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Correction des lectures ananlytiques (plans détaillés)

1ères. Objet d'étude: ARGUMENTATION.

TEXTE 4 – Voltaire, chap VI

Introduction
Voltaire au coeur de l'argumentation en tant qu'avocat (défenseur par exemple du Chevalier de La
Barre, de Calas) , esprit des Lumières, et philosophe, participatant à l' Encyclopédie.
Candide ou l'optimisme de loin son ouvrage le plus connu et dans ce conte philosophique, quelques
chapitres d'antholohie incontournables: le 3 (la guerre), le 19 ( l'esclavage) et le 6 (sur la religion).
Ce qui caractérise Voltaire, dans cet apologue qu'est Candide, c'est un procédé dominant: l'ironie,
au service du discours argumentatif et du registre polémique. Ici, comment l'ironie fonctionne-t-
elle? Si nous la prenons au sens de double discours contradictoire, choquant et donc intéressant.
Plan: I/ l'ironie dans les types de texte, l'ambiguïté des discours en somme
II/ l'ironie dans le jeu des registres, par le décalage choquant
III/ l'ironie dans le langage, dans l'assemblage des mots et des images

I/ L'ironie dans les types de texte


1) le narratif : marques du narratif
2) l'explicatif, cf. le titre « Comment Candide... »
3) l'argumentatif à l'échelle entière du texte, par le jeu de paragraphes qui persuadent aussi le
lecteur par le jeu des focalisations: externe (1er paragraphe Lisbonne), omniscient (« On
avait décidé...) puis interne (Candide, tout épouvanté) : zoom sur le héros, auquel on adhère
= démonstration par l'empathie et la persuasion

II/ L'ironie dans les registres, la mise en commun de deux registres contradictoires, qui crée non
seulement un effet de surprise mais de choc, propre à susciter la réflexion
1) le registre évident, le pathétique : la situation est tragique. Cf champs lexicaux ( du dégât,
« fracas », « tremblement », « ruine »), du corps maltraité« fessé », « pendu »
2) le registre qui lui est opposé: le comique, avec comique de geste (« fessé », comme les
bastonnades chez Molière), comique de caractère (le personnage de Candide= le type du
naïf), le comique de situation (l'absurdité de faire un auto-da-fé » contre des catastrophes
naturelles),...
3) le décalage entre les deux, violent produit un effet d'héroïco-burlesque : on fait une grande
cérémonie pour une catastrophe , il y a l'idée que le remède ne répond pas du tout au
problème, ce qui peut faire soit rire soit pleurer.

III/ L'ironie dans les mots, le décalage, le double discours, le double niveau de compréhension;
ce qui semble anodin devient alors terrible
1) l'oxymore: « bel autodafé » (deux termes aux connotations opposées côte à côte)
2) l'antiphrase (on sous-entend le contraire de ce que l'on dit » : « les sages du pays »,
évidemment pour prendre d'aussi mauvaises décisions, ils n'ont rien de sage.
3) L'euphémisme déplacé: « des appartements d'une extrême fraîcheur, où l'on était accomodé
du soleil: (...) » : la périphrase inci, loin d'adoucir la réalité (la prison), met le doigt dessus
en s'y attardant (groupe nominal assez long)
4) l'anaphore mécanique, forcée qui met du lyrisme et de l'élégiaque là où il n'en faudrait pas et
rend ridicule la réplique de Candide : « O … faut-il... ? »
conclusion
– récapitulation
– élargissement: l'ironie, le double discours typiques du 18e siècle, cf. Les lettres persanes ou
l'esclavage des Nègres de Montesquieu; l'ironie une arme formidable pour passer la censure,
mais dangereuse car pas certain qu'elle soit comprise par tout le monde.