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Royaume du Maroc ‫المملكـة المغربيـة‬

Université Sidi Mohamed Ben Abdellah ‫جامعـة سيـدي محمـد بـن عبـد اهلل‬
Faculté Polydisciplinaire
‫الكليـة متعـددة التخصصـاتـ‬
Taza
‫تـــــازة‬

Département de droit et d’économie

Diplôme : Licence fondamentale

Filière: Sciences économiques et de gestion

Mémoire pour l’obtention de licence en Sciences

Économiques et de Gestion sous thème :

L’entrepreneuriat féminin au
Maroc

Préparé par:
 MILOUDI HAJAR CNE:1210801683
I
 BAROUDI GHIZLANE CNE:1515820972
Encadré par: Pr.BOUARFA JAOUAD
2017/2018
Tout d’abord, nous tenons à remercier Allah, la clément et la
miséricordieux de nous avoir donné la santé et le courage de
mener à bien ce modeste travail.

Nous dédions ce modeste travail à :

Nos parents, nos sœurs, nos frères et nos amis qui nous ont
présenté tout le soutien dont nous avons besoin et qui nous ont
encouragés afin de pouvoir arriver à ce stade et accomplir notre
projet de fin d’études.

Nous dédions également ce travail à toutes personnes qui ont


participé de près ou de loin à l’accomplissement de ce projet.
Tout travail de recherche n’est jamais totalement l’œuvre
d’une seule personne. À cet effet, nous tenons à remercier Mr le
professeur BOUARFA JAOUAD qui a accepté avec générosité,
d’encadrer notre projet de fin d’études pour sa patience, la
pertinente de ses conseils et l’extrême richesse de ses
explications.

Mes vifs remerciements aux professeurs de département de


sciences économiques et de gestion de La Faculté
Polydisciplinaire Sidi Mohamed Ben Abdellah TAZA.
Sommaire :

INTRODUCTION GÉNÉRALE 1

Chapitre1 : Généralités sur l’entrepreneuriat féminin 4


Section 1 : Analyse globale et spécificités..............................................................................................................5
Section 2 : le cadre général de l’entrepreneuriat féminin au Maroc......................................................................13

Chapitre2 : La femme entrepreneure au Maroc 23


Section1 : Identification des femmes chefs d’entreprisses....................................................................................24
Section2 : Obstacles et perspectives d’avenir........................................................................................................32

Chapitre3 : Les entreprises crées et/ou gérées par les femmes 42


Section 1 : les critères des entreprises féminines...................................................................................................43
Section 2 : programme et priorités d’action pour encourager l’entrepreneuriat féminin....................................48

CONCLUSION GÉNÉRALE 57

Liste des graphiques


Diagramme n°1 : le modèle des « 5m » de l’entrepreneuriat féminin: 12

Diagramme n°2: réparation des fce selon leurs tranches d’âge 24


Diagramme n° 3 : les niveaux d’instruction des fce 25

Diagramme n°4 : les diplômes obtenus après le bac par les fce 26

Diagramme n°5 : situation familiale des fce 27

Diagramme n° 6 : l’évolution de nombre d’enfants des fce 27

Diagramme n°7 : parcours professionnel des fce 29

Diagramme n°8 : principales difficultés rencontrées par les femmes chefs d’entreprises au démarrage de
leurs activités 35

Diagramme n°9 : principales difficultés rencontrées par les femmes chefs d’entreprises dans la gestion
quotidienne 35

Diagramme n°10 : répartition des enquêtées selon les motivations de la création de leurs entreprises 38

Diagramme n°11 : répartition sectorielle 45

Diagramme n°12 : répartition des entreprises féminines selon leurs formes juridiques 46

Diagramme n° 13 : type d’activité des chefs d’unité de production informel avant la création de leur unité
49

Diagramme n°14 : les domaines dans lesquels la femme entrepreneur a besoin de conseil ou de support
extérieur 51

Liste des tableaux

Liste d’abréviations

IFD : intégration de la femme au développement

IDA : Association internationale de développement

PME : Petite et moyenne entreprise


UE : Union européenne

BTP : Bâtiment et travaux publics

PMI : Petite et moyenne industrie

AFEM : Association des femmes chefs d’entreprises du maroc

FCE : Femmes chefs d’entreprises

HCP : Haut commissariat au plan


CGE
M : Confédération générale des entreprises du Maroc

TPE : Très petite entreprise

CRI : Centre régional d’investissement

INDH : Initiative nationale pour le développement humain

FSI : Fonds de soutien à l’innovation

PPEJ : Programme propager la culture de jeune entrepreneur

HEM : Hautes études de management

AMDI : Agence Marocaine de Développement des Investissement


1
L’entrepreneuriat féminin comme étant la consécration de l’esprit d’entreprise chez les femmes a connu un
grand développement à l’échelle international, c'est la volonté des femmes d’entreprendre dans le monde d’affaire.
Le développement économique de chaque pays passe nécessairement par l’intégration de la femme en tant
qu’acteur économique à part entière.

L’entrepreneuriat qui a connu un grand développement concret et un important intérêt scientifique est un
champ disciplinaire particulier. En effet, l’étude de ce champ est actuellement au cœur des analyses et des débats
théoriques et la création d’entreprises s’est avérée un véritable moteur de développement économique. Ainsi,
l’entreprise apparaît, désormais comme un élément fondamental du développement économique et social en tant
que facteur essentiel de promotion de la croissance économique et de lutte contre la précarité et la pauvreté.

En effet, l’entrepreneuriat n’est pas un acte « standard ». La complexité de son environnement, la disparité
des secteurs d’activité, la multitude d’approches et de processus de création sont autant de raisons qui nécessitent
un haut niveau de professionnalisme des organismes chargés d’accompagner les entrepreneurs.

1. Contexte de l’étude :

Au Maroc, la femme chef d’entreprise est un « métier » relativement récent, ce n’est qu’à partir des années
80, que nous avons assisté à l’apparition et au développement d’entreprises détenues et gérées par des femmes.
Ainsi, la proportion des femmes entrepreneurs est faible, ce qui ne reflet pas la réalité du mouvement de
l’entrepreneuriat féminine, généralement à cause du poids du secteur informel, ce qui limite considérablement le
nombre des femmes qui peuvent être considérées comme entrepreneurs puisque une grande majorité d’entre elles
sont présentes dans le secteur informel et réalisent des activités à domicile. Aujourd’hui, l’encouragement de
l’entrepreneuriat féminin au Maroc s’inscrit dans le cadre d’une stratégie d’amélioration de la situation de la femme
dans les différents domaines de la vie active.

2. Intérêt et problématique :

Les recherches ont, très vite, montré leurs limites, Il s'agit notamment d’un manque de fondement
théorique, la négligence des facteurs structurels, historiques et culturels, l'utilisation d'instruments de mesure
purement masculins…d’où les appels pour de nouvelles directions de recherche qui se focalisent sur la particularité
de l’entrepreneuriat féminin et qui mettent en évidence les préoccupations principales des entrepreneures qui sont le
financement, le besoin d’amélioration des compétences par la formation, et la conciliation travail famille.

Phénomène en plein essor au Maroc, et sujet académique challengeant ouvrant plusieurs possibilités de
réflexion, telles sont les raisons qui nous ont poussées à travailler sur l’entrepreneuriat féminin.

L’objectif principal de cette étude est de faire le point sur l’état des lieux complet de la problématique de
l’entrepreneuriat chez les femmes au Maroc. Autrement2 dit, cette recherche vise à répondre à la problématique
suivante : «comment l’entrepreneuriat féminin a évoluer au Maroc  ? », il a pour principal objet d'analyser d’une
part les facteurs motivants et/ou empêchants les femmes a se lancer dans le monde des affaires, et d’autre part,
les priorités d’action pour promouvoir et améliorer la situation de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.

3. Plan de l’étude :

Pour y répondre nous étudions successivement « Généralités sur l’entrepreneuriat féminin » dans le
chapitre 1, et nous verrons ensuite «La femme entrepreneure au Maroc » dans le chapitre 2, et dernièrement
nous présenterons le chapitre 3 qui porte l’intitulée suivante « Les entreprises créés et/ou gérées par les
femmes ».

3
Généralités sur l’entrepreneuriat féminin

Avant le 20ème siècle, les femmes ont fait des affaires afin de compléter leur revenu. Cependant les
femmes sont devenues plus impliquées dans le monde des
4 affaires seulement quand l'idée de «femmes dans les
affaires» est devenue acceptable au grand public. Néanmoins, ceci ne signifie pas qu'il n’y avait aucun entrepreneur
féminin jusqu'à ce temps. Au milieu du 18ème siècle, c'était normal pour les femmes de posséder certaines affaires
comme des brasseries, des tavernes et des magasins de détail. Les années 1980 et les années 1990 furent le moment
de récolter les avantages du travail acharné des femmes. En revanche, depuis les années 2000 jusqu'à nos jours, il y
a eu une évolution rapide concernant les petites et grandes entreprises dirigées par des femmes.

Inspiré de la recherche en l’entrepreneuriat, l’entrepreneuriat féminin se présente comme un sous champ de


ce domaine comme l’attestent Jennings et Brush (2013) 1. Les premières recherches ont cherché à lui conférer une
place distincte dans le champ de l’entrepreneuriat, ce qui engendré le développement d’études majoritairement
comparatives qui ont pour but d’extraire les similitudes et les différences entre les deux champs.

Les femmes entrepreneures constituent un groupe hétérogène Les littératures francophone et anglophone
s’accordent sur ce point : les différences intra-genre sont plus importantes que les différences hommes-femmes,
Cette diversité dans le genre se retrouve chez les créatrices françaises qui présentent des  profils contrastés. Malgré
l’hétérogénéité des femmes entrepreneures, elles présentent des spécificités communes, liées notamment à la
structure de leur entreprise ainsi qu’à leur rôle social.

Dans la première section, nous allons présenter, brièvement les principales approches de l’entrepreneuriat
féminin et ces différentes théories explicatives. En suite, nous présenterons les particularités et la singularité du
phénomène.

Puis, dans la deuxième section nous allons entamer le cadre général de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.
Tout d’abord, nous allons montrer l’importance de l’environnement entrepreneurial dans l’éclosion de l’entreprise,
pour déboucher sur une lecture du contexte marocain à travers les caractéristiques économiques, juridiques, socio
culturelles et institutionnelles. Le développement de l’entrepreneuriat a suscité ainsi beaucoup d’études et
d’analyses proposant des idéal-types d’entrepreneurs.

Section 1 : Analyse globale et spécificités :


1
Jennings, J. E., & Brush, C. G., Research on women entrepreneurs: challenges to (and from) the broader entrepreneurship
literature? The Academy of Management Annals, 2013, p: 663-715. Cité par Rachdi, F., l’entrepreneuriat féminin au Maroc :
une approche par le réseau personnel, Thèse pour l’obtention du doctorat en sciences de gestion, Institut Supérieur de
Commerce et d’Administration des Entreprises, 2016, p : 25. 5
1er paragraphe: l’analyse globale :

1- Positionnement sur le champ de l’entrepreneuriat :


 L’entrepreneur :

L’entrepreneur est avant tout un réalisateur de projets, quelqu’un qui dans la société perçoit une
opportunité et imagine une façon de répondre à ce besoin avant que d’autres ne le fassent ; c’est une personne qui,
face à une situation problématique, développe un projet, une vision qui transforme le problème en une occasion
d’affaires.

 L’entrepreneuriat et l’opportunité :

L’entrepreneuriat, en tant que champ disciplinaire, consiste à chercher à comprendre comment, par qui, et
avec quelles conséquences les opportunités de créer des biens et/ou des services qui n’existent pas encore, sont
découvertes, concrétisées et exploitées. Ce qui constitue ici l’essentiel du phénomène entrepreneurial, c’est la
rencontre, qui ne va pas de soi, entre les opportunités d’affaires et ceux- les entrepreneurs- qui les découvrent et les
exploitent.

 L’entrepreneuriat et l’organisation :

L’entrepreneuriat est vu comme un phénomène complexe et comme un type particulier


d’organisation impulsé par un entrepreneur qui agit pour tenter de concrétiser, au sein de la structure dans
laquelle il baigne, la vision qu’il se fait de cette organisation. Il s’efforce de la rendre conforme à la
représentation qu’il s’en fait.
 L’entrepreneuriat et La création d’entreprises :

La création d’entreprises qui représente la manifestation la plus nette du phénomène entrepreneurial


présuppose l’existence d’une idée non encore exploitée par les entrepreneurs susceptible d’être appliquée
dans une organisation afin de susciter et / ou de satisfaire un besoin sur le marché.
En principe, cette création se fait généralement sur une petite échelle avec la naissance d’une petite
entreprise indépendante. C’est ce qui relève proprement parler de l’entrepreneurial.

2- Positionnement sur le champ de l’entrepreneuriat féminin :


 L’entrepreneuriat féminin : 6
A la suite de Ndongo et Oudraogo2 l’entrepreneuriat féminin est défini comme : « un ensemble d'activités
mises sur pieds et gérées par les femmes elles-mêmes indépendamment de la taille de l'entreprise».
L'entrepreneuriat féminin désigne aussi les activités des femmes qui se prennent en charge, qui s'organisent pour
créer des activités économiques rentables dans les secteurs formel et/ou informel.

 L’esprit d’entreprise chez les femmes :

L’esprit d’entreprise peut être défini comme étant l’aptitude d’une personne ou d’un groupe de personnes à
prendre des risques pour engager des capitaux dans une organisation afin de réaliser des bénéfices 3.

En effet, les femmes sont de plus en plus nombreuses à assurer l'entretien de plusieurs autres personnes.
Comme l'ont confirmé certaines études, la taille des ménages a plus augmenté pour les ménages dirigés par les
femmes. Dans beaucoup de domaines, ce sont souvent les contributions des femmes qui permettent à la famille de
vivre dans des conditions décentes. Le développement des micros entreprises est particulièrement important pour
les femmes car elles y trouvent les revenus additionnels dont elles ont cruellement besoin pour assurer la survie de
leur famille et de leurs enfants.

De plus cette montée de l'entrepreneuriat féminin participe à ce vaste mouvement de l'innovation et de


l'initiative qui permet de diversifier les profits des entrepreneurs et d'inscrire ses créations d'activités dans le cadre
de l'ajustement structurel continu des économies locales.

L'entrepreneuriat féminin est donc cet esprit d'initiative des femmes qui se manifeste de manière
prépondérante ; les femmes ont tendance à s'organiser compte tenu des ressources disponibles pour satisfaire leurs
besoins.

 L’entrepreneuriat féminin et le développement :

Beaucoup de chercheurs ont réfléchi sur la question de l'entrepreneuriat féminin et de l'intégration de la


femme au développement (I.F.D.). Par rapport à l'I.F.D. Boserup Ester 4 a souligné l'urgence de procurer aux jeunes
filles des possibilités d'instruction et de formation professionnelle, de les inciter à faire usage des possibilités qui
leur sont offertes pour faire carrière dans la modernisation du milieu rural et dans le milieu moderne urbain .

3- Les théories explicatives : économique et sociologique :


Tous ces modes d'explication peuvent être rattachés à deux types d'approches théoriques: économique ou
sociologique :

2
Gasse, Y., profession entrepreneurs, transcontinatales inc fondation de l'entrepreneurship, 1993, p : 315.
3
Robé, J.P., l’entreprise et le droit, PUF, collection Que sais je ? 1999. Cité par Boussetta, M., entrepreneuriat féminin au
Maroc : environnement et contribution au développement économique et social, Investment Climate and Business Environment
(ICBE) Research Fund , Dakar, Juillet 2011, p : 9.
4
Boserup, E., La femme face au développement économique, Paris, 7 PUF, 1983, p: 15.
 La tendance économique: est celle qui regroupe les chercheurs qui expliquent la rareté de la réussite des
femmes entrepreneures par leur manque d'esprit entrepreneurial indispensable à l'économiste, dû à
plusieurs raisons que sont leur analphabétisme ou leur faible niveau d'instruction et leur manque de
formation professionnelle en gestion en administration.
 La tendance sociologique: quant à elle soutient la théorie de 1'homo-sociologicus qui ne serait pas guidé
uniquement par la maximisation du profit, mais plutôt par des raisons sociales dans ses décisions au sein de
l'entreprise. D'un coté, on pourrait dire que ces deux approches sont divergentes; les préoccupations de
l'homo-sociologicus semblent contradictoires ou même défavorables au développement d'une activité
lucrative, puisque tout investissement qui ne vise pas la production et la maximisation du profit est
considéré comme désaccumulation ou désinvestissement par l'économiste classique.

Pourtant, l'homo-sociologicus peut être considéré comme un dépassement de l'homo-économicus selon


Weber et Pareto. En effet, en dépit de l'apparente opposition qui existe entre les faits sociaux et les faits
économiques, les actions non-logiques ou non-rationnelles et les actions logiques ou rationnelles par rapport à un
but5, la sociologie prend en considération tous les types d'actions donc s'immisce dans le domaine de l'économie.

Weber6 parle d'une mentalité économique, d’un éthos capitaliste qui serait un ensemble de bénéfices
psychologiques, d'objectifs irrationnels, historiquement déterminés et procurés par la conduite éthique. Cette
éthique serait observable à travers l'économie du désir et l'ordre moral qui sanctionne positivement et négativement
les conduites d'accumulation. Ou de gaspillage. Les conduites variant d'une culture à une autre, on peut en déduire
que la mentalité économique varie de la même façon.

En économie, une action est logique ou rationnelle si les fins correspondent aux moyens mis en œuvre pour
les réaliser. Pour l'agent social par contre, les moyens ne correspondent pas toujours aux fins, parce qu'il est souvent
guidé par des valeurs qu'il aura intériorisées et plus généralement par divers conditionnements éthiques cognitifs.
C'est pour cette raison que Weber propose le concept de «wenrationell» ou rationnel par rapport aux valeurs, et
Ainsi, l'action de l'homo-sociologicus devient adaptée non à des fins mais à des valeurs. Pareto, établit quatre types
d'actions non-logiques dont les deuxième et quatrième sont particulièrement importants pour le sociologue. Selon le
deuxième type d'action non-logique, l'acteur s'imagine faussement que les moyens qu'il emploie sont de nature à
provoquer le but qu'il désire. Le dernier modèle correspond aux actions logiquement liées aux moyens employés et
dont l'acteur conçoit subjectivement un certain rapport entre les moyens et les fins sans que les consécutions
objectives correspondent aux consécutions subjectives.

2 éme Paragraphe : Spécificités de l’entrepreneuriat féminin :

1- Les compétences particulières :


5
Boudon, R, R.., La logique du social, Pluriel, 1979, p : 28-34.
6 8 1991, p: 286
Weber, M., L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Plon,
Beaucoup de travaux ont mis en évidence le spécifié de l’entrepreneuriat féminin en terme de
différenciations de personnalité et de vision cognitives, sans considérer la femme comme un entrepreneur à part,
puisqu’elles déploient pratiquement les mêmes capacités d’initiative et de gestion que les hommes. Néanmoins il
faut admettre qu’elles mettent une touche plus personnelle et féminine à leurs compétences classiques dont
disposent tout entrepreneur quelque soit son sexe.

Les femmes sont considérées comme normatives, intuitives, rapides et ingénieuses. Les hommes, en
revanche sont supposés être sensitifs et analytiques. Les objectifs recherchés par les femmes entrepreneurs
dépasseraient ceux de la croissance et de la performance de leur entreprise.

A partir de ces considérations, plusieurs compétences particulières des femmes peuvent être soulignées
dont notamment :

- Tout d’abord, une attitude communicante et des grandes qualités d’écoute. Ainsi l’un des aspects essentiels de la
valeur ajoutée des femmes est leur tendance à cultiver les relations personnelles et à être présentes sur les réseaux
en utilisant leur habilité en matière sociale et de communication.

Ce facteur humain et culturel représente un véritable atout pour les femmes entrepreneurs qui font souvent entrer en
jeu les sentiments au niveau de leur gestion quotidienne de leur entreprise ainsi que leurs qualités féminine ;

- Ensuite, un style de management discret qui s’inspire du modelé de l’économie domestique dont la gestion est
discret et cachée. Les femmes sont de grandes bosseuses qui travaillent dans les coulisses, qui sont peu préoccupées
par l’apparat et qui ont l’expérience du maniement de l’argent.

Généralement, elles sont beaucoup plus sérieuses, mettent l’accent sur les aspects perfectionnistes tout en ayant le
souci du détail et de l’efficacité.

- Enfin, une bonne maîtrise du temps tout en s’inscrivant dans la durée. En effet, les femmes savent souvent
calculer et bien gérer leur temps, utiliser à fonds et efficacement leurs potentialités et adopter une politique d’étapes
et de patience. Par conséquent, leur démarche se caractérise par l’endurance et la ténacité dans la mise en œuvre de
leur projet.

Parfois, ces qualités peuvent constituer des handicapes dans le métier d’entrepreneur. Ainsi par exemple, le
côté affectif des femmes représente un point faible en matière de travail et de prise de décision. Les entrepreneurs
qui ont réussi ne sont pas souvent ceux qui font des sentiments, mais ceux qui tranchent, qui fixent des positions,
des limites…

2- La singularité de l’entrepreneuriat féminin :

9
La littérature qui est assez riche dans ce domaine est fondamentalement fondée sur la comparaison
homme /femme afin de mettre en exergue la singularité de l’entrepreneuriat féminin. D’où la nécessité d’un
accompagnement spécifique et d’une politique appropriée dédiée à la promotion de ce genre d’entrepreneuriat,
dans le cadre notamment d’une discrimination positive (quotas de financement, marchés publics réservés…).

Indépendamment de la dimension genre qui demeure essentielle dans ce cadre, les problèmes spécifiques
rencontrés par les femmes dépendent largement du statut social de la femme qui demeure lié au contexte social,
culturel et parfois politique.

La littérature récente plaide pour un design de recherche multidimensionnel, qui englobe l’ensemble des
variables exerçant une influence sur la pratique entrepreneuriale chez les femmes. C’est ainsi que Brush et al.
(2009)7 ont proposé le modèle des 5M.

Inspiré du modèle des 3M de Bates al (2007) 8 et de la théorie institutionnelle, avancé comme essentiel pour
le lancement et le succès des entreprises, Brush et al (2009) proposent un nouveau modèle qui appréhende le
phénomène entrepreneurial au féminin de façon holistique. En partant du postulat que l’entrepreneure est
socialement encastrée, il convient donc de mettre les normes, les valeurs et les attentes externes au cœur de leur
compréhension du phénomène. Non seulement, ils proposent une adaptation des 3M, à savoir Monnaie (Money),
Marché (Market) et M (Management), à la singularité de l’entrepreneuriat féminin mais proposent une extension du
modèle à 5M en introduisant les « Maternité » et « Méso/Macro environnement ».

La Maternité renvoie à une métaphore représentant la famille, attirant ainsi l'attention sur le fait que la
famille pourrait avoir un impact plus important sur les femmes que les hommes (Jennings et McDougald, 2007).
Toutefois, la composition de la famille. Méso-Macro environnement est une composante qui intègre, au-delà du
marché et des institutions, les attentes de la société, les normes culturelles et les structures.

Le macro environnement comprend généralement les politiques nationales, les stratégies, les influences
culturelles et économiques; tandis que le Méso environnement reflète les spécificités régionales, politiques,
économiques et parfois même culturelles.

Les deux composantes Maternité et Méso-Macro environnement conditionnent les accès individuels aux
trois premiers M, car ce sont des variables distinctives de l’entrepreneuriat féminin par opposition aux 3M du
modèle de Bates, qui sont des variables indispensables à toute entreprise, quel que soit sa nature ou l’identité de son
créateur.

7
Brush, C, G, De Bruin, A & Welter, F, A., gender-aware framework for women's entrepreneurship, International Journal of
Gender and entrepreneurship, 2009, p : 8-24. Cité par Rachdi, F., op.cit, p: 41-43.
8
Bates, T, Jackson, W.E. III and Johnson, J.H. Jr., Introduction to the special issue on advancing research on minority
entrepreneurship, Annals of the American Academy of Political Science and Social Science, Vol. 613, 2007 , p: 10-17, Cité par
Rachdi, F., op.cit, p : 41-43 10
Brush et al. Soulignent que la distinction entre les deux peut ne pas être évidente, par exemple les inégalités
subies par les femmes au sein de la famille sont intimement liées à la définition socio-culturelle du rôle de la
femme. Mais, pour des raisons de clarté et pour mettre en évidence l’impact du genre, le M. de Maternité a été
maintenu de façon distincte, tout en soulignant les interconnexions possibles-matérialisées par le diagramme de
Venn- et en reconnaissant une dichotomie artificielle.

Le modèle des 5M, a été adopté comme une explication intégrative du phénomène. Son principal apport est
la considération de l’expérience sociale des femmes entrepreneures, en intégrant des facteurs psychologiques et
sociaux dans un design de recherche multidimensionnel.

Diagramme n°1 : Le modèle des « 5M » de l’entrepreneuriat féminin:

Macro environnement

Maternité

Méso environnement

Source : Brush et al. (2009 :13)9

3- L’autonomisation économique des femmes :


L’élargissement des perspectives économiques des femmes est l’un des moyens les plus productifs
d’assurer la croissance économique. La stratégie du Groupe de la Banque mondiale en matière de genre a pour
objectif d’éliminer les écarts qui caractérisent l’accès à l’éducation et les insuffisances des services de santé
maternelle dans les pays où elles persistent. Elle vise également à accélérer le rythme des efforts déployés pour
améliorer l’accès des femmes à des emplois plus satisfaisants et plus nombreux ; leur permettre d’être propriétaires
d’actifs (terres et logements, notamment) ; et leur donner accès à des services technologiques, financiers et
d’assurance. Elle cherche ainsi à accroître les moyens dont disposent les femmes pour se faire entendre et agir au

9
Brush.C. G, de Bruin, a. & Welter, f. a gender-aware framework for women's entrepreneurship. international journal of gender
and entrepreneurship, 2009, p: 8-24, Cité par Rachdi, F., op.cit,11
p: 43.
foyer, dans la collectivité et à divers échelons des administrations publiques, et aussi à faire participer les hommes
et les garçons à la formulation d’options pour promouvoir l’égalité des sexes. Il faudra également, pour accélérer le
rythme auquel de nouvelles perspectives économiques s’ouvrent aux femmes, s’attaquer aux défis connexes qui
vont, notamment, de l’accès aux services financiers au droit de posséder des actifs. L’Initiative de financement en
faveur des femmes entrepreneurs, nouvel instrument de financement administré par le Groupe de la Banque,
s’attaque précisément aux obstacles économiques auxquels se heurtent les femmes entrepreneurs et les petites et
moyennes entreprises appartenant à des femmes. La Banque mondiale a entrepris de systématiquement recueillir
des données et de réunir des faits probants dans ces domaines, et aussi de faire part de ses réflexions à ses clients.
Le Laboratoire d’innovation pour l’égalité des sexes en Afrique 10, par exemple, favorise l’adoption d’interventions
efficaces. Une récente évaluation de l’impact d’un programme de développement de compétences non cognitives
mené au Togo a fait ressortir une augmentation de 40 % des bénéfices des entreprises appartenant à une femme. À
la lumière de cette évaluation, il est prévu de reproduire cette démarche en Mauritanie, au Mexique, au
Mozambique et en Éthiopie. La Banque s’efforce aussi d’accroître la disponibilité et la qualité de données ventilées
par sexe, sans lesquelles il n’est pas possible de comprendre l’ampleur du problème et de mesurer les progrès. Des
programmes pilotes de collecte de données seront lancés dans au moins six pays IDA dans le cadre de la 18e
reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA-18) pour obtenir des
informations sur l’emploi, les actifs et l’entrepreneuriat directement auprès des personnes interrogées.
L’engagement a aussi été pris, dans le cadre d’IDA-18, de formuler et de mettre en œuvre un plan d’action pour
l’application des recommandations du Groupe de travail mondial sur la violence sexiste mis sur pied par le
Président du Groupe de la Banque durant l’exercice 17 dans le but de renforcer les activités de prévention, la
conception et la supervision d’interventions et l’établissement des rapports correspondants de manière à réduire la
violence sexiste dans le cadre des opérations menées par l’institution dans le secteur des infrastructures. Le Groupe
de la Banque mettra également à disposition un montant d’au moins 3,5 millions de dollars sur une période de cinq
ans pour décerner des prix à l’innovation pour la prévention des violences sexistes et la riposte à ces actes dans les
pays à faible revenu et à revenu intermédiaire dans le cadre du concours Development Marketplace.

Section 2 : le cadre général de l’entrepreneuriat féminin au Maroc :

1er paragraphe: L’environnement entrepreneurial :

1- Éléments de définition :
Appréhender l’entrepreneuriat renvoie à le considérer comme un système ouvert et dynamique, car
l’entrepreneur conduit un processus qui lui permet de réaliser son projet dans un environnement qui le contraigne et
l’influence. Les facteurs environnementaux et situationnels agissent de manière contingente pour favoriser ou
inhiber le processus entrepreneurial dans ses différentes phases.
10
La banque mondiale, rapport annuel 2017, p : 23. 12
La dialogique créateur /projet entreprise nouvelle baigne dans des environnements divers, à dimensions
multiples, perçus par le créateur comme étant plus ou moins hostiles ou favorables à la création de son entreprise.
Les trois niveaux de l’environnement entrepreneurial :

 L’environnement général :

Cet environnement peut être plus ou moins favorable ou hostile à la création d’entreprise et à l’entreprise en
général. Bruyat11 a distingué l’environnement global de l’environnement local.

Environnement global (ou conditions générales) : l’épanouissement de l’entreprise privée suppose des
conditions minimales concernant le statut de la propriété privée, la sécurité des échanges et des individus, une
certaine stabilité des conditions politiques…Toutes choses qui sont acquises, depuis longtemps, dans les pays
développés occidentaux, mais qui posent de réels problèmes pour les pays moins industrialisés. D’autres facteurs
généraux de l’environnement peuvent jouer un rôle inhibiteur ou facilitateur : coûts et disponibilité du financement,
régimes fiscaux de la création d’entreprise et mesures spécifiques d’incitation, réglementations, difficultés et coûts
de procédures de création, valorisation du statut de l’entrepreneur privé et du chef d’entreprise…

L’environnement local : est d’une grande importance dans la mesure où la plupart des entrepreneurs
créent là où ils vivent, des entreprises qui tiennent en priorité des liens d’affaires avec des partenaires locaux. Il
aura une influence sur la possibilité de créer, sur les manières de procéder pour réussir le lancement, sur les chances
de développement de la nouvelle entreprise. Les principaux facteurs locaux favorisant la création d’entreprise sont
les suivants : un environnement économique local développé, dense et diversifié comportant de nombreuses
entreprises incubatrices ; la présence de sociétés de capital risque, d’individus susceptibles de participer au
financement des jeunes entreprises, d’un tissu d’organismes financiers habitués au financement de la création
d’entreprise ; des infrastructures satisfaisantes (routes, moyens de communication et de télécommunication,
aéroports…) ; la présence de fournisseurs, de sous-traitants, d’une main d’œuvre qualifiée et d’un marché pertinent;
la présence des universités et de laboratoires pour la création d’entreprise de haute technologie ; un climat d’affaires
favorable à la création, des systèmes et des réseaux d’appui à la création d’entreprise.

 L’environnement spécifique du créateur :

Avec son environnement familial, social, professionnel

 L’environnement spécifique du projet-entreprise nouvelle :

Les turbulences, les incertitudes, l’ampleur des marchés pertinents, les technologies, les barrières à l’entrée,
la structure de la concurrence, l’insertion du projet dans une filière...

11
Bruyat, C, Création d'entreprise: contributions épistémologiques et modélisation, Doctoral dissertation, Université Pierre
Mendès-France-Grenoble II, 1993, p : 231. Cité par Rachdi, F.,13
op.cit, p : 107.
Gasse (2003)12 a fait une lecture similaire au phénomène et atteste que « En fait, l'évolution de
l'entrepreneurship est fonction de l'interaction dynamique de caractéristiques individuelles et de facteurs socio-
environnementaux ». Ainsi, il propose trois niveaux d’analyse qui font apparaître non seulement la multiplicité des
liens et les causalités mais aussi l’interpénétration constante des problématiques individuelles et sociales. Ces trois
niveaux sont :

 Niveau de la désirabilité : renvoie à cerner les facteurs du milieu (famille et proche, niveau d’instruction
et compétences, profil psychologique, expérience et âge) immédiat qui peuvent influencer l’attraction ou
encore mieux, la désirabilité.
 Niveau de la faisabilité : un niveau qui est fonction d’une série de perceptions positives de l’entrepreneur,
des attitudes de son entourage (dimension socio-culturelle), mais aussi la présence (ou non) de groupement
d’entreprise qui augmentent l’accessibilité à des moyens et ressources pertinents à la création d’entreprise.
 Niveau de la création : ce sont les facteurs qui permettent le passage à l’action, une fois les deux niveaux
précédemment cités sont présents. Ils revoient à la localisation, la nature de l’entreprise, les facteurs
déclencheurs (motivations), la formation d’équipe et la présence d’université.

2- Les déterminants environnementaux de l’entrepreneuriat féminin au Maroc :


 L’environnement économique :

 L’histoire de l’économie mamrocaine :

Depuis les années soixante, le Maroc a adopté un certain nombre de mesures et a mobilisé des moyens qui
n’ont pas échappé à des changements et des inflexions. Trois périodes majeures ont marqué l’histoire de l’économie
marocaine : la période de 1960-1982, la période de 1983-1999 et puis 1999 jusqu’à nos jours. Apporter un
éclairage, même succinct, sur l’histoire de l’économie au Maroc va nous permettre de comprendre la structure des
entreprises et la contribution des femmes dans l’économie marocaine :

La période de 1960-1982 a été marquée par une stratégie de repli sur soi caractérisée par un interventionnisme et
par la loi de la marocanisation (militantisme économique), visant à créer les conditions d’émergence d’une classe
d’entrepreneurs marocains capables de relever les défis de la période post coloniale.

La deuxième période allant de 1983 jusqu’à 1999, a été marquée par une politique libérale, dont l’objectif est le
retrait de l’Etat de la sphère économique à travers la déréglementation, libéralisation et la privatisation.

12
Gasse, Y., L’influence du milieu dans la création d’entreprises, Organisations et territoires, 2003, p : 49-56, cité par Rachdi,
F., op.cit, p : 108. 14
Ainsi et depuis les années 2000, et sous le règne de sa Majesté le Roi Mohamed VI, l’économie marocaine a
connu des transformations profondes visant une croissance inclusive, créatrice d’emploi et réductrice des disparités
sociales, et ce à travers cinq principaux axes :

 Développement de stratégies sectorielles telles que la nouvelle stratégie industrielle (2014-2020) visant
différents secteurs (l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique et spatial, l’électronique, le textile, le cuir et
l’agroalimentaire), Plan Maroc Vert (développement agricole), Plan Halieutis (promotion de la pêche),
Pacte Emergence dédié aux PME, le Plan Azur (la création de six stations balnéaires : Saïdia, Larache,
Mogador, Mazagan , Taghazout Plage Blanche ) Politique des grands chantiers d’infrastructures (Tanger-
Med, Nador Ouest Med, TGV, autoroutes, télécoms, …).
 Libéralisation de plusieurs secteurs considérés comme leviers de l’économie (marché financier, télécoms,
…) et amélioration continue du climat des affaires;
 Politique d’ouverture économique : statut avancé avec l’UE, plusieurs accords avec les Etats Unis et
nouvelle coopération avec la Chine et la Russie. Une grande ouverture sur les relations sud-sud avec
notamment les pays africains.
 Orientation vers les énergies renouvelables (énergie éolienne et la 1ère centrale thermo-solaire Noor de
Ouarzazate).

 La prépondérance des PME dans l’économie marocaine :

Les petites et moyennes entreprises constituent la base du tissu productif du Maroc. Numériquement, elles
représentent 95% de l’ensemble des entreprises (en se basant sur la définition de la charte de la PME). Cependant
leur participation à l’activité économique reste modeste (40% de la production), et 31% des exportations avec une
participation uniquement de 21% la création de la valeur ajoutée globale. Elles sont présentes dans tous les secteurs
de l’activité économique marocaine : l’agriculture, l’industrie, l’artisanat, le BTP, les commerces et enfin les
services qui incluent le tourisme, les communications, les transports et les services financiers.

L’activité féminine est très importante au Maroc. Le fait d’être active est un atout considérable car il
procure à la femme une autonomie financière et par conséquent plus de liberté. Malgré un contexte culturel qui
prône toujours le rôle domestique de la femme. Un rôle dont l’impact économique n’est pas évalué à sa juste valeur
et qui représente un fardeau pour la femme active. En effet, avec l’apparition de la famille nucléaire, la femme
active ne peut plus compter sur l’entraide féminine traditionnelle (grands-mères, tantes…), en sus la culture et
l’idéologie perpétuent la répartition sexuelle des tâches en attribuant à la femme les fonctions d’épouse, de mère et
de ménagère, sans qu’elle puisse compter sur l’époux qui demeure le chef de famille.

Le chercheur en matière d’impact économique des activités féminines sera confronté à un double challenge.
Premièrement, la difficulté de cerner l’étendue et le poids des activités, qui sont majoritairement dans le secteur
15
tertiaire où les activités souterraine et informelle sont omniprésentes. Deuxièmement, la difficulté de quantifier
l’impact économique et la valeur ajoutée dégagée par les activités domestiques (particulièrement dans le milieu
rural où la distinction entre le professionnel et le domestique est difficile).

 L’environnement social :

 La place de la femme dans la culture marocaine :

La culture marocaine trouve son origine dans un système multidimensionnel inspiré de la culture arabo-
musulmane, berbère, africaine, et méditerranéenne. Des origines qui ont façonné, chacune à sa manière, les
représentations sociales à l’égard de la femme.

La femme se définit dans la société marocaine traditionnelle par sa qualité d’épouse ou sa qualité de mère,
en effet elle n’a de véritable statut qu’une fois mariée…les seuls rôles sociaux qui lui sont dévolus sont ces deux
fonctions complémentaires, c'est-à-dire la soumission à son époux et à la procréation. Elle demeure aussi, confinée,
dans un système de la « h’chouma », construit sur un ensemble de règles et coutumes préislamiques (telles que
priver les femmes rurales de leur droit à l’héritage dans le cas des terrains de Joumou ou Guiche), qu’il est difficile
de transgresser sans être écarté de toutes les relations de groupes, construites autour de la notion de la famille, de
patriarcat et de la pudeur.

La place de la femme diffère en fonction de son appartenance à une caste sociale : « la place des femmes
dans la famille bourgeoise ne changeait pas au même rythme que celui des femmes des faubourgs et des bidonvilles
ou encore moins de celui des femmes rurales» 13. Ainsi, un autre niveau d’analyse peut être apporteur de généreuses
informations : la différence entre la femme rurale et la femme citadine.

 La femme aux yeux de l’islam

La société marocaine s’est ancrée dans les sociétés patriarcales où l’on prône la suprématie du sexe
masculin. Cet équilibre a été drapé d’une légitimité religieuse qui impute abusivement ces dérapages à l’Islam, les
règles de gestion et de comportements sociaux sont le résultat d'une production culturelle misogyne abusivement
attribuée à l'Islam.

Deux positions ont émargées lors de la mise en place de la nouvelle Moudawana (code de la famille en 2004) :

 Une position moderniste qui considère qu’il ne faut pas rester cloitré dans les interprétations exclusives du
Fikh, mais propose une lecture contextualisée de la situation de la femme.

13
Zerari, H., Femmes du Maroc entre hier et aujourd’hui : Quels changements ?, Recherches internationales, n° 77, 3 - 2006,
p : 65-80. 16
 Une position traditionnaliste qui réfute le principe de l’égalité entre homme et femme et le considère
comme une hégémonie occidentale.

Sur le plan pratique, l’islam a octroyé divers droits à la femme : droit à l’instruction, le droit de faire des
transactions, le droit de vendre, d’acheter, d’être propriétaire, sans aucun contrôle du père, du mari, du frère ou
autres personnes ainsi que le droit à l’héritage.

 L’environnement juridique :

Avant le code de commerce de 1996, la femme n’avait pas le droit de disposer seule de l’usufruit de son
travail, de gérer librement et de dépenser son argent sans autorisation de son mari. Le code de 1996 est venu
supprimer cette disposition en octroyant à la femme l’entière liberté de faire du commerce, de créer ou d’exercer
une activité économique pour son propre compte.

 les textes législatifs :

La Constitution de 2011 : l’article 19 stipule que « L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et
libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et
dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment
ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du
Royaume. L’État marocain œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé, à cet effet,
une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination ».

La réforme de la Moudawana (code de la famille) 2004 : Terminé le statut de « la femme mineure » qui
passe de la tutelle du père, de l'oncle ou du frère à celle du mari. C'est une véritable révolution culturelle et
juridique qui a été impulsée par sa Majesté le roi Mohammed VI. les principaux changements apportés par le
nouveau code touchent:

 La coresponsabilité : la famille devient un devoir commun des deux époux, faisant disparaitre le précepte
d’obéissance que la femme devrait à son mari.
 Polygamie : soumis à une autorisation du juge, et éventuellement à une clause au contrat de mariage
interdisant à l’époux de se remarier, les conditions stipulées pour un mariage polygame sont tellement
difficiles que ce dernier devient presque impossible à pratiquer.
 Répudiation : elle n’est plus du monopole exclusif de l’époux. Sa Majesté le Roi, a précisé « Je ne peux
autoriser ce que Dieu a interdit et interdire ce que Dieu a autorisé ». Ainsi la répudiation et la polygamie ne
peuvent pas être interdites mais fortement encadrées par l’intervention du juge.
 Héritage : les petits fils du côté maternel disposent des mêmes conditions que les descendants du coté
paternel pour hériter de leur grand-père.
17
 Définition de l’âge minimum de mariage à 18 ans pour les deux sexes au lieu de 15 ans mentionné dans
l’ancien texte pour les femmes.
 Tutelle (wali) : le tuteur (wali) n’est plus obligatoire pour le mariage. Il suffit que la femme atteigne l’âge
de la majorité, pour qu’elle puisse prendre son droit à se marier selon sa volonté.
 L’expression : la rédaction d’un style contemporain qui rompt avec une terminologie jugée nuisible à la
dignité de la femme.

La réforme du DOC et code du commerce : Ces droits ont été établis, d’une façon explicite par la
suppression de l’autorisation maritale, exigée auparavant pour l’exercice du commerce (code du commerce, 1995),
et pour la passation d’un contrat de travail (Dahir des obligations).

Promulgation de la loi pour la nationalité (2007) : la femme marocaine a le droit de transmettre sa


nationalité à ses enfants non marocains.

L'entrepreneuriat féminin renforcé par le nouveau code de la famille, Alors que l’islam donne à la femme
le droit de disposer seule de l’usufruit de son travail éventuel et le droit de gérer ses affaires et la liberté de dépenser
son propre argent selon ses besoins, le code du commerce d’avant 1996, la privait de ce droit à défaut d’une
autorisation de son mari. La révision de ce texte en 1996 a supprimé ces articles, en donnant ainsi à la femme
l'entière liberté de créer un commerce ou une entreprise et d'exercer toute activité économique à son propre compte.
Les nouvelles dispositions de la Moudouwana révisée viennent renforcer l'indépendance et la liberté de la femme.
En mettant la famille sous la responsabilité conjointe du couple, la femme se voit capable d’assumer la même
responsabilité que son conjoint et de ne plus se contenter du second rôle dans la gestion de la famille. Ce qui
représente une source d’épanouissement qui ne sera pas sans effet sur la vie professionnelle.

2éme paragraphe : typologie et cadre institutionnel :

1- typologies entrepreneuriales :
Sur ce plan théorique, le développement de l’entrepreneuriat a suscité ainsi beaucoup d’études et
d’analyses proposant des idéal-types d’entrepreneurs. Ainsi plusieurs types d’entrepreneurs ont été distingués sur la
base de quelques caractéristiques considérées comme fondamentales.

Le paysage entrepreneurial n’est donc pas homogène un peu partout, ce qui représente d’ailleurs l’une de
ses grandes forces et l’un de ses atouts majeurs. Il en est de même au Maroc où ce genre d’entrepreneuriat apparaît
hétérogène et les études existantes sont incomplètes et insuffisantes.
18
 Les six catégories de femmes entrepreneurs :

Les filles de familles entrepreneuriales qui sont souvent des héritières et bénéficiant de l’appui logistique
et du soutien financier de la famille. Il s’agit essentiellement d’entreprises créées par le père et repris par la ou les
filles au terme d’études de gestion ou de commerce. Ce sont des femmes entrepreneurs pour lesquelles leurs
entreprises représentent un devoir de transmission en prenant la relève. Elles ne sont pas toujours « seules » en
entreprenant en tant qu’ « alliées » ou mandatées tout en étant insérées dans des groupes industriels et saisissants
toutes les opportunités de la libéralisation économique.

Les femmes de la Petite et Moyenne Industrie (PMI) qui sont des entrepreneurs ayant un fort caractère
et une grande personnalité pour lesquelles l’entrepreneuriat est un long processus d’imposition de soi même. Elles
investissent des créneaux porteurs, souvent d’âge mur et ayant fait carrière dans l’administration leur permettant de
profiter de leur longue expérience et de leurs réseaux institutionnels.

Les femmes exerçant une activité génératrice de revenus afin de s’auto – employer et promouvoir leur
insertion socio – économique. Il s’agit pour l’essentiel d’initiatives individuelles provenant de femmes qui
appartiennent leur grande majorité aux milieux plus ou moins défavorisés. Les femmes disposent souvent d’un
savoir et/ ou d’une formation ou bénéficient d’un certain environnement favorable: capital, affaire familiale… les
aident à entreprendre plus ou mois facilement.

Les propriétaires de micros et petites entreprises artisanales ou de la petite industrie (couturières,


pâtissières…). Il s’agit de femmes qui tentent par leur volonté de faire face aux difficultés de la vie personnelle
dans un souci d’indépendance et d’accomplissement personnel. Ce sont pour la plupart des petites productrices qui
travaillent comme sous-traitantes et qui sont forment concurrencés par le secteur informel. Leur atout provient de
leur faculté à stimuler le marché et à créer une demande avec sans cesse de nouveaux produits tout en maintenant la
qualité afin de pouvoir faire face à la concurrence parfois déloyale.

Les femmes commerçantes (parfums, prêt-à-porter…) ayant un fort savoir commercial et recherchant une
certaine autonomie professionnelle et financière. Leurs fortes qualités relationnelles (négociation, confiance,
écoute…) représentent leur plus important atout en mettant en œuvre des stratégies de fédération de leur clientèle.
Ce sont des femmes polyvalentes capables de s’adapter au marché en étant présentes dans toutes les étapes du
processus du produit. Ceci est d’autant plus important qu’elles doivent affronter la concurrence liée aux
importations.

Les femmes de survie qui entreprennent malgré elles. L’entrepreneuriat n’apparaît pas comme une
décision volontaire, mais plutôt comme un choix forcé en réponse à une rupture économique ou sociale (décès du
mari, divorce…).Ce sont des entrepreneurs qui se sont appuyée sur une aide familiale : garçon, mari…et qui

19
doivent résoudre en permanence diverses contraintes telles que la diversification des stocks, la gestion de leurs
fonds de roulement…

2- Le cadre institutionnel :
Le développement de l’entrepreneuriat féminin est devenu une partie intégrante de la stratégie du
développement du pays. Diverses associations et organismes, conscients du rôle fondamental de la femme dans le
domaine social, économique ont fait de la femme un acteur essentiel grâce à un appui international (PNUD, Banque
Mondiale…). Ainsi, un véritable cadre de promotion de l’entreprise féminine au Maroc a été mis en place
constituant un véritable réseau d’appui et de soutien aux femmes entrepreneurs.

Lors de la dernière décennie, le Maroc s’est fortement mobilisé autour de la question des droits de la femme
et c’est ainsi qu’il a eu la création de plusieurs instances qui en font leur cheval de bataille, on note
particulièrement: Le Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social, l’Autorité
pour la Parité et la Lutte contre toutes les Formes de Discrimination, le Conseil Consultatif de la Famille et de
l’Enfance, l’Observatoire National pour l’Amélioration de l’image de la femme dans les médias (2015),
l’Observatoire de violence à l’égard des femmes (2013), l’Observatoire de l’Egalité de Genre dans la Fonction
Publique et aussi le Centre d’Excellence de la Budgétisation Sensible au Genre auprès du Ministère de l’Economie
et des Finances. En sus, nous notons l’activité de la société civile qui s’est imposée depuis les années 80 comme
partenaire incontournable du gouvernement sur la question de la femme, d’ailleurs Tozy confirme ce dynamisme
et explique qu’il est l’indication d’un certain éveil de la société civile : « L’administration développe désormais un
discours très positif sur les bienfaits du mouvement associatif qui serait une manifestation éclatante de l’ouverture
démocratique du pays et du dynamisme d’une société civile en structuration» 14 .

Conclusion du chapitre 1 :

Ce premier chapitre de la recherche est familiarisé sur le revu de littérature de l’étude qui vise à éclairer
les concepts clés de la recherche ainsi que sur leur spécificités et importance économique, ce chapitre théorique
nous a permet aussi de déterminer le contexte global de notre recherche au Maroc, en mettant l’accent sur le cadre
institutionnel et relations environnantes, d’où l’intérêt du chapitre suivant, qui va nous permettre d’exposer les
déterminants clés des femmes entrepreneures au Maroc, ainsi que les facteurs motivationnels et les obstacles qui
leur rencontre.

14
Tozy, M., La société civile entre transition démocratique et consolidation autoritaire: le cas du Maroc. In Les sociétés civiles
dans le monde musulman, La Découverte, 2011, p. 249-270. Cité 20 par Rachdi F., op.cit, p: 129.
21
La femme entrepreneure au Maroc

La Femme Marocaine connue pour son dynamisme, son savoir-faire et son savoir-être se révèle être
également une femme d’affaires efficace qui a su s’imposer dans la durée comme un acteur économique de premier
plan. Elle investit dans tous les secteurs avec une prédilection pour les services. Juridiquement et économiquement,
elle dispose de tous les droits pour commercer, investir et gérer sans aucune entrave.

22
D’après une étude qualitative réalisée par le Centre de recherche HEM et dirigée par Manal El Abboubi 15, il
existe trois profils de femmes entrepreneures. Il s’agit des femmes salariées qui en voulant s’affirmer se sont
transformées en entrepreneures, la deuxième catégorie représente les femmes travaillant dans les professions
libérales (médecins, ingénieures, architectes) qui sont devenues entrepreneures par défaut. Enfin, la troisième
catégorie concerne les femmes responsables de coopératives qui ont choisi l’entrepreneuriat par nécessité et par
besoin de survie est c’est la catégorie qui regroupe le plus grand nombre d’entrepreneures femmes au Maroc.

Les femmes peuvent être motivées comme leur homologue masculin aussi bien par des facteurs
d’opportunités (pull) et de nécessité (push), selon le contexte et l’environnement dans lequel elles se trouvent. Les
raisons qui poussent les femmes à entreprendre sont plus des facteurs d’attraction (besoin de réalisation
personnelle/d’autonomie, la passion, la découverte d’opportunité, le besoin de reconnaissance), que de nécessité (le
chômage, le besoin de flexibilité/concilier vie de famille et vie professionnelle). Il est ressorti que la décision
entrepreneuriale de la femme est déterminée par des raisons bien spécifiques liées à sa condition féminine mais
aussi à son parcours.

Pour ce qui est des obstacles qui entravent le développement de l'entreprise féminine, l'étude réalisé par
l’AFEM16 note que plusieurs facteurs ont eu un impact négatif sur la promotion de ces entreprises notamment
l'absence de l'approche genre dans l'attribution des marchés publics, les difficultés d'accéder aux sources de
financement outre l'hégémonie de la mentalité masculine et l'absence d'une culture de l'égalité et de l'équité.

Dans la première section, nous allons présenter, brièvement les principaux éléments identifiants les femmes
chefs d’entreprise. Puis, nous présenterons les différentes motivations et obstacles qui rencontres la femme lors de
la création de son entreprise et défis d’accès au monde d’emploi, on conclure avec les perspectives d’avenir des
femmes entrepreneures.

Section1 : Identification des femmes chefs d’entreprises :

1 er paragraphe : Profil des femmes entrepreneures :

15
https://www.lematin.ma
16
https://www.h24info.ma 23
Selon l’étude réalisée par l’AFEM plusieurs critères peuvent être pris en compte pour caractériser le profil
socio démographie des femmes chefs d’entreprises au Maroc (FCE) : l’âge, la formation, la situation familiale et
l’expérience.

1- Leurs tranches d’âge :


Au niveau du premier critère, l’âge moyen des femmes entrepreneures au Maroc se situe entre 35 et 44 ans.
C’est l’âge de maturité en matière d’entreprendre selon (Lacasse.R.M, 1990) 17 et qui suscite la décision
d’entreprendre étant donné les capacités et les expériences accumulées par les femmes. C’est un âge de maturité qui
est susceptible de permettre aux femmes de gérer efficacement leurs affaires.

Diagramme n°2: réparation des FCE selon leurs tranches d’âge

45%
40%
40%
35% 33% 32%
30%
30%
25% 22%21%
20% 2004
15% 13% 2015
10% 6%
5% 2% 1%
0%
moins de 25 25-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55 ans et
ans plus

Source : AFEM; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 Le plus souvent, les FCE interrogées sont âgées de 35 à 54 ans (65%), à l’image des observations relevées
en 2004 (70%).
2- Leurs niveaux d’étude :
L’éducation des femmes revêt un caractère très important dans l’émancipation, la promotion sociale et
professionnelle des femmes. L’éducation constitue le tremplin pour l’intégration efficiente des femmes au
processus de développement économique et social, car elle permet le développement des capacités intellectuelles et
professionnelles.

Quant à la formation, les études montrent que la femme entrepreneur dispose généralement d’un niveau
d’instruction supérieure à là celui de la moyenne nationale. Cette variable est essentielle en matière d’acquisition
d’outils de gestion et d’aide à la décision : comptabilité, fiscalité, techniques de vente, marketing…. Au Maroc, les

17
Lacasse, R, M., la petite entreprise au Canada le cas particulier dans le secteur manufacturier, Thèse pour l’obtention du
24
Doctorat en sciences de gestion, Université Nice Sophia Antipolis,1990.Cité par Boussetta, M., op.cit, p : 17.
femmes entrepreneures ont dans leur grande majorité un niveau d’instruction élevé. Les deux tiers d’entre elles
disposent d’une formation universitaire, c'est-à-dire d’au moins bac plus quatre. Celles qui ont même un bac plus
quatre et plus sont assez importantes. Ce niveau de formation est essentiel et fortement utile pour les femmes dans
leur vie professionnelle puisqu’il leur permet d’une part, d’acquérir des bases solides dans le domaine des
techniques de gestion des entreprises et d’autre part, de combler leurs lacunes et insuffisances spécifiques tout en
constituant une certaine assurance pour investir le monde des affaires. Il faut souligner que les femmes
entrepreneurs non ou peu instruites ne gèrent que des micros et petites entreprises à domicile essentiellement dans
des activités comme le commerce et l’artisanat.

Diagramme n° 3 : les niveaux d’instruction des FCE

35% 0.32 0.33


30% 0.26
25%
0.19
20% 0.15 0.15
15% 0.11 0.12 0.1
10% 0.06 0.07
0.05 0.04
5% 0 0 0.010 0.01 00.01
0%
e re e e . 2 t as
isé ai gu cé ro c+ c+
4 +6 ra
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se ér
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p

2004 2015

Source: AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 Plus, de 9 FCE sur 10 ont effectué des études supérieures (92%), soit 25 points de plus qu’en 2004. Par
ailleurs, les FCE ayant étudié 4 ou 5 ans après le bac sont davantage présents hors Casablanca et parmi
les FCE qui occupent le poste depuis moins de 5 ans.

Diagramme n°4 : les diplômes obtenus après le bac par les FCE

25
35%

30%
25%

20%
15%

10%
5%

0%
e r UG elor DT
S
rc
e ur SS D ise A
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DE / e n ie DE / Ph îa tr DE e
Lic ch S m gé t c
M Ba BT m In ra M on
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Ec Ne

2004 2015

Source : AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 Le plus souvent, ces études sont menées dans le cadre d’une licence (30%) ou d’un master (23%).

3- Leurs situations matrimoniales et familiales :


Concernant la situation familiale, plusieurs auteurs (Hisrich 1991) 18 estiment que le lien familial joue un
rôle important puisqu’un grand pourcentage des femmes entrepreneures descend d’un père ou d’un mari lui-même
entrepreneur. Provenir d’une famille d’entrepreneurs renforce certainement le désir et le goût d’entreprendre tout en
assurant la continuité d’une tradition qui est souvent ancestrale. Ainsi, un parent ou un mari entrepreneur exerce
une certaine influence sur le choix de création d’entreprise par la fille et /ou la femme. Cette situation familiale
favorable particulière ne signifie pas pour autant l’inexistence de femmes qui créent et ou gèrent leurs entreprises et
qui ne bénéficient pas d’un entourage entrepreneurial.

Le statut matrimonial et son influence sur l’activité entrepreneuriale de la femme apparaît aussi important.
Il est considéré tantôt comme un frein, tantôt comme un stimulateur. Dans l’enquête d’Hernandez 19 par exemple, les
femmes mariées représentent 52% et les femmes divorcées ou veuves 48% Au Maroc, les femmes entrepreneurs
mariées sont encore prédominantes avec 71%. Elles ont des enfants à charge majoritairement de bas âge pour 77%
d’entre elles. Des raisons socioculturelles sont à l’origine de cette caractéristique à savoir notamment leur jeune
âge, leur mariage précoce… Dans les traditions nationales, la femme doit assurer d’abord ses obligations familiales.

18
Robert, D, H et Micheal, P., Entrepreneurship : lancer, élaborer et gérer une entreprise, Economica, 1991. Cité Par Boussetta,
M., op.cit., p : 18
19
Hernandez, E, M., Le processus entrepreneurial : Vers un monde stratégique d’entrepreneuriat, Harmattan, 1999. Cité par
Boussetta, M., op.cit, p : 18 26
Diagramme n°5 : situation familiale des FCE

80% 0.76
0.71
70%
60%
50%
40%
30%
20% 0.16 0.16
10% 0.07 0.06 0.05 0.02
0%
Célibataire Mariée Divorcée / Veuve
Séparée

2004 2015

Source: AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 la proportion des dirigeantes mariées dépasse les 76%, contre 71% en 2004.

 16% des femmes chefs d’entreprises sont célibataires, une tendance identique à celle de 2004.

Diagramme n° 6 : l’évolution de nombre d’enfants des FCE

70%
62%
60%
51%
50%

40%
2004
30% 2015
22% 24%24%
20%
13%
10%
2% 1%
0%
Pas d'enfant 1 à 2 enfants 3 à 4 enfants 5 enfants et plus

Source: AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.
 Par ailleurs, le nombre d’enfants des FCE est globalement plus élevé qu’en 2004, 86% d’entre elles
déclarant en avoir au moins un, contre 78% 10 ans auparavant.
4- Leurs expériences :
Enfin, sur le plan de l’expérience, les femmes entrepreneures se caractérisant par certaines spécificités
telles que le caractère fondamentalement administratif de leur expérience, la prédominance des aspects liés au

27
service dans lesquelles elles exercent comme le secrétariat, la formation, les services …Elles sont généralement peu
nombreuses dans des domaines comme l’industrie, la finance….

Au Maroc, les deux tiers des femmes entrepreneures ont exercé une activité professionnelle et ont en déjà
une certaine expérience dans un poste d’encadrement et de direction dans le secteur privé. On peut même dire
qu’une grande continuité existe entre cette ancienne expérience et l’entreprise crée ou gérée. Ainsi, souvent il ne
s’agit pas d’une véritable rupture dans la trajectoire professionnelle des femmes. Bien au contraire, cette continuité
joue un rôle important dans la réussite et la croissance de leur entreprise.

80% 0.73 Diagramme n°7 : parcours


70% professionnel des FCE
60%
0.49
50%
0.38
40%
30%
0.19
20%
0.08
10% 0.04
0%
Dans la même Dans une autre Autres
entreprise entreprise

2004 2015

Source: AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 Avant d’accéder à cette fonction, la grande majorité des femmes sondées travaillaient dans une autre
entreprise (73%), en tant que dirigeante, cadre ou employée.
 En comparaison avec 2004, les FCE sont aujourd’hui plus nombreuses à diriger leur entreprise après
avoir travaillée dans une autre structure (+24 points).
 A l’inverse, elles ont moins tendance à venir directement d’un autre milieu que celui de l’entreprise (19%
contre 38% il y a 10 ans).

2ème paragraphe: L’autonomisation économique des femmes dans le monde du travail en évolution :

Les femmes occupent une place particulière dans le monde du travail au Maroc. La participation des
femmes dans la vie économique a connu des développements importants depuis les années quatre-vingt du siècle
dernier, où le Maroc a connu le début de transformations économiques et sociétales cruciales en termes de sa
capacité à offrir des opportunités d’emploi dans le cadre du programme d’ajustement structurel.

1- L’accès des femmes au marché du travail :


28
Le Maroc a déployé des efforts louables pour intégrer l’approche genre dans les politiques publiques, afin
d’assurer une représentation globale des citoyennes et des citoyens sur le marché du travail, et faire de l’égalité une
priorité pour assurer un statut juste et équitable pour les femmes et les hommes. Plusieurs projets ont été lancés
avec l’intention d’institutionnaliser l’égalité dans le secteur des services publics, en intégrant l’approche genre dans
la gestion quotidienne des ressources humaines, par le biais de :

 Intégrer le principe de l’égalité entre les sexes dans les pratiques et les politiques de modernisation du
secteur public ;

 Atténuer les différences entre les sexes en termes de gestion des ressources humaines pour soutenir et
renforcer les compétences ;

 Augmenter la contribution des femmes et renforcer leur représentativité dans les postes de prise de
décision ;

 Assurer une compatibilité et une harmonie entre la vie familiale et la vie professionnelle.

Le dernier rapport des ressources humaines de la fonction publique a montré que le nombre total des
fonctionnaires dans les secteurs ministériels a atteint 6% employées. Ce nombre est distribué entre 6% employées
dans les services centraux, et 94% dans les services décentralisés. Les femmes salariées constituent 35,3% du
nombre total (188,811 employées). Ainsi Les femmes cadres supérieurs constituent 70,4% du total des employés,
distribuées entre les services externes d’un taux de 69,61%, et un taux de 53,39% dans les services centraux. Le
taux des femmes appartenant à la catégorie des agents ne représente toutefois que 10%, alors que les femmes qui
travaillent dans les secteurs de la santé, de l’éducation nationale et de la formation professionnelle représentent
74%.
En outre, l’accès des femmes au marché du travail soulève la problématique de la répartition inégale des
emplois entre les sexes d’une part, et entre les femmes dans les zones urbaines et leurs homologues dans les zones
rurales d’une autre part. Une nationale du HCP sur le travail a montré que :

 Les offres d’emplois des femmes représentent seulement 27,1% de la population active (15 ans et plus),
qui est estimée de l’ordre de 11.827.000 en 2015 ;

 Le taux d’intégration des hommes dans le marché du travail atteint 65,3%, contre 22,6% pour les
femmes ;

 23% de femmes actives dans les zones urbaines ont un niveau d’éducation élevé, alors que 82,2% dans
les zones rurales, entre 1999 et 2013, sont au-dessous du niveau d’éducation, et sont employés
principalement comme aides au foyer ;

29
 Le taux des femmes actives au-dessous du niveau d’éducation a diminué de 61,5% en 1999 à 51,9% en
2013, alors que le taux des femmes qui ont fait des études supérieures a augmenté de 7,9% à 12,7% au
niveau national, et de 17,4% à 29,2% pendant la même période dans les zones urbaines ;

 Le taux d’activité des femmes est estimé de 24.6%, comparé à 71,5% pour les hommes en 2015. Au
niveau national, le taux d’activité des hommes représente près de trois fois le taux d’activité des femmes
dans les zones urbaines et deux fois le taux d’activité des femmes dans les zones rurales ;

 Quant à la population active avec un niveau d’éducation élevé, les femmes représentent, en moyenne,
10,2%, contre seulement 7,2% chez les hommes.

2- L’accès des femmes au monde de l’entreprenariat et aux postes de décision économique:


Les femmes qui ont un statut professionnel indépendant représentent en moyenne 13,3% des femmes
actives entre 1999 et 2013. Ce taux a augmenté de 14,6% en 1999 à 16,1% en 2013. Les femmes rencontrent des
difficultés lors de la création de leur entreprenariat, notamment en termes de financement, les méthodes de non-
concurrence et les lois de création des entreprenariats. Ainsi, les femmes qui réussissent à créer leur entreprenariat
ne représentent que 0,6% des femmes actives. Ceci est en dépit de l’importance de la présence des femmes dans le
monde du travail et de l’entreprenariat, qui peut améliorer la compétitivité, la création d’emplois, l’insertion
professionnelle, et soutenir la création, la distribution de la richesse et réduire les disparités 20.

Les femmes marocaines s’engagent davantage dans l’économie sociale et solidaire, ce qui leur permet de
contribuer à la vie active par le biais d’activités génératrices de revenu. En outre, elles ont recours au secteur
informel ou aux petites activités dans les domaines de l’artisanat, du commerce ou des services, dans le contexte
des préoccupations familiales pour trouver des compléments de revenus ou pour s’occuper dans l’attente d’obtenir
un emploi stable.

Malgré les défis face à la participation effective des femmes à l’activité économique, le Maroc a poursuivi
résolument la promotion de la présence des femmes au marché du travail et leur accès au domaine de
l’entreprenariat. Le nombre de femmes marocaines chefs ou directrices d’entreprise rapproche les 9000 à 10 000,
soit environ 10 % du total des entreprises, qui incluent essentiellement les secteurs des services, du commerce, de
l’industrie, et du textile. Dans le domaine du progrès dans l’accès des femmes aux secteurs de l’économie, le Maroc
a lancé un programme d’activités génératrices de revenus visant à améliorer les conditions socio-économiques des
femmes rurales. Un budget de 800.000 DH en 2012 a été alloué à la promotion des activités génératrices de revenus
et l’assistance technique aux femmes rurales 21. De plus, un programme socio-économique a été développé pour
encourager l’entreprenariat et la gestion de projets selon les moyens et les domaines des femmes rurales, avec un

20
Rapport du Royaume du Maroc, Ministère de la Solidarité de la Femme et de la Famille et du Développement Social,
Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution, Mars 2O17, p : 29.
21 30 Rapport du Royaume du Maroc, Mars 2O17. op.cit, p: 35.
Financé par l’Initiative Nationale pour le Développement Humain,
budget annuel qui a permis le financement de 70 projets chaque année sur 10 ans. A ce jour, le nombre de projets
financés approche les 700 projets, bénéficiant environ 1400 femmes rurales.

D’autres efforts ont été déployés pour promouvoir la participation des coopératives et des associations de
femmes dans les salons et expositions régionales et internationales, et le développement des compétences dans le
domaine du marketing et de la prospection de nouveaux marchés.

Les résultats d’une étude réalisée sur « l’évaluation de l’entrepreneurial des femmes » 22, entre 2014 et 2015,
ont montré que les principales motivations pour la création de l’entreprenariat féminin sont liées à la volonté d’être
autonome et la prise de risque, et d’avoir une vision professionnelle. 56% de ces entreprises œuvrent dans le secteur
des services, 23% dans l’industrie, et 21% dans le secteur du commerce. Le pourcentage de femmes entrepreneures
a chuté de 12,5% en 1999 à 10,5% en 2014 du nombre total d’entrepreneurs, qui sont, pour la plupart d’entre elles,
à Casablanca ou à Rabat, et le chiffre de leur affaire reste bas, puisqu’il est moins de 20 millions de dirhams, et
moins de cinq millions de dirhams pour la plupart d’entre elles.

Les résultats de cette étude ont également montré que plus de 9 sur 10 femmes entrepreneures ont un haut
niveau d’éducation, avec un taux de 90%, donc une hausse de 25 points par rapport à 2004, avec une grande
diversité dans les parcours et les disciplines de formation. L’accès au financement est l’un des obstacles les plus
importants à l’entrepreneuriat féminin. De sorte, la couverture bancaire pour les femmes est moins de 30%, ce qui
représente une différence de plus que 25% par rapport au taux des hommes. Les femmes ne bénéficient pas non
plus des fonds de financement collectif participatif, comme le financement collectif coopératif, ce qui fait que 50%
des femmes dépendent sur leur autofinancement, et seulement un tiers du financement provient de ressources
externes.

A ce titre, les initiatives de la CGEM, présidé par une femme entrepreneure, sont d’une grande importance :

 La création de la responsabilité sociale des entreprenariats, et de la Charte de 2006, qui appelle à la


promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, et à la lutte contre les contraintes qui entravent le
développement de la situation professionnelle des femmes dans les entreprises ;
 La création d’une équipe sur le genre en 2012, pour accompagner les entreprises pour promouvoir l’égalité,
à travers l’élaboration d’une stratégie et un programme de travail minutieux ;
 créer des partenariats avec la société civile sur les projets qui intègrent les entreprises dans une ouverture à
leur environnement, dans le cadre l’autonomisation économique des femmes, l’éducation des filles et la
lutte contre la déperdition scolaire, ainsi que la promotion de l’éducation non formelle.

Section2 : Obstacles et perspectives d’avenir :


22 31 au Maroc, avril 2015.
AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial
1 èr paragraphe : Défis et obstacles rencontrés par les FCE :

1- Les principaux obstacles rencontrés :


 La conciliation de la vie privée et la vie professionnelle :

Le besoin d’équilibrer sa vie personnelle avec sa vie professionnelle est l’une des raisons qui pousse à
l’entrepreneuriat. Créer sa propre structure est un choix de vie dans lequel les enfants sont moteurs de décisions.

Les femmes pensent que l’équilibre entre la vie privée et en entreprise nécessite le sacrifice par rapport au
temps qu’elles peuvent consacrer à leurs activités personnelles, particulièrement quand les enfants sont en bas âge.
Ainsi, d’autres facteurs conditionnent cette articulation vie privée/vie professionnelle, nous notons : le statut
matrimonial, le nombre d’enfants, l’harmonie du couple, la capacité à assurer une meilleure gestion de temps…sans
omettre l’impact, non négligeable, des facteurs liés à l’environnement socioculturel, l’importance des structures de
garde des enfants…

L’articulation travail-famille des femmes semble donc largement influencée par la représentation de leurs
besoins, le type d’entreprise où elles exercent ainsi que le niveau de soutien de leur entourage. En particulier, le
soutien du conjoint qui requière une grande importance, dans la mesure où la femme le consulte avant toute
décision entrepreneuriale.

Les femmes chefs d’entreprises rencontrent beaucoup de difficultés tout au long de leur parcours
entrepreneurial. Certaines sont d’ordre général tandis que d’autres apparaissent plus spécifiques aux femmes au
moins par rapport à leur importance.

 Les obstacles professionnels :

Dans la première catégorie, on peut citer la lourdeur des procédures administratives et la complexité de la
réglementation (37%), la disponibilité de locaux commerciaux et de la main d’œuvre qualifiée, la cherté des coûts
de production (main d’œuvre, énergie…), la fiscalité lourde et pesante, les difficultés d’accès au financement…

D’autres obstacles plus particuliers sont ressentis par les femmes avec plus d’acuité comme la
discrimination systématique inhérente à leur condition de femme de la part des tiers : clients, fournisseurs,
banques…les difficultés à concilier entre les exigences entrepreneuriales et les obligations familiales, l’insuffisance
et le difficile accès aux services d’information et de conseil…

Concernant le problème de financement, l’étude de l’AFEM a révélé que 50% des entreprises féminines
sont autofinancées et qu’un tiers seulement du financement provient des ressources externes. Ainsi, dans la culture
de la PME marocaine en général et de la PME féminine en particulier l’essentiel du financement est constitué par
l’apport personnel et familial et le recours au financement étranger est très faible et demeure une exception.
32
Cette option pour les fonds propres s’explique aussi par les difficultés rencontrées par les femmes
entrepreneuses pour obtenir des crédits (Schwarts 1999, Ponson 2002) 23. Les études réalisées montrent clairement
une certaine discrimination des femmes dans ce domaine puisque les femmes sont généralement moins informées
sur les différentes instruments et modalités de financement, les banques demandent plus de garanties…D’autant
plus que les services financiers des banques sont moins accessibles aux PME qui constitue le noyau dur des
entreprises féminines.

Au Maroc, les principales difficultés rencontrées par les femmes chefs d’entreprises apparaissent assez
différenciés selon qu’il s’agisse de la phase de démarrage ou de la phase de gestion quotidienne de l’entreprise.

Au niveau de la phase de démarrage, quatre contraintes apparaissent essentielles. Il s’agit en premier lieu
des problèmes administratifs qui ont été cités par 37% des enquêtées, de l’accès au financement qui a été mis en
avant par 28%, des questions liées à la disponibilité des ressources humaines qui semblent les contraignantes pour
17% d’entre elles et des contraintes socioculturelles relatives à la condition de la femme qui ont été avancées par
9% des femmes enquêtées.

Concernant la phase de gestion, la contrainte principale est la disponibilité des ressources humaines
qualifiées (26%), suivie par les problèmes commerciaux (22%), les problèmes financiers (16%) et les problèmes
administratifs (14%).

Diagramme n°8 : Principales difficultés rencontrées par les femmes chefs d’entreprises au démarrage de
leurs activités

23
Rachdi, F., L’entrepreneuriat féminin au Maroc: une étude exploratoire, l’internationalisation des PME et ses conséquences
33 Fribourg, Suisse, 25-27 octobre 2006, p: 12-13.
sur les stratégies entrepreneuriales, Haute Ecole de Gestion (HEG)
Aucune 0.11

Problèmes liés à l’acquisition d’équipement de matériels de production 0.03

Problèmes juridiques 0.03

Problèmes d’évaluation de la faisabilité du projet 0.04

Problèmes avec les fournisseurs 0.04

Problèmes de disponibilité de l’information 0.05

Problèmes liés au foncier 0.07

Problèmes liés au manque d’orientation et de conseil pour les entrepreneurs. 0.07

Problèmes liés à des contraintes d’ordre social et à la condition de la femme. 0.09

Problèmes liés à la disponibilité des ressources humaines qualifiées 0.17

Problèmes d’accès au financement des projets 0.28

Problèmes administratifs 0.37

0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40%

Source: Recherche réalisé par Boussetta, M., Entrepreneuriat Féminin au Maroc : Environnement et
Contribution au Développement Economique et Social, Dakar 2011.

Diagramme n°9 : Principales difficultés rencontrées par les femmes chefs d’entreprises dans la gestion
quotidienne

Aucune 4%
Problèmes liés au manque d’orientation et de conseil pour les entrepreneurs 1%
Problèmes liés à l’acquisition d’équipements de matériels de production 2%
Problèmes de disponibilité de l’information 2%
Problèmes liés au foncier 3%
Problèmes liés à la production 3%
Problèmes liés à la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle 4%
Problèmes liés à des contraintes d’ordre social et à la condition de la femme 4%
Problèmes avec les fournisseurs 6%
Problèmes d’accès au financement de nouveaux projets 10%
Problèmes administratifs 14%
Problèmes financiers 16%
Problèmes commerciaux 22%
Problèmes liés à la disponibilité des ressources humaines qualifiées 26%
0% 5% 10% 15% 20% 25% 30%

Source: Recherche réalisé par Boussetta, M., Entrepreneuriat Féminin au Maroc : Environnement et
Contribution au Développement Economique et Social, Dakar 2011.

2- Défis de l’accès des femmes au monde de l’emploi en évolution :


34
Malgré les réformes institutionnelles, juridiques et réglementaires entreprises par le Maroc en vue de
l’accès des femmes à leurs droits économiques dans le monde du travail en mutation, l’autonomisation économique
des femmes continue à faire face à plusieurs défis, notamment :

 Les écarts entre les sexes dans les taux d’activité économique, puisque l’activité des hommes au niveau
national représente presque le triple des activités des femmes. Cet écart est encore plus flagrant dans les
zones urbaines où il représente plus que le triple, alors que dans les zones rurales il représente plus que le
double. Selon la recherche nationale réalisée par le Maroc sur l’emploi en 2015, l’offre d’emploi pour les
femmes représente seulement 27,1% de la population active âgée de 15 ans et plus. Selon le sexe, le taux
d’activité montre une différence significative entre les sexes (71,5% chez les hommes et 24,8% pour les
femmes en 2015)24 ;
 L’écart entre les sexes dans l’emploi, le taux d’emploi des femmes explique le niveau d’activité des
hommes (65,3%) et des femmes (22,6%). L’indicateur de la parité confirme la chance des hommes à
l’accès au travail, qui représente trois fois celui des femmes.
 L’écart entre les sexes dans la nature du travail, puisque les femmes travaillent en particulier dans les
secteurs à faible productivité, 8 femmes sur 10 travaillent dans les zones rurales comme des aides au foyer,
et dans les zones rurales comme des employées.
L’analyse de l’emploi selon le milieu de résidence montre que la parité entre les hommes et les femmes
n’est pas présente dans les milieux urbains et encore moins dans les zones rurales (4 fois plus élevée dans
les zones urbaines, et le double dans les zones rurales). Cet écart de parité entre les hommes et les femmes
dans les zones rurales peut être expliqué par la faiblesse de l’activité économique des femmes par rapport
aux hommes, plus que par les difficultés rencontrées par les femmes dans l’accès au marché de l’emploi.
 Les défis culturels et sociaux associés au poids des mentalités et des responsabilités domestiques qui
obligent les femmes à partager leur temps, ce qui réduit leur implication dans leur entreprise, en plus des
défis administratifs, immobiliers et financiers partagés par les hommes et les femmes. Malgré les efforts
déployés par les femmes marocaines, les possibilités d’accès à l’emploi restent limitées. En fait, les femmes
qui ont réussi à réussir dans la mise en place des entreprenariats et de la création d’emplois atteignent 0,6%
entre 1999 et 2013 en moyenne.

2 ème paragraphe : Motivation et perspectives d’avenir :

24
Haut Commissariat au Plan, enquête nationale sur l’emploi, sujet de la situation du marché du travail, 2015, P : 12.

35
1- Les motivations des femmes entrepreneures :
Diverses raisons ont été avancées pour expliquer l’engagement entrepreneurial des femmes .Il s’agit entre
autres du désir d’indépendance qui se manifeste particulièrement chez les femmes qui étaient salariées auparavant.
Parfois, certaines ont quitté de manière volontaire leur emploi pour se lancer dans les affaires. Dans ce cas,
l’entrepreneuriat est en quelque sorte une deuxième carrière dans la trajectoire des femmes entrepreneurs.

Le motif d’autonomie vis-à-vis du mari ou même de la famille est également avancé comme importante
motivation dans la perspective d’entreprendre .De même, la volonté de survie constitue aussi un objectif essentiel
dans ce domaine essentiellement pour les femmes qui ont abandonnée l’école de manière précoce ou en cas de
difficultés imprévues : veuvage, divorce… Cet entrepreneuriat de survie est extrêmement important dans les pays
en développement dans lesquels la protection sociale n’existe pas pour une grande partie de la population féminine.

Concernant les motivations quant à la création de ces entreprises au Maroc elles sont multiples et assez
diversifiées .Ainsi, le tiers des chefs d’entreprises enquêtées mettent en avant tout d’abord leur volonté de réussir
leur projet personnel (33,3%), ensuite, leur intérêt pour le domaine d’activité qu’elles exercent (26,7%). Le
troisième facteur par ordre d’importance est le fait que l’opportunité de créer leur propre entreprise s’est présentée
(20,0%) et enfin la volonté d’acquérir une certaine autonomie (10%).

Diagramme n°10 : Répartition des enquêtées selon les motivations de la création de leurs entreprises

35% 33%

30% 27%
25%
20%
20%
15%
10% 10%
10%
5%
0%
Intérêt pour Opportunité Acquisition La volonté de Autres
le domaine s’est présentée d’une réussir
autonomie

Source: Entrepreneuriat Féminin au Maroc : Environnement et Contribution au Développement


Economique et Social.

2- Perspectives d’avenir :
36
Le contexte national a connu une dynamique des réformes juridiques, réglementaires et institutionnelles,
qui fournissent aujourd’hui des piliers essentiels pour développer une vision d’un développement durable solide et
cohérente en faveur de toutes les composantes de la société, pour répondre aux aspirations de toutes les citoyennes
et citoyens.

 Agenda de développement durable 2030, selon lequel le Royaume du Maroc a exprimé une forte volonté
de développer de nouveaux modèles de développement humain qui se fondent sur une nouvelle base en
tenant compte du respect de la dignité humaine et de l’équité, en réponse à la Constitution de 2011, qui a
prôné le développement durable pour tous les citoyens, en incitant les pouvoirs publics à mobiliser toutes
les ressources disponibles pour assurer ce droit. Le Maroc a mis au point une feuille de route pour définir
une vision du développement durable, en définissant une vision stratégique, les mécanismes qui seront
adoptées pour atteindre les objectifs de ce développement, et en énonçant les moyens de coordination entre
les différents organismes et les moyens de financement, ainsi que les défis les plus importants. Cette
démarche se fait grâce aux consultations nationales sur les perspectives d’après 2015, avec l’engagement de
tous les secteurs du gouvernement, des institutions nationales et des organisations non-gouvernementales,
des universités et des représentants élus, de la société civile, du soutien des Nations Unies et les organismes
et les organisations régionales et internationales, une feuille de route pour le développement durable. Cette
vision sera adoptée pour atteindre les objectifs de ce développement, et elle énoncera les moyens de
coordination entre les différents organismes et les moyens de financement, ainsi que des défis les plus
importants qui feront face.

 Plan gouvernemental pour l’égalité « Icram » post 2016 25, le premier plan « Icram » a permis d’atteindre
des objectifs structurels, d’améliorer une institutionnalisation effective de l’égalité à tous les niveaux, pour
ainsi atteindre une mise en œuvre de 75% de ce plan (117 réalisation sur 156). A présent, il est question de
préparer le plan gouvernemental pour l’égalité « Icram » post 2016. Cette initiative se fait en fonction de la
nécessité d’élaborer des politiques publiques en conformité avec une approche juridique qui nécessite des
objectifs prioritaires, en particulier dans le domaine de la réduction des inégalités sociales. Ce plan répond
à la logique de l’intégration, de l’inclusion et de la responsabilisation selon les principes de la démocratie
participative. Il renforce aussi les systèmes de l’évaluation et du suivi à travers des indices pertinents et
sensibles au genre, qui sont claires et fondés sur des données précises, ce qui représente un mécanisme
efficace capable d’appliquer les objectifs du développement durable, d’autant qu’ils adoptent le niveau
national dans la programmation et le suivi en partenariat avec les acteurs régionaux et locaux, la société
civile et le secteur privé. y Notant qu’une attention supplémentaire est accordée à “l’autonomisation
économique des femmes”, en renforçant les mesures et les outils liés à cet axe.

25
Royaume du Maroc, Ministère de la Solidarité de la Femme de la Famille et du Développement Social,
Plan Gouvernemental pour l’égalité, ICRAM, 2016, p: 53. 37
 La régionalisation avancée est une clé pour la réalisation du développement global et durable, les
politiques de développement nécessitent l’adoption de la logique de la proximité pour connaitre les
différents besoins des diverses tranches de la population. Ceci garantit le respect des droits humains et des
principes de l’égalité et de la dignité, ainsi que la réduction des disparités économiques et autres entre les
générations et entre les sexes dans l’accès à tous les droits. L’adoption de l’approche du développement
local facilite le processus de prise de décision des individus, et prend en compte les spécificités et les
identités, les besoins culturels, économiques et sociaux de la population cible, y compris le fait de soulever
clairement le défi du développement global. Le Maroc, engagé sur la voie de la régionalisation avancée,
continue de mener une évaluation saine du niveau d’accès des citoyens, hommes et femmes, aux différentes
générations des droits humains dans toute leur diversité.

 la législation et les mécanismes nationaux avancés pour de meilleures conditions :

L’autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, qui permettraient
d’atteindre le principe de la parité entre les hommes et les femmes.

Loi relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, qui assure aux femmes une multitude de
protections et de mécanismes de prise en charge, ainsi que des peines restrictives contre les auteurs de la
violence.

 Le rôle de l’économie verte et les énergies renouvelables dans la création de richesse et


d’opportunités d’emplois : L’année 2015 s’est caractérisée par l’organisation de la COP21 à Paris, avec la
participation du Royaume du Maroc à cette manifestation, où Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu
le protège, a annoncé l’engagement du Maroc dans l’énergie renouvelable. Dans ce contexte, la stratégie
nationale pour les énergies renouvelables dans l’horizon de 2020 adopté par le Maroc, vise l’introduction,
l’établissement et le fonctionnement de centrales de production d’énergies solaire et éolienne, qui
contribueront à la création de richesse et d’opportunités d’emploi. Une stratégie nationale de
développement durable a également été adoptée, en consultation avec toutes les parties concernées, afin
d’établir des règles de base pour une économie verte et inclusive.

 La technologie numérique et de nouveaux types d’emploi commencent à surgir récemment. De


nouveaux modes de travail apparaissent en raison de l’évolution technologique et des changements qu’a
connu le monde du travail, comme le travail à mi-temps, et le travail à distance.., qui ont introduit des
concepts et des variables nouvelles à la nature des relations au travail. Ces nouveaux modes ont des
répercussions à la fois sur le marché du travail et sur son organisation, ou encore sur la législation sociale
ou des marchés concurrentiels et des ressources humaines, ce qui incite à trouver des moyens pour une
bonne gestion de ces nouveaux modes de travail, et de suivre de bonnes pratiques dans ce domaine.
38
En outre, il y a une préoccupation croissante concernant la disparition des fonctions potentielles en vue de
la transformation du monde du travail, en raison des développements technologiques et numériques,
comme la robotique et les technologies de cybernétique et l’impression 3D et la communication
électronique. Certaines estimations indiquent que plus de 7 millions d’emplois sont menacés dans les plus
grandes économies du monde au cours des cinq prochaines années, qui ont un rapport avec la bureaucratie,
les services administratifs, la fabrication et la production, les soins et la santé, et les femmes vont perdre
davantage d’emplois de fonctions, ce qui perpétuera le gap entre les sexes.
La maîtrise des technologies numériques et son utilisation peuvent aider à acquérir des connaissances et à
réaliser une communication efficace qui comblera certaines différences entre les sexes. Si l’utilisation des
technologies numériques par les femmes est permanente, elle peut atteindre l’égalité des sexes dans le lieu
de travail d’une manière beaucoup plus rapide que prévu par la majorité des estimations actuelles. Compte
tenu des niveaux élevés de l’éducation des femmes en science, technologie, ingénierie et mathématiques,
dans certains pays, elles pourraient avoir un grand potentiel dans la population active mondiale.

Conclusion du chapitre 2 :

Le présent chapitre a dressé un panorama des différentes contributions qui se sont attelées à défricher les
questions relatives aux motivations, au style de gestion, au financement, à la Performance et à la conciliation de la
vie privée et la vie professionnelle. Ainsi, nous avons mis en évidence le profil des femmes entrepreneures qui se
décompose en quatre éléments : tranches d’âge, niveau d’étude, situation matrimoniale et familiale, et expériences.
On également analyser l’évolution des femmes dans le monde de travail. Pour atteindre une compréhension éclairée
de l’entrepreneuriat des femmes, il faut creuser plus avant dans le champ de création et de gestion des entreprises
par les femmes, d’où l’intérêt du chapitre suivant.

39
Les entreprises crées et/ou gérées par les femmes

La création et la gestion d’entreprises par les femmes connaissent un intérêt particulier et un développement
rapide dans le monde. Parallèlement à cet élargissement de l’entrepreneuriat féminin, les recherches et la littérature
sur ce domaine sont développées de la manière très importante
40 dans les dernières années.
En effet, L'étude effectuée entre novembre 2014 et avril 2015 26 a porté sur un échantillon de 400 femmes
chefs d'entreprises marocaines en se basant sur plusieurs critères, dont la taille de l'entreprise, la répartition
géographique et les activités menées. L'AFEM avait déjà réalisé une étude en 2004 intitulé "la situation de
l'entreprise féminine au Maroc".

Uniquement 10% des entreprises sont créées par des femmes, cela revient a des causes multiples :
socioculturelles, d’éducation et d’enseignement, économiques et financières, institutionnelles, managériales et ainsi
des causes liées a la communication et au travail collectif 27.

Néanmoins, l’AFEM et pour booster ce taux de l’entreprenariat féminin d’abord elle mettre les femmes
chefs d’entreprises en réseau, les informer, les former, les accompagner dans leurs projets de développement et
aussi déploie toute une stratégie d’encouragement à l’entreprenariat féminin en amont et en aval avec des
campagnes de sensibilisation dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, dans les universités et centres de
formation et au bout de la chaine une incubation pendant la période d’amorçage des projets portés par des jeunes
femmes.

Les priorités des chefs d'entreprises résident, entre autres, dans le soutien et l'accompagnement de la gestion
entrepreneuriale, le renforcement des capacités, l'accès à des financements plus compétitifs, la simplification des
procédures, les facilités pour l'accès à l'information, la création d'un mécanisme de médiation entre les banques et
les entreprises et le renforcement des lois relatives au genre.

Après cette mis en perspective et conformément a l’intitulé de ce chapitre, nous nous sommes limiter dans
deux axes essentiels, le premier porte sur les critères des entreprises féminines, et le second présente les
programmes et priorités d’action pour encourager l’entrepreneuriat féminin.

Section 1 : les critères des entreprises féminines :

1er paragraphe: le profil de ces entreprises :

26
AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc, avril 2015.
27 41
Min Ajliki ; Programme belgo-marocain de soutien à l’entreprenariat féminin au Maroc, 17 novembre 2016, p: 9.
1- Répartition national et sectorielle :
Hirsch et Peters (1999) indiquent que « la nature de l’activité exercée diffère selon que l’entreprise est créée
par un homme ou une femme » 28. Les femmes ont tendance à créer des entreprises dans les domaines liés aux
services tels que le commerce de détail, les relations publiques, les services éducatifs et le conseil alors que les
hommes sont plutôt portés vers l’industrie, la construction ou la haute technologie. Ce choix impacte d’autres
variables telles que la taille, le bénéfice net.

Parmi les entreprises dirigées par les femmes au Maroc, la grande majorité se situe dans les régions de
Casablanca et Rabat (73%). En deuxième lieu, les régions de Tanger-Tétouan, ainsi que celles de Marrakech et
Agadir représentent chacune de 4 à 5% des entreprises dirigées par les femmes, suivies de Fès-Boulemane et
Meknès-Tafilalet (2 à 3%). Cette distribution diffère sensiblement de celle de l’ensemble des entreprises du
royaume, qui sont davantage présentes dans les régions d’Agadir (11%), Marrakech (10%) ou encore Tanger-
Tétouan (9%)29.

Diagramme n°11 : répartition sectorielle

22%

ensemble des entreprises


au Maroc
55% commerce
service
23% industrie

Source : AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 Au Maroc, 55% et 23% des femmes chefs d’entreprises, sont respectivement actives dans le commerce et
les services. Seulement 22% sont présentes dans les différentes branches de l’industrie (textile,
agroalimentaire, mécanique, électrique, matériaux de construction,…).

2- L’effectif et l’âge de l’activité :


 L’effectif :
28
Rachdi, F., op.cit, p: 206.
29
AFEM; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc, avril 2015, p : 14-15.

42
L’étude de l’entreprise féminine nous met devant – majoritairement- des TPE et des micros entreprises
puisque la majorité des femmes travaillent toutes seules ou bien elles ont entre 1 et 10 salariés. Cette situation est
confirmée par le cas marocain, où on constate plus de 59% des entreprises gérées par les femmes ont moins de 10
salariés.

Tableau n°1 :l’effectif des entreprises féminines


Effectif total de l’entreprise 59% des entreprises dirigées par les femmes sondées ne dépassent pas 10
employés

Part des femmes dans 41% des employés des entreprises dirigées par les femmes sont
l’effectif total des femmes

Part des femmes dans 56% des cadres des entreprises dirigées par les femmes sont des
l’effectif total des cadres femmes.

Source : AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 l’âge de l’activité :

Par rapport à l’âge de l’activité, l’AFEM signale que les entreprises créées et/ou gérées par des femmes
marocaines ; sont en activité depuis plus de 15 ans (34%), et la moitié d’entre elles depuis plus de 10 an. En
moyenne, les entreprises dirigées par des femmes ont une ancienneté d’activité de plus de 14 ans. A noter,
néanmoins, que plus du quart (27%) des entreprises dirigées par des femmes a une ancienneté de 5 ans ou moins.
D’autre part, en comparaison avec 2004, les entreprises dirigées par les femmes ont aujourd’hui une activité
légèrement plus établie dans le temps, celles dont l’activité date de plus de 10 ans représentant 44% en 2004 contre
50% 10 ans plus tard.

3- Les formes juridiques :


Juridiquement, la constitution de société est beaucoup plus rare chez les femmes ; elles préfèrent demeurer
propriétaire unique, contrairement aux hommes. Elles optent plus souvent pour le statut indépendant (personne
physique) que pour la constitution en société (personne morale).

Diagramme n°12 : répartition des entreprises féminines selon leurs formes juridiques

43
90%
80%
70%
60%
50%
Part en 2004
40%
Part en 2015
30%
20%
10%
0%
SARL SA Entreprise SNC
individuelle

Source : AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 Au Maroc, Les entreprises dirigées par des femmes sont le plus souvent des Société A Responsabilité
Limitée (SARL) avec 88%. Elles sont plus rarement des Sociétés Anonymes (SA) avec 7%. Le choix de la
SARL est dû à la relative simplicité de sa création mais aussi parce qu’il faut un minimum de deux
actionnaires et le capital de départ n’est pas très élevé tard.

2 éme paragraphe : Le secteur informel et les coopératives :

1- Coopératives et associations :
Les coopératives féminines Etant de petites entreprises adaptées à leurs ressources limitées, elles
contribuent à offrir des possibilités d’emploi pour les femmes et leur intégration dans la vie économique et sociale
dans plusieurs secteurs productifs. Le nombre de coopératives a augmenté à 1815 en 2015, contre 259 en 2014,
pour arriver à 2280 en 2016 à l’échelle nationale. Le taux de coopératives de femmes représente 14% du total des
coopératives au Maroc, ce qui équivaut 15735 coopératives. Ces coopératives comprennent : 44 327 collaboratrices
se trouvant dans différentes régions du Royaume et exerçant leurs activités dans divers domaines, tels que le bétail
ou la volaille, l’élevage, l’Argan, l’alimentation, la couture, le tissage, la production de couscous et des
cosmétiques, l’alphabétisation, l’éducation, la formation et l’art. Le nombre total des coopératives des jeunes
détenteurs de diplômes est de 358 coopératives, ce qui fait une augmentation de 2,27% du total des coopératives au
niveau national, et elles comprennent 3930 jeunes hommes et femmes, avec un capital de plus d’AED 16321736,
réparti comme suit :

44
 Le secteur agricole : la création de plus de 1.242 coopératives de femmes, ce qui constitue 11,8% du total
des coopératives, dans lesquels 26,355 femmes sont actives. L’Association marocaine des femmes
agricoles a aussi vu le jour, ainsi que neuf associations régionales affiliées.
 L’industrie de la pêche : prévoit des unités de valorisation des produits maritimes certifiés dans le
domaine de la santé et de la sécurité, pour stocker les algues collectées et séchées au profit des
coopératives féminines. D’un autre côté, le secteur de l’aquaculture offre de nombreuses possibilités,
notamment les projets d’élevage d’huîtres qui sont soutenus par la participation des femmes, puisque les
coopératives des femmes tâchent de transformer et de valoriser les moules. En outre, une étude analytique
selon le genre est lancée dans 7 sites de pêche qui connaissent une présence importante des coopératives de
femmes.

Cependant, les coopératives de femmes sont plus petites que les autres coopératives en général, et elles sont
presque absentes dans les rassemblements des intérêts économiques et les réseaux de commercialisation, ce qui
constitue un sérieux obstacle à la commercialisation de leurs produits. Pour accompagner les associations de
développement, des journées de sensibilisation sont organisées pour adopter une approche de réseautage afin de
motiver et encourager la création de partenariats professionnels et sortir d’un plan d’action participatif. Plus de
1.500 associations ont bénéficié de ces journées, y compris 60% d’associations de femmes. Quatre réseaux
régionaux ont été créés aussi. Dans le domaine de la formation, des ateliers de formation ont été organisés dans les
marchés mobiles, les salons de l’économie sociale et solidaire et des unités mobiles dans plusieurs domaines
(techniques de communication et de préparation des projets, et les techniques de marketing via Internet, et la
réhabilitation de l’entrepreneuriat coopératif) 30.

2- Le secteur informel :
Le secteur informel crée 21% du total des emplois, en particulier pour les femmes, contre 39,4% pour les
hommes. La présence féminine dans le secteur informel est dominée par le travail non rémunéré.

Diagramme n° 13 : Type d’activité des chefs d’unité de production informel avant la création de leur unité
30
Rapport du Royaume du Maroc, Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution,
op.cit, P : 36-37. 45
90%
80%
70%
60%
Actif occupé
50%
Chômeur
40%
Elève ou étudiant
30% Femme au foyer
20%
10%
0%
Industrie BTP Commerce services

Source : Haut-commissariat au Plan ; Enquête Nationale sur le secteur informel 2013-2014.

 Les trois quart des chefs d’UPI exerçaient déjà une activité.
 Les élèves et étudiants s’orientent beaucoup plus vers le BTP (16%).
 Les femmes au foyer se dirigent beaucoup plus vers l’industrie (8%).

Section 2 : programme et priorités d’action pour encourager l’entrepreneuriat


féminin :

1er paragraphe : Perception des pistes d’amélioration de la situation de l’entrepreneuriat féminin


au Maroc :

1- Les priorités d’action pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin :


Les femmes marocaines ont besoins d’encadrement et de motivation pour pouvoir crées leur entreprise, dans le
tableau ci-dessus les points essentiels pour l’encouragement de ces femmes :

46
Tableau n°2 : Les points en priorité pour encourager les femmes au Maroc à créer leur entreprise

conseil en gestion d'entreprise qualités / initiatives personnelles Procédures administratives


et financement
Apporter un soutien en ce qui Développer la confiance en soi. Simplifier les procédures
concerne les ressources humaines. administratives.

Créer des associations pour Faire une étude de marché / Améliorer l'accès à
accompagner les femmes chefs Connaître son marché. l'information.
d'entreprise.
Apporter du conseil en ce qui Acquérir de l'expérience. Baisser / Supprimer les impôts
concerne la publicité et le VBBBB ???JJJJ et charges patronales.
marketing.
Apporter un accompagnement Avoir la volonté le courage et le Lutter contre la perception
juridique. sérieux. discriminante des femmes.

Apporter un accompagnement dans Créer une entreprise dans son Faciliter l'accès au
le domaine de la comptabilité. domaine de compétence. financement.

Source : AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

2- Amélioration de la situation de l’entrepreneuriat féminin :


Selon le rapport de l’AFEM 2015, Les domaines les plus importants dans lesquels les femmes souhaitent avoir
un soutien et du conseil externe sont représentés dans le graphique suivant :

Diagramme n°14 : les domaines dans lesquels la femme entrepreneur a besoin de conseil ou de support
extérieur
47
Informatique

Techniques de production

Comptabilité et finance

Commercial

GRH

Juridique
%
Publicité

Fiscalité
Développement personnel

Management de façon générale

Marketing

0 10 20 30 40 50 60

Source : AFEM ; rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.

 Le marketing est le domaine pour lequel on exprime le plus de besoin en conseil (51%).
 D’autres besoins en matière de conseil et support extérieur sont également fortement exprimés sur plusieurs
aspects, à savoir le management en général, le développement personnel, la fiscalité, la publicité ou encore
le domaine juridique.

2éme paragraphe : associations, institutions et programmes :

1- Les associations et institutions qui participent activement à l’essor de l’entrepreneuriat


féminin :
 Agence du Développement Social :

Est un établissement public dédié à la réduction de la pauvreté et à la promotion du développement social.


Créée au vertu de la Loi n° 12-99, sa mission principale est la réduction de la pauvreté et la promotion du
développement social, en complémentarité avec les autres instruments étatiques tels que Initiative Nationale pour
Développement Humain (INDH), qui contribuent à réduire le déficit social, et dans le cadre d'une approche
participative et partenariale avec la société civile et les institutions locales élues. Parmi ses objectifs, le
renforcement du statut de la femme à travers le développement de l’autonomie et l’insertion sociale par
l’économique.
48
 Centre Régionaux d’Investissement :

Le Centre Régional d'Investissement a pour principales missions la simplification des procédures, la


proximité et l'unicité de l'interlocuteur, ainsi que le développement et la promotion de l'Investissement au niveau
des régions. A travers la mise en place du guichet unique, le CRI permet l’accomplissement des procédures de
création dans un délai de 2 à 5 jours et joue le rôle d’interface entre l’entrepreneur et les autres administrations
(L'Office Marocain de la propriété Industrielle, La subdivision des Impôts, Le Tribunal de Commerce, La Caisse
Nationale de Sécurité Sociale).

 Agence Marocaine de Développement des Investissement (AMDI) :

Sous la tutelle du ministère de l’Industrie, du Commerce et de L’investissement et de l’Economie


Numérique, cette agence a pour mission le développement et la promotion des investissements au Maroc à travers
l’établissement de structure d’accueil et d’orientation pour les investisseurs.

Cette structure a pour mission :

 Informer les investisseurs sur le cadre réglementaire et les opportunités d’investissements ;


 Leur prêter assistance et les accompagner dans les démarches d’investissements ;
 Leur faciliter le contact avec les partenaires locaux et administratifs.

 Confédération Générale des Entreprises du Maroc :

Est une association professionnelle, dont la création remonte aux années 50, et qui a pour objectifs, de
représenter les entreprises et défendre leurs droits et leurs intérêts auprès des différentes instances publics, semi-
publics ou privés et toute organisation non gouvernementale. Leur porter assistance technique, conseil spécialisé et
formation dans leurs projets de développement et favoriser et encourager le partenariat international et la promotion
de l’investissement. En 2012, avec l’élection d’une femme à sa tête, et en 2015 avec sa réélection, la Confédération
Générale des Entreprises du Maroc, a marqué plus que jamais le paysage économique marocain et ce, en
reconnaissant la légitimité de la femme à devenir patronne des patrons. Une présidente qui n’a pas manqué de
mettre dans ses projets prioritaires la défense de la parité et l’égalité entre les sexes au sein de l’entreprise.

 Centre Marocain de l’Innovation :

Pour mieux concrétiser la stratégie marocaine en matière d’innovation baptisée « Maroc Innovation », le
Ministère chargé du Commerce et de l’Industrie et le Ministère chargé de la Recherche Scientifique ont crée le
Centre Marocain de l’Innovation qui a pour mission de gérer « Fonds de soutien à l’innovation» (FSI) en vue
d’accompagner les entreprises innovantes et créer à un environnement favorable à l’éclosion d’un entrepreneuriat

49
innovant. Ce fond a introduit plusieurs instruments, sommairement INTILAK (dédié plutôt au startup), TATWIR
(pour les entreprises en phase de développement) et PTR (dédié aux consortiums ou groupement d’entreprises).

 Association Femmes chefs d’Entreprise du Maroc (AFEM) :

Créée en 2000, l’association compte plus de 600 membres 31, qui s’activent dans 7 antennes régionales et 6
incubateurs au féminin labellisés Maroc Pionnières. C’est l’une des associations les plus actives et visibles aussi
bien sur le paysage marocain qu’international.

Elle a pour principales missions :

 Promouvoir l’entrepreneuriat féminin ;


 Encadrer, orienter et soutenir la femme entrepreneur dans l’action de développement de son entreprise et
de sa compétitivité ;
 Encourager la création d’entreprises par les femmes au Maroc ;
 Promouvoir l’image de la femme chef d’entreprise au Maroc et à l’étranger ;
 Représenter la femme chef d’entreprise au niveau des cercles de décision et s’ériger en tant que force de
proposition vis-à-vis des réseaux de pouvoirs (représentation dans les conseils d’administration des
institutions publiques et privées).

2- Programmes pour soutenir l’entrepreneuriat féminin :


 Système d’auto-entrepreneur :

Selon lequel l’autonomisation économique des femmes est l’un des objectifs principaux, en favorisant
l’esprit d’entreprise et en soutenant l’entreprenariat féminin. Dans ce contexte, un accord de partenariat entre l’Etat
et Maroc Poste a été signé pour lancer ce système, ainsi qu’un autre accord entre la Maroc Poste, le Groupement
Professionnel des Banques du Maroc, et l’Association Professionnelle des Sociétés de Financement, pour assurer le
bon déroulement du système d’auto-entrepreneur, qui s’est traduit également par un accord de partenariat entre
Maroc Poste et sept banques pour leur permettre d’enregistrer les auto-entrepreneurs dans le registre national de
l’auto-entrepreneur. La mise en œuvre de ce système a permis un ensemble de réalisations, y compris :

 Le lancement d’un processus pilote pour l’enregistrement des auto-entrepreneurs depuis 2015 jusqu’à la fin
de décembre 2016, avec la création de 31234 auto-entrepreneurs, parmi lesquels 40% sont des entreprises
féminins ;
 La création de partenariat avec certains opérateurs privés ainsi que la société civile pour sensibiliser et
accompagner les groupes cible du système d’auto-entrepreneur, avec une représentativité importante des
femmes.
31
www.afem.ma 50
 Programme « Entre Elles » (Fima Baynahûn) :

Dans les régions, qui vise à renforcer le pouvoir de la capacité administrative des femmes, à travers la
formation, le maintien, et l’amélioration des très petits entreprenariats dans la phase critique de la post-construction,
et de stimuler la création de réseaux de femmes entrepreneurs, afin d’augmenter les chances de développement. Le
nombre total de femmes bénéficiaires a atteint 156 femmes.

 Programme « Ouverture pour Elle » (Infitâh Laha) :

Qui vise à accélérer l’utilisation des technologies de l’informatique dans les entreprenariats, grâce à des
séances de formation pour obtenir une licence numérique qui leur permet d’avoir accès à des accords préférentiels
avec le soutien financier de l’Etat. Ce programme a permis à 253 très petits entreprenariats féminins de bénéficier
du contrat numérique sur un total de 3786 de bénéficiaires, ce qui représente un pourcentage de 6,7%. 26 très petits
entreprenariats ont bénéficié du « Pack Ouverture » (Pack Infitâh) sur un total de 440 bénéficiaires, ce qui
représente 6% de bénéficiaires.

 Programme de développement de l’esprit d’entreprise « Pour Vous » (Mîn Ajlik) 2013/2016 :

Qui vise à promouvoir la capacité entrepreneuriale et managériale des femmes marocaines dans 3 régions.
Le programme a permis, entre juillet 2013 et mars 2014, la formation de 95 consultants dans le domaine de la
création d’entreprises, et 120 représentants du programme.

 Programme « Excellence » (Imtiyaz) :

Qui prévoit l’accompagnement des petits et moyens entreprenariats qui ont un programme de
développement ambitieux, grâce à une subvention de l’ordre de 20% de la valeur totale de l’investissement. 173
entrepreneurs ont bénéficié de ce programme, au cours des huit sessions du programme « Excellence », y compris
13 entreprenariats féminins, ce qui représente 7,5% du total des bénéficiaires 32.

 Programme « Soutien » (Mousanadah) :

Qui vise à accompagner les petits et les moyens entreprenariats dans leur processus de modernisation et
d’amélioration de leur productivité, à travers des programmes pratiques qui englobent divers aspects, tels que les
programmes informatiques, la qualité, la logistique et les systèmes de commercialisation. L’Etat couvre 60% du
coût de l’expérience et l’acquisition et l’intégration des programmes informatiques, qui peut atteindre la somme
d’un million de dirhams pour chaque entrepreneur. 1218 entrepreneurs ont bénéficié de ce programme, y compris
132 entrepreneures femmes, ce qui représente 10% du total des bénéficiaires.

 Programme « Développement » (Inmâa) :

32 51 dans un monde du travail en pleine évolution, op.cit, p : 41.


Rapport du Royaume, Autonomisation économique des femmes
Qui vise à tirer parti des programmes et des technologies de pointe dans le domaine de lean en l’adaptant au
contexte national. Ce programme a fait profiter 5 entreprenariats féminins dans l’ensemble de 74 entreprenariats, ce
qui représente un pourcentage de 6,7%.

 Programme « Accompagnement » (Mourafaqa) 2011-2018 :

Qui vise 500 nouvelles coopératives chaque année, permettant de soutenir et d’accompagner 2,000
nouvelles coopératives au cours de la période 2015-2018. Ce programme fonctionne selon l’approche genre, à
travers les projets de relance qui donnent davantage de possibilités aux femmes dans la vie économique à travers
des activités génératrices de revenus.

 Fonds de sécurité « A Vous » (Ilayki) :

Qui a permis, depuis l’entrée en application Mars 2013 jusqu’à Septembre 2015, de mobiliser 81,5 millions
de prêts pour financer la création de 236 nouvelles entreprises établies par une ou plusieurs femmes, et a contribué
à la création de près de 762 emplois directs. En outre, il a augmenté le nombre de dossiers qui ont été approuvés par
85% entre 2014 et 2015, passant de 67 dossiers en 2014 à 124 en 2015.

 Programme « Soutien et Accompagnement de la Création de Coopératives de Femmes» :

Qui vise à accompagner et à procurer les filles et les femmes de mécanismes pour leur permettre de
s’intégrer socio-économiquement et d’améliorer leur condition de vie, par le biais de la productivité et de petits
projets et de services générateurs de revenus. Ce programme vise aussi à assurer des possibilités d’emploi pour
réduire le chômage et la pauvreté et promouvoir le rôle des femmes dans la société et le développement du pays.

 Programme « Propager la Culture de Jeune Entrepreneur » «PPEJ» :

Qui prévoit entre 1500 et 35.000 dirhams de soutien financier offert par la Conférence des ministres de la
jeunesse et des sports de la Francophonie «CONFEJES» dans le cadre du travail annuel de financements des projets
de jeunes entrepreneurs, parmi lesquels 40% de filles bénéficiaires 33.

 Programme de modernisation du commerce de proximité :

Qui a modernisé plus de 24,480 points de vente au niveau de plus de 100 villes et villages dans différentes régions
du royaume. 2452 commerçantes ont bénéficié de ce programme, ce qui représente 10% du total.

33 52 dans un monde du travail en pleine évolution, op.cit, p : 43.


Rapport du Royaume, Autonomisation économique des femmes
 Programme de soutien au développement des entreprenariats commerciaux nationaux leaders :

Qui fournit l’expertise nécessaire aux entreprenariats leaders afin de suivre l’évolution du développement et
mettre en œuvre le programme de développer leurs réseaux commerciaux, que ce soit au niveau national ou
international, dans les limites de 70% du coût. 13 entreprenariats nationaux ont bénéficié de ce soutien, y compris 2
entreprenariats présidés par des compétences féminines.

 Programmes de formation dans le domaine des « entreprenariats et projets générateurs de revenus


dans les institutions féminines » :

Des femmes et des jeunes filles ont profité de différentes formations qui les ont aidés à développer l’esprit
d’entreprenariat et d’investissement. Ceci s’inscrit dans le contexte de l’autonomisation économique et sociale des
femmes et des filles et des familles.

 Le programme d’auto-entreprenariat “Mouqawalati” :

Qui a permis l’accompagnement de 1408 bénéficiaires de projets en 2014, dont 22% de femmes, et la
création de 665 projets financés à l’externe et autofinancés, créant 1200 emplois. Au cours des cinq premiers mois
de 2015, 754 candidats étaient accompagnés, les femmes représentant 21%.

Les projets financés par des fonds externes et à travers sont au nombre de 240, permettant la création de 408
emplois.

 Le programme “Maroc Initiatives” :

Pour soutenir les petites entreprises, qui vise à contribuer à l’autonomisation économique des jeunes
défavorisés, hommes et femmes, en les soutenants dans la création et le développement de micro entreprises. Le
quota alloué aux femmes dans ce programme était de 45% en 2016.

 Programme des accélérateurs et des incubateurs des entreprises féminines « Maroc Pionnières» :

Un modèle, lancé par l’Association des femmes chefs d’entreprises au Maroc en mai 2006. Sa première
étape était à Casablanca « Casa Pionnières », afin de fournir un soutien cognitif à toutes les femmes marocaines
porteuses de projet et prêtes à faire un entreprenariat, par le biais d’accompagnement continu, de renforcement des
capacités et de développement des compétences dans le domaine de l’entrepreneuriat. Ce programme offre aux
femmes porteuses de projets un accompagnement de 18 mois, pour leur faciliter l’accès au marché et aux réseaux
féminins au Maroc et à l’étranger, ce qui leur permettra un certain nombre de partenariats. En outre, ce programme
a été en mesure d’établir six incubateurs dans nombreuses régions du royaume. Il a permis la création de 87
entreprises, ainsi que le lancement d’un projet national visant à former les diplômées afin de les réintégrer dans le

53
marché du travail, en partenariat avec le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, ce
qui contribuera à la création de richesses et la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, en particulier chez les femmes.

Dans ce cadre, un partenariat avec le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du


Développement a été conclu en 2016, sur trois ans. Il vise à réaliser «Le développement de l’entreprenariat féminin
urbain, péri urbain et rural via les accélérateurs incubateurs» dans les régions de Marrakech-Safi, Tanger-Tétouan-
Al Hoceima et Fès-Meknès. Il cible toute femme porteuse de projet avec une priorité particulière pour les femmes
dans une situation vulnérable, avec un coût total d’environ 9.400.000 Dh 34.

Conclusion du chapitre 3 :

Les entreprises crées et ou gérées par les femmes au Maroc sont dans leur majorité de petite taille. Et si
l’on se réfère à la littérature critique concernant les coopératives, on peut relever un certain nombre de
caractéristiques de fonctionnement qui, si elles étaient censées favoriser l’intégration des femmes dans l’économie
nationale, les maintient en réalité cependant dans des tâches proches du travail domestique, faiblement rémunérées
et où l’investissement des femmes dans un travail ne remet à aucun moment en question le partage des rôles
domestiques, mais peut malgré tout être créateur d’une forme d’autonomie. Après ce dernier chapitre on va
conclure le résultat de cette recherche dans la conclusion générale.

34
Rapport du Royaume du Maroc, Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution,
op.cit, p : 37-38. 54
La contribution de l’entrepreneuriat féminin revêt de plus en plus une importance capitale pour le
développement économique de nombreux pays. Aujourd'hui, les femmes proposent une nouvelle vision du monde
fondée sur les réalités qu'elles vivent, basée sur le respect de leurs droits, qui par nécessité, qui par conviction
55
militante. Elles ne demandent qu'à promouvoir une vie stable et des communautés saines et équitables. Pour arriver
à leurs fins, elles semblent prêtes à mener toutes les formes de lutte possibles. Les femmes sont des partenaires clés
pour la réalisation des objectifs du développement en général et du développement social en particulier, le Maroc a
placé de la promotion des droits des femmes et leur autonomisation sans discrimination, au centre de ses réformes,
ce qui se concrétise par la première génération des législations juridiques qui promeut les droits des femmes.

L’objectif principal de notre recherche était d’étudier l’évolution de l’entrepreneuriat féminin au Maroc,
Pour cette finalité, nous nous sommes assigné trois principaux objectifs :

 Premièrement, définir l’environnement entrepreneurial et déterminer les spécificités de l’entrepreneuriat


féminin. la réussite de certaines femmes serait due à la capacité d'adopter une logique économique qui
correspond à leurs réalités c'est-à-dire inspirée des modèles de conduite dictés par l'environnement social
dans lequel elles évoluent et des normes et valeurs culturelles qui leur sont propres et qui, leur permet de
saisir les opportunités susceptibles de propulser leurs activités.
 Deuxièmement, identifier les caractéristiques démographiques des femmes entrepreneures, leur famille,
leur expérience professionnelle et leur formation, leur motivation pour créer une entreprise et les
problèmes qu’elles rencontrent. Un grand nombre de ces femmes ont recours à l’entrepreneuriat comme
alternative au salariat et à la crise du diplôme. D’autres préfèrent créer leur entreprise et d’être leur «
propre chef » au lieu d’être employées dans le secteur public ou privé.
 Troisièmement, déterminer le profil des entreprises crées et /ou gérées par les femmes, on constate que ces
entreprises sont généralement de petite taille, Ceci peut s’expliquer non seulement par le fait que ces
entreprises sont dirigées par des femmes, mais bien plus par la nature du secteur d’activité et par la
formation acquise, en ce qui concerne la forme juridique majoritaire est constituée par les SARL qui
dominent dans la population des entreprises féminines avec 88% en raison de sa simplicité et de son
adaptation aux PME.

Les femmes entrepreneures renvoient parfois aux femmes pauvres et précaires disposant de micros
entreprises opérant dans l’informel. Mais, un nombre croissant de femmes ont crées /et ou dirigent de petites,
moyennes ou grandes entreprises organisées de manière moderne et gérées de façon professionnelle et exerçant
dans le secteur formel.

Les priorités des chefs d'entreprises résident, entre autres, dans le soutien et l'accompagnement de la gestion
entrepreneuriale, le renforcement des capacités, l'accès à des financements plus compétitifs, la simplification des
procédures, les facilités pour l'accès à l'information, la création d'un mécanisme de médiation entre les banques et
les entreprises et le renforcement des lois relatives au genre, d’où le rôle important des programmes dédiés par les
associations, les institutions et les organes compétant en la matière.

56
Au regard des résultats de notre recherche, On peut conclure que les femmes chefs d'entreprise souffrent
souvent d'un manque de compétences techniques et de connaissances en matière de gestion, d'où la faiblesse de leur
productivité et de leur compétitivité. Les contraintes culturelles constituent aussi un obstacle supplémentaire qui
freine le succès des femmes dans la conduite de leurs affaires.

Bibliographie
57
Ouvrages :

Boserup Ester, La femme face au développement économique, Paris, PUF, 1983.


Boudon, R. R., La logique du social, Pluriel, 1979.
Gasse, Y, A., profession entrepreneurs, transcontinatales inc fondation de l'entrepreneurship, 1993.
Weber. M. L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Plon, 1991.

Thèse :

Rachdi, F., l’entrepreneuriat féminin au Maroc : une approche par le réseau personnel, Thèse pour
l’obtention du doctorat en sciences de gestion, Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des
Entreprises, 2016.

Rapports et études :

AFEM ; Rapport des résultats évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc avril 2015.
Boussetta, M., Entrepreneuriat Féminin au Maroc : Environnement et Contribution au Développement
Economique et Social, Dakar, 2011.
Haut commissariat au plan, note d’information au sujet de la situation du marché du travail en 2015.
La banque mondiale, rapport annuel 2017.
Min Ajliki, Programme belgo-marocain de soutien à l’entreprenariat féminin au Maroc 17 novembre 2016.
Rachdi, F., L’entrepreneuriat féminin au Maroc : une étude exploratoire, Laboratoire ERMMES (Toulon)
EDHEC Nice France.
Rapport du Royaume du Maroc, Ministère de la Solidarité de la Femme et de la Famille et du
Développement Social, Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine
évolution, Mars 2O17.
Royaume du Maroc, Ministère de la Solidarité de la Femme de la Famille et du Développement Social,Plan
Gouvernemental pour l’égalité, ICRAM, 2016.
Zerari, H., Femmes du Maroc entre hier et aujourd’hui : Quels changements ?, Recherches internationales,
n° 77, 3 – 2006.

Webographie
58
www.lematin.ma
www.h24info.ma
www.afem.ma

Table des matière

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LISTE DES GRAPHIQUES

LISTE D’ABREVIATIONS

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Chapitre 1 : Généralités sur l’entrepreneuriat féminin 4


Section 1 : Analyse globale et spécificités 6
1er paragraphe: l’analyse globale  6
1- Positionnement sur le champ de l’entrepreneuriat  6
2- Positionnement sur le champ de l’entrepreneuriat féminin  7
3- Les théories explicatives : économique et sociologique  8
2 éme Paragraphe : Spécificités de l’entrepreneuriat féminin  9
1- Les compétences particulières  9
2- La singularité de l’entrepreneuriat féminin  10
3- L’autonomisation économique des femmes  12
Section 2 : le cadre général de l’entrepreneuriat féminin au Maroc 13
1er paragraphe: L’environnement entrepreneurial  13
1- Éléments de définition  13
2- Les déterminants environnementaux de l’entrepreneuriat féminin au Maroc 15
2éme paragraphe : typologie et cadre institutionnel  19
1- Typologies entrepreneuriales  19
2- Le cadre institutionnel  20
Conclusion du chapitre 1  21

Chapitre 2 : La femme entrepreneure au Maroc 22


Section1 : Identification des femmes chefs d’entreprises  23
1 er paragraphe : Profil des femmes entrepreneures  23
1- Leurs tranches d’âge  24
2- Leurs niveaux d’étude  24
3- Leurs situations matrimoniales et familiales  26
4- Leurs expériences  27
ème
2 paragraphe: L’autonomisation économique des femmes dans le monde du travail en évolution  28
1- L’accès des femmes au marché du travail  28
2- L’accès des femmes au monde de l’entreprenariat et aux postes de décision économique  30
Section2 : Obstacles et perspectives d’avenir  32
1 èr paragraphe : Défis et obstacles rencontrés par les FCE  32
1- Les principaux obstacles rencontrés  32
2- Défis de l’accès des femmes au monde de l’emploi en 33

2 ème paragraphe : Motivation et perspectives d’avenir  36


1- Les motivations des femmes entrepreneurs  36
60
2- Perspectives d’avenir  37
Conclusion du chapitre 2  40

Chapitre3 : Les entreprises crées et/ou gérées par les femmes 41


Section 1 : les critères des entreprises féminines  43
1er paragraphe: le profil de ces entreprises  43
1- Répartition national et sectorielle  43
2- L’effectif et l’âge de l’activité 44
3- Les formes juridiques  44
2 éme paragraphe : Le secteur informel et les coopératives  45
1- Coopératives et associations  45
2- Le secteur informel  46
Section 2 : programme et priorités d’action pour encourager l’entrepreneuriat féminin  47
1er paragraphe : Perception des pistes d’amélioration de la situation de l’entrepreneuriat féminin au Maroc  47
1- Les priorités d’action pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin  47
2- Amélioration de la situation de l’entrepreneuriat féminin  48
éme
2 paragraphe : associations, institutions et programmes  49
1- Les associations et institutions qui participent activement à l’essor de l’entrepreneuriat féminin  49
2- Programmes pour soutenir l’entrepreneuriat féminin  51
Conclusion du chapitre 3  55

CONCLUSION GÉNÉRALE 56

BIBLIOGRAPHIE 59

WEBOGRAPHIE 60

61

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