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DETERMINANTS DE L’ARBITRAGE ENTRE LES ECOLES PRIVEES ET

PUBLIQUES : dans la ville de Bukavu

MUKAMBA MULUNGULA Alain1, AMUKA MUYUWA Bienvenu2, LUMOO BIRONGO Frank3

RESUME : ce travail cherche à ressortir les facteurs pertinents déterminant le choix d’un établissement scolaire. Elle pose
les jalons de la compréhension desdits facteurs pour les pays en développement plus précisément en République
Démocratique du Congo, spécifiquement dans la province du Sud-Kivu dans la ville Bukavu. Après avoir passé en revue la
littérature existante sur la question, nous nous sommes fixés elle s’inscrit l’objectifs d’identifier les facteurs pertinents qui
influence le choix d’un établissement scolaire. Nous sommes abouti aux résultats grâce à l’enquête et de la pré-enquête
mené auprès des parents ayant des enfants dans les 241 écoles publiques et les 420  écoles privées de la ville de Bukavu
au niveau primaire et secondaire regroupées dans les trois communes de la ville de Bukavu, mais aussi en faisant l’analyse
descriptive des données s’est faite respectivement grâce aux tableaux croisés au test d’égalité des moyennes et à l’analyse
économétrique basée sur un modèle probit multinomial.

Mots clés : Determinants, Arbitrage, Ecole privée et Ecole publique


ABSTRACT: this work tries to take out again the applicable factors determining the choice of a school establishment. She/it
puts the poles of the understanding of the aforesaid factors for the countries in development more precisely in Democratic
Republic of Congo, specifically in the province of the South-Kivu in the Bukavu city. After having reviewed the existing
literature on the question, we set she/it enrolls the objectives to identify the applicable factors that influence the choice of a
school establishment. We are succeeded to the results thanks to the investigation and the pre-investigation led by the
parents having some children in the 241 public schools and the 420 private schools of the city of Bukavu to the primary and
secondary level regrouped in the three townships of the city of Bukavu, but also as making the descriptive analysis of the
data made itself respectively thanks to the pictures crossed to the test of equality of the averages and the analysis based
économétrique on a model probit multinomial.

Key words: Determinants, Arbitration, private School and public School

I. INTRODUCTION

L’éducation est largement acceptée comme un droit universel pour tout individu et comme un élément
essentiel du développement économique et social des nations (Rohan, 2009). L’accès à une éducation de
qualité est ainsi appréhendé à la fois, comme une fin en soi pour l’amélioration de la qualité de vie et des
capacités des individus (Sen, 1979), et comme un levier important pour les pays, en vue d’améliorer la
croissance économique (Lucas, 1988 ; Barro, 1991 ; Mankiw et al ,1992).
En effet, l’éducation est l’un des moyens par le quels un pays peut améliorer significativement la
productivité de sa main-d’œuvre et augmenter de manière durable son potentialité, une étude réalise par

1
Département de Sciences Commerciales et Administratives, ISP-Bukavu
2
Département d’Agronomie Générale, ISAGE/Kahuzi-Biega
3
Département d’Histoire et Sciences sociales, ISP-Bukavu
Denison (1985) aux USA a montré que l’augmentation du niveau éducation entre1929 et 1982, expliquait près
du quart de la croissance du revenu par tête sur la période (Ubeling ,2008) , plusieurs pays, notamment mais
non exclusivement anglo-saxons, ont procédé à l’ouverture de leur système scolaire aux demandes du marché
et des parents d’élèves (Desjardins et al ,2014). Ainsi, l’introduction de réformes du système éducatif allant dans
le sens d’une plus grande mise en concurrence des écoles privées et publiques a été l’objet de nombreux
travaux, notamment aux Etats-Unis.

Ainsi, les réformes portant sur l’introduction de bons d’éduction (vouchers), ont été particulièrement
étudiées. Si les dispositifs sont assez divers, le principe de ces réformes est de procurer à une part plus ou moins
large des élèves, des chèques-éducation d’un montant permettant de couvrir tout ou partie des droits de
scolarité des écoles privées, avec pour objet de rendre la concurrence entre écoles privées et publiques plus
effective (Valdenaire ,2004).

Grâce à la demande d’éducation primaire résulte de la croissance démographique et des efforts


visant à développer les systèmes scolaires de façon à servir tous les enfants d’âge scolaire , les Etas
d’Amériques du Nord et de l’Europe occidentale ont affecté les pourcentages les plus élevés de leurs
ressources nationales au secteur de l’éducation soit 5,6% du PIB régional ,avec respectivement 4,9% et 4,5% du
PIB régional, les Etas arabes et d’Afrique subsaharienne se classent en deuxième et troisième position ,
(Unesco,2007).

L’éducation primaire et secondaire constitue de nos jours, un des facteurs majeurs très important pour la
formation de base dans tous les pays du monde, ceux en développement que ceux développes, l’expansion
considérable des effets financiers, matériels et humains consacres aux écoles est justifiée par le rôle de
l’éducation dans le développement (Hallak ,1974). Il apparaît donc, de plus en plus évident que l’éducation
primaire et secondaire est organisée au niveau privé et public (Marcelin, 2002). Apparu souvent bien avant les
écoles publiques, l’enseignement privé a très souvent joué un rôle important pour complémenter ou suppléer à
l’offre éducative dans la plupart des États, la liberté de choisir l’établissement éducatif des enfants, de même que
la liberté de fonder un établissement éducatif, sont en effet très clairement reconnues dans les textes
internationaux et repris par la plupart des textes nationaux. (Rohan, 2009)

L’arbitrage entre enseignement public et enseignement privé trouve une résonnance, sont en effet devenus des
enjeux de politique économique et sociale dans nombreux pays (coleman et idoffer, 1987). Des souhaits
concernant l’utilisation des écoles privées pour mieux répondre aux demandes éducatives des ménages ont été
prouvé dans la littérature (Walberg ,2007) et dans le but d’améliorer l’efficacité des services éducatifs (Patrinos et
al, 2009), l’éducation primaire et secondaire privée trouve ses ailles. Du fait que les gouvernements ne seront
pas généralement les seuls à offrir des services éducatifs; les systèmes d’enseignement ont faits d’une
juxtaposition d’institutions financées par le gouvernement et le secteur privé (David de la croix et Matiasdéopke,
2007). D’où, l’éducation primaire et secondaire est établie par les écoles privées et publiques.
Les pays d’Afrique subsaharienne sont depuis plusieurs décennies confrontés à des défis
considérables en matière d’éducation et doivent assurer la scolarisation d’un nombre toujours croissant d’enfants.
Après l’explosion démographique des années 1970, puis la vague de déscolarisation de la décennie 1990, les
taux de scolarisation sont à nouveau orientés à la hausse depuis la fin des années 1980 (Lange et al ,2002).
Ainsi, en 2001-2002, 62 % des enfants sont scolarisés dans le primaire en Afrique subsaharienne, contre 54 %
en 1990-91. Cette augmentation du nombre d’élèves accompagne une « privatisation rampante » de l’éducation
(Solaux et Suchaut, 2002) qui permet un accroissement de l’offre, avec l’essor des écoles privées, laïques ou
confessionnelles, et dans une moindre mesure des écoles communautaires et associatives. Cette diversification
résulte de la pression des parents des élèves et des bailleurs de fonds et d’un désengagement des États en
matière de politique scolaire (Lange ,2002).

En RDC, l’offre de l’éducation, assurée autrefois par l’Etat congolais seul, est assurée aujourd’hui,
conjointement par l’Etat et par d’autres partenaires, dont les confessions religieuses, les entreprises et depuis un
certain temps les personnes privées. Le système actuel conduit vers la multiplication de structures
d’enseignement. Les systèmes scolaires qui en ont émergés laissent une large place aux volontés et aux
initiatives des sociétés civiles dont les diverses confessions. Il augmente ainsi les possibilités d’offre scolaire
(Lutatula et Ndgondo, 2003).

En effet, au cours de la période 2000 et 2001, le Ministère de l’Education a estimé la demande de


scolarisation à quelques 8.890.518 enfants scolarisables dont 52,3% seulement ont été effectivement scolarisés
(MICS, 2010). L’excédent de la demande s’est chiffré auprès de la moitié des enfants. Ce déficit global de l’offre
d’éducation de 49,7% traduit l’incapacité d’accueil en termes d’infrastructures et d’enseignants d’une part et des
possibilités des parents à financer les études de leurs enfants d’autre part (Lutatula et Ndgondo, 2003). Le fait
peut tenir à l’insuffisance persistante de l’offre par rapport à la demande ou aux contraintes liées à la demande
de la part des parents. Le taux net de fréquentation de l’école primaire est passé de 52 % en 2001, plus ou 50%
en 2006 de 75 % en 2010 à 72 % pour les filles et 78 % pour les garçons, toutefois la qualité de l’enseignement
reste faible (MICS 2001 et MICS 2010). Le taux net de fréquentation de l’école secondaire a chuté de 44 % en
2007 à 32 % en 2010 avec 28 % pour les filles et 35 % pour les garçons (EDS, 2007 et MICS, 2010).

Eu égard de ce qui précède, il se remarque que, dans ce contexte, une certaine concurrence se crée
entre non seulement les établissements d’enseignement publics et privés, pour attirer et conserver leur
population estudiantine, mais aussi entre les familles, pour trouver la meilleure école pour leur enfant, il apparaît
pertinent de se pencher sur la question du choix scolaire. La montée du consumérisme scolaire et de la logique
marchande en éducation se constate, entre autres, par l’augmentation des effectifs scolaires tant dans le réseau
privé que dans les projets pédagogiques particuliers du secteur public (Davies et Guppy, 2010). On observait des
changements de comportement des familles, soulignant l’accroissement de la demande de l’éducation et
l’interprétant en termes de « stratégies» comparables à celles qui sont, mises en œuvre par un acteur averti
souhaitant acquérir une éducation assimilée à une autre bien de consommation. (Ballion ,1982).
Les écoles privées constituent néanmoins une source majeure de concurrence entre écoles, Les
incitations créées sur les écoles publiques par l’existence du secteur privé (et plus largement, par l’existence
d’une possibilité de choix de l’école par les parents) dépendent cependant de manière cruciale des
caractéristiques valorisées par les parents, lorsqu’ils exercent leur choix scolaire (Valdenaire, 2011). Dans
certaines régions urbaines de la RDC, près de 35 % des élèves fréquentent un établissement secondaire privé
(MICS, 2010). Malgré la concurrence de plus en plus intense, étant donné l’offre d’éducation accrue, entre les
écoles primaires et même secondaires avec la multiplication des projets pédagogiques particuliers et la mise au
point de pratiques de sélection des élèves, la demande des parents à l’égard de la scolarisation de leur enfant se
maintient (Rapport VVOB ,2013). L’institution des conseils d’établissements avait pour objectif de solliciter la
participation des parents et des acteurs locaux afin qu’ils deviennent des partenaires réels, avec le personnel
scolaire, de la gestion des établissements (Turnel ,2014). En sollicitant la participation de la population à la
démocratie scolaire, on voulait freiner la diminution des effectifs scolaires du secteur public vers le privé. Cette
situation s’était accentuée à la fin des années 1990 pour se poursuivre dans la décennie suivante (Turmel ,
2014). Le processus de choix éducatif, ses déterminants et ses effets pourraient ainsi constituer un rouage
essentiel de la stratification sociale et de la reproduction des inégalités (Kremer et Sarychev ,2000 ;Meuretet al ,
2001). Des opportunités peuvent toutefois également être relevées, ainsi un élargissement de l’offre éducative
pourrait être susceptible de mieux répondre à la demande de certains ménages, permettre une plus grande
flexibilité et entraîner une certaine diversité sur le marché de l’éducation (Walberg ,2007). Si certaines conditions
sont réunies, la mise en concurrence des établissements éducatifs pourrait également être susceptible
d’améliorer l’efficacité des services éducatifs tant publics que privés (Patrinos, 1999), World Bank (2007).

Pour ce faire, le choix scolaire est particulièrement important à comprendre parce qu’il se présente
comme le premier aspect d’un usage rationnel de l’école par les parents (Dubet et Martuccelli, 1996).

Il en découle alors une question principale : quels sont les facteurs qui président à l’arbitrage des
parents ou des tuteurs entre une institution privée ou publique pour l’éducation de leurs enfants au niveau
primaire et secondaire ? A cette question, deux autres questions lui sont directement liées à savoir quels sont les
facteurs qui déterminent le choix entre une institution privée et publique au niveau primaire et secondaire et puis
ensuite, les parents connaissent-ils les différences existant entre ces deux catégories d’écoles ?

Plusieurs études ont été menées dans le monde pour répondre cette question et/ou ces questions connexes.
Dans l’étude Héran (1996), il apparaît qu’au niveau des écoles primaires, les parents accroissent
significativement les chances de réussite de leurs enfants en les inscrivant dans des écoles privées. Dans la
même optique, Turmel (2014) identifie trois types de processus empruntés par les parents pour choisir un
établissement d’enseignement privé : les familles convaincues, averties et anxieuses.

Pour le cas de cette étude, disons que les facteurs qui influenceraient le choix des parents entre un
établissement scolaire prive ou publique pour leurs enfants dans la ville de Bukavu seraient entre autre le
revenu des parents, la religion des parents, la proximité géographique de l’établissement vis-à-vis du domicile,
comme étant l’une des motivations des parents, à cela s-ajouterait le nombre d’enfant en charge, le niveau
d’instruction des parents et âge des parents.

I.1. OBJECTIF POURSUIVI

L’objectif principal de cette étude est de connaitre les facteurs influençant le choix des parents entre
une institution privée ou publique pour leurs enfants au niveau primaire et secondaire dans la ville de Bukavu.
Elle est menée en RDC, spécifiquement dans la province du Sud-Kivu, principalement à Bukavu. La population
cible est constituée des parents ou tuteurs ayant eu au moins un enfant à l’école primaire et à l’école secondaire
dans la ville de Bukavu.

II. METHODOLOGIE DE RECHERCHE


Il va s’agir donc de trois catégories d’individus à savoir ceux ayant des enfants uniquement dans les
écoles privées, ceux ayant uniquement des enfants dans les écoles publiques et ceux ayant des enfants dans
toutes les deux catégories d’écoles. Concrètement, Il s’agit donc des parents ayant des enfants dans les 241
écoles publiques et les 420  écoles privées de la ville de Bukavu au niveau primaire et secondaire regroupées
dans les trois communes de la ville de Bukavu.

II.1. Détermination de la taille de l’échantillon

Faute de moyens temporels et financiers pour atteindre toute la population cible, une enquête a été
faite sur un échantillon. Celui-ci a été tiré aléatoirement pour permettre l’inférence des résultats (la généralisation)
à toute la population. La taille de la population, étant inconnue, peut être estimée approximativement par la
formule suivante de l’échantillon :

Z 2α / 2∗p(1−p)
n= (1)
ε2

Où :

Z2α /2 Est le coefficient de faisabilité à 1,96 pour un intervalle de confiance à 95%,


ε est le niveau de confiance exigé par le chercheur (pour notre étude est de 95%).
P est la proportion de la population ayant des enfants uniquement dans les écoles publiques de la ville de
Bukavu. Cette formule ci – haut est exposée à une difficulté dans le sens qu’elle intègre dans son calcul la
proportion de la population (ayant des enfants dans les écoles publiques uniquement). Pour trouver cette
dernière, on recourt soit :
- Aux résultats empiriques similaires effectués dans le passé ;
- Organisation d’une pré-enquête sur au moins trente individus de la population cible ;
- Si les valeurs extrêmes de la population sont connues, l’écart-type est estimé par la formule
suivante :

Cette étude s’appuie sur la deuxième alternative à savoir procéder par une pré-enquête. Ainsi, afin d’avoir un
écart-type qui permettra de trouver la taille de l’échantillon, 30 parents scolarisant leurs enfants dans la ville de
Bukavu se sont vus concernés par la pré enquête, en fonction de 10 parents par commune. Après l’ organisation
du pré enquête, les résultats ont montré qu’il y avait 33% des parents ayant uniquement des enfants dans les
écoles publiques et donc 67% des parents qui n’avaient pas d’enfants dans ces écoles ou qui avaient des
enfants dans les deux catégories d’écoles. Grâce à ce résultat, on peut avoir la taille de l’échantillon.

Z 2α / 2 x p (1− p) ( 1 . 9 6 ) 2∗0 . 33∗(1−0 . 3 3)


n= = =3 40 p arents
ε2 ( 0 .0 5 ) 2

Cet échantillon est reparti de la manière suivante dans les trois communes de Bukavu, proportionnellement à
l’effectif de chaque commune :

Tableau N°1 : Population de la ville de Bukavu


BAGIRA IBANDA KADUTU TOTAL
Habitants 223692 317419 377322 918433
Pourcentage 24,36 34,56 41,08 100
Ménages 37282 52903 62887 153072
Source : Mairie de la ville de Bukavu, 2014

Selon les statistiques de PNUD (2009), chaque ménage au Sud-Kivu compte en moyenne 6 personnes. D’où les
ménages seront répartis comme suit :

9 18433
Nombre des ménages de la ville= =153 0 72 ménages
6

Tableau N°2 : Répartition de la taille d'échantillon par commune


BAGIRA IBANDA KADUTU TOTAL
Effectifs enquêtés par
commune 24.6%*340=83 34.56%*340=118 41.8%*340=140 340
Source : nos calculs à partir des données de la Mairie de la ville de Bukavu 2014.

II.2. Enquête proprement dite

A l’aide des questionnaires administrés par les enquêtés dans la ville de Bukavu (du 7 novembre 2015
au 20 Décembre 2015), les données ont été collectées par des interviews directes. Le tirage de ces 340
enquêtés a été fait de façon aléatoire sans répétition. Cependant, lors du dépouillement des questionnaires, 2 de
ces 340 questionnaires étaient inexploitables, soit parce que mal complétés ou pas complétés totalement. Il y a
donc un taux de réponse de 99,4 % dans l’ensemble. Les réponses apportées par ces questionnaires ont servi
de repère pour les différentes analyses mais surtout ont permis l’application du modèle économétrique dont les
composantes sont présentées dans la section qui suit.

Pour le traitement des données, trois principales techniques ont été utilisées. Il s’agit de l’analyse
descriptive, de l’analyse de la variance et de la régression économétrique. Deux types de statistiques sont
souvent utilisés pour résumer les observations d’une série statistique. Il s’agit des paramètres de tendances
centrales qui permettent de caractériser une série statistique au moyen d’une valeur, d’une modalité et des
paramètres de dispersion qui permettent quant à eux de voir la concentration ou non des valeurs observées
autour d’un paramètre de tendance centrale (Giard, 2003). Outre les paramètres de tendances centrales
(moyenne, mode et médiane) et les paramètres de dispersion (écart-type et variance), des tableaux croisés sont
utilisés pour analyser la relation entre les variables explicatives afin d’améliorer la connaissance sur l’arbitrage
entre les écoles privées et publiques.
a. L’ANALYSE DE LA VARIANCE
L’analyse de la variance est faite dans l’objectif de comparer les moyennes de revenus et des coûts
moyens de scolarisation des différentes catégories des parents pour vérifier si les coûts moyens de scolarisation
et les revenus des parents scolarisant leurs enfants sont statistiquement différents entre les différents groupes
des parents; cette analyse se fait sur base d’une hypothèse, l’hypothèse d’égalité des variances entre les
différentes catégories. Premièrement, pour s’assurer de sa faisabilité, l’homogénéité de la variance intragroupe,
grâce au test de Levene, a été vérifiée et avons identifié les moyennes significatives par le T-student. Ensuite,
l’Anova a été réalisée, d’abord par la définition des hypothèses :

- Ho : les moyennes d’âges ou de revenus des parents sont égales pour toutes les
caractéristiques des parents ayant des enfants dans les institutions primaires ou secondaires.
- H1 : au moins une de moyenne est différente des autres. Ensuite, la statistique de Fisher est
calculée pour vérifier les hypothèses à partir de la formule suivante :
S CE
C−1
F= (2) avec :
S CR
n−C
SCE : la somme des carrés expliqués représentant la variance de la variable x ;
SCR : la somme des carrés résidus représentant la variance due à l’erreur ;
(n - 1) et (n- c) : Faisant référence au degré de liberté (ddl).
Enfin, le F calculé est comparé au F critique avec le degré de liberté correspondant pour décider. Si la
valeur calculée est supérieure à la valeur critique, l’hypothèse nulle Ho est rejetée au profit de l’hypothèse
alternative H1. La significativité (p) est aussi utilisée pour identifier les variables significatives.
Nous avons en suite construit un modèle économétrique décrivant l’arbitrage possible entre les écoles
privées et publiques par les parents. De ce fait, le modèle doit être à même de prédire les choix possibles
d’écoles qui s’offrent à un ménage lors d’inscription pour leurs enfants. Cet arbitrage implique trois possibilités à
savoir : inscrire tous ses enfants dans des écoles publiques, les inscrire dans les écoles privées et enfin les
inscrire à la fois dans les écoles privées et publiques. Le modèle devra décrire donc une variable discrète prenant
en compte les trois modalités.
b. Modèle probit multivarié
- Présentation du modèle
Dans cette section, il s’agit de présenter le modèle décrivant l’arbitrage « école privée – école publique. Cet
arbitrage conduit à une variable qualitative comprenant trois modalités : avoir des enfants dans des écoles
privées uniquement (0) ; avoir des enfants dans les écoles publiques (1) ou avoir des enfants dans les deux
catégories d’écoles (2). La régression de ce genre des modèles exigent toujours la prise en compte d’une
modalité de référence (Starkweather et Moske, 2012). Pour le cas d’espèce c’est le choix d’une école privée qui
est pris comme l’alternative de base avec une valeur égale à « 1 ». En tenant compte des différentes variables
explicatives, chacune des 2 équations restantes aura la forme suivante :

Publique/privee=
β 0 , j+ β1 , j A≥+ β 2 , j s exe + β 3 , j r eligion + β 4 , j a ffp+ β 5 , j c om+ β 6 , j r evenu + β 7 , j c out + β 8 , j c ampub+ β 9 , j n brenfan
Souligne que les modèles probitmultivarié admettent pour variable expliquée, non pas un codage quantitatif
associé à la réalisation d’un événement, mais la probabilité d’apparition de cet événement, conditionnellement
aux variables exogènes. Dans le modèle probitmultivarié, la probabilité pour que l’individu i choisisse la modalité
j, ∀ j=0 … m,est définie par :
u i−u 1 u i−u n
P (Y=1/Xi) = ∫ ∫ E ( X i , … X n … , 0 , βi ) d Xi , … d Xn
−∞ −∞

Où βi est la matrice variance covariance des termes d’erreur et ui les niveaux d’utilité associés à chaque choix.
Le nombre d’intégrales associées à la formule est égal au nombre d’alternatives moins un. Ainsi comme le
modèle probitmultivarié utilisé dans ce travail comprend trois modalités, l’intégrale utilisée comme fonction de
probabilité sera une intégrale double. Le choix de la fonction de répartition F(.) est à priori non contrainte et c’est
celle de la distribution gaussienne (loi normale). Comme pour chaque type de régressions, il est indispensable de
procéder à des tests pour vérifier la significativité des paramètres (test des Wald), la significativité totale ou
globale du modèle (test de maximum de rapport de vraisemblance) et la qualité du modèle.
- Estimation des paramètres du probit multi varié et tests d’hypothèse
Tout comme dans le cas du modèle probit bi-varié, l’estimation des paramètres des modèles probit
multi varié peut se faire par les méthodes du maximum de vraisemblance. La vraisemblance associée à un
modèle probit multi varié indépendant à m+1 modalités s’écrit en fonction de m vecteur de paramètres
β j , j=1 , … m du fait de la normalisation β 0=1. L’estimation des paramètres du modèle logit multinomial

s’exécute alors en maximisant la log-vraisemblance par rapport aux vecteurs de paramètres ( β 1 , β 2 , … , β m ) .


Ainsi, deux indicateurs sont utilisés pour évaluer la qualité globale de la régression (Rakotomalala, 2011). Nous
avons entre autre :
a) Le test du rapport de vraisemblance qui permet d’apprécier la significativité globale du modèle et qui
consiste à comparer deux déviances. Elle part des hypothèses suivantes :
−H 0 : β1 =β 2=…= β j=0. Ce qui veut dire que tous les coefficients du
Modèle sont nuls sauf la constante.
−H 1 : a umoinsun β j ≠ 0 .C’est-à-dire qu’au moins un des coefficients est non nul.
La statistique suivante est utilisée dans le cas d’un test portant sur plus d’un paramètre :

L RT =−2 [l ogL ( y , β^ j) −l og ⁡( y , β^ c j )]→ X 2(r)


c
Où ^β j et ^β j désignent respectivement les estimateurs non contraints et contraints de β j et r le nombre de
restrictions imposées sur les paramètres.
b) Le pseudo- R2 de McFadden permet de déterminer la qualité prédictive du modèle de manière quasi

L LM
similaire au R2 de la régression linéaire. Il s’obtient par la formule suivante : Pseudo-R2=1−
L L0
avec LLM : la log-vraisemblance du modèle étudié et LL0 : la log-vraisemblance du modèle trivial c’est-à-
dire sans variable explicatives (ou bien le modèle dans lequel seulement la constante est prise en
compte).
c) A part ces deux indicateurs, il existe aussi un autre test permettant d’apprécier la significativité d’un
coefficient. Il s’agit du test de Wald qui a comme H 0 : βi =0 et H 1 : β i ≠ 0. Un coefficient non significatif
peut être supprimé dans une équation car son influence ou son impact n’est pas statistiquement
différent de zéro.

Le seuil choisi pour juger de la significativité est fixé à 1%. Néanmoins, pour renchérir les explications, le seuil de
5% et de 10% peut aussi être utilisé au cours des interprétations. Les effets marginaux seront utilisés pour
interpréter les coefficients.
- Sélection du modèle optimal
Pour comparer deux modèles impliquant un nombre différent des variables explicatives, il est
préférable d’utiliser les critères d’Akaike (Bourbonais, 2009). Ce dernier s’obtient par la formule suivante :
S CR 2 K
A IC=L n( )+
n n
Où, SCR représente les sommes des carrées résidus, n le nombre d’observation et K le nombre des variables
explicatives. Le modèle optimal est alors sélectionné en comparant les valeurs trouvées par la première
régression à celles trouvées par la deuxième régression. Le modèle ayant les valeurs faibles est considéré
comme étant optimal.
Dans le cadre d’un modèle multinomial, l’analyse est plus complexe puisque plusieurs événements
sont considérés. Dès lors, les rapports de probabilité de chaque modalité de l’événement par rapport à la
modalité de référence ne correspondent pas directement à un « odds » qui désigne, rappelons-le, un rapport de
probabilité d’un événement avec son événement contraire. On préfère donc utiliser des « odds ratios
conditionnels » (notés COR), également désignés sous le terme de « ratio de risque relatif » (noté rrr), qui
correspondent aux rapports de chaque probabilité relativement à la probabilité prise en référence. Cela dit, dans
la plupart des études en sciences économiques, les effets marginaux sont les plus utilisés (Magrini, 2009). Dans
cette étude également, les effets marginaux sont utilisés pour l’interprétation des différents coefficients du modèle
estimé. La relation suivante permet le calcul des effets marginaux.
∂ E (Y / X 1= X 1 ,... X k =X k )
Effet marginal = (3)
∂ Xk
Avec Xk les variables explicatives du modèle et E(Y / X 1=x 1 , ..., X K= X k ) , le modèle probit estimé.
c. Présentation des variables
Il est ici question de présenté les variables retenus dans le modèle à estimer. Il s’agit d’une variable expliquée et
des dix variables explicatives.
- Variable expliquée (Endogène, Dépendante).
La variable expliquée, c’est l’arbitrage privée/Publique (notée abritragePrivpub). C’est une variable
qualitative décrivant le choix des parents ou des tuteurs entre une école privée et une école publique. Elle prend
les modalités suivantes : 0 si choix d’une école privée, 1 si le choix d’une école publique et 2 si choix simultané
privé-publique. L’alternative de référence étant le choix d’une école privée.
- Variables Explicatives (Indépendantes, Exogènes)
Le choix effectué par les parents ou les tuteurs entre une école privée et une école publique est
fonction des caractéristiques propres des parents mais également des caractéristiques propres à l’alternative
choisie. Pour bien appréhender la question de recherche, certaines variables retenues dans ce travail ont été
inspirées des travaux de Murhezi (2014), Sayuiti (2013), Baillif(2006), et Dubois(2000). N’sendele (2007),
Mufungizi (2012), Bernet (2000), Neves (2008), Stassen (2004),(Lankford et Wyckoff ,1992, 1995),Héran (1996)
Andreani (2006), Kobiané (2006), Lankford (1995 1992), Long et Toma (1988), Zollinger (2002), Frenette (2002),
Lemaire(2005), et akhili (2008) ont inspirés le choix de nos variables indépendantes.

De ce fait, il se remarque que le choix d’un individu peut être influencé par ses caractéristiques
propres c’est-à-dire ses caractéristiques démographiques, socioéconomiques ainsi que par les caractéristiques
propres des parents (tuteurs). Les variables suivantes ont alors été retenues 

 La proximité par rapport au domicile, (Kilende, 2012) : souligne que le taux de recours à
l’enseignement est significativement corrèle à la distance entre le ménage et l’école. Cette
variable sera estimée par les parents ou les tuteurs en kilomètres. Cette variable aurait une
influence positive sur les choix des écoles privées car la plupart se trouvent au milieu des
maisons d’habitation.
 Les campagnes publicitaires (campub) : comme la dénomination l’indique, il s’agit de l’ensemble
d’actions commerciales pour faire connaitre un produit ou pour vendre une bonne image de l’entreprise
(Dubois 2000). C’est donc une variable qualitative qui prend la valeur 1 en cas de connaissance
d’existence de ces pratiques avant l’inscription et 0 sinon. Le signe attendu est ambigu.
 L’âge (Age): cette variable peut être comprise comme étant le nombre d’années révolues des parents
ou des tuteurs ayant choisi de scolariser les enfants. C’est donc une variable quantitative. Beaucoup
d’étude sur le choix d’une école ont montré que l’âge était une variable significative quoique l’influence
de cette variable ait été divergente selon les étudies. Son Signe attendu est donc présumé ambigu dans
cette dernière également.
 Le revenu (revenu) : L’un des facteurs les plus déterminants de la demande d’éducation est le revenu
familial .Les auteurs comme long et Toma(1988), léger(2013) et Kobiané (2006), s’accordent sur le fait
que le revenu a un impact positif et significatif sur le choix d’un établissement d’enseignement. Vu ce qui
précède, nous postulons à l’avance que le revenu a une influence positivement sur le choix d’une école
privée, le signe attendu est donc négatif. Cette variable est quantitative continue. Elle est estimée par le
revenu mensuel en dollar de la personne qui supporte les études de l’enfant ou des enfants. Elle est
donc captée sur une échelle d’intervalle de la manière suivante : 1 inférieur à 100 2 de 100 à 300 3
de 300 à 500 4 de 500 à 1000 et 5 de 1000 à plus. Pour faciliter la comparaison entre le revenu moyen
des tuteurs dont les enfants se sont orientés à l’école privée et le revenu moyen des tuteurs dont les
enfants se sont orientés à l’école publique, nous avons jugé bon de ne considérer que les valeurs
médianes de chaque intervalle. Respectivement selon chaque intervalle, on aura les valeurs suivantes :
50, 200, 400, 750, 1000.
 La religion (religion) : Elle désigne la confession des parents ou des tuteurs. Avec l’échec de l’état à
assumer seul l’éducation, la gestion de certaines écoles a été cédée aux confessions religieuses. Cette
variable aurait donc une influence sur la probabilité de choix d’une école quoique cette dernière soit
ambiguë. Cette variable est donc une variable qualitative dummy comprenant trois alternatives :
Catholique, Protestante et Autres ; dont l’alternative de référence étant la religion Catholique.
 La commune de résidence (comres) : cette variable indique la commune de résidence du ménage. C’est
une variable qualitative dummy. Partant de l’hypothèse de (Baraka, 2012), montrant que les habitants
de la commune d’Ibanda ont en moyenne un revenu élevé que les habitants d’autres communes, il est
logique de postuler à priori que le fait de résider dans la commune d’Ibanda influence aussi positivement
le choix d’école privée au détriment d’école publique.
 Le sexe (sexe) : est l’un des éléments de différentiations en matière de choix des biens et services le
plus récurent (Fatoki, 2011). Les études en psychologie ont démontré que les femmes étaient plus
sensible aux éléments tels que la propreté, le confort et l’apparence (Suzana, 1989) et il apparait que
les privées répondent à ces caractéristiques que la plupart d’écoles publiques étant donné que la plupart
de ces dernières sont vielles, donc il est possible que le fait d’être un homme influence négativement le
choix d’école publique au profit des écoles privées. La codification du sexe est 0 si c’est une femme et 1
si c’est un homme.
 Le coût moyen d’études (cme) : il s’agit de la dépense moyenne annuelle liée aux frais de scolarité d’un
enfant. Long et Toma(1988), Stassen(2000), Rohen(2010) parviennent à la conclusion que le cout de
l’éducation a une influence positive et significative sur le choix d’un établissement éducatif, alors que
Rohen (2010) trouve que le cout de l’éducation affecte négativement et de façon significative le choix
d’un établissement éducatif. Pour leur part, Lankford(1992), Buddin (1998) trouvent que le cout de
l’éducation n’a pas d’influence significative sur le choix d’un établissement éducatif. La loi de l’offre et de
la demande stipule quant à elle que plus le prix d’un bien économique normal ou alors d’un service
augmente, moins les consommateurs seront enclins à le demander. Etant donné que les écoles privées
coutent généralement cher comparées aux instituts publics en termes de frais scolaires, il est donc
logique de postuler à l’avance que cette variable influence négativement le choix de l’école privée. Le
signe attendu est donc négatif.
 L’affinité envers le personnel (Galand, 2007) : peut être comprise comme étant l’existence d’une relation
entre un parent d’élève d’une école privée ou publique avec un membre du personnel de cette dernière
avant l’inscription et qui l’aurait influencé à choisir cette institution. On présume que l’amitié et la parenté
avec un membre du personnel est une garantie en terme de confiance en l’institution et de flexibilité de
paiement. Cette variable prendra la valeur 0 en cas d’absence d’affinité ex-ante et 1 en cas d’existence
de l’affinité ex-ante.
 Le niveau d’étude ou niveau d’instruction (Murhezi, 2014) :  est mesuré par le nombre d’années
d’études réussies des parents ou des tuteurs. Le niveau d’étude sera opérationnalisé donc par une
variable quantitative représentant le nombre d’années d’étude réussies par les parents. Ce niveau
d’étude influencerait le choix d’une école parce qu’on présume que le détenteur d’un niveau d’éducation
élevé à une meilleure compréhension de l’importance de l’éduction des enfants et de la qualité
d’éducation dans les deux catégories d’écoles. Le signe attendu pour cette variable reste ambiguë.
 Nombre d’enfants à charge : il s’agit ici de l’effectif total d’enfant scolarisé par les parents ou le tuteur.
Cette variable aurait une influence sur le choix d’une école car les coûts liés au paiement dans chaque
catégorie de ces écoles sont différents. C’est donc une variable qualitative discrète ; Cela dit, le signe de
cette variable soit ambigu.
Tableau n°3 : Présentation synthétique des variables
Type de
N° Variables Abréviation Nature Signe
variables
1 Arbitrage privée-publique Arbitrageprivpub Dépendante Qualitative  
2 Campagnes publicitaires Campub Indépendante Qualitative Positif
3 Proximité par rapport au domicile Proxidom Indépendante Qualitative Négatif
4 Age Age Indépendante Quantitative Ambigu
5 Revenu Revenu Indépendante Quantitative Positif
6 Cout de la formation Couform Indépendante Quantitative Négatif
7 Sexe Sexe Indépendante Qualitative Ambigu
qualitative
8 Commune de résidence Commune Indépendante Ambigu
dummy
9 nombre d'enfants à charge Nbrenfants Indépendante Quantitative Négatif
10 religion Rel Indépendante Qualitative Positif
11 Affinité envers le personnel de l’école Affinité Indépendante Qualitative positif
12 Niveau d'étude parents Niveauetud Indépendante Qualitative Positif
Source : notre construction
Après avoir fait la présentation synthétique des variables, nous allons fait, par la suite, l’analyse statistique des
variables sous étude.
- ANALYSE DESCRIPTIVES DES VARIABLES SOUS ETUDE
Cette partie s’attèlera à l’identification des différents facteurs ayant une influence sur le choix des parents entre
une école privée, publique et dans les deux catégories au niveau primaire et secondaire. Ainsi, elle se focalise
sur deux points essentiels notamment : l’analyse descriptive des parents des élèves et l’analyse des facteurs qui
influencent l’arbitrage entre le choix d’une école privée ou publique.

Tableau 4 : Répartition des effectifs selon les caractéristiques socioéconomiques des parents

 Variables  Modalités Ecole Ecole Ecole


Privée Publique Privée/Publique

Sexe Homme 89,66% 50,68 61,17

Femme 10,34% 49,32 38,83


 
Bagira 9,20% 34,25 24,27

 Commune Ibanda 47,13% 26,71 35,92

Kadutu 43,68% 39,04 39,81


 
moins de 300$ 79,31% 69,18 80,58

Cout moyen Entre 300$ et 500$ 20,69% 29,45 18,45

Plus de 500$  - 1,37 0,97


 

Affpers Pas d’affinité avec le personnel 24,14% 21,23 24,27

Affinité avec le personnel 75,86% 78,77 75,73


 

Campub Pas de campagne Publicitaire 40,23% 65,75 66,99

Campagne Publicitaire 59,77% 34,25 33,01


 
Inferieure au Diplôme d'Etat 9,2 8,22 15,53
 
Diplôme d'Etat 22,99 34,25 15,53

 Nivetud Gradué 26,44 10,96 39,81


 

Licencié 41,38 39,04 10,68


 
Master et Doctorat  - 7,53 18,45

Catholique 62,07 68,49 65,05

 Religion Protestant 32,18 23,29 28,16

Musulman 3,45 4,79 3,88


 
Autres 2,3 3,42 2,91
 

Source : Analyse à partir du logiciel Stata 12.0

Partant des données brutes et leurs traitements à l’aide de STATA 12 pour le modèle économétrique
et SPSS 20.0, nous avons dégagé les résultats ci-après :

III. RESULTAS ET DISCUSSION


III.1. PRESENTATION DES RESULTATS

Après la présentation de la méthodologie à utiliser et l’analyse descriptive des données, nous allons,
par la suite analyser les résultats et les interpréter.

Les résultats ont été obtenus grâce à un modèle probit multinomial avec comme modalité de référence
0 qui représente les parents qui inscrivent leurs enfants dans les écoles privée. Par conséquent, avant d’effectuer
la régression, il a été primordial de vérifier s’il n’existe pas de problème de multi colinéarité entre les variables
indépendantes étudiées.

- Analyse du problème de multicolinéarité


Deux techniques sont habituellement utilisées pour détecter un phénomène de multi colinéarité. Il s’agit de la
réalisation d’une matrice des corrélations et du calcul des VIF « Variance Inflation Factors ». La réalisation d’une
matrice des corrélations permet une analyse deux à deux des corrélations entre variables explicatives. Il est
d’usage de considérer que l’obtention de coefficients de corrélations supérieurs à 0,5 est révélatrice d’un
problème de multicolinéarité entre les variables concernées. Rakotomalala (2009) lui, considère que ce problème
existe lorsque la corrélation linéaire dépasse un seuil de 0,8. Ces résultats laissent un soupçon de colinéarité
entre les variables explicatives. Il est obligatoire de recourir au test de Klein pour confirmer la présence de la
mulicolinéarité. En élevant au carré les coefficients de corrélation de Bravais Pearson pour l’ensemble des
variables précités dans le tableau 1 en annexe, on constante que les coefficient de corrélation associés à l’affinité
des parents, proximité et campagne publicitaire sont légèrement supérieur au coefficient de détermination ( R2
=0,8795).Au vue de ce qui précède, ces variables méritent une attention.

a. Analyse de multi colinéarité


Tableau 5: les coefficients par le probit multinomial
  Ecole Publique Ecole Privée/Publique 

Arbpubpriv Coef Z P>|z| Coef Z P>|z|

Age 0,01575 0,81 0,417 0,03489 1,79 0,073

Sexe -1,4962 -5,13 0,000 -1,06368 -3,52 0,000

Ibanda 0 (omitted)   0 (omitted)  

Kadutu 0,16105 0,33 0,743 0,30405 0,59 0,557

Bagira -2,1879 -5,27 0,000 -1,4509 -3,3 0,001

Coutmoyen -0,09717 -0,78 0,437 -0,2247 -1,97 0,049

Affpers 0,6292 2,08 0,038 0,3752 1,18 0,239

Nbrenfants -0,03738 -0,32 0,749 0,23506 2,05 0,040

Proshab -0,273 -3,7 0,000 -0,2351 -3,22 0,001

Revenu 0,00104 0,22 0,829 0,0011 2,57 0,010

Campub -1,4889 -5,08 0,000 -1,4369 -4,86 0,000

Nivetud 0,269 2,19 0,028 0,118001 0,96 0,338

Rel 0,1951 1,1 0,270 0,165241 0,94 0,347

_cons 2,4587 2,5 0,012 0,365211 0,38 0,707

Number of obs= 3377

Wald chi2(24)= 102,85

Prob> chi2 = 0,000

Source : Stata 12.0

La qualité globale de l’estimation semble être satisfaisante. La P-value du test de wald est acceptable puisqu’elle
présente une valeur inférieure à 1%. Cependant, l’examen des T-student et la P-value du test de significativité
des variables révèlent que neuf variables sont statistiquement significatives. Il s’agit des variables sexe,
commune de résidence, Age, cout moyen, Affinités entre les responsables des écoles et les parents, Nombres
d’enfants, proximité habitation de l’école, cout moyen, niveau d’étude. La variable religion est quant à elle non
significative.

Pour analyser l’impact de chaque variable sur la probabilité de choix d’une alternative particulière, les effets
marginaux sont d’un grand secours. Les effets marginaux nous permettrons de quantifier l’impact de chaque
variable explicative sur la probabilité de choix d’une alternative de la variable dépendante. Quant à la
significativité globale du modèle, en comparant toujours le p-value avec les différents seuils, ce tableau nous
révèle que le modèle est globalement significatif au seuil de 1%. Ces résultats trouvés ci-haut, ne contredisent
pas celui e wald d’autant plus que la statistique de waldest égale à Wald =102,85 et supérieur au chi-carré
tabulé qui est de 22,7.

Après avoir eu à présenter le modèle initial contenant la totalité des variables, il apparaît indispensable
de procéder à l’établissement d’un nouveau modèle ne reprenant que les variables significatives puis choisir
parmi les deux modèles, le modèle optimal grâce au Critère d’Information d’Akaike (AIC) ou celui de Bayesien
critérium(BIC)

b. Régression des variables du modèle optimal


Après avoir eu à analyse la multi colinéarité dans le modèle précédent et en utilisant la méthode d’élimination
progressive pour rechercher le modèle optimal sur base du critère d’information d’Akaike et de celui de Schwarz,
la régression suivante a été jugée optimale.

Tableau 6: Présente la régression du modèle optimale


  Ecole Publique Ecole Privée/Publique 

Arbpubpriv Coef Z P>|z| Coef Z P>|z|

Age 0,01608 0,82 0,406 0,03424 1,76 0,078

Sexe -1,485 -5,14 0,000 -1,0359 -3,46 0,001

Bagira -2,2333 -6,75 0,000 -1,5949 -4,63 0,000

Coutmoyen -0,08728 -0,71 0,480 -0,2252 -1,91 0,056

Affpers 0,5967 1,99 0,047 0,35418 1,12 0,262

Nbrenfants -0,03926 -0,34 0,735 0,2341 2,06 0,040

Proshab -0,2754 -3,7 0,000 -0,23 -3,17 0,002

Revenu 0,000009 0,21 0,835 0,0011 2,55 0,011

Campub -1,47922 -5,1 0,000 -1,4128 -4,84 0,000

Nivetud 0,2754 2,28 0,022 0,12655 1,04 0,298

_cons 2,7402 2,9 0,004 0,69501 0,74 0,458

Number of obs= 338

Wald chi2 (20)= 103,24

Prob> chi2= 0,000000

Source : Stata 12.0

Etant donné qu’à la fois le critère de Schwarz et le critère d’information d’Akaike de ce deuxième modèle sont
inférieurs à ceux du modèle initial (630,53 et 729,8 contre 625,50 et 709.47), ce dernier modèle, comparé au
modèle global, peut être qualifié de modèle optimal. Il est facile de constater, à partir de ce tableau que 10
variables sont significatives dont 3 au seuil de 1% (le sexe, la commune de résidence, la proximité habitation,
campagne publicitaire et au seuil de 5% le sexe, cout moyen, affinités entre les responsables des écoles et les
parents et l’âge est significative au seuil de 10%. Après avoir eu à présenter les généralités, les variables
significatives méritent d’être analysées de façon beaucoup plus large.

c. Analyse de probabilités de choix des établissements scolaires


Tableau 7: calcule des effets marginaux
Delta-method
dy/dx Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]

age
arbpubpriv
0 -.0066557 .0045514 -1.46 0.144 -.0155763 .0022648
1 -.0033799 .0025164 -1.34 0.179 -.008312 .0015523
2 -.0039625 .0026209 -1.51 0.131 -.0090994 .0011743

sexe
arbpubpriv
0 .327674 .0651168 5.03 0.000 .2000475 .4553005
1 .1853484 .0357573 5.18 0.000 .1152653 .2554315
2 .1979138 .0408826 4.84 0.000 .1177854 .2780423

bagira
arbpubpriv
0 .4977737 .0757381 6.57 0.000 .3493298 .6462177
1 .2809463 .0335415 8.38 0.000 .2152061 .3466865
2 .3005609 .0442488 6.79 0.000 .2138349 .387287

coutmoyen
arbpubpriv
0 .0414428 .0279806 1.48 0.139 -.0133983 .0962838
1 .0206927 .0155465 1.33 0.183 -.0097779 .0511633
2 .0246205 .0167803 1.47 0.142 -.0082683 .0575092

Affpers
arbpubpriv
0 -.1232941 .0730254 -1.69 0.091 -.2664214 .0198331
1 -.0707795 .0379251 -1.87 0.062 -.1451113 .0035523
2 -.0746243 .0440493 -1.69 0.090 -.1609593 .0117107

nbrenfants
arbpubpriv
0 -.0266151 .0263515 -1.01 0.312 -.078263 .0250328
1 -.0106828 .0145118 -0.74 0.462 -.0391253 .0177597
2 -.0154222 .0156981 -0.98 0.326 -.0461899 .0153456

Proshab
arbpubpriv
0 .0653998 .01588 4.12 0.000 .0342756 .0965239
1 .036316 .0088174 4.12 0.000 .0190343 .0535977
2 .0394 .0101929 3.87 0.000 .0194223 .0593777

Revenu
arbpubpriv
0 -.0001721 .0001095 -1.57 0.116 -.0003867 .0000426
1 -.0000787 .0000606 -1.30 0.194 -.0001975 .0000401
2 -.0001011 .0000622 -1.63 0.104 -.000223 .0000207

campub
arbpubpriv
0 .3777666 .0631813 5.98 0.000 .2539336 .5015996
1 .2073148 .0340609 6.09 0.000 .1405566 .2740731
2 .227218 .0361674 6.28 0.000 .1563312 .2981047

nivetud
arbpubpriv
0 -.0519265 .0273384 -1.90 0.058 -.1055089 .0016558
1 -.0304677 .0152805 -1.99 0.046 -.0604169 -.0005185
2 -.0315271 .0171144 -1.84 0.065 -.0650706 .0020164

Source : stata 12.0


En analysant les effets marginaux présentés dans le tableau ci-dessus, il est à constater quant à ce qui concerne
le choix de l’école publique :
- Il est question, dans ce point, d’interpréter différents coefficients a l’aide des effets marginaux et
l’interprétation est faite par variable en maintenant les autres variables inchangées. Seules variables
significatives sont interprétées. Il s’agit de la campagne publicitaire, du revenu, la commune de
résidence, du sexe, la proximité d’habitation et niveau d’étude. En ce qui concerne le choix de l’école
publique (alternative 1) et sexe, commune de résidence, Nombre enfant, proximité habitation, Revenu et
campagne publicitaire (alternative 2).
- La proximité par rapport à l’établissement scolaire : cette variable influence négativement la probabilité
de choix de l’école privée au détriment de l’école publique. De façon beaucoup plus parlante,
l’augmentation de 1 kilomètre de distance par rapport à l’établissement scolaire diminue la probabilité de
choix d’une école publique de près de 3,6 %. Ce résultat implique que plus l’individu est proche de
l’établissement public plus il a des chances de choisir l’école publique de la plus proche au détriment
d’une école privée.
- Cependant, s’agissant de la variable sexe, les résultats obtenus rencontrent les travaux de Fatoki (2011)
et Suzana (1989).
- La publicité/promotion influence négativement la probabilité de choix d’une école publique au profit de
l’alternative privé
- Le niveau d’étude: cette variable est significative au seuil d’erreur de 5%. En terme marginale, lorsque
le niveau d’étude augmente d’une année, la probabilité de choisir une école publique au détriment
d’une école privée augmente la probabilité de 3,04 %.
- La commune de résidence : cette variable est également codifiée comme une variable dummy et de ce
fait s’interprète également en référence à l’alternative de référence qui est la commune d’Ibanda. L’on
constate que le fait de vivre dans la commune de bagira augmente la probabilité de choix d’une école
publique au détriment des écoles privées, comparativement aux habitants d’Ibanda, de plus de 30%
alors que le fait de vivre dans la commune de Kadutu influence négativement, de manière non
significative au seuil de 10%, la probabilité de choix d’une école privé au détriment d’une école publique.
- Le revenu : cette variable est non significative au seuil de 10% ce qui montre qu’avec un risque d’erreur
de 10%, on ne peut pas affirmé que le revenu influence le choix entre une école privé et une publique;
dans ce cas, le revenu n’est pas un critère de différenciation entre les clients des école privés et ceux
des publiques malgré le fait que son coefficient paraisse être non nul et que l’effet marginal paraisse non
nul.
- L’âge : l’âge de l’élève n’a pas d’influence sur la probabilité de choix entre une école privé et une école
publique.
Pour ce qui concerne le choix de l’école publique et privé :

- Le cout moyen : cette variable influence aussi négativement la probabilité de choix d’une école publique
par rapport à une école publique et privé. Cela est justifiable par un argument : considérant que la
plupart de écoles qui ont une réputation sont les plus chers et les plus rigoureuses dans les inscriptions,
la plupart de parents des élèves décident de diversifié le choix des établissements scolaire en vue de
minimiser le coût relatif à la scolarité de ses enfants. De manière plus précise, le cout moyen diminue la
probité de choisir une école prive 2,04% la probabilité de choix d’une école privée au détriment de
l’école publique .Ces résultat confirme ceux de Long et Toma(1988), Stassen(2000), Rohen(2010) qui
parviennent à la conclusion que le cout de l’éducation a une influence positive et significative sur la
diversification de choix des établissements éducatif.
- Le sexe : le sexe influence négativement la probabilité de choix d’une école publique et privé au profit
d’une école privé. De manière plus claire, le fait d’être une femme diminue la probabilité de choix d’une
école mixte de 1,97% et ce, d’une école privée. Autrement, tenant du caractère de la femme attirée
toujours par ce qui est beau, elle est plus prédisposée à prendre l’inscription de ses enfants dans une
école privée que dans une autre école.
- La commune de résidence: cette variable étant une variable dummy, elle s’interprète par rapport à
l’alternative de référence qui est la commune d’Ibanda. La commune Bagira, comparées à la commune
d’Ibanda, diminue la probabilité de choix d’une école privée aux dépens d’un choix diversifié (publique
et privé) respectivement de 30,05 % avec des risques d’erreur respectifs de 1 et 5%.

- Nombre d’enfants a un effet positif sur la décision de choisir d’un établissement scolaire. De manière
plus claire, plus les nombres des enfants augmentent dans le ménage, plus la probabilité de diversifié
les choix des établissements scolaires au détriment d’une école privé s’accroît de 1,54 %. L’écart
observé entre la taille moyenne des clients des écoles privé (5 enfants), des écoles publiques (6
enfants) et celle des écoles privées et publiques de santé (8 enfants) y trouve sa justification. Ces
résultats mis en évidence par cette étude sont évidentes car le choix d’une école est souvent basé sur
les coûts liés au paiement dans chaque catégorie des écoles. Une famille composée de plusieurs
enfants, a tendance à diversifier les choix des établissements scolaires pour profiter des couts faibles
facturés par d’autre établissement malgré leurs réputations.

- Le revenu influence positivement et de façon significative le choix diversifier des établissements


scolaires contre le choix unique d’une école privé. De façon claire, plus la personne qui supporte les
frais de scolarité a un revenu mensuel assez élevé, plus elle aura tendance à diversifie ses choix. En
terme marginal, une augmentation du revenu mensuel d’un dollar influence positivement la probabilité
d’inscrire les enfants d’un même ménage dans deux établissements scolaires différents (public et privé).
Ce résultat est soutenable dans le contexte de l’étude car la plupart des parents aisées préfèrent
inscrire leurs enfants des moins de 10 ans dans les écoles privées compte tenue de leurs attention
particulières qu’elles portent aux enfants, et au niveau secondaire, ils préfèrent inscrire leurs dans une
école publiques. Ce choix est dû à la réputation des écoles publique, qui sont pour la plupart surpeuplés
par des élèves et qui met en insécurité des petits enfants.
- La campagne publicitaire/promotion influence négativement la probabilité de choix d’une école privée et
publique au détriment d’une école privée
III.2. DISCUSSION
Par rapport aux choix de l’école publique, en comparant nos résultats à ceux des prédécesseurs, tels
les travaux de Fatoki (2011) et Suzana (1989). Rejoignent les résultats de notre étude par rapport au sexe, car
ces auteurs ont aussi montrés que les femmes sont plus sensible aux éléments tels que la propreté, le confort et
l’apparence pourtant les écoles privées répondent à ces caractéristiques que la plupart d’écoles publiques étant
donné que la plupart de ces dernières sont vielles, donc il est possible que le fait d’être un homme influence
négativement le choix d’école publique au profit des écoles privées. Marginalement, le fait d’être un homme
diminue la probabilité de 18,2% de choisir un établissement privé. De même, pour ce qui est de la publicité,
plusieurs études comme celles Zollinger (2002), Rohen (2010), Lankford (1992) s’accordent tous sur le fait que la
publicité joue un rôle prépondérant dans le processus de décision d’achat d’un bien ou d’un service. Ce résultat
n’est pas très surprenant et leurs arguments pourraient être valables dans le contexte « Bukavien » car, les
écoles privés, en effet, offre une importance majeur à leur nom. De ce fait injectent également plus de moyens
dans la communication, la publicité et la promotion pour attirer les parents surtout à travers leur dénomination.

En effet, pour ce qui est de la commune, l’étude menée par Baraka (2014), sur la mesure de la
pauvreté dans la ville de Bukavu vient d’être confirmé par cette étude car il a montré que les habitants de la
commune d’Ibanda ont en moyenne un revenu élevé que les habitants d’autres communes. Tenant compte du
revenu, on estime que la population d’ibanda est relativement aisée par rapport à la population d’autre commune
et par conséquent, ils peuvent choisir facilement de prendre l’inscription dans une école privée; De ce fait, ce
résultat est tout à fait valable.

Par ailleurs, pour ce qui est du revenu, le résultat de notre travail est soutenable empiriquement pour
une raisons : les établissements publics qui sont censés ouvrir ses portes à toutes les catégories de populations
(pauvres et riches), ont instauré un système de prime. Ce qui fait qu’il ya autant des élèves provenant de famille
riche dans les écoles publique et privé, c’est le même cas pour les élèves provenant des familles pauvres.
Autrement dit on ne peut pas soutenir à partir de cette étude que le niveau de revenu influence le choix entre le
deux type d’établissement publics. Et pour ce qui est de l’âge, nous avons trouvé les mêmes résultats que ceux
obtenus par Lemaire(2005) selon lequel plus une personne avance en âge, plus elle a de chances de se faire
inscrire dans une école privé. À partir de 45 ans, cependant, plus elle vieillit, moins elle a tendance à faire
inscrire son enfant dans une école privé.

Contrairement aux choix de école publique vs école publique et privée, nos résultats se révèlent les
mêmes que ceux des Les études menées en psychologie qui ont démontré que les femmes étaient plus
sensible aux éléments tels que la propreté, le confort et l’apparence (Suzana, 1989) et il apparait que les privées
répondent à ces caractéristiques que la plupart d’écoles publiques étant donné que la plupart de ces dernières
sont vielles, donc il est possible que le fait d’être une femme influence négativement le choix de diversifier les
écoles des enfants en les inscrivant dans les écoles diversifiées. Aussi, les travaux de Zollinger (2002), Rohen
(2010), Lankford (1992), démontrée dans plusieurs études que la publicité joue un rôle prépondérant dans le
processus de choix. Ce quasi évidence théorique, à rejoint le résultat de notre étude dans la mesure où cette
étude est arrivée à démontrer que la publicité influence le choix des parents par rapport à l’école à faire inscrire
leurs enfants.

CONCLUSION
Nous voici au terme de ce travail qui s’est fixé comme objectifs d’expliquer le choix de s’inscrire dans un
établissement scolaire et déterminer ainsi la probabilité pour qu’un parent choisisse l’école publique que l’école
privée et le deux catégorie d’école contre l’école privé conditionnellement aux variables explicatives retenues
dans le modèle 
Pour arriver à apporter des réponses à ces questions et à atteindre ces objectifs, nous avons opté pour une
méthodologie qui est venue proposer la démarche retenue pour préparer la voie à la présentation, l’analyse,
l’interprétation des résultats. En appliquant la méthodologie retenue et le modèle économétrique formulé, les
résultats de la régression ont montré que la commune de résidence, l’âge, le cout moyen, l’affinité de parent
envers le responsables de l’établissement, la distance parcourue, le revenu, le nombre d’enfant scolarisés et le
niveau d’étude déterminent l’arbitrage entre les écoles privées et publiques dans la ville de Bukavu. Cependant,
disons que La pertinence des résultats trouvés dans cette étude ne met pas cette dernière à l’abri des
critiques car elle présente certaines limites. Tout d’abord, la petitesse de la taille de l’échantillon suite à
une marge d’erreur et à un seuil de signification de 5%, une bonne approche serait alors d’élargir la
taille de l’échantillon afin d’aboutir aux résultats beaucoup plus concluants . Ensuite, le nombre des parents
d’élèves considérées comme population cible ainsi que le nombre écoles considérée vraiment réduit suite non
seulement à des critères d’ancienneté, de renommé (notoriété) et d’effectif des élèves mais également suite à
l’impossibilité de repérer toutes les établissements scolaire qui, actuellement poussent comme des
champignons ; et que donc, une bonne approche serait de prendre en considération toutes les établissements
scolaire de la ville de Bukavu et d’approfondir beaucoup plus l’analyse. Sur le plan méthodologique, notre travail
présente également une limite : le fait de n’avoir pas utilisé l’analyse typologique ou alors l’analyse discriminante
pour voir le profil des parents des élèves qui inscrivent leurs dans les écoles privées, écoles publiques ainsi que
le profil des de parents qui inscrivent dans les deux catégories d’école. Cette approche méthodologique rendrait
ce travail beaucoup plus pertinent. Etant donné que les aspects de la compétitivité n’ont été abordés que
superficiellement, une étude visant à analyser en profondeur la compétitivité des écoles privées par rapport aux
écoles publiques serait très intéressante.

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