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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

RAPPORT NATIONAL SUR LE SUIVI DU


SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS

DECEMBRE 2000
SOMMAIRE

Partie I: Introduction et données générales.……………………………………………..3

Partie II: Processus institué pour l’examen de fin de décennie………………………...5

Partie III : Mesures aux niveaux national et international……………………………….6

Partie IV : Mesures spécifiques en vue d’assurer la survie, la protection


et le développement de l’enfant…………………………………………………………….8

Introduction……………………………………………………………………………………8

a. diffuser et promouvoir dans les meilleurs délais la ratification de la convention


relative aux droits de l’enfant et en promouvoir ultérieurement l’application et le
suivi…..……………………………………………………………………………………….10

b. Lutter contre les maladies infantiles au moyen de médicaments à bas prix et en


renforçant les soins de santé primaires et les services de santé de base ; donner la
priorité à la prévention et au traitement du SIDA, fournir un accès universel à l’eau
salubre et à des installations sanitaires et éliminer les maladies transmises par
l’eau………………………………………………..…………………………………………12

c. éliminer la malnutrition, notamment en assurant la sécurité alimentaire des


ménages et en élaborant des stratégies qui comprennent la création d’emplois et
d’activités productrices de revenu, la diffusion des connaissances et l’appui à une
production et une distribution accrues de vivres………………………………………...12

d. améliorer la condition des filles et les femmes et leur assurer plein accès à la
santé, à la nutrition, à l’éducation, à la formation, au crédit, à la planification familiale,
aux soins prénatals, à l’accouchement sous surveillance médicale et les orienter vers
les services hospitaliers compétents et aux autres services de base…………………16

e. garantir un soutien aux parents et autres dispensateurs de soins aux enfants ;


prévenir la séparation des enfants d’avec leurs familles et quand cette séparation a
lieu d’assurer aux enfants………………………………………………………………….19

1
f .garantir la priorité au développement du jeune enfant ; un accès universel à
l’éducation de base ; une réduction du taux d’analphabétisme chez les adultes ; une
formation professionnelle et la préparation, et la préparation à un travail et une
acquisition plus poussée des connaissances, de compétences de valeurs par tous les
moyens accessibles des soins appropriés dans u milieu familial de remplacement ou
les placer en institution……………………………………………………………………..19

g. prêter une attention particulière spéciale aux enfants vivant dans des conditions
particulièrement difficiles, notamment en mettant fin à leur exploitation par le travail et
en luttant contre l’abus des drogues, du tabac et de l’alcool chez les jeunes….…….20

h. assurer une protection spéciale aux enfants en temps de conflit armé et jeter les
fondements d’un monde pacifique en promouvant les valeurs de paix, de tolérance et
la compréhension du dialogue…………………………………………………………….24

i. prévenir la dégradation de l’environnement en poursuivant les objectifs du Somme


mondial en inculquant le respect pour leur environnement et en changeant les
habitudes de gaspillages……..……………………………………………………………25

j. s’attaquer aux problèmes de pauvreté et de la dette, mobiliser le financement du


développement, mettre un terme au transfert net de ressources des Pays en
Développement vers les Pays Développés, instituer un système d’échanges équitable
et veiller à ce que la priorité soit donnée aux enfants dans le développement
économique et social…………………………………………………………………..…...26

Partie V : Enseignements Tirés……………………………………..…………………....27

Partie VI : Mesures à prendre dans l’avenir……………………………………………..28

Annexes……………………………………………………………………………………..30

2
I. Introduction et données générales

Dés le recouvrement de son indépendance en 1962, l’Etat Algérien a adopté une


série de mesures législatives, réglementaires, administratives et sociales en vue de
défendre les intérêts supérieurs des enfants. Aussi, considérant cette catégorie
comme une priorité, car représentant près de la moitié de sa population, l’Etat a
déployé d’énormes efforts et moyens financiers en vue d’assurer le développement,
la protection et la survie de l’enfant algérien.

Le présent rapport analyse l’évolution de la situation de l’enfant en Algérie et met en


exergue les avancées réalisées et les obstacles rencontrés dans la mise en œuvre
des engagements pris en faveur des enfants lors du sommet mondial sur les enfants
qui s’est tenu en septembre 1990. La délégation algérienne à ce sommet était dirigée
par le Ministre des Affaires Etrangères de l’époque, Monsieur Sid Ahmed Ghozali.

1. Immédiatement après le sommet et conformément aux recommandations inscrites


dans le plan d’action adopté lors dudit sommet, un programme national a été élaboré
par le gouvernement algérien, dans le cadre de sa coopération avec l’Unicef et
adopté en décembre 1990. Ce programme qui s’inscrivait dans la continuité des
actions engagées depuis 1984, date de l’adoption par le gouvernement algérien du
programme de lutte contre la mortalité infantile, mobilisait les principaux secteurs
concernés par la protection de l’enfance, à savoir, le Ministère de la Santé et de la
Population, le Ministère de l’Education Nationale, le Ministère du Travail et de la
Protection Sociale ainsi que le Ministère de la Culture et de la Communication.

2. Les buts et objectifs assignés à ce programme visaient notamment la réduction de


la mortalité maternelle et infantile, l’amélioration du statut nutritionnel des enfants et
des femmes enceintes et allaitantes, la réduction des disparités régionales, la
promotion à l’accès universel à l’éducation de base, et une assistance aux enfants
vivant dans des conditions difficiles.

Ce programme a été soutenu par l’élaboration d’un « Plan d’action pour la survie, la
protection et le développement de l’enfant » dans lequel figure les objectifs retenus
pour la décennie 90.

3. Des évaluations régulières de ce programme ont été effectuées tant au niveau


sectoriel que dans un cadre intersectoriel.

- Une enquête portant sur la santé de la mère et de l’enfant s’est déroulée en Algérie
en 1992, sur initiative du Ministère de la Santé et de la Population et exécutée par la
Direction Nationale des Statistiques, en collaboration avec le projet « Pan arabe pour
la promotion de l’enfance » (PAPCHILD). Cette enquête a bénéficié de la contribution
financière, entre autres de l’Agfund, du Fnuap, de l’OMS et de l’Unicef ; elle avait
pour objectif de fournir les données détaillées sanitaires, démographiques et
environnementales nécessaires pour l’élaboration des plans et politiques et
programmes qui assurent la promotion et la protection de la mère et de l’enfant.

- Trois années après la réalisation par la partie algérienne de l’enquête « Pan Arab
Project CHILD » (Papchild) une enquête nationale à indicateurs multiples sur les

3
objectifs à la mi- décennie (MDG) a été effectuée en 1995. Ses résultats ont permis
d’ajuster certains objectifs notamment de réduction des disparités régionales.

Résultats de l’enquête MDG (MICS I)

Les résultats de l’enquête « MICS I » indiquaient une amélioration de la couverture


vaccinale des enfants de moins de 1 an. Plusieurs facteurs y ont contribué à savoir,
l’approvisionnement régulier des vaccins, le renforcement de la chaîne de froid, une
surveillance épidémiologique plus efficace. Le taux de thérapie de réhydratation orale
était de 37%. 86% des mères adoptent des pratiques positives. Environ 92% du sel
consommé est iodé en Algérie. De même, le MICS a révélé que des enfants de
moins de 5 ans présentaient un retard pondéral sévère de 3% contre 1.5% en 1992.

En matière d’éducation, l’objectif fixé par le sommet mondial de l’enfance qui


prévoyait un taux de rétention scolaire minimum de 80% était dépassé dans toutes
les régions d’Algérie. Le Taux de Scolarisation à l’école Primaire (TSP) pour les
enfants âgés de 6 à 11 ans était de 94%. Ce taux traduisait une progression certaine
de la scolarisation des enfants. Il était plus élevé pour les garçons (95%) que pour les
filles (90%). La différence était encore plus nette entre le TSP en milieu urbain (97%)
et rural (88%).

Les taux de scolarisation à l’école fondamentale (TSF), qui concerne les enfants de 6
à 14 ans étaient de 89%.Il était de 92% pour les garçons et de 86% pour les filles, de
96% en milieu urbain et de 83%en milieu rural. Dans ce dernier, l’écart se creuse
entre les filles (76%) et les garçons (89%).

Le taux brut de scolarisation à l’école primaire (TBS) était de 99%. Il était de 102%
pour les garçons et de 95% pour les filles, plus élevé en milieu urbain (102%) qu’en
milieu rural (96%). Le taux d’enfants scolarisés à 6ans, âge réglementaire d’entrée à
l’école était de 86%. Il était analogue pour les deux sexes et pour le milieu urbain
(86%) et rural (85%).

Les causes de disparités en matière de fréquentation scolaire entre les filles et les
garçons sont liées, dans certaines régions (Grand Sud, Hauts- Plateaux où l’habitat
est éparse) à l’éloignement de l’école du domicile familial, au manque de transport, et
à l’inexistence de cantines scolaires

Afin de lever cette contrainte et de permettre le maintien des enfants et plus


particulièrement des filles dans le système scolaire, l’Etat a investit dans un réseau
de cantines, de transport scolaire et solidarité scolaire. Cette dernière opération
consiste en la dotation d’élèves démunis de fournitures, de manuels scolaires, de
cartables, tabliers et effets vestimentaires.

4. En application des dispositions de l’article 44 de la Convention relative aux Droits


de l’Enfant, l’Algérie a présenté les 29 et 30 mai 1997 son rapport initial devant le
Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies qui, tout en exprimant son satisfecit,
a toutefois recommandé en substance :

- d’aligner la législation existante sur les principes et dispositions de la Convention


4
et d’envisager la possibilité de promulguer un code détaillé de l’enfance ;
- de favoriser les connaissances étendues et une large compréhension des
dispositions de la convention parmi les adultes et les enfants ;
- d’organiser des programmes de formation et de recyclage sur les droits des
enfants à l’intention des personnels appelés à s’occuper d’enfants ou à œuvrer en
faveur de l’enfance, à savoir, les juges, les avocats, les fonctionnaires, l’ordre
judiciaire, les responsables de l’application des lois ;
- d’assurer la pleine conformité de la législation nationale avec la Convention en
tenant dûment compte de l’intérêt supérieur de l’enfant et de la non- discrimination ;
- de créer un mécanisme indépendant, tel qu’un ombudsman pour les enfants qui
serait chargé d’accueillir les plaintes susceptibles d’être formulées par les enfants au
titre de violations de droits qui leur sont reconnus par la loi et la convention et de
donner suite à ces plaintes.

Le Comité a également recommandé d’accorder une attention particulière au


problème des mauvais traitements et de la violence y compris la violence sexuelle
infligée à des enfants au sein de la famille et à celui des châtiments corporels à
l’école. D’où la nécessité d’organiser des campagnes d’informations et d’éducation
pour prévenir et combattre le recours à toute forme de violence physique ou mentale
contre des enfants, conformément à l’article 19 de la convention.

Enfin, les questions relatives à la situation des enfants nomades, les droits de l’enfant
réfugié, le système judiciaire pour mineurs notamment dans le cadre de l’application
de règles et réglementations spéciales réprimant les activités terroristes et
subversives, la prévention par les mesures appropriées dans la plus large mesure
possible, l’incidence préjudiciable de la violence ambiante et l’augmentation du
nombre d’enfants devenus orphelins, ont fait l’objet d’observations finales.

II. Processus institué pour l’examen de fin de décennie

1. L’examen de fin de décennie, centré essentiellement sur l’organisation de


l’enquête (DG) « MICS II » a été réalisée en juin 2000 dans l’ensemble des 5 régions
sanitaires du pays. Exécutée par l’Institut National de Santé Publique, à la demande
du Ministère de la Santé et de la Population, avec le concours de l’Unicef et de
l’OMS. Ses résultats sont en cours de traitement et seront disponibles
incessamment. Les résultats préliminaires ont mis en exergue l’émergence de la
pauvreté, la déperdition scolaire mais aussi le maintien des acquis en matière de
santé grâce à la politique de prévention. Il convient également de signaler que la
malnutrition enregistre une baisse sensible passant de 10% en 1995 à 7.5% en 2000
(contre 3% en 1990). Cette baisse trouve explication, à la fois, dans la maîtrise de
l’inflation ainsi que dans les mécanismes de prise en charge et d’aide sociale.

2. L’examen a également bénéficié de l’apport du mouvement associatif ainsi que


d’études et d’enquêtes réalisées avec le concours de l’Unicef, de l’OMS et du Fnuap,
telles que les enquête sero- épidémiologique, sur la mortalité infantile, sur les écoliers
et sur les accidents domestiques, en plus des statistiques courantes de l’Office
Nationale des statistiques et des études initiées par les centres de recherche.

5
Les résultats des diverses études et enquêtes ont été mis à la disposition des
partenaires et/ou ont été édités et diffusés le plus souvent par le biais des sessions
d’information auprès du personnel concerné (personnel de santé, éducatif et les
ONG).

III. Mesures préconisées au titre du paragraphe 34 et 35 du plan d’action

Article 34 : niveau national

1. Un certain nombre de mesures préconisées au titre du paragraphe 34 du plan


d’action du sommet mondial étaient déjà adoptées en Algérie en 1990. Il s’agit des
programmes d’actions nationaux qui avaient été élaborés à partir de 1984, après
l’adoption par le gouvernement du programme national de lutte contre la mortalité
infantile, des programmes relatifs à la survie, au développement et à la protection de
l’enfant inscrits dans la loi 85-05 concernant la santé.

2. Durant la décennie 90, de nombreuses mesures ont été adoptées avec la mise en
œuvre d’une budgétisation stricte des programmes de la mère et de l’enfant,
l ‘amélioration du système d ‘information avec l’adoption de nouveaux textes
réglementaires et la mise en place de nouveaux supports d’information, la finalisation
d’un plan ORSEC en prévision des catastrophes naturelles et l’implication de plus en
plus importante du mouvement associatif dans la réalisation des plans d’actions.

3. Parallèlement aux actions pré- citées et dans le cadre de la solidarité nationale,


une réflexion autour d’un projet de loi cadre relatif à la protection et l’épanouissement
de l’enfant a été initié en 1999 par le Ministère Chargé de la Solidarité Nationale en
coordination avec les ministères et organismes concernés. Ce Ministère œuvre
également pour la mise en place de mécanismes et de cadre institutionnel et
organisationnel de solidarité et de promotion et de protection de la famille et de
l’enfant par le biais de :

- Comité interministériel permanent chargé du suivi et de l’évaluation du plan


national d’action pour la protection et l’épanouissement de l’enfant dans le cadre de
la solidarité nationale : Crée auprès du Ministère chargé de la Solidarité Nationale
(MCSN) par arrêté ministériel du 4 juillet 1999, ledit comité est chargé notamment de
contribuer à la définition des éléments déterminant la politique nationale de l’enfance,
de proposer des textes tendant à protéger l’enfant, de coordonner et d’évaluer les
actions intersectorielles entreprises dans le cadre de la protection et
l’épanouissement de l’enfant.

- Le comité national de solidarité : l’installation de ce comité au sein du MCSN a été


une action prioritaire dans le but de favoriser une relation interactive entre institutions
et société civile d’une part, et d’assurer la coordination entre les différentes politiques
et stratégies sociales engagées par le gouvernement, d’autre part.

- Le comité local de solidarité : crée par décret exécutif n°97-203 du 27


mars 97 : Ce comité est chargé de définir une stratégie visant à intensifier et à
diversifier les actions de solidarité menées en faveur des familles et enfants
vulnérables. Il a pour autres missions d’encourager la mobilisation et le déploiement
6
du mouvement associatif, d’impulser et d’organiser l’intervention des comités locaux
de solidarité au niveau des wilayate.

- Cellules de proximité et de solidarité : crées par décret n°37-2000 du 7 février


2000 : Implantées à travers 1541 communes, elles ont pour objectif le rapprochement
du citoyen des services publics et pour missions essentielles de contribuer à
l’encadrement des populations vulnérables et défavorisées, notamment les enfants.

- Mise en place, au courant du mois de décembre 2000 d’un SAMU pour les
Enfants.

- Service de solidarité et de la famille : crée par arrêté inter- ministériel n°12 du 17


mars 1997 : Le service chargé de solidarité et de la famille est une structure
déconcentrée du Ministère chargé de la solidarité nationale au sein des Directions de
l’Action Sociale (dépendant du Ministère du Travail et de Protection Sociale). Ces
missions sont, entre autres, d’animer, de coordonner et de suivre les programmes de
solidarité scolaire, d’aide aux familles et enfants démunies et d’aides aux familles
victimes du terrorisme ainsi que d’exécuter avec les autres services déconcentrés le
programme destiné à la promotion et à la protection de la famille et de l’enfant.

4. Un projet de mise en place d’un observatoire des droits de l’enfant est à l ‘examen
par les autorités nationales compétentes.

5. De même, il convient de signaler qu’à partir en 1995, l’instauration d’une quinzaine


de l’enfance (1 -16 juin) a favorisé la communication et les initiatives des ONG en ce
qui concerne la problématique de l’enfance.

6. Par ailleurs, une meilleure coordination entre les secteurs concernés par l’enfance
a été initiée durant la décennie 90 et s’est notamment concrétisé par la création d’un
«comité de suivi et de coordination du programme Algérie- Unicef » en 1998 qui
regroupe, le Ministère de Affaires Etrangères, le Ministère de la Santé et de la
Population, le Ministère de l’Education Nationale, le Ministère du Travail et de la
Protection Sociale, le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Ministère de
l’Intérieur et des Collectivités Locales, le Ministère de la Communication et de la
Culture, le Ministère chargé de la Solidarité Nationale ainsi que le mouvement
associatif.

L'action de ce comité, auquel s'est associé plus récemment le Ministère de


l'Intérieur, a été particulièrement utile, d'une part pour permettre une coordination
dans le cadre de la coopération avec l'UNICEF et du suivi du plan d ‘action du
sommet mondial, et d'autre part, pour dynamiser la prise en charge des enfants
victimes de la violence liée au terrorisme.

C'est du reste à travers ce comité que la solidarité internationale s'est souvent


manifestée, soit dans un cadre bilatéral, soit dans le cadre multilatéral.

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Article 36 : niveau international

L’Algérie a ratifié, outre la convention internationale des droits de l‘enfant, toutes les
conventions internationales et régionales visant la protection de la mère et des
enfants, parmi lesquels :

- La convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de


discrimination à l’égard des femmes (1996)

- La convention 182 portant interdictions des pires formes de travail des enfants
ratifié le 3 décembre 2000
- La Convention sur le travail de nuit des enfants (industrie), (1962)
- La Convention sur l’âge minimum (agriculture), (1962)
- La Convention sur le travail forcé, (1962)
- La Convention (révisée) sur l’âge minimum (travail maritime), (1962)
- La Convention sur l’examen médical des adolescents (industrie), (1962)
- La Convention sur l’examen des adolescents (travaux non- industriels), (1962)
- La Convention sur l’âge minimum (1984).

La Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du


transfert des mines anti- personnelles et sur leur destruction a été signée en
décembre 1997 et le processus de ratification est engagé.

Partie IV : Mesures spécifiques en vue d’assurer la survie, la protection et le


développement de l'enfant.

Introduction

Au lendemain de l’indépendance en 1962, la population, essentiellement rurale, vivait


dans un état de grand dénuement. Les enfants étaient scolarisés dans une très faible
proportion, l’accès aux soins était extrêmement limité et le chômage frappait plus du
tiers de la population active.

Devant cette situation, le souci constant de l’Etat a été de multiplier les créations
d’emplois, d’introduire la scolarisation obligatoire et gratuite pour tous les enfants, de
multiplier les infrastructures sanitaires et de les doter de moyens appropriés en vue
d’assurer une couverture sanitaire gratuite à tous, enfin, de mettre en place un
système de sécurité sociale au bénéfice de la quasi-totalité de la population.

Cette politique a entraîné une amélioration sensible et généralisée des indicateurs


sociaux. Le taux de chômage s’est fortement réduit, passant de plus de 30% au cours
des années soixante à moins de 15% vers le milieu des années quatre-vingt, les
effectifs d’enfants scolarisés dans le primaire ont été multipliés par 2,8, dans le cycle
moyen par 13, dans le cycle secondaire par 40,5, pendant que la population était
multipliée par deux.

La scolarisation des filles a progressé de façon encore plus remarquable puisque leur
taux de participation dans les effectifs scolarisés est passé de 37,4% en 1966 à

8
44,2% en 1987 dans le primaire, de 29,0% à 40,5% dans le cycle moyen, de 25,3% à
44,4% dans le secondaire.

La couverture sanitaire de la population s’est rapidement développée et la prévalence


des maladies endémiques a fortement diminué sous l’effet d’un meilleur accès aux
soins des populations, de la gratuité des soins prodigués et des investissements
consentis dans les infrastructures de distribution d’eau potable et des réseaux
d’assainissement.

En 1986, la brutale et très forte détérioration des termes de l’échange (baisse de 40%
des prix internationaux des hydrocarbures qui constituent l’essentiel des recettes
d’exportation du pays) a entraîné de fortes tensions sur la capacité d’importation du
pays et un gonflement de la dette extérieure en même temps qu’elle a engendré des
déséquilibres budgétaires.

Cependant, malgré les difficultés financières, la politique sociale en vigueur a été


reconduite et les indicateurs sociaux ont continué de s’améliorer aussi bien dans le
domaine de l’éducation, de la santé que de la protection sociale.

Pour juguler la crise, née de la chute des prix des hydrocarbures, de profondes
réformes ont été introduites depuis la fin de la décennie quatre-vingt, dans le but
d’accroître le degré de performance de l’économie. Un grand nombre d’entreprises
publiques a été rendu plus autonome, le secteur de l’agriculture a été restructuré, le
système des prix réaménagé, les investissements nationaux et étrangers encouragés
et le commerce extérieur progressivement libéralisé.

Cependant, la persistance et l’aggravation des déséquilibres macro-économiques et


financiers, induits par le poids excessif de l’endettement externe, ont rendu, en 1994,
inévitable le recours au rééchelonnement de la dette. Celui-ci s’est accompagné de la
mise en œuvre d’un programme de stabilisation macro-économique soutenu par un
accord de confirmation, puis par un accord de facilité de financement élargie.

Les résultats de ces programmes ont été très encourageants au plan macro-
économique et ont permis de juguler le processus de dégradation économique
observé depuis 1986. C’est ainsi que le PIB, qui avait régressé de 2% puis de 1% en
1993 et en 1994, a affiché un taux de croissance annuel moyen de +3,4% entre 1994
et 1998 (soit 3,8% en 1995, 3,8% en 1996, 1,1% en 1997 et 5,1% en 1998). Dans le
même temps, l’inflation a sensiblement baissé, passant, en moyenne annuelle, de
29% en 1994 à 18,7% en 1996 puis à 5% en 1998. En outre, le retour à l’équilibre
budgétaire a été réalisé dès 1996, dans la mesure où le solde, en proportion du PIB,
est passé de –4,4% en 1994 à +2,4% en 1997.

Depuis 1995, de profondes réformes structurelles ont été réalisées. Une


restructuration industrielle a été notamment opérée et s’est traduite par une mise à
niveau de nombreuses entreprises publiques, ce qui leur a permis d’enregistrer des
performances notables. A titre d’exemple, le secteur industriel a enregistré, pour la
première fois depuis dix ans, une croissance de plus de 10% de sa production en
1998.

9
Il reste néanmoins vrai que de nombreuses entreprises (de dimension locale, pour
l’essentiel), ont été fermées à l’issue de coûteuses opérations d’assainissement. Cela
a entraîné la mise au chômage de quelques 250.000 travailleurs au cours de ces trois
dernières années. Cependant, les travailleurs compressés pour raisons économiques
bénéficient du dispositif d’assurance chômage mis en place à cet effet.

Les profonds changements opérés depuis 1995 dans le fonctionnement de


l’économie ont été menés de pair avec un processus de démocratisation des
institutions. Des scrutins pluralistes ont permis d’élire le Président de la République
au suffrage universel et de renouveler la composition du Parlement et des différentes
assemblées. La création de nombreux organes de concertation, dans des domaines
aussi divers que la population, la jeunesse, la famille, la femme, l’éducation, …, au
sein desquels sont représentées les associations, a également contribué à multiplier
les espaces de dialogue et de concertation.

Dans le domaine social, des progrès notables ont été enregistrés. Néanmoins, des
efforts supplémentaires restent à entreprendre dans la mesure où des tensions
persistent dans le domaine de l’emploi et de la protection des couches de la
population les plus défavorisées, notamment les jeunes. Dans cette perspective et
dans le contexte des ajustements mis en œuvre, de nouveaux dispositifs ont été
définis et mis en application depuis 1995, en direction notamment des personnes
sans revenus et des jeunes.

Ainsi la décennie 90 s’est caractérisée par des changements notables en Algérie. Le


passage d’une économie planifiée à une économie de marché ne s’est pas fait sans
heurts ; l’impact social a été indéniablement négatif notamment sur les couches
sociales les plus défavorisées et la classe moyenne touchées de plein fouet et dont le
pouvoir d’achat a été sérieusement érodé. Les profondes réformes structurelles
entamées par l’Etat se sont faites dans une situation sécuritaire marquée par la
violence liée au terrorisme. Aussi, le dernier rapport semestriel du Conseil National
Economique et Social (2000) indique que la pauvreté touche 19% de la population
soit près de 6 millions de personnes, dont 50% vivent en zone rurale.

a. diffuser et promouvoir dans les meilleurs délais la ratification de la


convention relative aux droits de l’enfant et en promouvoir ultérieurement
l’application et le suivi

1. L'Algérie a ratifié par décret présidentiel n°92-461 le 19 décembre 1992 la


Convention relative aux droits de l'enfant, adoptée par l’assemblée générale des
Nations Unies, en vertu de la résolution du 20 novembre 1989.

L’adhésion de notre pays à cette convention est intervenue en conformité avec


l’article 131 de la Constitution qui dispose que les traités relatifs au statut des
personnes ratifiés par le Président de la République. Les dispositions de cet
instrument international sont entrées en vigueur pour l’Algérie, le 16 mai 1993.

Il convient de signaler que la législation algérienne ne comporte pas de définition de


l’enfant ; néanmoins, elle est plus favorable en ce sens qu’elle étend la protection aux
enfants jusqu’à l’âge de 19 ans dont la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation
sont compromises ou dont les conditions d’existence risquent de porter atteinte à leur
10
avenir. Force est de constater, également, qu’en Algérie à l’instar d’autres pays, la
protection de l’enfant est tout d’abord assurée par la constitution.

2. La promotion de l’application de la Convention Internationale des Droits de l’enfant


été prise en charge notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la
protection sociale par les pouvoirs publics dont l'action est largement renforcée par
les associations qui œuvrent à la promotion des droits des enfants.

Pour assurer l’accès à l’information des droits fondamentaux de l’enfant, des actions
ont été concrétisées, parmi lesquelles :

- l’organisation de manifestations diverses au niveau national, et ce, principalement


sur les droits des enfants à l’occasion des journées internationale et Africaine de
l’enfant ainsi que de la journée internationale de la communication, de la radio et de
la télévision en faveur des enfants;

- organisation de rencontres d’information et de sensibilisation sur des thèmes


touchant directement l’enfant tels que «l’enfant en quête de citoyenneté ; la
toxicomanie ; la lutte contre toutes les formes de discrimination à l’égard des petites
filles » ;

- l’élaboration en partenariat avec l’Unicef d’un guide portant sur les droits de
l’enfant, édité en langue nationale et française ;

- l’élaboration et la diffusion d’une guide relatif aux besoins élémentaires de


l’enfant ;

- l’élaboration et la diffusion d’un dépliant se rapportant à l’enfance algérienne ;

- l’organisation d’une caravane animée par des enfants chargés de vulgariser les
principes des droits qui leurs sont reconnus au niveau des collectivités locales et dont
les activités ont fait l’objet de documentaires audio- visuels réalisés avec le soutien
de l’Unicef.

Le traitement bien qu’événementiel par les organes d’informations publiques pour ce


qui est de la diffusion des principes de la convention, a toutefois permis la production
et la diffusion de films et de documentaires visant la promotion des droits de l’enfant.
Les radios émettent également des émissions ayant pour finalité la promotion de la
Convention, de même que la presse écrite contribue, à travers des articles de fonds à
sa vulgarisation. Aussi, en terme de minutage, la télévision et les quatre chaînes de
radios sonores nationales diffusent respectivement en faveur des enfants, 56 minutes
et 104 heures de programmes.

Dans un autre registre, il y a lieu de signaler l’instauration du festival international du


film de la jeunesse dit « Cannes Junior » en 1998, qui se tient dans la ville de
Timimoun dans le Sud Algérien.

3. il convient, à ce stade, de souligner le rôle incontournable et indéniable de la


société civile à travers les associations œuvrant dans le domaine de l’enfance.

11
Celles- ci ont apporté une contribution certaine, grâce à leur travail de proximité
(école notamment) mais aussi à travers les médias (presse, radios, télévision).

b. Lutter contre les maladies infantiles au moyen de médicaments à bas


prix et en renforçant les soins de santé primaires et les services de santé de
base ; donner la priorité à la prévention et au traitement du SIDA, fournir un
accès universel à l’eau salubre et à des installations sanitaires et éliminer les
maladies transmises par l’eau

1. La lutte contre les maladies infantiles constitue une priorité de santé publique
dons le cadre des programmes de santé maternelle et infantile et de l'introduction
récente de la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant.

2. L'accès aux soins et aux médicaments sont gratuits pour les enfants dans les
structures de santé publique de même que l'ensemble des prestations qui entrent
dans le cadre des programmes nationaux de prévention.

3. La prévention et le traitement du SIDA font l'objet d'un programme national depuis


1988 et la tri thérapie est disponible en Algérie depuis la création de centres
régionaux de référence. Cependant le nombre d'enfants atteints de SIDA est très
réduit, l'Algérie étant un pays à faible prévalence pour l'infection HIV.

4. L'accès à l'eau potable est passé de 78% en 1995 à 88,6% en 2000 et


l'évacuation correcte des eaux usées de 91% à 97%. Cependant les maladies à
transmission hydrique bien qu'ayant diminué depuis le début de la décennie passant
de 3000 à 2000 cas annuels, continuent à poser problème dans certaines zones à
risque ou on observe essentiellement des cas de fièvre typhoïde. L'Algérie
n'enregistre plus par contre de cas de choléra depuis 1996.

5. Il est important de souligner que dans la prise en charge de la santé de l’enfant en


milieu scolaire est assurée dans un cadre intersectoriel (santé et éducation). A cet
effet, des Unités de Dépistages et de Suivi sont mises en place, composées de
médecins de santé scolaire, de chirurgiens dentistes et de psychologues qui
interviennent directement dans les établissements scolaires.

Un programme triennal de promotion de santé en milieu éducatif a été mis en place


en 2000 pour lequel une enveloppe budgétaire de l’ordre de 800 millions de Dinars
algériens a été débloquée.

c. éliminer la malnutrition, notamment en assurant la sécurité alimentaire


des ménages et en élaborant des stratégies qui comprennent la création
d’emplois et d’activités productrices de revenu, la diffusion des connaissances
et l’appui à une production et une distribution accrues de vivres

12
1. La malnutrition sévère des enfants qui avait progressé de 1,5% en 1992 à 3% en
1995, est en voie de régression et touche actuellement 1,8% des enfants. La
malnutrition modérée a également régressé de 10% en 1995 à 7,8% en l'an 2000.

2. Afin d’assurer une nutrition convenable et d’éviter une baisse drastique du niveau
de vie de la population et par conséquent des enfants, de nombreuses mesures ont
été adoptées et des dispositifs de protection et de promotion de l’emploi ont été mis
en place, parmi lesquels :

- Les revenus et la consommation

Le PIB par habitant a été de l’ordre de 68.000 DA ou 1.490 $ en 1995. En 1990, il


était estimé à 22.170 DA ou 2.470 $ et, en 1997, à 1.630$. Exprimé en monnaie
nationale, le PIB par habitant augmente, en valeur courante, de 206,7% entre les
deux dates. Cependant, exprimé en dollars, il régresse de 39,6%. Ces évolutions
contrastées résultent de la forte dépréciation de la monnaie nationale, dont le taux
de change est passé de 8,96 DA pour un dollar à 47,66 da entre 1990 et 1995.

En 1997, le PIB par tête s‘est élevé à 1630$. Dans le domaine des revenus, les
pouvoirs publics ont sensiblement relevé le niveau du SNMG (salaire national
minimum garanti) par paliers successifs. Il est ainsi passé de 4.000 à 6.000 DA entre
1995 et 1998, soit un gain de 50%, dans un contexte de réduction progressive de
l’inflation. Le SNMG passera à 8.000 DA en janvier 2001. Cette évolution a permis
d’atténuer la dégradation du pouvoir d’achat des familles disposant de bas revenus.

De même des augmentations de salaire à un niveau supérieur à l’inflation ont été


octroyées aux fonctionnaires en 1997 et 1998, améliorant ainsi, pour ces deux
années, leur pouvoir d’achat. Quant aux autres salariés, la détermination de leur
salaire se fait, depuis 1996, dans le cadre des conventions de branche.

Toutes ces mesures ont eu un effet de freiner la dégradation de la situation sociale


pour prés d’un million de ménages en Algérie.

- L’assurance chômage.

Les dispositifs mis en place en 1994 permettent, précisément, d’accompagner les


processus de restructuration industrielle dans leurs volets sociaux, en prenant en
charge les travailleurs licenciés pour des raisons économiques, au moyen de
systèmes d’assurance chômage et de retraite anticipée. Ces dispositifs ont concerné
plus de 250.000 personnes depuis leur mise en place.

Le régime de l’assurance chômage a été institué en 1994. Celui-ci, basé sur la


création d’une caisse d’assurance chômage (CNAC), vise à assurer la préservation
d’un revenu à ceux qui ont perdu leur emploi pour raison économique et de manière
involontaire.

Par ailleurs, la CNAC entend agir dans le sens de la réinsertion des travailleurs
compressés en leur organisant des formations de reconversion de façon à augmenter
leur employabilité, ou en les assistant dans la création d’activité pour leur propre
compte, notamment à travers la promotion de micro-entreprises.
13
- Les dispositifs de promotion d’emplois en direction des jeunes.

Les restructurations économiques, induites par l’application du programme


d’ajustement structurel, ne sont pas, à court terme, créatrices d’emplois. Aussi, les
pouvoirs publics ont mis en place des dispositifs de promotion de l’emploi, en
direction des jeunes en particulier, financés par un fonds spécial dont les ressources
sont d’origine budgétaires. Ce fonds, dénommé Fonds National de Soutien à l’Emploi
des Jeunes (FNSEJ) et créé en 1996, a pour fonction d’appuyer financièrement la
politique d’emploi des jeunes. Il participe, à ce titre, au soutien de projets de création
de micro-entreprises.

La mise en œuvre des programmes est confiée à l’Agence Nationale de Soutien à


l’Emploi des Jeunes (ANSEJ), également créée en 1996. Elle est placée sous
l’autorité du Chef du Gouvernement, mais ses activités sont suivies par le ministre
chargé de l’emploi.

Ses attributions consistent à soutenir, conseiller et accompagner les jeunes


promoteurs dans le cadre de la mise en œuvre de leurs projets d’investissement, de
notifier aux initiateurs de projets éligibles auprès des banques et autres
établissements financiers les aides auxquelles ils peuvent prétendre, de promouvoir
l’emploi des jeunes à travers des programmes de formation-emploi et de pré-emploi.

Par ailleurs, en vue de se rapprocher des jeunes demandeurs d’emplois, l’agence


dispose de structures décentralisées, au nombre de 53, couvrant la totalité des
wilayate du pays.

D’autres dispositifs ont été mis en place qui visent en priorité les jeunes et
s’adressent aussi bien aux chômeurs sans qualification qu’à ceux qui peuvent
disposer de diplômes universitaires.

Il existe, actuellement trois principaux dispositifs d’aide à la création d’emplois, qui


sont :
- le programme d’emplois salariés d’initiative locale (ESIL),
- le programme de travaux d’utilité publique à haute intensité de main-d’œuvre
(TUP-HIMO), et
- le dispositif du micro-crédit.

(i) Le programme d’Emplois Salariés d’Initiative Locale (ESIL).

Ce dispositif a pour fonction de permettre aux jeunes chômeurs d'acquérir une


expérience professionnelle au sein d’une unité de production ou d’une administration
pendant une période de 3 à 12 mois. Le recrutement des bénéficiaires est assuré par
les collectivités locales. Les postes de travail sont offerts par les entreprises locales
ou les administrations, en contrepartie d’une subvention du Fonds d’Aide à l’Emploi
des Jeunes (FAEJ), devenu, depuis 1996, Fonds National de Soutien à l’Emploi des
Jeunes.

14
La subvention accordée dans le cadre des ESIL est destinée à couvrir les coûts
salariaux, mais elle est, en même temps, assortie de la condition de permanisation
d’une partie des jeunes, employés dans les entreprises.

La participation des jeunes femmes à ce dispositif s’élève à 30%.

(ii) Le programme des Travaux d’Utilité Publique à Haute Intensité de Main-d’œuvre


(TUP-HIMO).

Ce programme a pour objet de procurer des emplois essentiellement temporaires, à


travers des projets ne nécessitant pas un équipement important et qui concernent la
réalisation et l’entretien d’infrastructures économiques et sociales1, notamment dans
des zones défavorisées ainsi que des tâches d’utilité publique dans les zones rurales
et urbaines. Les projets éligibles à ce programme visent à contribuer à la réduction du
chômage, améliorer les conditions de vie de ces populations et participer à la
sauvegarde des infrastructures économiques et sociales.

(iii) Le programme Contrat Pré-Emploi (CPE).

Ce programme, mis en place en juillet 1998, a pour objet à la fois de rentabiliser le


potentiel universitaire formé et d’améliorer le taux d’encadrement des entreprises. Il
s’adresse aux jeunes diplômés primo-demandeurs, universitaires ou techniciens
supérieurs et âgés de 19 à 35 ans.

(iv) Le programme d’aide à la création de micro-entreprises.

Ce dispositif, dans sa version actuelle, est opérationnel depuis le second semestre


1997. La création de micro-entreprises vise à répondre à des impératifs de rentabilité
économique et à des opportunités réelles d’investissement.

Ces unités productives de biens ou de services doivent s’insérer dans l’espace


économique en proposant des activités conformes aux besoins exprimés au niveau
local et national. Elles participent au développement économique en termes de
résorption du chômage, de satisfaction des besoins locaux et de développement du
secteur privé.

(v) Le micro-crédit

Ce nouveau dispositif, initié au début de l’année 1999, vise à promouvoir et


encourager le travail indépendant et le développement de micro-activités
économiques. Les crédits sont octroyés à toute personne âgée de 18 à 60 ans,
justifiant d’une activité d’artisan et disposant d’une résidence fixe.

1
Les principales composantes de ce programme consistent en des travaux d’entretien du réseau routier, des
chemins de wilaya et des chemins communaux, des travaux agricoles et sylvicoles, des travaux hydrauliques
(alimentation en eau potable, entretien de canaux d’irrigation), des travaux d’entretien urbain, …
15
Toutefois, des dérogations sont accordées, notamment aux femmes ne justifiant pas
d’une activité marchande mais désirant exercer une activité à domicile.

Le micro-crédit a pour objet le financement des équipements. Il peut, également,


servir à l’acquisition de matières premières pour les besoins de l’activité envisagée.

- Dans ce même chapitre, des projets de développement participatifs ont été lancés.
L’UNICEF, le PNUD et le FNUAP en collaboration avec le gouvernement, ont mis en
place un projet pilote de développement communautaire dans le grand Sud (Wilaya
d’Adrar) qui intègre entre autres, la Santé, l’Education, la Protection Sociale, la
Planification Familiale et la promotion d’activités économiques.

d. améliorer la condition des filles et les femmes et leur assurer plein


accès à la santé, à la nutrition, à l’éducation, à la formation, au crédit, à la
planification familiale, aux soins prénatals, à l’accouchement sous surveillance
médicale et les orienter vers les services hospitaliers compétents et aux autres
services de base

1. Les filles et les femmes bénéficient d'un égal accès aux soins de santé et au
programme de lutte contre les carences nutritionnelles que les garçons.

En l'an 2000, 77% des femmes enceintes et celles ayant eu un enfant au cours des
cinq dernières années ont bénéficié au moins d'une consultation prénatale contre
seulement 58% en 1992,soit un gain de 19 points en 8 ans. 89% ont bénéficié d'un
accouchement en milieu assisté contre 76% en 1992 , soit un gain de 13 points.
Une femme sur trois a bénéficié d'au moins une consultation dans les 3 mois suivant
l'accouchement, contre 20% en 1992.

Les progrès accomplis restent cependant à parfaire, notamment pour les soins de
post-partum et les contraintes liées à l'éloignement des structures de santé en milieu
rural et au manque de sensibilisation des femmes après l'accouchement doivent être
levées.

2. L'accès aux services de planification familiale est assuré à travers le réseau de


polycliniques, de centres de santé et de maternités et la prévalence de la
contraception a augmenté à tous les âges, passant de 57% en 1995 à 61,9% durant
l'année 2000. La prévalence actuelle de la pilule est de 45%, celle du stérilet de
3,5% et celle du condom de 1,3%. L'allaitement maternel intervient pour 5,6%, le
calendrier pour 3,3% et le retrait pour 2,7%. Des efforts restent à accomplir pour
assurer la disponibilité des contraceptifs et promouvoir les méthodes contraceptives
modernes.

3. La petite fille

L’enfance bénéficie de la part des pouvoirs publics d’une attention particulière. En


effet, au-delà de l’obligation de scolarisation et des mesures incitatives prise à cet
effet pour garantir sa scolarité même dans les régions les plus reculées, il existe tout
16
un système de protection de l’enfance aussi bien au niveau législatif (exemple
l’interdiction du travail des enfants ) qu’au niveau de la prise en charge des dépenses
consacrées à l’éducation et la santé (gratuité de l’éducation, bourses, cantines,
internats, transports, gratuité des soins médicaux des vaccinations etc.). Toutes les
mesures en faveur de l’enfance concernent les petits garçons et les petites filles.

Ainsi, il est à signaler que dans l’enseignement la parité entre garçons et filles est
quasiment atteinte. Le nombre de petites filles scolarisées chaque année augmente
plus rapidement que celui des petits garçons, ce qui a réduit considérablement l’écart
entre les taux de scolarisation des petites filles et des petits garçons. En 1998, le taux
de scolarisation des petites filles de 6ans était de 90,4% et celui des petits garçons
du même âge de 92%.

Dans le domaine de la santé, la même attention est accordée à la petite fille et au petit
garçon. Concernant la vaccination le taux de couverture est à peu près équivalent
pour les petits garçons et les petites filles (en 1995, il était de 86% pour les petites
filles et de 89% pour les petits garçons).

Pour ce qui concerne la pratique sportive, celle-ci s’adresse aux petites filles comme
aux petits garçons. L’éducation physique constitue une matière obligatoire à tous les
examens, elle est dispensée et évaluée au même titre que les autres matières du
programme. Toutes les infrastructures sportives sont ouvertes à la pratique de sport
tant aux filles qu’aux garçons.

4. L’accès à l’éducation et la formation des jeunes filles

Le secteur de l'éducation a connu une importante évolution au cours des ces


dernières décennies. Cette évolution traduit la volonté des pouvoirs publics à assurer
le droit à la scolarité à tous les enfants, sans distinction aucune, lequel droit est
consacré par les textes fondamentaux du pays.

S’agissant de la formation professionnelle, il faut retenir que le secteur offre les


mêmes possibilités d’accès aux filles et aux garçons quelle que soit la formation
choisie. En plus de la formation permanente initiée par les entreprises, quatre types
de formation professionnelle ont été développés : la formation résidentielle, la
formation en apprentissage, la formation à distance et les cours du soir.

L’augmentation du nombre de structures d’accueil en formation résidentielle a


entraîné un accroissement des effectifs. Une enquête de 1997 a donné un effectif de
132.372 stagiaires dont 66.642 jeunes filles (soit 51%) en formation résidentielle et
105.000 stagiaires dont 28.733 jeunes filles (soit 28%) pour la formation par
apprentissage.

La participation des filles dans les systèmes de formation résidentielle et en


apprentissage est relativement importante puisque celles-ci représentent, en 1997,
51% des effectifs contre 49% en 1995 pour ce qui concerne le premier type de
formation et 28% en 1997 contre 22% pour ce qui concerne le second.

17
Les deux autres types de formation professionnelle, constitués par la formation à
distance et les cours du soir, sont encore peu développés.

Des actions spécifiques au profit des femmes ont été introduites par le secteur en
charge de la formation professionnelle parmi lesquelles il y a lieu de citer :

- l’ouverture de sections en milieu rural, au niveau de 39 sur les 48 wilayas


(départements) que compte le pays ; 3531 jeunes filles sur un effectif global de 3664
stagiaires des zones éloignées en bénéficient ;

- l’utilisation temporaire des équipements des établissements de la formation


professionnelle pour une durée de 6 mois par les diplômés dans le but de favoriser
leur rapide insertion dans la vie active. Cette formule facilite la réalisation de projets/
programmes des jeunes filles diplômées.

- l’ouverture de nouvelles filières de formation plus attrayantes car offrant de plus


grandes chances d’insertion professionnelles dans le domaine de l’électricité,
l’électronique, des techniques de l’audio- visuel, de l’industrie graphique et de la
maintenance informatique.

Les filles sont présentes dans l’ensemble des filières et non pas seulement dans
celles qui préparent aux métiers réputés féminins, avec respectivement :
- 34.10% dans le domaine de l’habillement,
- 33.80 % dans les techniques administratives et de gestion,
- 9% dans le domaine de l’informatique,
- 7.73% dans le domaine du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique,
- 0.12% dans l’agriculture,
- 0.06% dans les techniques audio –visuelles.

D’une façon générale, les structures de formation professionnelle accueillent les


exclus du système éducatif classique. Cependant, les sortants du système de
formation professionnelle sont mieux armés pour trouver un emploi relativement aux
autres demandeurs d’emplois, toutes formations et tous niveaux confondus.

La situation de crise qu'a connue le pays, bien que douloureuse, a ouvert la


voie à de nouveaux équilibres sociaux, fondés sur une meilleure intégration des
femmes. C'est, en effet, au cours de ces années difficiles que les femmes se sont
affirmées, investissant de nombreux et nouveaux domaines, et qu'elles sont
devenues incontournables, si bien que tous les partis politiques, conscients de cette
nouvelle donnée, réservent une place importante dans leur programme à la
promotion de la femme.

En effet, une avancée dans tous les domaines, aussi bien de l’éducation, de la
santé, des droits des femmes que de la participation à la vie active et à la vie
publique à été réalisée par les femmes algériennes. Une nouvelle dynamique qui
consiste à impliquer davantage les femmes dans le processus de décision et partant
dans la définition des politiques, notamment dans des secteurs qui leur étaient
totalement fermés tels que les finances, la planification économique et la gestion des
collectivités locales est enclenchée dés le début des années 1990.

18
Les pouvoirs publics sont conscients que cette participation de la femme contribuera
à l’émergence d’un système de valeurs davantage fondé sur l’esprit de solidarité,
d’équité, de justice sociale et de paix dont la femme est porteuse.

e. garantir un soutien aux parents et autres dispensateurs de soins aux


enfants ; prévenir la séparation des enfants d’avec leurs familles et quand cette
séparation a lieu d’assurer aux enfants des soins appropriés dans u milieu
familial de remplacement ou les placer en institution

1. Le programme de prévention et de sauvegarde des jeunes existant a été renforcé


par l'intervention intersectorielle en vue de l’intégration et la réintégration sociale à
travers la formation professionnelle, l'apprentissage, le relèvement du niveau scolaire
et l'insertion professionnelle par diverses formes d'emplois. Les améliorations ont été
apportées dans le fonctionnement des établissements de sauvegarde et dans la prise
en charge des pensionnaires par :

- L'introduction d'une gradation dans les mesures de placement


- La formation et le perfectionnement des personnels techniques
- Le recrutement ou le détachement de formateurs de la formation
professionnelle.
- L'établissement d'une relation permanente entre les juges des mineurs et les
éducateurs spécialisés.
- La création à titre expérimental de services de guidance parentale pour la
préparation du retour du mineur dans sa famille.
- Un suivi dans la phase poste- cure, voir un suivi du jeune à la fin de la mesure
de placement.

2. Quant au service d'observation et d'éducation en milieu ouvert, il a permis


l'élargissement de l'action de protection en direction des mineurs notamment par leur
multiplication et leur implantation à travers toutes les wilayas ainsi que par leur
renforcement en personnels spécialisés.

Il mène également des actions de prévention en direction des jeunes et veille aux
bonnes conditions morales et matérielles des jeunes qui leur sont confiés en
intervenant auprès de la famille ou en faveur de la famille et auprès de
l'environnement social.

f. garantir la priorité au développement du jeune enfant ; un accès


universel à l’éducation de base ; une réduction du taux d’analphabétisme chez
les adultes ; une formation professionnelle et la préparation, et la préparation à
un travail et une acquisition plus poussée des connaissances, de compétences
de valeurs par tous les moyens accessibles

1. Comme dit précédemment, l’éducation est garantit pour tous, sans distinction
aucune. Ce droit est consacré par les textes fondamentaux de la République et
notamment dans la Constitution. A cet effet, une ordonnance stipule que l’éducation
est obligatoire de 6 à 16 ans révolus, l’égalité des conditions d’accès à l ‘éducation
19
et sa gratuité. Il est prévu, dans le décret portant caractère obligatoire de
l’enseignement fondamental des sanctions et mesures à l’encontre des parents ou
tuteurs qui y manqueraient.

Cette règle s’illustre bien dans les taux de scolarisation. Bien que le taux de
scolarisation des filles à l’école primaire reste inférieur à celui des garçons, l’écart
demeure faible au niveau national. Le phénomène de déperdition touche de façon
particulière les garçons ; le Ministère de l’Education Nationale estime que près de
500.000 élèves quittent chaque année les bancs de l’école.

2. Alphabétisation :

L’important effort de scolarisation s’est traduit par un recul sensible et régulier de


l’analphabétisme, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Fortement
prégnant au lendemain de l’indépendance, le taux d’analphabétisme a
substantiellement diminué, passant de 75% en 1966 à 60% en 1977 puis à 43,6% en
1987.

En 1997, le taux d’analphabétisme a encore diminué, passant à 31% de la population


âgée de 10 ans et plus. A la suite des progrès réalisés par la scolarisation,
l’analphabétisme touche surtout les personnes âgées de plus de 60 ans.

Par ailleurs, la proportion des analphabètes chez les femmes est de 42%, tandis
qu’elle n’est que de 19,8% chez les hommes. Cet état d’analphabétisme des femmes
relativement plus élevé a été à l’origine du lancement, en 1990, d’un programme
spécifique d’alphabétisation fonctionnelle de la femme et de la jeune fille. Ce
programme, toujours en cours, est axé sur l’acquisition des mécanismes de base
(lecture, écriture, calcul), la vulgarisation des notions essentielles d’hygiène, de santé
et d’économie ainsi que l’initiation à de petits métiers. Actuellement, 1.875 centres et
48 bureaux d'alphabétisation répartis sur le territoire national accueillent 49.000
femmes dont l'âge varie de 15 à 60 ans.

g. prêter une attention particulière spéciale aux enfants vivant dans des
conditions particulièrement difficiles, notamment en mettant fin à leur
exploitation par le travail et en luttant contre l’abus des drogues, du tabac et de
l’alcool chez les jeunes

1. L'Algérie a ratifié les instruments internationaux relatifs à l'interdiction du


travail des enfants

La législation nationale interdit le travail avant l'âge de 16 ans et le travail des


enfants reste un phénomène limité en Algérie même si des indices montrent une
tendance à l'émergence de ce problème avec la précarisation de la situation de
nombreuses familles. Une enquête initiée par les pouvoirs publics en collaboration
avec l'UNICEF en 1999 montre que 1,8% des enfants âgées de 5 à 14 ans
travaillent dans les secteurs du commerce, de l'artisanat et des services dans le
20
secteur structuré comme le secteur informel. L'émergence de ce phénomène doit être
surveillée de prés pour éviter qu'il ne devienne un problème de société.

Il faut noter que l'inspection du travail veille au respect des dispositions législatives
régissant l'âge légal au travail, fixé à 16 ans ; dans ce cadre la loi réprime les
contrevenants à ces dispositions qui encourent de ce fait des poursuites pénales.
Dans le monde du travail organisé, cette tranche de la population se situe au niveau
du segment de l'apprentissage en entreprise. Les cas d'enfants travailleurs n'ont pas
été signalés par les inspections locales du travail.

Les jeunes travailleurs ayant l'âge légal au travail, bénéficient conformément à la


législation en vigueur de protections particulières, en ce qui concerne notamment le
travail de nuit et les conditions d'hygiène et de sécurité de travail.

Cependant il y a lieu de noter qu’au regard des difficultés économiques des familles
d'une part et des forts taux de déperdition scolaire d'autres part, le phénomène de
travail des enfants risque de connaître un développement inquiétant et
particulièrement dans le secteur informel.

2. Enfants vivant dans des conditions difficiles

Les différentes interventions de l'Etat ont permis d’atteindre le niveau actuel de


performance du système de sécurité sociale, qualifié comme un système avancé et
couvrant toutes les branche d'activités ainsi que les catégories sociales (les démunis
les handicapés, les plus défavorisés).

L’encouragement du mouvement associatif par le biais de subvention et en orientant


son action vers les buts précis a permis de développer ses capacités d’intervention
en faveur de cette catégorie de la population. Ainsi des associations se sont
spécialisés et ont même acquis des performances en matière d’éducation et de
rééducation et d’insertion et plus d’une quarantaine de centres sont gérés par les
associations.

Les enfants présentant des difficultés particulières (enfants handicapés, enfants


hospitalisés etc…) sont également pris en charge dans les institutions relevant, selon
les cas, des secteurs de l’Education Nationale, de la Santé ou de la protection
Sociale, dans le cadre de conventions interministérielles régissant cette prise en
charge et définissant ses modalités ainsi que les missions, prérogatives et obligations
de chaque secteur.

Enfance handicapée

Le nombre d’enfants handicapés serait selon les données du recensement général


de la population de 1998 de 253,526 (0-19 ans), dont 29% présentent un handicap
moteur, 13% handicap mental, 11% un handicap visuel et 6% un handicap auditif.
38% seraient dus à des maladies acquises, 35% à des maladies congénitales et 22%
à des accidents. En dépit des efforts consentis, les capacités d’accueil en institutions

21
spécialisées relevant de l’Etat sont de 12,600 places soit 5%. Le mouvement
associatif émergent a permis de renforcer les capacités de prise en charge et surtout
de renforcer la sensibilisation de la société algérienne au problème du handicap.

Le développement et l’amélioration du système de prise en charge des handicapés


physiques et mentaux s’est traduit par l’augmentation du nombre d'établissement en
fonctionnement passant de 94 en 1990 à 200 actuellement.

Diverses formes d'éducation ont été également introduites notamment par


l'intégration d'enfants handicapés dans le milieu scolaire ordinaire en bénéficiant d'un
soutien particulier en orthophonie et sur le plan scolaire. Des cours de soutien et de
rattrapages sont également organisés à l'intention des enfants hospitalisés pour de
longues durées. Les enfants handicapés bénéficient de la gratuité des transports, de
l'appareillage. De nombreuses exonérations fiscales sont accordées aux entreprises
fabricant des produits nécessaires aux handicapés.

Enfance privée de famille

On estime que près de 3,000 enfants sont abandonnées chaque année à la


naissance. Cette seconde catégorie d’enfants vulnérables malgré les acquis de la
Kalafa qui permet le placement d’environ 60% des enfants dans ce cadre, nécessite
une attention particulière en vue d’améliorer leur bien-être et leur épanouissement.
Les activités menées à bien par l’Etat durant la décennie 90 tendent tous à :

- Promouvoir la connaissance et le développement de l’information sur les enfants


abandonnés ;

- Promouvoir un environnement favorable à la réduction du nombre d’abandons ;

- Favoriser le développement d’un réseau national de prise en charge impliquant les


institutions étatiques et associatives ;

- Renforcer les mesures de prise en charge et de protection des mères –célibataires.


- Promouvoir la Kafala. Le placement en kafala des enfants privés de famille demeure
l'action d'insertion privilégiée. Les commissions de placement ont été renforcées par
des personnels techniques spécialisés (psychologues, éducateurs spécialisés etc.)
pour réunir les meilleures conditions de placement car leur devenir est lié au choix de
la famille d'accueil.

Il faut également signaler que la prise de décision ayant permis la concordance de


nom entre kafil et makfoul et la simplification des mesures de placement permettent à
plus de 90 % des enfants abandonnés de trouver une famille d'accueil.

- Le phénomène de l'enfance privée de famille concerne toutes les wilayates du pays,


la moyenne des naissances est stable durant ces dernières années malgré
l'augmentation de la population. L'évolution du phénomène s'est traduit par :

- Une régression des naissances et d'abandons d'enfants ;


- Une diminution très nette voire la disparition de l'infanticide et des abandons
22
sur la voie publique ;
- L'apparition d'un phénomène nouveau, en l'occurrence la reprise de l'enfant
par la mère ou la famille élargie dans une proportion qui avoisine les 10 %.

Il faut signaler aussi que le taux de mortalité des enfants dans les pouponnières est
en nette régression en raison de l'amélioration de la prise en charge en milieu
institutionnel.

L’enfant traumatisé par la violence

La population en général et les enfants en particulier ont subit ces dernières années
une violence terroriste. Une partie de ces enfants y a été directement confrontée et
un plus grand nombre en a subit les effets. Il en résulte que des dizaines de milliers
d’enfants sont traumatisés durablement et nécessitent une prise en charge et un suivi
régulier et à long terme.

Les résultats préliminaires d’une enquête réalisée sur l’ampleur et l’impact des
événements traumatiques chez l’enfant (mai 2000) montre que ces enfants sont issus
de milieux défavorisés socialement et économiquement. Depuis une décennie un
nombre important d’enfant qui sont devenus aujourd’hui pour la plupart des
adolescents n’ont pas toujours bénéficié de prise en charge psychologique ou sociale
adéquate, malgré l’existence d’une volonté politique affichée. Ils ont, toutefois,
bénéficier de subventions d’ordres matérielles, accordé par l’Etat. La prise en charge
de cette catégorie d’enfants est essentielle car elle permettra leur réhabilitation
psychologique, leur réinsertion sociale comme elle permettra aussi d’éviter une
résurgence de la violence à long terme.

Il convient de souligner que la violence engendrée par le terrorisme, bien que


combattue sans relâche par les forces de sécurité du pays, a touché indistinctement
l’homme, la femme. Et les enfants. Les effets engendrés par la violence terroriste à
l’égard de la femme et des enfants sont toutefois bien plus importants. La prise en
charge sanitaire des victimes du terrorisme est inscrite parmi les priorités de la
politique de santé. Plusieurs rencontres ont été organisées dans le cadre de
l’élaboration des stratégies et programmes d’action pour la prise en charge des
enfants et jeunes victimes du terrorisme. Les enfants traumatisés par la violence liée
au terrorisme bénéficient d'un programme intersectoriel de réhabilitation
psychologique qui prévoit une assistance médicale, psychologique et matérielle,
dans le cadre du programme de coopération entre l’Algérie et l’Unicef.

Enfance et dangers émergeants

Il convient de signaler que la problématique de la délinquance juvénile, des fléaux


sociaux dont l’enfant est la première victime sont des phénomènes relativement
récents en Algérie, dont l’ampleur tend à s’accentuer au vue de la paupérisation de
certaines couches de la société. Aussi, des enquêtes ont été initiées afin de cerner la
problématique et des effets pervers de certaines situations sur les enfants. Il s’agit
notamment de :
- la maltraitance des enfants
23
- le travail des enfants
- l’abandon sur ascendants et descendants
- les mutations de la structure familiale
- les mère célibataires et l’enfance assistée
- la réalisation d’un projet - pilote de lutte contre le phénomène des enfants des
rues
- la violence domestique.

Les études récentes et les indicateurs socio-économiques montrent l’aggravation de


la délinquance et la toxicomanie juvénile et l’apparition de problématiques nouvelles
telles que le travail des enfants, les enfants de la rue et la prostitution des mineurs.

La lutte contre les drogues et la toxicomanie ainsi que le tabagisme font l'objet de
programmes gérés par les services de santé qui développent des centres de prise en
charge et d'écoute et des activités d'éducation sanitaire, notamment avec l'éducation
dans le cadre de la santé scolaire.

La protection des enfants en difficulté s'effectue dans le cadre des services de la


protection sociale, notamment pour les jeunes inadaptés sociaux par les services
d'observation et d'éducation en milieu ouvert et les centres spécialisés de
rééducation, ainsi que par les centres d'information et d'animation de la jeunesse
(C.I.A.J). Les centres d'information et d'animation de la jeunesse contribuent
également à ce programme pour l'écoute et l'éducation sanitaire.

En conclusion, même si des efforts indéniables ont été enregistrés dans les divers
domaines à travers les actions menées par l'Etat, il n'en demeure pas moins que les
avantages et les dispositions prises n'atteignent pas encore tous les enfants se
trouvant dans ces situations.

h. assurer une protection spéciale aux enfants en temps de conflit armé et


jeter les fondements d’un monde pacifique en promouvant les valeurs de paix,
de tolérance et la compréhension du dialogue

1. Le Ministère de l’Education Nationale a procédé à l’installation d’une commission


nationale regroupant des représentants des différents secteurs et des ONG activant
dans le domaine de l’enfance et des associations des parents d’élèves, pour
l’instauration de la culture de la paix contre la violence et les fléaux (drogue, tabac…)
à l’école, cette commission ayant ses ramifications à travers toutes les wilayas
(départements) du pays.

Dans ce cadre, un programme national a été mis en place et est exécuté dans tous
les établissements scolaires. Les textes régissant le secteur de l’éducation, aussi
bien que la réglementation scolaire des établissements interdisent la pratique de la
violence au sein de l’institution éducative et notamment du châtiment corporel sur les
élèves. Des circulaires ministérielles sont envoyées régulièrement aux
établissements pour rappeler ces mesures et des sanctions administratives sont
prises à l’encontre de ceux ou celles qui les transgressent

24
2. Par ailleurs, le système éducatif algérien vise la formation des citoyens de demain
et à ce titre, assure une éducation à la citoyenneté, qui inculque à l’enfant des valeurs
nationales, les langues arabe et étrangères, l’Education Sanitaire, l’Education
environnementale et surtout l’Education Civique et l’Education Religieuse dans le but
de lui faire acquérir des comportements, des attitudes, en un mot un «savoir être » et
ce, dès le premier cycle de l’enseignement fondamental.

Dans ce domaine, l’Education civique qui représente une discipline clé, appelée par
le passé Education Sociale, était enseignée à partir de la troisième année
fondamentale. Depuis septembre 1997, elle est enseignée dès la première année
fondamentale et intégrée dans les programme officiels sous le nom de l’Education
Civique.

Les bases de fondement d’un monde pacifique à savoir promotion des concepts de
tolérance, paix, du dialogue et de la compréhension figurent dans le curriculum
scolaire. Aussi, la réforme du système éducatif en cours tiendra compte de ces
valeurs.

i. prévenir la dégradation de l’environnement en poursuivant les objectifs


du Somme mondial en inculquant le respect pour leur environnement et en
changeant les habitudes de gaspillages.

Depuis 1992, date du Sommet de Rio un regain d’intérêt pour les questions
environnementales s’est fait sentir. Un document national faisant état de la situation
de l’environnement en Algérie suivi d’un plan d’action à été rédigée à cette occasion.
Un fonds national pour l’environnement a été institué en 1992 et alimenté par une
taxe parafiscale prélevée sur les activités polluantes et dangereuses. A partir de cette
même année, l’eau est reconnue comme étant ressource rare.

Aussi, les priorités nationales ont été fixées et concernent la nécessité de renforcer
le réseau de surveillance environnementale à travers le territoire, de promouvoir un
projet d’information, d’éducation et de sensibilisation environnementale de
développer des actions de formation, de perfectionnement et de recyclage ainsi que
des activités de recherche.

A cet effet, un cours sur l’éducation environnementale a été introduit dans le cadre
d’un projet d’appui à la mise en œuvre et au renforcement des capacités nationales
dans le domaine de l’environnement et à l’introduction de l’éducation
environnementale dans l’enseignement primaire et secondaire.

Ce cours contribue au renforcement et au développement de l’éducation


environnementale en milieu scolaire et à la vulgarisation des problèmes liés à la
préservation de l’environnement, notamment à travers l’organisation de séminaires
d’information à l’intention des inspecteurs chargés de l’enseignement, de l’application
et du suivi des programmes ; la création de clubs environnement et organisation post
et périscolaires ; la réalisation de guide méthodologique sur l’approche didactique et
pédagogique de la dimension environnement dans les programmes d’enseignement.

25
Un vaste réseau d’association environnementale existe en Algérie. Un projet a été
élaboré avec les institutions internationales afin de renforcer les capacités des ONG
dans le cadre de la préservation de la biodiveristé et la lutte contre la dégradation des
sols dans les écosystèmes arides et semi- arides.

Il convient de noter que la problématique de la protection et préservation de


l’environnement fait l’objet de campagnes de sensibilisation régulières et notamment
dans les écoles et à travers les médias et ce, à l’endroit des enfants.

j. s’attaquer aux problèmes de pauvreté et de la dette, mobiliser le


financement du développement, mettre un terme au transfert net de ressources
des PVD vers les PD, instituer un système d’échanges équitable et veiller à ce
que la priorité soit donnée aux enfants dans le développement économique et
social

1. L'état a engagé un programme de lutte contre la pauvreté et l'exclusion à la suite


de la Conférence Nationale sur la pauvreté et l'exclusion tenue en octobre 2000 à
Alger, et ce, conformément aux recommandations des diverses conférences
internationales de la décennie 90. La Conférence Nationale a été sanctionnée par
l’adoption d’un plan quinquennal 2001-2005, qui s’articule autour de quatre principaux
axes, à savoir, le projet de logements sociaux au profit de citoyens pauvres ; la
création de micro- entreprises ; la promotion de l’emploi des jeunes et le
développement de l’agriculture dans les zones déshéritées.

2. Dans ce cadre les services de santé s'attachent à garantir l'accès aux soins et à la
prévention des démunis à travers la gratuité des soins aux malades chroniques et
des mécanismes de solidarité, outre la gratuité totale de l'ensemble des activités
préventives.

3. Les difficultés économiques auxquelles se trouve confronté l’Algérie n'ont pas


empêché l'Etat de développer l'action sociale et de l'élargir à d'autres catégories de
populations qui ne bénéficiaient pas de l'aide de l'Etat antérieurement à 1992. Ainsi
suite à la suppression du soutien budgétaire des prix des produits de large
consommation, le faible progression des salaires voire même la perte de revenu et
mise en chômage, un certain nombre de dispositifs ont été mis en œuvres dans le but
d'atténuer voir d'enrayer le développement de la pauvreté.

Citons notamment le filet social décidé en 1992, à développer les programmes


d'emplois d'attente pour les jeunes au chômage (ESIL), les indemnités pour
participation aux activités d'intérêts général (IAIG), l'indemnité de chômage et
l'organisation d'un système d'insertion des diplômés demandeurs d'emploi :

4. L’ensemble de ces mesures connaît indéniablement un impact positif sur les


ménages et permet de freiner la dégradation de la situation sociale pour près d'un
million de ménages.

26
La lutte contre la pauvreté, nécessite la mobilisation de la communauté internationale
tant il est vrai qu’elle se heurte la plupart du temps à maints obstacles parmi
lesquelles il convient de citer les effets induits par la mondialisation, l’instabilité
financière internationale mais également les restrictions budgétaires et les
catastrophes naturelles. Aussi, des mesures doivent- elles être prises au niveau
international afin que les pays en développement puisse bénéficier de la croissance ,
des flux d’investissements et des opportunités offertes par la globalisation. Sans
coopération réelle entre le Nord et le Sud et une amélioration rapide des termes de
l’échanges, les efforts de développement socio- économiques, dont l’impact sur les
enfants est immédiat, risquent d’être annihilés.

E. Enseignements tirés

La décennie 90 a été marquée en Algérie par des changements notables sur les
plans politique, économique et social. Résolument engagés dans de profondes
réformes structurelles, le passage de l’économie planifiée à l’économie de marché
s’est déroulé dans un climat marqué par la violence liée au terrorisme.

La réalisation des objectifs de développement social du Gouvernement et notamment


des engagements pris en faveur des enfants a connu des difficultés liées à la fois aux
rapides mutations que traverse l’économie nationale et à la pression de la contrainte
extérieure. Les réformes économiques, mises en œuvre depuis la fin des années
quatre-vingt, visent à introduire les mécanismes de marché dans le fonctionnement
de l’économie, se substituant ainsi aux modalités antérieures de gestion centralisée.
Le passage d’un mode de gestion à un autre a entraîné de multiples changements y
compris dans le domaine institutionnel et social.

La libération progressive des prix s’est traduite par la suppression des subventions
budgétaires aux produits de large consommation et son remplacement par une
politique de soutien direct aux revenus des personnes sans revenus ou à faible
revenu.

La mise en place d’un dispositif de soutien indirect de l’Etat dès 1992, sous la forme
d’un «filet social », a permis d’atténuer les effets négatifs de l’inflation sur les
catégories de la population les plus démunies. Ce dispositif s’est ensuite, depuis
1994, affiné par un meilleur ciblage des personnes devant en bénéficier.

L’application de ces nouveaux dispositifs de protection de l’emploi et du pouvoir


d’achat des catégories économiquement vulnérables a conduit à des arbitrages
budgétaires sévères, d’autant plus que le pays s’est engagé, en 1994, dans la mise
en œuvre d’un programme de stabilisation et d’ajustement qui implique notamment
le rétablissement de l’équilibre du budget.

Cependant, depuis 1995, les équilibres macro-économiques et macrofinanciers ont


été rétablis, la croissance est devenue supérieure au croît démographique, l’inflation
a été réduite et une politique de relance, à fort contenu d’emplois, est désormais
possible.

27
Il reste, néanmoins, que la dette extérieure continue de peser d’un poids très lourd
sur les équilibres financiers externes, entraînant, de ce fait, l’affectation de
ressources importantes pour en assurer le service.

Si le rééchelonnement de la dette, obtenu en 1994 et 1995, a permis de desserrer


provisoirement la contrainte extérieure, portant le ratio du service de la dette à 30%
en 1997, depuis 1998 le poids de la dette recommence à peser lourdement sur les
équilibres extérieurs. En effet, le service de la dette a absorbé, cette dernière année,
l’équivalent de 47,5% des ressources extérieures.

Ainsi, un certain nombre d’objectifs définis pour l’an 2000 sont d’ores et déjà
atteints. Cependant, d’autres nécessitent que se poursuivent les efforts
engagés.

Les progrès accomplis en faveur de la survie, de la protection et du développement


de l'enfant sont en grande partie dus à l'engagement de l'état qui accorde une
importance particulière à la protection sanitaire et sociale de l'enfance. Malgré un
contexte de crise multiforme, les acquis ont pu être préservés à travers des
mécanismes de soutien direct aux programmes de protection de l'enfance et de
lancement de nouveau programmes en faveur des enfants les plus vulnérables.

Le mouvement associatif a pour sa part largement contribué, ces dernières années, à


la promotion de la sauvegarde de l'enfance et de la jeunesse.

La contribution des organisations internationales, et notamment de l'UNICEF a


également été appréciable pour appuyer les efforts du gouvernement en faveur de
l'enfance.

Partie VI : Mesures à prendre dans l’avenir

1. Au plan économique, les principaux objectifs à court et moyen terme sont de


consolider la stabilisation et d’asseoir le développement de l’économie nationale
notamment en consolidant la transition vers l’économie de marché en maintenant un
cadre macro-économique qui évacue toutes les distorsions (taux de change, excès
de monnaie, inflation réprimée, restrictions en matière de commerce extérieur, déficit
excessif du Trésor, …), notamment au niveau des prix relatifs ; en améliorant
l’allocation des ressources dans l’économie nationale, notamment à travers une
absorption efficace des ressources extérieures (épargne du reste du monde) et en
veillant à la viabilité à moyen terme de la balance des paiements ; en assurant enfin,
une répartition plus équitable du revenu national et minimiser, à défaut de les
éliminer, les exclusions et les formes de marginalisation sociale.

2. Les défis à relever pour l'avenir consistent dans la réduction de la pauvreté et de


son impact sur les enfants ainsi que dans le maintien d'un égal accès aux soins, à
l'éducation et à la protection sociale des plus démunis et ceci en collaboration avec le
mouvement associatif.

28
3. Des questions telles que le travail des enfants, la violence exercée sur les enfants
et l’exploitation sexuelle des enfants, la traite d’enfants en vue de la prostitution, la
pornographie impliquant les enfants devront constituer les principaux objectifs de
défenseurs des droits de l’enfant, qui précisons- le, ont réussi à imposer l’intérêt
supérieur de l’enfant comme le principe fondamental de la convention. Il conviendra
également de mettre l’accent sur des jeunes.

4. La situation des enfants en Algérie se veut être un appel en faveur d’une vision et
de responsabilités nouvelles aux seins des familles et de la communauté sociale,
c’est à dire précisément là que le respect des droits des femmes et de leurs enfants
prend naissance et où la protection de leurs droits sont le mieux assurés.

5. Aussi, l’objectif final est d’élever l’enfant de l’état de dépendance à celui de citoyen
car la diversité des textes confortant l’enfant dans ses droits ne suffit pas si des
mesures positives pour favoriser le respect des ses droits font défaut. Les moyens
de communication modernes pourraient contribuer à la promotion de la Convention,
Convention dont la portée est universelle.

6. Le respect de la Convention Internationale des droits de l’enfant et des


engagements pris et à prendre à l’avenir doivent essentiellement tenir compte des
recommandations des grandes Conférences des Nations Unies consacrées à
l’environnement (Rio, 1992), aux droits de l’homme (Vienne, 1993), à la population
(Le Caire, 1994) et au développement social (Copenhague, 1995) et à la femme
(1995).

7. A ce stade, il va de soi que la communauté se doit de réitérer son engagement en


faveur du bien-être des enfants, pour qu’ils demeurent une priorité dans les politiques
et stratégies de développement.

29
ANNEXES

30
PRINCIPAUX INDICATEURS POUR LE SUIVI DES PROGRES A LA FIN DE LA DECENNIE

Sources : Ministère de la Santé et de la Population


Direction de la prévention, décembre 2000

OBJECTIF 1 : Réduction du tiers des taux de mortalité infantile et de mortalité des enfants de
moins de cinq ans entre 1990 et an 1999

Taux de mortalité infantile Taux de mortalité infanto-juvénile

Année Garçons Filles Total Garçons Filles Total


1992 50,8%° 36,7%° 43,7%° 54,8%° 42,5%° 48,6%°

1995 33%° 31%° 32%° 52%°

1999 42%° 35%° 39%° 51%° 45%° 45%°

EVOLUTION DU TAUX DE MORTALITE INFANTILE RECTIFIE(Pour 1000 naissances)


(ONS)

Garçon Fille Ensemble


1990 60,00 55,50 57,80
1991 59,40 54,20 56,90
1992 57,70 53,00 55,40
1993 57,60 53,29 55,49
1994 56,80 51,51 54,21
1995 57,94 51,68 54,87
1996 56,88 52,21 54,59
1997 59,50 53,66 56,64
1998 55,99 50,61 53,35
1999 55,94 51,60 53,81

EVOLUTION DU TAUX DU MORTALITE INFANTILE BRUT POUR 1000 NAISSANCES(non


corrigé)

Garçon Fille Ensemble


1990 41,18 34,02 37,68
1995 40,70 32,13 36,51
1999 40,15 33,13 36,71

EVOLUTION DES DECES ET DES NAISSANCES PAR SEXE 1990,1995, 2000.

DECES NAISSANCES VIVANTES


GARCONS FILLES TOTAL GARCONS FILLES TOTAL
1990 15979 12609 28588 387901 370632 758533
1995 14492 10921 25413 356064 339839 695903
1999 12173 9625 21798 303134 290509 593643

31
OBJECTIF 2 : Réduction de moitié du taux de mortalité maternelle

La mortalité maternelle est estimée à 224 pour 100 000 naissances vivantes par l’enquête mortalité
de 1989.Par contre l’enquête mortalité maternelle (DR ABROUK 1999) : 120 décès maternels pour
100.000 naissances vivantes

ANNEE MORTALITE MATERNELLE/100.000 NAISSANCES


VIVANTES
1989 224
1999 120

OBJECTIF 3 : Réduction de moitié de la malnutrition sévère et modérée chez les enfants de


moins de cinq ans

ANNEE INSUFFISANCE PONDERALE INSUFFISANCE PONDERALE


MODEREE SEVERE
1975 28%
1987 11,2%
1995 10% 3%
1999 7,9% 1,9%

ENQUETE PAP-CHILD 1992

INSUFFISANCE INSUFFISANCE PONDERALE


AGE EN MOIS PONDERALE MODEREE SEVERE
0-2 3.2% 0.0
3-5 4.3% 2.1
6-11 6.5% 2.2
12-23 9.0% 2.0
24-35 7.4% 1.2
36-47 8.3% 1.2
48-59 8.6% 1.4

Comme lors de l’enquête MDG Algérie de 1995 c’est dans la région Sud que la prévalence de
l’insuffisance pondérale modérée ou sévère est la plus élevée (17,8% en l’an 2000 et 15% en 1995).

En l’an 2000 on note que 8% des garçons sont atteints d’insuffisance pondérale modérée ou sévère
contre 7,6% des filles

OBJECTIF 4 : Accès universel à l’eau à boire salubre

ANNEE RURAL URBAIN TOTAL


1992 60% 96,4% 78,3%

1995 64% 91% 78%

1999 24 ,3% 83 ,8% 71,9%

32
OBJECTIF 5 : Accès universel aux moyens d’assainissement du traitement des excréments

ANNEE RURAL URBAIN TOTAL


1992 63,2% 97,3% 80,2%

1995 80% 99% 91%

1999 93% 98,1% 97%

OBJECTIF 6 : Accès universel à l’éducation de base

La proportion d’enfants entrant en première classe de l’école primaire et qui atteignent par la suite la
classe de 5éme était de 94% en 1995 et de 95% en l’an 2000 ( 97%Filles et 93%Garçons).
La proportion d’enfants d’âges scolaires de l’enseignement primaire et qui sont inscrits dans une
école primaire est de 92% en l’an 2000 ( 93% Garçons et 91% Filles).
Le taux de déperdition scolaire des enfants de 06 à 14 ans est de 10,3% (il est plus important en
milieu rural qu’en milieu urbain).

ANNEES 1995 1999


garçons filles total garçons filles total
% D’enfants qui atteignent
la 5éme année 94% 95% 94% 93% 97% 95%
% d’enfants d’âge scolaire
inscrit dans une école 95% 90% 94% 93% 91% 92%
primaire

Taux de déperdition 10,3%

OBJECTIF 7 : voir objectif 1


Répartition des cas cumulés de SIDA (au 30 septembre 2000)

Masculin Féminin Total %


0-14 ans 12 7 19 4,06
15-19 ans 2 1 3 0,64
20-49 ans 273 99 372 79,49
>50 ans 30 12 42 8,97
Indéterminés 18 14 32 6,84
Total 335 133 468 100
% 71 ,58 28,42 100

OBJECTIF 8 : Accès de tous les couples aux informations et services pour prévenir les
grossesses qui sont trop tôt, trop peu espacées, trop tard ou trop peu nombreuses.

La proportion de femmes âgées de 15 à 49 ans en l’ an 2000 qui utilisent (dont le partenaire utilise)
une méthode contraceptive (moderne ou traditionnelle) est de 61,9% .

48,8% utilisent des méthodes modernes (45% contraceptions orales, 3,5% stérilets et 1,3% condom )

12,1% utilise les méthodes traditionnelles (allaitement maternel 5,6% , calendrier 3,3% , retrait 2,7%)

33
1992 1995 1999
Contraceptions
(modernes ou 51% 56,9% 61,9%
traditionnelles (43%méthodes
modernes)
Contraception orale 78% 45%
Stérilets 7% 3,5%
Condoms 1,3%
Allaitement maternel 8% 5,6%
Calendrier 3,3%
Retrait 2,7%

OBJECTIF 9 : Accès de femmes enceintes aux soins prénataux

La proportion de femmes âgées entre 15 et 49 ans et qui a consulté au moins une fois durant la
grossesse un personnel de santé qualifié est de 77%.

La proportion de naissances consultées par un personnel de santé qualifié avant l’âge de 3 mois est
de 45%.
L e nombre d’établissements des soins d’obstétriques essentiels et complets pour une population de
500 000 est de 2,7.
Le nombre d’établissements fournissant des soins obstétriques essentiels de base pour une
population de 500 000 est de 8,5.

OBJECTIF 10 : Réduction du taux d’insuffisance pondérale à la naissance

La proportion de naissances vivantes qui pèsent moins de 2500 grammes est de 7%(ALGER)

OBJECTIF 11 : Réduction de l’anémie ferriprive chez les femmes

OBJECTIF 12 : Elimination totale en carence d’Iode.


L a proportion de ménages qui consomment de manière adéquate du sel iodé est 70,4 % en l’an 1999
alors qu’il était de 92% en1995

OBJECTIF 13 : Elimination de la carence en Vitamine A

OBJECTIF 14 : Allaitement maternel

En 1992 l’enquête PAP-CHILD a montré que 68% des enfants de moins de six mois étaient encore
allaités à ce moment.

La proportion d’enfants âgés de moins de 04 mois et qui sont exclusivement allaités est de 34,3% en
l’an 1999 (56% en 1995)
Pour les enfants de moins de deux ans la prévalence actuelle de l’allaitement maternel est de 71% la
première année de vie et de 41% pour la deuxième année.

OBJECTIF 15 : Le dernier cas de poliomyélite a été identifié en 1996 , par ailleurs les cas de
paralysies flasques aiguës sont surveillés selon les indicateurs exigés par l’OMS.

34
OBJECTIF 16 : Elimination du Tétanos-Néonatal

ANNEE 1995 1996 1997 1998 1999


CAS 19 16 19 16 10

OBJECTIF 17 : Elimination de la Rougeole( Réduction de 95% des décès)

ANNEE 1995 1996 1997 1998 1999


CAS 9216 21003 19573 3301 2503

DECES 61 32 12 0 0

OBJECTIF 18 : Taux de couvertures vaccinales(TCV)

TCV Nationales TCV Enquête(12-23mois)


DTCOQ 83% 87%
ROUGEOLE 78% 81%
POLIO 83% 87%
BCG 97% 93%
ENF PROTEGES CONTRE 55%
TETANOS- NEONATAL

90 91 92 93 94 95 96 97 98 99
BCG 96% 91% 92% 87% 83% 94% 94% 94% 95% 97%
DTCP1 88% 88% 91% 82% 86% 86% 88% 88% 89% 91%
DTCP2 83% 86% 85% 78% 81% 82% 83% 84% 85% 87%
DTCP3 77% 82% 78% 73% 75% 74% 77% 79% 80% 83%
VAR 75% 74% 68% 69% 69% 69% 75% 74% 75% 78%

OBJECTIF 19 : Réduction de 50% des décès dus à la diarrhée chez les enfants de moins de cinq
ans et réduction de moins de 25% de l’incidence de la diarrhée.

En 1992 l’enquête PAP-CHILD a montré que 15% des enfants de moins de cinq ans ont été atteint de
diarrhée et que dans les deux semaines précédant l’enquête, 23% des enfants ont fait des diarrhées.
11% de ces enfants ont été traité à la solution rehydratante seule et 34% ont reçu des SRO avec
d’autres médications ce qui signifie que 46% des enfants ont reçu une solution de SRO à la dernière
consultation pour diarrhée.

En 1999
v Nombre annuel de décès par diarrhée inférieurs à cinq ans 1374

v Nombre annuel moyen d’épisodes par enfant < 05 ans 2,5 épisodes
v Taux d’utilisation des sels de réhydratation 18,3%

v Proportion d’enfants <05ans qui a reçu lors de l’épisode 37,9%


diarrhéique davantage de liquides et des aliments sans
Interruption durant l’épisode

35
OBJECTIF 20 : Réduction du tiers des décès dus au IRA < 05ans

En 1992, 25% des enfants ont présentés une toux dans les deux semaines précédant l’enquête et
7,8% avaient une toux avec des difficultés respiratoires.

En 1999
v Nombre annuel de décès d’enfants de moins
de 05 ans dus aux IRA(1999) 1108
v Proportion d’enfants de moins de cinq ans
Qui avaient une IRA et qui étaient conduits
dans un centre de soins 31%

Evolution de la population scolarisée, par paliers d’enseignement et par sexe, 1994-1998 (en
milliers).

Années scolaires 1994-1995 1995-1996 1996-1997 1997-1998 1998-1999


Enseignement fondamental
-1er et 2ème cycles
.Total
.Filles 4.548,8 4.617,7 4.674,9 4.719,1 4.778,9
.Garçons 2.086,4 2.129,5 2.164,3 2.194,0 2.229,1
-3ème cycle 2.462,4 2.488,2 2.510,6 2.525,1 2.549,8
.Total
.Filles 1.651,5 1.691,6 1.762,8 1.837,6 1.898,7
.Garçons 727,7 751,0 804,1 854,9 870,7
923,8 940,6 958,7 982,7 1.028,0
Enseignement secondaire
.Total
.Filles 821,0 853,3 855,5 879,1 909,9
.Garçons 409,2 430,4 449,5 472,3 499,4
411,8 422,9 406,0 406,8 410,5
Total général, dont : 7.021,3 7.162,6 7.293,2 7.435,8 7.587,5
.Filles 3.223,3 3.310,9 3.417,9 3.521,2 3.599,2
.Garçons 3.798,0 3.851,7 3.875,3 3.914,6 3.988,3
Source : Ministère de l’Education Nationale.

Evolution du taux de scolarisation des enfants âgés de 6 à 16 ans, par sexe, 1994-1997 (en %).

1994 1995 1996 1997


Ensemble 83,62 83,23 84,31 85,22
Filles 78,28 78,38 80,25 81,93
Garçons 88,72 87,88 88,19 88,36
Source : Ministère de l’Education Nationale.

36
Evolution des effectifs d’étudiants inscrits dans les établissements relevant du Ministère de
l’Enseignement Supérieur, 1994-1997, (en milliers).

Années universitaires 1993-1994 1995-1995 1997-1998


En graduation 241,6 286,0 339,5
.Filles 101,8 134,9 166,7
.Garçons 139,7 151,0 172,8
En post-graduation 14,5 16,9 18,1
.Filles 4,5 3,7 6,2
.Garçons 9,9 13,1 11,9
Total 256,1 302,9 357,6
(dont filles, en %) (41,5) (45,7) (48,3)
Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la
Recherche Scientifique.

TABLEAU 6. EVOLUTION DU TAUX D’ANALPHABETISME,


1987-1996 (EN %).

Années Hommes Femmes Ensemble


1987 30,7 56,7 43,6
1996 21,6 43,0 32,0
1997 19,8 42,2 31,0
Source : Recensement de la population (1987) et ONS (1996), enquête « emploi et
revenu » et estimations pour 1997.

37
INDICATEURS DE MESURE DES PROGRÈS EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL

1. POPULATION ET SANTE

Population résidente, en millions d'habitants (juin 1998) 29,3

Taux d’accroissement naturel de la population


1995 1,89 %
1996 1,69%
1997 1,64%
Taux d'urbanisation de la population (1997 52%
Taille moyenne des ménages (1998) 6,56
Taux global de fécondité (1996) 92,98‰
Indice synthétique de fécondité (1996) 3,14
Accès de la population aux soins de santé de base (1995 98%
Espérance de vie à la naissance (1997)
Ensemble 67,3 ans
Femmes 68,2 ans
Hommes 66,1 ans
Taux de mortalité infantile (1997)
Total 56,64‰.
Filles 3,66‰
Garçons 59,50‰
Taux de mortalité maternelle (estimation 1997) 146/100.000
Proportion des naissances en milieu assisté (1997) 79%
Connaissance de la contraception (1995) 99%
Age au mariage
Femmes 27,9 ans
Hommes 31,3 ans
Taux de prévalence de la contraception (1995 56,9%

Taux de prévalence de la contraception en méthodes 49%


modernes (1995
Nombre de cas de SIDA déclarés dans la population en 1998
-dont femmes 363
Nombre de cas de séro-positivité (1998) 101
761
II. EDUCATION

Taux net de scolarisation des enfants âgés de 6 ans (1998)

Total 92, 55%


Filles 90,36%
Garçons 94,19%
Taux de scolarisation des enfants de 6 à 16 ans (1998)

Total 83,05%
Filles 80,75%
Garçons 85,28%
Pourcentage des filles dans l'enseignement primaire (1998) 46,6%

Pourcentage des filles dans l'enseignement moyen (1998) 45,8%

Pourcentage des filles dans l'enseignement secondaire (1998) 54,9%

38
Proportion de filles dans l’enseignement supérieur (1997) 48,3%

Pourcentage des femmes sachant lire et écrire par rapport au 72,3%


taux d'alphabétisme de la population masculine (1997)
Taux d’analphabétisme (1998)

Total 31,9%
Femmes 42,27%
Hommes 23,65%
III. ACTIVITE ECONOMIQUE

- PIB par habitant, en dollars (1997 1.630

Revenus des ménages (y compris transferts), par tête, en 1.170


dollars (1997)
Taux d'activité (1997) 27,5%

Répartition de la population occupée par grands secteurs (1997

Agriculture 19,7%
Industries 8,4%
BTP 12,4%
Transports, communications, commerce et services. 17,0%
Administration 23,1%
Travail à domicile et autres 19,4%
Taux de chômage (1995

Total 28%
Femmes 38%
Hommes 26%

IV. LOGEMENT ET ENVIRONNEMENT

Taux d’occupation par logement (1996) 7,5

Taux d’occupation par pièce (1996) 2,57

Raccordement des logements au réseau d’eau potable (1995) 81,0%

Raccordement des logements au réseau d’assainissement 63,7%


(1995)
Raccordement des logements au réseau électrique (1995) 93,4%

Raccordement des logements au gaz naturel (1995) 32,1%

Equipement des logements en ligne téléphonique (1995) 22,6%

Surface agricole utile par habitant, en ha (1995) 0,52

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