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LICENCE 2

SLL 244

PSYCHOLINGUISTIQUE
Prof. Jean-Martial KOUAME
Professeur Titulaire
Université de FHB Cocody-Abidjan

jeanmartial.kouame@gmail.com
DEVELOPPEMENT
DU LANGAGE
PLAN DU COURS

1. Rôle du milieu social

2. Rôle des parents et du donneur de soin

3. Rôle du jeu

4. Rôle des chants et des comptines

5. Rôle de la littérature de jeunesse

6. Comment booster le langage de l’enfant


Résultats
1

5
Le développement du langage est très complexe.

D’un point de vue neuro-biologique : parler nécessite le


contrôle et la coordination de mouvements agissant sur l'air
contenu dans les tractus respiratoire et vocal. Chaque seconde
de production nécessite plusieurs centaines d'événements
neuro-musculaires.

D’un point de vue sociologique : l'influence des parents, des


structures d’encadrement (crèche et école maternelle) et de
l’environnement est véritablement déterminante.

Au fur et à mesure que le nourrisson grandit, différents "niveaux


de langage" se succèdent et se combinent.
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Les talents langagiers des enfants commencent à apparaître
dès le début de leur vie.

Pendant la première année de sa vie le bébé découvre les sons


de sa langue et s’exerce à les utiliser en gazouillant et en
babillant.

Vers 18 mois, il dit environ 50 mots (mais il en comprend


beaucoup plus).

Vers 2 ans, son vocabulaire s’accroît à pas de géant. Il apprend


approximativement 9 mots par jour.

Vers 5 ans, il maîtrise la grammaire de sa langue et il est


capable de raconter des histoires simples et de décrire des
événements de sa vie.jeanmartial.kouame@gmail.com
1. RÔLE DU MILIEU SOCIAL ET CULTUREL

Même s'il existe une prédisposition biologique et


génétique indéniable, c’est dans les interactions
avec son environnement que l'enfant développe son
langage.

Le milieu social et culturel influence le développement


du langage

Les recherches menées dans une perspective


transculturelle démontrent, que les sociétés
diffèrent entre elles du point de vue de ce qui est
jugé comme un mode de communication approprié.
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L’interaction adulte-enfant est donc un moyen de
socialisation : l’enfant y apprend les usages sociaux
de la parole ; il y développe sa compétence à
échanger linguistiquement selon les formes.

Les contextes dans lesquels un enfant s’approprie sa


langue varient en conséquence d’une culture à
l’autre et cette diversité s’observe de façon
privilégiée en comparant les différentes modalités
d’interaction adulte-enfant.

Chaque société développe ses propres conceptions


des droits et devoirs des enfants, de ce qu’il
convient d’attendre de leurs capacités et de leur
personnalité dans les différentes phases de leur
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croissance.
La petite enfance est le temps du développement des
capacités de langage oral, essentielles pour tous les
apprentissages ultérieurs.

Entre des milieux socio-économiques plus ou moins


favorisés on observe des différences à la fois dans
le niveau de langage des enfants et dans les
interactions verbales suscitées par les parents.

Ces différences concerne la quantité d’interactions, le


nombre et le type d'énoncés (questions,
interdictions, etc ) les adresses à l'enfant, la
fréquence des relances et des rétroactions
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positives.
Les retards sont particulièrement fréquents chez
les enfants qui vivent dans la pauvreté.

Dès le départ, les enfants de ménages à faible


revenu accusent un retard dans leurs habiletés
langagières et leur vocabulaire se développe à
un rythme plus lent que celui de leurs pairs issus
de ménages plus favorisés.

Lorsque le vocabulaire qui lui permet de


comprendre et de s’exprimer est restreint,
l’enfant risque fort d’éprouver plus tard à l’école
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des difficultés en lecture et en orthographe.
Les enfants qui grandissent dans un environnement
peu enclin au langage sont donc moins bien préparés
aux apprentissages scolaires.

Les jeunes enfants issus d’environnements socio-


familiaux très défavorables (maltraitance négligence
éducative) qui étaient à la limite de la déficience
intellectuelle obtiennent des performances cognitives
et linguistiques qualifiées de « normales » lorsqu’ils
sont placés dans un milieu modeste.

Dans les milieux socioculturels favorises, les enfants


bénéficient souvent de 500 à 1 000 heures de pratique
du langage écrit avant d'y être eux-mêmes confrontes.
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A propos de la place que chaque société donne aux
enfants on note que :

les parents luos et samoans attribuent aux enfants un


statut social inférieur.

C’est pour cette raison que le discours que leur


adressent les adultes est extrêmement directif.

Il vise:

 d’une part, à encadrer et façonner les conduites


non verbales

 d’autre part, à limiter globalement le temps de


parole concédé aux enfants
En revanche

Dans les classes moyennes américaines, on


considère que le statut des enfants n’est guère
éloigné de celui des adultes

d’où la tendance à leur conférer une certaine marge


d’autonomie dans la gestion de leurs
comportements.

Le discours adulte comporte pour cette raison


davantage de questions du genre

« tu veux te coucher ? »

moins d’injonctions du type « va te coucher ! ».


2. RÔLE DE LA FAMILLE

La médiation familiale est indispensable dans le


développement linguistique de l'enfant même si
elle reste trop souvent sous-estimée.

Le seul fait qu’il apprenne le langage de son milieu


en est la preuve.

Un enfant a un langage déficitaire lorsqu’il a


participé à très peu d’interactions langagières et
lorsque celles-ci sont principalement sur le
mode injonctif (interdits, ordres…).
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L’évolution langagière du bébé est tributaire de la
quantité et de la qualité du langage mis à sa
disposition.

« Pour qu‘un enfant apprenne à parler, il faut d’abord


qu’on lui parle », première condition indispensable à
l’acquisition du langage. Video2 Video3

Il faut aussi le laisser parler.

Les échanges entre enfant et adulte permettent une


interaction entre un langage structuré, élaboré, celui
de l’adulte, et des tâtonnements de l’enfant.
Pour être rapidement capable d’utiliser le langage,
l’enfant doit pouvoir avoir un modèle, quelqu’un qui
le stimule, c’est en général la mère (ou l’être
maternant) qui joue ce rôle.

C’est évidemment d’abord par des stimulations non-


verbales que la relation s’établit, mais c’est sur ces
mêmes stimulations que le langage viendra se
greffer.

Selon Bruner l’enfant reçoit ici une « aide » fournie par


l’adulte lorsqu’il entre en relation avec lui, ce qui
produit un « système de support pour l’acquisition
du langage » jeanmartial.kouame@gmail.com
Par ses questions et ses corrections l’adulte
"étaye" le discours de l'enfant.

Cet étayage a pour rôle de faire se rejoindre les


univers de l'adulte et de l'enfant

Les parents n'enseignent pas la langue à leurs


enfants, ils leur fournissent des modèles.

L'environnement linguistique doit être constitué


d'êtres humains physiquement présents :
entendre parler à la radio ou à la télévision ne
permet pas d'accéder au langage.
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Le développement du langage s’organise autour de 3
pôles:
Affects

Appuis cognitifs

Découpage de la chaîne parlée

En français, le repérage des unités est complexe

[lÐvãdegl b] ; [ lÐdemilfrã] ; [lfilmdÐkapedepe] ;


[letalibã]

C’est alors l’écrit qui donne accès à l’unité du mot.


[lÐvãdegl
b] :
Le vent des globes / Le Vendée globe

[ lÐdemilfrã] :
Le jeu d’Emile Franc / Le jeu des 1000 francs

[lfilmdÐkapedepe] :
les films de Kapédépais / les films de cape et
d’épée

[letalibã] : l’état Liban / les Talibans


La production des premiers mots débute vers 11-13 mois,
sensiblement après le début de la compréhension, ce décalage
entre les capacités de compréhension et de production se
maintenant tout au long des premières étapes de l'acquisition.

Le stock du vocabulaire de production s'accroît d'abord très


lentement, pour connaître généralement, aux environs de 18-20
mois une forte accélération de son rythme d'augmentation «
d'explosion du vocabulaire »

L'enfant découvre en fait que « toutes les choses doivent avoir


un nom »

Des régularités ont pu aussi être mises en évidence en ce qui


concerne la composition de ce premier vocabulaire, c'est-à-dire
la nature des mots que les jeunes enfants produisent.
On observe de manière classique que les enfants
commencent par produire des mots dits « de contenu
» avant de produire des morphèmes grammaticaux ou
mots fonctionnels dits mots « de la classe fermée »,
et que, parmi les mots de contenu, les noms
précèdent les prédicats, et en particulier les verbes.
Ainsi, les noms - et plus particulièrement les noms
d'objets - seraient les mots constitutifs du vocabulaire
initial, formant la base du lexique et servant d'amorce
à son élaboration.
 
Les capacités lexicales des enfants y sont établies
par le biais des rapports des parents.
Bates et ses collègues ont trouvé que les petits américains
possédaient en moyenne une dizaine de mots à 12 mois, plus
de 300 à 24 mois et plus de 500 à 30 mois.

L'analyse de la composition du vocabulaire produit entre 1 an


et 2 ans et demi montre que les noms sont initialement les
éléments de loin les plus fréquents, formant près de 60 % du
vocabulaire des enfants anglophones quand ceux-ci possèdent
de 100 à 200 mots, mais leur part relative diminue quand
augmente la taille du lexique.
 
En revanche, la proportion de prédicats (verbes et adjectifs),
initialement faible, s'accroît régulièrement. Quant à la
proportion de mots de la classe fermée, presque inexistante
aux premiers stades de l'expansion lexicale, elle s'accroît
brusquement et devient notable (10 % à 15 %) à partir du
moment où le vocabulaire a atteint le seuil des 400 mots, soit
Pour le français les recherches de Dominique Bassano
montrent que dès les premières étapes de l'acquisition
du langage

les mots de contenu - noms et prédicats - forment des


classes à forte densité et diversité, mais sont de
moindre fréquence d'usage,

tandis que les éléments fonctionnels - grammaticaux


et paralexicaux - sont moins diversifiés, mais de
grande fréquence d'usage.
Relation mère-enfant

Des interactions tout à fait particulières


s'établissent entre une mère et son enfant.

La communication et de la relation mère-enfant


qui s'instaure dès la naissance est d’une
importance capitale pour le développement
du langage.

La qualité de cette interaction conditionne


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directement l'acquisition du langage oral.
Le bébé comprend la parole de la mère par les
intonations, les mimiques et les mouvements de la
bouche, plus que par le mot lui-même.

La mère doit donc être attentive à parler à son enfant,


à le placer en situation d'interlocuteur, à utiliser
différentes formes de phrases, à varier le
vocabulaire et à transmettre de l'affectif dans cet
échange.

Les enfants ayant souffert d'un isolement, de


privations affectives, de troubles psychologiques
chez la mère présentent des troubles importants du
langage oral.

Les relations mère-enfant permettent l'instauration


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d'un dialogue se manifestant par les tours de
Rôle des parents ou du donneur de soin

Trois aspects des conduites parentales sont au cœur


du développement du langage chez les jeunes
enfants :

1) la fréquence de participation d’un enfant à des


activités d’apprentissage régulières (ex: lire
ensemble, se faire raconter une histoire);

2) la qualité des interactions parent-enfant (ex:


stimulation cognitive par les parents, sensibilité et
réceptivité à l’égard de l’enfant);

3) la mise à la disposition de l’enfant de matériel


d’apprentissage adapté à son âge (ex: livres et
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1. Fréquence de participation de l’enfant à des activités
d’apprentissage

Une participation régulière, dès le plus jeune âge, à des activités


d’apprentissage, comme d’apprendre les chiffres et les
lettres et de fréquenter la bibliothèque, assure aux enfants
un fondement pour les premiers apprentissages, le
développement du langage et les habiletés de base en
lecture et écriture.

Les activités d’apprentissage augmentent le vocabulaire d’un


enfant et sa connaissance du monde.

La régularité de ces activités procure à l’enfant une structure


familière pour interpréter les comportements et paroles des
autres personnes, prévoir la séquence temporelle des
événements et tirer des conclusions d'expériences
nouvelles.

Exemple: lire avec un parent ou échanger oralement des


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histoires facilite l’enrichissement du vocabulaire


2. Qualité des interactions parent-enfant

La qualité de l’interaction avec un parent ou un donneur de soin


joue un rôle formateur dans le développement du langage et
l’apprentissage chez les jeunes enfants.

Ainsi, la quantité et le style de langage qu’emploient les


parents pour parler à leur tout-petit est l’un des principaux
éléments prédictifs du développement de son langage et de
son apprentissage.

Les enfants bénéficient d’une exposition au discours des


adultes lorsqu’il est riche et diversifié en informations sur les
objets et les situations de leur milieu.

De plus, un enfant dont les parents répondent à ses initiatives


verbales et exploratoires avec des descriptions orales et des
questions tend à avoir une compréhension et une production
du langage plus avancées, une conscience phonologique
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supérieure et de meilleures habiletés pour comprendre les
3. Mise à la disposition de l’enfant de matériel d’apprentissage
L’exposition à un matériel diversifié et adapté à leur
âge prédit le développement d’habiletés
langagières ainsi qu’en lecture et écriture.
Le matériel d’apprentissage ouvre la porte à des
échanges au sujet d’objets ou de jouets précis, par
exemple lorsqu’un parent et son enfant font
semblant de cuisiner.
L’accès à des jouets et à du matériel d’apprentissage
peut aussi éveiller la curiosité de l’enfant, son désir
de découvrir et sa motivation, et lui transmettre une
perception positive de l'apprentissage, éléments qui
ont été associés à la réussite dans les premières
années d’école et au succès futur.
Les enfants qui ont la possibilité de s’amuser avec du
matériel adapté à jeanmartial.kouame@gmail.com
leur âge sont plus susceptibles
d’apprécier la découverte et l’apprentissage.
L’enfant a également besoin de recevoir de la
part de l’adulte des consignes claires pour un
développement optimal
V1
LES CONDUITES PARENTALES
Elles sont déterminées à la fois par les caractéristiques des
parents et celles de leur enfant.

Caractéristiques des parents

 L’âge
Comparativement aux mères plus âgées, les mères
adolescentes offrent un niveau de stimulation verbale et
d’engagement moindres, interviennent davantage de façon
intrusive et ont un vocabulaire maternel moins riche et
moins complexe.

 L’instruction
Les mères peu scolarisées font moins fréquemment la
lecture à leur enfant et manifestent elles-mêmes des
compétences langagières et en lecture et écriture plus
faibles, ce qui a une influence sur la quantité et la qualité de
leurs interactions verbales avec leur enfant.
 Le revenu familial

Un statut socioéconomique (SSE) faible est associé à


un nombre inférieur d’expériences favorables à
l’acquisition du langage à l’âge préscolaire.
Les enfants des familles « professionnelles » à niveau
verbal très élevé entendent presque 3 fois plus de mots
par semaine que les enfants de familles qui « reçoivent
de l’aide sociale » et dont le niveau verbal est faible.

 L’origine ethnique

En moyenne, les mères latino-américaines ou afro-


américaines sont moins portées à faire la lecture à leur
enfant que les Blanches non hispaniques, et les familles
africaines et latino-américaines ont moins de livres
pour enfants à la maison que les autres familles.
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Caractéristiques des enfants

Le sexe et le rang de naissance sont associés au


développement du langage et à l’apprentissage chez les
jeunes enfants.

Ainsi, les filles tendent à avoir un léger avantage sur les


garçons aux débuts de l’acquisition du vocabulaire.

De plus, les aînés de famille ont un vocabulaire un peu


plus étendu, en moyenne, que leurs frères et sœurs.

Les mères manifestent un langage, un engagement et une


réceptivité différents envers leurs enfants, l’aîné étant
favorisé. jeanmartial.kouame@gmail.com
3. RÔLE DU JEU

Définition

On peut appeler "jeu" toute activité dont le seul


objectif est le plaisir.

Le jeu va aider le tout-petit à accéder au "je".


L'enfant va utiliser le jeu pour faire comme s'il était
indépendant et il va devenir ainsi peu à peu
indépendant.

Le jeu va lui permettre de s'affirmer en tant qu'individu,


il va apprendre ainsi à devenir autonome.
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Importance du jeu

Il est essentiel pour les parents et les éducateurs de


comprendre que le jeu est beaucoup plus qu’un
passe-temps récréatif pour l’enfant.

Le jeu est très important pour le développement de


l’enfant et son apprentissage. Vidéo 1

C’est grâce au jeu que l’enfant acquiert et affine la


plupart de ses compétences.

Il est possible d'améliorer toutes les sphères de la vie


de l'enfant par le jeu. Le jeu favorise le
développement social, affectif, physique et cognitif
et l'acquisition d'aptitudes pour le langage, l'écriture
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et la lecture.  
Grâce au jeu, l'enfant développe et renforce
son langage.

Jouer favorise les interactions entre les enfants. En


communiquant avec les autres enfants, il commence
à comprendre l’importance de communiquer par le
langage.

Il apprend à exprimer ses idées et à écouter les idées


exprimées par les autres.

Le jeu entraîne des situations qui favorisent la


coopération. L’enfant découvre les avantages de
travailler ensemble et de partager le matériel.

Grâce au jeu l’enfant apprend à résoudre des


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conflits et à négocier avec les autres. video1
Le jeu permet un apprentissage plus structuré.

Grâce au jeu, l’enfant développe et renforce son


langage. Par exemple, quand on lit une histoire avec
son enfant, on sollicite le développement de la
communication orale.

De nombreux jeux permettent d’acquérir de


l’expérience dans la résolution de problèmes.

Le jeu encourage et renforce la curiosité d’un enfant


sur son monde.
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Étapes du jeu

Depuis les années 1800, le jeu chez les enfants fait


l'objet de nombreuses études.

On a notamment beaucoup observé et enregistré soit


un aspect du jeu, soit les diverses étapes du jeu ou la
façon dont les jeux se transforment au fur et à mesure
que les enfants grandissent.

Dans sa célèbre étude, Mildred Parten (1932) a établi


six catégories de participation sociale chez les enfants
d'âge préscolaire.
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Ces catégories sont toujours activement utilisées par les
éducateurs de nos jours :

1. Comportement passif – l'enfant ne fait aucune activité

2. Jeu solitaire – l'enfant joue seul (il n'y a aucun autre enfant
dans un rayon d'un mètre (trois pieds)

3. Comportement observateur – l'enfant observe les autres


jouer, mais ne va pas jouer avec eux

4. Jeu parallèle – les enfants jouent les uns près des autres,
mais ne se parlent pas

5. Jeu associatif – les enfants se parlent en jouant, mais ils


essaient peu d'organiser le jeu

6. Jeu coopératif ou plus organisé – chaque enfant assume un


rôle actif pour planifier et structurer le jeu en collaborant
avec l'autre jeanmartial.kouame@gmail.com
On peut également associer le jeu à certaines sphères de
développement, bien qu'il y ait toujours des recoupements
considérables. Le jeu peut aussi être catégorisé en
caractéristiques qui correspondent à différents domaines du
développement malgré de nombreux chevauchements :

Jeu locomoteur – développement physique

Jeu social - développement social et affectif

Jeu de simulation - développement social et affectif

Jeu d'objets – développement cognitif

Jeu de langue – développement du langage, de l'écriture et de


la lecture (Smith et Pellegrini, 2008)

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On a découvert que l'enfant joue à des jeux de plus en plus
complexes en grandissant. Rubin, Watson et Jambor
(1978) ont constaté que :

les nourrissons optent pour des jeux solitaires


fonctionnels

les bambins font des jeux parallèles fonctionnels

lesenfants d'âge préscolaire font des jeux associatifs,


constructifs et de rôles

lesenfants de quatre et cinq ans choisissent des jeux


coopératifs constructifs et des jeux de rôles et
commencent à faire des jeux formels

les enfants en âge d'aller à la maternelle et à l'école


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élaborent des jeux coopératifs constructifs, de rôles et


Bienfaits du jeu sur le développement de l'enfant

Des études montrent que le jeu a des retombées


positives sur le développement général de l'enfant.

C'est même une partie essentielle de l'enfance.

Les bienfaits du jeu sur le développement social,


affectif, physique, cognitif et des aptitudes pour le
langage, l'écriture et la lecture sont d'ailleurs bien
documentés (Ginsburg, 2007; Zigler, Singer et
Bishop-Josef, 2004).
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Quels sont ces bienfaits?

Le jeu renforce la créativité et les aptitudes pour la


résolution de problèmes, la négociation et le
séquençage (suites ordonnées) (Smith et Simon,
1984).

Le jeu aide à développer la capacité de s'autoréguler et


d'acquérir des aptitudes sociales comme attendre son
tour, collaborer, suivre des règles, avoir de l'empathie et
trouver des sources de motivation (Bodrova et Leong,
2007; Krafft et Berk, 1998).

Les enfants qui font des jeux de rôles comprennent mieux


le point de vue des autres et sont considérés comme
étant plus compétents sur le plan intellectuel et social
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par leurs enseignants (Connolly et Doyle, 1984; Sawyer,
Le jeu favorise l'attention, les aptitudes pour la résolution
de conflits (National Association of Early Childhood
Specialists in State Departments of Education, 2002).

Le jeu favorise l'utilisation d'un vocabulaire plus varié


(Neuman et Roskos, 1997; Stone et Christie, 1996).

Les enfants qui interprètent les événements d'une


histoire comprennent davantage les histoires et
comprennent que les autres ont des sentiments, des
pensées, des points de vue et des croyances qui
peuvent différer (Pellegrini et Galda, 1980).

On a découvert des liens positifs entre le jeu de rôles


chez l'enfant et les aptitudes précoces pour la lecture.
(Pellegrini, 1980). jeanmartial.kouame@gmail.com
4. Rôle des comptines et des chants

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Comptines
Les comptines (ni vraiment poésies, ni vraiment
chansons) sont de petites chansons rythmées
que l’on entonne spontanément en présence
d’un bébé ou d’un enfant en bas âge.
Leur but est manifestement ludique ; elles
développent un plaisir partagé source
d’attention réciproque et d’aide au nouage de la
relation.
Les comptines offrent les facilités à apprendre
des intonations du langage, à apprendre la base
de la lecture et de l’écriture et à apprécier la
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Les enchaînements de mots rythmiques, aux rimes
amusantes, sensibilisent au rythme de la langue.

Si on bat des pieds ou des mains au rythme d’une


histoire, on aide en fait l’enfant à prendre conscience
des syllabes et des sons qui forment les mots.

Le fait de réciter des comptines familiarise aussi les


bébés avec le rythme de la parole et l’intonation, et
aussi avec la structure grammaticale de la langue.

Dans la langue de tous les jours, on met l’accent sur


certains mots ou sur certaines parties de phrase
(intonation montante à la fin d’une question, temps
d’arrêt entre deux phrases ou entre deux expressions
pour donner plus de poids à une nouvelle idée)
Les comptines préparent également les
enfants à la lecture.

Elles leur permettent de prendre conscience


de la façon dont les sons sont associés de
sorte à former des mots qui se ressemblent,
comme « coucou » et « hibou ».

La mélodie aide l’enfant à capter le sens d’un


message, avant même d’en comprendre le
sens des mots.
Rôles des comptines
Rôle affectif et sécurisant : les comptines et jeux
vocaux pratiqués avant l’entrée à l’école ont permis
aux enfants de découvrir leur identité. Ils leur ont
donné des occasions d’explorer comment agir avec
des mots. Ces jeux rassurent, aident à grandir en
procurant du plaisir.

Rôle socialisant : les comptines fournissent des «


patrons » de base de l’activité langagière dans la
mesure où elles sont composées d’éléments
conventionnels liés par des règles très peu
modifiables. Leur présentation ritualisée permet de
centrer l’attention sur une suite ordonnée, d’agir sur
Supports d’apprentissage :

Rythmes temporels : leur emploi, leur répétition aident à


prendre des repères dans la vie de la classe, dans la
journée (regroupements, déplacements, présentation
d’activités : moment du conte …, nom des jours de la
semaine, moment de la journée, saisons…).

Entraînement de la mémoire : elles sollicitent et


entraînent les différentes formes de mémoire (auditive,
gestuelle, visuelle). Pour les plus jeunes, ces formes
seront associées à des jeux (jeux de mains, de doigts,
jeux dansés). En grande section, la mémoire auditive sera
prégnante. Les comptines participent à la construction de
la mémoire.
Expression orale et communication : elles entraînent à la
prononciation, à l’articulation en développant la discrimination
auditive et engagent ainsi au repérage des sonorités de la
langue (rimes, assonances, allitérations, syllabes, phonèmes).
Elles enrichissent le lexique par les thèmes qu’elles évoquent,
elles enrichissent la syntaxe par les structures qu’elles
utilisent.

Les comptines fournissent le modèle de l’alternance des


prises de parole. Elles servent de support à une analyse de la
langue (aspect phonologique et grammaire implicite).

Créativité : les comptines engagent à des activités à partir des


modèles qu’elles fournissent (poursuivre à la manière de …,
inventer).

Lecture et production d’écrits : leurs textes écrits présentés


par l’enseignant permettent le repérage des invariants et
Elles peuvent permettre l’apprentissage de :
Alphabet

Couleur

Sons 1 2

Rimes 1 2

Jours de la semaine

Partie du corps humain


Les comptines permettent aussi aux enfants de
mieux articuler, et de prononcer plus clairement
les consonnes.

Par exemple, dans « Meunier, tu dors, Ton moulin,


ton moulin va trop vite », le « t » est répété
plusieurs fois et associé à plusieurs sons.

L’enchaînement des mots fait bouger la langue


différemment et changer la position des lèvres
contre les dents.

Les comptines permettent donc aux enfants de


parler avec plus de facilité et de mieux prononcer
les sons qui leur posent des problèmes.
Chants

Les chansons qu’entendent avec tant de plaisir les bébés

éveillent l'attention

sollicitent l'écoute

favorisent la mémorisation des mots

favorisent l’éveil corporel

affinent la discrimination auditive qui va aider au


développement du langage oral et même du langage écrit
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Tout comme les comptines, le chant procure du
plaisir à l’enfant. Vidéos 1 2
Le chant associe la voix à de
nombreuses sensations : 
auditives, visuelles, tactiles…

C'est une donnée fondamentale pour les tout-


petits, qui aiment par-dessus tout voir,
entendre, sentir et toucher en même temps.

Les chansons mettent une langue en musique.


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L’enfant apprend par l’entremise des
chansons la langue.

Des histoires V1

La poésie V2

Les unités de la langue V3


Ce faisant, elles permettent l'accès à l'expression
orale et à un vocabulaire.

Les chansons mettent à la disposition des tout-petits


des mots qui relèvent du domaine poétique, qui ne
sont pas utilisés dans le quotidien.

Elles renferment une véritable richesse lexicale.

La mise en musique permet une mémorisation des


mots, des phrases et des histoires, bonne
prononciation V1
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Lorsqu'un enfant écoute une chanson, sa mémoire
s'accroche d'abord à une mélodie, à des
intervalles, à des rythmes.

Chez lui, la perception auditive est indissociable de


la perception corporelle.

L'enfant ressent les ondes sonores par vibration


dans sa structure osseuse.

Petit à petit, il va décrypter des significations. 


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Que transmet-on à son enfant en chantant avec lui ?

On leur transmet une esthétique, une mélodie, un


texte qui va avec cette mélodie, des rythmes, une
interprétation, une couleur de voix…

On les accompagne dans leurs découvertes


sonores et musicales. 

On les invite à créer par eux-mêmes car quand les


tout-petits reçoivent une chanson, ils la réinventent, ils
reprennent des mots, ils les manipulent, ils les
chantent à leur façon… 
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Les chansons rendent développement du langage
amusant et intéressant. 

La musique ne requiert aucun talent et elle encourage


les parents et l’enfant à dialoguer, à parler, à bouger, à
écouter.
 
Les enfants préfèrent habituellement des chansons
avec des thèmes qu’ils connaissent.

Il vaut mieux chanter qu’écouter de la musique


enregistrée parce que vous pouvez aller au rythme de
votre enfant, changer les paroles, chanter avec lui à
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tour de rôle et lui laisser trouver les paroles.
Il est alors conseillé de :

Choisir des comptines avec beaucoup de répétitions


(Frère Jacques, Frère Jacques…) et des gestes qui
accompagnent les paroles (Ainsi font font font…)

Danser avec son enfant quand on lui chante des


chansons ou lorsqu’on écoute de la musique avec lui.
vidéo

Ce n’est pas la qualité de la voix qui compte, mais


bien de chanter et avoir du plaisir !
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5.Rôle de la littérature de jeunesse

La lecture offre à l’enfant la chance d’interagir


avec son environnement, ce qui lui permet
de commencer à donner du sens à son
monde

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Littérature de jeunesse:
➔ poèmes
➔ oeuvres théâtrales
➔ textes narratifs
➔ contes
➔ bandes-dessinées

Littérature de jeunesse permet de:


➔ nourrir l'imaginaire enfantin
➔ faire découvrir un usage particulier de la langue
➔ faire découvrir le patrimoine
Le livre est un support au langage, comme nous le dit
Denise Durif : « On parle autour de livres, d’images, de
photos ou de tout support qui représente, signifie,
symbolise. »

L’enfant prend l’habitude de tenir un livre à l’endroit, de


tourner les pages dans le bon sens et de se repérer
dans l’organisation matérielle et culturelle de cet objet.

C’est par l’échange des livres, par l’habitude de parler


de ce qu’on a lu ou de ce qu’on va lire que
s’entretiennent et se transmettent les gestes
ordinaires de la lecture.
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Le rôle de la littérature apparaît clairement : construire
une expérience du langage comme véhicule de la
culture.

A travers les contes et les récits, les élèves vont


pouvoir se familiariser à de nouvelles des valeurs puis
les intégrer:
la vie

le respect de l'autre

la prise de conscience du danger

l'amitié jeanmartial.kouame@gmail.com
Il s'agit d'introduire l'enfant dans un monde fictionnel,
afin de lui permettre de produire des images mentales
grâce au texte, mais aussi grâce aux illustrations,
véritables supports de sens du texte.
La forme du récit permet aux enfants de se
familiariser avec certaines formules (« Il était une fois
») et certaines structures.
Les enfants apprennent ainsi à différencier le langage
en situation, le langage qui décrit et le langage
d'évocation, qui permet de raconter des histoires.

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Les enfants apprennent que le texte de l'histoire est à
écouter, et ils apprennent à adopter une posture
propre à l'écoute d'histoires.

Les contes constituent des supports adéquats,


puisqu’ils sont souvent dépourvus d’illustrations.
Cela incite l’enfant à se concentrer sur l’écoute du
texte et lui permet de solliciter son imaginaire.

La littérature de jeunesse permet à l’enfant de


comprendre les pensées des pairs et apprendre à
verbaliser ses ressentis, ses émotions.
L’enfant acquiert un langage oral riche,
organisé et compréhensible par l'autre.

En écoutant des textes lus, les enfants,


s'approprient les règles qui régissent la
structure de la phrase, ils apprennent l'ordre
habituel des mots en Français.

Les enfants entendent des mots nouveaux.


6. COMMENT BOOSTER LE LANGAGE DE L’ENFANT

6.1. Activités pour renforcer les muscles des joues et


des lèvres
Comme tous les autres muscles du corps, les muscles des
lèvres et des joues ont besoin d'être renforcés pour bien
fonctionner.
Quand un enfant essaie de courir, il travaille les muscles de
ses jambes. Quand il souhaite écrire, il exerce les muscles
de ses doigts et de ses poignets.

Les muscles des joues et des lèvres sont mis à


contribution pour bien parler. Tous les enfants ont besoin
de travailler ces muscles, particulièrement les enfants qui
ont des difficultés de prononciation. Les muscles doivent
 Exagérer les sourires. Se placer devant un miroir et faire de
magnifiques sourires. Maintenir cette position pendant 5
secondes et relâcher. Répéter cet exercice le plus vite
possible.

 Une course de boules. Remettre une paille et une boule de


ouate à chaque enfant. Les enfants se placent sur une ligne
de départ. Ils doivent faire avancer leur boule de ouate en
soufflant dessus et ce, le plus rapidement possible.

 Faire des bulles dans un verre d’eau. Dans le bac d'eau, vous
pourriez même ajouter quelques gouttes de savon à
vaisselle. Les enfants doivent souffler le plus fort possible
pour faire des bulles.

 Couvrir le contour de la bouche des enfants avec de la crème


glacée ou de sucrerie. Demander aux enfants de lécher avec
leur langue le contour de leur bouche.
 Faire des vocalises. Se placer devant le miroir et faire
des séries de sons avec les enfants: «bababa, bibibi,
bouboubou, doudoudou, dididi, etc. »

 Je fais comme le chien... Donner une serviette à chaque


enfant. Les enfants se transforment en chiens. Ils
doivent transporter leur serviette entre leurs dents.

 Les plus belles grimaces. Se placer devant le miroir et


faire vos plus belles grimaces.

 Les émotions. Utiliser des images des émotions (fâché,


triste, content). Imiter chaque émotion pigée par les
enfants en exagérant celles-ci. Cet exercice travaille tous
les muscles du visage.
6.2. Aider les enfants a s’exprimer
Comment pouvons-nous aider cet enfant silencieux qui
s’exprime peu ou pas? Comment canaliser l’énergie de
« l’extraverti » pour laisser la place au plus introverti?
 
Quelques petits trucs de base
Placez-vous à leur hauteur. De cette manière, les enfants
savent qu’ils ont votre attention. Ils se sentent ainsi
importants à vos yeux. Vous serez aussi en mesure de
saisir chaque portion de leur message.
Établissez un contact visuel. Il sera plus facile de maintenir
l’attention des enfants.
Offrez-leur des moments de silence. Faites attention aux
machines à questions! Posez des questions avec minutie
tout en laissant la place aux enfants.
Accordez aux enfants toute l’importance qu’ils
méritent d’avoir
Prenez le temps de vous arrêter quand ils vous
parlent. La vie va très vite, mais prenez le temps de
vous arrêter pour discuter avec les enfants ainsi que
répondre à leurs questions et à leurs demandes.
Si vous ne pouvez accorder à un enfant le temps qu’il
demande maintenant, dites-lui que vous êtes occupée
et que vous irez le voir dans 2 minutes. Dès que vous
êtes libre, allez le voir sans hésiter.
Assurez-vous d’accorder au moins 5 minutes
d’attention positive par jour à chaque enfant. Ils se
sentiront importants à vos yeux et ce sera plus facile
pour eux de se confier, de discuter avec vous et de
poser des questions lorsqu’ils en auront envie.
Faites sentir aux enfants qu’ils ont leur place au sein du
groupe. Créer un coin pour chaque enfant avec des photos
de sa famille. Les enfants développeront un sentiment
d’appartenance au groupe. Offrez à chacun une chance
égale de s’exprimer pendant les causeries. Assurez-vous
que chaque enfant ait son temps de parole. Recherchez
l’attention de celui qui parle moins en nommant son nom
et mentionnez à celui qui parle tout le temps d’attendre
son tour.

Apprenez à reconnaitre les signaux non verbaux des


enfants lorsque ceux-ci expriment un besoin d’aide ou
veulent poser une question. Tâchez de vous approcher des
enfants dès que possible lorsque vous sentez qu’ils
cherchent à s’exprimer. Stimulez la conversation en posant
diverses questions (ex. As-tu besoin d’aide? Je crois que
À tout moment et chacun leur tour, demandez aux
enfants s’ils se sentent bien, si tout est correct. Les
enfants sauront que vous leur accordez de
l’importance. Ils pourront aussi profiter de ce moment
pour s’exprimer si quelque chose va moins bien ou
tout simplement pour partager quelque chose de
positif avec vous.
 
Parfois, les petits gestes quotidiens peuvent faire
toute la différence. La capacité de s’exprimer se
développe très tôt et on doit tout mettre en place pour
qu’elle soit maintenue tout au long de la vie. Un enfant
qui se sent accepté et écouté aura le gout de
s’exprimer et ce, que ce soit pour communiquer son
6.3. Inciter les enfants a la communication
Certains enfants sont très bavards, laissant peu de répit à nos
oreilles par moments. D’autres, plus silencieux, parlent tout bas,
sont difficiles à entendre et demandent peu ou presque rien.

La communication peut également se faire de façon non


verbale : maintenir le contact visuel, indiquer du doigt ou
emmener l’adulte par la main pour lui montrer quelque chose.
Ce sont tous des signes du désir de communiquer. Certains
enfants ayant des difficultés expressives peuvent eux aussi
manifester plusieurs intentions de communiquer.

Avec un groupe d’enfants, plusieurs petits trucs peuvent


stimuler les enfants à communiquer avec les autres.

La 1re règle d’or : Ne pas tout leur donner instantanément.


ATTENDRE qu’ils fassent des demandes. Nous avons parfois
de la difficulté avec cela en tant qu’adultes. Nous voulons que
tout aille vite. Mais non, RALENTISSEZ. Laissez les enfants
Quelques trucs au quotidien :
Oublier intentionnellement de mettre des ustensiles
sur la table. Attendre que les enfants vous les
demandent. Si personne ne le fait, jouer la comédie :
« Voyons, il manque quelque chose sur la table, avec
quoi vais-je manger ma soupe? »

Donner quelques responsabilités aux enfants telles


que distribuer les assiettes, ramasser les serviettes,
distribuer la colle pendant un bricolage, etc. Les
enfants devront faire des demandes aux autres
enfants. Certains enfants sont plus à l’aise de
communiquer avec leurs pairs.
Placer des objets, des jouets qui l’intéressent hors de
6.4. L’apprentissage du tour de parole
Quand on pense à l'ensemble du langage, plusieurs aspects y
sont associés : la compréhension, la prononciation, le contenu
et aussi l'utilisation que l'on en fait. Sous l'aspect de l'utilisation,
on retrouve les règles de la communication. Ces règles sont
essentielles à une communication efficace et réaliste entre
deux personnes.

Parmi ces règles, nous retrouvons la capacité de s'adapter à


son interlocuteur, de prendre en considération ce que l'autre dit,
de parler à tour de rôle et bien d'autres. Le tour de rôle, comme
toutes les autres règles, peut nécessiter un certain
apprentissage chez l'enfant.

Assez tôt dans la vie de l'enfant, soit vers 18 mois environ, on


peut aider l'enfant à jouer à tour de rôle à l'aide de jeux simples.
Avant cet âge, les enfants sont dans leur jeu solitaire et
parallèle. Il est donc plutôt difficile pour eux de jouer avec les
De petites activités très simples pourront aider à travailler
peu à peu le tour de rôle 
Le tambour: S'assoir avec l'enfant et, chacun votre tour, vous
frappez sur le tambour.

La tirelire: Utiliser une petite tirelire et des jetons. Chacun


votre tour, vous placez un jeton dans la tirelire.

Jeu de loto: Les enfants pigent une carte chacun leur tour.

Dessin à tour de rôle: Chacun votre tour, vous dessinez une


partie du bonhomme.

Jeu de parcours: Les enfants doivent faire le parcours chacun


leur tour.

Une causerie: Donner le tour de parole à chaque enfant.


Beaucoup, beaucoup de jeux et d'activités travaillent le tour de
rôle. Il suffit de les adapter pour stimuler celui-ci.    
Quelques trucs pour faciliter l'apprentissage :
Débuter le jeu à tour de rôle seul avec l'enfant. L'enfant sera
plus patient si son tour vient plus rapidement au début.
Lorsque vous jouez avec l'enfant, dire verbalement à qui le
tour: «C'est à moi, c'est à toi!» Un peu plus tard, attendre lorsque
l'enfant a terminé de jouer pour qu'il mentionne que c'est votre
tour.
Lors des causeries, utiliser un bâton de parole. Celui qui a le
bâton peut parler.
Utiliser un sablier. Une fois le sablier écoulé, c'est au tour d'un
autre enfant.
Il faut être patient. Au début, l'apprentissage du tour de rôle
nécessite souvent beaucoup d'interventions verbales. Arrêtez
l'enfant dans son élan si celui-ci ne respecte pas son tour de
rôle. Ensuite, généralisez en communication. Demandez à
l'enfant d'attendre que vous ayez terminé de parler, d'attendre
son tour de rôle. Après tout cela, les enfants deviendront des
êtres épanouis et des champions de la communication!
6.5. Strategies de stimulation du langage chez tous les
enfants

On pourrait définir les attitudes en communication


comme étant des comportements, des manières d’être
que l’on met en application pour stimuler de manière
spécifique ou générale le langage chez l’enfant.
 
Que ce soit avec un enfant qui éprouve des difficultés ou
un enfant en pleine expansion de son langage, il peut
parfois être difficile pour lui de trouver le bon mot, de
bien prononcer un mot.

Plusieurs façons de faire peuvent lui venir en aide. Il


s’agit en fait de donner des indices à l’enfant afin de
l’aider à trouver dans sa tête le bon mot et de le
Quelques stratégies à expérimenter
Avant toute chose, certaines règles d’or à respecter
Observer la manière de communiquer, les intérêts, les forces et
faiblesses de l’enfant et choisir les stratégies qui répondent
efficacement à ses particularités. 
Écouter le langage verbal et le non verbal de l’enfant.
Attendre. Ne pas lui donner tout cuit dans le bec. Attendre les
tentatives de communiquer chez l’enfant pour demander
quelque chose, porter un commentaire, poser une question, etc.
Ne jamais faire répéter un enfant. Attendre qu’il répète de lui-
même,  seulement s’il le désire.
Avoir un contact visuel avec l’enfant. Se placer à sa hauteur.
Parler lentement et avec des mots simples, précis, concrets.
Faire l’ébauche d’un mot
Il s’agit de commencer le mot et de laisser l’enfant le terminer.
Votre indice : Tu veux une a…
La réponse de l’enfant : siette.
 
Faire une phrase porteuse
Il s’agit de commencer une phrase et d’attendre que l’enfant la
termine.
Votre indice : Tu manges une…
La réponse de l’enfant : pomme!
 
La question à choix
Il s’agit de laisser l’enfant choisir entre deux réponses. Ne pas
toujours donner la bonne réponse en deuxième choix.
Votre indice : Tu veux avoir le lion ou le singe?
La réponse de l’enfant : Le lion.
La définition
Il s’agit de donner des caractéristiques de l’objet pour que
l’enfant devine ce que c’est.
Votre indice : C’est un animal qui vit dans ta maison, il fait wouf!
wouf!
La réponse de l’enfant : Un chien
L’erreur intentionnelle
Il s’agit de vous tromper volontairement afin que l’enfant corrige
votre erreur. De plus, vous pouvez dire quelque chose de
complètement farfelu afin de faire réagir l’enfant.
Votre indice : Tu veux manger ta soupe avec ton soulier.
La réponse de l’enfant : Mais non, avec une cuillère!
Le contraire
Il s’agit d’utiliser le contraire, une idée contraire à ce que l’on
veut dire.
Votre indice : Tu ne veux pas un crayon, tu veux du…
La question fermée
Il s’agit de poser une question à l’enfant pour
l’amener à répondre par le mot souhaité.
Votre indice : Qu’est-ce que tu veux?
La réponse de l’enfant : Un crayon.
 
Ces stratégies pourront vous aider au quotidien
pour stimuler l’échange avec un enfant.
Par contre, si vous remarquez que celui-ci éprouve
beaucoup de difficultés comparativement aux
autres enfants de son âge, il y a peut-être matière à
s’inquiéter. Il peut s’agir de troubles du langage.
Merci de votre aimable attention et
de votre présence souriante !