Vous êtes sur la page 1sur 12

INTRODUCTION

La psychologie sociale est une branche de la psychologie scientifique qui étudie de façon
empirique comment les pensées, les émotions et les comportements des gens sont influencés par
la présence réel, imaginaire ou implicite d’autres personnes ou encore des normes culturelles et
les représentations sociales, étudiant le fonctionnement de l’individu dans son environnement
social et, inversement, l’influence de l’individu sur les personnes qui l’entourent, la psychologie
sociale occupe une place spécifique, distincte à la fois de la psychologie et de la sociologie. Elle
a mis en évidence que le comportement de l’être humain peut varier fortement en fonction de la
situation. En effet, la psychologie sociale en tant que discipline scientifique est récente et, dans
ce cadre, nous allons nous intéresser sur son l’histoire.

1- Débuts et évolution de la psychologie sociale


La psychologie sociale a commencé aux ETATS UNIS à l’aube du 20eme siècle.
Cependant, les bases importantes de cette discipline avaient déjà été développées. Après le
18eme siècle, ceux qui allaient faire émerger le domaine de la psychologie sociale cherchaient à
développer des explications concrètes permettant de mieux comprendre la nature humaine. Ils
désiraient découvrir les liens de causalité concrète expliquant les interactions sociales dans le
monde autour d’eux. Pour ce faire, ils croyaient que la méthode scientifique, une mesure
scientifique empirique, pourrait être appliquée au comportement humain.la première étude
publiée dans ce domaine fut l’expérience de NORMAN TRIPLETT en 1897 portant sur le
phénomène de facilitation sociale. Pendant les années 1930, de nombreux psychologues de la
GELTALT, notamment KURT LEWIN, ont fui vers les ETATS UNIS à partir de l’Allemagne
nazie. Ils ont joué un rôle dans le développement de ce champ d’études en le séparant des
courants behavioristes et psychanalytiques qui étaient dominants a cette époque. Les attitudes et
les petits phénomènes de ce groupe étaient les sujets les plus fréquemment étudiés dans ce
domaine. Au cours de la seconde guerre mondiale, les psychologues sociaux ont étudié les effets
de la persuasion et de la propagande au profit de l’armée américaine. Après la guerre, les
chercheurs se sont intéressés à une variété de problèmes sociaux, y compris les questions de sexe
et des préjugés raciaux. Les plus remarquables, révélatrices, et controversées de ces études ont
été les expériences choquantes de STANLEY MILGRAM sur l’obéissance à l’autorité. Dans les
années soixante, il y a eu un intérêt croissant pour de nouveaux sujets, comme la dissonance
cognitive, l’effet du témoin et de l’agression. Dans les années 1970, la psychologie sociale a
vécu une crise en Amérique. Ils y avaient un vif débat sur l’éthique de l’expérimentation en
laboratoire. La psychologie sociale atteindra un niveau plus mature dans les théories et les
méthodes dans les années 1980 et 1990. Des normes éthiques prudentes seront établies pour
désormais règlementer la recherche. Les perspectives pluraliste et multiculturelle ont commencé
à émerger. Les chercheurs modernes s’intéressent actuellement à de nombreux phénomènes,
mais l’attribution, la cognition sociale, et le concept de soi sont sans doute les plus grands
domaines de croissance au cours des dernières années. Les psychologues sociaux ont également
maintenu leurs intérêts appliques aux contributions en matière de santé, de psychologie
environnementale et juridique.
1.1 Débats fondateurs de la psychologie sociale : Quelques précisions sur les débats
fondateurs de la psychologie sociale.
Les travaux des précurseurs de la psychologie sociale partent de deux idées : l’une de
PLATON et l’autre d’ARISTOTE. La première soutient que ce sont les dispositions
psychologiques individuelles qui produisent les institutions sociales et la seconde montre au
contraire que ce sont les conditions sociales qui déterminent les comportements individuels.
Cette manière de procéder qui consacre la séparation de l’étude de l’individu de celle de la
société était déjà condamnée par BALDWIN (1897) lorsqu’il affirmait : << Nous n’avons pas de
psychologie sociale parce que nous n’avons pas eu de doctrine de soucis. Nous avons eu les
théories de l’Ego et de l’Alter, mais le fait qu’elles ne révèlent pas des soucis les condamne.
Ainsi les théoriciens de la société et des institutions se sont débattus sur les mers de la
métaphysique et de la biologie, et aucun psychologue ne lui a jeté une bouée, aucun même n’a
entendu son appel au secours>>.
A la suite, LINTON (1945), écrira << on a assigné l’individu a la psychologie, la société
a la sociologie et la culture a l’anthropologie culturelle… On commence à s’apercevoir
maintenant que l’intégration de l’individu, de la société et de la culture est poussée et leur
intégration si continue que le chercheur qui tente de travailler avec l’une d’elle sans référer aux
deux autres aboutissent à une impasse…Les années qui viennent verront la naissance d’une
science du comportement humain qui fera la synthèse des découvertes de la psychologie, de la
sociologie et de l’anthropologie>>.
MOSCOVICI dans la même lancée que LINTON affirme : << En vérité, la psychologie
sociale analyse et explique des phénomènes qui sont simultanément psychologiques et sociaux.
Tel est bien le cas des communications de masse, du langage, des influences que nous exercerons
les uns sur les autres, des images et des signes en général, des représentations sociales que nous
partageons et ainsi de suite. Que l’on veuille mobiliser une masse d’hommes, lutter contre les
préjugés, combattre la misère psychologique due au chômage ou à la discrimination, à coup sûr
plus grande que la misère économique, on a toujours affaire à l’individuel et au collectif
solidaire, voire indiscernables>>. Cette affirmation de MOSCOVICI montre que le
psychologique et le sociale sont deux dimensions indissociables et qu’on ne peut saisir une
dimension sans l’autre.
1-2- Psychologie sociale aux Etats-Unis
La psychologie sociale aux Etats-Unis a été très féconde car ce pays a favorisé la
naissance de cette discipline. William Mc Dougall publie en 1908 une introduction à la
psychologie sociale, livre qui place son auteur dans la liste des pères fondateurs de la
psychologie sociale. Inspiré par les travaux d’Ivan Pavlov sur le conditionnement, J.B. Watson
publie un article en 1913 marquant le début du courant behavioriste aux Etats-Unis qui est le
modèle de référence dans les années 1920-1930. Floyd Henry Allport s’inscrit sur la facilitation
sociale (dans la lignée de Triplett) qui part du principe que l’individu placé dans un groupe se
comporte tel qu’il se serait comporté seul mais avec un peu plus d’intensité.
1-3- Psychologie sociale en Europe
La contribution de l’Europe, même si celle-ci est inférieure à celle des Etats-Unis, à la
naissance de la psychologie sociale est non négligeable. Parmi les précurseurs de la psychologie
sociale, on trouve Gustave Le Bon, sociologue, qui publie un ouvrage de références en 1985, la
psychologie des foules. En 1900, se tient à Paris le IVème congrès international de psychologie
sous la présidence de Théodule Ribot. Lors du discours d’ouverture de Ribot, la psychologie
sociale est évoquée pour la première fois dans une instance scientifique internationale. En
Europe, cette pensée sociale est influencée par Marx et Durkheim. Ils mettent en évidence
l’importance du collectif dans la compréhension des phénomènes psychologiques. En 1908, les
anglosaxons s’y mettent et centrent cette psychologie dès le début du 20ème siècle sur l’étude
des mécanismes de contrôle des instincts biologiques qui sont des éléments explicatifs de la vie
sociale.

1-4- La psychologie sociale classique


L’expérience de psychologie sociale la plus connue est certainement celle de Stanley
Milgram sur la soumission à l’autorité, au cours de laquelle des individus normaux ont agi d’une
manière particulièrement cruelle. Une autre recherche est moins connue, mais tout aussi
impressionnante. Philip Zimbardo et ses collègues de l’université de Stanford recrutent par une
petite annonce des volontaires pour une expérience : certains joueront le rôle de gardiens,
d’autres celui de prisonniers au sein d’une prison fictive, aménagée dans les sous-sols de
l’université de Stanford. Sur les soixante-quinze volontaires qui se sont présentés, les chercheurs
en choisissent vingt un (dix prisonniers et onze gardiens) en raison de leur stabilité émotionnelle.
Dès le deuxième jour, une rébellion éclate parmi les prisonniers. Les gardiens pénètrent de force
dans les cellules et, entre autres, déshabillent complètement les prisonniers et isolent les leaders
de la rébellion. Dans les jours qui suivent, ils imposent des brimades, insultent les prisonniers,
les agressent physiquement. Zimbardo constate que tous les gardiens se sont comportés de
manière sadique à un moment ou un autre de l’expérience. L’un d’eux dira plus tard avec
remords : « J’étais surpris de moi-même...Je leur ai fait nettoyer les toilettes à mains nues. J’ai
pratiquement considéré les prisonniers comme du bétail. » La tension est montée si vite et si fort
que l’expérience a été interrompue au bout de quelques jours seulement. La publication de cette
étude a conduit à une nouvelle loi américaine imposant que les mineurs emprisonnés soient
séparés des détenus adultes.

2- Précurseurs et pionniers de la psychologie sociale


2-1- Les précurseurs en Europe
Certains chercheurs du 20ème siècle sont partis de l’idée que le groupe contrôle le
comportement des individus évoluant en son sein, d’une part, et de l’idée qu’il existe une
influence réciproque des individus vivant dans un milieu social donné, d’autre part.
- Auguste Comte (1793-1857) : il aborde la question de la psychologie sociale en des
termes négatifs. Dans le but de définir la sociologie comme science autonome, il se déclare
contre l’édification d’une science, qu’il appela psychologie sociale.
- Emile Durkheim (1858-1917) : selon lui, la psychologie ne peut être individuelle.
- Gabriel Tarde (1843-1917) : il a travaillé sur la théorie de l’imitation, en tentant
d’expliquer les interactions humaines à partir de la psychologie individuelle et démontrant que
les manifestations de la vie commune sont conditionnées par la psychologie d’individus qui
composent la société.
- Sigmund Freud (1970) : ses travaux ont influencé la naissance de la psychologie sociale.
Il a introduit une explication du fonctionnement collectif en utilisant des concepts qu’il avait
forgés pour l’analyse du fonctionnement psychique.
- Gustave Le Bon (1963) : il a travaillé sur la théorie des foules, il explique que le
comportement des individus en situation de foule est différent de celui que chacun aurait
individuellement.
- Darwin (1858-1917) : l’influence des travaux de Darwin sur la psychologie sociale se
fera sentir dans deux ouvrages dont les titres portent pour la première fois le terme de «
psychologie sociale ». Il s’agit notamment du livre de Ross intitulé « Social Psychology » et de
celui de Mc Dougall « Introduction to Social Psychology ».

2-2- Précurseurs aux Etats- Unis


Rappelons tout d’abords que la psychologie sociale est née aux Etats-Unis et plusieurs
chercheurs ont travaillé activement à l’avènement de cette discipline grâce à certains auteurs
comme : Jacob L. Moreno qui travaille sur les relations interpersonnelles ; Fritz Heider quant à
lui travail sur la théorie de l’équilibre sociale ; Muzafer Shérif travail sur la normalisation…
2-3- Pionniers en Europe
- Jérôme Bruner : ces travaux dans le domaine de la perception et des cognitions
sociales ont profondément marqué le développement des sciences cognitives.
- Henri Tajfel : Psychosociologue anglais d’origine polonaise. Il est à l’origine de
la théorie de l’identité sociale (1977, 1981).
- Serge Moscovici : psychosociologue français d’origine romaine. Ces travaux
portent sur l’influence.
- Jean Stœtzel : Sociologue qui fait connaitre la psychologie sociale en France, il
met sur pied les premiers sondages d’opinion en France 1938 avant de fonder l’Institut Français
d’Opinion Publique. Ces travaux sur l’opinion et la représentation des valeurs dans les sociétés
modernes ont permis de montrer que les phénomènes sociaux peuvent être étudiés d’un point de
vue expérimental.
- Jean Maisonneuve : Il créé la première chaire de psychologie sociale en 1966. Ces
recherches traitent des affinités de la sociométrie (1969), des représentations sociales du corps
(1982), des rituels et de la déviance.
- Jean Paul Codol : Avec ces travaux sur l’effet PIP (l’individu ce trouve supérieur
en situation de groupe) (1973-1975), il acquit une grande notoriété, ces recherches dans le
domaine des jugements asymétriques sont d’une grande importance dans la connaissance
d’identité sociale.
2-4- Pionniers aux Etats-Unis
- Elton Mayo (1949) : psychosociologue Américain il est à l’origine de l’école des
relations humaines. Il a souligné pour la première fois le rôle des motivations sociales sur les
performances.
- Kurt Lewin (1948-1951) : professeur de psychologie à l’Institut de Psychologie
de Berlin (1924). Il peut être considéré comme le père de la recherche action, ces travaux sont
basés sur l’étude des comportements en situation de groupe (1939), le leadership et l’étude des
problèmes sociaux (1948)
- Floyd Henry Allport (1924) : Il est considéré comme le père fondateur de la
psychologie sociale expérimentale. Il a eu le mérite de placer la psychologie sociale dans un
cadre behavioriste et expérimental.
- Jacob L. Moreno (1970) : Psychosociologue américain d’origine Romaine, il
débute ces travaux sur les relations interpersonnelles. En 1934 il invente le psychodrame. ces
recherches ont permis la mise au point d’une technique de mesure des préférences des membres
du groupe : la sociométrie.
- Frizt Heider : psychologue américain d’origine autrichienne, associé à l’école
gestaltiste, il développe la théorie de l’équilibre. Il est considéré comme un précurseur de la
théorie de l’attribution.
- Théodor Adorno : originaire Francfort, il quitte l’Allemagne pour l’Angleterre
puis pour les Etats-Unis. Ces travaux ont été principalement liés sur la personnalité autoritaire
(1950) et sur les préjugés raciaux.
- Muzafer Shérif (1950) : psychologue américain d’origine Turque, il reçut en 1967
un prix de l’association américain de sociologie pour ces travaux de psychologie sociale. Il s’est
intéressé particulièrement à l’influence sociale.
- Solomon Ash (1936) : Il poursuit ces recherches sur l’influence sociale, marquée
par l’orientation gestaltiste, il est à l’origine des nombreuses expériences sur la formation
d’impression et sur le conformisme (1951, 1956).
- Léon Festinger (1954-1957) : il développe une théorie des processus de
comparaison sociale (1954) et la théorie de la dissonance cognitive (1957).
- Robert B. Zajonc (1965) : originaire de Pologne, publiés en 1965 ces travaux sur
la facilitation sociale utilisent la théorie du Drive, pour expliquer les effets de la simple
préférence d’autrui sur la performance.
- Stanley Milgram (1974) : sur le plan éthique des recherches de Milgram sur
l’autorité (1974) sont considérés comme une contribution classique à la psychologie sociale.

3- la psychologie sociale en tant que discipline scientifique.


3-1- Objet.
La psychologie sociale a pour objet : L’interaction entre l’individu et son milieu (la
société). Etant accrédite l’idée qui précède, on peut provisoirement dire avec MOSCOVICI que
la psychologie sociale est la science qui étudie la relation qui existe entre l’individu et la société.
Relation dont des recherches ont travaillé à établir le caractère conflictuel et qui ont fait de la
psychologie sociale la science du conflit entre l’individu et la société. Des lors, en étudiant avec
cet auteur, le fonctionnement du groupe social, tout en faisant un effort autant que faire se peut
de ne pas dissocier individu et groupe, la psychologie sociale étudie les rapports sociaux :
rapports entre individus, rapport entre individus et groupes, et rapport entre groupes. C’est une
psychologie des relations interpersonnelles ou interindividuelles.
Avec MEYER (,2005), on perçoit aussi que la psychologie sociale relie trois termes : Soi,
Autrui et un contexte.
- Le Soi : L’individu est caractérisé sur le plan biologique, affectif, motivationnel et
cognitif. Le concept de soi désigne à la foi une capacité réflexive (conscience de soi) et
une identité sociale (la façon dont chacun se définit dans une situation donnée).
- Autrui : On entend par autrui un ou des individu(s), présent(s) ou non. On parle d’autrui
significatif quand autrui a une valeur spécifique (parents, ami, époux…) dont on peut
attendre qu’il ait plus d’importance que des inconnus.
- Contexte : L’individu participe à une situation qui implique en particulier des positions
sociales occupées respectivement par soi et autrui mais aussi des langues, organisations et
des environnements matériels etc.
3-2. Méthodes en psychologie sociale.
La recherche en psychologie sociale, comme en psychologie en générale, utilise
différentes méthodes. Une des méthodes les plus efficaces utilisées est le devis expérimental
ou méthode expérimentale. Celle-ci peut se faire en laboratoire ou en milieu naturel et se
caractérise principalement par la manipulation d’une variable indépendante étudiée chez
divers individus ou groupes. En général, on utilise un groupe témoin et un ou plusieurs
groupes expérimentaux afin d’observer l’effet de la modification de ces variables pour
finalement obtenir un lien de causalité. Dans certaines situations, comme dans les études sur
les effets des catastrophes naturelles, il se peut qu’il soit impossible de travailler avec un
groupe avec un groupe témoin. On peut alors impliquer des méthodes quasi expérimentales.
Au stade plus primitif de recherche, on peut ne pas rechercher la causalité entre deux
variables mais simplement la corrélation. On fait alors appel au devis corrélationnel ou
méthode corrélationnelle. Dans ce cas-ci, aucune variable n’est manipulée par
l’expérimentateur. Il s’agit d’une méthode descriptive et non expérimentale. Les méthodes
dites secondaires ou historiques comme l’étude de cas, l’analyse de contenu, l’analyse
archivistique ou la métanalyse (synthèse de plusieurs analyses), sont également utilisées en
psychologie sociale. En ce qui est de l’observation, on distingue 2 types d’observations :
l’observation scientifique et l’observation banale.
- L’Observation scientifique : c’est une observation qui ne se fait sans aucune vise. C’est-
à-dire qu’un individu regarde juste pour regarder.
- L’Observation scientifique qui comportement 3 niveaux nécessaires : elle doit être
Originale (s’intéresse aux faits surprenants) ; systématique (elle suit une certaine
orientation) ; et armée (elle se sert des instruments de collectes de données lors d’une
expérience).
3-3. Les théories et postulats de la psychologie sociale.
Les théories en psychologie sociale se différencient au niveau de leur nature et au niveau
de la réalité à laquelle elles se rapportent. Elles se caractérisent par leur diversité du point de vue
de la logique et du point de vue de leurs analyses. C’est ce qui distingue les théories
psychosociologiques de celles des autres domaines de la psychologie et suscite la question de
lues classification. Présentons donc la classification théorique de MOSCOVICI (1984) et celle de
FISCHER (2005).

3-3.1. La classification des théories de la psychologie sociale selon MOSCOVICI.


Cet auteur a distingué es théories paradigmatiques, les théories phénoménologiques et les
théories opératoires.
 Les théories paradigmatiques.
Elles visent une saisie globale des relations et des comportements humains. On peut citer par
exemple, les théories des champs de LEWIN (1951). Son idée fondamentale a été empruntée à la
physique et appréhende le monde physique comme un milieu ambiant constitue d’individus qui
sont des singularités et des concentrations d’énergie et qui agissent les uns sur les autres en
fonction de la proximité spatiale. Selon LEWIN, la principale caractéristique du champ est qu’il
affecte le comportement des individus qui y vivent à cause des différentes influences connexes.
Il a identifié trois principales caractéristiques du champ : L’espace vécu (L), LA PERSONNE (P)
et le milieu physique (E).
 Les théories phénoménologiques
Les théories phénoménologiques visent la description et l’exploration des phénomènes
fondamentaux. Ces phénomènes s’inscrivent des phénomènes fondamentaux (influence sociale)
et ceux qui le sont moins. Les théories phénoménologiques cherchent à répondre aux questions
comment ? Et pourquoi ? Il s’agit en fait de dégager la cause d’un certain nombre d’effets
(MOSCOVICI, 1984).
 Les théories opératoires.
Les théories opératoires s’intéressent, d’une part, a l’identification d’un mécanisme
élémentaire, inconnu jusqu’alors et qui permet l’explication d’un ensemble de faits et, d’autre
part, aux faits nouveaux et surprenants. La théorie de la dissonance cognitive en est un exemple
fort illustratif. Selon FESTINGER (1957), auteur de la théorie de la dissonance cognitive,
lorsqu’une personne dispose à propos d’un objet deux représentations ou cognitions qui
s’accordent entre elles, il y a consonance et cette personne éprouve de la satisfaction. Par contre,
lorsque qu’elle dispose de deux représentations ou cognitions qui ne s’accordent pas ou même
s’opposent, il y a dissonance et la personne est en proie à l’anxiété.

3-3.2. Les principales orientations théoriques de la psychologie sociale selon FISCHER.


 Les théories behavioristes.
Les théories behavioristes expliquent le comportement social à partir de l’interaction entre les
stimuli qui exercent sur l’individu et les changements qu’ils provoquent. Pour ces théories,
l’individu est un « être en situation » qui, place dans un contexte donne, doit réagir d’une
certaine façon au stimulus pour son adaptation. C’est pourquoi, pour FISCHER (2005), « toute
action, toute conduite humaine sera définie comme une réaction, c’est-à-dire liée causalement a
des évènements extérieurs de nature à déclencher cette réponse de l’individu ». Ainsi, les
théories behavioristes sont fondées sur une relation causale, voire déterministe, entre un stimulus
et la réaction comportementale.
 Les théories cognitives.
Elles se démarquent des théories behavioristes par le fait que, pour elles, le vrai mobile du
comportement dépasse le déterminisme des stimuli. Elles mettent un accent particulier sur le rôle
que les processus internes jouent sur la conduite d’un individu. Pour cette orientation théorique,
les interactions sociales sont influencées par les processus mentaux, c’est-à-dire, l’effet de
connaissances (pensées) et leurs significations (interprétations) sur l’activité sociale. Les théories
cognitives peuvent être regroupées à travers trois grands ensembles : La théorie des champs de
LEWIN (1951), l’approche phénoménologique, et les conceptions des mécanismes de traitement
de l’information.
 Les théories de l’interaction symbolique.
Les théories de l’interaction symbolique sont bâties sur le fait que la société et la nature des
relations que nous entretenons avec Autrui forgent l’image que nous nous faisons de nous-
même : Les autres étant un miroir à travers lequel nous nous regardons. Les interactions sociales
peuvent être considérées comme un ensemble de construits sociaux à partir de l’importance des
symboles en œuvre, des croyances partagées par les membres d’un groupe ou d’une société.

3.4. Paradigme de la psychologie sociale


Le paradigme de la psychologie sociale se fonde sur le modèle ternaire faisant intervenir :
un EGO, un ALTER et un OBJET. En effet, contrairement au modèle binaire, le modèle ternaire
ou le regard du psychosociologue repose sur une grille de lecture ternaire des faits et de la
relation. Le modèle ternaire permet d’identifier deux mécanismes psychologiques importants
dans une relation sociale : la facilitation sociale et l’influence sociale. La facilitation sociale
consiste au fait qu’un individu ou un groupe modifie sa conduite en présence d’autrui. Cette
modification peut prendre un versant positif (améliorer les performances) (TRIPLETT 1897) et
un versant négatif (détoriation de la performance en présence d’autrui). La relation sociale est
une relation d’influence car les protagonistes en interaction exercent des pressions réciproques
pour s’approprier, contrôler, maitriser ou orienter l’objet de la relation.

3.5. Les champs d’application de la psychologie sociale.


La psychologie sociale s’applique dans la représentation sociale, la perception sociale, etc.
 La représentation sociale : c’est une forme de connaissances socialement élaborée et
partagée ayant une visée pratique et concourante à la construction d’une réalité commune
à un ensemble social. Les représentations sociales sont des modalités de la pensée
pratique orientées vers la communication, la compréhension et la maitrise de
l’environnement social, matériel et idéal. D’après Fischer, « la représentation sociale est
un processus, un statut cognitif, permettant d’appréhender les aspects de la vie ordinaire
par un recadrage de nos propres conduites à l’intérieur des interactions sociales ».
 La perception sociale : c’est un processus psychologique à travers lequel l’individu traite
les différentes informations qu’il tire de la société. Il s’agit d’une activité mentale qui
semble plus subjective qu’objective.
4. Les critiques
Les recherches en psychologie sociale constituent aujourd’hui un ensemble
impressionnant de connaissances. Ainsi, une synthèse de méta-analyses (qui sont déjà des
synthèses statistiques) recensait en 2003 environ vingt-cinq mille études portant sur 8 millions de
personnes, sans prétendre être exhaustive1. Cette discipline a connu et connaît toujours des
transformations et remises en question. Nous avons vu ci-dessus que la psychologie sociale et la
psychologie cognitive se sont unies pour donner naissance au socio cognitivisme. De même, la
psychologie sociale et la psychologie de la personnalité, longtemps ennemies, sont aujourd’hui
quasiment réconciliées. Mais certains représentants de la discipline estiment qu’en s’alliant à la
psychologie cognitive, la psychologie sociale contemporaine est devenue trop psychologique,
trop cognitive, et pas assez sociale. Par ailleurs, deux critiques adressées à la psychologie sociale
sont d’actualité. La première concerne la méthodologie. Depuis ses débuts, mais plus encore à
partir des années 1960, les chercheurs en psychologie sociale ont très largement utilisé la
méthode expérimentale dans leurs travaux. Cette procédure présente l’avantage de démontrer des
liens de causalité entre telle situation et tel comportement, mais pose un problème majeur : les
résultats obtenus sont-ils extrapolables dans la vie réelle, hors laboratoire ? La question est
d’autant plus sensible que la plupart des expériences sont réalisées avec des étudiants, et souvent
des étudiants de psychologie, ce qui conduit à une vision très parcellaire du fonctionnement
humain. Par exemple, comparativement à la population générale, les étudiants ont tendance à être
moins sûrs de leurs préférences, émotions et aptitudes, à changer plus facilement d’opinion, à
accorder moins d’importance aux aspects matériels de l’existence, aux normes de groupe et au
soutien social, à accorder plus d’importance aux éléments cognitifs qu’aux émotions2. Une autre
critique, plus récente, concerne la « négativité » de la psychologie sociale. Selon Joachim
Krueger et David Funder, cette discipline s’est surtout focalisée sur ce qui fonctionne mal chez
les gens, qu’il s’agisse de l’aspect social (violations de normes morales, comme dans la
soumission à l’autorité) ou cognitif (erreurs de raisonnement). Ces auteurs proposent donc que
les études futures donnent la possibilité que puisse s’exprimer l’éventail complet des
fonctionnements de l’individu.

CONCLUSION
L’approche psycho sociale du comportement se démarque des autres approches parce que
l’individu est indissociable de son environnement social. Cependant, l’environnement qui
influence le comportement n’est pas seulement social, il peut être aussi organique et physique.
Discipline récente qui remonte au 20ème siècle, c’est à Gabriel Tarde (1843-1917), fondateur de
l’école française de criminologie, qu’on doit le terme de « psychologie sociale » en 1898 dans «
Etudes de Psychologie Sociale ».
LEXIQUE
Psychologie : C’est l’étude des comportements objectivement observables et des
processus mentaux. C’est aussi l’étude et le corpus des connaissances sur les faits psychiques,
des comportements et des processus mentaux.
Sociologie : C’est l’étude des êtres humains dans leur milieu social. Elle est la science des
observations de la société et des phénomènes sociaux.
Psychologie sociale : C’est une branche de la psychologie scientifique qui étudie de façon
empirique comment les pensées, les émotions et les comportements des gens sont influences par
la présente réelle, imaginaire ou implicite d’autres personnes ou encore par des normes
culturelles et représentations sociales.
Facilitation sociale : C’est un phénomène social selon lequel la présence d’autrui, en situation
d’audience ou de coaction, a un effet bénéfique sur les performances d’un individu.
Influence sociale : Ou la pression sociale, est l’influence exercée par un individu ou un
groupe sur chacun de ses membres dont le résultat est d’imposer des normes dominantes en
matière d’attitude et de comportement.
Précurseur : est une personne ayant ouvert la voie d’une nouvelle discipline en psychologie.
Pionnier : est une personne ayant pose la fondation et développe une discipline.
Modèle binaire : C’est un modèle qui associe un sujet individuel et un objet.
Modèle ternaire : Modèle mettant en relation un ego un alter par apport a un objet.
Paradigme : C’est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle
cohérent d’une science ou d’une discipline.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Mvessomba (2010) Elément de psychologie sociale ; Tome II
BLANCHET A. (2006). Le groupe en psychologie sociale, Paris,
Armand Colin. CIALDINI R. (2004). Influence et manipulation, Paris, First Éditions.
COLLECTIF (2005). Psychologie sociale, Paris, Hachette.
DELHOMME P. et MEYER T. (2002). La recherche en psychologie sociale, Projets, méthodes
et techniques, Paris,
Armand Colin. DUBOIS N. (2005). Psychologie sociale de la cognition, Paris, Dunod.
FISCHER G.-N. (2005). Les concepts fondamentaux de la psychologie sociale, Paris, Dunod.

Vous aimerez peut-être aussi