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LA SITUATION DES ENFANTS DANS LE MONDE 2007

LA SITUATION DES ENFANTS DANS LE MONDE 2007

Femmes et
enfants
Le double dividende
de l’égalité des sexes

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance LE DOUBLE DIVIDENDE DE L’ÉGALITÉ DES SEXES
3 United Nations Plaza
New York, NY 10017, États-Unis
pubdoc@unicef.org
www.unicef.org/french

20 dollars É.-U, 15,75 euros


ISBN-13 : 978-92-806-3999-5
ISBN-10 : 92-806-3999-4
No. de vente : F.07.XX.1

© Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)


Décembre 2006
LA SITUATION DES
ENFANTS DANS
LE MONDE 2007
© Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), 2006 UNICEF, UNICEF House, 3 UN Plaza,
New York, NY 10017, États-Unis
Une autorisation est nécessaire pour publier quelque partie de
cette publication que ce soit. Veuillez vous adresser à la Section
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de la rédaction et des publications, Division de la communication,
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L’autorisation sera accordée gratuitement aux établissements
d’enseignement et aux organisations à but non lucratif. Les autres
devront s’acquitter d’une somme modique.

Les opinions exprimées n’engagent que leur auteur et ne reflètent


pas nécessairement les positions de l’UNICEF.

ISBN-13 : 978-92-806-3999-5
ISBN-10 : 92-806-3999-4
Remerciements
Ce rapport a été réalisé avec les conseils et contributions de nombreuses personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur de
l’UNICEF. La contribution des bureaux de pays de l’UNICEF suivants a été particulièrement importante : Bangladesh, Bolivie,
Brésil, Chine, Gambie, Inde, Jamaïque, Jordanie, Madagascar, Monténégro, Mozambique, Népal, Nicaragua, Papouasie
Nouvelle-Guinée, Ouganda, Ouzbékistan, Pérou, République de Moldova, République dominicaine, République islamique
d’Iran, Serbie, Sri Lanka, Tadjikistan et Zimbabwe. La Division des programmes, la Division des politiques et de la planification
et la Division de la communication au siège, les bureaux régionaux de l’UNICEF, le Centre de recherche Innocenti, le Comité
national du Royaume-Uni et l’US Fund for UNICEF ont apporté leur concours à la réalisation de ce rapport.

Nous remercions également Casimira Rodríguez Romero, Ministre de la Justice de Bolivie, de sa contribution spéciale.

RÉDACTION RECHERCHE ET ORIENTATION DES POLITIQUES


Patricia Moccia, Directrice de la rédaction; David Anthony, Elizabeth Gibbons, Chef, Section des politiques mondiales,
Rédacteur en chef; Allyson Alert; Chris Brazier; Division des politiques et de la planification; David Stewart,
Christine Dinsmore; Hirut Gebre-Egziabher; Emily Goodman; Conseiller principal, Section des politiques mondiales;
Paulina Gruszczynski; Tamar Hahn; Pamela Knight; Amy Lai; Raluca Eddon; Ticiana Maloney; Annalisa Orlandi;
Catherine Langevin-Falcon; Jodi Liss, Najwa Mekki; Kate Rogers
Lorna O’Hanlon; Catherine Rutgers
PRODUCTION ET DISTRIBUTION
TABLEAUX STATISTIQUES Jaclyn Tierney, Rédactrice, responsable de la production;
Tessa Wardlaw, Chef par intérim, Section de l’information Edward Ying, Jr; Germain Akle; Eki Kairupan;
statistique, Division des politiques et de la planification; Farid Rashid; Elias Salem
Priscilla Akwara; Claudia Cappa; Friedrich Huebler;
Rouslan Karimov; Edilberto Loaiza; Nyein Nyein Lwin; TRADUCTION
Mary Mahy; Maryanne Neill; Ngagne Diakhate; Édition en français : Marc Chalamet
Khin Wityee Oo; Emily White Johansson Édition en espagnol : Carlos Perellón

MAQUETTE ET PRODUCTION PRÉ-PUBLICATION RECHERCHE PHOTOS


Prographics, Inc. Allison Scott, Susan Markisz

COMITÉ DIRECTEUR IMPRESSION


Rima Salah, Présidente; Gordon Alexander; Gist and Herlin Press
Maie Ayoub von Kohl; Liza Barrie; Wivina Belmonte;
Samuel Bickel; Susan Bissell; Mark Hereward; CONSEIL CONSULTATIF EXTERNE
Eva Jespersen; Afshan Khan; Gabriele Koehler; Anne Marie Goetz; Edmund Fitzgerald;
Erma Manoncourt; Peter Mason; Sidya Ould El-Hadj; Geeta Rao Gupta; Kareen Jabre; Sir Richard Jolly;
David Parker; Mahesh Patel; Marie-Pierre Poirier; Azza M. Karam; Elizabeth M. King; Laura Laski;
Dorothy Rozga; Fabio Sabatini; Christian Schneider; Joyce Malombe; Carolyn Miller; Agnes Quisumbing;
Susana Sottoli; Yves Willemot; Alexandre Zouev Gustav Ranis

DOCUMENTS D’INFORMATION
Lori Beaman, Esther Duflo, Rohini Pande and
Petia Topalova; Elizabeth Powley; Sylvia Chant;
Leslie A. Schwindt-Bayer
TABLE DES
MATIÈRES
Avant-propos

Kofi A. Annan
Secrétaire général de
1 Un appel en faveur
de l’égalité
2 L’égalité au sein
du foyer
l’Organisation des Nations Unies ..............vi

Ann M. Veneman
Directrice générale de l’UNICEF................vii
Résumé................................................viii Résumé ................................................16
Chapitre 1..........................................................1
Encadrés Encadrés
Chapitre 2........................................................17
La discrimination sexiste tout au long La violence à l’égard des enfants dans
du cycle de vie............................................4 la famille....................................................24
Chapitre 3........................................................37
La discrimination sexiste et les Les grand-mères et le VIH/SIDA..............30
Chapitre 4........................................................51 inégalités dans les différentes régions......8
Les centres pour les mères en Europe
Chapitre 5........................................................69 centrale et orientale et en Gambie..........34
Figures
1.1 Dans beaucoup de régions en
Références......................................................88
développement, les filles risquent
Figures
davantage que les garçons 2.1 Les conjoints prennent souvent
Tableaux statistiques......................................98 des décisions concernant la
d’être privées d’une éducation
Note générale sur les données................99 secondaire............................................3 santé de leur épouse sans
Classement des pays selon leur taux les consulter......................................18
de mortalité des moins de cinq ans ......101 1.2 Les comportements discriminatoires
des hommes à l’égard des femmes 2.2 Les hommes prennent souvent
Table 1 : Indicateurs de base..................102 seuls les décisions concernant
varient d’une région à l’autre mais
Table 2 : Nutrition....................................106 sont manifestes partout ....................6 les dépenses quotidiennes
du ménage ........................................19
Table 3 : Santé..........................................110
1.3 En Afrique subsaharienne,
Table 4 : VIH/SIDA....................................114 les jeunes femmes sont plus 2.3 Les hommes prennent souvent
vulnérables face à l’infection seuls la décision de rendre visite
Table 5 : Éducation..................................118
par le VIH que les jeunes hommes, ou non à la famille et aux amis ......20
Table 6 : Indicateurs
mais disposent d’une information 2.4 Insuffisance pondérale chez les
démographiques........................................122
moins complète qu’eux sur le VIH ....11 enfants de moins de cinq ans
Table 7 : Indicateurs économiques........126
1.4 Plus d’une naissance sur quatre par région..........................................23
Table 8 : Femmes......................................130
survenue chez une mère 2.5 Malgré certains progrès récents,
Table 9 : Protection de l’enfant ................134 adolescente (âgée de 15 à 19 ans) les taux d’alphabétisation des
Index des pays par régions se produit dans les pays les femmes sont généralement plus
et catégories ............................................136 moins avancés..................................13 faibles que ceux des hommes ........27
Mesurer le développement humain........137 1.5 Les taux élevés de mortalité
Tableau 10 : le taux du progrès..............138 maternelle sont associés à un
accès limité aux services de santé
Index ..............................................................142 pour les femmes enceintes..............14

Glossaire ......................................................147

Bureaux de l’UNICEF....................................148

iv
LA SITUATION DES ENFANTS DANS LE MONDE 2007

Femmes et enfants
Le double dividende de l’égalité des sexes

3 L’égalité
à l’emploi
face 4 L’égalité dans
la vie politique et
5 Recueillir le double
dividende de
au gouvernement l’égalité des sexes
Résumé ................................................36 Résumé ................................................50 Résumé ................................................68
Encadrés Encadrés Encadrés
Les filles risquent-elles de manquer Les femmes et la politique : mythes Des partenariats pour l’éducation
l’école quand les femmes travaillent ?....41 et réalités ..................................................54 des filles....................................................70

Les effets positifs de conditions Les associations féminines : une force Suivi des engagements des
de travail adaptées à la situation au service du changement politique ......59 gouvernements sur l’autonomisation
familiale dans les pays industrialisés....46 des femmes par l’adoption de budgets
Les femmes et l’Accord de paix sur favorisant l’égalité des sexes ..................74
le Darfour ..................................................62
Le travail des enfants : filles et Des partenariats pour la promotion
garçons sont-ils affectés de manière Les femmes en tant que médiatrices des droits de l’enfant et de l’égalité
différente ?................................................48 et membres des forces de maintien des sexes dans les programmes
de la paix ..................................................63 politiques ..................................................76
Figures
L’espérance de justice pour les Quotas : des mécanismes très différents ..79
3.1 Partout dans le monde en femmes et les enfants boliviens,
développement, les femmes par Casimira Rodríguez Romero............66 La participation des femmes aux
travaillent de plus longues initiatives à base communautaire
heures que les hommes ..................38
Figures dans le monde en développement ........82
3.2 Les salaires nominaux des 4.1 Présentation de projets de Le Programme H : remettre en cause
femmes sont considérablement loi en Argentine et en les stéréotypes sexistes et modifier
plus faibles que ceux des Nouvelle-Zélande..............................53 les comportements au Brésil et dans
hommes ............................................40 d’autres pays ............................................84
4.2 Dans la majorité des pays
3.3 Les estimations des revenus des étudiés, la majorité de la population Création de partenariats pour
femmes sont considérablement dit approuver ou approuver améliorer les estimations sur
plus faibles que les estimations vigoureusement l’affirmation la mortalité maternelle............................86
des revenus des hommes ................41 selon laquelle les hommes sont
de meilleurs dirigeants politiques
3.4 Écarts notables entre les hommes que les femmes................................55
Figures
et les femmes en termes de 5.1 La majorité des pays ayant le
propriété foncière en Amérique 4.3 Présence des femmes dans les plus grand nombre de femmes
latine ..................................................42 parlements, par région......................56 parlementaires utilisent générale-
ment des quotas politiques ............78
3.5 De nombreuses femmes du 4.4 Les femmes dans l’administration
monde en développement publique ............................................58 5.2 Les pays ayant le plus grand nombre
travaillent dans le secteur non de femmes parlementaires sont
structuré ............................................44 aussi les pays les plus enclins à
recourir aux quotas ..........................80
5.3 Dans de nombreux pays on ne
dispose pas de données ventilées
par sexe pour les indicateurs clés....85

v
Message
Message
from theduUnited
Secrétaire général de
Nation
l’Organisation des Nations Unies
Secretary-General
L’élimination de la discrimination sexiste et l’autonomisation des femmes comptent parmi les principaux défis
mondiaux actuels. Lorsque les femmes sont en bonne santé, instruites et libres de bénéficier des possibilités qui
leurs sont offertes, les enfants s’épanouissent et les pays prospèrent, et l’on recueille ainsi un double dividende,
pour les femmes et les enfants.

Pendant les vingt-sept années qui se sont écoulées depuis l’adoption de la Convention sur l’élimination de
toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, de nombreux progrès ont été accomplis. Mais nous
sommes encore très loin de pouvoir réaliser les Objectifs du Millénaire
pour le développement. Il ne peut y avoir de développement durable sans
égalité des sexes. Tant que la moitié de l’humanité fera l’objet de
discrimination, il sera impossible de réaliser nos objectifs.

D’innombrables études nous ont appris que l’autonomisation des femmes


est le plus efficace de tous les moyens de parvenir au développement.
Aucune autre stratégie ne réussit aussi souvent à accroître la productivité
économique ou à réduire la mortalité infantile et maternelle. Aucune autre
stratégie ne permet avec autant de certitude d’améliorer la nutrition et de
promouvoir la santé, notamment la prévention du VIH/SIDA. Aucune
autre stratégie n’accroît aussi efficacement les possibilités d’instruction
de la génération suivante. C’est pourquoi la discrimination à l’égard des
© UN/DPI/Sergey Bormeniev

femmes de tous les âges prive les enfants du monde – tous les enfants et
non seulement la moitié d’entre eux qui sont des filles – de la possibilité
de réaliser leur potentiel. Cette question est étroitement liée à la mission
de l’UNICEF : protéger les droits de tous les enfants.

Pendant les dix années que j’ai passées au poste de Secrétaire général,
j’ai été fier de me joindre à l’UNICEF pour demander à la communauté
internationale de s’intéresser davantage à la vie, aux besoins et aux droits des enfants. Parmi les nombreux
problèmes sur lesquels s’est penché l’UNICEF au cours des dix dernières années, aucun n’est plus essentiel
pour sa mission que les droits des femmes.

Kofi A. Annan
Secrétaire général des Nations Unies

vi
Avant-propos

Si La Situation des enfants dans le monde 2007 porte sur la vie des femmes de par le monde, c’est pour une
raison très simple : l’égalité des sexes et le bien-être des enfants sont indissociables. Lorsque les femmes ont la
possibilité de vivre pleinement et d’être productives, les enfants prospèrent. L’UNICEF a souvent pu constater
le phénomène inverse : quand, dans une société donnée, les femmes ne bénéficient pas de chances égales, les
enfants en pâtissent.

C’est en s’employant à réaliser, à l’échelle nationale, le troisième Objectif du Millénaire pour le développement –
promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes – que l’on recueillera un double dividende : l’amélioration
de la vie des femmes aussi bien que celle des enfants. Cela contribuera également à la réalisation de tous les
autres objectifs, qu’il s’agisse de réduire
la pauvreté et la faim ou de sauver la
vie d’enfants, d’améliorer la santé
maternelle, de parvenir à l’éducation
pour tous, de combattre le VIH/SIDA,
le paludisme et d’autres maladies,
d’assurer un environnement durable
et de mettre en place de nouveaux
partenariats pour le développement.
© UNICEF/HQ05-2284/Christine Johnston

Bien que la communauté


internationale se soit engagée à
instaurer l’égalité des sexes, des
millions de femmes et de filles du
monde entier sont victimes de la
discrimination, de la marginalisation
et de la pauvreté. Ce rapport illustre
les nombreux défis qui restent à relever.
Les femmes et les filles sont touchées de façon disproportionnée par la pandémie de SIDA. De nombreuses
filles sont contraintes de se marier avant leur majorité, parfois avant l’âge de 15 ans. Les taux de mortalité
maternelle restent inexcusablement élevés dans de nombreux pays. Presque partout, les femmes sont moins
rémunérées que les hommes pour un travail égal. Dans le monde entier, des millions de femmes et de filles
subissent des violences physiques et sexuelles, en n’ayant guère de possibilités de recours devant la justice ou
de moyens de protection.

Déclarations, conventions, objectifs, tout cela ne suffit pas. Nous devons impérativement passer du stade des
belles paroles à celui de l’action concrète. Comme ce rapport le montre, le jour où les femmes et les filles
auront les mêmes possibilités que les hommes et les garçons de s’instruire, de participer au gouvernement,
de subvenir à leurs propres besoins sur le plan économique et de vivre à l’abri de la violence et de la
discrimination sexistes, l’égalité des sexes ne sera plus une vaine promesse et la mission de l’UNICEF –
instaurer un monde digne des enfants – pourra se concrétiser.

Ann M. Veneman
Directrice générale
Fonds des Nations Unies pour l’enfance

vii
L’égalité des sexes est femmes sur les décisions du ménage a des est institutionnalisée, la discrimination est
RÉSUMÉ une condition essen- effets positifs sur la nutrition, les soins de plus difficile à mettre en évidence et à
tielle à la réalisation du Programme du santé et l’éducation de leurs enfants. Mais combattre. Les traditions culturelles peu-
Millénaire, qui risque d’échouer si tous l’égalité des sexes n’a pas seulement des vent perpétuer l’exclusion sociale et la dis-
les membres de la société n’y participent conséquences bénéfiques directes sur les crimination de génération en génération,
pas. La Déclaration du Millénaire et les enfants. Sans elle, il sera impossible de les stéréotypes sexistes continuant d’être
Objectifs du Millénaire pour le développe- créer un monde d’équité, de tolérance et acceptés sans aucune remise en cause.
ment, ainsi que l’ONU elle-même, partent de responsabilités partagées – un monde
du principe selon lequel les personnes qui soit digne des enfants. Pour éliminer la discrimination sexiste et
vulnérables, notamment les enfants, ont accroître le pouvoir d’action des femmes,
besoin d’une attention et de soins particu- Pourtant, malgré d’importants progrès réa- il faudra renforcer leur participation à la
liers. L’égalité des sexes fera sortir de la lisés depuis l’adoption par l’Assemblée prise de décisions dans trois sphères dis-
pauvreté non seulement les femmes, mais générale des Nations Unies en 1979 de la tinctes : le foyer, le lieu de travail et la
également leurs enfants, leur famille, leur Convention sur l’élimination de toutes les scène politique. Toute amélioration dans
communauté et leur pays. Considérée sous formes de discrimination à l’égard des l’un de ces domaines améliore l’égalité
cet angle, l’égalité des sexes n’est pas seu- femmes, la discrimination sexiste reste des femmes dans les autres et a de pro-
lement un impératif moral; c’est aussi un omniprésente dans toutes les régions du fonds effets positifs sur les enfants, par-
aspect décisif du progrès humain et du monde. Elle se manifeste par la préférence tout dans le monde. L’objectif de ce
développement durable. accordée aux fils plutôt qu’aux filles, par rapport est de définir la voie à suivre
les possibilités restreintes d’études et de pour accélérer les progrès en matière
En outre, l’égalité des sexes présente un travail imposées aux filles et aux femmes d’égalité des sexes et d’autonomisation
double avantage : elle bénéficie à la fois et par des formes de violence sexiste des femmes, au moyen de l’éducation,
aux femmes et aux enfants. Des femmes caractérisée, par exemple des violences de financements, de législation, de quo-
en bonne santé, instruites et dotées d’un physiques et sexuelles. tas législatifs, de la participation des
réel pouvoir d’action sont plus à même hommes et des garçons, de l’accroisse-
d’avoir des filles et des fils en bonne santé, D’autres formes, moins apparentes, de dis- ment du pouvoir d’action des femmes
instruits et ayant confiance en eux. Des criminations sexistes peuvent avoir des par les femmes et de l’amélioration des
études ont montré que l’influence des effets tout aussi destructeurs. Lorsqu’elle recherches et des données.
L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7

Un appel en faveur
1
de l’égalité
’égalité des femmes et des hommes a tou- l’Assemblée générale des Nations Unies, et d’au-

L jours été l’un des objectifs de l’Organisation


des Nations Unies. Dans le Préambule de
la Charte des Nations Unies adoptée en
1945, les pays signataires affirment leur volonté
de « proclamer à nouveau [leur] foi dans les
tres proclamations apparentées, ce n’est qu’en
1974 que les droits des femmes ont reçu toute
l’attention qu’ils méritaient sur le plan interna-
tional. Cette année-là, la Commission de la
condition de la femme de l’ONU, qui avait été
droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité créée en 1946 et avait déjà réussi à faire adopter
et la valeur de la personne humaine, dans l’éga- plusieurs instruments juridiques, a été chargée
lité de droit des hommes et des femmes, ainsi d’établir un texte juridiquement contraignant sur
que des nations, grandes et petites ». le plan international, qui protégerait les libertés
et les droits fondamentaux des femmes. C’est
Cette affirmation associe égalité et développe- ainsi que la Convention sur l’élimination de tou-
© UNICEF/SW2K00161/Giacomo Pirozzi

ment humain, en reconnaissant que les femmes tes les formes de discrimination à l’égard des
aussi bien que les hommes ont une contribution femmes a été adoptée par l’Assemblée générale
essentielle à apporter aux progrès économiques des Nations Unies en 19791. La Convention
et sociaux des nations. Il y a plus de soixante relative aux droits de l’enfant, qui énonce les
ans, les dirigeants des pays de la planète ont ima- droits inaliénables des enfants, a été adoptée
giné un monde dont tous les habitants bénéficie- une décennie plus tard.
raient des mêmes droits, des mêmes ressources et
des mêmes possibilités, un monde où règnerait Les dirigeants des pays du monde savent que le
l’abondance et où tous les hommes, toutes les développement humain se heurte à des formes
femmes et tous les enfants vivraient à l’abri du tenaces de discrimination et d’injustice. Mais
malheur et de l’injustice. bien que 27 ans se soient écoulés depuis l’adop-
tion de la Convention sur l’élimination de toutes
Après l’égalité de droits, on a ensuite revendiqué les formes de discrimination à l’égard des fem-
l’égalité entre les sexes, ou plus précisément mes et que cette convention ait fait l’objet de
l’égalité entre les « genres » lorsqu’une distinction 184 ratifications, adhésions et successions d’États
a été établie entre la notion de « genre » et la parties, des millions de femmes et de filles de
notion de « sexe ». Le sexe est une distinction par le monde sont encore privées de pouvoir,
biologique : les femmes ont deux chromosomes de moyens d’expression et de droits. Les effets
X et les hommes ont un chromosome X et un négatifs de l’inégalité des femmes se répercutent
chromosome Y. Le genre est en revanche une dans l’ensemble de la société.
construction sociale, par laquelle on définit
ce qui est féminin et ce qui est masculin. Le rapport La Situation des enfants dans le
Considérant que les rôles attribués par la société monde 2007 examine la discrimination et la
aux deux sexes ne sont pas innés mais sont marginalisation auxquelles se heurtent les fem-
acquis, les partisans de l’égalité des genres ont mes tout au long de leur vie et définit les mesures
remis en cause les stéréotypes et la discrimination à prendre pour éliminer la discrimination et
généralisée qui maintenaient les femmes et les favoriser l’autonomisation des femmes et des
filles dans une situation d’infériorité sur le plan filles. Il analyse d’abord la situation actuelle
social et économique. des femmes et explique ensuite en quoi l’égalité
des sexes favorisera la réalisation de tous les
Bien que l’égalité des sexes figure dans des Objectifs du Millénaire pour le développement
documents tels que la Déclaration universelle (OMD) et comment les investissements réalisés
des droits de l’homme, adoptée en 1948 par en faveur des droits des femmes seront à terme

1
nent, elles et leur famille, s’accompagne d’une
amélioration de la nutrition des enfants (voir
chapitre 2, page 24). Une corrélation existe éga-
lement entre d’autres aspects de l’égalité des
sexes, par exemple la hausse du niveau d’instruc-
tion chez les femmes, et l’amélioration des chan-
ces de survie et de développement des enfants2.

En garantissant les droits des femmes, les


sociétés protègent également les filles et les
adolescentes. L’égalité des sexes signifie que les
filles et les garçons bénéficient du même accès
aux vivres, aux soins de santé et à l’éducation
et des mêmes perspectives d’avenir. Des recher-
ches ont montré que les femmes dont les droits
sont protégés ont tendance à veiller à ce que
les filles bénéficient d’une nutrition, de soins
de santé et d’une éducation corrects et à ce
qu’aucun mal ne leur soit fait.

Deuxièmement, l’égalité des sexes est une condi-


tion essentielle à la réalisation du monde envi-
sagé dans la Déclaration du Millénaire, un
monde de paix, d’équité, de tolérance, de sécu-
© UNICEF/HQ04-1287/Giacomo Pirozzi

rité, de liberté, de respect de l’environnement et


de responsabilités partagées, dans lequel une
attention et des soins particuliers sont accordés
aux personnes les plus vulnérables, notamment
aux enfants. C’est ce que la communauté inter-
nationale s’est engagée à réaliser : un monde
digne à la fois des femmes et des enfants.

Les progrès nécessaires à la mise en œuvre du


doublement rentables, en faisant progresser Programme du Millénaire ne seront possibles
les droits des femmes aussi bien que ceux qu’avec la participation entière de tous les mem-
des enfants. bres de la société. Les dirigeants de la commu-
nauté internationale réunis en 2000 au Sommet
du Millénaire de l’ONU l’ont compris. Ils ont
Les droits des femmes et les droits
reconnu que l’égalité des sexes donnerait aux
des enfants se renforcent femmes les moyens d’échapper à la pauvreté,
mutuellement avec de nombreux avantages pour leurs familles,
Le thème de ce rapport amène tout naturellement leurs communautés et leurs pays.
à se poser la question suivante : « Pourquoi
l’UNICEF, organisation de défense des enfants, L’importance centrale de l’égalité des sexes pour
se préoccupe-t-il des droits des femmes ? » le développement humain apparaît également
La réponse est double. dans le Programme du Millénaire. La Déclaration
du Millénaire affirme la nécessité de mettre en
Premièrement, comme le montre ce rapport, œuvre intégralement la Convention sur l’élimina-
l’égalité des sexes contribue à la survie et au tion de toutes les formes de discrimination à
développement de l’enfant. Parce que ce sont l’égard des femmes et la Convention relative aux
principalement les femmes qui s’occupent des droits de l’enfant; les deux conventions sont
enfants, leur bien-être se répercute sur celui de considérées comme des normes des droits de
leurs enfants. Des femmes en bonne santé, ins- l’homme essentielles à la réalisation des objectifs
truites et dotées d’un réel pouvoir d’action sont du Millénaire pour le développement. Ces objec-
plus à même d’avoir des filles et des fils en bonne tifs, adoptés par la communauté internationale
santé, instruits et ayant confiance en eux. pour parvenir au développement durable, fixe
L’autonomie des femmes, c’est-à-dire la maîtrise des jalons assortis d’échéances précises en vue de
qu’elles ont de leur propre vie et la possibilité de promouvoir l’égalité des sexes et d’accroître le
participer à la prise des décisions qui les concer- pouvoir d’action des femmes. Mais l’égalité des

2 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
sexes, selon le Programme du Millénaire, n’est trait aux enfants, notamment l’égalité (articles 2
pas simplement un moyen d’accélérer le déve- et 15), la protection de la maternité (article 4),
loppement humain : c’est également un les soins de santé adéquats (article 12) et le par-
impératif moral. tage des responsabilités parentales (article 16).
La Convention relative aux droits de l’enfant sti-
Complémentarités et tensions entre les pule que les filles et les garçons doivent bénéfi-
deux conventions cier du même accès à l’éducation et aux soins de
Puisque la condition de la femme et le bien-être santé. Les deux conventions visent à protéger de
de l’enfant sont indissociables, les défenseurs des la violence et de la maltraitance et se fondent sur
enfants failliraient à leur devoir s’ils ne prenaient les principes de non-discrimination, de participa-
pas non plus fait et cause pour l’égalité des sexes. tion et de responsabilité.
La Convention sur l’élimination de toutes les for-
mes de discrimination à l’égard des femmes et la Ces traités ne sont pas parfaitement harmonieux :
Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) des tensions existent. Par exemple, certains
sont étroitement liées – elles participent de la partisans de l’égalité des sexes estiment que la
même progression de l’humanité vers la réalisa- CDE ne tient compte des femmes que dans leur
tion des droits fondamentaux. Chacune énonce rôle stéréotypé de mère, ce qui restreint leurs
des droits précis ne pouvant être abrogés pour choix. Certains défenseurs des droits des enfants
des raisons d’âge, de sexe, de classe socio-écono- pensent que la Convention sur l’élimination de la
mique ou de nationalité. Les deux traités sont discrimination à l’égard des femmes accorde trop
complémentaires; ils se recoupent dans la mesure d’importance à l’épanouissement personnel des
où ils énoncent des droits et responsabilités pré- femmes et risque donc d’avoir pour effet pervers
cis et ils comblent ensemble les lacunes qui exis- d’affaiblir l’importance de la maternité. Malgré
teraient si l’on ne disposait que d’une seule de ces différences, les deux conventions ont plus
ces deux conventions. de points communs que de divergences – elles
définissent les principes de base d’un monde
Plusieurs articles de la Convention sur l’élimina- équitable dans lequel les droits de tous les êtres
tion de toutes les formes de discrimination à humains – de sexe féminin ou masculin, âgés
l’égard des femmes portent sur des droits ayant ou jeunes – sont respectés.

Figure 1.1 Dans beaucoup de régions en développement, les filles risquent davantage que
les garçons d’être privées d’une éducation secondaire
Garçons
Taux brut de scolarisation dans Taux net de fréquentation dans
Filles
l’enseignement secondaire, 2000–2005* l’enseignement secondaire, 1996–2005*
100 60

50
80

40
Pourcentage

Pourcentage

60
30
40
20
20
10

0 0
Afrique Afrique de Moyen- Asie Asie Amérique Europe Afrique Afrique de Moyen- Asie Asie Amérique
de l’Est l’Ouest et Orient du Sud orientale latine et centrale et de l’Est l’Ouest et Orient du Sud orientale latine et
et Afrique Afrique et Afrique et Caraïbes orientale et Afrique Afrique et Afrique et Caraïbes
australe centrale du Nord Pacifique et CEI australe centrale du Nord Pacifique**

Notes : Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement secondaire s’entend du nombre d’enfants inscrits dans un établissement d’enseignement secon-
daire, indépendamment de leur âge, exprimé en pourcentage du nombre total d’enfants ayant l’âge officiel de suivre des études secondaires. Le taux net
de fréquentation dans l’enseignement secondaire s’entend du nombre d’enfants fréquentant un établissement d’enseignement secondaire qui sont en âge
de fréquenter l’école secondaire, exprimé en pourcentage du nombre total d’enfants ayant l'âge officiel de suivre des études secondaires: Ces données
proviennent d’enquêtes nationales sur les ménages.
* Les données concernent l’année la plus récente de la période considérée pour laquelle on dispose de données.
** À l’exclusion de la Chine.
Sources: Taux brut de scolarisation dans l’enseignement secondaire : Institut de statistique de l’UNESCO. Taux net de fréquentation dans l’enseignement
secondaire : enquêtes démographiques et sanitaires et enquêtes en grappes à indicateurs multiples. Les données utilisées sont présentées dans les tableaux
statistiques du présent rapport, page 98.

U N A P P E L E N FAV E U R D E L’ É G A L I T É 3
La discrimination sexiste tout au long du cycle de vie
Fœticide et infanticide réduit de moitié environ pour les mères essentiellement pratiquée dans les pays
La discrimination fondée sur le sexe ayant achevé leurs études primaires. d’Afrique subsaharienne, du Moyen-
commence tôt. Les techniques moder- Orient et d’Afrique du Nord et dans cer-
nes de diagnostic de la grossesse per- Éducation secondaire taines régions de l’Asie du Sud-Est. On
mettent à présent de déterminer le sexe Selon des estimations récentes de estime que plus de 130 millions de fem-
d’un enfant dans la phase la plus pré- l’UNICEF, 43 pour cent seulement des fil- mes et de filles vivant aujourd’hui ont
coce. Lorsqu’existe une préférence éco- les en âge d’aller à l’école secondaire subi une MGF/E. Celle-ci peut avoir de
nomique ou culturelle marquée pour dans le monde en développement fré- graves conséquences pour la santé,
des fils, l’utilisation abusive de ces tech- quentent un établissement d’enseigne- notamment la non-cicatrisation, une vul-
niques peut favoriser les fœticides ment secondaire. Il y a de multiple nérabilité accrue à l’infection par le VIH,
concernant des foetus de sexe féminin. raisons à cet état de choses : il peut sim- des complications à l’accouchement, et
Il n’existe aucun élément permettant de plement n’y avoir aucune école secon- l’apparition de maladies inflammatoires
confirmer de façon irréfutable une telle daire où les filles puissent se rendre – et de l’incontinence urinaire. Une
utilisation illégale de ces techniques, beaucoup de pays en développement et hémorragie et une infection importantes
mais les histoires des naissances suc- de donateurs mettent depuis toujours peuvent entraîner la mort.
cessives dans les familles et les données l’accent sur l’éducation primaire pour
de recensement font état d’une propor- tous et négligent d’affecter les ressources Mariage des enfants et maternité
tion exceptionnellement élevée de nais- nécessaires à l’accroissement du nombre prématurée
sances de garçons et d’enfants de moins d’enfants inscrits dans une école secon- Le mariage des enfants ou mariage pré-
de cinq ans de sexe masculin en Asie, daire et s’y rendant régulièrement. Par coce s’entend des mariages et des
notamment en Chine et en Inde, ce qui ailleurs, les parents peuvent penser qu’ils unions dans lesquels l’un des deux par-
semble indiquer que des fœticides et n’ont pas les moyens d’offrir à leur fille tenaires ou les deux ont moins de 18
infanticides en fonction du sexe se pro- une éducation secondaire ou adopter le ans. Dans l’ensemble du monde, 36
duisent dans les deux pays les plus point de vue classique selon lequel elle pour cent des femmes âgées de 20 à 24
peuplés du monde, ce en dépit des devrait limiter ses ambitions au mariage. ans ont été mariées ou ont vécu marita-
initiatives lancées dans les deux pays lement avant l’âge de 18 ans, situation
pour y mettre un terme. L’éducation secondaire présente de multi- observée surtout en Asie du Sud et en
ples avantages pour les femmes et les Afrique subsaharienne. Le mariage des
Les années intermédiaires enfants. Elle contribue singulièrement à enfants est une tradition solidement éta-
Les années intermédiaires de l’enfance retarder l’âge auquel une jeune femme blie dans les régions où il est pratiqué,
et de l’adolescence ont pour principal met son premier enfant au monde et elle ce qui, parfois, rend virtuellement
objectif de garantir l’accessibilité et peut favoriser la liberté de circulation et impossible toute contestation de cette
l’achèvement d’une bonne éducation améliorer la santé maternelle. Par ailleurs, pratique. Les parents peuvent donner
primaire et secondaire. À quelques elle donne aux femmes un atout supplé- leur consentement à un tel mariage par
exceptions près, ce sont surtout les filles mentaire dans la négociation au sein du nécessité économique, ou parce qu’ils
qui souffrent d’un handicap éducatif. ménage (voir Chapitre 2) et est un facteur pensent que le mariage protégera leur
déterminant sur le plan des possibilités de fille contre les agressions sexuelles et
Éducation primaire participation des femmes à la vie écono- les grossesses hors mariage, allongera
Pour 100 garçons non scolarisés, 115 mique et politique (voir Chapitres 3 et 4). sa période de procréation ou garantira
filles sont dans la même situation. La l’obéissance à la famille de son mari.
discrimination à l’encontre des filles a Adolescence
régulièrement diminué au cours des Les plus graves menaces pour le dévelop- La grossesse et la maternité prématurées
dernières décennies, mais près d’une pement des adolescents sont la maltrai- sont une conséquence inévitable du
fille inscrite à l’école primaire sur cinq tance, l’exploitation et la violence, ainsi mariage des enfants. On estime que 14
ne termine pas ses études primaires. Le que l’absence d’informations essentielles millions d’adolescentes de 15 à 19 ans
fait pour une fille d’être privée d’éduca- sur la santé en matière de sexualité et de accouchent chaque année. Les filles
tion primaire lui fait perdre la possibilité procréation, y compris sur le VIH/SIDA. âgées de moins de 15 ans courent un ris-
de donner la pleine mesure de ses capa- que cinq fois plus grand de mourir pen-
cités dans tous les domaines de l’exis- Mutilation génitale dant la grossesse ou en couches que les
tence. La recherche a montré que les féminine/excision femmes âgées de 20 à 29 ans. Si une
femmes instruites courent moins le ris- La mutilation génitale féminine/excision mère a moins de 18 ans, son bébé court
que de mourir en couches et ont plus (MGF/E) implique l’ablation partielle ou un risque de mourir au cours de la pre-
de chances d’envoyer leurs enfants à totale ou une lésion des organes géni- mière année 60 fois plus grand que le
l’école. On sait que le taux de mortalité taux féminins pour des raisons culturel- bébé qu’une mère âgée de plus de 19 ans
des enfants de moins de cinq ans est les et non médicales. La MGF/E est vient de mettre au monde. Même si l’en-

4 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
fant survit, il court un risque plus grand des femmes. Dans certaines régions les plus pauvres du monde. Toujours en
de souffrir d’insuffisance pondérale à la d’Afrique et des Caraïbes, les jeunes 2000, un quart des décès maternels
naissance, de dénutrition et d’un dévelop- femmes (âgées de 15 à 24 ans) courent dans le monde sont survenus en Inde.
pement physique et cognitif tardif. un risque d’infection jusqu’à six fois Une femme d’Afrique subsaharienne sur
plus grand que les jeunes hommes de 16 mourra des suites d’une grossesse
Abus sexuels, exploitation leur âge. Les femmes courent un risque ou en couches, contre une sur 4 000
sexuelle et traite plus grand que les hommes de contrac- dans les pays industrialisés. De plus, les
Plus les filles sont jeunes au moment ter le VIH. Une explication physiologi- nouveau-nés orphelins de mère courent
du premier rapport sexuel, plus il est que – les femmes courent un risque au un risque entre trois et 10 fois plus
vraisemblable que ce rapport leur a moins deux fois plus grand que les grand de mourir que les nouveau-nés
été imposé. Selon une étude de hommes de contracter l’infection par le dont la mère survit.
l’Organisation mondiale de la Santé, VIH pendant les rapports sexuels – joue
150 millions de filles et 73 millions de un rôle important. L’autre facteur essen- La vie de beaucoup de ces femmes
garçons âgés de moins de 18 ans ont tiel, qui est dans une large mesure pourrait être sauvée si elles avaient
subi un rapport sexuel imposé ou d’au- réversible, est d’ordre social : la discri- accès aux services de soins de santé de
tres formes de violence physique ou mination fondée sur le sexe prive les base, notamment si elles bénéficiaient
sexuelle en 2002. Dans certains pays, femmes du pouvoir de négociation dont des soins d’un professionnel de santé
l’absence d’un âge minimal pour le elles ont besoin pour réduire leur risque qualifié à chaque accouchement et
consentement à des relations sexuelles d’infection. Les forts taux d’analphabé- de soins obstétricaux d’urgence pour
et pour le mariage expose les enfants à tisme chez les femmes les empêchent celles chez lesquelles des complications
la violence de leur partenaire. d’être informées des risques liées à l’in- apparaissent.
fection au VIH et des stratégies de pro-
On estime qu’1,8 million d’enfants se tection existantes. Selon une enquête Les femmes âgées
livrent à des activités sexuelles à des réalisée dans 24 pays d’Afrique subsa- Les femmes âgées peuvent être victimes
fins commerciales. Beaucoup y sont harienne, les deux tiers au moins des d’une double discrimination fondée à la
contraints, qu’ils soient vendus comme jeunes femmes ne disposent pas d’une fois sur le sexe et sur l’âge. Les femmes
esclaves sexuels par des familles que la information complète sur la transmis- vivent généralement plus longtemps
pauvreté a rendu désespérées ou enle- sion du VIH. que les hommes, risquent de perdre le
vés aux fins de la traite avant de se contrôle des ressources familiales et
retrouver victimes de l’exploitation dans L’augmentation spectaculaire de l’infec- peuvent devoir subir la discrimination
des maisons de passe ou d’autres lieux. tion parmi les femmes accentue le ris- découlant des lois sur l’héritage et la
Les enfants exploités dans l’industrie du que d’infection chez les enfants. Les propriété. Beaucoup de femmes âgées
sexe sont exposés au délaissement, à la mères transmettent l’infection à leurs sont plongées dans la pauvreté à un
violence sexuelle et aux actes de vio- nourrissons pendant la grossesse, l’ac- moment de leur existence où elles sont
lence physique et psychologique. couchement ou l’allaitement. En 2005, très vulnérables. Seuls un petit nombre
plus de deux millions d’enfants âgés de de pays en développement ont mis en
Santé en matière de sexualité 0 à 14 ans étaient séropositifs. place des systèmes de protection des
et de procréation personnes âgées sous la forme de pen-
Étant donné que les rapports sexuels Maternité et troisième âge sions ne donnant pas lieu à la percep-
sans protection font courir le risque de Les deux principales périodes de la vie tion de cotisations ou accordées en
grossesse et d’infection sexuellement de nombreuses femmes pendant les- fonction des ressources.
transmissible, y compris d’infection au quelles la pauvreté et l’inégalité peuvent
VIH, l’information concernant la santé conjuguer leurs effets pervers sont la Les grand-mères, en particulier, possè-
en matière de sexualité et de procréa- maternité et le troisième âge. dent une longue expérience de tous les
tion est indispensable à la sécurité des aspects de la santé maternelle et infan-
jeunes. L’information ne suffit pas à Mortalité maternelle tile et des soins qui s’y rapportent. Dans
garantir la protection, mais c’est assuré- On estime que, chaque année, ce sont bien des familles, elles restent la princi-
ment un premier pas dans la bonne plus de 500 000 femmes – soit environ pale source d’aide des parents qui tra-
direction. Or, les adolescents du monde une femme toutes les minutes – qui vaillent en ce qui concerne les soins aux
entier ne disposent toujours que d’une meurent des suites de complications enfants. L’expérience prouve que les
information limitée sur les questions liées à la grossesse ou pendant l’accou- droits de l’enfant sont mieux respectés
liées à la santé en matière de procréa- chement. Environ 99 pour cent des lorsque les programmes qui cherchent
tion et les risque qu’ils courent. décès maternels surviennent dans les à améliorer la vie des enfants et des
pays en développement, dont plus de femmes comprennent également les
VIH/SIDA 90 pour cent en Afrique et en Asie. En femmes âgées.
En 2005, près de la moitié des 39 mil- 2000, les deux tiers des décès maternels
lions de personnes séropositifs étaient se sont produits dans 13 des pays parmi Voir Références, page 88.

U N A P P E L E N FAV E U R D E L’ É G A L I T É 5
Les droits des femmes sont moins reconnus souvent limitées ou à s’attaquer aux coutumes,
que ceux des enfants mentalités et croyances discriminatoires.
Bien que les deux traités aient été approuvés
par un grand nombre de pays, c’est l’acceptation Trop souvent, les organes de contrôle juridique,
et la ratification de la Convention sur l’élimina- les organisations de la société civile et les médias
tion de toutes les formes de discrimination à manquent également à leur devoir lorsqu’ils ne
l’égard des femmes qui ont été les plus difficiles. surveillent pas attentivement les dirigeants ou ne
Certains pays acceptent volontiers que les enfants les tiennent pas responsables des promesses res-
aient des droits mais sont moins disposés à tées sans suite.
admettre que les femmes en ont aussi. Si 184
États sont aujourd’hui parties à cette convention, C’est en premier lieu aux gouvernements qu’in-
de nombreuses signatures ont été assorties de combe la responsabilité de faire appliquer les
réserves portant sur des articles précis. De toutes conventions internationales et les lois nationales
les conventions des Nations Unies, la Convention relatives aux femmes et aux enfants. Ce sont donc
sur l’élimination de toutes les formes de discrimi- eux qui doivent être tenus responsables de la len-
nation à l’égard des femmes est d’ailleurs celle teur des progrès réalisés. Mais l’égalité des sexes
qui compte le plus grand nombre de réserves, ce et les droits des enfants se heurtent également à
qui témoigne de la résistance que rencontrent les la résistance des individus, des familles et des com-
droits des femmes de par le monde3. Les deux munautés. Du fait des privilèges accordés aux
conventions ont suscité d’éloquentes déclara- hommes ou aux garçons, ou de l’idée selon
tions. En pratique, cependant, ni l’une ni l’autre laquelle les filles et les femmes se doivent d’être
n’ont été intégralement mise en œuvre. Tout en soumises, celles-ci sont souvent les dernières à
faisant de grands discours sur l’égalité, les gou- être nourries, soignées et instruites et à profiter
vernements se refusent fréquemment à investir en des possibilités économiques. Pour que le déve-
faveur des femmes et des enfants des ressources loppement progresse, il faut supprimer tous les

Figure 1.2 Les comportements discriminatoires des hommes à l’égard des femmes varient
d’une région à l’autre, mais sont manifestes partout
100
Proportion d’hommes interrogés qui :
Approuvent ou approuvent vivement l’idée que « les hommes
80 font de meilleurs responsables politiques que les femmes »
Approuvent ou approuvent vivement l’idée que « lorsque les
emplois sont rares, les hommes doivent avoir davantage
droit à un emploi que les femmes »
Pourcentage

60 Approuvent ou approuvent vivement l’idée que « l’université


est plus importante pour un garçon que pour une fille »

40

20

0
7 pays du 3 pays 4 pays 6 pays 22 pays 5 pays 19 pays
Moyen-Orient d’Asie d’Afrique d’Asie orientale en transition d’Amérique industrialisés
et de l’Afrique du Sud subsaharienne et du Pacifique latine et
du Nord des Caraïbes

Les calculs de l’UNICEF sont basés sur des données tirées de la quatrième série de l’Enquête sur les valeurs dans le monde (1999–2004). Les données
relatives à chaque pays et territoire inclus dans les agrégats régionaux correspondent à l’année la plus récente de la période considérée pour laquelle on
dispose de données. Les pays et territoires ci-après sont inclus dans les agrégats régionaux indiqués : Moyen-Orient et Afrique du Nord : Algérie, Arabie
saoudite, Égypte, Iran (République islamique d’), Iraq, Jordanie, Maroc. Amérique latine et Caraïbes : Argentine, Chili, Mexique, Pérou, Venezuela
(République bolivarienne du). Asie du Sud : Bangladesh, Inde, Pakistan. Asie orientale et Pacifique : Chine, Indonésie, Philippines, République de Corée,
Singapour, Viet Nam. Afrique subsaharienne : Afrique du Sud, Nigéria, Ouganda, République-Unie de Tanzanie. Pays en transition : Albanie, Bélarus,
Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Estonie, ex-République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Hongrie, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie,
Monténégro, Pologne, République de Moldova, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Turquie, Ukraine. Pays industrialisés :
Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal,
Royaume-Uni, Suède. Les notes concernant la méthodologie employée se trouvent à la section Références, page 88.
Source : Enquête sur les valeurs dans le monde, www.worldvaluessurvey.org, site consulté en juin 2006.

6 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
obstacles à l’égalité des sexes, quelle que soit leur nes régions de l’Asie du Sud et de l’Est, témoi-
origine. Bien que l’inégalité des sexes nuise en pre- gnent du peu d’importance accordé à la vie des
mier lieu aux femmes et aux filles, ses effets perni- filles et des femmes et ont entraîné des déséquili-
cieux se répercutent dans l’ensemble de la société. bres démographiques, les hommes étant plus
Le refus de garantir l’égalité pour tous a des nombreux que les femmes4.
conséquences très négatives sur les fondements
moraux, juridiques et économiques des nations. Malgré la progression générale des taux de scola-
risation, plus de 115 millions d’enfants en âge
d’aller à l’école primaire sont privés d’enseigne-
Le caractère pernicieux de l’inégalité
ment élémentaire. Les filles sont en général
des sexes moins nombreuses que les garçons à aller en
La discrimination sexiste est omniprésente. Bien classe dans les pays en développement, à quel-
que les degrés et les formes d’inégalité varient, ques exceptions près. Les filles scolarisées aban-
dans toutes les régions du monde, les femmes et donnent souvent leurs études à la puberté pour
les filles ne bénéficient pas d’un accès égal aux res- de nombreuses raisons, entre autres le poids des
sources, aux possibilités d’action et au pouvoir responsabilités ménagères, le manque d’installa-
politique. L’oppression des filles et des femmes tions sanitaires dans les écoles, l’absence de
peut se manifester par la préférence accordée aux modèles identificatoires, le mariage des enfants
fils plutôt qu’aux filles, par les choix personnels et ou le harcèlement sexuel et la violence.
professionnels restreints imposés aux filles et aux
femmes, par la privation de droits fondamentaux La violence contre les femmes et les filles
et par des actes de violence sexiste caractérisée. Les filles et les femmes sont souvent victimes de
violence physique et sexuelle, tant au sein de leur
L’inégalité est toujours tragique et parfois fatale. foyer qu’à l’extérieur. Bien que toutes les agres-
La sélection du sexe d’un enfant avant sa nais- sions sexuelles ne soient pas déclarées, en raison
sance et l’infanticide, très répandus dans certai- de l’opprobre social qu’elles suscitent, il est res-
© UNICEF/HQ06-0510/Indrias Getachew

U N A P P E L E N FAV E U R D E L’ É G A L I T É 7
La discrimination sexiste et les inégalités dans les différentes régions

Les attitudes, convictions et pratiques les – opinion que l’on retrouve chez au Tout en éclairant les opinions ayant
qui servent à exclure les femmes sont moins un tiers des hommes interrogés cours dans la société, ces sondages
souvent solidement enracinées et sont en République islamique d’Iran, au d’opinion et ces enquêtes ne peuvent
très souvent associées à des normes Mexique et en Ouganda, entre autres pas donner la mesure exacte de la dis-
culturelles, sociales et religieuses. Mais pays –, mais, dans certains pays, les crimination sexiste. Il faudrait pouvoir
les enquêtes, les sondages d’opinion et opinions des hommes sur cette ques- disposer d’indicateurs quantifiables
les monographies montrent bien la pré- tion ont été moins discriminatoires, un pour mieux comprendre les inégalités et
valence de la discrimination sexiste sur homme interrogé en Chine sur 10 seu- les injustices découlant de cette discri-
le sexe dans un grand nombre de pays. lement et moins d’un sur 13 aux États- mination à l’égard des femmes et des
Unis partageant ce point de vue. filles. Mais bon nombre d’enquêtes et
Dans le cadre d’un sondage Gallup réa- de recensements nationaux et interna-
lisé dans cinq pays d’Amérique latine Ces opinions en matière d’éducation tionaux n’étant souvent pas ventilés par
(Argentine, Brésil, Colombie, El Salvador trouvent dans une large mesure leur sexe, ces indicateurs sont relativement
et Mexique), la moitié des personnes équivalent dans les attitudes à l’égard rares. Néanmoins, la conclusion que
interrogées ont estimé que la société du travail des femmes et de leur parti- l’on peut tirer des données disponibles
avantage les hommes par rapport aux cipation à la vie politique. Plus de 80 semble claire : les inégalités entre les
femmes. Au Brésil, 20 pour cent seule- pour cent des hommes de sept pays du sexes demeurent solidement ancrées
ment des personnes interrogées, hom- Moyen-Orient et d’Afrique du Nord dans toutes les régions du monde.
mes et femmes, considèrent que la estiment que lorsque les emplois sont
société traite les deux sexes sur un pied rares, les hommes ont davantage le Le Programme des Nations Unies pour
d’égalité, tandis que plus de la moitié des droit de travailler que les femmes, et le développement a essayé de rendre
personnes interrogées de ce pays et de qu’ils font de meilleurs responsables compte de la discrimination fondée sur
l’Argentine voisine ont estimé qu’il n’y politiques que les femmes. Dans d’au- le sexe à l’aide d’un indicateur unique,
a pas d’égalité des chances en matière tres régions, la proportion des hommes l’indicateur de la participation des fem-
d’emploi entre les femmes et les hom- affichant ces opinions est moindre, mes (IPF), qui évalue l’égalité des sexes
mes. Ces résultats sont tirés d’un échan- mais reste importante. dans des domaines essentiels de la par-
tillon de petite taille, mais ils pourraient ticipation économique et politique à la
bien signaler une prise de conscience L’enquête a montré que les femmes prise de décisions. L’IPF englobe le
plus large de la discrimination sexiste peuvent nourrir des opinions également revenu perçu estimatif (facteur détermi-
fondée sur le sexe dans la société. discriminatoires à l’égard de leur propre nant du poids d’un membre de la famille
sexe, sans toutefois être aussi négati- en ce qui concerne les décisions familia-
L’examen des attitudes sociales quant à ves. Un nombre étonnamment élevé de les), le pourcentage de femmes occu-
des questions spécifiques, telles que femmes interrogées ont approuvé ou pant des postes de responsabilité et le
l’accès à l’éducation et les possibilités ont approuvé vigoureusement l’obser- pourcentage de femmes parlementaires.
de création de revenus pour les fem- vation selon laquelle les hommes font L’autonomisation des femmes telle
mes, montre encore mieux l’étendue de de meilleurs responsables politiques qu’elle est évaluée par l’IPF est la plus
la discrimination sexiste et les compa- que les femmes – c’est le cas de plus de faible dans les pays du Moyen-Orient et
raisons que l’on peut faire entre les la moitié des femmes interrogées au de l’Afrique du Nord et de l’Asie du Sud,
pays. Il ressort des World Value Surveys Bangladesh, en Chine, en Ouganda et et la plus forte dans les pays industriali-
(Enquêtes sur les valeurs dans le en République islamique d’Iran, de plus sés, mais on constate d’importantes
monde) qu’une proportion inquiétante d’un tiers des femmes interrogées en variations d’une région à l’autre.
d’hommes – qui, comme le montre ce Albanie et au Mexique et d’une femme
rapport, ont souvent la haute main, au interrogée sur cinq aux États-Unis. Cela Les pays pauvres ont généralement les
sein du ménage, sur l’allocation des res- montre que les attitudes discriminatoi- niveaux de participation des femmes
sources aux services essentiels, tels que res à l’égard des femmes et des filles ne plus faibles, mais rien ne permet d’af-
l’éducation et les soins médicaux – consi- sont pas uniquement le fait des hom- firmer que les inégalités entre les sexes
dèrent que l’enseignement universitaire mes : elles reflètent également des nor- diminuent automatiquement lorsque
est plus important pour un garçon que mes et des mentalités qui peuvent être les niveaux de revenus sont plus éle-
pour une fille (voir Figure 1.2, page 6). communes à l’ensemble de la société. vés. Il s’ensuit que le faible revenu
Les études ont montré que lorsque les n’est pas nécessairement un obstacle à
Les deux tiers des hommes interrogés femmes rejettent ces normes et que l’on l’augmentation du niveau de participa-
au Bangladesh indiquent qu’en ce qui ne fait plus autant pression sur elles tion des femmes.
concerne l’enseignement supérieur, les pour qu’elles s’y conforment, leurs
garçons devraient passer avant les fil- choix et valeurs sont très différents. Voir Références, page 88.

8 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/HQ05-1568/Giacomo Pirozzi

sorti d’une étude récemment effectuée dans un traditions culturelles peuvent perpétuer les inéga-
grand nombre de pays par l’Organisation mon- lités et la discrimination de génération en généra-
diale de la Santé qu’entre 15 et 71 pour cent des tion, les stéréotypes sexistes continuant d’être
femmes avaient été agressées physiquement ou acceptés sans aucune remise en cause.
sexuellement par leur partenaire5. La violence
familiale est la forme la plus courante de vio- La répartition inégale des corvées ménagères, qui
lence perpétrée contre les femmes6. oblige par exemple les filles et les femmes à par-
courir de longues distances pour aller chercher
Pendant les conflits armés, les viols et les agres- de l’eau et du bois de chauffage, ou l’allocation
sions sexuelles sont souvent utilisés comme des inégale des ressources du ménage, qui consiste
armes de guerre. Lorsque des situations de crise par exemple à faire passer les femmes et les filles
complexes obligent les civils à quitter leur foyer, au second plan pour ce qui est de l’alimentation
les femmes et les filles risquent particulièrement et des soins médicaux, sont des signes d’inégalité
d’être victimes de violence, d’exploitation et de plus subtils. Ces formes de discrimination pro-
maltraitance, parfois même de la part du person- fondément ancrées maintiennent souvent les indi-
nel de sécurité ou d’autres personnes chargées vidus, les familles et les sociétés sous le joug de
d’assurer leur protection et leur sûreté. la pauvreté et font obstacle au développement
économique, politique et social.
Les formes insidieuses de l’inégalité des sexes
Aussi condamnables que soient les cas de négli- Pour que la pauvreté appartienne au passé, il
gence délibérée ou de violence brutale, les formes faut d’abord éliminer les inégalités entre les
insidieuses d’inégalité des sexes peuvent avoir des sexes. Il faut prendre des mesures audacieuses et
conséquences tout aussi dévastatrices. Lorsqu’elle faire preuve d’une détermination sans faille pour
est institutionnalisée, la discrimination est plus mettre fin aux inégalités entre les sexes à l’éche-
difficile à mettre en évidence et à combattre. Les lon individuel et institutionnel. Il faut s’attaquer

U N A P P E L E N FAV E U R D E L’ É G A L I T É 9
aux mentalités, aux coutumes et aux valeurs qui une fille née en 2007 est probablement promise
nuisent aux femmes et aux filles. Aucune his- à un meilleur avenir qu’une fille née en 1979,
toire, aucun héritage, aucune religion ou aucune année de l’adoption de la Convention sur l’élimi-
tradition culturelle ne peuvent justifier les inéga- nation de toutes les formes de discrimination à
lités et la marginalisation des femmes. l’égard des femmes.

Aujourd’hui, les femmes et les filles ont accès à


Le double dividende de l’égalité
des domaines qui leur étaient autrefois interdits.
des sexes Les taux de scolarisation des filles dans le pri-
Malgré les inégalités tenaces, la situation des maire ont grimpé en flèche et l’écart entre filles
femmes s’est améliorée au cours des trente der- et garçons en matière d’éducation diminue. Les
nières années. La prise de conscience croissante femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer
des pratiques et des conséquences de la discrimi- sur le marché du travail. Et leur représentation
nation, notamment de la violence physique dans les instances politiques augmente dans de
sexuelle, des mutilations génitales féminines/ nombreuses régions du monde.
excisions, du nombre disproportionné de femmes
touchées par le VIH/SIDA et de l’analphabétisme En 2006, par exemple, le Chili et la Jamaïque
des femmes, entre autres, a engendré une volonté ont pour la première fois élu des femmes à la tête
de changement plus marquée. En préconisant des de leur gouvernement. (La présidente du Chili,
réformes juridiques et sociales, les partisans de Mme Michelle Bachelet est également chef
l’égalité des sexes ont commencé à modifier le d’Etat). De plus, la République de Corée a
paysage social et politique. Et si les rôles attri- nommé en avril 2006 sa première femme Premier
bués aux deux sexes continuent d’influencer les Ministre, ce qui porte à 14 le nombre total de
choix, les possibilités et les défis qui s’offrent à chefs d’État ou de gouvernement de sexe féminin
chacun, dans de nombreuses régions du monde, dans le monde7. Si ce nombre reste minuscule

© UNICEF/HQ05-1597/Giacomo Pirozzi

10 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Figure 1.3 En Afrique subsaharienne, les jeunes femmes sont plus vulnérables face à
l’infection par le VIH que les jeunes hommes, mais disposent d’une information
moins complète qu’eux sur le VIH
Jeunes (âgés de 15 à 24 Zambie
ans) de certains pays Tchad
d’Afrique subsaharienne Tanzanie,
qui disposent d’une Rép.-Unie de
Rwanda
information complète
sur le VIH, 1999–2005* Ouganda
Nigéria
Femmes Namibie
Hommes
Mozambique
Mali

Note : pays choisis sur la base des Malawi


données disponibles concernant la Madagascar
prévalence du VIH et de l’information
complète dont disposent à la fois les Lesotho
jeunes hommes et les jeunes femmes
Kenya
sur le VIH.
* Les données concernent l’année la Ghana
plus récente de la période considérée Gabon
pour laquelle on dispose de données.
Sources : enquêtes démographiques et Congo
sanitaires, enquêtes en grappes à indi- Cameroun
cateurs multiples, enquêtes sur le com-
portement, enquêtes sur la santé en Burkina Faso
matière de procréation et HIV/AIDS
Botswana
Survey Indicators Database. Les don-
nées utilisées sont présentées dans Bénin
les tableaux statistiques du présent
rapport, page 98. 0 10 20 30 40 50 60
Pourcentage

Prévalence du VIH Zambie


parmi les jeunes (âgés
Tchad
de 15 à 24 ans) dans Tanzanie,
certains pays d’Afrique Rép.-Unie de
subsaharienne, 2005 Rwanda
Ouganda
Femmes Nigéria
Hommes
Namibie
Mozambique
Mali
Malawi
Madagascar
Lesotho
Note : pays choisis sur la base des Kenya
données disponibles concernant la
prévalence du VIH et de l’information Ghana
complète dont disposent à la fois les Gabon
jeunes hommes et les jeunes femmes
sur le VIH. Congo
Source : Programme commun des Cameroun
Nations Unies sur le VIH/SIDA, Rapport
de 2006 sur l’épidémie mondiale de Burkina Faso
SIDA, ONUSIDA, Genève, 2006. Les Botswana
données utilisées sont présentées dans
les tableaux statistiques du présent Bénin
rapport, page 98.
0 5 10 15 20
Pourcentage

U N A P P E L E N FAV E U R D E L’ É G A L I T É 11
lorsqu’on considère que l’ONU compte 192 Les dividendes intergénérationnels de l’égalité
États membres, il était impensable il y a 50 ans des sexes
qu’une femme dirige un gouvernement8. Ce sont principalement les femmes qui s’occu-
pent des enfants et influencent leur vie. Cela vaut
Les femmes et les filles sont encore trop nom- particulièrement dans les sociétés les plus tradi-
breuses à ne pas bénéficier des progrès réalisés en tionnelles et patriarcales, où les rôles et responsa-
matière d’égalité des sexes et à être privées de bilités sont strictement définis selon les sexes. La
moyens d’expression et de pouvoir d’action. Les situation des femmes et celle des enfants sont
femmes souffrent de façon disproportionnée de indissociables. À de rares exceptions près, ce qui
la pauvreté, des inégalités et de la violence. On bénéficie aux femmes bénéficie aux enfants.
estime généralement qu’elles constituent de par le
monde la majorité des personnes vivant dans la Lorsque les femmes sont marginalisées et privées
pauvreté9, près de deux tiers des analphabètes10 de leurs droits fondamentaux, les pays en subis-
et, avec les enfants, 80 pour cent des victimes sent les conséquences. Le cycle de la pauvreté et
civiles des conflits armés11. du désespoir se transmet de génération en géné-
ration. Inversement, les pays qui favorisent l’éga-
Quelles que soient leur orientation politique, leur lité des sexes et finissent par y parvenir touchent
religion ou leur composition ethnique, les États de doubles dividendes. Les femmes sont alors en
Membres de l’ONU se sont exprimés d’une seule bonne santé, instruites, productives et capables
voix lorsque l’ONU s’est engagée à faire de ce d’aider leurs enfants à survivre et à s’épanouir.
monde un monde digne des enfants pendant la Ces avantages sont transmis aux générations
session extraordinaire de l’Assemblée générale suivantes.
consacrée aux enfants en mai 2002. Mais se ral-
lier autour de la cause des enfants sans défendre Pour optimiser l’impact de l’égalité des sexes
l’égalité des sexes revient à constituer une équipe sur la réduction de la pauvreté, l’éducation et
sportive sans lui apprendre à jouer. le développement durable, les femmes doivent

© Arege Douglas Mogeni/2006

12 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Figure 1.4 Plus d’une naissance sur quatre survenue chez une mère adolescente
(âgée de 15 à 19 ans) se produit dans les pays les moins avancés

Naissances survenues chez des mères âgées Proportion d’adolescentes âgées de


de 15 à 19 ans dans le monde, 2000–2005 15 à 19 ans dans le monde, 2005
1%
6% 14 %
28 % 12 %
Régions développées
65 %
Régions moins
développées, à 12 %
l’exclusion des pays
les moins avancés

Pays les 62 %
moins avancés

Chine

Source : Division de la population de l’ONU, ‘World Population Prospects: The 2004 Revision Database ’, <www.esa.un.org/unpp/>, consulté en septembre
2006. Note : la composition de chacun de ces groupes régionaux se trouve dans la section Références, page 88.

participer à la prise de décision dans trois sphè- L’égalité face à l’emploi (Chapitre 3)
res distinctes : le foyer, le lieu de travail et la Au travail, les femmes sont souvent victimes de
scène politique. Toute amélioration dans l’un de discrimination. Elles peuvent être tenues à
ces domaines influe sur l’égalité des femmes dans l’écart des emplois les mieux rémunérés et sont
les autres. Mais il est inacceptable de ne prendre fréquemment moins payées que les hommes
que des demi-mesures en faveur des droits pour un travail égal. De nombreuses femmes et
humains. Ce n’est qu’en accordant un soutien filles sont recrutées comme employées de mai-
sans faille à l’égalité des sexes dans les trois sons en dehors de leur foyer et peuvent être
domaines à la fois que l’on pourra progresser obligées de vivre loin de leur famille, parfois
véritablement vers la réalisation des OMD. dans des conditions abusives ou dangereuses. Il
arrive que des femmes et des filles vivant dans la
L’égalité au sein du foyer (Chapitre 2) misère considèrent que la prostitution est leur
C’est au sein du foyer que le pouvoir dont dis- seul gagne-pain possible, en l’absence d’autres
posent les femmes a l’impact le plus direct sur perspectives d’emploi.
la famille et les enfants. Car c’est là que sont
prises les décisions concernant la répartition des Supprimer les écarts de salaire, permettre aux
ressources de la famille pour ce qui est des femmes d’accéder aux secteurs les mieux rému-
vivres, des soins de santé, de l’instruction et nérés et accorder aux femmes qui travaillent un
d’autres nécessités. plus grand pouvoir décisionnel bénéficiera gran-
dement aux enfants. À mesure que les femmes
Lorsque les femmes sont tenues à l’écart des investissent la sphère économique, leur influence
décisions concernant le revenu et les autres res- s’accroît dans d’autres domaines. Elles sont
sources du ménage, leurs enfants et elles risquent alors en mesure de prendre des décisions non
d’avoir moins à manger et d’être privés de servi- seulement pour elles-mêmes, mais également
ces de santé et d’éducation. Les corvées ménagè- pour leurs enfants. Lorsque les femmes contri-
res – aller chercher de l’eau et du bois de buent aux revenus du ménage, elles participent
chauffage ou s’occuper des jeunes enfants ou des généralement davantage aux décisions relatives
infirmes – reviennent aux mères et aux filles, ce à la répartition des ressources. Lorsqu’elles dis-
qui les empêche d’occuper un emploi rémunéré posent d’un pouvoir décisionnel, elles veillent à
ou d’aller à l’école. Lorsque les femmes partici- ce que leurs enfants mangent bien, bénéficient
pent sur un pied d’égalité aux prises de décisions de soins de santé adéquats, achèvent leur scola-
du ménage, elles ont tendance à s’occuper de rité et aient la possibilité de s’amuser et de jouer.
leurs enfants mieux et plus équitablement. Les femmes qui occupent un travail rémunéré

U N A P P E L E N FAV E U R D E L’ É G A L I T É 13
Figure 1.5 Les taux élevés de mortalité maternelle sont associés à un accès
limité aux services de santé pour les femmes enceintes

Services de santé pour les femmes enceintes, 1997–2005*

Proportion de femmes bénéficiant de soins prénatals


Proportion d’accouchements en présence d’un professionnel de santé qualifié
100

80
Pourcentage

60

40

20

0
Afrique de Afrique de Moyen- Asie Asie Amérique Europe Pays
l’Est et l’Ouest et Orient et du Sud orientale latine centrale industrialisés
Afrique Afrique Afrique et Pacifique et et orientale
australe centrale du Nord Caraïbes et CEI

Note : la proportion de femmes bénéficiant de soins prénatals représente le pourcentage de femmes âgées de 15 à 24 ans
bénéficiant au moins une fois pendant leur grossesse des soins d’un professionnel de santé qualifié (médecin, infirmière ou
sage-femme). Les données concernant la proportion de femmes bénéficiant de soins prénatals ne sont pas disponibles pour
les pays industrialisés. La proportion d’accouchements en présence d’un professionnel de santé qualifié représente le pour-
centage de naissances ayant lieu en présence d’un professionnel de santé qualifié (médecin, infirmière ou sage-femme).
* Les données concernent l’année la plus récente de la période considérée pour laquelle on dispose de données.
Sources : enquêtes démographiques et sanitaires, enquêtes en grappes à indicateurs multiples, Organisation mondiale de la
Santé et UNICEF. Les données utilisées sont présentées dans les tableaux statistiques du présent rapport, page 98.

Risque de décès maternel sur la vie entière, 2000


1 sur :
Afrique de l’Est et
Afrique australe 15
Afrique de l’Ouest et
Afrique centrale 16

Asie du Sud 43
Moyen-Orient et
Afrique du Nord 100

Amérique latine
et Caraïbes 160

Asie orientale et Pacifique 360

Europe centrale et
770
orientale et CEI
Pays industrialisés 4 000

Note : Le risque de décès maternel sur la vie entière tient compte à la fois de la probabilité de grossesse et de la probabilité
de décès des suites de cette grossesse pendant la période de procréation des femmes.
Source : Organisation mondiale de la Santé et UNICEF. Les données utilisées sont présentées dans les tableaux statistiques du
présent rapport, page 98.

14 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
contribuent souvent à l’amélioration du niveau chapitre de ce rapport est de définir la voie à sui-
de vie de leur famille, ce qui permet aux enfants vre pour parvenir à l’égalité des sexes par sept
de sortir de la pauvreté. moyens essentiels : éducation, financement, légis-
lation, quotas législatifs, participation des hom-
L’égalité dans la vie politique et au mes et des garçons, autonomisation des femmes
gouvernement (Chapitre 4) par les femmes et amélioration des recherches
Améliorer la participation des femmes à la vie et des données. Car ce n’est que lorsqu’on
politique est un Objectif à part entière du parviendra à l’égalité que les femmes seront
Millénaire pour le développement (OMD 3, cible véritablement autonomes et que leurs enfants
4, indicateur 12). L’autonomisation des femmes et elles-mêmes s’épanouiront.
dans la sphère politique peut contribuer à faire
évoluer la société. Leur participation à des organes Voilà près de trente ans que la Convention sur
politiques, qu’ils soient locaux ou nationaux, se l’élimination de la discrimination à l’égard des
traduit par des politiques et des lois axées sur les femmes a été adoptée par l’ONU. On ne peut
femmes, les enfants et les familles. Dans une qu’imaginer ce qu’aurait été la vie des filles nées
enquête réalisée par l’Union interparlementaire en 1979 si la convention avait bénéficié d’un
auprès de 187 femmes occupant des fonctions véritable soutien et été mise en œuvre intégrale-
publiques dans 65 pays, 90 pour cent des femmes ment. Une génération de femmes dotées d’un réel
interrogées estimaient qu’elles avaient pour res- pouvoir aurait pu changer le monde.
ponsabilité de représenter les intérêts des femmes
et de défendre d’autres membres de la société12. Comme le dit le proverbe chinois, « les femmes
portent la moitié du ciel ». La prochaine généra-
Les femmes peuvent contribuer de façon décisive tion ne peut attendre encore 30 ans pour bénéfi-
à l’instauration de la paix. Leur participation cier de ses droits. Les femmes et les filles doivent
aux négociations pour la paix et à la reconstruc- disposer des moyens et de l’appui nécessaires
tion qui suit les conflits est essentielle à la sécu- pour réaliser pleinement leur potentiel et jouir
rité et à la protection des enfants et d’autres de tous leurs droits.
populations vulnérables. L’influence directe des
femmes sur la vie politique et l’élaboration de Un monde digne des femmes est un monde
politiques est de bonne augure pour la paix, la digne des enfants
sécurité et la prospérité. Deux ans après le Sommet du Millénaire, la ses-
sion extraordinaire de l’Assemblée générale des
Accroître le pouvoir d’action des femmes Nations Unies tenue en mai 2002 a associé le
et des filles développement économique à la création d’un
La condition de la femme est un indicateur cru- monde digne des enfants. Un monde digne des
cial et précis de la situation des enfants dans le enfants est également un monde digne des fem-
monde et de ce que l’avenir leur réserve. Pour mes. Ces deux principes sont indissociables –
prendre la mesure des progrès accomplis dans la l’un ne peut exister sans l’autre.
réalisation des OMD, il est nécessaire de disposer
de données ventilées sur la durée de vie, la mor- Les grandes ambitions, les bonnes intentions et
talité infantile et la mortalité des moins de cinq les slogans séduisants ne suffiront pas à réaliser
ans, les taux de scolarisation et d’achèvement des des progrès. La voie du développement durable
études, ainsi que d’autres statistiques quantifia- ne peut être pavée de demi-mesures. Il faut avant
bles. Mais les mentalités, les croyances liées à la tout des investissements judicieux et un engage-
culture et l’intolérance sont difficiles à quantifier; ment sans faille en faveur de la justice, de l’éga-
il faut donc recueillir des données qualitatives et lité des sexes et des enfants.
des témoignages des femmes elles-mêmes pour
promouvoir l’égalité des sexes, la réduction de la Si tous les citoyens du monde avaient la possibi-
pauvreté et le développement durable. lité de réaliser leur potentiel, les pays connaî-
traient la prospérité. Aucun argument contre
On trouvera donc dans les chapitres suivants une l’égalité des sexes, qu’il se fonde sur les tradi-
analyse des indicateurs quantitatifs aussi bien tions, les coutumes ou l’intolérance pure et sim-
que des données qualitatives sur la situation des ple, ne peut réfuter le fait que les droits des
femmes et ses ramifications sur la survie et le femmes sont bénéfiques aux enfants et, en fin
développement de l’enfant. L’objectif du dernier de compte, au monde entier.

U N A P P E L E N FAV E U R D E L’ É G A L I T É 15
Pour les enfants, les gens taires, dans seulement 10 pays, sur les particulier les filles, ont plus de chances
RÉSUMÉ les plus importants du 30 pays en développement étudiés, la d’être scolarisés. Une étude réalisée
monde ne sont ni les hommes politiques, ni moitié ou plus des femmes participent par l’UNICEF dans le monde en dévelop-
les directeurs des organismes de développe- aux prises de décisions qui concernent la pement a révélé, qu’en moyenne, les
ment, mais leurs parents et les adultes qui famille, notamment aux décisions ayant enfants dont la mère n'était pas instruite
prennent quotidiennement des décisions trait à des achats importants, à leur pro- risquaient au moins deux fois plus de
cruciales pour la famille. Il semblerait que pre santé ou à des visites à la famille ou ne pas fréquenter l’école que les enfants
les hommes et les femmes ont des priorités à des parents en dehors du foyer. dont la mère avait fréquenté l’école
et jouent des rôles différents quand il s’agit primaire.
de prendre des décisions qui concernent • L’exclusion des femmes des prises de
l’ensemble de la famille. Les femmes accor- décisions qui concernent la famille peut • Les hommes jouent un rôle essentiel
dent davantage d’importance aux conditions avoir des conséquences aussi catastro- dans la promotion de prises de décision
de vie et elles utilisent généralement leur phiques pour les enfants que pour les sur un pied d’égalité. En appliquant des
influence et les ressources qu’elles maîtri- femmes elles-mêmes. Selon une étude stratégies simples et directes, telles que
sent pour satisfaire les besoins de leur menée par l’International Food Policy le partage des responsabilités concer-
famille, et surtout de leurs enfants. Research Institute, si les hommes et les nant les tâches ménagères et l’éducation
femmes exerçaient la même influence des enfants, les hommes peuvent contri-
• Des données de plus en plus nombreu- sur les prises de décision, en Asie du buer à la lutte contre la discrimination
ses montrent que, dans les familles, les Sud, l’incidence de l’insuffisance pondé- sexiste dans la famille et dans leur
décisions sont négociées et que ce pro- rale chez les enfants de moins de trois communauté.
cessus favorise plutôt les hommes que ans pourrait reculer de 13 points de
les femmes. Les facteurs qui déterminent pourcentage, ce qui entraînerait une • Les femmes de leur côté sont les cataly-
l’influence des femmes dans le proces- diminution de 13,4 millions du nombre seurs du changement. En contestant et
sus de prise de décisions sont notam- d’enfants sous-alimentés dans la région; condamnant les attitudes discriminatoi-
ment le contrôle sur le revenu et les en Afrique subsaharienne, 1,7 million res dans leur communauté, les associa-
biens, l’âge au moment du mariage et le d’enfants de plus seraient nourris tions de femmes peuvent promouvoir les
niveau d’instruction. correctement. droits des petites filles et des femmes
pour les générations à venir.
• Selon les données réunies dans le cadre • Quand une femme a les coudées fran-
des Enquêtes démographiques et sani- ches dans sa famille, ses enfants, en
L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7

L’égalité au sein
2
du foyer
ous ceux qui s’intéressent au développe- leur temps et leurs ressources pour atteindre un

T ment et aux progrès en faveur des


enfants de la planète attendent les
« grandes » décisions : les conclusions
du G8 sur l’aide et l’endettement; les résultats
des négociations commerciales du Doha Round;
ensemble d’objectifs définis en commun (le modèle
unitaire). Si de nombreux ménages se conforment
à ce modèle de coopération et se comportent
comme une unité de redistribution ou de partage,
les membres individuels de la famille ne partagent
les déclarations des organisations internationales pas toujours les mêmes priorités ou préférences. Il
et des dirigeants de la planète sur des initiatives semble que les hommes et les femmes ont souvent
et positions importantes. Personne ne conteste des rôles et priorités très différents quand il s’agit
© UNICEF/HQ98--0609/Alejandro Balaguer

l’importance de ces négociations pour le dévelop- de prendre des décisions qui concernent la famille.
pement. Mais d’autres décisions, plus proches de Les décisions sont souvent le résultat de négocia-
chez nous, peuvent avoir un impact plus impor- tions au cours desquelles chaque membre de la
tant et plus direct sur les conditions de vie des famille s’efforce d’utiliser à son avantage les res-
enfants : comment la famille répartira-t-elle la sources qu’il maîtrise.
faible quantité de nourriture dont elle dispose
entre les parents et les enfants ? Qui ira à l’école Inégalités dans la famille en termes
et qui ira travailler dans les champs ? L’enfant de prise de décisions
est-il assez fiévreux pour qu’un déplacement long Les facteurs qui déterminent quel est le membre
et coûteux chez le médecin se justifie ? de la famille qui aura le dernier mot dans les
décisions varient selon les familles et les cultures.
Pour les enfants, les gens les plus importants du Les Enquêtes démographiques et sanitaires sont
monde ne sont ni les hommes politiques, ni les l’une des sources d’informations les plus directes
directeurs des organismes de développement, concernant la dynamique des prises de décisions
mais leurs parents et les adultes qui prennent dans les ménages. Les chercheurs ont regroupé les
tous les jours des décisions cruciales pour la questions concernant le niveau d’influence des
famille. La manière dont la famille utilise les femmes des pays en développement dans le
ressources communes est déterminante pour la ménage pour pouvoir définir un profil régional
nutrition, les soins médicaux, l’éducation et en ventilant les données par sexe. En général, les
la protection de chacun de ses membres. résultats brossent un tableau entaché d’inégalités
profondes entre les sexes. Dans 10 seulement des
30 pays étudiés, 50 pour cent ou plus des femmes
Les décisions au foyer : la négociation
participaient aux prises de décisions concernant
l’emporte sur la coopération la famille, y compris celles qui avaient trait à
Chaque famille est unique et il n’existe pas de leur propre santé, à des achats importants, aux
règles simples pour expliquer la dynamique des dépenses quotidiennes du ménage et aux visites
processus de décision. Les études sur la dynamique à la famille ou à des parents loin du foyer1.
des décisions familiales ont généralement porté
exclusivement sur les ménages. Si cette approche • Exclusion des prises de décisions concernant les
ne rend pas nécessairement compte de toutes les soins médicaux : les décisions concernant la
interactions entre les membres de la famille, elle a santé des femmes sont vitales non seulement
toutefois l’avantage d’aider à comprendre et à ana- pour la santé des femmes, mais aussi pour celle
lyser la dynamique familiale au quotidien. L’étude des enfants. Dans bon nombre de ménages,
de cette dynamique repose sur l’hypothèse selon notamment dans les pays étudiés en Asie du
laquelle le ménage fonctionne comme une unité Sud et en Afrique subsaharienne, les femmes
dans laquelle les membres de la famille conjuguent n’ont pas leur mot à dire sur les décisions

17
Figure 2.1 Les conjoints prennent souvent des décisions concernant la santé de leur
épouse sans les consulter
Pourcentage de femmes qui affirment que leur conjoint prend des décisions concernant leur santé sans les consulter, 2000-2004*

0 10 20 30 40 50 60 70 80
Afrique subsaharienne
Burkina Faso 74,9
Mali 74,1
Nigéria 73,4
Malawi 70,6
Bénin 60,8
Cameroun 57,6
Rwanda 47,5
Zambie 46,5
Kenya 42,9
Tanzanie (Rép.-Unie de) 38,5
Ouganda 37,6
Ghana 34,9
Mozambique 32,1
Zimbabwe 31,8
Madagascar 12,4
Érythrée 9,3

Asie orientale et
Pacifique
Indonésie 12,7
Philippines 4,9

ECO/CEI
Arménie 20,2
Turkménistan 9,3

Amérique latine
et Caraïbes
Haïti 21,3
Pérou 15,7
Nicaragua 11,3
Bolivie 10,4
Colombie 8,5

Asie du Sud
Népal 51
Bangladesh 48,1

Moyen-Orient et
Afrique du Nord
Égypte 41,1
Maroc 33,1
Jordanie 11,7

*Les données portent sur l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles pendant la période spécifiée. Tous les pays pour
lesquels des données sont disponibles sont inclus dans le diagramme.
Source : Calculs de l’UNICEF fondés sur des données extraites des Enquêtes démographiques et sanitaires. Les données ont été consultées en juin
2006 sur le Statcompiler des EDS. Voir Références, p. 88, pour consulter les notes sur la méthodologie employée.

18 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Figure 2.2 Les hommes prennent souvent seuls les décisions concernant les dépenses
quotidiennes du ménage

Pourcentage de femmes qui affirment que leurs conjoints prennent seuls la décision de rendre visite ou non à la famille, 2000-2004*

0 10 20 30 40 50 60 70 80
Afrique subsaharienne
Malawi 65,7

Nigéria 64,5

Mali 63,4
Burkina Faso 55,9
Ouganda 52,5
Tanzanie (Rép.-Unie de) 45,9
Rwanda 43,1
Cameroun 39
Kenya 37,3
Mozambique 35,3
Bénin 32,8
Ghana 31,8
Érythrée 27
Zimbabwe 16,2
Madagascar 5,8

Asie orientale et
Pacifique
Philippines 9
Indonésie 2,4

ECO/CEI
Arménie 18
Turkménistan 10,9

Amérique latine
et Caraïbes
Colombie 13,7
Pérou 10,8
Haïti 10
Bolivie 6,7

Asie du Sud
Bangladesh 34,2
Népal 30,3

Moyen-Orient et
Afrique du Nord
Maroc 34,4
Jordanie 31,2
Égypte
24,3

*Les données portent sur l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles pendant la période spécifiée. Tous les pays pour
lesquels des données sont disponibles sont inclus dans le diagramme.
Source : calculs de l’UNICEF fondés sur des données extraites des Enquêtes démographiques et sanitaires. Les données ont été consultées en juin
2006 sur le Statcompiler des EDS. Voir Références, p.88, pour consulter les notes sur la méthodologie employée.

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 19
Figure 2.3 Les hommes prennent souvent seuls la décision de rendre visite ou non à
la famille et aux amis

Pourcentage de femmes qui affirment que leurs conjoints prennent seuls la décision de rendre visite ou non à la famille et aux amis, 2000-2004*

0 10 20 30 40 50 60 70 80
Afrique subsaharienne
Mali 61,6
Burkina Faso 61,5
Nigéria 59,7
Zambie 56,1
Tanzanie (Rép.-Unie de) 47,3
Bénin 45
Cameroun 43,8
Ouganda 41,7
Kenya 39,4
Malawi 36,2
Ghana 33,7
Mozambique 32,1
Rwanda 29,2
Zimbabwe 20,8
Érythrée 19,8
Madagascar 9,2

Asie orientale et
Pacifique
Indonésie 10,8
Philippines 10

ECO/CEI
Arménie 16,2
Turkménistan 10,4

Amérique latine
et Caraïbes
Nicaragua 18,4
Pérou 12,5
Bolivie 12,4
Colombie 8,7
Haïti 7

Asie du Sud
Bangladesh 35,9
Népal 33,7

Moyen-Orient et
Afrique du Nord
Maroc 28,8
Égypte 25,8
Jordanie 16,8

*Les données portent sur l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles pendant la période spécifiée. Tous les pays pour
lesquels des données sont disponibles sont inclus dans le diagramme.
Source : calculs de l’UNICEF fondés sur des données extraites des Enquêtes démographiques et sanitaires. Les données ont été consultées en juin
2006 sur le Statcompiler des EDS. Voir Références, p.88, pour consulter les notes sur la méthodologie employée.

20 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
qui concernent la santé. Au Burkina Faso, parer ces chiffres avec les attitudes qui préva-
au Mali et au Nigéria, par exemple, près de lent dans deux pays soumis à l’enquête en Asie
75 pour cent des femmes ont déclaré que leur orientale et dans le Pacifique, l’Indonésie et les
conjoint prenait seul les décisions relatives Philippines, dans lesquels moins de 18 pour
à leur santé; dans les deux pays soumis à cent des femmes avaient le sentiment de ne pas
l’enquête en Asie du Sud, le Bangladesh et le avoir leur mot à dire sur ces questions.
Népal, la proportion était d’environ 50 pour
cent. Cette exclusion compromet la santé et le • Restriction de la mobilité et de la liberté : les
bien-être de tous les membres de la famille, en décisions prises par la famille concernant la
particulier des enfants. mobilité des femmes ont des répercussions
directes sur leurs possibilités de subvenir à leurs
• Gestion limitée des dépenses quotidiennes du propres besoins et à ceux de leurs enfants. Les
ménage : les décisions concernant les dépenses données réunies dans le cadre de l’enquête indi-
quotidiennes du ménage sont déterminantes quent que dans chacune des régions étudiées,
pour le bien-être, l’éducation et surtout la les hommes limitent la mobilité des femmes. Au
santé des enfants. La décision de la famille de Burkina Faso et au Mali, environ 60 pour cent
consacrer ses ressources financières aux enfants des femmes ont déclaré que leurs conjoints
ou aux préférences personnelles des adultes décidaient seuls quand leurs épouses pouvaient
dépend souvent des membres de la famille rendre visite à leurs familles. Au Bangladesh,
impliqués dans la négociation. Dans de nom- un tiers des conjoints surveillent les déplace-
breuses familles du monde en développement, ments de leurs épouses hors de la maison.
les hommes ont la haute main sur les décisions En Amérique latine et dans les Caraïbes, des
concernant les dépenses du ménage. Dans 7 données réunies au Nicaragua révèlent que
des 15 pays étudiés en Afrique subsaharienne, 18 pour cent des femmes doivent demander la
plus de 40 pour cent des femmes ont déclaré permission d’un homme pour quitter la maison
que leurs conjoints exerçaient un contrôle et rendre visite à des amis ou à des membres
exclusif sur les dépenses quotidiennes du de la famille. En ECO/CEI, 16 pour cent des
ménage. Dans les pays sujets de l’enquête au femmes arméniennes doivent aussi demander
Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie la permission à leur mari avant de sortir2.
du Sud, environ 30 pour cent des femmes se
sentaient exclues des décisions concernant les Facteurs dont dépendent les processus de
achats du ménage, tandis que dans les pays prise de décisions dans la famille
étudiés d’ECO/CEI, d’Asie orientale et du Certains types d’évaluation, comme les Enquêtes
Pacifique, ainsi que d’Amérique latine et des démographiques et sanitaires, fournissent des
Caraïbes, les femmes ont affirmé avoir davan- indications précieuses sur les membres de la
tage de poids sur ce type de décisions. famille qui prennent généralement les décisions
dans le ménage, mais elles n’expliquent pas pour-
• Exclusion des décisions concernant les achats quoi, dans chaque famille, certains membres
importants du ménage : les décisions concer- dominent ce processus. Pour comprendre la dyna-
nant les achats importants, par exemple l’ac- mique qui sous-tend les mécanismes de prises de
quisition d’un terrain, d’une voiture ou de têtes décisions, il convient d’examiner les facteurs qui
de bétail, peuvent être cruciales pour les famil- déterminent la structure de l’unité familiale, ainsi
les. L’argent dépensé peut être considéré que le rôle préétabli de chaque membre de la
comme un bon investissement à long terme. famille. La discrimination sexiste est souvent pro-
Cependant, à court terme, l’acquisition de ces fondément ancrée dans des attitudes patriarcales
biens peut grever une part du revenu familial qui accordent un statut social plus élevé aux
qui aurait pu être consacrée à des besoins plus hommes. Mais les familles individuelles ne se
immédiats, comme les médicaments, les fourni- conforment pas toutes de la même manière aux
tures scolaires et la nourriture. Selon les don- idées « traditionnelles » concernant le rôle des
nées réunies dans le cadre des Enquêtes hommes et des femmes. La capacité des membres
démographiques et sanitaires, ce sont les hom- de la famille d’imposer leur préférence dans les
mes qui décident en général de la somme que prises de décisions (pouvoir de négociation)
le ménage consacrera aux grosses dépenses. Au dépend partiellement des attitudes sociales et
Nigéria, par exemple, 78 pour cent des femmes d’autres facteurs plus tangibles3.
affirment que leur conjoint exerce un contrôle
exclusif sur les achats importants. Environ 60 Selon une étude fondée sur des recherches récen-
pour cent des femmes en Égypte et plus d’un tes concernant la relation entre les prises de déci-
tiers des femmes au Bangladesh et au Népal se sion dans les familles et le sexe, les principaux
sentent exclues de ces décisions. On peut com- déterminants de l’influence sont, notamment, le

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 21
© UNICEF/HQ94-1532/Rasheedun Nabi

contrôle sur le revenu et les biens, l’âge, l’accès à cas des mariages d’enfants (appelés union cou-
l’éducation et le niveau d’instruction. L’examen tumière ou union avec une personne mineure,
de ces facteurs dans un large éventail de pays quand l’un des partenaires ou les deux sont âgés
donne une bonne idée de la répartition du de moins de 18 ans), lorsque la différence d’âge
pouvoir de négociation dans les familles entre les époux est extrême, le poids des tâches
individuelles4. domestiques et des soins aux enfants limite
considérablement les choix de vie des jeunes
Contrôle sur le revenu et les biens : les membres mariées et des mères adolescentes7. Ces facteurs
de la famille qui contrôlent la majeure partie du réduisent forcément aussi le pouvoir de décision
revenu et des biens du ménage sont souvent ceux des femmes dans la famille.
qui ont le plus de poids sur les décisions concer-
nant l’utilisation de ces ressources pour la Niveaux d’éducation : l’éducation permet d’ac-
famille5. Comme le démontrera le chapitre sui- quérir des connaissances, renforce la confiance
vant, tant dans les pays industrialisés que dans en soi et l’autorité personnelle; les gens instruits
les pays en développement, les femmes sont tou- ont aussi un statut social plus élevé et de meilleu-
jours à la traîne en termes d’emploi, d’accès à la res chances de trouver un emploi rémunérateur.
propriété et de gestion des biens. Tout comme la différence d’âge au sein du cou-
ple, les niveaux d’instruction des époux varient
Différences d’âge : le pouvoir de négociation beaucoup. Les conclusions d’une étude menée
dépend également de l’âge de la femme à l’épo- dans 40 pays en développement révèlent que, en
que de son mariage et de la différence d’âge entre moyenne, les hommes passent plus de temps sur
une femme et son mari. Les données révèlent les bancs de l’école que les femmes.
que, quelle que soit la région du monde, la diffé-
rence d’âge entre les conjoints peut varier consi- C’est en Asie du Sud, où les hommes passent
dérablement. L’âge moyen pour un premier en moyenne 2,5 ans de plus à l’école que les
mariage en Europe occidentale est estimé à 27 femmes, que l’écart est le plus profond, le chif-
ans pour les femmes et 30 ans pour les hommes. fre diminuant à 1,3 an en Afrique subsaha-
Dans les pays en développement, la différence rienne et à 1 an en Amérique latine et dans les
d’âge est beaucoup plus grande. En Asie du Caraïbes8. Ces écarts entre les hommes et les
Sud, par exemple, les maris ont approximative- femmes peuvent renforcer les inégalités au sein
ment cinq ans de plus que leurs épouses; la diffé- du couple et expliquer pourquoi les femmes
rence passe à six ans en Afrique subsaharienne restent désavantagées.
(à l’exclusion de l’Afrique australe6). Dans le

22 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Violence dans la famille femmes victimes d’homicide ont été tuées par un
Les niveaux d’éducation, les revenus et les biens, homme avec qui elles avaient une relation intime15.
ainsi que la différence d’âge sont autant de fac-
teurs qui déterminent le pouvoir de négociation
Quand les femmes peuvent
de l’homme et de la femme au sein du ménage. Il
n’est probablement pas faux d’affirmer que la
s’exprimer, les enfants en bénéficient
menace que représente la violence familiale joue L’exclusion des femmes des prises de décision
aussi un rôle important. Bien que la violence peut être aussi catastrophique pour les enfants
physique et sexuelle, et les autres formes de mal- que pour les femmes. Dans les familles où les
traitance surviennent dans des milieux très diffé- femmes jouent un rôle-clé dans les prises de
rents et revêtent divers aspects, tout semble décisions, la proportion des ressources consacrée
indiquer que les actes de violence sont essentielle- aux enfants est beaucoup plus importante que
ment perpétrés par des hommes adultes contre dans les familles où les femmes n’ont pas leur
des femmes et des jeunes filles9. La violence mot à dire. En effet, les femmes accordent géné-
familiale met en danger la santé physique et ralement plus d’importance que les hommes aux
l’équilibre psychologique des victimes, et les conditions de vie et elles préfèrent généralement
oblige souvent à accepter la subordination et l’in- user de leur influence et des ressources dont elles
sécurité économique au sein de la famille10. disposent pour s’assurer que les enfants en parti-
culier, et la famille en général, ont tout ce qu’il
Les inégalités liées au sexe dans la famille créent leur faut16. Les études de cas réalisées dans les
un contexte propice à des relations violentes. pays en développement indiquent que l’état
Selon une étude réalisée par l’UNICEF, les fem- nutritionnel des enfants est bien meilleur quand
mes qui se marient jeunes croient plus facilement les femmes ont une certaine influence sur les
qu’il est parfois acceptable qu’un conjoint batte décisions du ménage. De même, les taux de sur-
sa femme, et elles sont plus exposées à la vio- vie, l’état nutritionnel et la fréquentation scolaire
lence que les femmes qui se marient plus tard. des enfants sont meilleurs lorsque les femmes
Au Kenya, par exemple, 36 pour cent des fem- sont instruites17.
mes qui s’étaient mariées avant l’âge de 18 ans
pensaient qu’un homme avait parfois de bonnes Les femmes donnent la priorité à la nutrition
raisons de battre sa femme, alors que le taux Dans l’ensemble du monde en développement,
était de 20 pour cent chez les femmes qui un enfant de moins de cinq ans sur quatre – soit
s’étaient mariées à l’âge adulte11. environ 146 millions d’enfants – souffre d’insuf-
fisance pondérale18. C’est en Asie du Sud, et dans
La violence à l’égard des femmes et des jeunes
filles dépasse les clivages raciaux, culturels, éco-
nomiques et religieux. Chaque année, partout
dans le monde, des milliers de femmes sont muti-
Figure 2.4 Insuffisance pondérale chez les enfants
lées ou assassinées par des amoureux éconduits12. de moins de cinq ans dans les régions
Une étude importante réalisée dans plusieurs en développement*
pays par l’Organisation mondiale de la Santé sur
la santé des femmes et la violence à l’égard des Amérique latine et
femmes révèle que 37 pour cent des femmes Caraïbes, 4 millions
interrogées dans une province du Brésil, 56 pour Moyen-Orient et Afrique ECO/CEI,
cent des femmes vivant dans une province en du Nord, 8 millions 1 million
République-Unie de Tanzanie et 62 pour cent des
femmes d’une province du Bangladesh avaient Afrique de l’Est et
Afrique australe,
été victimes d’actes de violence sexuelle perpétrés 16 millions
par un homme avec lequel elles avaient des rela- Asie du Sud,
tions intimes13. Afrique de l’Ouest et 78 million
Afrique centrale,
17 millions
Les pays industrialisés ne font pas exception.
Selon un autre rapport préparé par la même orga-
nisation, le Rapport mondial sur la santé et la Asie orientale et
violence, entre 40 et 70 pour cent des femmes vic- Pacifique, 22 millions
times d’homicide en Afrique du Sud, en Australie,
au Canada, aux États-Unis et en Israël ont été
tuées par leur conjoint ou leur partenaire – sou- *L’analyse de l’UNICEF est basée sur des estimations de la prévalence de l’insuffisance
pondérale dans les pays en développement (1996-2005).
vent dans le contexte d’une relation violente qui
Source : Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Progrès pour les enfants : un bilan de la
perdurait14. Au Royaume-Uni, 40 pour cent des nutrition, Numéro 4, UNICEF, New York, mai 2006, p. 2.

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 23
une moindre mesure en Afrique subsaharienne, et l’Afrique subsaharienne – réalisée par
que le problème de la sous-alimentation des l’International Food Policy Research Institute,
enfants est le plus grave19. Chez les enfants qui l’une des grandes organisations qui consacrent
souffrent de carences alimentaires, les maladies leurs activités à l’étude de la faim et de la nutri-
infantiles les plus courantes, comme la diarrhée tion, le lien entre les différences régionales en ter-
et les infections respiratoires, peuvent être fata- mes d’état nutritionnel des enfants et le pouvoir
les. Les enfants dénutris qui passent le cap de décisionnel des femmes n’est plus à démontrer.
la petite enfance manqueront souvent d’énergie Lorsque le statut social des femmes est faible et
et souffriront de carences en iode, en fer et en qu’elles n’ont pas leur mot à dire à la maison, il
protéines; ils seront alors exposés à des problè- n’est pas rare qu’elles souffrent de dénutrition et
mes de santé : maladies à répétition, retards de qu’elles n’aient pas accès à des ressources suscep-
croissance, taille inférieure à la moyenne pour tibles d’être consacrées directement à la nutrition
leur âge, retard du développement social et de leurs enfants21. En Asie du Sud, où entre 40
cognitif20. et 60 pour cent des femmes sont trop maigres22,
environ 45 pour cent des enfants souffraient
Selon une étude qui a porté sur trois régions – d’insuffisance pondérale à la naissance en 2005 –
l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Asie du Sud l’incidence la plus forte du monde23.

La violence à l’encontre des enfants dans la famille


Les enfants seraient près de 275 millions ques et comportementales sont dévasta- travaillent comme employés de maison
de par le monde à se retrouver chaque trices même s’ils ne sont pas directe- – souvent des filles âgées de moins de
année pris dans le feu croisé de la vio- ment victimes de maltraitance. Les 16 ans – ont dénoncé des cas graves de
lence familiale et à souffrir d’une vie au enfants exposés à la violence présentent maltraitance perpétrée par leurs
foyer excessivement tumultueuse. Par souvent les symptômes du syndrome de employeurs : châtiments corporels, har-
violence à l’encontre des enfants, on stress post-traumatique; ils souffrent par cèlement sexuel et humiliation. À la dif-
entend généralement des mauvais traite- exemple d’incontinence ou de cauche- férence des autres formes de violence
ments et des lésions physiques et psy- mars, et ils sont plus exposés que les au foyer, l’humiliation et les châtiments
chologiques, la négligence ou le manque autres enfants aux allergies, à l’asthme, corporels sont souvent le fait des fem-
de vigilance, l’exploitation et la violence aux problèmes gastro-intestinaux, à la mes, bien que les jeunes filles soient
sexuelles. Il arrive que les auteurs de ces dépression et à l’anxiété. Les enfants en aussi exposées à la violence sexuelle de
actes de violence soient les parents et âge de fréquenter l'école primaire qui la part des hommes de la famille.
d’autres membres de la famille proche. vivent dans un milieu violent risquent
d’avoir des problèmes de concentration Malheureusement, la violence familiale
Les enfants qui survivent aux mauvais et de la difficulté à suivre à l’école. Les se perpétue souvent au fil des généra-
traitements souffrent souvent de séquel- tentatives de suicide, la toxicomanie et tions. Les enfants victimes de comporte-
les physiques et psychologiques à long la consommation d’alcool sont aussi ments violents en gardent des séquelles
terme qui compromettent leurs capacités plus fréquentes dans ce groupe. longtemps après avoir quitté la maison.
d’apprentissage et perturbent leur vie Les garçons qui ont été témoins d’actes
sociale; leurs résultats scolaires sont L’incidence de la violence sexuelle dans de violence conjugale risquent deux fois
médiocres et ils ont de la difficulté à les foyers est bien connue. Des recher- plus que les autres garçons d’être vio-
nouer de solides amitiés. Les enfants éle- ches récentes font état de taux élevés de lents à l’âge adulte. Par ailleurs, les filles
vés dans un foyer violent sont plus expo- violence sexuelle pendant l’enfance – dont les mères ont été battues acceptent
sés aux mauvais traitements que les frappant jusqu’à 21 pour cent des généralement plus facilement la vio-
autres enfants. Des études réalisées dans enfants, selon une étude multinationale lence dans leur mariage que les filles
certains des plus grands pays du monde réalisée par l’Organisation mondiale de élevées dans des foyers sans violence.
en développement, comme l’Afrique du la Santé – les victimes étant beaucoup
Sud, la Chine, la Colombie, l’Égypte, plus souvent les filles que les garçons. Bien qu’elles n’arrivent pas toujours à se
l’Inde, le Mexique et les Philippines, révè- La violence sexuelle et sexiste est pré- défendre, les femmes battues essaient
lent une corrélation étroite entre la vio- sente dans des écoles primaires et généralement de protéger leurs enfants.
lence à l’égard des femmes et la violence secondaires et elle est, dirigée le plus Mais, comme leurs enfants, elles se sen-
à l’égard des enfants. souvent contre les filles. tent parfois prisonnières parce qu’elles
n’ont pas accès aux ressources juridi-
Pour ces enfants élevés dans un foyer Le travail de maison est aussi synonyme ques ou économiques qui leur permet-
violent, les conséquences psychologi- de risque de violence. Les enfants qui traient de poursuivre en justice des

24 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Cette même étude a permis de conclure que si les Des données de plus en plus nombreuses, prove-
hommes et les femmes avaient le même pouvoir nant principalement d’Afrique de l’Ouest et
décisionnel24, l’incidence de l’insuffisance pondé- d’Afrique centrale, semblent indiquer que, quand
rale chez les enfants de moins de trois ans en les ressources sont limitées, les femmes donnent
Asie du Sud pourrait reculer de 13 points, ce qui généralement la priorité à la nutrition par rap-
représenterait une diminution de 13,4 millions port à d’autres besoins personnels et familiaux.
du nombre d’enfants sous-alimentés25. En Les résultats d’une enquête menée au Cameroun
Afrique subsaharienne, où une femme sur six et révèlent que les femmes qui ont un revenu en
environ un tiers des enfants de moins de cinq ans consacrent généralement 74 pour cent à l’amélio-
souffrent d’insuffisance pondérale26, l’état nutri- ration du quotidien alimentaire de la famille,
tionnel des enfants bénéficierait aussi dans une tandis que les hommes consacrent environ 22
certaine mesure des progrès accomplis en matière pour cent de leur revenu à la nourriture28. Des
d’égalité des sexes. L’incidence de l’insuffisance recherches effectuées en Côte d’Ivoire et au
pondérale des enfants de moins de trois ans pas- Ghana prouvent qu’en cas de choc externe, par
serait de 30 pour cent à 27, 2 pour cent, ce qui exemple pluies trop abondantes ou sécheresse,
représenterait 1,7 million d’enfants correctement les hommes et les femmes dépensent différem-
nourris de plus27. ment les recettes tirées de l’agriculture : une

conjoints brutaux. Les efforts gouverne- tion d’un Représentant spécial du création d’un groupe interinstitutions
mentaux visant à adopter des politiques Secrétaire général des Nations Unies de l’ONU sur la violence à l’encontre
de protection des victimes de la violence sur la violence à l’encontre des enfants des enfants, auquel participeraient des
au foyer doivent s'accompagner d’initia- qui interviendrait au niveau internatio- représentants des ONG et des enfants
tives destinées à faire évoluer les attitu- nal, en collaboration avec l’UNICEF, eux-mêmes.
des sociales qui tolèrent ce type de l’Organisation mondiale de la Santé et le
comportements. Haut Commissariat des Nations Unies Voir Références, page 88.
aux droits de l’homme, ainsi que la
Pour éliminer la violence dans les famil-
les, il faut rompre le silence qui entoure
ce problème. Le rapport publié par un
Les Principes directeurs du rapport préparé par un expert
expert indépendant dans le cadre de
indépendant dans le cadre de l’étude des Nations Unies sur
l’étude des Nations Unies sur la violence
la violence à l’encontre des enfants
à l’encontre des enfants expose au
grand jour le problème, et notamment la • Aucune violence à l’encontre des enfants ne peut se justifier. Les enfants ne
maltraitance au sein de la famille. Les doivent jamais bénéficier d’une protection moindre que les adultes.
six principes directeurs de ce rapport –
• Toute violence à l’encontre des enfants peut être prévenue. Les États doivent
énoncés ci-contre – sont clairs, à l’instar s’investir dans des mesures et des programmes fondés sur des faits pour
du premier d’entre eux : Aucune vio- combattre les facteurs qui suscitent la violence à l’encontre des enfants.
lence à l’encontre des enfants ne peut
se justifier. Le rapport comporte des • C’est aux États qu’il incombe au premier chef de faire respecter les droits
recommandations générales, assorties des enfants à être protégés et avoir accès aux services et d’aider les familles
de préceptes incontournables que vien- à disposer des moyens de prendre soin de leurs enfants dans un environne-
nent compléter des mesures spécifiques ment sûr.
visant à combattre la violence à l’égard • Les États ont le devoir de veiller à ce que dans tous les cas de violence, il
des enfants au foyer et dans la famille, à soit demandé des comptes aux auteurs.
l’école et dans les autres cadres éduca-
• La vulnérabilité des enfants à la violence est liée à leur âge et à leur aptitude
tifs, dans les systèmes de soin et de jus-
à évoluer. Certains enfants, en raison de leur sexe, de leur race, de leur ori-
tice, sur le lieu de travail et dans la
gine ethnique, de leur handicap ou de leur statut social, sont particulière-
communauté. Ces mesures prévoient en
ment vulnérables.
particulier de conseiller aux gouverne-
ments de créer un poste de médiateur • Les enfants ont le droit d’exprimer leurs opinions et le droit que ces
ou une commission des droits de l’en- opinions soient prises en compte dans la mise en œuvre des politiques
fant, conformément aux « Principes de et des programmes.
Paris ». Le rapport préconise la nomina-

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 25
augmentation des ressources chez les femmes se qu’environ 50 pour cent des femmes interrogées
traduit par une augmentation des dépenses ali- ne pouvaient pas emmener un enfant malade
mentaires de la famille, tandis qu’une augmenta- chez le médecin sans l’approbation de leur
tion des ressources chez les hommes n’a pas conjoint ou des beaux-parents32.
d’impact réel sur l’alimentation29.
Les femmes qui ont plus d’influence sur les pri-
Dans l’ensemble du monde en développement, ses de décision peuvent promouvoir de meilleu-
les femmes cultivent la terre et font la récolte, res pratiques de santé, ce qui a des effets positifs
mais elles sont rarement propriétaires de la terre sur la famille. Selon une étude réalisée au Népal
qu’elles cultivent et n’ont pas toujours leur mot à et en Inde, même en tenant compte des différen-
dire sur la répartition de la nourriture et des pro- ces de niveau d’éducation et de patrimoine entre
fits (voir Chapitre 3, pages 41-42). Même sur les les ménages soumis à l’enquête, la participation
parcelles de subsistance, où les femmes gardent des femmes aux prises de décision dans la
généralement une partie de leur production, la famille a une incidence positive sur le retard
discrimination liée au sexe limite la quantité de de croissance chez les enfants et fait reculer la
nourriture disponible pour les enfants. Les terres mortalité infantile33.
cultivées par des femmes sont moins productives
que les terres cultivées par des hommes en raison Des recherches effectuées au Ghana démontrent
des inégalités d’accès à l’éducation, au travail et que la discrimination fondée sur le sexe au sein
aux engrais. Au Burkina Faso, par exemple, lors- de la famille a une influence sur la qualité des
que les membres d’une même famille cultivent la soins prodigués aux enfants malades. Une étude
même denrée, à la même époque, sur des parcel- menée dans la région de la Volta a révélé que les
les de tailles identiques, la production des fem- hommes, qui prennent généralement toutes les
mes est inférieure de 18 pour cent environ à la décisions dans les villages ruraux, ont tendance
production des hommes. Pour les légumes, qui à traiter le paludisme chez l’enfant avec des
sont la spécialité des femmes, l’écart est d’envi- remèdes à base de plantes médicinales et n’ont
ron 20 pour cent30. généralement recours au traitement médical
conventionnel qu’en dernier ressort. Les femmes,
Un meilleur accès des femmes aux moyens de par contre, préfèrent administrer immédiatement
production agricole, tels que les terres arables aux enfants des médicaments antipaludiques
ou les engrais, la main-d’œuvre agricole, le qu’elles peuvent se procurer dans des cliniques,
crédit et l’éducation, est donc indispensable qui sont souvent situées dans des villes voisines,
pour garantir la sécurité alimentaire et améliorer ce qui entraîne des dépenses supplémentaires
l’état nutritionnel des enfants. Les études réali- pour les transports. Les femmes qui n’ont pas
sées en Afrique subsaharienne révèlent que lors- de soutien économique de la part de la famille,
que les femmes ont la maîtrise de ces intrants, qui sont en conflit avec leur conjoint ou avec
la production agricole progresse en moyenne les anciens de la famille sur la manière de traiter
de 15 pour cent31. l’enfant malade, ont de la peine à obtenir le
traitement approprié. C’est ainsi que les remèdes
Les femmes donnent la priorité à la santé locaux, qui ont la préférence des hommes,
Comme ce sont généralement les femmes qui prennent le pas sur les traitements médicaux
s’occupent des enfants, elles sont les premières à conventionnels, souvent au détriment des
constater qu’ils sont malades et à chercher à les enfants malades34.
faire soigner. Cependant, les conclusions des
Enquêtes démographiques et sanitaires confir- Même lorsque l’opinion des femmes pèse sur
ment que de nombreuses femmes dans le monde les décisions relatives à la santé, elles ont sou-
n’ont pas leur mot à dire dans les décisions les vent besoin de l’aide de la famille, en particu-
plus fondamentales concernant la santé de la lier de leur conjoint ou de leurs beaux-parents,
famille, par exemple la visite chez le médecin pour agir. Au Bangladesh, en Égypte et en
pour traiter un enfant malade, le montant qui Inde, par exemple, les normes sociales décou-
sera consacré aux médicaments et même les soins ragent ou limitent la mobilité des femmes en
qu’elles recevront pendant leur grossesse. dehors de la maison. Ces restrictions peuvent
compromettre l’accès des enfants aux soins
Dans les familles où ces droits fondamentaux des d’urgence en empêchant les femmes de se
femmes sont systématiquement bafoués, c’est déplacer indépendamment pour se rendre dans
l’époux – ou sa mère, le cas échéant – qui décide des magasins, pharmacies ou hôpitaux, et en
quand il convient de faire soigner les membres de limitant leur contact direct avec des hommes
la famille et comment. Par exemple, une étude qui ne font pas partie de la famille, y compris
réalisée dans l’État du Gujarat, en Inde, révèle les médecins35.

26 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Les femmes donnent la priorité à l’éducation l’étude a révélé que 73 pour cent des enfants
Les études empiriques sur les liens entre le pou- dont les mères étaient instruites étaient scolari-
voir de décision des femmes dans la famille et sés, alors que le taux n’était que de 51 pour cent
l’éducation des enfants en sont à leurs balbutie- pour les enfants dont les mères n’étaient pas
ments. Cependant, les données disponibles indi- allées à l’école38. Par ailleurs, les enfants élevés
quent que l’autonomisation des femmes dans la par une personne qui a fréquenté l’école primaire
famille améliore les chances des enfants, en parti- courent moins de risques de redoubler ou de
culier des filles, de fréquenter l’école. Des études quitter l’école prématurément39.
récentes ont révélé que si le rôle respectif des
hommes et des femmes avait une incidence sur
Les femmes chefs de famille :
les enfants, c’est surtout le sexe du parent res-
ponsable de la répartition des ressources qui
la preuve que les enfants bénéficient
importe. Une étude portant sur des ménages de l’autonomisation des femmes
défavorisés au Brésil révèle que les filles qui L’impact des décisions que prennent les femmes
vivent avec des mères indépendantes et instruites sur le développement des enfants apparaît très
ont de meilleures chances d’être scolarisées et de clairement dans les familles qu’elles dirigent.
ne pas entrer dans l’économie non structurée36. Selon les estimations, en 1998, environ 20 pour
cent des ménages de par le monde étaient dirigés
Quand les femmes ont les moyens de donner la par des femmes40. Selon cette étude, les taux
priorité à l’éducation des filles, les effets positifs ventilés par région étaient de 24 pour cent pour
s’étendent aux générations à venir. Une enquête l’Amérique latine, 22 pour cent pour l’Afrique
réalisée par l’UNICEF dans plusieurs pays subsaharienne, 16 pour cent pour l’Asie et
d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie du Sud 13 pour cent pour le Moyen-Orient et l’Afrique
et d’Afrique subsaharienne – notamment au du Nord.
Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Érythrée, en
Guinée-Bissau, au Guyana, en Inde et au On présume souvent que les foyers ayant une
Suriname – démontre qu’en moyenne, les enfants femme à leur tête sont les plus pauvres parmi les
dont les mères ne sont pas instruites risquent pauvres. Cette idée s’explique par le fait que
deux fois plus de ne pas être scolarisés au niveau dans plusieurs pays et sociétés, les hommes ont
du primaire que les enfants dont les mères ont un statut social plus élevé que les femmes et
fréquenté l’école primaire37. L’importance de gagnent mieux leur vie41. Les preuves disponibles
l’instruction des mères est encore démontrée par sont beaucoup moins catégoriques. Des études
une autre étude portant sur des enfants âgés de 7 réalisées en Amérique latine ont montré que les
à 14 ans dans 18 pays d’Afrique subsaharienne; foyers ayant à leur tête une femme pouvaient

Figure 2.5 Malgré certains progrès récents, les taux d’alphabétisation des femmes sont
généralement plus faibles que ceux des hommes

Pays les moins avancés 71


Pays en développement 85
ECO/CEI 97
Amérique latine et Caraïbes 99
Asie orientale et Pacifique 92
Asie du Sud 64
Moyen-Orient et Afrique du Nord 77
Afrique de l’Ouest et Afrique centrale 63
Afrique de l’Est et Afrique australe 85

0 20 40 60 80 100
Taux d’alphabétisation des adultes : femmes en pourcentage des hommes, 2000-2004*

Notes : par taux d’alphabétisation des adultes, on entend le pourcentage de personnes âgées de 15 ans et plus qui savent lire et écrire.
* Les données portent sur l'année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles pendant la période spécifiée.
Source : UNESCO, Institut de statistique. Les données utilisées peuvent être consultées dans les tableaux statistiques figurant dans ce rapport, page 98.

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 27
© UNICEF/HQ05-1159/Roger LeMoyne

même obtenir des revenus plus élevés, ou comp- élevé dans le quintile le plus pauvre (5,2 pour cent)
ter plus de personnes qui obtiennent un revenu, et le quintile le plus riche (7,4 pour cent), tandis
que les foyers ayant un homme à leur tête, grâce que les quintiles intermédiaires affichaient
à une utilisation plus efficace du temps passé aux des proportions plus faibles comprises entre
tâches ménagères42. 3,3 pour cent et 4,5 pour cent44.

Il est impossible d’assimiler les ménages ayant Le soutien fourni par les membres de la famille
une femme à leur tête à une catégorie sociale ou élargie et la communauté font qu’en pratique
à une tranche de revenu unique. Les facteurs qui les ménages dirigés par des femmes ne sont pas
incitent ou obligent les femmes à prendre les aussi désavantagés qu’on pourrait le croire.
rênes du foyer déterminent souvent le statut éco- Dans les quartiers pauvres des zones urbaines
nomique du ménage43. Une femme célibataire du Mexique, par exemple, plus de la moitié des
peut avoir choisi de ne pas se marier ou elle peut ménages dirigés par des femmes font partie de
avoir décidé de quitter son partenaire. Elle peut familles élargies, tandis que la proportion est à
aussi se retrouver chef de famille pour des rai- peine supérieure à un quart pour les unités fami-
sons personnelles ou économiques indépendantes liales dirigées par des hommes45.
de sa volonté, comme c’est le cas pour de nom-
breuses veuves, femmes abandonnées par leur Une étude fondée sur des données réunies dans
mari, ou femmes mariées qui deviennent, de fait, 17 pays en développement dans lesquels au
chefs de famille lorsque leurs conjoints sont des moins 15 pour cent des enfants vivaient dans
travailleurs migrants. Même parmi les femmes des foyers dirigés par des femmes, révèle que les
chefs de famille qui n’ont pas sciemment choisi mères célibataires élèvent aussi bien leurs enfants
de vivre seules, il faut éviter de conclure trop que les familles biparentales, malgré toutes les
rapidement que ces familles sont les plus pauvres difficultés auxquelles elles se heurtent46. En
parmi les pauvres. Par exemple, une étude outre, dans ces familles, les enfants ne travaillent
réalisée en 2005 dans des zones rurales du pas beaucoup plus que dans les autres familles.
Bangladesh révèle que la proportion de ménages Selon l’étude, que les familles soient dirigées par
dirigés par les femmes comparée aux ménages des hommes ou des femmes, environ 5 pour cent
dirigés par des hommes occupait un rang plus des enfants participaient aux travaux ménagers,

28 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
14 pour cent travaillaient dans la ferme ou l’en- enfants de ce groupe est meilleur que dans les
treprise familiale et près de 8 pour cent travail- familles dirigées par des hommes50.
laient à l’extérieur47.
Les hommes doivent jouer un rôle essentiel
Il semble que les enfants tirent avantage du fait dans la vie de leurs enfants
que, dans les familles monoparentales dirigées par C’est lorsque la dynamique entre les hommes et
des femmes, la mère contrôle entièrement l’alloca- les femmes de la famille repose sur le respect
tion des ressources48. Les données réunies dans mutuel et le partage des responsabilités, lorsque
des zones rurales du Bangladesh indiquent que la la mère et le père élèvent ensemble les enfants,
prévalence de la dénutrition chez les enfants de les entourent et les soutiennent, que les intérêts
moins de cinq ans dans les familles dirigées par des enfants sont le mieux protégés51.
des femmes était nettement plus faible que dans
les autres familles quel que soit le quintile de Les hommes jouent un rôle essentiel dans la pro-
revenu considéré. Bien que les femmes aient un motion de l’égalité dans les prises de décision. Ils
accès limité à l’emploi, aux biens immobiliers et peuvent contribuer à combattre la discrimination
aux services sociaux, dans tous les quintiles de sexiste dans leurs familles et leurs communautés
revenu, on constate qu’elles dépensent davantage avec les décisions qu’ils prennent concernant l’al-
d’argent pour la nourriture et les services médi- location des ressources ou les soins et le soutien
caux, ce qui permet de penser qu’elles ont des qu’ils apportent aux femmes et aux enfants.
priorités différentes qui contribuent à l’améliora- L’absence de père peut perturber le développe-
tion de l’état nutritionnel de leurs enfants. Les ment affectif, physique et intellectuel des
enfants qui vivent dans des familles dirigées par enfants52. Selon les spécialistes, aux États-Unis,
des femmes ont un régime alimentaire plus varié un enfant sur trois – soit environ 24 millions
et consomment davantage d’aliments riches en d’enfants – vit dans un foyer d’où est absent
micronutriments et en protéines, qui contiennent le père biologique53. Il a été démontré que les
les éléments nutritifs nécessaires à la croissance et enfants peuvent souffrir sur le plan affectif et
au développement mental des jeunes enfants49. En psychologique s’ils ont l’impression de ne pas
outre, la proportion de mères qui ont suivi au appartenir à une famille « normale » selon les
moins une année d’école secondaire est plus éle- critères de leur communauté54.
vée, quel que soit le quintile de revenu considéré,
dans les ménages dirigés par une femme, ce qui Une étude récente sur la vie familiale d’un point
explique aussi pourquoi l’état nutritionnel des de vue masculin révèle que la majorité des

© UNICEF/HQ04-0489/Louise Gubb

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 29
hommes aspirent à être de bons pères et à s’occu- leurs enfants. Pour certains hommes, le message
per de leurs enfants55. Mais les pères reçoivent est qu’un père n’est pas obligé de s’engager à
aussi souvent des messages contradictoires fond dans la vie des jeunes enfants57.
concernant leurs responsabilités et leurs droits
parentaux56. Les normes sociales et culturelles Les idées reçues concernant le rôle des hommes et
existantes peuvent avoir une forte influence sur des femmes dans la famille sont en train d’évoluer
le niveau de participation des parents à la vie de peu à peu. Le taux élevé de divorce dans plusieurs

Les grand-mères et le VIH/SIDA


Quand on parle de l’Afrique subsaha- cent au Kenya et près de 60 pour cent vivait avec le VIH/SIDA. Les obsèques
rienne, on raconte rarement l’histoire en Namibie et au Zimbabwe. peuvent engloutir une part importante
des grands-parents qui élèvent des du revenu de la famille; une étude
enfants dont les parents ont été empor- Dans de nombreux pays pauvres, les révèle que, dans quatre provinces
tés par le SIDA. Des recherches effec- femmes âgées sont parmi les membres d’Afrique du Sud, les ménages qui
tuées récemment dans sept pays les plus démunis et marginalisés de la avaient perdu un parent emporté par le
(Burkina Faso, Cameroun, Ghana, société. Les inégalités devant l’emploi et SIDA au cours de l’année précédente,
Kenya, Mozambique, Nigéria et des lois foncières et successorales fon- avaient dépensé en moyenne un tiers de
République-Unie de Tanzanie) décrivent dées sur la discrimination obligent de leurs revenus pour les obsèques.
le lourd fardeau que les orphelins repré- nombreuses femmes à continuer à tra-
sentent pour les familles élargies, et en vailler même à un âge avancé. Après le Le fardeau financier que représentent
particulier pour les grands-parents, le décès de leurs époux, les femmes âgées les orphelins peut menacer la sécurité
plus souvent les grand-mères. À la fin subsistent souvent avec des salaires alimentaire du ménage. Une étude
de 2005, en Afrique subsaharienne, 12 de misère durement gagnés dans le menée à Dar es Salaam (République-
millions d’enfants avaient perdu leurs secteur non structuré. Par exemple, Unie de Tanzanie) a prouvé que les
parents à cause du SIDA. en Ouganda, une étude réalisée par orphelins se couchaient plus souvent le
l’Organisation des Nations Unies pour ventre creux que les autres enfants; de
Les enfants qui ont perdu leur père l’alimentation et l’agriculture a montré même, au Malawi, on trouve plus de
(orphelins de père) restent générale- que les veuves travaillaient entre deux gens qui ont faim (faim modérée et
ment avec leur mère; c’était le cas de et quatre heures de plus par jour pour aigue) dans les ménages qui élèvent
plus de 50 pour cent des enfants dans compenser la perte de revenu résultant plus d'un orphelin. Cette dernière étude
chacun des sept pays soumis à l’en- du décès de leur mari. permet de penser que si les familles
quête. Par contre, moins de la moitié élargies peuvent élever un orphelin sans
des enfants qui ont perdu leur mère Le VIH/SIDA fait peser un lourd fardeau trop de problème, la prise en charge de
(orphelins de mère) continuent à vivre sur des personnes âgées qui ont déjà de tout orphelin supplémentaire compro-
avec leur père. Il est donc plus fréquent la peine à joindre les deux bouts. Les met leur sécurité alimentaire et, a for-
que des femmes élèvent des orphelins, études révèlent que les taux de pauvreté tiori, le bien-être nutritionnel de tous les
qu’ils aient perdu leur mère, leur père dans les ménages où vivent des person- enfants de la famille.
ou leurs deux parents. nes âgées sont plus élevés (jusqu’à 29
pour cent) que dans les autres ménages. Malgré toutes ces difficultés, les grands-
Les difficultés liées à la prise en charge Les femmes âgées, qui s’occupent des parents et les mères célibataires font tout
des orphelins sont lourdes pour les membres de la famille frappés par le leur possible pour envoyer les enfants à
familles monoparentales dirigées par VIH/SIDA, sont souvent obligées de tra- l’école. Des études réalisées dans 10
des femmes, dont les taux de dépen- vailler de plus longues heures et de ven- pays d'Afrique subsaharienne ont mis en
dance sont parmi les plus élevés. Ces dre leurs affaires personnelles et les lumière une corrélation étroite entre la
familles sont souvent à la charge d’une biens du ménage pour payer les factu- scolarisation et le lien biologique qui unit
femme âgée, le plus souvent la grand- res de médicaments, soins médicaux et l’enfant au chef de famille. Mais la pres-
mère, qui prend le relais pour élever les enterrements. Les enquêtes sur les sion financière est parfois trop forte
orphelins et les enfants vulnérables lors- ménages réalisées en Côte d’Ivoire ont quand le ménage assume la charge de
que ses propres enfants tombent mala- montré que les dépenses de santé des plusieurs orphelins. Même si rien ne per-
des et meurent. Les grands-parents – en familles dont un membre vivait avec le met d’établir une corrélation entre la dis-
particulier les grand-mères – élèvent VIH/SIDA étaient pratiquement deux fois parition des parents et l’absence de
près de 40 pour cent des orphelins plus élevées pour un revenu inférieur de l'école, des études menées en Ouganda
en République-Unie de Tanzanie, 45 moitié à celui des ménages du groupe permettent de penser que les orphelins
pour cent en Ouganda, plus de 50 pour de contrôle dont aucun membre ne de père et de mère courent plus de ris-

30 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
régions explique cette évolution. Des données réu- ont été mariées au moins une fois sont compris
nies en 2002 ont révélé que le taux de divorce en entre 25 et près de 50 pour cent, la médiane ayant
Europe occidentale était d’environ 30 pour cent, pratiquement doublé entre le milieu des années
tandis que dans les pays scandinaves, au Royaume- 1980 et la fin des années 199059.
Uni et aux États-Unis, il frôlait les 50 pour cent58.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, les taux Dans de nombreuses régions du monde,
de divorce des femmes âgées de 40 à 49 ans qui l’augmentation du coût de la vie et le nombre

ques que les autres enfants d’être pri- tions ne constitue qu'une solution à rables en améliorant les politiques et
vés d'éducation. court terme. les législations et en acheminant les
ressources vers les familles et les
Une crise qui s’aggrave pour les Pour juguler la crise à laquelle les communautés.
orphelins et les familles qui les orphelins et les femmes âgées sont
accueillent confrontés en Afrique subsaharienne et • Renforcer la prise de conscience à
Selon les prévisions de l’UNICEF, 15,7 dans d’autres régions du monde, il tous les niveaux par des activités de
millions d’enfants auront perdu un convient d’adopter une stratégie à long sensibilisation et de mobilisation
parent ou leur père et leur mère à terme visant à éliminer les attitudes et sociale de façon à créer un environ-
cause du SIDA d’ici à 2010. À cette coutumes sociales discriminatoires qui nement capable de soutenir les
époque, environ 12 pour cent des empêchent femmes et enfants d’échap- enfants et les familles touchés par le
enfants vivant dans des pays d’Afrique per à la misère. Plusieurs pays d’Afrique VIH et le SIDA.
subsaharienne seront orphelins toutes subsaharienne et d’autres régions éla-
causes confondues, et un quart d'entre borent des plans nationaux pour s'atta- Partout en Afrique subsaharienne, des
eux auront perdu leurs parents à cause quer à ces problèmes en reprenant les initiatives traduisent ces cinq principes
du SIDA. Les données ventilées bros- cinq principes fondamentaux du Cadre en actions. On peut citer en exemple la
sent un tableau encore plus sombre : pour la protection, les soins et le sou- suppression des frais de scolarité au
environ un enfant sur cinq dans la tien aux orphelins et enfants vulnéra- Kenya et en Ouganda; les interventions
tranche d’âge des 12-17 ans, et un bles vivant dans un monde avec le VIH au niveau communautaire pour soute-
enfant sur six dans la tranche des 6-11 et le SIDA. Ce cadre, qui a été approuvé nir les familles au Malawi, au Rwanda,
ans, sera orphelin. Le nombre de veufs par les organismes internationaux et en République-Unie de Tanzanie et au
et de veuves augmente également. des organisations non gouvernementa- Swaziland; ainsi que l’amélioration
Selon HelpAge International, le taux de les partenaires en 2004, s’appuie sur les de la collecte de données grâce à de
croissance le plus élevé de tous les cinq principes suivants : grandes enquêtes sur la population.
groupes d’âges concernera les person- L’UNICEF apporte son soutien et contri-
nes âgées de 80 ans et plus, essentiel- • Renforcer les capacités des familles bue à la sensibilisation dans le cadre de
lement des femmes. de protéger et prendre soin des la Campagne mondiale sur les enfants
orphelins et enfants vulnérables en et le SIDA – Unissons-nous pour les
Les programmes visant à fournir une prolongeant la vie de leurs parents et enfants, contre le SIDA. Malgré ces ini-
aide pécuniaire et d’autres formes en leur fournissant un soutien écono- tiatives, la couverture reste faible dans
d’assistance aux chefs de famille âgés mique, psychosocial et tout autre toutes les régions. Dans le cadre des
permettraient d'alléger le fardeau que forme de soutien. interventions plus larges en faveur des
représente la prise en charge de jeunes orphelins, des enfants vulnérables et de
orphelins. En Zambie, un projet pilote • Mobiliser et soutenir les interventions leurs familles, il est urgent de fournir
de transferts de fonds aux personnes communautaires. une aide aux ménages dirigés par des
âgées qui élèvent des orphelins a per- femmes qui, selon les études, assu-
mis d’améliorer les taux de fréquenta- • Garantir l’accès des orphelins et des ment de trop lourdes responsabilités.
tion scolaire des enfants. En Afrique du enfants vulnérables aux services
Sud, les petites filles qui vivent avec essentiels, notamment aux soins
des femmes d’âge mûr qui touchent de santé et à l’enregistrement des
une pension sont de 3 à 4 cm plus naissances.
grandes que les filles vivant avec des
femmes âgées qui n’ont pas de pen- • S’assurer que les gouvernements
sion. Cependant, ce type d’interven- protègent les enfants les plus vulné- Voir Références page 88.

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 31
tions et de réseaux sociaux, organisés ou non, les
femmes échangent des idées, mettent en commun
leurs ressources économiques et humaines, et
décident collectivement comment elles vont utili-
ser ou investir ces ressources. Les femmes qui
s’associent pour contester et défier les attitudes
discriminatoires peuvent avoir un impact consi-
dérable sur leurs communautés64. En dénonçant
publiquement la discrimination et en encoura-
geant les autres femmes à revendiquer leurs
droits sociaux, économiques et politiques, les
associations de femmes peuvent lancer un puis-
sant mouvement en faveur du changement social
dans le but de promouvoir les droits des petites
filles et des femmes pour les générations à venir.

Les réseaux sociaux renforcent l’influence des


femmes au niveau communautaire
Les associations et réseaux sociaux encouragent
© UNICEF/2005/Warpinski

et favorisent la participation des femmes aux pri-


ses de décisions au niveau communautaire. Les
Enquêtes démographiques et sanitaires permet-
tent de penser que dans certains pays en dévelop-
pement, c’est au niveau communautaire que le
pouvoir décisionnaire des femmes a le plus fort
croissant de ménages dans lesquels l’homme et impact65. Lorsque l’accès des femmes aux res-
la femme gagnent chacun leur vie transforment sources communautaires est fortement limité par
également la dynamique familiale. Des données des obstacles physiques ou une discrimination
réunies au Royaume-Uni révèlent que dans 36 sexiste, les femmes coopèrent et s’entraident
pour cent de ces familles biactives, c’est le père pour que femmes et enfants aient de la nourri-
qui, plus que tout autre personne, s’occupe des ture, de l’eau, des soins, des médicaments. Elles
enfants quand sa femme est au travail60. Dans s’aident aussi pour les travaux agricoles, et tout
les familles du Moyen-Orient et d’Afrique du cela sans même consulter les hommes qui contrô-
Nord, des études font état de changements lent les processus conventionnels de prise de
importants dans la dynamique du pouvoir. Si, décisions66.
dans les années 1980, les Saoudiens qui avaient
étudié à l’université hésitaient à épouser des Les réseaux sociaux communautaires fournissent
femmes ayant un niveau d’études similaire, les aussi aux femmes le soutien moral dont elles ont
enquêtes récentes révèlent une évolution des besoin. Lorsque, par exemple, une femme qui est
mentalités : les Saoudiens affirment aujourd’hui réduite au silence à la maison appartient à un
qu’ils apprécient que leurs épouses puissent les réseau social vigoureux dont le but est de pro-
aider à assumer les coûts élevés de la vie urbaine. mouvoir l’autonomisation de la femme, ses
Par ailleurs, les femmes saoudiennes qui contri- camarades, grâce à leur soutien, peuvent la per-
buent aux dépenses du ménage participent aussi suader de prendre des décisions indépendantes
davantage aux prises de décision61. L’Arabie sur certaines questions, comme les soins médi-
saoudite n’est pas un cas isolé. Dans la région caux pour ses enfants67. Mais l’influence des
d’El Mashrek au Maroc, les femmes entrent dans réseaux de femmes ne se limite pas à l’aide qu’ils
la vie active plutôt par goût que par nécessité apportent à leurs propres membres : en refusant
financière62, et elles ne décident pas nécessaire- le statu quo, ces réseaux et organisations s’avè-
ment de quitter leur emploi lorsqu’elles ont rent aussi être des agents puissants du change-
des enfants63. ment social68.

De nombreux exemples d’initiatives de ce genre


La participation des femmes à la vie
nous sont fournis par l’Asie du Sud. On peut
communautaire citer en exemple le BRAC, une organisation non
Les attitudes sociales à l’égard des femmes peu- gouvernementale du Bangladesh qui offre des
vent changer et, de fait, elles sont en train de crédits et des emplois aux femmes. Le BRAC a
changer. Les femmes sont les principaux cataly- renforcé le pouvoir de négociation des femmes
seurs du changement. Dans le cadre d’associa- dans leur famille et leur communauté. Par

32 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
exemple, dans le cadre d’une action collective, les mobilisé le soutien des citoyens en faveur des
femmes ont réussi à persuader les anciens de la femmes parlementaires. Ces initiatives contri-
communauté de s’abstenir de critiquer et de tour- buent à éliminer la discrimination sexiste des
ner en ridicule les femmes qui travaillent en mécanismes politiques officiels (voir Chapitre 4).
dehors de la maison69. En avalisant le travail des
femmes, la société donne des moyens d’action
Inclure les femmes dans les prises
aux femmes qui désirent chercher un emploi,
tout en renforçant les incitations économiques
de décision
en faveur de l’éducation des filles. Pour que les droits des femmes et les droits des
enfants soient respectés, il est indispensable que
En Afrique subsaharienne, les associations les femmes puissent faire entendre leur voix lors
de femmes sont confrontées à des difficultés des prises de décision familiales et communautai-
similaires concernant l’emprise des hommes res. Si les organisations internationales, les gou-
sur les prises de décision communautaires. Au vernements, les organisations de la société civile
Mozambique, des organisations regroupant des et les femmes elles-mêmes ont réussi, grâce à
femmes luttent contre la discrimination en leurs efforts, à promouvoir une dynamique plus
contestant la Loi foncière de 1997 qui ne recon- égalitaire, il reste toutefois encore beaucoup à
naît pas à la femme le droit d’être propriétaire faire et plusieurs secteurs doivent être soumis de
d’un terrain et de le vendre en toute indépen- toute urgence à une attention particulière :
dance70. On peut encore citer en exemple
l’Angola, avec l’Association des femmes juristes, • Amélioration de l’emploi et des sources de
qui a lancé une campagne nationale en faveur de revenus pour les femmes : le pouvoir de négo-
l’adoption de réformes légales afin de protéger ciation dans la famille dépend en grande partie
les droits des femmes71. de ce que la femme possède ou du contrôle
qu’elle exerce sur le patrimoine familial. Pour
Si certaines associations de femmes ont réussi à renforcer le pouvoir de négociation des femmes
faire pression sur les décideurs en utilisant les et leur influence sur les décisions du ménage,
filières politiques officielles, d’autres groupes ont il faut s’assurer qu’elles ont des sources de

© UNICEF/HQ06-0088/Shehzad Noorani

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 33
Les centres pour les mères en Europe centrale et orientale et en Gambie

En Europe centrale et orientale, les mes qui ont participé à certaines activi- raisons économiques, sociales et cultu-
mères contribuent à l’autonomie des tés, 67 pour cent d’entre eux affichaient relles, la majorité des parents donne la
femmes de leur communauté une attitude positive face aux responsa- priorité à l’éducation des garçons;
bilités familiales. dans certaines communautés défavori-
Les Centres pour les mères permettent sées, les filles ne représentent que
aux femmes d'établir des réseaux En aidant les femmes à améliorer leur 19 pour cent des élèves inscrits à
sociaux et d’organiser des activités com- qualité de vie, les Centres pour les l’école primaire.
munautaires qui soutiennent les fem- mères contribuent à la revitalisation des
mes dans leur rôle de mère et de quartiers, tout en redonnant espoir aux Les femmes sont parmi les défenseurs
dispensatrices de soins. Lancé en femmes et à leurs familles. Dans 46 les plus ardents de la parité dans les
Allemagne dans les années 1980, le pour cent des cas, les Centres pour les écoles. Leurs campagnes de sensibilisa-
mouvement des Centres pour les mères mères sont représentés auprès des tion plaident en faveur de l’accès des
s'est étendu à plusieurs pays d’Europe conseils municipaux. Le succès de ce filles à l’éducation, et accordent une
comme la Bosnie-Herzégovine, la mouvement a encouragé d’autres attention soutenue à la poursuite de la
Bulgarie, la Fédération de Russie, la femmes à reprendre ce modèle et scolarité et aux résultats scolaires des
Géorgie et la République tchèque. Le aujourd’hui 750 centres ont été créés de filles. L’UNICEF et le Forum des éducatri-
but de ces centres est d’apporter un par le monde. Ce succès indéniable ces africaines soutiennent les femmes
soutien jugé nécessaire aux mères dans prouve que les femmes peuvent exercer qui mènent des activités de sensibilisa-
leurs communautés. Dans plusieurs une grande influence quand elles se tion communautaire. L’UNICEF a fourni
pays d’Europe centrale et orientale, la mobilisent. Et il démontre également des fonds aux Clubs de mères pour
tradition des réseaux communautaires a que les femmes sont parfaitement capa- entreprendre des activités rémunératri-
été brisée par le régime socialiste. bles de prendre leur destin en main et ces telles que le jardinage, le batik, la
Depuis l’époque de la transition au de donner l’exemple autour d'elles. production de savon et de baumes, l’éle-
début des années 1990, des taux élevés vage de volailles et l’agriculture; il a
de chômage, la pauvreté, l’instabilité La Gambie également financé l’achat de moulins,
politique, ainsi que l’affaiblissement des Une initiative similaire a été lancée en qui allègent le travail des femmes tout
services sociaux ont renforcé le senti- Gambie, où les femmes s’allient pour en procurant aux familles une source
ment d’isolement chez les mères et les promouvoir l’éducation des filles au supplémentaire d’aliments et de reve-
enfants. Les Centres pour les mères niveau communautaire. nus. Les recettes tirées de ces initiatives
donnent aux femmes et aux familles un rémunératrices servent à payer les frais
accès à des ressources pratiques et leur En Gambie, les Clubs de mères se de scolarité, les uniformes et les chaus-
apportent un soutien social. Ces Centres sont fixé comme objectif primordial de sures des filles de la communauté. Les
aident aussi les familles dans le besoin fournir un soutien financier et moral à Clubs de mères ont également investi
en leur proposant divers services : l’éducation des filles. Dans le cadre de leurs bénéfices dans des prêts sans inté-
magasins d’articles usagés, repas campagnes de sensibilisation et de col- rêt accordés à des femmes désavanta-
sociaux, ludothèques, cours de couture lecte de fonds, les femmes élargissent gées qui désirent entreprendre des
et de langues, ainsi que programmes les choix éducatifs proposés aux filles et activités rémunératrices.
de formation à des fins de réinsertion défendent leur droit d’être écoutées
professionnelle. dans leurs communautés. Depuis le lancement du programme,
les femmes ont créé 65 Clubs de mères
Les Centres de quartier pour les mères Les Clubs de mères opèrent dans certai- dans trois régions de Gambie. L’impact
regroupent entre 50 et 500 familles, et nes des régions les plus défavorisées de du mouvement sur l’éducation des filles
ils ont contribué à transformer la vie de Gambie, où les familles qui gagnent leur est manifeste. Les taux de fréquentation
centaines de femmes dans la région. Les vie en pratiquant l’agriculture de subsis- scolaire ont augmenté en moyenne de
membres de ces centres témoignent de tance n’ont pas toujours les moyens 34 pour cent, et l’incidence des aban-
leur impact positif sur les femmes et d’envoyer tous leurs enfants à l’école. dons scolaires dus à des mariages
leurs familles : 58 pour cent des femmes Bien que l’éducation primaire soit gra- précoces a fortement diminué.
interrogées ont affirmé avoir appris à tuite en Gambie, certaines dépenses
s’engager et à exprimer leur opinion, annexes, comme les uniformes, le maté- Les Clubs de mères ne profitent pas
tandis que 55 pour cent ont déclaré riel et les repas scolaires, rendent le seulement aux petites filles mais égale-
avoir acquis de l’assurance après avoir coût de l’éducation prohibitif pour beau- ment aux femmes. En leur donnant
adhéré à ces centres. Quant aux hom- coup de parents. Pour toutes sortes de accès aux connaissances et aux ressour-

34 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
revenu et qu’elles ont le droit d’acquérir un
terrain, une maison ou tout autre bien. Le
Chapitre 3 examine en détail les initiatives
susceptibles d’améliorer l’emploi et les sources
ces nécessaires pour avoir une source de de revenus des femmes.
revenu, ces Clubs fournissent aux femmes
des moyens d’action dans leur communauté. • Participation des hommes : l’évolution des atti-
Par ailleurs, en utilisant inlassablement des tudes et des comportements s’inscrit dans un
arguments convaincants pour promouvoir processus long et complexe. En appliquant des
l’éducation des filles, les femmes récusent stratégies simples, directes et efficaces, par
la discrimination sexiste et insistent sur l’im- exemple en persuadant les hommes de partici-
portance de la participation des femmes aux per aux travaux ménagers, femmes et hommes
prises de décision communautaires, une s’allient pour lutter contre la discrimination
action qui contribue à l’émancipation des sexiste dans la famille et la communauté. En
générations présentes et futures de femmes créant des rôles spécifiquement réservés aux
et de petites filles. hommes dans les programmes de sensibilisa-
tion, les gouvernements et les organismes de
Voir Références page 88. développement peuvent aussi promouvoir la
mobilisation des hommes dans les initiatives
favorables à l’enfance, que ce soit au parle-
ment, dans les écoles ou sur le lieu de travail
(voir Chapitre 5).

• Appui aux organisations de femmes : la dyna-


mique de la coopération entre les femmes est
l’un des moyens les plus efficaces d’aider les
femmes à accéder à l’autonomie. Les collectifs
de femmes qui s’organisent spontanément
autour de certains problèmes tels que la nutri-
tion, la distribution de denrées alimentaires,
l’éducation et le logement, contribuent à amé-
liorer les conditions de vie des femmes, de
leurs familles et de leurs communautés. Les
organisations de femmes peuvent également
être des catalyseurs du changement dans
l’arène politique (voir Chapitre 4).

L’ É G A L I T É A U S E I N D U F O Y E R 35
Bien qu’au cours des • Lorsque les femmes travaillent à • Dans nombre de pays, les structures d’ac-
RÉSUMÉ dernières décennies la l’extérieur, elles gagnent, en moyenne, cueil de bonne qualité pour les enfants
participation des femmes à la vie active ait beaucoup moins que les hommes. Les sont toujours hors de portée des familles
beaucoup progressé, d’autres améliorations femmes occupent aussi plus fréquem- à revenu faible si l’État ne prend pas les
se font toujours attendre, en ce qui concerne ment des emplois précaires et mal payés, dispositions nécessaires pour les subven-
notamment leurs conditions de travail, la sans réelle sécurité financière, ne leur tionner. Les parents font alors souvent
reconnaissance du travail non rémunéré des garantissant que peu ou pas d’avantages appel à la famille élargie ou aux enfants
femmes, l’octroi d’un soutien pour la garde sociaux. plus âgés – le plus souvent aux filles –
des enfants et l’élimination des pratiques et pour garder les jeunes enfants pendant
lois discriminatoires qui les empêchent d’ac- • Non seulement les femmes gagnent qu'ils travaillent, souvent aux dépens de
céder à la propriété et à l’héritage. En assu- moins bien leur vie que les hommes, mais l’éducation des aînés.
rant aux femmes, sur un pied d’égalité avec elles possèdent aussi moins de biens.
les hommes, la possibilité d’avoir accès à un Elles ont des salaires moins élevés et leur • Toute une série d’interventions seront
revenu et de le gérer, on se rapproche consi- contrôle sur le revenu du ménage est plus nécessaires pour combattre les attitudes
dérablement de la réalisation des droits des restreint, ce qui les empêche souvent négatives à l’égard des femmes dans le
femmes. En outre, les droits des enfants d’amasser un capital. Par ailleurs, des lois monde du travail. Les gouvernements doi-
sont généralement mieux respectés lorsque sexistes sur la propriété et l’héritage, ainsi vent adopter les mesures législatives, finan-
les femmes jouissent pleinement de leurs que sur d’autres moyens d’acquérir des cières et administratives nécessaires pour
droits sociaux et économiques. biens, exposent davantage les femmes et créer un environnement favorable à l’esprit
les enfants à la pauvreté. d’entreprise des femmes et à leur participa-
• Il est très fréquent que les femmes consa- tion à la vie active. Il convient de promou-
crent la majorité de leurs heures de tra- • L’accès des femmes à des emplois rému- voir les politiques sociales qui combattent
vail à des tâches non rémunérées et aux nérés n’entraîne pas automatiquement la discrimination sur le lieu de travail et qui
activités ménagères, et qu’il leur reste des améliorations pour les enfants. permettent aux femmes et aux hommes de
moins de temps à consacrer à un emploi D’autres facteurs ont des répercussions concilier carrière et responsabilités fami-
rémunéré. Même lorsqu'elles font partie sur le bien-être des femmes et des liales. En ce qui concerne les enfants, les
de la population active et ont un emploi enfants, par exemple, le nombre d’heures meilleures stratégie, pour que filles et gar-
rémunéré, les femmes continuent d’assu- passées à travailler en dehors de la mai- çons entrent sur un pied d’égalité dans la
mer la plus grande partie des tâches son, les conditions d’emploi et la per- vie active, consistent à leur donner le même
domestiques. sonne qui gère l’argent qu’elles gagnent. accès à l’éducation.
L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7

L’égalité face à l’emploi


3
’étude de l’émancipation économique des rienne, par exemple, les femmes produisent envi-

L femmes dévoile l’existence d’un immense


potentiel, qui reste trop souvent inexploité.
Ce n’est pas que les femmes ne travaillent
pas – elles travaillent souvent de plus longues
heures que les hommes – mais elles gagnent pres-
ron 80 pour cent de la nourriture consommée
par la famille.1

Les femmes travaillent plus que les


que toujours moins bien leur vie en raison des
hommes mais gagnent moins
postes qu’elles occupent, et possèdent moins de Qu’elles vivent dans des pays industrialisés ou
biens. Quoique, au cours des dernières décennies, des pays en développement, en milieu rural ou
la participation des femmes à la vie active ait urbain, les femmes travaillent en général de plus
beaucoup progressé, d’autres améliorations se longues heures que les hommes. Bien que les
© UNICEF/HQ05-2192/Giacomo Pirozzi

font toujours attendre, en ce qui concerne notam- données sur l’emploi du temps des hommes et
ment leurs conditions de travail, la reconnais- des femmes soient fragmentaires, les enquêtes
sance du travail non rémunéré, l’octroi d’un menées au cours des dernières années confirment
soutien pour la garde des enfants et l’élimination la validité de cette observation pour l’ensemble
des pratiques et lois discriminatoires qui les des pays en développement. Selon Oxfam, les
empêchent d’accéder à la propriété et à l’héritage. femmes travaillent entre 60 et 90 heures par
semaine2, et les études sur l’emploi du temps
La possibilité, pour les femmes comme pour les révèlent que dans un large éventail de pays en
hommes, d’avoir accès à un revenu et de le gérer, développement d’Asie, d’Amérique latine et
est une étape importante vers la réalisation des d’Afrique subsaharienne, les femmes travaillent
droits des femmes inscrits dans la Convention sur de plus longues heures que les hommes, et sou-
l’élimination de toutes les formes de discrimination vent nettement plus3 (voir Figure 3.1, page 38).
à l’égard des femmes. Cela favorisera leur épa-
nouissement, les aidera à avoir une image positive Les tâches non rémunérées à la maison ou pour
d’elles-mêmes et à jouer un rôle influent tant au la famille occupent la majorité du temps de
sein de la famille que dans la société. En outre, nombreuses femmes, ce qui leur laisse beaucoup
les droits des enfants sont généralement mieux moins d’heures à consacrer à un emploi rémunéré.
respectés lorsque les femmes jouissent pleinement Des données réunies dans des zones urbaines
de leurs droits sociaux et économiques. de 15 pays d’Amérique latine montrent que les
activités ménagères non rémunérées constituent
Les décideurs prennent conscience du fait que les la principale activité d’une femme sur quatre;
femmes ont un rôle économique important à le taux correspondant pour les hommes est de
jouer dans la lutte contre la pauvreté des enfants; à 1 sur 200.4
les pays sont de plus en plus nombreux à faire
bénéficier directement les mères de famille des Même lorsqu’elles font partie de la population
dispositions qu’ils prennent en faveur de la réali- active et ont un emploi rémunéré, les femmes
sation des droits de l’enfant – telles que les allo- continuent d’assumer la plus grande partie des
cations aux familles qui envoient leurs enfants à tâches domestiques. Une fois encore, cette obser-
l’école. Partout dans le monde, beaucoup de vation est corroborée par des études réalisées
familles vivent mieux parce que les femmes tra- dans des pays représentant l’ensemble des régions
vaillent à l’extérieur – dans l’agriculture de sub- en développement. Au Mexique, par exemple, les
sistance ou dans de grandes exploitations où elles femmes qui ont un emploi rémunéré s’occupent
supervisent la production et la commercialisa- également de la maison et cette activité absorbe
tion, ou encore en usine et dans des bureaux. 33 heures par semaine de leur temps; la participa-
Tant dans les Caraïbes qu’en Afrique subsaha- tion des hommes aux corvées ménagères n’est par

37
© UNICEF/HQ05-1679/Josh Estey

contre que de six heures par semaine5. Des études La répartition des tâches ménagères n’est pas
sur l’emploi du temps réalisées dans six États de très différente dans les pays industrialisés. Bien
l’Inde révèlent que les femmes consacrent habi- que les disparités ne soient pas aussi marquées
tuellement 35 heures par semaine aux tâches que dans les pays en développement, les femmes
ménagères et aux soins aux enfants, aux malades des pays plus riches consacrent aussi beaucoup
et aux personnes âgées, contre quatre heures par plus de temps que les hommes à des tâches
semaine pour les hommes6. non rémunérées7.

Figure 3.1 Partout dans le monde en développement, les femmes travaillent de plus longues
heures que les hommes*
Durée quotidienne de travail
supplémentaire effectuée par les
femmes par rapport aux hommes

Bénin (1998) 2 heures 25 minutes de plus


Mexique (2002) 1 heure 45 minutes de plus
Inde (2000) 1 heure 6 minutes de plus
Afrique du Sud (2000) 59 minutes de plus
Rép. de Corée (1999) 58 minutes de plus
Madagascar (2001) 51 minutes de plus
Mongolie (2000) 44 minutes de plus
Maurice (2003) 24 minutes de plus

Moyenne pour 8 pays 1 heure 9 minutes de plus


en développement
0 2 4 6 8 10
Nombre d’heures de travail quotidiennes
Nombre d’heures de travail effectuées Nombre d’heures de travail supplémentaires
quotidiennement par les femmes et les hommes effectuées quotidiennement par les femmes

*Il est important de noter que ces données représentent des moyennes dans chaque pays et reflètent des taux de chômage élevés. Dans certains cas, les
femmes travaillent plus de 12 heures par jour.
Source : Calculs de l’UNICEF sur la base de données extraites du Rapport mondial sur le développement humain 2006, Beyond Scarcity: Power, poverty and
the global water crisis, publié par le Programme des Nations Unies pour le développement, Oxford University Press pour le PNUD, New York, 2006, p. 379.

38 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Malgré le temps limité que les femmes consacrent à économique des femmes en pourcentage du taux
leur emploi rémunéré et leur contribution cruciale d’activité des hommes) est un outil statistique
au fonctionnement du foyer, on considère générale- qui décrit mieux les variations régionales qui
ment que les femmes doivent contribuer comme les caractérisent l’activité économique des femmes en
hommes au revenu de la famille. Selon l’Enquête dehors du foyer. Dans les pays les moins avancés,
sur les valeurs dans le monde, quand on demande en ECO/CEI, en Asie de l’Est et dans le Pacifique,
si les deux conjoints doivent contribuer au revenu en Afrique subsaharienne et dans les États mem-
du ménage, la majorité des personnes interrogées bres de l’Organisation de coopération et de déve-
répondent par l’affirmative – avec un taux de 90 loppement économiques (OCDE), l’indice de
pour cent en moyenne de réponses positives dans parité dépasse les 70 pour cent. Cependant, il
les pays d’Asie de l’Est et du Pacifique, d’Amérique tombe à 52 pour cent en Amérique latine et en
latine, d’Afrique subsaharienne et dans les écono- Asie du Sud, et il est inférieur à 50 pour cent
mies en transition, et de plus des deux tiers au dans les États arabes11.
Moyen-Orient et en Asie du Sud8.
L’écart des revenus et salaires
Peut-être ces attitudes ont-elles contribué à l’aug- Non seulement les femmes consacrent moins de
mentation régulière du nombre de femmes sur le temps que les hommes à leur carrière, mais
marché du travail au cours des deux dernières quand elles travaillent en dehors de la maison,
décennies. En 2005, les femmes représentaient leur revenu moyen est également beaucoup plus
environ 40 pour cent de la population économi- faible. Bien que les statistiques ventilées par sexe
quement active de la planète9. Les tendances sur les salaires nominaux soient rares, les don-
concernant les taux de participation varient tou- nées disponibles révèlent que, dans toutes les
tefois profondément entre les régions, avec des régions, les salaires nominaux des femmes sont
taux d’activité économique des femmes beaucoup inférieurs de 20 pour cent environ à ceux des
plus élevés en Asie de l’Est et dans le Pacifique hommes. Néanmoins, si on constate des écarts
(68,9 pour cent), en Afrique subsaharienne (62,3 un peu partout dans le monde, ceux-ci peuvent
pour cent) et en ECO/CEI (57,5 pour cent) que varier considérablement et même être inversés.
partout ailleurs. À peine plus d’un tiers des fem- Au Brésil, par exemple, les femmes de moins de
mes des États arabes, et moins de la moitié des 25 ans ont un salaire horaire moyen plus élevé
femmes d’Amérique latine et d’Asie du Sud font que les hommes de la même tranche d’âge12.
partie de la population active10.
Une grande partie du travail des femmes est
L’indicateur d’activité économique par rapport à sous-payé, elles occupent souvent des emplois
la parité (défini ici comme étant le taux d’activité subalternes et gagnent moins que les hommes.

© UNICEF/HQ05-1269/Roger LeMoyne

L’ É G A L I T É FA C E À L’ E M P L O I 39
Par conséquent, le revenu moyen du travail des dépens de leur propre éducation14. Cela montre à
femmes est beaucoup plus faible que celui des quel point il est important que les deux parents
hommes (voir Figure 3.3, page 41). Les estima- assument leurs responsabilités et s’occupent de
tions fondées sur les écarts de salaires et la parti- leurs enfants, qu’ils travaillent ou non à l’exté-
cipation à la vie active indiquent que le revenu rieur (voir Encadré, page 41).
du travail des femmes représente 30 pour cent
environ de celui des hommes dans les pays étu- Les écarts en termes de biens
diés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, Non seulement les femmes gagnent moins bien
près de 40 pour cent en Amérique latine et en leur vie que les hommes, mais elles possèdent
Asie du Sud, 50 pour cent en Afrique subsaha- aussi moins de biens. Elles ont des salaires moins
rienne et 60 pour cent environ en ECO/CEI, en élevés et leur contrôle sur le revenu du ménage est
Asie de l’Est et dans les pays industrialisés13. plus restreint, ce qui les empêche souvent d’amas-
Comme le montre le Chapitre 2, les ressources ser un capital. Mais ce ne sont pas les seules rai-
qui sont entre les mains des femmes profitent sons. Des lois sexistes sur la propriété et l’héritage,
aux enfants. Les écarts de revenus entre les hom- ainsi que sur d’autres moyens d’acquérir des biens
mes et les femmes peuvent donc faire baisser ou – même les programmes de distribution des terres
limiter les ressources qui permettraient de faire appartenant à l’État – exposent davantage les fem-
respecter les droits de l’enfant, comme le droit mes et les enfants à la pauvreté15.
aux soins médicaux, à une nutrition adéquate
et à l’éducation. Les conséquences de cette exclusion peuvent être
encore plus directes, en particulier lors de la disso-
Lorsque les deux parents travaillent à l’extérieur lution d’un mariage ou du décès d’un conjoint.
et qu’aucun système adéquat de soutien social Les veuves, à qui l’on refuse le droit d’être pro-
n’est en place, les droits de l’enfant à l’éducation, priétaires de la maison ou du terrain familial à la
au jeu et aux loisirs, aux soins médicaux et à la mort de leur conjoint, ou les femmes divorcées qui
protection, sont compromis. L’effet de substitu- sont expulsées du domicile de leur mari, risquent
tion mère-fille est un exemple de ces répercus- fort de se retrouver en marge de la société et elles
sions négatives. Lorsque les mères acceptent un se heurtent à des difficultés énormes pour proté-
emploi rémunéré à l’extérieur, ce sont les enfants, ger le niveau de vie et la santé de leur famille16.
en particulier les filles, qui endossent les respon-
sabilités familiales, et qui s’occupent de la mai- Bien que les statistiques sur les écarts en termes
son et de leurs frères et sœurs, souvent aux de biens soient encore plus rares que les données

Figure 3.2 Les salaires nominaux des femmes sont considérablement plus bas que ceux
des hommes*

4 pays du Moyen-Orient
et d’Afrique du Nord 81
6 pays d’Asie de l’Est
et du Pacifique 80

22 pays industrialisés 80

10 pays en transition 76

8 pays d’Amérique latine


et des Caraïbes 73

4 pays d’Afrique
70
subsaharienne

0 20 40 60 80 100
Proportion des salaires des femmes par rapport aux salaires des hommes, en dehors de l’agriculture

* Les calculs de l’UNICEF relatifs aux pays en développement comprennent les pays et territoires des groupes régionaux suivants : Moyen-Orient et Afrique du
Nord : Bahreïn, Égypte, Jordanie, Territoire palestinien occupé. Asie de l’Est et Pacifique : Malaisie, Myanmar, Philippines, République de Corée, Singapour,
Thaïlande. Pays en transition : Bulgarie, Croatie, Georgie, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, République tchèque, Roumanie, Turquie, Ukraine. Amérique latine et
Caraïbes : Brésil, Colombie, Costa Rica, El Salvador, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou. Afrique subsaharienne : Botswana, Érythrée, Kenya, Swaziland.
Pays industrialisés : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Japon, Luxembourg,
Malte, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède, Suisse.
Source : Organisation internationale du Travail, base de données LABORSTA, <http://laborsta.ilo.org>, consultée en mars 2006.

40 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Les filles risquent-elles de manquer l’école quand les femmes travaillent ?

Bien que les femmes soient de plus en parents sont menacés, ce qui a des enfants au travail ou de les confier à
plus nombreuses à entrer dans la vie conséquences négatives pour le bien- leurs frères et sœurs plus âgés. La pro-
active, cela ne se traduit pas toujours être et l’avenir économique des gression de l’emploi des femmes au
par une amélioration du bien-être des enfants. Ces tendances ont été consta- Pérou oblige les enfants, en particulier
enfants. Comme les mères qui travail- tées dans de nombreux pays en déve- les filles, à consacrer plus de leur
lent doivent se faire remplacer à la loppement. Une enquête réalisée temps aux tâches ménagères. De
maison, de nombreux enfants – le plus récemment au Népal révèle que les même, dans les pays d’Asie du Sud-
souvent des filles – risquent de ne pas filles aînées sont les premières à être Est, comme les mères sont de plus en
être envoyées à l’école ou de devoir retirées de l’école pour aider leurs plus nombreuses à travailler à l’exté-
abandonner leurs études pour s’occu- mères qui travaillent à s’occuper de rieur, c’est aux enfants plus âgés, aux
per de leurs frères et sœurs plus jeu- leurs frères et sœurs plus jeunes et tantes et aux grand-mères qu’incombe
nes et pour tenir la maison. Les droits pour assumer les responsabilités du la responsabilité d’élever les jeunes
universellement reconnus de l’enfant ménage. En République-Unie de enfants dans les régions rurales.
de se livrer au jeu, d’avoir accès à Tanzanie, en l’absence de garderies, les
l’éducation et d’être élevé par ses deux parents sont obligés d’emmener leurs Voir Références, page 88.

sur les disparités salariales, il apparaît que la dis- des travaux agricoles, ne sont pourtant proprié-
crimination est comparable dans l’ensemble du taires que de moins de 10 pour cent des terres.
monde en développement. Une étude portant sur Des disparités comparables ont été notées au
cinq pays d’Amérique latine indique que, compa- Kenya, au Nigéria, en République-Unie de
rées aux hommes, les femmes ne possèdent Tanzanie et dans d’autres pays d’Afrique subsa-
qu’une fraction des terres (voir Figure 3.4, page harienne18. Au Pakistan, les études montrent que,
42)17. Dans les autres régions pour lesquelles des dans un échantillon de plusieurs villages, les fem-
données sont disponibles, les inégalités sont du mes possédaient moins de 3 pour cent des terres,
même ordre. Au Cameroun, par exemple, les bien que le droit à l’héritage de biens fonciers
femmes qui accomplissent plus de 75 pour cent soit reconnu dans la plupart des villages19.

Figure 3.3 Les estimations des revenus des femmes sont considérablement plus faibles
que les estimations des revenus des hommes
milliers de dollars des États-Unis aux prix ajustés

revenus des hommes

40
de 2003 pour la parité du pouvoir d'achat
Revenus annuels estimatifs, mesurés en

Revenu estimatif du travail des femmes


57 pour cent des

35
Revenu estimatif du travail des hommes
30

25
revenus des hommes

revenus des hommes

revenus des hommes

revenus des hommes

20
revenus des hommes
59 pour cent des

revenus des hommes


40 pour cent des

62 pour cent des

28 pour cent des

39 pour cent des

51 pour cent des

15

10

0
Pays ECO/CEI Amérique latine Asie de l’Est Moyen-Orient et Asie du Sud Afrique
industrialisés et Caraïbes et Pacifique Afrique du Nord subsaharienne
*Les revenus estimatifs sont définis comme le produit intérieur brut par habitant (mesurés en dollars E.-U. aux prix ajustés de 2003 pour la parité du
pouvoir d’achat) ajusté pour les disparités de salaires entre hommes et femmes.
Source : Programme des Nations Unies pour le développement, Rapport mondial sur le développement humain 2005 - La coopération internationale à
la croisée des chemins, l’aide, le commerce et la sécurité dans un monde marqué par les inégalités, Oxford University Press pour le PNUD, New York,
Tableau 25, pp. 311-314.

L’ É G A L I T É FA C E À L’ E M P L O I 41
Lorsque les femmes possèdent des biens, leur avis semences potagères à haut rendement et l’accès à
compte davantage dans les prises de décision au des technologies de polyculture du poisson dans
sein du foyer. Par exemple, dans les ménages des étangs loués à des groupes de femmes défa-
ruraux du Bangladesh, quand la part des biens vorisées, a davantage d’impact sur la réduction
qui appartenaient aux femmes avant le mariage de la pauvreté que la diffusion non ciblée de
est plus importante que celle de leur conjoint, les technologies, qui risque de profiter aux hommes
femmes ont plus d’influence sur les prises de et aux ménages plus aisés23.
décision et les taux de morbidité de leurs filles
fléchissent20. En renforçant le pouvoir d’action des femmes
grâce à d’autres types d’investissements, on peut
Les avantages de la propriété vont au-delà de la également influer de manière positive sur la
dynamique du pouvoir au sein de la famille; ils croissance économique et la réduction de la pau-
ont aussi des répercussions positives sur la pro- vreté. Plusieurs études indiquent que la forma-
ductivité et la croissance, en particulier dans tion professionnelle et l’accès des femmes aux
l’agriculture. Lorsque les femmes participent plus nouvelles technologies favorisent leur mobilité et
activement à la planification et à la gestion des renforcent leur maîtrise des ressources, encoura-
terres et des exploitations agricoles, la producti- gent l’émergence d’une conscience politique et
vité agricole s’améliore. Selon une étude menée limitent les cas de violence dans la famille24.
par l’International Food Policy Research
Institute, si les inégalités entre les sexes dimi-
Lorsque le travail des femmes compte
nuaient au Burkina Faso, et si les agriculteurs
et les agricultrices avaient le même accès aux
pour les enfants
intrants agricoles et à une éducation de qualité, La participation des femmes à la vie active peut
la productivité agricole pourrait augmenter avoir des avantages pour les enfants, car elle per-
jusqu’à 20 pour cent21. Une étude précédente met souvent aux femmes d’accéder plus large-
menée auprès d’agricultrices du Kenya montrait ment aux ressources économiques et de mieux les
que le rendement des cultures pourrait augmen- maîtriser. Cependant l’accès des femmes à des
ter de 24 pour cent si toutes les agricultrices emplois rémunérés n’est pas toujours synonyme
avaient accès à l’éducation primaire22. Une autre d’améliorations pour les enfants. D’autres fac-
enquête réalisée au Bangladesh a permis d’arriver teurs ont un impact sur le bien-être des femmes
à la même conclusion : l’octroi de ressources spé- et des enfants : le nombre d’heures passées à tra-
cifiques aux femmes, par exemple des variétés de vailler en dehors de la maison, par exemple, ou

Figure 3.4 Écarts notables entre les hommes et les femmes en termes de propriété foncière
en Amérique latine
100
Terres dont les propriétaires sont des femmes
89 Terres dont les propriétaires sont des hommes
81 Terres dont les propriétaires sont des hommes
80 78 et des femmes ensemble 74
70
Pourcentage

60

40

27
22
20
16
11 13 13
4 3
0
Brésil Mexique Nicaragua Paraguay Pérou
(2000) (2002) (1995) (2001) (2000)

Note : Les données n'étaient pas disponibles pour les titres de propriétés appartenant conjointement à des femmes et des hommes au Brésil et au
Mexique. Les totaux ne représentent pas nécessairement 100 pour cent car les chiffres ont été arrondis.
Source : Grown, Caren, Geeta Rao Gupta et Aslihan Kes, Taking Action: Achieving gender equality and empowering women, Groupe de travail sur l'éduca-
tion et l'égalité des sexes du Projet du Millénaire (ONU), Earthscan, London/Virginia, 2005, p.78.

42 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/HQ05-1213/Roger LeMoyne
les conditions d’emploi ou la personne qui gère L’exception est l’Afrique du Nord, où la partici-
l’argent qu’elles gagnent. pation des femmes au secteur non structuré est de
43 pour cent. De toutes les régions en développe-
L’emploi des femmes dans le secteur non ment, l’Afrique subsaharienne est celle qui affiche
structuré et son impact sur les enfants le taux le plus élevé d’emplois féminins dans le
La participation accrue des femmes à la vie secteur non structuré (84 pour cent)27. Au niveau
active ne s’est pas toujours accompagnée d’une des pays en développement, les écarts sont pro-
amélioration équivalente de leurs conditions de fonds entre les régions (voir Figure 3.5, page 44).
travail ou de la sécurité de l’emploi. Les femmes
ont souvent des emplois précaires et mal payés, Dans le secteur non structuré, les femmes travail-
sans réelle sécurité financière, ne leur garantis- lent souvent dans de mauvaises conditions, elles
sant que peu ou pas d’avantages sociaux. Avec sont astreintes à de longues heures de présence,
l’arrivée massive des femmes sur le marché du quand elles ne doivent pas faire des heures sup-
travail, les emplois informels et qui ne respectent plémentaires au pied levé. La précarité de l’em-
pas les normes ont proliféré. Dans les pays en ploi et l’absence de couverture sociale, telle que
développement, mis à part l’agriculture, la majo- les congés de maladie payés et les garderies d’en-
rité des femmes travaillent dans le secteur non fants, exposent les femmes et leurs enfants à la
structuré. Comparées aux hommes, elles sont pauvreté28. Quand les mères sont démunies, tra-
plus souvent à leur compte, ou travaillent comme vaillent de longues heures dans le secteur infor-
employées de maison, ou personnel temporaire mel, sont sous-payées et ont un horaire rigide, et
dans l’industrie, ou sans rémunération dans l’en- quand par ailleurs elles ne disposent pas à leur
treprise familiale25. gré de leur revenu et ne peuvent pas faire garder
leurs enfants, la santé et la croissance de ces der-
De par sa nature même, le travail informel n’ap- niers sont menacées29. De telles conditions sont
paraît que partiellement dans les statistiques fréquentes dans le secteur informel ou chez les
nationales puisqu’il n’est pas systématiquement femmes qui occupent des emplois faiblement
déclaré. La collecte d’informations générales et rémunérés dans le secteur structuré. Au cours des
précises sur le secteur non structuré reste problé- dernières années, le sort des domestiques a fait
matique en raison de la diversité des activités, l’objet d’un examen approfondi. La majorité des
des structures organisationnelles et des modes de employés de maison sont des femmes, pour la
fonctionnement26. plupart non déclarées. Lorsque les mères enga-
gées par des familles élèvent les enfants de leurs
Dans pratiquement toutes les régions en dévelop- employeurs, on se trouve devant un dilemme : la
pement, 60 pour cent au moins des femmes qui sécurité quotidienne des enfants de l’employeur
ne travaillent pas dans l’agriculture exercent des dépend d’une employée qui doit se séparer de
activités dans le secteur non structuré. ses propres enfants pour travailler30.

L’ É G A L I T É FA C E À L’ E M P L O I 43
La crise de la garde des enfants dans dant un certain temps35. De nombreuses femmes
le secteur structuré vivant dans des pays à revenu élevé et modéré
La participation accrue des femmes à la vie active quittent leur emploi ou travaillent à temps partiel
remet en question le modèle traditionnel dans le pour élever leurs enfants – généralement entre
cadre duquel les hommes ont un emploi rémunéré l’âge de 25 et 35 ans – pour reprendre par la
et les femmes s’occupent des tâches non rémuné- suite un emploi à plein temps. Dans l’Union
rées au foyer. Un nouveau modèle prévaut dans européenne, près de la moitié des mères qui tra-
de nombreux pays, tels que les pays à revenu vaillent et qui ont un enfant de six ans ou plus
élevé de l’OCDE, les économies en transition et jeune, travaillent à temps partiel36. Ces absences
les nations à croissance rapide d’Asie de l’Est, temporaires du travail à plein temps se traduisent
dans lesquels les femmes, tout comme les hom- souvent par des salaires inférieurs et des promo-
mes, ont un emploi rémunéré31. Au Royaume-Uni tions moins fréquentes. Par ailleurs, en raison de
et aux États-Unis, par exemple, deux familles sur leurs engagements familiaux, les mères de famille
trois ont un double salaire aujourd’hui32. Dans la sont parfois obligées de refuser les postes qui exi-
Fédération de Russie, dans 52 pour cent des gent de longues heures de travail, des déplace-
ménages qui ont de jeunes enfants, tous les adul- ments ou même un déménagement37.
tes âgés de 25 à 55 ans travaillent. Au Vietnam,
le taux correspondant est de 88 pour cent33. Mais En l’absence de politique de soutien aux mères
même si ce nouveau modèle d’activités rémunéra- qui travaillent, la grossesse et la maternité ris-
trices dans les foyers s’impose progressivement, quent d’interrompre la carrière des femmes et de
on s’attend toujours à ce que les femmes assu- limiter de manière permanente leur capacité de
ment la majorité des tâches ménagères et des gain. Les recherches indiquent que les mères qui
soins aux enfants. Ainsi, en l’absence d’une parti- ont un emploi rémunéré gagnent souvent encore
cipation plus active des hommes aux travaux moins bien leur vie que les autres femmes acti-
ménagers et à l’éducation des enfants, il devient ves. Une enquête récente a révélé que dans plu-
de plus en plus difficile pour les mères qui travail- sieurs pays industrialisés, le fait d’avoir un enfant
lent de concilier vie professionnelle et responsabi- pouvait entraîner une « pénalité » représentant
lités familiales34. de 6 à 7 pour cent du revenu de la mère; pour
deux enfants, cette sanction pécuniaire pouvait
Les femmes qui travaillent dans le secteur struc- atteindre 13 pour cent38.
turé tendent à avoir des carrières plus courtes
que les hommes du même âge car elles doivent Bien que toutes les études démontrent que des
parfois arrêter de travailler à plein temps pen- soins parentaux de qualité sont essentiels pour le

Figure 3.5 De nombreuses femmes du monde en développement travaillent dans le secteur


non structuré
en pourcentage de l’emploi des femmes en dehors

100
Emploi des femmes dans le secteur non structuré

de l’agriculture, 1994–2000* (pour cent)

86
83
80 77
69 67

58
60 55

40 39

20

0
Inde Kenya Indonésie El Salvador Brésil Afrique du Sud Mexique Tunisie
* Les données portent sur l'année disponible la plus récente pendant la période spécifiée.
Source : Secteur de l’emploi, Bureau international du Travail, Women and Men in the Informal Economy: A statistical picture, Organisation internationale du
Travail, Genève, 2002, p. 19.

44 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
développement de l’enfant et que ses premières lation positive entre la réduction des frais de
expériences déterminent son bien-être futur39, les garde des enfants et l’augmentation des salaires
familles dont les deux parents travaillent éprou- des mères46.
vent souvent bien des difficultés à concilier exi-
gences professionnelles et soins aux enfants. Certains pays – en particulier les pays scandi-
naves dans lesquels l’égalité des sexes, telle
Les parents qui travaillent ont souvent moins de qu’est mesurée dans l’indicateur de la participa-
temps à consacrer à leurs enfants. Une étude réa- tion des femmes (IPF), est mieux respectée (voir
lisée au Royaume-Uni montre que, dans ce pays, Chapitre 1, page 8) – ont réussi à créer d’excel-
les parents travaillent plus longtemps qu’avant lentes garderies d’enfants à des prix abordables.
ou se font de plus en plus accaparer par leur tra- On peut citer en exemple la Suède, où les muni-
vail40. Les longues heures de travail peuvent cipalités proposent diverses solutions : des crè-
poser un problème aux familles à revenu faible et ches et des jardins d’enfants publics, un système
cependant la plupart des employeurs n’envisa- réglementé de garde d’enfants à domicile financé
gent pas de proposer des horaires souples aux par le secteur public ou des centres privés sub-
salariés du bas de l’échelle41. Plus des deux tiers ventionnés par l’État dont le coût est aligné sur
des parents disposant de faibles revenus interro- le revenu des parents47. Les Pays-Bas ont adopté
gés lors d’une enquête menée récemment aux une loi sur la garde des enfants (entrée en
États-Unis ont déclaré avoir au moins un enfant vigueur en janvier 2005) aux termes de laquelle
souffrant d’un problème de santé chronique ou les parents, les employeurs et le gouvernement
d’apprentissage nécessitant un soutien particulier, se partagent la responsabilité des frais de garde-
et ne pas pouvoir passer du temps avec leur rie. Le gouvernement verse des subventions
famille sans compromettre leur gagne-pain42. directement aux parents qui choisissent alors la
crèche qui leur convient. Les employeurs versent
L’absence de garderies d’un prix abordable et de un sixième du coût de la garde des enfants par
qualité vient encore compliquer les choses. Les employé, tandis que les autorités locales se
enfants qui sont élevés dans des conditions de portent garantes de la qualité des services et
sécurité, dans un milieu stable et stimulant, qui règlementent les établissements48.
les incite à l’apprentissage, sont meilleurs en cal-
cul, assimilent plus facilement, sont plus éveillés Dans plusieurs pays industrialisés, les grandes
et ont moins de problèmes de comportement que entreprises ont adopté diverses initiatives de sou-
les enfants moins bien entourés43. tien à la famille : congés parentaux, primes de
maternité, interruptions de carrière, horaires à la
Dans de nombreux pays, sans mesures ou sub- carte, dispositions pour la garde des enfants et
ventions de l’État, les familles économiquement programmes de partage des tâches (voir Encadré,
faibles n’ont pas les moyens de faire garder leurs page 46)49. Les employeurs y trouvent leur
enfants dans de bonnes conditions. Dans d’autres compte autant que les employés. En effet, les
pays, les garderies de qualité sont chères même parents et les employeurs s’accordent pour
pour les familles de la classe moyenne44. Les reconnaître que quand les horaires sont souples,
parents font alors appel aux membres de la les parents arrivent mieux à concilier leur car-
famille élargie pour s’occuper de leurs enfants rière avec leur vie de famille, car ils peuvent
pendant qu’ils travaillent. Des études réalisées en répondre aux besoins de leurs enfants sur le plan
Chine et dans l’ouest de Java (Indonésie), par de la santé et de l’éducation50.
exemple, montrent que les grand-mères, en parti-
culier, jouent un rôle actif dans l’éducation des Femmes qui émigrent pour le travail :
enfants quand les mères sont au travail45. conséquences pour leurs enfants
De par le monde, entre 185 millions et 192 mil-
Lorsque les familles ont accès à des garderies de lions de migrants vivent en dehors de leur pays
qualité et d’un prix abordable, il est plus proba- d’origine et près de la moitié d’entre eux sont des
ble que les mères entreront dans la vie active. femmes51. Si la migration des femmes peut avoir
Dans les quartiers défavorisés de Rio de Janeiro des avantages, elle engendre aussi de nouveaux
(Brésil), l’accès à des garderies publiques permet problèmes au niveau des individus et des
aux mères de famille de travailler à l’extérieur et familles52. L’un de ces risques est la séparation,
d’accepter des emplois à plein temps ou à mi- car l’immigration oblige parfois les parents à
temps. C’est également le cas dans la Fédération laisser leurs enfants derrière eux. Aux
de Russie, où la création de crèches subvention- Philippines, par exemple, entre 3 et 6 millions
nées permet aux mères d’entrer dans la vie active d’enfants (soit de 10 à 20 pour cent de tous les
et d’arrondir leur revenu et celui du ménage. Au enfants âgés de moins de 18 ans) n’ont pas pu
Kenya, il a été démontré qu’il y avait une corré- suivre leurs parents partis travailler à l’étranger53.

L’ É G A L I T É FA C E À L’ E M P L O I 45
Les données réunies aux Philippines, ainsi que les ticulièrement désavantagé en termes de revenus
études réalisées en Indonésie et Thaïlande, per- ou d’accès aux services de base, tels que la santé
mettent de penser que, comparés aux enfants des et l’éducation. Les migrations sont souvent en
non-migrants, les enfants de familles migrantes effet un moyen efficace pour les ménages de lut-
ne constituent pas nécessairement un groupe par- ter contre la pauvreté, et les familles élargies

Les effets positifs de conditions de travail adaptées à la situation familiale


dans les pays industrialisés

Tout au long de la décennie qui a suivi Les initiatives axées sur la famille compensation relativement élevé, fait
la Conférence internationale sur la popu- profitent tant aux entreprises qu’aux partie intégrante du modèle de politi-
lation et le développement qui s’est employés. Des études effectuées au que familiale. En Suède, par exemple,
déroulée au Caire en 1994, et de la Canada, en Finlande, au Royaume-Uni les familles qui travaillent ont droit à
Quatrième Conférence mondiale sur les et en Suède montrent que dans les 12 mois de congé parental payé, à
femmes organisée à Beijing l’année sui- entreprises qui ont adopté des mesu- répartir entre les parents comme ils le
vante, de nombreuses initiatives axées res en faveur de la famille, la rotation souhaitent, à condition qu’un seul
sur la famille et visant à favoriser l’éga- du personnel est plus réduite, les coûts parent soit en congé quelle que soit la
lité des sexes et à permettre aux parents liés au recrutement, à la formation, et à période considérée. Les mères ayant le
de concilier travail et famille ont vu le l’absentéisme diminuent, et les mères droit, en Suède, de travailler à temps
jour. Cet intérêt accru pour la famille est reprennent plus souvent leur emploi partiel jusqu'à ce que les enfants
né d’une évidence : les familles dont les après un congé de maternité. Selon les entrent à l’école, on constate que, dans
deux parents travaillent ont besoin de estimations, les mesures favorables les familles où les deux parents ont un
soutien et, sans aide, l’égalité des sexes à la famille rapporteraient près de revenu, près de la moitié des mères de
sur le lieu de travail ne peut pas être 8 pour cent aux entreprises. L’AMP, familles travaillent moins de 35 heures
garantie. Dans plusieurs pays industriali- une grande société australienne de par semaine. Si certains pays encoura-
sés, le soutien du secteur privé et du gestion du patrimoine, estime que son gent les pères à prendre un congé
secteur public aux familles qui travail- investissement dans une politique temporaire pour s’occuper de leurs
lent, et en particulier aux femmes qui familiale sur le lieu de travail a rap- nouveau-nés, la plupart des pays conti-
ont de jeunes enfants, se compose d’un porté plus de 400 pour cent, surtout nuent à accepter la division tradition-
large éventail d’initiatives : horaires sou- grâce à la reprise du travail après un nelle du travail selon laquelle ce sont
ples, télétravail ou travail à domicile, congé de maternité. Cependant, des les femmes qui restent à la maison.
congés parentaux, soins médicaux aux études plus approfondies révèlent que
enfants malades et dispositions pour la les mesures favorables à la famille En l’absence de collecte systématique
garde des enfants. En l’absence de gar- comme les congés parentaux, les sub- des données, il est difficile d’évaluer
deries, le travail à temps partiel peut ventions pour la garde des enfants ou l’efficacité des initiatives favorables à la
aider les parents à faire coïncider leur ces deux avantages sociaux combinés, famille (par ex. dans quelle mesure
travail et leur vie de famille. s’adressent plutôt aux employés bien elles permettent aux parents de trouver
rémunérés plutôt qu’aux salariés du un équilibre entre leur travail et leur vie
Certaines entreprises ont commencé à bas de l’échelle. Les mères de familles familiale). Elles semblent positives
mettre en œuvre des initiatives axées qui touchent de petits salaires, travail- mais deux problèmes perdurent, même
sur la famille. En Australie, en plus des lent dans des conditions difficiles, lorsque la famille est protégée par l’en-
horaires souples, 35 pour cent des reçoivent peu de compensations et treprise. Tout d’abord, les mères qui
conventions collectives des grandes n’ont pas accès aux services de garde- travaillent assument toujours la respon-
entreprises et 8 pour cent des petites rie ont grand besoin de mesures de ce sabilité principale des enfants, sont
entreprises comprennent au moins une type. Dans les pays industrialisés, les souvent obligées d’interrompre leur
disposition en faveur de la famille. politiques familiales ne sont pas uni- carrière et cumuleront toute leur vie les
BMW, le constructeur allemand d’auto- formes. Dans certains pays, les parents travaux ménagers et leur vie profes-
mobiles, verse des allocations familia- peuvent prendre jusqu’à trois ans de sionnelle. Deuxièmement, le modèle
les à ses employés pour l’achat, par congé avec une certaine compensation actuel de politique familiale exclut fré-
exemple, de poussettes, de vêtements financière, tandis que dans d’autres quemment les petits salariés sans qua-
d’enfants ou d’appareils auditifs pour pays, le congé est limité à la période lifications, en particulier les mères qui
les personnes âgées de la famille. qui précède et qui suit immédiatement travaillent, en favorisant plutôt les
L’entreprise fournit également des crè- l’accouchement. Dans les pays scandi- employés mieux payés.
ches et un soutien financier pour la naves, le congé parental, assorti de la
garde des enfants. protection de l'emploi et d’un taux de Voir Références, page 88.

46 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
aident à combler le vide laissé par les parents Un certain nombre de pays ont adopté des mesu-
absents54. Les fonds envoyés par les parents qui res positives pour s’attaquer au problème de la
auront migré sont souvent une source importante migration et à ses effets sur les femmes et leurs
de revenus pour les familles restées au pays55. familles. En 2003, le Gouvernement jordanien a
adopté un contrat de travail spécial en faveur
La migration améliore le statut des femmes et des employés de maison non jordaniens. Les
l’image qu’elles se font d’elles-mêmes dans la Philippines et Sri Lanka demandent aux travail-
mesure où elles peuvent jouer un rôle important leurs qui quittent le pays de s’inscrire auprès du
en envoyant des fonds à leur famille et à leur gouvernement. La loi italienne sur l’immigration
communauté56. Plusieurs études universitaires ont offre un certain nombre de mesures de protection
révélé une amélioration de la scolarisation et de aux migrants et à leurs familles67. Toutefois, si le
l’accès des enfants aux services de santé dans les problème de la migration occupe une place prio-
familles dont les parents travaillent à l’étranger57. ritaire dans le débat sur le développement, ses
conséquences considérables pour les enfants ne
Bien que les fonds envoyés par les travailleurs sont que rarement évoquées et étudiées.
migrants puissent améliorer considérablement le
revenu du ménage, la migration de l’un ou des
Combattre les attitudes négatives à
deux parents peut avoir des conséquences négati-
ves sur les enfants, en mettant en danger leur
l’égard des femmes au travail
développement et leur bien-être58. Des recherches La Convention sur l’élimination de toutes les
effectuées en Équateur, au Mexique et aux formes de discrimination à l’égard des femmes
Philippines indiquent que les enfants dont les garantit aux femmes l’égalité devant la loi et pré-
parents ont émigré souffrent parfois de problè- conise des mesures spécifiques visant à éradiquer
mes psychologiques59. Aux Philippines, les la discrimination à l’égard des femmes dans tous
enfants dont la mère a émigré affirment ressentir les aspects de leur vie, et notamment ceux qui
de la colère, se sentir seuls et avoir peur60. Dans ont trait à l’éducation, la santé, l’emploi, le
d’autres pays, les risques que les enfants soient mariage et la famille68. Bien que tous les pays ou
victimes de violences ou de la traite augmentent presque aient adopté cette Convention – parfois,
quand la famille élargie ou des amis ont la garde il est vrai, avec des réserves – il reste encore
des enfants que les parents n’ont pas pu emme- beaucoup à faire pour s’assurer que la discrimi-
ner avec eux – des risques que les études réalisées nation n’empêche pas les femmes de travailler de
en Albanie et en République de Moldova souli- manière productive.
gnent particulièrement61.
Le monde du travail doit être transformé de
Les « migrations involontaires » représentent façon à tenir compte du rôle que les deux
également des risques particulièrement graves parents jouent dans l’éducation des enfants,
pour les enfants. Les enfants réfugiés et déplacés comme le stipule l’article 18 de la Convention
à l’intérieur de leur propre pays sont particulière- relative aux droits de l’enfant. Il convient de pro-
ment menacés62. Il arrive qu’ils soient séparés de mouvoir des politiques et programmes sociaux
leurs familles, qu’ils se retrouvent sans domicile permettant aux femmes et aux hommes de conci-
et vivent dans des conditions misérables qui com- lier vie professionnelle et responsabilités familia-
promettent leur santé et leur éducation63. les, et d’encourager les hommes à assumer une
part égale des tâches ménagères et de l’éducation
Les femmes et les jeunes filles qui ont émigré sont des enfants69. Il importe aussi de mettre en
particulièrement exposées à la violence et à l’ex- œuvre des politiques visant à éliminer les com-
ploitation. Comme elles acceptent fréquemment portements sexistes auxquels sont confrontées les
des emplois subalternes, travail de ménage par femmes qui travaillent en les combattant à la
exemple, les femmes migrantes doivent souvent racine, notamment la ségrégation sectorielle et
faire face à de graves violations de leurs droits fon- professionnelle, ainsi que le manque d’instruction
damentaux64. Selon une étude de l’Organisation et de formation70. Le chapitre 5 évoque les
internationale du Travail, la moitié des femmes actions et initiatives concrètes nécessaires pour
interrogées qui travaillaient dans des familles éliminer la discrimination sexiste dans le secteur
comme domestiques ont déclaré avoir été victimes de l’emploi. Un court résumé de ces mesures
de violences verbales, physiques ou sexuelles65. figure ci-dessous.
Lorsque les migrants ont des enfants à l’étranger,
ils sont parfois victimes de discrimination quand Le rôle essentiel de l’éducation : l’une des straté-
ils transmettent leur nationalité à leurs enfants. gies les plus importantes pour s’assurer que gar-
S’ils sont sans papiers, ils hésitent parfois à décla- çons et filles arriveront sur le marché du travail, à
rer leurs enfants de crainte d’être expulsés66. l’âge adulte, sur un pied d’égalité, consiste à leur

L’ É G A L I T É FA C E À L’ E M P L O I 47
assurer le même accès à l’éducation. Plusieurs • Encourager les autorités scolaires et les ensei-
stratégies se sont avérées efficaces pour améliorer gnants à adopter des horaires souples.
la scolarisation des filles au niveau du primaire et
du secondaire, notamment l’élimination des frais • Permettre aux adolescents mariés et aux
de scolarité. Cependant, cette dernière mesure ne parents non mariés de suivre les cours.
garantira pas à elle seule la parité dans le secteur
de l’éducation. Les gouvernements, les parents et • Faire en sorte que les établissements scolaires
les donateurs internationaux doivent travailler ne tolèrent pas la violence sexiste.
main dans la main pour s’assurer que les écoles
ouvrent largement leurs portes aux filles en adop- • S’assurer que les écoles sont équipées de
tant une série de mesures : latrines séparées pour les filles.

Le travail des enfants : filles et garçons sont-ils affectés de manière différente ?


Le sexe d’un enfant détermine dans domestiques sont la principale activité du monde extérieur et sont donc parti-
une très large mesure s'il travaillera ou économique des filles de moins de 16 culièrement exposés à la violence, à
non pendant son enfance. Bien que le ans partout dans le monde, et les filles l’exploitation et aux mauvais traite-
travail des enfants constitue une viola- employées dans ce secteur sont plus ments. Les travaux domestiques
tion des droits de tous les enfants – les nombreuses que dans toute autre deviennent encore plus dangereux
garçons comme les filles – le fait est forme de travail. La majorité des quand les enfants sont emmenés dans
que les filles commencent souvent à enfants qui travaillent comme d’autres villes ou d’autres pays dont ils
travailler à un plus jeune âge que les employés de maison – soit plus de ne parlent pas toujours la langue. Il
garçons, en particulier dans les zones 90 pour cent selon des études réalisées existe une corrélation étroite entre le
rurales, où l’on rencontre la majorité dans les années 1990 – sont des filles. sexe de l’enfant et cette traite des
des enfants qui travaillent. Les filles Ces chiffres se vérifient en particulier enfants : les filles font surtout l’objet
assument aussi souvent une plus en Amérique latine. Au Guatemala, d’un commerce d’employées de mai-
grande partie des tâches ménagères par exemple, où les garçons qui tra- son et d’exploitation sexuelle à des
que les garçons. En raison de la répar- vaillaient à l’extérieur sont deux fois fins commerciales.
tition traditionnelle des rôles, de nom- plus nombreux que les filles, plus de
breuses filles sont privées de leur droit 90 pour cent des enfants qui travaillent L’expérience différente des filles et des
à l’éducation quand elles ne doivent comme employés de maison sont des garçons est une bonne raison d’inté-
pas s’échiner à travailler à la maison, à filles. Dans certains pays, la situation grer des considérations liées aux diffé-
l'école et à l’extérieur, qu’il s’agisse est inversée; au Népal, par exemple, la rences entre sexes dans les études, les
d’un travail rémunéré ou non. majorité des enfants qui travaillent activités de sensibilisation, les pro-
comme domestiques sont des garçons. grammes et les politiques relatifs au
En République dominicaine, par exem- travail des enfants. Les études qui
ple, les parents comptent sur les filles Dans de nombreux pays d’Asie de l’Est reflètent les disparités entre les sexes
pour s’occuper de leurs frères et sœurs et d’Asie du Sud-Est, les parents fourniront une base d’action plus
et du ménage. De ce fait, les filles sont envoient leurs filles travailler comme solide en faveur de la réduction du tra-
pratiquement deux fois plus nombreu- domestiques parce qu’ils estiment que vail des enfants. Les programmes et
ses que les garçons à se charger des c’est une bonne préparation au les politiques qui tiennent compte des
tâches domestiques. En Égypte, les fil- mariage. En Inde, les filles accompa- disparités entre les garçons et les filles
les sont censées assumer la majeure gnent souvent leurs mères qui travail- afin de combattre et prévenir le travail
partie des tâches domestiques. Les lent comme domestiques, et à l’âge de des enfants sont essentiels pour garan-
parents hésitent souvent à envoyer 8 ou 9 ans, elles sont elles-mêmes tir le respect des droits des garçons et
leurs filles à l’école, car l’éducation engagées comme bonnes. Au Ghana, des filles, notamment le droit à une
n’est pas considérée comme un inves- où les filles sont traditionnellement éducation, le droit à une enfance en
tissement judicieux puisqu’elles vont censées s’occuper de la maison, de bonne santé, le droit à une protection
se marier jeunes et quitter le foyer nombreuses mères encouragent leurs contre la violence, les mauvais traite-
familial. filles à travailler comme domestiques. ments et l’exploitation, et le droit de se
reposer et de jouer.
L’entretien rémunéré du ménage est Les travaux domestiques sont parmi
souvent considéré comme une forme les moins réglementés. Les enfants et
d’emploi qui convient bien aux filles. les adultes qui travaillent dans l’inti-
Selon les statistiques, les travaux mité des foyers, échappent au regard Voir Références, page 88.

48 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
• Construire les écoles à proximité du lieu d’ha- • Éliminer les écarts de salaires déterminés uni-
bitation des filles. quement par le sexe.

• Encourager les parents et les notables de la • Offrir des garderies ou crèches qui soient d’un
communauté à participer activement à la ges- prix abordable et de qualité73.
tion de l’école71.
Le respect des droits des femmes, une plus
Il convient en outre de prendre toutes les mesu- grande transparence des pouvoirs publics et l’ef-
res nécessaires pour que les programmes scolai- ficacité économique dépendent également de
res aident les élèves à comprendre l’importance l’adoption de budgets favorables à l’égalité des
de l’égalité des sexes. sexes (voir Chapitre 5, page 74). Ce mécanisme
analyse l’impact des dépenses et des recettes du
Élimination des disparités sexistes dans la législa- gouvernement sur les femmes et les jeunes filles,
tion : les mesures les plus essentielles visant à éli- comparé aux hommes et aux garçons. Le but
miner la discrimination sexiste dans les textes de n’est pas d’adopter des budgets séparés pour les
loi relatifs à la propriété en général et à la pro- femmes ou d’accroître uniquement les dépenses
priété foncière en particulier doivent comprendre des programmes destinés aux femmes. Ce méca-
entre autres les actions suivantes : nisme aide au contraire les gouvernements à
comprendre comment les politiques doivent être
• Harmoniser la législation nationale avec les ajustées et vers quels secteurs les ressources doi-
normes internationales relatives aux droits de vent être réaffectées pour lutter contre la pau-
l’homme. vreté et les inégalités liées au sexe.

• Réformer le droit à la propriété et le droit fon- Les initiatives budgétaires visant à éliminer les
cier afin d’éliminer la discrimination à l’encon- disparités liées au sexe portent sur les processus
tre des femmes. nationaux, provinciaux et municipaux et peuvent
concerner l’ensemble du budget ou uniquement
• Faire participer les organismes internationaux certains de ses volets. Elles peuvent être menées à
et les organisations non gouvernementales aux bien au sein du gouvernement par le ministère
initiatives visant à repérer et exposer les viola- des finances en coopération avec le ministère des
tions du droit des femmes à la propriété, ainsi affaires de la femme ou d’autres branches du
qu’à surveiller le respect, par le gouvernement, gouvernement responsables du bien-être social,
des traités internationaux relatifs aux droits de ou par des organisations non gouvernementales
l’homme72. et des chercheurs indépendants74.

Le rôle du gouvernement concernant le soutien La nécessité d’améliorer les données et les analy-
aux familles qui travaillent : les gouvernements ses : bien que les statistiques disponibles suffisent
doivent adopter des mesures législatives, admi- à démontrer que les femmes travaillent générale-
nistratives et financières afin de créer un envi- ment plus que les hommes et gagnent moins bien
ronnement vigoureux et favorable à l’esprit leur vie, l’absence de données ventilées par sexe
d’entreprise des femmes et à leur participation empêche une analyse plus détaillée des disparités.
à la vie active, notamment : La collecte de données plus précises et ventilées
par sexe sur l’emploi et le revenu pourrait amé-
• Créer de meilleures conditions d’emploi. liorer considérablement l’analyse qui sous-tend
les politiques et les programmes – ce dont bénéfi-
• Mettre en place des plans d’organisation des cieraient les femmes, les enfants, les familles et
carrières. même les économies tout entières.

L’ É G A L I T É FA C E À L’ E M P L O I 49
La participation des fem- tence des femmes dans les postes à res- que et au gouvernement contribuent
RÉSUMÉ mes à la vie politique ponsabilités, ainsi que la charge de travail néanmoins à faire évoluer les choses.
est un objectif à part entière pour ce millé- plus lourde qui leur incombe, continuent à Leur influence ne se limite pas à l'adop-
naire. L'arrivée en force des femmes dans limiter leur participation à la vie politique. tion de législations plus vigoureuses en
l'arène politique ouvre la porte à des chan- faveur des femmes et des enfants, mais
gements au sein des sociétés. Leur enga- • La présence des femmes dans les institu- elles aident également les organes déci-
gement auprès des gouvernements aux tions locales peut avoir des retombées deurs à devenir plus démocratiques et
niveaux national et local favorise l’adop- positives immédiates pour les femmes et plus égalitaires.
tion de politiques et de législations axées les enfants, en particulier en ce qui
sur les femmes, les enfants et les familles. concerne la répartition des ressources • Une participation accrue des femmes à
communautaires et les mesures qui la vie politique est essentielle pour pro-
• Nous avons la preuve aujourd’hui que concernent la garde des enfants. mouvoir l’égalité des sexes, donner aux
les femmes qui font de la politique sont femmes des moyens d’action et faire
d’ardents défenseurs des enfants à tous • La participation des femmes aux négo- respecter les droits de l’enfant. Les der-
les niveaux parce qu’elles favorisent ciations de paix et à la reconstruction au niers obstacles qui s’opposent à leur
l’adoption de législations qui reflètent les lendemain d’un conflit est indispensable participation doivent être levés, et les
droits, priorités, expériences et contribu- pour garantir la sécurité et la protection femmes doivent être encouragées et
tions des femmes, des enfants et des des enfants et des autres populations soutenues par leurs partis politiques
familles et encouragent des change- vulnérables. Et pourtant, dans le meilleur lorsqu’elles décident de présenter leur
ments d’orientation tangibles en ce sens. des cas, le rôle des femmes dans la plu- candidature. On sait aujourd’hui que les
part des processus de paix est toujours quotas législatifs sont des moyens effica-
• Bien que la représentation des femmes informel. Si les gouvernements et les ces de stimuler la représentation des
dans les organes parlementaires ait pro- autres acteurs politiques ne demandent femmes dans l’administration locale,
gressé régulièrement au cours de la der- pas mieux que d’encourager les contacts voire au niveau national, dans certains
nière décennie, elles sont toujours sous avec des groupes de femmes qui igno- pays. Pour aboutir, les initiatives en
représentées dans pratiquement tous les rent souvent les lignes de conflit, ils faveur de l’égalité des sexes doivent
organes législatifs nationaux – représen- n’invitent que rarement les femmes à aussi être soutenues par les hommes, en
tant un peu moins de 17 pour cent du s’asseoir à la table de négociations. particulier les parlementaires et les diri-
nombre total de parlementaires dans le geants politiques. Des statistiques et des
monde. Plusieurs des effets pernicieux • Malgré leur participation limitée au jeu études plus poussées sont nécessaires
de la discrimination liée au sexe, qu’il politique national et local et au proces- pour évaluer dans son intégralité l’im-
s’agisse du faible niveau d’instruction, des sus de reconstruction après les conflits, pact des femmes parlementaires sur les
attitudes sociales qui récusent la compé- les femmes engagées dans la vie politi- politiques relatives aux enfants.
L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7

L’égalité dans
4
la vie politique
et au gouvernement
es enfants ont beaucoup à gagner – ou à Plaider en faveur des femmes, des enfants et

L perdre – des décisions politiques mais ne


peuvent guère les influencer puisqu’ils
n’ont pas le droit de vote et personne
pour représenter directement leurs intérêts dans
les sphères du gouvernement. Leurs défenseurs –
des familles
Pour plusieurs raisons, l’évaluation de l’impact
de la participation des femmes à la vie politique
en général et sur les questions qui touchent à
l’enfance en particulier, est une tâche complexe et
© UN Photo/Paulo Filgueiras

si tant est que quelqu’un plaide leur cause – peu- difficile. Tout d’abord, dans de nombreux pays,
vent réellement contribuer au respect des droits le nombre de femmes qui font de la politique est
de l’enfant à la survie, au développement et à la beaucoup trop faible et leur présence dans la
protection. vie publique bien trop récente pour que l’on
puisse mesurer vraiment l’effet de leur action.
Il est de plus en plus évident que les femmes qui Deuxièmement, les sciences politiques n’ont com-
font de la politique sont d’ardents défenseurs mencé que très récemment à se pencher sur le
des enfants aux niveaux national et local. Leur comportement des parlementaires. Troisièmement,
action est tout aussi importante quand elles sont il y a le problème des indicateurs : quelle est
représentées dans les processus de paix et la l’unité de mesure adéquate pour évaluer l’impact
reconstruction au lendemain d’un conflit. Leur d’un législateur ? L’appui aux projets de loi, les
participation à la vie politique peut modifier modalités de vote et l’ancienneté politique ne sont
considérablement la conduite des affaires publiques certes pas négligeables, mais il ne s’agit que de
d’un pays en le rendant plus attentif aux préoc- mesures d’influence relatives et non pas absolues.
cupations de ses citoyens. Ce chapitre montrera
que les femmes qui font de la politique encoura- Malgré ces difficultés, chaque fois que la repré-
gent également des changements d’orientation sentation politique des femmes est relativement
directs et tangibles qui reflètent les priorités, importante et qu’on dispose de données suffisan-
expériences et contributions des femmes, des tes pour évaluer leur impact, la même conclusion
enfants et des familles. Quand les femmes ne s’impose : dans la vie politique, les femmes ont
peuvent pas faire entendre leur voix en politique, une influence marquée dans au moins trois sec-
ce sont d’ardents défenseurs des enfants qui sont teurs importants – les organes législatifs natio-
réduits au silence. naux, les institutions locales et la reconstruction
après les conflits.
La participation des femmes à la vie politique
reste toutefois limitée. Bien que la représentation • L’arène politique nationale. Lorsque les fem-
des femmes au parlement n’ait cessé d’augmenter mes sont mieux représentées au parlement, les
au cours de la dernière décennie, la parité des organes législatifs sont plus sensibles aux
sexes à tous les niveaux de la vie politique est préoccupations des femmes et des enfants, ce
loin d’être devenue une réalité. Au rythme actuel qui a une influence sur les textes de lois et les
d’augmentation annuelle de la proportion de politiques qui traitent des droits de ces deux
femmes membres des parlements nationaux – groupes.
environ 0, 5 pour cent au niveau mondial – la
parité entre les sexes ne sera atteinte qu’en 2068 • L’arène politique locale. La présence de fem-
dans les organes législatifs nationaux1. mes à des postes de responsabilité dans l’arène

51
politique locale permet souvent de privilégier Selon des données récentes, ce type de comporte-
les questions liées aux femmes et aux enfants. ment s’est vérifié au cours de la décennie sui-
On a montré en Inde que la participation des vante. En 1999, les femmes parlementaires
femmes à la vie politique locale pouvait faire d’Argentine ont joué un rôle capital dans l’adop-
pencher la balance en faveur des femmes et des tion d’une loi modifiant le code pénal en définis-
enfants lors de la répartition des ressources sant explicitement les crimes sexuels à l’égard des
communautaires2. femmes et des enfants et en alourdissant les pei-
nes pour ces actes odieux. Plusieurs années plus
• Les processus de paix et la reconstruction tard, pendant l’année parlementaire 2004–2005,
après les conflits. Il apparaît de plus en plus les femmes parlementaires ont contribué à l’adop-
clairement que la contribution des femmes est tion de la Loi sur la protection intégrale des
essentielle tant au succès à long terme des pro- droits des enfants et des adolescents7.
cessus de paix qu’à la stabilité d’un pays au
lendemain d’un conflit. On constate des tendances similaires dans d’au-
tres pays d’Amérique latine. En 1999, les députés
femmes du Costa Rica ont présenté et contribué
Les femmes dans l’arène politique à l’adoption de la Loi contre l’exploitation
nationale sexuelle des mineurs, ainsi que des réformes du
code pénal national alourdissant les peines infli-
Promouvoir les intérêts des enfants
gées aux auteurs d’agressions sexuelles contre
et des femmes
des enfants et des personnes handicapées. En
La plupart des recherches sur les priorités des 2003, en Colombie, les femmes sénateurs ont
femmes parlementaires ont été réalisées dans des contribué à la promulgation de la toute première
pays industrialisés où le comportement législatif législation sur l’égalité des chances dans ce pays.
est étudié de plus près que dans les pays en déve- Ces textes de loi comportent un large éventail de
loppement3. Les études de cas sur les comporte- dispositions visant à promouvoir et garantir les
ments des législateurs en termes de soutien aux droits des jeunes filles et des femmes, à éliminer
projets de loi et la nature des textes adoptés dans les obstacles qui s’opposent à l’exercice de leurs
tout un éventail de pays industrialisés confirment droits, et à intégrer à tous les niveaux de l’admi-
l’attachement des femmes aux questions concer- nistration des politiques équitables pour les hom-
nant les enfants, les femmes et les familles. Cet mes et les femmes8.
attachement se traduit à la fois par un soutien
actif aux projets de loi appropriés et par une On observe le même phénomène dans les activi-
action en faveur de la promulgation de ces tex- tés des femmes parlementaires des pays indus-
tes. L’enquête a été élargie à un certain nombre trialisés. En Nouvelle-Zélande, un examen récent
de pays en développement pour arriver aux des débats parlementaires sur la question des
mêmes conclusions4. soins aux enfants et des congés parentaux por-
tant sur une période de 25 ans (de 1975 à 1999)
On aurait tort de conclure sur la base de ces a révélé des tendances similaires de la part des
résultats que toutes les femmes parlementaires se femmes parlementaires (voir Figure 4.1, page
mobilisent en faveur des femmes et des enfants; il 53)9. Au Royaume-Uni, une analyse à paraître
y a certes des exceptions. Cependant, les études des débats en plénière de l’assemblée nationale
qui suivent indiquent que de nombreuses ques- du pays de Galles (3 millions de mots au total), a
tions qui touchent particulièrement les femmes et mis en lumière l’écart entre les législateurs hom-
les enfants pourraient ne jamais figurer à l’ordre mes et femmes quand il s’agissait de lancer le
du jour des organes parlementaires sans un sou- débat sur les soins aux enfants10.
tien vigoureux des femmes parlementaires.
L’attachement des parlementaires à défendre la
Une étude originale portant sur les femmes parle- cause des enfants et des familles permet aussi de
mentaires en Amérique latine a révélé qu’au par- tresser des liens au-delà des partis et convictions
lement argentin, pendant la période 1993–1994, idéologiques. Les pays dans lesquels des alliances
les projets de loi relatifs aux enfants et à la multipartites de femmes parlementaires ont
famille avaient 9,5 fois plus de chances d’être réussi à faire avancer la cause des femmes et
soutenus par des femmes députés que par leurs des enfants sont notamment l’Afrique du Sud,
homologues masculins5. Par ailleurs, bien qu’el- l’Égypte, la France, la Fédération de Russie, les
les n’aient représenté que 14 pour cent du nom- Pays-Bas, le Rwanda et la Suède11.
bre total de députés argentins, les femmes ont
présenté pas moins de 78 pour cent des projets Dans le cas de la Fédération de Russie, un exa-
de loi relatifs aux droits des femmes6. men du rôle des femmes parlementaires à la

52 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Douma (le parlement russe) entre 1995 et 1999 foncière mais elle avait également un impact
révèle qu’elles ont pu surmonter leurs divergen- négatif sur, notamment, la production et la sécu-
ces idéologiques et partisanes pour promouvoir rité alimentaires, l’environnement, les modes
une législation en faveur des enfants et des famil- d’habitat, ainsi que les moyens d’existence des
les. Au nombre des mesures proposées on peut familles et des enfants restés au foyer.
citer les soins et le soutien aux enfants; les pres-
tations sociales pour les citoyens avec enfants; les Au Rwanda, les femmes parlementaires sont éga-
prestations sociales pendant la grossesse et les lement intervenues vigoureusement en faveur
congés parentaux; les réductions d’impôts pour d’une augmentation des dépenses publiques
les familles nombreuses; les sanctions pour les affectées à la santé et à l’éducation, ainsi que
personnes reconnues coupables de violence fami- d’une aide spéciale aux enfants handicapés. En
liale; et l’égalité des droits des hommes et des 2006, le Forum des femmes parlementaires, un
femmes qui ont une famille12. groupe parlementaire multipartite constitué en
2003, a travaillé et soutenu un projet de loi
Les initiatives visant à promouvoir les droits des visant à combattre la violence sexiste. Le texte
enfants s’accompagnent souvent de mesures en proposé définira la violence sexiste et traitera les
faveur des droits des femmes. On peut citer en crimes commis pendant le génocide, ainsi que les
exemple le Rwanda, où en 1999, les femmes par- violations qui sont toujours d’actualité13.
lementaires ont joué un rôle d’importance capi-
tale dans l’adoption d’une loi renforçant les La mobilisation des femmes parlementaires
droits des femmes. La nouvelle législation éta- rwandaises n’est pas un phénomène isolé; elle
blissait pour la première fois le droit des femmes s’inscrit plutôt dans une tendance apparue dans
d’hériter de terres. Au lendemain du génocide d’autres pays de la région il y a quelques années.
rwandais, qui a détruit et dispersé de nombreuses En Afrique du Sud, les femmes parlementaires se
familles, l’exclusion des femmes de la propriété sont engagées avec détermination en faveur du
foncière posait un grave problème. Cette viola- texte de loi sur la violence familiale de 1998. Ce
tion de leurs droits fondamentaux empêchait non texte fait spécifiquement référence aux enfants, il
seulement les femmes d’accéder à la propriété définit les différentes formes de violence familiale

Figure 4.1 Présentation de projets de loi en Argentine et en Nouvelle-Zélande


Les femmes parlementaires sont plus disposées que les hommes à soutenir
les droits des enfants et des femmes

Argentine : présentation de projets Nouvelle-Zélande : lancement de


de loi relatifs aux droits débats sur les soins aux enfants
des femmes, 1993-1994 et les congés parentaux, 1987-1992
100
90
80 78
66
Pourcentages

70
60
50
40
30
20 14 15
10
0
pourcentage de pourcentage de pourcentage de pourcentage de
femmes qui siègent projets de loi femmes qui siègent débats lancés
au parlement proposés par des au parlement par des femmes
femmes parlementaires parlementaires sur
sur les droits des femmes les soins aux enfants
et les congés parentaux

Source : les calculs de l’UNICEF concernant la représentation parlementaire et l’évolution de la présentation des projets de loi en Argentine
sont basés sur Jones, Mark P., ‘Legislator Gender and Legislator Policy Priorities in the Argentine Chamber of Deputies and the United States
House of Representatives’, Policy Studies Journal, vol. 25, no. 4, 1997, p. 613-629. Les calculs de l’UNICEF relatifs à la représentation des
femmes au parlement et à l’évolution de la présentation des projets de loi en Nouvelle-Zélande sont basés sur Grey, Sandra, ‘Does Size
Matter? Critical mass and New Zealand’s women MPs’, Parliamentary Affairs, vol. 55, no. 1, janvier 2002. Bien que l’étude ait porté sur la
période 1975-1999, les données utilisées concernaient la période 1987-1992.

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 53
Les femmes et la politique : mythes et réalités

Doit-on s’attendre à ce que la participa- politiques. Des changements importants hommes, les premières ayant alors
tion des femmes parlementaires modifie se sont certes produits au cours des der- moins de temps et d’énergie à consacrer
les résultats de l’action gouvernemen- nières décennies mais, dans la plupart à la vie politique. Aux États-Unis, il appa-
tale ? Les raisons qui font penser que des pays, les femmes assument toujours raît qu’à mesure qu’elles voient dimi-
les femmes pourraient agir dans une les principales responsabilités de presta- nuer leurs responsabilités domestiques
perspective différente de leurs homolo- taires de soins non professionnelles pour et familiales, les femmes cherchent
gues de sexe masculin sont pratiques leur famille, et notamment les enfants et davantage à briguer un mandat électif.
plutôt que théoriques. les personnes âgées.
• Une culture d’exclusion : dans beaucoup
Une perspective différente Les femmes sont plus enclines à se de pays, les réseaux politiques et finan-
Dans une enquête approfondie menée considérer comme les représentantes ciers sont contrôlés par les hommes. Les
auprès de 187 femmes parlementaires ori- des femmes. Il ressort par exemple pratiques culturelles qui servent à entre-
ginaires de 65 pays par l’Union interparle- d’une étude sur les parlementaires réali- tenir et consolider les liens de solidarité
mentaire (UIP) en 1999, les personnes sée aux États-Unis que les femmes se masculine au sein de ces réseaux, telles
interrogées ont systématiquement pré- sentent investies d’une responsabilité que la consommation d’alcool et de
senté les femmes comme ayant des prio- spéciale de représenter les autres fem- tabac ou la pratique du golf, sont des
rités différentes de celles des hommes. mes et se jugent plus capables de repré- étapes sur le chemin qui mène à un
Quatre sur cinq ont estimé que les fem- senter leurs intérêts. En Irlande du Nord, mandat électif. Il ressort d’une étude
mes avaient des idées conceptuellement par exemple, près d’un tiers des femmes réalisée en Thaïlande que les hommes
différentes sur la société et la politique. qui votent estimaient qu’une femme prédominent généralement dans les
Plus de 90 pour cent se sont accordées à représenterait mieux leurs intérêts. comités de recrutement et ont tendance
dire que le renforcement de la participa- à mettre hors jeu les femmes candidates,
tion des femmes apporterait un change- Pourquoi y a-t-il toujours aussi peu ce afin de conserver une structure qui
ment, et près de neuf sur 10 ont considéré de femmes faisant de la politique? leur est familière et aussi parce qu’ils ont
que la participation des femmes à l’acti- Étant donné la contribution qu’elles plus de chances de connaître personnel-
vité politique modifiait sensiblement les pourraient apporter au processus politi- lement les candidats de sexe masculin.
résultats de l’action des pouvoirs publics. que, une question vient immédiatement
à l’esprit : pourquoi les femmes sont- • Études supérieures. Les femmes qui
Trois raisons pour lesquelles les elles encore aussi peu nombreuses à obtiennent un mandat électif ont géné-
femmes qui embrassent la carrière entrer en politique ? La réponse est com- ralement, surtout dans les pays en
politique ont généralement une plexe et diffère selon les pays, les socié- développement, fait des études supé-
approche différente de la politique tés et les communautés. Mais on peut rieures. Sur les 187 femmes originaires
Les femmes ont souvent des raisons dégager les points communs ci-après. des 65 pays sur lesquels a porté l’en-
d’entrer en politique différentes de cel- quête menée par l’UIP en 1999, 73 pour
les des hommes. Dans l’enquête de Les femmes briguent rarement un man- cent étaient titulaires d’un diplôme du
l’UIP, 40 pour cent des personnes inter- dat électif. Il est difficile d’obtenir des premier cycle de l’enseignement supé-
rogées ont indiqué qu’elles étaient chiffres exacts, mais les études existan- rieur et 14 pour cent étaient également
entrées en politique par intérêt pour le tes montrent que les femmes se présen- titulaires d’une maîtrise ou d’un docto-
travail social et 34 pour cent par le biais tent moins souvent que les hommes aux rat. L’absence dans de nombreux pays
d’organisations non gouvernementales, élections. Aux États-Unis, par exemple, de femmes ayant fait des études supé-
alors que les hommes empruntent sou- il y a au moins 50 pour cent de plus rieures peut donc constituer un obsta-
vent la voie plus « classique » de la poli- d’hommes qui ont étudié les moyens de cle à l’accès des femmes à la vie
tique politicienne. Cette constatation faire figurer leur nom sur le bulletin de politique et au gouvernement.
reflète bien une tendance déjà ancienne vote ou ont examiné la possibilité de se
des femmes à s’impliquer dans la présenter aux élections avec des bail- Les femmes ont beaucoup de mal à
société civile pour promouvoir des pro- leurs de fonds potentiels, des cadres de gagner la confiance de l’opinion publi-
jets à l’appui de la survie des ménages parti ou de personnalités locales, des que. Il n’existe pratiquement pas de sta-
et à se focaliser sur l’action locale. membres de leur famille ou des amis. tistiques sur le nombre de femmes qui
se présentent sans succès aux élections.
Les femmes subissent souvent l’influence • Double fardeau des responsabilités
de modèles de socialisation différents de publiques et privées : comme les précé- Toutefois, la façon dont les électeurs
ceux des hommes et ont des vécus diffé- dents chapitres l’ont montré, la charge voient les choses peut être instructive à
rents, et elles font peser leur expérience de travail des femmes est généralement ce sujet. En moyenne, plus de la moitié
et leurs compétences sur leurs décisions beaucoup plus lourde que celle des des personnes interrogées dans la

54 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Figure 4.2 Dans la majorité des pays étudiés, la majorité de la population dit
approuver ou approuver vigoureusement l’affirmation selon laquelle
les hommes sont de meilleurs dirigeants politiques que les femmes
7 pays du Moyen-Orient
et d’Afrique du Nord 77

4 pays d’Afrique subsaharienne 59

3 pays d’Asie du Sud 58


6 pays d’Asie orientale 55
et du Pacifique
5 pays d’Amérique latine 35
et des Caraïbes
0 20 40 60 80 100
Pourcentages
Les calculs de l’UNICEF sont basés sur des données extraites de la World Values Survey, Round 4 (1991-2004). Les données relatives à
chaque pays et territoire dans les agrégats régionaux concernent l’année disponible la plus récente pendant la période spécifiée. Les pays
et territoires suivants figurent dans les agrégats régionaux mentionnés : Moyen-Orient et Afrique du Nord : Algérie, Arabie saoudite, Égypte,
Iraq, Jordanie, Maroc, République islamique d’Iran. Amérique latine et Caraïbes : Argentine, Chili, Mexique, Pérou, République bolivarienne
du Venezuela. Asie du Sud : Bangladesh, Inde, Pakistan. Asie orientale et Pacifique : Chine, Indonésie, Philippines, République de Corée,
Singapour, Vietnam. Afrique subsaharienne : Afrique du Sud, Nigéria, Ouganda, République-Unie de Tanzanie.
Source : World Values Survey, <www.worldvaluessurvey.org>, consultée en juin 2006.

région de l’Asie orientale et du tion moins satisfaisante, mais aussi leur dants qui représentent un large éventail
Pacifique, en Asie du Sud et en Afrique tenaient rigueur de la mauvaise qualité de milieux et d’intérêts, et il arrive sou-
subsaharienne ont souscrit à des des services qui ne relevaient pas de vent que des divergences tenant, par
degrés divers à l’idée selon laquelle les leur compétence. Il n’est sans doute exemple, à l’idéologie, au cadre régio-
hommes font de meilleurs responsa- guère surprenant qu’environ la moitié nal ou à la classe sociale, les opposent.
bles politiques que les femmes, les des pradhans aient dit qu’elles ne se Au surplus, elles sont membres de par-
trois quarts partageant ce point de vue représenteraient pas aux élections. En tis politiques et doivent parfois respec-
dans la région du Moyen-Orient et de Afghanistan, les femmes candidates aux ter la discipline de parti aux dépens de
l’Afrique du Nord. Cela étant, dans élections de 2005 ont subi des actes de leurs propres préférences politiques.
d’autres parties du monde, les don- violence et, dans certains cas, ont reçu Néanmoins, de nombreux faits concou-
nées disponibles sont plus positives. des menaces de mort. rent à indiquer que, dans l’ensemble,
Beaucoup moins de personnes interro- les femmes parlementaires sont plus
gées se rangent à cet avis dans la Les mythes concernant les enclines que leurs homologues de sexe
région de l’Amérique latine et des femmes et la politique masculin à user de leur influence politi-
Caraïbes, et plus de 80 pour cent des Les mythes, positifs ou négatifs, que pour améliorer la situation des
Thaïlandais pensent qu’une femme concernant les femmes et la politique enfants, des femmes et des familles.
pourrait être un bon premier ministre. sont légion. Se fondant sur des présup-
positions irréalistes concernant les Mythe 2 : les femmes ne sont pas fai-
Les femmes quittent la politique. On ne femmes et la politique, ces mythes tes pour les portefeuilles « difficiles ».
dispose pas de suffisamment de don- peuvent facilement perpétuer les sté- En 2005, l’UIP a compté 858 femmes
nées pour dire si les femmes quittent le réotypes et la discrimination. Deux de détenant un portefeuille ministériel
pouvoir plus souvent que les hommes ces mythes sont analysés ci-après. dans 183 pays. Toutefois, la répartition
du fait de l’hostilité des électeurs ou de des portefeuilles est frappante. Près
la violence pure et simple parfois dirigée Mythe 1: chaque femme obtiendra des d’un tiers des portefeuilles ministériels
contre les femmes qui exercent un man- résultats tangibles pour les femmes et confiés à des femmes concernaient la
dat électif (ou essaient de se présenter pour les enfants. Le fait pour un mem- famille, les enfants, les jeunes et les
aux élections). Les femmes pradhans bre du Parlement d’être une femme ne questions sociales ou les questions
(dirigeantes) du Bengale occidental veut pas dire qu’elle favorisera automa- féminines et l’éducation, mais les fem-
(Inde), par exemple, ont révélé que, tiquement l’adoption de lois qui défen- mes ne s’étaient vu attribuer que 13
même si les femmes ont obtenu, pour dent les intérêts des femmes et des ministères de la défense et neuf minis-
ce qui est de fournir des biens publics à enfants. La personnalité et l’idéologie tères de l’économie à travers le monde
leurs villages, des résultats au moins des femmes entrées en politique en (soit 1,5 pour cent et 1 pour cent,
aussi bons que leurs homologues de font un groupe aussi divers qu’il est respectivement).
sexe masculin, les villageois non seule- possible. Les femmes parlementaires
ment jugeaient la qualité de leur direc- doivent rendre des comptes à des man- Voir Références, page 88.

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 55
et explique comment les enfants peuvent deman- des parlementaires, permettent de penser que le
der une protection contre les personnes qui les nombre d’hommes qui se sentent concernés par
maltraitent14. Dans un pays voisin, la Namibie, ces questions est en progression16.
les femmes parlementaires ont soutenu des pro-
jets de loi novateurs portant sur la violence fami- L’évolution des priorités législatives s’est accom-
liale et sexuelle, tels que la Loi de 2000 contre le pagnée de transformations subtiles, mais néan-
viol, qui protège les jeunes filles et les jeunes gar- moins importantes, dans la vie parlementaire.
çons, et la Loi relative à la violence familiale, en Deux exemples significatifs sont les modifica-
200315. tions d’horaires et la mise à disposition de garde-
ries auprès des organes législatifs nationaux.
Changer la politique Compte tenu de l’arrivée en force des femmes,
Les femmes qui siègent au parlement n’ont pas les parlements de plusieurs pays – notamment
seulement un impact sur la législation de leur l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni – ont modi-
pays. Leur influence s’étend bien au-delà de leurs fié les horaires des sessions parlementaires pour
actions immédiates et elles encouragent l’évolu- tenir compte des obligations des femmes qui ont
tion des priorités et des politiques du pouvoir des responsabilités familiales17. En Europe du
législatif national – et notamment de leurs collè- Nord, le parlement suédois a créé une garderie
gues de sexe masculin. à l’usage des parlementaires18, tandis que l’as-
semblée nationale écossaise a mis une crèche
Les études permettent de penser que les hommes à la disposition des visiteurs pour « s’assurer
qui siègent aux parlements ont pris conscience que les personnes qui élèvent des enfants
aujourd’hui de l’importance cruciale des ques- (généralement les femmes) peuvent rencontrer
tions relatives aux femmes et à la famille et que, leurs représentants19 » .
bien souvent, ils luttent aux côtés des femmes
pour promouvoir l’égalité des sexes. Par exem- Les femmes restent minoritaires dans les
ple, dans les trois pays d’Amérique latine cités parlements mais on note des progrès
précédemment (l’Argentine, la Colombie et le Bien que les femmes soient parmi les défenseurs
Costa Rica), les parlementaires hommes soutien- politiques les plus actifs des enfants, des femmes
nent vigoureusement tant les intérêts des femmes et des familles, et bien que leur présence au par-
(68 pour cent) que les questions relatives à la lement soit l’un des Objectifs du Millénaire pour
famille et aux enfants (66 pour cent). Bien que le développement (spécifiquement l’OMD 3), le
ces taux soient inférieurs aux indicateurs corres- nombre de femmes siégeant dans les parlements
pondants pour les femmes parlementaires (94 nationaux reste faible.
pour cent en faveur des femmes et 79 pour cent
en faveur de la famille et des enfants), des enquê- Les femmes sont sous-représentées dans tous les
tes qualitatives, fondées sur des entretiens avec parlements nationaux et en juillet 2006, elles

Figure 4.3 Présence des femmes dans les parlements, par région
Femmes parlementaires en pourcentage
du total des parlementaires (pour cent)

45
40 Janvier 1997
40
36 Mai 2006
35
30
25
21
20 19
17 16
15 13 14 13 12
10 10
10 8
5 3
0
pays Amériques Europe (à Afrique Asie Pacifique États arabes
nordiques l’exclusion subsaharienne
des pays
nordiques)
Source : données extraites de la base de données de l’Union interparlementaire sur « Les femmes dans les parlements »,
<http://www.ipu.org/wmn-e/classif.htm>, consultée en juin 2006.

56 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
représentaient à peine moins de 17 pour cent des
parlementaires de par le monde. Dix pays n’ont
toujours pas de femmes qui siègent au parlement,
et dans une bonne quarantaine de pays, les fem-
mes représentent moins de 10 pour cent du corps
législatif. Les pays nordiques affichent le taux le
plus élevé de participation, avec une représenta-
tion féminine de 40 pour cent des parlementai-
res, chambre haute et chambre basse confondues.
Les États arabes sont en queue de peloton, avec
une moyenne régionale inférieure à 8 pour cent20.

Toutefois, les tendances sont encourageantes, en


grande partie grâce à l’introduction de quotas
dans un nombre croissant de pays. Le nombre de
parlements dans lesquelles les femmes représen-
tent 30 pour cent au moins du corps législatif –
le seuil critique de la participation des femmes
aux organes parlementaires reconnu par le Plan
d’action de Beijing de 1995 – a quadruplé au
cours des dix dernières années. Les changements
les plus radicaux en termes de représentation des
femmes dans l’arène politique sont intervenus
dans des pays qui étaient auparavant ravagés
par des conflits, tels que l’Afghanistan où les
femmes avaient été exclues de la vie politique
et représentent aujourd’hui 27,3 pour cent du
corps législatif. Le Burundi et le Timor-Leste sont
aussi des exemples de pays où, au lendemain
© UNICEF/HQ05-2038/Robert Grossman

d’un conflit, le corps législatif compte un nombre


relativement élevé de femmes (30,5 pour cent et
25,3 pour cent, respectivement). Le niveau de
représentation des femmes dans ces trois pays
est un bon exemple d’introduction réussie de
quotas pendant la transition politique21.

L’élection d’Ellen Johnson-Sirleaf à la tête du


Libéria en 2005 et de Michelle Bachelet à la pré-
sidence du Chili au début de 2006 marque un feuilles dans 180 pays, ce qui ne représentait
tournant important dans l’histoire de l’accession que 14,3 pour cent des ministères de par le
des femmes au plus hautes fonctions de l’État en monde23. Dix-neuf gouvernements n’avaient
Afrique subsaharienne et en Amérique latine, res- aucune femme ministre, et dans les gouverne-
pectivement. En Europe de l’Est, la Lettonie fut ments qui comptaient des femmes au niveau
la première République ex-soviétique à choisir ministériel, dans la majorité des cas leur présence
une femme pour diriger l’État en 1999. La était symbolique, puisqu’elles ne dirigeaient que
Finlande, l’Irlande et les Philippines ont égale- un à trois ministères. En mars 2006, trois pays
ment élu des femmes à la présidence (dans les seulement – le Chili, l’Espagne et la Suède –
deux premiers pays, le président est chef de pouvaient se targuer d’avoir atteint la parité
l’État, tandis que dans le troisième pays, le des portefeuilles ministériels.
président est à la fois chef de l’État et chef
du gouvernement). Des femmes sont à la tête Ce que cachent les chiffres
du gouvernement dans plusieurs autres pays : La représentation des femmes dans les parle-
en Allemagne, aux Antilles néerlandaises, au ments nationaux est certainement une mesure
Bangladesh, en Jamaïque, en Nouvelle-Zélande, importante de leur pouvoir politique et de l’atta-
au Mozambique et en République de Corée22. chement d’un pays à s’assurer que des défenseurs
énergiques de la cause des enfants peuvent faire
Au niveau ministériel, les femmes sont moins entendre leur voix. Cependant les chiffres ne sont
bien représentées que dans les parlements. En qu’un point de repère nécessaire et non pas une
janvier 2005, les femmes détenaient 858 porte- condition suffisante pour donner aux femmes des

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 57
moyens d’action. Une analyse approfondie des faible. Cette étude a permis de conclure que le
budgets alloués à la condition féminine dans les nombre de femmes siégeant au parlement ne
pays en développement, menée à bien par le garantissait pas la réceptivité du gouvernement
Secrétariat du Commonwealth, a révélé que les aux besoins des femmes et la prise en compte de
changements d’attitude à l’égard des femmes, leurs intérêts. Les mécanismes institutionnels
même quand ils sont positifs, doivent s’accompa- sont tout aussi importants, notamment le soutien
gner de ressources adéquates et des compétences des partis politiques aux droits des femmes, ainsi
nécessaires24. Les gouvernements, avec le que la puissance et la cohésion des organisations
concours des organisations de femmes et des par- de femmes25.
tis politiques, ont un rôle essentiel à jouer pour
accompagner les femmes vers l’autonomie. Leur Les partis politiques et les associations de fem-
action consistera à promouvoir la sensibilisation mes sont au cœur de l’action en faveur de la
aux comportements sexistes auprès des fonction- participation des femmes à la vie politique. Les
naires par exemple, ou à créer des organismes partis ont un rôle critique à jouer : recruter et
de politique en faveur des femmes, tels que les soutenir les candidates aux élections et peser
ministères de la femme et les bureaux pour l’éga- de tout leur poids pour faire adopter certains
lité des chances. points spécifiques de l’ordre du jour parlemen-
taire26. Les associations de femmes apportent
Une étude générale du dynamisme des gouverne- souvent la motivation et l’expertise de la société
ments face au problème de la violence à l’égard civile indispensables pour encourager, renforcer
des femmes entre 1974 et 1994, par exemple, n’a et soutenir les initiatives législatives et les méca-
permis d’établir aucune corrélation entre le nom- nismes de transparence susceptibles de promou-
bre de femmes siégeant au parlement et les initia- voir les droits des femmes et des enfants (voir
tives politiques visant à combattre ce problème. Encadré, page 59).
En s’appuyant sur des exemples tirés de 36 pays,
l’étude a démontré qu’en termes de lutte contre
Les femmes dans l’arène politique
la violence, les gouvernements dans lesquelles les
femmes étaient bien représentées au parlement –
locale
comme la Suède, la Finlande et le Danemark – Donner la priorité aux investissements en
étaient parfois à la traîne de pays comme faveur des femmes et des jeunes filles
l’Australie et Israël, où la présence des femmes
dans les organes législatifs était beaucoup plus La participation des femmes à la vie politique
locale peut même avoir des répercussions plus
immédiates et plus directes sur les conditions de
Figure 4.4 Les femmes dans l’administration vie des femmes et des enfants que les législations
publique ou les politiques nationales. Bien que nous dispo-
sions de peu d’éléments pour évaluer le compor-
30 tement des dirigeants locaux, un certain nombre
d’études réalisées tant dans des pays industriali-
sés que dans des pays en développement révèlent
Moyennes mondiales que les femmes qui travaillent dans les gouverne-
ments à l’échelle locale ont tendance à accorder
20 la priorité aux questions sociales. Par ailleurs, le
Pourcentages

17 cas d’un pays en développement (l’Inde), qui a


14
fait l’objet de nombreuses études, montre que la
participation accrue des femmes aux prises de
décisions locales a favorisé une répartition plus
10 équitable des ressources communautaires, dont
6 ont bénéficié directement les femmes et les
enfants, et plus particulièrement les filles.

En Norvège, les questions concernant l’enfance,


0
Femmes siégeant Femmes Femmes chefs
par exemple le manque de places dans les garde-
au parlement ministres de gouvernement ries d’enfants, sont l’une des principales raisons
avancées par les femmes pour expliquer leur
Source : les données concernant les femmes parlementaires et ministres sont entrée dans la vie politique locale. Selon une
extraites de la base de données de l’Union interparlementaire sur « Les femmes étude récente, s’appuyant sur des données
dans les parlements », <http://www.ipu.org/wmn-e/classif.htm>, consultée en juin
2006. Les données concernant les femmes chefs du gouvernement sont extraites
remontant jusqu’en 1975, lorsque les femmes ont
des sites officiels des gouvernements nationaux. représenté 30 pour cent environ des membres des

58 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Les associations féminines : une force au service du changement politique

Il existe au moins deux façons dont société civile, joué un rôle important le consentement des parents et de
les associations féminines peuvent être en matière de sensibilisation aux droits 14 à 16 ans avec le consentement
une force importante au service du des enfants placés dans les centres de des parents.
changement politique. Tout d’abord, rétention. Elles sont intervenues pour
ces groupes apportent souvent un favoriser l’adoption de changements Rwanda : en 2002, les femmes parle-
appui aux femmes qui ont été élues à dans le droit interne et la politique mentaires et les responsables locaux
des charges politiques. Ensuite, ils sociale et faire améliorer les services ont collaboré dans le cadre de l’élabo-
mènent leurs propres campagnes de afin que les familles réfugiées dispo- ration d’une convention nationale à
sensibilisation en faveur des femmes, sent de moyens plus importants pour l’appui de l’éducation des femmes,
des enfants et des familles. Les grou- reconstruire leur existence. de l’octroi de prêts aux petites entre-
pes et réseaux féminins du monde prises par les banques rurales et de
entier montrent comment une mobili- Maroc : en 2004, les activités de mobi- la création d’une commission destinée
sation au niveau local peut faire pro- lisation et de sensibilisation des défen- à faire campagne en faveur des jeunes
gresser la situation des droits de seurs des droits des femmes associés vulnérables.
l’homme, en particulier pour les à l’organisation « Printemps de l’éga-
plus vulnérables. lité » ont aidé à convaincre les pou- Tadjikistan : la Ligue des avocates
voirs publics d’appuyer une loi tadjikes a élaboré un projet de loi
Afghanistan : les associations féminines importante sur la famille, dont le nationale sur la violence, qui attend
ont fourni une contribution importante but est d’en finir avec l’injustice faite l’approbation du Président. L’élaboration
pour ce qui est d’inciter les femmes à aux femmes, de protéger les droits de cette loi a été une tâche ardue,
participer aux élections présidentielles des enfants et de garantir la dignité mais la Ligue a organisé 32 ateliers à
et législatives et de surveiller le pro- des hommes. travers le pays, suivis par plus de 1 100
cessus électoral. Elles ont également participants, et a finalement obtenu
organisé des ateliers à l’intention des Mozambique : une campagne contre le la coopération des autorités locales,
femmes réfugiées pour leur faire mariage des enfants organisée par plu- des services de police et de l’appareil
mieux connaître leurs droits. sieurs groupes féminins locaux a aidé judiciaire, des ministres et d’autres
à faire adopter en 2004 une nouvelle institutions nationales.
Australie : les associations féminines Loi sur la famille qui a relevé l’âge
ont, avec d’autres groupes de la légal au mariage de 16 à 18 ans sans Voir Références, page 88.

conseils locaux, le nombre d’enfants bénéficiant femmes et les allocations chômage, ainsi qu’à
d’avantages sociaux a augmenté dès la première promouvoir la médecine de la procréation29.
année. Cependant, la conclusion la plus révéla-
trice de l’étude réalisée en Norvège est la sui- Dans les pays en développement, les études sur
vante : l’impact des femmes membres du l’impact des femmes siégeant dans les adminis-
gouvernement local sur la vie politique est le plus trations locales en sont encore à leurs balbutie-
fort au début de leur carrière parce qu’elles arri- ments. Les résultats les plus complets disponibles
vent avec une nouvelle série de questions à inté- actuellement nous viennent d’Inde où, en 1998,
grer dans les programmes politiques27. un tiers des postes à responsabilité des conseils
villageois était réservé aux femmes30. Un grand
Aux États-Unis, une analyse réalisée en 1994 travail de recherche sur l’impact de cette politi-
portant sur plus de 9 800 projets de loi présentés que de réserve (dans le cadre de laquelle on
dans trois États sur une période de deux ans, a réserve des postes aux femmes), a permis d’en-
montré que les femmes parlementaires étaient quêter dans 165 conseils villageois de l’État du
deux fois plus susceptibles que leurs collègues Bengale-Occidental. L’étude a examiné l’apport
hommes de soutenir les projet de loi sur la santé de biens collectifs dans les conseils dotés d’une
de l’enfant28. Une autre étude, sur la représenta- politique de réserve par rapport aux conseils
tion politique des femmes, a révélé que les États n’ayant pas fixé de quotas.
américains affichant un pourcentage élevé de
femmes dans le corps législatif soutenaient plus L’étude a révélé que dans les villages qui appli-
fréquemment les initiatives visant à combattre la quaient des politiques de réserve, l’investissement
violence à l’encontre des femmes, à accroître le dans les équipements d’approvisionnement en
soutien à l’enfance, à favoriser l’emploi des eau potable était deux fois plus élevé que dans

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 59
les villages sans quotas et que deux fois plus L’impact des dirigeantes sur la fréquentation
de routes étaient en bon état. Par ailleurs, le scolaire des filles est encore plus éloquent : selon
nombre de voies principales de communication les chiffres, la présence d’une femme pradhan
qui avaient été réparées récemment était de 20 réduisait de 13 points l’écart entre les garçons et
pour cent plus élevé; de nouveaux projets de bio- les filles en termes de fréquentation scolaire31.
gaz (un substitut du combustible pour la cuisson
des aliments et l’électricité) avaient été entrepris Le seul fait d’avoir un nombre plus élevé de fem-
dans 26 pour cent des villages dotés de politiques mes dans l’administration locale ne garantit tou-
de réserve (alors que le taux était de 6 pour cent tefois pas leur efficacité en tant que défenseurs
dans les villages sans quotas); et grâce à un suivi des intérêts et des droits des enfants, des femmes
actif, le nombre de visites d’agents sanitaires au et des familles. En Afrique du Sud, par exemple,
cours des six mois couverts par l’étude était une analyse des problèmes que rencontrent les
considérablement plus élevé. Ce genre d’amélio- femmes et des possibilités qui s’offrent à elles
rations est salutaire pour les femmes et les jeunes dans les administrations locales a révélé que, tout
filles, qui sont généralement responsables des comme leurs collègues qui siègent au parlement,
corvées de combustible et d’eau, et des soins de leur efficacité est largement déterminée par des
santé à dispenser à la famille, aux enfants facteurs autres que leur présence numérique. Au
en particulier. nombre de ces facteurs, on peut citer les normes
culturelles et les attentes liées au rôle des fem-
Compte tenu de ces premiers résultats, le travail mes; les hiérarchies locales; les capacités et les
de recherche a été élargi pour examiner l’impact qualités des conseillers locaux; et l’attachement
des politiques de réserve sur la vaccination et la des partis politiques à l’égalité des sexes32.
scolarisation des enfants. Dans le cadre d’une
enquête qui a ciblé 100 villages du Rajasthan, Catalyseurs du changement
des questionnaires sur la vaccination ont été dis- Selon une étude comparative des femmes travail-
tribués à 30 ménages dans chaque village. Il lant dans les administrations locales de 13 pays
s’agissait de réunir des informations sur la vacci- d’Asie de l’Est et du Pacifique, les femmes ont
nation de tous les enfants de moins de 5 ans. mieux réussi à se positionner dans les adminis-
L’enquête a révélé que la probabilité qu’un trations locales qu’au niveau national quand il
enfant âgé de 1 à 5 ans vivant dans un village s’agissait d’occuper des postes à responsabilité. Il
réservé à une femme pradhan (notable) ait reçu semble être plus facile pour une femme de conci-
tous ses vaccins était légèrement plus forte. lier famille et responsabilités professionnelles au
© UNICEF/HQ05-1609/Giacomo Pirozzi

60 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
niveau local. Les pouvoirs locaux semblent aussi En octobre 2000, reconnaissant la contribution
être plus accessibles aux femmes car davantage unique que les femmes peuvent apporter aux
de postes leur sont ouverts et la concurrence est processus de paix, le Conseil de sécurité de
moins rude que pour les sièges parlementaires. l’ONU a adopté à l’unanimité la résolution
En outre, le leadership des femmes auprès des 1325, qui traite spécifiquement de l’impact de
autorités communautaires et urbaines est mieux la guerre sur les femmes et de la contribution
accepté car il est perçu comme un prolongement des femmes à la résolution des conflits et à une
de l’action des femmes dans leur communauté33. paix durable. Cependant, les femmes ne jouent
Cependant, dans de nombreux pays, la participa- toujours, dans le meilleur des cas, qu’un rôle
tion des femmes à la vie politique locale est sou- subalterne dans les processus de paix. Si les
vent freinée par des inégalités sexistes au sein de gouvernements et les autres acteurs politiques
la famille, par une répartition inéquitable du tra- ne demandent pas mieux que d’encourager les
vail dans le ménage et par des attitudes culturel- contacts avec des groupes de femmes qui igno-
les tenaces concernant le rôle des femmes et leur rent souvent les lignes de conflit, ils n’invitent
aptitude à occuper des postes à responsabilité34 que rarement les femmes à s’asseoir à la table
(voir également Chapitre 1, page 8). Selon des négociations. Les rares fois où elles sont
United Cities and Local Governments, une orga- présentes, il est rare qu’on les écoute.
nisation qui réunit des données sur les femmes
qui occupent des postes à responsabilités au L’exclusion des femmes des négociations de paix
niveau local depuis 1998, les femmes ne repré- signifie que leurs droits et leurs opinions – en
sentent que 9 pour cent des maires de par le tant que citoyennes, anciennes combattantes et
monde et à peine 21 pour cent des conseillers victimes – ne sont pas vraiment représentés dans
municipaux35. les processus de résolution post-conflit et de
reconstruction. Un rapport publié récemment
Malgré ces obstacles, comme les élues locales qui analysait 13 accords de paix conclus entre
sont de plus en plus nombreuses, elles deviennent 1991 et 2001 mettant fin à divers conflits
d’importants vecteurs du changement. Dans [Afghanistan, Bosnie-Herzégovine, Bougainville
l’exemple, mentionné plus haut, des villages (îles du Pacifique), Cambodge, El Salvador, Éry-
dotés d’une politique de réserve au Bengale occi- thrée, Éthiopie, Guatemala, Kosovo, Libéria,
dental (Inde), la présence de dirigeantes dans les Rwanda, Sierra Leone et Timor-Leste] arrivait
réunions villageoises a avivé l’intérêt d’autres à la conclusion qu’ « aucun accord de paix ne
femmes pour la politique et leur militantisme. La constitue un modèle général de dispositions
présence des femmes aux réunions des conseils appropriées garantissant que les besoins des
villageois a considérablement augmenté – de 6,9 femmes sont pris en compte de la même manière
pour cent à 9,9 pour cent – lorsque la présidence que ceux des hommes39 ». Ces accords ne
était assurée par une femme pradhan36. comportaient, en réalité, que rarement des
dispositions concernant directement ou même
indirectement les femmes, une omission qui
Les femmes, la guerre et la paix
reflète bien la faible représentation des femmes
L’action des femmes sur les orientations des pro- dans le groupe des négociateurs. Bien que la
cessus politiques au niveau national et local, résolution 1325 ait permis de souligner à quel
comme l’illustrent les études de cas décrites point il importe d’inclure les femmes dans les
ci-dessus, présuppose l’existence d’institutions négociations de paix, la moitié des accords
démocratiques et d’un milieu politique stable. signés depuis son adoption omettent de faire
Cependant, on convient généralement depuis référence aux besoins particuliers des femmes
quelques années que dans des situations de et à la question de l’égalité des sexes40.
conflits caractérisées par l’instabilité et le non-
respect des lois, la participation des femmes aux La présence de femmes aux négociations
processus de paix garantit la pérennité de leur changerait-elle quelque chose ?
succès37. Les recherches préliminaires et les étu- Le succès de la participation des femmes à d’au-
des de cas permettent de penser que les accords tres secteurs de l’arène politique (comme on l’a
de paix, la reconstruction au lendemain des vu au début de ce chapitre) donne toutes les rai-
conflits et le rétablissement de l’administration sons de penser que la présence des femmes à la
ont de meilleures chances d’aboutir quand les table des négociations de paix serait salutaire
femmes sont engagées dans ces activités, en par- pour les femmes et les enfants. Selon un ancien
tie parce qu’elles abordent le problème de la médiateur international, quand les femmes sont
sécurité de manière plus globale et s’emploient à présentes, « les pourparlers traitent généralement
résoudre les principaux problèmes sociaux et du problème de la sécurité de manière plus glo-
économiques qui, sans elles, seraient négligés38. bale, en abordant le problème de la réinsertion

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 61
des enfants et des femmes, la prévention de la sentes, il y a de meilleures chances pour que
violence familiale quand les anciens combattants les droits et le bien-être des enfants, des femmes
rentrent chez eux, le déminage, les garanties de et des familles soient pris en compte dans les
sécurité des femmes et des jeunes filles qui vont négociations.
chercher du bois de feu et de l’eau, et aussi l’as-
surance, au lendemain d’un conflit, que les Ce concept est tiré de l’expérience acquise dans
auteurs de violations des droits des enfants et plusieurs pays. L’exemple le plus connu est celui
des femmes auront à répondre de leurs actes41. » des représentantes de plus de 200 associations de
En d’autres termes, quand les femmes sont pré- femmes qui se sont réunies en 1996 pour créer la
Coalition des femmes d’Irlande du Nord, le pre-
mier parti politique dominé par des femmes. Ce
mouvement, qui comprenait des membres aussi
Les femmes et l’Accord de paix sur le Darfour bien des communautés protestantes que catholi-
ques, a œuvré dans les deux communautés afin
En 2005, une Équipe d’expertes de l’égalité des sexes de 20 membres, de promouvoir les droits civils et humains, ainsi
bénéficiant de l’appui des gouvernements canadien, norvégien et que les droits des travailleurs42. Par la suite,
suédois et du Fonds de développement des Nations Unies pour la George Mitchell, le sénateur des Etats-Unis
femme, a été invitée à participer à la septième série, décisive, de médiateur des pourparlers de paix en d’Irlande
négociations en vue de l’Accord de paix sur le Darfour. Elle a rassem- du Nord, a reconnu que cette coalition avait
blé des femmes représentant un grand nombre de groupes tribaux et contribué à la conclusion d’un accord43.
ethniques du Darfour afin d’élaborer une plate-forme unifiée de ques-
tions prioritaires pour les femmes et de questions relatives à la parité La participation des femmes aux processus de
des sexes. Le document final, intitulé « Les priorités des femmes dans règlement des conflits
le processus de paix et la reconstruction au Darfour », contient un Les femmes sont de plus en plus présentes dans
certain nombre de dispositions fondamentales sur les femmes et les les processus de règlement des conflits dans le
enfants, à savoir notamment : monde. Cinq femmes sur environ 60 délégués et
conseillers ont participé aux pourparlers de Bonn
• Des garanties spécifiques protégeant les femmes et les enfants se sur l’Afghanistan, qui se sont déroulés à la fin de
trouvant dans des situations de conflit. 2001. Au cours des négociations, ces déléguées
ont plaidé inlassablement en faveur des droits
• Le traitement prioritaire des femmes et des enfants dans les évalua- des femmes et leur action a abouti à la création
tions concernant l’indemnisation ou la réparation au titre des dom- d’un ministère des affaires féminines44. Au
mages et des destructions causés par la guerre. Guatemala, la participation des femmes au pro-
cessus de paix officiel de 1996 a abouti à la créa-
• Un appel lancé au gouvernement pour qu’il accorde une attention tion d’un programme national de santé pour les
particulière à l’éducation des femmes et des enfants en tant que femmes et les jeunes filles, ainsi que d’un pro-
moyen de garantir la sécurité. gramme de réunification des familles et de
recherche des enfants disparus, séparés de leur
• L’organisation d’un enseignement secondaire dans les camps de famille ou orphelins45. Aux Philippines, les fem-
réfugiés et de personnes déplacées. mes ont usé de leur influence lors des processus
de paix officiels et elles ont plaidé en faveur de
• Un appel lancé à la communauté internationale pour qu’elle se foca- la coopération entre les partis et les groupes reli-
lise sur les besoins d’éducation des filles réfugiées. gieux dans l’intérêt de la paix46. En Sierra Leone,
deux femmes ont participé au processus de paix
• La création d’une institution chargée de fournir une aide juridiction- de Lomé. Bien qu’elles n’aient pas mené les négo-
nelle, un soutien psychologique et d’autres services destinés aux ciations, un article important de l’accord final
femmes et aux enfants. demande qu’une attention particulière soit accor-
dée aux femmes et aux jeunes filles victimes d’ac-
Au cours des trois petites semaines pendant lesquelles les femmes tes de violence lors de l’élaboration et de la mise
ont pu participer aux pourparlers, il leur a été possible de négocier en œuvre des programmes de réinsertion, recons-
l’inclusion d’un nombre imposant de leurs priorités dans l’accord truction et développement47. Plus récemment, les
final. Le libellé de celui-ci tient compte des besoins des deux sexes femmes ont apporté une contribution critique
et, entre autres priorités, l’accord préconise l’entrée des femmes aux pourparlers de paix sur le Darfour (voir
dans les organes décisionnels et leur participation à la consolidation encadré ci-joint).
de la paix.
Mais ces expériences ne sont pas la règle; dans la
Voir Références, page 88. majorité des conflits, les femmes sont totalement
exclues des négociations de paix ou reléguées
dans des réunions « parallèles ». Même pour

62 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Les femmes en tant que médiatrices et membres des forces de maintien
de la paix
Le renforcement de la présence des bres des forces de maintien de la paix la question de l’exploitation sexuelle
femmes parmi les négociateurs de la perpétrer des actes d’exploitation et de et des agressions sexuelles.
paix et les forces de maintien de la violence sexuelles à l’encontre des
paix, entre autres acteurs essentiels, populations qu’ils sont précisément Parallèlement aux membres des forces
enrichirait considérablement la contri- chargés de protéger, en particulier des de maintien de la paix, les médiateurs,
bution des femmes au règlement des jeunes filles. Parmi les principales qui représentent la communauté inter-
conflits et à la réadaptation au sortir conclusions d’une enquête diligentée nationale, peuvent jouer un rôle décisif
d’un conflit. Comme un responsable par le Secrétaire général de l’ONU sur pour ce qui est d’aider les femmes à
de district de la province d’Ituri des affaires de ce genre, il a été être représentées dans les processus de
(République démocratique du Congo) reconnu que « la présence d’un plus paix et la reconstruction au sortir des
l’a expliqué dans un rapport au grand nombre de femmes dans une conflits. Il ressort d’une évaluation
Département des opérations de main- mission, en particulier à des postes récente de la participation des femmes
tien de la paix de l’ONU (DOMP), « les élevés, contribuera à promouvoir un aux processus de paix en tant que
femmes [et les filles] de la région ont environnement qui décourage l’exploi- médiateurs « du premier volet » – ceux
du mal à parler franchement avec des tation et les abus sexuels, en particu- qui participent aux négociations officiel-
hommes en uniforme, tels que les lier de la population locale. » les par la voie officielle, non par le biais
observateurs militaires, surtout au de contacts officieux (médiateurs « du
sujet de questions délicates comme la À la demande de l’Assemblée géné- deuxième volet) – que les femmes res-
violence sexuelle et les agressions rale des Nations Unies et de son tent largement exclues des processus de
sexuelles …. Dans bien des cas, en Comité spécial sur les opérations de médiation et de règlement des conflits.
particulier lorsque la violence est endé- maintien de la paix, le Secrétaire À l’ONU, les femmes n’occupent que 6,5
mique, les femmes [et les filles] de la général a, en juin 2006, publié une pour cent des postes élevés en rapport
région préfèrent s’entretenir avec une stratégie détaillée d’aide aux victimes avec les activités de paix, tandis que l’on
femme membre des forces de maintien d’agressions sexuelles commises par ne compte aucune femme parmi les
de la paix car elles redoutent d’autres des membres du personnel de l’ONU. médiateurs ou ex-médiateurs de haut
violences, y compris de la part des Cette stratégie, que l’UNICEF a aidé à niveau de l’Union européenne. De
hommes membres de ces forces. » formuler, propose une approche glo- même, en dépit de la solide réputation
bale de l’appui aux victimes, compre- qu’ont value à juste titre à l’Afrique des
L’ONU en est bien consciente. Le nom- nant les soins de santé de base, le femmes qui font figure de modèles aux-
bre de femmes membres du personnel soutien psychosocial et l’aide juridic- quels s’identifier, aucune femme ne
en uniforme (forces militaires et de tionnelle et administrative pour l’en- siège à un poste de dirigeant au Conseil
police) déployé par le DOMP reste très semble des victimes et, dans des cas de la paix et de la sécurité de l’Union
faible – 4 pour cent et 1 pour cent, res- exceptionnels, une aide financière. africaine. Dans les conflits où un proces-
pectivement –, mais celui-ci s’est Dans le prolongement de cette stra- sus de paix préalable à un accord est
employé activement, ces dernières tégie, l’UNICEF, le Département des engagé, en panne ou attendu et n’est
années, à accroître le nombre de pos- opérations de maintien de la paix, pas placé sous la direction de
tes civils occupés par des femmes. On le Bureau de la coordination des l’Organisation des Nations Unies ou de
se rend compte de plus en plus que la affaires humanitaires de l’ONU et le l’Union européenne, l’Ouganda est le
présence de femmes parmi les forces Programme des Nations Unies pour seul pays où l’on relève la présence
de maintien de la paix est essentielle le développement organisent une réu- d’une seule femme médiatrice.
au succès de leurs missions et peut nion de haut niveau où sera de nou-
diminuer le risque de voir des mem- veau examinée sous tous ses aspects Voir Références, page 88.

accéder à ce type de négociations, les femmes officieux aux pourparlers de paix d’Arusha,
doivent lutter âprement pour obtenir même une en République-Unie de Tanzanie48.
représentation limitée qui ne leur rapporte sou-
vent que des succès modestes. Voici quelques • Libéria : bien que l’Initiative des femmes libé-
exemples de ces négociations parallèles : riennes n’ait pas été admise à participer offi-
ciellement aux pourparlers de paix régionaux
• Burundi : en 2000, les femmes ont brisé la de 1994, dans leur rôle de consultantes, ses
résistance des partis burundais et ont été auto- dirigeantes ont exercé une forte influence sur
risées à participer en qualité d’observateurs l’ensemble du processus49.

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 63
© UNICEF/HQ04-1224/Giacomo Pirozzi

• Somalie : en mai 2000, 92 femmes déléguées le célèbre économiste indien dans Women,
auprès de la Conférence de paix nationale soma- Development and the United Nations, « jusqu’en
lienne se sont présentées comme un « sixième 1975, les débats de l’ONU sur les divers aspects
clan » pour la paix (la Somalie compte plu- de la sécurité et de la défense ne faisaient prati-
sieurs grands clans ethniques, qui étaient tous quement jamais référence aux femmes; dans les
représentés par des hommes). Malgré la résis- conventions adoptées au lendemain de la guerre,
tance de certains de leurs collègues masculins, seules les formes grammaticales masculines
le groupe a participé à la rédaction d’une charte étaient utilisées pour représenter à la fois les hom-
nationale qui garantit aux femmes 25 sièges sur mes et les femmes52. » Il n’est donc pas surpre-
245 à l’Assemblée nationale traditionnelle50. nant que, à l’instar des autres niveaux de prises
de décision, l’inclusion des femmes dans les pro-
• Sri Lanka : en décembre 2002, un sous-comité cessus de paix ne dépende pas seulement de l’aug-
des questions féminines a été créé, avec pour mentation de leur nombre mais souvent aussi du
mandat d’identifier les préoccupations des fem- soutien actif de la communauté internationale.
mes et de les inclure dans l’ordre du jour du
processus de paix. Le comité comprenait 10 Comme le prouvent les efforts sans précédent
membres, et chaque partie a chargé cinq fem- déployés par le Fonds de développement des
mes de définir la place des femmes dans la Nations Unies pour la femme (UNIFEM) visant à
reconstruction au lendemain du conflit. Au promouvoir la participation des femmes aux pro-
nombre des principales priorités du comité, cessus de paix dans des pays comme le Burundi,
on peut citer l’égalité de la représentation des le Libéria et la Somalie, pour que ces initiatives
femmes dans la vie politique, les structures de portent leurs fruits, il faut souvent lutter pendant
l’éducation et les préjugés sexistes, ainsi que la de longues années et essuyer de nombreux
violence contre les femmes et les jeunes filles51. échecs. Il suffit parfois d’un rien pour que les
femmes puissent participer aux négociations de
Des conflits qui favorisent le changement paix. Dans le cas du Burundi, la présence des
Ce n’est que très récemment qu’on a commencé à femmes dépendait de l’obtention de fonds pour
reconnaître que les femmes ne sont pas seulement deux taxis pour qu’elles puissent se rendre à
les victimes des conflits, mais aussi des acteurs Arusha, en République-Unie de Tanzanie. Les
importants dont la contribution est essentielle au hommes ont passé moins d’une heure dans des
succès des processus de paix et à la stabilité poli- avions officiels affrétés par leur gouvernement,
tique à long terme. Comme l’écrit Devaki Jain, tandis qu’il a fallu deux jours aux femmes pour

64 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
faire le voyage d’Arusha – mais elles ont fini par des femmes, les deux principes de base sur les-
arriver. Bien que leur présence n’ait pas permis quels repose l’Objectif du Millénaire pour le
de mettre en place un mécanisme officiel garan- développement no.3. Comme l’a montré ce
tissant la participation des femmes à la vie politi- chapitre, les femmes qui participent à la vie
que, l’influence du groupe a toutefois débouché politique plaident plus fréquemment et plus vigou-
sur l’adoption d’un certain nombre de mesures reusement en faveur des droits des femmes, des
en faveur des femmes dans les accords de 200053. enfants et des familles. Cependant au rythme où
vont les choses, il faudra encore 60 ans pour que
les femmes puissent s’exprimer sur un pied d’éga-
Une inspiration pour la prochaine
lité dans les parlements nationaux. La situation est
génération tout aussi inégale au niveau local où, aujourd’hui,
La présence des femmes dans les organes législa- 1 maire sur 10 dans le monde est une femme58.
tifs nationaux, les administrations locales et les
processus de paix ne transforme pas seulement Si les obstacles qui empêchaient les femmes de
les politiques actuelles, elle a aussi des répercus- siéger dans les organes parlementaires nationaux
sions sur l’avenir, car la présence des femmes en et locaux ont officiellement été levés dans tous
politique fait évoluer les attitudes à l’égard des les pays ou presque, les inégalités liées au sexe
femmes et jeunes filles dans des rôles de décision- perdurent dans l’administration publique.
naires. S’il est difficile d’établir une relation de L’ouverture des espaces et des processus politi-
cause à effet entre les pays et les sociétés, des ques ne s’est pas automatiquement traduit par
études récentes permettent de penser qu’une rela- une augmentation automatique du nombre de
tion étroite unit le nombre de femmes à en fonc- femmes occupant des postes de responsabilités.
tion et les attitudes positives du public envers les Les femmes sont exposées à la discrimination
femmes au pouvoir54. Cette corrélation ne per- dès l’enfance, qu’il s’agisse de préjugés qui
met pas d’affirmer que la présence des femmes entravent leur éducation ou d’attitudes sociales
en politique modifie l’opinion du grand public en qui mettent en doute leurs compétences aux pos-
faveur d’une plus grande égalité des sexes. Elle tes décisionnels. Cette discrimination, à laquelle
révèle toutefois un lien étroit entre la confiance vient s’ajouter la lourde charge de travail qui
que le grand public place dans le leadership des incombe aux femmes, décourage les femmes
femmes et son désir toujours plus fort de voir des d’entrer dans la vie politique et leur laisse moins
femmes accéder au pouvoir. de temps et d’énergie à consacrer à la vie publi-
que. Ces problèmes doivent être résolus un
Au Rwanda, par exemple, le rôle joué par les par un. Les principales mesures – résumées
femmes dans la transition vers la paix et la ci-dessous mais qui sont étudiées en détail au
démocratie a ouvert la voie aux futures généra- Chapitre 5 – pour s’assurer que les femmes par-
tions de filles qui pourront assumer des fonctions ticipent sur un pied d’égalité à la vie politique
publiques qui n’auraient même pas été conceva- sont les suivantes :
bles il y a seulement 20 ans55. En Inde, les nou-
velles associations sont renforcées par des • Éducation. Comme souligné précédemment,
représentantes élues, ainsi que par des femmes une fille dont le droit d’aller à l’école n’est
élues dans le passé qui ne sont plus officiellement pas respecté n’est pas seulement privée des
membres des conseils locaux56. Ces deux pays ne connaissances qu’elle aurait pu acquérir en
sont que des exemples du rôle croissant des fem- classe. Elle est aussi dépossédée de la possibi-
mes en politique partout dans le monde. Leur lité de s’épanouir dans tous les domaines, et
influence ne se traduit pas uniquement par des notamment de son droit à participer à la vie
textes de loi plus engagés en faveur des enfants et politique.
des femmes; elles aident également les organes
décisionnels à devenir plus démocratiques et à • Engagement et soutien des hommes (lors des
prendre en compte le problème de la parité des élections et au parlement). Si la présence et la
sexes. Malgré la discrimination et les déboires, participation active des femmes à la vie politi-
les jeunes femmes et hommes qui entrent dans la que sont essentielles pour promouvoir l’égalité
vie politique pénètrent dans un monde profondé- des sexes, les initiatives en faveur des femmes
ment transformé par la présence des femmes57. dépendent de l’implication et du soutien des
hommes, en particulier les parlementaires et les
hommes politiques.
L’émancipation politique des femmes
Le renforcement de la participation des femmes à • Quotas. L’introduction de quotas est à l’origine
la vie politique est essentiel pour promouvoir de changements profonds concernant la pré-
l’égalité des sexes et parvenir à l’autonomisation sence des femmes en politique partout dans le

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 65
L’espérance de justice pour les femmes et les enfants boliviens
Casimira Rodríguez Romero, Ministre de la justice, Bolivie

Apprendre à survivre échanger des choses avec les femmes payaient au jour dit et me donnaient
Je me souviens que lorsque j’avais six du coin. Elles nous donnaient du un mois de paie supplémentaire à Noël
ans, ma famille avait souvent faim à sucre, des nouilles et du pain. Nos et d’autres primes. Mon patron était un
cause d’une sécheresse. Nous n’avions parents nous manquaient terriblement, peu plus humain, mais quand il est
pas suffisamment à manger même mais nous avons appris à lutter, à mort, je suis restée avec sa femme et
deux fois par jour, si bien que mes frè- gagner de l’argent et à survivre. elle était comme une méchante belle-
res et sœurs et moi avons été envoyés mère : pour elle, je n’étais même pas
dans une autre communauté où mes De l’exploitation à la une personne. J’ai travaillé chez eux
grands-parents cultivaient certaines discrimination comme femme de chambre pendant
plantes et avaient des chèvres et des À 13 ans, je suis allée vivre dans la neuf ans, mais c’était si dur.
vaches. Tout de même, ma maman a ville de Cochabamba. Espérant gagner
toujours voulu que ses enfants, les fil- un peu d’argent, j’ai accepté un emploi Conscientisation et organisation
les comme les garçons, apprennent à dans une famille de marchands pen- J’ai senti que j’avais envie de me
lire et à écrire, c’est pour cela qu’elle dant deux ans. J’étais horriblement battre lorsque quelques amis et
nous a envoyés dans la ville minière exploitée : je m’occupais de 15 person- moi-même avons créé le Syndicat des
de Quioma dans le Mizque. Ils y ont nes 18 heures par jour. On exerçait sur travailleurs à domicile de Cochabamba
loué une chambre pour nous. moi de fortes pressions psychologi- en 1987. Lorsque nous avons constaté
ques, je n’avais aucun contact avec ma toutes les inégalités qui étaient inscri-
Quand je me préparais pour aller à famille et je n’étais pas payée pour tes dans la loi, nous avons compris
l’école, je n’avais personne pour démê- mon travail. Même mes habits neufs que nous jouissions de la moitié seule-
ler mes longues tresses. Mes frères ont fini par s’user. Et comme j’aidais ment de nos droits. Nous avons tenu
essayaient chaque jour de les brosser, toujours les enfants de mon patron à des réunions avec des travailleurs
mais c’était une catastrophe. Les faire leurs devoirs, j’ai commencé à domestiques de La Paz, avec des fem-
enfants des mineurs à l’école n’avaient vraiment vouloir retourner à l’école, mes qui étaient de véritables lutteuses
pas l’habitude de voir des filles autoch- mais c’était impossible. et avec les responsables des syndicats
tones comme moi. Je ne m’étais de mineurs. Nous avons organisé des
jamais battue avec personne, mais ils Heureusement, ma maman est réap- réunions nationales et entrepris de
tiraient sur mes tresses et me maltrai- parue et je suis retournée dans ma consolider notre groupe. Pendant les
taient : c’est alors que j’ai commencé à ville natale. Puis, je suis revenue à six années qui ont suivi, nous avons
vivre avec la violence et la discrimina- Cochabamba et j’ai travaillé pour une travaillé au projet de loi, bien qu’un
tion. Je ne parlais que le quechua, et autre famille. Là, j’étais payée, mais il y grand nombre de détails aient été reti-
c’était vraiment difficile d’étudier en avait encore beaucoup de discrimina- rés. Le premier projet était assez pro-
espagnol. Chaque jour après l’école, tion : ils me donnaient à manger du tectionniste, mais le processus s’est
mes frères et sœurs et moi sortions pain de la veille et de la nourriture ava- ensuite focalisé davantage sur les
pour ramasser du bois de chauffage et riée. Ce qui était bien, c’était qu’ils me droits. Nous avons pris notre courage

monde. Bien que les quotas ne soient pas • Participation aux négociations de paix. Au
encore utilisés dans les processus de paix, on cours des cinq dernières années, des mesures
reconnaît aujourd’hui qu’ils peuvent être effi- vigoureuses ont été adoptées, en particulier par
caces pour encourager la représentation des le Département des opérations de maintien de
femmes à la table des négociations de paix. la paix, pour s’assurer que les États Membres
des Nations Unies et autres entités politiques
• Politique des partis. Les partis politiques sont observent la résolution 1325. Néanmoins, les
les intermédiaires obligés de la présence des efforts visant à inclure les femmes dans les pro-
femmes en politique. Dans le contexte de la cessus de paix et les opérations de relèvement
politique des partis, cependant, il importe de suite aux conflits se limitent à quelques exem-
sanctionner le non-respect des quotas. Si, par ples isolés.
exemple, un quota de 40 pour cent de représen-
tantes dans un parti peut sembler remarquable, • Données et recherches plus approfondies. Les
cet engagement est dérisoire si la candidature études sur l’impact des femmes sur les politi-
des femmes n’est pas activement soutenue59. ques et les textes de loi relatifs aux enfants

66 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
à deux mains pour amener les autori- nos projets (personnels), notre famille répondre à l’espérance de justice nour-
tés à nous écouter. Au début, nos amis … mais j’ai mis de côté mes intérêts rie par la population.
et même nos propres frères et sœurs particuliers. Nous vivons un processus
ne voulaient absolument pas avoir historique auquel il m’était tout simple- Les garçons et les filles de Bolivie
affaire à nous, disant que nous étions ment impossible de tourner le dos. Il vivent dans des conditions difficiles.
des gens de la ville à présent. Mais n’était pas question d’en parler avec Les inégalités sont criantes. Il y a
nous avons pris courage et commencé mes collègues. Si je refusais, je n’au- encore de très nombreux enfants qui
à organiser des manifestations pour rais jamais plus pu marcher la tête se débattent dans les difficultés qui
nous ouvrir des portes. Convaincus haute. J’ai donc accepté, sachant que étaient les miennes quand j’étais petite
que ce que nous faisions était juste, ce serait dur, mais je ne pouvais pas ne fille – ne pas pouvoir aller à l’école et
nous avons commencé à abattre les pas considérer qu’il s’agissait là de être privé d’une alimentation saine.
murs de la discrimination – et, à force l’étape suivante de tout ce que nous Nos wawas (enfants) sont les premiers
de persévérance, nous avons réussi à avions fait jusque-là. à souffrir de la maltraitance, de la vio-
trouver des appuis et à obtenir des siè- lence et du viol. Je voudrais voir le
ges aux conseils des organisations de Au début, j’étais très inquiète : j’allais jour où les enfants boliviens pourront
femmes rurales. Nous avons conclu bientôt entrer dans un monde très dif- grandir entre des parents qui les
des alliances avec nos frères paysans, férent. Dans nos organisations, nous aiment et en mangeant à leur faim.
avec les ouvriers, les mineurs, les plan- travaillions toujours avec d’autres fem- C’est un défi redoutable. Nous devons
teurs de feuilles de coca, les groupes mes. Le monde de la politique, lui, est aider tous ceux qui rêvent d’une vie
autochtones et d’autres secteurs. Cela un monde masculin rempli de profes- bien remplie à concrétiser leurs rêves.
a été un processus très intéressant qui sionnels qui diffèrent par la formation
a réellement porté ses fruits. reçue et l’expérience acquise; j’y ai fait
mon entrée avec la plus grande cir-
Le monde masculin de la politique conspection. Un ou une responsable
En chemin, nous avons commencé à est libre de s’exprimer comme il ou Casimira Rodríguez Romero, l’actuelle
obtenir l’appui du mouvement d’Evo elle l’entend, mais je dois à présent Ministre de la justice de Bolivie, est
Morales; en tant que responsables, faire attention à ce que je dis, tout en née dans une communauté quechua
nous nous sommes mis à organiser sachant que je dois faire quelque de la vallée de Mizque, Cochabamba.
des réunions ici ou là, en coordonnant chose pour les autres femmes et pour Quatrième enfant de sa famille, elle
les activités nationales et les manifes- nos camarades. a neuf frères et sœurs. Elle a connu
tations internationales. Lorsque l’on la pauvreté et la discrimination et
m’a proposé le poste de ministre de la Il reste encore bien du chemin à faire. au, poste qu’elle occupe dans le
justice, je ne savais pas quoi faire – je À ce poste, je veux répondre à l’attente Gouvernement bolivien, elle repré-
devais me décider très vite ! Nous de mes frères et sœurs qui ont diffé- sente la femme bolivienne autochtone
avons, tous autant que nous sommes, rents types de problèmes. Je veux de tout temps marginalisée.

sont pratiquement inexistantes, même dans les que. Les ministères de la femme et autres tribu-
pays industrialisés. Si l’UNICEF peut et doit nes politiques pour les femmes, ainsi que l’atta-
jouer son rôle et défendre la cause des enfants chement des gouvernements à encourager la
à tous les échelons du gouvernement, il doit présence des femmes dans les organes parle-
disposer d’études et d’analyses plus approfon- mentaires, sont des facteurs tout aussi impor-
dies sur la dynamique générale des prises de tants pour promouvoir l’égalité des sexes.
décisions et des orientations, en s’intéressant
en particulier au rôle des femmes et jeunes fil-
les dans ce domaine.

• Un environnement dans lequel les femmes peu-


vent faire la différence. La présence des fem-
mes dans l’arène politique est une condition
nécessaire mais pas suffisante pour permettre
aux femmes d’accéder à l’émancipation politi-

L’ É G A L I T É D A N S L A V I E P O L I T I Q U E E T A U G O U V E R N E M E N T 67
Le chapitre final du rap- législatives peuvent être une stratégie effi- informer les femmes et les hommes des
RÉSUMÉ port propose un plan cace pour autonomiser les femmes et les avantages que procurent l’égalité des
visant à favoriser au maximum l’égalité des filles, et pour défendre leurs droits. sexes et la prise de décisions commune
sexes dans sept domaines clés : l’éducation, peuvent contribuer à de meilleurs rapports
les financements, la législation, les quotas • Les quotas peuvent encourager la participa- de coopération entre eux.
législatifs, l’autonomisation des femmes par tion des femmes à la vie politique : les quo-
d’autres femmes, la participation des hom- tas sont une méthode éprouvée de s’assurer • Les recherches et les données sur la situa-
mes et des garçons, et l’amélioration des que les femmes brisent le « plafond de tion des femmes et des filles font cruelle-
recherches et des données. verre » de la politique. Pour qu’ils soient ment défaut : le manque flagrant de
véritablement utiles, toutefois, ces quotas statistiques ventilées par sexe est souvent
• Éducation : garantir que les filles et les doivent avoir l’appui de partis politiques et la cause de la rareté ou de la faiblesse des
garçons aient des chances égales de s’ins- de systèmes électoraux qui se sont engagés données que nous possédons sur des ques-
truire est l’une des étapes les plus impor- à encourager la participation des femmes à tions qui affectent les femmes et, par là
tantes de la lutte contre la discrimination la vie politique et au gouvernement. même, les enfants. Il faut de toute urgence
sexiste. Les mesures clés consistent, entre rassembler davantage de données et effec-
autres, à supprimer les frais de scolarité, à • Autonomisation des femmes par d’autres tuer des analyses de meilleure qualité.
encourager les parents et les communau- femmes : ce sont les associations fémini-
tés à investir en faveur de l’éducation des nes de terrain qui défendent le mieux L’élimination de la discrimination sexiste
filles, et à créer des écoles adaptées aux l’égalité et l’autonomisation des femmes, rapportera un dividende double : elle favo-
besoins des filles, qui soient sûres et mais souvent, elles sont méconnues par risera le respect des droits de la femme,
sans discrimination. les gouvernements nationaux et les orga- tout en contribuant également beaucoup à
nismes internationaux. Mobiliser les fem- la réalisation des droits de l’enfant. Des
• Affectation de ressources supplémentaires mes dès le départ dans l’élaboration des partenariats efficaces regroupant des gou-
pour réaliser la parité entre les sexes : on politiques permet de s’assurer que les pro- vernements, des donateurs et des organis-
s’est bien trop peu préoccupé des ressour- grammes sont conçus en tenant compte mes internationaux peuvent soutenir ce
ces nécessaires pour atteindre l’objectif des besoins des femmes et des enfants. processus en concevant et en appliquant
de l’égalité des sexes et de l’accès des des stratégies de développement reposant
femmes à l’autonomie. • Mobiliser les hommes et les garçons : les sur les droits humains. Pour les femmes,
hommes peuvent être de puissants alliés les hommes et pour les enfants, le moment
• Uniformisation des règles au sein des dans la lutte pour l’égalité des femmes. est venu de nous concentrer à nouveau
législations nationales : les réformes Des initiatives de mobilisation qui visent à sur ces objectifs.
L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7

Recueillir le double
5
dividende de l’égalité
des sexes
our que les enfants puissent se développer et de la Plate-forme d’action de Beijing en 1995,

P au mieux de leurs capacités et grandir dans


des familles et des sociétés où ils pourront
s’épanouir, la discrimination sexiste doit
être bannie une fois pour toutes. Un monde sans
discrimination peut sembler un rêve impossible et
ont décrit aussi concrètement que possible les
obstacles auxquels se heurte le renforcement du
pouvoir d’action des femmes et les mesures néces-
saires pour les éliminer. Mais malgré ces acquis et
ces engagements, beaucoup de femmes, d’adoles-
© UNICEF/HQ05-1566/Giacomo Pirozzi

pourtant, ce rêve est à notre portée. Au cours des centes et de petites filles n’ont pas vu ces promes-
dernières décennies, la communauté internationale ses se matérialiser. Pour les enfants privés
a accordé une part croissante au combat contre la d’éducation en raison de leur sexe comme pour
discrimination sexiste. Les succès correspondants les adolescentes qui risquent de mourir de problè-
en faveur de l’autonomisation des femmes et des mes liés à la grossesse et à l’accouchement, ou de
filles sont devenus de plus en plus apparents. subir des violences et des sévices sexuels, la discri-
Depuis 1945, la proportion de femmes membres mination encourage des violations de droits dont
d’un Parlement a été multipliée par plus de cinq1. les répercussions se feront sentir tout au long de
L’éducation des filles a fait des progrès remarqua- la vie (voir chapitre 1, page 4.)
bles dans de nombreuses régions, et plus de 90
pays en développement sont en bonne voie d’at- Ce chapitre final regroupe un certain nombre
teindre l’objectif de l’égalité des sexes dans l’ensei- d’interventions réalisables, concrètes et intersec-
gnement primaire, même si ce n’est qu’à l’horizon torielles à mener dans plusieurs domaines essen-
2015, c’est-à-dire dix ans après la date fixée au tiels pour relever le défi. Ces interventions feront
départ par la communauté internationale2. Les atti- une différence sans précédent dans la vie des
tudes discriminatoires à l’égard des femmes et des femmes et des enfants, et dans la réalisation des
filles ont changé, non seulement au fil des généra- Objectifs du Millénaire pour le développement
tions, mais aussi, dans certains cas, grâce à des (OMD). Ces mesures sont, entre autres, l’éduca-
campagnes ciblées et des forums de discussion, en tion, le financement du développement, la légis-
l’espace de quelques mois3. Les chapitres précé- lation, les quotas législatifs, l’autonomisation des
dents ont montré clairement que de grands change- femmes par d’autres femmes, la participation des
ments en faveur des femmes et des filles sont hommes et des garçons, et les recherches et les
possibles et que, pour tous les enfants, ces change- données. Ces recommandations consistent moins
ments revêtent une importance capitale. à présenter de nouvelles idées révolutionnaires
qu’à prendre des engagements fermes, à s’en
Les progrès réalisés se reflètent dans les résultats tenir à ce qui a réussi dans le passé et à rester
statistiques et les processus sociaux et politiques axé sur ce qu’il faut faire – sans oublier l’engage-
qui ont abouti à un consensus international ment tout aussi ferme à travailler ensemble pour
solide en faveur de l’égalité des sexes et des droits réaliser la parité et l’autonomisation des femmes.
des filles et des femmes. La ratification de la
Convention sur l’élimination de toutes les formes En substance, l’objectif de l’égalité des sexes
de discrimination à l’égard des femmes par 184 exige que les attitudes et les institutions changent
pays (au 1er septembre 2006) ainsi que plusieurs en s’appuyant sur les principes de l’égalité et du
conférences mondiales sur les femmes, dont respect des droits humains. Pour encourager le
l’aboutissement a été l’adoption de la Déclaration changement social à l’échelon local, dans les

69
Des partenariats pour l’éducation des filles

La parité entre les filles les garçons ques, la GCE a publié un rapport inti- présent, le FAWE a analysé et pesé sur
dans l’enseignement primaire et secon- tulé Une juste chance (A Fair Chance) l’orientation des plans d’action de 17
daire est un principe de base dans le qui recense les principales mesures à pays.
Programme du Millénaire, et les parte- prendre pour réussir à éliminer les dis-
nariats à tous les niveaux sont considé- parités entre les filles et les garçons La Campagne pour l’éducation des fil-
rés de plus en plus comme la meilleure dans l’enseignement. les (Campaign for Female Education –
formule pour parvenir à cet objectif. CAMFED), qui axe ses efforts sur les
L’Initiative des Nations Unies pour Le Forum des éducatrices africaines filles des zones rurales de l’Afrique
l’éducation des filles (UNGEI), lancée (FAWE), basé au Kenya, est une organi- subsaharienne, gère actuellement des
en 2002, est un partenariat réunissant sation non gouvernementale compo- programmes au Ghana, en Zambie et
des organisations des Nations Unies et sée de ministres de l’éducation et au Zimbabwe. La CAMFED déclare
un large éventail de partenaires qui ont d’éminents spécialistes de l’éducation, avoir permis à plus de 56 000 filles de
pour vocation de parvenir à l’égalité venant de l’Afrique subsaharienne. poursuivre leurs études à l’école pri-
des sexes dans l’éducation. L’UNGEI Depuis 1993, le FAWE, travaillant maire – 98 pour cent d’entre elles
contribue à une coordination des stra- notamment avec des gouvernements, ayant obtenu l’examen de passage
tégies pour l’éducation des filles et faci- des donateurs, des organisations non dans une école secondaire. Ceci est le
lite les interventions au niveau des gouvernementales, des universités et fruit d’une collaboration avec toute une
pays par des partenariats avec les gou- des communautés, encourage l’égalité série de partenaires, notamment les
vernements, les pays donateurs, les entre les sexes dans l’éducation. Les parents, les autorités locales et les
organisations non gouvernementales, partenaires cherchent tout particulière- chefs coutumiers. L’approche commu-
la société civile, le secteur privé, les ment à influencer la politique, à sensi- nautaire de la CAMFED prévoit de met-
communautés et les familles. biliser l’opinion publique, à intervenir tre en place des comités de district qui
de façon concrète et à généraliser les collectent et distribuent les ressources,
D’autres partenariats agissent dans le meilleures pratiques. Ce partenariat de gagner la confiance de la commu-
même sens. En 1999, quatre organisa- compte parmi ses réalisations la publi- nauté par le dialogue et de faire face
tions internationales de la société civile cation d’un manuel sur les politiques aux menaces pesant sur la santé et la
– Oxfam International, ActionAid favorisant l’égalité des sexes dans sécurité des filles. Grâce à ce qu’on a
International, Education International l’éducation : principes d’analyse et appelé le « cercle vertueux de l’éduca-
et Marche mondiale contre le travail de planification (ABC of Gender tion des filles » les jeunes femmes qui
des enfants – ont élaboré la Campagne Responsive Education Policies), qui ont profité de ces interventions les
mondiale pour l’éducation (Global indique avec précision comment éva- soutiennent à leur tour en apportant
Campaign for Education – GCE) pour luer les mesures tendant à l’égalité des aux autorités locales et aux enfants de
s’efforcer d’éliminer dans l’éducation, sexes dans les plans d’action de l’édu- leur communauté leurs expériences et
d’ici à 2015, les disparités entre les cation nationale et qui donne des leur point de vue.
sexes. À partir de recherches effec- orientations pour la généralisation des
tuées dans neuf pays africains et asiati- principes d’égalité des sexes. Jusqu’à Voir Références, page 88.

communautés et au sein du foyer, il faudra naître que les partenariats sont le moyen le plus
l’intervention concertée et délibérée d’un vaste sûr d’introduire des changements réels et dura-
ensemble d’acteurs, hommes et garçons, maris et bles, et ils ont un rôle particulièrement important
pères, électeurs, enseignants, chefs religieux et à jouer dans la lutte contre la discrimination
civiques, médias, secteur privé et, bien sûr, fem- sexiste – une question commune à tous les sec-
mes et filles elles-mêmes. Les mesures prises au teurs du développement.
niveau local doivent être encouragées et renfor-
cées par les gouvernements et les donateurs inter- La création d’alliances efficaces regroupant des par-
nationaux, qui jouent un rôle déterminant dans tenaires variés, dont les programmes, les points de
la conception et la mise en œuvre des législations vue et les affiliations diffèrent, présente divers pro-
et des programmes de protection et de promo- blèmes, dont des problèmes financiers. Chacune
tion des droits des femmes et des filles. des sept recommandations privilégiera le rôle des
partenariats contre la discrimination sexiste.
On doit forger des partenariats efficaces pour
accélérer les progrès dans tous les domaines cités. Certaines des mesures ci-dessous peuvent pro-
La communauté internationale s’accorde à recon- duire des résultats rapides, tandis que d’autres

70 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/Gva06/smse-219/Rolando Chews

sont à plus long terme. Mais pour les femmes et nutritionnels et de ceux de leurs enfants, et à
les enfants, pour cette génération et celles qui adopter de meilleures pratiques d’espacement des
suivront, c’est maintenant qu’il faut agir. naissances. Par conséquent, leurs enfants ont un
taux de survie plus élevé et sont en général en
meilleure santé et mieux alimentés4. En outre,
L’éducation : s’attaquer aux racines de
dans de nombreux pays, on a calculé que chaque
la discrimination sexiste année supplémentaire d’études de la mère se tra-
Comme le montre ce rapport, s’assurer que les duit par un semestre de plus dans la scolarité de
filles et les garçons aient des chances égales de leurs enfants5.
s’instruire est l’un des moyens les plus impor-
tants et les plus efficaces de lutter contre la dis- L’évolution récente de l’éducation des filles permet
crimination sexiste et promouvoir les droits des de nourrir un certain optimisme. Dans les pays à
enfants. Chaque fille et chaque garçon a le droit faible revenu par exemple, ces trente dernières
à l’éducation, quel que soit son statut social ou années, les taux bruts de scolarisation des filles
économique. En permettant aux filles de tirer les dans le primaire sont passés de 52 pour cent à
avantages intellectuels et sociaux de l’éducation plus de 90 pour cent6. Mais des disparités persis-
de base, on garantit la protection et la réalisation tent entre les filles et les garçons, non seulement
de leurs droits, et on élargit considérablement les aux niveaux primaire et secondaire, mais aussi
choix qui s’ouvriront à elles quand elles seront dans le troisième cycle, où seulement 5 à 10 pour
des femmes, plus tard dans la vie. En outre, cent des étudiants dans les pays à faible revenu
l’éducation des filles présente des avantages sont des filles7.
importants et durables pour les familles et les
communautés. Les femmes qui ont reçu une édu- Supprimer les frais de scolarité
cation dite formelle ont tendance à se marier et à Dans de nombreux pays en développement, les
avoir des enfants plus tard, à faire vacciner leurs coûts directs et indirects de la scolarité sont l’un
enfants, à être mieux informées de leurs besoins des obstacles les plus redoutables à l’éducation

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 71
des filles comme des garçons, notamment ceux investir dans l’éducation de leurs filles. Les allo-
qui vivent dans des familles pauvres en zone cations conditionnelles procurent aux familles
rurale8. La suppression des frais de scolarité est une aide alimentaire et dédommagent les parents
l’une des mesures les plus efficaces pour accélérer des coûts d’opportunité associés au travail des
les progrès dans ce domaine. En 2005, l’UNICEF enfants, à la condition qu’ils envoient leurs
et la Banque mondiale ont lancé l’Initiative en enfants à l’école et les amènent dans des dispen-
faveur de l’abolition des frais de scolarité (SFAI), saires pour se faire vacciner et passer des visites
qui vise à accroître l’accès à l’éducation de base médicales régulières.
et à accélérer les progrès afin d’atteindre les
cibles des OMD et de l’Éducation pour tous Des écoles adaptées aux besoins des filles :
dans les dix prochaines années. En Éthiopie, au sûres et sans discrimination
Ghana, au Kenya, au Malawi, au Mozambique, Les enfants qui ne fréquentent pas l’école sont
en République-Unie de Tanzanie et dans d’autres généralement ceux des foyers les plus pauvres et
pays qui participent à l’Initiative, (le Burundi et les plus marginalisés et souvent, ceux qui vivent
la République démocratique du Congo prévoient en milieu rural11. Les parents peuvent s’opposer à
de supprimer les frais de scolarité dans un avenir ce que leurs filles aillent à l’école parce qu’ils
proche), l’élimination des frais de scolarité per- pensent que l’établissement n’est pas sûr, ou que
met aux filles de milieux défavorisés de s’inscrire le long trajet présente des risques d’agression
à l’école primaire9. sexuelle ou d’autres formes de violence12. Les
gouvernements, les parents et les donateurs inter-
Encourager les parents et les communautés à nationaux doivent conjuguer leurs efforts pour
investir dans l’éducation des filles promouvoir des horaires souples, améliorer la
Même là où les frais de scolarité ne sont pas le sécurité à l’école, s’assurer que les écoles soient
problème, les coûts réels et perçus associés à la équipées de sanitaires et d’installations d’hygiène
scolarité d’un enfant risquent de dissuader les séparées pour les filles, et bâtir des écoles à
parents de soutenir l’éducation des filles10. Des proximité des habitations.
mesures d’incitation, comme l’octroi d’alloca-
tions assorties de conditions, l’offre de repas, des Le programme d’études doit inculquer aux ensei-
subventions et autres types de soutien du revenu, gnants comme aux élèves l’importance de l’éga-
pourraient encourager les familles pauvres à lité des sexes, et lutter contre les préjugés qui
favorisent les garçons en classe. Des études mon-
trent que les enseignants qui jugent les filles
moins intelligentes que les garçons tendent à les
traiter différemment. Les garçons reçoivent un
traitement préférentiel et on leur laisse ample-
ment le temps d’apprendre et de jouer à l’école.
En revanche, on encourage souvent une attitude
soumise chez les filles, que l’on relègue au fond
de la classe. Dans certaines communautés, les
filles doivent accomplir des travaux de mainte-
nance à l’école, pendant que les garçons jouent
dans la cour13.

Dans une grande partie du monde industrialisé, les


filles obtiennent de meilleurs résultats que les gar-
çons. Mais cela n’est pas le cas dans le monde en
développement, où les garçons tendent à mieux
réussir aux examens. Une étude récente effectuée
en Afrique francophone, en Afrique de l’Est et en
Afrique australe montre que les garçons obtien-
nent de meilleures notes que les filles dans tous les
pays à faible revenu sujets de l’étude14.
© UNICEF/HQ00-0623/Roger LeMoyne

Pour contribuer à éliminer les préjugés, une


méthode consiste à augmenter le nombre d’ensei-
gnantes dans les salles de classe. En outre, les
manuels et les matériels pédagogiques doivent
éviter de reproduire des stéréotypes sexistes, par
exemple, de dépeindre les femmes en train de

72 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/HQ05-0391/Palani Mohan

faire le ménage et de cuisiner, pendant que les mes et femmes, mais beaucoup reste à faire pour
hommes sont représentés exerçant les métiers traduire ces théories dans la pratique.
d’ingénieurs et de médecins15.
Le Projet du Millénaire de l’ONU a montré la
voie en chiffrant ce qu’il en coûtera pour attein-
Affecter davantage de ressources à la
dre les Objectifs du Millénaire pour le dévelop-
réalisation de l’égalité des sexes pement16. Des évaluations détaillées par pays
Pour parvenir à l’égalité des sexes et réaliser les identifient les biens matériels, les services et les
droits des femmes et des enfants, on a besoin infrastructures nécessaires, ainsi que les capitaux
d’une législation adéquate, de solides travaux de et les coûts récurrents. Mais bien qu’elles soient
recherches, de politiques audacieuses, mais égale- très complètes et détaillées, ces projections ne
ment de ressources financières. En l’absence des peuvent pas prévoir avec précision le coût défini-
financements nécessaires à la mise en œuvre de tif de la réalisation des OMD. Certaines incerti-
nouvelles lois et politiques, une législation adap- tudes planent du fait qu’il est impossible de
tée et de meilleurs travaux de recherche ne signi- savoir comment la Déclaration du Millénaire est
fieront pas grand-chose. Des investissements appliquée dans certains pays et communautés, et
sociaux équitables et bien ciblés pour éliminer la qu’on ne peut pas connaître les coûts variables
discrimination sexiste sont essentiels à l’égalité associés à chacun des huit OMD17. Comme tous
des sexes et à l’autonomisation des femmes. les Objectifs sont concernés par l’égalité des
sexes, évaluer le coût de l’OMD 3 – promouvoir
Peut-être considère-t-on trop souvent que la dis- l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des
crimination sexiste dérive des seules attitudes femmes – s’est avéré particulièrement difficile. Le
sociales ? En tout cas on ne s’est pas assez inté- Projet du Millénaire s’est efforcé de modifier sa
ressé aux ressources financières requises pour méthode dans l’espoir d’arriver à des estimations
atteindre l’objectif de l’égalité des sexes et de plus précises des coûts liés à la réalisation de
l’autonomisation des femmes. Bien des travaux l’OMD 318. Les estimations initiales proviennent
ont été réalisés sur les politiques et les interven- d’une analyse détaillée du Bangladesh, du
tions propres à réduire les inégalités entre hom- Cambodge, du Ghana, de l’Ouganda, et de la

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 73
Suivi des engagements des gouvernements sur l’autonomisation des femmes
par l’adoption de budgets favorisant l’égalité des sexes

Les budgets traduisent les priorités ments responsables de leurs engage- Au Maroc, le budget 2006 contient
sociales et économiques des gouver- ments concernant l’égalité des sexes une annexe sur les priorités de
nements. Lorsqu’on peut distinguer et l’autonomisation des femmes. l’équité des sexes. Ce texte sans pré-
l’impact d’un budget sur les femmes cédent est le fruit de quatre années
et les hommes, ce budget est consi- L’UNIFEM a vivement encouragé les de collaboration entre l’UNICEF et le
déré comme « favorisant l’égalité des budgets favorisant l’égalité des sexes, Ministère marocain des finances.
sexes ». Le Fonds de développement auxquels plus de 50 pays ont recours L’annexe évalue l’incidence du budget
des Nations Unies pour la femme actuellement. L’Afrique du Sud a été national sur l’égalité des sexes et passe
(UNIFEM) définit le budget qui favo- parmi les premiers à mettre en œuvre en revue les objectifs spécifiques de
rise l’égalité des sexes comme per- un tel budget, en 1995. Dans le budget l’égalité des sexes. D’importants
mettant « l’analyse des dépenses et du Rwanda, l’égalité des sexes consti- ministères, en particulier l’Éducation,
des recettes effectives de l’État pour tue actuellement une priorité et le les Finances, la Santé, l’Agriculture et
les femmes et les filles comparées à Ministre de l’égalité des sexes parti- le Développement rural, ont participé
celles concernant les hommes et les cipe à la préparation de tous les bud- à la préparation de cette annexe.
garçons ». gets sectoriels du pays.
Les budgets favorisant l’égalité des
Selon un rapport du Secrétariat du En Amérique latine, l’UNIFEM a appuyé sexes se révèlent efficaces car ils atti-
Commonwealth, les budgets soucieux des initiatives pour un budget favori- rent l’attention des décideurs sur les
d’égalité des sexes ont quatre objectifs : sant l’égalité des sexes en Bolivie, au domaines où un financement est
Brésil, au Chili, en Colombie, en Équa- nécessaire pour favoriser l’égalité des
• Augmenter les attributions de res- teur, au Mexique et au Pérou. De telles sexes et l’autonomisation des fem-
sources aux femmes. analyses ont été codifiées sous la mes. On admet de plus en plus que
forme d’une procédure budgétaire au les budgets pour l’enfance sont des
• Favoriser la prise en compte de Chili, où l’égalité des sexes est l’un outils de sensibilisation et de politique
l’égalité des sexes au plan des six domaines pour lesquels un efficaces. De même, les budgets favo-
macroéconomique. rapport ministériel est obligatoire. risant l’égalité des sexes constituent
Dans la région, on compte d’autres un moyen pratique de s’assurer que
• Renforcer la participation de la initiatives, notamment des analyses des ressources suffisantes sont
société civile dans l’élaboration de la budgétaires centrées sur l’égalité allouées à la réalisation des droits
politique économique, et des sexes aux niveaux national, pro- des femmes et des enfants.
vincial et municipal, un appui techni-
• Suivre les dépenses publiques cor- que à des institutions de planification Voir Références, page 88.
respondant aux engagements pris budgétaire et des initiatives de sensi-
pour l’égalité des sexes et le dévelop- bilisation de la société civile et d’orga-
pement et contribuer à la réalisation nismes du secteur public.

des Objectifs du Millénaire pour le


En Inde, des parlementaires femmes
développement.
ont joué un rôle déterminant pour sus-
citer des initiatives de budget favori-
L’analyse d’un budget favorisant sant l’égalité des sexes au niveau
l’égalité des sexes peut permettre parlementaire. Certains États ont
de mesurer précisément de quelle même été plus loin en adoptant des
manière la répartition, l’utilisation et lois sur le contrôle, par la population,
la génération de ressources publiques de la planification et des dépenses
ont un impact différent sur les fem- locales et en prenant des mesures
mes et sur les hommes. Il s’agit d’un garantissant la participation des fem-
outil extrêmement utile non seule- mes à ces procédures. Pour l’exercice
ment pour mettre en lumière les liens 2005-2006, 18 départements ont dû
existant entre investissement social et soumettre des budgets indiquant les
réalisation des droits de la femme, attributions de ressources et les dépen-
mais aussi pour tenir les gouverne- ses dont les femmes sont bénéficiaires.

74 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
République-Unie de Tanzanie, qui a ensuite été des femmes. Il est raisonnable d’envisager que
élargie à tous les pays à faible revenu. les pays à faible revenu recevront 28 milliards
de dollars É.-U de plus (mesurés en dollars
Dans le groupe des cinq pays étudiés au départ, constants de 2003) en 2006 de la part des pays
on a estimé qu’il faudrait disposer annuellement donateurs, cette somme passant à 73 milliards de
de 37 à 57 dollars É.-U. par habitant (mesurés en dollars en 2015. Les estimations disponibles sug-
dollars constants de 2003) pour couvrir le coût gèrent toutefois que les gouvernements affectent
du matériel et des services affectés à l’éducation actuellement moins de ressources à l’égalité des
des filles, à la santé des femmes et à d’autres sexes qu’à d’autres OMD22.
domaines. Les mesures directement liées à
l’OMD 3 ne représentent que 6 à 10 pour cent Mais le calcul des financements nécessaires n’est
du coût total des interventions nécessaires pour que le premier pas. Cet argent doit être utilisé à
atteindre les OMD19. bon escient. Il doit être intégré aux budgets et
aux plans existants du gouvernement, et être ali-
L’estimation des coûts doit s’appuyer sur une iden- gné sur les documents stratégiques de réduction
tification concrète des domaines dans lesquels il de la pauvreté et autres processus de planifica-
faut investir. De nombreux exercices d’évaluation tion auxquels participent toutes les parties pre-
des coûts de l’OMD 3 ne prennent en compte que nantes. La voie qui mène à l’égalité des sexes
l’élimination des disparités entre garçons et filles peut être longue et compliquée, mais faute des
dans l’éducation20, qui, pour essentielle qu’elle ressources suffisantes, nous n’arriverons jamais
soit, ne représente qu’une pièce du puzzle. Une à destination.
estimation plus complète tient compte des sept
priorités stratégiques énoncées dans le rapport du
Des lois nationales pour favoriser
groupe de travail du Projet du Millénaire sur
l’égalité des sexes et la réalisation des Objectifs du
l’égalité des sexes
Millénaire pour le développement : Les réformes législatives peuvent être une stratégie
efficace pour autonomiser les femmes et les filles,
• Renforcer les possibilités d’éducation post- et pour défendre leurs droits. Au cours de la seule
primaire pour les filles tout en respectant les année écoulée, les femmes ont obtenu le droit de
engagements pris en faveur de l’éducation vote et de se présenter aux élections au Koweït23,
primaire universelle. ont fait pression pour faire adopter une législation
qui pénalise la violence au foyer au Tadjikistan24,
• Garantir la santé et les droits sexuels et en ont demandé que les problèmes des femmes soient
matière de procréation. davantage pris en compte dans les accords de paix
et les processus de post-conflit en Somalie25, et ont
• Investir dans les infrastructures pour économi- obtenu la ratification du Protocole relatif aux
ser le temps des femmes et des filles. droits de la femme en Afrique, qui est entré en
vigueur en novembre 200526. Néanmoins, dans
• Garantir le droit des femmes et des filles à la de nombreux pays, les femmes n’ont toujours pas
propriété et à l’héritage. accès à la justice et à la protection de la loi dans
les mêmes conditions que les hommes, et dans
• Éliminer les inégalités entre hommes et femmes certains autres, des obstacles juridiques persistants
face au travail en réduisant la dépendance des continuent de les empêcher d’exercer leurs droits
femmes vis-à-vis de l’emploi informel, en com- dans des domaines essentiels.
blant les écarts de salaire et en luttant contre la
ségrégation professionnelle. Violence familiale et violence sexiste pendant
les conflits
• Accroître la proportion de sièges occupés par La violence qui s’exerce contre les femmes et
des femmes au sein des Parlements nationaux les enfants a des conséquences catastrophiques.
et des organes gouvernementaux locaux. Traumatisées par la douleur et la terreur, certai-
nes victimes ne s’en relèveront jamais27. Cette
• Lutter contre la violence à l’égard des filles et violence se moque des frontières et de la géogra-
des femmes21. phie, et des différences entre les cultures ou les
niveaux de richesse. Les mesures pour la combat-
Le montant total des financements supplémentai- tre requièrent souvent une législation spécifique,
res pour atteindre l’OMD 3 dépendra des mon- ainsi qu’un engagement résolu de la part des res-
tants que les gouvernements lui consacreront ponsables de politique, du système judiciaire,
d’ici à 2015, et de la proportion de ces ressour- des forces de l’ordre, et dans certains cas, de la
ces consacrée à la parité et à l’autonomisation communauté internationale, pour garantir que

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 75
Des partenariats pour la promotion des droits de l’enfant et de l’égalité des
sexes dans les programmes politiques
Les partenariats forgés entre des les enfants et la guerre et une l’assemblée de l’UIP au Mexique en
parlementaires et des militants de la justice appropriée pour les mineurs. 2004. L’année suivante, la réunion a
cause des femmes et des enfants per- Catalyseur d’actions, ce guide donne abordé le problème de la violence
mettent également de sensibiliser à des exemples concrets de moyens contre les femmes et les enfants dans
l’égalité des sexes et à la protection permettant de bâtir un environne- le cadre d’un conflit armé. En 2006,
contre le danger, l’exploitation, les ment protecteur pour les enfants et la réunion – à laquelle a également
mauvais traitements et la violence. La d’interventions de parlementaires participé le Programme commun
collaboration entre l’Union interparle- face aux défis de la protection des Nations Unies sur le VIH/SIDA
mentaire (UIP) et l’UNICEF est un par- de l’enfant. (ONUSIDA) – a examiné l’impact du
tenariat de ce type. Il remonte à plus VIH/SIDA sur les enfants.
de quinze ans, lorsque l’UIP a apporté • Le Guide contre la traite des enfants :
son soutien à la Convention des ce guide, réalisé conjointement par • Forums régionaux : suite aux recom-
Nations Unies relative aux droits de l’UIP et l’UNICEF, a été publié en 2005 mandations du groupe de travail des
l’enfant. Plus récemment, l’UIP a orga- à l’Assemblée de l’UIP. La lutte contre parlementaires de l’UIP sur la lutte
nisé avec l’UNICEF le Forum parle- la traite des enfants a été à l’origine contre la mutilation génitale féminine,
mentaire sur les enfants, au cours de d’un séminaire parlementaire régio- l’Union parlementaire africaine,
la Session extraordinaire des Nations nal sur l’ « Élaboration d’un cadre l’UNICEF et l’UIP ont organisé à
Unies consacrée aux enfants en mai protecteur pour les enfants : le rôle Dakar, en décembre 2005, une confé-
2002. Depuis lors, les deux organisa- des parlements », qui s’est tenu en rence régionale sur l’action parlemen-
tions collaborent étroitement, en février 2006, à Hanoï, à l’initiative de taire permettant de mettre fin à
particulier dans le domaine de la pro- l’Assemblée nationale vietnamienne. l’excision/mutilation génitale fémi-
tection de l’enfant et de l’encourage- Ce séminaire a réuni des parlemen- nine. Cette conférence a réuni des
ment à l’égalité des sexes. On peut taires de 13 pays. parlementaires de 21 pays. Elle avait
citer certaines actions clés menées pour but de renforcer l’action des par-
conjointement : • Réunions d’experts de haut niveau ticipants en leur faisant connaître
sur l’égalité des sexes et sur la pro- avec précision l’expérience menée par
• Guide pour les parlementaires sur la tection de l’enfant : ces dernières TOSTAN – une organisation non gou-
protection de l’enfant : Protection de années, les deux organisations ont vernementale basée au Sénégal, dont
l’enfant : un guide pour les parlemen- tenu une série de réunions d’experts le Programme d’autonomisation com-
taires a été publié en 2004. Il aborde lors de l’assemblée annuelle de l’UIP munautaire a réussi à dissuader du
de nombreux thèmes relatifs à la pro- afin de mettre en lumière l’impor- recours à l’excision/mutilation géni-
tection de l’enfant, en particulier la tance de l’égalité des sexes et la pro- tale féminine – ainsi que d’autres ini-
traite des enfants, les mauvais traite- tection de l’enfant. La première tiatives visant à protéger les enfants
ments qui leur sont infligés, l’exci- réunion, qui s’est penché sur la ques- contre les mauvais traitements.
sion/mutilation génitale féminine, tion de l’exploitation sexuelle à des
l’exploitation sexuelle des enfants, fins commerciales, a eu lieu lors de Voir Références, page 88.

ses auteurs seront poursuivis et que les victimes violence familiale, 21 autres rédigent actuelle-
recevront tout l’appui dont elles ont besoin pour ment des projets de loi, et un grand nombre a
reconstruire leur vie. modifié leur droit pénal pour y faire figurer la
violence familiale29. Mais l’écart est vaste entre
Le Rapport de l’expert indépendant des Nations ce que disent les lois et comment elles sont
Unies sur la violence contre les enfants, publié appliquées, ce qui a des conséquences mortelles,
en août 2006, confirme que la violence familiale et d’importantes différences subsistent d’une
a des répercussions incalculables sur les région à une autre. Alors que plus de 80 pour
enfants28. Les enfants souffrent à la fois directe- cent des pays d’Amérique latine ont des lois spé-
ment, lorsqu’ils sont les cibles d’actes violents, cifiques relatives à la violence familiale, ce n’est
et indirectement, lorsqu’ils voient l’impact le cas que dans moins de 5 pour cent des pays
dévastateur que la violence a sur la famille et le d’Europe de l’Est et de la Communauté d’États
foyer. Dans le monde, 45 pays au moins ont indépendants, d’Afrique et d’Asie orientale et
adopté une législation spécifique en matière de du Pacifique30.

76 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/HQ06-0321/Giacomo Pirozzi

De la même façon, des mécanismes globaux marque en ce sens un progrès important en


doivent être mis en place pour prévenir et com- demandant à « toutes les parties à un conflit
battre la violence sexiste pendant les conflits. armé de prendre des mesures particulières pour
L’anarchie qu’entraîne l’effondrement des institu- protéger les femmes et les petites filles contre les
tions et des structures sociales pendant un conflit actes de violence sexiste, en particulier le viol et
peut favoriser la violence sexuelle, l’exploitation les autres formes de sévices sexuels, ainsi que
et les mauvais traitements. La guerre aggrave contre toutes les autres formes de violence dans
encore le climat de violence dans lequel les filles les situations de conflit armé33 ». Mais il reste
et les femmes vivent même en temps de paix. beaucoup à faire : il importe par exemple d’en-
Pendant un conflit, un grand nombre d’entre courager les gouvernements à ériger en crime le
elles deviennent des esclaves sexuelles, obligées viol et les autres formes de violence sexuelle dans
de fournir des services sexuels aux membres des leur arsenal législatif, de tenir les États responsa-
forces et des groupes armés. Dans certains cas, le bles des agissements de leurs armées, et d’aug-
viol est utilisé comme arme de guerre stratégique menter le nombre de femmes à tous les stades du
pour humilier et avilir les communautés et les rétablissement de la paix34.
obliger à fuir, et atteindre ainsi des objectifs mili-
taires plus vastes, notamment le nettoyage ethni- Droit à la propriété et à l’héritage
que et l’instauration de la terreur politique31. L’égalité des droits à la propriété, foncière et
Malheureusement, ceux dont le mandat consiste autre, marquerait un progrès important vers l’éli-
à protéger les populations, y compris le person- mination de la discrimination sexiste au niveau
nel et les forces de maintien de la paix de l’ONU, du foyer. Pour que les réformes judiciaires chan-
ont eux aussi commis des viols32. Comme tous gent la vie des femmes et des enfants, une législa-
ces actes d’exploitation et d’agression sexuelle se tion nationale fondée sur les lois et les principes
produisent dans le contexte plus vaste de la vio- relatifs aux droits humains doit nécessairement
lence, des inégalités de longue date entre hommes prévaloir sur le droit coutumier et des pratiques
et femmes, et d’un manque d’autonomie des fem- traditionnelles empreintes de préjugés sexistes.
mes et des filles, les stratégies de lutte contre la Les réformes adoptées par les pays pour modifier
violence sexiste doivent aussi s’attaquer à ces le droit foncier et le droit d’héritage représentent
causes sous-jacentes. La résolution 1325, adoptée l’une des stratégies les plus directes pour amélio-
par le Conseil de sécurité de l’ONU en 2000, rer l’accès des femmes à la terre et à la propriété.

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 77
Figure 5.1 La majorité des pays ayant le plus grand nombre de femmes
parlementaires utilisent généralement des quotas politiques
Chambre basse ou chambre unique
Date des % de femmes Le pays utilise-t-il Types de
Rang Pays élections parlementaires un quota ? quota*
1 Rwanda septembre 2003 48,8 Oui 1
2 Suède septembre 2002 45,3 Oui 3
3 Costa Rica février 2006 38,6 Oui 2,3
4 Norvège septembre 2005 37,9 Oui 3
5 Finlande mars 2003 37,5 Non -
6 Danemark février 2005 36,9 Oui 3
7 Pays-Bas janvier 2003 36,7 Oui 3
8 Cuba janvier 2003 36,0 Non -
8 Espagne mars 2004 36,0 Oui 3
10 Argentine octobre 2005 35,0 Oui 1, 2, 3
11 Mozambique décembre 2004 34,8 Oui 3
12 Belgique mai 2003 34,7 Oui 2,3
13 Autriche novembre 2003 33,9 Oui 3
14 Islande mai 2003 33,3 Oui 3
15 Afrique du Sud avril 2004 32,8 Oui 3
* Il existe plusieurs types de quotas, dont (1) les quotas constitutionnels; (2) les quotas figurant dans une loi électorale ; et (3)
les quotas des partis politiques pour leurs candidats aux élections. Pour les définitions, voir l’encadré page 79.
Sources : les données proviennent de la base de données de l’Union interparlementaire sur « Les femmes dans les parlements
nationaux », <http://www.ipu.org/wmn-e/classif.htm>, consultée en mai 2006. Les chiffres concernant les assemblées utilisant
des quotas sont tirés de la Base de données mondiale sur les quotas pour les femmes, http://www.quotaproject.org/country.cfm>,
consultée également en mai 2006.

Les quotas peuvent encourager la


Au Costa Rica, par exemple, après la réforme
agraire, 45 pour cent des détenteurs de titres de
participation des femmes à la vie
propriété entre 1990 et 1992 étaient des femmes, politique
contre seulement 12 pour cent avant la réforme. Comme l’a montré le chapitre 4, la participation
De la même façon, en Colombie, suite à une déci- politique des femmes est essentielle pour le bien-
sion juridique sur le droit de propriété conjoint être des enfants, que cette participation aboutisse
en 1996, les terres possédées conjointement par à la transformation directe du processus politi-
des couples représentaient 60 pour cent des adju- que, ou à la représentation des intérêts des fem-
dications, contre 18 pour cent en 199535. mes et des enfants, ou à l’inspiration de la
génération suivante de filles. Maintenant que le
Pas de compromis sur la protection des Koweït a accordé aux femmes le droit de vote et
femmes et des filles de se présenter aux élections, en mai 2005, il ne
Les réformes législatives pourront requérir diffé- reste que très peu de pays dotés de Parlements
rentes mesures dans différents contextes juridi- élus dans lesquels les femmes n’ont pas le droit
ques. Dans un pays, la réalisation des droits des de voter et de briguer des fonctions officielles37.
femmes et des filles peut être subordonnée à Mais malgré la disparition des obstacles juridi-
l’abolition ou à la modification d’une législation ques qui les empêchaient d’entrer en politique et
discriminatoire. Dans d’autres, l’accès à la justice au gouvernement, les femmes ne représentent
et à la protection légale dans des conditions qu’un membre sur six de tous les Parlements
d’égalité pourrait nécessiter l’adoption de nou- nationaux dans le monde38.
velles lois ou de mécanismes spécifiques qui
neutralisent d’autres instruments judiciaires – Les quotas peuvent faire une grosse différence.
comme le droit coutumier et les codes religieux – Qu’ils soient imposés par la constitution ou la loi
souvent discriminatoires à l’égard des femmes36. électorale – ce qui est souvent, mais pas toujours,
Toutefois, tout en reconnaissant l’importance du la stratégie la plus efficace – ou qu’ils découlent
droit coutumier et des codes religieux, l’harmoni- de la bonne volonté des dirigeants politiques, les
sation de ces codes avec le droit statutaire ne quotas ont permis une hausse significative de la
peut pas se faire au détriment des droits et du participation politique des femmes dans tous les
bien-être des femmes et des filles. pays du monde. Selon l’Union interparlementaire,

78 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Quotas : des mécanismes très différents
Partout dans le monde, on a constaté ne sont pas observés. Les quotas gens qui souhaitent figurer dans une
que les quotas contribuaient efficace- légaux sont imposés par la constitu- primaire ou passer devant un comité
ment à l’accroissement de la partici- tion du pays (notamment au Burkina de désignation ou d’autres instances
pation des femmes à la politique. Faso, au Népal, en Ouganda et aux du parti. À ce stade, les quotas par
Leurs mécanismes d’application Philippines) ou par la loi, générale- sexe exigent qu’il y ait un certain
varient considérablement et leurs ment électorale (comme c’est souvent nombre ou un certain pourcentage de
effets diffèrent selon les pays. Afin de le cas en Amérique latine et aussi en femmes ou de femmes et d’hommes
comprendre le concept de quotas, les Belgique, en Bosnie-Herzégovine, en figurant sur la liste des candidats
définitions et les termes correspon- Serbie et au Soudan en particulier). potentiels. On rencontre cette prati-
dants figurent ci-après, tels qu’ils ont que dans les systèmes électoraux
été classés par l’Institut international • Les quotas décidés volontairement majoritaires, comme au Royaume-
pour la démocratie et l’assistance par un ou plusieurs partis dans un Uni, avec les « women’s short lists »
électorale, une organisation intergou- pays. Dans certains pays, dont (listes des femmes présélectionnées),
vernementale qui a pour mission de l’Allemagne, l’Argentine, la Bolivie, une procédure controversée.
favoriser la viabilité de la démocratie l’Équateur, l’Italie, la Norvège et la
dans le monde entier. Suède, plusieurs partis politiques ont • Au niveau de la nomination, on appli-
adopté un type de quota. Dans un que les quotas pour la nomination
• Les systèmes de quotas par sexe ont bon nombre d’autres pays, un ou des candidats qui vont représenter le
pour objet d’assurer au moins aux deux partis seulement ont décidé de parti lors du scrutin. Ceci implique
femmes une « minorité critique » de recourir aux quotas. Lorsque le prin- qu’une règle (dictée par la loi ou
20, 30 ou 40 pour cent dans les assem- cipal parti d’un pays observe des volontaire) impose que 20, 30, 40 ou
blées législatives, ou une véritable quotas, comme le fait le Congrès même 50 pour cent des candidats
parité de 50 pour cent. Dans certains national africain en Afrique du Sud, soient des femmes.
pays, les quotas ne sont appliqués le taux global de représentation fémi-
que provisoirement, c’est-à-dire tant nine peut se trouver modifié de façon • Au niveau de l’élection, les quotas
que subsisteront des obstacles à la significative. Cependant, la plupart prennent la forme de « sièges réser-
participation des femmes à la vie poli- des partis politiques dans le monde vés », un certain pourcentage ou un
tique. Toutefois, la plupart des pays n’utilisent aucun type de quota. certain nombre d’élus devant être des
disposant de quotas n’ont pas fixé à femmes. De plus en plus, on utilise le
leur usage des limites de temps. Les quotas peuvent jouer à système des sièges réservés pour
différents niveaux du processus parvenir à des quotas par sexe.
• Les quotas fixés par la loi doivent de choix et de nomination
être respectés par tous les partis poli-
tiques du pays et ils peuvent égale- • En premier lieu, il s’agit de trouver
ment être assortis de sanctions s’ils des aspirants à la candidature ou des Voir Références, page 88.

après l’introduction de quotas, le Rwanda, par 78 et 80). Bien que les quotas servent surtout à
exemple, est passé de la 24e place, en 1995, à la accroître la représentation politique des femmes
1ere place en 2003 en ce qui concerne la repré- au sein des Parlements nationaux, à ce jour, 30
sentation des femmes au Parlement, tandis que le pays ont aussi adopté des quotas constitutionnels
Costa Rica, qui était 25e en 1994 est devenu 3e ou statutaires au niveau infra national. En Inde,
en 2006. L’Afghanistan, qui n’était pas classé par exemple, les résultats ont été spectaculaires,
parce que les femmes n’avaient pas le droit de le tiers des sièges de toutes les législatures locales
vote sous le Taliban, se trouve maintenant en étant réservés aux femmes en vertu d’un amende-
25e position39. Des statistiques similaires sont ment constitutionnel. Cette situation contraste
observées dans des pays aussi divers que l’Afrique avec celle qui règne au niveau national, où les
du Sud, l’Argentine, le Burundi, l’Iraq, et le femmes représentent moins de 10 pour cent de
Mozambique40. tous les parlementaires41.

Sur les 20 pays du monde qui comptent le plus On considère aussi de plus en plus souvent que
de femmes parlementaires, 17 (ou 85 pour cent) les quotas pourraient servir à garantir la repré-
ont recours au système des quotas, sous une sentation des femmes lors des négociations de
forme ou une autre (voir Figures 5.1 et 5.2 pages paix. En 1999, par exemple, après que les

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 79
femmes eurent joué un rôle capital dans la cessa- leurs communautés45. Mais même si les réseaux
tion des hostilités dans le sud du Soudan, le Fonds sociaux féminins tendent à être plus étendus que
de développement des Nations Unies pour la ceux des hommes, ils contrôlent en général
femme s’est associé à une organisation locale moins de ressources économiques46.
pour lancer un processus de paix de « peuple à
peuple », qui réservait aux femmes un tiers des Les associations féminines doivent être reconnues
places aux réunions de réconciliation locales et en tant qu’agents importants de l’autonomisation
régionales42. De la même façon, en Afrique du Sud, et du développement. Les gouvernements et les
41 pour cent des membres de la Commission organismes de développement doivent les faire
Vérité et Réconciliation étaient des femmes43. participer à l’élaboration et à l’application des
Aucun de ces deux exemples n’a trait toutefois stratégies de réduction de la pauvreté et encoura-
aux processus de paix officiels. Actuellement, nous ger la création de partenariats à long terme. En
n’avons pas d’exemples de quotas de ce type. travaillant avec les associations féminines au
niveau des communautés et en faisant passer par
Les quotas peuvent être efficaces mais ils ne sont elles les ressources affectées au développement,
pas une panacée. Pour être efficaces, ils doivent les organismes de développement internationaux
être adaptés au système électoral d’un pays ; à peuvent accroître la probabilité que ces ressour-
défaut, et à moins que les engagements ne soient ces parviendront bien aux membres les plus vul-
renforcés par un système politique dans lequel les nérables des communautés pauvres – les femmes
règles comptent, et leur non-respect entraîne des et les enfants. En faisant participer les femmes à
conséquences, le rôle des quotas demeure pure- l’élaboration des politiques on s’assure que les
ment symbolique.44 programmes seront conçus en fonction des
besoins des femmes et des enfants.
Les femmes qui aident à
Les mouvements de femmes au niveau de la com-
l’autonomisation d’autres femmes munauté défendent vigoureusement l’égalité et
La coopération entre femmes, et la dynamique l’autonomisation des femmes et ont efficacement
qu’elle favorise, est l’un des instruments les plus soutenu la Convention pour l’élimination de la
efficaces pour réaliser l’autonomisation des fem- discrimination à l’égard des femmes et d’autres
mes. Des collectifs informels de femmes s’organi- conventions tenues d’améliorer la situation des
sent autour de questions telles que la nutrition, femmes et des filles au niveau international. Les
les distributions alimentaires, l’éducation et le avantages que procurent ces associations sont
logement, et contribuent à améliorer les condi- encore plus visibles au niveau local, où elles s’em-
tions de vie des femmes, de leur famille et de ploient à améliorer la qualité de vie des familles.

Figure 5.2 Les pays ayant le plus grand nombre de femmes parlementaires sont aussi les
pays les plus enclins à recourir aux quotas
100 Entre 10 % et 20 %
de femmes Moins de 10 %
80 de femmes
parlementaires
Entre 20 % et 30 % parlementaires
Nombre de 60 67
Plus de 30 % de femmes 60
pays avec...
40 de femmes parlementaires
parlementaires 35
20
20
0
20
Pourcentage 28 %
40
de pays utilisant
des quotas 60
60 % 55 %
80
85 %
100

Note : il existe des quotas constitutionnels, des quotas figurant dans une loi électorale et les quotas des partis politiques pour leurs candidats aux élections.
Sources : les données sur les femmes parlementaires proviennent de la base de données de l’Union interparlementaire sur « Les femmes dans les parle-
ments nationaux », <http://www.ipu.org/wmn-e/classif.htm>, consultée en mai 2006. Les chiffres concernant les assemblées utilisant des quotas sont tirés
de la Base de données mondiale sur les quotas pour les femmes, <http://www.quotaproject.org/country.cfm>, consultée également en mai 2006.

80 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/HQ00-0016/Giacomo Pirozzi

Mobiliser les hommes et les garçons cheurs ont découvert que les campagnes de sensi-
Les hommes peuvent apporter une contribution bilisation à la nutrition ciblaient les femmes,
essentielle pour mettre fin à la discrimination alors que près de 20 pour cent des pères pre-
sexiste. Dans le monde, les hommes continuent naient les décisions concernant la nutrition des
de dominer les processus de prise de décisions au enfants49.
foyer, dans le secteur économique et au sein des
gouvernements. En outre, la participation des L’expérience de l’UNICEF montre que les
hommes à des initiatives en faveur de l’intégra- programmes qui tiennent compte des hommes
tion des femmes et de l’égalité des sexes reste fai- permettent de promouvoir un mode positif d’in-
ble. Ces initiatives sont parfois perçues comme sertion sociale des femmes. Les programmes qui
menaçant leur statut et leur puissance. prônent la participation des deux sexes peuvent
faciliter la communication entre eux et encoura-
En faisant des choix dont bénéficieront les ger une division plus équitable des responsabili-
enfants et en aidant les femmes à participer aux tés parentales. Au Viet Nam, par exemple,
prises de décisions, les hommes peuvent être de l’UNICEF a mobilisé des hommes pour promou-
puissants alliés dans la lutte pour l’égalité des voir le recours aux sels de réhydratation orale
femmes. Les études montrent que les hommes contre la diarrhée et pour élargir la couverture
sont généralement des pères plus attentifs et plus vaccinale. En Afghanistan, au Bangladesh, en
actifs lorsqu’ils ont une image positive d’eux- Inde, au Népal, au Pakistan et au Sri Lanka, des
mêmes et de leur relation avec la mère de l’en- militants et des militantes font campagne contre
fant, lorsque leur famille et leurs amis les la violence sexiste. En Ouganda et au Zimbabwe,
encouragent à s’engager dans la vie de leurs les programmes de l’UNICEF tentent d’encoura-
enfants, et lorsqu’ils ont un emploi47. ger la socialisation des filles et des garçons pour
enrayer la propagation du SIDA50.
Mobiliser les hommes
Les hommes sont souvent ceux qui prennent les Une autre stratégie permettant de convaincre
décisions au sein du foyer, et pourtant, les pro- les hommes de soutenir l’égalité des sexes
grammes destinés à améliorer la situation des consiste à adopter des politiques qui visent à
femmes et des enfants tendent à les ignorer48. répartir les prestations sociales de manière plus
Dans un État de l’Inde, par exemple, les cher- équitable entre hommes et femmes. Les résultats

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 81
La participation des femmes aux initiatives à base communautaire dans le
monde en développement
Des études, menées d’un bout à l’autre Guatemala. Le Programa de Hogares ront à leur tour des formations jusqu’à
du monde en développement, mon- Comunitarios, au Guatemala, était ce que le message parvienne au
trent que la participation des femmes essentiellement axé sur les familles niveau du village. Selon la Banque
aux initiatives communautaires peut dont la mère travaille et dont les asiatique de développement, la campa-
avoir des effets favorables et durables enfants ont besoin d’être gardés. Dans gne menée par le Centre et les forma-
sur les femmes et les enfants. Les fem- le cadre de cette initiative parrainée tions qu’il assure ont entraîné une
mes à qui on donne les moyens d’agir par le gouvernement, un groupe de augmentation du nombre de femmes
ont souvent une influence positive sur parents a eu la possibilité de désigner demandant l’assistance juridique de
la vie des autres femmes, que ce soit une femme de leur communauté pour l’Association pour la justice des fem-
dans le cadre de programmes dirigés s’occuper des enfants. Le programme, mes d’Indonésie, une autre organisa-
par les pouvoirs publics, par des orga- qui a débuté en 1991, a eu d’autant tion non gouvernementale qui joue un
nisations non gouvernementales ou de plus de succès que les enfants ont rôle éminent.
programmes communautaires. consommé en moyenne 20 pour cent
de plus d’énergie, de protéines et de Ouzbékistan. En Ouzbékistan, les fem-
Bangladesh. Dans ce pays, le pro- fer et 50 pour cent de vitamine A de mes de la ville d’Angren ont donné aux
gramme Alimentation pour l’éducation plus que les enfants du groupe de jeunes enfants handicapés et à leurs
(Food for Education – FFE) qui cible contrôle, ce qui a eu des conséquences mères une nouvelle raison d’espérer. Le
les femmes chefs de famille constitue positives. Les évaluations du pro- programme de l’école du dimanche
un exemple. Le programme FFE s’est gramme ont montré que les mères apporte un environnement éducatif aux
déroulé de 1993 à 2002. Les leçons concernées avaient plus de chances de enfants exclus des salles de classe tradi-
tirées du FFE ont été mises à profit recevoir des avantages sociaux et une tionnelles. Ce programme a été élaboré
dans un projet de la Banque mondiale couverture médicale liés à leur travail par des femmes de la communauté qui
qui lui a succédé. Environ 40 pour cent que les autres mères ayant une activité souhaitaient améliorer les services
des 5,2 millions d’élèves scolarisés et ne participant pas au programme. sociaux dont pourraient disposer les
dans le cadre du FFE ont reçu des familles des enfants handicapés.
céréales vivrières, essentiellement du Indonésie. Des organisations non gou-
blé. Le FFE a permis d’augmenter net- vernementales se sont mobilisées dans Les femmes jouent un rôle détermi-
tement les inscriptions à l’école pri- la campagne pour les droits des fem- nant dans le succès de l’école, en orga-
maire, encouragé la fréquentation mes en Indonésie. Depuis 1986, le nisant les programmes scolaires et en
scolaire et fait diminuer les taux Centre pour le développement des res- incitant les mères, qui sont rares à par-
d’abandon de l’école. Alors que les sources des femmes a animé le mou- ticiper à des évènements de la vie
inscriptions scolaires des garçons vement visant à mettre fin à la violence sociale en dehors de leur foyer, à
augmentaient de près de 30 pour cent, dont les femmes sont victimes. Le inscrire leurs enfants. En offrant un
la progression chez les filles était Centre forme des groupes communau- environnement sûr et porteur, où les
encore plus spectaculaire et dépassait taires aux questions concernant les enfants handicapés et leurs parents
40 pour cent. En outre, il est vraisem- femmes, notamment les stratégies de peuvent apprendre et rencontrer d’au-
blable que le programme a également survie et les techniques pour bâtir des tres personnes, ce programme répond
permis aux filles de prolonger leur réseaux de soutien permettant de sur- aux besoins affectifs et concrets des
scolarité, donc de retarder le moment monter l’épreuve de la violence contre familles.
du mariage et d’améliorer leurs possi- les femmes. Puis les groupes reçoivent
bilités de revenus. des modules avec lesquels ils réalise- Voir Références, page 88.

de l’« expérience nordique » montrent comment : Remettre en cause les stéréotypes sexistes et
dans les pays scandinaves, un ensemble de mesu- changer les attitudes
res gouvernementales et d’initiatives non gou- Les campagnes de mobilisation qui visent à
vernementales ont contribué à améliorer la informer les hommes et les femmes des avantages
disponibilité du congé de paternité. En Suède, de l’égalité des sexes et de la prise en commun
par exemple, les pères assument maintenant des décisions peuvent favoriser une meilleure
45 pour cent des soins de l’enfant, en grande coopération entre sexes. Des recherches ont
partie grâce à la popularité croissante du congé montré qu’il y a plus de chances que les pères
de paternité51. cessent de maltraiter les mères s’ils ont reçu des

82 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/HQ06-0656/Josh Estey

informations sur les conséquences préjudiciables indisponibles et les estimations ont donc dû
que la violence sexiste aura sur leurs enfants52. s’appuyer sur des modèles. L’UNICEF s’est
associé à d’autres organismes et institutions de
l’ONU dans le cadre d’un partenariat spéciale-
Les recherches et les données sur la
ment chargé de produire des données plus
situation des femmes et des filles complètes et plus exactes53.
L’impact de la discrimination sur la vie des fem-
mes est largement reconnu. Mais en raison d’un • Violence contre les femmes : 38 pays seulement
manque flagrant de statistiques ventilées par dans le monde ont effectué au moins une
sexe, les recherches quantitatives sur les problè- enquête nationale sur la violence contre les
mes qui affectent les femmes, et par là même les femmes depuis 1995. Dans 30 autres pays,
enfants, sont rares ou superficielles. Ce rapport a des enquêtes partielles régionales ont été
montré qu’il existe des données et des recherches réalisées54.
suffisantes sur les femmes et les filles pour déter-
miner dans quels domaines leurs droits sont vio- • Scolarisation, fréquentation scolaire et alphabé-
lés et illustrer les répercussions négatives de ces tisation : bien que l’on dispose de données
violations sur les enfants. Néanmoins, nous importantes ventilées par sexe sur la scolarisa-
devons rassembler davantage de données sur plu- tion, ce type de données n’existe concernant
sieurs aspects très importants de la vie des fem- l’alphabétisation et la fréquentation scolaire
mes et sur les conséquences de la discrimination que pour 112 et 96 pays, respectivement. Il
sur leurs proches. Les recherches et les données faut également redoubler d’efforts pour compi-
font cruellement défaut dans plusieurs des ler et publier des données ventilées par sexe sur
domaines clés, cités ci-dessous. le taux d’achèvement des études primaires,
secondaires et de troisième cycle55.
• Mortalité maternelle : si 111 pays ont produit
des données générées à partir de systèmes d’en- • Main d’œuvre, chômage et répartition par pro-
registrement et d’autres enquêtes, dans 62 fession : à peine un peu plus de la moitié des
autres, des données nationales récentes étaient 204 pays et territoires du monde ont fourni

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 83
Le Programme H : remettre en cause les stéréotypes sexistes et modifier les
comportements au Brésil et dans d’autres pays

Les initiatives sensibilisant les hom- radiophoniques, d’affichage sur pan- l’idée que « le rôle le plus important de
mes et les femmes aux avantages de neaux et de danses, Promundo remet la femme est de s’occuper du foyer et
l’égalité des sexes et des décisions pri- en cause le comportement du mâle tra- de faire la cuisine ». Le nombre des
ses en commun peuvent favoriser une ditionnel en diffusant l’idée selon réponses affirmatives a baissé, passant
meilleure coopération entre les sexes. laquelle celui qui est pour l’égalité de de 41 pour cent lors du pré-test à 29
traitement des sexes est « cool ». pour cent en fin de programme.
Une organisation non gouvernemen-
tale brésilienne, l’Instituto Promundo, Selon les évaluations de réunions de Le succès du Programme H au Brésil
est en train de réaliser un tel pro- groupe, où les jeunes hommes débat- a inspiré des programmes similaires
gramme et cela donne des résultats tent des conséquences d’un choix de dans d’autres pays de la région, ainsi
positifs pour les femmes, les hommes comportement sexuel à haut risque, qu’en Asie, en Afrique subsaharienne
et les enfants. Le Programme H (H cor- les hommes qui suivent le programme et aux États-Unis. En Inde, par exemple,
respond à homens, les hommes en jusqu’à son terme sont moins enclins à où l’on a adopté des programmes ayant
portugais) incite les jeunes hommes à adhérer aux stéréotypes sexistes (qui repris la démarche du Programme H,
respecter leur partenaire, à éviter de font dire, par exemple, que c’est aux les premières constatations amènent à
recourir à la violence contre les fem- femmes de garder les enfants et penser que les attitudes des hommes
mes et à prendre des précautions afin qu’une femme mérite parfois d’être vis-à-vis des femmes ont changé.
d’éviter le VIH et d’autres infections battue). On a demandé aux jeunes
sexuellement transmissibles. Grâce à hommes participant au programme
un mélange original de messages (âgés de 15 à 28 ans) s’ils approuvaient Voir Références, page 88.

des données ventilées par sexe sur ces ques- • Participation des femmes aux structures de
tions fondamentales du travail, et seulement gouvernement nationales et locales : l’Union
105 ont produit des données sur la répartition interparlementaire réunit des données sur le
des travailleurs par profession et par sexe56. nombre de femmes membres de Parlements
et sur l’évolution de ces statistiques dans le
• Statistiques relatives aux salaires : voici un temps60. Les données sur la participation des
domaine essentiel dans lequel les femmes et femmes au niveau local sont relativement
leurs enfants souffrent de discrimination, pour- rares, toutefois, bien que l’organisme United
tant, un peu moins de la moitié (52) des 108 Cities and Local Governments ait recueilli des
pays ou territoires qui ont fourni des données données dans plus de 70 pays61.
sur les salaires ont aussi été en mesure de les
ventiler par sexe. Près des trois quarts de ces • Les femmes dans les négociations de paix et le
pays sont situés en Europe et en Asie57. rétablissement de la paix : nous ne disposons
pas de données systématiques sur la participa-
• Emploi informel : même en disposant d’une tion des femmes aux négociations de paix. À
définition de l’emploi informel approuvée au l’exception des statistiques du Département des
plan international, seulement 60 pays ont pro- opérations de maintien de la paix de l’ONU, il
duit des données sur cette question, et dans n’existe pas de données systématiques sur les
bien des cas, ces statistiques ne sont pas entiè- femmes qui ont été impliquées à divers degrés
rement comparables58. dans le rétablissement de la paix.

• Travail et emploi du temps non rémunérés : Dans certains domaines, la collecte de données
depuis 1995, 67 pays ou régions ont réalisé s’avère beaucoup plus difficile que dans d’autres.
des enquêtes sur l’emploi du temps, et une fois Rassembler des données sur la violence et la
de plus, la grande majorité d’entre eux sont traite, par exemple, pose davantage de problèmes
situés en ECO/CEI et en Asie du Sud et de de méthode que sur les femmes membres des
l’Est. Sept pays d’Afrique et trois pays Parlements nationaux. Toutefois, le manque de
d’Amérique du Sud seulement ont compilé données sur de nombreuses questions importan-
ce type de données59. tes reflète non pas la difficulté de la collecte,

84 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
mais plutôt le décalage considérable entre les res- dement produire des données même lorsque la
sources investies dans la compilation parfaite et capacité statistique est limitée. Les Enquêtes en
rigoureuse de données dans certains domaines, et grappes à indicateurs multiples, un programme
le manque de données dans d’autres. Les investis- d’enquête auprès des foyers conçu par l’UNICEF
sements nécessaires à la collecte de données ne se pour aider les pays à combler certaines lacunes
heurtent donc pas seulement à un problème de en matière de suivi de la situation des enfants
capacité, mais aussi à un manque de volonté et des femmes, peut produire des estimations
politique. d’indicateurs clés statistiquement valides et com-
parables d’un pays à l’autre. L’un des trois ques-
Lorsque les statistiques constituent une priorité, tionnaires porte sur les femmes entre 15 et 49
elles sont compilées, en dépit des difficultés que ans, et comprend actuellement des questions sur
cela représente. Les statistiques financières, entre leurs actifs et la sécurité de leur emploi. Les
autres le niveau d’inflation, ne sont pas faciles à Enquêtes démographiques et sanitaires, qui
recueillir car elles requièrent des informations regroupent 200 enquêtes portant sur 75 pays,
économiques détaillées et rapidement actualisées. sont aussi une source précieuse de données sur
Pourtant, elles sont disponibles presque partout – les foyers. Des enquêtes de ce type sont des
même dans les pays les plus pauvres. Mais de moyens efficaces d’obtenir des informations pré-
nombreux pays, notamment parmi les plus pau- cises sur la situation économique des femmes,
vres, ne disposent pas actuellement d’une capa- ainsi que sur la prévalence de la violence fami-
cité suffisante pour rassembler régulièrement des liale et d’autres formes de discrimination sexiste
séries de statistiques ventilées par sexe dans les dans les foyers.
domaines les plus fondamentaux, à plus forte
raison dans des domaines tels que l’emploi infor-
Le moment est venu d’agir
mel, l’emploi du temps et les salaires.
Les progrès accomplis dans la lutte contre la
Si les recensements et les enquêtes effectués par discrimination sexiste sont encourageants : en
les pays sont les principales sources de la collecte matière de fréquentation et de résultats scolaires,
de statistiques, d’autres méthodes peuvent rapi- les filles rattrapent les garçons, et dans quelques

Figure 5.3 Dans de nombreux pays on ne dispose pas de données ventilées par sexe pour
les indicateurs clés
Pays disposant de données
Pays ne disposant pas de données

Scolarisation en primaire 187 17

Mortalité maternelle 111 62


Indicateurs, 1995–2003*

Répartition des métiers 108 96

Niveau d’instruction 81 123


Participation des femmes aux 70 134
institutions locales
Bénévolat et emploi du temps 67 137

Travail informel 60 144

Statistiques sur les salaires 52 152

Fréquentation scolaire 41 163

Violences contre les femmes 38 166

0 50 100 150 200 250


Nombre de pays

*Les données correspondent à l’année disponible la plus récente sur la période indiquée.
Note : les « pays disposant de données » sont ceux dont les données ont été obtenues à partir de recensements ou d’autres sources et non ceux dont les
données sont le résultat d’estimations ajustées. Données provenant uniquement de recensements. Données issues seulement d’enquêtes nationales. On
compte 30 autres pays disposant d’enquêtes portant sur une partie du pays.
Source : Nations Unies, Département des affaires sociales et économiques, Les femmes dans le monde, 2005 : progrès à travers les statistiques, Nations
Unies, New York, 2006.

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 85
Création de partenariats pour améliorer les estimations sur la mortalité
maternelle

Chaque année, plus de 500 000 femmes éprouvé, les morts maternelles sont écarts entre les données existantes et
meurent de causes liées à une gros- souvent mal répertoriées ou attribuées d’obtenir des estimations pour des
sesse, et beaucoup d’autres souffrent à d’autres causes – notamment si on pays qui ne disposent pas actuelle-
toute leur vie de complications d’ordre ignore que la personne était enceinte ment de données.
médical. La réduction de la mortalité ou si son état n’avait pas été constaté
maternelle est l’un des huit Objectifs administrativement. Le travail collectif de ce groupe va
du Millénaire pour le développement, également améliorer la collecte des
mais la réalisation de cet objectif est L’UNICEF coopère avec l’Organisation données et leur diffusion. Il va permet-
aussi l’une des plus délicates à suivre mondiale de la Santé (OMS) et avec tre en effet de rassembler et d’étudier
en raison des difficultés rencontrées le Fonds des Nations Unies pour la les difficultés des pays pour parvenir à
dans l’évaluation de la mortalité population (UNFPA) afin d’améliorer une large acceptation des estimations
maternelle. Dans certains cas, l’éva- les données de base de l’information définitives de mortalité maternelle,
luation est compliquée par le manque sur la mortalité maternelle. À partir d’obtenir de la part des pays et des
de données; il arrive souvent que les d’une collaboration interorganisation- bureaux régionaux les données natio-
morts maternelles ne soient pas enre- nelle de plus de dix ans, l’UNICEF, nales les plus récentes et d’organiser
gistrées dans des pays qui ne dispo- l’OMS et l’UNFPA ont mis en commun des consultations interrégionales en
sent pas d’un enregistrement fiable leurs connaissances afin d’expérimen- vue de débattre des questions statisti-
des naissances et des décès, ou lors- ter une nouvelle estimation du nom- ques sous-jacentes.
que la cause du décès indiquée est bre de femmes qui meurent de causes
mal répertoriée ou erronée. Même liées à la grossesse ou aggravées par
dans les pays disposant d’un système elle. La méthodologie élaborée pour
d’enregistrement de l’état civil ce projet permettra de corriger les Voir Références, page 88.

pays et régions en développement, elles les ont qui prennent les décisions dans ce domaine.
même dépassés plus que jamais, les femmes sont Lorsqu’il s’agit de la dette ou des échanges, par
économiquement actives et occupent des postes exemple, les économistes, le public et les chefs
importants et le nombre de femmes élues dans d’entreprises peuvent avoir une certaine influence,
les parlements du monde entier augmente chaque mais ce sont les pouvoirs publics qui décident ou
année. Mais, bien qu’il montre tout le chemin non des mesures à prendre. Bien que les gouver-
parcouru, ce rapport souligne aussi le trajet qu’il nements et les donateurs aient un rôle important
reste à accomplir. à jouer pour lutter contre la discrimination
sexiste et les inégalités à travers la législation,
L’élimination de la discrimination sexiste rappor- les politiques et le financement de programmes
tera un dividende double, en faisant respecter les ambitieux, les principaux agents du changement
droits des femmes et en contribuant aussi beau- sont un groupe beaucoup plus divers, constitué
coup à la réalisation des droits des enfants. de tous les membres de la société, notamment les
Grâce à des efforts concertés, on pourra accom- femmes et les filles elles-mêmes. Ce sont ces indi-
plir de réels progrès fondés sur le respect, les vidus et ces groupes qui ont le pouvoir de faire
droits fondamentaux universels et l’égalité des disparaître la discrimination sexiste et les inégali-
chances pour les femmes et les hommes, en vue tés, dans leurs attitudes, leurs comportements et
de transformer les attitudes, comportements, leurs pratiques quotidiens.
coutumes, lois, institutions et pratiques discrimi-
natoires dans la société. Des partenariats effica- Le défi que représente un tel changement est
ces regroupant des gouvernements, des donateurs aussi exaltant que redoutable. Il ne relève pas
et des organismes internationaux, peuvent soute- simplement d’une décision importante à prendre
nir ce processus en concevant et en appliquant par une grande organisation, ce qui serait à bien
des stratégies de développement qui reposent sur des égards une tâche plus simple à conceptualiser
les droits humains. et à aborder. Il requiert que les sociétés exami-
nent ouvertement et honnêtement l’ampleur de la
Contre la discrimination sexiste, une approche discrimination sexiste et des violations de droits
différente est requise en matière d’élaboration de dont souffrent les femmes et les filles, et s’enga-
politiques. En général, ce sont les gouvernements gent à éradiquer leurs causes sous-jacentes. Ce

86 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
© UNICEF/HQ05-1068/Roger LeMoyne

processus présente certes parfois bien des diffi-


cultés, mais il vaut la peine d’être poursuivi.
Grâce à tous ceux et celles qui exigent que les fil-
les aillent à l’école, qui affirment que les femmes
doivent participer en égales à la prise de toutes
les décisions, et qui se sont engagés à garantir
que la violence, les mauvais traitements, l’exploi-
tation et discrimination contre les femmes n’ont
pas leur place dans la société, la vie des femmes
et des enfants changera, immédiatement et pour
les générations à venir.

R E C U E I L L I R L E D O U B L E D I V I D E N D E D E L’ É G A L I T É D E S S E X E S 87
RÉFÉRENCES
CHAPITRE 1 ENCADRÉS DU CHAPITRE 1 and their families, HelpAge International, Londres,
1 2004, p. 5.
La préparation du texte de la Convention sur l’éli- Discrimination sexiste tout au long du cycle
mination de toutes les formes de discrimination à de la vie Gupta, Neeru, et Mary Mahy, Adolescent Child-
l’égard des femmes a commencé en 1976. Information tirée de : Bearing in Sub-Saharan Africa: Can increased
2 schooling alone raise ages at first birth?’,
King, Elizabeth M., et Andrew D. Mason, Gorman, Mark, Age and Security: How social pen- Demographic Research, vol. 8, 14 février 2003.
‘Engendering Development Through Gender sions can deliver effective aid to poor older people Programme commun des Nations Unies sur le
Equality in Rights, Resources, and Voice’, Banque
mondiale et Oxford University Press,
Washington, D.C., janvier 2001, pp. 78-83. FIGURES DU CHAPITRE 1 (2000). Moyen-Orient et Afrique du Nord :
3 Figure 1.2 Les attitudes discriminatoires des Algérie (2002), Arabie saoudite (2003), Égypte
Information tirée de ‘Traités multilatéraux dépo- (2000), Iraq (2004), Jordanie (2001), Maroc (2001),
sés auprès du Secrétaire général, Nations Unies, hommes à l’égard des femmes varient d’une
région à l’autre mais sont manifestes partout République islamique d’Iran (2000). Asie orientale
<http://untreaty.un.org/English/Bible/englishinter- et Pacifique : Chine (2001), Indonésie (2001),
netbible/partI/chapitreIV/treaty10.asp>, consulté Note technique : méthodologie utilisée dans
le calcul des données cumulatives par région Philippines (2001), République de Corée (2001),
en septembre 2006. Singapore (2002), Viet Nam (2001). Afrique subsa-
et par pays à partir de la World Values Survey
4
Lawn, Joy E., Simon Cousens et Jelka Zupan, harienne : Afrique du Sud (2001), Nigéria (2000),
The World Values Survey (Enquête mondiale sur
‘4 Million Neonatal Deaths: When? Where? Ouganda (2001), République-Unie de Tanzanie
les valeurs) <www.worldvalues survey.org> docu-
Why?’, Série sur la survie néonatale 1, The (2001). Pays à fort revenu : Autriche (1999),
mente les changements politiques et sociocultu-
Lancet.com, mars 2005, p. 5. Information sur la Belgique (1999), Canada (2000), Danemark (1999),
rels dans le monde. Elle est effectuée par un
répartition de la population par sexe en Asie tirée Espagne (2000), États-Unis (1999), Finlande (2000),
réseau de chercheurs en sciences sociales des
de ‘World Population Prospects: The 2004 France (1999), Grèce (1999), Irlande (1999), Islande
plus grandes universités du monde. Des inter-
Revision Database’, Division de la population (1999), Israël (2001), Italie (1999), Japon (2000),
views ont été réalisées avec des échantillons
des Nations Unies, <http://esa.un.org/unpp>, Luxembourg (1999), Malta (1999), Pays-Bas (1999),
représentatifs de populations nationales dans plus
consultée en septembre 2006. Portugal (1999), Suède (1999), Royaume-Uni
de 80 sociétés sur les six continents habités. En
(1999), États-Unis (1999). Pays en transition :
5
Organisation mondiale de la Santé, Étude multi- tout, quatre vagues d’enquête ont été réalisées
Albanie (2002), Bélarus (2000), Bosnie-Herzégovine
pays de l’OMS sur la santé des femmes et la depuis 1981, dont la dernière entre 1999 et 2004.
(2001), Bulgarie (1999), Croatie (1999), Estonie
violence domestique à l’égard des femmes : Toutes les données utilisées dans ce Rapport pro-
(1999), Ex-république yougoslave de Macédoine
premiers résultats concernant la prévalence, viennent de la dernière vague (1999–2004).
(2001), Fédération de Russie (1999), Hongrie
les effets sur la santé et les réactions des Les données pour les questions clés ayant trait à (1999), Kirghizistan (2003), Lettonie (1999), Lituanie
femmes, Résumé, OMS, Genève, 2005, p. xiii. la façon d’envisager les rapports entre les sexes (1999), Monténégro (2001), Pologne (1999),
6 utilisées dans le rapport ont été obtenues le 1er République de Moldova (2002), Roumanie (1999),
Fonds des Nations Unies pour la population, République tchèque (1999), Serbie (2001),
l’État de la population mondiale, UNFPA, New juin 2006 pour tous les pays où il existait des
données en dernière phase <www.worldvalues- Slovaquie (1999), Slovénie (1999).
York, 2005, p. 66.
survey.org/services/index.html>. Les données ont
7
Les pourcentages renvoient à la proportion de
`Tiré des sites Internet des gouvernements ensuite été extraites à l’aide de l’Outil d’extrac-
personnes interrogées approuvant, ou approuvant
nationaux et de l’Union interparlementaire, tion de données de la World Values Survey (tabu-
vivement, les énoncés suivants :
‘Women in Politics: 60 years in retrospect’, UIP, lation en croix) et cumulées. Dans le cas de pays
Genève, février 2006, Fiche technique no. 4. où deux enquêtes ont été faites, la plus récente a • « L’université est plus importante pour un
Note : le nombre total de femmes chefs d’État et été utilisée. Dans le cas rare de pays où ces deux garçon que pour une fille. »
de gouvernement en 2006 comprend le gouver- enquêtes ont été effectuées aux mêmes dates, • « Lorsqu’il n’y a pas beaucoup de travail, le
nement des Antilles néerlandaises, qui est un une moyenne des deux a été utilisée. Des don- droit des hommes à un emploi devrait primer
pays autonome au sein des Pays-Bas. Les reines nées ont été compilées pour une série de ques- sur celui des femmes. »
et les femmes gouverneurs généraux ne sont tions pertinentes dans le cadre du Rapport. Pour
• « Les maris et les femmes devraient tous deux
pas comprises dans le nombre cité. chaque question, la World Values Survey donne
contribuer au revenu du foyer. »
des données pour « les hommes », « les fem-
8
Information tirée de ‘Women in Politics: 60 years mes », et un « total ». Les données utilisées • « Les hommes font de meilleurs dirigeants
in retrospect’, Union interparlementaire, op. cit. dans le Rapport varient en fonction du contexte, politiques que les femmes. »
9
Institut international de recherche et de formation mais sont clairement annotées dans chaque cas.
pour la promotion de la femme des Nations Figure 1.4 Plus d’une naissance sur quatre
Dans certaines figures et à certains endroits du
Unies, ‘Beijing at 10: Putting policy into practice’, survenue ches une mère adolescente se
texte, les données de pays d’un même groupe produit dans les pays les moins avancés
dans ‘Women and Poverty: New challenge’, régional ont été compilées pour obtenir des moyen-
INSTRAW, <www.un-instraw.org/en/images/ nes. Les régions correspondent à la classification de Composition des groupes régionaux de pays :
stories/Beijing/womenandpoverty.pdf>. l’UNICEF si l’on excepte le regroupement séparé les régions les plus développées comprennent
10 des « pays en transition » et des « pays à fort toutes les régions d’Europe, l’Amérique du Nord,
Institut de statistique de l’UNESCO, ‘Literacy l’Australie/Nouvelle-Zélande et le Japon. Les
Estimates, International Literacy Day 2005’, revenu », afin de distinguer les opinions provenant
de ces groupes de pays. Dans chaque cas, tant régions moins développées comprennent toutes
<www.uis.unesco.org>. les régions d’Afrique, l’Asie (sauf le Japon),
dans le texte que dans les figures, la liste complète
11
Otunnu, Olara A., ‘Special Comment’ on Children des pays utilisés dans chaque région est donnée. l’Amérique latine et les Caraïbes, la Mélanésie, la
and Security, Forum sur le désarmement, No. 3, Micronésie et la Polynésie. La liste des pays les
Pays pour lesquels la World Values Survey moins avancés peut être consultée dans Index
Institut des Nations Unies pour la recherche sur
dispose de données (l’année de l’enquête est des pays par régions, p. 136. Ces pays sont aussi
le désarmement, Genève, 2002, pp. 3-4. indiquée entre parenthèses) :
compris dans les régions moins développées.
12 Asie du Sud : Bangladesh (2002), Inde (2001),
Waring, Marilyn, et al., Politics: Women’s Pour la composition détaillée de ces régions voir,
insights, Union interparlementaire, Genève, Pakistan (2001). Amérique latine et Caraïbes : ‘World Population Prospects, Division de la popu-
2000, p. 134. Argentine (1999), Mexique (2000), Pérou (2001) lation des Nations Unies; The 2004 Revision
République bolivarienne du Venezuela (2000), Chili Database’, <http://esa.un.org/unpp>.

88 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
VIH/SIDA, Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA interaméricaine de développement, Washington, 7
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Early
de 2006, ONUSIDA, Genève, 2006, pp. 505-506. D.C., novembre 2000, pp. 7-8. Marriage: A harmful traditional practice, UNICEF,
Basé sur les estimations de 2005. New York, 2005, p. 1.
Programme des Nations Unies pour le développe-
Programme commun des Nations Unies sur le ment, Rapport sur le développement humain 2005 : 8
Smith, Lisa C., et al., The Importance of
VIH/SIDA, The Global Coalition on Women and la coopération internationale à la croisée des che- Women’s Status for Child Nutrition in Developing
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9
Press pour le PNUD, New York, 2005, pp. 303-306. Fonds des Nations Unies pour la population,
King, Elizabeth M., et Andrew D. Mason, Voir p. 345 de ce rapport pour une explication détail- L’État de la population mondiale 2005, UNFPA,
‘Engendering Development Through Gender lée de la méthode utilisée pour calculer les indica- New York, 2005, p. 65.
Equality in Rights, Resources, and Voice’, op.cit. teurs de l’autonomisation des femmes. 10
Chant, Sylvia, ‘Poverty begins at home?’, op. cit.,
Lawn, Joy E., Simon Cousens et Jelka Zupan, ‘4 p. 14.
Million Neonatal Deaths: When? Where? Why?,
op. cit. CHAPITRE 2 11
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Early
1
Vadnais, Daniel, Adrienne Kols et Noureddine Marriage, op. cit., 2005, p. 23.
Malhotra, Anju, Rohini Pande et Caren Grown, Abderrahim, Women’s Lives and Experiences: 12
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Agence des États-Unis pour le développement
genre et développement de la Banque mondiale, against women, UNIFEM, New York, 2003, p. 8.
international, Maryland, 2006, pp. 75-76. Ces don-
International Center for Research on Women, nées ont trait aux femmes qui ne participent pas 13
Organisation mondiale de la Santé, Étude multi-
Washington, D.C., 27 août 2003 (rév.). à la prise des décisions au sein du foyer dans les pays de l’OMS sur la santé des femmes et la
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Progrès quatre domaines évalués dans les Enquêtes violence domestique à l’égard des femmes :
pour les enfants : un bilan de l’enseignement pri- démographiques et sanitaires. Il s’agit des déci- premiers résultats concernant la prévalence, les
maire et de la parité des sexes, numéro 2, UNICEF, sions relatives à la santé de la femme, aux achats effets sur la santé et les réactions des femmes,
New York, avril 2005, pp. 2, 4 et 5. importants du ménage, aux achats quotidiens Rapport succinct, OMS, Genève, 2005, p. 6.
nécessaires à la famille, et aux visites aux amis et
14
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Fiches aux parents. Les 10 pays (sur 30 pays évalués) Organisation mondiale de la Santé, Rapport
d’information sur la protection de l’enfance, dans lesquels plus de la moitié des femmes inter- mondial sur la violence et la santé, OMS,
UNICEF, New York, 2006, pp. 17 et 25. rogées participaient aux décisions dans ces quatre Genève, 2002, p. 93.
domaines étaient les suivants : Arménie, Bolivie, 15
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, ‘Early Fonds de développement des Nations Unies pour
Colombie, Érythrée, Indonésie, Madagascar,
Marriage: Child spouses’, Innocenti Digest No. 7, la femme, Not a Minute More, op. cit., p. 8.
Pérou, Philippines, Rwanda et Turkménistan.
UNICEF, Centre de recherche Innocenti, Florence, 16
2 Desai, Sonalde, et Kiersten Johnson, ‘Women’s
2001, p. 11. Les calculs de l’UNICEF s’appuient sur les don-
Decisionmaking and Child Health: Familial and
nées des Enquêtes démographiques et sanitaires
Division de la population des Nations Unies, ‘World social hierarchies’, dans Sunitor Kishor, ed., A
(EDS). Toutes les données disponibles à partir de
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3
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Fonds des Nations Unies pour la population, État de from Research on Intrahousehold Allocation?’, 17
la population mondiale 2005 : la promesse d’égalité, Smith, Lisa C., et al., The Importance of Women’s
Chapitre 1 dans Agnes Quisumbing, éd.,
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Household Decisions, Gender and Development:
et objectifs du Millénaire pour le développement, op. cit., pp. 127-128.
A synthesis of recent research, Institut internatio-
UNFPA, New York, 2005, pp. 34-38. nal de recherche sur les politiques alimentaires, 18
Selon la définition de l’UNICEF, la dénutrition est
Fonds des Nations Unies pour la population et Washington, D.C., 2003, pp. 1-6. Voir aussi la résultante d’une consommation d’aliments
Université d’Aberdeen, Maternal Mortality Update Chant, Sylvia, ‘Poverty begins at home? insuffisante et de maladies infectieuses à répéti-
2004: Delivering into good hands, UNFPA, New Questioning some (mis)conceptions about tion. Cela comprend le fait d’avoir un poids insuf-
York, 2004. children, poverty and privation in female-headed fisant pour son âge, ou une taille trop petite pour
households’, document de travail rédigé pour son âge (retard de croissance), ou être dangereu-
Nations Unies, Rapport de l’expert indépendant la Situation des enfants dans le monde 2007, sement émacié (cachexie) ou encore présenter
pour l’Étude des Nations Unies sur la violence UNICEF, New York, 2006. une carence en vitamines et en minéraux
contre les enfants, Nations Unies, New York, 2006, 4 (carence en micronutriments). Fonds des Nations
pp. 12 et 17. Frankenberg, Elizabeth, et Duncan Thomas,
Unies pour l’enfance, Progrès pour les enfants :
‘Measuring Power’, Chapitre 4 dans Agnes
un bilan de la nutrition, numéro 4, UNICEF, New
Organisation mondiale de la Santé, Fonds des Quisumbing, ed., Household Decisions, Gender
York, mai 2006, pp. 1 et 3.
Nations Unies pour l’enfance, et Fonds des Nations and Development: A synthesis of recent
Unies pour la population, Mortalité maternelle en research, Institut international de recherche sur 19
Ibid., p. 6.
2000 : estimations établies par l’OMS, l’UNICEF et les politiques alimentaires, Washington, D.C.,
20
le UNFPA, OMS, Genève, 2005. Basé sur les esti- 2003, pp. 29-36. Ibid., pp. 4 et 10.
mations des décès maternels en 2000. 21
5
Agarwal, Bina, ‘“Bargaining” and Gender Smith, Lisa C., et al., The Importance of Women’s
Discrimination sexiste et les inégalités dans les Relations’, op. cit., pp. 11-12. Voir aussi Nosseir, Status for Child Nutrition in Developing Countries,
différentes régions Nazek, ‘Family in the New Millennium: Major op. cit., pp. 126-131.
Pour la méthodologie et les questions utilisées dans trends affecting families in North Africa’, Chapitre 22
Ibid., p. 3; et Comité permanent des Nations
le calcul des données cumulatives à partir de la 7 dans Major Trends Affecting Families: A back-
Unies sur la nutrition, 5e Rapport sur la nutrition
World Values Survey, voir page 88 de ce rapport. ground document, Nations Unies, New York,
dans le monde, Nations Unies, Genève, mars
Méthodologie utilisée dans le calcul des données 2003, p. 189.
2004, p. 42.
cumulatives par région et par pays à partir de la 6
Smith, Lisa C., et al., The Importance of 23
World Values Survey. Les données sous-jacentes sont disponibles dans
Women’s Status for Child Nutrition in Developing
les tableaux statistiques de ce rapport, Tableau 2.
Sondage Gallup, ‘Latin American Women Countries, Rapport de recherche 131, Institut
Nutrition, p. 106.
Leadership Study: A look at changing attitudes of international de recherche sur les politiques
Latin Americans toward gender and women’s lea- alimentaires, Washington D.C., 2003, p. 22. 24
Smith, Lisa C., et al., The Importance of
dership capabilities’, Rapport établi pour la Banque Women’s Status for Child Nutrition in Developing

RÉFÉRENCES 89
Countries, op. cit., pp. 15-34. Dans cette étude, bias in Brazil’, Working Paper No. 02-W13, 52
Barker, Gary, et al., Supporting Fathers:
l’influence des femmes est mesurée par les dif- Vanderbilt University, Nashville, 2002, p. 14. Contributions from the International Fatherhood
férences d’âge entre les hommes et les femmes, 37 Summit 2003, Early Childhood Development:
leur niveau d’études et le contrôle exercé sur les Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Progrès
Practice and Reflections, no. 20, Bernard van
biens et le revenu. pour les enfants : un bilan de l’enseignement
Leer Foundation, La Haye, avril 2004, p. 12.
primaire et de la parité des sexes, numéro 2,
25
Ibid., p. xi. UNICEF, New York, 2005, p. 7. 53
US Department of Health and Human Services,
26 38 Child Care Bureau, ‘Promoting Responsible
Il importe aussi de noter que dans toutes les Gibbons, Elizabeth, Friedrich Huebler et Edilberto
Fatherhood through Child Care’, National Child
régions étudiées, l’amélioration du statut social Loaiza, ‘Child Labor, Education, and the Principle
Care Information Center, Vienna (Virginie), avril
des femmes – leur capacité à influencer le pro- of Non-Discrimination’, Chapitre 10 dans Philip
2004, p. 1.
cessus de prise des décisions – a entraîné un Alston et Mary Robinson, eds., Human Rights and
recul de l’allaitement maternel, ce qui nuit à la Development: Towards mutual reinforcement, 54
Christian Children’s Fund, ‘Children in Poverty:
nutrition des enfants. Les efforts déployés pour Oxford University Press, Oxford, 2005, p. 214. Shaping a Reponse to Poverty: A conceptual
améliorer le statut des femmes doivent donc 39 overview and implications for responding to chil-
s’accompagner d’initiatives visant à protéger, Ibid., p. 222.
dren living in poverty’, Children and Poverty
soutenir et promouvoir l’allaitement maternel. 40
Delamonica, Enrique, Asmaa Donahue et Alberto Series, Part III, CCF, Richmond, 2003, p 7.
Voir Smith, Lisa C., et al., The Importance of Minujin, ‘Children Living Only with their Mothers: 55
Women’s Status for Child Nutrition in Developing Brown, Janet, et Gary Barker, ‘Global Diversity
Are they disadvantaged?’ dans Alberto Minujin,
Countries, op. cit., p. xii. and Trends in Patterns of Fatherhood,’in
Enrique Delamonica et Marina Komareci, éds.,
Supporting Fathers, op. cit., p. 17
27
Ibid., p. 127. Human Rights and Social Policies for Children
and Women: The Multiple Indicator Cluster 56
Barker, Gary, et al., Supporting Fathers, op. cit.,
28
Floro, Maria Sagrario, et Stephanie Seguino, Survey (MICS) in practice, New School University p. 1.
‘Gender Effects on Aggregate Saving: A theoreti- et UNICEF, New York, 2005, p. 201.
57
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41
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2001, p. 14.
58
29
Duflo, Esther, et Christopher R. Udry, Cliquet, Robert, ‘Major trends affecting families in
42
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Among the Poor? An analysis of poverty in ten
Doss, Cheryl R., ‘Do households fully share risks? encore plus élevés lorsque l’on combine les don-
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Evidence from Ghana’, Department of Applied nées sur la séparation des couples non mariés
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Economics, University of Minnesota, St. Paul, habitant ensemble et le taux de divorce.
et FCND Discussion Paper No. 115, Food
juillet 1996, p. 18. Consumption and Nutrition Division, Institut 59
Brown, Janet, et Gary Barker, ‘Global Diversity and
30
Alderman, Harold, et al., ‘Gender Differentials in international de la recherche sur les politiques Trends in Patterns of Fatherhood’, op. cit., p. 22.
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60
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ciency and agricultural policy’, Food Consumption 44
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pp. 9-12. août 2006, p. 2.
61
31 El-Haddad, Yahya, ‘Major Trends Affecting
Ibid., p. 22. 45
Chant, Sylvia, ‘Poverty Begins at Home?’, op. cit., Families in the Gulf Countries’, Major Trends
32
Visaria, Leela, ‘Female Autonomy and Fertility p.10. Affecting Families, Nations Unies, New York,
Behaviour: An exploration of Gujarat data,’ dans 46 2003, p. 225.
Delamonica, Enrique, Asmaa Donahue et Alberto
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Nosseir, Nazek, ‘Major trends affecting families in
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Union internationale pour l’étude scientifique de
47
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Badran, Hoda, ‘Major Trends Affecting Families in
275, dans Sonalde Desai et Kiersten Johnson, 48 El Mashrek El Araby’, Major Trends Affecting
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Families, Nations Unies, New York, 2003, p. 206.
familial and social hierarchies,’ op. cit., p. 56. p. 11.
64
49 Kabeer, Naila, ‘The Conditions and Consequences
33
Desai, Sonalde, et Kiersten Johnson, ‘Women’s Les types de dépenses, plutôt que le montant
of Choice: Reflections on the measurement of
Decisionmaking and Child Health’, op. cit., p. 66. total par tête, étaient différents dans les foyers
women’s empowerment’ UNRISD Discussion
Les effets sont les plus faibles en Afrique subsa- dirigés par des femmes et par des hommes. Les
Paper No. 108, Institut de recherche des Nations
harienne, avec l’Amérique latine et les Caraïbes dépenses des foyers dirigés par des femmes et
Unies pour le développement social, Genève,
au milieu. des hommes, ventilées par quintiles de dépenses,
août 1999, p. 55.
n’étaient pas différentes à l’exception du quintile le
34
‘Gender Perspective in Malaria Management’, plus riche, dans lequel les foyers dirigés par des 65
Desai, Sonalde, et Kiersten Johnson, ‘Women’s
Malaria Knowledge Programme, Policy Brief, femmes faisaient des dépenses plus importantes. Decisionmaking and Child Health’, op. cit., p. 66.
Liverpool School of Tropical Medicine, Liverpool, 50
sans date. Helen Keller International, ‘Female Decision- 66
Malombe, Joyce, ‘Women’s Groups and Shelter
Making Power and Nutritional Status within Improvement in Kenya,’ dans Ann Schlyter, ed.,
35
Desai, Sonalde, et Kiersten Johnson, ‘Women’s Bangladesh’s Economic Context,’ op. cit., p. 2. A Place to Live: Gender research on housing in
Decisionmaking and Child Health’, op. cit., p. 56. 51 Africa, Nordiska Afrikainstitutet, Uppsala, 1996,
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Role of
36 p. 167.
Emerson, Patrick M., et Andre Portela Souza, Men in the Lives of Children: A study of how
‘Bargaining over Sons and Daughters: Child labor, improving knowledge about men in families 67
Desai, Sonalde, et Kiersten Johnson, ‘Women’s
school attendance and intra-household gender helps strengthen programming for children Decisionmaking and Child Health’, op. cit., p. 66.
and women, UNICEF, New York, 1997, p. 9.

90 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
des Nations Unies sur l’éducation et l’égalité des
FIGURES DU CHAPITRE 2 importants du ménage; les achats quotidiens du sexes, 2005, p. 77.
ménage; les visites aux parents et aux amis. Sur
Figures 2.1, 2.2 et 2.3 2
Ibid., p. 89.
trois réponses possibles, une seule devait être
Note technique : méthodologie utilisée choisie pour chaque question : décision prise par 3
pour obtenir des données cumulatives par Les calculs de l’UNICEF s’appuient sur des
la femme seule; décision prise de concert avec le données provenant du Programme des Nations
région et par pays à partir des Enquêtes
mari; décision prise par le mari seul. Unies pour le développement, Rapport sur le
démographiques et sanitaires
développement humain 2006 : au-delà de la
Les données sur la prise de décisions au sein
Les pays concernés par l’étude étaient les pénurie : pouvoir, pauvreté et crise mondiale de
du foyer (utilisées au Chapitre 2) proviennent
suivants (l’année de l’enquête est indiquée l’eau, Oxford University Press pour le PNUD,
d’Enquêtes démographiques et sanitaires (EDS),
entre parenthèses) : New York, 2006, p. 379.
qui sont des enquêtes représentatives au plan
national menées auprès des foyers et s’appuyant ECO/CEI : Arménie (2000), Turkménistan (2000). 4
Machinea, José Luis, Alicia Bárcena et Arturo
sur de vastes échantillons (généralement entre Asie orientale et Pacifique : Indonésie (2002-
León, The Millennium Development Goals: A
5 000 et 30 000 foyers). Les enquêtes EDS four- 2003), Philippines (2003). Amérique latine et
Latin American and Caribbean perspective,
nissent des données relatives à un grand nombre Caraïbes: Bolivia (2003), Colombie (2005), Haïti
Nations Unies, Santiago, 2005, p. 128.
d’indicateurs de surveillance et d’évaluation d’im- (2000), Nicaragua (2001), Pérou (2000). Moyen-
pact dans les domaines de la population, de la Orient et Afrique du Nord : Égypte (2000), 5
De Ferranti, David, Inequality in Latin America
santé et de la nutrition. Jordanie (2002), Maroc (2003-2004). Asie du and the Caribbean: Breaking with history?,
Sud : Bangladesh (2004), Népal (2001). Afrique Banque mondiale, Mexique, 2004, p. 19.
Les données pour les questions suivantes ont subsaharienne : Bénin (2001), Burkina Faso
6
été extraites du STATcompiler de l’EDS (2003), Cameroun (2004), Érythrée (2002), Ghana Unni, Jeemol, ‘Gender and Informality in Labour
<www.measuredhs.com> en juin 2006. Les don- (2003), Kenya (2003), Madagascar (2003-2004), Market in South Asia’, dans Economic and Political
nées utilisées couvraient les femmes mariées ou Malawi (2000), Mali (2001), Mozambique (2003), Weekly, vol. 36, no. 26, 30 juin 2001, p. 2370.
vivant avec un partenaire, ainsi que leur capacité Nigeria (2003), Ouganda (2000-2001), 7
Programme des Nations Unies pour le développe-
à participer à la prise de décisions dans quatre République-Unie de Tanzanie (2004), Rwanda
ment, Rapport sur le développement humain 2005 :
domaines clés : leur propre santé; les achats (2000), Zambie (2001/2002), Zimbabwe (1999).
la coopération internationale à la croisée des che-
mins : l’aide, le commerce et la sécurité dans un
monde marqué par les inégalités, Oxford University
68 Jaffe et J.L. Edleson, eds., Ending the Cycle of Press pour le PNUD, New York, 2005, p. 315.
Karl, Marilee, Women and Empowerment:
Participation and Decision-Making, Zed Books, Violence: Community responses to children of bat- 8
Les calculs de l’UNICEF s’appuient sur la base de
Londres, 1995, p. 19. tered women, Sage Publications, New York, 1995 données de la World Values Survey, consultée en
69 Les grand-mères et le VIH/SIDA juin 2006. Les résultats sont basés sur les répon-
Agarwal, Bina, ‘“Bargaining” and Gender
dants qui étaient d’accord ou tout à fait d’accord
Relations’, op. cit., p. 32. Information tirée de : sur le fait que « le mari et la femme doivent tous
70
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Role of HelpAge International, ‘Age and Security: How deux contribuer au revenu du foyer. » (Une note
Men in the Lives of Children, op. cit., p. 9. social pensions can deliver effective aid to poor sur la méthodologie utilisée pour calculer les don-
older people and their families’, HelpAge nées régionales cumulées figure à la p. 88).
71
McNulty, Stephanie, ‘Women’s Organizations
International, Londres, 2004, pp. 7- 8. 9
Bureau international du travail, Global Employment
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policy advocacy’, Research and Reference Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Les géné- Trends Brief, janvier 2006, Organisation internatio-
Services Project, Agence des États-Unis pour le rations orphelines et vulnérables d’Afrique : les nale du travail, Genève, 2006, p. 3.
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Programme des Nations Unies pour le développe-
Development Information and Evaluation, 2006, pp. 10, 14-16, 27 et 29-31. ment, Rapport sur le développement humain
Washington, D.C., octobre 1998, p. 3.
Ibid., pp. 15 et 17. 2005, op. cit., p. 314. Le taux d’activité économi-
que des femmes est calculé à partir des données
ENCADRÉS DU CHAPITRE 2 Les centres pour les mères en Europe centrale relatives à la population économiquement active
et orientale et en Gambie et au nombre total d’habitants.
Violence à l’encontre des enfants dans la famille
Information tirée de : 11
Ibid. Le taux d’activité en fonction de la parité équi-
L’information est tirée de :
Jaffe, P., et Sudermann, M., ‘Child Witness of vaut au taux d’activité économique des femmes
Jaffe, P., et M. Sudermann, ‘Child Witness of exprimé en pourcentage de celui des hommes.
Women Abuse: Research and community respon-
Women Abuse: Research and community respon-
ses’, op. cit. 12
Son, Hyun H., et Nanak Kakwani, ‘The Gender
ses’ dans Sandra M. Stith et Murray A. Straus,
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Strauss, Murray A., Richard J. Gelles et Christine
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Les calculs de l’UNICEF s’appuient sur des
Smith, ‘Physical Violence in American Families: Risk
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pour l’Étude des Nations Unies sur la violence basées sur les régions de l’UNICEF.
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contre les enfants, Organisation des Nations Unies,
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15 30
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Taking Action, op. cit., p. 78. 31 Pensions Select Committee Inquiry, Equal
Organisation internationale du Travail, Global
16
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Aubel, Judi, ‘Grandmothers: A learning institution’,
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2003, p. 6. port indique la capacité des économies à créer international, Washington, D.C., août 2005, p. 81.
17
des opportunités d’emploi pour leur population.
Grown, Caren, Geeta Rao Gupta et Aslihan Kes, Les informations sur les pays industrialisés pro- 46
King, Elizabeth M., et Andrew D. Mason,
Taking Action, op. cit., p. 78. viennent de Eileen Appelbaum, et al., Shared ‘Engendering Development 2001’ – A World Bank
18
Ibid., p. 78. work, Valued Care: New norms for organizing Policy Research Report’, Banque mondiale,
market work and unpaid care work, Economic Washington, D.C., janvier 2001, pp. 24 et 170.
19
Ibid. Policy Institute, Washington, D.C., 2002, p. vii. 47
Appelbaum, Eileen, et al., Shared Work, Valued
20 32
Quisumbing, Agnes R., ed., Household Decisions, Gospel, Howard, ‘Quality of Working Life: A Care, op. cit., pp. 29-30.
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33
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57
Ibid., p. 55. de l’enfant et de l’égalité des sexes dans les sexistes et modifier les comportements au
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58
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RÉFÉRENCES 97
TABLEAUX STATISTIQUES

Statistiques économiques et sociales sur les pays et territoires du monde, en rapport


avec le bien-être des enfants.

Note générale sur les données ........................................................................page 99


Explication des signes ........................................................................................page 100
Classement des pays et territoires selon leur taux
de mortalité des moins de 5 ans ....................................................................page 101
Index des pays par régions et catégories..........................................................page 136
Mesurer le développement humain :
Introduction au tableau 10 ............................................................................page 137

TABLEAUX 1 Indicateurs de base ..........................................................page 102


2 Nutrition ............................................................................page 106
3 Santé ..................................................................................page 110
4 Le VIH/SIDA ........................................................................page 114
5 Éducation ..........................................................................page 118
6 Indicateurs démographiques ..........................................page 122
7 Indicateurs économiques ................................................page 126
8 Femmes ............................................................................page 130
9 Protection des enfants ......................................................page 134
10 Le taux du progrès ............................................................page 138

98 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Statistiques économiques et sociales sur les pays et territoires
TABLEAUX STATISTIQUES du monde, en rapport avec le bien-être des enfants.

Note générale sur les données


Les données rassemblées dans les tableaux statistiques des enfants dans le monde et on ne doit pas les utiliser
suivants s’accompagnent de définitions, de sources et d’ex- pour analyser les tendances en matière de mortalité sur
plications des signes. Les données provenant des orga- plusieurs années. Il importe de noter que les estimations
nismes compétents des Nations Unies ont été utilisées comparables des taux de mortalité des moins de cinq ans
chaque fois que cela était possible. Lorsqu’il n’existe pas pour la période allant des années 70 à maintenant sont
d’estimations normalisées au niveau international, les don- disponibles pour tous les pays à <www.childinfo.org> et
nées des tableaux proviennent d’autres sources, notam- que ces statistiques se fondent sur les estimations les plus
ment des bureaux des services extérieurs de l’UNICEF récentes fournies par le Groupe interinstitutions pour les
concernés. Chaque fois que cela était possible, seules les estimations en matière de mortalité.
données nationales globales ou représentatives ont été uti-
lisées. On peut se procurer des informations plus détaillées
sur la méthodologie employée et les données présentées à Révisions
< www.childinfo.org>. Plusieurs tableaux statistiques ont été révisés cette année.

La valeur des données risque d’être affectée dans les pays Tableau 1. Indicateurs de base : un nouvel indicateur –
récemment touchés par des catastrophes, naturelles ou taux de mortalité néo-natale—a été ajouté au tableau sur
dues à l’homme, notamment dans les cas où l’infrastruc- les indicateurs de base. Les estimations pour cet indicateur
ture de base du pays a été atteinte ou lorsque sont interve- sont présentées pour 2000.
nus d’importants mouvements de population.
Tableau 3. Santé : on note trois changements importants
Plusieurs des indicateurs relatifs à l’espérance de vie, à l’in- dans le tableau de cette année sur les indicateurs de santé.
dice synthétique de fécondité, ou aux taux bruts de natalité
• Sources d’eau potable améliorées et assainissement
et de mortalité, par exemple, ont été établis dans le cadre
adéquat : les données ont été mises à jour et incluent
du travail ordinaire d’estimations et de projections de la
maintenant les dernières estimations du Programme
Division de la population de l’Organisation des Nations
commun Organisation mondiale de la santé/UNICEF de
Unies. Ces estimations et projections, ainsi que d’autres es-
surveillance de l’eau et de l’assainissement, qui se réfère
timations internationales, font l’objet de mises à jour pério-
maintenant à l’année 2004.
diques, ce qui explique que certaines données diffèrent de
celles de publications antérieures de l’UNICEF. • Vaccination : les estimations concernant la couverture,
spécifiquement pour l’hépatite B (Hep B) et Haemophilus
influenzae type b (Hib), sont maintenant également pré-
Estimation des taux de mortalité sentées pour les pays où ces vaccins n’ont été utilisées
Chaque année, l’UNICEF inclut des estimations des taux de que dans certaines parties du pays (comme en Inde par
mortalité dans le rapport sur La Situation des enfants dans exemple). Dans les rapports précédents, aucun chiffre
le monde, comme les taux de mortalité infantile ou des n’était donné pour les pays qui n’avaient qu’une couver-
moins de cinq ans et, depuis cette année, le taux de morta- ture partielle pour ce qui est de ces vaccins.
lité néonatale, pour au moins deux années de référence.
• Présumés atteints d’une pneumonie : l’expression « pré-
Ces statistiques représentent les meilleures estimations
sumés atteint d’une pneumonie » est utilisée à la place
possibles au moment de la préparation du rapport et se
d’infection respiratoire aiguë (IRA), utilisée dans les édi-
fondent sur les travaux du Groupe interinstitutions pour
tions précédentes. Cependant la méthodologie de col-
les estimations en matière de mortalité, un groupe qui ré-
lecte des données n’a pas changé et les estimations
unit l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé, la
présentées dans les rapports précédents sont compa-
Banque mondiale et la Division de la population des
rables à celles de l’édition de cette année. Le change-
Nations Unies. Le Groupe met à jour ces estimations
ment de terminologie a été proposé et approuvé lors
chaque année, en révisant soigneusement toutes les nou-
d’une réunion interinstitutions en 2004.
velles données disponibles. Quelquefois, cette révision se
traduira par l’ajustement de données publiées précédem- Le terme « présumés atteint d’une pneumonie » est une des-
ment. Voilà pourquoi on ne peut comparer les estimations cription plus exacte des données recueillies car ces données
publiées dans des numéros consécutifs de La Situation s’appliquent à des enfants de moins de 5 ans qui toussent

TA B L E A U X S TAT I S T I Q U E S 99
Statistiques économiques et sociales sur les pays et territoires
TABLEAUX STATISTIQUES du monde, en rapport avec le bien-être des enfants.

Note générale sur les données (suite)


et respirent rapidement ou avec difficulté. « Infections respi- l’enfant, la prévention chez les jeunes, le VIH pédiatrique et
ratoires aiguës » est une expression plus générale et s’ap- la protection et le soutien aux enfants affectés par le SIDA.
plique aux voies respiratoires inférieures et supérieures. La Un autre indicateur a été ajouté dans le tableau qui pré-
pneumonie est une grave infection des poumons qui est res- sente la prévalence du VIH chez les jeunes (15-24 ans).
ponsable d’une partie considérable de la morbidité par IRA. Enfin, la « connaissance d’ensemble du VIH » a été modi-
fiée, pour exclure deux éléments.
Tableau 4. VIH/SIDA : les estimations du nombre
d’adultes, enfants et femmes qui vivent avec le VIH ont
changé suite aux révisions apportées par le Programme Enquêtes en grappes à indicateurs multiples
commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA)
(EGIM, plus connues sous leur acronyme
aux estimations concernant la prévalence du VIH. Ces révi-
anglais MICS)
sions se fondent sur des informations plus précises four- L’UNICEF aide les pays à collecter des données statistique-
nies par les pays sur le nombre d’infections. ONUSIDA a ment solides et qui puissent être comparées au plan inter-
également ajusté ses informations sur les estimations du national par le biais des Enquêtes en grappes à indicateurs
nombre d’adultes infectés au VIH, les 15-49 ans devenant multiples (EGIM, MICS en anglais). Sources majeures de
les + de 15 ans. Cette modification intervient pour refléter données, ces enquêtes servent également à évaluer les
le nombre croissant d’adultes plus âgés qui sont infectés. progrès accomplis vers les buts et cibles de la commu-
nauté internationale, comme les Objectifs du Millénaire
Les changements dans la prévalence du VIH et, dans une pour le développement, le Plan d’action de « Un Monde
certaine mesure, les changements dans les estimations digne des enfants », les cibles de la Session extraordinaire
des taux de mortalité adulte de la Division de la population de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le
des Nations Unies, ont également affecté les estimations VIH/SIDA et les cibles d’Abuja en ce qui concerne le palu-
du nombre d’orphelins à cause du SIDA et toutes causes disme. Environ 50 pays ont mené des MICS en 2005-2006
confondues. En outre, on a modifié l’organisation du mais leurs résultats n’étaient pas disponibles au moment
Tableau 4 dans l’édition de cette année. Les colonnes ont où nous mettions sous presse ce numéro de La Situation
été réorganisées de manière à refléter les priorités de la des enfants dans le monde. Ces données seront utilisées
campagne mondiale Unissons-nous pour les enfants, dans la prochaine édition et seront également publiées en
contre le SIDA, qui privilégie la prévention de la mère à ligne à <www.childinfo.org>.

Explication des signes


L’objectif de ce chapitre de statistiques étant de fournir un aperçu aussi large que possible de la situation des enfants et des
femmes dans le monde entier, il est apparu que le détail des données et notes n’avait pas sa place dans cette section. Les
signes suivants s’appliquent à tous les tableaux; l’explication des signes spécifiques à un tableau se trouve dans les notes en
bas de la dernière page du tableau.

- données non disponibles.


x données se rapportant à une année ou une période différente de celle indiquée en tête de colonne, ne correspondant pas
à la définition standard, ou ne portant pas sur l’ensemble du pays. Ces données ne sont pas incluses dans les moyennes
ou totaux régionaux.
y données ne correspondant pas à la définition standard ou ne portant pas sur l’ensemble du pays mais incluses dans le
calcul des moyennes régionales et mondiales.
* données se rapportant à l’année la plus récente pour laquelle on dispose de données pendant la période indiquée en tête de
colonne.
‡ Suite à la sécession du Monténégro, qui s’est séparé de l’Union d’États de Serbie-Monténégro en juin 2006, puis a été admis
à l’ONU, on ne dispose pas encore de données ventilées pour le Monténégro et la Serbie en tant qu’États séparés. Les don-
nées cumulatives présentées ici concernent la Serbie-Monténégro avant la séparation.
§ Comprend des territoires dans chaque catégorie de pays ou groupe régional. Les pays et territoires dans chaque catégorie de
pays ou groupe régional figurent sur la liste page 136.

100 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
Classement des pays et territoires selon leur taux de mortalité des moins de 5 ans
Les pays et territoires sont énumérés par ordre décroissant de leur taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (TMM5), évalué pour 2005. Ce taux est l’un des
indicateurs les plus importants du bien-être des enfants. Dans les tableaux suivants, les pays sont classés par ordre alphabétique.

TMM5 TMM5 TMM5


2005 2005 2005
Taux Classement Taux Classement Taux Classement
Sierra Leone 282 1 Namibie 62 67 Bulgarie 15 129
Angola 260 2 Timor-Leste 61 68 Dominique 15 129
Afghanistan 257 3 Iles Marshall 58 69 Maurice 15 129
Nigéria 256 4 Corée, (République Serbie-Monténégro
Libéria 235 5 populaire démocratique de) 55 70 (avant la séparation)‡ 15 129
Somalie 225 6 Mongolie 49 71 Syrie, (République arabe de) 15 129
Mali 218 7 Géorgie 45 72 Uruguay 15 129
Tchad 208 8 Guatemala 43 73 Sainte-Lucie 14 137
Congo, (République Maldives 42 74 Sri Lanka 14 137
démocratique du) 205 9 Micronésie, (Etats fédérés de) 42 74 Seychelles 13 139
Guinée équatoriale 205 9 Honduras 40 76 Antigua-et-Barbuda 12 140
Rwanda 203 11 Maroc 40 76 Barbade 12 140
Guinée-Bissau 200 12 Algérie 39 78 Bélarus 12 140
Côte d'Ivoire 195 13 Suriname 39 78 Costa Rica 12 140
Nigéria 194 14 Tuvalu 38 80 Malaisie 12 140
République centrafricaine 193 15 Vanuatu 38 80 Oman 12 140
Burkina Faso 191 16 Nicaragua 37 82 Bahreïn 11 146
Burundi 190 17 Indonésie 36 83 Koweït 11 146
Zambie 182 18 Iran (République islamique d’) 36 83 Lettonie 11 146
Ethiopie 164 19 Cap-Vert 35 85 Palaos 11 146
Swaziland 160 20 Brésil 33 86 Chili 10 150
Bénin 150 21 Egypte 33 86 Brunéi Darussalam 9 151
Guinée 150 21 Philippines 33 86 Lituanie 9 151
Cameroun 149 23 République dominicaine 31 89 Emirats arabes unis 9 151
Mozambique 145 24 Liban 30 90 Hongrie 8 154
Cambodge 143 25 Nauru 30 90 Slovaquie 8 154
Togo 139 26 Arménie 29 92 Croatie 7 156
Gambie 137 27 Samoa 29 92 Cuba 7 156
Sénégal 136 28 Iles Salomon 29 92 Estonie 7 156
Ouganda 136 28 Turquie 29 92 Pologne 7 156
Djibouti 133 30 Chine 27 96 Etats-Unis 7 156
Lesotho 132 31 El Salvador 27 96 Australie 6 161
Zimbabwe 132 31 Mexique 27 96 Canada 6 161
Iraq 125 33 Pérou 27 96 Irlande 6 161
Malawi 125 33 Jordanie 26 100 Israël 6 161
Mauritanie 125 33 Arabie saoudite 26 100 Malte 6 161
Tanzanie, (République-Unie de) 122 36 Equateur 25 102 Nouvelle-Zélande 6 161
Botswana 120 37 Panama 24 103 Royaume-Uni 6 161
Haïti 120 37 Tonga 24 103 Autriche 5 168
Kenya 120 37 Tunisie 24 103 Belgique 5 168
Madagascar 119 40 Territoire palestinien occupé 23 106 Chypre 5 168
Sao Tomé-et-Principe 118 41 Paraguay 23 106 Danemark 5 168
Ghana 112 42 Colombie 21 108 France 5 168
Congo 108 43 Grenade 21 108 Allemagne 5 168
Myanmar 105 44 Qatar 21 108 Grèce 5 168
Turkménistan 104 45 Thaïlande 21 108 Corée, (République de) 5 168
Yémen 102 46 Venezuela (République Luxembourg 5 168
Pakistan 99 47 bolivarienne du) 21 108 Monaco 5 168
Gabon 91 48 Iles Cook 20 113 Pays-Bas 5 168
Soudan 90 49 Jamaïque 20 113 Portugal 5 168
Azerbaïdjan 89 50 Saint-Kitts-et-Nevis 20 113 Espagne 5 168
Rép. démocratique populaire lao 79 51 Saint-Vincent-et-Grenadines 20 113 Swaziland 5 168
Erythrée 78 52 Jamahiriya arabe libyenne 19 117 République tchèque 4 182
Bhoutan 75 53 Roumanie 19 117 Finlande 4 182
Inde 74 54 Trinité-et-Tobago 19 117 Italie 4 182
Népal 74 54 Viet Nam 19 117 Japon 4 182
Papouasie-Nouvelle-Guinée 74 54 Albanie 18 121 Liechtenstein 4 182
Bangladesh 73 57 Argentine 18 121 Norvège 4 182
Kazakhstan 73 57 Fidji 18 121 Slovénie 4 182
Comores 71 59 Russie, (Fédération de) 18 121 Suède 4 182
Tadjikistan 71 59 Belize 17 125 Andorre 3 190
Afrique du Sud 68 61 l’ex-République yougoslave Islande 3 190
Ouzbékistan 68 61 de Macédoine 17 125 Saint-Marin 3 190
Kirghizistan 67 63 Ukraine 17 125 Singapour 3 190
Bolivie 65 64 Moldova, (République de) 16 128 Saint-Siège pas de données -
Kiribati 65 64 Bahamas 15 129 Nioué pas de données -
Guyana 63 66 Bosnie-Herzégovine 15 129

‡ Suite à la sécession du Monténégro, qui s’est séparé de l’Union d’États de Serbie-Monténégro en juin 2006, puis a été admis à l’ONU, on ne dispose pas encore de données ventilées pour le
Monténégro et la Serbie en tant qu’États séparés. Les données cumulatives présentées ici concernent la Serbie-Monténégro avant la séparation.

TA B L E A U X S TAT I S T I Q U E S 101
TABLEAU 1 : INDICATEURS DE BASE
Taux de Nombre Taux net de Part du revenu
Taux de mortalité annuel de Taux scolarisation/ des ménages (%)
mortalité des infantile Nombre décès des Espérance d’alpha- fréquentation 1994-2004*
Classe- moins de 5 (moins d’un Taux de Population annuel de moins de RNB par de vie à la bétisation à l’école
ment ans an) mortalité (milliers) naissances 5 ans habitant naissance des primaire les 40% les 20%
selon le néonatale d’habitants (milliers) (milliers) ($EU) (années) adultes (%) les plus les plus
Pays et territoires TMM5 1990 2005 1990 2005 2000 2005 2005 2005 2005 2005 2000-2004* 2000-2005* pauvres riches

Afghanistan 3 260 257 168 165 60 29863 1441 370 250x 47 28 53s - -
Afrique du Sud 61 60 68 45 55 21 47432 1082 74 4960 46 82 89 10 62
Albanie 121 45 18 37 16 12 3130 53 1 2580 74 99 52s 23 37
Algérie 78 69 39 54 34 20 32854 684 27 2730 72 70 97 19 43
Allemagne 168 9 5 7 4 3 82689 679 3 34580 79 - - 22 37
Andorre 190 - 3 - 3 4 67 1 0 d - - 89 - -
Angola 2 260 260 154 154 54 15941 767 199 1350 41 67 58s - -
Antigua-et-Barbuda 140 - 12 - 11 8 81 2 0 10920 - - - - -
Arabie saoudite 100 44 26 35 21 12 24573 671 17 11770 72 79 59 - -
Argentine 121 29 18 26 15 10 38747 687 12 4470 75 97 99 10 57
Arménie 92 54 29 46 26 17 3016 34 1 1470 72 99 94 21 43
Australie 161 10 6 8 5 3 20155 250 2 32220 81 - 96 18 41
Autriche 168 10 5 8 4 3 8189 74 0 36980 79 - - 22 38
Azerbaïdjan 50 105 89 84 74 36 8411 134 12 1240 67 99 91s 28 31
Bahamas 129 29 15 22 13 10 323 6 0 14920x 71 - 84 - -
Bahreïn 146 19 11 15 9 11 727 13 0 10840x 75 87 86s - -
Bangladesh 57 149 73 100 54 36 141822 3747 274 470 64 - 84s 22 41
Barbade 140 17 12 15 11 8 270 3 0 9270x 76 - 97 - -
Bélarus 140 19 12 16 10 5 9755 91 1 2760 68 100 90 22 38
Belgique 168 10 5 8 4 3 10419 110 1 35700 79 - 99 22 41
Belize 125 42 17 34 15 18 270 7 0 3500 72 - 95 - -
Bénin 21 185 150 111 89 38 8439 348 52 510 55 35 54s 19 45
Bhoutan 53 166 75 107 65 38 2163 64 5 870 64 - 70s,y - -
Bolivie 64 125 65 89 52 27 9182 265 17 1010 65 87 78s 7 63
Bosnie-Herzégovine 129 22 15 18 13 11 3907 36 1 2440 74 97 93s 24 36
Botswana 37 58 120 45 87 40 1765 45 5 5180 34 81 82 7x 70x
Brésil 86 60 33 50 31 15 186405 3726 123 3460 71 89 96s,y 9 62
Brunéi Darussalam 151 11 9 10 8 4 374 8 0 24100x 77 93 - - -
Bulgarie 129 18 15 15 12 8 7726 67 1 3450 73 98 95 22 38
Burkina Faso 16 210 191 113 96 36 13228 617 118 400 48 22 32s 18 47
Burundi 17 190 190 114 114 41 7548 347 66 100 44 59 47s 15 48
Cambodge 25 115 143 80 98 40 14071 429 61 380 57 74 65s 18 48
Cameroun 23 139 149 85 87 40 16322 563 84 1010 46 68 79s 15 51
Canada 161 8 6 7 5 4 32268 327 2 32600 80 - 99 20 40
Cap-Vert 85 60 35 45 26 10 507 15 1 1870 71 - 92 - -
Chili 150 21 10 18 8 6 16295 249 2 5870 78 96 - 10 62
Chine 96 49 27 38 23 21 1315844 17310 467 1740 72 91 99 14 50
Chypre 168 12 5 10 4 4 835 10 0 17580x 79 97 96 - -
Colombie 108 35 21 26 17 14 45600 968 20 2290 73 93 91s 9 63
Comores 59 120 71 88 53 29 798 28 2 640 64 - 31s - -
Congo 43 110 108 83 81 32 3999 177 19 950 53 - - - -
Congo, (République
démocratique du) 9 205 205 129 129 47 57549 2873 589 120 44 67 52s - -
Corée, (République de) 168 9 5 8 5 3 47817 457 2 15830 78 - 99 22 38
Corée, (République populaire
démocratique de) 70 55 55 42 42 22 22488 342 19 a 64 - - - -
Costa Rica 140 18 12 16 11 7 4327 79 1 4590 78 95 - 12 55
Côte d’Ivoire 13 157 195 103 118 65 18154 665 130 840 46 49 56 14 51
Croatie 156 12 7 11 6 5 4551 41 0 8060 75 98 87 21 40
Cuba 156 13 7 11 6 4 11269 134 1 1170x 78 100 96 - -
Danemark 168 9 5 8 4 4 5431 62 0 47390 78 - 100 23 36
Djibouti 30 175 133 116 88 38 793 27 4 1020 53 - 33 - -
Dominique 129 17 15 15 13 7 79 2 0 3790 - - 88 - -
Egypte 86 104 33 76 28 21 74033 1909 63 1250 70 71 83s 21 44
El Salvador 96 60 27 47 23 16 6881 166 4 2450 71 - 92 10 56
Emirats arabes unis 151 15 9 13 8 5 4496 69 1 18060x 79 - 71 - -
Equateur 102 57 25 43 22 16 13228 295 7 2630 75 91 98 11 58
Erythrée 52 147 78 88 50 25 4401 170 13 220 55 - 67s - -
Espagne 168 9 5 8 4 3 43064 454 2 25360 80 - 99 19 42
Estonie 156 16 7 12 6 6 1330 13 0 9100 72 100 94 19 43
Etats-Unis 156 12 7 9 6 5 298213 4165 29 43740 78 - 92 16 46
Ethiopie 19 204 164 131 109 51 77431 3104 509 160 48 - 31s 22 39
Ex-République yougoslave
de Macédoine 125 38 17 33 15 9 2034 23 0 2830 74 96 92 17 46

102 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
…TABLEAU 1
Taux de Nombre Taux net de Part du revenu
Taux de mortalité annuel de Taux scolarisation/ des ménages (%)
mortalité des infantile Nombre décès des Espérance d’alpha- fréquentation 1994-2004*
Classe- moins de 5 (moins d’un Taux de Population annuel de moins de RNB par de vie à la bétisation à l’école
ment ans an) mortalité (milliers) naissances 5 ans habitant naissance des primaire les 40% les 20%
selon le néonatale d’habitants (milliers) (milliers) ($EU) (années) adultes (%) les plus les plus
TMM5 1990 2005 1990 2005 2000 2005 2005 2005 2005 2005 2000-2004* 2000-2005* pauvres riches

Fidji 121 22 18 19 16 9 848 19 0 3280 68 - 96 - -


Finlande 182 7 4 6 3 2 5249 55 0 37460 79 - 99 24 37
France 168 9 5 7 4 3 60496 742 4 34810 80 - 99 20 40
Gabon 48 92 91 60 60 31 1384 42 4 5010 54 - 94s - -
Gambie 27 151 137 103 97 46 1517 52 7 290 57 - 53s 14 53
Géorgie 72 47 45 43 41 25 4474 49 2 1350 71 - 93 16 46
Ghana 42 122 112 75 68 27 22113 683 76 450 57 58 65 16 47
Grèce 168 11 5 10 4 4 11120 101 1 19670 78 96 99 19 42
Grenade 108 37 21 30 17 13 103 2 0 3920 - - 84 - -
Guatemala 73 82 43 60 32 19 12599 437 19 2400 68 69 93 10 60
Guinée 21 240 150 145 98 48 9402 387 58 370 54 29 57s 17 47
Guinée-Bissau 12 253 200 153 124 48 1586 79 16 180 45 - 39s 14x 53x
Guinée équatoriale 9 170 205 103 123 40 504 22 5 c 42 87 61s - -
Guyana 66 88 63 64 47 25 751 15 1 1010 64 - 97s - -
Haïti 37 150 120 102 84 34 8528 255 31 450 52 - 55s 9 63
Honduras 76 59 40 44 31 18 7205 206 8 1190 68 80 91 11 58
Hongrie 154 17 8 15 7 6 10098 94 1 10030 73 - 89 23 37
Iles Cook 113 32 20 26 17 12 18 0 0 - - - 77 - -
Iles Marshall 69 92 58 63 51 26 62 2 0 2930 - - 90 - -
Iles Salomon 92 38 29 31 24 12 478 15 0 590 63 - 80 - -
Inde 54 123 74 84 56 43 1103371 25926 1919 720 64 61 76s 21 43
Indonésie 83 91 36 60 28 18 222781 4495 162 1280 68 90 94 20 43
Iran (République islamique d’) 83 72 36 54 31 22 69515 1348 49 2770 71 77 89 15 50
Iraq 33 50 125 40 102 63 28807 978 122 2170x 60 74 78s - -
Irlande 161 10 6 8 5 4 4148 64 0 40150 78 - 96 20 42
Islande 190 7 3 6 2 2 295 4 0 46320 81 - 99 - -
Israël 161 12 6 10 5 4 6725 134 1 18620 80 97 98 16 45
Italie 182 9 4 9 4 3 58093 528 2 30010 80 98 99 19 42
Jamahiriya arabe libyenne 117 41 19 35 18 11 5853 136 3 5530 74 - - - -
Jamaïque 113 20 20 17 17 10 2651 52 1 3400 71 80 91 17 46
Japon 182 6 4 5 3 2 128085 1162 5 38980 82 - 100 25x 36x
Jordanie 100 40 26 33 22 17 5703 150 4 2500 72 90 99s 18 46
Kazakhstan 57 63 73 53 63 32 14825 237 17 2930 64 100 93 19 42
Kenya 37 97 120 64 79 29 34256 1361 163 530 48 74 76 16 49
Kirghizistan 63 80 67 68 58 31 5264 116 8 440 67 99 90 22 39
Kiribati 64 88 65 65 48 27 99 2 0 1390 - - 97x - -
Koweït 146 16 11 14 9 6 2687 51 1 16340x 77 93 86 - -
Lesotho 31 101 132 81 102 28 1795 50 7 960 34 82 65s 6 67
Lettonie 146 18 11 14 9 7 2307 21 0 6760 72 100 - 18 45
Liban 90 37 30 32 27 20 3577 66 2 6180 72 - 93 - -
Libéria 5 235 235 157 157 66 3283 167 39 130 42 - 66 - -
Liechtenstein 182 10 4 9 3 - 35 0 0 d - - 88 - -
Lituanie 151 13 9 10 7 5 3431 31 0 7050 73 100 89 18 43
Luxembourg 168 10 5 7 4 4 465 6 0 65630 79 - 91 - -
Madagascar 40 168 119 103 74 33 18606 712 85 290 56 71 76s 13 54
Malaisie 140 22 12 16 10 5 25347 547 7 4960 74 89 93 13 54
Malawi 33 221 125 131 79 40 12884 555 69 160 40 64 82s,y 13 56
Maldives 74 111 42 79 33 37 329 10 0 2390 67 96 90 - -
Mali 7 250 218 140 120 55 13518 661 144 380 48 19 39s 13 56
Malte 161 11 6 9 5 5 402 4 0 13590 79 88 94 - -
Maroc 76 89 40 69 36 21 31478 717 29 1730 70 52 86 17 47
Maurice 129 23 15 21 13 12 1245 20 0 5260 73 84 95 - -
Mauritanie 33 133 125 85 78 70 3069 126 16 560 53 51 44s 17 46
Mexique 96 46 27 37 22 15 107029 2172 59 7310 76 91 98 13 55
Micronésie,
(Etats fédérés de) 74 58 42 45 34 12 110 3 0 2300 68 - - - -
Moldova, (République de) 128 35 16 29 14 16 4206 43 1 880 69 98 86 20 41
Monaco 168 9 5 7 4 3 35 0 0 d - - - - -
Mongolie 71 108 49 78 39 26 2646 58 3 690 65 98 84 16 51
Monténégro‡ - - - - - - - - - - - - - - -
Mozambique 24 235 145 158 100 48 19792 773 112 310 42 - 60s 17 47
Myanmar 44 130 105 91 75 40 50519 976 102 220x 61 90 84s - -
Namibie 67 86 62 60 46 25 2031 56 3 2990 46 85 74 4x 79x
Nauru 90 - 30 - 25 14 14 0 0 - - - - - -

TA B L E A U X S TAT I S T I Q U E S 103
TABLEAU 1 : INDICATEURS DE BASE
Taux de Nombre Taux net de Part du revenu
Taux de mortalité annuel de Taux scolarisation/ des ménages (%)
mortalité des infantile Nombre décès des Espérance d’alpha- fréquentation 1994-2004*
Classe- moins de 5 (moins d’un Taux de Population annuel de moins de RNB par de vie à la bétisation à l’école
ment ans an) mortalité (milliers) naissances 5 ans habitant naissance des primaire les 40% les 20%
selon le néonatale d’habitants (milliers) (milliers) ($EU) (années) adultes (%) les plus les plus
TMM5 1990 2005 1990 2005 2000 2005 2005 2005 2005 2005 2000-2004* 2000-2005* pauvres riches

Népal 54 145 74 100 56 40 27133 787 58 270 62 49 78 15 55


Nicaragua 82 68 37 52 30 18 5487 154 6 910 70 - 80s 15 49
Niger 4 320 256 191 150 43 13957 750 192 240 45 29 30s 10 53
Nigéria 14 230 194 120 100 53 131530 5377 1043 560 44 - 60 15 49
Nioué - - - - 13 1 0 - - - - 99x - -
Norvège 182 9 4 7 3 3 4620 54 0 59590 80 - 99 24 37
Nouvelle-Zélande 161 11 6 8 5 4 4028 54 0 25960 79 - 99 18 44
Oman 140 32 12 25 10 6 2567 64 1 7830x 75 81 78 - -
Ouganda 28 160 136 93 79 32 28816 1468 200 280 49 67 87s 16 50
Ouzbékistan 61 79 68 65 57 27 26593 615 42 510 67 - 95s 23 36
Pakistan 47 130 99 100 79 57 157935 4773 473 690 64 50 56s 22 40
Palaos 146 21 11 18 10 14 20 0 0 7630 - - 96 - -
Panama 103 34 24 27 19 11 3232 70 2 4630 75 92 98 9 60
Papouasie-Nouvelle-Guinée 54 94 74 69 55 32 5887 174 13 660 56 57 - 12 57
Paraguay 106 41 23 33 20 16 6158 177 4 1280 71 - 96s 9 61
Pays-Bas 168 9 5 7 4 4 16299 187 1 36620 79 77 99 21 39
Pérou 96 78 27 58 23 16 27968 628 17 2610 71 88 97 10 59
Philippines 86 62 33 41 25 15 83054 2018 67 1300 71 93 88s 14 52
Pologne 156 18 7 19 6 6 38530 365 3 7110 75 - 97 19 42
Portugal 168 14 5 11 4 3 10495 111 1 16170 78 - 99 17 46
Qatar 108 26 21 21 18 5 813 14 0 12000x 73 89 95 - -
Rép. démocratique
populaire lao 51 163 79 120 62 35 5924 205 16 440 55 69 62s 20 43
République centrafricaine 15 168 193 102 115 48 4038 150 29 350 39 49 43s 7x 65x
République dominicaine 89 65 31 50 26 19 8895 211 7 2370 68 87 86 12 57
République tchèque 182 13 4 11 3 2 10220 91 0 10710 76 - - 25 36
Roumanie 117 31 19 27 16 9 21711 211 4 3830 72 97 92 21 39
Royaume-Uni 161 10 6 8 5 4 59668 659 4 37600 79 - 99 18 44
Russie, (Fédération de) 121 27 18 21 14 9 143202 1540 28 4460 65 99 91 17 47
Rwanda 11 173 203 103 118 45 9038 375 76 230 44 65 73 23x 39x
Saint-Kitts-et-Nevis 113 36 20 30 18 12 43 1 0 8210 - - 94 - -
Saint-Marin 190 14 3 13 3 2 28 0 0 d - - - - -
Saint-Siège - - - - - 1 0 - - - - - - -
Saint-Vincent-et-Grenadines 113 25 20 22 17 11 119 2 0 3590 71 - 94 - -
Sainte-Lucie 137 21 14 20 12 10 161 3 0 4800 73 - 98 - -
Samoa 92 50 29 40 24 13 185 5 0 2090 71 - 90 - -
Sao Tomé-et-Principe 41 118 118 75 75 38 157 5 1 390 63 - 84s - -
Sénégal 28 148 136 90 77 31 11658 423 58 710 56 39 66 17 48
Serbie‡ - - - - - - - - - - - - - - -
Seychelles 139 19 13 17 12 9 81 3 0 8290 - 92 96 - -
Sierra Leone 1 302 282 175 165 56 5525 252 71 220 41 35 41s 3x 63x
Singapour 190 9 3 7 3 1 4326 39 0 27490 79 93 - 14 49
Slovaquie 154 14 8 12 7 5 5401 51 0 7950 74 - - 24 35
Slovénie 182 10 4 8 3 4 1967 17 0 17350 77 - 98 23 36
Somalie 6 225 225 133 133 49 8228 366 82 130x 47 - 12s - -
Soudan 49 120 90 74 62 29 36233 1166 105 640 57 61 58s - -
Sri Lanka 137 32 14 26 12 11 20743 329 5 1160 74 91 99 21 42
Suède 182 7 4 6 3 2 9041 96 0 41060 80 - 99 23 37
Suisse 168 9 5 7 4 3 7252 67 0 54930 81 - 94 20 41
Suriname 78 48 39 35 30 18 449 9 0 2540 70 90 92 - -
Swaziland 20 110 160 78 110 38 1032 29 5 2280 30 80 77 9 64
Syrie, (République arabe de) 129 39 15 31 14 9 19043 532 8 1380 74 80 95 - -
Tadjikistan 59 115 71 91 59 38 6507 185 13 330 64 99 89s 20 41
Tanzanie, (République-Unie de) 36 161 122 102 76 43 38329 1408 172 340 46 69 73s 19 42
Tchad 8 201 208 120 124 45 9749 471 98 400 44 26 36s - -
Territoire palestinien occupé 106 40 23 34 21 - 3702 138 3 1110x 73 92 92s,y - -
Thaïlande 108 37 21 31 18 13 64233 1009 21 2750 71 93 - 16 49
Timor-Leste 68 177 61 133 52 40 947 49 3 750 56 - 75s,y - -
Togo 26 152 139 88 78 40 6145 236 33 350 55 53 70s - -
Tonga 103 32 24 26 20 10 102 2 0 2190 73 99 91x - -
Trinité-et-Tobago 117 33 19 28 17 13 1305 19 0 10440 70 - 92 16x 46x
Tunisie 103 52 24 41 20 14 10102 166 4 2890 74 74 97 16 47
Turkménistan 45 97 104 80 81 35 4833 108 11 1340x 63 99 76s 16 48
Turquie 92 82 29 67 26 22 73193 1500 44 4710 69 87 89 15 50

104 L A S I T U AT I O N D E S E N FA N T S D A N S L E M O N D E 2 0 0 7
…TABLEAU 1
Taux de Nombre Taux net de Part du revenu
Taux de mortalité annuel de Taux scolarisation/ des ménages (%)
mortalité des infantile Nombre décès des Espérance d’alpha- fréquentation 1994-2004*
Classe- moins de 5 (moins d’un Taux de Population annuel de moins de RNB par de vie à la bétisation à l’école
ment ans an) mortalité (milliers) naissances 5 ans habitant naissance des primaire les 40% les 20%
selon le néonatale d’habitants (milliers) (milliers) ($EU) (années) adultes (%) les plus les plus
TMM5 1990 2005 1990 2005 2000 2005 2005 2005 2005 2005 2000-2004* 2000-2005* pauvres riches

Tuvalu 80 54 38 42 31 22 10 0 0 - - - - - -
Ukraine 125 26 17 19 13 9 46481 392 7 1520 66 99 82 23 38
Uruguay 129 23 15 21 14 7 3463 57 1 4360 76 - - 14 51
Vanuatu 80 62 38 48 31 19 211 6 0 1600 69 74 94 - -
Venezuela (République
bolivarienne du) 108 33 21 27 18 12 26749 593 12 4810 73 93 92 14 49
Viet Nam 117 53 19 38 16 15 84238 1648 31 620 71 90 94 19 45
Yémen 46 139 102 98 76 37 20975 845 86 600 62 - 75 20 41
Zambie 18 180 182 101 102 40 11668 472 86 490 38 68 57s 16 49
Zimbabwe 31 80 132 53 81 33 13010 384 51 340 37 - 82 13 56

NOTE
Serbie-Monténégro
(avant la séparation) 129 28 15 24 12 9 10503 121 2 3280 74 96 96 - -

DONNÉES CONSOLIDÉES
Afrique subsaharienne 188 169 112 101 44 713457 28715 4853 764 46 62 61 11 59
Afrique de l’Est et australe 166 146 104 93 40 356126 13575 1982 1043 46 73 66 10 61
Afrique de l’Ouest et centrale 209 190 119 108 48 357331 15140 2877 491 46 49 56 14 51
Moyen-Orient et Afrique du Nord 81 54 59 43 26 378532 9743 526 2627 69 72 80 16 47
Asie du Sud 129 84 89 63 44 1483358 37077 3114 691 64 59 74 22 41
Asie de l’Est et Pacifique 58 33 43 26 20 1952656 29820 984 2092 71 91 96 17 48
Amérique latine et Caraïbes 54 31 43 26 15 555853 11651 361 4078 72 90 94 13 53
ECO/CEI 53 35 43 29 18 404322 5595 196 3433 67 97 90 22 39
Pays industrialisés§ 10 6 9 5 4 961191 10848 65 35410 79 - 96 21 40
Pays en développement§ 105 83 71 57 33 5238533 120128 9971 1801 65 79 81 17 48
Pays les moins avancés§ 182 153 115 97 43 759389 28258 4323 383 53 60 62 11 57
Total mondial 95 76 65 52 30 6449371 133449 10142 7002 68 80 82 20 42
‡ Suite à la sécession du Monténégro, qui s’est séparé de l’Union d’États de Serbie-Monténégro en juin 2006, puis a été admis à l’ONU, on ne dispose pas encore de données ventilées pour le
Monténégro et la Serbie en tant qu’États séparés. Les données cumulatives présentées ici concernent la Serbie-Monténégro avant la séparation (voir la note ci-dessus).
§ Comprend aussi des territoires dans chaque catégorie de pays ou groupe régional. Une liste des pays et territoires au sein des catégories de pays ou des groupes régionaux est donnée à la page 136.

DÉFINITIONS SOURCES PRINCIPALES

Taux de mortalité des moins de 5 ans – Probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire, Taux de mortalité des nourrissons et des enfants de moins de cinq ans – UNICEF, Organisation mondiale de
pour 1 000 naissances vivantes. la Santé, Division de la population des Nations Unies et Division de la statistique des Nations Unies.
Taux de mortalité infantile – Probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire, pour 1 000 Taux de mortalité néonatale – Organisation mondiale de la Santé à partir de systèmes d’enregistrement de l’état
naissances vivantes. civil et d’enquêtes auprès des ménages.
Taux de mortalité néonatale – Probabilité de décéder au cours des 28 premiers jours de la vie, exprimée pour
1 000 naissances vivantes. Population totale – Division de la population de l’Organisation des Nations Unies.
RNB par habitant – Le revenu national brut (RNB) est la somme de la valeur ajoutée par tous les producteurs Natalité – Division de la population de l’Organisation des Nations Unies.
résidents, majorée des taxes (subventions en moins) non incluses dans l’évaluation des produits ainsi que des
recettes nettes des revenus primaires provenant du reste du monde (rémunérations des employés et revenus de la Décès des moins de 5 ans – UNICEF.
propriété). Le RNB par habitant correspond au revenu national brut divisé par le nombre d’habitants au milieu de
l’année. La conversion du RNB par habitant en dollars des E.-U. s’effectue selon la méthode utilisée pour l’Atlas RNB par habitant – Banque mondiale.
de la Banque mondiale.
Espérance de vie – Division de la population de l’Organisation des Nations Unies.
Espérance de vie à la naissance – Nombre d’années que vivrait un enfant nouveau-né s’il était exposé aux
risques de mortalité qui prévalent dans son groupe de population au moment de sa naissance. Alphabétisation des adultes – Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
Taux d’alphabétisation des adultes – Pourcentage de la population de 15 ans et plus sachant lire et écrire. et Institut de la statistique de l’UNESCO (UIS), notamment l’Évaluation de l’éducation pour tous de 2000.
Taux nets de scolarisation/de fréquentation dans le primaire – Calculés à partir des taux nets de scolarisation Scolarisation/fréquentation de l’école, cycle primaire – UIS, Enquêtes en grappes à indicateurs multiples
dans le primaire donnés par l’Institut de la statistique de l’UNESCO et des enquêtes auprès des ménages relatives (MICS) et Enquêtes démographiques et sanitaires (DHS).
à la fréquentation des écoles primaires ou au-delà. Le taux net de fréquentation de l’école primaire est défini
comme le pourcentage d’enfants qui, au sein du groupe d’âge pouvant officiellement être admis dans le primaire, Revenu des ménages – Banque mondiale.
vont à l’école primaire ou au-delà.
Répartition du revenu – Pourcentage du revenu dont disposent les 20 % des ménages les plus riches et les 40 %
des ménages les plus pauvres.

NOTES a: Revenus peu élevés (875 dollars ou moins). - données non disponibles.
b: Revenus moyens-inférieurs (de 876 à 3 465 dollars). s données des enquêtes nationales sur les ménages.
c: Revenus moyens-supérieurs (de 3 466 à 10 725 dollars). x données se rapportant à une année ou une période différente de celle indiquée en tête de colonne, ne correspondant pas à la
définition standard, ou ne portant pas sur l’ensemble du pays.
d: Revenus élevés (10 726 dollars ou plus).
y indique des données qui s’écartent de la définition standard ou qui ne renvoient qu’à une partie d’un pays, mais qui sont
comprises dans le calcul des moyennes régionales et mondiales.
* données se rapportant à l’année la plus récente pour laquelle on dispose de données pendant la période indiquée en tête de colonne.

TA B L E A U X S TAT I S T I Q U E S 105
TABLEAU 2 : NUTRITION
% de
nouveau-nés % d’enfants de moins de 5 ans (1996-2005)* souffrant Taux de
% d’enfants nourris au sein (1996-2005*)
présentant une couverture % de
insuffisance d’insuffisance pondérale d’émacia- de retard de de l’apport ménages
pondérale à exclusive- plus aliments tion croissance en vitamine A consommant
la naissance ment de sevrage encore allaités modérée modérée modéré (6-59 mois) du sel iodé
Pays et territoires 1998-2005* (<6 mois) (6-9 mois) (20-23 mois) et grave grave et grave et grave 2004 1998-2005*
Afghanistan - - 29 54 39 12 7 54 96t 28
Afrique du Sud 15 7 46 - 12 2 3 25 37 62
Albanie 5 6 24 6 14 1 11 34 - 62
Algérie 7 13 38 22 10 3 8 19 - 69
Allemagne 7 - - - - - - - - -
Andorre - - - - - - - - - -
Angola 12 11 77 37 31 8 6 45 77 35
Antigua-et-Barbuda 8 - - - - - - - - -
Arabie saoudite 11x 31k 60 30 14 3 11 20 - -
Argentine 8 - - - 4 - 1 4 - 90x
Arménie 7 33 57 15 4 0 5 13 - 97
Australie 7 - - - - - - - - -
Autriche 7 - - - - - - - - -
Azerbaïdjan 12 7 39 16 7 1 2 13 14 26
Bahamas 7 - - - - - - - - -
Bahreïn 8 34x,k 65x 41x 9x 2x 5x 10x - -
Bangladesh 36 36 69 90 48 13 13 43 83t 70
Barbade 11 - - - - - - - - -
Bélarus 5 - - - - - - - - 55
Belgique 8x - - - - - - - - -
Belize 6 24k 54 23 - - - - - 90x
Bénin 16 38 66 62 23 5 8 31 94t 72
Bhoutan 15 - - - 19 3 3 40 - 95
Bolivie 7 54 74 46 8 1 1 27 42 90
Bosnie-Herzégovine 4 6 - - 4 1 6 10 - 62
Botswana 10 34 57 11 13 2 5 23 62w 66
Brésil 8 - 30 17 6 1 2 11 - 88
Brunéi Darussalam 10 - - - - - - - - -
Bulgarie 10 - - - - - - - - 98
Burkina Faso 19 19 38 81 38 14 19 39 95t 45
Burundi 16 62 46 85 45 13 8 57 94 96
Cambodge 11 12 72 59 45 13 15 45 72t 14
Cameroun 13 24 79 29 18 4 5 32 81 88
Canada 6 - - - - - - - - -
Cap-Vert 13 57k 64 13 - - - - - 0x
Chili 6 63 47 - 1 - 0 1 - 100
Chine 4 51 32 15 8 - - 14 - 93
Chypre - - - - - - - - - -
Colombie 9 47 65 32 7 1 1 12 - 92x
Comores 25 21 34 45 25 - 8 44 7 82
Congo - 19 78 21 15 3 7 26 94 -
Congo, (République démocratique du) 12 24 79 52 31 9 13 38 81t 72
Corée, (République de) 4 - - - - - - - - -
Corée, (République populaire démocratique de) 7 65 31 37 23 8 7 37 95t 40
Costa Rica 7 35x,k 47x 12x 5 0 2 6 - 97x
Côte d’Ivoire 17 5 73 38 17 5 7 21 60 84
Croatie 6 23 - - 1 - 1 1 - 90
Cuba 5 41 42 9 4 0 2 5 - 88
Danemark 5 - - - - - - - - -
Djibouti 16 - - - 27 8 18 23 - -
Dominique 11 - - - - - - - - -
Egypte 12 38 67 37 6 1 4 18 - 78
El Salvador 7 24 76 43 10 1 1 19 - 62
Emirats arabes unis 15x 34x,k 52x 29x 14x 3x 15x 17x - -
Equateur 16 35 70 2