Vous êtes sur la page 1sur 26

Animateur : m dramane toure

Classe : lsio-ai-ais
Annee academique : 2019-2020

LES SOINS DE SANTE PRIMAIRES


I Le contexte d’implantation de la stratégie des SSP

Depuis la haute antiquité, la santé a été l’une des préoccupations


essentielles de l’humanité et certains des premiers documents écrits
connus font état de la lutte contre la maladie.
Les sciences de la santé ont récemment fait des progrès importants.
Nous disposons aujourd’hui de connaissances et de moyens
nécessaires pour prévenir de nombreuses maladies. Nous savons ce
qu’il faut faire pour bénéficier d’une meilleure santé. Nous
connaissons désormais les facteurs de risque associés à de nombreuses
affections et l’on dispose d’une meilleure information
épidémiologique en ce qui concerne l’état de santé, la mauvaise santé
et les décès prématurés dans les différentes couches de la société.
Cependant, ces connaissances et ces moyens ne sont pas répartis de
façon égale parmi l’humanité. Ils ne sont pas non plus toujours bien
mis à profit ou ne bénéficient pas de la priorité qu’ils méritent.
De plus, au fil des ans, on s’est aperçu qu’il était impossible d’obtenir
des progrès substantiels en matière de santé sans améliorer
parallèlement les conditions socio-économiques. La pauvreté, la
précarité, le manque d’instruction, l’analphabétisme ou l’illettrisme
(notamment dans le domaine de la santé) et l’impossibilité faute
d’informations ou de moyens de prendre des décisions concernant sa
propre santé constituent autant d’obstacles majeurs aux progrès
sanitaires.
C’est dans ce contexte que l’OMS a été créé en 1948 avec comme
finalité d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé
possible.
La santé étant entendue non pas seulement comme absence de
maladie ou d’infirmité mais comme étant un état complet de bien-
être physique, mental et social.
II Historique des soins de santé primaires

a) La déclaration de ALMA – ATA ( URSS)


Le besoin vital d’une plus grande justice sociale afin d’améliorer la
santé a pour la première fois été mis en lumière lors de la trentième
Assemblée Mondiale de la santé réunie à GENEVE (SUISSE) en Mai
1977.
C’est là en effet qu’il a été décidé que le principal objectif social des
gouvernements et de l’OMS au cours des décennies suivantes devait
être d’amener tous les peuples du monde d’ici l’an 2000 à un niveau
de santé qui leur permette de mener une vie socialement et
économiquement productive. Cet objectif a rapidement été désigné en
bref par l’expression « la santé pour tous en l’an 2000 »
L’année suivante, l’OMS et le fonds des Nations Unies pour l’enfance
(UNICEF) ont pris l’initiative conjointe de tenir à ALMA- ATA en ex
URSS une conférence internationale sur la stratégie des soins de santé
primaires (SSP) à laquelle ont participé les délégués de 134 pays.
A la fin de la conférence, ils ont unanimement souscrit à la déclaration
historique qui est désormais connue sous le nom de Déclaration
d’ALMA- ATA.
Il est dit notamment que l’humanité toute entière pourra accéder à un
niveau acceptable de santé en l’an 2000 si l’on utilise de façon
complète et plus efficace les ressources mondiales dont une part
considérable est actuellement dépensée en armements et en conflits
armés. Un appel puissant a été également lancé en faveur d’une
politique authentique d’indépendance, de paix, de détente et de
désarmement qui permettrait de dégager des ressources
supplémentaires en vue d’accélérer le développement économique et
social.
C’est à ALMA- ATA qu’il a été affirmé que l’approche SSP était
essentielle pour parvenir à travers le monde dans un avenir prévisible
à un niveau de santé acceptable dans le cadre d’un développement
empreint d’un véritable esprit de justice sociale.
Le lourd fardeau de la maladie, le coût élevé de la technologie
médico-sanitaire et l’insuffisance de la couverture assurée par les
services de santé exigeaient une approche nouvelle et résolue. Les SSP
constituent un moyen rationnel et pratique tant pour les nations en
développement que pour le monde industrialisé d’aller vers « la santé
pour tous ».
Les SSP mettent l’accent sur 8 composantes essentielles :
1- une éducation concernant les problèmes de santé qui se posent
ainsi que les méthodes de prévention et de lutte qui leur sont
applicables
2 – la promotion de bonnes habitudes alimentaires et
nutritionnelles
3 – un approvisionnement suffisant en eau saine et des mesures
d’assainissement de base
4 – la protection maternelle et infantile y compris la planification
familiale
5- la vaccination contre les grandes maladies infectieuses
6 – la prévention et le contrôle des endémies locales
7- le traitement des maladies et des lésions courantes
8 – la fourniture de médicaments essentiels

III Définition des SSP

Ce sont des soins de base de premier niveau universellement


accessible à toutes les populations, communautés et familles à un
moindre coût avec une pleine participation de la communauté à
l’effort de santé.
Les SSP constituent le premier niveau de contact des individus, de la
famille et de la communauté avec le système national de santé
rapprochant le plus possible les soins de santé des lieux où les gens
vivent et travaillent.

IV Les 4 piliers des soins de santé primaires

L’OMS a défini 4 piliers sur lesquels doit s’appuyer toute action


menée en faveur de la santé :
- L’engagement des hommes politiques et de la société et leur
détermination à faire de la « santé pour tous » l’objectif social et
primordial des prochaines décennies
- La participation communautaire CAD l’intervention active de la
population et la mobilisation des forces de la société pour le
développement sanitaire
- La coopération du secteur de la santé avec les autres secteurs clés
de développement en particulier ceux de l’agriculture, de
l’enseignement, des communications, de l’industrie, de l’énergie,
des transports, des travaux publics et de l’habitat
- Un soutien des principaux acteurs de façon que les soins essentiels
et les techniques scientifiquement valables et d’un coût
supportable soient rendus accessibles à tous sans exclusion.

V Les objectifs de SSP

Les soins de santé primaires sont axés sur la population. Leur succès
est donc subordonné au concours de celle-ci. Dans les pays en
développement comme dans les pays industrialisés, cette approche a
un quadruple objectif :
1) Permettre à tous de parvenir à un meilleur état de santé
2) Prévenir la maladie et éviter les traumatismes au lieu de s’en
remettre au médecin une fois le mal accompli
3) Amener les populations à reconnaître et à exercer ses droits et
responsabilités face à la santé et à adopter un mode de vie
favorable à l’amélioration de la santé
4) Permettre à tous les acteurs de participer à la gestion des systèmes
de santé et rendre accessibles à tous les soins de santé et les
éléments de base indispensables à la santé.
Composante I : Education concernant les problèmes de santé qui
se posent ainsi que les méthodes de prévention et de lutte qui leur
sont applicables.

Objectifs de cours :

1) Donner la justification de l’importance de la composante


2) Définir les objectifs de la composante EPS

I – Justification de la composante EPS

L’éducation pour la promotion de la santé et la prévention des


maladies est la première des 8 composantes des SSP énumérées dans
la déclaration de ALMA- ATA.
Etant donné que la santé de l’individu peut être influencée
positivement ou négativement par plusieurs facteurs d’ordre socio-
économiques, politiques, environnementaux et socio- culturels
(croyances, religion, tabous), l’éducation et l’information en matière
de santé constitue une arme très efficace pour la maîtrise de ces
principaux facteurs influençant la santé en vue de l’adoption d’un
comportement favorable à la bonne santé.
Les communautés ont le droit d’accéder à l’information pour pouvoir
connaître les risques et les moyens de prévention des maladies et de
restauration d’un bon état de santé.
Il serait vain de prétendre maintenir la bonne santé et promouvoir une
vie saine sans changer les mauvaises habitudes et agir sur les
influences extérieures défavorables à la santé.
Donc, l’information et l’éducation en matière de santé doivent tendre
non seulement à provoquer les changements nécessaires mais aussi à
faire conserver les modes de vie appropriés.
II – Les objectifs de la composante

- Faire acquérir aux communautés les connaissances essentielles


pour la valorisation et la préservation de la santé.
- Amener les populations à prendre conscience des facteurs de
risque et les mesures à prendre.
- Encourager et faciliter par le biais de la communication
l’autorésponsabilisation et la participation des familles et des
communautés à l’effort de santé.
- Inciter les populations à prendre en charge leur santé en leur
donnant des conseils pour leur faire adopter des comportements
favorables à la santé.
- Fournir une information adéquate en matière de santé
- Organiser des activités formelles d’éducation pour la santé en
utilisant l’approche pluridisciplinaire.
- Tisser une étroite collaboration avec les Mass-Média pour
favoriser la diffusion d’informations valables concernant la santé.

Composante 2 : Promotion de bonnes conditions alimentaires


Et nutritionnelles

Objectifs de cours :
1) Expliquer la justification de l’importance de la
composante
2) Définir les objectifs de la composante

I – Justification de l’importance de la composante

La nutrition est l’un des plus importants facteurs influant sur la qualité
de la vie dans la majeure partie du monde. Le terme malnutrition signe
de maladie comporte 2 composantes essentielles : la surnutrition et la
dénutrition.
Si la surnutrition peut poser des problèmes de santé due à une
alimentation en excès (diabète, cholestérolémie, maladies cardio-
vasculaires (HTA) etc…, la dénutrition traduisant une carence
alimentaire quant à elle, restera probablement l’une des principales
causes contribuant à une très forte mortalité surtout parmi les
nourrissons et les jeunes enfants dans les pays en développement où
on estime que plus de 200 d’enfants de moins de 5 ans sont
modérément ou gravement malnutris.
Parmi les facteurs responsables de la malnutrition, on peut citer le
mode d’allaitement maternel ou allaitement maternel mal conduit :
préférence de l’allaitement artificiel à l’allaitement maternel, les
mauvaises conditions de sevrage ( non respect des règles du sevrage
progressif = défaut d’introduction à temps d’aliments
complémentaires équilibrés) etc…), observance de coutumes et
interdits alimentaires néfastes à la santé.
Chez les femmes enceintes et allaitantes, la malnutrition par carence
est principalement due aux croyances, aux tabous, au faible revenu et
à la sous-information.
Les conséquences de la malnutrition sont désastreuses. Elles sont chez
le jeune enfant facteur de retard de croissance et de développement
psychomoteur avec des complications telles que le
KWARSHIORKOR et le marasme nutritionnel. Mais aussi, elles
entrainent une réduction de la résistance aux infections et exposent
aux risques environnementaux (diarrhée).
La malnutrition maternelle très répandue présente beaucoup de
dangers à cause de ses sérieuses répercussions sur la santé des mères
et des nourrissons. La malnutrition chez les adultes diminue leur
capacité de travail et par conséquent et par conséquent nuit au
développement socio-économique.
Les carences nutritionnelles spécifiques ou carences en micro-
nutriments (Fer, iode, vitamine A, vitamine D, calcium etc…) sont
responsables des maladies telles que :
- Carence en FER : anémie et ses conséquences (asthénie, vertiges,
céphalées, décompensation cardiaque)
- Carence en vitamine A = Retard de la croissance, fragilité aux
infections, Héméralopie (cécité crépusculaire), Xérophtalmie
(altération de l’œil), tâches de Bitôt = apparition de tâches
blanches au niveau de la cornée de l’œil.
- Carence en vitamine D = rachitisme
- Carence en calcium = décalcification des os, os mous.

II – Objectifs de la composante :

- Susciter la collaboration multisectorielle pour amener les


différents acteurs intervenant dans la nutrition à améliorer le statut
nutritionnel des populations
- Faire une bonne éducation nutritionnelle afin d’améliorer le mode
d’alimentation surtout des membres des familles ( enfants,
femmes enceintes et allaitantes)
- Promouvoir les disponibilités alimentaires au niveau des familles
et des communautés.
- Lutter contre la malnutrition protéino-calorique et les carences en
micro-nutriments
- Corriger les mauvaises pratiques alimentaires chez les enfants de
0 à 5 ans, les femmes enceintes et allaitantes
- Effectuer la récupération nutritionnelle des enfants malnutris
- Assurer de manière continue la surveillance nutritionnelle et
pondérale des enfants par le suivi de la croissance
- Traiter et prévenir les maladies courantes d’origine nutritionnelle
comme l’anémie, l’avitaminose A, le marasme nutritionnel, le
KWARSHIORKOR, la carence en iode
- Lutter contre certaines maladies qui contribuent à la malnutrition
telles que les maladies diarrhéiques et autres maladies
infectieuses, les parasitoses etc…
- Promouvoir une bonne nutrition chez les enfants, les femmes
enceintes et allaitantes
- Encourager l’allaitement maternel et les bonnes pratiques du
sevrage.
Composante 3 : Approvisionnement suffisant en eau saine
et mesures d’assainissement de base
Objectifs de cours :

1) Expliquer la justification de la composante


2) Définir les objectifs de la composante

I – Justification de la composante

a) Les raisons du besoin d’approvisionnement


suffisant en eau
Les maladies évitables liées à la consommation d’une eau mal saine et
au manque de salubrité posent des problèmes majeurs de santé dans
les pays en développement.
Chaque année, 500 millions de personnes dans le monde sont atteints
de maladies dues à la consommation d’eau non potable.
Ces maladies sont responsables en grande partie de la forte mortalité
infantile et sont le plus souvent dues aux mauvaises conditions de vie
(insalubrité du milieu, difficultés d’accès à une eau saine ect …).
Il existe 2 sources de provenance des eaux :
- les eaux de surface ou de ruissellement (rivière, mare, fleuve, eaux
de pluie( citerne).
Ces eaux du fait de leur exposition à l’air libre et à la nature sont
habituellement souillées par les déchets de toute nature d’origine
humaine ou animale ( déchets organiques = ordures ménagères,
excrétas, déchets des hôpitaux, déchets chimiques d’origine
industrielle).
Ces déchets constituent aussi des nids pour les parasites, les insectes,
les microbes et les substances chimiques.
Ils sont principalement responsables des maladies bactériennes :
Fièvres Typhoïdes et paratyphoïdes, dysentéries, choléra, dematoses,
diarrhées infectieuses, de maladies virales : poliomyélite et hépatite
etc… , de maladies parasitaires (amibiase, lambliase, helminthiase,
paludisme, bilharziose éléphantiasis, maladie du sommeil etc…).
Ceci est dû au fait que l’homme facteur parfois polluant réutilise ces
eaux pour des besoins d’eaux de boisson, d’alimentation, de soins
corporels et vestimentaires.
-
- les eaux souterraines (eau de source, puits, forages) sont
généralement bactériologiquement et chimiquement pures si les
normes d’exploitation et d’utilisation sont respectées
(emplacement de ces eaux, conditions de puisage).
Une eau potable est une eau agréable à consommer et ne porte pas
atteinte à la santé du consommateur. Elle doit être limpide et ne doit
pas avoir ni odeur, ni saveur désagréable. De plus, elle doit être
bactériologiquement et chimiquement acceptable.
Des procédés domestiques doivent être utilisés pour rendre potables
les eaux à potabilité douteuse. Il s’agit de manière chronologique de :
- La décantation = stabilisation et recueil de la partie limpide de
l’eau
- La filtration = enlèvement de toutes les impuretés que contient
l’eau à travers un filtre.
NB : l’étape de décantation peut être sautée si on a affaire à un filtre
fiable telle que : « la bougie de Chamberland » adapté au robinet
- La désinfection par ébullition : c’est le fait de bouillir l’eau
avant sa consommation. C’est un procédé sûr si l’eau est bouillie à
100° mais onéreux et peu praticable.
- La désinfection par des procédés chimiques : la règle est
d’utiliser 3 gouttes d’eau de Javel pour 10 litres d’eau.

b) Les problèmes et les mesures d’assainissement de


base

Les principales sources d’insalubrité du milieu sont :


- Le problème d’évacuation des excrétas
- Le problème d’évacuation des eaux usées
- Le problème d’évacuation des ordures ménagères
1) Le problème d’évacuation des excrétas
La pauvreté et le manque de prise de conscience des populations sur
le danger lié à la mauvaise évacuation des excrétas est à l’origine de
beaucoup de maladies infectieuses et parasitaires.
Dans certaines localités, la plupart des ménages sont dépourvus de
latrines ou WC et le résultat qui en résulte est la défécation et
l’émission d’urines dans la nature, derrière les concessions, aux
abords des mers, des plages, des rivières, aux alentours des chemins
de fer etc…Cette situation engendre le péril fécal car les matières
excrémentielles (selles, urines) peuvent contenir des germes
pathogènes (microbes, virus) qui sont transportés par les mouches
qui vont se poser sur les aliments : c’est le péril fécal.
2) Le problème d’évacuation des ordures ménagères
Les ordures ménagères très fermentescibles présente le triple
inconvénient de dégager une odeur nauséabonde et de favoriser la
pullulation des insectes (mouches), des microbes et aussi d’apporter
au rat sa nourriture.
D’où la nécessité du respect des normes de collecte, de transport et
de traitement des ordures pour éviter les conséquences néfastes
qu’elles peuvent provoquer sur la santé.
3) le problème d’évacuation des eaux usées
Beaucoup de ménages ne disposent pas de système d’évacuation des
eaux usées (ex : puisard). Les eaux usées de lavage, toilette, cuisine,
lessive sont jetées dans la rue, derrière les maisons etc…De plus de
nombreuses bornes fontaines et puits ne disposent non plus de canal
d’évacuation des eaux. L’eau stagnante autour est très sale et
favorise la divagation des animaux (cochons, vaches etc…) qui
peuvent s’y baigner et s’y abreuver et font répandre leurs excréments
partout.
Toutes ces situations engendrent la pullulation des germes et
parasites et leurs conséquences sur la santé des populations.
II – Les objectifs de la composante

L’objectif global consistera à :


- Assurer un approvisionnement suffisant, d’accès facile en eau
saine et une salubrité convenable du milieu afin de prévenir
l’apparition des maladies considérées et d’améliorer la qualité de
vie et le bien-être des populations. Pour ce faire, il faut :
- Développer l’hygiène personnelle et collective
- Amener les communautés à disposer d’une eau saine et
d’installations hygiéniques pour l’élimination des excrétas, des
eaux usées, des ordures ménagères.
- Impliquer les services d’alimentation en eau potable et
d’assainissement dans les programmes de santé pour une
meilleure atteinte des objectifs.
- Protéger les sources ou points d’approvisionnement en eau et
assurer la surveillance de l’eau de boisson.
- Améliorer les comportements des populations en matière de santé
et d’hygiène en :
- Amenant les populations à prendre conscience du rapport entre les
pratiques non hygiéniques et la mauvaise santé
- Faire adopter de bonnes pratiques d’hygiène personnelle
- Promouvoir l’utilisation de latrines et autres installations
hygiéniques
Veiller à l’emploi d’eau potable comme eau de boisson et pour les
usages domestiques
Composante 4 : PROTECTION MATERNELLE ET
INFANTILE
ET PLANIFICATION FAMILIALE

Objectifs de cours :

1) Expliquer la justification de la composante


2) Définir les objectifs de la composante

I - Justification de la composante

L’Action de santé maternelle et infantile et planification familiale


(SMI/PF) actuellement S.R menée dans les SSP vise à promouvoir et
protéger les femmes en âge de procréer et celle des enfants.
Autrement dit, l’objectif vise à amener tous les enfants à avoir une
croissance saine et que les femmes puissent connaître pendant leur
période de procréation la santé et le bien-être.
En réalité, le constat est que la mortalité maternelle et infantile est très
élevée dans les pays en développement qui totalisent 99% des décès
maternels survenus dans le monde.
Au Sénégal, la mortalité maternelle est estimée à 510 décès pour
100.000 naissances vivantes et le Sénégal est classé 94ième rang
parmi 106 pays africains. Ainsi la mortalité maternelle constitue une
priorité des programmes de santé au Sénégal du fait de sa gravité et de
sa répercussion sur la vie de la famille notamment celle des enfants.

On définit par mortalité maternelle tout décès de femme survenu


au cours de la grossesse, de l’accouchement et dans les 42 jours
après l’accouchement quelqu’un soit la cause.

Parmi les principales causes de la mortalité maternelle au Sénégal, on


note les causes directes et les causes indirectes.
Les causes directes par ordre d’importance sont :
- Les hémorragies, les troubles de l’hypertension (la Maladie
Gravidique Tardive (MGT) et ses complications, le travail
dystocique, les infections et septicémies, les avortements à risque
etc…
Parmi les causes indirectes, on peut citer notamment les facteurs
socio-économiques et culturels : manque d’accès aux ressources
des femmes, accès limité à l’éducation, manque de pouvoir
décisionnel, grossesses précoces, croyances et tabous, travaux
pénibles (la femme aux mille bras).
De plus, la mortalité maternelle n’est qu’une partie d’un problème
plus vaste : sur une femme qui meurt, 20 à 30 femmes souffrent
d’invalidités telles que : anémie, incontinence d’urines ou de
matières fécales suites aux fistules, prolapsus, douleurs pelviennes
chroniques, dépression émotionnelle, faiblesse physique, diminution
de la productivité.
De plus, beaucoup de décès infantiles et périnataux sont causés par
une mauvaise santé maternelle pendant la grossesse tels que le
tétanos néonatal, la carence en iode chez la mère, le paludisme et
l’anémie maternelle, la syphilis chez la mère etc…

II - Les objectifs de la composante :

Les principales recommandations consisteront à agir sur les 3 retards


et à appliquer les 7 piliers de la maternité à moindre risque.
Les 3 retards sont :
- Le retard pris pour décider de consulter les services de santé
- Le retard pris pour arriver à l’établissement de santé
- Le retard pris pour recevoir un traitement adéquat à
l’établissement de santé

Les 7 piliers de la maternité à moindre risque au Sénégal sont :

1) Les soins prénatals :


Supplémentation en fer, vaccination contre le tétanos, déparasitage,
prévention du paludisme, dépistage et prise en charge précoce des
facteurs de risque, les conseils hygiéno-diététiques et pour le respect
de la prise des médicaments prescrits

2) Les soins obstétricaux et néonataux d’urgence :


- Augmenter le nombre de personnel qualifié
- Mettre à jour les techniques obstétricales des prestataires
- Suivre le travail en utilisant le partogramme
- Dispenser des soins obstétricaux essentiels
- Améliorer le plateau technique
- Améliorer le système d’orientation recours (relèvement du plateau
technique des centres de santé, amélioration de l’accessibilité
géographique, augmentation du nombre d’ambulances et dotation
des postes de santé en ambulances).

3) Les soins post-natals:

- Fournir des soins post-natals à la mère et à l’enfant jusqu’à 60


jours après accouchement
- Identifier et prendre en charge les signes de danger
- Fournir des conseils et des services de planification familiale
- Donner des conseils sur la nutrition maternelle et infantile pendant
l’allaitement
- Encourager un bon soutien social traditionnel
4) Les soins après avortement :

- Former et équiper le personnel pour qu’il puisse pratiquer l’AMIU


(avortement intra-utérin)
- Fournir des conseils et services de PF
- Donner un traitement rapide pour éviter les infections et
septicémies

5) La planification familiale :

- Augmenter le nombre de points de prestations de service


- Encourager les adolescentes à retarder la 1ère grossesse
- Encourager les couples à espacer les naissances
- Mettre à jour les compétences des prestataires dans les domaines
suivants : technologie contraceptive, conseils, counseling

6) La lutte contre les IST/ SIDA

- Encourager les tests et conseils volontaires


- Dépistage de la Syphilis chez les femmes enceintes
- Prise en charge des cas et leurs complications
- Promouvoir les activités réussies de prévention

7) Les soins de santé primaires :

- Promouvoir la participation des populations


- Renforcer l’IEC
- Intégrer la planification et l’exécution des programmes
- Améliorer le système de production, d’approvisionnement et de
distribution des médicaments
- Renforcer la décentralisation
- Améliorer la qualité des services
- Renforcer et développer la recherche
- Adopter des comportements et pratiques favorables à la santé
- Faire le renforcement de la santé infantile à travers :
 l’ utilisation d’aliments adéquats en quantité suffisante, la
vaccination, la SNP (surveillance nutritionnelle et pondérale),
l’administration de soins curatifs notamment en cas de diarrhées
infantiles, IRA, prévention et assistance des accidents chez les
enfants, construction de latrines, observance des règles
d’hygiène, assainissement et désinsectisation pour lutter contre
le paludisme).

En somme, pour atteindre ses objectifs, le programme SR (santé de la


reproduction) doit prendre en considération et appliquer toutes les
autres composantes des SSP.
Composante 5: Vaccination contre les grandes maladies
infectieuses

Objectifs de cours :

1) Donner la justification de la composante


2) Définir les objectifs de la composante

I – Justification de la composante

Le programme de vaccination vise à réduire la morbidité et la


mortalité en immunisant contre les fléaux majeurs qui déciment les
enfants. Chaque pays définit par ordre de priorité la liste des
maladies évitables par la vaccination.

Exercice d’application :
Élaborer le nouveau calendrier vaccinal du Sénégal :
 Vaccin
 Période
 Lieu d’élection
 Effets secondaires

a) Informations générales sur l’haemophilus Inluenzae Type B

L’haemophilus Influenzae B ( Hib) est un des 6 types (a, b, c,d, e


et f) de souches encapsulées de la bactérie haemophilus influenzae.
Le type B est le plus virulent et est responsable de près de 90% des
infections graves (méningite, pneumopathies,…) chez les enfants de
moins de 5ans. En l’an 2000, au niveau mondial, l’OMS estimait à 3
millions les cas d’infections telle que la pneumonie et la méningite
causée par Hib dont 450. 000 décès chez les jeunes enfants.
Au Sénégal des études prospectives menées dans le cadre du réseau de
surveillance sentinelle des méningites bactériennes pédiatriques faites
à l’hôpital d’enfants Albert Royer (HEAR) de Dakar- Fann, entre
Janvier 2002 et Mars 2003 ont montré une prévalence de 45,7% de
Hib parmi les méningites bactériennes pédiatriques purulentes chez les
enfants de 0 à 5 ans avec une prédominance dans la tranche d’âge de 3
à 12 mois.
Les manifestations pathologiques les plus fréquentes liées à l’Hib
sont :
- La méningite bactérienne : avec de létalité élevée ; ceux qui
survivent (15à 30%) souffrent le plus souvent de lourds handicaps
neurologiques tels que le retard mental et la surdité permanente.
- La pneumonie : des études ont démontré que, dans les pays en
développement, près d’un quart des pneumonies graves
diagnostiquées avec lésions visibles à la radiographie pulmonaire
chez les jeunes enfants sont imputables à l’Hib (20% dans une
étude en Gambie).
- Epiglottite : une infection respiratoire aiguë qui se manifeste par
une inflammation du larynx et du pharynx entraînant souvent une
détresse respiratoire rapidement mortelle en l’absence de
traitement appropriée.
- Autres infections à Hib moins fréquentes : septicémies,
ostéomyélites, arthrite, cellulite et péricardite.
Mode de transmission : les bactéries vivent dans le nez et la gorge
et se transmettent d’un enfant à l’autre par les gouttes de salive
extériorisées quand un enfant porteur de l’infection éternue ou
tousse. La maladie peut également se propager chez les enfants par le
partage des jouets et des objets contaminés.

b) Informations sur l’hépatite B :

C’est une maladie virale contagieuse pouvant couvrir une très longue
période incubation. La transmission peut être sanguine ou oro-fécale.
L’absence de prévention ou la mauvaise prise en charge de la maladie
peut se solder par des complications graves telles que CPF ( cancer
primitif du foie), cirrhose du foie ou d’autres formes de cancers et
d’atteintes du foie.
La prévalence étant élevé dans le pays, il est important de vacciner les
enfants sujets neufs à très bas âge pour les protéger contre cette
maladie de la période d’enfance à l’âge adulte.

II – Les objectifs de la composante


Ils avaient consisté à :
- Mettre en place un programme élargi de vaccination en vue de
favoriser l’intégration des services de santé avec d’autres services
de la SMI pour augmenter les chances de réussite du programme
et rationaliser les ressources.
Les objectifs de ce programme PEV visent à :
- Immuniser les enfants de o-11mois contre les maladies cibles du
PEV et d’ouvrir l’intervalle jusqu’aux enfants de 23 mois pour les
retards à la vaccination et les rattrapages.
- Immuniser les femmes enceintes de façon adéquate contre le
tétanos pour les protéger elles et leurs nouveaux- nés jusqu’à la
guérison de la plaie ombilicale

Les stratégies à développer pour atteindre ses objectifs sont :

- L’information et l’éducation des populations sur l’importance du


PEV 
- L’implication des populations à toutes les phases du processus du
programme (planification, mise en œuvre, évaluation)
- Utiliser différentes stratégies d’intervention pour atteindre les
cibles au plus grand nombre (stratégie fixe, avancée, mobile) 
- Équiper les structures de santé en logistiques, matériel de
vaccination, chaîne de froid, approvisionnement régulier et
continu en antigènes, en supports de collecte de données pour le
traitement de l’information sanitaire
- Formation du personnel à tous les domaines utiles au programme (
planification, gestion de la chaîne de froid, des statistiques,
technique vaccinale, supervision ect…)
- Assurer la supervision, le suivi et l’évaluation du programme
PEV .

Composante 6 : Prévention et contrôle des endémies locales

Objectifs de cours :

1) Justification de la composante
2) Objectifs de la composante

I Justification de la composante
L’ endémie locale qui pose le plus grand problème de santé publique
au Sénégal est le paludisme et les formes les plus graves de paludisme
sont en partie due au Plasmodium Falciparum. Parmi les principales
causes de propagation de cette maladie, nous pouvons citer les
problèmes de manque d’hygiène et d’assainissement et qui favorisent
la pullulation du moustique à savoir :
- La stagnation des eaux usées et des eaux de ruissellement abritant
les gîtes larvaires,
- Le manque de désherbage,
- La vie en promiscuité occasionnant la reproduction du moustique
dans les endroits obscurs et insalubres,
- Le manque d’utilisation de moustiquaires imprégnées etc …
Les conséquences du paludisme sont désastreuses au Sénégal. En
effet, il constitue l’endémie la plus répandue d’autant plus qu’il
représente 35 % des motifs de consultation au niveau des structures
sanitaires et la première cause de morbidité et mortalité au Sénégal
avec 8000 cas de décès par an. Les enfants de moins de 5ans et les
femmes enceintes sont les couches les plus vulnérables. En effet, le
paludisme est un des principaux facteurs de la mortalité maternelle et
néonatale et est en grande partie responsable de beaucoup de cas de
morts-nés, d’avortements, de décès maternels par suite d’atteinte
cérébrale = Neuropaludisme, du foie = ictère et anémie et d’atteinte
cardiaque = décompensation cardiaque.

II Objectifs de la composante
Objectif général :
Réduire le taux de morbidité et de mortalité élevée lié au paludisme
par :
- La promotion de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée
d’insecticide (MII)
- L’application de la TPI ( traitement préventif intermittent) chez la
femme enceinte = une recommandation de l’OMS qui consiste à
administrer 2 doses de SP (sulfadoxine-pyriméthamine = Fansidar
- Le dépistage et la prise en charge précoce des cas pour éviter les
complications et obtenir le rétablissement rapide du malade
surtout des groupes vulnérables
- La promotion des actions communautaires d’hygiène individuelle
et collective et d’assainissement du milieu en collaboration les
secteurs compétents
- Organiser de concert avec les secteurs compétents des actions de
pulvérisations d’insecticide
- Effectuer des visites à domicile pour identifier et résoudre les
comportements à risque
- Mener des activités d’éducation et de communication pour faire
adopter aux populations des comportements favorables à la
prévention du paludisme
- Former les agents de santé et les relais communautaires à pouvoir
exécuter des actions préventives et prise en charge du paludisme

Composante 7 : Traitement des maladies et lésions courantes

a) Les maladies diarrhéiques

I – Justification de la composante

Dans la perspective des SSP, le traitement des maladies et lésions


courantes vise à prévenir les décès et les incapacités qu’elles
entraînent et ainsi à assurer à tous les enfants la possibilité d’une
croissance et d’un développement sains.
La prévention de la morbidité et de la mortalité due aux diarrhées
constitue un aspect vital des stratégies nationales des SSP. Etant donné
que dans chaque pays en voie de développement, les maladies
diarrhéiques affectent la quasi-totalité des enfants de moins de 5 ans,
lutter contre elles est indispensable pour garantir la santé des
générations futures. Le programme de lutte contre les maladies
diarrhéiques pour être efficace doit englober d’importants éléments
d’autres composantes des SSP telles que «Promotion de bonnes
conditions alimentaires et nutritionnelles », « Approvisionnement
suffisant en eau saine et assainissement de base », « Protection
maternelle et infantile et planification familiale ».
La lutte proprement dite contre les maladies diarrhéiques implique 3
grandes fonctions au moins :
- Diagnostic et traitement approprié des cas
- Éradication des poussées épidémiques
- Prévention des maladies responsables
Les activités correspondantes appellent dans le contexte des SSP, la
participation non seulement des personnels de santé mais aussi de l
a communauté. A chaque niveau, un certain nombre de tâches
s’imposent en vue d’atteindre les objectifs susmentionnés et leur
exécution exige un soutien sous différentes formes :
- Information adéquate
- Technologies appropriées
- Matériel et fourniture de médicaments
- Supervision et appui technique etc…

II – Objectifs de la composante

Les activités à mener font appel non seulement aux professionnels de


santé mais aussi à la communauté.
Au niveau des familles et communautés :

- Alimenter correctement l’enfant souffrant de diarrhée ( cad


poursuivre l’allaitement au sein et maintenir une ration adéquate
de liquides à l’aide de solutions sans danger et appropriées)
- Savoir déceler la déshydratation et prendre les mesures adéquates
quand elle se présente à savoir :
 Recourir au personnel de santé pour se procurer des sachets de sels
de réhydratation par voie orale (SRO) et les utiliser correctement,
à défaut savoir préparer et utiliser correctement la solution salée
sucrée (SSS)
 Savoir observer les règles d’hygiène individuelles et collectives y
compris le traitement des aliments et de l’eau, l’utilisation des
latrines etc…
 Aviser le plus rapidement possible les autorités sanitaires des
poussées épidémiques des maladies diarrhéiques.
Au niveau des services de santé :

- Déterminer autant que possible la cause de chaque maladie


diarrhéique et offrir un traitement correspondant à cette cause et
au degré de déshydratation
- Mettre en sachets et fournir des sels de réhydratation par voie
orale
- Rechercher les causes des poussées épidémiques des maladies
diarrhéiques et déterminer les solutions appropriées
- Former et superviser les agents de santé de toutes catégories
professionnelles sur les méthodes de lutte et de traitement des
maladies diarrhéiques
- Éduquer les familles et les communautés sur l’importance de
l’approvisionnement en eau saine, l’assainissement de base et le
respect des règles d’hygiène individuelles et collectives.

b) les lésions courantes

I - Justification de la composante

Les accidents figurent parmi les 10 principales causes de décès dans


la majorité des pays. Chez les enfants, ils se classent souvent au
premier rang de ces causes aussi bien dans les pays développés que
dans les pays en développement et, pour une large part se produisent
à la maison ou aux alentours .
Ils entraînent fréquemment des incapacités qui durent toute la vie et
les soins aux blessés ou handicapés absorbent une proportion notable
du budget de la santé dans beaucoup de pays.
Les types d’accidents domestiques les plus fréquents sont :
- Les coupures, les brûlures, les empoisonnements.

II – Les objectifs de la composante


L’objectif doit donc être non seulement d’assurer les premiers
secours sur place et un traitement adéquat au niveau approprié de
soins mais encore de prévenir la répétition d’accidents similaires
dans l’avenir et d’offrir des moyens de réadaptation aux handicapés
enfants ou adultes.
2.1 – Au niveau des familles

- Suivre des cours de secourisme ou participer aux activités


éducatives
- Reconnaître la nature et l’étendue de la blessure
- Prendre un nombre limité de mesures urgentes en s’abstenant de
tout acte susceptible d’être nuisible
- Prendre les dispositions nécessaires pour éviter que ne se
reproduisent des accidents similaires
- Poursuivre à la maison au besoin des actions de réadaptation et de
rééducation fonctionnelle
2.2 – Au niveau des agents de santé

- Ils doivent répondre aux appels d’urgence et dispenser des soins


adaptés
- Informer les familles des moyens de prévention des accidents
- Soutenir les actions de réadaptation après le traitement.

Composante 8 des SSP : Fourniture de médicaments essentiels

I Justification de la composante

L’approvisionnement en médicaments absorbe la plus grande part du


budget national de santé. Trop souvent, la fabrication et la distribution
de médicaments visent à préserver les intérêts des industries
pharmaceutiques et non à répondre aux exigences des priorités de la
politique nationale de santé.
D’où la nécessité de mettre en place un système d’approvisionnement
en médicaments basé sur les SSP en vue de rendre les coûts plus
abordables, d’améliorer la disponibilité des médicaments aux
populations mais aussi d’assurer la qualité des produits et la sécurité
d’emploi des médicaments.
L’OMS a établi une liste internationale d’environ 200 médicaments
« essentiels » pour servir de référence aux structures sanitaires .Les
médicaments essentiels sont des médicaments de première nécessité
dont la disponibilité doit être permanente dans les services de santé.
Cependant, il appartient à chaque pays de dresser sa propre liste de
médicaments essentiels en tenant compte des grands problèmes de
santé auxquels il doit s’attaquer. La fourniture de médicaments
essentiels vise à mettre ces produits à la disposition des populations à
tous les niveaux des SSP, dans tout le pays et de manière permanente
grâce à un système efficace d’approvisionnement, de stockage, de
distribution et d’utilisation.
Ainsi, il est nécessaire que chaque personne concernée par les SSP
participe activement à la gestion de ces médicaments essentiels.
Il est aussi important de distinguer les groupes de médicaments
essentiels existants à savoir :

- Les médicaments de groupe A fournis par le système de santé au


différent niveau des SSP pour une distribution subventionnée aux
populations
- Les médicaments de groupe B achetés sur ordonnance dans les
pharmacies privées
- Les médicaments de groupe C achetés sans ordonnance y compris
les remèdes locaux à base de plantes et les ingrédients pour
remède à préparer à domicile

II Objectifs de la composante

- Assurer la distribution constante de médicaments essentiels aux


populations
- Veiller à l’utilisation correcte des médicaments essentiels prescrits
aux malades
- Veiller à la disponibilité constante de tous les médicaments
essentiels dans les services de santé et à un moindre coût
- Assurer la gestion correcte des médicaments essentiels à travers :
- Le stockage dans un lieu adapté avec respect des normes de
stockage ( premier périmé, premier sorti) et de conservation (à
l’abri de la chaleur, de l’humidité, des rongeurs, des insectes, de la
poussière etc…)
- Une commande en quantité suffisante tenant compte des besoins
prévisionnels, du stock de sécurité, du respect de la périodicité de
commande
- Une distribution respectant le circuit d’approvisionnement, les
délais de livraison, les quantités commandées, les normes de
conditionnement, le respect des mesures d’hygiène lors de la
manipulation
- La tenue correcte et à jour des outils de gestion etc….
- Affecter un personnel qualifié à l’occurrence un pharmacien
comme responsable de la gestion de la PNA, des PRA et des
pharmacies des districts sanitaires
- Assurer la formation initiale et la supervision continue des
dépositaires chargés de la gestion des dépôts de médicaments des
postes de santé.