Sn telle que : Sn = V n . In
SM/2

t t t t
Par extension, pour des signaux quelconques de valeurs efficaces Veff et Ieff, on a : S = Veff.Ieff
Smoy = S SM SM 3 Elle s’exprime en volt-ampère (V.A.)
Smoy = Smoy = Smoy = SM
 2 4
Seff = S SM SM Cependant, la présence simultanée d’une tension (v(t) de valeur efficace V eff, et d’un courant i(t) de
Seff = Seff = Seff = 0,763 SM valeur efficace Ieff, n’impliquent pas que la valeur moyenne P de p(t) = v(t).i(t) soit égale à S.
2 2 On conçoit par exemple que pour des signaux v et i conservant la même forme et la même amplitude,
Fc = 1 Fc = 2 Fc = 2 Fc = 1,3 le produit p = v.i et sa valeur moyenne P, dépendent de leur phase relative.
Dans le cas général la puissance moyenne P est telle que : 0  P S
 Ff = 2 Ff = 1,018
Ff = 1 Ff =
2 pour cela la puissance S est fréquemment appelée puissance apparente.
T=0 T = 1,21 T=1 T = 0,19

c) Facteur de puissance
3.4 – Puissances et facteur de puissance
P
On appelle facteur de puissance le rapport : f (avec 0 < f < 1)
a) Puissance instantanée, puissance moyenne S

Soit une source alimentant un récepteur passif auquel sont associés les signaux suivants : Remarque : On rappelle que dans le cas particulier du régime sinusoïdal tel que v(t) = V M sin t et
. v(t) : Tension périodique de période Tv P
. i(t) : Courant périodique de période Ti i(t) = IM sin (t - ) le rapport = cos).
S
La puissance instantanée mise en jeu est dans ce cas : p(t) = v(t). i(t)
Le rapport des périodes Tv et Ti étant en général un nombre entier, la puissance instantanée p(t) est
elle-même périodique.
II – REDRESSEMENT MONOPHASE ELEMENTAIRE
 R.ic(t) et uc(t) :
Les montages ayant une réalité industrielle associent plusieurs composants unidirectionnels.
Cependant, quel que soit leur degré de complexité, leur comportement est régi par un certain nombre . D’après les propriétés énoncées précédemment :
de propriétés communes, qui peuvent être mises en évidence et analysées sur un montage redresseur - la diode conduit dès que la tension d’alimentation vs (t) devient positive.
élémentaire de principe. - la diode se bloque quand le courant passe par zéro.

. Comme la charge est purement résistive, les deux signaux R.ic (t) et de uc(t) sont identiques. Leur
1 – Equations générales représentation commune est résumée sur la figure 7.

Le circuit élémentaire de principe ainsi constitué est présenté figure 5. . La valeur moyenne Uc moy de la tension uc(t) est (pour x = t) :
iS iD T  2
iC 1T 
Ucmoy   uc (x) dx avec uc ( x )  VM sin x pour 0  x  
T0 u ( x )  0
 c pour   x  2
vD
vS
1 
 VM sinx dx  2 - cos x 0
uC VM 
Ucmoy 
2 0

Fig. 5 : Montage redresseur élémentaire de principe VM


Donc Ucmoy 

Il comprend un seul élément unidirectionnel (diode D) auquel correspond la tension vD (t)
La source délivre une tension alternative sinusoïdale vs(t)  VD(t) :
La charge ne comprend que des éléments passifs : résistance, condensateur ou inductance. Elle est
soumise à la tension uc (t). . D’après les propriétés énoncées précédemment :
- Quand la diode conduit, la tension à ses bornes est nulle.
L’évolution des grandeurs du circuit se déduit des propriétés du semi-conducteur et des lois classiques - Quand la diode est bloquée, comme la charge est purement résistive, le courant étant nul, la
des circuits électriques (réduites, dans certains cas, à leur expression la plus simple). tension à ses bornes est égale à la tension d’alimentation vs (t).
L’allure de VD(t) est présentée sur la figure 8.
. propriété du semi-conducteur : iD > 0  vD = 0
. loi des mailles : vs = vD + uc La tension inverse doit pouvoir être supportée par l’élément semi-conducteur sans provoquer le
. loi des nœuds : is = i D = ic « claquage » de la jonction. Il faut donc considérer la valeur de crête du signal vD (t) , dans ce cas :
. loi d’Ohm aux bornes de la charge : uc = f (ic) ViMax  VsMax  2 Vs

2 – Charge résistive vs
uc = Ric
Lorsque la charge est une résistance pure (figure 6), l’expression de la tension uc est : uc = R ic. vs
iS iD
iC
Pour ic  0 Pour ic  0
 
vD  c
u  Ric  uc  0 D c
i  i  vD  0
vS R v  v  u  v  v v  v  u  u  v
uC  s D c D s  s D c c s

La diode est bloquée La diode est passante t t


Fig. 6 : Montage redresseur élémentaire
sur charge résistive

On déduit de ces propriétés la représentation graphique des variations de ic, uc et vD en prenant pour vs vD
référence la tension d’alimentation vs.
Selon les commodités d’emploi, on considère ces variations : Fig. 8 : Tension de la diode sur charge
- en fonction du temps : v(t) = VM sin (t) Fig. 7 : Tension et courant de charge sur résistive
- en fonction de l’angle x = t : v(x) = VM sin x charge résistive
Remarque : On notera que les signaux « redressés » relatifs à la charge : uc (t) et ic (t) sont Si la diode était remplacée par un interrupteur, lorsqu’elle est passante (interrupteur fermé), on aurait :
unidirectionnels mais ne présentent pas un caractère continu. uc (t) = vs (t) = VM sin t
On va chercher à améliorer la forme des signaux, en ajoutant au circuit de charge des
éléments non dissipatifs susceptibles de réduire le taux d’ondulation. uc VM
Et les courants iR et iC seraient : iR   sin t
R R
3 – Rôle du filtrage du
ic  C c  CVM cos t
dt
Selon les applications envisagées, on peut rechercher deux objectifs différents :
- Tension redressée se rapprochant le plus possible d’une tension « continue » : u(t) = U = cte. La présence de la diode D ne permet ce régime que si son courant est positif.
- Courant redressé se rapprochant le plus possible d’un courant « continu » : i(t) = I = cte. V
Or iD  iR  ic  M sin t  CVM cos t  0 .
R
 L’obtention d’une tension la plus « continue » possible est nécessaire pour les circuits Les trois courants iR, iC + iR et iC sont représentés sur la figure 10.
d’alimentation à tension constante.
On utilisera pour cela les propriétés de filtrage des condensateurs. iR + ic
du ic
Le courant ic(t) dans un condensateur ne pouvant avoir qu’une valeur finie, la relation ic  C exclut
dt
toute variation importante (et à fortiori toute discontinuité) de la tension u.
En conséquence, le filtrage de la tension sera obtenu par le montage d’un condensateur en
parallèle sur la charge. iR

 L’obtention d’un courant le plus « continu » possible est souhaitée chaque fois que l’on veut
utiliser les effets d’un courant unidirectionnel (conversions électrochimiques ou te
électromécaniques) sans les inconvénients dus aux harmoniques. On utilisera pour cela les t
propriétés de filtrage des inductances.
La tension vL(t) aux bornes d’une inductance ne pouvant avoir qu’une valeur finie, la relation
di
vL  L exclut toute variation importante (et a fortiori toute discontinuité) du courant i.
dt
En conséquence, le filtrage du courant sera obtenu par le montage d’une inductance en série
sur la charge. Fig. 10 : Courants si la diode est un interrupteur

Pour l’angle te = Arctg (-R.C), le courant iD passe par zéro et à partir de l’instant te, la diode D se
3.1 – Filtrage capacitif ou charge R // C bloque.
Le condensateur C est chargé à la tension Ue = vs (te), il se décharge alors dans la résistance R tant
Le montage élémentaire étudié au § II-2 est complété par un condensateur C monté en parallèle sur la
que uc (t) reste supérieure à vs (t) et suit la loi :
résistance R (figure 9).
t
Ue - 
iS iD iC   iR  e (avec  = R C)
R
iR
iC
vD Les courants ont alors l’allure présentée figure 11.
vS uC
R
C Quand vs (t) redevient supérieure à uC (t), la tension aux bornes de la diode VD = vs – uC redevient
positive et la diode se réamorce à nouveau.
Fig. 9 : Montage redresseur élémentaire avec filtrage capacitif
La tension aux bornes de la charge uc (t), a donc deux expressions différentes de part et d’autre de
Les équations générales énoncées au § II-1 s’écrivent dans ce cas : te comme le montre la figure 12.
. propriétés du semi-conducteur : iD > 0  vD = 0
. loi des mailles : vs = dV + uc Remarque : * La tension uc (t), étant toujours positive, si on choisit un condensateur chimique de
. loi des nœuds : is = i D = iR + i c grande capacité, la constante de temps  = RC est alors très grande, et l’angle te est
u du 
. loi d’ohm appliquée à la charge : iR  c ; iC  C c voisin de : la tension uc (t) reste alors sensiblement constante.
R dt 2
* Ce type de filtrage est essentiellement destiné à obtenir des sources de tension pour 3.2 – Filtrage inductif ou charge R série L
l’alimentation de dispositif électroniques consommant une puissance réduite.
* Dans ce type de montage l’aspect énergétique n’est pas prépondérant. Le montage élémentaire étudié au § II-2 est complété par une inductance L montée en série sur la
résistance R (figure 13).
vs iS iD
iC

Ue
vD
L

vS uC

te t
R

Diode Diode iD
passante bloquée : décharge de C
Fig. 13 : Montage redresseur élémentaire avec filtrage inductif
ic
Les équations générales énoncées au § II-1 s’écrivent dans ce cas :

. propriété du semi-conducteur : ID > 0  vD = 0


iR . Loi des mailles : vs = vD + uc
. Loi des nœuds : is = i D = ic
di
. Loi d’Ohm appliquée à la charge : uc  R ic  L c
dt

Pour ic  0
t  Pour ic  0
 di 
Et on a toujours : uc  Ric  L
c
 uc  0 et vD  0
 dt v  v  u  u  v
  s
v s  v D  uc  vD  v s D c c s

La diode est bloquée La diode est passante

Fig. 11 : Courants L’expression du courant ic (t) - lorsqu’il n’est pas nul - s’obtient par la résolution de l’équation
di
différentielle : R ic  L c  uc  v s
uc= vs uc= Ue e(-t/) dt
di
Ou en posant x = t : R ic  L c  VM sin x
dx

Pour x = 0, ic = 0, ce qui donne une solution particulière à l’équation précédente.


t
VM V 
Tant que ic (t) est > 0, la solution est : ic (t )  sin( t  )  M e  sin 
Z Z
t
L L
(avec Z2 = R2 + L2 2 ;  = Arctg ;= ).
R R
Fig. 12 : Tension aux bornes de la charge
On peut alors tracer le signal ic (t). En général, on trace plutôt R ic (t) en utilisant la même échelle
que pour le tracé de vs (t), ainsi on voit apparaître des propriétés particulières qui aident au tracé
(figure 14).
En conséquence : Uc moy  R Ic moy
vs

uc (t)

R ic
R ic(t)
S1

0  f
t
m  S2 f  t

vs (t)
Fig. 14 : Allure du courant dans la charge
Fig. 15 : Allure de la tension aux bornes de la charge
. la présence de l’inductance L prolonge l’existence du courant i c au-delà du zéro de la tension
d’alimentation : ic > 0 pour t = . Remarque : On notera que pour toute fonction périodique. La propriété i(t + T) = i (t) entraîne
. pour t = f, ic (t) passe par zéro, la diode ne permet pas l’inversion du courant et se bloque : T
di
ic = 0. dans tous les cas  L dt dt  0
di 0
. Pente à l’origine : Pour ic = 0  x = 0, l’équation différentielle se réduit à L. c = 0. La pente à
dx
l’origine est nulle. . Si on cherche à comparer les aires S1 et S2 comprises entre vs (t) de part et d’autre de m.

Sachant que v s  Ric  c et  L c dt  L ic iic2


di c di di
. Point à tangente nulle : Pour = 0, l’équation différentielle se réduit à R ic = vs : le point à dt dt C1
dt
tangente nulle de R ic (t) est situé à l’intersection avec la tension d’alimentation vs (t).
S1  Lic (m ) - ic (i )  L.iMx
Alors on a : 
S2  Lic (f ) - ic (m )  - L.iMx
La connaissance du courant ic (t) doit permettre de déterminer la forme des autres signaux.

 ic (i )  0
Or 

ic (f )  0
uc(t) :

. Le maintien du courant au-delà du zéro de la tension d’alimentation conduit à avoir pour la tension
Donc S1 = S2
aux bornes de la charge uc (t) des valeurs instantanées négatives (figure 15).
(Ceci n’exclut pas que le potentiel de l’anode A reste très légèrement supérieur au potentiel de la
cathode K. cf. §I-2). L’égalité de ces aires facilite le tracé de ic (t).

di c
. L’équation uc (t) = R ic (t) + L intégrée sur 1 période s’écrit pour t = x.  VD(t) :
dt
1T 1T 1 T di ic  0  vD  v s
 uc (x) dx   Ric ( x ) dx   L c dx On rappelle : 
T0 T0 T 0 dx ic  0  vD  0

Les deux premiers termes sont par définition égaux respectivement à Umoy et R Imoy. La connaissance de la tension inverse maximale (ainsi que des courants moyen et efficace) permet le
T i ( ) choix du semi-conducteur dans les catalogues des fabricants (figure 16)
On a de plus :  L c dx   L di c  Lic ic (  f )  0
di c f
i ( )

0 dx i ( )
c f
c i
de faible puissance et ne rentre pas dans le cadre des objectifs du cours d’électrotechnique
vs (t) orienté vers le traitement de l’énergie.

 En revanche, le filtrage inductif agissant sur la forme du courant sera très largement utilisé. Il sera
R ic(t) L
d’autant plus efficace que la constante de temps :  = sera grande devant la période de la
R
tension uc (t). On peut donc pour réduire l’ondulation de ic (t).
. augmenter l’inductance : cette solution est très vite limitée par l’encombrement et le coût.
. réduire la période Tc de uc (t) : redressement appliqué aux deux alternances ou à des
systèmes polyphasés.
m  f  t
C’est cette dernière solution qui est en général utilisée.

4 – Influence d’une diode de roue libre


vD (t) On complète le circuit précédent en montant une diode DRL en parallèle sur la charge (figure 18) et
Vimax
telle que : uRL = - uc.
iD
Fig. 16 : Allure de la tension aux bornes de la diode iC
iRL
 Dans cette étude, il apparaît que le filtrage inductif réduit d’autant plus l’ondulation du courant i c vD
dans la charge, que la valeur de l’inductance L est grande. En contrepartie la tension présente uRL uC
parallèlement une partie négative croissante et sa valeur moyenne (ainsi que celle du courant
pour lequel Uc moy = R Ic moy diminue en proportion de la qualité du filtrage.
Le cas limite serait atteint pour une charge avec une inductance L  . Le courant tend alors Fig. 18 : Montage redresseur élémentaire avec diode de roue libre
V
vers ic (t) = M (1 + cos t) et la diode conduit toujours ! Compte tenu de son rôle dans le fonctionnement du montage, cette diode est appelée « diode de roue
Z
libre » ou « diode de décharge ».
uc = vs
Les équations définissant le fonctionnement sont :
ic(t) . fonctionnement des diodes : ID > 0 > V D = 0
. loi des mailles : vs = vD + uc
VRL = -uc
. loi des nœuds : Id = ic + iRL
t
di c
. Loi d’Ohm aux bornes de la charge : uc = R ic + L
dt

Les deux diodes ayant leurs cathodes au même potentiel, la conduction de l’une ne peut correspondre
Fig. 17 : Allure de la tension et du courant de la charge quand l’inductance est infinie qu’au blocage de l’autre.

La tension uc (t) est alors toujours égale à vs (t) et sa valeur moyenne Uc moy = 0  Ic moy = 0 ! La charge est donc soumise à deux régimes de conduction :
Il convient donc de chercher une solution technique permettant de réduire l’ondulation du courant
(voire de l’améliorer) sans incidence sur les valeurs moyennes de la tension et du courant. . pour uc = vs > 0 (t <) : la tension aux bornes de la diode de roue libre : vRL = - uc = -vs est négative :
la diode est bloquée. Le régime de conduction est le même que sans la
diode de roue libre : ic = iD.
3.3 – Conclusions
. pour vs < 0 (t <) : les polarités aux bornes de la diode de roue libre sont « + » sur l’anode et
Un certain nombre de conclusions peuvent être dégagées à travers l’étude des montages redresseurs « - » sur la cathode : la diode RL est passante et court-circuite la charge.
élémentaires avec éléments de filtrage. La cathode de la diode D est reliée au « + » : blocage.
Le courant, non nul au moment de l’inversion de polarité (t = ) est
 Le filtrage capacitif appliqué au redressement sert à la création de sources à tension constante maintenu dans le circuit de « roue libre » et ic = iRL.
On a donc dans ce cas : vs (t)
VRL = 0  uc = 0
t R ic(t)
di c 
Ic est tel que 0 = R ic + L  ic  i() e 
dt
Vs = vD + uc (avec uc = 0 )  vD = vs
t

Par rapport aux signaux obtenus sans diode de roue libre, les variations de ic (t), uc (t),et vd (t) 
sont modifiées comme le montre la figure 19.

uc (t) n’a plus de valeurs instantanées négatives


D conduit DRL conduit D conduit
En ce qui concerne le courant dans la charge ic (t) on notera que son ondulation est encore réduite
par rapport au filtrage inductif seul. Fig. 20 : Courant et tension si L est très grande

uc = -uRL Comme au paragraphe précédent, on peut intégrer l’équation de uc (t) sur une période.
di
de 0 à  : uc = vs = R ic + L c
dx
di c
de  à f : uc = 0 = R ic + L
dx

T
di c
 
t
mais  L dx dx reste toujours nul et l’on conserve la relation : Uc moy = R.I moy
O

On notera cependant que uc (t) ne présentant plus de valeurs instantanées négatives, la valeur de
vs Ucmoy est majorée par rapport au filtrage inductif seul.
Elle est indépendante de la qualité du filtrage et retrouve la valeur qu’elle avait dans le cas de la
V
charge purement résistive : Uc moy = M .
Tension uc 
vs (t)
vs
R ic(t)
5 – Charge active

Les charges industrielles qui mettent en jeu des conversions électrochimiques ou électromécaniques,
t présentent le plus souvent un caractère actif : présence d’une f.e.m. + E.
 f Exemples : Recharge d’une batterie d’accumulateurs

Alimentation d’une machine à courant continu.
 
t Le circuit « redresseur » comprend alors deux sources vs (t) et E, susceptibles de fournir une
puissance.
vs > 0 vs < 0 : Décharge dans Outre l’aspect spécifique des signaux, on étudie à travers un montage élémentaire de principe, le sens
la DRL d’écoulement de la puissance dans le circuit dans les deux cas possibles de montage de la f.e.m. par
vD rapport à l’élément semi-conducteur.
Courant ic
Tension vD Pour faciliter l’exposé, les f.e.m. seront, dans ce paragraphe, supposées constantes.
Fig. 19 : Courant et tension avec diode de roue libre Dans la réalité elles peuvent dépendre du courant consommé (exp. Pour un moteur, la f.e.m. E
dépend de la vitesse  qui dépend elle-même du courant consommé I).
L
Si la constante de temps  = est suffisamment importante, le courant ic (t) = iRL (t) peut ne pas
R
5.1 – Charge présentant une fcem
être nul au moment du réamorçage de la diode principale D. Le courant ic (t) n’est alors jamais
interrompu dans la charge (figure 20). La f.e.m. est connectée de telle façon que le courant (dont le sens est imposé par le semi-conducteur)
la traverse du « + » au « - » : Force contre électromotrice.
Pour une diode et avec un filtrage inductif, le montage élémentaire est celui présenté figure 21.

Les équations générales énoncées au II. 1 s’écrivent dans ce cas :


. Propriété du semi-conducteur : iD > 0  vD = 0
. Loi des mailles : vs = vD + uc
. Loi des nœuds : is =iD = ic
di
. Loi d’Ohm appliquée à la charge : uc = R ic + L c + E
dt

Fig. 22 : Tensions et courants dans la charge RLE

 uc (t) (figure 22)


Fig. 21 : Redresseur élémentaire avec diode et fcem ic  0  uc  E
rappel 
ic  0  uc  v s
Pour ic  0 Pour ic  0
Et on a toujours :  et  Comme pour le courant ic (t), les propriétés énoncées pour la charge RL sont transposables à la
 dic et vD  0
u c  Ri c  L  E  uc  E
 dt v  v  u  u  v charge RLE.
 s D c c s . le maintien du courant au delà de (v – E) = 0, conduit à avoir pour uc (t) des valeurs négatives. On
v s  v D  u c  vD  v s  E
peut les éliminer par une diode de roue libre (cf § II 5).
La diode est bloquée La diode est passante
di
. l’intégration sur une période de l’équation uc (t) = E + R ic (t) + L c conduit à la relation :
L’expression du courant ic (t) lorsqu’il n’est pas nul s’obtient par la résolution de l’équation dt
di Uc moy = E + R Ic moy
différentielle : R ic + L c + E = uc = vs
dt
. la puissance fournie par la source alternative vs (t) au circuit RLE est à chaque instant
p (t) = uc (t) ic (t)
di c
En écrivant celle-ci sous la forme : R ic + L = vs – E  di  di
dt p (t )   E  R ic  L c  ic  E ic  R ic2  L ic c
On remarquera que l’on est ramené au montage élémentaire du II.3.2 pour lequel la charge passive  dt  dt
RL serait alimentée par une source (vs – E). La puissance moyenne fournie est donc :
On aura ainsi une solution pour ic (t) semblable à celle énoncée au paragraphe II.3.2. 1 1 1 1
Pmoy   p.dt  .E  ic .dt  .R  ic2 dt   L . .ic di c
T T
  T T 
Les propriétés énoncées pour la charge RL sont transposables à la charge RLE : E Icmoy 2
R Iceff 0
. la présence de l’inductance de filtrage L prolonge le courant ic (t) pour (vs – E) < 0.
. quand ic tend à s’inverser, le semi-conducteur se bloque. Pmoy  E Icmoy  R Iceff
2

. la pente à l’origine nulle.


. le point à tangente nulle a lieu pour R ic (t) = vs – E
Elle correspond à la puissance reçue par la source continue E, majorée de l’effet JOULE dans le
circuit.
On remarquera que les conditions d’amorçage du semi-conducteur sont modifiées :
- diode : elle ne peut conduire que lorsque (vs – E) devient positif soit pour  > 0.
 VD (t) (figure 23) notamment.
i c  0  v D  v s  E  di c
i c  0 i c  0
rappel   R ic  L dt  E  uc  v s
i c  0  v D  0
  
ou avec u c  E et u c  v s
 di v  v  E v  0
 R ic  L c  v s  E  D s  D
 dt
selon que le composant conduit ou non.

On en déduit l’allure de courant i c (t) (figure 25) pour lequel les propriétés générale sont aisément
transposables.

Fig. 23 : Tensions aux bornes de la diode

La tension inverse maximale égale à VM + E est majorée par rapport à la charge passive RL.
Fig. 25 : Tensions et courant pour un redresseur élémentaire avec diode et charge RL+fem
5.2 – Charge présentant une fem
On remarquera que les conditions d’amorçage du semi-conducteur sont de nouveau modifiées.
La fem est connectée de telle façon que le courant (dont le sens est imposé par le semi-conducteur) la
traverse du « - » au « + » : Force électromotrice.
ic  0  uc  E
Pour une diode et avec un filtrage inductif, le montage élémentaire est présenté figure 24.  uc (t) (figure 25) : rappel 
ic  0  uc  v s

di c
. L’intégration sur une période de l’équation uc (t) = - E + R ic (t) + L conduit à la relation :
dt
Uc moy = - E + R Ic moy

. la puissance fournie par la source alternative vs (t), au circuit RLE (calculée comme au § précédent)
est :
Pmoy  - E Icmoy  R Iceff
2

2
On voit que si l’effet JOULE dans le circuit R Iceff est inférieur à E Icmoy, la puissance est en réalité
fournie par la source continue E au réseau alternatif vs qui se comporte alors en récepteur. On
constate que sous certaines conditions, un montage « redresseur peut fonctionner de façon réversible.
Cependant ce montage ne permet pas de créer une source alternative à partir de la source continue.
Fig. 24 : Redresseur élémentaire avec diode et fem La présence de la source alternative est nécessaire et permet notamment la fluctuation de l’énergie

Les équations générales restent les mêmes que pour le montage précédent en changeant –E et +E
1 2 ip is
électromagnétique W (t)  - L Ic (t) dans l’inductance : ce fonctionnement est dit en ONDULEUR
2
NON AUTONOME.

Vp
np ns Vs
ic  0  vD  v s  E
 VD (t) (figure 26) : rappel 
ic  0  vD  0
Fig. 27 : Notations pour le transformateur

6.1 – Grandeurs primaires

La tension primaire VP et la tension secondaire Vs sont toujours alternatives et sinusoïdales. Pour un


transformateur supposé parfait, elles satisfont à la relation :
Vs ns
 m
Vp np

Le courant dans le secondaire is peut s’écrire sous la forme : is (t) = Ismoy + i sa (t)
Ismoy : composante continue
i sa (t) : courant alternatif (de valeur moyenne nulle)

 La composante continue Ismoy donne naissance à des Ampère - tours constants ATmoy = ns Ismoy qui
soumettent le circuit magnétique à un flux constant moy.
 d 
L’enroulement primaire n’est pas sensible à ce flux   0  et aucun courant primaire ne peut
 dt 
Fig. 26 : Tensions aux bornes de la diode compenser Ismoy.

 Le courant alternatif isa (t) peut être décomposé en ses différents harmoniques :
5.3 – Conclusions

Les montages redresseurs élémentaires sur charge active sont sans intérêt pratique, mais les
montages industriels « double alternance » ou polyphasés fonctionnant sur le même principe
isa (t) = 
n 1
(Is an.sin nt + I’s an.cos nt)

permettront par exemple de « récupérer » une énergie mécanique dans une conversion réversible
mécanique - électrique. Pour chaque harmonique, on a compensation des Ampères-tours secondaires ATs n par des Ampères-
tours primaires ATp n. Ainsi pour l’harmonique de rang n :
En complément des conclusions énoncées au §3.3 on notera que les montages redresseurs n
industriels (dont l’étude débute dans la partie suivante) présentent un aspect énergétique important. np.ipn = ns.is an  ipn = s is an
np
Plus généralement, en ce qui concerne les convertisseurs statiques, l’utilisateur des semi-conducteurs Il en résulte un courant primaire alternatif :
pour assurer un traitement de l’énergie conduit à dénommer ce volet de l’électrotechnique :   ns n  ns
ELECTRONIQUE DE PUISSANCE. ip   ipn   is an  s  is an  isa
n 1 n 1np np n 1 np

6 – Alimentation des montages  Le courant primaire ip peut donc se déduire du courant alternatif secondaire is a par la relation
np ip = ns is a
Les montages redresseurs sont rarement alimentés directement par la source disponible.
L’insertion d’un transformateur entre cette source et le montage, présente au moins deux avantages : On notera que le flux constant moy déplace le point de repos du circuit magnétique et conduit à un
- adaptation de la tension vs à la valeur voulue Ucmoy. surdimensionnement de celui-ci. On conçoit que dans les montages industriels, on cherchera à avoir
- Isolement galvanique par rapport à la source. des Ampères-tours secondaires ATs = ns is à valeur moyenne nulle.
Il est donc nécessaire de définir les principales caractéristiques du transformateur (figure 27).
6.2 – Dimensionnement
is iD
La connaissance des valeurs efficaces des tensions et des courants, permet de déterminer les is  iD
puissances de dimensionnement du primaire et du secondaire :
Ic
Is eff 
Ss = Vs eff * Is eff et Sp = Vp eff * Ip eff 2
  t
P P
On peut en déduire les facteurs de puissance primaire et secondaire : fs  et fp 
Ss Sp ip
ip  isa
Exemple : On considère un montage redresseur élémentaire avec diode de roue libre et filtrage Ic
inductif parfait tel que ic (t) = Ic = constante (figure 28). Ip eff 
 2
 t
ip is iD

Pour le secondaire :
iRL V I VM.Ic
Ss  Vs eff Is eff  M c Ss =
L 2 2 2

np ns Vs iC P V I 2 2
Vp uC fs   M c fs = = 0,64
Ss  VM Ic 
R
Pour le primaire :
V I VM .Ic
Sp  Vp eff Ip eff  M c Sp =
Fig. 28 : Notations pour le transformateur 2 2 2 2

On se place dans les conditions suivantes :


P V I 2 2 2 2
. Il est alimenté par un transformateur d’isolement tel que ns = np. fp   Mc fp = = 0,90
. la source appliquée au primaire est sinusoïdale : v (t) = VM.sin t Sp  VM Ic 

On peut alors rechercher les différents signaux et en déduire l’expression des différentes puissances
en fonction de la tension d’alimentation VM et du courant dans la charge Ic. 6.3 – Conclusions

Dans les hypothèses indiquées, les signaux ont l’allure ci-dessous : On notera que la présence d’un flux constant moy, déplace le point de repos du circuit magnétique et
vs
conduit à un surdimensionnement de celui-ci.
vp
Pour l’éviter, on recherchera des montages dont la structure conduit à avoir des Ampères-Tours
secondaires ATs = ns is à valeur moyenne nulle.
v s  vp
VM On sait aussi que pour un transformateur usuel fonctionnant en régime sinusoïdal on a : Ss = Sp = S.
Vs eff  Vp eff  Ceci n’est pas le cas lorsque le courant is présente une composante continue non compensée au
  t 2 primaire.
On conçoit que dans les montages industriels, il est souhaitable de conserver l’égalité Ss = Sp.
Pour cela il faudra choisir des montages dont la structure conduit à avoir i s à valeur moyenne nulle.

VM
Ucmoy 

VM Ic
P  Ucmoy Ic 

III – REDRESSEMENT MONOPHASE INDUSTRIEL
a) Connaissance du récepteur
- constitution : charge assimilable à R ou RL ou RLE
1 – Conception industrielle - grandeurs caractéristiques : Tension de service, courant nominal, puissance
- contraintes spécifiques : Taux d’ondulation …
Cette partie est consacrée à l’étude des montages redresseurs réellement utilisés.
b) Choix du montage redresseur
Pour définir la démarche à adopter, il convient au préalable de situer le redressement dans son - production de signaux applicables au récepteur,
contexte industriel, afin de mettre en évidence des interactions avec les autres composants ainsi que - compromis entre la perfection technique et les contraintes économiques,
les signaux et grandeurs caractéristiques de son fonctionnement. - dimensionnement des composants.

c) Choix du transformateur
1.1 – Chaîne de puissance - adaptation des tensions amont et aval,
- choix du couplage,
La chaîne de puissance des structures des montages redresseurs industriels généralement constituée - dimensionnement
par les éléments ci-après (figure 29).
1 d) Caractéristiques de la source
2
3 4 - dimensionnement
- protections.

Cette démarche nécessite la connaissance, la définition ou le calcul de trois types de grandeurs


caractéristiques :
- signaux électriques dépendant du temps,
- grandeurs intégrées : valeurs moyenne ou efficace,
- puissances.

Fig. 29 : Chaîne de puissance Le tableau ci-après récapitule de façon exhaustive les grandeurs susceptibles d’être définies ou
calculées.
1° Une source : Source alternative sinusoïdale, monophasée ou triphasée, de fréquence industrielle RECEPTEUR REDRESSEUR TRANSFORMATEUR SOURCE
(50 ou 60 Hz). La tension disponible est en général l’une des tensions usuelles des
réseaux de distribution Basse Tension (220 V, 380 V…) ou moyenne tension.

2° Un transformateur : Il y a dans le cas général 3 fonctions :


- adaptation de la tension disponible à la tension souhaitée, Repérage des grandeurs Indice « c » Indice « D » Indice «s» pour Indice
- isolement relatif des circuits amont et aval, pour charge pour diode secondaire, « L » pour
- optimisation de l’équilibrage des ampères-tours (élimination d’éventuelles composantes Indice «p» pour ligne
continues). primaire
Signaux électriques IL(t)
3° Un redresseur : Montage à diodes de complexité variable destiné à assurer la conversion statique Courant Ic(t) ID(t) ) Is(t) ou Ip(t)
alternatif-continu. Tension Uc(t) VD(t) Vs(t)
4° Un récepteur : Elément industriel destiné à concrétiser les effets du courant électrique Grandeurs intégrées
unidirectionnel. Courant moyen
Courant efficace Icmoy IDmoy Ismoy
Exemple : Conversions électrochimiques : Electrolyse, recharge d’accumulateurs Tension moyenne Iceff IDeff Iseff et Ipeff ILeff
conversions électromécanique : Moteurs électriques. (à noter que l’effet Tension efficace Ucmoy
exclusivement thermique ne nécessite pas un courant unidirectionnel). Vseff et Vpeff VLeff
Puissance
Puissance active P
1.2 – Signaux et grandeurs caractéristiques Puissance apparente Ss et Sp
Facteur de puissance fr fs et fp
Les éléments constitutifs de la chaîne de puissance doivent être cohérents en ce qui concerne les
courants, les tensions et les puissances propres. La connaissance, la définition ou le calcul des grandeurs précédemment répertoriées présentent des
intérêts différents selon celles-ci. On peut signaler les principaux :
Dans la réalité industrielle, l’élaboration de la chaîne de puissance s’effectue dans l’ordre suivant :
- Signaux électriques Dans ce cas même la valeur moyenne de la tension aux bornes de la charge U c moy, est constante et
Récepteur : Définition du régime de conduction ne dépend pas de la valeur du courant dans la charge (dans l’hypothèse où les semi-conducteurs et le
. courant  transformateur d’alimentation sont considérés comme parfaits).
Source : Déter min ation des harmonique s
b) Conduction discontinue
Récepteur : Définition du taux d' ondulation
 Ce mode de fonctionnement correspond au fait que le courant dans la charge ic (t) est interrompu
. Tension Redresseur : Déter min ation de la tension inverse max imale
Transforma teur périodiquement pendant un intervalle de temps t  ic = 0 dont la durée vaire.
 : Sinusoïde de référence
Pendant t  ic = 0, la tension uc (t) aux bornes de la charge est :
- Grandeurs intégrées - nulle (si la charge est passive : R ou RL)
Récepteur : Amplitude de la conversion (électrochi mique ou - égale à E (si la charge est active : RLE)

 électroméc anique )
La valeur moyenne de cette tension Uc moy n’est plus constante et dépend de la valeur du courant dans
. courant moyen 
Redresseur : Pertes dans les semiconduc teurs (choix ) la charge.
Transforma teur : Détection d' une composante continue
c) Caractéristique de sortie
Ch arg e : Echauffeme nt Compte-tenu de ce qui précède, on constate que la caractéristique de sortie d’un montage redresseur

Redresseur : Pertes dans les semiconduc teurs (choix ) Uc moy = f (Ic moy), est affectée par le régime de conduction.
. Courant efficace 
Transforma teur : Dimensionn ement
Source En négligeant toutes les causes de chute de tensions dues aux composants, on a l’allure présentée
: Dimensionn ement figure 30.

. Tension moyenne Récepteur :Tension de service


Uc moy
Transforma teur : Dimensionn ement
. Tension efficace  Uc0 moy
Source : Dimensionn ement
 = cte
- Puissances

. Puissance active Récepteur : Puissance utile du montage


Conduction Conduction
Transforma teur : Dimensionn ement discontinue continue
. Puissance apparente  Ic moy
Source : Dimensionn ement
Fig. 30 : Courbe Uc moy = f(Ic moy)

1.3 – Types de conduction Le point de fonctionnement effectif sera déterminé par l’intersection de la caractéristique de sortie du
redresseur Uc moy = f (Ic moy) et la caractéristique du récepteur UR = f (I ) qui dépend de sa nature
On a vu que le redressement « idéal » se traduisait par le passage d’un courant continu I c dans la (charge passive ou active).
charge.

Si l’on caractérise la conduction par son influence sur le signal de tension u c (t) aux bornes de la 2 – Montage redresseur biphasé
charge, on peut distinguer deux types :
- conduction continue L’extension aux deux alternances de la tension d’alimentation vs (t), des montages de principe
- conduction discontinue. étudiés dans la partie précédente (II), peut être obtenue en jumelant deux de ces montages alimentés
par deux sources en opposition de phase.
a) Conduction continue
On limitera l’étude au cas des charges passives de type R, L (où L est égale à l’inductance propre du
Ce mode de fonctionnement correspond au fait que le courant dans la charge ic (t) ne s’interrompt récepteur majorée éventuellement d’une inductance supplémentaire pour améliorer le filtrage du
jamais. Dans ce cas, même si ic (t) n’est pas constant, la forme du signal uc (t) n’est pas affectée courant). Le cas des charges actives de type R, L, E est reporté après l’étude de la machine à courant
par le courant. On pourra vérifier ce résultat à travers les exemples traités aux § 2 et 3). continu.
applications industrielles du redressement.
2.1 – Schéma de principe
On recherche l’allure des signaux correspondant aux différents éléments du montage :
Les deux tensions en opposition de phase, sont obtenues à l’aide d’un transformateur à point milieu. - charge
- semi-conducteurs
- transformateur d’alimentation

a) Etude des signaux relatifs à la charge

Dans le cas d’une conduction continue, chaque diode alimente la charge de façon alternée.
Le courant ic (t), déduit de la loi d’Ohm, a l’allure de la figure 32.

Fig. 31 : Montage redresseur biphasé, cathode commune

Au secondaire, les équations générales du montage sont les suivantes : Fig. 32 : Courant dans la charge

. Propriété des semi-conducteurs : iT > 0  vT = 0 Remarque : On rappelle que la conduction continue sera d’autant mieux assurée que l’on a L élevée,
. Loi des mailles : vs = vD1 + uc Ic moy important, et  réduit. Dans ce cas ic (t), = Ic = cte.
-vs = vD2 + uc
ic(t) = Ic = cte
. Loi des nœuds : iD1 = iD2 = ic
di vs
. Loi d’Ohm aux bornes de la charge : uc = R ic + L c
dt

L’évolution des différents signaux, se déduit des équations générales précédentes.

Ainsi dans l’hypothèse où la diode D1 conduit :


ID1 > 0  vD1 = 0
vs = vD1 + uc  uc = vs
- vs = vD2 + uc  vD2 = - 2 vs donc D2 ne peut pas conduire  iD2 = 0 t
ID1 + iD2 = ic  ic = iD1

On peut aisément trouver les relations homologues résultant de la conduction de la diode D2.

-vs
2.2 – Conduction continue

On se place dans l’hypothèse où les conditions de fonctionnement sont telles que le courant dans la La connaissance du courant ic (t) permet d’appliquer les relations énoncées à la fin du paragraphe
charge ic (t) n’est jamais interrompu. C’est le fonctionnement normalement souhaité dans les précédent. Ainsi pour le signal uc (t) on obtient l’allure suivante :
Ic
ID moy 
2

Ic
ID eff 
2

Fig. 35 : Courants dans les semi-conducteurs

Fig. 33 : Tension aux bornes de la charge

On notera que la valeur moyenne Uco moy de la tension uc (t) aux bornes de la charge, est le double
de celle trouvée pour le redressement « simple alternance », soit :
2
Uc 0 moy  Vs max

Dans le montage représenté figure 30 les deux semi-conducteurs sont montés « cathodes
communes ». On peut envisager un montage semblable avec les semi-conducteurs montés « anodes
communes » (fig. 34).
En conservant les mêmes conventions de signe pour les signaux u c (t) et ic (t), on a (compte-tenu
du sens de parcours du courant dans les semi-conducteurs) les signaux présentés figure 34.

Fig. 36 : Tension aux bornes de la diode 1

D’autre part les relations énoncées précédemment permettent de déterminer l’allure de V D (t)
(fig. 36).

On notera que la commutation est naturelle.

c) Etude des signaux relatifs au transformateur

Les Ampère-tours secondaires ATs du transformateur d’alimentation sont tels que :


ATs =  n s Is = ns is1 – ns is2 = ns (iT1 – iT2)

Fig. 34 : Montage redresseur biphasé, anode commune

b) Etude des signaux relatifs aux semi-conducteurs

Dans l’hypothèse d’un filtrage parfait, et pour une conduction alternée des semi-conducteurs, on a les
signaux iD1 (t) et iD2 (t) figure 35 (montage « cathodes communes »).
(tracés par rapport à uc (t) pris comme référence).

Pour chacun des 2 semi-conducteurs on peut calculer ID moy et iD eff.


is1 = iT1
ip
n p Ic
ip ns
vs Ic
ns np
ic
vp np
t
ns
 Ic
ns -vs np

is2 = iT2
Fig. 38 : Courant primaire

Dans l’hypothèse ic (t) = Ic = cte, ils ont l’allure de la figure 37.


2.3 – Dimensionnement
iT1
Ic Le montage redresseur biphasé associe deux semi-conducteurs et un transformateur à point milieu. Il
convient donc :
- de choisir les semi-conducteurs parmi ceux proposés dans les catalogues des constructeurs
- de dimensionner le transformateur.
t
iT2 a) Choix des semi-conducteurs
Ic
Le choix d’un semi-conducteur (exemple : une diode D), dépend en première approche, de la valeur
des grandeurs suivantes :
- valeur moyenne ID moy du courant iD (t)
Ic
t - valeur efficace ID eff du courant iD (t)
- valeur maximale Vi max de la tension inverse vD (t)
iS
n s Ic Il faut donc déterminer le courant iD (t) propre à la diode D.

I co I co
Pour chacun des 2 semi-conducteurs on obtient : ID moy  et ID eff 
t 2 2
-ns Ic
Dans le cas où le filtrage inductif n’est pas parfait, il y aurait lieu de corriger ces valeurs.
Fig. 37 : Courant secondaire
I
Ainsi, le facteur de forme Fr  eff qui est de 2 = 1,42 pour des courants rectangulaires (filtrage
Les Ampère-tours secondaires n’ayant pas de composante continue, on a ATp = ATs d’où : Imoy

parfait), devient égal à = 1,57 pour des courants sinusoïdaux (filtrage nul).
np ip = ns is1 - ns is2 = ns (is1 – is2) soit ip 
ns
is1  is2  2
np
Il a l’allure figure 38. En ce qui concerne la tension inverse maximale Vi max, l’étude du signal VD (t) représenté figure 36
On notera les propriétés de ip (t) : pour la diode D1, montre que la tension inverse conserve la même valeur de crête.
- courant alternatif sans composante continue
n n Vi max = 2 Vs max
- valeur instantanée alternant de + s .Ic à - s .Ic
np np
b) Dimensionnement du transformateur
n
- valeur efficace ip eff  s Ic Les ampères-tours secondaires ATs, ont une valeur moyenne nulle : le flux correspondant n’a donc
np
pas de composante continue, ce qui conduit à une utilisation rationnelle du circuit magnétique.
La valeur Pc de la puissance dissipée dans la charge dans l’hypothèse où ico (t) = Ico = cte est donnée 3.1 – Schémas de principe
par :
Pc  Uco moy I co On a vu précédemment que le montage biphasé peut être réalisé de deux façons différentes :
- montage « cathodes communes », : point P,
- montage « anodes communes » : point N.
La puissance apparente correspondant aux deux semi-enroulements secondaires est Ss = 2 Vs eff Is eff vs
soit : A partir d’un même transformateur à point milieu, délivrant deux tensions égales et opposées + et
2

Ss  Uco moy Ico v
 s , on peut réaliser les deux montages précédents alimentant deux récepteurs identiques
R L
2 2 2 2
uc
P 2 aux bornes desquels on a les tensions uP0 (t) = u+ et uN0 (t) = u- telles que : u+ = u- =
Ce qui conduit pour  = 0 à un facteur de puissance fso  c   0.64 relativement faible en 2
Ss  uc R L di c
raison de la composante continue des courants iS1 et iS2 dans les semi-secondaires. et parcourus par les courants i+ = - i- = ic tels que :  ic  (fig. 39).
2 2 2 dt

 Vp np  Ainsi conçu, le montage complet présente les propriétés suivantes :


La puissance apparente du primaire est Sp = Vp eff . Ip eff  avec   a pour expression :
 Vs ns  - la connexion au point milieu est parcourue par la somme des courants i+ + i- = ic - ic = 0.
Elle peut être supprimée sans modifier le fonctionnement.
 u
Sp  Uco moy Ico - la tension aux bornes de l’ensemble des récepteurs RL est égale à u  u  2 c  uc .
2 2 2

Pc 2 2 is
Ceci conduit à un facteur de puissance fpo    0.9 plus élevé que fso (pas de
Sp  i+ = ic
composante continue pour ip). P
ip vs R
c) Conclusions 2
2 uc
L u 
Par rapport aux montages élémentaires de principe décrits dans la partie II, le montage redresseur 2
vs uc 2
biphasé présente un certain nombre d’avantages : vp O
- Période Tc de uc (t) réduite, d’où meilleur filtrage du courant ic (t)
- Circuit magnétique du transformateur convenablement utilisé (flux alternatif). R
v s
2
2 u c
Il subsiste cependant un inconvénient majeur : la présence d’une composante continue pour les u 
D’1 L 2
courants iS1 et iS2, conduit à un dimensionnement différent du primaire et du secondaire du
2
transformateur Sp < Ss. Ceci restreint l’emploi du montage biphasé à des puissances relativement
réduites.
N i- = - ic
On cherchera donc à utiliser un autre montage redresseur qui présente les mêmes caractéristiques
externes :
- alimentation par une source alternative sinusoïdale monophasée vp (t)
- délivrance d’une tension « redressée » uc (t) « double alternance » mais qui conduira à l’emploi Fig. 39 : Schéma de principe du montage en pont monophasé
d’un transformateur usuel tel que Ss = Sp.
C’est le cas du montage dit « en pont ». Le montage ainsi simplifié peut être représenté de la façon figure 40.
C’est le montage en pont tel que l’on a : . Borne + aux cathodes communes P
. Borne – aux anodes communes N
3 – Montage redresseur en pont monophasé
et pour lequel on peut écrire les équations générales suivantes :
On conserve les hypothèses et conventions admises pour l’étude du montage biphasé : . Propriétés des semi-conducteurs iD > 0  vD = 0
- étude des montages redresseurs à diodes, . Loi des mailles vs = vD1 + uc + vD ‘2
- charges passives de type RL (où L est égale à l’inductance propre du récepteur majorée -vs = vD2 + uc + vD ‘1
éventuellement d’une inductance supplémentaire pour améliorer le filtrage du courant). . Loi des nœuds iD1 + iD’1 = ic
ID1 – iD2 = is
di c
. Loi d’Ohm aux bornes de la charge uc  Ric  L
dt uPN (t )  u - u  uc (t )

is

iD1 iD2
ip
vD1 D1 D2

ic
vp vs P L, R N

uc
D’1 D’2 vD’2
iD’1
Fig. 40 : Redresseur « tout thyristor »

3.2 – Allure des signaux

On se place dans l’hypothèse d’une conduction continue dans la charge


On recherche l’allure des signaux correspondant aux différents éléments du montage :
- charge
- semi-conducteurs
- transformateur d’alimentation.

a) Etude des signaux relatifs à la charge

L’évolution des différents signaux du montage en pont peut se déduire des équations précédentes.
Mais elle peut aussi être obtenue à partir des signaux des deux montages biphasés (Fig. 41).

Ainsi, pour le montage à cathodes communes on a :

uc
uP0 (t )  u (t )  Fig. 41 : Signaux relatifs à la charge
2
Comme pour le montage biphasé on a :
2
U c moy  Vs max

De même pour le montage à anodes communes on
a: Mais la tension Vs est délivrée par le secondaire unique du transformateur d’alimentation.
u
uN0 (t )  u (t )  - c b) Etude des signaux relatifs aux semi-conducteurs
2
Dans l’hypothèse d’un filtrage inductif parfait, et pour une conduction alternée des semi-conducteurs
D1, D’2 et D’1, D2, on a les signaux figure 41 (tracés par rapport à uc (t) pris comme référence).

Pour lesquels on a :
Pour l’ensemble constituant le montage en pont, on
a aux bornes de la charge :
Ic Ic iD1
I Dmoy  et I Deff  Ic
2 2
La tension vD (t) aux bornes de l’une des diodes est mise en évidence par le schéma équivalent ci-
après : t
iD2
vD2 Ic
vD1

vS
Ic
vD’1 vD’2 t
iS
Quand D’1 et D2 conduisent, vD1 = vD’2 = vs ns Ic

VD1 (t) a l’allure de la figure 42.


t
La commutation est dite « naturelle ».
-ns Ic
Fig. 43 : Courant secondaire

On notera que le courant is (t) est alternatif ce qui n’était pas le cas des courants i s1 (t) et is2 (t) du
montage biphasé.

Les Ampère-tours secondaires ATs du transformateur d’alimentation sont tels que


A Ts  nsis  ns (iT1 - iT2 ) et ne présentent pas de composante continue.

On a donc : ATp = ATs d’où n p i p  n s i s  n s (i D1 - i D2 )

ns n
ip  i s  s (i D1- i D2 )
np np

Fig. 42 : Tension aux bornes de la diode D1

c) Etude des signaux relatifs au transformateur

Le courant dans le secondaire du transformateur est défini par l’équation : i s = iD1 – iD2
Ce qui conduit au signal suivant (dans l’hypothèse ic (t) = Ic = cte) :
On retrouve les propriétés de ip (t) correspondant au montage biphasé : Si l’on considère les transformateurs, on constate que pour le montage en pont, l’identité Ss = Sp
- courant alternatif sans composante continue, permet d’utiliser un transformateur usuel, ce qui permet son utilisation, dans une plage de puissance
n n assez étendue.
- valeur instantanée alternant de  s Ic à - s Ic
np np
Cependant, pour de fortes charges, le courant primaire ip (t) de forme sensiblement rectangulaire,
n créent des perturbations dans le réseau d’alimentation.
- valeur efficace Ipeff  s Ic
np
On notera , que le montage redresseur idéal devrait satisfaire aux conditions suivantes :
- ic (t) = Ic = cte
3.3 – Dimensionnement
- iP (t) sinusoïdal
- fp = fs = 1
Le montage redresseur en pont monophasé, associe 4 semi-conducteurs et un transformateur.
Comme pour le montage biphasé, il convient donc :
Si l’on recherche néanmoins :
- de choisir les semi-conducteurs parmi ceux proposés dans les catalogues des constructeurs,
- à réduire le taux d’harmoniques des courants en ligne,
- de dimensionner le transformateur.
- une meilleure utilisation des sources industrielles disponibles,
- à augmenter encore les facteurs de puissance f0
on sera conduit à utiliser des montages redresseurs polyphasés.
a) Choix des semi-conducteurs
4 –Caractéristique de sortie
Le processus et les résultats sont les mêmes que pour le montage biphasé soient :
La caractéristique de sortie idéale Uc moy = f(Ic moy) définie précédemment est, pour le régime de
I I conduction continu, une constante.
I D moy  co I D eff  co
2 2 En réalité les différents composants constituant le montage (semi-conducteurs, transformateur et
éventuellement d’alimentation) ne sont pas parfaits. Il convient d’en déterminer les conséquences sur
Par contre, en ce qui concerne la tension inverse Vi max, l’étude du signal vD (t) représenté figure 42 la valeur de Uc moy.
pour la diode D1, montre que sa valeur de crête est limitée à :
Vi max  Vs max
4.1 – Chute de tension dans les semi-conducteurs

Le fonctionnement réel des semi-conducteurs diffère un peu du fonctionnement idéalisé décrit au § I.2.
b) Dimensionnement du transformateur Leur caractéristique de conduction peut être représentée comme sur la figure 44.
I
Comme dans le cas du montage biphasé, la valeur la plus élevée Pco de la puissance dissipée dans la
charge et dans l’hypothèse ico (t) = Ic = cte, reste égale à :
Pco  Uco moy Ic
Pente 1/r
Comme le courant is n’a pas de composante continue, les puissances apparentes du secondaire
Ss = Vs eff . Is eff, et du primaire Sp = Vp eff .Ip eff, ont la même expression :

Sp  Ss  Uco moy Ic
2 2
VDO V
Pco 2 2
Ce qui conduit à des facteurs de puissance fpo  fso    0.9 .
Sp 

c) Conclusions Fig. 44 : Caractéristique de conduction des semi-conducteurs

Si l’on considère les semi-conducteurs d’un montage biphasé et d’un montage en pont alimentant Un courant I dans un semi-conducteur se traduit donc par une tension à ses bornes : V = VD0 + r I
deux charges identiques, on constate :
- que les courants auxquels ils sont soumis, sont les mêmes, La chute de tension occasionnée par les semi-conducteurs sera donc légèrement supérieure à la
- que l’on utilise 2 semi-conducteurs avec une tension de 2 V s max pour l’un et 4 semi-conducteurs tension de seuil VD0 dont l’ordre de grandeur est égal à 1 volt.
avec une tension inverse de Vs max pour l’autre, ce qui conduit à des coûts voisins.
4.2 – Influence du transformateur
is
On a montré que l’étude du transformateur réel pouvait être effectuée à partir de schémas équivalents.
Cependant, cette étude a été faite dans l’hypothèse de courants sinusoïdaux ce qui n’est pas le cas s D1 D2
pour un transformateur alimentant un redresseur.
ic
On ne pourra donc pas utiliser directement les impédances Z définies en sinusoïdal mais l’on devra
P L, R N
considérer séparément l’influence de résistances R et des inductances de fuite Lf.

D’autre part, le schéma équivalent ramené au secondaire et tel que rs  Rs  m2Rp et uc


es
D’1 D’2
ns
 s  L fs  m2L fp suppose que les courants is et is sont liés par le rapport de transformation m  . Il
np
ne pourra donc être utilisé que si le courant is n’a pas de composante continue.
Théoriquement, la commutation du bras D1, D’2 au bras D’1, D2 du pont a lieu instantanément pour
 r is t = 

uc

es vs

Fig. 45 : Schéma électrique équivalent du transformateur

a) Chutes ohmiques

Du côté de la charge, la chute de tension due à l’ensemble des résistances peut être représentée par :   t
ur  rcIc moy
is
En conduction continue et pour ic (t) = Ic = cte, on peut définir rc par :
rcIc2   Pj   RI2eff

Dans le cas où le schéma équivalent ramené au secondaire peut s’appliquer, on r c = rs.


t
b) Influence des inductances de fuite

L’examen du signal is (t) dans le transformateur d’alimentation (voir figure 43) montre que le courant
is doit passer brusquement de Ic à 0 (ou de + Ic à –Ic).

Or ces courants traversent les inductances de fuites Ls et Lp ce qui exclut toute discontinuité.
En réalité cette commutation dure pendant  et peut être analysée comme suit :
En conséquence, au moment des commutations entre deux semi-conducteurs, lorsque l’un s’amorce,
di   < t <  : D1, D’2 conduisent. D’1 et D2 sont bloquées :
l’autre continue à conduire pendant quelques instants pour que ait une valeur finie.
dt
La plage de conduction simultanée , sera d’autant plus longue que l’inductance de fuites s (valeur Schéma équivalent avant commutation
ramenée au secondaire) sera plus importante : c’est le phénomène d’empiètement.

Ce phénomène - et ses conséquences - peut aisément être étudié sur un montage en pont à diodes
présentant un courant is (t) alternatif, et pour lequel le schéma équivalent suivant ramené au
secondaire peut s’appliquer.
L’empiètement est terminé lorsque is (t) atteint la valeur –Ic. A cet instant les diodes D1, D’2 se
is bloquent.

s Pendant la durée  de l’empiètement, la tension aux bornes de la charge n’est pas égale à sa valeur
uc = es,
théorique uc = - es, puisqu’elle est nulle. Sachant que dans ce cas es t   x s
di s
, il en résulte une
dt 
ic is = I c
L, R
réduction de la valeur de Uc moy telle que :
 i s    
 - es t dt  
1 1
uc Ue   - x sdi s
es T   i s  

2
Ue  x sIc

  +  < t < 2  : D’1 , D2 conduisent. D1, D’2 sont bloqués :

Schéma équivalent après commutation


4.3 – Caractéristique réelle
is
La caractéristique de sortie idéale doit être corrigée des différentes causes de chute de tension.
s uc = - es, La chute de tension dans les semi-conducteurs est sensiblement constante et égale à la tension de
is = - I c seuil vT0.
ic Par contre les chutes de tension ohmiques Ur et résultant de l’empiètement Ue sont proportionnelles
L, R au courant dans la charge.
La caractéristique réelle de sortie a donc l’allure suivante :
uc
es Uc moy

  < t <  +  : D1, D’1, D2, D’2 conduisent

Schéma équivalent pendant la commutation

Pour la maille es, D1, D’1 on a :


is
di s
s  Es sin t
s dt

ic di s
 s  Es sin t
dt 
L, R
Ic moy
uc = 0 Fig. 46 : Caractéristique de sortie réelle
es avec  s  x s : réactance
ramenée au secondaire On rappelle que le point de fonctionnement effectif sera déterminé par l’intersection de la
caractéristique de sortie Uc moy = f (Ic moy) et de la caractéristique du récepteur UR = f (IR) qui dépend de
sa nature (charge passive ou active).

Ce qui conduit à : is t   Ic  1  cos t 


Es
xs
IV - REDRESSEMENT TRIPHASE
La tension inverse des diodes est : Vi max  U s max  3Vs max
1 – Redresseur étoile (ou P3)

1.1 – Principes

Les tensions à redresser apparaissent aux bornes des enroulements secondaires d’un transformateur
triphasé.
Un ensemble de 3 diodes groupées cathode commune ou anode commune (Fig. 47) est utilisé pour
élaborer la tensions redressée.

Fig. 48 : Allure des tensions

1.3 Etude des courants

On suppose le courant Ic parfaitement lissé dans la charge : ic(t) = Ic = constante.


Chaque diode conduit pendant le tiers du temps (Fig. 49).
Fig. 47 : Redresseurs étoile triphasés Ic Ic
I D moy  I D eff 
Si on raisonne dans le cas d’un montage cathode commune, et en faisant l’hypothèse d’un courant Ic 3 3
positif et constant dans la charge, il y a obligatoirement au moins une diode en conduction pour
assurer la continuité du courant. Et pour ne pas court-circuiter la source, il n’y a qu’une diode qui Ces deux valeurs sont à prendre en compte lors du choix du composant.
conduit.
Celle qui conduit correspond à la phase dont la tension simple est supérieure aux deux autres.
Ainsi Uc est à chaque instant la plus positive des 3 tensions simples.
C’est l’évolution des tensions alternatives qui fait commuter les diodes.

Considérons un instant où V1 > 0, et V1 > (V2, V3)


Si D1 conduit, VD1 = 0
VD2 = V2 – V1 < 0 donc D2 bloquée,
VD3 = V3 – V1 < 0 donc D3 bloquée,
Lorsque V2 devient supérieure à V1, VD2 devient positive entrainant la conduction de D2. Donc VD2 =
0 et VD1 = V1 – V2 < 0, D1 se bloque, VD3 = V3 – V2 < 0 D3 reste bloquée,
Etc …
La mise en conduction d’une diode, bloque celle qui conduit. On parle de commutation naturelle.
Fig. 49 : Allure des courants
1.2 – Etude des tensions
L’allure des courants au primaire du transformateur va dépendre du couplage du transformateur.
Comme dans le cas monophasé, la grandeur intéressante côté charge est la tension moyenne :
1.4 Facteur de puissance
T / 12T / 3
1 3 3 En régime non sinusoïdal : f = P/S
U c moy 
T /3  Vs max sin(t )dt 
T / 12
2
Vs max La puissance au niveau de la charge est: P  U c moy I c

La période de Uc(t) est le tiers de celle du réseau donc sa fréquence est 3f. Sa décomposition en série La puissance apparente du secondaire Ss = 3 Vs eff . Is eff,
de Fourier conduit donc à des harmoniques 3f, 6f, 9f, …
Pc 3
Ce qui conduit à un facteur de puissance fs    0.675 .
Ss  2
2 – Montage en pont (ou P6)

Le pont triphasé est l’un des montages redresseurs les plus utilisés. Il est constitué de 6 diodes par
l’association de deux montages P3, l’un à anode commune et l’autre à cathode commune.

Fig. 50 : Montage P6 à diodes

2.1 – Etude des tensions

Pour les trois diodes cathode commune, elles conduiront en fonction de la tension simple la plus
positive des 3.
Et pour les trois diodes anode commune, elles conduiront en fonction de la tension simple la plus
négative des 3.
Sur Fig. 51, on observe donc UC et VD pour une diode.

3 3
On calcule alors : U c moy  Vs max Fig. 51 : Allure des tensions
 2.2 – Etude des courants
La tension inverse des diodes est : Vi max  U s max  3Vs max
Chaque diode conduit pendant le tiers du temps et on obtient donc les mêmes courbes que
précédemment (Fig. 49).
Ic Ic
I D moy  I D eff 
3 3
Pour le secondaire du transformateur, on a Fig. 52.
La valeur moyenne Ismoy = 0

2
I S moy  0 I S eff  Ic
3
Fig. 52 : Allure des courants

2.3 – Facteur de puissance

De même que précédemment, on calcule le facteur de puissance au secondaire :


3
fs   0.955

2.4 – Chutes de tension

Le principe de calcul est le même que dans le cas monophasé.