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Algèbre financière

Intérêt
Une personne qui prête de l’argent (le prêteur ou le créancier) renonce temporai-
rement à cette somme ; il est donc en droit de demander une rémunération pour ce
service.

Une personne qui emprunte de l’argent (l’emprunteur) peut utiliser de manière


anticipée une somme qu’il aurait mis des semaines, des mois, des années, à
économiser ; il est donc normal qu’il paye pour ce service.

On appelle l’intérêt le prix de ce service dû par l’emprunteur au prêteur (en plus du


remboursement du montant prêté). L’intérêt est d’autant plus grand que le moment
prêté est important et que la durée du prêt est longue.

Le principe de l’épargne est similaire : une banque peut utiliser l’argent en dépôt sur
un compte épargne ; il s’agit donc d’un prêt rémunéré par un intérêt (dû par la banque
à un particulier).

Le montant de l’intérêt est fixé par le taux d’intérêt, souvent exprimé en % du


capital (= la somme prêtée). Par exemple, si un créancier prête 10000€ à 3 %,
l’intérêt s’élève à 300€.

Un taux d’intérêt est toujours relatif à une période ; on parle de taux annuel, taux
mensuel, … L’intérêt d’un prêt (ou d’un placement) qui porte sur plusieurs périodes
dépend de la manière dont il est perçu. On distingue deux méthodes : les intérêts
simples et les intérêts composés.

Algèbre financière 1
Les intérêts simples

Le créancier encaisse l’intérêt au terme de chaque période ; le capital engagé reste


alors invariable pendant toute la durée du prêt et produit des intérêts égaux pour
chaque période.

Exemple : M. Martin prête 10000€ pour une durée de 3 ans au taux annuel de 8 %.
Quels intérêts a-t-il perçu annuellement ? À combien se monte l’intérêt total de
l’argent prêté ?

Faire des tableaux

Les intérêts composés

Cette fois-ci, le créancier laisse les intérêts de chaque période s’ajouter au capital ; le
capital s’accroît de période en période, et produit des intérêts croissants. L’intérêt
total est perçu au terme de la durée du prêt.

Exemple : M. Martin place à la banque la même somme, au même taux et pendant le


même nombre d’années, mais cette fois à intérêts composés. Quel intérêt touchera-t-il
à la fin ?

Algèbre financière 2
Capital et valeur acquise
La valeur acquise par un capital au terme d’un prêt ou d’un placement, c’est le
capital initial augmenté de l’intérêt. C’est donc le montant total que récupère le
créancier.

Valeur acquise = capital initial + intérêt

Notons :
c = capital initial
i = taux d’intérêt annuel
C = valeur acquise par le capital
n = nombre d’années du placement

Dans le cas des intérêts simples…


• après un an : C=c+c . i=c .(1+i),
• après 2 ans : C=c+2. c . i=c .(1+2i),
• après 3 ans : C=c+3. c . i=c .(1+3i), …

Donc, après n années : C=c .(1+n .i)

Dans le cas des intérêts composés…


• après un an : C=c+c . i=c .(1+i),
• après 2 ans : C=c .(1+i)+c .(1+i).i=c .(1+i).(1+i)=c .(1+i )2 ,
• après 3 ans : C=c .(1+i)2 +c .(1+i)2 . i=c .(1+i)2 .(1+i )=c .(1+i)3 , …

Donc, après n années : C=c .(1+i)n

Comparaison graphique

Algèbre financière 3
Taux équivalents
Dans ce qui suit, on considère toujours des placements à intérêts composés.

Tu possèdes 1000€ que tu voudrais faire fructifier en les plaçant sur un compte
épargne. Tu as lu dans une brochure publicitaire que la banque ARNAX propose des
placements au taux mensuel m=0,5 %.

Intéressé(e), tu te rends dans l’agence la plus proche où on t’apprend qu’en fait, il


s’agit d’un placement au taux annuel i=6 %, mais que comme il y a 12 mois dans
une année et que 6=12×0,5, cela revient au même.

Pour être sûr(e), tu calcules la valeur acquise par ton capital initial au bout de 1 an.
12
 D’après la publicité : C=1000.(1+0,005) =1061,68 .
1
 D’après le banquier : C=1000.(1+0,06) =1060.

Les deux propositions ne sont pas équivalentes !!

D’où vient la différence ?

En fait, avec le taux mensuel, il y a des intérêts qui viennent gonfler le capital 12 fois
plus souvent, ce qui fait que chaque nouvel intérêt calculé est un peu plus gros que le
précédent.

Cet effet (qui n’existe évidemment qu’avec les intérêts composés) conduit à définir la
notion de taux équivalents : on dit que des taux correspondants à des périodes
différentes sont équivalents s’ils font acquérir la même valeur à un même capital
après la même durée de placement.

P. ex. , un taux annuel i et un taux mensuel m sont équivalents si 1+i=(1+m)12 .

Généralisation

1
Le taux t pour une période de ième
d’année est équivalent au taux annuel i si :
k
1
k k k
1+i=(1+t )  1+t =√ 1+i=(1+i)

Alors, la valeur acquise par un capital au bout d’une fraction p/k d’année au taux
annuel i est donnée par :
p
k
C=c .(1+i)

Algèbre financière 4
Annuités
Constitution d’un capital

Exemple

M. Médecotez veut se constituer un capital pour améliorer sa retraite qu’il prendra


dans 15 ans. Pour ce faire, il verse en chaque fin d’année une somme de 1000€ sur un
compte bloqué, au taux de 10,5 % par an. Les versements annuels s’appellent des
annuités.

Le premier versement sera effectué à la fin de l’année 2018, le dernier sera effectué
dans 15 ans, en décembre 2033, au moment où il prendra sa retraite.

Combien de versements aura-t-il effectué en tout ?

Quel capital aura-t-il accumulé ?

1er versement de 1000€ deviendra 1000.1,105^15 à la fin des 15 ans.


2e versement de 1000€ deviendra 1000.1,105^14 à la fin des 15 ans.

le 16e et dernier versement qui a lieu au moment où il récupère son capital ne rapporte
pas d’intérêts.

Au total :1000.1,105^15+1000.1,105^14+… 1000 = S_16 d’une SG avec t1=1000 et


q=1,105

1−1,0516
=> S 16 =1000× =23657,49 €
1−1,05

Formule générale

Calculons le montant A d’un capital constitué par le versement de n annuités


constantes v. On va établir la formule pour des versements annuels (annuités) et un
taux d’intérêt annuel i ; elle reste valable si les périodes sont des mois (mensualités),
des trimestres (trimestrialités), … à condition de remplacer le taux d’intérêt annuel
par le taux mensuel, trimestriel, …
• Au moment du 2e versement, le 1er versement a acquis la valeur v .(1+i )
• Au moment du 3e versement, le 1er versement a acquis la valeur v .(1+i)2

n−1
• Au moment du ne versement, le 1er versement a acquis la valeur v .(1+i)

Algèbre financière 5
De même, au moment du ne versement (= constitution du capital) :

• le 2e versement a acquis la valeur v .(1+i )n−2


• le 3e versement a acquis la valeur v .(1+i)n−3

• le ne versement ne rapporte pas d’intérêt.

Le montant A du capital constitué est la somme de toutes ces valeurs :

n−1 n−2 (1+i)n−1


A=v .(1+i ) +v .(1+i) +...+v=v×
(1+i)−1

car c’est la somme des n premiers termes d’une SG avec t 1=v et q=1+i .

(1+i)n−1
Donc : A=v×
i

Remboursement d’un emprunt

Exemple

M. Toutouzuit voudrait faire un emprunt à la banque. Il estime qu’il ne pourra


rembourser que 500€ par an pendant 10 ans. Sachant que la banque applique un taux
d’intérêt annuel de 8,5 %, quel capital E peut-il emprunter aujourd’hui si le 1er
remboursement à lieu dans un an ?
Pour répondre à la question, on va décomposer le problème.
• À chaque remboursement, la banque peut réinvestir les 500€. En versant 500€
chaque année, M. Toutouzuit va constituer un capital par annuités qui reviendra
à la banque au bout de 10 ans. Quel sera le montant de ce capital ?

• La banque – qui n’est pas un organisme de charité – estime que cette annuité
doit lui rapporter autant que si elle avait investi tout de suite le totalité du
montant prêté E. Dans ce cas, quelle aurait été la valeur acquise par E ?

Algèbre financière 6
Formule générale

Calculons le montant E que l’on peut emprunter au taux annuel i, remboursable en n


versements annuels v.

Le capital constitué par annuités au bout de tous les versements est donnée par :

(1+i)n−1
A=v×
i

La valeur acquise par E si on l’investit immédiatement et pour une même durée est
donnée par :

C=E .(1+i)n

Ces deux valeurs doivent être égales, donc :

1−(1+i )−n
E=v×
i

Formulaire
c = capital initial t = taux d’intérêt équivalant pour 1/kème
C = valeur acquise par un capital d’année
A = capital constitué par annuités n = nbre d’années d’un placement ou nbre
E = capital emprunté d’annuités
i = taux d’intérêt annuel v = montant d’un versement (annuité)

C=c .(1+n i) (intérêts simples – n peut-être un nombre décimal)

C=c .(1+i)n (intérêts composés – n peut-être un nombre décimal)

i=(1+t)k−1

(1+i)n−1
A=v×
i

1−(1+i)−n
E=v×
i

Algèbre financière 7
Amortissement
L’amortissement d’un emprunt est la partie du capital emprunté qui est remboursé à
chaque versement périodique (annuité, mensualité, … ).

Exemple

Mme Machin emprunte 20 000€ à 5 %, remboursables en 4 annuités. Le montant des


annuités s’élève à :

0,05
v=20000 . −4
=5640,24 €
1−1,05

À la fin de chaque année, le capital restant dû (avant versement) a généré des


intérêts. Le versement de l’annuité sert à rembourser les intérêts et la différence
« amortit » l’emprunt, c’est-à-dire rembourse réellement une partie du capital :

Amortissement = annuité – intérêt

Et donc :

Capital restant dû (après versement)


=
capital restant dû (avant versement) – amortissement

Le tableau d’amortissement (que l’organisme de prêt est obligé de fournir à M me


Machin) détaille ainsi les étapes du remboursement.

annuités
1 000 = 20 000 . 0,05 constantes

4 640,24 = 5 640,24 - 1 000 15 359,76 = 20 000 - 4 640,24

Algèbre financière 8
Taux de chargement
Lorsqu’on fait un emprunt, il peut y avoir, en plus des intérêts, tout un tas de frais
annexes (frais de dossier, assurances, … ). Ces frais s’appellent les charges R.

Si le remboursement s’étale sur n périodes (années, mois, … ), il est courant de


définir le taux de chargement (annuel, mensuel, … ) r comme :

R=E . r . n

Le taux de chargement permet de calculer rapidement la montant des rembourse-


ments périodiques v :

E 1
n. v=E+R  v= +E r=E× +r
n n ( ) (*)

Cependant, le taux de chargement est trompeur, car il ne correspond pas au taux


d’intérêt réel (qui est plus proche du double).

TAEG

On appelle taux annuel effectif global (TAEG), le taux annuel réel d’un emprunt. Il
inclut les intérêts et tous les frais annexes. Il permet donc de comparer le coût total de
différents crédits. Dans la législation européenne, il doit toujours être mentionné.

1−(1+i )−n i
On sait que : E=v×  v=E×
i 1−(1+i )
−n

En comparant avec (*), on peut trouver i= ( )


1
n
+r ×( 1−(1+i)−n)

Pour obtenir m, il faut procéder par itérations : on choisit une valeur initiale pour m
et on remplace à droite dans la formule pour calculer une nouvelle valeur. On
recommence le procédé avec chaque nouvelle valeur jusqu’à ce que la valeur se
stabilise.

On pourra éventuellement faire les calculs au moyen d’un tableur du type EXCEL.

Il existe une approximation du TAEG appelé le TCAR (taux de chargement annuel


réel) qui présente l’avantage de se calculer beaucoup plus facilement au moyen de la
formule :

24. n. r
TAEG≈TCAR=
n+1

Algèbre financière 9
Exemple

M. Bidule contracte un emprunt de 350 000 €. Le remboursement s’effectuera en 42


mensualités avec un taux de chargement mensuel de 0,4 %.

Les mensualités s’élèveront à v=350000× ( 421 +0,004)=9733,33 €


Coût total du crédit n. v=42.9733,33=408799,86 €

Taux d’intérêt mensuel m≈0,743 % (voir tableur ci-dessous).

TAEG = taux d’intérêt annuel équivalent =(1+0,00744)12−1=9,303 %

24.42 .0,004
À titre de comparaison TCAR= =9,377 %
43

Algèbre financière 10
Capital restant dû Capital restant dû
Année Intérêt Amortissement Annuité
(avant versement) (après versement)
1 20 000,00 € 1 000,00 € 4 640,24 € 5 640,24 € 15 359,76 €
2 15 359,76 € 767,99 € 4 872,25 € 5 640,24 € 10 487,51 €
3 10 487,51 € 524,38 € 5 115,86 € 5 640,24 € 5 371,65 €
4 5 371,65 € 268,58 € 5 371,65 € 5 640,24 € 0,00 €

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