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MASTER SPÉCIALISÉ

Actuariat et Finance

Projet de fin d’étude :


Sous le thème :

ANALYSE ET MODÉLISATION DE
RISQUE DE CRÉDIT DES PME.
“Cas de la Banque Populaire”

Encadrant pédagogique : Encadrant professionnel :


Mme EL HAOUD Naima Mr. OUCHOUAR Aziz
Enseignant chercheur, Casablanca
Réalisé par :
RAKI Anass
Etudiant en Master Spécialisé Actuariat
et Finance.

Année Universitaire : 2017-2019

1
Plan de Travail :

INTRODUCTION GÉNÉRALE

 CHAPITRE 1 : Exploration théorique et empirique du risque

de crédit.

Introduction

Section 1 : Le risque de crédit des PME : Revue littérature

Section 2: le rôle de disposition de bale dans la gestion de risque de crédit


Section 3 : la politique de gestion du risque de crédit au sein de la banque populaire

Conclusion

 Chapitre 2 : Modélisation du risque de crédit par la régression logistique.

Introduction

Section 1 : Méthodes d’évaluation du risque de crédit des PME.

Section 2 : Outil de modélisation


Section 3 : Analyse de risque de crédit par la méthode de régression logistique.

Conclusion

Chapitre 3 : Analyses des données et interprétations des résultats

Introduction

Section 1 : Analyses des résultats

Section 2 : les difficultés rencontrées dans la modélisation du risque

Conclusion

CONCLUSION GÉNÉRALE

2
Liste des abréviations

Abréviati Signification
on
BP Banque populaire

FEC Fond d’équipement communal

CTE Constante

CDG Caisse de dépôt et de gestion

BNDE Banque nationale de développement

OEEC Organismes externes d’évaluation

BAM Bank Al Maghreb

AFDDC Association française du crédit managers et


conseils
FUN France université numérique

MOOC Massive open on line courses

RAROC Risk Adjusted Return On Capital

AFM Autorité des Marchés Financiers

FCT Fond commun de titrisation

OT Organisme de titrisation

ST Société de Titrisation

ROE Return on equity

CAF Centre d’affaires

RAPM Risk adjusted performance measurement

CBO Collateralized bonds obligation

CLO Collateralized loan obligation

EBE Excèdent brut d’exploitation

CA Chiffre d’affaire

MBS Mortgage backed securities

3
Table des Figures:
Figure 1- Diagramme de GANTT pour la réalisation d'un mémoire................................................................12
Figure 2- (Comparaison des exigences en fonds propres ( Cooke) risque de pertes calculé à partir des
modèles internes crédit)................................................................................................................................23
Figure 3- Historique de la BP..........................................................................................................................25
Figure 4- Organigramme de centre d'affaires BP............................................................................................28
Figure 5- Le processus de notation au sein de la BP.......................................................................................30
Figure 6-Processus suivit lors de l’attribution de la notation de au profil de la GE&PME...............................31
Figure 7- Processus suivit lors de l’attribution de la notation à la TPE...........................................................33
Figure 8 - La fonction Score à généralement la forme suivante.....................................................................42

Liste des Tableaux:


Tableau 1 - chronologique des tâches à effectuer pour réaliser un mémoire...............................................12
Tableau 2- Classification des types de risques financiers...............................................................................16
Tableau 3 - Le classement des entreprises selon le CA...................................................................................30
Tableau 4- Les données du bilan et CPC à saisir dans le système...................................................................31
Tableau 5- l’interprétation du score d’Altman...............................................................................................43
Tableau 6- Average Z-scores by S&P bond rating, 1995-1999........................................................................43
Tableau 7- Tableau des ratios.........................................................................................................................52
Tableau 8- Récapitulatif de traitement des observations...............................................................................57
Tableau 9- Codage de variables dépendantes................................................................................................57
Tableau 5: Historique des itérations a,b,c……………………………………………………………………………………58
Tableau 6: Variables de l’équation………………………………………………………………………………………………
58
Tableau 7:Variables hors l’équation……………………………………………………………………………………………59
Tableau 8:Variables de l’équation………………………………………………………………………………………………61
Tableau 9: récapitulatif du modèle………………………………………………………………………………………………62
Tableau 10:Tests composites des coefficients du modèle………………………………………………………………
63
Tableau 11: Test de Hosmer et Lemeshow……………………………………………………………………………………
63
Tableau 12:Table de classification……………………………………………………………………….64

4
5
Remerciements

Chaque œuvre humaine ne se réalise qu’avec la collaboration d’autrui, c’est pourquoi je


souhaiterais prendre quelques lignes pour remercier toute personne qui, par son assistance et son
appui, par son encouragement et son soutien, a contribué à l’aboutissement de ce travail et au
développement de mes compétences académiques et professionnelles.

Je tiens à présent à exprimer mes remerciements et ma profonde gratitude à tout le cadre


administratif et professoral de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion pour leur
engagement et leur investissement dans le développement et le rayonnement de notre
établissement.

Ainsi que mes plus sincères remerciements vont tout particulièrement à Monsieur
« KABBAJ Smail » Coordinateur du Master Spécialisé Actuariat et Finance et à Madame
« EL HAOUD NAIMA », encadrant de mon projet de fin d’études, pour son soutien, sa
disponibilité, son suivi minutieux et ses précieux conseils méthodologiques qui m’ont
accompagné tout au long de la rédaction de cette thèse.

Ensuite, je tiens à témoigner toute ma reconnaissance à l’égard de Monsieur « OUALID


TALAL », directeur du centre d’affaire BP Ain sbaa, pour l’expérience enrichissante et
fructueuse qu’il m’a fait vivre durant mon stage au sein de cette structure, Ainsi que Monsieur
OUACOUAR AZIZ pour son encadrement, la qualité de son suivi durant toute la période de
notre stage et pour tous ses conseils et astuces. De même, je remercie l’ensemble du personnel
pour leur accueil sympathique et pour le temps qu’ils m’ont consacré tout au long de cette
période.

Et enfin, que ce travail puisse rendre hommage à mes parents qui n’ont cessé de me
soutenir dès mon premier souffle dans la vie et qui m’ont donné la force et le courage d’aller de
l’avant. Merci pour avoir fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

6
Dédicace

Je dédie ce mémoire à :
 Mes parents :

Ma mère, qui a œuvré pour ma réussite, de par son amour, son soutien, tous
les sacrifices consentis et ses précieux conseils, pour toute son assistance et sa présence
dans ma vie, reçois à travers ce travail aussi modeste soit-il, l'expression de mes
sentiments et de mon éternelle gratitude.

Mon père, qui peut être fier et trouver ici le résultat de longues années de
sacrifices et de privations pour m'aider à avancer dans la vie. Puisse ALLAH faire en sorte
que ce travail porte son fruit ; Merci pour les valeurs nobles, l'éducation et le soutient
permanent venu de toi.

 Ma famille :
Pour leur soutient et encouragement, votre présence est indispensable.

 Mes amis :
Pour tous les moments inoubliables que j’ai passé avec vous. Pour le soutien que
vous m’avez offert, je vous remercie très fort, je ne vous oublierai jamais.

 Mes professeurs :
Qui doivent voir dans ce travail la fierté d'un savoir bien acquis, Merci pour les
conseils et le que vous m’avez accordé.

7
Abstract

Economy is the pivot of each nation, it’s progression depends on its

management. However, the present world knows a financial crisis, especially with

the successive failures of some famous international banks.

The management of bank’s risks have been questioned in most countries,

especially the credit risk. This risk must be treated by new methods which are

more reliable and sophisticated as the scoring method.

Based on a data of 60 client companies of the “people’s BANK”, this

following article shows the steps that we must to respect to elaborate a scoring

method using the Logit model.

Keys words: Credit risk – Scoring method – Logit model.

8
Résumé

L’économie est le pivot de toute nation, sa progression est conditionnée par

sa bonne gestion, cependant le monde connait une crise financière, notamment des

défaillances des banques internationales. Ces dernières ont remis en place la

problématique des risques bancaire, à savoir le risque de crédit.

Ce dernier doit être gérer et mesurer, en plus des méthodes classiques, par

des méthodes sophistiquées dites plus fiables, à savoir « le scoring ».

Cet article fera donc l’objet d’une étude financière est statistique, portant

sur un échantillon constitué de 60 entreprises clientes du « centre d’affaires

Banque populaire », d’où le but est d’élaborer un modèle de crédit scoring par la

méthode régression logistique.

Mots clés : Risque de crédit – Scoring - Régression logistiqueet je donnerai quelques


pistes permettant de les dépasser.

9
Introduction

Les banques sont en recherche permanente de nouveaux clients, essentiellement les


moyennes entreprises. En e et, à différentes étapes de leur cycle de vie, ces entreprises sont
souvent confrontées à des besoins de financement. Ces besoins peuvent être liés aux cycles
d'exploitation ou d'investissement. Elles sont donc obligées de recourir au marché bancaire
pour couvrir leur besoin de financement à court, moyen et long terme.

Le crédit bancaire est donc incontournable pour les entreprises de nos jours qui sont
souvent fragiles dans un environnement très concurrentiel, avec des ressources limitées
pour le démarrage, la relance ou le développement de leurs activités. C'est ainsi que la
maitrise du processus d'octroi de crédit et de la gestion du portefeuille clients, demeure un
aspect décisif dans la viabilité et performance des banques commerciales dont le souci
majeur et d'assurer une parfaite qualité des services fournis.

D'autre part, le risque de crédit est une problématique centrale des banques et des
marchés financiers. Dès qu'un créancier accorde un prêt à un débiteur, il prend le risque que
ce dernier n'honore pas ses engagements relatifs au service de la dette. Ceci est
particulièrement le cas des créanciers financiers (banques, établissements financiers et
investisseurs) pour leurs crédits aux entreprises qui s'avèrent sensibles au défaut de
paiement ou à la faillite de leurs contreparties. Pour prendre leurs décisions d'une manière
rationnelle, les prêteurs doivent mesurer avec précision le risque de crédit des emprunteurs,
autant avant de leur accorder un crédit (pour en xer les conditions : montant, maturité et
taux).

Dans ce cadre, la réglementation prudentielle veille donc à ce que les banques disposent
d'une assise financière solide pour faire face aux différents risques.

Plusieurs méthodes ont été proposées pour prévoir le risque de crédit. La technique la
plus utilisée est le crédit Scoring à partir de l'analyse discriminante. Cette méthode de
l'analyse discriminante a été critiquée par plusieurs auteurs, parce que la validité des
résultats trouvés par cette technique est tributaire de leurs hypothèses restrictives, en l'oc-
currence l'hypothèse de la normalité de la distribution de chacune des variables retenues
10
et l'hypothèse de l'indépendance entre celles-ci.

Pour pallier aux insuffisances de la méthode de l'analyse discriminante, d'autres


modèles d'analyse du risque ont vu le jour. A savoir, la régression logistique .
La régression logistique est une technique prédictive. Elle vise à construire un modèle
per- mettant de prédire les valeurs prises par une variable cible qualitative (le plus
souvent binaire, on parle alors de régression logistique binaire ; si elle possède plus de 2
modalités, on parle de régression logistique polytomique) à partir d'un ensemble de
variables explica- tives quantitatives ou qualitatives (un codage est nécessaire dans ce
cas).

11
1. Problématique :

En effet la gestion du risque de crédit est en constante amélioration, compte tenu de la


complexité des menaces de l’activité de prêt. Les établissements de crédit ont un intérêt
fondamental à maximiser la gestion des risques pour limiter les pertes monétaires et temporelles.
Des améliorations peuvent être décelées au niveau des procédures. Parfois le traitement de certaines
informations n’est pas optimisé, ce qui peut générer des dysfonctionnements.

De plus les banques développent des méthodes innovantes dans le cadre de la gestion du
risque de contrepartie, Alors comment optimiser la gestion du risque de crédit bancaire ?

Cette problématique sous-entend des problématiques secondaires afin d’approfondir en


détail le sujet :

• Quels sont les outils de gestion du risque de crédit bancaire ?

• Comment une banque peut avoir assez confiance en un tiers pour lui prêter des
fonds ?

2. Les Hypothèses :

Ces nouvelles techniques de gestion du risque de crédit permettent de mieux identifier les
menaces et de les gérer avant qu’elles ne prennent des proportions trop importantes. Nos principales
hypothèses vont se fonder sur les procédures de crédit et les innovations de gestion des risques.

 Le modèle Logit est efficace pour élaborer un modèle scoring.


 Le scoring est un outil interne qualifié pour la mesure du risque de crédit accordé aux clients
professionnels.

Afin de répondre à cette problématique on va :

 Dans le premier chapitre on va , présenté le cadre théorique et empirique de risque de


crédit, ses principaux outils de mesure et quantification dans la banque populaire .
 Dans le deuxième chapitre consacrée de définir principaux modèles de score en finance.
Ainsi à une étude de cas, avec un échantillon de 60 entreprises d’où notre objectif est
d’élaborer un modèle scoring.
 Dans le troisième chapitre consacrée d’analyse des résultats ainsi les limites qu’on a trouvé
au cours de stage. 12
3. Diagramme de GANTT :

Le diagramme de GANTT, du nom de l’ingénieur américain Henry Laurence GANTT


(1861-1919) qui l’a popularisé, est un outil de gestion de projets. Il sert à visualiser dans le temps
les différentes étapes qui composent un projet.

Nous allons partir d’un exemple simple sous forme d’un tableau décrivant la durée des
différentes étapes de la réalisation d’un mémoire et nous transformerons ce tableau en diagramme
de Gantt. Ciaprès, le tableau qui va servir à faire le diagramme :

Tableau 1 - chronologique des tâches à effectuer pour réaliser un mémoire

13
Figure 1- Diagramme de GANTT pour la réalisation d'un mémoire

Grâce à ce diagramme, nous pouvons :

o Visualiser la durée totale du projet


o Apprécier la durée de chaque étape et éventuellement réaffecter le temps total entre les
différentes tâches
o Ordonner les tâches chronologiquement

14
15
Ch apitre 1 : 

EXPLORATION THEORIQUE
ET EMPIRIQUE DU RISQUE DE
CREDIT

16
Ce chapitre sera éclaté en trois sections. Dans la première section, il s’agira de présenter
une revue littérature sur la gestion de crédit . La deuxième section abordera sur le rôle de bale sur
la gestion de risque de crédit et la troisième sera consacré au gestion de risque de crédit au seins le
centre d’affaire de la banque populaire .

Section 1 : le risque de crédit des PME une revue littérature

Cette section s’articule autour des définitions de risque de crédit par des économistes ainsi
les types des riques et aussi les defirent types de risque de crédit

1.1 Le concept de risque de crédit

Dans cette première section, notre réflexion portera dans un premier temps sur la notion de
risque dans les domaines des sciences économiques, de la gestion et en finance. Ensuite, nous
présenterons la définition et les formes de risque de crédit afin de justifier le choix des notions
relatives à ce risque qui seront utilisées tout au long de ce travail.

a) Le risque :

Le terme risque a de nombreuses significations, selon le domaine étudié. Aussi, il est


nécessaire au préalable de préciser les définitions du risque au sein des différents domaines en
relation avec notre champ de recherche. D’une manière générale, le risque se définit comme la
possibilité qu’un événement négatif, difficile à anticiper, se produise en impliquant des effets
néfastes pour ceux qui le supportent. Il revêt cependant des spécificités selon que l’on introduise le
concept dans un raisonnement économique, financier ou de gestion.

b) Le risque en sciences de gestion et en économie

En sciences de gestion, le risque subi par les acteurs (stakeholders) peut s’analyser dans le
cadre du non-respect des termes ou de l’incomplétude des contrats. Les événements futurs ne
peuvent être prévus à l’avance car il est impossible, ou trop coûteux, de les anticiper. Les contrats
ne pouvant prévoir les conditions applicables à toutes les éventualités futures, un risque apparaît
(Kharoubi et Thomas, 2016).

17
Dans le domaine des sciences économiques, le risque traduit une probabilité statistique
qu’un événement ayant des conséquences négatives se réalise. Ce risque lui-même n’a pas de
nature, mais renvoie à l’événement auquel il est associé (Kharoubi et Thomas, 2016). Il survient
pour les acteurs concernés à travers l’événement pour lequel la probabilité de survenue est réalisée.

D’après Bernard et al. (2002), le risque en économie est un état pour lequel la probabilité
qu’un résultat contraire à un objectif souhaité dans une organisation donnée, survient. Ce risque
peut être lié à une variation des revenus, des coûts, des quantités produites, à des fluctuations de
marchés ou des changements dans l’environnement externe de l’organisation.

1.2 Le risque en finance


En Finance, le risque a été défini par Vaughan (1997)1 comme étant une relation entre une
organisation (ou une personne physique) et un actif (ou revenu) qui peut être détériorée ou perdue
complètement. Un risque est dit financier s’il se compose de trois éléments : (1) un revenu ou un
actif dont la dégradation (ou la perte totale/partielle) causera une perte financière, (2) une
organisation (ou un individu), (3) un changement à même de causer cette perte. Le changement est
perçu donc comme associé à une source financière, par exemple le prix d’un actif financier ou la
qualité d’un crédit accordé à une entreprise. Bernard et al. (2002), proposent une classification des
types de risques financiers selon les actifs/les revenus (coûts) ainsi que les facteurs (sources de
risques) qui leur sont propres (Cf. Tableau 3).

Types de risques Actifs ou revenus (coûts) Facteurs (sources de risque)


Financiers Associés
Risque de marché Valeur marchande des positions - Niveau des prix

Financier de la firme sur :


- Volatilité des prix
1) Actions d’entreprises

2) Devises
3) Obligations (Taux d’intérêts)

4) Commodités

Risque de liquidité de Valeur de liquidation des - Écart entre le prix acheteur et

marché financier positions de la firme sur : le prix vendeur sur le marché

1) Actions d’entreprises - Volume associé aux prix


18
2) Devises vendeur et acheteur.

3) Obligations (Taux d’intérêts)

4) Commodités

lCité dans : Bernard, J.-G., Aubert, B. A., Bourdeau, S., Clément, É., Debuissy, C., Dumoulin, M.-J., … Peignier, I. Le risque :
un modèle conceptuel d’intégration. CIRANO, 2002.

Risque de crédit Valeur du contrat de transaction - Santé financière de la


contrepartie d’une transaction
Financière

Risque d’opérations Revenus/Coûts des opérations - Erreur dans l’enregistrement


Financières Financière des transactions financières

Risque lié à la Coût lié au respect ou au non- - Niveau de réglementation des


Réglementation respect de la réglementation marchés financiers
Financière

Risque de base Valeur du portefeuille des - Écart entre les variations de la


(risque résiduel) positions couvertes de la firme. « valeur » du risque (financier
ou économique) à couvrir et
celle de l’instrument financier
qui sert
Tableau 2- Classification des types de risques financiers à couvrir ce risque.

Risque de liquidité Coût de financement de la firme -Toutes les sources de risques


interne de la firme Précédentes

Source : Bernard et al.


(2002)
Si l’on se concentre sur le domaine bancaire, le risque est défini par le comité de Bâle
(Kharoubi et Thomas, 2016), comme étant la combinaison de deux éléments principaux : une perte
19
éventuelle et un aléa. Si cet aléa ne porte que sur un ou des événements positifs, il n’est pas
considéré comme un risque, ce qui nous éloigne de la mesure statistique du risque, souvent traitée
par la variance. En outre, si la perte est certaine, il n’est plus considéré comme tel.
Dans l’activité bancaire, le risque est inévitable parce que c’est dans la nature de la banque
de prendre des risques et d'obtenir une rémunération pour ce "service". Ainsi, il existe un grand
nombre de risques auxquels une banque est confrontée : le risque de crédit, le risque de marché, le
risque opérationnel, le risque de liquidité et le risque de taux d’intérêt dans le portefeuille de
placement. Dans ce vaste ensemble, notre thèse portera exclusivement sur le risque de crédit, plus
particulièrement lorsque l'emprunteur est une entreprise (et non un particulier).

1.3 Risque de crédit de défaut ou risque de défaillance

A ce jour, un grand nombre de travaux ont traité le risque de crédit des entreprises ainsi que
les différentes problématiques qui y sont associés dans divers contextes. Ce risque est mentionné
différemment d’une étude à l’autre : il est généralement appelé risque de défaillance, risque de
cessation de paiement ou risque de défaut pour les crédits (Desmich, 2007). D'un point de vue
sémantique, cette abondance de terminologies traduit forcément une complexité conceptuelle,
conduisant à s’interroger sur les origines et les réelles équivalences et/ou approximations entre les
termes.
a) Les notions de risuqe de crédit et de défaut :

Pour le comité de Bâle, le risque de crédit ou de contrepartie est défini comme étant le risque de
non remboursement associé à un prêt accordé par une banque. En général, à travers cette approche,
on fait référence à deux dimensions pour le risque de crédit (Bruyère, 2004 ; Roncalli, 2009) :

 La dégradation de la qualité du crédit (downgrading risk) : si la perception de la qualité de


l’emprunteur se détériore (migration d’une classe de risque à une autre), la prime de risque sur cet
emprunteur s’accroit en conséquence et la valeur de marché de cette dette diminue ;
 Le risque de défaut (default risk) est le risque de pertes consécutives au défaut d’un
emprunteur sur un engagement de remboursement de dettes contractées auprès d’un établissement
bancaire. De manière proche, l’agence Moody’s retient la définition suivante du risque de défaut : «
tout manquement ou tout retard sur le paiement du principal et/ou des intérêts ». Le défaut est
constaté selon l’un des trois critères suivants (Desmich, 2007) :
 L’existence de doutes sur la capacité de l’emprunteur à rembourser ses engagements.
 La constitution de provisions spécifiques, abandons de créances, restructurations.
 L’existence d’impayés constatés.
20
Ce risque de défaut correspond à l’incertitude associée à la capacité d’un emprunteur à
honorer ses dettes et à satisfaire ses obligations contractuelles. Compte tenu de la difficulté de
distinguer les entreprises qui feront défaut de celles qui ne le feront pas, il est seulement possible de
calculer des probabilités de défaut. Sur ce plan, le défaut est un événement rare dont la probabilité
d’occurrence est sensée être évaluée par la classe de rating (note financière) à laquelle l’emprunteur
appartient (Gatfaoui, 2008). La perte supportée par un prêteur ou encore par une contrepartie en cas
de défaut est généralement définie par les termes particuliers du contrat, c’est-à dire par la nature
des classes d’obligations contractuelles qui y figurent, notamment le remboursement du capital
emprunté et le paiement des intérêts de la dette.

Si l'on fait abstraction des problèmes de dette de marché, dans l’accord de Bâle II (article
414 d’avril 2003), un défaut de la part d’un débiteur surgit lorsque l’un ou les deux événements
suivants se réalisent

1- « La banque estime improbable que le débiteur rembourse en totalité son crédit au


groupe bancaire sans qu’elle ait besoin de prendre des mesures appropriées telles
que la réalisation d’une garantie (si elle existe).

2- L’arriéré du débiteur sur un crédit important dû au groupe bancaire dépasse 90


jours. Les découverts sont considérés comme des créances échues dès que le client a
dépassé une limite autorisée ou qu’il a été averti qu’il disposait d’une limite
inférieure à l’encours actuel »2.

Une autre manière d’aborder le sujet est de considérer que le risque de crédit est constitué de
plusieurs éléments (cf. parties suivantes) qui peuvent se décomposer en deux groupes principaux :
le risque indépendant et le risque de portefeuille. Le risque indépendant est constitué de quatre
éléments qui sont : la probabilité de défaut (c'est-à-dire la probabilité que l’emprunteur se trouve
dans l’impossibilité d’honorer ses engagements contractuels et de rembourser ses créances) ; la
perte subie ou taux de recouvrement étant donné le défaut (c'est-à-dire la perte résultante en cas de
défaut de l’emprunteur, ou encore le coût du défaut par rapport au montant exposé) ; le risque de
migration ou de dégradation (c'est-à-dire la probabilité d’occurrence d’événements de défaut et
l’impact de la variation de cette dernière suite au changement de la situation financière de
l’emprunteur et le passage d’une classe de risque à une autre). Au-delà de ces risques individuels, le
risque de portefeuille se compose de deux éléments qui sont les corrélations entre les défauts (soit
le degré de dépendance/indépendance des risques de défaut des emprunteurs au sein du même
portefeuille) et l’exposition au risque de défaut (c'est-à-dire la taille du portefeuille exposé au risque
21
de défaut des emprunteurs). Ce dernier point peut être considéré comme un risque de marché, non
diversifiable.

2
Gouriéroux, C., Tiomo, A. Le risque de crédit : une approche avancée. Economica, 2007.

b) Risque de défaut / Risque de défaillance.

Jorion (2001) définit le risque de crédit de la manière suivante: «credit risk is the
risk of an economic loss from failure of a counterparty to fulfill its contractual
obligations». Le risque de défaut / crédit traduit la défaillance possible d’un emprunteur
de remplir ses engagements financiers (Hull et al., 2007 ; Darsa, 2010). Ceci introduit
une dimension juridique.

Pour l’INSEE, « une entreprise est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan


à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son
encontre. Cette procédure intervient lorsqu'une entreprise est en état de cessation de
paiement, c'est-à-dire qu'elle n'est plus en mesure de faire face à son passif exigible
avec son actif disponible ».
De ce fait, la défaillance est le résultat d’un ensemble de difficultés financières
signalées par une cessation de paiement et engageant une procédure juridique. Cette
vision ne rend pas compte du caractère dynamique du processus et ne permet pas de
prendre en compte les difficultés susceptibles de menacer la pérennité d’une entreprise.
Donc, elle ne reflète pas le processus de détérioration de la santé économique et

22
financière de l’entreprise et ignore le fait que le départ de cette dégradation est bien
antérieur à la simple cessation des paiements des dettes (Argenti, 1976 ; Malécot, 1981).

Cependant, dans la littérature non juridique, on étudie généralement la défaillance


en se référant à une approche plus complète, en considérant que celle-ci intègre
trois composantes : économique, financière et juridique (Casta et Zerbib, 1979 ; Ferrier,
2002). Financièrement, l’entreprise est considérée comme défaillante quand elle devient
insolvable8 et qu’elle ne peut plus faire face à ses dettes exigibles moyennant son actif
disponible (Malecot, 1981). D’un point de vue économique, la défaillance d’une
entreprise est caractérisée par une inadaptation

3
L’insolvabilité peut être interprétée et mesurée par rapport aux flux et aux actifs, à condition que les deux

Notions ne soient pas confondues. L’usage des actifs pour évaluer le niveau d’insolvabilité de l’entreprise induit la notion d’insolvabilité structurelle,
qui apparait lorsque la valeur des actifs de l’entreprise est inférieure au total de ses dettes. Alors que l’insolvabilité opérationnelle relative aux flux
apparait lorsque les flux de liquidité de l’entreprise deviennent insuffisants pour honorer les paiements exigibles pendant une période donnée.

4Le
terme de défaillance a remplacé le terme de faillite disparu complétement du vocabulaire juridique français depuis 1985.

Section  2: le rôle des dispositions de Bale dans la gestion de risque.

Dans cette section on va traité l’impact de bale sur la gestion de risque de crédit ainsi
les réglementations de la BAM a propos de risque de crédit .

2.1 Les réglementations prudentielles de la BAM :

En tant que l’un des principaux régulateurs du marché des capitaux, Bank Al-
Maghreb (BAM) a traité le sujet du risque de crédit dans un ensemble de circulaires, où
les établissements de crédit sont soumis au respect et à l’application de ces dernières. La
circulaire n°26/G/2006 relative au calcul des exigences en fonds propres selon l’approche
standard pour la couverture des risques de crédit, de marché et opérationnels des
établissements de crédit à annoncer dans son article (2) que les établissements sont tenus
au respect du coefficient minimum de solvabilité défini comme étant un rapport
23
minimum de 10 % entre d'une part, le total de leurs fonds propres et d'autre part, le total
de leurs risques de crédit, opérationnels et de marché pondérés, le calcul de ce dernier,
selon l’article (9), s’effectuent par les notations internes attribuées par des organismes
externes d’évaluation du crédit (OEEC) dont la liste est établie par Bank Al-Maghreb, ces
notations internes comprennent ,selon l’article (11) de la circulaire n°8/G/2010, deux
approches : l’une est dite de « fondation » où l’établissement est habilité à estimer la
probabilité de défaut. La perte en cas de défaut, le facteur de conversion et la maturité, et
l’autre est dite « avancée » selon laquelle l’établissement est habilité à estimer la
probabilité de défaut, la perte en cas de défaut et le facteur de conversion et à calculer la
maturité. Les établissements qui utilisent l’approche notations internes pour certaines
catégories d’expositions, selon l’article (20 et 21) ne peut revenir à l’application des
dispositions de la circulaire n°26/G/2006, telle que modifiée, pour le calcul de ses actifs
pondérés au titre du risque de crédit, que pour des motifs dûment justifiés et après
autorisation de Bank AlMaghrib, ils peuvent appliquer, les dispositions relatives au risque
de crédit de la circulaire n°26/G/2006, telle que modifiée : aux catégories « emprunteurs
souverains » et « établissements de crédit », lorsque le nombre de contreparties
significatives est limité et que la mise en œuvre de cette approche pour ces contreparties
représente une contrainte excessive pour l'établissement.

Aux expositions relevant d’unités d’exploitation non significatives, ainsi qu'aux


catégories d’expositions non significatives en termes de taille et de profil de risque.

La catégorie d’expositions sur actions d’un établissement est considérée comme


significative si la valeur desdites expositions dépasse, en moyenne sur l’exercice écoulé,

En tant que l’un des principaux régulateurs du marché des capitaux, Bank Al-
Maghreb (BAM) a traité le sujet du risque de crédit dans un ensemble de circulaires, où
les établissements de crédit sont soumis au respect et à l’application de ces dernières. La
circulaire n°26/G/2006 relative au calcul des exigences en fonds propres selon l’approche
standard pour la couverture des risques de crédit, de marché et opérationnels des
établissements de crédit à annoncer dans son article (2) que les établissements sont tenus
au respect du coefficient minimum de solvabilité défini comme étant un rapport
minimum de 10 % entre d'une part, le total de leurs fonds propres et d'autre part, le total
de leurs risques de crédit, opérationnels et de marché pondérés, le calcul de ce dernier,
selon l’article (9), s’effectuent par les notations internes attribuées par des organismes
externes d’évaluation du crédit (OEEC) dont la liste
24 est établie par Bank Al-Maghreb, ces
notations internes comprennent ,selon l’article (11) de la circulaire n°8/G/2010, deux
approches : l’une est dite de « fondation » où l’établissement est habilité à estimer la
probabilité de défaut. La perte en cas de défaut, le facteur de conversion et la maturité, et
l’autre est dite « avancée » selon laquelle l’établissement est habilité à estimer la
probabilité de défaut, la perte en cas de défaut et le facteur de conversion et à calculer la
maturité.

Les établissements qui utilisent l’approche notations internes pour certaines


catégories d’expositions, selon l’article (20 et 21) ne peut revenir à l’application des
dispositions de la circulaire n°26/G/2006, telle que modifiée, pour le calcul de ses actifs
pondérés au titre du risque de crédit, que pour des motifs dûment justifiés et après
autorisation de Bank AlMaghrib, ils peuvent appliquer, les dispositions relatives au risque
de crédit de la circulaire n°26/G/2006, telle que modifiée :

- Aux catégories « emprunteurs souverains » et « établissements de crédit », lorsque le


nombre de contreparties significatives est limité et que la mise en œuvre de cette
approche pour ces contreparties représente une contrainte excessive pour l'établissement.

- Aux expositions relevant d’unités d’exploitation non significatives, ainsi qu'aux


catégories d’expositions non significatives en termes de taille et de profil de risque.

La catégorie d’expositions sur actions d’un établissement est considérée comme


significative si la valeur desdites expositions dépasse, en moyenne sur l’exercice écoulé,
10% de ses fonds propres. 2

5
www.bkam.ma

2.2 Le cadre réglementaire actuel :


Le cadre réglementaire actuel du Ratio de Solvabilité international « Cooke », fondé
sur une approche forfaitaire de mesure du risque de crédit, favorise et incite les banques
à céder une partie de leur portefeuille de crédits afin d’optimiser leurs fonds propres.
Cette évolution est favorisée par le processus d’innovation dans le domaine de la mesure
et de la gestion du risque de crédit initié depuis cinq ans.

Les exigences prudentielles en fonds propres, calculées sur une base forfaitaire de
8 %, sont très largement supérieures au risque de perte économique mesuré par
l’établissement.
25
à l’aide de ses modèles internes sur les parties les mieux notées de leur portefeuille. Des fonds
propres importants peuvent être immobilisés alors qu’ils ne couvrent pas des risques de crédit
anticipés par les banques comme le montre le graphique ci-dessous :

Figure 2- (Comparaison des exigences en fonds propres ( Cooke) risque de pertes calculé à partir des modèles internes crédit)

La zone hachurée correspond aux engagements sur des contreparties dont les exigences en
fonds propres prudentielles sont supérieures au capital économique. Ce sont ces encours les moins
risqués que les établissements de crédit vont chercher à céder en priorité. En effet, dans le cadre
réglementaire actuel, les exigences en fonds propres sont les mêmes quelle que soit la qualité d’un
client et de son rating. Les fonds propres ainsi libérés vont être consacrés au développement de
nouvelles activités.
Un des objectifs des opérations de titrisation et des dérivés de crédit est de réduire les exigences en
fonds propres réglementaires6

6 Quémard Jean-Luc, « Dérivés de crédit » RB édition 2003 page 15

2-3 Les accords de Bâle :

a) La montée du risque de crédit dans les années 1980 et l’accord de Bâle de -1988 : Le
risque de crédit ou risque de défaut de remboursement des prêts est le plus ancien et, encore
aujourd’hui, le principal risque pour une banque. Durant les années 1980, ce risque a
fortement augmenté en raison de la montée en puissance de divers facteurs :
 La forte augmentation des faillites d’entreprises après les deux chocs pétroliers,
 La forte baisse de la valeur des actifs des sociétés sous l’effet de la hausse des
taux d’intérêt nominaux et réels, 26
 La montée des risques pays et la crise de la dette des pays en voie de
développement.

Face à la montée du risque de crédit, le système bancaire et financier est apparu


fragile, comme en témoigne le retour de difficultés ou de faillites de grandes banques
inconnues depuis les années 1930 (Continental Illinois en 1984, banaques texanes à partir
de 1985, notamment) et la réapparition des crises financières (krach boursier de 1987 et
crises spéculatives sur les marchés des changes). Cette fragilité était accentuée par la
faiblesse relative du montant des fonds propres des banques, notamment des grandes
banques internationales les plus engagées dans les opérations présentant les risques les
plus élevés. De plus, sous l’effet de la déréglementation financière et du renforcement de
la concurrence entre banques, celles-ci ont été confrontées à une forte érosion de leurs
marges, contribuant mécaniquement à la faiblesse des leurs fonds propres.

Ces événements et ces menaces sur la stabilité du système bancaire et financier ont
conduit le Comité de réglementation bancaire (Comité de Bâle) à proposer à la
communauté bancaire un accord sur un niveau minimum de fonds propres pour les
banques internationales. Ainsi, est né en 1988 l’Accord de Bâle qui a instauré de
nouvelles obligations réglementaires en matière de fonds propres des banques, connues
sous le nom de ratio de capital ou ratio Cooke. À la phase de dérégulation financière dont
l’objet était d’accroître l’efficience des marchés bancaires et financiers succédait donc
une phase de re-réglementation financière ayant pour objectif d’accroître la sécurité des
banques et la stabilité du système financier dans son ensemble.

b) Le nouvel accord de Bâle :

Cependant, au cours des années 1990, le risque de crédit n’a pas baissé, en raison
de la présence et de la relative permanence des facteurs suivants : le nombre de faillites
d’entreprises, et notamment de grandes entreprises, a continué à se maintenir à un niveau
élevé ;

Le processus de désintermédiation a modifié de façon substantielle le contenu des


portefeuilles de crédit des banques, en augmentant la part des emprunteurs plus risqués ;

la concurrence par les prix et la conquête des parts de marché ont amené les
banques à prospecter des clientèles plus risquées, sans que les primes de risque soient
accrues en conséquence ; corrélativement à l’accroissement de la part des crédits plus
27
risqués, les marges d’intérêt ont baissé ;les garanties réelles ont eu tendance à perdre de
leur valeur, comme cela est apparu lors de la crise de l’immobilier, au début des années
1990, et lors de la crise asiatique, à la fin des années 1990 ;

Le risque de contrepartie a également augmenté sur les marchés des instruments


dérivés.

Section  3: La politique de gestion du risque crédit au sein de la


Banque Populaire .

3.1 .Présentation du groupe banque populaire  

Introduit au Maroc par le Dahir du 25 mai 1926, le modèle organisationnel et commercial du


Groupe est fondé, dès l’origine, sur les concepts de mutualité et de coopération.

Le Groupe Banque Populaire (GBP) est constitué d’un ensemble d’organes opérant en synergie,
composé de la Banque Central Populaire (BCP), organe central du groupe coté en bourse depuis
le 8 juillet 2004, de Banques Populaires Régionales (BPRs) à vocation coopérative, de filiales
spécialisées, de fondations d’utilité publique et de banques et représentations à l’étranger.

a- Historique du groupe en quelques dates :

28
29
monde.
grandes entreprises, des PME, des professionnels, des particuliers résidents ou des marocains du
Le Crédit Populaire du Maroc accompagne tous les segments de la clientèle, qu’il s’agisse des
b- Vision du groupe :
Figure 3- Historique de la BP
Prise de participation majoritaire de la BCP dans les BPR.
Augmentation de capital réservée aux salariés.
2015
Mise en place d'une nouvelle structure organisationnelle
Concrétisation de la prise de contrôle croisée majoritaire BCP-BPR
Désengagement de l’Etat du capital de la BCP
2014
obtention de l’agrément pour la création de la compagnie d’assurance Atta’mine
Chaabi.
Ouverture du capital à la BPCE et l’IFC
Prise de contrôle de la Banque Atlantique dans l’union économique et monétaire 2012
ouest-africaine
Prise de participation de la banque de la banque centrale populaire dans des
banques internationales  comme british arab commercial bank (Royaume-Uni)
2010
Fusion de la Banque Centrale Populaire et de la Banque Populaire de Casablanca.
Participation majoritaire croisée OCP/BCP. 2009
Prise de participation de 53% Maroc leasing
Prise de contrôle de la banque d’affaire Upline Groupe 2008
Obtention du passe port européen pour chaabi bank
Introduction en bourse de la Banque Centrale Populaire. 2004
Réforme du crédit populaire du Maroc portant sur la valorisation des de la
dimension régionale des BPR, et l’élargissement des prérogatives du comité 2000
directeur.
Le Groupe crée des filiales métiers spécialisées en vue d’élargir sa palette de 1990
services offerts à la clientèle.
Ouverture à l’international, avec la création de la Banque Chaabi du 1972
Maroc(BCDM) à Paris (devenue Chaabi Bank)
Refonte du CPM. 1961
Dahir portant création du modèle organisationnel de la Banque. 1926
Il propose une gamme élargie et complète de services et produits financiers répondant à l'ensemble
des besoins de sa clientèle. Il développe également ses activités à travers quatre orientations
stratégiques majeures :

 La consolidation des positions acquises 


Cet axe concerne le développement des activités d’intermédiation et de marché du groupe. Le GBP
accélère le développement de ses activités de banque de détail par une stratégie volontariste
d’extension de ses points de vente, de la collecte de ressources et de la distribution des crédits.
Disposant du plus large réseau de secteur bancaire, le groupe ouvre une centaine d’agences chaque
année.
Grâce à ce dispositif, la collecte des ressources progresse plus vite que la moyenne enregistrée par
le passé. Les crédits enregistrent également un développement soutenu en matière des crédits
entrepris avec les offres de la Banque Entreprise, consistant en une nouvelle approche Banque
Populaire dans ses relations avec la clientèle des entreprises.
Les crédits immobiliers et les crédits à la consommation enregistrent également un trend haussier,
et le groupe à l’ambition d’augmenter sensiblement ses parts de marché dans ces catégories de
crédits.
 La banque citoyenne 
Banque de proximité, le Groupe Banque Populaire joue un rôle de premier plan dans le
développement des régions à travers l'action des Banques Populaires Régionales. Il est
l'accompagnateur financier de la région à travers la mobilisation de l'épargne, son utilisation au
niveau local, au bénéfice des acteurs économiques et sociaux.
Dans le plan de développement du groupe, l’implication reste effective et très prononcée en matière
de bancarisation de la population, qui reste encore à un niveau très faible au Maroc. Ceci est
possible grâce à la politique de proximité du groupe et la souplesse dans les ouvertures de compte
ainsi qu’à son large réseau de distribution. La cadence observée actuellement dans les ouvertures de
comptes auprès de la clientèle de masse en atteste largement.
Le Groupe Banque Populaire est le 1er réseau bancaire du pays. Son réseau est constitué à
fin décembre 2015 de 1 396 agences, soutenu par 2 374 points de distribution additionnelle, et plus
de 1 911 guichets automatiques à travers tout le Royaume.
-La conquête de nouveaux territoires et la croissance externe.
-Le 1er collecteur de l'épargne du système bancaire marocain.
-La 1ère banque dans le rapatriement de l'épargne des Marocains Résidant à l'Etranger (MDM).

Le soutien aux activités à fortes retombées sociales est également encouragé par le biais de
développement des micro-crédits dont l’encours ne cesse d’augmenter et qui enregistrere une
évolution annuelle moyenne de plus de 50%, grâce à l’ouverture de nouvelles branches au niveau
de toutes les localités du pays.
L’appui de la Fondation Banque Populaire pour la création d’Entreprises tend à encourager les
porteurs de projets en les assistants dans toutes les phases pour l’aboutissement de la création de
leurs entreprises.
Le GBP encourage également l’habitat social en prévoyant d’augmenter annuellement de 25% ses
encours en la matière.
30
Enfin, les PME-PMI sont accompagnées dans l’action de leur mise à niveau.
 L’amélioration des performances 

L’important développement du Groupe Banque Populaire contribue à l’amélioration de ses


indicateurs de performances : rentabilité, productivité, commissions et maîtrise des risques.
Ainsi, la rentabilité financière est fortement appréciée, fruit des résultats nets de l’ensemble des
entités du groupe, ainsi que la nette progression du produit net bancaire, et la maîtrise des charges
d’exploitation. La productivité quant à elle, connaît une amélioration surtout grâce à
l’automatisation plus poussée des opérations effectuées au niveau des agences.
La part des commissions dans le produit net bancaire enregistre une évolution moyenne annuelle de
l’ordre de 10%.
Concernant la maîtrise des risques, le groupe tend à maintenir sa tendance d’afficher les meilleurs
ratios prudentiels du secteur que ce soit celui de la solvabilité, de la liquidité, de la division des
risques ou des créances en souffrances.

 la conquête de nouveaux territoires et la croissance externe

Un nouvel élan est pris par le GBP dans son intervention dans les opérations de la corporate
banking, pour conforter son positionnement stratégique dans ce créneau, et plus spécifiquement
dans les métiers de conseil aux entreprises et de l’ingénierie financière, d’émissions obligataires, du
capital-risque, de la gestion collective de l’épargne, de l’intermédiation boursière et de financement
du commerce international .
Les activités du groupe s’étendent également à la bancassurance.
Du reste, les filiales spécialisées du groupe ne restent pas à l’écart de cette nouvelle dynamique
commerciale, et un plan de développement ambitieux est prévu pour chacune d’entre elles en vue
de participer fortement à l’amélioration des performances du groupe, ce qui deviendra possible par
l’amélioration de leurs parts de marché dans leurs domaines d’activité respectifs.
3.2 Organisation du crédit populaire du Maroc :
a- Comité Directeur :

b- Le Comité Directeur est l’instance suprême du Crédit Populaire du Maroc exerçant


exclusivement la tutelle sur les différents organismes du CPM. Ses principales attributions
sont :

- définir les orientations stratégiques du Groupe.


- Exercer un contrôle administratif, technique et financier sur l’organisation et la gestion des
organismes du CPM.
- Définir et contrôle les règles de fonctionnement communes au Groupe.

31
Prendre toutes les mesures nécessaires au bon fonctionnement des organismes du CPM et à
la sauvegarde de leur équilibre financier

c- La banque centrale populaire :

La Banque Centrale Populaire (BCP) est un établissement de crédit, sous forme de société anonyme à
Conseil d’Administration. Elle est cotée en bourse depuis le 8 juillet 2004. Elle est une banque à part
entière et peut à cet effet assurer  directement l’ensemble des opérations bancaires.
Elle assure un rôle central au sein du Groupe, a pour missions :

 Etablissement de crédit habilité à réaliser toutes les opérations bancaires.


 Organisme central bancaire des BPR.
A ce titre, elle coordonne la politique financière du Groupe, assure le refinancement des BPR et la
gestion de leurs excédents de trésorerie ainsi que les services d’intérêt commun pour le compte de ses
organismes.
d- Banques populaires régionales :

La Banque Centrale Populaire (BCP) est un établissement de crédit, sous forme de société anonyme à
Conseil d’Administration. Elle est cotée en bourse depuis le 8 juillet 2004. Elle est une banque à part
entière et peut à cet effet assurer  directement l’ensemble des opérations bancaires.
Elle assure un rôle central au sein du Groupe, a pour missions :
 Etablissement de crédit habilité à réaliser toutes les opérations bancaires.
 Organisme central bancaire des BPR.
A ce titre, elle coordonne la politique financière du Groupe, assure le refinancement des BPR et la
gestion de leurs excédents de trésorerie ainsi que les services d’intérêt commun pour le compte de ses
organismes.
3.3 Présentation du Centre d’affaires :
a- Organigramme :

32
b- Activités :
Le centre d’affaires est constitué d’une agence spécialisée pour les entreprises, Il y a les différentes
opérations liées à l’encaissement : versements, mise à disposition ou bien le décaissement : les
retraits et les règlements des mises à disposition. Il y a aussi la compensation des chèques, qui passe
par plusieurs étapes toilettage, scan et autres… et dernièrement la gestion des effets de commerces.
Ensuite il y a le service commerce international « COMEX », qui a pour but l’accompagnement des
entreprises lors des actions de l’export et import, mais concrètement la quasi-totalité des travaux
concerne l’import vu que les entreprises Marocaine sont importatrices par excellence. Ce service
facilite l’échange entre le client de la banque et son fournisseur tout en respectant la politique de
l’office des changes Marocain, Il offre aussi des facilités de paiement comme le crédit
documentaire appelé aussi « CREDOC » avec une possibilité de refinancement en cas d’incapacité
de paiement de ce crédit lors de l’échéance, et dernièrement les obligations cautionnées qui
permettent d’échelonner dans le temps le règlement des droits de douane qui concernent une
opération d’import.
Après il y a le centre d’affaire, le travail se fait en binôme de chargé d’affaires avec un analyste
financier pour son support. Le centre d’affaires a pour cibles les moyennes entreprises qui ont
comme chiffre d’affaire un seuil minimum de 10 millions de dirhams et aussi les middle market
qui ont un chiffre d’affaire entre 200 Millions de dirhams et 500 millions de dirhams, les dossiers
des entreprises qui ont plus de 500 millions de dirhams sont délégués à la banque de financement
qui traite spécialement les grandes entreprises
Parmi les clients du centre d’affaires de la banque ils y en ont ceux qui se sont présenter eux-mêmes
à la banque et d’autres qui ont été fidélisés lors des prospections. Ils peuvent être classés sous deux
catégories : clients sans engagements, qui sont en contact avec la banque juste pour des opérations
d’agence (virement, versement, escompte…), et d’autres avec engagement.
Les clients avec engagement sont les entreprises intéressées par des crédits, que ce soit des crédits
d’investissement ou bien des crédits de fonctionnement. L’accord de ce crédit se fait dont certains
cas où le montant du crédit n’est pas très élevé, la notation de l’entreprise est bonne et le secteur
d’activité n’est pas risqué (BTP, textile) au niveau du centre d’affaires. Dans le cas contraire, le
33
centre délégue la décision du crédit au comité des 5C « Comité de Crédit et Commission
Commerciale de Casablanca ».

• Le système de notation interne du crédit populaire du Maroc 

Dans le cadre de la poursuite de sa dynamique d’optimisation et de sophistication de ses outils de


gestion des risques, le Crédit Populaire du Maroc a mis en place un système de notation en ligne
avec les exigences réglementaires en termes d'utilisation et d'usage.
Par ailleurs, la construction de ce système de notation répond à une double logique :
- le développement de la distribution de crédit aux entreprises tout en maîtrisant les risques
encourus.

- la mise en conformité du Crédit Populaire du Maroc avec les circulaires 8-G-2010 du Bank al
maghrib relative au système de notation interne.

Il est à noter que l’outil de notation distingue entre les deux catégories d’entreprises ci-après :

- PME/GE : Petites, Moyennes Entreprises et Grandes Entreprises

- TPE: Toute Petites Entreprises

Le classement d’une entreprise dans l’un de ces deux segments se fait sur la base du chiffre
d’affaire :

Type TPE PME GE


d’entreprise
Chiffre Inférieur à 3M Entre 3M et Supérieur à
d’affaire dhs 50M dhs 50M dhs

Tableau 3 - Le classement des entreprises selon le CA

Le schéma ci-dessous présente le processus de notation des entreprises (GE&PME) au sein du


Crédit populaire du Maroc.

34
Figure 5- Le processus de notation au sein de la BP

L
35
 a notation pour les GE & PME 

La notation des entreprises au sein de la banque populaire s’effectue via un progiciel s’appelant
« MANSOUR », cet outil permet dans un premier temps la validation de la segmentation de
l’entreprise ( GE, PME ou PE), est composée des étapes suivantes :

Saisi des données du Calcul du score quantitatif


bilan et CPC

Calcul du score qualitatif

Déduction du score final

Transformation du score final en


note calculée

Forçage de la note Forçage de la note


calculée calculée
(automatiquement) (manuellement)
Figure 6-Processus suivit lors de l’attribution
de la notation de au profil de la GE&PME Source  : élaboré par nos propres soins

• Saisie des informations financières

La première étape consiste à saisir dans l’outil de notation les informations


financières liées à l’acticité de l’entreprise figurant dans le bilan et le compte des
produits et charges. Ces informations sont détaillées ci-après 

Actifs circulant
Actif immobilisé
Créances clients
Stock
Bilan nos propres
Source  : BP
Dettes fournisseurs
Dettes à long terme
La trésorerie passive
La trésorerie active
36
Fonds propres
Chiffre d’affaires
Compte de Frais financiers
produits et charges Résultat net
Résultat net n-1
Tableau 4- Les données du bilan et CPC à saisir dans le système

• Le calcul du score quantitatif

Le calcul du score quantitatif est déterminé sur la base des ratios financiers qui sont calculés
automatiquement après la saisie des informations financières. Chaque ratio fait l’objet d’une note
accordée par le système.

• Le calcul du score qualitatif

Le calcul du score qualitatif se base sur les informations détaillées ci-après :

Les informations liées au secteur d’activité de l’entreprise et à son positionnement au sein du


marché :
- la situation du secteur d’activité 
- la concurrence au sein du secteur 
- le positionnement stratégique
Les informations sur la qualité de la gestion. Ces informations sont regroupées en trois thèmes qui
traitent de :
- le management adopté
- l’historique bancaire de la relation
- les sources de financement.
Chaque information fait l’objet d’une note attribué automatiquement par le système.

• Déduction du score final

La combinaison entre le score quantitatif et qualitatif par l’outil de notation permet de déterminer le
score final

• Transformation du score final en note calculée

Après la détermination du score final, le système de notation affecte automatiquement la note


correspondante qui est dite : la note calculée.

• Détermination de la note finale


37
La note finale est obtenue automatiquement via l’outil de notation. En cas de l’existence des
garanties de l’état l’affaire est noté « A » et en cas de l’existence d’une créance en souffrance
l’affaire est noté « D, E ou F ». Ces notations ne devront en aucun cas être modifiées par le chargé
de notation.

• L’attribution de la note proposée

En cas d’absence des critères de forçage notamment les garanties de l’état et si l’affaire appartient
à un groupe, le chargé de notation peut introduire une note « proposée » qui prend en considération
d’autre éléments tel que la note du groupe à lequel appartient l’entreprise tout en respectant la
procédure de notation.

 La notation pour la TPE 

La notation d’une entreprise TPE ou Pro est composée des étapes suivantes 

Saisie des données financières Calcul du score quantitatif

Calcul du score comportemental

Déduction du score global

Intégration des signaux d’alerte

Déduction du score final

Transformation du score final en note


calculée

Figure 7- Processus suivit lors de l’attribution de la notation à la TPE

Source  : élaboré par nos propres soins

• Saisie des données financières

38
Comme dans la notation pour la GE&PME, la première étape de notation de la TPE consiste à saisir
dans l’outil de notation les informations financières relatives à l’activité de l’entreprise figurant
dans le bilan et le compte des produits et charges.

• Calcul du score quantitatif

Le calcul du score quantitatif est déterminé sur la base de certains ratios financiers et des données
liées à l’activité de l’entreprise ainsi que l’expérience de son dirigeant.
Les données liées à l’activité de l’entreprise et à son dirigeant  sont  :
- Forme juridique : de l’entreprise à la date de la notation ;

- Secteur d’activité : conformément à la nomenclature BAM avec une codification à 3 et


à 2 chiffres avec leur regroupement de ceux-ci en macro-secteurs d’activités comme
pour la notation des PME/GE.

- Expérience du PDG : exprimée en nombre d’années

Le calcul des ratios financiers  :

Le calcul des ratios financiers se fait par la collecte des données financières (donnée de
bilan et de CPC) nécessaires par le chargé de notation détaillées ci-après :

Données de bilan Données de compte de résultat


Dettes Chiffre d’affaires
Fonds propres Frais financiers
Actif immobilisé Résultat net
Source : élaboré par nos propres soins
• Calcul du score comportemental

Dans la mesure où la TPE tienne rarement une documentation comptable en bonne et due forme et
lorsque celle-ci existe, les informations contenues dans cette documentation ne permettent pas
d’apprécier le risque d’une manière objectif sur ce segment de clientèle, de ce fait d’autres facteurs
liés au comportement bancaire de la contrepartie sont pris en considération.
Les facteurs comportementaux sont calculés sur la base des données du compte courant de
l’entreprise (compte pivot ou principal abritant l’activité de celle-ci) au titre des 07 mois en termes
d’historique comptable.

• Déduction du score global

La combinaison entre le score quantitatif et comportemental permet de déterminer le score global.


39
• Intégration des signaux d’alerte

Une fois le score global calculé, l’outil de notation vérifie qu’il n’existe pas de signaux d’alerte
quant au comportement de cette entreprise.
Si des signaux d’alerte existent alors le score global sera réduit d’un certain nombre de points
(pénalité en nombre de points).

• Déduction du score final

Le score final est égal au score global minoré de la pénalité maximale (signaux d’alerte en termes
de points)

• Transformation du score final en note calculée

Une fois le score final calculé, l’outil affecte automatiquement au client la note correspondante qui
se matérialise par des lettres : A, B, C… etc.
Exemple de notation d’une PME gérer par la BP

1. Conclusion

Avec une cellule spécialisée dans les crédits, la Banque Populaire reste en mesure de qualifier et

de quantifier les risques liés à son activité. Elle dispose de nombreuses techniques, outils et

méthodes pour apprécier les différentes menaces liées aux prêts octroyés. Ces analyses donnent une

vue d’ensemble des éventuels risques, comme ils permettent d’anticiper plus facilement le risque de

non remboursement et de le gérer à l’amiable ou aux contentieux.

40
Chapitre 2 : 
MODELISATION DU RISUQE DE
CREDIT PAR LE REGRESSION
LOGISTIQUE

41
Au cours de ce chapitre, nous avons établi un modèle d’analyse prédictive fondé
sur les états de synthèses de l’entreprise, dans le but de mettre en place un système de
notation « SCORING » en utilisant la technique de la régression logistique. Ce chapitre
nous a donc permis de calculer la probabilité de défaut de chaque entreprise appartenant à
notre échantillon.

SECTION 1 : Méthodes d’évaluation du risque de crédit des PME

La mesure et la gestion du risque de crédit est fondée sur plusieurs approches théoriques.
Cependant, dans la pratique, ces différents approches laissent place à un procédé interne mis en œuvre par
chaque banque tant dans la phase conduisant à l’octroi du crédit que celle du portage du crédit. Ces modèles
internes tiennent de plus en plus compte des facteurs de risque liés aux évènements extrêmes.
La mesure et la gestion du risque de crédit est fondée sur plusieurs approches théoriques à savoir :
L’analyse financière
 Le scoring..

1.1 L’analyse Financiére :


a) Définition
L’analyse financière occupe une importante place en Finance, tant en en termes d’utilisations
professionnelles que dans les programmes académiques. Cette discipline a été marquée par de fortes
évolutions et s’est notablement sophistiquée. Plusieurs raisons l’expliquent : évolution de l’offre
d’information des entreprises, considérables progrès techniques et une large diffusion dans la sphère
financière. Dans le même temps, la profession d’analyste financier a subi de spectaculaires mutations, en
termes d’encadrement réglementaire et de normes professionnelles.
Schématiquement, l’analyse financière a connu trois grandes phases historiques. Elle fut d’abord une
analyse comptable inscrite dans la gestion financière des entreprises, à vocation interne : commentaire et
explication des documents comptables annuels. Ensuite, à l’initiative des banques commerciales, elle se
structure comme discipline, dédiée à l’analyse externe de la solvabilité et du risque (de faillite et de défaut),
dans un contexte de rationnement du crédit et d’importantes défaillances. Enfin, de manière contemporaine,
l’analyse devient réellement financière en s’inscrivant dans un cadre conceptuel, en développant une
instrumentation sophistiquée et robuste et, surtout, en trouvant diverses applications, répondant aux
différents besoins des acteurs financiers. L’analyse financière impose de rassembler un large ensemble
d’informations sur l’entreprise étudiée et son environnement pour évaluer sa situation financière présente et
anticiper son évolution future. Dans l’univers financier, en particulier dans la banque, ses utilisations
concrètes sont multiples et concernent aussi bien l’analyse de la solvabilité que les activités d’investissement
en compte propre et le conseil.
L’analyse financière s’est constituée en une véritable activité professionnelle autonome, développant
un ensemble d’outils d’investigation. Elle est aussi bien interne, menée par les dirigeants pour la gestion de
l’entreprise, qu’externe, un grand nombre d’agents recourent à elle comme outil d’aide à la décision leur
permettant de définir leurs relations avec l’entreprise. Elle s’inscrit dans le champ des relations d’une société
aussi bien avec les marchés financiers qu’avec les marchés réels 7

__________________________________________________________________
42
7
Philippe Thomas, « Analyse Financière » Approche internationale –CFA », RB Edition 2011
pages : 13 et 14

c) Le rôle de l’analyse financière :


L’analyse financière a pour objectif principal de caractériser la situation économique et
financière d’une entreprise à partir d’un ensemble d’informations, incluant prioritairement ses
données financières annuelles.
Il s’agit de porter un jugement sur la santé financière d’une entreprise, qui affecte la situation de
tous les agents qui l’entourent, que leurs relations soient explicites ou implicites, actives ou passives.
Le but de l’analyse financière est, sur la base d’informations comptables et qualitatives,
d’évaluer les performances actuelles et futures d’une société et sa position financière afin de prendre
une décision financière (investissement, crédit) ou économique. Elle est un point de départ pour des
actions futures.
L’analyse financière consiste donc à retracer la politique financière menée par une entreprise, à
mesurer le degré d’atteinte de ses objectifs financiers et à examiner la manière avec laquelle elle
respecte les contraintes qui pèsent sur elle.
C’est le fait d’expliquer pourquoi une entreprise est dans la situation financière qui est la sienne.
Sa mission est de comprendre le métier, les activités de l’entreprise (son business), d’en apprécier les
performances et d’évaluer le niveau de risque qu’elle présente dans le but de suggérer une
recommandation, par nature liée à l’angle retenu par celui qui étudie l’entreprise.
Elle mobilise un ensemble d’outils et de méthodologies qui permettent de qualifier l’état
financier d’une entreprise. Elle ne relève pas d’un genre passif, historique ou descriptif, elle se veut
explicative et s’inscrit dans l’action financière. Elle est un outil d’anticipation de l’avenir d’une
entreprise, un point de départ pour planifier et engager des actions relatives à celle-ci.

d) L’analyse du crédit bancaire :8


43
L’analyse crédit correspond à l’analyse que les créanciers financiers mènent sur leurs débiteurs,
d’examiner la capacité des emprunteurs à honorer leurs engagements de crédit constitue l’une des
applications classique de l’analyse financière, afin d’apprécier leurs risque de défaut.
Il s’agit de la tâche principale des services d’analyse crédit des banques commerciales, réalisée dans
une logique d’engagement. Les entreprises se financent prioritairement auprès de leurs banques soit par le
réseau (agences ou centres d’affaires pour leur clientèle entreprises), soit via les départements Coverage (ou
grands comptes ou comptes nationaux), dans lesquels des banquiers seniors suivent la clientèle la plus
importante et assurent l’interface avec les départements de l’institution financière.
Les sociétés sollicitent l’accord de crédits à long terme (dettes structurantes destinées à financer les
investissements et à doter l’entreprise d’une structure financière) ou de crédits de trésorerie (dettes à court
terme qui se substituent aux décalages d’encaissement des actifs circulant et remboursées par leur retour à la
liquidité). Ces dettes sont généralement indivises, plus rarement, obligataires. La banque réalise une analyse
financière qui est destinée à évaluer le risque des emprunteurs qui s’adressent à elle pour obtenir des
financements.
Il s’agit de la mission et de la fonction classique de la banque. Elle réalise une analyse approfondie et
ponctuelle à chaque demande de crédit. Elle engage également un monitoring pour suivre le risque des
clients et assurer le renouvellement des concours de trésorerie.
L’analyse du crédit bancaire peut être appliqué autrement où d’autres analystes interviennent
également avec cette même optique d’appréciation du risque de crédit, dans une logique de conseil.
D’abord, dans l’hypothèse où une société souhaite lever un financement auprès d’investisseurs, elle
doit utiliser les services spécialisés d’une banque d’investissement.
Deux cas se présentent :

 Cas 1 : La société souhaite lever des financements sur le marché financier :

Elle s’adresse aux équipes de « Debt Capital Markets », qui vont analyser la situation et structurer des
produits destinés à être placés auprès d’investisseurs dans le cadre d’émission d’obligations simples (vanilla
bonds) ou complexes (convertibles, échangeable…. etc.),
15 Philippe Thomas, « Analyse Financière » Approche internationale –CFA », RB Edition 2011 pages : 192 et
193

 Cas 2 : La société souhaite financer un actif par des produits de dettes spécialisés ou
structurés :

Par exemple : (le financement de projet, d’infrastructure, d’avions), les services de leveraged finance
vont concevoir et placer ces produits.

Dans ces cas la banque assure la structuration, l’arrangement et le placement de la dette, souvent par
syndication tout en assurant une souscription partielle.
Par ailleurs, l’analyse financière des sociétés débitrices est réalisée de manière consolidée sur
l’ensemble du portefeuille de crédit de la banque. Pour celle-ci, chaque client représente un encours de
crédit, associé à un certain niveau de risque. En agrégeant l’ensemble des engagements, la banque est à
même de gérer son risque global, selon une double logique :
44
 La gestion du bilan de la banque afin d’optimiser la gestion du refinancement de l’institution
(et sa propre performance) selon les encours de crédit (maturités et risque), c’est la Gestion
Actif Passif (GAP) ou Assets and Liabilities Management (ALM),
 La gestion réglementaire pour disposer des informations nécessaires au pilotage imposé par
les normes prudentielles de gestion des banques exprimées par les règles de Bâle II et III.
 Dans ces cas, l’analyse financière individuelle, qui a conduit à mesurer le risque de défaut,
est synthétisée dans une approche globale.

e) La méthodologie d’analyse financière du crédit bancaire : 9

L’analyse crédit est menée selon une séquence originale. La société souhaitant
obtenir un prêt doit solliciter la banque et constituer un dossier de crédit dans lequel elle
révèle des informations sur sa situation actuelle, ses projets et remet ses projections
financières (plans de financement). Les dirigeants sont amenés à rencontrer les Chargés
de Clientèle et à leur révéler de façon informelle un ensemble de données qualitatives.
Les responsables bancaires traitent ce dossier en appliquant une procédure d’instruction
fondée sur une grille de dépouillement. La méthode de diagnostic est normative, elle
définit les ajustements de l’information ainsi que les ratios à calculer. Ces ratios sont
interprétés au regard de valeurs seuils fixées a priori par l’institution. En termes
organisationnels, ces valeurs permettent d’assurer une appréciation homogène des
dossiers, quel que soit le responsable qui en est chargé, et de définir une ligne unique
d’acceptation des crédits. Souvent, ces grilles de dépouillement aboutissent à attribuer
une note à la société (note rapportée à un total maximum de points – méthode des points
de risque – ou classe de risque)10.

Pour les sociétés déjà clientes de la banque, des éléments sur l’historique de la
relation sont intégrés (track record). L’application des principes prudentiels définis par
les accords de Bâle II et III a fait évoluer ces techniques, en définissant des systèmes de
réelle notation interne. Les données issues de la grille de dépouillement font l’objet d’un
traitement automatisé par un modèle de crédit approuvé par les autorités réglementaires,
il attribue une note qui s’interprète en termes de probabilité de faillite.
Les outils d’analyse du risque de crédit et de solvabilité sont, naturellement,
centrés sur l’examen de l’endettement et la capacité de l’entreprise à effectuer le service
de la dette. Les modèles d’analyse du risque en banque commerciale amènent à
privilégier, dans une approche normative, aussi bien historique que prospective
(prévisions remises), quatre types de mesures :
 l’importance de l’endettement par rapport au total du bilan et des fonds propres,
 l’existence d’un équilibre financier (apprécié par le Fonds de Roulement) et le
degré de couverture du BFR,
 le poids des frais financiers sur l’exploitation (rapportés à la marge, à
l’activité ou au cash-flow),
45
 la capacité de remboursement du capital emprunté par les flux de trésorerie
prévisionnels.

__________________________
9 Philippe Thomas, « Analyse Financière » Approche internationale –CFA », RB Edition 2011 pages : 194-195.

1-2 Le scoring :
a- La notion financiére :

La notation financière est née à la fin du XIXe siècle pour informer les investisseurs
sur la capacité de remboursement des entreprises, en particulier, dans le cadre du
développement du chemin de fer aux Etats-Unis (Osterlinck, 2013). Cette pratique s’est
généralisée avec le développement du marché obligataire et les émissions de dette
souveraine afin de rassurer les investisseurs en limitant les asymétries d’information entre
les parties prenantes (Collard, 2012). La notation est ainsi devenue incontournable sur le
marché de la dette
10NB : La démarche est voisine de celle des agences de rating.

Cette pratique dépasse dorénavant le cadre des émissions obligataires et concerne


toutes les entreprises du fait d’avoir généralisé la notation dans les établissements de
crédit à la suite des réformes prudentielles dites de Bâle.
La notation financière (le rating) évalue le risque de défaut des émetteurs de dette
(obligations ou titres de créances négociables). Elle est supposée refléter la qualité de la
signature de l’emprunteur. Elle est généralement réalisée à la demande de l’émetteur ; on
parle de notation sollicitée. Elle peut aussi se faire sans le concours de l’émetteur lorsque
l’agence dispose informations publiques suffisantes ; il s’agit alors d’une notation non
sollicitée.
b) Les agences de notions financiéres :

Il s’agit des institutions indépendantes qui attribuent leurs notations selon des
procédures spécifiques. Trois agences principales concentrent 90 % du marché de la
notation mondiale :
- Standard and Poor’s,
- Moody’s,
- Fitch Ratings. 46
L’agence de rating est un prestataire sollicité et payé par l’émetteur, elle n’est pas
obligatoire, pourtant elle facilite le placement des émissions. En fournissant au marché
une opinion indépendante sur le risque de défaut, Elle permet aux investisseurs en
produits de dettes de s’assurer que les spreads offerts rémunèrent le risque de défaut. Plus
globalement, la notation renseigne l’environnement sur le risque et joue un rôle dans la
communication financière de la société. Les agences de rating évaluent la qualité de
crédit globale d’un émetteur ou particulière de l’une de ses émissions. Elles réalisent une
notation externe,
Environ 10 000 sociétés sont notées dans le monde, elles recourent parfois à
plusieurs agences, alors que d’autres émetteurs ne font pas appel à leurs services. Les
ratings peuvent diverger d’une agence à l’autre, selon leur appréciation et leurs
méthodologies. Pour attribuer la note, l’agence intervient dans la société et se fait
remettre toutes les informations nécessaires ; elle agit donc comme un insider. De la
sorte, la note est fondée sur des informations non disponibles a priori, ce qui contribue à
réduire les asymétries d’information. Au terme d’une phase d’analyse et d’échanges avec
la société, la note est attribuée est n’est révélée qu’avec l’accord de l’émetteur. L’agence
en assure le suivi.
L’activité des agences fait l’objet de critiques (académiques, pratiques et
politiques) qui ont peu générer une forme de méfiance, voire défiance, probablement
excessive, quant à leur activité. Elles constituent cependant un rouage essentiel du
marché de la dette.11
Généralement l’activité des agences de notations, se base sur des études
techniques relevant de l’analyse financière traditionnelle (examen des structures de
financement, des flux de fonds prévisionnels, de l’ensemble des engagements de
l’émetteur pour apprécier sa capacité à rembourser sa dette à court et moyen terme). Les
agences réalisent aussi des analyses stratégiques pour mesurer la position concurrentielle
de la société et ses perspectives de développement. Les agences de notation prennent en
compte non seulement l’historique de l’entreprise mais également ses perspectives de
développement. Les analystes des agences établissent des prévisions en choisissant eux-
mêmes des hypothèses d’évolution, par exemple une évolution du chiffre d’affaires. Elles
émettent ainsi des avis sur l’évolution de la santé de l’entreprise à court terme (les
watchlist) qui peuvent finalement conduire à des mises sous surveillance pour les
émetteurs de dette dont la note est susceptibles de se dégrader à court terme. Elles
émettent aussi des avis à long terme (les outlooks) qui correspondent aux perspectives à
deux ans. Il existe plusieurs notes : la note qui s’applique à l’emprunt lui-même note à
court terme pour une dette à moins d’un an et note à long terme pour une dette à plus
d’un an) et la note dite de référence, qui évalue le risque de contrepartie de l’emprunteur.
Les notes sont en général matérialisées par un code reposant sur des lettres.

Par exemple : chez Standards and Poor’s il existe 9 niveaux différents (de AAA à BBB)
pour les « Investement Grade » et de BB à D pour les « Sub-Investement Grade »12

47
11 Philippe Thomas, « Analyse Financière » Approche internationale –CFA », RB Edition 2011 pages :
183-184

12 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages :
61-62- 63

c) Le scoring et la data mining :


Le Scoring est une technique statistique qui permet de classer les individus dans une
classe de risque, définies a priori (Bardos, 2008). Cette technique, déjà ancienne, s’inscrit
dorénavant dans ce que l’on appelle le Data Mining (Tufféry, 2007).
Le Score est utilisé pour donner à un individu une probabilité d’appartenance à
une classe donnée. La méthode du Score consiste à identifier les ratios les plus
discriminants pour former la classe ainsi ciblée. Cette technique repose sur l’analyse
discriminante, encore appelée analyse factorielle discriminante (Bardos, 2001). Elle a été
utilisée dans de nombreux domaines, en médecine par exemple pour détecter les
populations à haut risque mais aussi en économie pour repérer les entreprises présentant
un fort risque de défaillance En matière de risque de crédit, l’objectif du Score est de
déterminer la probabilité d’appartenance d’un emprunteur à une classe de risque
particulière, par exemple celle des individus ayant fait défaut. Dans ce but, on étudie ex
post (une fois l’évènement réalisé ou au contraire non réalisé) deux groupes d’individus ;
dans l’exemple du risque de crédit, on distingue le groupe des entreprises ayant
remboursé leur crédit et le groupe des entreprises en défaut. On détermine, à partir des
données financières disponibles, les variables qui discriminent
Selon « Beaver, (1966) ; Altman, (1968) », Le Score est utilisé pour donner à un
individu une probabilité d’appartenance à une classe donnée. La méthode du Score
48
consiste à identifier les ratios les plus discriminants pour former la classe ainsi ciblée.
Cette technique repose sur l’analyse discriminante, encore appelée analyse factorielle
discriminante (Bardos, 2001). Elle a été utilisée dans de nombreux domaines, en
médecine
par exemple pour détecter les populations à haut risque mais aussi en économie pour
repérer les entreprises présentant un fort risque de défaillance.

En matière de risque de crédit, l’objectif du Score est de déterminer la probabilité


d’appartenance d’un emprunteur à une classe de risque particulière, par exemple celle des
individus ayant fait défaut. Dans ce but, on étudie ex post (une fois l’évènement réalisé
ou au contraire non réalisé) deux groupes d’individus ; dans l’exemple du risque de
crédit, on distingue le groupe des entreprises ayant remboursé leurcrédit et le groupe des
entreprises en défaut. On détermine, à partir des données financières disponibles, les
variables qui discriminent au mieux ces deux catégories d’individus (Bardos, 2001,
2008).

La combinaison des variables discriminantes permet la construction de la fonction


Score. Les variables dont la contribution est négative traduisent les points faibles de
l’entreprise, d’autant plus marqués que les valeurs correspondantes sont fortement
négatives. À l’inverse, les variables à contribution positive identifiant les points forts,
d’autant plus significatifs que ces valeurs sont élevés.
par exemple pour détecter les populations à haut risque mais aussi en économie pour
repérer les entreprises présentant un fort risque de défaillance.

En matière de risque de crédit, l’objectif du Score est de déterminer la probabilité


d’appartenance d’un emprunteur à une classe de risque particulière, par exemple celle des
individus ayant fait défaut. Dans ce but, on étudie ex post (une fois l’évènement réalisé
ou au contraire non réalisé) deux groupes d’individus ; dans l’exemple du risque de
crédit, on distingue le groupe des entreprises ayant remboursé leur crédit et le groupe des
entreprises en défaut. On détermine, à partir des données financières disponibles, les
variables qui discriminent au mieux ces deux catégories d’individus (Bardos, 2001,
2008).
La combinaison des variables discriminantes permet la construction de la fonction
Score. Les variables dont la contribution est négative traduisent les points faibles de
l’entreprise, d’autant plus marqués que les valeurs correspondantes sont fortement
négatives. À l’inverse, les variables à contribution positive identifiant les points forts,
d’autant plus significatifs que ces valeurs sont élevés.
Z = a1 R1 + a2 R2 +…+an Rn

Figure 8 - La fonction Score à généralement la forme suivante

Avec : 49
-R1 et R2 et… Rn : les ratios financières sélectionnés comme étant les plus discriminants.
-a1 et a2 …. an : les coefficients de pondérations appliqués à chaque ratio.
-n : le nombre des ratios retenus.
Il a été montré statistiquement qu’un faible nombre de variables s’avérait plus
discriminant que la totalité des variables testées. Le Score est par ailleurs construit de
telle sorte que plus sa valeur est élevée, meilleure est la situation de l’entreprise et qu’à
l’inverse plus cette valeur diminue, plus l’entreprise est risquée. A la fonction Z est (sont)
finalement associée(s) une (ou plusieurs) valeur(s) pivot(s) qui permet (tent) de
caractériser la situation d’une entreprise donnée.14
15
1.3 les principaux modèles de score en finance
a- Le score d’Altman Edward :
Edward Altman (1968) a développé un modèle de prévision de la défaillance des
entreprises en appliquant la méthode de l’analyse discriminante sur un échantillon
d’entreprises cotées de l’industrie manufacturière. Son échantillon comportait 66
entreprises dont la moitié avaient fait défaut.
Il permet d’établir une probabilité de défaillance à 2 ans en se basant sur 5 ratios
financiers pondérés par un multiplicateur qui varie en fonction de la typologie
d’entreprise. Une société de services sera évaluée différemment d’une société
industrielle.
L’addition du produit de ces ratios donne le Z score qui peut être interprété de 3
manières :
-Une zone indiquant une probabilité de défaillance faible ;
-Une zone très risquée ;
-Une zone grise qui contient des entreprises dont l’évaluation du risque de défaut est
contrastée.

13 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages 69-70-71
14 23 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages : 71-72

Le Z score a été confronté à la réalité du terrain à de nombreuses reprises. Les


derniers tests à grande échelle effectués à la fin des années 90 montraient une fiabilité de
94%, ce qui est très significatif.
Le Score (appelé Z) se présentait de la façon suivant :

Z = 0.12X1 + 0.14X2 + 0.033X3 + 0.006X4 + 0.999X5

Avec :
- X1 : Capital Circulant / Total des Actifs ;
- X2 : Profits / Total des actifs ;
- X3 : profits avant frais financiers et impôts / Total des Actifs ;
- X4 : Capitalisation Boursière / Valeur Comptable des Passifs ;
- X5 : Ventes / Total des Actif 50
Tableau 5- l’interprétation du score d’Altman

Altman a montré également la relation entre son Z-score et la cote des obligations
standard des agences de notation Le tableau Montre la notation des titres équivalente au
Z-Score d’Altman basé sur les données de Standard & Poor's (S&P).

Tableau 6- Average Z-scores by S&P bond rating, 1995-1999.

b-Le Score de Conan et Holder :

Joël Conan et Michel Holder ont également élaboré en 1979 un modèle de Score pour
évaluer le risque de banqueroute des entreprises en France (Conan, Holder, 1979). Ce
Score a été spécifié sur un échantillon de 190 PME de 10 à 500 salariés. La défaillance
de l’entreprise apparaissait dépendre essentiellement de 5 variables (sur la trentaine de
variables utilisées) et le Score se présentait de la façon suivante :

Z = 0.24X1 + 0.22X2 + 0.16X3 - 0.87X4

Selon Conan et Holder, Ce modèle intègre dix niveaux de valeur pivot. Lorsque la
fonction score donne un résultat inférieur à 0,16, le risque de défaillance est supérieur à
10 %,l’opposé, lorsque la valeur du Score est inférieure à -0,05, la probabilité de
défaillance est supérieure à 90%.16

51
b- Le score sectoriel AFDCC :
Le Score AFDCC a été créé par « l’Association Française Des Crédit managers et
Conseils » Sa version 3 (AFDCC3) a été spécifiée en 2009 sur un échantillon
représentatif de 357 411 entreprises ayant réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 300
000 euros, dont les comptes étaient disponibles pour les exercices 2005 et 2006 (AFDCC,
2015). Parmi les sociétés de l’échantillon, 3 956 étaient en procédure judiciaire en 2008.
Le Score AFDCC est un Score sectoriel qui porte sur six secteurs : l’industrie, le
commerce de détail, le commerce de gros, la construction, le transport et les services. En
2015, cette fonction a été révisée. Les ratios qui entrent dans la fonction Score sont les
suivants avec, entre parenthèses, leur poids dans le Score : la rentabilité opérationnelle
(0,20), l’impact financier (0,1), le fonds de roulement (0,15), la trésorerie nette (0,20) la
capacité de financement (0,20) et le poids des dettes fiscales et sociales (0,15).17

Les limites de la méthode du scroing :

Avec le recul et l'expérimentation, les limites des fonctions score sont elles aussi
assez claires.
La première est d'ordre statistique. La distribution des défaillances est
généralement supposée suivre une loi normale, ce qui est fort contestable. Par ailleurs les
entreprises saines sont généralement mieux caractérisées que les entreprises en
difficultés. Il est de plus difficile de dire si une entreprise risquée ne finit pas par être
défaillante en raison de l'aversion qu'elle inspire, ce qui ne manquerait pas de faire
ressembler le score à une prophétie auto-réalisatrice.
Utiliser le Score, en tant qu’outils de mesure et de quantification, ne doit pas se
substituer à l’analyse détaillée du dossier. Les Scores sont généralement établis à partir
des données quantitatives issues de la documentation financière des entreprises. Ils ne
tiennent pas compte des renseignements qualitatifs sur l’entreprise ni des perspectives de
rentabilité d’un projet d’investissement. La fonction Score est par ailleurs établie sur des
données historiques plus ou moins récentes.

16 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages : 70

17 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages : 71

52
Elle doit faire l’objet de mise à jour régulière (Bardos, 2005). Enfin, le Score est
parfois pris en défaut : une entreprise en situation de défaut a pu être classée dans le
groupe des entreprises présentant un faible risque de défaut et inversement. En effet, le
Score n’est pas en mesure de fournir une prévision infaillible sur le défaut de l’entreprise
mais seulement une probabilité d’appartenance au groupe ayant enregistré un défaut.
La méthode des Scores est donc synthétique, simple et rapide. Son développement
peut entraîner cependant un effet pervers déterministe. La connaissance a priori d’un
risque de défaut (ce qui est l’objectif de la méthode des Scores) peut entraîner chez les
partenaires de l’entreprise des comportements accélérant le processus de dégradation
(refus de crédit par les fournisseurs, réduction des encours par les banquiers…).
Une approche plus qualitative est propice à l’approfondissement de l’analyse ou à
la détection d’autres facteurs de risques. Pour intervenir dans la construction d’un outil
statistique, elle nécessiterait de recourir à des enquêtes coûteuses et difficiles à mener à
grande échelle. Elle conduirait à des variables codées où la subjectivité de l’enquêteur
peut intervenir. C’est pourquoi, dans la construction des Scores, la Banque de France a
privilégié la seule approche comptable, quantifiable et largement applicable, malgré les
limites qu’elle présente. L’intérêt essentiel des fonctions Scores est de réduire le coût de
traitement d’un dossier de crédit mais les banquiers utilisent peu cette technique
d’analyse sur les entreprises par méfiance ou méconnaissance de cette technique. 18

c- Les nouveaux outils de la gestion du risque de crédit


Depuis la crise des « subprimes », qui a été avant tout une crise sur le marché du
crédit immobilier, la gestion du risque crédit est devenue un sujet de préoccupations,
pour les économistes, les banques et les autorités. Plusieurs livres ont traité de ce sujet
(par exemple, en France Servigny (de) et Zelenko, 2010 ou plus récemment Kharoubi et
Thomas, 2016). Des Massive Open On line Courses (MOOC) ont également été produits
sur ce thème. Ainsi, par exemple, sur la plateforme France Université Numérique (FUN),
deux MOOCs ont été ouverts : l’un spécifiquement sur le risque de crédit et l’autre sur la
gestion des risques financiers. Dans cette section, nous étudions la gestion du risque de
crédit dans le cas spécifique des banques et sur le cas particulier des crédits aux
entreprises. Nous montrons que cette gestion peut s’organiser soit en interne via
l’utilisation d’outils de modélisation soit en externe grâce au développement de la
technique de la titrisation.
 Les outils internes :
- La modélisation du risque de crédit :
Il y a quelques années, la modélisation du risque de crédit semblait être
divisée en plusieurs camps adverses. KMV tout d’abord, mit au point son
portfolio manager en 1993, JP Morgan lança Credit Metrics en 1997,
ensuite le Crédit Suisse suivit avec Credit Risk+, puis ce fut Mac Kinsey
Corporation, qui réalisa le Credit Portfolio View. Ces modèles de risque
de crédit ont tous le même objectif, c’est notamment la mesure du risque
de crédit d’un portefeuille d’actifs.
53 pour modéliser le risque de défaut
Il existe principalement deux méthodes
sur un crédit : l’approche structurelle qui cherche à identifier les causes du
défaut et l’approche en intensité qui se focalise uniquement sur la
survenance du défaut en négligeant ce qui a pu causer cet événement.

- L’approche structurelle du risque de crédit :


Le modèle de « Merton (1974) » considère que l’entreprise est en défaut,
à la maturité de la dette28, si la valeur de ses actifs à cette date est
inférieure au montant nominal de la dette. Merton (1974) montre alors que
le profil des rendements des créanciers (et aussi des actionnaires)
s’apparente au profil des options dont on sait calculer la valeur à partir de
la formule de Black et Sholes (1973).Vasicek et Kealhofer ont repris
l’approche de Black-Scholes-Merton pour construire un modèle de
probabilité de défaut : le modèle VK ou modèle de Vasicek-Kealhofer (On
le trouve aussi sous le nom de modèle KMV pour Kealhofer, Merton et
Vasicek) Leur modèle détermine la probabilité de défaut d’une entreprise
en considérant le capital comme une option perpétuelle avec l’occurrence
du défaut agissant comme une barrière absorbante sur la valeur des actifs
de la firme (Crosbie, Bohn, 2002). La probabilité de défaut de l’entreprise
est calculée en mesurant la distance au défaut. La société Moody’s a
implémenté ce modèle pour mesurer la probabilité de défaut d’une
entreprise cotée il s’agit du modèle Moody’s KMV. Moody’s a également
développé le modèle Riskcalc pour les entreprises non cotées.

- Modèle CréditMetrics :

Une autre approche, appelée « CreditMetrics », a été proposée par la


Banque J.P. Morgan (1997). Elle consiste à évaluer le risque d’un
portefeuille de crédits en considérant, à la
fois, le risque de défaut de la contrepartie et la dégradation de la qualité des
dettes. Cette approche permet de consolider le risque de crédit au niveau de
l’établissement et de fournir une mesure de la CreditVar qui correspond à
la perte potentielle maximale sur un portefeuille de crédits détenu pendant
une période et pour un intervalle de confiance donnés (J.P. Morgan, 1997).
Les modèles VK et Creditmetrics sont des modèles dits structurels car ils
prennent en compte la cause de la survenance du défaut.

______________________________________________
19 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages : 76-77

54
28 Soit D le montant de la dette contractée par une entreprise. Si, à maturité, la valeur des actifs est supérieure à la
valeur de la dette, lorsque l’entreprise liquide ses actifs, elle peut rembourser le montant D aux créanciers et
distribuer le solde aux actionnaires. Si, à maturité, la valeur des actifs est inférieure à la valeur de la dette, la dette ne
peut pas être intégralement remboursée et les actionnaires ne reçoivent rien. Le profil du revenu des actionnaires
correspond à celui d’un acheteur d’option d’achat (call) sur la valeur des actifs de l’entreprise avec un prix
d’exercice égal au nominal de la dette. Le profil des créanciers s’apparente à la vente d’une option de vente (put)
avec un prix d’exercice égal au nominal de la dette.

- L’approche d’intensité du risque de crédit : le modèle de CreditRisk+

Il a été créé par le « Credit Suisse First Boston » en 1997. Ce modèle


considère la probabilité de défaut de l’emprunteur sans tenir compte des
causes du défaut et sans prendre en compte la détérioration de la qualité de
la contrepartie. CreditRisk ne tient compte en effet que de deux états, le
défaut ou le non défaut. Plus précisément, cette approche propose une
modélisation de la date de défaut en supposant que l’événement défaillance
suit une loi de Poisson Elle utilise les techniques du calcul actuariel pour
générer la distribution des pertes du portefeuille de crédits. Elle ne tient pas
compte de la variation de la valeur du portefeuille provoquée par des
changements de rating mais donne, en revanche, une mesure du capital
économique qui doit être couvert par les provisions pour prendre en charge
les pertes dues au défaut20.

Commentaire :
Les modèles de « VK » (Vasicek-Kealhofer) et « CreditMetrics » sont des
modèles dits structurels car ils prennent en compte la cause de la
survenance du défaut, Cependant les modèles d’intensité tel que le «
CreditRisk+ », étudient le défaut de la contrepartie sans faire des
hypothèses sur la cause de cet événement.Les modèles de performance
ajustée par le risque :21

Les modèles de performance ajustée par les risques (appelés Risk Adjusted
Performance Measurement ou RAPM) ont été introduits par les banques
pour quantifier le risque de crédit (Dietsch et Petey, 2008 ; Maque et
Godowski, 2009). L’établissement Bankers Trust a été le premier à
développer ce type de modèle (Jameson, 2001). En France, leur
implémentation a été plus tardive en raison des particularités du secteur
bancaire français (rôle de l’Etat jusqu’aux années quatre-vingt-dix et poids
du secteur mutualiste) (Roncalli, 2004). Les pionniers ont été Paribas et le
Crédit Lyonnais qui ont implémenté ce modèle dès le milieu des années
quatre-vingt-dix. Ils ont été suivis par la Société Générale en 1997 et BNP
55
Paribas en 2000. Actuellement plus de la moitié des établissements de
crédit utilisent ce type de modèle.

20 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages : 77-78

21 Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages 78-79

Ces modèles répondent aux limites des approches basées sur des
mesures de la performance, de type ROE, qui n’intègrent pas d’ajustement par
rapport au risque.
Le ROE (ou Return on Equity) est en effet une mesure de la rentabilité qui
rapporte, dans le cas des établissements de crédit, les revenus nets dégagés au
capital réglementaire. Cette mesure de la performance n’est ni ajustée du
risque au numérateur, qui prend en compte les revenus et les coûts effectifs
mais pas le coût du risque attendu, ni au dénominateur, qui ne prend pas en
compte la diversification d’un portefeuille de crédit et qui conduit à sous-
évaluer certains risques liés en particulier aux expositions sur des risques
souverains (Brunel, 2017).
L’objectif des modèles RAROC est de mesurer le risque d’un portefeuille de
crédits ainsi que le montant des fonds propres nécessaires pour limiter
l’exposition aux risques des banques. Le RAROC est en effet un indicateur
synthétique qui rapporte la rentabilité d’une opération de crédit avec son
risque. Ce modèle confronte donc le niveau des marges avec celui des risques
encourus. Plus précisément, le RAROC peut être défini comme le taux de
rendement du capital économique. Il est égal au rapport de la marge nette
espérée après déduction des pertes moyennes anticipées sur les fonds propres
nécessaires pour couvrir les pertes inattendues.22

RAROC32 = (Revenus nets – Pertes moyennes)/ Capital économique.


Le capital économique est le montant en fonds propres que l’établissement
estime nécessaire pour couvrir ses risques. La perte moyenne faisant l’objet
d’un provisionnement dès la mise en place du crédit sur la base du taux de
défaut moyen des contreparties, le capital économique correspond au capital
nécessaire pour faire face à une perte non prévue mais possible. Il se définit
56
donc comme l’écart entre la perte maximale et la perte moyenne que l’on peut
calculer sur le crédit ou le portefeuille de crédits. Le capital économique a pu
différer grandement du capital réglementaire jusqu’au passage à Bâle 3 qui a
amené ces deux notions à converger.

La mise en place des approches de type RAPM 23 permet ainsi la mise en place
d’une politique d’allocation en capital directement liée aux risques encourus.
L’approche RAROC permet aussi une prise de décision sur la base d’un modèle qui
intègre non seulement la rentabilité attendue mais également le risque. L’utilisation
d’un indicateur synthétique autorise par ailleurs la réalisation de comparaisons entre
des activités aux risques très différents. Ce type d’outils permet finalement de guider
la politique de tarification des établissements de crédit. Son numérateur (Revenus
nets - Pertes moyennes) est défini de façon à souligner la qualité de la politique
commerciale de

l’établissement et de détecter les éventuelles opérations non rentables,


celles sur lesquelles on ne marge pas suffisamment.

22 RAROC : (Risk-Adjusted Return On Capital), consiste à mesurer la rentabilité qui tient compte du risque de
défaut de l'emprunteur.

23 RAPM : (Risk-Adjusted Performance Measure) le ratio du résultat obtenu (ou espéré) sur une position sur les
capitaux qu'il faut mettre en réserve pour couvrir la plus grande majorité des pertes possibles (perte maximale)

 Les outils externes :


Le durcissement de la réglementation prudentielle, associé au développement des
marchés de capitaux, a conduit les banques à avoir recours à des procédés de gestion
du risque crédit plus sophistiqués qui permettent en particulier à la banque de
l’externaliser. C’est l’objectif de la titrisation, tristement célèbre depuis la crise des
subprimes quand cette technique a permis de transférer, très efficacement, le risque
de crédit immobilier à l’ensemble du marché financier. Cette technique, si elle est
bien utilisée, c’est-à-dire construite sur la base d’un portefeuille d’actifs normalement
sains, peut pourtant apporter une solution au financement bancaire des entreprises,
dans un contexte d’exigence renforcée de solvabilité et de liquidité bancaire.
 Les techniques de la titrisation :
La titrisation est une « technique financière qui consiste pour
l’initiateur à transformer un prêt qu’il a accordé ou une créance détenue
sur un tiers en titres de marché placés auprès d’investisseurs pour se
procurer de la trésorerie et/ou gérer la composition de son actif (en
transférant du risque et/ou en allégeant son bilan). » (ACPR, 2014, p.6) Il
est à noter que le prêt peut avoir été accordé aussi bien par une banque que
par une entreprise non financière. La loi du 2 juillet 1998 autorise en effet
les entreprises à pratiquer des opérations de titrisation.
Il existe deux types de titrisation, la titrisation simple et la titrisation
complexe.
 La titrisation simple :
57
Dans le cadre d’une titrisation simple, les créances, après avoir été
sélectionnées en fonction de la qualité de leurs garanties, sont cédées à une
entité autonome (un véhicule ad hoc) existante ou spécifiquement créée à
cet effet. Selon les définitions données par l’AMF, cette entité est un
organisme de titrisation (OT), c’est-à-dire un fonds d’investissement ayant
pour objet l’acquisition des créances et l’émission de titres représentatifs
de ces créances. L’OT peut prendre la forme d’un fonds commun de
titrisation (FCT) ou d’une société de titrisation (ST). Il est géré par une
société de gestion agréée par l’AMF.
Dans le cadre d’une titrisation simple, il y a transfert de la propriété
des créances au véhicule de titrisation. L’OT achète les titres, en général à
un prix inférieur au nominal. Cette différence entre le prix de cession et le
nominal constitue une garantie pour couvrir les éventuelles pertes sur les
actifs cédés (situation de « réhaussement de crédit »). L’OT se finance sur
les marchés et/ou auprès d’investisseurs de référence en émettant des
tranches d’actifs de différentes qualités. On distingue en effet des tranches
junior et senior, ces dernières n’étant touchées en cas de défaut qu’une fois
les tranches de qualités inférieures liquidées. Les titres émis peuvent être
des Mortgage Backed Securities (MBS), lorsque les actifs cédés sont des
crédits immobiliers, des Collateralized Bonds Obligation(CBO), lorsque
les actifs sont des obligations, des Collateralized Loan Obligations (CLO),
dans le cas des cessions de prêts aux sociétés non financières et des Asset-
Backed Securities pour les autres actifs (en particulier les prêts
automobiles, les prêts à la consommation, les crédits sur les cartes
bancaires à débit différé, …).
En règle générale, le client dont le crédit est cédé n’est pas informé
de cette cession. L’originateur du crédit est le plus souvent l’établissement
qui continue de collecter le paiement des intérêts et le remboursement du
capital en échange du versement d’une commission par l’OT.
Au final, la titrisation simple permet à la banque d’obtenir de la
liquidité. Elle modifie le bilan de la banque, grâce à la sortie des actifs
titrisés et à l’entrée de la trésorerie. Si la banque cède un actif au risque
non nul (c’est-à-dire un actif qui n’est pas représentatif d’une dette
souveraine sur un Etat très bien noté), l’opération conduit
automatiquement à l’amélioration de son ratio de solvabilité en raison de
la réduction des risques pondérés à son dénominateur (toute chose étant
égale par ailleurs). La banque fait alors des économies de fonds propres.
L’usage de cette technique permet aussi l’amélioration des ratios de
liquidité compte tenu des flux de trésorerie entrants.24

 La titrisation complexe « l’importance des dérivés de crédit» :


Si le cédant décide de conserver la propriété de ses actifs et ne transférer
que le risque de crédit attaché à son portefeuille d’actifs, il va s’engager
58
dans une opération de titrisation synthétique. Son coût est généralement
plus faible. Le cédant ne paie qu’une prime de risque à l’organisme de
titrisation qui, de son côté, n’aura à verser un flux de liquidité au cédant
qu’en cas de non remboursement de la créance.
Cette technique n’améliore donc pas la liquidité de l’établissement
de crédit. Elle permet cependant d’améliorer son ratio de solvabilité
puisque le risque porté par les créances ainsi titrisées a été transféré.
Techniquement, la cession aux investisseurs du risque associé à un
portefeuille de créances se fait par la conclusion de contrats portant sur
des dérivés de crédit. Ces titres sont des options, c’est-à-dire des actifs
financiers qui offrent la possibilité (mais pas l’obligation) à leur détenteur
d’acheter ou de vendre l’actif sous-jacent (le crédit), à une date et un prix
connus à l’avance, moyennant le versement d’une prime. Dans le cadre
d’une titrisation synthétique, les établissements de crédit achètent une
option de vente (un put) de créances. Ils ont ainsi la possibilité de céder
leurs créances si la valeur de ces dernières évolue défavorablement et cela
quelle qu’en soit la cause (évolution défavorable du marché ou
dégradation de la qualité de la signature du débiteur). La perte supportée
sur une créance ayant fait l’objet de ce type de contrat se limite finalement
au montant de la prime versée.25

34
Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages : 80-81
35
Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? » EMS Edition 2018 pages 81-82

Section 2 : outil de modélisation

2-1 Outil de modélisation :

Notre étude est faite au niveau du centre d’affaires BMCE Bank, en se


basant sur les états de synthèse (bilans et CPC) des clients professionnels à
savoir : les PME et les TPE.
Les données collectées seront traitée et analyser par le logiciel SPSS à
travers la méthode de la régression59
logistique « Logit ».
a- SPSS

SPSS (« Statistical Package for the Social Sciences ») est un logiciel


utilisé pour l’analyse statistique. La première version de SPSS a été mise
en vente en 1968 et fait partie des programmes les plus largement utilisés
pour l’analyse statistique en sciences sociales. Il est utilisé par des
chercheurs appartenant à diverses obédiences scientifiques (économie,
science de la santé, éducation nationale, etc.). En plus de l’analyse
statistique, la gestion des données (sélection de cas, reformatage de fichier,
création de données dérivées et la documentation des données sont deux
autres caractéristiques de ce logiciel.
De nombreuses caractéristiques de SPSS sont accessibles dans les menus
déroulants ou peuvent être programmées avec un langage en ligne de
commande.
Les fonctions statistiques incluses dans le logiciel de base SPSS sont :
- statistique descriptive : Gross tabulation, fréquences, etc ;
- statistique bivariée : moyennes, test T., ANOVA, corrélation (bi-variée,
partielle), tests non paramétriques ;
- Prédiction pour numérique outcomes : régression linéaire ;
- Prédiction pour groupes identifiant : analyse de facteurs, analyse de
groupe, analyse discriminante.

b- La régression logistique :

La régression logistique propose de tester un modèle de régression dont la


variable dépendante est dichotomique (codée 0-1) et dont les variables
indépendantes peuvent être continues ou catégorielles. La régression logistique
binomiale s’apparente beaucoup à la régression linéaire. Le poids de chaque
variable indépendante est représenté par un coefficient de régression et il est
possible de calculer la taille d’effet du modèle avec un indice semblable au
coefficient de détermination (R2). Toutefois, elle ne nécessite pas la présence
d’une relation linéaire entre les variables puisque la variable dépendante est
dichotomique.

Un modèle de régression logistique permet aussi de prédire la probabilité


qu’un événement arrive (valeur de 1) ou non (valeur de 0) à partir de
l’optimisation des coefficients de régression. Ce résultat varie toujours entre 0 et
1. Lorsque la valeur prédite est supérieure à 0,5, l’événement est susceptible de se
produire, alors que lorsque cette valeur est inférieure à 0,5, il ne l’est pas.

60
SECTION 3 : Analyse de risque de crédit par la régression logistique

3-1 Présentation de la base de données :

a) L’échantillon : Notre échantillon est constitué de 60 entreprises dont 11


des TPE et 49 des PME, le choix de ces derniers est fait d’une manière
aléatoire, chaque entreprise à un secteur d’activité différent.

Situation des impayés Effectif Pourcentage


0 Entreprise solvable 39 65%

1 Entrepri 21 35%
se
défaillan
te
Tot 60 100%
al
Tableau 6 : présentation de l’échantillon.

b) Proportion des secteurs :


- Commerce : 32.66% - Entretien et réparation : 3.33% - Industrie : 20.33%
- Textile : 12.67% - Transport : 12.84%
- Marché public : 4% - Pharmaceutique 6.17% - Architecture : 2.67%

c) Choix des ratios :


Devant l’insuffisance ou l’inexistence des informations d’ordre qualitatif (stratégique et/ou
organisationnel) dans les dossiers des sociétés retenues dans l’échantillon, nous n’avons retenu que
les informations comptables et financières sous forme des ratios Pour faire des rapprochements et
de porter des jugements sur les aspects essentiels de la vie des sociétés choisies

Codage Ratio équivalent Formule

X1 Rentabilité financière Résultat net / capitaux propres

X2 Rentabilité globale Cash flow/CA

X3 Endettement a court terme Actif circulant / passif circulant

61
X4 Capacité de Cash-flow/DLMT
remboursement
X5 Endettement bancaire Trésorerie passive en cours /CA

X6 Autonomie financière DMLT/capitaux propres

X7 Poix des charges Charge financière / CA


financières
X8 Taux de couverture de BFR BFR/FDR
par le FDR

Tableau 7- Tableau des ratios

Définition des ratios :


- Le ratio d’endettement : Le ratio d'endettement compare les dettes (court, moyen et long terme) au
total des actifs que possède l'entreprise, Ce ratio doit être le plus faible possible pour dire que
l'entreprise est peu endettée. Plus ce ratio est faible, plus il indique que votre entreprise possède une
capacité pour souscrire de nouveaux prêts et donc d’investir.26
- Le ratio de liquidité : La liquidité mesure la capacité d'une entreprise à régler ses dettes à court
terme arrivées à échéance. L'analyse de cette liquidité peut être effectuée à partir de ratios. On
distingue le ratio de liquidité générale, le ratio de liquidité restreinte et le ratio de liquidité
immédiate27
- Le ratio de solvabilité : Il correspond à la capacité d'une entreprise à rembourser ses dettes.
- Le ratio d’activité : Le ratio d’activité est le premier ratio que l’on peut calculer à partir d’un
compte de résultat présenté en liste. Il permet de mesurer l’évolution du chiffre d’affaires d’une
entreprise entre deux périodes et donc de mettre en évidence le développement de l’activité de
l’entreprise. Il est généralement exprimé en pourcentage28.

26
https://www.lesclesdelabanque.com
27
https://comptabilite.ooreka.fr/
28
https://www.compta-facile.com/ratios-financiers-compte-de-resultat/ Complémen

62
Section 2 : Modélisation de la prédiction de la défaillance

2-1 L’intérêt de la modélisation :

Un modèle est une représentation simplifiée de la réalité, dans laquelle le


phénomène auquel on s’intéresse est cerné par un ensemble restreint de variables
d’entrées et de sorties et de liens entre ces variables, il sert à générer des données,
lesquelles peuvent ensuite être comparées à des données collectées. Qu’il repose sur des
statistiques ou une simulation, un modèle peut être utilisé à des fins d’explication ou de
prédiction
La modélisation en général impose une formalisation poussée de la réalité sous-
jacente du modèle, elle permet également d’approcher les conditions de
l’expérimentation, c’est un outil de découverte. En effet Ici on a choisi la modélisation
pour expliquer le comportement « défaillance » des entreprises clientes. Vu qu’il s’agit
des variables quantitatives. Cependant Les données collectées seront traitée et analyser
par le logiciel SPSS 20 à travers la méthode de la régression logistique « Logit ».
Analyse et interprétation des résultats :
Le tableau 8 indique le classement des données pour connaitre le nombre total
d’observation du fait que nous avons 60 observations sélectionnées

Observations non pondéréesa N Pourcentage


Inclus dans l'analyse 60 100,0
Observations Observations
0 ,0
sélectionnées manquantes
Total 60 100,0
Observations exclues 0 ,0
Total 60 100,0
Tableau 9- Récapitulatif de traitement des observations

Le tableau 9 indique simplement que SPSS a conservé les mêmes valeurs que celles utilisées
pour coder les variables, soit 1 pour les entreprises défaillantes 0 pour les entreprises saines.

Valeur Valeur interne


d'origine
défaillante 1
Saine 0
63
Tableau 10- Codage de variables dépendantes

Ajustement du modèle :

Dans cette partie nous allons vérifier si le modèle est bien ajusté aux données.
Nous observons que la valeur de la déviance diminue de 77; 699(tableau 11) à 38:305(tableau
10) ce qui fait notre modèle final est le mieux ajusté.
Nous pouvons calculer 77,699 – 38,305, ce qui donne 39,389. Cette valeur est évaluée dans
une distribution khi-chi-deux et sa signification est présentée dans le tableau tests de spécification
du modèle.

Itération -2log- Coefficient


vraisemblanc s
e Constante
1 77,699 ,600
Etape 0 2 77,694 ,619
3 77,694 ,619
Tableau 11- Historique des itérationsa,b,c

R-deux de Cox et Snell et de Nagelkerke :

Ces deux tests mesurent la force de l’association (la taille d’effet) et fournissent un
indice de l’ajustement du modèle, ils représentent un indice estimé de la variance des
modèle. Le premier test n’atteint jamais le maximum théorique de 1 et varie en fonction
de la taille de l’échantillon, alors que celui Nagelkerke est une modification du premier
test pour obtenir une valeur théorique plus près de 1.
Selon R-deux de Cox et Snell : 48,1% des observations sont expliquées par le modèle.

.Selon Nagelkerke : 66,3% des observations sont expliqué par le modèle -

Etape -2log- R-deux de R-deux de


vraisemblanc Cox & Snell Nagelkerke
e
1 38,305a ,481 ,663
.
Tableau 12- Récapitulatif des modèles

Tableau 13: Variables de l’équation


B S.E. Wald ddl Sig. Exp(B)

Step 0 constant -,619 ,271 5,231 1 ,022 1,857


64
Source : Résultats de SPSS

Le tableau 7 montre les valeurs de la statistique Score pour chaque variable prédicatrice hors
de l’équation qui s’apparente aux valeurs de corrélation partielle dans la régression multiple.
Comme elles sont toutes significatives, elles contribueraient donc probablement toutes à
l’amélioration du modèle.

Tableau 14:Variables hors l’équation

Score ddl Sig.

X1 ,141 1 ,007

X2 2,959 1 ,005

X3 2,599 1 ,007

X4 ,120 1 ,009
Varibles
Step 0 X5 1,119 1 ,002

X6 5,406 1 ,000

X7 6,508 1 ,001

X8 ,504 1 ,008

Overall Statistics 17,863 8 ,002

Source : Résultats de SPSS


2.4. Évaluation de la signification du modèle de régression :
2.4.1. Test de validité :
En régression logistique et pour pouvoir expliquer efficacement le phénomène étudié, il faut
disposer d'un échantillon de grande taille. Dans le cas inverse, les résultats seront d'une portée
limitée, ce qui pourrait constituer une limite au modèle utilisé. Concrètement, la règle vaut que pour
chaque variable explicative, il faudra au minimum entre cinq à dix observations. Dans notre cas,
nous avons retenu cinq variables, soit un minimum d'observations totales compris entre [25 ; 50[. Et
comme nous avons effectué 60 observations, le nombre minimal requis pour la modélisation par la
régression logistique est atteint .

En effet, nous avons fait régresser la variable Y sur les autres variables suivant méthode
descendante. Celle-ci consiste à introduire, dans un premier temps, toutes les variables dans le
modèle. Ensuite, le logiciel SPSS retire en passant d'une étape à une autre les variables qui ne
contribuent pas à l'amélioration de la prédiction. Au final, le logiciel génère un dernier modèle
qui contient les variables les plus significatives et qui constituera la base de nos conclusions.

65
Dans le cas de SPSS, l'élimination d'une ou plusieurs variables se fait sur la base du rapport de
vraisemblance

66
67
B S.E. Wald d Sig. Exp(B) 95% C.I.for EXP(B)
f Lower Upper

-
X2 6,528 8,820 1 ,003 -,000 ,000 ,001
19,387

784,89
X5 1,785 2,490 ,514 1 ,474 -5,959 ,045
6

X6 -,239 ,180 1,768 1 ,184 -,787 ,554 1,120


Step 1a
18036
-
X7 31,742 ,997 1 ,318 -,000 ,000 258907643,9
31,689
90

X8 ,070 ,153 ,208 1 ,648 -1,073 ,794 1,449

Constant 2,727 ,800 11,617 1 ,001 -15,289

-
X2 6,508 9,525 1 ,002 -,000 ,000 ,001
20,086

167,65
X5 1,208 1,997 ,366 1 ,545 -3,347 ,067
4
Step 2a
X6 -,252 ,178 2,012 1 ,156 -,777 ,548 1,101
- 56599
X7 25,053 ,944 1 ,331 -,000 ,000
24,344 960122,158

Constant 2,820 ,791 12,707 1 ,000 -16,770

-
X2 6,452 10,052 1 ,002 -,000 ,000 ,000
20,455

X6 -,291 ,165 3,101 1 ,078 -,748 ,541 1,033


Step 3a
- 10514,
X7 11,100 1,267 1 ,260 -,000 ,000
12,496 648

Constant 2,924 ,750 15,203 1 ,000 -18,624

-
X2 6,734 10,084 1 ,001 -,164 ,000 ,000
21,384

Step 4a X6 -,272 ,159 2,931 1 ,007 -,052 ,558 1,040

Constan
2,524 ,626 16,275 1 ,000 -1,473
t

Tableau 15:Variables de l’équation

Le Tableau 15 est le plus important dans l'analyse puisqu'il indique le pouvoir explicatif de
chacune des variables indépendantes. Comme il s'agit de la méthode descendante, le logiciel intègre
toutes les variables et retire ensuite celles qui ne sont pas significatives jusqu'à aboutir à un modèle
final contribuant le mieux à expliquer la variable dépendante.

Source : Résultats de SPSS


68
 Formulation du modèle :

A partir du tableau ci-dessus 1.6 on conclure que les variables X1, X3, X4, X5, X7 et X8
peut être retirées à cause de la non significativité de leurs coefficients.

Alors la formule du modèle sera comme suit :

Z=1.563+1.64 X 1+0.052 X 2

Tout comme la statistique conditionnelle, ces variables ont un effet négatif sur la variable Y.
Exp(B) des paramètres suggère que, d’une part, l’augmentation du taux de couverture par les fonds
permanents (R6) d’une unité entraine une diminution la probabilité de défaillance de 1,64 fois, et,
d’autre part, l’accroissement de la rentabilité commerciale(R2) d’une unité réduit la probabilité de
défaillance de 0,052.
2.5. Les tests de validation du modèle :

 R-deux de Cox et Snell et de Nagelkerke :

En effet, le récapitulatif du modèle (model summary) donne une estimation globale de la


qualité de prédiction du modèle. Il s'agit en particulier de R2 de Cox et Snell (1989) et le R2
Nagelkerke (1991). Ces derniers remplacent le R2 de la régression linéaire. Plus la valeur se
rapproche de 1, plus la qualité de prédiction est bonne. Cependant, le R2 de Cox et Snell et c'est
pour cela le logiciel fourni un second indicateur (R2 Nagelkerk) qui est un ajustement du premier
puisque pour obtenir une valeur proche de 1.

Comme la méthode descendante est censée conserver à la fin le bon modèle, il paraît que le
modèle (étape 4) parvient à expliquer jusqu'à 87,8 % de la variance de la variable étudiée. Un tel
niveau de prédiction est jugé satisfaisant

Tableau 16: récapitulatif du modèle

Step -2 Log de R2 de Cox et Snell R2 de Nagelkerke


vraisemblance

1 41,938a ,449 ,618

2 42,213a ,546 ,715

3 42,625a ,643 ,810

4 45,062a ,719 ,878

69
 Le test de khi-deux : le test de khi-deux est utilisé pour tester l’hypothèse nulle
d’absence de relation entre les variables, on peut également dire que ce test vérifie l’indépendance
des variables

Les résultats dans le tableau 1.5 montre la vérification de l’hypothèse nulle, le degré de
signification est inférieur de 5%, ce qui fait les variables sont indépendants.
Tableau 17:Tests composites des coefficients du modèle

Khi-deux ddl Sig.

Step 3,124 3 ,373

Step 1 Block 3,124 3 ,373

Model 35,756 5 ,650

Step -,275 1 ,600


a
Step 2 Block 2,849 2 ,241
Model 35,481 4 ,560

Step -,413 1 ,521


a
Step 3 Block 2,437 1 ,119
Model 35,068 3 ,870

Step -2,437 1 ,119


Step 4a
Model 32,632 2 ,230

Source : Résultats de SPSS

 Test de Hosmer et Lemeshow :

Le test évalue la présence de différences significatives entre les valeurs observées et les
valeurs prédites pour chaque sujet. Nous cherchons évidemment à ce qu’il ne soit pas significatif.

Dans notre cas le test n’est pas significatif (le sig est supérieur de 5%), donc on accepte le
modèle.

Tableau 18: test de Hosmer et Lemeshow

Step Khi-deux ddl Sig.

1 29,314 8 ,780

2 30,043 8 ,950

3 29,839 8 430

4 20,315 8 ,349

5 13,300 8 ,562

70
6 13,085 8 ,109

9,656 8 ,290

 Classification des données :

Pour s’assurer que la fonction régression logistique classifie bien les entreprises en sous-
groupes, on analyse la matrice de confusion qui regroupe les entreprises bien classées et les mal
classées. C’est le moyen le plus utilisé est aussi le plus « parlant. La matrice de confusion de notre
fonction.

Le tableau 12 montre pour sa part que la prédiction en se basant sur la catégorie la plus
fréquente permet, 88,3% des observations sont classées correctement et on a 11,7% sont des erreurs
de modèle

Tableau 19:table de classification

Observed Predicted

DEFAUT Percentage
Correct
Défaillante Saine

défaillante 14 7 66,7
DEFAUT
Step 1 SAINE 1 38 97,4

Overall Percentage 86,7

défaillante 15 6 71,4
DEFAUT
Step 2 SAINE 1 38 97,4

Overall Percentage 88,3

Défaillante 15 6 71,4
DEFAUT
Step 3 SAINE 1 38 97,4

Overall Percentage 88,3

Défaillante 15 6 71,4
DEFAUT
Step 4 SAINE 1 38 97,4

Overall Percentage 88,3

Source : Résultats de SPSS

71
1. Calcul des probabilités de défauts :
Afin de calculer la probabilité de défaut on doit appliquer la formule suivante :
𝑚𝑜𝑑è𝑙𝑒
Probabilité de défaut = 𝑒

1+ 𝑒
𝑚𝑜𝑑è𝑙𝑒

PD= e1.563+1.64X1+0.052X2
1+𝑒1.563+1.64X1+0.052X2

Après application du modèle on a retenu les probabilités de défauts associé à chaque


entreprise.
Notre but c’est d’établir ces probabilités de défaut dans la mesure si elle dépasse 50%
l’entreprise est dite défaillante (1) par contre si elle a moins de 50% elle qualifiée de solvable (0)

CONCLUSION

Dans ce chapitre, nous avons cité quelques importances de l'évaluation du risque de


crédit. Ainsi les différents facteurs et les approches de risque balois, pour estimer la
probabilité de défaut d'une contrepartie. En nous avons présenté la partie théorique de
modèle modèles de construction de la probabilité de défaut : la régression logistique .
Nous avons aussi appliqué la régression logistique avec spss et analysant le résultat

72
Chapitre 3 : 
Analyse des données interprétation des
résultats.

73
Dans ce chapitre en vas voir l’analyse de résultat de défaut de crédit ainsi les limites quand a trouvé
au cours de la réalisation de stage a savoir le temps l , l’information .. et aussi des ouverture pour élargir
notre modèle.

SECTION 1 : Analyse des résultats

1-1 Perte en cas de défaut : « LGD »


La perte attendue est la somme des valeurs de toutes les pertes possibles, chacune multipliée par la
probabilité que cette perte se produise. Dans les prêts bancaires, la perte attendue sur un prêt varie dans
le temps pour un certain nombre de raisons.
Dans le scénario où le client de la banque n'est plus en mesure de rembourser sa dette, la banque ne
récupérera qu'une fraction du montant prêté. Premièrement, la banque doit connaître son exposition à
chaque prêt, mesurée par le montant d'Exposition Au Défaut (EAD), que l'on peut définir comme la
perte que peut subir la banque sur ce prêt au moment du défaut de son client. Suite au défaut, la banque
enclenche une procédure de recouvrement auprès de son client. La banque récupère une fraction R, le
taux de recouvrement, du montant du prêt. La modélisation de la perte sur un prêt passe donc par
l'estimation de la perte en cas de défaut (Loss Given Default LGD = 1 - R). Enfin, la modélisation du
risque de défaut est complète lorsqu'on dispose de la probabilité de défaut (Probability of Default ou
PD) ou, de façon plus précise, de la structure par terme des probabilités de défaut de l'emprunteur.
On a :
LGD = 1 – R
Avec R : 20% donc : LGD = 1 - 20% = 80%
12- L’exposition en cas de défaut : « EAD »
Prenons l’exemple des entreprises précédentes :
L’entreprise (1) dont le montant de crédit est de 400KDH, à une exposition en cas de défaut de :
400KDH*(1-0.20) = 320KDH
L’entreprise (10) dont le montant de crédit est de 200KDH, à une perte en cas de défaut de :
1000KDH*(1-0.20) =800KDH
13- Perte attendue : « EL »
EL = EAD * PD * LGD
Avec PD : la probabilité de defaut

Cas d’une entreprise saine :


Exemple l’entreprise (1) : EL = 3257.60 *5.09%*320KDH = 53059.78 DH
Cas d’une entreprise défaillante :
Exemple l’entreprise (13) : EL = 98624*61.64%*800KDH =

74
SECTION 2 : Les difficultés rencontrées dans la modélisation du risque
crédit

Comme dans toute œuvre humaine, des difficultés ont été rencontrées à plusieurs étapes de cette étude et
dont les plus importantes sont liées à :

- au choix du thème ;

- à la collecte des données ;

- à la rédaction du mémoire.

A- Choix du thème

Le mémoire est une réflexion sur un sujet précis et actuel. Il doit répondre à une difficulté que
rencontrent les praticiens dans leur entreprise.

Le thème doit être circonscrit dans le temps et dans l'espace, réalisable, pertinent et surtout présenter un
intérêt pour l'auteur et pour les praticiens.

C'est au regard de toutes ces complexités et aux réalités du terrain que le choix d'un thème ayant trait à
la formation reçue nous a été pénible.

C'est après plusieurs semaines de réflexion que ce thème a été finalement retenu après consultation et
approbation du Responsable de stage et du Directeur de mémoire.

B- Collecte des données

Les données statistiques relatives aux entreprises n'ont pas été accessibles pour tous les personnes ainsi
le centre d’affaire que j’ai effectue mon stage n’a pas beaucoup des clients alors n’a pas assez
d’information

C- Rédaction du mémoire

Il n'est pas sans savoir pour tout le monde que la disponibilité de temps matériel est nécessaire et
indispensable pour la conduite d'une étude.

En effet, le temps matériel a beaucoup manqué dans la conduite de cette étude. A savoir 3 mois .

SECTION 3 : Pistes de recherches futures

A partir des limites exposées ci-dessus, nous pouvons proposer quelques voies
de recherches futures, la plus importante consiste à introduire d’autres
variables qualitatives pour compléter cette présente recherche. Ces variables
doivent toucher la stratégie, la structure, le mode de gestion, etc. la deuxième
voie qu’on peut proposer est celle qui utilise une autre méthode statistique,
plus efficace qui étude a la fois coté qualitative et quantitative.

75
Conclusion

L'objectif de toute institution financière est d'accroître sa capacité financière et de

permettre ainsi sa pérennité par la rentabilité. Plus que toute autre entreprise, la banque est

confrontée quotidiennement à des prises de décisions risquées à long terme. La gestion des risques

et, plus précisément du risque de crédit est tellement importante qu'elle ne donne droit à aucune

faille. En effet, le risque de crédit est un facteur fondamental pour la survie de 1a banque.

Dans notre cas d'étude, au sein du centre d’affaires banque populaire, nous avons analysé

l'efficacité des dispositifs de contrôle interne mis en place pour la maîtrise du risque de crédit en

utilisant la fonction scoring, notre objectif était d’élaborer un modèle prédictif grâce à la

régression logistique binaire, permettant le calcul de score de chaque client afin de déterminer son

appétence au crédit de fonctionnement et d’investissement. Ce modèle nous a permis de ressortir

la probabilité de défaillance de chaque entreprise ainsi que la perte maximale que la banque peut

subir en cas de défaut.

Ce travail pourrait constituer un pilote à dupliquer pour d’autres catégories de clients.

76
77
Sommaire

Liste des abréviations..................................................................................................................................4


Remerciements...........................................................................................................................................7
Dédicace......................................................................................................................................................8
Abstract.......................................................................................................................................................9
Résumé......................................................................................................................................................10
Introduction...............................................................................................................................................11
Chapitre 1 :Exploration theéorique et empirique du risque de crédit ……………………...............................16
Section 1 : le risque de crédit des PME une revue littérature...................................................................17
1-1 Le concept de risque de crédit...........................................................................................................17
1-2 Le risque en finance...........................................................................................................................18
1-3 Risque de crédit de défaut ou risque de défaillance..........................................................................19
Section  2: le rôle des dispositions de Bale dans la gestion de risque.......................................................22
2-1 Les réglementations prudentielles de la BAM :.................................................................................22
2-2 Le cadre réglementaire actuel :.........................................................................................................24
2-3 Les accords de Bâle :..........................................................................................................................25
Section  3: La politique de gestion du risque crédit au sein de la Banque Populaire ..............................26
3-1 .Présentation du groupe banque populaire.......................................................................................27
 La consolidation des positions acquises..........................................................................................28
 La banque citoyenne........................................................................................................................28
 L’amélioration des performances...................................................................................................29
3-2 Organisation du crédit populaire du Maroc :.....................................................................................29
3-3 Présentation du Centre d’affaires :....................................................................................................30
a) notation des PME…………………………………………………………………………………………………………………………..33

1. Conclusion.........................................................................................................................................37
Chapitre 2 :modélisation du risque de crédit par la réfression logistique……………………………….………….. 38
SECTION 1 : Méthodes d’évaluation du risque de crédit des PME...........................................................39
1-1 L’analyse Financiére :.........................................................................................................................39
b) L’analyse du crédit bancaire :8...........................................................................................................40
1-2 Le scoring :..........................................................................................................................................42
15
1-3 les principaux modèles de score en finance ..................................................................................45

1
Les limites de la méthode du scroing :.......................................................................................................47
d- Les nouveaux outils de la gestion du risque de crédit........................................................................48
 Les techniques de la titrisation :........................................................................................................51
 La titrisation complexe « l’importance des dérivés de crédit» :.........................................................53
Section 2 : outil de modélisation...............................................................................................................53
2-1 Outil de modélisation :........................................................................................................................53
a- SPSS...................................................................................................................................................53
b- La régression logistique :...................................................................................................................54
SECTION 3 : Analyse de risque de crédit par la régression logistique......................................................54
3-1 Présentation de la base de données :..................................................................................................54
b) Proportion des secteurs :...................................................................................................................55
c) Choix des ratios :................................................................................................................................55
Section 2 : Modélisation de la prédiction de la défaillance.......................................................................58
2-1 L’intérêt de la modélisation :...............................................................................................................58
Performance des résultats du modéle logit.........................................................................................61
1. Calcul des probabilités de défauts :...................................................................................................62
Chapitre 3 :Analyse des données et interpretation des résultas ………………………………………..………………..67
SECTION 1 : Analyse des résultats.............................................................................................................68
1-1 Perte en cas de défaut : « LGD ».........................................................................................................68
SECTION 2 : Les difficultés rencontrées dans la modélisation du risque crédit........................................69
SECTION 3 : pistes de recherche futures ……………………………………………………………………………………………..69

Conclusion.................................................................................................................................................70

2
Les ouvrages :

1- Emile Muadimanga, « Risque bancaire et dispositifs prudentiels de


gestion en RDC », l’Harmattan édition 2016.
2- Dan Chelly et Stéphane Sébéloué, Les métiers du risque et du
contrôle dans la banque, Mars 2014.
3- Jonas Siliadin, « Comprendre la banque et son environnement en
zone euro », RB édition 2016.
4- Cécile Kharoubi, Philips Thomas, « Analyse du risque de crédit : Banque et
Marché
« Ed 2 2016.
5- Quémard Jean-Luc, « Dérivés de crédit » RB édition 2003.
6- Cieply Sylvie, « Quel avenir pour la relation banque-entreprise ? »
EMS Edition 2018 7- Philippe Thomas, « Analyse Financière » Approche
internationale –CFA », RB
Edition 2011.

Les articles :
1- Journal le Matin, le 03 Mars 2018. Publié par Oudoud Lahcen.

Les sites web :


1- http://www.scholarvox.com/
2- www.bkam.ma
3- https://halshs.archives-ouvertes.fr
4- https://www.doc-etudiant.fr/Gestion/Finance/Rapport-
Les-risques-de-credit- bancaire-7934.html
5 www.pixisbmce-sy.eurafric-information.com