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Sommaire

• 1Biographie
o 1.1Jeunesse et formation (1884-1905)
▪ 1.1.1Deux familles que tout oppose
▪ 1.1.2« Peut-être un artiste ? »
▪ 1.1.3De Livourne au Mezzogiorno
▪ 1.1.4Florence et Venise
o 1.2Un Italien à Paris : vers la sculpture (1906-1913)
▪ 1.2.1De la bohème à la misère
▪ 1.2.2« Modi » le charmeur
▪ 1.2.3La peinture en question
▪ 1.2.4Deux séjours à Livourne
▪ 1.2.5Modigliani, sculpteur
o 1.3Les passions du peintre (1914-1920)
▪ 1.3.1La vie d'un artiste maudit
▪ 1.3.2Retour à la peinture
▪ 1.3.3Jeanne Hébuterne
▪ 1.3.4Fins tragiques
• 2Œuvre
o 2.1Sculptures
o 2.2Œuvres picturales
▪ 2.2.1Dessins et œuvres sur papier
▪ 2.2.2Travail et technique du peintre
▪ 2.2.3Portraits
▪ 2.2.4Nus
▪ 2.2.5Paysages
o 2.3Fortune de l'œuvre
▪ 2.3.1Bilan
▪ 2.3.2Postérité
• 3Hommages
o 3.1Principales expositions
▪ 3.1.1De son vivant
▪ 3.1.2Posthumes
o 3.2Autres domaines culturels
▪ 3.2.1Cinéma
▪ 3.2.2Roman
▪ 3.2.3Bande dessinée
▪ 3.2.4Théâtre
• 4Notes et références
o 4.1Notes
o 4.2Références
• 5Voir aussi
o 5.1Bibliographie sélective en français
o 5.2Liens externes

Biographie[modifier | modifier le code]


Maison natale de Modigliani (cliché de 1903)N 1.
Amedeo Modigliani, qui se confiait peu, a laissé des lettres mais aucun journal1. Celui de sa mère et la notice
biographique qu'elle a rédigée en 1924A 1 constituent des sources partielles. Quant aux souvenirs des amis et
relations, ils ont pu être altérés par l'oubli, la nostalgie de leur jeunesseM 1 ou leur vision de l'artiste : la monographie
d'André Salmon en 1926 en particulier est à l'origine de toute la mythologie ModiglianiM 2. Peu attirée par l'œuvre de
son père en tant qu'historienne d'art, Jeanne Modigliani s'est efforcée de retracer son parcours réel sans la légende
et au-delà des déformations familialesM 3 dues à une sorte de dévotion condescendante pour le disparub,M 4. La
biographie, dont Jeanne livre une première version en 1958, contribue à réorienter les recherches sur l'homme, sa
vie et sa création2,3.

Jeunesse et formation (1884-1905)[modifier | modifier le code]


Amedeo Clemente naît dans le petit hôtel particulier de la famille Modigliani, via Roma 38, au cœur de la cité
portuaire de LivourneP 1. Après Giuseppe Emanuele, Margherita et Umbertoc, il est le dernier enfant de Flaminio
Modigliani (1840-1928), homme d'affaires en butte à des revers de fortune, et d'Eugénie née Garsin (1855-1927),
tous deux issus de la bourgeoisie sépharadeP 2. Amedeo est un enfant de santé fragile, mais son intelligence
sensible et son inappétence scolaire persuadent sa mère de l'accompagner dès l'adolescence dans une vocation
artistiqueN 1 qui va vite lui faire quitter l'horizon étroit de sa ville nataleN 2.
Deux familles que tout oppose[modifier | modifier le code]

Les parents d'Amedeo en 1884, avant sa naissanceN 3.


L'histoire familiale qu'a retracée EugénieM 5 et son journal intime en françaisN 4 aident à rectifier les rumeurs
entretenues à l'occasion par Amedeo lui-même, selon lesquelles son père descendrait d'une lignée de riches
banquiers et sa mère du philosophe Baruch SpinozaM 6.
Sans doute originaires du village de Modigliana, en Émilie-RomagneN 1, les ancêtres paternels du peintre résidaient
au début du XIXe siècle à Rome, rendant des services financiers au Vatican : s'ils n'ont jamais
été les banquiers du pape — mythe familial revivifié en temps de criseM 7 —, ils ont acquis en Sardaigne un domaine
forestier, agricole et minier qui en 1862 couvre 60 000 hectares au nord-ouest de Cagliari. Flaminio l'exploite avec
ses deux frères et y habite la plupart du tempsP 2 tout en dirigeant sa succursale de Livourne. Car leur père, chassé
pour son soutien au Risorgimento ou furieux d'avoir dû, parce que Juif, se défaire d'un petit bien foncierP 3, a en
1849 quitté les États pontificaux pour cette ville : les descendants des Juifs expulsés d'Espagne en 1492 y jouissent
depuis 1593 d'un statut exceptionnel, les lois livournaises accordant aux marchands de toutes nations un libre droit
de circulation, de négoce et de propriétéP 4.