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SOMMAIRE

Rubriques Articles Pages

Lettre du Président 3
Par Mourad EL BESSEGHI, Président du Conseil National de l’ONCA

Editorial 5
Par Laala ATIK, Commissaire aux comptes

La finance islamique 7
Economie

Par : Faouzi ZITOUNI, Expert-comptable

Le comptable comme accompagnateur pour la création


de PME 9
Par : Mohamed HAMDI, Expert-comptable

Pratiques sur les tableaux de flux de trésorerie 11


comptable
Technique

Par : Djelloul Boubir, Commissaire aux comptes

Principes généraux et techniques de base de la


consolidation 14
Par : Kada BAHIRI, Maître assistant à l’université de Sidi Bel-Abbés
Fiscalité et droit

Régime fiscal des plus-values professionnelles 19


Par : Rabah TAFIGHOULT, Expert-comptable

Les variations du capital social dans les sociétés par


actions 21
Par : Abdelouahab ESSADEK, Expert-comptable

L’adoption du SCF en Algérie, l’apport de la théorie


institutionnelle 23
Par : Kamel REMMACHE, Docteur en sciences de gestion
Réflexions

Le système comptable financier algérien : insuffisances et


propositions d’amélioration 28
Par : Djamel KHOUATRA, Maître de conférences en sciences de gestion
Par : Mohamed El Habib MERHOUM, Docteur en sciences financières
L’apport du nouveau système comptable et financier
algérien dans l’amélioration de l’information comptable 31
Par : Abderrahmane BENACER, Comptable agréé

Démarches conseillères pour réussir l’examen d’expertise


comptable 34
Conseils et idées

Par : Abdelaziz HATTAB, Expert-comptable

Les apports de la vidéo à la formation 38


Par : Chérif TOUAHRI, Enseignant en comptabilité

Le cadre conceptuel en prose 39


Par : Nourredine AOUINALAH, Comptable agréé

Revue N°1
LETTRE DU PRÉSIDENT
DE L‛ORGANISATION NATIONALE DES COMPTABLES AGRÉÉS

Chère Consœurs, Chers Confrères et Chers Amis


La comptabilité subit de nos jours un bouleversement sans précédent,
une véritable révolution sur le plan conceptuel, un « Noétisme » engendré
par un développement fulgurant de la technologie numérique et de la
communication. Nous vivons pleinement une autre ère et il a fallu que cela
tombe maintenant, sur nous. Bref, de quoi faire remuer Lucas Pacioli dans
sa tombe.
« Normal » diront les plus jeunes qui ont une propension innée à scruter l‛horizon avec des jumelles
puissantes à fort grossissement. «Trop vite» diront les moins jeunes qui sont naturellement prudents
face aux énormes risques sécuritaires dans le domaine de l‛informatique avec des dérapages aux
conséquences incalculables.
Il est indéniable que la profession évolue dans un écosystème mouvant interpellant des réponses
à la hauteur des enjeux. La mise au point de solutions «big data» de plus en plus performantes
adossées à des «cloud computing» extensible à volonté, L‛avènement de l‛informatique quantique
qui arrive à grand pas, l‛«Ubérisation» à outrance encourageant les mises en contacts directs,
les désormais incontournables réseaux sociaux, les interconnexions et les possibilités d‛échanges
infinies grâce à la toile, etc…devraient interagir et accélérer de façon exponentielle le traitement
et la circulation des données, et en conséquence impacter considérablement le métier de comptable
dans sa conception actuelle.
Si on cerne très précisément les nouveautés de la high technologie d‛aujourd‛hui et leurs
implications sur le métier, on anticipe moins bien ses développements futurs, tant l‛emballement
turbo de ces innovations est sans limite. Pour s‛en convaincre, il faudrait juste regarder dans un
rétroviseur les avancées enregistrées au cours des quinze dernières années dans ce domaine et les
projeter au-devant en les multipliant à la puissance n. Ce qui relève de la science-fiction aujourd‛hui,
sera réalité demain
De l‛avis de spécialistes dans le cadre d‛études très crédibles, plusieurs métiers dont celui
de comptable dans leurs versions présentes sont éligibles au phagocytage par la digitalisation et
ce dans une perspective de 15 ans au plus tard. La fonction sera alors assurée par des machines
programmées et des robots autoguidés.
Mais rassurons-nous, cette machinerie aussi performante soit elle, ne remplacera jamais l‛homme.
Le comptable a devant lui encore de beaux jours et son emploi est parfaitement préservé. Mais,
finis les travaux rébarbatifs, aux tâches répétitives et place aux activités utiles et enrichissantes.
L‛accompagnement des entrepreneurs dans toutes les facettes de la gestion, est l‛avenir de la
fonction comptable. On devra d‛ailleurs lui changer le nom de comptable par exemple par facilitateur,
accompagnateur, mentor, etc.
Pour ce faire, le comptable doit subir une profonde mutation et passer de l‛âge de la pierre taillée
à l‛âge du tout numérique, de la préhistoire à l‛avenir, ce qui n‛est pas sans peine. Ceci demeure
aisément à sa portée mais nécessitera un effort de mise à niveau. Cette revue «EL MOUHASSIB»,
dont c‛est le premier numéro, ambitionne de jeter les passerelles entre ces deux âges. Un tout petit
brin de lumière, une once de savoir, une pincée de lucidité, mais qui en perdurant avec le concours
de tous, y contribuera.
Alger, le 06 janvier 2018

Le Président de l‛ONCA
Mourad EL BESSEGHI

Revue N°1 3
Editorial
Chères consœurs, chers confrères

A
l‛orée de cette nouvelle année 2018, l‛Organisation Nationale des
Comptables Agréé présente un nouveau titre qui vise à devenir
une tribune périodique de communication et d‛échange dédiée
aux professionnels et praticiens de la comptabilité, ainsi que les
économistes et les chercheurs dans le domaine des sciences de
gestion en général.
Pour assurer la pérennité de cette nouvelle revue et son développement,
tous nos consœurs et confrères et ceux qui s‛intéressent au métier de la
comptabilité, sont invités à y collaborer amplement.
Et pour arriver à éditer ce numéro sous la forme que vous avez entre vos mains, il convient de
saluer l‛effort consenti par les auteurs qui ont contribué dans les axes suivants :
Dans la rubrique Economie, M. Zitouni Fouzi, expert-comptable, a décortiqué la finance islamique
en présentant les différents produits financiers susceptibles d‛être offerts par les banques. Il vient
à point nommée avec les récentes mesures prises par les pouvoirs publics, invitant instamment les
banques publiques à mettre en place rapidement des produits islamiques pour tenter de mobiliser les
ressources financières non bancarisées et qui alimentent allégrement le circuit informel.
M. Hamdi Mohamed, expert-comptable, vient nous rappeler qu‛avec la digitalisation de la
comptabilité, notre avenir est dans le conseil et l‛accompagnement des entités économiques. Que cela
soit dans les phases post création, ou bien plus tard, le comptable doit être attentif aux nouveautés
et offrir un service de qualité.
Au plan Technique, M. Boubir Djelloul, commissaire aux comptes, a exploré le fameux tableau
des flux de trésorerie dans ses moindres recoins. On a tendance à se contenter de l‛automatisation
procurée par les progiciels que nous utilisons pour établir cet état financier, mais avec un style très
simple, il nous invite à connaitre le processus d‘agrégation des données pour aboutir à son établissement.
M. Bahiri Kada, maître-assistant à l‛université de Sidi Bel-Abbes, a synthétisé avec pédagogie, les
règles de la consolidation et les principes devant la régir. Un sujet, qui reste d‛actualité en considérant
les développements futurs de l‛économie.
La précieuse contribution de M. Tafighoult Rabah, expert-comptable, dans la rubrique droit et
fiscalité, présente l‛avantage de clarifier quelques zones d‛ombre sur le traitement fiscal des plus-
values professionnelles. Il nous explicite avec le soin du détail, tous les aspects méconnus de ce régime
fiscal, source de nombreuses incompréhensions et contradictions.
M. Essadek Abdelouaheb, expert-comptable, pour sa part, a disséqué tous les aspects juridiques
liés à la variation du capital. Il aborde ce sujet très sensible avec discernement et conscience en
apportant très simplement les modalités pratiques et en faisant référence de façon permanente aux
dispositions du code de commerce.
Au titre des réflexions, la revue a été gratifiée de celle de M. Remache Kamel, Docteur en
sciences de gestion, qui a superbement extirpé la problématique de l‛application du SCF et l‛apport
de la théorie institutionnelle. Il nous explique comment l‛Etat en tant qu‛acteur principal dans ce
processus a des influences hétérogènes par le biais de ses démembrements institutionnels en raison
des attentes qui peuvent être différentes.
La réflexion d‛un haut niveau de compétence de MM. Djamel KHOUATRA, Maître de conférences
en sciences de gestion et de Mohamed El Habib MERHOUM, Docteur en sciences financières, sur les
insuffisances du SCF et les propositions d‛amélioration, constitue, à proprement parlé, le prélude d‛un
long travail d‛ajustement de ce référentiel et de mise à jour par rapport aux normes internationales.
Ceci est adroitement complété par la réflexion de M. Abderrahmane Benacer, comptable agréé,
sur l‛apport du nouveau système comptable et financier algérien dans l‛amélioration de l‛information
comptable. Tout en revenant sur l‛ancien référentiel comptable, il nous explique comment le SCF a eu
un impact positif sur la qualité de l‛information financière.

Revue N°1 5
Dans la rubrique conseils et idées, nous ne pouvions pas mieux avoir, que les précieux conseils
de M. Hattab Abdelaziz, expert-comptable, sur les préparatifs à l‛examen d‛expertise comptable,
valables également pour n‛importe quelle épreuve. En parfait connaisseur du sujet pour l‛avoir subi et
pratiqué, il nous donne moult conseils pour partir gagnant et éviter les pièges et tomber dans l‛écueil.
M. Touahri Chérif, enseignant en comptabilité, dont les remarquables «capsules vidéos» sur
YouTube sont d‛une utilité incontestable, confirme à l‛usage, que l‛apport de l‛enseignement à distance
est, de plus en plus, un excellent moyen de formation à distance.
Enfin, M. Aounallah Nour Eddine, comptable agréé, a mis en prose le cadre conceptuel du SCF.
Une prouesse en soi-même, pour avoir rassemblé les définitions, principes et règles en strophes et
quatrains, de ce qui est souvent considéré comme rébarbatifs et indigestes pour les débutants.

Laala ATIK

Commissaire aux comptes

Les articles sont rédigés sous la responsabilité de leurs auteurs.

6 Revue N°1
LA FINANCE ISLAMIQUE, UNE ALTERNATIVE

Économie
POUR LES PORTEURS DE PROJETS
Par ZITOUNI Faouzi, Expert-comptable

D e surcroit dans la
sphère du business
il est souvent admis
que derrière les entreprises
justice, équité et transparence. La finance
islamique se distingue des pratiques financières
conventionnelles par une conception différente
de la valeur du capital et du travail. Ainsi, ces
performantes il y a toujours pratiques mettent en avant l‛éthique et la morale
des idées brillantes, et puisent leurs sources dans la révélation divine
évidence confirmée dans et de la Sounnah tout en s‛inspirant des pratiques
l‛historique des firmes de économiques et financières à l‛époque du prophète
classe mondiale. Mais cette réalité est souvent Mohamed Qsssl.
confrontée aux contraintes du financement qui
La finance islamique, en accord avec le droit
est un facteur déterminant pour la survie des
musulman selon de nombreux théoriciens,
projets. A savoir que 65% des projets démarrés
est notamment basée sur l‛interdiction de
selon des études faites, disparaissent au cours
l‛intérêt (ribâ) et la responsabilité sociale
de leur réalisation à défaut de financement.
de l‛investissement. Elle lie plus étroitement
Ce parcours du combattant, met le porteur de la rentabilité financière d‛un investissement
projet dans l‛obligation de trouver des sources avec les résultats du projet concret associé.
de financement beaucoup plus avantageuses en L‛islam interdit les transactions tant civiles que
matière de coût de financement, ainsi que de commerciales faisant recours à l‛intérêt (ribâ) ou
partager le risque d‛une manière adéquate avec à la spéculation (maysir).
les bailleurs de fonds sous forme de relation
Afin de parler la langue des chiffres, la finance
gagnant gagnant, objectif généralement admis en
islamique capitalise 700 milliards de dollars sur le
matière d‛affaires.
marché mondial en 2008, 1300 milliards en 2011
Par excellence, la finance islamique présente et 1540 milliards de dollars en 2012.
une alternative incontournable en matière de
La finance islamique se représente comme une
financement des projets, d‛autant plus que ladite
branche de l‛Économie islamique, visant à établir
finance est très sollicitée à l‛échelle mondiale
un ordre économique conforme à l‛Islam. Le
après la crise mondiale de 2009, qu‛elle a remis en
fondateur et principal théoricien de l‛économie
cause tout le système financier mondial classique
islamique est le théologien pakistanais, Sayyid
qui est basé sur l‛intérêt bancaire (ribâ).
Abul Ala Maududi. Dans sa contribution principale,
A l échelle locale l‛économie algérienne traverse The Economic Problem of Man And Its Islamic
une situation financière embarrassante après Solution il avance une troisième voie, entre le
la chute du prix de pétrole et la réduction des capitalisme et le communisme, visant à établir un
recettes budgétaires, cet état d‛austérité oblige ordre économique juste. Pour cela, il défend qu‛il
le gouvernement algérien à trouver d‛autres est nécessaire de se conformer à la Loi Révélée
sources de financement afin de financer son de l‛Islam, la Chari‛a.
programme. Au delà de cette situation de crise,
Du point de vue historique, la première
la finance islamique est considérée comme un
institution s‛approchant d‛une banque islamique
élément vital pour l‛économie nationale.
a été une caisse locale malaisienne pour financer
Quelques notions de base l‛organisation du Hajj : la Perbadanan Wang
Simpanan Bakal-Bakal Haji, fondée en 1956.
La finance islamique est basée sur les principes
de la loi islamique (Sharia) qui imposent

Revue N°1 7
Les mécanismes de la finance islamique • L‛ijara est la mise à disposition d‛un bien
moyennant un loyer (c‛est un équivalent du
Afin de rester dans la légalité islamique, les
crédit-bail ou de location avec promesse de
banques islamiques ont développé des mécanismes
vente). Un autre aspect de ce contrat est
juridico-financiers pour contourner l‛interdiction
assimilé à une opération de crédit-bail à l‛issue
du prêt à intérêt (hiyal) et rémunérer l‛apporteur
de laquelle le titre de propriété revient au
de capitaux. Ces derniers se fondent sur des
bénéficiaire.
concepts nommés ainsi .
• Le sukuk est l‛équivalent islamique d‛une
• La moudaraba : permet à un promoteur
obligation où l‛intérêt devient un profit prévu
de mener un projet grâce à des fonds avancés
à l‛avance à risque quasi nul. Cette forme
par des apporteurs de capitaux dont la clé
d‛obligation est particulièrement utilisée pour
de répartition des gains et des pertes est
les financements immobiliers.
fixée dans le contrat. Les apporteurs de
capitaux supportent entièrement les pertes, • L‛istisna est un contrat de construction
les promoteurs ne perdant que le fruit de leur par lequel le client demande à un constructeur
travail. d‛édifier un ouvrage payable par l‛intermédiaire
d‛un financier, d‛avance, à terme ou à
• La mousharaka : les partenaires
tempéraments, conformément à un cahier des
apportent les fonds, mais seulement l‛un
charges.
d‛eux dispose de la charge de la gestion du
projet. Concrètement, les banques islamiques Pour conclure, Le principe fondamental de
ont développé la mousharaka mutanaquissa la banque islamique repose sur l‛intervention
qui consiste à participer au financement de directe de la banque dans les transactions
l‛acquisition notamment d‛un bien immeuble financées par elle. La rémunération qu‛elle perçoit
(d‛habitation). Une grande partie des fonds se justifie soit par sa qualité de copropriétaire,
(90%) est apportée par la banque et le reste aux résultats du projet financé (pertes ou profit).
(10%) par le particulier. Le remboursement La règle générale est que la monnaie, n‛est, du
obéit à un tableau d‛amortissement qui point de vue islamique, qu‛un simple intermédiaire
comprend, outre le capital principal, les et instrument de mesure dans les échanges
bénéfices tirés par la banque pour cette de produits. Même si, en parallèle elle assure
opération. une fonction de réserve de valeur, elle ne peut
produire de surplus que dans la mesure où elle est
• La mourabaha est une double vente,
transformée préalablement en bien réel. Donc, la
entre un vendeur et un acheteur, par lequel
marge bancaire n‛est considérée comme licite par
le vendeur achète le ou les biens requis par
la chariaa que dans la mesure où elle est générée
l‛acheteur et le revend à un prix majoré. Les
par des valeurs ajoutées telles que la vente,
bénéfices (marge bénéficiaire) et la période
participation, location et fabrication.
de remboursement (versements échelonnés
en général) sont précisés dans un contrat
initial. Il s‛agit du principal outil utilisé par
les banques islamiques pour prêter de l‛argent Faouzi ZITOUNI
Expert-comptable
à leur client, tout en conférant une valeur-
temps à l‛argent.

8 Revue N°1
Économie
LE COMPTABLE COMME ACCOMPAGNATEUR POUR LA CRÉATION DE PME
Par HAMDI Mohamed, Expert-comptable

L
e comptable «comme Bénéficier de conseils pendant la phase
teneur légal de précréation
comptabilité» se
L‛appui d‛un professionnel a un coût, mais il
trouve souvent
permet de sécuriser le projet et de bénéficier de
sollicité soit, par ses clients
conseils et d‛optimisations portant sur :
dont est chargé de tenir la
comptabilité ou parfois par Le choix d‛une structure juridique de l‛entité

une nouvelle clientèle à l‛effet de les accompagner à créer

pour créer des entreprises nouvelles de type Exercer son activité en nom propre ou en société?
PME. Chaque forme juridique présente des avantages

La démarche de création d‛une entreprise peut et des inconvénients par rapport aux autres.

nécessiter l‛intervention d‛un comptable pour de Le choix de la structure dépend de nombreux

multiples raisons. Tout d‛abord parce qu‛elle est paramètres : importance de l‛activité, association

une aventure qui impose la maîtrise de certaines à d‛autres personnes, souhaits en matière de

notions (juridiques, fiscales, comptables, désignation du gérant, régime fiscal, limitation

financières ...... activités prometteuses....de de responsabilité, choix de l‛implantation ,

forte rentabilité........etc.). Ensuite parce que partenariats, apports .......etc.

les décisions prises dans le cadre d‛une création Le choix du statut social du dirigeant et autres
d‛entreprise ne doivent jamais être prises à obligations légales
la légère (elles ont parfois des conséquences
Non salarié ou salarié ? L‛obligation de designer
irréversibles). Quoi qu‛il en soit, l‛intervention
un commissaire aux comptes et également autres
d‛un comptable présente beaucoup d‛avantages
obligations fiscales et réglementaires .
pour la réussite et l‛épanouissement de l‛entité.
Le choix d‛un régime fiscal pour l‛entreprise
Les expériences des entreprises créées dans le
cadre des différents dispositifs mis en place Impôt sur le revenu ou impôt sur le bénéfice
par les pouvoirs publics (ANSEJ ,ANGEM, des sociétés? Certains professionnels balaient
CNAC et ANDI ) ont démontré que les entités cette question alors qu‛elle est primordiale pour
accompagnées et orientées en amont par un le créateur d‛entreprise et qu‛elle a un impact
cabinet comptable ont évité des situations direct sur son patrimoine personnel. Ce choix
conflictuelles avec l‛administration fiscale, peut être guidé par de multiples paramètres et
organismes sociaux et autres tiers, par contre notamment : le bénéfice d‛éventuels dispositifs
celles qui n‛ont pas été accompagnées se sont d‛exonération des bénéfices (Zone à promouvoir,
retrouvées dans des difficultés ayant précipité dispositif particulier ouvrant droit à des
leur la mise à mort . avantages par exemple) ou encore être imposé
par la forme juridique choisie.
D‛où à mon avis tout porteur de projet doit
travailler avec un cabinet comptable pour créer La recherche d‛aides
une entreprise ; on appelle cela l‛accompagnement Le comptable pourra identifier les aides dont vous
à la création d‛entreprise, cette action présente pourriez éventuellement bénéficier (Taux réduit
énormément d‛avantages pour l‛initiateur du CNAS, dispositif de recrutement CTA et DAIP )
projet, nous en citons certains. et vous assister dans la démarche d‛obtention de
financements (prêt bancaire…).

Revue N°1 9
L‛établissement du business plan (établissement de la déclaration de résultats,
des déclarations mensuelles types G50.....
Le comptable interviendra également sur la
etc.…) ;
partie financière du projet et l‛établissement
d‛un business plan. Son intervention permettra • Respecter le formalisme juridique relatif
de bénéficier d‛une vision globale du projet. Elle au fonctionnement des sociétés (approbation
permettra de s‛assurer que les besoins financiers des comptes annuels, publication des comptes,
générés par le projet soient correctement modifications statutaires..........) ;
chiffrés et traduits dans le document.
• Tenir la comptabilité de l‛entreprise
Bénéficier d‛un appui technique pendant la et établir les états financiers (mission de
phase de création présentation des comptes annuels) ;

En fonction des besoins de son client, le comptable Mais, attention dans le cadre de
se chargera d‛orienter son client lors de la création l‛accomplissement de sa mission, le professionnel
de son entreprise pour une rédaction convenable est tenu au secret professionnel ; à une
des statuts par le notaire (mettre en évidence obligation de discrétion quant aux informations
les apports en numéraire et éventuellement les qui concernent son client.
apports en nature), rédaction d‛un procès-verbal
d‛assemblée générale constitutive . Il saura
adapter certains documents en fonction des
souhaits exprimés par ses clients . Mohamed HAMDI
Expert-comptable,
Une fois la phase post-création achevée, la
mission du comptable pourra consister à :

• Identifier l‛organisation comptable et


administrative la plus adaptée pour l‛entreprise
et mettre en place les outils nécessaires
pour la gestion comptable du dossier dans
tous ses aspects, satisfaire les obligations
sociales (établissement des bulletins de paie,
des déclarations sociales, tenue des livres et
registres légaux........etc.) ;

• Satisfaire les obligations fiscales

10 Revue N°1
PRATIQUE SUR LES TABLEAUX DE FLUX DE TRÉSORERIE
Par Djelloul BOUBIR, Commissaire aux comptes

A : Tableau de flux de trésorerie TFT Méthodes Compte de résultat N


directe et indirecte Charges Produits

Enoncé Achats consommés 222 Ventes 380

A
Charges externes 14 Produits sur 6
par r du bilan, du cession de matériel
compte de résultat
de la société Alilou Charges de 66

Technique comptable
personnel
des exercices N et
N-1 et sur la base Dota ons aux 18
des informa ons disponibles ci- amor ssements
dessous (les montants en mda) Charges financières(a) 12
Travail à faire : Charges d’impôts 18
divers(b)
- Calculer le FRNG1 et le BFR2 de N-1 et N, la
Résultat net 36
varia on du BFR entre N-1 et N et rappeler la règle de
l’équilibre financier d’une entreprise ; Total 386 386
(a) courues et non échues
- Présenter le tableau de varia on des capitaux (b) totalement réglés
propres ;
InformaƟons complémentaires :
- Présenter le tableau des flux de trésorerie (TFT)
de l’année N selon la méthode directe et indirecte En N, l’entreprise a :
Bilan au 31 décembre N-1 et N - Vendu une immobilisa on corporelle pour 22
dont la valeur comptable est de 16 (plus-value de
AcƟf N N-1 Passif N N-1 cession de 6) ;
1 : Ac fs non 1 : Capitaux - Acheté un matériel dont le coût d’acquisi on
courants propres est égal à 42
Immobili- 300 280 Capital 58 52
sa ons social - Remboursé un emprunt pour 18 et contracté
Corporelles un nouvel emprunt pour 8.

- Amor s- 80 68 Réserves 182 176


- Augmenté son capital en numéraires de 6.
sements + report à
nouveau SoluƟon
= VNC 220 212 Résultat de 36 28 1. Calcul du FRNG et du BFR (bilan foncƟonnel)
l’exercice
FRNG : ressources stables (y compris les amor ssements)
2 : Ac fs Total 276 256 emplois stables (brut)
courants capitaux
propres 31/12/N 276-i-80(1)-i-96-i-18-300 170
Stocks 42 48 2 : Passif 31/12/N-1 (1)
256-i-68 -i-106-i-18- 280 168
non courant
Varia on FRN (augmenta on) 2
Créances sur 178 154 Emprunts LT 96 106
client s (1) Amor ssement
Trésorerie 5 4 Emprunts 18 18 BFR : ac fs liés au cycle d’exploita on-passifs liés au
moyen
cycle d’exploita on
terme
3 : Passif 31/12/N 42 + 178 - 55 165
courant
31/12/N-1 48 + 154 - 38 164
De es 55 38
Varia on du BFR (augmenta on) 1
fournisseurs
(stock)
Rappel de la règle de l’équilibre financier :
Total 445 418 Total 445 418
FRNG = BFR + trésorerie, soit pour N, 170 = 165 + 5

1 Fond de roulement net global


2 Besoin en fond de roulement

Revue N°1 11
2. Tableau de variaƟon des capitaux propres de N varia on du BFR, +ou- la varia on des impôts différés de
la période (posi ve à déduire, néga ve à ajouter).
Calculs préalables
3-1. Méthode directe
Capitaux propres au 31/12/N-1 256
Ce e méthode est mise en œuvre selon 2 modes
+ Augmenta on de capital : 58 - 52 6 opératoires en :
- Distribu on de dividendes (1) : 28 - (182 -176) -22
- Mode direct : mouvements des comptes
+ Résultat N 36 de trésorerie de la période N ayant joué avec les
Capitaux propres au 31/12/N (au sens comptable) 276 comptes concernés préalablement codifiés selon les
(1) résultat N-1 non affecté aux réserves et de report à 3 flux5, ou bien en ;
nouveau, donc distribué. - Mode indirect : recons tu on des mouvements
de trésorerie à par r des comptes cons tu fs du BFR
Tableau de varia on des capitaux propres par la prise en compte des soldes de bilans N-1 et
N en associa on avec les comptes de charges et de
Impacts sur les comptes de produits de N qui leurs sont associés.
capitaux propres
Origines des Dans les 2 modes, on ent compte des autres charges
Réserves Total
mouvements Résultat décaissées et des autres produits encaissés.
Capital et
net de
social report à • Flux induits par le paiement aux fournisseurs
l’exercice
nouveau de stocks : détermina on des achats de stock de N = 48
Solde au (stock ini al) + 222 (achat consommé en N) - 42 (stock
31/12/N-1 52 176 28 256 final) = 228. Donc les paiements des fournisseurs sont
Dividendes de 38 (solde ini al) + 228 (achat de N) - 55 (solde final) =
payés = 211
28 - (182 - 176) -22
• Flux induits par le règlement des clients liés à
Augmenta on l’exploita on = 154 (solde ini al N) + 380 (vente N) - 178
de capital =
(solde final N) = 356
58 - 52 6
Résultat net
• Flux liés aux charges décaissées (toutes sauf
de l’exercice achats consommés, dota ons, charges financières non
N-1 6 -6 décaissées) = 98
Résultat net D’où solde des mouvements de trésorerie de N =
de l’exercice N 36 règlement des fournisseurs de stocks (-211) + charges
Solde au exploita on décaissées (-98) + paiement des clients
31/12/N 58 182 36 276 (+356) = 47

3. Tableau des flux de trésorerie3 Nature des flux Montants


Il est cons tué de 3 flux : flux des ac vités - Paiement aux fournisseurs -211
opéra onnelles, flux des opéra ons d’inves ssement et + Règlement des clients +356
flux des opéra ons de financement, l’objec f étant de - Charges décaissées - 98
déterminer le cash-flow de la période associé à chacun
A. Total flux de trésorerie d’exploita on 47
de ces flux lequel addi onné au solde de trésorerie du
bilan d’ouverture cons tue le solde de trésorerie du Acquisi on d’immobilisa ons - 42
bilan de clôture. Excep on faite du 1er flux, les autres Cession d’immobilisa ons + 22
flux ne font pas l’objet de normalisa on na onale ou B. Total flux de trésorerie d’inves ssements - 20
interna onale en termes de contenus, ces derniers
pouvant être différents d’une en té à une autre, l’en té Augmenta on de capital +6
devant les définir ini alement et les changements Dividendes payés - 22
ultérieurs, toujours possibles, doivent être expliqués. Remboursement d’emprunts - 18
Il y a 2 méthodes pour retracer ces flux : la méthode Nouvel emprunt +8
directe (préconisé par le SCF) et la méthode indirecte. C. Total flux de trésorerie de financement - 26
La différence entre les 2 méthodes réside dans le fait
que dans le cadre de ce e dernière, les flux des ac vités D. Varia on de la trésorerie = (A+B+C) +1
opéra onnelles sont déterminés à par r du résultat net
auquel on ajoute les charges non décaissables, +ou- E. Trésorerie à l’ouverture N 4
les moins-values4 et les plus-values de cession, +ou- la F. Trésorerie à la clôture N = (D+E) 5

3 Régis à l’interna onale par la norme IAS 7 publiée en 1992 et homologuée au


sein de l’Europe par le règlement CE n°1725/2003 du 29 septembre 2003.
4 Qui ne concernent pas les flux des ac vités opéra onnelles mais les opéra ons
d’inves ssement. 5 C’est le cas des progiciels comptables disponibles sur le marché na onal.

12 Revue N°1
3.2. Méthode indirecte et équivalents de liquidité à l’ouverture et à la
clôture de l’exercice. C’est ce e catégorie qu’il
Seul le mode de calcul des flux des ac vités
s’agira d’évaluer pour renseigner ledit tableau.
opéra onnelles change. La hausse du BFR en N
induit une baisse du flux de trésorerie de N. Exemple applicaƟf
Nature des flux Montants La société Alilou, avait 200 k$6 au début de l’exercice
Résultat net 36
N. Les flux monétaires en k$ de l’exercice N ont été
les suivants :
+ Dota on aux amor ssements +18
• Encaissement : 500 k$ le 20 septembre N

Technique comptable
- Plus-value de cession d’immobilisa ons (car -6
non liées aux flux d’exploita on) : 22-16 (cours du jour, 0,90 kda) et 300 UME le 15 novembre
- Varia on du BFR -1 N (cours du jour, 1,05 kda).
A. Total flux de trésorerie d’exploita on (même 47 • Décaissement : 700 k$ le 10 juin N (cours
résultat que celui de la méthode directe) du jour, 0,98 kda).
Acquisi on d’immobilisa ons - 42
Au 01/01/N, 1 k$ valait 0,95 kda. A la date de
Cession d’immobilisa ons + 22 clôture N, 1 k$ vaut 1,10 kda.
B. Total flux de trésorerie d’inves ssements - 20
SoluƟon
Augmenta on de capital +6
Dividendes payés - 22

269
1901

7652
-6863
79

614
3305
Kda
Remboursement d’emprunts - 18

5 300x1,10
Nouvel emprunt +8
C. Total flux de trésorerie de financement - 26

30
200

300

300
800
-700
100

31
61
K$

D. Varia ons de charges (car dans ce cas tous 0


les mouvements sont opérés en monnaie

4 330-269
na onale

[(800 x 1,10) - 765] - [(700 x 1,10) - 686] =


E. Varia on de la trésorerie = (A + B+ C + D) +1
F. Trésorerie à l’ouverture N 4
G. Trésorerie à la clôture N = (E+F ) 5

- Ecart sur la trésorerie de début d’exercice 200 x (1,10 - 0,95) =

3 500x0,90+300x1,05
B : Tableau de flux de trésorerie Gains et pertes de
La différence de change non réalisée se décompose en :

change non réalisés à la date de clôture


Le tableau de varia on des flux de trésorerie du
Différence de change non réalisée (par différence)

SCF, fait ressor r une ligne en fin du tableau rela ve


- Ecart sur les flux de trésorerie de l’exercice :

à l’incidence de varia on des cours de devises


étrangères. La ques on qui se pose est comment
renseigner ce e ligne.
2 765 =500x0,90 + 300x1,05

Fondements théoriques
Trésorerie au début de l’exercice

Les flux de trésorerie en monnaies étrangères


sont conver s au cours du jour du paiement ou du
Décaissements :

Trésorerie en fin d’exercice

Trésorerie en fin d’exercice


Encaissements :

règlement. Mais on peut u liser un taux de change


moyen pondéré pour l’ensemble des flux d’une
même période lorsque les écarts de change ne sont
Flux de trésorerie :

pas significa fs.


Solde des flux

Les liquidités et équivalents de liquidités en


1 200x0,95

monnaies étrangères existants à la date de clôture


sont conver s au taux de clôture.
Total

Les gains et pertes de change non réalisés résultant


de la varia on du taux de change entre la date
du flux et la date de clôture ne cons tuent pas Djelloul BOUBIR
des flux monétaires. Ils sont cependant indiqués Commissaire aux comptes
séparément dans le tableau de flux de trésorerie
afin de perme re le rapprochement des liquidités 6 Kilos dollars

Revue N°1 13
PRINCIPES GÉNÉRAUX ET TECHNIQUES DE BASE DE LA CONSOLIDATION
Par Kada BAHIRI, Maître assistant à l’université de Sidi Bel-Abbès

2. Champ d‛application, définition et objectifs

L
des comptes consolidés
a consolidation
consiste à 2.1. Champ d‛application
présenter le
Article 132.2 de l‛arrêté du 26 juillet 2008
patrimoine, la situation
«Toute entité, qui a son siège social ou son activité
financière et le résultat
principale sur le territoire national et qui contrôle
d‛un groupe d‛entités
une ou plusieurs autres entités, établit et publie
comme s‛il s‛agissait
chaque année les états financiers consolidés de
d‛une entité unique. Il existe trois méthodes de
l‛ensemble constitué par toutes ces entités».
consolidation :
Sur le plan pratique, l‛entité consolidante doit
1. La méthode de l‛intégration globale,
donc :
2. La méthode de l‛influence notable,
3. La méthode de mise en équivalence. - Avoir son siège ou son activité principale
en Algérie,
Les deux premières méthodes sont citées
- Contrôler une ou plusieurs entités situées
clairement dans le SCF. Par contre, la troisième
en Algérie et/ou à l‛étranger,
méthode trouve son sens dans l‛article 131.4
de l‛arrêté du 26 juillet 2008 fixant les règles - Détenir participations dans des entités

d‛évaluation et de comptabilisation, le contenu et associées.

la présentation des états financiers. De ce qui précède, l‛on comprend que la notion

Cet article a pour objet de traiter des principes entité consolidante vise toute société qui contrôle

généraux et techniques de base des méthodes de une ou plusieurs sociétés (entités) autrement

consolidation. dit la société consolidante c‛est la société mère


ou le holding de droit commercial qui vise toute
1. Les dispositions légales et réglementaires
entreprise qui contrôle une ou plusieurs filiales.
applicables à la consolidation des comptes
Article 132.3 «l‛établissement et la publication
● Le droit commercial : aux termes de
des états consolidés sont à la charge des organes
l‛article 732 bis 3 de l‛ordonnance n°96-27 du
d‛administration, de direction ou de surveillance
09 décembre 1996, modifiant et complétant
de l‛entité dominante de l‛ensemble consolidé,
l‛ordonnance n°75-59 septembre 1975 portant
dite entité consolidante (ou société mère)».
code de commerce : «la société holding qui fait
appel public à l‛épargne et/ou cotée en bourse, Article 133.3 «une entité dominante est

est tenue à l‛établissement et à la publication des dispensée d‛établir des états financiers consolidés

comptes consolidés tels que définis à l‛article 732 si elle est détenue quasi totalement par une autre

bis 4 du présent code». entité et si elle a obtenu l‛accord des détenteurs


des intérêts minoritaires. La détention qui totale
● Droit comptable : la réglementation
signifie que la société dominante détient au moins
relative à la consolidation des comptes est
90% des droits de vote».
constituée par la loi 07-11 du 25 novembre 2008
portant application du SCF et l‛arrêté du 26 2.2. Définition

juillet 2008 portant application du SCF. Article 132.5 «Le contrôle est défini comme le
pouvoir de diriger les politiques financières et
opérationnelles d‛une entité afin de tirer des
avantages de ses activités.

14 Revue N°1
2.3. Objectifs de la consolidation ● Pouvoir de nommer ou de révoquer la
majorité des dirigeants d‛une autre entité ;
Il s‛agit de présenter le patrimoine, la situation
financière et le résultat d‛un groupe d‛entités ● Pouvoir de fixer les politiques financières
comme s‛il s‛agissait d‛une entité unique. La et opérationnelles de l‛entité en vertu des
consolidation d‛applique tant à la situation statuts ou d‛un contrat ;
patrimoniale (bilan consolidé) qu‛a la mesure des
● Pouvoir de réunir la majorité des droits
performances (compte de résultats consolidés).
de vote dans les réunions des organes de

Technique comptable
Selon l‛article 132.1 «les comptes consolidés
gestion de l‛entité.
visent à présenter le patrimoine, la situation
financière et le résultat d‛un groupe d‛entités 3.2. Influence notable

comme s‛il s‛agissait d‛une entité unique». Selon les dispositions du paragraphe 132-11 du

2.4. Entités laissées en dehors du champ SCF «l‛influence notable est présumée exister

d‛application de la consolidation dans les cas suivants :

Article 136.6 «sont laissées en dehors du champ ● Détention directe ou indirecte de 20% ou

d‛application de la consolidation les entités pour plus des droits de vote ;

lesquelles des restrictions sévères et durables ● Représentation dans les organes


remettent en cause substantiellement le contrôle dirigeants ;
ou l‛influence exercée sur elles par l‛entité
● Participation au processus d‛élaboration
consolidante. Il en est de même pour les entités
des pilotages stratégiques ;
dont les actions ne sont détenues qu‛en vue de leur
cession ultérieure dans un avenir proche. Toute ● Transactions d‛importance significatives,
exclusion de la consolidation d‛entités entrant échange d‛informations techniques essentielles
dans les catégories visées dans ce point est ou échanges de cadres et de dirigeants».
justifiée dans l‛annexe des comptes consolidés». 3.3. Pourcentage de contrôle
2.5. Responsabilités de l‛établissement et de la Le pourcentage de contrôle exprime le lien de
publication des comptes consolidés dépendance directe ou/et indirecte entre la
Selon l‛article 33 de la loi 07-11 portant SCF, société-mère et les sociétés du groupe. Il exprime
les organes d‛administration, de direction ou de le nombre de droits de vote dont dispose la société-
surveillance de l‛entité dominante de l‛ensemble mère et les sociétés à l‛assemblée générale
consolidé ont la responsabilité d‛établir et de d‛une société du groupe, soit directement, soit
publier les états financiers consolidés. indirectement par l‛intermédiaire d‛entreprises
sous contrôle exclusif. Le pourcentage de
3. Contrôle et influence notable
contrôle permet de déterminer le périmètre
3.1. Situations où le contrôle est présumé de consolidation et la méthode de consolidation
exister (article 132.5) et se calcule par addition des pourcentages

● Détention directe ou indirecte (par de détention de capital dans les sociétés

l‛intermédiaire de filiales) de la majorité des considérées. Il représente le pourcentage de

droits de vote dans une autre entité ; vote que détient la société consolidante, soit
directement, doit indirectement sur une filiale ou
● Pouvoir sur plus de 50% de droits de
une participation. En résumé, le pourcentage de
vote obtenu dans le cadre d‛un accord avec les
contrôle représente la somme des droits de vote
auteurs associés ou actionnaires ;
détenus par la société.

Revue N°1 15
Exemple 1 : la somme :

Société M - Des intérêts directs : 100% des actions et,

70% - Des intérêts indirects au prorata des intérêts


Filale 1 détenus sur les éléments de la chaine
30% Exemple 1 :
Filiale 2 Société M
70%
Dans l‛exemple 1, M détient la majorité des Filale 1
droits de vote dans les assemblées de F1, elle 30%
peut désigner ses organes de direction et par
Filiale 2
conséquent, elle exerce un contrôle exclusif sur
la société F1. Celle-ci détient 30% des droits de
Le % d‛intérêt de la société M dans le patrimoine
vote dans les assemblées de F2. La société-mère
de la société F1 est de 70% et il est de 21% dans
M exerce, indirectement par l‛intermédiaire de
F2 (70% x 30%) .
la société F1 qu‛elle contrôle exclusivement, une
influence notable sur la société F2. A A
Exemple 2 :
80% 0% 51% 10%
Société M
25% 30% 30%
B C B C
Filale 1
Configura on 1 Configura on 2
55%
Filiale 2 A

30% 10%
Dans l‛exemple 2, M exerce une influence notable
sur la société F1 puisqu‛elle ne détient que 25% 80%
des droits de vote dans les assemblées de cette B C

société. La société F1 contrôle de manière Configura on 3


exclusive la société F2 car elle détient la
Configuration 1
majorité des droits de vote dans les assemblées
de cette dernière et peut désigner ses organes 1. Calcul du périmètre de consolidation en
de direction. La société-mère ne contrôle par F2. utilisant le pourcentage de contrôle

3.4. Pourcentage d‛intérêt

Le pourcentage d‛intérêt de la société-mère % de droit de vote Contrôle


Entités

dans une société du groupe exprime la fraction exclusif ou Méthode de


Indirects
Directs

Total

des capitaux propres de cette société, qui influence consolidation

appartient directement ou indirectement à la notable

société-mère. Il se calcule en tenant compte des B 80% - 80% Contrôle Intégration

capitaux détenus directement ou indirectement exclusif globale

par la société-mère ou par l‛intermédiaire de C - 30% 30% Influence Mise en


ses filiales contrôlées exclusivement ou sous notable équivalent
influence notable. C‛est celui qui sera utilisé pour
la distribution des dividendes et est constitué de

16 Revue N°1
2. Pourcentage d‛intérêt 4. Méthodes de consolidation

% d‛intérêts 4.1. Consolidation des filiales


Entités
Directs Indirects Total Méthode de l‛intégration globale
B 80% - 80%
Article 132-7 «dans le cadre de l‛établissement
C - 24% 24%
de comptes consolidés, les entités contrôlées sont
Configuration 2 consolidées suivant la méthode de l‛intégration
globale. Cette méthode consiste :

Technique comptable
1. Calcul du périmètre de consolidation en
- Au bilan, à reprendre les éléments
utilisant le pourcentage de contrôle
du patrimoine de l‛entité consolidante, à
% de droit de vote Contrôle l‛exception des titres des entités consolidées,
Entités

exclusif ou Méthode de
Indirects

et de substituer à la valeur comptable de ces


Directs

Total

influence consolidation titres non repris, l‛ensemble des éléments


notable actifs et passifs constitutifs des capitaux
Contrôle Intégration propres de ces entités déterminés d‛après les
B 51% - 51%
exclusif globale règles de consolidation.
Influence Mise en - Au compte de résultats, à substituer aux
C 10% 30% 40%
notable équivalent opérations de la société consolidante, celles
2. Pourcentage d‛intérêt réalisées par l‛ensemble consolidé, en excluant
les opérations traitées entre elles par les
% d‛intérêts
Entités entités faisant partie de cet ensemble.
Directs Indirects Total
B 51% - 51% Les états financiers consolidés prennent en compte
C 10% 15% 25% les intérêts des tiers (intérêts minoritaires).
Ces intérêts des minoritaires figurent sous une
Configuration 3
rubrique spécifique dans les capitaux propres et
1. Calcul du périmètre de consolidation en dans les résultats nets de l‛ensemble consolidé».
utilisant le pourcentage de contrôle
4.2. Consolidation des entités associées
% de droit de vote Contrôle
Méthode de mise en équivalence
Entités

exclusif ou Méthode de
Indirects
Directs

Article 132-11 «une entité associée est une


Total

influence consolidation
entité dans laquelle l‛entité consolidante exerce
notable
une influence notable et qui n‛est ni filiale ni entité
Influence Mise en
B 30% - 30% constituée dans le cadre d‛opérations faites en
notable équivalent
commun. L‛influence notable est présumée exister
Hors Pas de
dans les cas suivants :
C 10% - 10% périmètre de consolidation
• Détention directe ou indirecte de 20%
consolidation
des droits de vote ;
2. Pourcentage d‛intérêt • Représentation dans les organes de
% d‛intérêts dirigeants ;
Entités
Directs Indirects Total • Participation au processus d‛élaboration
B 30% - 30% des politiques stratégiques ;
C 10% 24% 34%
• Transactions d‛importance significative,
Dans la configuration 3, A détient un contrôle de 10% échange d‛informations techniques essentielles
sur C et 34% des parts d‛intérêts. ou échange de cadres et de dirigeants.

Revue N°1 17
Article 132-12 « dans le cadre de l‛établissement 4.3.1. Définition de contrôle conjoint
de comptes consolidés, les participations dans
Le contrôle conjoint se dit d‛un contrôle d‛une
les entités associées sont comptabilisées selon
entité sur une autre, caractérisé par le partage
la méthode de mise en équivalence qui consiste :
du contrôle d‛une entité en commun par un nombre
● Au bilan de l‛actif du bilan consolidé limité d‛associés, d‛actionnaires, de sorte que les
- à substituer à la valeur comptable des titres décisions sont prises d‛un commun accord.
la part qu‛ils représentent dans les capitaux 4.3.2. Principaux traitements en consolidation
propres et le résultat de l‛entité associé,
● Prise en compte des postes du bilan et du compte
- à imputer l‛écart ainsi dégagé aux réserves
de résultat retraités de la filiale à hauteur de
consolidées et au résultat consolidé.
la quote-part de détention, par substitution des
● Au niveau du compte de résultat consolidé titres de participation chez la société détentrice.
- à présenter sous une rubrique particulière ● Élimination des opérations intragroupe.
la part du groupe dans le résultat de l‛entité
● Pas de constatations d‛intérêts minoritaires
associée,
dans les capitaux propres consolidés puisque le
- à prendre en compte dans le calcul du
groupe intègre uniquement sa quote-part dans les
résultat consolidé cette part du groupe dans
comptes consolidés.
le résultat de l‛entité associée».

4.3. L‛intégration proportionnelle


Bibliographie
Les dispositions concernant la méthode de
l‛intégration proportionnelle sont citées dans la 1. Les textes relatifs au Système Comptable

section 1 du chapitre 3 de l‛arrêté comptable financier.

«opérations faites en commun» au lieu d‛être 2. Code de commerce Algérien.


développées dans la section 2 du même chapitre
3. Djelloul BOUBIR, consolidation des
relative à la consolidation. La lecture du
comptes comparatifs SCF-IFRS, Les éditions du
paragraphe 131.4 de l‛arrêté comptable SCF
sahel, 2013.
précise : «lorsque les opérations en commun sont
effectuées dans le cadre d‛une entité séparée 4. Claude et Gilles LAVABRE, comptabilité
dans laquelle chaque coparticipant détient une des sociétés, fusion-consolidation, éditions
participation, les coparticipants comptabilisent LITEC, 2005.
chacun la quote-part leur revenant dans les 5. Abdessalem MEDJOUBI, SCF, système
actifs, passifs, les résultats, les charges et comptable financier, 2010.
produits et les flux de trésorerie de l‛entité
commune». De ce fait, nous remarquons que
Kada BAHIRI
l‛article précité donne exactement la définition
Maître assistant
de la méthode d‛intégration proportionnelle des Université Sidi bel Abbès
entités contrôlées conjointement.

18 Revue N°1
RÉGIME FISCAL DES PLUS-VALUES PROFESSIONNELLES
Par Rabah TAFIGHOULT, Expert-comptable

L
A. Définition l‛impôt est retranchée de la valeur comptable
de ces immobilisations pour la détermination de
a plus-value
la plus-value imposable ou de la moins-value à
professionnelle
déduire.
correspond au profit
réalisé par une entreprise à C. Régime fiscal
l‛occasion de la cession d‛une
Il existe deux régimes fiscaux des plus-values de
immobilisation amortissable
cession des éléments d‛actif immobilisé :
ou non amortissable dans le
cadre d‛une activité industrielle, commerciale, • Le régime des plus-values à court ou à

artisanale, agricole ou professionnelle. long terme.

Sont également assimilées à des immobilisations, • Le régime des plus-values à réinvestir.

les acquisitions d‛actions ou de parts ayant pour 1° - Régime fiscal des plus-values à court
effet d‛assurer à l‛exploitant la pleine propriété ou à long terme
de 10% au moins du capital d‛une tierce entreprise.
a. Qualification de la plus-value
Sont considérées comme faisant partie de l‛actif
Les plus-values provenant de la cession de biens
immobilisé, les valeurs constituant le portefeuille
faisant partie de l‛actif immobilisé sont imposées
des entrées dans le patrimoine de l‛entreprise
différemment, selon qu‛elles sont à court terme

Fiscalité et droit
depuis deux (2) ans au moins avant la date de la
ou à long terme.
cession.
- les plus-values à court terme proviennent
Il y a moins-value, lorsque le prix de cession
de la cession d‛éléments acquis ou créés
est inférieur à la valeur inscrite au bilan de
depuis trois (3) ans ou moins ;
l‛immobilisation cédée.
- les plus-values à long terme sont celles
B. Détermination de la plus-value
qui proviennent de la cession d‛éléments
La plus-value est déterminée par la différence acquis ou créés depuis plus de trois (3) ans.
entre le prix de cession et la valeur comptable de
b. Imposition du montant de la plus-value
l‛élément d‛actif cédé.
Le montant des plus-values provenant de la
Le prix de cession est celui convenu entre les
cession partielle ou totale des éléments de
parties et qui est stipulé dans l‛acte de cession
l‛actif immobilisé dans le cadre d‛une activité
ou la facture.
industrielle, commerciale, artisanale ou agricole
La valeur comptable correspond à : ou dans l‛exercice d‛une activité professionnelle,

- la valeur d‛acquisition pour les à rattacher au bénéfice imposable, est déterminé

immobilisations non amortissables ; en fonction de la nature des plus-values comme


suit :
- la valeur d‛acquisition diminuée
• s‛il s‛agit de plus-values à court terme,
des amortissements pratiqués pour les
leur montant est compté dans le bénéfice
immobilisations amortissables.
imposable, pour 70 % ;
En cas de cession des immobilisations acquises
• s‛il s‛agit de plus-values à long terme, leur
au moyen de subventions, la fraction de la
montant est compté, pour 35 %.
subvention non encore rapportée aux bases de

Revue N°1 19
2° - Régime fiscal des plus-values à D. Exonérations
réinvestir
1° - Plus-values réalisées entre des sociétés
Dans le présent régime, les plus-values provenant d‛un même groupe
de la cession en cours d‛exploitation des éléments
Les plus-values réalisées entre des sociétés d‛un
de l‛actif immobilisé ne sont pas comprises dans le
même groupe ne sont pas comprises dans les
bénéfice imposable de l‛exercice au cours duquel
bénéfices soumis à l‛impôt.
elles ont été réalisées, si le contribuable prend
l‛engagement de réinvestir en immobilisations 2° - Plus-values réalisées lors de la cession

dans son entreprise avant l‛expiration d‛un délai d‛un élément d‛actif par le crédit preneur au

de trois (3) ans, à partir de la clôture de cet crédit bailleur.

exercice, une somme égale au montant de ces • Les plus-values réalisées lors de la cession
plus-values, qu‛il viendra s‛ajouter au prix de d‛un élément d‛actif par le crédit preneur au
revient des éléments cédés. crédit bailleur dans son contrat de crédit-

Cet engagement de réinvestir doit être annexé bail de type lease Back, ne sont pas comprises

à la déclaration des résultats de l‛exercice au dans les bénéfices soumis à l‛impôt.

cours duquel les plus-values ont été réalisées. • Les plus-values réalisées lors de la

Si leur emploi est effectué dans le délai prévu rétrocession d‛un élément d‛actif par le crédit

ci-dessus, les plus-values distraites du bénéfice bailleur au profit du crédit preneur au titre du

imposable sont considérées comme affectées à transfert de propriété à ce dernier ne sont

l‛amortissement des nouvelles immobilisations et pas comprises dans les bénéfices soumis à

viennent en déduction du prix de revient pour l‛impôt.

le calcul des amortissements et des plus-values


réalisées ultérieurement.

Dans le cas contraire, elles sont rapportées au


Rabah TAFIGHOULT
bénéfice imposable de l‛exercice au cours duquel
Expert-comptable,
a expiré le délai ci-dessus.

Le choix de ce mode d‛imposition revient au


contribuable. En dehors de l‛engagement de
réinvestir à annexer à la déclaration des résultats
de l‛exercice au cours duquel les plus-values ont
été réalisées, il n‛y a aucune autre condition
particulière.

20 Revue N°1
LES VARIATIONS DU CAPITAL SOCIAL DANS LES SOCIÉTÉS PAR ACTIONS
ASPECT JURIDIQUE
Par Abdelouahab ESSADEK, Expert-comptable

L‛AUGMENTATION DU CAPITAL d‛attribution (DT) attaché à l‛action ancienne.

L
Ce droit est négociable6.
e capital social est
augmenté soit par 3. La libération des apports.
émission d‛actions
Les actions souscrites en numéraire sont
nouvelles, soit par
obligatoirement libérées, lors de la souscription,
majoration du montant
d‛un quart (1/4) au moins de la valeur nominale
nominal des actions
et, le cas échéant, de la totalité de la prime
existantes1.
d‛émission 7 .
1. Les modalités de l‛augmentation du capital
LA RÉDUCTION DU CAPITAL
Il existe quatre formes d‛augmentation de capital : 2
La réduction du capital est autorisée par
A. Par des apports nouveaux en numéraire : l‛assemblée générale extraordinaire8.
avec émission d‛actions nouvelles à un prix
1. Les motifs de la réduction du capital
d‛émission compris entre le nominal et la
«valeur» du titre3. La réduction du capital peut avoir pour motif :

B. Par des apports nouveaux en nature : A. Redresser la situation financière

avec émission d‛actions nouvelles à un prix négative de la société. Il s‛agit d‛effacer les

théoriquement proche de la «valeur» du titre. déficits antérieurs, pour écarter la dissolution

Fiscalité et droit
de la société, lorsque son actif net n‛a pas
C. Par incorporation de réserves, primes ou
été reconstitué à l‛issue d‛un délai de 2 ans,
bénéfices : avec émission d‛actions nouvelles
conformément à l‛article 715 bis 20 du code
gratuites (Éventuellement : augmentation du
de commerce.
nominal des actions).
B. Ajuster le montant du capital social au
D. Par conversion des droits de créances :
volume d‛activité de la société. Il s‛agit d‛un
avec émission d‛actions nouvelles à un prix
remboursement aux actionnaires d‛une partie
théoriquement proche de la «valeur» du titre.
de leur capital libéré.
2. Protection des anciens actionnaires
2. Les modalités de la réduction du capital
L‛assemblée générale extraordinaire est seule
• Une réduction de la valeur nominale :
compétente pour décider, sur le rapport du
la règle du minimum de la valeur nominale doit
conseil d‛administration ou du directoire, selon le
être respectée;
cas une augmentation du capital4.
• Une réduction du nombre des actions :
- Dans le cas d‛un apport en numéraire :
cette méthode complexe, s‛applique quand les
les anciens actionnaires bénéficient d‛un droit
statuts organisent cette opération.
préférentiel de souscription (DS) attaché à
l‛action ancienne. Ce droit est négociable5. • Achat par les sociétés de leurs propres
actions : l‛assemblée générale qui a décidé une
- Dans le cas d‛incorporation de réserves :
réduction du capital non motivée par des pertes
les anciens actionnaires bénéficient d‛un droit
peut autoriser le conseil d‛administration ou

1 Ar cle 687 du Code de Commerce


2 Ar cle 688 du Code de Commerce
3 Ar cle 690 du Code de Commerce 6 Ar cle 708 du Code de Commerce
4 Ar cle 691 du Code de Commerce 7 Ar cle 705 du Code de Commerce
5 Ar cle 694 du Code de Commerce 8 Ar cle 712 du code de commerce

Revue N°1 21
le directoire à acheter un nombre déterminé 2. Les effets de l‛amortissement du
d‛actions pour les annuler . 9
capital

L‛égalité entre les actionnaires et le capital - Il n‛y a pas réduction du capital. Le capital est
minimum doivent être respectés. présenté en deux rubriques :

L‛AMORTISSEMENT DU CAPITAL • Capital non amorti.

L‛amortissement du capital est effectué en vertu • Capital amorti.


d‛une disposition statutaire ou d‛une décision de
- Les actions intégralement ou partiellement
l‛assemblée générale extraordinaire et au moyen
amorties perdent à due concurrence12 :
des sommes distribuables. Cet amortissement ne
peut être réalisé que par voie de remboursement • Le droit de premier dividende ;

égal sur chaque action d‛une même catégorie et • Le droit au remboursement de la partie
n‛entraîne pas de réduction du capital10. déjà amortie de la valeur nominale ;

1. Les modalités d‛amortissement du • mais conservent les autres droits : droit


capital de vote, droit au superdividende, au boni de

Il s‛agit de rembourser aux actionnaires tout ou liquidation, droit de souscription.

partie du nominal des actions.

L‛amortissement du capital demande la


constitution d‛une réserve au moins égale au
Abdelouahab ESSADEK
montant des sommes distribuées.
Expert-comptable,

Le remboursement doit être d‛un montant égal


pour chaque action de même catégorie.

Les actions intégralement amorties sont appelées


«actions de jouissance»11.

9 Alinéa 2 de l’ar cle 714 du code de commerce


10 Ar cle 709 du code de commerce
11 Alinéa 2 de l’ar cle 709 du code de commerce 12 Ar cle 710 du code de commerce

22 Revue N°1
L’ADOPTION DU SCF EN ALGÉRIE, L’APPORT DE LA THÉORIE
INSTITUTIONNELLE
Extrait d’une thèse doctorale
Par Kamel REMMACHE, Docteur en sciences de gestion, l’ESC d’Alger,
Maître des conférences, université de Skikda

L’
objectif de ce institutionnaliste, cette variable est primordiale
travail était de pour mesurer l‛influence des acteurs touchés par
restituer l‛adoption le SCF.
du système
Notre recherche s‛accorde avec les travaux
comptable et financier
de DiMaggio et Powell (1983) selon lesquels
dans une perspective
l‛État est l‛acteur principal dans l‛isomorphisme
institutionnelle en faisant
institutionnel mais l‛influence de ses départements
recours aux travaux de DiMaggio et Powell (1983)
n‛est pas uniforme. Les motivations sont diverses
pour expliquer l‛état de conformité avec les
et la manière par laquelle la conformité s‛applique
nouvelles règles comptables émanant des normes
diffère aussi. La recherche documentaire et
IAS/IFRS ainsi que des normes internationales
empirique révèle que la coercition par l‛État est le
d‛audit. Dans notre contexte, notre hypothèse part
principal mécanisme institutionnel des nouvelles
de l‛idée selon laquelle l‛adoption du SCF n‛est pas
pratiques comptables en Algérie. La coercition
suffisante pour assurer une meilleure conformité
est en effet un reflet du pouvoir exercé à grande
avec les normes comptables internationales. Un
échelle. Ce pouvoir a joué un rôle important dans la
ensemble de critères a été introduit pour juger
détermination de ces résultats, les organisations
cette conformité expliquée entre autres par le
se trouvent exposées, au sens stratégique
respect de l‛instruction n°2 portant sur le passage
du terme, à différentes attentes et logiques
au SCF, le degré d‛application des notes du CNC et
institutionnelles. Ces constats s‛opposent avec les
le respect des nouvelles normes professionnelles
recherches précédentes qui montrent que dans
(NAA).
les pays anglo-saxons, l‛isomorphisme mimétique
Notre recherche s‛est efforcée d‛examiner les est le mécanisme dominant de l‛isomorphisme
variables explicatives de la profession comptable institutionnel (M. S. Mizruchi et L. C. Fein, 1999).
en Algérie, le poids de l‛État et les différents
En Algérie, l‛influence de l‛État vient de deux
comportements manifestés par les acteurs
sources, la première émanant du ministère des
touchés à l‛égard du SCF et de la qualité des
Finances via la Direction Générale des Impôts
états financiers. L‛exploitation de la théorie néo-
(DGI) et la deuxième du Conseil National de
Réflexions
institutionnelle dans le domaine du reporting
Comptabilité (CNC) chapeautée désormais
financier n‛a pas gagné une large attention des
par ledit ministère. Cependant, les sources du
sphères académiques, les recherches ultérieures
pouvoir et les moyens de leur exercice ainsi
ont introduit des axes qui n‛ont pas été soulevés
que les logiques institutionnelles diffèrent
dans les études antérieures (Lounsbury,
d‛une institution à l‛autre. Le CNC exerce son
Lawrence, 2008). Deux axes nous semblent servir
pouvoir par la promulgation des règles sous
le domaine du reporting financier, le premier est
forme des notes, avis et circulaires qui facilitent
le fait qu‛il y a une grande hétérogénéité dans
l‛application des traitements proposés ainsi que
les logiques institutionnelles entre organisations,
les options à respecter lors de l‛établissement
État, investisseurs et professionnels comptables
des états financiers. Cette forme de contrôle
à l‛opposé de ce qu‛a été avancé dans les travaux
est dominante dans le domaine comptable,
de DiMaggio et Powell (1983). La deuxième
elle fournit également une grande part de
a trait au rôle du pouvoir dans la recherche
légitimité aux entités économiques. Néanmoins,

Revue N°1 23
l‛incapacité du CNC à promouvoir les avis et les Le pouvoir de l‛administration fiscale est
notes proposés avec leur degré d‛application incontestable à travers les lois de finances
relativement faible par les professionnels (60% promulguées depuis 2008 ainsi que les différentes
de l‛échantillon déclarent que les notes et les formes de vérification et d‛inspection exercées
avis du CNC sont faiblement appliqués) ont rendu en vue de faire respecter la réglementation en
le niveau d‛institutionnalisation de la profession vigueur. Le pouvoir coercitif de l‛administration
très problématique. fiscale est dominant et ses prérogatives
sont très larges par rapport à la profession
De nombreux traitements offerts par le CNC
comptable. À propos des règles relatives au SCF,
depuis l‛introduction du SCF en 2010 n‛ont pas
notons particulièrement celles liées à la liasse
encore été appliqués par les professionnels
fiscale, aux règles relatives à la détermination
comptables à savoir entre autres la juste
du résultat fiscal…etc. Cependant, la volatilité,
valeur, les impôts différés, les pertes de
l‛intensité voire les contradictions (l‛article 53 de
valeur…etc. Bien que les entités économiques
la loi des finances 2014 relatif au crédit-bail en
adhèrent légalement le Système Comptable et
est un exemple) de la réglementation fiscale ont
Financier, la concrétisation de ses différentes
pénalisé la tâche des professionnels à mener leurs
dispositions demeure toutefois faible. Cela
missions de préparation des états financiers que
signifie que le passage au SCF, du point de vue
de certification des comptes. Les préparateurs
des professionnels, n‛est qu‛une obligation qui
des états financiers et les auditeurs ont déploré
leur permet de gagner la légitimité loin de toute
cette volatilité, car elle les astreint de tenir
recherche à l‛efficience. Les règles relatives à la
compte continuellement de la réglementation en
profession à l‛image des nouvelles normes d‛audit
vigueur pour préparer leurs états.
algériennes (NAA) instaurées que récemment
n‛ont pas attitré à première vue l‛attention des Il s‛ensuit que l‛État exerce un pouvoir très
professionnels malgré leur importance dans élargi voire absolu que l‛influence de la profession
la qualité des travaux fournis et la protection comptable qui cherche à se faire entendre
légale des auditeurs. L‛incertitude manifestée depuis l‛avènement de la 10/01. Les efforts des
par les professionnels à l‛égard des normes membres du CNC à répondre aux attentes des
internationales de la profession et le niveau acteurs touchés aussi bien par le SCF que par
faible d‛intellectualisation constituent les raisons les nouvelles normes de la profession n‛ont pas
clés qui entravent ceux-ci à réagir strictement gagné l‛attention des professionnels comptables
avec les nouveautés relatives à la profession. libéraux ou salaries. Les résultats révèlent
que l‛isomorphisme normatif est faible, car la
L‛exercice du pouvoir par le CNC a été exprimé
majorité n‛a pas réagi contre les nouvelles règles
progressivement par les efforts déployés en
et reste inattentive à l‛égard de leur respect.
vue de structurer la profession et défendre les
Cela va impacter le degré de professionnalisation
intérêts des professionnels. À titre d‛exemple,
qui sera répercuté sur la qualité à la fois des
les réactions du CNC à l‛égard des dispositions de
états financiers et des travaux d‛audit menés.
la loi 10/01 relatives à la responsabilité des CAC
Les avis des professionnels s‛accordent que
ont été récompensées par la révision des articles
la profession est incapable d‛imposer et faire
concernés. De même pour les procédures du
respecter les règles proposées, cela n‛exclut
recours aux cahiers de charges pour la désignation
pas les efforts déployés par les membres du
des CAC qui ont suscité des controverses et des
CNC pour institutionnaliser et homogénéiser les
débats intenses et perçues par de nombreux
nouveaux traitements comptables, or l‛incapacité
professionnels comme déshonorant la profession
du CNC à créer des structures chargées de lutter
et altérant l‛indépendance des CAC.

24 Revue N°1
contre l‛exercice illégal et le contrôle qualité innovations comptables constituent les raisons
des cabinets d‛audit constituent l‛un des enjeux principales qui affectent profondément le
majeurs de la profession en Algérie. processus d‛institutionnalisation.

L‛avènement de la loi 10/01 a marqué le changement La profession comptable est appelée d‛abord
du processus d‛institutionnalisation de la à s‛adapter avec un marché au potentiel de
profession comptable en Algérie, la réorganisation croissance important et ensuite à s‛étendre à de
de la profession et l‛introduction des nouvelles nombreux domaines de compétence qui restent
normes professionnelles en sont un exemple du inexplorés par les professionnels algériens.
changement institutionnel. Les travaux d‛audit La prise en comptes de ces enjeux permettra
menés par les professionnels doivent respecter aux professionnels de se réorganiser et faire
dorénavant les nouvelles normes de la profession. face à la concurrence des Big4 déjà présents
Néanmoins, le manque d‛instituts de formation à en Algérie depuis des années. Ces firmes ont su
l‛exception des initiatives lancées par la CNCC a détenir des parts de marchés et profiter ainsi
influé énormément sur l‛institutionnalisation des des vides juridiques existant aussi bien dans la loi
nouvelles règles du jeu. Les résultats révèlent 91/08 que dans la loi 10/01, raison pour laquelle
que 80% de l‛échantillon sont insatisfaits de la ils se sont imposés dans le marché algérien. Ces
réglementation régissant la profession et 60% géants de l‛industrie comptable présentent des
déclarent que la production du CNC est faiblement compétences avérées en normes internationales,
appliquée. Le changement de la réglementation n‛a mais la question de savoir leur implication dans
pas atteint les objectifs escomptés en matière les domaines de l‛éducation et de formation et
d‛institutionnalisation. Il en résulte qu‛en dehors leur apport dans la réglementation comptable
des considérations de performance, les variables demeurent un terra incognita vu le manque des
culturalo cognitives jouent un rôle déterminant data relatifs à ces firmes en Algérie.
dans le changement institutionnel. Les avis des
À noter que 65% des professionnels de notre
professionnels tendent à confirmer le fait que
échantillon soulignent que ces firmes ne respectent
la majorité n‛est pas préparée culturellement et
pas la réglementation locale régissant l‛exercice
cognitivement à accepter les nouvelles règles du
de la profession malgré la loi 10/01 est clair sur
jeu.
cet aspect. Dans une perspective institutionnelle,
La théorie néo-institutionnelle a par ailleurs il est évident que les cabinets d‛audit étrangers
avancé que les institutions sont stables et et locaux exercent leurs métiers différemment
permanentes. Or, dans le contexte des pays selon des objectifs, motivations, carrières et
Réflexions
en transition, les institutions subissent des cultures différentes. L‛internationalisation de la
changements profonds qui sont la résultante de profession classe cependant ces cabinets dans
l‛interaction des forces sociales et politiques. une position plus avancée que les cabinets locaux
Les exigences de l‛économie de marché et la en termes de moyens humains et financiers,
concurrence provenant des firmes internationales organisation et méthodes de travail adoptées.
d‛audit ont influé sur l‛institutionnalisation
L‛enjeu des professionnels est donc de surmonter
de la profession. Bien que le CNC ait affiché
les contraintes culturelles et savoir comment
manifestement sa volonté de hisser la profession
se regrouper et rivaliser avec les Big4, cela ne
à son véritable niveau en instituant les normes
se réalisera que par la maitrise des standards
appliquées à l‛échelle internationale, l‛incapacité
internationaux et la restructuration de leurs
de promouvoir et diffuser les nouvelles normes
métiers. Les résultats sont venus confirmer
à grande échelle confrontée par l‛inertie et
ces arguments, les cabinets d‛audit en Algérie
l‛incertitude des professionnels à l‛égard des
préfèrent travailler dans un climat familial, les

Revue N°1 25
autres formes (SARL, SPA) sont faiblement postes les plus affectés par le passage divergent
présentes. En revanche, 85% des cabinets sensiblement, les immobilisations se classent
recrutent moins de 5 personnes selon l‛échantillon en première position. Ceci est expliqué par le
de l‛étude, le résultat montre clairement le fait que le SCF a offert un volume important
conservatisme des professionnels à participer de traitements réservés aux immobilisations à
dans des sociétés où l‛actionnariat est élevé. l‛image de l‛approche par composant, les indices
La question à se poser est dans quelle mesure de dépréciation, la réévaluation, la durée d‛utilité,
nos professionnels peuvent s‛imposer face à la pertes de valeur, cas du crédit-bail…etc.
concurrence acharnée des cabinets étrangers ?
Le mouvement du CNC à se concentrer sur les
En outre, les professionnels n‛ont pas exploité immobilisations s‛explique par l‛effet important
convenablement les traitements offerts par la de ces actifs sur la performance de l‛entité et
nouvelle réglementation comptable (loi 07/11), la structure du bilan. Le respect des traitements
une panoplie de traitements à l‛image des impôts offerts par le SCF permettra aux entités de
différés, approche par composants, pertes de refléter fidèlement ces actifs dans les états
valeur…etc. préconisés depuis 2010 mais n‛ont financiers. Cependant, le basculement des
pas été traduits dans les états financiers. Les préparateurs des états financiers aux nouveaux
professionnels ont éprouvé des difficultés traitements pour rechercher les ressources
énormes face à certains traitements tels que financières n‛est pas évident, la dépendance aux
la juste valeur, le Goodwill, les impôts différés, ressources ne s‛affiche pas comme la source
durée d‛utilité et l‛approche par composant. Bien principale du changement comptable. Dans cet
que la juste valeur ait largement gagné l‛attention ordre d‛idées, la vaste majorité des traitements
des professionnels (65% de l‛échantillon), le proposés depuis l‛avènement du SCF en 2010 n‛a
SCF n‛y accorde pas une importance cruciale. pas été traduite dans le corps des états financiers
Le recours à cette mesure dans l‛évaluation/ publiés à l‛exception de certaines tentatives,
réévaluation des actifs et passifs se répercutera cela signifie que les entités n‛accordent pas une
sur la qualité des états financiers. Or, la réalité utilité à ces traitements, car l‛objectif des états
économique et financière en Algérie a largement financiers, à l‛opposé de ce qui a été stipulé par
influé sur la faisabilité de cette mesure. Les le SCF, n‛est pas la prise de décision économique
préparateurs des états financiers ne voient pas et la recherche des opportunités d‛affaires, mais
utile d‛appliquer les traitements précités et la réponse aux exigences de la réglementation
présenter ainsi des états financiers de qualité qui fiscale et certains organismes tels que les BOAL.
serviront la prise de décision.
Les notions d‛isomorphisme et de légitimité
Les préparateurs des états financiers ne sont pas avancées par la théorie néo-institutionnelle sont
incités à exploiter les avantages offerts par le exploitées dans le contexte de la profession
SCF dans la mesure où le climat des affaires les comptable en Algérie. En effet, la recherche
empêche à mettre en valeur le contenu de ces montre que le passage des entités économique
états, s‛y ajoute à cela les difficultés d‛évaluation au SCF est cérémonial et répond en grande
de certains actifs et passifs dans l‛absence partie aux obligations légales, les considérations
des agences d‛évaluation externes. L‛absence d‛efficience sont absentes dans les objectifs des
de formations spécialisées et le manque dirigeants lors du passage. L‛adoption du SCF
d‛outils nécessaires pour opérer les évaluations par les entités économiques s‛est vue comme
s‛affichent aussi parmi les motifs qui laissent les une quête derrière la légitimité et non plus
professionnels inattentifs de l‛utilité du SCF. une recherche de rationalité. Ces arguments
Bien que les avis des professionnels à propos des conduisent à confirmer la première hypothèse

26 Revue N°1
selon laquelle l‛adoption du nouveau référentiel règles comptables sont l‛expression des règles
comptable n‛est pas suffisante pour assurer une économiques, l‛importation d‛un modèle comptable
meilleure conformité avec les normes IFRS. anglo-saxon dans un environnement où les acteurs
n‛accordent pas une importance aux informations
Les résultats issus de notre recherche révèlent
contenues dans les états financiers va mettre
que 55% de l‛échantillon considèrent que
le modèle en échec. Les pratiques comptables
l‛attachement aux anciennes pratiques est l‛un
tiennent leur utilité dans la société dès lors que
des facteurs qui influent sur la conformité avec
les acteurs manifestent le besoin d‛y adhérer et
le système comptable et financier. Selon la
mettre en valeur.
théorie institutionnelle, la transformation des
systèmes politiques et économiques entraine un Le processus de normalisation comptable
changement dans les comportements des entités expérimenté par le CNC depuis sa nouvelle
économiques. Cependant, les résultats avancés installation n‛a pas pris en compte l‛idée de
par différents auteurs dans ce domaine affichent concertation avec les acteurs clés de la chose
une résistance au changement significative comptable à savoir entre autres les organes
dans le domaine comptable (Carpenter et de l‛état, l‛université, les investisseurs, les
Feroz, 2001). La nécessité de faire appel aux bailleurs de fonds, les auditeurs et les analystes.
traitements autres que préconisés par le SCF Cette concertation aboutira l‛ensemble des
est relativement faible, les professionnels n‛ont opérateurs à valoriser le nouveau référentiel
pas encore ressenti le changement et leur comptable, le recours aux nouveaux traitements
résistance traduit bien l‛incertitude à l‛égard comptables nécessaires dans l‛établissement des
des innovations comptables introduites par les états financiers et l‛échange des informations
normes internationales, la conformité ne sera financières seront donc optimisés.
donc atteinte ce qui nous conduit à confirmer la
deuxième hypothèse selon laquelle les routines
et les pratiques en place héritées de la période
socialiste freinent le changement vers les Kamel REMMACHE
nouvelles normes comptables. Docteur en gestion,

Tous les aspects précités prouvent que la


profession comptable est incapable d‛exercer
une pression normative importante sur la
pratique comptable en l‛absence de structures
Réflexions
chargées de lutter contre l‛exercice illégal et
le contrôle qualité des cabinets et faute d‛une
faible organisation interne exposée à une double
responsabilité celle de suivi des carrières et
d‛élaboration des normes. Les arrangements
institutionnels en réponse aux changements
constatés dans la réglementation comptable ne
sont pas convenablement opérés, d‛abord, parce
que la réforme comptable en direction des normes
IAS/IFRS doit tenir compte les particularités
d‛une économie ex-socialiste où la comptabilité
n‛a pas joué un rôle capital dans la communication
financière des entités économiques. Ensuite, les

Revue N°1 27
LE SYSTÈME COMPTABLE FINANCIER ALGÉRIEN :
INSUFFISANCES ET PROPOSITIONS D’AMÉLIORATION
Par Djamel KHOUATRA, Maître de conférences en sciences de gestion, HDR Université Lyon 3, et
Mohamed El Habib MERHOUM, Docteur en sciences financières, université de Mostaganem,

peut s‛expliquer par des raisons techniques et


culturelles : la comptabilité financière en Algérie
s‛adresse à une pluralité de parties prenantes
parmi lesquelles figure l‛État collecteur de l‛impôt
calculé par la comptabilité financière, la faible
importance des marchés financiers en Algérie, la

L’
Algérie comme la France et d‛autres faible proximité avec la culture anglo-saxonne.

pays francophones, a réformé son Des réflexions s‛inscrivent dans le débat


système comptable pour l‛adapter aux controversé relatif à la nécessité d‛évaluer la
changements de son environnement mise en œuvre du SCF, en vue de l‛adapter aux
juridique et économique, et à son ouverture spécificités du contexte économique et financier
internationale et aux capitaux étrangers. de l‛Algérie telles que par exemple un tissu
L‛Algérie a mis en œuvre depuis son indépendance économique composé essentiellement de PME et
de 1962, deux plans comptables : le PCG français des marchés financiers peu développés pour la
de 1957, puis le PCN 1975. Dans le cadre d‛une mise en œuvre de la juste valeur.
étroite collaboration avec le CNC français, le CNC
Le SCF s‛inspire des normes comptables
algérien a modifié en profondeur le PCN 1975 pour
internationales IAS/IFRS. Depuis sa promulgation
élaborer un nouveau système comptable appelé
en 2007, et son entrée en vigueur en 2010, il n‛a
Système Comptable Financier (SCF) mis en place
connu aucune évolution. Il fait l‛objet de plusieurs
par l‛Algérie à partir de 2010. Le SCF algérien
critiques dues aux difficultés rencontrées par les
peut être considéré comme un système comptable
entités lors de son application.
hybride composé d‛un cadre conceptuel explicite
par référence au cadre comptable international Le SCF n‛a pas suffisamment été bien adapté à
de l‛IASB, et d‛un plan comptable d‛inspiration l‛environnement comptable de l‛Algérie du fait que
française. la quasi-totalité des entités qui composent le tissu
économique de l‛Algérie est représentée par des
Le dispositif de normalisation et de
petites et moyennes entités (PME). Son évaluation
réglementation comptables en Algérie a évolué
et sa revue nous semblent indispensables.
dans le sens d‛un renforcement des pouvoirs
de l‛État, et plus précisément du Ministère des La revue du SCF passe par la suppression
Finances, représenté par le Conseil National de de normes comptables dont l‛application est
Comptabilité qui supervise la profession comptable impossible, la simplification de normes complexes,
avec ses trois composantes : experts comptables, et l‛ajout d‛autres normes indispensables émanant
commissaires aux comptes et comptables agréés. du référentiel comptable de l‛IASB, notamment
celui adapté aux PME appelé IFRS-PME.
L‛adoption partielle du référentiel de l‛IASB
par l‛Algérie peut s‛expliquer par la théorie néo- L‛application du principe de la sous-activité, lors
institutionnelle sociologique par des phénomènes de l‛évaluation des produits finis, fait supporter
de mimétisme producteurs de légitimité. Mais à l‛entité des coûts supplémentaires qui peuvent
l‛Algérie n‛a pas adopté en totalité le référentiel la rendre moins compétitive. La norme comptable
de l‛IASB et a maintenu son identité comptable traitant les stocks et encours doit être revue 1.
par le maintien de son plan comptable. Cela 1 - Sec on n° 13 de l’IFRS-PME et IAS 2 «Stocks et encours».

28 Revue N°1
Le SCF doit tenir compte de critères plus simples La distinction entre les dettes et les capitaux
pour le classement des instruments financiers . 2
propres n‛est possible qu‛au vu d‛une norme
Le fonds de commerce ne doit pas faire l‛objet comptable bien explicite 12. L‛Etat algérien délègue
d‛amortissement 3. plusieurs services à des personnes morales ou
physiques. Il est donc opportun de doter le SCF
Le SCF devrait être doté de nouvelles normes
d‛une norme comptable traitant les contrats de
comptables nécessaires à l‛évaluation et la
concession de services publics 13
.
présentation, de certains éléments des états
financiers. Une norme définissant les modalités À l‛exception des avis émanant du CNC, le SCF
d‛application du SCF pour la première fois devrait est dépourvu de toute interprétation. Il y a donc
être, selon nous, intégrée dans le référentiel lieu de prévoir les modalités de promulgation
comptable algérien . Le SCF devrait comprendre
4
d‛interprétations aux cas posés dont la solution
une norme comptable dédiée à l‛évaluation des n‛est prévue par aucune norme du SCF. Les
produits des activités ordinaires 5
. Le SCF interprétations à promouvoir doivent respecter le
mérite d‛être enrichi par une norme comptable cadre conceptuel du SCF.
pour l‛établissement des états financiers
Pour éviter les jugements qui peuvent affecter
intermédiaires . En plus de l‛avis du CNC
6
négativement les caractéristiques qualitatives
n°89/2011 portant sur la nomenclature comptable
des informations financières, il est plus judicieux
des assurances, le SCF devrait intégrer une norme
de réduire au maximum les méthodes d‛évaluation
comptable qui traite les méthodes d‛évaluation et
alternatives. L‛application des méthodes
comptabilisation des contrats d‛assurance 7
.
d‛évaluation de référence renforce certainement
Du fait que la plus forte valeur ajoutée de l‛Algérie la comparabilité des états financiers et évite les
est réalisée du secteur minier, le SCF devrait entités à supporter des coûts supplémentaires
comprendre une norme comptable spécifique inutiles, conformément au principe de comparaison
sur l‛exploration et l‛évaluation des ressources des avantages par rapport aux coûts.
minières . Le SCF devrait développer les méthodes
8
Le tableau suivant retrace les sections de l‛IFRS-
d‛évaluation en faisant appel à la juste valeur pour
PME, les normes IAS-IFRS et les interprétations
éviter les évaluations latentes et les jugements
SIC/IFRIC qui doivent servir à la revue du SCF
arbitraires 9. L‛Algérie n‛est pas épargnée par les
et son adaptation avec le tissu économique de
phénomènes hyperinflationnistes. La maîtrise de
l‛Algérie constitué en majorité de PME.
ce phénomène par une norme comptable aide les
entités à mieux présenter des états financiers
Réflexions
plus fiables 10
.

La bonne gouvernance des entités implique la


maîtrise des informations des parties liées d‛où
la nécessité d‛étoffer le SCF par une norme
comptable dans ce sens 11
.

2 - Sec ons n° 11 et 12 de l’IFRS-PME.


3 - Sec on n° 19 de l’IFRS-PME.
4 - Sec on n° 35 de l’IFRS-PME.
5 - Sec on n° 23 de l’IFRS-PME et IAS 18 «Produits des ac vités ordinaires».
6 - IAS 34 «Etats financiers intermédiaires».
7 - IFRS 4 «Les contrats d’assurances».
8 - IFRS 6 «Explora on et évalua on des ressources minières».
9 -IFRS 1334 «Evalua on de la juste valeur».
10 -Sec on n° 31 de l’IFRS-PME et IAS 29 «Informa ons financières dans les
économies hyper-infla onnistes». 12 -Sec on n° 22 de l’IFRS-PME et IAS 1 «Présenta on des états financiers».
11 -IAS 29 «Informa ons financières rela ves aux par es liées». 13 -SIC 29 et IFRIC 12 «Accords de concession de services».

Revue N°1 29
Normes IAS-IFRS et interprétations pertinentes pour une amélioration du SCF

Normes comptables IFRS-PME IAS/IFRS – SIC/IFRIC

Sous-activité Section n° 13 IAS 2 «Stocks et encours»

Instruments financiers Sections n° 11 et 12

Amortissement du fonds de commerce Section n° 19

Première application du SCF Section n° 35

Produits des activités ordinaires Section n° 23 IAS 18 «Produits des activités ordinaires»

Etats financiers intermédiaires IAS 34 « Etats financiers intermédiaires »

Contrats d‛assurance IFRS 4 « Les contrats d‛assurances »

IFRS 6 « Exploration et évaluation des


Evaluation des ressources minières
ressources minières »

La juste valeur IFRS 13 «Evaluation de la juste valeur»

IAS 29 «Informations financières


Les situations hyper-inflationnistes
relatives aux parties liées»

Informations des parties liées Section n° 22 IAS 1 «Présentation des états financiers»

SIC 29 et IFRIC 12 «Accords de


Contrats de concession de services publics
concession de services»

Djamel KHOUATRA, et

Mohamed El Habib MERHOUM

30 Revue N°1
L’APPORT DU NOUVEAU SYSTÈME COMPTABLE ET FINANCIER ALGÉRIEN
DANS L’AMÉLIORATION DE L’INFORMATION COMPTABLE
Par Abderrahmane BENACER, Comptable agréé

Préambule : 1. Quelle en est la problématique ?

L
es conséquences de Le contexte économique et environnemental
la mondialisation de du pays, les convergences et divergences de la
l‛économie ont incité règlementation fiscale en place, l‛environnement
les pouvoirs publics économique et commercial même des entreprises
en Algérie à revoir son et entités soumises à l‛obligation d‛application
référentiel comptable en des nouvelles normes financières, répondent-ils
application, en l‛occurrence aux nouvelles exigences du nouveau référentiel
le P.C.N adopté par ordonnance n°75-35 du comptable avec l‛observation des règles et
29/04/1975, un système inspiré du modèle principes comptables liés notamment aux formes
économique socialiste. Pour s‛adapter aux de présentation des états financiers, aux
effets de cette globalisation économique en conditions d‛évaluation et de comptabilisation des
matière de normalisation comptable et financière actifs et passifs, des charges et produits, des
internationale, une réflexion sur l‛élaboration dotations aux amortissements par composants ou
d‛un nouveau référentiel comptable pour Algérie pertes de valeurs (dépréciations) des éléments de
était devenue inéluctable. Ce nouveau projet de stocks et créances, des provisions réglementées
référentiel comptable devait être inspiré des ou pour risques et charges (notamment
modèles dominants et conforme aux nouvelles l‛indemnité de départ en retraite des salariés), la
normes comptables et financières internationales, prise en compte des impôts différés ainsi que des
à savoir les normes IAS/IFRS diffusés par engagements hors bilan d‛une entité économique
l‛organisme de normalisation internationale ayant un impact significatif sur la situation
l‛I.A.S.B (International Accounting Standards patrimoniale de l‛entreprise, et ce dans le strict
Board). respect des normes financières internationales
IAS/IFRS telles que prescrites dans le nouveau
C‛est ainsi que l‛Algérie a adopté un nouveau
SCF afin de garantir la fiabilité des informations,
référentiel comptable promulgué par la loi
contenues dans les états et documents
n°07-11 du 25 novembre 2007 appelé «Système
comptables, élaborées et communiquées par les
comptable financier» et mis en application à
entreprises et entités économiques ainsi que leur
l‛ouverture des comptes de l‛exercice 2010. Dans
comparabilité dans le temps pour ce qui est des
Réflexions
ce contexte, nous avons choisi de nous intéresser
filiales devant faire le reporting de leurs comptes
à comprendre les résultats obtenus après la mise
annuels vis-à-vis de leurs groupes.
en œuvre de ce référentiel comptable inspiré des
normes financières internationales, fondé sur une Tirer les conséquences ou implications qui
logique plus économique que juridique en découlent sur la gestion comptable et
financière de nos entreprises liées notamment
La question que le lecteur pourrait se poser :
aux divergences constatées avec les systèmes
La mise en application du nouveau système fiscal et bancaire.
comptable et financier en Algérie a-t-elle eu un
La mise en place de ce nouveau système comptable
impact positif dans l‛amélioration de l‛information
devait avoir une répercussion significative dans
comptable dans le contexte économique et
l‛amélioration de l‛information comptable et dans
professionnel algérien ?
la présentation des états financiers. Cependant,
ces résultats escomptés étaient conditionnés par

Revue N°1 31
l‛existence de plusieurs points «convergents» pouvant contribuer de façon substantielle
résumés ci-dessous. Cet objectif (une information à redresser la situation financière de nos
comptable fiable) n‛est pas encore atteint en entreprises (PME ou autres) dont la majorité est
raison d‛un environnement peu favorable et déstructurée.
d‛une mise à niveau des professionnels de la
À ce titre, des cycles de formation ou d‛initiation
comptabilité (indépendants ou salariés) qui reste
aux nouvelles normes financières et comptables
à parfaire.
doivent être mis en place et adaptés pour les
- la circulation et l‛existence sur le marché agents de l‛administration fiscale qui dans leur
des documents commerciaux «authentiques» majorité ont reçu une formation ou acquis une
retraçant chaque opération de vente ou d‛achat expérience dans un système d‛économie planifiée,
effectuée par l‛entité économique, reflétant ainsi réduisant ainsi la notion de rationalité économique
réellement un flux d‛opérations. des opérations réalisées par les contribuables et
les déclarations qui en découlent. Leur expérience
- des cycles de formation et de mise à niveau des
est axée beaucoup plus sur le concept du «droit
professionnels indépendants et des comptables
de propriété» caractérisant ainsi une position «de
salariés dont la majeure partie ont reçu une
blocage» dans l‛application du nouveau système
formation de base selon l‛ancien plan comptable
comptable et financier et ne prend pas en compte
national algérien dans un système économique
le concept de «la prééminence économique» dans
socialiste centralisé, dépourvu des concepts et
la réalisation d‛un investissement ou l‛utilisation
règles comptables et financières actuelles.
d‛une immobilisation par le contribuable.
- divergences importantes au départ des
Lacunes et insuffisances du système bancaire
principes et règles comptables avec le système
fiscal en place en Algérie, basé sur une conception Un système bancaire manquant de réformes
juridique et non économique. adaptées aux nouvelles normes internationales
en matière de financement des projets
- absence de façon pratique sur le terrain
d‛investissement et l‛accompagnement des
d‛indices et de paramètres d‛évaluation d‛une
entreprises économiques, un gage «essentiel»
perte de valeur ou juste valeur d‛un actif corporel
dans l‛économie du pays.
ou financier. L‛exemple de la bourse des valeurs
et titres en Algérie dubitative est illustrant. Les banques conservent des pratiques contraires
aux normes et règles internationales en la matière
- un environnement économique non encore
(utilisation massive des moyens de paiement en
«prêt» à répondre aux exigences des nouvelles
espèces). Un fonctionnement «bureaucratique»
normes financières internationales. Les
des établissements bancaires, lenteur dans
restrictions d‛ordre politique : un capital social
le traitement des dossiers et transactions
des entreprises publiques appartenant quasi
financières. Une communication très réduite (en
exclusivement à l‛État, partenariat avec les
dehors de la publicité) envers les opérateurs
investisseurs étrangers limités par la règle des
économiques.
51/49% ; et administratif : les administrations
et banques fonctionnent toujours sur la base Rappel :
des «instructions» et non selon des règles
Un bon fonctionnement du système bancaire
managériales modernes. Ces «comportements»
permet une meilleure traçabilité des opérations
représentent une contrainte difficile à
entre commerçants et une dématérialisation des
«contourner» pour une communication financière
opérations de paiement ou de rapprochement
« fiable » et pertinente de l‛information adressée
permanent des comptes entre la banque et ses
normalement et principalement aux investisseurs

32 Revue N°1
clients. Ceci concourt de façon substantielle à - Appréciation des documents et états comptables
l‛application des nouvelles normes financières édités selon le nouveau SCF sur plusieurs
internationales et garantir la fiabilité de secteurs d‛activités (BTP, industrie, commerce,
l‛information fournie. transports….) pour confronter les données
recueillies et les apports positifs ou anomalies
Constats et remarques relevées :
comptables constatées dues à des erreurs
Les premiers éléments de réponse à la question d‛appréciation ou d‛évaluation ou de manque
principale posée dans le sujet ont trait à d‛information au départ de l‛enregistrement
l‛exploitation des documents et états comptables, comptable,
établis selon le nouveau référentiel, par les
- Faire une analyse des constats relevés,
utilisateurs concernés (entités économiques ou
administrations) et résumés comme suit : - Proposer des solutions en réponse aux anomalies
constatées et insuffisances relevées dans la
- Difficultés d‛application rencontrées, de
fiabilité des informations comptables fournies
compréhension, de maîtrise des techniques et
dans les documents comptables (bilans, tableau
règles comptables, manque de fiabilité des
du compte des résultats, annexes des bilans).
informations fournies, lacunes relevées.
- Exercice illégal de la profession très répandu
Ces constats sont l‛émanation des responsables
dans le milieu des professionnels et qui a
comptables et financiers et des professionnels
une répercussion négative sur la qualité de
indépendants
l‛information comptable.
- Insuffisances ou incohérences des informations
Il est très important de rappeler que
contenues dans les documents comptables dues
l‛administration fiscale détient la compétence
notamment au contexte et à l‛environnement
requise pour combattre ainsi l‛exercice illégal
économique des entreprises (paiements
de la profession comptable qui contribue de
importants en espèces, donc non conformes à
façon négative à établir de fausses déclarations
la règlementation monétaire en place, achats
à travers de faux documents comptables dont
effectifs ou ventes effectives comptabilisés mais
la fiabilité (en dehors de l‛aspect légal) reste à
non justifiées pour non délivrance de factures,
prouver et qui en conséquence remet en cause
infractions aux codes du timbre et de la TVA,
l‛information comptable communiquée.
travaux en cours non estimés, stocks non évalués
correctement,…..),
Réflexions
Abderrahmane BENACER
Comptable agréé

Revue N°1 33
DÉMARCHES CONSEILLÈRES POUR RÉUSSIR L’EXAMEN
D’EXPERTISE COMPTABLE
Par Abdelaziz HATTAB, Expert-comptable

C ette communication
est destinée
essentiellement aux
consœurs et confrères candidats
À titre de bref rappel, le titre d‛expert-comptable
en Algérie comporte, actuellement et jusqu‛au 31
décembre 2019, quatre étapes essentielles :

1/- L‛obtention d‛un diplôme universitaire (bac+4)


aux épreuves écrites et orales
ou d‛un titre étranger reconnu équivalent ;
du titre d‛expert-comptable actuellement régi par
des dispositions réglementaires transitoires qui 2/- La validation par une AFS de la période du stage

prendront fin en 2019. professionnel de 2 ans ;

Il ne reste en définitive que quatre sessions : deux 3/- La réussite à l‛épreuve écrite (d‛une durée de

en 2018 et deux en 2019. 10 heures) ;

Les démarches proposées ci-après constituent 4/- La réussite aux épreuves orales y compris la

un «guide pratique» ayant pour ambition d‛aider soutenance des huit rapports de stage.

à passer et à réussir ce «redoutable diplôme» Depuis l‛avènement du SCF (en novembre 2007) il
qui représente un précieux sésame permettant n‛existe pas, à vrai dire, un programme officiel de
d‛accéder à un haut niveau de compétence formation pour permettre une réelle mise à niveau
professionnelle. à défaut d‛un véritable recyclage au regard de la

Il n‛est pas question ici de présenter la réglementation formation universitaire initiale de base, hormis

ni le contenu de l‛examen et encore moins de tirer les quelques timides formations de courtes durées

des conclusions sur le déroulement des épreuves, lancées ici et là, de façon sporadique, destinées

mais surtout de prodiguer de nombreux conseils généralement à une simple adaptation pratique ou

avisés pour la bonne préparation et la réussite à cet thématique.

examen selon une méthodologie prouvée par ailleurs. Ce décalage est à l‛origine des échecs subis non
(J‛y reviendrai sur un prochain article concernant les seulement à cause du retard dans l‛organisation
programmes récemment édités portant aussi bien des épreuves d‛examens subitement abandonnées
sur les items des épreuves du concours de sélection depuis près d‛une dizaine d‛années consécutives,
et d‛admission à l‛école supérieure de formation mais aussi et surtout en raison de l‛inadaptation
professionnelle que sur le cursus post-transitoire de des formations initiales de base et notamment
la formation proprement dite). des stages réalisés de longue date, avec des

Deux observations préliminaires interpellent les thématiques conçues sous le référentiel du PCN,

consciences. La première c‛est que la réussite à ce désormais totalement tombé en désuétude.

type de diplôme ne résulte guère d‛une quelconque Ceci ne justifie en rien les efforts personnels que
chance, mais bien d‛un réel travail de préparation en chaque candidat devra déployer à ce titre. Preuve
amont et de grands sacrifices ; la seconde tient au en est, c‛est qu‛il y a bien des consœurs et des
fait de plusieurs critères relatifs soit au profil, au confrères, voire de jeunes étudiants, qui ont réussi
parcours et au cursus, soit de l‛expérience acquise ces épreuves.
et de l‛environnement professionnel de chaque
La réussite présuppose une méthodologie de
candidat.
travail et une organisation parfaite. Pour ce faire,
Dans tous les cas, une bonne préparation ciblée de il est impératif de commencer les révisions assez
façon méthodologique et rigoureuse constitue un tôt en y consacrant au moins 10 à 15 heures par
facteur clé de succès. semaine.

34 Revue N°1
Du fait que la quasi-totalité des candidats À la veille de la date d‛examen :
aux épreuves d‛expertise comptable sont des
Vous avez été studieux pour avoir bien préparé,
professionnels exerçant leur activité sous forme
durant une assez longue période, toutes vos fiches
libérale ou salariale, nous avons estimé nécessaire,
de synthèse par matière ; il est donc absolument
par expérience, qu‛il serait judicieux d‛adopter
recommandé, à tous les candidats, de ne pas
les démarches de préparations selon l‛approche
s‛efforcer durant les deux derniers jours avant
séquentielle décrite ci-après.
l‛examen (cela ne servirait qu‛à augmenter votre
Avant les épreuves : stress et à vous démobiliser).

- Elaborer un emploi du temps sur toute la Pour les candidats hors d‛Alger il est fortement
semaine (de préférence de Samedi à Jeudi) et recommandé de dénicher un hôtel à proximité
prévoir une journée de repos pour le vendredi du centre d‛examen et de venir un à deux jours
(ou un autre jour si vous le voulez) ; à l‛avance, histoire de se reposer du long voyage,
de s‛acclimater, d‛effectuer la reconnaissance des
- Chaque jour sera consacré à la révision (ou
lieux et surtout de se préparer psychologiquement
à l‛approfondissement) d‛une matière à laquelle
à affronter cette épreuve d‛un jour pour la réussite
il faudrait passer au moins 2 à 3 heures (car le
de toute une vie professionnelle.
sacrifice génère la réussite) ;
Pendant l‛examen de l‛épreuve écrite :
- Etudier complètement le cours et en faire
une synthèse claire et compréhensible ; L‛épreuve écrite, comportant au minimum 8 pages
et au maximum 25 pages (annexes comprises), se
- Consacrer de temps à autre une journée
déroule sur une durée (anti-pédagogique) de 10
complète aux exercices et cas corrigés (ne
heures ! C‛est la réglementation actuelle et, on ne
consulter ou dévoiler le corrigé type qu‛après avoir
peut mieux, il faudrait y faire avec.
soi-même résolu le cas). Refaire si nécessaire
les exercices en cas d‛incompréhension, d‛erreur Cette durée semble assez longue, mais sa gestion
ou de doute ; est d‛une importance capitale.

- Ne pas faire l‛impasse ni négliger les Tout d‛abord il faut savoir consacrer un temps
matières que vous sembliez à priori maîtriser assez appréciable à la lecture et l‛appréhension
(des évolutions possibles risquent de vous du sujet ainsi que de ses parties, sous-parties et
échapper, la fiscalité notamment) ; annexes.

- Consacrer certes plus de temps sur les Tout le sujet doit être lu et relu. On doit y consacrer
matières dites «lourdes ou difficiles» (telles, au moins 45 minutes à sa lecture intégrale qui doit
la technique comptable approfondie, la finance, se dérouler en trois temps :
l‛audit, le contrôle de gestion …) ;
1/- Lecture rapide de tout le sujet une première
- Faire la synthèse de tous les cours sous fois (c‛est la phase de la découverte) ;
forme de fiches techniques par matière. Cela
2/- Lecture très attentive avec prise de notes au
vous permettra de ne pas ramener avec vous,
brouillon (c‛est la phase de l‛appréhension) ;
Conseils et idées

le jour de l‛examen, des kilos de documents


difficilement exploitables et source de perte 3/- Une troisième et dernière lecture pour cibler les

inutile de temps précieux ; parties à traiter en priorité (analyse des difficultés


et sélection des parties à traiter prioritairement).
- Assister aux séances de regroupement et
privilégier les formations en groupe. Il faudrait aussi veiller à vérifier le nombre de
pages et à rattacher les annexes aux parties du
sujet afin d‛en faciliter l‛exploitation ultérieure.

Revue N°1 35
On ne doit commencer à résoudre que les cas où Les normes internationales évoluent alors que le
l‛on se sent en mesure d‛y répondre rapidement et SCF est figé aux normes de 2005.
correctement et donc nul n‛est tenu de respecter
Ne pas se lancer directement dans les réponses sans
rigoureusement l‛ordre des questions ou des
avoir pris le temps nécessaire à lecture et relecture
parties. L‛objectif est de glaner le maximum
du sujet et surtout à la parfaite compréhension des
de points. Pour cela, il faudrait avoir plusieurs
questions posées.
feuilles d‛examen, chacune affectée à une partie
du sujet afin d‛y répondre au fur et à mesure en De même, il ne faut surtout pas consacrer trop de

prenant soin de signaler visiblement et lisiblement temps à la réponse d‛une question pour laquelle on

le titre, le numéro et la désignation de la question n‛a pas de réponse précise ou certaine (quitte à y

(exemple : Dossier n°2 – cas n° 1 – question 3 : les revenir plus tard).

contrats de location). Encore une fois, la gestion du temps est un facteur

Dangers à éviter : clé de succès en ce sens que plus une question est
longue ou d‛un caractère professionnel pointu, plus
Il ne faut surtout pas confondre «examen» et
elle se trouve chargée de points. Le traitement
«concours». L‛examen s‛obtient par une note
devra être adapté au cas d‛espèce. La note étant
minimale de 10/20 (où la note est proportionnelle au
proportionnelle au temps de traitement, un candidat
temps de résolution), alors que le concours est plus
moyen doit consacrer 20 à 25 mn pour l‛obtention
sélectif voire éliminatoire, au-delà des exigences
d‛un point. Une question valant 5/20 doit être
préalablement requises.
traitée en 2h 15 mn au plus.
Trop d‛information tue l‛information et consomme
Enfin, il ne faudrait absolument rien laisser au
trop de temps de recherche ! La documentation
hasard. Toutes les matières se valent et chacune
doit être gérable, non encombrante, facilement
a son lot de réussite. Ce n‛est pas parce qu‛une
exploitable, organisée, adaptée et utile. Cela ne
question sur un thème précis a été donnée en N-1
sert à rien de s‛encombrer d‛ouvrages qu‛il est plus
pour qu‛elle ne puisse pas ressurgir en N. Il y a des
aisé de remplacer, autant que faire se peut, par des
matières techniques récurrentes qui peuvent se
fiches techniques bien résumées par matière.
présenter sous forme rémanente dans une partie
Ne pas trop compter sur les ouvrages au détriment donnée du sujet.
de la révision et la formation complémentaire en cas
À l‛oral :
d‛absolue nécessité. Il est illusoire que de croire à
la réussite en consultant, le jour de l‛examen, une Seuls les candidats admis à l‛épreuve écrite

panoplie d‛ouvrages et d‛annales corrigées sans avoir pourront se présenter aux épreuves orales.

pris le soin particulier de se préparer sérieusement Mais tous les candidats admis à l‛écrit ne sont pas
et suffisamment à l‛avance à cet examen. systématiquement diplômés à l‛issue des épreuves

Les sujets peuvent se ressembler et contenir orales.

certaines similitudes techniques, mais le fait de Les épreuves orales sont tout aussi redoutables que
modifier une expression dans un sujet change l‛épreuve écrite, car elles touchent à une multitude
carrément la solution. de disciplines nécessitant une connaissance

Faire attention à l‛adéquation et l‛harmonisation des transversale.

livres et ouvrages consultés qui, dans la plupart des Le jury tente parfois de pousser les candidats vers
cas, ne convergent pas vers le SCF (ou inversement). leur dernier retranchement en posant des questions
Certains ouvrages du DCG et DSCG ne sont pas en de plus en plus approfondies afin d‛évaluer leur
totale conformité avec le SCF. niveau réel. Mais aussi en vue de donner une double

36 Revue N°1
chance au cas où une des questions n‛a pas connu de À l‛issue d‛une concertation, un corrigé type officiel
réponse précise. est établi avec un barème de notation discuté point
par point dans le but de ne pas léser les candidats.
Là encore, il est sérieusement recommandé de faire
des fiches techniques de synthèse par matière et Une question dans le sujet jugée par le jury «difficile,
de mémoriser tous les grands aspects relevant de incompréhensible, incorrecte ou inadaptée» est
la profession et de la matière. systématiquement retirée du barème de notation
et ses notes seront attribuées à une autre question
Outre les connaissances techniques, dans certains
de la partie du sujet. Il en est de même lorsqu‛une
cas théoriques, il faudrait savoir gérer son stress et
question suppose une ou plusieurs solutions, toutes
sa locution, contrôler sa gestuelle et surtout peser
les solutions présentées par les candidats seront
ses mots, car un mot prononcé peut déclencher
prises en considération et notées de la même
une série de questions afin d‛affiner la pensée du
manière.
candidat.
Enfin, la comptabilité n‛étant pas une science exacte,
À ce titre il est nécessaire d‛utiliser des mots
le dispositif de la correction obéit à un consensus
techniques courants et éviter au mieux les
qui ne profite qu‛aux candidats ayant fourni les
expressions savantes pour ne pas se retrouver à
efforts nécessaires pour mériter le succès.
justifier leur sens étymologique.

La notation et le corrigé-type :
Bonne chance et plein succès !
Tout sujet sélectionné doit comporter une solution
de la part de son auteur.
Fait à Constantine,
le 02 décembre 2017
Cette solution n‛est pas systématiquement le
corrigé type, car une révision générale de la Abdelaziz HATTAB
correction est faite par le jury totalement composé Expert comptable

d‛experts-comptables diplômés en binôme avec des


universitaires es qualité de rang magistral.

Conseils et idées

Revue N°1 37
LES APPORTS DE LA VIDÉO À LA FORMATION
Par Chérif TOUAHRI, Enseignant en comptabilité

I l y a quelques
l‛engouement pour le réseau
internet était insoupçonné.
En effet, selon les prévisions
années, Ainsi, en matière de formation comptable,
l‛utilisation de la vidéo doit faire partie d‛un
ensemble structuré d‛activités pédagogiques afin de
contribuer efficacement à l‛atteinte des objectifs
de l‛entreprise informatique d‛apprentissage.
américaine Cisco Systems, le trafic internet aura
Pour ce faire, il convient dans un premier temps
quasiment triplé entre 2014 et 2019.
d‛identifier les besoins en termes de formation
Cette croissance géométrique a été rendue possible et les éventuelles difficultés rencontrées par
grâce au développement de l‛internet à haut débit les participants à même d‛adapter le contenu des
et à l‛augmentation tant du nombre de connexions vidéos à préparer.
que d‛appareils mobiles.
Ensuite, intervient la préparation proprement dite.
Selon la même entreprise citée infra, le contenu Celle-ci peut se faire avec divers moyens comme les
vidéo représente une part importante du trafic caméras, le matériel nécessaire pour reconstituer
internet (54% en 2016). En effet, de nombreux le contexte de la salle de classe (tableau, lumières,
internautes utilisent directement le moteur de etc.) ou l‛utilisation de logiciels comme ceux
recherche de la plateforme de partage de vidéos permettant la capture d‛image, de séquences et de
la plus consultée de par le monde, à savoir Youtube. son.

Le recours à la vidéo comme méthode alternative Enfin, le montage des présentations intervient en
dans la formation constitue une véritable fin de cycle pour donner forme aux vidéos. Celles-
opportunité dans la mesure où elle peut se ci seront utilisées soit en ligne, d‛accès libre ou
substituer à la formation en présentiel d‛une part crypté, soit envoyées par mail ou encore sur support
et du complément qu‛elle peut apporter à celle- magnétique.
ci d‛autre part. Entre autres avantages qu‛elle
Le support vidéo peut être utilisé avant le cours
procure, on peut citer notamment :
en vue d‛initier les participants à une thématique
- La possibilité d‛arrêter la vidéo au moment donnée, les inciter à la réflexion, comme il peut
désiré et de la visionner autant de fois que les clôturer une séance de travail pour tester la maîtrise
utilisateurs le souhaitent ; du cours abordé (QCM, Quizz, commentaires, etc.).

- Possibilité d‛animer des vidéos en direct L‛attrait de la vidéo pour agrémenter un cours n‛est
et à distance en présence des participants à un plus à démontrer dans la mesure où il constitue
séminaire ou un cycle de formation ; le complément idéal pour susciter l‛attractivité,
la personnalisation et la l‛interaction entre le
- Adaptation du contenu des vidéos à
formateur et les participants.
préparer en fonction de la demande de la
population ciblée.

Chérif TOUAHRI,
Enseignant en comptabilité

38 Revue N°1
Conseils et idées

39
N°1
Revue
Alger

Assemblée générale ordinaire du 08 novembre 2017


Hotel ERRIADH de SIDI FERRUCH

Constantine Oran

Journée d‛études sur la loi de finances 2018 le 04 janvier Journée d‛étude de la loi de finances 2018 le 06 janvier 2018
2018 à CONSTANTINE. Echange entre confrères BELILET à ORAN. Haut niveau technique et parfaite présentation de
et GUENDOUZ la matière fiscale par M. MEKKI fiscaliste.

El Oued
Blida

Journée d‛études à CHREA (BLIDA)


sur la loi de finances 2018
Journée
ournée d‛études sur la loi de finances 2018
2018, à la maison
Le 08 janvier 2018.
de la culture d‛EL OUED.
Forte présence des confrères avec la direction des
impôts et des douanes.
Le 10 janvier 2018

40 Revue N°1
De gauche à droite :
MM SASSI, FOUFA, DJELID, EL BESSEGHI, DEGLA,
Mme YOUYOU (Représentante de M. le Ministre des
finances au sein du conseil),
MM BELLILET, ATTIK, HAMIDI, AICHAOUI
et le jeune ADEL employé au sein du conseil.

Journée d'études sur la loi de finances 2018


le 10 janvier 2018 à la maison de la culture d'EL OUED.
Réussite de l'événement avec brio par les confrères organisateurs.

Journée d'études le 08 janvier à CHREA (BLIDA) sur la loi de finances 2018.


Une ambiance chaleureuse dans un froid glacial.

Cité des 498 Logements Bt 08 N°01 Hai El Djorf - Bab Ezzouar, Alger
Tél./ Fax : 021 24 14 28 / 021 24 76 65 / 021 24 89 99
E-mail : contact@onca.dz • Site web : www.onca.dz