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Université de Lyon

Gestion des connaissances


Dans le cadre du cours cognition et connaissances
De Mr Alain Mille

Réalisé par :
Serrour Belkacem et Djouadi Slimane
 

Introduction le langage. Le support de ces connaissances est


l’individu.
La connaissance est la principale richesse
d’une organisation et elle est considérée comme un Modèles et méthodes de la gestion de
capital qui a une valeur économique évaluable et connaissances :
valorisable. La perte de cette connaissance ou sa
mauvaise exploitation conduit potentiellement à un La connaissance se transforme dans une
échec de l’organisation. C’est pour cela que la organisation selon les interactions connaissances
gestion des connaissances s'est affirmée dans les tacites/explicites et connaissances
entreprises comme un enjeu majeur. Par mis les individuelles/collectives. C’est dans cette
objectifs attendus de la gestion des connaissances, dynamique de transformation que s’identifie la
on peut citer : la sauvegarde de la connaissance connaissance organisationnelle. Dans ce qui suit, on
pour éviter sa perte et surtout pour faciliter la fera une brève présentation des modèles existants.
réutilisation, le partage de la connaissance et le
• modèle de Nonaka :
travail collaboratif entre les membres de
C’est un modèle qui se focalise sur la création
l’entreprise, l’amélioration des relations interne et
et transformation de connaissances.
externe à l’entreprise pour augmenter
l’apprentissage et aussi être pris a gérer les Pour Nonaka, les organisations créent et utilisent
situations d’urgence ou de crises. des connaissances à travers des conversions de
connaissances.
La gestion de connaissances (en anglais
KM : Knowledge Management) peut être définie Il existe 4 modes de transformation :
comme étant une démarche stratégique
pluridisciplinaire visant à atteindre l'objectif fixé - Socialisation : connaissances tacites =>
grâce à une exploitation optimale des connaissances connaissances tacites.
de l’entreprise [1].
C’est le partage de connaissances par l’expérience.
Dans un contexte de KM, les connaissances se La connaissance se transforme par l’observation et
répartissent en deux types principaux : les l’imitation.
connaissances explicites et les connaissances tacites
(ou implicites). - Externalisation : connaissances tacites =>
connaissances explicites.
Les connaissances explicites : c’est des
connaissances qui sont facilement codifiées, C’est le fait de rendre des connaissances tacites en
énoncées, communiquées. En entreprise, elles se explicites. Cela se fait généralement par le recueille
situent dans les bases de données, dans les des savoir faire des individus et puis les mettre sous
procédures standard ou dans les manuels. forme mémorisable. (L’écriture est un bon exemple
d’externalisation).
Les connaissances tacites : Les connaissances
tacites sont définies comme des savoirs intuitifs, - Combinaison : connaissances explicites =>
difficiles à énoncer, formaliser et communiquer par connaissances explicites.
Une connaissance explicite peut être décomposée Cette approche conduit, notamment, à clarifier les
en plusieurs connaissances élémentaires, et ces besoins en connaissances, à identifier, localiser,
dernières seront componées entre elles pour en faire caractériser, estimer la valeur de ces connaissances
et à définir et justifier les actions de capitalisation
d’autres.
de connaissances à développer [8].
- Intériorisation : connaissances explicite => Cette démarche est constituée de trois étapes :
connaissances tacites.
1. Déterminer les processus sensibles : Cette
Pour qu’une connaissance explicite devienne tacite, étape permet de préciser le contexte du
elle doit être verbalisée ou mise sous forme de projet, de définir le domaine et le
documents, manuels,… (La formation des individus périmètre de l'intervention et de
est un exemple de l’intériorisation). déterminer les processus qui seront l'objet
d'une analyse approfondie.
2. distinguer les problèmes déterminants :
• Le modèle d’huber
Le modèle d’Huber (1991) mêle la gestion de Cette étape consiste à modéliser les
processus sensibles, évaluer les risques
l’information et celle de la connaissance à travers encourus par ces processus, déterminer les
un processus d’apprentissage. Selon Huber, si une activités critiques pour ces derniers.
unité apprend, toute l’organisation pourra avoir 3. Cerner les connaissances cruciales :
accès à la connaissance nouvelle. Le modèle décrit L’objectif de cette étape est de définir,
par Huber repose sur la relation entre localiser et caractériser les connaissances à
l’apprentissage et le traitement de l’information par capitaliser.
Cette démarche a deux caractéristiques
les individus. Ce processus passe par quatre étapes :
essentielles :
l’acquisition de connaissance, la distribution de
l’information, son interprétation et sa - C’est une démarche, "dirigée par les
mémorisation. [2] problèmes", indépendante de toute anticipation de
solution.
• Le modèle de Sveiby
Karl Erik Sveiby à travers son modèle (2001) a - C’est une démarche, centrée sur les
essayé d’étudier les modes de transformation de processus, qui relie les connaissances à l’action.
connaissances entre trois structures : structure • La méthode MKSM :
interne, structure externe et les individus. Pour La méthode MKSM est une méthode pour la
obtenir une image globale des interactions, Sveiky a gestion des systèmes de connaissances qui essaie de
mis en place des indicateurs pour valoriser les maîtriser la complexité inhérente à cette
modes de conversions de connaissances. (Ex: problématique par des modélisations successives, à
indicateurs de stabilité, d’efficience, de croissance, différents niveaux de granularité. Son objectif est
…). d'arriver à avoir une visibilité correcte sur les
connaissances à gérer, de déterminer les projets
• Le modèle de la Marguerite : possibles à mettre en place et les critères de
Ce modèle, proposé par Ermine, suppose que la
décision pertinents. Elle se fonde sur des éléments
gestion des connaissances est la gestion d’un
théoriques fournis en particulier par la systémique
ensemble de processus cohérents interne et externe.
et la sémiotique [9].
Ces processus sont : Processus de capitalisation et
de partage des connaissances, Processus Dans le monde de la recherche actuel, voici
d’interaction avec l’environnement, processus quelques issues de la gestion des connaissances
d’apprentissage et de création de connaissances et
le processus de sélection par l’environnement [7]. Aide à l’identification des compétences :

Après avoir parcourus les modèles, voici La gestion de compétences est devenue
quelques approches méthodologiques : plus que jamais un facteur de réussite dans
beaucoup d’entreprise pour mieux évaluer leur
• Approche GAMETH: (Global Analysis capital humain, pour prévoir et planifier de
METHodology) nouvelles missions ou projets innovants. Une
L’idée de base de l’approche est le repérage des
compétence est la combinaison et la mise en œuvre
connaissances cruciales.
de ses propres ressources (savoir, savoir faire,
savoir être) pour atteindre un objectif ou remplir proposée [4]. L’ontologie est utilisé pour créer et
une mission dans un contexte donné [5]. La organisé des métadonnées sur le contenu des
complexité de la gestion des connaissances est documents et de fournir une compréhension partagé
proportionnelle au nombre de compétences et à travers l’organisation. En effet elle est utilisé pour
d’individus à gérer dans une organisation. Pour décrire l’organisation, le domaine dans lequel elle
simplifier le déroulement de ces différent processus, travail et ses compétences et ses documents. Le
BLANCHARD et ses collaborateurs proposent système a comme entrés les données structurés de
d’assister l’utilisateur durant le processus l’organisation (employés, base de données…) ainsi
d’identification des compétences acquises par un que les données non structurées (documents criés
individu et cela en lui présentant un ensemble de par les employés qui souhaite partager leur
compétences potentiellement acquises par cet connaissances). Le système identifie d’une manière
individu sur la base d’un ensemble de compétences automatique ou semis automatique ou manuelle les
préalablement identifier par l’utilisateur, et de informations importantes ainsi que leur concept et
mettre en place un raisonnement qui permet de les relie à l’ontologie existante. Un gestionnaire de
déduire un ensemble de compétences à partir d’un métadonnées va criée les métadonnées dans des
autre. fichiers OWL qui vont indexer les objets OWL
(avec leurs URI).
La base de règle utilisée dans le processus
d’acquisition des compétences est obtenue auprès Avec cette ontologie, le système peut être
d’un expert du domaine sur lequel porte les doté d’un outil de recherche d’information efficace
compétences. Le principe du raisonnement est et d’un système de formation et d’apprentissage
analogue à celui d’extraction des règles intelligent. Dans leur travaux future, ils vont
d’associations utilisées dans le datamining avec un s’intéressé à l’intérêt des résumés de documents et
indice de pertinence pour chaque règle déduite. d’essayer d’intégrer un générateur automatique de
L’indice est défini comme étant une fonction de la métadonnées.
somme des difficultés d’aquisition de chaque
ressource. Le but est de bien identifier un individu Le partage de connaissance entre systèmes
par rapport à son potentiel d’assumer une tache hétérogènes :
donnée.
L’échange de données en ligne dans les
environnements de commerce électronique est
L’apport d’ontologie dans la gestion et
devenus crucial d’où l’intérêt de coopérer et de
l’acquisition des connaissances :
partager les connaissances entre les différents
La connaissance est le capital principal systèmes malgré leurs hétérogénéité qui existe entre
un système et au autre. Pour résoudre ce problème
d’une entreprise moderne, ainsi, sa capture devient un support de prise de décision basé sur des
une nécessité aussi bien que le développement des modèles cognitives (Cognitive Maps ou CM) qui
compétences interne. A l’intérieur d’une est une sorte de représentation graphique des
organisation, la plus part des connaissances connaissances a été proposé [6], CM comporte
collectives sont criée et stockée sous forme de essentiellement trois éléments fondamentaux ; les
documents, avec peu ou sans métadonnée sur leurs causes (concepts) les relations de causalité (arcs)
l’effet ou le poids de l’arc. Cette méthode permet
contenu et leurs contextes. Cette situation crée deux
une bonne simulation des événements d’un
sortes de problèmes : d’un coté le manque de environnement virtuelle afin de le modéliser. Pour
structure et de métadonnées qui va engendrer une prendre en compte de l’interopérabilité sémantique
très faible capacité d’interroger les sources de ils ont fait recours aux ontologies pour une
connaissances partagées avec un processus représentation conceptuelle (OntoCM).
automatisé et rend les documents invisible pour L’ontologie est définie comme étant une
faire l’inventaire du capital intellectuel de spécification d’une conceptualisation et elle est
organisée sous une structure hiérarchique
l’organisation. Et de l’autre coté, l’implémentation
arborescente. OntoCM est donc un ensemble de
d’un programme d’apprentissage ne peut bénéficier concepts reliés entre eux par une relation de
de toutes ces données stockées. causalité (évaluée) ou chaque concept est organisé
suivant une analyse conceptuelle hiérarchique. A un
Pour résoudre ce problème une niveau plus profond, les poids qui existent entre les
architecture basée sur la création et la gestion d’un différents concepts sont représentés dans une
mémoire organisationnel basé sur une ontologie matrice.
Chaque système a sa propre OntoCM et n'importe quel système de représentation de la
comme tous les concepts sont organisé suivant une connaissance puisse être exportées sur le Web.
ontologie, donc il suffi juste d’identifier les
concepts en communs et construire les liens. La L’apport des Ontologies dans le web
c’est une nouvelle OntoCM qui va se construire sémantique : En philosophie, une ontologie est une
avec sa propre matrice de poids en déduisant tout théorie à propos de la nature de l'existence, pour
les liens possibles qui reste à construire dans la l’informatique c’est plutôt un document ou fichier
nouvelle ontologie. qui définit de façon formelle les relations entre les
Pour l’expérimentation et la mise au point termes. Le problème de terminologie sur le web
de leur approche, ils on choisi la gestion de la peut être résolut en utilisant des pages d’ontologies
relation client dans le domaine du e-commerce qui où la signification des termes ou codes XML
fait face à plusieurs problèmes tel que le manque utilisés sur une page Web peut être définie par des
d’informations initiales sur le client et l’incertitude pointeurs de la page vers une ontologie. Ce qui
des informations données d’une manière pourra valorisé la recherche dans le web actuel en
interactive. ne recherchant que les pages faisant référence à un
concept précis au lieu de celles qui utilisent des
L’approche web sémantique de la gestion des mots-clés ambigus.
connaissances
Les systèmes multi-agents et la KM : Le pouvoir
Le Web sémantique n'est pas un Web à véritable du Web sémantique sera atteint quand les
part, mais une extension du Web courant, dans gens créeront de nombreux programmes qui
lequel on donne à une information un sens bien collecteront les contenus du Web à partir de sources
défini pour permettre aux ordinateurs et aux gens de diverses, qui traiteront l'information et échangeront
travailler en coopération. La technologie Web prend les résultats avec d'autres programmes et coopérer
pour la réalisation de taches complexes
sa puissance de son universalité qui dus au fait que
(composition de services). Les systèmes multi-
grâce aux liens hypertexte tout peut être lier à tout, agent pourront favoriser l’évolution de la
cependant cette technologie ne sait pas faire de connaissance humaine dans son ensemble.
différence entre les informations produites qui Les agents utilisateurs et producteurs peuvent
varient selon de nombreux axes (une information parvenir à un état de compréhension mutuelle en
commerciale et une information pédagogique par échangeant des ontologies qui fournissent le
exemple) mais elle considère tout comme des vocabulaire nécessaire à la discussion. Les agents
peuvent même développer de nouvelles capacités
documents.
de raisonnement lorsqu'ils découvrent des
ontologies nouvelles.
Pour que le Web sémantique fonctionne,
les ordinateurs doivent avoir accès à des collections Conclusion :
structurées d'informations et d'ensembles de règles
d'inférence qu'ils peuvent utiliser pour parvenir à un La connaissance a toujours été une
raisonnement automatisé. Les systèmes
ressource stratégique pour une organisation,
traditionnels de représentation de la connaissance
sont centralisés et nécessitent que chacun partage quelque soit sa taille. Une entreprise possède, sans
exactement une définition identique des concepts s’en rendre compte, des connaissances sous des
communs comme "parent" ou "véhicule". Ce formes multiples. Le Knowledge Management est
contrôle central est étouffant et l'augmentation de la une fonction managériale qui consiste à orienter,
taille et de la portée d'un tel système devient organiser, coordonner et contrôler les activités et les
rapidement ingérable. En plus de ca, les systèmes processus destinés à amplifier l'utilisation et la
traditionnels de représentation de la connaissance
création des connaissances au sein d'une
ont en général un ensemble de règles qui leur sont
propres qui leur permet de faire des inférences sur organisation. Plusieurs méthodes existent pour la
leurs données [3]. Pour palier à tout ces problèmes, gestion des connaissances, chacune d’elles est basée
les concepteurs du web sémantique ont pensé à sur un concept mais il n’existe pas une méthode
construisons un langage de règles aussi significatif standard pour KM.
que nécessaire pour permettre au Web de raisonner
autant qu'on le veut (XML et RDF). Le défi du Web
sémantique, cependant, est de fournir un langage
mené d’une logique puissante et assez riche qui
exprime à la fois des données et des règles pour
raisonner sur les données et pour que les règles de
Bibliographie :

[1]: J-M Laurent ; KM : « Knowledge


Management, Les trois dimensions d'un projet
OCSIMA » 2005.

[2] : A PERRIN ; « La valorisation du management


des connaissances dans les organisations »,
Mémoire DEA, 2004

[3] Tim Berners-Lee, James Hendler et Ora


Lassila ; « le web sémantique » article traduit par
Elisabeth Lacombe et Jo Link-Pezet

[4] Amal Zouaq, Claude Frasson, and Roger


Nkambou::“An Ontology-Based Solution for
Knowledge Management and eLearning
Integration” Springer-Verlag Berlin Heidelberg
2006.

[5] Emmanuel BLANCHARD, Mounia


HARZALAH et Henri BRIAND : « raisonnement
et gestion des compétences » ; extraction et gestion
des connaissances (EGC 2005).

[6] : Jason J. Jung, Kyung-Yong Jung, and Geun-


Sik Jo; “Ontological Cognitive Map for Sharing
Knowledge between Heterogeneous Businesses”
LNCS 2869, pp. 91–98, 2003.Springer-Verlag
Berlin Heidelberg 2003

[7] : J-L Ermine, « Ressources humaines et gestion


des connaissances ». ANDCP, 2001.

[8] : M Grundsein. GAMETH : « un cadre


directeur pour repérer les connaissances cruciales
pour l’entreprise » 2002.

[9] : J-L Ermine, M Chaillot, P Bigeon, B


Charreton, D Malavieille : « MKSM Méthode pour
la gestion des connaissances. » AFCET-Hermès,
1996.