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Une année dans le Midi[modifier | modifier le code]

Avec Paul Guillaume (à gauche) fin 1918, sur la Promenade des AnglaisA 26.
Face aux rationnements et aux bombardementsK 25, Zborowski décide en avril d'un séjour sur la Côte d'Azur, auquel
Modigliani consent car sa toux et ses fièvres continuelles sont alarmantes. Hanka, Soutine, Foujita et sa
compagne Fernande Barrey sont du voyage, ainsi que Jeanne et sa mère. En conflit constant avec celle-ci,
Amedeo traîne dans les bistrots de Nice et loge dans un hôtel de passe où il fait poser des prostituéesP 77.
À Cagnes-sur-Mer, tandis que Zborowski écume les endroits chic de la région pour placer les toiles de ses
protégésP 78, le peintre toujours éméché et bruyant68 se fait peu à peu chasser de partout. Il est hébergé par Léopold
Survage puis demeure quelques mois chez le peintre Allan Österlind et son fils Anders, dont il peint l'épouse
Rachel. La propriété jouxte celle d'Auguste RenoirM 63, leur ami de longue date à qui Anders présente Modigliani.
Mais la visite tourne mal : le vieux maître lui ayant confié qu'il aimait à caresser longuement ses tableaux comme
des fesses de femme, l'Italien claque la porte en répliquant que lui n'aime pas les derrièresM 64,K 26.
En juillet tout le monde rentre à Paris sauf Amedeo, Jeanne et sa mèreP 79. Ils fêtent à Nice l'armistice de 1918 puis,
le 29 novembre, la naissance de la petite Jeanne, Giovanna pour son père69, qui est très fierM 62 mais oublie de la
déclarer à la mairieP 80,q. Une nourrice calabraise prend soin d'elle, sa jeune mère et sa grand-mère s'en révélant
incapablesM 65. Passé la première euphorie, Modigliani renoue avec les angoisses, la boissonP 81 et les demandes
d'argent incessantes à ZborovskiM 51. Le 31 mai 1919, laissant sur place bébé, compagne et belle-mère, il retrouve
avec joie l'air et la liberté de ParisP 74.
L'artiste aurait eu besoin d'une tranquillité dégagée des incertitudes matériellesP 78 mais n'en a pas moins travaillé
avec acharnementK 25 durant cette année dans le Midi qui lui rappelait l'Italie. Il s'est essayé au paysageN 40 et a peint
énormément de portraits : quelques maternités, beaucoup d'enfants, des gens de toutes conditionsK 25. La présence
apaisante de Jeanne a globalement favorisé sa production : ses grands nus l'attestent, et si les portraits de la
« période Hébuterne » sont parfois jugés moins riches sur le plan artistique que ceux de la « période Hastings »,
l'émotion qui s'en dégage54 en a depuis fait la valeurK 25.