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R.AMBELAIN De méme qu'il existe une technique de lAlchi- mie matérielle, il existe une technique de 'Al- chimie spirituelle Cette existence trés réelle d'un procédé pour parvenir a [Illumination traditionnelle, tous les vieux maitres de jadis l'ont enseignée. Ce chemin intérieur, menant peu @ peu ’A- depte vers I'Illuminisme, fut enseigné a de rares intimes par LouisClaude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu. C'est une véritable techni- que, et non une banale sensibilité ; c'est une mystique savante, et non une mystique exta- tique. Elle nous vient des Rose + Croix d’au- trefois. Robert Ambelain nous la livre complete et totale. Désormais, sans passer nécessairement par tant de méthodes décevantes, sans faire, & ses dépens, sa propre expérience, l'initié chrétien pourra espérer parvenir l'adeptat. II ne lui suf fira que de vouloir et de persévérer pour justifier la parole de P’Ecriture, ) LA DIFFUSION SCIENTIFIQUE 156, RUE LAMARCK — PARIS (18%) Laloj du 11 mars 1957 interdit les copies et reproductions destintes & tune utilisation collective. Toute teprésentation ou reproduction inté- grale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le ‘Consentement de I'auteur ou de ses ayants-cause, est licte et constitue luge comtrelason sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code penal. ISBN : 2-85012-004.9 eee ee tee eenet adhnte ene ae Mazes, dina tid | in memoriam + SOMMAIRE Prewréne Pantie Avertissement au Lecteur ... . Introduction .... Spoor : ea Glossaire des termes alchimiques et hermétiques 1. — Notions générales sur P'Atchimle at 9) Les quatre ‘qualitésdlmenta at 8 Tes quatre, Eléments ea 2 &)} Las lols Prineipes de 3 d) Les deux Métaux des Sages ae e) La Chrysopée ou Pierre Phitasophale <1! 36 1, — WAlchimte Spirituelte . w MIL. — La Putréfaction at @) De la mortification 54 5) Las sept péchés cn a ©) Les deux cristallisatio 8 Deoxtia Panriz IV. — Le Vitriol Phitosophique n V. — Les Bléments du Grand Buvre 87 ‘) La Terre des Philosophes 87 b) Lean des Philosophes 89 ©) Lair des Philosophes FY @) Le Few des Philosophes a1 ©) Le Scel Principe : 1a Charité 8 4B We Mercure Prinetpe + Fespéra 35 Es, Souipire Brinclpe ta Fok % ) Leargent des Sages’: Pintelige oT 4) L’Or des Sages la Sagesse - Vag VL — Le Feu des Phitosophe VIL. — L'Blizir de Longue-Vie VIII. — La Réintégration Universelle ... 1 la Pridre — 10 — ‘Trorstive Pantie Pages IX, — Technique de ta Priére ...-..22+2++ isi a) Le Temps de PEuvre 140 D) Les Oralsons ..... 142 Prigre pour ‘se metire en ia présence de ‘Dieu et de ses Anges -.- 142 Priére pour obtenir de Dieu ia victoire sur Tes Mauvais Esprits -. “44 Prigre.pour obtenir la communication avec ints Anges -+---- 145 Pritre: avant. de cot ‘Esprits et les éloigner . 46 Les sept Psaumes de la Pénitence et ‘correspondances. 5 ‘i 447 L’Office du Saint-Esprit 156 Prigre d'Ouverture et de Fermeture des ‘Travaux pour les Groupes 159 Prigre de Neuvaine pour Tobiention dune Vertu 160 PREMIERE PARTIE X. — Postface ... es 165 Frcunes Les Tdéogrammes hermétiques ... a Fig 1. — Ta Witchy slcisngne 4 Fig. 2. — Les neuf Sens 56 Fig. 8. — Les neuf Erreurs . 7] Fig. 4. — Les neuf Vertus . 86 Fig. 5. — Les neuf Dons du Saint-Exprit . 98 AVERTISSEMENT AU LECTEUR ant itaete, tous, Dactenes te “ta Connadssance et ntes point’ eniris vousméme, ‘mais fen aver interdit Pentréc & ite’ gui fe déstratent.. (ae: Bvangile, XI, $2) Le méme organisme rosicrucien qui avait suscité don Martinez de Pascuallis et ses Elus-Cohen dans le but de travailler & cet ultime aspect du Grand’G:uvre qui a nom la . Si, par une heureuse coincidence, 'Ordre Martiniste des Elus-Cohen entra en possession des documents authentiques et manuscrits du dix-huitiéme siécle en 1955, documents vainement recherchés jusqu’alors par les historiens du Martinisme, c'est dix années aupara- vant que la technique de la ¢ voie intérieure », confiée aL. C. de Saint-Martin et transmise directement par Ini & ses intimes, nous avait été transmise avec une dernidre initiation. Celui qui lavait reue en Egypte, au Caire, trente années auparavant, nous remit un schéma alchimique, une bréve explication orale, et Yinitiation qui allait de pair avec le tout. Cette der- —u— it pas de rapport avec le Martinisme clas- sique d'ailleurs (1). En fait, il s’agit de cette voie cardiaque sur laquelle on a énormément glosé, sur laquelle Papus insista avec tant de vigueur, et qui est, en fait, une fechnique occulte, et non une banale sensibilité. Malheureusement, elle ne supporte pas la facilité. Elle exige de son utilisateur une vigilance de tous les instants, aussi bien A son égard qu’a celui d’autrui. Car, dans lABSOLU, la miséricorde et la justice doi- vent s'équilibrer. Et il est inutile d’étre bon et chari- table si l'on demeure envieux, coléreux, Iuxurieux et Paresseux... Estimant inutile et injuste de la voir réservée depuis tant d’années & un nombre de plus en plus res- treint d'aspirants, considérant d’ailleurs combien les «initiés » observent peu la discipline des initiations qu'ils ont recues, nous avons fait notre 1a parole de VEcriture : «Et j'appellerai Mon Peuple ceux qi n’étaient pas Mon Peuple, et Je nommerai Ma bien- aimée, celle que je n’avais pas aimée...» (Paul, Epitre aux Romains, IX, 25). Ainsi, celui ou celle qui n’auront pas eu la chance d’aborder le domaine des initiations, ceux-la du moins pourront, libres disciples du Philosophe-Inconnu, travailler isolément & leur propre ¢réconciliation > (2). G) Papus Yavait également reeue, seul de tout 1Ordre Mar. tint WP eete Gpogde, nay gefus gate mpage fra fr tous suppesods ate Selly "Ee bear vena Toyonenots ae SE: Pulippes de Lyon mals égtioment tmlleus’ rontratiens du Gare, en grande parte composes anglais ct de chrdusoe copies ot wetre propre fnitntear aval lnausss rapa Cepestast nous ober sbeolament caval quer Pulp a Conn elie med et Prtation sergelatte 1@) Di latin «reconetltare >, rétablir, soon. Gest la rein tagration lndbvitocio; Ses Quant aux innombrables martinistes de Saint-Mar- tin, ayant réguligrement été recus au sein de la chaine séculaire des , il était prati- quement impossible de les mettre individuellement ea possession de cette technique, autrement que par un texte imprimé (texte qu’il est difficile d’altérer par la suite, et qui demeure susceptible de rééditions nom- breuses, tant que le besoin s'en fait sentir), d’autant plus qu’elle était totalement ignorée deux. Toutes ces raisons justifient amplement la présente vulgarisation. Et s'il est des orgueilieuz, des envieux, ou des avares, qui eussent souhaité étre les seuls et rares bénéficiaires de cette méthode secréte, qu’ils sachent bien que ce n’est pas a leur intention que nous la dif- fusons. Ils ne 'auraient point pratiquée ! 30 Novembre 1960, féte de Saint-André. INTRODUCTION singe ins on Uae eid tt os Be i othe deck Y Bernard Le Trévisan), Intégrées dans la trilogie traditionnelle exprimée au triple portail de nos grandes métropoles gothi- ques en d’énigmatiques bas-reliefs, ’Alchimie et ses seeurs, l’Astrologie et la Mystique, sont des connais- sances traditionnelles, et non pas des sciences suscep- tibles de décantation, d’évolution et de progrés. Comme telles, elles constituent donc, complate, totale, absolue, cette somme que l'on nomme les doc- trines @Hermés. Immuables en leurs principes (si elles ne le sont pas toujours en leurs applications). Crest done avec sagesse que ceux qui, spirituellement et occultement, guidérent a main des Constructeurs médiévaux, les ont associées, mystérieuses gardiennes du ¢Seuil», au symbolisme ésotérique de la triple entrée dans les Cathédrales. A une époque oi les progres d’une physique et d'une chimie imprudentes ont mis aux mains d’hommes sov- vent dénués de toute spiritualité ou de toute morale, les clés de mort avec lesquelles ils peuvent, jouets de leur propre anarchie intérieure, détruire le Monde en is quelques instants, il importe, semble-t-il, de dissocier PAlchimie traditionnelle des caricatures par lesquelles on a voulu en faire la source lointaine des connaissan- ces destructrices citées plus haut. L’Ackimie n'est pas en effet, seulement et uniquement, la recherche de la génération de l’Or matériel, mais aussi et surtout tout autre chose. Exprimée tout d’abord en postulats de départ issus des flanes féconds de sa scour la Mystique, Alchimie exige d’abord de I'Initié (1) qu’il se mette a I’école de la Nature, avant de lui confier enfin les clés de 'Adep- tat (1). Cest ainsi que lesdits postulats seront appliqués matériellement et expérimentalement dans le secret du laboratoire de ?'Hermétiste. Et ceci, selon des pro- cédés archaiques et des moyens matériels rigoureuse- ment les mémes qu’aux lointaines origines de I'Art Royal, en Egypte, & une «matiére premiére > dont le nom, immuablement tenu secret, constitue déja un premier arcane. Et ces mémes régles séculaires méneront peu & peu le philosophe persévérant aux mémes résultats et aux mémes conclusions que ses lointains initiateurs. ‘Comme eux, il passera par les mémes voies, jalonnées des mémes espérances, et souvent des mémes échecs. Le méme et immuable déroulement symbolique de PGEuvre, oi 1a plus extraordinaire simplicité des moyens matériels utilisés s‘allie & une théorie demeu- rée & dessein parmi les plus obscures, le ménera lente- ment, en un laps de temps conditionné a la fois par les Astres, célestes promoteurs des Métaux, et par son (1) Mnitté, du latin initium : commencement, Adepte : du Jatin adeptus : gui a acquis, Deux termes dont ie monde pro- fane inverse fréquemment ia veritable signification | —19 — propre savoir, reflet de celui de Adam Premier, vers Vultime but recherché. Et ce but, cest une étrange substance, que la Chi- mie des hommes ignore, qu’elle n’a done jamais ana- lysée, et qu'elle ignorera peut-étre toujours. C’est un corps que ne décrivent pas les ouvrages universitaires, et dont Je seul nom fait sourire le profane, et cette substance, c'est la “Gymbole de la Reintegration) Le Vieil Homme Le caput mortem, ou « terre damnée > la matiére périssable) l@¢}@ -P+x D H<] 4] GLOSSAIRE DES TERMES ALCHIMIQUES ET HERMETIQUES oe ory deer ot ban ue sgiteton a splat ty demu datos ree atts seat es Sein ea at Paha IE att uldreeteaai tr te yoga SE tes i Aer image irra ie ia ease teed ota saith APRN te ge Geaeraaita pe dar es nner ei Sy Arai eas, Such i ta aa duvrages. s Le ipetne des Calnadeates’s ets Les Demestce Bate Geant Me red tee TES ae tigre ara (1) Nous possédons un important dossier, xésultat d'une enquéte patente adage yrs Wuo-H8Sr, par nous-indmoy sar Ta entable i travailldrent avee tui dia 1007, avee sous qui Dhotographles des documents qui démontrent’ suns contestation te, lganalt et JeanSuliestlabert Champagne ne’ fo. ‘eratghons aucune contradiction, et-sous possidons en autre ia phox fogaphle d'une dédieace essentielie qui eu falt Ia preuve absélue. Bier, sce seus qui te lesa vie ardente dadeple, des — Atinage. — Opération par laquelle on sépare d'un métal tout ce FRLAMSH dtranger. Bile Se pratlgue particaiceemont sur or ct ser ae, pe, ret, oan spies eh eatani a de ae SRS aie eal Sean a Ar sae seme ac otal at ta Albifcatlon. — Caleination an blane ou au rouge. Alladel. — Appareil compost de vaisseaux superporés et commu niguant entre cuz, pour eRectuer une sublimation leate Amalgamation. — Union intime de divers éléments métabiques en un tout trés homogéne et trés malléable. Pore ‘Ange, — Symbolise parfois 1a sublimation, ascension d'un prin- cipe volatil, Comme dans les: Ggores du Viatonium spagpricam >, Animeux. — En régle générale loragu’on se trouve en présence de la’fguration de deux auimaux de méme esptee mnis ae sexe ditt rent (comme ilon et Hone, ehien ot cliente) cela signs Te Soul Bite chile Mercure’ préparés en vue de VGuvre, ou encore Te fe el le volatt. Le mile représente alors le Oxe, 1e'Soulphre, in femelfe représente fe volatil, te Mercure. Unis, les animauz expriment In (1). Les abimav peuvent sheers symbolise tes Elements "Pere Gon, tagrean) Ale Cagis) Ena ‘poltsons, ‘bateine), Feu (dragon, salamandre). 81 tn safmal erreare figure dans tne image hermétique avec ua animal aérien, iis'signident respectivement fe ixe et le olathe Apollon. — Le soleil, Yor. Ae Ue es pret de ge gl ep mag wags a ahaa! aah et Rees 2 SS, gel faeac ee des SRE a ae Beat Ee, en! Argent des Sages. — Mercure des Philosophes. Athanor. — Four & réverbére. Bain. — Symbole : 1*) de la dissolution de Vor et de Fargent ; 25)'de la purifeation de ces deux metaur. ms Bain-Marin (2), — ant ia al "a pas de rapport 1 disposé de fagon que le vase conte- ‘a tratler'Balgne dans de Veau chaustée, (@) Basile Valentin : Les Douce Clés de la Philosophie». M, E- liet, un des rares diseiplen de Fuleanelt, vient de publice, aux Editions ‘des Champs-Elystes, tne traduction Grudite et exceliente de cet ouvrage esseatiel, of il a, mis toute sa sclence.alehimique. (@) WAlchimie n'emploie pas Texpression buinemarie- Ballon. — Vaisseau de verre ample et rond destiné & recevoir les produits de Ie dsiltations "© °™? Pierre au blane, pierre encore imparfaite, dont toutes ites transmutatolres be sont pas encore développees et Clcination. — Réduction des corps en chanx. Elle peut étre séche ‘cxindtté. — Chaleur. Carré. — Symbole des quatre Eléments, {Gémentation. — Opération par laquelle, aw moyen de poudres mi anéeaies qa'on homme cement, on porife ies mélanx a6 point gil ‘ea demoure plus que ln tts pore sobatance melaiaguas Cher aa See ym Merge couleur noire (premier stade de Muvre), de ia :putréfaetion. eee Sn ean gh, ert ht eine 3 sont rentermts CSouiphe et Mores. © Gt eee is nas dab ae ch rl oi Le hin od Bitar sn Sues Fda tater ata Pe Chrysopée. — La plerre philosophisle, le Grand'uvre réalisé. Crconférence. — Unité de la Matiére. Harmonie universelle. ising ini necro ues dats vn se aria Saree eae Cela. — Ylr Pen, ate Gv Je rere ne on ben fo dae a oof de rome Sea age ate SAE RSI oe ope ADEE Sat ll ee Cohobation. — Action de remettre Vesprit métallique, dis som’resiau. Corbean, — Un des premiers stades de V'CEuvre : la putréfaction. ule, sur Cornue ou retorte, — Vaisseau de verre rond, & bec recourbé vers Je'bas, setvant 2 disilier les matigres dans Te’ cours de MBuvee. Coupellation. — Amnoment ou contrdle alchimique de Vor et de YVargent par la scorifeation du plomb dans une coupelle. Couronne. — symbole de la royanté chimique, de la perfection apétallique, Dans. « La Uargarita Preciosa >, les’ six mélaux ont Faber eprtoentis come fen ecanen nuit au led ro, Or is ensults, aprés leur transmutation, ils. somt Agarés avec. une Couronne su in téteDiod en alchimie’spituelle, fa phrase de — 26 — G. de Saint-Martin : ¢ Tout homme est son propre rola», cest-A-dire tout" nomme Porte en Ia possibite: du wcur Ase croyauteS Berducy dans He’ plan” spirited et angelique, "=" ** *TOBRIH Creuset. — Vase de, terre sfractare de forme évasée vers le hav esting Win fusion des mdiaux'et des corps dara" 7" '* Mh Cacurbite. — Dite encore coucourde, Vaisseau en forme de cour fuverte par ie haut, que Ton cowvre dun chapiteau ‘our la'dist Saute eg aetcaze, tm Saokte poor ase Gene. — Symbole de YOtavre a blan, second ste epets la po- tnkfettn gt Botation® Ceti Geral ne 'tare es danse trad classique du Grand’CEuvre : noir, bl fre at dan i Décrépitation. — Action de chauffer le sel commun dans un ereuset pour en ehasser Phumidits. Défegmer. — Consiste A séparer ean contenue dans les corps ou flegme), par raporation ot distillation, "“™* 98™* Deliguium, — Ou déliquescence, Résolution naturelle des sels en cam par tte exposition en tn lieu hemide, Départ. — Opération consistant séparer Fargent de or au moyen du Sel'de oltre, Centum afinage., DTT MATE ms Diane. — Voir Lune. Disestion, — Désagrégation, involution ou maturation de la, ma ture Chtenue on eqpenant fe" vase’ contenant 1 le chaleur ala marin pendant un temps convenable. 7 Dine — open ret geo aye pte SAMAR gar orion Wipe Deng do. mrt ue: Fut Me BR et Ame sms BH pa ae Sear cant Ht aes at ME Eau, — Un des quatre Eléments des Anciens. N's rlen de commun avec Teau vulgaire, Voir page 32. aman Baten Revd d'un habit ropa, om simplemet. apron symbsle" de In"perve “salotopee “gocauclete Se GEER a om née. — Symbole du Feu Fa — Symbol du Feu Fea, — Un des quatre Elésients des Ancens,N' rien de commun avec Te feu vulgaise. Voir page 33, Ne rien a a, SweTpasition de sable entre Te feu et le vase Fen de roue. — Premidre phase du second (Euvre, fen doux et lent, = Esprit universel enfermé au sein des téndbres mé- ttincelle de vie enclose en tout ce qui est A Deétat naturel 27 — Fize, — Le Soulphre métallique, ou chien de Corasetne. Flenry — Représentent géniralement les couleurs sucessves qul se! suecedent au cours de Feuvre, Fontaine, — Trois fontalnes roprdzentent énéaement 1a, trols ces, Solphre, Mereare st Sod, Voir ausdl& Bein 7 3 encore Baitres aspects'de ce mot, qui demanderaient un trop Tong déve- oppement. Ou les trowvera notamment decrits dans les ouvrages de Baleenel Froid. — Une des quatre qualités élémentaires, dans 1a Nature. Voir page 81. Hermaphrodite. — Le résulta Mercure, homme encore Rebis. jomme et Femme. — Soulphre et Mercure. Nus, désignent Vor et YYargent impurs. Leurs noces : conjonction du Soulphre et du Mer- Care, Enfermés’ dans un sépulere ces deux pricelpes unis dans Paar ‘philosophique- Humide. — Une des quatre qualités lémentaires dans la Nature. Voir page 32. Jupiter, — Symbole de Pétain, — seal ; symbole du Fixe, du Soulphre. Ail te Vola, te Hercare et tos’ reprtaente easire tempera (ou vitriol vert), ont op Uzatt rhulle de sitio acide suifurigue) dont'se seraient {ichimites: Le lion, oppodt 4 tole. autres animaux, symbolise Ie" terre” Ceat encore Te Xymbole de In Chrysope. Lionne, — Le Volatil, le Mereure. Liguation. — L’eut philosophique. Loup. — Symbole de PAntimoine. Lune, — Le Volati, le Mercure, PArgent des Sages. Lt. — Enduit fait de matiéres épalsses et onctneuses, destin€ & cobturer Jes joints reliant divers valeseaux entre eax. ‘Mariage. — Union du Soulphre et du Mercure, du Fixe et du Vo- Jal, Le pretze qui offcie represente le See, moyen dunion entre de 12 conjonction du Soutphre et du Marmoriser, — Trituration des matiéres sur Je marbre, & aide aran’plion, On ait encore porphyriser. Mars, — Le fer, la nuance orangée dans Yfuvre. Matras. — Vaisseau de verre, rond, ovale on aplati, muni d'un long col” On y met & digérer la’ matiere préparce. Menstrae, — Eaux végétales ou minérales de propriété dissolvante, corresit. Mercure. — Un des principes occultes constitutife de la Matire. a'sion de commun avec Te sorps vulgaire de ce hom. Volt pat West Gheore‘Te sombole de VArgent prepare pour hEuvee ake, ae Montagne. — Fourneau des philosophes. Sommet de YBa philo- sophique. Mortification, — Altération de Ia matiére par trituration ou par addition d'un’ élément actif. Neptune. — Lau, Noces. — Voir Mariage. S'élevant dans le ciel : volatilisation, atcension, subli- t vers Ie sol, : Drécipitation, condensation, Ces deux images réunies dans une méme gure’; Ja distillation, Des olseaux ‘opposés des’ animaux terrestres: signifent TAte, ou le Volati Or des Sages. — Soulphre philosophigee. ae Eales da elytra dove, de tAgnt ca doles Seles andere ane de Eat fae aac ata ee pi seamen Rade et cist ae atts Sea yee Se Sh ee de Tentrée dans le Palais fermé de la Reine. cored Pélican. — Cugurbite close munie de deux anses ereuses reliant 1a {fle att Ventre 'Se-nomine aussi eirtlatoire en Faison de sa fone Pert — Orifee, Phénix. — Symbole de 1a couleur rouge dans '"Euvre. Liecut du Phenix est Yeut philosophique. Le Phenix est encore le Soulphre cetlle Mereure des Sages, unis et conjoints au terme ultime de Pasuere. Ploic, — Symbole de la couleur blanche dans PEuvre, ov abies tion. Gest encore Pimage de la condensation, en cours dé realisation. Prétre, — Mariant un homme et une femme, ou un rol et une reine, fa symbolise le Seel principe, ,Astion de soumettre un minéral en furion & Vaction ‘etorgonte ow transmutatoire, Prima materia. — Matidre premlére de 'GEuvre hermétique, Géné- ralement ‘des pytites de fer, ou de plomb (galéne). Rébls, — Résultat de Pamalgame de YOr des Sages et da Mercure des Sages, matiére double, Ala fois humide et séche, ayant ropa deciaaatore ‘et de Fart ane double propriété occalte Skactement Réelplent. — Désigne fei un ballon de verre, Rectification. — Ultime distillation pour obtenir un esprit métalli- ‘que extrémement pur. Se fait souvent'A feu tres Wit Réside. — Ce qui demeure au fond d'un yase aprés la distillation, Synonyiie de féees, terre morte, terne-damace, expat-mortum, aa0e Réverbération. — Exaltation de énergie interne de Vesprit métal- que’ par Traction d'un feu violent sur la matiére contenant. et esprit Parfois + desséchement total, Rot et Reine. — Voir Homme et Femme, Rose. — Désigne Ia couleur rouge, stade ultime de VdEuvre. Une ose blanche et-une rose rouge « union du Fixe et-du Volatil, da Souiphre et du Mercure: Parfols, ia rose est Yemblime de Fart ier” ‘meétique tout entier, Rouge. — Stade ultime du Grand'CEuvre, Symbolise encore le Feu. 2eptlatn, Adlon de dire le Sonptre. camino, Sinan de tno, Se cee Rubis Magique, — Agent, énergétique, d'une subtilits ignée, re- atu de 1a couleur ot des multiples propriéiés du fen, core noiumné Hulle'Gu'chest,Wuile de Cristal, eat Mors symbolisé par le Lezard éraldigue, ou la Salansndre, qui vit du feu et sen engrosse. Salamandre, — Symbolise le Feu, Quelquefols, elle signife 1a cou- leur rouge, siade ultime de Pduvre, ou méme la couleur blanche ‘gui le précede. Voir aussi le Rubis Magique. Saturne. — Désigne Je. plomin, Rgslement, 1a couleur noire de ravre, a stade’ de ia putrefactiont Synouyine de Corbeate Sec, — Une des quatre qualités élémentaires dans Ia nature, Voir page 32, Seel, — Encore nommé Arsenic, un des trois principes mystéreux composant les corps. Na rien de commun avee un sel vulgaire Sonque. it mest rien autre que Funion da Soulphre et du Mercure dans fey métaux, it en resulle: Comme Walllcuts, de. Yaction reek Drogue de Pesprit et ‘de Tame, ow de Fame et du double paychigue, 5 cousiifue ie corps ‘des tres’ humains, Le Seel peut etre encore omparé au , dans Paddition de dete factesrs. Sépolehre, — Gut Philosophiqu Serpent. — Mémes significtions que pour le Dragon. Trois ser- pents’désignent Jes trols. principes ¢ Seal, Soulphre, Mereure. Deut Serpents sur le Caducte le Sowiphre ct le Mercure’ des Sage, Se jit allé : le Volatil. Sans ales “le Fixe, Serpent eruciNe t dlsigne fa‘fxation du volatil Slecité. — Sécheresse. Soleil. — Parfols. Tor ordinsire, préparé pour I'Buvre, parfois dé- signe le Soulphre des Sage Soulphre. — Un des principes occultes constitutifs de Ia Matiére. Nia rlen de commun avec le corps vulgaire de ce nom. Volr page 33, Gest encore te symbole de Tr, préparé pour PeEuvre finale Sphére, — Désigne Iunité de la Matidre, Squelette. — Putréfaction, !'Euvre au stade de Ia couleur noire, Syponyme da Corbeau, — 30 — sent Seen rr ests see me Seri searing gis aa te g iiaara, elle doit étre retionnelle et scientifique. “ Sublimation, — Violente ou lente. 1a lente est la meillenre, La Fare ct ine ding un vise lon A ong on, fur feu Tet, de srossidves (ou fmpures}, en montant du fond du vase vers le hatte ‘Terre. — Un des quatre Eléments des, Anciens. N’a rien A volr avee Te sol que nous Toulons. Voir page 32. ‘Telangle. — Symbgle des trols prineipes mystérieux constitutifs aes"intfaux + See, Soulphre, Mersure. Urinal. ~ Vase semblable & une cucurbite, mals un peu plus Jong, Sert aux mimes usages ‘Venus. — Désigne le cuivre gpYalstil — Image du Mercure. Ce qui peut dtr séparé des éléments ‘YVolatilisation, — Action de transformer un corps, solide en gez ou en chaleur. Séparation des éléments volatils des éléments fixes. ‘YValeatn. — Symbole du fou ordinaire, Nous avons résumé fet quelques-uns des termes épars dans un iS homes ‘ouvraged! tealtant @Alsbimie, Barheutterement, Sous avons suivi les signifcations donntes par le regrette Albert Bolason, en aon livre ¢fhéories ef Spmboles® et par le chercheur drudit due fut Jean Mavérle, en son livre ear? Métalligue des Anotenss: Lorague ie sujet én valait la pelpe, nous avons eu Fer cours aux deux ouvrages ‘de Fuleanelli :'e Le Mystére des, Cathe- Grates se les. cDemeurcs’ Philosophales >, aux 'eCing ‘Liores> 4e'Nicolas Valo, elem NOTIONS GENERALES SUR L’ALCHIMIE Basile Valentin, moine bé- anéiletin, dgertotténauite. plas Slatemnend Paine du mata, art oma, oui on flere Peaprlty quit nomina taereare, GB. Van Helmont : Ortus Medicine, 1648). La terminologie hermétique enploie des mots et des expressions qui n’ont pas de rapports directs avec leurs équivalences dans la langue profane. Il est donc indispensable de définir ce que l'on entend ici en cer- tains mots essentiels, qui sont les noms des éléments constitutifs de la Matiére Premiére, et de son évolution vers P’état ultime : 'Or, symbole de la perfection au sein de la vie métallique. A) Les quatre Qualités Elémentaires — Le Froid, origine de la fixation, se manifeste par une absence totale ou partielle de la vibration, dont Yeffet est de coaguler ou de cristalliser la Matiére, en détruisant le principe d’expansion qui est dans le Chand (conservation). Son action est donc astringente, fixatrice, ralentissante, cristallisatrice. —32— — L'Humide, origine de la féminité, se traduit par une vibration de nature attractive, mutable, instable, assouplissante, amollissante, relaxante, humectante, qui, pénétrant les atomes, divise les homogenes et unit les hétérogenes, provoquant ainsi involution de la Matiére, ou sa désagrégation. Son action est tempé- rante, assouplissante, émolliente, dispersante. — Le Sec, origine de la réaction, se manifeste par une vibration de nature rétentrice, éréthique, irritante, qui contrarie et retient Pimpulsion donnée. Son action est rétractive. — Le Chaud, origine de la masculinité, se traduit par une vibration de nature expansive, dilatante, ra- réfactive, qui provoque l'évolution des atomes. Son action est vitalisante, coctrice, stimulante, dynamique. Dans I'Homme, ces quatre Qualités donnent — Froid : impassibilité, scepticisme, égoi passif de soumission. — Humide : passivité, variation, assimilation, désir passif de soumission, — Sec : réaction, opposition, rétention, désir passif de domination. — Chaud : expansion, enthousiasme, action, désir actif de persuasion. » désir B) Les Quatre Eléments — Terre : L’action réactive du Sec sur le Froid le divise, et ainsi, en sfopposant & sa totale fixation, le transforme en élément Terre, principe concentrateur et récepteur. — Eau : Lraction réfrigérante, coagulatrice, ator que et fixatrice du Froid sur ’'Humide, |’épaissit, I’a- as lourdit, et le transforme en Eau, principe de circu- lation. — Air : Lraction expansive, dilatante et raréfactive du Chaud sur 'Humide, le transforme en Air, principe de attraction moléculaire — Feu : Laction réactive, rétentrice, éréthique, et ‘irritante du Sec sur le Chaud, le transforme en Feu, principe de dynamisation violente et active. Dans I'Homme, ces quatre Eléments donnent : — Terre: Inquiétude, taciturnité, réserve, prudence, tendresse contenue ou égoisme, esprit concentré ou prétentieux, méfiant, réfléchi, ingénieux, studieux, solitaire. — Eau : Passivité, indolence, dégott, lassitude, non- chalance, soumission, inconsistance, _versatilité, paresse, inconscience, incertitude, timidité, crainte. — Air : Amabilité, courioisie, serviabilité, adresse, subtilité, initiative, promptitude, assimilation, ingé- niosité, harmonie. — Feu : Violence, autorité, ambition, enthousiasme, présomption, orgueil, irascibilité, ardeur, ferveur, courage, générosité, passion, prodigalité, fougue, vanité, C) Les Trois Prineipes des Philosophes Soulphre Principe : Le Chaud, contenu dans le Feu et dans I’Air, engendre un principe de nature chaude, fécondante, fermentative, que Yon nomme le Soul- phre. Il est le principe Mle de toute semence, et de lui nait la saveur, la couleur fondamentale rouge. Dans l'Homme, il correspond & Esprit Mercure Principe : L’Humide, contenu dans l'Air et dans 'Eau, engendre un principe de nature vapo- oa Fig. 1 On voit parce schéma (quit nous fut confirmé parfaitement exact par J. Boucher, lequel en avait recu un semblable de on maitre ‘Fulcaneiti), que le Froid et THumide generent VEau, VHumide et le Chaud générant VAir, Ie Chaud et le Sec genérant le Feu, et le Sec et le Froid générant la Terre. A lett tour, 1Eau ef (Ain générent le Merctire Principe, VAir et le Feu génerent Je Soulphre Principe, et le Feu et la ‘Terre senérent fe Scel Principe. Au second ‘stade de VCuvre, le lercure Principe et le Soulphre Principe générent argent Philosophique ou Argent des Sages. et le Soulphire Principe gt le Seel Principe generent TOr Phiiosophique ou Or de Sages. La copulation des deux donne alors 1a Chrysopée, — 35 — reuse, subtile, mutative, générante, que l'on nomme le Mercure. Il est le principe Femelle de toute semence, et de lui nait Yodeur, 1a couleur fondamentale bleue. Dans I'Homme, il correspond & I'Ame. * Scel Principe : Le Sec, contenu dans le Feu et dans la Terre, engendre un principe de nature séche, cohé- sive, coagulatrice, que l'on nomme le Scel. Il est le principe d’unification du Male et de la Femelle aussi bien que le résultat de leur union. De lui, naissent done la forme et le poids, la couleur fondamentale jaune. Dans Homme, il correspond au Corps. Ce sont ces trois principes constitutifs qui sont, dans le vocabulaire de ’Alchimie traditionnelle, lz Subs- lance prochaine des étres et des choses. D) Les Deux Métaux des Sages Argent des Sages : Encore nommé Mercure des Sages (par opposition au Mercure des Philosophes qui le précéde au stade précédent, ou au Mercure des Fous, qui est le vif-argent vulgaire), ou encore Argent Philosophique. Il résulte de absorption d’une certaine quantité de Soulphre Principe par une quantité déter- minéede Mercure Principe, ou plus aisément encore, par V'absorption d’une quantité proportionnelle d’Or vulgaire par une quantité déterminée de Mercure Principe. Cet Or vulgaire ne doit avoir subi préalable- ment ni exaltation (sublimation ou volatilisation), ni transfusion. En un mot, il ne doit pas avoir été refondu ou allié & lui-méme, il doit étre vierge. Or des Sages : Encore nommé Soulphre des Sages (par opposition au Soulphre des Philosophes qui le précéde au stade précédent, ou au Soufre des Fous, qui est le soufre vulgaire), ou encore Or Philosophique. 5 Il résulte de Vabsorption d'une certaine quantité de Scet Principe par une quantité déterminée de Soulphre Principe, ou, plus aisément encore, par 'absorption d'une quantité proportionnelle d’Argent vulgaire par une quantité déterminge de Soulphre Principe. Cet Argent ne doit avoir subi préalablement ni exaltation (sublimation ow volatilisation), ni transfusion. En un moi, il ne doit pas avoir été refondu on allié & Ini- méme, il doit étre vierge. Ces deux Opérations résultent d'une série de cuis- sons successives (multiplication). E) La Chrysopée ou Pierre Philosophale Chrysopée : Est obtenue par la Iente cuisson dans V'Giuf Philosophique (matras), lui-méme dans un bain de sable, au sein de YAthanor (fourneau), du mélange et de la co-destruction de POr des Sages et de Argent des Sages. a L’ALCHIMIE SPIRITUELLE. L'Unité de la Matiére, postulat de dépat des Her- métistes d’autrefois, et dont on s’est tant raillé, la phy- sique nucléaire moderne nous en admiinistre la preuve a fortiori ! Et la chimie également, qui nous démontre, en réalisant des matiéres et des produits totalement inconnus autrefois, que adage antique a raison qui veut que : Omnia ab uno, et in unum omnia...» cest-A-dire que un est dans tout, et tout est dans un. Basile Valentin, de son abbaye bénédictine, la posait déja en principe, cette unité magistrale + «Toutes choses viennent d’une méme semence, elles ont toutes été & Porigine enfantées par la méme Mére... > Basile Valentin : «Le Char du Triomphe de PAntimoine >). Et, dans le plan spirituel, Jacob Boehme est tout aussi affirmatif : « Gacob Boehme : «De VElection de la Grace >). — 8 Bien avant ces philosophes, la Gnose traditionnelle transposait déji cette donnée en son affirmation de Ja doctrine de !Emanation, affirmant que les Créatu- res spirituelles avaient && émanées par une Source Unique : Diew-Abime, et non point créées ex nihilo. Crest-i-dire qu’elles étaient issues selon cette doctrine, par dégagemenis successifs des Causes secondes de la Cause Premiére, des Causes Troisiémes des Causes Secondes, etc... de 'UN-ORIGINEL, qui est Dieu. Conséquence de cette doctrine, tout ce qui est ainsi dorigine divine et se trouve ici-bas, dégénéré et amoindri en ses possibilités spirituelles, prisonnier dun Monde grossier, tout cela peut y prétendre de nouveau, et cetle cuvre de régénération se nomme la Réintégration. LiAlchimie se divisait dés lors en trois étapes de probation : a) L'uvre, transmutatoire des métaux imparfaits en or pur. b) L’Elizir de Longue-Vie, sorte de médecine uni- verselle, capable de guérir & peu prés toute maladie ou infirmité, et d’assurer une longévité considérable, voire l'immortalité. I ne faut probablement prendre cette affirmation que dans son sens spirituel. ©) La Réintégration Universelle, cest-s-dire la régé- nération du Cosmos tout entier, de toutes les Créatures Spirituelles, but ultime de 'Alchimée véritable. Jacob Bochme nous dit en effet ceci, quant A ce dernier aspect du Grand’(Euvre : «< ILn’y a pas de différence essentielle entre la Naissance Eternelle, la Réintégration, et la découverte de la Pierre Philosophale. Tout étant issu de Unité, tout doit y re- tourner de semblable fagon... » Gacob Boehme : « De Signatura Rerum >). — 39 — Concernant le mystérieux Elixir de Longue-Vie, on peut en trouver un écho dans ces paroles d’Eckharts- hausen : «La re-naissance est triple : premiérement la renais- sance de notre raison ; secondement celle de notre cceur et de notre volonté ; troisiémement notre. renaissance corporelle, Beaucoup d’hommes pieux, et qui cherchaient Dieu, ont été régénérés dans Vesprit et la volonté, mais peu ont connu la renaissance corporelle... > (D'Eckhartshausen : « La Nuée sur le Sanctuaire ») Tl convient toutefois de distinguer entre les Alchi- mistes et les souffieurs. Les premiers, philosophes en possession d'une doc- trine millénaire (a gnose), avaient des théories parti- culigres qui ne leur permettaient pas de s'écarter de certaines limites en leurs recherches. Leur champ d’expérimentation était le monde métallique. Les seconds, au contraire, gens dépourvus de connaissances ésotériques et de science, empiriques au premier chef, faisaient défiler en leurs cornues les produits les plus hétéroclites des trois régnes, n’hési- tant pas a travailler sur les substances les plus étran- ges comme sur les résidus naturels les plus répugnants. Les alchimistes ont conservé et démontré le bien- fondé de l'Hermétisme et de VAlchimie. Les souffleurs les ont ignorés, mais ils ont créé la Chimie. Lrexistence d'une Alchimie spirituelle, élément de la Réintégration individuelle de PAdepte, est prouvée sans conteste par la Iccture des anciens auteurs. Sans doute étaient-ils tous de bons chrétiens ! Mais n’était-ce pas parce qu'ils avaient compris que Connaissance et a Sagesse devaient aller de pair, et que la Connaissance sans la Sagesse était pire que l'Tgnorance seule Crest ainsi qu’en son rarissime ouvrage «La Parole Délaissée », Bernard Le Trévisan nous dit ceci « Ainsi est Trinité en Unité, et Unité en Trinité, car la of sont Esprit, Ame et Corps, 14 sont aussi Soulphre, Mercure et Scel... » Et Albert Poisson d'en conclure que : «Le Grand’Cuvre a par suite un triple but dans le Monde Matériel : Ia Transmutation des Métaux, pour les faire arriver 4 'Or, a la Perfection ; dans le Microcosme, le perfectionnement de ’Homme Moral ; dans le Monde Divin, la contemplation de la Divinité en Sa Splendeur. Diaprés la seconde acception, Homme est done Tathanor philosophique oi s'accomplit Pélaboration des Vertus, Crest done dans ce sens, selon les mystiques, qu'il faut entendre ces paroles : «Car PEuvre est avec vous et chez vous, de sorte que, le trouvant en vous-méme, vit il est continuellement, vous Yaver aussi toujours, quelque part que vous soyez, sur terre ou sur mer...» (Hermés Trismégiste : « Les Sept Chapitres >)...» (Albert Poisson : «Théorles et Symboles des Alchimistes >). Citons encore Basile Valentin : «De ces choses, sache, 6 mon ami passionné de V’Art Chimique, que la Vie est uniquement un véritable Esprit, et que, par suite, tout ce que le vulgaire ignorant estime @tre mort, doit en revanche étre ramené @ une vie in- compréhensive, visible, et spirituelle, et, en celle-ci, doit étre conservé... > @asile Valentin : « Les Douze Clés de la Philosophie », V* Clé). «< Bref, si tu veux réaliser notre Pierre, sois sans péché, persévére dans la Vertu. Que ton esprit soit éclairé de —a— Yamour de la Lumiére et de la Vérité, Prends la résolu- tion, aprés avoir acquis le don divin que tu souhaites, de tendre la main aux pauvres embourbés, d’aider et de re- lever ceux qui sont dans le malheur... > Basile Valentin : « Le Rébis des Douze Clés »). En effet, et chose curieuse, les éléments essenticls, auxiliaires successifs de cette transmutation, et de la Pyrite métallique, et de Homme charnel, ces éléments sont & la fois de nombre, de classification et de suc- cession, exactement semblables. Analysons done suc- cessivement les deux aspects de 'Euvre. Aux quatre Eléments naturels des Anciens : Eau Air Feu Terre (Hydrogéne) (Azote) (Oxygéne) (Carbone) correspondent les quatre Qualités : Humide Chaud Sec Froid et les quatre Tempéraments : Sanguin Bilieuc_- Nerveux —_ Lymphatique Crest 1a le plan correspondant a la réalisation dite de l’Alkaest. ‘Au stade supérieur de ces quatre modes de mani- festation de la Vie dans la Matiére, les Alchimistes tiraient, par copulation, les trois termes de ce second plan, quills nommaient celui de la réalisation de T’Azot, c’est-d-dire les trois principes essentiels de départ de 'Euvre, soit : Eau + Air ‘Mercure Principe Air + Feu Soulphre Principe Feu + Terre Scel Principe —42— La, l'Guvre pouvait espérer passer du Noir au Blanc. Et en effet, par copulation du Mercure Principe et du Soulphre Principe, V’Adepte obtenait 'Argent Philo- sophique, ou Mercure des Sages, comme de la copula- tion du Soulphre Principe et du Scel Principe, il obte- nait Or Philosophique ou Soulphre des Sages : Mercure Principe + Soulphre Principe = Argent Philosophique (Mercure des Sages) Soulphre Principe + Scel Principe = Or philosophique (Soulphre des Sages) Enfin, par copulation du Mercure des Sages et du Soulphre des Sages, 'GEuvre passait du Blanc au Rou- ge. VAdepte obtenait la Chrysopée, la Pierre Philoso- phale Pig. 1). La Route du Mercure se nommait également le Pa- lais de la Reine parce qu'elle menait & YEpouse Blan- che Mercure). Et la Route du Scel était le Palais du Roi, parce qu'elle menait au Mari Rouge (Soutphre). Cette voie matérielle et expérimentale se doublait done d'une voie spirituelle, transcendantale. Aux quatre Eléments de départ, correspondaient donc nécessairement les quatre Vertus Cardinales de Yancienne scholastique, savoi Le Fen In Force Lair Ala Justice L'Eau la Tempérance La Terre a la Prudence —8— ‘Aux trois Principes, issus de ces quatre Eléments, correspondaient ensuite les trois Vertus Théologales, soit done : a la Fot a VEspérance a la Charité Mercure Principe Scel Principe Aux deux Métanx Philosophiques (Argent des Sages et Or des Sages), nés de la copulation des trois Prin- cipes (Soulphre, Mercure et Scel), correspondent alors les deux Vertus Sublimales, savoir : Soulphre des Sages & 1a Sagesse Mercure des Sages & V'Intelligence Ces deux Vertus Sublimales, si elles sont passées sous silence comme telles, dans la théologie classique, et ramenées au rang de dons du Saint-Esprit (lesquels seraient infiniment mieux dénommés autrement), sont signifies dans 'Ecriture Sainte, en totale préémi- nence = «Et Dieu dit & Salomon : « Puisque tu ne M’as point demandé une longue vie, les richesses, ni la mort de tes ennemis, et que tu as demandé lIntelligence et la Sagesse pour agir avee justice, Jagirai selon ta parole, et Je te donnerai un eur plein de Sagesse et d'Intelligence... > (Rois, V, 11-12, Bible catholique, et I Rois, 111, 10-12, Bible ‘protestante). Gitons encore : «Car ce sera lA votre Sagesse, et votre Intelligence aux yeux des peuples...» (Denféroname = TV, 6). «Pour connaitre la Sagesse et son instruction, pour comprendre les paroles de I'Intelligenct (Proverbes : I, 2).