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PSI - Lycée Bellevue Devoir Maison n˚7

Sciences Physiques Pour le mardi 7 décembre 2010


Devoir Maison n˚7

À rendre pour le mardi 7 décembre 2010

Électromagnétisme

I Considérations sur la loi d’Ohm


I.A. Conductivité d’un métal
Dans le modèle de Drüde, un électron libre de masse m et de charge électrique −e, est soumis, d’une


part à une force électrique si le métal est plongé dans un champ électrique E et, d’autre part à une force

− m
de frottement dont l’expression phénoménologique est : f = − , où − →v désigne la vitesse du porteur de
τ
charge dans le référentiel lié au métal supposé galiléen et τ modélise l’interaction de l’électron avec son
environnement (la pesanteur est négligée).

1. Comment soumettre les porteurs de charge d’un métal à un champ électrique ?




2. Un électron du métal étant sous l’influence d’un champ électrique statique et uniforme, noté E 0 ,
écrire, à partir de la relation fondamentale de la dynamique appliquée à ce porteur de charge, une
équation différentielle à laquelle obéit le vecteur vitesse.
3. Grâce à cette équation, faire apparaître d’une part un temps caractéristique dont la signification sera
précisée et d’autre part une expression de la vitesse limite −

v 0 de ce porteur en régime permanent.
4. En désignant par n le nombre d’électrons par unité de volume du conducteur, calculer le vecteur
densité volumique de courant électrique −
→ 0 associé au régime permanent et expliciter l’unité de cette
grandeur physique.


5. Montrer que la loi d’Ohm microscopique − → 0 = γ E 0 est vérifiée, en précisant l’expression de la
conductivité électrique γ en fonction des données du problème.
Calculer numériquement la conductivité électrique γ sachant que n(Al) = 18, 1.1028 m−3 et que
τ = 7, 27.10−15 s pour l’aluminium. Il est rappelé que, pour l’électron : e = 1, 6.10−19 C et me =
9, 1.10−31 kg.
6. Commenter la valeur numérique de τ . Dans le cas où le champ électrique est sinusoïdal de pulsation ω,
à quelle condition la loi d’Ohm peut-elle s’appliquer avec la conductivité électrique γ ?
7. Retrouver à partir de la loi d’Ohm locale l’expression de la résistance d’un tronçon de conducteur
cylindrique et homogène, de longueur ℓ et de section S.
8. Calculer alors la résistance, dite linéique (c’est-à-dire pour 1 mètre de longueur de câble), d’un câble
coaxial (type câble de télévision) en cuivre avec :
⋆ le rayon du conducteur central ou âme : R1 = 0, 5 mm ;
⋆ les rayons du conducteur extérieur de retour : R2 = 10 mm et R3 = 10, 5 mm.
Les liaisons entre un générateur et un récepteur par l’intermédiaire du coaxial se font selon le schéma
de la figure 1.

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Figure 1 –

I.B. Effet Hall dans un ruban conducteur


Une plaquette conductrice de grande longueur suivant Ox, de largeur a et d’épaisseur b, est parcourue
par un courant d’intensité I répartie uniformément sur toute la section droite.

Figure 2 –



En présence d’un champ magnétique uniforme et permanent B = B ~uz perpendiculaire au ruban, les
lignes de courant restent, en régime permanent, des droites parallèles à Ox. [AC] est un segment parallèle
à Oy.

9. En raisonnant qualitativement sur un porteur mobile de charge q (positive ou négative), montrer


qu’une différence de potentiel Vh = VA − VC prend naissance entre les points A et C des deux côtés
de la plaquette. Quel est son signe ? Dépend-il de celui de q ?


10. Donner l’expression du champ de Hall E h puis calculer algébriquement la tension de Hall Vh qui
1
apparaît aux extrémités du segment AC en fonction de I, B, b et de Rh = , constante de Hall,
nq
où n est le nombre de porteurs par unité de volume.

11. Le matériau est un conducteur métallique, le cuivre, dont on admet que chaque atome met en jeu
un électron libre.
(a) Donner l’expression puis la valeur numérique de n sachant que la masse molaire du cuivre
est M = 63, 5 g.mol−1 , sa masse volumique ρ = 8, 96.103 kg.m−3 . On donne la constante
d’Avogadro NA = 6, 02.1023 mol−1 .
(b) En déduire la valeur de la constante de Hall Rh

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12. Calculer la tension de Hall Vh (à exprimer dans une unité adaptée) pour un champ magnétique B =
1 T, une intensité I = 1 A et une épaisseur b = 0, 1 mm. Commenter ces valeurs numériques.

13. (a) Pour quelle raison l’effet Hall est-il beaucoup plus important avec un semi-conducteur ?
(b) Pour un semi-conducteur dopé, on a typiquement n ≃ 1022 m−3 et |q| = +e. Calculer |Vh |, les
autres grandeurs étant inchangées. Qu’appelle-t-on sonde à effet Hall ?
14. Le barreau précédent, supposé en cuivre, est immobile dans le référentiel du laboratoire.
(a) Rappeler le bilan des actions suivant (Oy) sur les électrons de conduction.


(b) Effectuer ce bilan sur les ions du réseau métallique et en déduire l’expression d F de la force
d’origine magnétique s’exerçant sur un élément de volume dτ du conducteur en fonction de la


densité volumique de courant − → et du champ magnétique B .

I.C. Loi d’Ohm et anisotropie


On reprend l’étude générale d’un matériau conducteur comportant n porteurs de charge par unité de
volume, de charge q (q < 0 pour les électrons, q > 0 pour les trous). Le conducteur est soumis à un champ

− →

électrique E et à un champ magnétique B (le champ créé par les porteurs en mouvement est négligable).

− m→
L’action du matériau sur les porteurs de charge est toujours de la forme f = − − v.
τ
15. Par application du principe fondamental de la dynamique, démontrer la relation



→ → →

+ Rh B ∧ −

E =  (1)
γ

où →
− est le vecteur densité de courant.


16. À l’aide d’une construction graphique représentant la relation (1) où B et − → sont orthogonaux,


montrer que les lignes de courant font un angle θh avec les lignes du champ E .
Exprimer tan θh en fonction de σ, Rh et B.

17. Calculer θh pour un champ intense B = 1 T :


(a) dans le cas d’un métal comme le cuivre (γ = 6.107 Ω −1
.m−1 ) ;
(b) dans le cas d’un semi-conducteur comme l’arséniure d’indium où Rh ≃ +0, 7 m3 .C−1 et γ ≃ 1 Ω
−1
.m−1 .
Commentaires ?


18. L’axe (Oz) est choisi pour être celui du champ magnétique soit B = B ~uz .
Montrer que par des projections en coordonnées cartésiennes, que la loi d’Ohm se généralise en
− = [γ]−
→ →
E (2)

où [γ] est une matrice 3 × 3 (ou tenseur conductivité) dans laquelle n’interviennent que γ et ωc τ
où ωc = qB/m est la pulsation cyclotron.

− →

19. Dans cette loi d’Ohm (2) la relation entre les vecteurs −

 et E est-elle linéaire ? Les vecteurs −

 et E
sont-ils colinéaires ?
Que redonne la relation (2) en l’absence de champ magnétique ?
Préciser ce que signifie le terme "anisotropie" ? Par quelle grandeur est-il caractérisé ?

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Figure 3 –

I.D. Effet de magnétorésistance (facultatif)


Un disque de Corbino est un conducteur ayant la forme d’une couronne comprise entre deux cylindres
de même axe, de rayons a et b et d’épaisseur h.
On maintient entre ses bords une différence de potentiel constante V = Va −Vb > 0 imposant un champ


électrique E une direction purement radiale.


Le champ magnétique B uniforme reste colinéaire à (Oz).

20. Quelle différence essentielle présente cette géométrie au niveau des lignes de champ par rapport au
ruban (partie I.C.) ? Peut-on encore parler d’effet Hall ?
Que peut-on dire dans chaque cas de l’effet du champ magnétique sur la résistance du conducteur ?

21. Déterminer en coordonnées polaires l’équation des lignes de courant.

22. Exprimer la résistance R de cette couronne en fonction de R0 , sa résistance sans champ magnétique
et de γ, Rh et B.
R − R0
23. Application numérique : donner la variation relative de résistance δ = lorsque B = 1 T pour
R0
le cuivre et l’arséniure d’indium en utilisant les valeurs numériques précédentes.

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Oxydo-réduction en phase sèche

II Chimie de l’aluminium
À partir de la bauxite (mélange d’oxyde hydratée d’aluminium, de silice et d’oxyde de fer), le procédé
Bayer (1887) permet d’obtenir de l’alumine Al2 O3 . La production industrielle de l’aluminium utilise un
procédé d’électrolyse de sels fondus dont le brevet a été déposé par Hall et Héroult en 1886. L’électrolyse
en solution aqueuse est en effet impossible, la réduction de l’eau s’opérant avant celle de l’aluminium.
Ce procédé peut se résumer globalement par les réactions :

2 4
Al2 O3 → Al + O2 à la cathode
3 3
C + O2 → CO2 à l’anode

Dès 1970, Péchiney envisagea de produire de l’aluminium par réduction de l’alumine par le carbone
(procédé Alcar). Toutefois, devant les difficultés techniques rencontrées et le surcoût de production par
rapport au procédé électrolytique, le projet ne se réalisa pas à l’échelle industrielle.
Malgré les progrès réalisés sur les installations électrolytiques et le rendement très élevé (supérieur à
99%), la production d’une tonne d’aluminium nécessite une dépense énergétique de 52000 MJ, et occasionne
le rejet de 3,5 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.
Dans le contexte économique et écologique de ce début de XXIème siècle, les industriels envisagent de
reconsidérer le procédé carbothermique.

II.A. Réduction de l’alumine par le carbone


II.A.1. Carbothermie
1. Écrire les bilans, référencés (1) à (3) de l’action du dioxygène sur l’aluminium, en tenant compte
des divers états du métal et de son oxyde, mettant en œuvre une mole de dioxygène, pour les trois
domaines suivants de température :

T < 933 K ; 933 K < T < 2138 K ; 2138 K < T

(Aucune réaction mettant en jeu l’aluminium gazeux ne sera considérée.)


Notons ∆r G01 (T ), ∆r G02 (T ) et ∆r G03 (T ) les enthalpies libres standard de réaction associées à ces trois
équilibres, selon les états physiques des constituants, pour des températures comprises entre 300 K
et 2800 K.

2. Préciser la signification de l’approximation d’Ellingham. À l’aide des grandeurs thermodynamiques


fournies en annexe, calculer ∆r G01 (T ) dans le cadre de cette approximation.
Les bilans (2) et (3) fournissent les enthalpies libres standard de réaction suivantes :

∆r G02 (T ) = −1131 + 0, 224 T et ∆r G03 (T ) = −1059 + 0, 193 T (kJ.mol−1 )

3. Tracer le diagramme d’Ellingham du couple Al/Al2 O3 sur le document-réponse joint.

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La combustion du carbone dans l’oxygène pour donner du monoxyde de carbone CO et du dioxyde


de carbone CO2 , est décrite par les trois réactions suivantes dont les enthalpies libres standard de
réaction s’écrivent :
C(s) + O2 (g) ⇋ CO2 (g) ∆r G0α (T ) = −393 − 0, 003 T kJ.mol−1 (α)
2 C(s) + O2 (g) ⇋ 2 CO(g) ∆r G0β (T ) = −220 − 0, 179 T kJ.mol−1 (β)
2 CO(g) + O2 (g) ⇋ 2 CO2 (g) ∆r G0γ (T ) = −566 + 0, 173 T kJ.mol−1 (γ)
Les tracés relatifs à ces réactions figurent sur le document-réponse, pour des températures comprises
entre 300 K et 2800 K.
4. Écrire la réaction de réduction du carbone sur l’oxyde d’aluminium. Exprimer ∆r G0red (T ), l’enthal-
pie libre de réaction standard associée. La réduction est-elle possible ? Si oui, à partir de quelle
température faut-il opérer ?

II.A.2. Réaction parasite


L’action du carbone sur l’oxyde d’aluminium peut entraîner la formation d’un autre composé : le
carbure d’aluminium de formule Al4 C3 . Selon les conditions expérimentales, le système peut être le siège
des réactions suivantes, notées respectivement (4) et (5). Afin de simplifier les calculs, seul le domaine de
température situé au-dessus de 2318 K sera pris en compte.
3 C(s) + Al2 O3 ⇋ 3 CO(g) + 2 Al (4)
9 C(s) + 2 Al2 O3 ⇋ 6 CO(g) + Al4 C3 (5)
5. À partir des données
! thermodynamiques fournies et des résultats précédents, donner les expressions
P (CO) 1
de ln 0
en fonction de (écrites sous la forme a + b/T ) pour les équilibres (4) et (5), la
P T
température variant de 2318 K à 2730 K. P 0 désigne la pression de référence.
( !)
P (CO)
6. Chacune des droites obtenues précédemment partage le plan 1/T, ln en deux régions.
P0
Indiquer, en les justifiant, les espèces existant de part et d’autre de ces droites.
( !)
P (CO)
7. Dans ce plan 1/T, ln , tracer - en partie inférieure du document-réponse - le diagramme
P0
complet montrant les domaines d’existence de Al, Al2 O3 et Al4 C3 .
8. Les droites se coupent à une température notée T0 . Montrer qu’à cette température il existe un troi-
sième équilibre (6), dépendant des deux précédents, qui ne fait intervenir que des phases condensées.
Exprimer l’enthalpie libre standard de réaction ∆r G06 (T ) et en déduire la valeur de T0 , appelé tem-
pérature d’inversion. Comment l’équilibre (6) se traduit-il sur le diagramme ?
9. En déduire les conditions opératoires permettant d’obtenir l’aluminium par réduction de l’alumine
par le carbone.
10. Évaluer (en MJ/tonne) la quantité d’énergie à mettre en œuvre dans ce procédé thermique pour
élaborer une tonne d’aluminium (en se plaçant par exemple à 2730 K).
11. Le monoxyde de carbone se transformant en gaz carbonique (réaction γ), calculer la masse de gaz
carbonique rejetée pour produire une tonne d’aluminium.
12. Comparer les énergies nécessaires et masses de CO2 rejetées entre le procédé thermique et le procédé
par électrolyse. Conclure.

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II.B. Données numériques


Données numériques générales :
⋆ Masses molaires atomiques (en g.mol−1 ) : C : 12,0 O : 16,0 Al : 27,0 ;
⋆ Constante des gaz parfaits : R = 8, 31 J.K−1 .mol−1 ;
RT
⋆ Constante de Faraday : F = 96500 C et ln(10) = 0, 06 V ;
F
⋆ Pression de référence : P 0 = 1, 0 bar concentration de référence c0 = 1, 0 mol.L−1
Données thermodynamiques à 298 K

Élément ou composé Al Al2 O3 Al4 C3 C(graphite) O2 CO CO2


État physique solide solide solide solide gaz gaz gaz
T fusion (en K) 933 2318 > 3775
T ébullition (en K) 2740 3253
T décomposition (en K) > 2800
∆r H 0 en kJ.mol−1 0 −1675 −209 0 0 −110 −393
0
Sm en J.K−1 .mol−1 28 51 82 6 205 198 214
∆fus H 0 en kJ.mol−1 11 109

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