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UNIVERSITE INTERNATIONALE – Dakar,

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Sénégal.
Pôle E - learning

Etude de
Cas RAS.
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CAS RAS
( C R É AT I O N E T G E S T I O N D ’ E N T R E P R I S E )

I – FICHE SIGNALITIQUE

Identification
Titre du cas : RAS
Type et thème : : Cas qualificatif d’illustration Femme/Création d’entreprise.
Pays : Afrique francophone.
Date d’élaboration  : Septembre 1991.

Contexte/Cadre
Cadre d’élaboration  : Lors des ateliers organisés par le programme UNEDIL à
l’ESIE à Bingenville (Côte d’Ivoire).
Méthodologie d’élaboration : Entretien,/Observation et collecte d’informations.
Programme pour lequel le cas est élaboré : PME/Gestion de projet.
Module de formation concernée  : Entrepreneurship.

Objectifs
Objectifs de formation :
- Emmener les femmes à prendre conscience des conditions et des
activités nécessaires pour la création d’entreprise ;
- Initier les femmes gestionnaires ou chefs d’entreprises à l’analyse de
l’environnement et à la maîtrise des outils de gestion d’entreprise.

Objectif pédagogique 
Rendre le public considéré capable considéré :
- De déterminer les qualités d’un entrepreneur ;
- D’identifier les éléments de l’environnement favorables à la création et
à la gestion d’entreprise ;

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- De cerner les mécanismes et les pôles de décision dans la création et la
gestion d’entreprise.

Situation-problème
Mme Jeanne, jeune notaire ouvre un cabinet de notaire sans aucune expérience
préalable à l’esprit d’entreprise et de gestion. Elle vit des situations difficiles qui
risquent de lui porter préjudice. Les problèmes sociaux auxquels Mme Jeanne est
confrontée, constituent un des éléments du contexte dans lequel son cabinet a été
crée. Ces difficultés n’ont certes pas une influence directe sue les problèmes de
gestion en tant que tel, mais ils peuvent perturber son esprit au plan de la
créativité.

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II – TEXTE DU CAS

Contexte général

Le RAS est un cabinet de notaire installé dans une ville de la République de


Noumi en Afrique.
Noumi est un des pays d’Afrique dont le sous-sol regorge de ressources
naturelles mises en valeur par les autorités de ce pays. Cette situation procure à
son économie un rang important sur le marché international. Une des
particularités de Noumi est la place qu’occupe le monde des affaires dans la vie
nationale. Quasiment, tout peut s’acheter et se vendre, et dans certains cas, tous
les moyens sont bons pour parvenir au but qu’on se fixe. De ce fait, il s’est
développé un système informel de relations permettant de régler tout problème
sauf ceux d’ordre politique.
C’est ainsi que le simple fait d’être en règle sur le plan juridique ou technique, ne
suffit pas pour parvenir à un but. Il faut en plus être « généreux ».
Le vent de démocratisation que connaît l’Afrique n’a pas épargné Noumi qui, en
outre, vit la deuxième phase d’application du Programme d’Ajustement
Structurel. Ce dernier élément a entraîné la fermeture de nombreuses sociétés ou
quelquefois leur transfert vers d’autres pays. Plusieurs hommes d’affaires ont fait
faillite ainsi que des banques.
Les palais de justices accumulent en instance d’énormes dossiers. La solvabilité
des clients pose des problèmes.
Dans ce contexte spécifique, des cabinets de notaires continuent d’être ouvert et
la seule ville de Maca, deuxième grande ville du pays, en compte près d’une
vingtaine. C’est que les clients ne manquent pas.

Présentation de la Directrice

Jeanne est licenciée en droit. Après plusieurs mois de stage auprès de 3 cabinets
de notaires de la place, elle obtint une attestation de fin de stage en qualité de
premier clerc. Par ailleurs, Jeanne est Vice-présidente de l’Association d’Appui
aux Femmes Entrepreneurs.

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Elle est aussi membre d’une tontine regroupent 20 femmes de différentes
catégories sociales. Elle n’a jamais suivi de cours en gestion des affaires. Elle est
mariée sans enfant.

L’intégration de Jeanne dans le corps des notaires

L’intégration de Jeanne dans le corps des notaires n’a pas été sans difficulté. A la
fin de son stage, Jeanne introduit une demande d’intégration au corps des
notaires, par la voie hiérarchique. Le dossier met un an et demi avant d’arriver à
destination. Pendant ce temps, deux commissions ont siégé et des camarades de
promotion de Jeanne, qui avaient déposé en même temps qu’elle leurs dossiers,
ont été agréés. Inquiète, elle téléphone souvent au service national chargé de la
gestion des dossiers, mais chaque fois la réponse est la même : « votre dossier
suit le voie hiérarchique Madame. » Sans aucun autre commentaire.
Jeanne effectue plusieurs déplacements à la capitale du pays distante de plusieurs
centaines de km de son lieu de résidence. Elle rencontre l’agent chargé d’étudier
les dossiers de demande d’intégration.
Jeanne : « Monsieur, je suis venue vous voir parce que j’ai un dossier de
demande d’intégration en souffrance ici depuis bientôt deux ans. J’ai, à plusieurs
reprises, téléphoné pour savoir ce qu’il en était, mais chaque fois, il m’a été
répondu qu’il suivait la voie hiérarchique. »
L’agent : « Ah ! C’est vous Madame Jeanne. Je vois bien. » L’agent cherche le
dossier, le feuillette avant quelques longues minutes et finalement dit :
« Il manque une pièce dans ce dossier : l’acte de mariage. Vous être bien
mariée !! Eh bien, l’acte ne figure pas parmi les pièces que vous avez
constituées. »
Jeanne : « Comment l’acte ne figure pas dans le dossier ?  L’agent responsable
chargé du transfert des dossiers à votre service et moi-même avions procédés à la
revue des pièces constitutives du dossier au moment du dépôt et rien ne manquait
à ce moment. C’est bizarre ce que vous me dites là. »
L’agent : « C’est comme cela Madame. »
Quarante huit (48) heures après cet entretien, Jeanne remet une copie de la pièce
qui manquait à l’agent qui l’avait réclamé. Malgré cela, une semaine avant que la
commission de délibération ne siège, Jeanne se vit encore notifier la non validité

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de son serment de premier clerc pour vice de forme. En dépit de l’intervention du
président de la cour d’appel auprès de qui elle avait prêté serment et qui avait
reconnu que l’erreur provenait des services de la justice, elle fut, une seconde
fois, mais deux mois plus tard, convoqué pour prêter serment à nouveau.
Le dossier était cette fois complet, mais Jeanne, pour être agréée, a dû attendre
encore le passage de trois autres commissions. Chaque fois qu’elle se plaignait il
lui était répondu :
« Madame, vous n’êtes pas la seule à postuler. Vous attendrez votre tour. Et
puis…, vous ne faites rien pour que votre dossier soit diligenté. Il ne suffit pas
seulement d’appeler au téléphone, Madame … Manifestez-vous autrement. Vous
n’avez pas appris la chanson ? »

Présentation du cabinet crée par Jeanne


Une fois agrée, Jeanne ouvre un cabinet vers la fin des années 80, qu’elle
baptisa : « REGINA ALLIAS SOCIETY » (RAS).
Elle rentre dans sa trentième année. Son cabinet compte quatre employés :
- Un notaire ;
- Un premier clerc ;
- Une secrétaire ;
- Un agent de liaison.
Le cabinet a pignon sur rue Maca.
Pour créer son cabinet Jeanne a dû emprunter. Une banque de la place lui a
consenti un prêt de Cinq (5) millions de francs sur les (10) millions qu’elle avait
sollicités. Le prêt était remboursable sur trois (3) ans. Toutefois, Jeanne,
ambitieuse qu’elle était, voulait rapidement faire de son entreprise quelque chose
d’opérationnel et de rentable à la fois. Elle ne lésina pas sur les moyens matériels.
Elle commanda un équipement informatique pour une valeur de deux millions
quatre cent mille (2.4000.000) franc auprès d’un démarcheur à qui elle fit un
premier versement représentant 60 % du coût. Seulement, à la livraison, elle se
rendit compte que les caractéristiques des appareils ne correspondaient pas à
celles qui lui avaient été décrites. Elles étaient de performance nettement
inférieure. Cela eut des répercussions négatives sur la programmation qu’elle
avait arrêtée. Néanmoins le fournisseur réclama le reste du payement.

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Sur ces entrefaits, l’ordinateur tomba en panne, un virus ayant détruit totalement
le disque dur.
« Tu vas payer le reliquat à ce type,» lui répète son mari. « Il n’est pas honnête,
pourquoi lui verser le reste ? Porte plutôt plainte. »
Jeanne « Aller au tribunal pour un notaire qui démarre, cela ne me paraît pas
bien. Et puis, je risque de débourser plus que ce qui me reste à payer. Le vin est
tiré, il faut le boire jusqu’à la lie. »
Le mari « Dans ce cas, fais comme tu veux mais n’oublie pas que tu dois aussi
de l’argent à la banque. Le moment venu ne fait pas appel à moi. Je ne jouerais
pas le rôle des pompiers si toi, maintenant, tu veux te comporter comme la Croix
Rouge. »
Jeanne paya le reliquat. Mais il a fallu acquérir un autre ordinateur, outre le fait
que la programmation de Jeanne établissait l’amortissement du premier appareil
sur quatre (4) ans soit 660 000 francs par an y compris les intérêts.
La location des bureaux revenait à deux cent mille (200.000) francs par mois.
Une caution de loyer a été versée comptant pour douze (12) mois.
Le salaire mensuel global des trois employés atteignait un montant de 180 000
francs. Les dépenses en eau, électricité, téléphone, carburant, etc. étaient estimées
à cent cinquante mille (150.000) francs par mois.
Les remboursements mensuels du prêt étaient d’un montant de vingt mille huit
cent trente trois (20.833) francs à titre d’intérêts.
Les taxes diverses à payer à l’Etat et à la Commune se chiffraient à trois cent
cinquante mille (350.000) francs par mois.
Jeanne ne touche pas de salaire. Elle se sert de la voiture qu’elle avait auparavant.
Elle obtint un premier contrat d’un million (1.000.000) de francs ; mais elle a dû
faire appel, pour l’assister à un consultant qui lui a coûté au total cinq cent
cinquante mille (550.000) francs.
Au bout d’un an, Jeanne commence à connaître des problèmes de trésorerie. Elle
commence par se débarrasser de l’agent de liaison. A la banque, elle négocie des
moratoires et reports de traites. La viabilité de son projet des réellement remise
en question. Elle risque la faillite.

7
QUESTIONS

Première question :
Dégagez les éléments de l’environnement favorables et ceux défavorables à la
création du cabinet de Jeanne.

Deuxième question :
Quelles erreurs de gestion pensez-vous que Jeanne a pu commettre ?

Troisième question :
Que pensez-vous de Jeanne, de sa responsabilité et termes d’aptitudes et
d’attitudes ?