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Dakar Business School

Comptabilité générale

Ousmane SY
Consultant en développement commercial
Manager de Projet / Ingénieur Financier
osyconsulting@gmail.com
78 303 35 13
Chapitre 1: Cadre de la comptabilité
Chapitre 1: Cadre de la comptabilité

1 Définition et buts de la comptabilité générale


La comptabilité est un système d’organisation de l’information financière permettant de:
 Saisir, classer, enregistrer les opérations commerciales et financières de l’entreprise et de retracer toutes les
transformations subies par les capitaux mis à sa disposition.
 Fournir après traitement un ensemble de documents de synthèse ou états financiers (sont : le bilan de fin
d’exercice ; le compte de résultat; le tableau financier des ressources et emplois (TAFIRE); l’état supplémentaire ;
l’état annexe).

Elle doit non seulement établir des comptes réguliers et sincères mais être aussi la source d’une information
normalisée et vérifiable à destination de tiers de plus en plus nombreux.

Les informations comptables doivent donner à leurs utilisateurs une description adéquate et loyale,
claire, précise et complète des opérations, évènements et situation.

2. Rôle de la comptabilité
 Instrument obligatoire pour tout commerçant personne physique ou morale.
 Instrument de preuve entre commerçants.
 Instrument d’informations des tiers (l’état, les associés, les banques, les clients, les fournisseurs, les assurances…
)
 Instrument de gestion, de contrôle et d’aide à la décision.
 Instrument de calcul des assiettes fiscales et sociales.
Cadre de la comptabilité
3. Etude du SYSCOHADA :
OHADA signifie: Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires.
L’OHADA a pour mission:
 de doter tous les états parties d’un même droit des affaires harmonisé;
 de promouvoir l’arbitrage comme instrument de règlement des différents contractuels;
 d’améliorer la formation et les compétences des magistrats et des auxiliaires de justice dans le but d e promouvoir
l’activité économique et de garantir une sécurité juridique à l'intérieur de la communauté créée.
Par ailleurs l’OHADA a adopté un certain nombre de textes dits « Actes Uniformes »
→ Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière (AUDCIF) a pour but d’organiser, d’harmoniser
les comptabilités des E/ses dans les états parties du traité à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique.
→ Le SYSCOHADA révisé* comprend, d’une part, le plan comptable général OHADA et, d’autre part, le dispositif
comptable des comptes consolidés et combinés.
→ L’application du Système Comptable OHADA (SYSCOHADA), unique et commun à tous les Etats parties, assure la
collecte, la tenue, le contrôle, la présentation et la communication par les E/ses d’informations établies dans les
mêmes conditions de fiabilité , de compréhension et de comparabilité.
→ Sont soumises au SYSCOA:
 Les E/ses publiques, parapubliques et d’économie mixte;
 Les coopératives;
 toutes les entités produisant des biens et services marchands ou non marchands, dans la mesure où elles exercent,
dans un but lucratif ou non, des activités économiques à titre principal, ou accessoire fondées sur des actes
répétitifs.
En sont exclues les E/ses soumises aux règles de la comptabilité publique.
→ La durée d’un exercice comptable est de 12 mois, on parle d’année civile qui va du 1IER janvier au 31 décembre.*
Cadre de la comptabilité
3. Etude du SYSCOHADA (suite)
3.1 La nature des travaux d’arrêté des comptes
L’arrêté des comptes a deux natures:
 une nature extracomptable : recenser les éléments existants et les évaluer
 une nature comptable : traduire dans les comptes, selon les règles existantes les différents éléments, notamment:
o comptabiliser les stocks de clôture,
o pratiquer les amortissements
o enregistrer les provisions correspondantes aux dépréciations,
o apprécier l’opportunité de comptabiliser des provisions de nature fiscale
o rattacher les charges et produits aux exercices concernés,
o procéder aux régularisations par rapport aux existants ( sur les pertes substantielles sur des contrats de vente ou
d’achat,
o déterminer le résultat fiscal,
o calculer et comptabiliser les prélèvements opérés sur le résultat comptable (impôt sur le bénéfice),
o déterminer le résultat net de l’exercice,
o remplir la déclaration statistique et fiscale.
3.2 L’acheminement des états financiers
 Les états financiers sont arrêtés au plus tard à la date du 30 Avril N+1 pour les comptes clôturés au 31
décembre de l’année N*;
 A la clôture d’un exercice, les états financiers , le bilan et le rapport de gestion ainsi que les docs relatifs aux
évènements importants sont transmis au commissaire au compte 45 jours au moins avant l’AG
 Tous les documents sont soumis à l'approbation des actionnaires (ou associés) dans un délai de 6 mois à compter
de la date de clôture de l’exercice fiscal (c’est à dire au 31 Juin N+1):
Cadre de la comptabilité

4. Les SYSCOAHADA applicables aux entreprises (Art .11)


L’ AUDCIF portant organisation et harmonisation des comptabilités des E/ses a prévu trois systèmes:
 Le Système normal applicable à toute E/se dont le CA > 100 000 000 FCFA
 Le système allégé applicable à l’E/se dont le CA < ou = 100 000 000 FCFA
 Le système minimal de trésorerie : appliqué à l’E/se en fonction des recettes annuelles et du secteur d’activité:
Recettes < ou = 30.000.000 FCFA pour les entreprises de négoce,
Recettes < ou = 20.000.000 FCFA pour les entreprises artisanales et assimilées,
Recettes < ou = 10.000.000 FCFA pour les entreprises de services.

5. Les principales sources et normalisation


Sources internationales Sources nationales & communautaires

 la fédération internationale des comptables  Les sources d’origine règlementaire (professions


(IFAC) libérales).
 L’organisation internationale des standards  Les normes d’origine corporative qui gouvernent les
comptables (IASB). Elle est l’auteur des professions d’expert comptable, de comptable
normes IFRS qui détermine le standard des agréé et de commissaire aux comptes L’OHADA
documents comptables.  L’UEMOA
 L’UMOA
 La CIMA
Cadre de la comptabilité : 6.le Cadre du SYSCOHADA
Objectifs
Image fidèle Image la plus objective
Sincérité Comptes établis de bonne foi
Régularité Conformités aux règles
Principes comptables

Prudence (art. 3 et 6) Eviter le transfert sur le futur de risques et de pertes présentes


indépendances des exercices ( art.59) Rattachement des charges et des produits au résultat d’un exercice donné
Non compensation Evaluation séparés des éléments d’actif et de passif, des charges et des produits
Continuité de l’exploitation (art.39) L’E/se est présumée poursuivre ses activités
Coûts historiques (art. 35 et 36) Enregistrement des biens acquis à titre onéreux au coût d’acquisition et
maintien au bilan pour cette valeur.
Permanence des méthodes (art.40) Pas de changement de méthode d’un exercice à l’autre

Intangibilité du bilan d’ouverture Le bilan d’ouverture d’un exercice doit correspondre au bilan de clôture
(art. 34) de l’exercice précédent.
Importance relative Appréciation de l’objectif de sincérité en fonction de la réalité
économique et de l’importance des événements enregistrés.
Cadre de la comptabilité

7. Processus général de la comptabilité en résumé

Documents de
Documents
synthèse

Facture N° Comptabilité
Facture N° Enregistrement Actif Passif
des BILAN
Facture N° transactions
2 4 1 5
Opérations Travaux
3 5 4
courantes d’inventaire

COMPTES Charges Produits


DE
7 8+
RESULTAT 6 8+
suivi pairs
suivi
impairs

 Factures Clients  Ecritures au journal au jour  Amortissements  Bilan , Compte de résultat


 Factures Fournisseurs le jour  Provisions
 Bulletins salaires  Mises à jour des comptes  Négociations en fin
 Chèques périodiques d’exercice
….
Cadre de la comptabilité : Organisation de la comptabilité

8. Organisation de la comptabilité
L’enregistrement en comptabilité se fait par des pièces justificatives ( pièces de caisse, factures,
chèques…) selon l’ordre suivant:

Enregistrement des opérations du journal


1 Document obligatoire constatant chronologiquement les écritures. Il peut être subdivisé en journaux
auxiliaires

Report dans le grand livre


2 Document obligatoire regroupant l’ensemble des comptes de l’entreprise ainsi que les mouvements les
affectant. Il peut être subdivisé en livres auxiliaires.

Etablissement de la balance
3 Document non obligatoire faisant ressortir pour chaque compte les montants totaux des débits et des
crédits ainsi que le solde débiteur ou créditeur

Réalisation des documents de synthèse


4 Comptes annuels: bilan, compte de résultat et annexe
Cadre de la comptabilité :

9. Les modalités d’enregistrement des opérations


Ce sont les principes de l’enregistrement et de l’organisation comptable selon le SYSCOHADA, il s’agit:
 de l’enregistrement exhaustif, chronologique et irréversible (1),
 De la conservation des documents comptables pendant 10 ans,
 Du classement et de la conservation des pièces justificatives conformément aux procédures et à
l’organisation comptable de l’E/se (2),
 De la formalisation des procédures administratives comptables, afin de s’assurer la continuité dans le
temps et du contrôle interne,
 Du respect de l’origine de l’enregistrement comptable:
- l’origine: source de l’information,
- le contenu: date comptable, libellé, montant, sens (débit, crédit),
- l’imputation : numéro de compte du plan comptables,
- la référence de la pièce justificative qui appuie l’enregistrement, les mentions : date d’enregistrement,
de saisie, numéro de compte.
 De l’emploi de la technique de la partie double avec la possibilité pour l’E/se d’ouvrir des subdivisions si
nécessaires ou de regrouper les comptes en fonction des besoins,
 de la tenue de la comptabilité dans la langue officielle et l’unité monétaire du pays,
 Du contrôle par inventaire de l’existence et de la valeur des biens, des créances et des dettes de l’E/se,
 de la création d’un plan comptable suivant le SYSCOHADA,
 De la tenue des livres comptables et des supports qui doit se faire sans blanco, ni altération; toute
correction d’erreur s’effectue exclusivement par inscription en négatif des éléments erronés.
Cadre de la comptabilité :

10. Le contrôle de la comptabilité


Le contrôle de la comptabilité s’effectue par:
 Le comptable de l’E/se à travers le contrôle interne c’est-à-dire l’ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise
de l’E/se (procédures, séparations des fonctions…)
 L’expert comptable dans le cadre d’une mission contractuelle, à l’issue de laquelle il délivre une attestation
(intervention facultative),
 Le commissaire aux comptes dans le cadre d’une mission légale de certification des comptes annuels (intervention
obligatoire dans les sociétés anonymes et dans certaines entités dépassant des seuils juridiques)

11. La comptabilité et le temps


Le bilan doit être le reflet de la situation réelle de l’E/se à un moment donné. Or, certains éléments de l’actif inscrits
en comptabilité pour leur prix d’acquisition diminuent avec le temps: il faut donc constater la dépréciation en
comptabilité.
A. L’amortissement: cette dépréciation est fonction de plusieurs variables: le temps, l’usure, l’obsolescence. Il est
une charge de l’exercice qui n’entraine pas de décaissement de trésorerie.
B. Les provisions: dépréciation d’un élément d’actif pour des raisons autres que le temps: charges probables ,
mais incertaines quant à leur montant ou à leur réalisation, se concrétisent par des provisions. (Principe de
prudence)
C. La régularisation des charges et des produits
Le compte de résultat ne doit enregistrer que les charges et les produits naissent dans l’exo ou qui proviennent, à la
suite d’une erreur ou d’omission, d’exercices antérieurs. (principes d’indépendance des exercices)
Cadre de la comptabilité :

12. Comptabilité et valeur


Les E/ses vivent et se développent dans un contexte économique soumis en permanence à l’inflation.
Donc la présentation des documents de synthèse (Bilan, Compte de résultat et Annexe), pose le problème des
évaluations à considérer au terme de chaque exercice comptable. Il existe trois méthodes d’évaluation:
 La méthode du coût historique,
 La méthode du coût historique indexé
 La méthode de la valeur actuelle
La méthode retenue par le plan comptable général est la méthode du coût historique.
A. La méthode du coût historique
Les biens à l’entrée dans le patrimoine sont comptabilisés à leur coût d’acquisition (achat + frais accessoires)
Les produits par l’E/se sont inscrits à leur coût de production.
Les biens acquis à titre gratuit sont estimés à leur valeur vénale (1).
A l’inventaire, les éléments actifs et passifs sont à leur valeur actuelle, qui est constitué par leur valeur vénale.
B. La méthode du coût historique indexé une distinction est opéré entre les éléments monétaires (sensible à
l’évolution du pouvoir d’achat) et les éléments non monétaires (éléments du bilan). Ainsi à la fin de chaque exercice
une nouvelle valeur historique se substitue à l’ancienne, seulement cette valeur doit être comparé à la valeur actuelle
de l’élément (2).
C. La méthode de la valeur actuelle
Cadre de la comptabilité :

12. Comptabilité et valeur (suite)

C. La méthode de la valeur actuelle


La valeur actuelle est transcrite en comptabilité. Cette valeur est comparée à la valeur précédemment comptabilisée
 Les augmentations et les diminutions sont constatées de la façon suivante
o A l’actif: - les ↓ de valeurs sont constatés par des amortissements ou des provisions.
- Les ↑ de valeur sont portés aux capitaux propres
o Au Passif: - les ↑ de dettes irréversibles viennent s’ajouter au montant initial des dettes.
- Les ↑ non réversibles sont constatées par des provisions
- Les ↓ de dettes sont portées en capitaux propres
D. Rôle économique et financier de l’amortissement
L’amortissement permet d’étaler dans le temps la consommation (en valeur) des immobilisations. L’amortissement
économique cherche évaluer une dépréciation réelle destinée à reconstituer un capital.
L’amortissement est une charge sans décaissement. Il constitue un moyen d’autofinancement (3).
Ces amortissements devraient permettre de renouveler les immobilisations lorsque celles sont devenues inutilisables.
E. Rôle économique et financier des provisions
Elles permettent de régulariser le bilan. Les provisions, comme les amortissements diminuent le résultat de l’exercice
en maintenant ainsi à l’actif, des valeurs qu'auraient pu en sortir si l’E/se avait distribué des bénéfices. Elles
constituent des ressources pour l’E/se
Cadre de la comptabilité

13. Les livres comptables


 Toute E/se tient:
 Un livre journal enregistrant ses opérations
- soit au jour le jour
- Soit par récapitulation, au moins mensuelle; des totaux de ces opérations, à la condition de
conserver, dans ce cas, tous documents permettant de vérifier ces opérations jour par jour.
 Un grand livre pour l’ouverture et le suivi de ses comptes en concordance avec les totaux des écritures du livre
journal.
NB: Il y a une relation d’égalité entre totaux des écritures du livre journal et les totaux des écritures du grand livre.
 Toute E/se fait au moins une fois par an, un inventaire de ses éléments actifs et passifs et arrête tous ses
comptes en vue d’établir ses documents de synthèse.
La récapitulation de l’inventaire ainsi que les documents de synthèse sont transcrits sur un livre journal
d’inventaire.
 Le livre journal et le grand livre sont détaillés en autant de journaux auxiliaires et livres auxiliaires, ou documents
en tenant lieu, que l’importance et les besoins de l’E/se l’exigent.
 Les données, enregistrées dans les journaux et livres auxiliaires ou documents en tenant lieu, sont
périodiquement centralisées dans le livre journal et le grand livre au moins une fois par mois.
 Les livres ou documents visés ci-dessus peuvent être tenus par tous moyens ou procédés appropriés conférant
un caractère d’authenticité aux écritures et compatibles avec les nécessités de contrôle de la comptabilité.
 Il est recommandé de tenir un répertoire de l’ensemble des livres de comptabilité ou documents en tenant lieu.
Cadre de la comptabilité

14. L’information comptable et financière (suite)

L’entreprise ne peut vivre isolément et son activité est essentiellement subordonnée au maintien et au
développement des relations avec ses partenaires. Elle est donc tenue, pour s’assurer d’une véritable appréciation
de sa crédibilité, d’informer sur sa situation patrimoniale.

Cette information est celle comptable et financière. Elle participe de la volonté de transparence dans la gestion de
l’entreprise et de la confiance des parties prenantes. L’information comptable et financière constitue donc à la fois
un élément de gestion de l’entreprise mais également un élément de gestion des relations de l’entreprise.

Sur le plan interne, elle constitue une aide à la décision. C’est la raison pour laquelle elle est appréciée comme un
moyen de management d’entreprise.

Sur le plan externe, l’information comptable et financière de l’entreprise permet à l’Etat de déterminer la politique
économique du pays. Quant aux relations contractuelles de l’entreprise, elles sont favorisées par la bonne
information comptable et financière.

Cette information comptable et financière justifie l’existence de la comptabilité. La comptabilité est une technique
d’enregistrement d’entrées et de sorties quantifiables de façon à pouvoir en tirer une balance chiffrée ainsi que des
informations analytiques et de synthèses déterminées.
Cadre de la comptabilité

15. L’information comptable et financière

Cette définition large de la comptabilité permet son utilisation dans toute activité humaine. Haut delà, lorsqu’il ne
s’agit du domaine patrimonial, la pratique préfère parler de statistiques. La comptabilité permet l’établissement
périodique d’une balance destinée à vérifier si les dépenses ne sont pas supérieures aux ressources ou si les buts
fixés dans l’allocation de recettes ont été atteints. C’est ce qui justifie qu’il existe deux types de documents
comptables :
- Des documents comptables rétrospectifs permettant de comparer le niveau des recettes et celui des dépenses ;
ensuite,
- Les documents prévisionnels permettant de fixer des buts en fonction des recettes disponibles ou dont la
disponibilité est envisagée.

Si les documents rétrospectifs sont en principe figés en raison de la certitude des actes posés, les documents
prévisionnels eux peuvent faire l’objet de modifications du fait de l’incertitude du futur. Quelque soit le type de
document comptable, la comptabilité se présente sous forme de comptes établis sur la base du plan comptable
applicable à l’entreprise en raison de la forme de la personne qui l’exploite ou encore de l’activité qu’elle exerce.
Chapitre 2: L’entreprise et la comptabilité
L’entreprise et la comptabilité

2.1 L’Entreprise (1) dans son environnement

Dans le sens le plus général, l’entreprise est une organisation économique et sociale financièrement
indépendante qui se procure des moyens de production et les utilise pour l’élaboration de biens et de
services destinés à être vendus à une clientèle
La différence entre les recettes dégagées par la vente des biens et services et les dépenses engagées par
l’exploitation fait ressortir un résultat.
Ainsi de par définition nous notons que l’E/se joue trois rôles:
Rôle économique : elle produit pour le marché en satisfaisant les besoins des consommateurs
Rôle social: elle distribue des revenus (versement salaire du personnel, impôt à l’état, des dividendes aux
actionnaires, construit des centres de santé …)
Rôle financier : elle est une chaine financière dans le circuit économique
L’E/se est une notion utilisée par l’économiste alors que le juriste utilise le terme de société.
La société est un contrat par lequel deux personnes au moins conviennent de mettre en commun leurs biens ou
leurs industries (savoir faire) en vue de partager des bénéfices ou de profiter de l’économie (avantages) qui pourra
en résulter; les associés s’engagent à contribuer aux pertes. Cependant avec l’avénement de l’OHADA, un individu
peut créer une société (SUARL: société unipersonnelle à responsabilité limitée; SUA: société unipersonnelle
anonyme).
L’E/se constitue le champ d’application de la comptabilité générale. Dans son environnement, l’E/se ne vit pas seule.
Elle entretient des relations avec des tiers (F/ses; Clients, banques, assurances, salariés…)
Ces relations se manifestent sous la forme de mouvements ou flux économiques externes, mouvements de biens ou
d’argent entrant ou sortant.
L’entreprise et la comptabilité

L’entreprise: définition générale

OPTIQUE PRODUCTION:
- UNE UNITE DE PRODUCTION
Entreprise: réalité qui comprend des bâtiments, des machines (moyens de production), des personnes qui y
travaillent (capital humain)
Elle combine les facteurs de production de la manière la plus productive afin que le rendement de son activité
soit supérieure a la somme des énergies qu ’elles y a consacrées

OPTIQUE ECONOMIQUE:
- UNE UNITE DE REPARTITION
Les richesses créées servent a rémunérer l ’ensemble des agents économiques ayant participé à l ’activité de
production de l ’entreprise

L’ENTREPRISE: DEFINITIONS
L’entreprise et la comptabilité

L’entreprise: définition générale

- UNE UNITE DE REPARTITION


Les richesses créées servent a rémunérer l ’ensemble des agents économiques ayant participé à l ’activité de
production de l ’entreprise
Agents rémunérés Nature de la rémunération
R
i Le personnel salaires
c
h L ’État et organismes sociaux Impôts, cotisations sociales
e
s Les prêteurs Intérêts
s Les apporteurs de k Dividendes
e
L ’entreprise Revenus non distribués
OPTIQUE JURIDIQUE:
Entreprise: ensemble des structures qui agissent sur le plan économique peu importe leur statut ou leur personnalité
juridique
L’entreprise et la comptabilité

2.2 La matière d’œuvre de la comptabilité générale


2.2.1 Les différents flux économiques
Pendant son exploitation, l’E/e réalise des opérations internes et externes. Il s’agit des transactions
entrainant des mouvements de biens, de services et monnaie entre les agents économiques: on parle de
flux économiques.
Les différents types de flux économiques:
 Les flux réels : mouvements de biens et de services
 Les flux financiers: mouvements de monnaie ou tout autre moyen de paiement
 Les flux externes: mouvements de biens, services ou monnaie avec les autres agents économiques
 Les flux internes: Transaction à l’intérieur de l’E/se et qui n’affecte le patrimoine.
 Les différents flux sont prouvés par des pièces justificatives

Flux
ORIGINE DESTINATION

(Biens, services, monnaie)


( Point de départ) (Point d’arrivée)

La comptabilité enregistre les flux économiques sur la base des documents de base ( factures, chèques,
pièces de caisse…..) créés ou reçus.
2.2 La matière d’œuvre de la comptabilité générale
2.2.1 Les différents flux économiques
L’environnement de l’Entreprise : l’E/se et les autres agents économiques

Clients Etat Flux


économiques
externes
Actionnaires
Partenaires
Flux
économiques
internes
Entreprise Fournisseurs
Assurances

Personnel Public & ménages


Institutions financières
& non financières

Un flux économique est un mouvement de biens, de services, de monnaie tant à l’intérieur qu’à l’extérieur
de l’E/se avec les autres agents économiques. Les flux éco ont un sens et une valeur (mesurée en UM)
L’entreprise et la comptabilité

2.2 La matière d’œuvre de la comptabilité générale


2.2.2 L’analyse des flux

Dans l’analyse comptable des opérations, le point de départ ou origine du flux constitue la ressource alors
que le point d’arrivée ou destination correspond à l’emploi.

Flux économiques externes

Flux physiques Flux financiers

Flux physiques Flux physiques Flux financiers Flux financiers


Entrant sortant Entrant sortant
L’entreprise et la comptabilité

2.3. Analyse de la situation patrimoine

2. 3.1 Notion de patrimoine


Le patrimoine d’une personne morale ou physique est la différence entre les biens et créances et ses
dettes. C’est ainsi qu’un patrimoine peut être positif, nul ou négatif.
2. 3.2 Evaluation du patrimoine
Pour évaluer le patrimoine, il faut passer par la phase de l’inventaire c’est-à-dire classer, compter,
évaluer les éléments qui rentrent dans le calcul du patrimoine. ce travail aboutit à un tableau qui
représente les éléments positifs et les éléments négatifs : LE BILAN

ACTIF PASSIF

Biens Dettes
Créances

L’Actif représente les biens et les créances (éléments positifs)


Le Passif représente les dettes (éléments négatifs)
L’entreprise et la comptabilité

2.4 Evaluation du patrimoine (suite)

Patrimoine = Richesse = Fortune = BIENS + CREANCES – DETTES

BIENS = BIENS INCORPORELS (logiciels, clientèle…)


+ BIENS CORPORELS (terrains, bâtiments, matériels, mobiliers…)

CREANCES = l’argent qu’autrui nous doit

DETTES = l’argent que nous devons à autrui


L’entreprise et la comptabilité

2.5. La notion de bilan comptable


Le bilan est un document de synthèse produit par la comptabilité générale dans lequel sont regroupés à
une date donnée l’ensemble des ressources dont a disposé l’entreprise, ainsi que l’ensemble des emplois
qu’elle en a fait. Il propose donc de retracer le patrimoine de l’entreprise.
Le bilan comptable est composé de deux éléments :
A droite, le passif représente les ressources à disposition de l’entreprise.
A gauche, l’actif représente la manière dont ces ressources ont été utilisées.

Actif Passif
(utilisation des ressources) (ressources disponibles)
 Immobilisations  Capital
BILAN ex: bâtiments, machines,  Emprunts
mobiliers…  Dettes auprès des fournisseurs
 Stocks et créances
 Dettes auprès de l’état
 Disponibilités

égalité
L’entreprise et la comptabilité

2.6. Les ressources et les emplois


Toute acquisition de moyens de production (EMPLOIS) s’accompagne obligatoirement d’un financement
mis à la disposition de l’E/se ( RESSOURCES).
 LES RESSOURCES sont de trois sortes
- celles fournies par les associés ou les actionnaires
- celles fournies par des tiers (banques, fournisseurs)
- celles engendrées par l’E/se elle-même (bénéfice)
Elles peuvent dons être décomposées en capitaux propres à l’E/se et capitaux empruntés à des tiers
 LES EMPLOIS sont l’utilisation faite de ces ressources
On distingue
-Les emplois permanentes (terrains, immeubles…)
-Les emplois circulants (stocks, clients).
Au bilan, le classement des emplois et des ressources se fait selon leur destination ou leur provenance.
C’est-à-dire selon leur fonction dans le processus d’activité économique.
Il en résulte la présentation suivante:
ACTIF = EMPLOIS PASSIF = RESSOURCES

Actif immobilisé(emplois stables) Capitaux propres (ressources propres)


Actif circulant (emplois circulants) Provisions pour risques et charges
Dettes
Régularisation Comptes de régularisation
L’entreprise et la comptabilité

2.7. Les types de bilan 2.7.1 Le bilan de départ

Il est établit à la constitution de l’E/se, au moment du démarrage de l’exploitation de l’activité.


A ce niveau:
Patrimoine = Capital de départ = Biens + Créances – Dettes = Apport en Capital
2.7.2 Le bilan de fin d’exercice

Après 12 mois d’exploitation de l’activité de l’E/se, le bilan est obligatoirement établi et présent à cet effet
le patrimoine dont les composantes sont les biens, les créances et les dettes:
Il y a un résultat en fin d’exercice qui peut être positif comme négatif
Si Résultat > 0, alors on un surplus de richesse qui s’ajoute au patrimoine de départ
Patrimoine = Capital de départ + bénéfice = Biens + Créances – Dettes
Si Résultat < 0, alors on a une perte qui vient en diminution du capital de départ
Patrimoine = Capital de départ + perte = Biens + Créances – Dettes
ACTIF PASSIF

Biens Capital
Matières Bénéfice
Créances Résultat
Caisses Perte
Banques
Total ACTIF = Total PASSIF
L’entreprise et la comptabilité

2.7. Les types de bilan

2.7.3 Le bilan à un instant quelconque T

L’E/se peut établir son bilan à un moment donné pour pouvoir apprécier ses performances ou préparer
une décision d’investissement nécessitant un emprunt bancaire.
Pour se faire, elle établit son bilan au moment souhaité pour pouvoir, informer sur son niveau de
solvabilité, ou son niveau d’endettement.
Le bilan ainsi établi, présente le patrimoine qui comprend les biens, les créances et les dettes. A ces
éléments peuvent s’ajouter au cours des exercices, les réserves et d’éventuelles subventions
d’investissements.
Ce qui nous permet d’une manière exhaustive d’écrire:
Patrimoine = Biens + créances – dettes
= Capital + Réserves + Résultat + Subvention d’investissement
= Capitaux propres
L’entreprise et la comptabilité

2.8 L’analyse du résultat

Le bilan fait apparaître un résultat mais ne permet pas de mettre en évidence les opérations qui ont
permis de le constituer. Les opérations d’exploitation permettent de caractériser l’activité économique de
l’E/se. Schématiquement on peut les décomposer de la façon suivante:

OPERATIONS D’EXPLOITATION FLUX FINANCIER

Achat aux fournisseurs Paiement fournisseurs

Stockages des matières


Fabrication Paiement des frais de Fabrication

Stockages des produits finis


Vente aux clients Encaissement des clients
L’entreprise et la comptabilité

2.8 L’analyse du résultat

Pour apprécier le cycle d’exploitation, il faut analyser les éléments du coût de revient. En effet, pour
produire, l’entreprise utilise, consomme, rémunère divers facteurs de production qui peuvent se résumer
ainsi

COUT D’ACHAT DES DUS AUX FOURNISSEURS


MARCHANDISES VENDUES
SALAIRES + CHARGES SOCIALES REMUNERATION DU TRAVAIL

INTERETS REMUNERATION DES PRETEURS


CHIFFRES D’AFFAIRES
IMPOTS REMUNERATION DE L’ETAT

AMORTISSEMENTS REMUNERATION DE
L’INVESTISSEMENT
BENEFICE REMUNERATION DES CAPITAUX
PROPRES

Ce tableau constitue un compte de résultat


L’entreprise et la comptabilité

Conclusion

La comptabilité permet un enregistrement méthodique de toutes les opérations qui composent l’activité
de l’E/se. La comptabilité doit informer
Le chef d’entreprise; les actionnaires, les travailleurs de l’E/se; les tiers en relation avec l’E/se (F/ses, clients
,banques…); l’état, le public en général.
Il faut distinguer deux grandes partie dans la comptabilité:
 Tout d’abord la comptabilité générale. elle a un caractère obligatoire et va enregistrer les flux externes
de l’E/se. Elle permet de dresser périodiquement les documents de synthèse ( Bilan et compte de
résultat) et de faire ainsi apparaitre:
- La situation active et passive du patrimoine;
- Le résultat de la période considérée.
 La comptabilité analytique d’exploitation qui est destinée à analyser les flux interne de l’E/se. ELLE n’est
pas obligatoire. Elle permet au chef d’E/se de mieux maitriser les flux de son E/se.

Exercices d’application
Chapitre 3: L’analyse de la situation : le bilan
Chapitre 3: L’analyse de la situation : le bilan

3.1 présentation du bilan


La situation de l’E/se est périodiquement résumée dans un tableau appelé: BILAN:
Le BILAN est une photographie du patrimoine de l’E/se à un moment donné. C’est donc un document statique.
La période séparant deux bilans s’appelle un exercice comptable.
La date à la quelle est effectuée le bilan s’appelle « la date d’inventaire » ou « la date de clôture de l’exercice ».

La partie gauche du bilan La partie droite du bilan

ACTIF BILAN DE L’ENTREPRISE AU…………. PASSIF

 Dettes de l’entreprise
 Biens que l’entreprise possède -Vis-à-vis des associés
 Créances sur les tiers -Vis-à-vis des organismes financiers
-Vis-à-vis des tiers

- Sur le plan financier

L’Actif représente les emplois qui ont été Le PASSIF indique les ressources de l’E/se et
faits des ressources. l’origine des capitaux mis à sa disposition.
Chapitre 3: L’analyse de la situation : le bilan

3.1 présentation du bilan

Exemple: Soit les éléments ci-après recensés dans une E/se: terrain, bâtiment, mobilier, marchandises,
fonds en banque, fournisseurs, emprunts, espèces en caisse.
Le bilan de l’Entreprise se présente ainsi:

Actif Passif
Postes Montants Postes Montants
Terrain 5 000 000 Capital 10 000 000
Immeuble 3 000 000 Emprunts 4 000 000
Mobilier 1 000 000 Fournisseurs 2 000 000
Marchandises 6 000 000 Etat 500 000
Fonds en banque 1 000 000
Espèces en caisse 500 000

Total 16 500 000 Total 16 500 000


« Ce que j’ai » « Grâce à »

Ce que possède l’entreprise Ce qui finance l’entreprise


(Biens ou emplois ) (capital + dettes ou ressources )
L’analyse de la situation : le bilan

Exercices d’application

Application 1
 M. DIOP vient d’acquérir de Mme Faye un fonds de commerce aux conditions suivantes:
Fonds de commerce : 5 000 000
Agencements: 1 000 000
Stocks de m/ses : 3 000 000
Soit un total de: 9 000 000
 M. DIOP verse au montant de la signature 4 000 000 et s’engage à verser le reste sur un an.
 D’autre part, M. DIOP a ouvert un compte bancaire sur lequel il a versé 3 000 000.
Présenter le bilan de M. DIOP.

Application 2
Soit les éléments du bilan de l’entreprise NDIAYE & FRERES au 31/12/2018

• Capital : 10 000 000 • Banque: 5 000 000


• Fonds de commerce: 400 000 • Caisse : 2 900 000
• Matériel: 3 350 000 • CCP: 1 750 000
• Marchandises: 2 250 000 • Fournisseurs: 5 000 000
• Clients: 1 150 000
• Mobilier: 6 200 000
• Emprunts: 6 000 000
L’analyse de la situation : le bilan

3..2 Analyse du bilan sous l’angle économique

Le classement des postes du bilan selon le système comptable OHADA correspond à l’optique
économique ; investissement et exploitation à l’actif, financement au passif : schématisé de la manière
suivante.

Bilan
Actif Passif
Cycle d’investissement Actif immobilisé Ressources stables

Cycle d’exploitation Actif circulant Passif circulant Financement

Cycle de trésorerie Trésorerie – actif Trésorerie – passif

Total Total
L’analyse de la situation : le bilan

3..2 Analyse de l’Actif du bilan (suite)


L’Actif du bilan se décompose en trois grandes rubriques:
→ L’actif immobilisé regroupe les éléments destinés à servir de façon durable dans l’E/se et qui ne se
consomment pas au premier usage. Il se subdivise en
 Immobilisations incorporelles (logiciels, marques, fonds de commerce…..)
 Immobilisations corporelles qui sont des biens matériels(terrains constructions, immeubles….)
 Immobilisations financières(prêts, dépôts et cautionnements,
→ L’actif circulant regroupe les éléments du cycle d’exploitation
 Les stocks en cours (approvisionnements, m/ses, encours de p°, produits intermédiaires, produits finis);
 Les créances et emplois assimilés (clients et comptes rattachés, créances diverses)
 Les valeurs mobilières de placement (actions, obligations, bons de trésor, bons de caisse)
 La trésorerie actif regroupe les disponibilités (banque, comptes courants postaux, caisse)
→ Les comptes de régularisation
 Les écarts de conversion – actif : ce sont des pertes probables de change (différences sur les créances et dettes
libellés en devise)
 Charges à répartir sur plusieurs exercices…..
L’analyse de la situation : le bilan

3..2 Analyse du passif du bilan (suite)


Le Passif du bilan se en quatre grandes rubriques:
→ Les capitaux propres
• capital,
• réserves,
• RAN,
• Résultat de l’exo,
• provisions réglementées
→ Les provisions pour risques et charges
• provisions pour risques
• provisions pour charges)
→ Les dettes : comprennent tous les emprunts auprès des tiers quelque soient leurs échéances :
• dettes financières,
• dettes d’exploitation,
• dettes sociales et fiscales,
• dettes hors exploitation)
→ Les comptes de régularisation:
• Produits constatés d’avance;
• Ecart de conversions Passif
L’analyse de la situation : le bilan

3.3 Evolution du bilan

Le bilan, photographie de la situation de l’E/se à un instant donné, va évoluer en même temps de celle-ci: chaque
opération nouvelle entrainera un changement dans la situation de l’E/se et apportera un certain nombre de variations
à l’intérieur des postes du bilan.
3.3.1 Les opérations qui ne modifient pas le résultat
Exemple :
Le 1ier janvier 2017, M. DIOP crée une E/se. Pour cela il apporte 10 000 000 FCFA constitué par :
des Immobilisations 8 000 000 FCFA et un argent en banque 2 000 000 FCFA.
→Le 02 janvier, il achète 1 000 000 FCFA de m/ses.
→ Le 20 janvier, il achète à crédit 3 000 000 de m/ses
→ Le 30 janvier M. DIOP achète une machine valant 5 000 000 FCFA. Pour cela il fait un emprunt 4 500 000
FCFA et il paie 500 000 FCFA comptant.
1. Etablir le bilan initial de l’E/se DIOP
2. Présenter le bilan à chacune de ces dates.
3. Que constate t on sur le bilan après chaque opération?
3.3. 2 Les opérations qui modifient le résultat
→ Le 10 février M. DIOP vend la moitié de ses m/ses pour une somme payée au comptant de 3 000 000 FCFA
→ le 20 février M.DIOP vend le reste des m/ses pour 2 500 000 FCFA. Ces m/ses sont vendues à crédit à la cliente
Mme NDIAYE
→ Le 28 février, M.DIOP paie le personnel salarié de l’E/se 3 000 000 FCFA par banque.
Reprendre les questions 2 et 3 du 3.3.1
Chapitre 4: L’analyse des opérations de l’exploitation:
les comptes de gestion et le compte de résultat
Chapitre 4: L’analyse des opérations de l’exploitation – Les comptes de gestion et le compte de résultat

4.1 Les charges et les produits


Le Compte de Résultat, synthèse des comptes de gestion, permet d’analyser la formation de Résultat
Comptable obtenu au bilan.
Chaque fois qu’une opération diminuera le résultat, elle apparaître dans un compte de charges, et
chaque fois qu’elle augmentera le résultat, elle apparaitra dans un compte de produit.
4.2 Présentation des comptes de gestion
Les comptes de gestion distinguent les opérations qui découlent d’une activité normale de celles qui
proviennent d’un évènement exceptionnel.
Les premières constituent des charges ou produits de gestion courante, et concernent les éléments
d’exploitation ou les éléments financiers.
Les secondes n’intéressent que le résultat final et sont enregistrés dans des comptes de charges ou
produits exceptionnels.
Le plan comptable général propose une liste relativement détaillée de comptes de charges (classe 6) et
des produits (classe 7). La subdivision est poussée jusqu’aux comptes d’ordre 4.
4.3 Les comptes de charges
 60 Achats et variations de stocks
 61 Transports
 62 Services extérieurs
 64 Autres services extérieurs
 ……………………….
Chapitre 4: L’analyse des opérations de l’exploitation – Les comptes de gestion et le compte de résultat

4.4 Les comptes de produits

 70 Ventes
 71 Subventions d’exploitations
 72 Production immobilisée
 73 variations des stocks de biens et de services produits
 ……………………….

Il est important de ne pas confondre les comptes de charges et les comptes de dettes résultant de ces
charges ainsi que les comptes de produits et les comptes de créances résultant de ces produits;
Exemple: le compte 66 Charges de personnel et le compte 42 Personnel
ou encore:
le 64 impôts et taxes et le 44 Etat et collectivités publiques.
Chapitre 5: ANALYSE DU COMPTE DE RÉSULTAT
Chapitre 5: ANALYSE DU COMPTE DE RÉSULTAT

5.1 Notions de charge et de produit


▀▀ Charge
Une charge est emploi définitif (consommation) de valeur décaissée ou appauvrissements décaissés par
l’entreprise:
 soit en contrepartie des marchandises, approvisionnements, travaux services;
 soit en vertu d’une obligation légale que l’E/se doit remplir( impôts et taxes…….);
 soit exceptionnellement sans contrepartie directe (pénalité……..)
▀▀ Produit:
Un produit est une somme ou une valeur à recevoir en contrepartie de la fourniture par l’E/se de biens,
travaux traités et services.
5.2 Notion de résultat

▀▀ Compte de résultat
Le compte de résultat est un outil explicatif de la richesse créée au cours d’une période par l’E/se.
▀▀ Calcul du résultat
Le résultat d’une période noté R = ∑ Produits - ∑ Charges
 Si ∑ Produits > ∑ Charges alors on a un bénéfice,
 Si ∑ Produits < ∑ Charges alors on a une perte
Chapitre 5: ANALYSE DU COMPTE DE RÉSULTAT

5.3 Principe
Le compte de résultat comporte 3 niveaux:
 exploitation,
 financier,
 exceptionnel,
complétés par le niveau global « participation des salariés et impôt sur le bénéfice

NIVEAUX CHARGES PRODUITS

Exploitation Charges d’exploitation Produits d’exploitation

Financier Charges financières Produits financiers

Exceptionnel Charges exceptionnelles Produits exceptionnels

Global Participation des salariés


Impôt sur le bénéfice
Chapitre 5: ANALYSE DU COMPTE DE RÉSULTAT

5.4 Schéma du compte de résultat

Charges d’exploitation (comptes 60 à 66 et 68) Produits d’exploitation (comptes 70 à 75 et 781)

Charges financières ( comptes 67 à 679 ) Produits financiers ( comptes 77 et 787)

Charges exceptionnelles ( comptes 8 + suivi Produits exceptionnels ( comptes 8 suivi d’un


d’un nombre impair) nombre pair )

Participations des salariés (compte 87)


Impôts sur les bénéfices (compte 89)

Il faut noter l’importance des terminaisons des numéros des comptes dans exploitation et financières
0à5 Exploitation

7 Financier

Il faut noter également le chiffre de départ des numéros de compte exceptionnel

8 Exceptionnel
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.1 Analyse comptable des flux

Pour enregistrer une opération en comptabilité, il est nécessaire d’analyser en termes de flux , ou d’emploi –
ressources, le mouvement économique externe concerné; ensuite un lien est établi pour arriver aux comptes à
mouvementer.
Exemple 1:
20/02/2019 : Achat de m/ses réglé par espèces 55 000 FCFA
Analyse: F. P. E: achat de marchandises: en valeur 55 000 FCFA ( emploi )
F. F. S :dépense (caisse) : en espèces 55 000 FCFA (ressource)

Exemple 2:
22/02/2019: Règlement des salaires par chèque bancaire 3 500 000 FCFA
Analyse: F. P. E: salaires (travail): en valeur 3 500 000FCFA ( emploi )
F. F. S :dépense (banque) : en espèces 3 500 000 FCFA (ressource)

Exemple 3:
12/03/2019 : Vente de marchandises :800 000 FCFA réglé 60% par chèque et le reste dans 3 mois
Analyse: F. P. E: encaissement: ( banque) : en espèces 800 000FCFA * 60% = 480 000 FCFA ( emploi )
F. P. E: créance (client) : en espèces 800 000FCFA * 40% = 320 000 FCFA ( emploi )
F. F. S: vente (sortie de m/ses) : en valeur 800 000 FCFA (Ressource)
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.2 Le compte et le principe de la partie double


Toutes les opérations de l’entreprise modifient le bilan et en retour il n’est pas possible d’établir un
nouveau bilan après chaque opération. Ensuite certaines opérations affectent le résultat alors d’autres ne
le modifient pas.
Alors la comptabilité générale éclate chaque élément du bilan et du compte de résultat en COMPTE
suivant le schéma.
4.2.1 Le Compte
Partie gauche appelée DEBIT Partie gauche appelée CREDIT

Débit N’ & intitulé Crédit

Intitulé : appellation
de l’élément dont le
compte enregistre
les variations

Le compte a pour mission de recenser un à un tous les mouvements qui l’affectent.


Inscrire une somme dans un compte à son débit ou à son crédit est appelé IMPUTATION:
 DÉBITER un compte c’est porter une somme à son DÉBIT
 CRÉDITER un compte c’est porter une somme à son CRÉDIT
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.2 Le compte et le principe de la partie double


Cas d’un solde débiteur
6.2.1 Le Compte (suite) Débit N’ & intitulé Crédit
 Mouvementer : C’est le débiter ou le créditer. Ainsi chaque
compte est débité ou crédité le long de l’exercice au fur et à - -
mesure des opérations. - -
A un moment donné, surtout à la fin de l’exercice, l’élaboration - -
des états financiers nécessitent de savoir le résumé du compte -
SD
de chaque compte: On arrête alors chaque compte.
 Arrêter un compte : C’est totalisé les montants au débit (TD), TD = TC
et totalisé les montants au crédit (TC).
 la différence de ces deux totaux est appelé SOLDE. Cas d’un solde créditeur
→ Si TD > TC alors TD – TC = Solde débiteur
→ Si TD < TC alors TD – TC = Solde créditeur Débit N’ & intitulé Crédit
→ Si TD = TC alors TD – TC = 0 Solde nul : on dit que le compte
est soldé. - -
Tout compte doit être équilibré c’est-à-dire après son calcul de - -
son solde, on place ce solde au coté le plus faible pour établir - -
l’égalité TD = TC - SC

TD = TC
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.2 Le compte et le principe de la partie double


Compte capital
6.2.2 Les Comptes du bilan

ACTIF BILAN PASSIF Compte provisions


Compte immobilisation
 Immobilisations  Capital

 Stocks  Provisions Compte fournisseur


Compte stocks
 Clients  Fournisseurs

 ……………  …………. ACTIF BILAN PASSIF


Compte client

2 1
3
4;5 4;5
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.2 Le compte et le principe de la partie double

6.2.3 Les Comptes de gestion


Compte ventes
CHARGES Compte de résultat PRODUITS

Compte achat  Achats  Ventes

 Autres charges  ……….


 ………..

 Charges du personnel
 Produits financiers
 ……………
 Produits exceptionnels

CHARGES Compte de résultat PRODUITS

Ces comptes n’enregistrent que les opérations qui les 6 7


concernent, et en fin de période, on en fera un 8 + chiffre 8 + chiffre
récapitulatif à l’intérieur des documents de synthèse impair pair
que sont le Bilan et le Compte de résultat.
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable
6.2 Le compte et le principe de la partie double
6.3.4 Présentation schématique d’un compte
Le compte est un tableau qui donne des infos chiffrées. Il enregistre au cours d’un exercice comptable,
toutes les variations intervenues et qui concernent un élément d’actif, un élément du passif, un élément
de charges et un élément de produits.
Il se compose de deux parties
 Une partie gauche appelée DEBIT
 Une partie droite appelée CREDIT
 Exemple : le compte caisse

DEBIT COMPTE CAISSE N°3 CREDIT


DATE LIBELLE SOMME DATE LIBELLE SOMME

10 MAI Encaissement 3 300 000 11 MAI Règlement 120 000


vente gasoil

Pout être complète toute inscription dans un compte doit comporter:


 La date
 Un libellé précis permettant de retrouver la pièce comptable d’origine
 Le montant de l’opération
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable
6.2 Le compte et le principe de la partie double
6.3.4 Présentation schématique d’un compte
▀Tracé en colonnes séparées
DEBIT 571 COMPTE CAISSE CREDIT
DATE LIBELLE SOMME DATE LIBELLE SOMME
10 MAI Encaissement vente 3 300 000 11 MAI Règlement gasoil 120 000

▀Tracé en colonnes jumelées (mariées)


571 COMPTE CAISSE
DATE LIBELLE DEBIT CREDIT
10 MAI Encaissement vente 3 300 000
11 MAI Règlement gasoil 120 000
▀Tracé en colonnes jumelées (mariées) et cumul de solde
571 COMPTE CAISSE
DATE LIBELLE DEBIT CREDIT SOLDE
10 MAI Encaissement vente 3 300 000 3 300 000
11 MAI Règlement gasoil 120 000 3 180 000
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable
6.2 Le compte et le principe de la partie double

6.4 Le jeu des comptes*


Pour comprendre quand faudra t il débiter ou créditer un compte, il est impératif de comprendre
parfaitement les règles fondamentales suivantes:
1. Tous les comptes d’ACTIF du bilan augmentent par débit et diminuent par crédit.
2. Tous les comptes de PASSIF du bilan augmentent par crédit et diminuent par débit
3. Tous les comtes de CHARGES du Compte de Résultat augmentent par débit et diminuent par crédit.
4. Tous les comptes de PRODUITS du Compte de Résultat augmentent par crédit et diminuent par débit.
Ce qui peut se résumer par le tableau qui suit
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.4 Le jeu des comptes (suite)


BILAN
PASSIF
ACTIF
Débit Compte de Passif crédit
Débit Compte d’Actif crédit

COMPTE DE RESULTAT
CHARGES PRODUITS

Débit Compte de charges crédit Débit Compte de produits crédit


Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.5. Le principe de la partie double

C’est le principe fondamental de comptabilité générale.


A tout compte débité correspond un ou plusieurs comptes crédités pour le même montant et inversement.
Ce qui traduit l’égalité de caractère économique:
EMPLOI = RESSOURCE
Exemple 1 :
 Achat au fournisseur DIOP de 800 000 FCFA de marchandises à crédit
COMPTE DE RÉSULTAT BILAN

Charges Produits Actif Passif

Achats D Fournisseurs C
D C

800 000 800 000

Compte de Passif:
Compte de charges:  Augmente par crédit
 Augmente par débit  Diminue par débit
 Diminue par crédit
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.5. Le principe de la partie double (suite)

Exemple 2 :
 Vente au client NDIAYE de 1 000 000 FCFA de marchandises à crédit

COMPTE DE RÉSULTAT BILAN


Charges Produits Actif Passif

D Vente C D Client C

1 000 000 1 000 000

Compte de produits: Compte d’actif:


 Augmente par crédit  Augmente par débit
 Diminue par débit  Diminue par crédit
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.5. Le principe de la partie double (suite)

Exemple 3 :
 Paiement du fournisseur DIOP par chèque bancaire 800 000 FCFA

COMPTE DE RÉSULTAT BILAN


Charges Produits Actif Passif
D Banque C D Fournisseur C

800 000 800 000

Cette opération ne modifie pas le compte résultat.


Elle ne concerne donc pas le Compte de résultat.
Nous constatons par ailleurs que le comptes
fournisseurs diminue par débit et le compte diminue
par crédit
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.5. Le principe de la partie double (suite)

Exemple 3 :
 Paiement des salaires par chèque bancaire : 2 000 000 FCFA

COMPTE DE RÉSULTAT BILAN

Charges Produits Actif Passif

D Charge de personnel C D Banque C

2 000 000 2 000 000


Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.5. Les comptes du patrimoine

Ils sont encore appelés Comptes du bilan ou Comptes de situation: ils sont regroupés en classe numérotés
de 1 à 5 selon le SYSCOHADA.
Les numéros sont à deux chiffres ( comptes principaux)

Exemple: Classe 4: Comptes de tiers


4

40 41 42 43 44
Fournisseurs Clients Personnel Organismes sociaux Etat

Ils sont appelés


401 Frs, dettes en compte comptes 441 Etat, impôt sur les bénéfices
divisionnaires
402 Frs, effets à payer 443 Etat, TVA facturée

409 Frs, débiteurs 444 Etat TVA due ou crédit de TVA

……….. ………..
Chapitre 6: La technique d’enregistrement comptable

6.5. Les comptes du patrimoine (suite)

Les comptes du patrimoine sont crées à la constitution de l’Entreprise et au fur à mesure des exercices. Ils
ne sont mis à clos (ou solder) qu’ à la dissolution de l’entreprise. ils sont donc cumulatifs d’un exercice à
l’autre.
les comptes d’Actif sont regroupés en compte d’actifs immobilisés, comptes de stocks, comptes de tiers,
comptes de trésorerie.
les comptes du Passif sont constitués des comptes de ressources durables ( capitaux propres, dettes
financières), de passif circulant (dettes d’approvisionnement, dettes sociales, dettes fiscales) , de
trésorerie ( découverts bancaires, crédits de trésorerie).
Exemple : Vente de marchandises à crédit: à 500 000 FCFA

Nature de la créance: SAINE

FFE ; créance du client D: 411 client : 500 000 FCFA


Analyse:
FFS : vente de m/ses C : 701 Vente de m/ses : 500 000 FCFA

Si créance garantie par une lettre change par exemple la nature change : D: 565 : escomptes de crédits
ordinaires

Nature de la créance: CAMBIAIRE