Vous êtes sur la page 1sur 10

I.

Introduction

L'entreprise est la cellule économique de base, où se combinent les facteurs classiques de la


production à savoir le travail et le capital afin de créer des biens, de les vendre sur le marché,
de faire circuler ou d'assurer des services. Son but général est de couvrir ses coûts et de faire
un bénéfice, afin de prospérer.
Toute entreprise doit nécessairement et impérativement recourir à une bonne politique
tarifaire de ses biens et services pour arriver à atteindre ses objectifs afin de pérenniser ses
activités et assurer sa croissance.
Cette politique tarifaire étant une source indéniable des recettes générées par l'entreprise, est
considérée comme étant un facteur déterminant non seulement sur le profit mais également
sur la croissance de l'entreprise.

II. La politique tarifaire

1) Définitions :

 La politique de prix : est un ensemble de décisions et d'actions réalisées pour


déterminer la structure et le niveau de la tarification des biens et/ou services
proposés aux clients acquis ou à conquérir. Elle est donc un plan d'actions définies
pour maintenir un certain niveau des ventes et marges de l'entreprise.
 Un tarif : C’est le montant demandé à l’utilisateur d’un bien ou service offert par
une administration publique lors de l’utilisation directe du service. La tarification
se base sur la notion de bénéficiaire/payeur et le niveau du montant doit être lié au
coût du bien ou du service public.

2) Importance

L'élaboration par une entreprise d'un programme de ventes et de production dépend non
seulement de la conjoncture économique, mais également de la concurrence et du prix de
vente des différents produits fabriqués par elle. La fixation du prix de vente, qu'elle soit ou
non le fait de l'entrepreneur, conditionne toute la politique de l'entreprise en matière de
vente et nécessite une étude très minutieuse des coûts de revient.

3) Typologie :

a) Prix fixé librement par les entreprises :


 Le prix d'équilibre sur le marché est un compromis entre les productions et les
consommateurs.

Ce mécanisme de prix joue un rôle fondamental dans l'ajustement de l'offre et de la


demande, dans la mesure où il existe, dans les économies de marché, un niveau de
prix qui permet d'établir, pour tout produit, un équilibre entre la production et la
consommation. Ce prix d'équilibre constitue un compromis entre ce que les
producteurs peuvent se permettre de facturer et ce que les consommateurs sont
disposés à payer.

 Du côté de l'offre, le prix est fixé en fonction des coûts des facteurs de
production.
En effet, ce sont les constitutifs de l'offre et de la demande qui déterminent le prix des
produits (fixation des prix). Ainsi, lorsque la demande est trop importante, les prix
diminuent jusqu'à ce qu'un équilibre soit atteint. En matière d'offre, les prix sont
définis sur base des coûts de production et de distribution, qui sont fonction de la
rareté des matériaux et de la technologie employée, ainsi que des limites imposées par
l'organisation même de l'entreprise, telles que la loi des rendements décroissants, le
coût du travail, etc.

 Le prix est fixé librement en situation de monopole par le producteur


En effet, dans une situation de monopole ou d'oligopole, l'entreprise fixe librement les
prix de ses biens au niveau qu'il veut, et par conséquent, les prix peuvent grimper de
manière considérable, car la concurrence est limitée.
 Accord sur le prix entre plusieurs entreprises
Les entreprises peuvent s'accorder sur les prix. La stratégie à long terme d'une
entreprise peut nécessiter que l'on pratique des prix inférieurs à la valeur marchande,
voire aux coûts de revient d'un produit (stratégie dite de dumping).

2) Prix administrés ou réglementés

Les prix administrés ou réglementés sont fixés par les pouvoirs publics après avis de la
commission de régulation créé par celui-ci.
C’est que les Etats soutiennent certains secteurs économiques en
maintenant artificiellement les prix dans ces secteurs. Dans d'autres cas, tels que celui
des services publics en période de privatisation, les bénéfices des entreprises de
service public sont réduits afin de limiter le monopole dont ils bénéficient, les prix
sont volontairement maintenus à des faibles niveaux.
Les gouvernements peuvent subventionner certaines industries et leur permettre ainsi
de baisser leurs prix, ou imposer des droits de douane à l'importation et augmenter par
là même le prix des produits importés de l'étranger.
En temps de guerre, les prix peuvent être gelés afin de maîtriser les effets
perturbateurs des pénuries sur l'économie.
Le contrôle général des prix par l'Etat s'inscrit souvent dans une politique des prix et
des salaires visant à maîtriser l'inflation, qui se traduit par une hausse continue des
prix, entraînant une modification de la valeur de la monnaie plutôt que de celle des
produits.
En effet, la monnaie est elle-même un produit assorti d'un prix, qui est déterminé par
rapport à celui d'autres produits, et susceptible de baisser si le bien devient trop
répandu (argument défendu par le monétarisme). Un excès de la demande par rapport
à l'offre entraîne normalement une hausse des prix.
Lorsque l’entreprise désire rapidement modifier le niveau de structure de prix et
lorsque son action indirecte risque de s'avérer inefficace, l'état peut agir de façon
immédiate sur le niveau des prix ; selon la conjoncture, sa politique de prix se fait
alors autoritaire ou contractuelle :
 La « politique autoritaire » de l'Etat consiste en la fixation impérative des prix.
Elle repose sur plusieurs régimes dont les principaux sont les suivants :
1. La taxation est la fixation d'un prix maximum : le régime est couramment
appliqué à un certain nombre de produits alimentaires ou agricoles à quelques
produits industriels, à certains services publiques (eau, gaz, électricité) ou
(loyers, taxis, analyses médicales).
2. Le prix imposé est la fixation d'un minimum de vente (cette pratique a été le
fait des spécialités pharmaceutiques).
3. La liberté surveillée est un régime qui impose aux entreprises de déposes les
prix ou les modifications de prix et éventuellement envisager un régime plus
sévère.
4. L'action autoritaire de l'état peut s'éteindre à l'ensemble des biens. Elle
consiste alors en un blocage général du niveau des prix. Théoriquement cette
mesure est en fait, relativement exceptionnelle ; elle a surtout pour objet de
faire face à une situation temporairement grave.
 La « politique contractuelle » de l'état est beaucoup récente.

De façon à éviter les dérapages de prix trop importants, l'état a pris l'habitude de
convoquer régulièrement les responsables de certaines professions dans le cadre de
contrats a sur le blocage, des avantages essentiels : elle implique des rencontres continues,
des échanges de vue, des promesses réciproques de l'administration et des professionnels.
Ceux-ci retrouvent la liberté de fixer leurs prix dans le cadre de certaines limites à ne pas
dépasser, sous peine de déséquilibrer l'ensemble de l'économie et moyennant le respect de
certaines disciplines établies en fonction des objectifs du plan et de la conjoncture.

III. Objectifs et contraintes

1) Objectifs

Les décisions en matière de fixation des prix ne peuvent se faire qu'après avoir fixé les
objectifs que l'entreprise souhaite poursuivre. L'entreprise doit d'abord clarifier les
objectifs qu'elle s'efforce d'atteindre à travers la fixation de ses prix. L'objectif premier
sera de fixer un prix tel que l'entreprise puisse vendre ses produits sur le marché tout en
satisfaisant les contraintes.

La politique des prix poursuit deux objectifs à savoir commerciaux et financiers :

i. Commerciaux : la pratique de prix plus ou moins bas permet un accroissement des


ventes et des gains de parts de marché ; un prix élevé peut permettre d'écrémer le
marché en étant synonyme de qualité.
ii. Financiers : il faut assurer la rentabilité de l'entreprise, donc réaliser l'équilibre
entre le prix et les quantités vendues qui permet de maximiser le profit.

2) Les contraintes d'une politique de prix :

La première des contraintes est interne, c'est le coût de revient du produit à couvrir.


Néanmoins, le coût unitaire d'un produit n'est pas une constante, il varie en fonction des
quantités produites.
Les coûts de revient unitaire diminuent du fait de l'effet de taille qui permet une répartition
des charges fixes sur une plus grande quantité (économie d'échelle). Le prix dépend aussi de
la prévision des ventes qui sera réalisée : les ventes prévues déterminent la quantité à
produire et la capacité de production nécessaire donc le coût de revient unitaire.

La concurrence : l'entreprise doit tenir compte de la façon dont ses concurrents réagiront à ses
prix car la concurrence pousse l'entreprise à adapter sa politique de prix. Lorsque les produits
concurrents sont sur le marché, l'entreprise ne peut pas ignorer leur prix avant de prendre une
décision de fixation de prix.
La demande : la demande est l'attitude des consommateurs ou des acheteurs vis-à-vis du
produit considéré. L'intensité de la demande varie aussi en fonction d'autres variables telles
que le pouvoir d'achat, les attitudes des consommateurs, ce qui rend les prévisions difficiles à
réaliser.
La législation : l'Etat peut prendre des mesures réglementaires ou législatives pour limiter le
niveau des prix et la progression des prix. L'Etat intervient dans la fixation des prix sur le
marché pour protéger les consommateurs ou les producteurs lorsque les intérêts de ces
derniers sont menacés, et pour maîtriser l'inflation.
Les contraintes concurrentielles (prix et qualité des produits concurrents, information et
psychologie des consommateurs) sont très fortes sur un marché banalisé.
Les contraintes institutionnelles se matérialisent par l'intervention possible des pouvoirs
publics (contrôle de prix) par la réglementation en vigueur.

IV. Les problèmes de tarifs dans les entreprises publiques

Depuis des années, des entreprises nationales à caractère commercial souffrent d’un
déficit chronique et exigent en permanence une aide de l’Etat pour qu’elles puissent
continuer leur activité.
Pourquoi les entreprises publiques sont-elles arrivées à ce stade de déficit et ne peuvent
continuer à fonctionner que par une aide de l’Etat ?
Si les entreprises publiques sont arrivées à ce stade, c’est à cause de plusieurs facteurs
dont, en premier lieu, celui qui concerne leurs politiques de tarification.
En effet, ces entreprises sont sous tutelle et la gestion des ressources disponibles dépend
de l’approbation du ministère concerné. La réactivité de ces entreprises aux événements
est lente ou inexistante, notamment quand il s’agit de faire des choix et modifier leurs
tarifs. C’est le cas, à titre d’exemple, des sociétés de transport dont le tarif ne reflète pas
vraiment le coût.

Pour ce qui est des entreprises publiques congolaises à caractère industriel et commercial,
ces dernières se trouvent d'habitude confrontées aux sérieux problèmes d'instaurer à juste à
prix une politique tarifaire cohérente pour favoriser leur croissance et maximiser leurs profits.
S'agissant par exemple de la REGIDESO, sa mission consiste à favoriser le bien-être de la
population en lui assurant une meilleure desserte totale et une entière distribution d'eau.
Etant une entreprise publique commerciale, la REGIDESO se trouve souvent dans
l'impossibilité d'instaurer une bonne politique tarifaire de générer suffisamment des recettes
pour, non seulement réaliser de profits mais aussi favoriser sa croissance pour la simple raison
que, l'Etat congolais intervient dans la fixation et l'homologation du tarif d'eau potable sur
toute l'étendue de la République.
Ainsi, du fait que les tarifs sont administrés par l'Etat congolais qui de ce fait ne tient pas
compte des charges d'exploitation de la REGIDESO, et compte tenu aussi du fait que les prix
de vente unitaire de l'eau par catégorie d'abonnés sont souvent inférieurs aux prix de vente
unitaires, il en découle un manque à gagner qui influence de ce fait négativement la
croissance économique de la REGIDESO
De plus , comme la croissance d'une entreprise peut se mesurer en fonction de sa taille, de son
chiffre d'affaires, de ses parts de marché, si la politique tarifaire varie à la hausse ou à la
baisse, la croissance de l'entreprise sera affectée positivement ou négativement.

En effet, certaines entreprises recourent à une baisse ou augmentation de ses tarifs sans avoir
faire une réflexion stratégique approfondie ce que peut mener à la faillite
Ainsi, baisser ses prix ne signifie pas toujours augmenter sa part de marché

Certains effets et risques sont à étudier de près. Par exemple, une telle politique a tendance à
attirer une clientèle « chasseuse de prix » qui quittera dès qu’un concurrent fera mieux. Avec
un mouvement tarifaire brusque, une guerre des prix se profile dangereusement. Le résultat de
cette stratégie risque fort de se terminer par les mêmes volumes vendus, mais à des tarifs plus
bas. Alors que Augmenter déraisonnablement ses tarifs risque fortement de faire chuter les
volumes vendus et cause une perte de clientèle et donc aller à la faillite.
V. Les cas du transport public :

Les sociétés de transport public fournissent des services de mobilité importants. Bien que
ces services soient généralement subventionnés, les revenus générés par la vente de billets
sont une source importante de revenus pour les sociétés de transport et contribuent de
manière significative à maintenir la viabilité financière du système.
 Pour l'usager des transports publics, le choix du titre de transport le plus adapté est
fonction de la fréquence d'utilisation du service et de sa situation sociale.

La politique tarifaire d’un réseau de transport public répond à trois objectifs .Le premier
est la collecte de la recette et la couverture des coûts, le second est l’orientation des usages
sans détériorer la fréquentation. Enfin le troisième présente la politique tarifaire comme un
instrument possible de politique urbaine

a) Comment tarifier le transport public :

La tarification est une méthode d'allocation des ressources; le «bon» prix n’existe pas, il
existe plutôt des stratégies de tarification optimales permettant d’atteindre des objectifs précis.
Par exemple, un prix optimal visant à atteindre la maximisation des bénéfices peut différer de
celui nécessaire pour maximiser le bien-être social, faciliter le développement durable ou
maximiser le nombre de passagers. L'un des problèmes majeurs de l'évolution des politiques
de tarification des transports est de décider exactement quel est l'objectif.
La politique tarifaire doit ainsi répondre aux besoins de ces trois groupes d’acteurs :
 Pour les autorités organisatrices, les tarifs doivent tout à la fois augmenter les parts
modales du transport public en attirant de nouveaux utilisateurs, proposer des tarifs
simples et attractifs, limiter l’exclusion, augmenter la multi modalité et minimiser les
compensations financières.
 Pour les opérateurs, la stratégie tarifaire doit permettre de couvrir les coûts et
maximiser les profits, être à la fois attractive en termes d’image et de programme de
fidélité tout en réduisant la fraude et en simplifiant le système de recouvrement des
recettes
 Pour les utilisateurs, la principale attente est la minimisation des coûts de transports, la
facilité d’usage et d’accès, la multi modalité et l’équité

b) Les problèmes de tarification :


Aujourd’hui, les entreprises publiques en générale et les entreprises du transport public plus
précisément représentent une lourde charge sur les finances publiques et le budget de l’Etat.
En fait, l’accroissement de l’offre ne génère pas toujours une augmentation proportionnelle de
la fréquentation mais conduit parfois à une augmentation des dépenses d’exploitation où le
ratio Recettes commerciales sur Dépenses d’exploitation est à la baisse.
Et parmi les problèmes dont plusieurs entreprises publiques souffrent est l’augmentation ou
bien la diminution des tarifs.

 Une augmentation des tarifs :

Parfois dans certains pays on trouve que le problème d’une hausse de tarif est le grand
problème que les sociétés publiques affrontent. En fait, c’est vrai que parfois les recettes ne
couvrent pas la totalité du coût d'exploitation des réseaux de transport public mais des tarifs
très élevés peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la rentabilité des sociétés comme
le montre la figure suivante :
 Une réduction des tarifs :

C’est vrai qu’une réduction au niveau des tarifs peut augmenter l’attractivité de l’offre et
inciter les gens à utiliser de plus en plus le transport public, mais cette solution a une
influence négative sur la durabilité économique des entreprises publiques puisqu’ils ne
peuvent pas à un certains moment couvrir leurs charges surtout avec l’augmentation de
l’inflation.

En fait si on prend le cas de la Tunisie, « selon le conseiller tunisien, sur 119 entreprises
publiques, 102 établissements requièrent une réforme urgente, admettant que certains
établissements sont actuellement en situation de cessation de paiement.

Certains établissements sont concernés par cette question, particulièrement la Société des
transports de Tunis (TRANSTU) et la Société nationale des chemins de fer tunisiens
(SNCFT).

En effet, le responsable tunisien a fait savoir dans ce sens que, depuis 2003 jusqu'à 2019, les
tarifs des tickets de la TRANSTU et de la SNCFT "n'ont pas enregistré d'augmentation,
hormis une hausse de 5% en 2010 (...) une situation qui ne peut plus perdurer face notamment
à la hausse du coût des carburants. »

c) Le cas de la SNTRI :

La SNTRI est l’une des sociétés publiques mise sous la tutelle du ministère de transport et qui
a été privée du choix de modifier ses tarifs pour réaliser des profits et favoriser sa croissance
tout au long de la période entre 2011 et 2019 malgré toutes les hausses de prix en ce qui
concerne le carburant et voire les pièces de rechange , ce qui a causé sa faillite en dépit qu’elle
soit un monopole .
Références:

 Article Fare Evasion and Ticket Forgery in Public Transport: Insights from Germany,
Austria and Switzerland
 Différenciation tarifaire dans les réseaux de transports urbains et interurbains de
voyageurs: quels apports pour les services publics de transport et l’aménagement?
Catherine Bouteiller
 SUSTAINABLE TRANSPORT PRICING AND CHARGES Principles and Issues