Vous êtes sur la page 1sur 2

ASDER-Arcanne - MOOC Rénovation performante. Vidéo 8 de 20 - VII.

2017

La clé
ISOLATION RENFORCEE DES PAROIS 2ème partie

Nous avons vu dans la séquence précédente l’importance d’isoler les deux parties de l’enveloppe que sont la
toiture et le plancher bas, nous allons maintenant étudier les murs et les menuiseries.

1. L’isolation des murs


Concernant l’isolation des murs, deux solutions s’offrent à nous : une isolation par l’intérieur ou une
isolation par l’extérieur. L’isolation par l’extérieur pouvant être un complément d’une isolation intérieure
déjà existante.

 Objectif : U < 0,25 W/m².K soit 16 à 20 cm d’isolant.

a. L’Isolation Thermique par l’Intérieur (ITI)


L’isolation thermique par l’intérieur reste LA solution majoritairement utilisée, surtout en France…
Les avantages de l’ITI sont :
- une facilité de mise en œuvre, notamment lorsque le parement intérieur est à refaire ;
- de nombreux matériaux utilisables : laine minérale et polystyrène, mais également, dans de
nombreux cas : ouate de cellulose, panneaux de fibres de bois, laine de chanvre…
Mais l’ITI c’est aussi des contraintes et points de vigilance :
- une intervention qui nécessite de déplacer les radiateurs, de revoir l’électricité, de refaire les
parements… avec un déménagement des occupants souvent nécessaire ;
- une perte de surface habitable ;
- une inertie intérieure diminuée, sauf si il est mis en place des parements lourds et épais.

Sur les murs sensibles à l’humidité (terre, présence d’encastrements de poutre…), le choix de
matériaux est plus restreint et il est nécessaire d’adopter des solutions au cas par cas. On pourra alors
choisir :
- la double cloison isolante ;
- les enduits correctifs ;
- des isolants capillaires ;
- ou des isolants perspirants, peu sensibles à l’eau, avec une membrane hygrovariable.

b. L’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE)


L’ITE présente de nombreux avantages, et c’est pour ces raisons qu’elle est généralisée, notamment
dans de nombreux pays voisins. Parmi ces avantages :
- il est possible d’intervenir sans déménagement des occupants ;
- les ponts thermiques sont beaucoup plus facile à régler (dalle, murs de refends, …) ;
- on conserve les matériaux lourds à l’intérieur du bâti, l’inertie est améliorée ;
- on limite fortement les risques de condensation dans le mur en « décalant » le point de rosée hors
du mur support.
Notons néanmoins qu’une isolation par l’extérieur changera l’esthétisme du bâtiment : il faut en tenir
compte avec les habitants en amont de leur projet !

1
ASDER-Arcanne - MOOC Rénovation performante. Vidéo 8 de 20 - VII.2017

c. L’ITE en complément d’une ITI


Lorsque le bâtiment comporte déjà une isolation intérieure (bâtiment d’après 1975), il est intéressant
d’envisager une ITE en complément. Réalisée par exemple en même temps qu’un ravalement de
façades, elle permettra d’améliorer considérablement la performance globale du bâti.

d. Les enduits isolants


Principalement lorsqu’il est impossible de réaliser une ITE, une autre solution existe : la pose d’enduits
isolants extérieurs, généralement en accompagnement d’une isolation intérieure.
La pose de 2 à 4 cm d’enduits isolants (lambda compris entre 0,028 et 0,07 W/m.K) permet de limiter
les déperditions thermiques mais surtout : de réduire les ponts thermiques et de diminuer les risques de
condensation dans les murs. Ces enduits isolant sont à base de chaux associée à du liège, de la silice
expansée, du polystyrène, de l’aérogel…

2. Les menuiseries
Le remplacement des menuiseries constitue aujourd’hui le premier poste de rénovation énergétique en
France. Ce poste ne représente pourtant que 10 à 15 % des déperditions de l’enveloppe, mais il joue un
rôle primordial dans l’amélioration du confort thermique via la diminution de la sensation de paroi froide et
l’amélioration de l’étanchéité à l’air.

a. Les baies vitrées


Les performances thermiques des menuiseries sont déterminées par :
- le Uw. C’est la déperdition thermique moyenne au travers de la menuiserie (vitrage et cadre). Plus
le Uw est petit, plus la menuiserie est performante ;
- le Sw ou « facteur solaire », détermine la capacité d’une menuiserie à valoriser les apports solaires.
Plus le Sw est grand, plus la menuiserie est captrice ;
- le classement AEV (Air-Eau-Vent), renseigne sur la perméabilité à l’air, l’étanchéité à l’eau et la
performance au vent de la menuiserie.
 Objectif courant en rénovation BBC : Uw < 1,3 W/m².K, et Sw > 0,35

b. Les portes
Les performances thermiques des portes sont données par la valeur Ud. Avec un objectif basse
consommation, on visera un Ud < 1,5 W/m².K

c. Les principaux points d’attention


Les performances des menuiseries sont fortement liées au type de pose. On privilégiera la pose dite en
« dépose totale » afin de conserver un maximum de luminosité dans la maison mais également de bien
gérer l’étanchéité à l’air entre la menuiserie et le mur (on utilisera pour cela des compribandes, adhésifs
spécifiques…).
La pose sera ajustée au type d’isolation pour éviter tout pont thermique. Par exemple en ITE : poser les
menuiseries au nu extérieur du mur support afin d’avoir un retour d’isolant sur la menuiserie, ce qui
limite fortement le pont thermique.
Le changement de menuiseries va améliorer l’étanchéité à l’air du logement. Il sera donc indispensable
pour la conservation du bâti et pour assurer une bonne qualité de l’air intérieur d’intégrer une réflexion
concernant la ventilation. Avec des systèmes simple flux par exemple, si les entrées ne sont pas
réalisées dans les murs, des mortaises devront être réalisées dans une, voire plusieurs menuiseries
des fenêtres des pièces « sèches ».

A RETENIR

L’isolation de demain correspond à une couche d'isolant plutôt plus épaisse que ce que l'on mettait jusqu'à
aujourd'hui, dans le but d’augmenter l’isolation et de limiter les ponts thermiques. Mais on veillera également
à mettre en œuvre cette isolation dans les règles de l’art, afin de :
- assurer la pérennité de l’isolant (limitation des tassements, et risques dus aux rongeurs, à l’humidité…) ;
- avoir une étanchéité à l’air parfaite pour limiter les flux thermiques qui dégrade l’isolation.