Vous êtes sur la page 1sur 48

INTRODUCTION

La radioactivité est un phénomène exclusivement naturel jusqu’en 1934 où


Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle. Cette
découverte est rapidement exploitée par l’Homme, autant dans le domaine
médical que dans celui du nucléaire ou de l’industriel. Dès lors, le corps
humain est constamment soumis à la radioactivité, naturelle ou artificielle.
Celle-ci, ne se voit ni ne s’entend. C’est pourquoi elle engendre la peur ; peur
justifiée : son emblème, sorte de trèfle à trois feuilles noires sur fond jaune,
signale le danger pour l’Homme. Cependant, plusieurs générations de
chercheurs ont su la mettre au profit de la médecine afin de diagnostiquer et
de soigner l’organisme.
Nous pouvons donc nous demander : comment la radioactivité a-t-elle
contribué d’une part à des avancées technologiques et d’autre part dans le
traitement de certaines pathologies ?
Ainsi, pour saisir l’importance de la radioactivité dans le domaine médical, il
nous faut d’abord, comprendre ce qu’est la radioactivité et ses conséquences
sur le corps humain.

I. Qu’est-ce que la radioactivité ?


Il y a plus de cent ans, Henri Becquerel, Pierre et Marie Curie recevaient le
prix Nobel de Physique pour la découverte de la radioactivité naturelle. Cette
découverte marquera un tournant dans l’histoire des sciences, modifiant du
tout au tout nos vues sur la matière .La radioactivité n’est pas une invention
de l’Homme mais un phénomène nucléaire qui a toujours existé, une sorte
d’alchimie naturelle.
Comment ce phénomène a-t-il été découvert ?

A. L’histoire d’une découverte


1895 : Wilhelm K. Röntgen découvre les rayons X. Sa découverte sera à
l’origine des travaux d’Henri Becquerel.

1
1896 : Henri Becquerel découvre que
l’uranium émet un rayonnement inconnu
qu’il nommera « les rayons uraniques ».

1897 : Joseph John Thomson découvre


l’électron

1898 : Pierre et Marie Curie découvrent


le polonium et le radium

1899 : Ernest Rutherford identifie les


rayons α et β

1900 : Paul Villard découvre le


rayonnement γ

1903 : Ernest Rutherford et Frédérick


Soddy établissent la théorie des réactions
nucléaires

1905 : Albert Einstein énonce la formule de l’équivalence de la masse et


de l’énergie : E=mc²

1910 : Marie Curie prouve que le radium est un élément radioactif. Elle
établit sa masse atomique

1912 : Ernest Rutherford et Niels Bohr proposent un modèle planétaire


pour l’atome (système solaire en miniature)

1913 : Ernest Rutherford découvre le proton

1912 : James Chadwick découvre le neutron. Carl Anderson met en


évidence le positon.

1933 : Wolfgang Pauli postule l’existence du neutrino.

1934 : Irène et Frédéric Joliot Curie découvrent la radioactivité


artificielle.

1938 : Ottan Hahn et Fritz Strassmann découvrent la fission des noyaux


d’atomes lourds sous l’action des neutrons.

1939 : Hans Von Halban, Fréderic Joliot et Lew Kowarski démontrent que
la fission de l’uranium peut provoquer une réaction en chaîne.

1945 : La bombe atomique éclate à Hiroshima et Nagasaki ; création en


France du Commissariat à l’énergie atomique (CEA)

2
Lauréat Anné Disciplin
e e
W. K. Röntgen 1901 Physique
Becquerel Henri Antoine 1903 Physique
Curie, Marie 1903 Physique
1911 Chimie
Joliot- Curie, Irène et Fréderic 1935 Chimie
Ernest Rutherford 1908 Chimie
Soddy Frederick 1902 Chimie
1921 Chimie

B. Les différents rayonnements :


Tous les éléments sont constitués d’atomes, c'est-à-dire de noyaux autour
desquels gravitent des électrons. Le noyau est environ 100 000 fois plus petit
que l’atome lui-même. La masse de ce dernier est pourtant essentiellement
concentrée dans ce noyau, constitué de 2 sortes de nucléons : les neutrons, de
charge électrique nulle, et les protons de charge électrique positive. En
revanche, les électrons, de masse négligeable, ont une charge électrique
négative.

Figure 1:L'atome

Un atome possède autant de protons que d’électrons, il est donc


électriquement neutre. Si un atome perd ou gagne des électrons, il devient
un ion.

3
En général, le noyau possède une force de cohésion suffisante pour qu’il ne
bouge pas, c’est un élément stable. Mais parfois, le noyau est trop lourd : il
est instable ; il « vomit » en quelque sorte des particules… Que se passe-t-il
au sein de l’atome ?
D’habitude, les protons, qui portent des charges électriques positives, se
repoussent entre eux. En revanche, les neutrons et les protons s’attirent
mutuellement. Lorsque les forces d’attraction équilibrent les forces de
répulsion, le noyau est stable. Par contre, si ces forces ne se compensent
pas le noyau est instable. Il va alors se transformer en d’autres noyaux
ayant des propriétés différentes, tout en émettant des rayonnements : on
dit qu’ils se désintègrent. Il y a une transmutation de la matière. C’est ce
phénomène que l’on nomme la radioactivité.
La radioactivité est donc une désintégration de l’atome par émission de
rayonnements.
Quels sont ces rayonnements ?

Il existe trois sortes de rayonnements : rayonnements α, β et γ.

-Le rayonnement α (alpha) : Il concerne les noyaux qui possèdent un


excès de nucléons, c'est-à-dire de protons et de neutrons. Ainsi, ils
cherchent un gain de stabilité en expulsant des noyaux d’hélium (deux
protons et deux neutrons). Par exemple, le radium, de masse atomique A=
226, se transforme en radon de masse atomique A= 222 en rejetant un
noyau d’hélium.

Figure 2: le rayonnement alpha

Cependant, si le noyau est encore trop lourd, il se casse spontanément en


deux noyaux identiques avec émission de neutrons: c’est la fission
spontanée.

4
Figure 3: fission d'un atome

-Le rayonnement β : on distingue deux sortes de radioactivités β


Le rayonnement β- concerne les noyaux possédant un excès de neutrons
qu’ils transforment en protons par émission d’un électron et d’une petite
particule neutre, de masse extrêmement faible : l’antineutrino électronique.

La radioactivité β+ concerne des radionucléides possédant un surplus de


protons qu’ils transforment en neutrons par émission d’un positon (électron
positif, antimatière de l’électron) et d’un neutrino électronique, homologue de
l’antineutrino.

5
On trouve également une autre alternative à la désintégration β+ : c’est
la capture électronique, ou capture K : certains noyaux possédant un excès
de protons absorbent un électron proche (électron K) de manière à
transformer un proton en neutron. Un électron peut alors prendre la place
laissée vacante dans le cortège électronique.

-Le rayonnement γ (gamma) : c’est un rayonnement électromagnétique


de même nature que la lumière visible et les rayons X : il est formé de
photons. Cette radioactivité accompagne les précédentes dans les cas où
le noyau fils, émis alors avec une énergie supérieure à la normale, évacue
ce « trop-plein-d’énergie » sous la forme de rayonnements
électromagnétiques. Il y a alors désexcitation du noyau fils.

Les rayonnements α, β et γ sont classés en fonction de leur pouvoir de


pénétration.

6
Le rayonnement α, émettant de grosses particules à une vitesse de 15 000
km/s, peut être arrêté par une simple feuille de papier.
Le rayonnement β, émettant des particules plus petites à une vitesse de
270 000 km/s, franchit facilement une feuille de papier mais est arrêté par
une simple feuille métallique, plusieurs mètres d'air ou quelques millimètres
d'aluminium.
Le rayonnement γ, en revanche, est très pénétrant. Il est formé de photons
dont la vitesse est de l’ordre de 300 000 km/s et ne peut donc être arrêté
que par plusieurs mètres de béton ou plusieurs décimètres de plomb.

La désintégration des noyaux radioactifs par ces rayonnements permet


d’obtenir la stabilité des nouveaux noyaux.
Par exemple, le résultat de la chaîne de désintégration de l’uranium 238 est le
plomb 206, noyau stable avec 82 protons et 124 neutrons. Tous les éléments
participant à cette désintégration constituent la famille radioactive de
l’uranium (l’ensemble des noyaux issus d’un même noyau « père » forment
une famille radioactive).

7
Figure 4:chaîne de désintégration de l’uranium 238

Rutherford et Soddy furent les premiers à mettre en évidence une durée


caractéristique de chaque élément radioactif, la demi-vie (ou période),
durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs d’un échantillon
se sont désintégrés.
Au bout de deux demi-vies, subsisteront en moyenne un quart des noyaux
initiaux (la moitié de la moitié) ; au bout de trois demi-vies, un huitième (la
moitié du quart), et ainsi de suite…

Figure 5: décroissance radioactive

8
Par exemple, l’uranium238 a une période radioactive de 4,5 milliards
d’années. C’est cette détermination qui a permis de fixer l’âge de la Terre,
l’uranium étant l’élément le plus ancien.
De ce fait, nous pouvons déduire que la Terre a toujours été soumise à la
radioactivité, ce qu’on appelle la radioactivité naturelle.

C. Deux sortes de radioactivité :

La radioactivité existe dans l’Univers depuis son origine, évaluée


actuellement à 15 milliards d’années. Elle est présente dans la Terre et dans
l’atmosphère et chacun de nous est légèrement radioactif.

Grâce à l’uranium, nous pouvons affirmer que le sol est radioactif. Mais
comment l’atmosphère peut-elle l’être ?

La croûte et le manteau terrestre subissent en permanence des


transmutations des noyaux d’atomes radioactifs. Le radon est un des éléments
de la chaîne de désintégration de l’uranium. Ce gaz, constamment présent
dans l’atmosphère, est donc radioactif. Ainsi, l’atmosphère est en permanence
traversée par des rayonnements radioactifs.
En conséquence, tout être vivant est continuellement exposé à un
environnement radioactif.
Par ailleurs, l’Homme consomme régulièrement des substances provenant de
la terre. La radioactivité est donc aussi présente à l’intérieur qu’à l’extérieur de
l’organisme.
Cependant, cette radioactivité naturelle n’est pas néfaste à l’Homme, étant en
assez faible quantité.
Ainsi, depuis la création de l’Univers, tous les êtres vivants sont « plongés »
dans un bain de radioactivité, d’origine naturelle en grande partie. Ce n’est
qu’en 1934, que Frédéric et Irène Curie découvrent la radioactivité artificielle.

La radioactivité artificielle est la radioactivité de noyaux fabriqués par une


technique humaine. En 1919, des physiciens savaient transformer un noyau
d’atome stable en un autre noyau stable par bombardement de noyaux
d’hélium (rayonnement α), mais on n’avait jamais observé la formation de
noyaux radioactifs.
On pouvait alors se demander si en bombardant un noyau d’atome stable
avec des projectiles «adaptés », on pouvait voir un nouveau noyau radioactif,
un noyau radioactif artificiel. La réponse s’avèrera positive lorsque, en
1934, Fréderic et Irène Joliot-Curie fabriquent le premier isotope radioactif
artificiel : en bombardant une feuille d’aluminium avec un rayonnement α
provenant du polonium, ils créent du phosphore 30, un radionucléide artificiel
du phosphore 31 stable. Puis, très rapidement, le phosphore 30 artificiel se
désintègre spontanément en silicium 30. Cette désintégration s’accompagne
de l’émission d’un positon.
La radioactivité artificielle est régie par les mêmes lois que la
radioactivité naturelle.
Les rayonnements émis peuvent être, selon l’isotope :

9
-une émission de noyau d’hélium (rayonnement α), c’est le cas du plutonium
239.
-une émission d’électrons négatifs (rayonnement β-), c’est le cas du
technétium 99.
-une émission d’électrons positifs (rayonnement β+), ceux-ci n’étant émis
que par des isotopes artificiels, c’est le cas du phosphore 30.
-une émission du rayonnement γ qui accompagne souvent les émissions α et
β.
Le nombre de noyaux radioactifs artificiels est très important. On peut les
fabriquer à la demande, selon les besoins médicaux, scientifiques ou
industriels.

Quelques exemples d’éléments radioactifs artificiels :


Éléments chimiques Période radioactive
Tritium 12,3 ans
Carbone 11 20, 4 minutes
Oxygène 15 2,04 minutes
Phosphore 32 14,3 jours
Soufre 35 87,5 jours
Cobalt 60 5,27 ans
Strontium 90 28,2 ans
Iode 123 13,2 heures
Césium 137 30,2 ans
Thallium 201 3,04 jours
Plutonium 239 24 100 ans

Cette radioactivité, qu’elle soit naturelle ou artificielle, ne peut être


décelée par les sens humains. Seuls les détecteurs, mis au point par les
scientifiques, permettent de détecter la présence des rayonnements et
d’effectuer des mesures.

Il existe plusieurs détecteurs :


-le film photographique et l’électroscope sont les plus anciens. Le film
photographique, qui noircit sous l’effet des rayonnements ionisants, est
souvent utilisé pour les personnes travaillant avec des substances
radioactives. Celui-ci joue le rôle de dosimètre c'est-à-dire qu’il permet de
contrôler continuellement la dose de rayonnement qui les a atteintes.

10
Figure 6: le dosimètre permet de mesurer
l'intensité des rayonnements auxquels le
travailleur est soumis

Quant à l’électroscope il permit à Henri Becquerel de découvrir une des


propriétés de la radioactivité : celle d’ioniser la matière. En effet, en chargeant
électriquement la tige de l’électroscope, la feuille d’or s’agite et s’écarte. En
revanche, lorsqu’un rayonnement ionise l’air ambiant, les feuilles d’or se
rapprochent. (Le déroulement de cette expérience sera développé par la
suite).

-le compteur Geiger Muller : un gaz approprié est enfermé dans un cylindre
traversé par un fil métallique qui joue le rôle d’électrode .Une haute tension
électrique est appliquée entre le fil (+) et le cylindre (-). Les rayonnements
pénètrent par une fenêtre et ionisent le gaz. Dans celui-ci, tout ce qui est
devenu positif va vers le cylindre (-) et ce qui est négatif vers le fil (+). Tous
ces mouvements de particules électrisées provoquent dans un circuit extérieur
un signal électrique. S’il y a un haut parleur, un signal sonore est perçu sous
forme d’un grésillement caractéristique : crac, crac….

Figure 7: Le compteur Geiger Muller


-la chambre à brouillard : un rayonnement ionisant qui passe dans une
« chambre » contenant un gaz saturé en vapeur d’eau (vapeur prête à se
condenser) provoque, le long de sa trajectoire, l’apparition de fines
gouttelettes d’eau liquide. Ces gouttelettes constituent une sorte de traînée
blanche visible à l’œil nu.

11
(cette expérience sera aussi expliquée en annexe). Il existe aussi deux autres
chambres plus performantes : la chambre à étincelles et la chambre
multifils.

-le détecteur à scintillations est le plus utilisé : un matériau (solide, liquide


ou gazeux), bombardé par un rayonnement ionisant, émet de brefs « flashs
lumineux ».

- Le détecteur à semi-conducteurs est le plus performant : cet instrument


détecte des rayonnements dix fois moins énergétiques que ceux détectés avec
les instruments précédents. C’est le détecteur le plus sensible. Un semi-
conducteur est isolant particulier qui devient conducteur dans certaines
conditions, par exemple, sous l’effet d’un rayonnement ionisant. Il passe alors
un bref courant électrique que l’on détecte avec des appareils très sensibles.

12
Ainsi, la radioactivité, qui se départage en trois rayonnements, peut être
trouvée dans la nature ou créée par l’Homme. Ces rayonnements peuvent être
détectés et mesurés par divers appareils.

II. Les effets néfastes de la radioactivité


sur l’organisme :
Tous les êtres vivants sont soumis aux effets de la radioactivité naturelle. A
cela s’ajoute les effets de la radioactivité produite par l’Homme.
Ses conséquences sur l’organisme sont nocives à partir de certaines doses.
Cependant, la radioactivité est exploitée dans le domaine médical afin de
guérir des personnes atteintes de maladies jusqu’alors incurables.

A. Les effets nocifs :

Il y a contamination à chaque fois que des substances radioactives sont


présentes dans un milieu ou sur la surface d’un objet. En effet, les
rayonnements α, β et γ constituent un danger pour l’Homme du fait qu’ils
ionisent la matière. L’origine d’une contamination est externe ou interne.

Lors de la contamination interne, le rayonnement atteint l’organisme de


trois manières : par inhalation, par ingestion, ou par fragment. Dans les
trois cas, les rayonnements atteignent le sang et auront donc les mêmes
conséquences sur l’organisme. Par inhalation, de très petites particules
d’oxyde d’Uranium Appauvri (UA) sont inhalées, mélangées à des particules
d’alliages aléatoires.

13
Par ingestion, les substances radioactives sont contenues dans les liquides ou
dans les aliments que nous absorbons, ou bien elles sont déposées sur un
objet que nous portons à la bouche.
Par blessure, c'est-à-dire par fragment, la barrière de la peau est franchie.

La contamination externe correspond au contact de l’organisme avec un


élément radioactif : des substances peuvent se déposer sur le corps
humain.

Figure 8: la contamination externe

Les conséquences de ces contaminations sur l’organisme varient en


fonction de la dose ingérée, du type de radiation (α, β ou γ), et de la radio-
sensitivité du tissu humain.

14
Pour mesurer la dose de radioactivité, trois grandeurs différentes sont à
prendre en compte : le Becquerel, le Gray, et le Sievert. A quoi se réfèrent-
elles ?
L’activité d’un échantillon radioactif est le nombre de désintégrations que
subit le noyau par seconde .Le becquerel est l’unité qui détermine cette
activité .1 becquerel (Bq)= 1 désintégration par seconde.
La dose absorbée par la matière irradiée représente l’énergie du
rayonnement ionisant absorbé par unité de masse de la matière irradiée.
On distingue deux sortes de dose absorbée :
- la dose : il s’agit d’une grandeur utilisée en radiothérapie, elle
correspond à la quantité d’éléments radioactifs introduite dans l’organisme.
Son unité est le Gray (Gy). 1 gray =1 joule par kg de matière irradiée
- l’équivalent de dose : pour une même dose absorbée, les effets varient
en fonction de la nature du rayonnement. On utilise donc une grandeur,
définie pour les besoins de la radioprotection : le Sievert (Sv).
A partir du moment où le corps est irradié, les effets sont inévitables ;
mais ils varient en fonction de la nocivité du rayonnement. Les rayons α et
β sont beaucoup moins pénétrants que les rayons gamma qui peuvent
pénétrer profondément et traverser les organes : de ce fait, leur parcours
dans la matière n’est que de quelques millimètres. Par conséquent, les
effets d’une irradiation externe par les rayons alpha et bêta se limiteront à
la peau. Par contre, leurs effets sont plus graves lorsqu’il s’agit d’une
irradiation interne, c'est-à-dire lorsque l’élément radioactif est introduit
dans l’organisme. Dans ce cas, peu de tissus seront affectés mais les
destructions seront localement importantes.
En revanche, les rayonnements gamma, très pénétrants, peuvent
s’introduire dans l’organisme depuis l’extérieur, parfois même le traverser ;
et les dommages causés sont beaucoup plus répandus, et donc plus
importants que les rayons α et β.

1. Au niveau moléculaire :

En fonction des rayonnements, la matière subit des dommages plus ou moins


importants.
De même qu’on ne peut détruire la matière sans en détruire ses constituants,
les atomes, de même la cellule est le constituant principal de l’être vivant et

15
son altération en compromettra la survie. Ainsi, dans les cellules eucaryotes,
on trouve un noyau entouré d’un cytoplasme, le tout enfermé dans une
membrane, la membrane cellulaire.

9: les constituants principaux d'une cellule eucaryote

En ce qui concerne le noyau, il est constitué de très longues molécules d’Acide


Désoxyribonucléique, c'est-à-dire l’ADN. Elle comporte deux brins enroulés l'un
autour de l'autre en double hélice. Chacun est constitué par une succession de
nucléotides, les désoxyribonucléotides, formés par l'enchaînement d'un acide
phosphorique, d'un glucide (désoxyribose) et d'une base (adénine, guanine,
cytosine ou thymine). Les deux brins ne sont pas identiques ; chaque base
d'un brin est en regard d'une base de l'autre brin selon une règle précise de
complémentarité : ainsi, une adénine est toujours en face d'une thymine, et
une guanine en face d'une cytosine.
La succession des éléments sur la double hélice constitue le code génétique
de chaque individu.

16
10: la molécule d'ADN, constituant fondamental de la cellule vivante

Or, c’est ce même ADN qui détermine la différenciation, c'est-à-dire la


fonction, des cellules produites. Certaines cellules sont destinées à assurer la
défense de l’organisme. Ainsi, c’est l’ADN qui défend l’organisme contre toute
sorte d’agresseur. Les rayonnements radioactifs font partie de ces agresseurs.
A chaque duplication de l’ADN lors de la division cellulaire, le matériel
génétique transmis aux cellules filles est identique à celui de la cellule mère.
Ainsi, s’il y a mutation de l’ADN pour une cause quelconque, cette mutation
sera retrouvée dans la suite des duplications.
Lorsqu’il atteint les cellules vivantes, un rayonnement ionisant entre plus ou
moins en interaction, selon sa nocivité, avec les atomes qu’il rencontre en leur
cédant une partie de son énergie, ce qui entraîne alors des ionisations. Ainsi,
des molécules peuvent être altérées, en particulier l’ADN, qui est alors le
centre des milliards d’informations concernant l’individu. Il risque alors de se
produire des lésions au niveau d’un ou des deux brins d’ADN. Il faut par
ailleurs savoir que les cellules qui se divisent très vite, c'est-à-dire les cellules
reproductrices et les cellules cancéreuses, sont particulièrement sensibles aux
rayonnements.

Si l’irradiation atteint le noyau des cellules, la lésion produite est soit un


choc direct sur la structure de la double hélice de l’ADN, soit une attaque
indirecte avec la radiolyse (Décomposition de substances chimiques obtenue
par action de rayonnements ionisants) de l’eau du cytoplasme. Cette hydrolyse
entraîne la création de radicaux libres (Molécule présente dans certaines
cellules et possédant un électron célibataire en périphérie) OH et H. Ces
radicaux étant des molécules incomplètes, sont hautement réactifs. La

17
molécule OH attaque alors l’ADN en rompant les liaisons chimiques de carbone
et d’hydrogène (C-H). Les lésions causées sont des cassures de un ou deux
brins de la chaîne, une modification des liaisons chimiques entre chaînes, des
additions de molécules ou la création de nouveaux pontages entre ADN et
protéines.

La plupart de ces lésions peuvent être réparées et une centaine de systèmes


enzymatiques interviennent à cette fin.

Si la cassure ne concerne qu’un brin d’ADN, celle-ci peut rapidement être


réparée puisque la cellule possède un complexe enzymatique ayant pour
fonction de « corriger les erreurs ». Cette enzyme, l’ADN-polymérase, détecte
toute modification et répare les lésions à l’aide du brin complémentaire. Ainsi,
un nouveau fragment de chaîne est synthétisé utilisant la chaîne intacte
comme modèle.

En revanche, les conséquences sont plus graves si le rayonnement a atteint les


deux brins car il n’y a pas dans ce cas de brin intact qui puisse servir de
modèle. Dans ce cas, il existe plusieurs systèmes de réparation des liaisons
double brin. L’un d’eux consiste à prendre modèle, pour la réparation, sur le
segment homologue de l’autre molécule d’ADN de la cellule. Cette technique
est dite recombinaison homologue. Le risque d’erreur est relativement faible.
Cependant, celui-ci est beaucoup plus élevé pour les autres systèmes où le
rétablissement de la continuité des deux brins est effectué sans prendre
comme modèle l’autre molécule d’ADN. Cette réparation entraîne la perte d’un
nombre variable de paires de bases. C’est la délétion (perte d’un fragment
d’ADN). Elle empêche la mort de la cellule mais au prix d’un risque de
mutation ou de perte d’information.

2. Au niveau cellulaire :
Le devenir de la cellule irradiée dépend du nombre et de la nature des lésions
moléculaires non réparées. Lorsque les lésions sont fidèlement réparées, l’effet
de l’irradiation est nul. Si les lésions sont non ou mal réparées, trois situations
peuvent se présenter.

- Perte de viabilité de la cellule, c'est-à-dire l’incapacité de la cellule à se


diviser et à donner naissance à des cellules viables, elles-mêmes capables de
se diviser. Cette inaptitude à la division cellulaire peut se manifester dès la
première mitose ou, plus fréquemment, au bout de quelques mitoses.

- Elimination par apoptose (mort cellulaire programmée) d’une cellule dont


l’ADN n’a pas été correctement réparée. Les effets tissulaires surviendront si
le nombre de cellules mortes dans un tissu est suffisamment élevé.

- Modification permanente du patrimoine héréditaire. Au niveau d’une cellule


germinale (cellule reproductrice), une mutation peut induire un effet génétique
chez les descendants. Pour les cellules somatiques, une cellule mutée peut, si

18
d’autres altérations du génome s’accumulent dans la même cellule, donner
naissance à un cancer. Cependant il existe des mécanismes de contrôles de la
prolifération cellulaire et un système d’immunovigilance susceptibles de
reconnaître les cellules anormales et de les détruire mais son efficacité n’est
pas totale.

Concernant les effets tissulaires, deux catégories d’effets biologiques peuvent


être observées chez les personnes irradiées : les effets déterministes et les
effets stochastiques (aléatoires).

Les effets déterministes sont observés après des expositions à des doses
absorbées importantes (dans la plupart des cas, plus de 1000 à 2000 mGy). Ils
ne surviennent que lorsqu’une proportion importante de cellules d’un tissu
irradié a été tuée par les rayonnements et lorsque cette perte ne peut être
compensée par une augmentation de la prolifération cellulaire. La perte
tissulaire est de plus compliquée par des processus inflammatoires et, si les
lésions sont suffisamment étendues, par des phénomènes secondaires au
niveau systémique (fièvre, déshydratation…).

De plus, les effets possibles des processus de cicatrisation des cellules mortes
peuvent contribuer à des lésions supplémentaires et à une perte de fonction
d’un tissu ou d’un organe (modifications fibrotiques affectant les organes
internes, cataracte, stérilité…).

Il faut rappeler que plus la dose absorbée est importante et plus la fréquence
d’un effet déterministe donné s’accroît. La caractéristique de cette relation est
la présence d’une dose seuil. En dessous de cette dose, aucun effet ne peut
être diagnostiqué mais à mesure que la dose augmente, l’intensité des lésions
provoquées augmente nettement.

Les effets stochastiques concernent les cellules somatiques ou


germinales irradiées. Les modifications provoquées par l’irradiation des
cellules peuvent avoir deux effets cliniquement significatifs, l’apparition de
cancers et les mutations héréditaires.

3. Au niveau macroscopique :
Les effets des radiations peuvent ne pas être immédiats. Le temps écoulé
entre l’irradiation et l’apparition de ses conséquences sur l’organisme est
appelé le temps de latence. Le cancer est l’une des principales
conséquences de l’irradiation sur l’organisme. Tout d'abord, rappelons ce
qu'est un cancer : il s’agit d’une dégénérescence de cellules qui se
reproduisent anormalement rapidement, indépendamment du fonctionnement
de l'organisme. Or, de pareils comportements cellulaires sont la conséquence
d'une modification de l'ADN.

Les cancers radio-induits ne se distinguent d'aucune façon des autres


cancers. L’effet cancérigène de la radioactivité a été déterminé à partir de
résultats observés lors d’enquêtes sur les populations irradiées par des
accidents nucléaires tels que ceux d’Hiroshima, de Nagasaki ou de Tchernobyl.

19
Les conclusions de ces études sont les suivantes :

- l'exposition à de fortes doses de rayonnements augmente la probabilité


de certains cancers ;

- la fréquence des cancers est très variable d'un tissu à l'autre pour une
même dose de radiation. Après des doses supérieures à 1 Gy, des enquêtes
ont montré une augmentation de l'incidence de certains cancers : de la
thyroïde chez l'enfant, du sein chez la femme, ou encore la leucémie ;

- les cancers radio-induits apparaissent après un certain temps de latence (5 à


10 ans pour les leucémies, jusqu'à 40 ans pour d'autres cancers) ;

- la fréquence des cancers dans une population varie en fonction de la dose


reçue. Un effet cancérogène n'est statistiquement décelable que pour des
doses élevées de l'ordre de 1 Gy en dose individuelle moyenne. Au-delà, il y a
proportionnalité de la fréquence à la dose. En-dessous de 1 Gy, l'étude
statistique des observations ne met pas en évidence de différence significative
entre un groupe irradié et un groupe non irradié. Pour les faibles doses de
rayonnement, on admet par prudence : qu'il n'y a pas de dose seuil, que
toute dose comporte un risque, que ce risque est proportionnel à la dose
reçue. Les experts évaluent ce risque à une valeur comprise entre zéro et 125
cancers pour 10000 personnes qui auraient reçu 1 Gy.

L'organisme peut faire face au risque de cancer. En effet, nous possédons un


gène (situé sur le bras court du chromosome 17) qui code une protéine
appelée P53. Lors d'une dégénérescence cellulaire, cette protéine est lâchée
au niveau des cellules mutantes et a pour but de permettre la réparation de
l'ADN. Pour cela, elle bloque momentanément la division cellulaire au moment
de l'interphase : dans ce cas la réparation de l'ADN est possible. Mais il s'avère
parfois que les dégâts sont irréversibles et la P53 ordonne alors à la cellule
mutante de s'autodétruire. Mais notre système immunitaire n’est pas sans
faille. Ainsi, l’apparition de cancer est expliquée.

Aussi, si les radiations atteignent les cellules germinales (reproductrices),


les effets seront génétiques et donc héréditaires : la modification de l’ADN de
ces cellules entraînera des mutations au niveau des caractères génétiques
transmis à la descendance. L’exemple de Tchernobyl a été la preuve des
effets héréditaires de la radioactivité sur les populations irradiées.

20
Figure 11: schéma récapitulatif des effets d'un rayonnement ionisant sur l'organisme

B. La guerre contre l’ « ennemi invisible » :


En Ukraine, le Vendredi 25 avril 1986 est une magnifique journée, comme
d’autres, à l’exception que celle-ci restera à tout jamais gravée dans la
mémoire des populations.

En effet, à quinze kilomètres de Tchernobyl se trouve la centrale nucléaire


Lénine. Ce jour- là, les employés ont reçu l’ordre de tester un réacteur, plus
précisément le réacteur n°4 de la centrale. Ainsi, à 01H23, les systèmes de
sécurité sont désactivés pour le test.
Et soudain, alors que tous dorment paisiblement, le sol de la centrale
nucléaire tremble. Le couvercle recouvrant des tonnes d’uranium et
d’autres éléments radioactifs explose et libère une colonne de vapeur se
propageant à des milliers de kilomètres. Le plus grave accident nucléaire
vient de se produire. Il est en effet le seul accident classé au niveau 7 sur
l’échelle internationale des évènements nucléaires (qui sert à mesurer la
gravité des accidents nucléaires).
Au matin du 26 avril 1986, la colonne radioactive contamine déjà les
nuages et se répand alors selon les précipitations. Les retombées
radioactives seront plus de cent fois plus importantes que celles
d’Hiroshima et Nagasaki réunies.

21
Figure 12: la centrale nucléaire Lénine au lendemain de la catastrophe
Les conséquences de la catastrophe sont nombreuses, aussi bien du point
de vue sanitaire, écologique, économique, que politique. Mais nous nous
pencherons essentiellement sur les conséquences sanitaires de ce
phénomène.

Il faut tout d’abord rappeler que l’évacuation des populations à la suite de


l’accident s’est faite très tardivement. Ainsi, le 26 avril 1986, la population
locale n’est pas prévenue de l’accident et continue ses activités habituelles
sans prendre de précautions. Même Gorbatchev (le président du Soviet
suprême d’URSS) n’était pas au courant des réels impacts et circonstances
de l’accident. L’évacuation ne débute que le 27 Avril par l’envoi de plus de
mille cars. On demande à la population par radio locale, de n’emporter que
le strict minimum. Ils sont hébergés dans des conditions précaires et les
premiers symptômes d’une forte exposition aux radiations commencent à
apparaître déjà chez beaucoup d’entre eux.

Des centaines de personnes se sont sacrifiées pour empêcher la


propagation de la radioactivité mais malheureusement plusieurs morts ont
été vaines. Certains meurent la nuit même de l’accident, d’autres quelques
jours plus tard. On tente ensuite de placer des sacs de sable au dessus de la
centrale pour bloquer la radioactivité mais cette entreprise s’avéra très vite
vaine. Il faut alors placer des tonnes de plomb (qui arrête le rayonnement
gamma) et là encore, des centaines de jeunes entre 20 et 30 ans sont
sacrifiées. Ils sont mortellement contaminés mais arrivent finalement à
l’édification d’un sarcophage sur la centrale.

22
Figure 13: le sarcophage de plomb
Les conséquences sanitaires ont donc été épouvantables et cette catastrophe
a encore un impact 20 ans après, c'est-à-dire de nos jours. Les experts ont
conclu à près de 4000 le nombre de morts dues aux cancers induits par les
radiations, parmi les
« liquidateurs » (pompiers,
soldats et civils réquisitionnés
pour « sécuriser » la zone) et les
habitants des zones touchées que
sont l'Ukraine, la Biélorussie et la
Russie. Mais ce nombre est
encore instable car ce n’est que
le début d’une guerre qui, vingt
ans plus tard, n’est toujours pas
terminée. La très forte
augmentation des cancers de la
thyroïde dans la région
entourant Tchernobyl est la
conséquence sanitaire la plus
claire de la catastrophe. Un bilan
publié en 2000 portant sur la
période de 1900 à 1998,
dénombre 1800 cancers dans les
zones les plus exposées.
L’épidémie touche les populations les plus jeunes (moins de 18 ans). Des
statistiques indiquent que ce nombre continue à croître et dépasserait 4000.

Les effets immédiats, juste après l’accident, se sont manifestés par des
vomissements, des nausées et des diarrhées suivies d’une période de
latence. Tous avaient reçu des doses énormes de radiations et des brûlures
totalement incompatibles avec la vie les avaient atteints. Selon une récente
étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC),

23
le « fardeau » lié à Tchernobyl en Europe pourrait s'élever à plus de 40 000
cancers, dont 16 000 pourraient être mortels d'ici 2065. Plus de la moitié
devrait survenir en Biélorussie, en Ukraine et dans les territoires les plus
contaminés de la Russie.

L’augmentation des cancers de la thyroïde est due à l’Iode 131 : après


incorporation par ingestion ou inhalation, l’iode se fixe préférentiellement
sur la glande thyroïdienne. Par ailleurs, le césium137, un des éléments émis
pendant l’accident, se fixe sur les tissus mous c'est-à-dire les muscles, les
reins, le foie… ainsi que dans les tissus osseux des enfants qui, à plus ou
moins long terme, peuvent développer des cancers ou encore des
pathologies cardiaques, des disfonctionnements rénaux, des cataractes ou
des effondrement des défenses immunitaires.

Suite à l’accident, on a vu naître aux alentours des zones les plus touchées,
des êtres aux déformations horribles comme un poulain à 8 pattes ou des
vaches à quatre cornes. On trouve aussi des fœtus de nourrissons sans
jambes dont les visages présentent des déformations flagrantes… Dès lors,
le taux de natalité baisse considérablement, les femmes refusant de mettre
au monde des enfants présentant des déformations dues à la radioactivité
du territoire, enfants qu’elles qualifient de « monstres ».

Quelles conséquences en France ?

Le nuage radioactif issu de la catastrophe de Tchernobyl atteint la France le


29 avril1986. Le gouvernement français estime qu’aucune mesure
particulière de sécurité n’est nécessaire car aucune élévation significative
de la radioactivité n’a été constatée. Cependant, on enregistre une
augmentation de l’incidence des cancers thyroïdiens en France. Mais il n’y a
pas d’argument scientifique prouvant que l’augmentation de ces cancers
est liée à l’ « effet Tchernobyl » car l’accroissement a été constaté dès
1975, c'est-à-dire avant l’accident. D’ailleurs, le journal Libération du 2 Mai
1986 publie : « … puis finalement cela a été au tour de la France. Pierre
Pellerin, le directeur du service central de protection contre les radiations
ionisantes (SCPRI) a annoncé hier que l’augmentation de radioactivité était
enregistrée sur l’ensemble du territoire, sans aucun danger pour la santé».

Tchernobyl peut-il à nouveau exploser ?

Aujourd’hui, il ne reste qu’un vieux sarcophage rouillé de la centrale


nucléaire de Tchernobyl, renfermant encore plus de 180 tonnes de
combustible radioactif. Mais le sarcophage, construit à la hâte, menace de
se désintégrer et de tomber en ruine. D’une part, il menace de s’écrouler,
et d’autre part, le béton devient poreux sous l’effet des rayonnements et
pourrait laisser s’échapper des éléments radioactifs dans l’air et dans le sol.
Mais ce n’est pas tout : de l’eau s’infiltre dans cette chape de béton à cause

24
du ruissellement ou de la pluie. Or, l’association de combustible radioactif
et d’eau pourrait conduire à un redémarrage d’une réaction en chaîne. Ce
qui entraînerait une seconde explosion, un second Tchernobyl…On parle
alors, depuis 1998, de construire un nouveau sarcophage qui s’emboîterait
sur le premier. Il était prévu qu’il soit terminé cette année. Mais les travaux
n’ont toujours pas débuté…Ce retard de 10 années est la conséquence d’un
manque d’argent en Ukraine. Ainsi, Tchernobyl, un monde anéanti en
quelques jours par l’ennemi invisible, est aujourd’hui devenu une illustration
de ce que peut devenir la propagation de la radioactivité…

Figure 14: la peur engendrée chez les populations après Tchernobyl

C. Quelles protections contre la radioactivité ?


1. Les règles de radioprotection
La radioprotection vise à protéger l'homme de l'ensemble des dangers
que l'exposition aux rayonnements ionisants ou une contamination par
des produits radioactifs est susceptible d'entraîner. Elle concerne donc,
que ce soit en situation normale ou accidentelle, la protection de la santé
des travailleurs et du public, mais aussi la surveillance, la protection de
l'environnement et la gestion des déchets radioactifs.
Trois règles fondamentales sont à prendre en compte contre les diverses
sources de rayonnements ionisants (α, β, γ et X):

- la première des précautions à prendre est de s'éloigner de la source


de rayonnements, car leur intensité diminue avec la distance. En effet,
l'intensité du rayonnement diminue comme l'éclairage, lorsque l'on
s'éloigne d'une source de lumière: elle est inversement proportionnelle au
carré de la distance, 4 fois moins forte à 2 mètres qu'à 1 mètre, 9 fois
mois forte à 3 mètres...

- la deuxième disposition à prendre est de diminuer la durée


d'exposition aux rayonnements ; En radiothérapie, on réduit au maximum
le temps d'exposition d'un patient.

25
- Enfin, il est important d'interposer des écrans de protection entre la
source et la personne exposée. Ce sont des écrans en plomb pour les
appareils au cobalt utilisés en radiothérapie; Quant à ceux de
radiographie, il s'agit d'écrans d'eau dans les piscines de stockage et des
écrans de béton spécial pour les salles radioactives des installations
nucléaires.
On se sert de boîtes à gants au plomb pour travailler sur des émetteurs
ionisants. Selon le même principe, il est vivement recommandé, pour se
protéger des retombées radioactives, de rester enfermé chez soi lors d'un
accident nucléaire et de ne pas se précipiter vers l'extérieure,
contrairement à ce que l'on pourrait croire.
Il a été défini, pour un local donné, son facteur de protection. On attribue
40 au facteur de protection d'une maison ordinaire et 1000 à celui d'un
immeuble en béton, ce qui veut dire que si une personne est restée
dehors et a reçu une dose de 6 Sv, dose mortelle, la dose reçue n'aurait
été que de 6/40 soit 0,15Sv dans la maison et de 6/1000, soit 0,006Sv
dans l'immeuble, d'où la nécessité de se « confiner » en cas de retombées
radioactives.

Pour agir sur une source radioactive, on filtre et on traite les gaz et les
liquides pour piéger au maximum leur radioactivité avant tout rejet dans
l'environnement d'une centrale nucléaire.
Pour agir à la fois sur les rayonnements et sur les sources elles-mêmes, on
confine les matières radioactives dans des récipients étanches afin
d'éviter leur dispersion et leur contact avec l'homme dans

26
l'environnement d'une centrale nucléaire. Il en sera de même pour le
transport et le stockage des conteneurs.
On peut aussi :
• attendre, quand cela est possible, la décroissance naturelle des
éléments;
• utiliser la dilution lorsque l’on a affaire à des gaz radioactifs.
Par exemple, les installations nucléaires ne sont pas démantelées aussitôt
leur arrêt, de façon à attendre une diminution de l’activité des zones
concernées. Dans les mines d’uranium souterraines, une ventilation très
efficace permet de maintenir une faible concentration de radon dans l’air
que respirent les mineurs.
Les travailleurs pouvant être soumis à des rayonnements ionisants lors de
leur activité (industries nucléaires, médecins, radiologues…) portent un
“film” ou “dosimètre” qui mesure la quantité de rayonnements auxquels
ils ont été soumis. Ces dispositifs permettent de s’assurer que la personne
n’a pas reçu une dose supérieure à la norme tolérée ou d’en mesurer
l’importance.

Pourtant, malgré toutes les protections évoquées, une question subsiste:


Comment les travailleurs du nucléaire sont-ils protégés d'une éventuelle
contamination?
Un milieu est contaminé lorsqu'on a laissé s'y répandre accidentellement
des substances radioactives.
La contamination externe (dépôt de substances radioactives sur la peau),
déjà grave en elle-même, peut être à l'origine d'une contamination interne
par ingestion, par inhalation, ou par blessure. Dans ce cas, le
rayonnement émis à l'intérieur du corps devient dangereux ainsi que les
produits de désintégration. Il en est de
même lorsque des substances radioactives
sont en suspension dans l'air que nous
respirons.
Pour protéger les travailleurs du nucléaire
d'une contamination radioactive, on leur
fait porter dans certaines circonstances des
vêtements spéciaux, des gants et des
masques (qui deviendront des déchets
radioactifs), on assure l'étanchéité des lieux
d'entreposage des substances, ainsi que le
renouvellement de l'air des locaux par un
système de ventilation qui permet de filtrer
les poussières radioactives.

2. Les normes internationales de


radioprotection

27
La prise de conscience du danger potentiel d’une exposition excessive aux
rayonnements ionisants a amené les autorités à fixer des normes
réglementaires pour les limites de doses. Ces limites correspondent à un
risque supplémentaire minime par rapport au risque naturel, ce qui le rend
donc acceptable.
• Depuis 1928, la Commission internationale de protection radiologique
(CIPR) rassemble des médecins, physiciens, biologistes… de tous pays.
Cette autorité scientifique indépendante émet des avis précieux en
matière de radioprotection, pour les réglementations propres à chaque
État.
• L’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of
Atomic Radiation) ou Comité des Nations Unies pour l'Etude des Effets des
Radiations Ionisantes, réunit des scientifiques représentant 21 nations. Il a
été créé en 1955 au sein de l’ONU pour rassembler le maximum de
données sur les niveaux d’exposition dus aux diverses sources de
rayonnements ionisants et leurs conséquences biologiques, sanitaires et
environnementales.
Il constitue un bilan régulier de ces données, mais également une
évaluation des effets en étudiant les résultats expérimentaux en fonction
de l’estimation des doses et des données humaines.

•Au niveau européen, l’Union européenne reprend ces avis dans ses
propres normes ou directives. Les normes légales de radioprotection
donnent:
- une limite de dose efficace de 1 mSv/an pour la population et de 20
mSv/an en moyenne sur 5 ans pour les personnes directement affectées
aux travaux sous rayonnements ionisants (industrie nucléaire, radiologie
médicale) ;
-une limite de dose équivalente (organe) de 150 mSv pour le cristallin
(œil) et 500mSv pour la peau et les mains.
La Communauté européenne a fixé des doses de radioactivité à ne pas
dépasser dans les aliments : le lait ne doit pas être supérieur à 500 Bq/l pour
l'iode 131. Dans
certaines régions
allemandes, les
normes sont
beaucoup plus
sévères (100 Bq/l
en Sarre, 20 Bq/l en
Hesse et à
Hambourg).
Le législateur divise
par 20 les doses
admissibles des
travailleurs pour la
population car il
considère que celle-
ci comporte des

28
sujets de tout âge, de tout état de santé et qui ne sont pas si bien suivis
médicalement…

3. Au niveau national :
En France, la radioprotection relève de l’Institut de radioprotection et de
sûreté nucléaire (IRSN), placé sous la tutelle conjointe des ministres
chargés de la Défense, de l’Environnement, de l’Industrie, de la Recherche
et de la Santé. Il a été créé en février 2002 par la réunion de l’Institut de
protection et de sûreté nucléaire (IPSN) et de l’Office de protection contre
les rayonnements ionisants (OPRI).
L’IRSN réalise des recherches, des expertises et des travaux dans les
domaines de la sûreté nucléaire, de la protection contre les rayonnements
ionisants, du contrôle et de la protection des matières nucléaires, et de la
protection contre les actes de malveillance.

III. Les effets bénéfiques de la radioactivité


Pour beaucoup la radioactivité est synonyme de destruction et de mort lente.
Elle inquiète en ce sens qu’elle échappe à l’intuition et à l’entendement
quotidien. Cependant, elle possède un double visage, pouvant détruire et

29
engendrer la mort mais aussi guérir et aider à comprendre le monde qui nous
entoure.
Ainsi, la médecine nucléaire est le domaine médical qui utilise la radioactivité
pour explorer le corps humain et pour le soigner. La médecine nucléaire
repose sur l’utilisation d’isotopes radioactifs à des fins diagnostiques et
thérapeutiques. Son essor n’aurait pas été possible sans les acquis de la
physique atomique et nucléaire. Parmi les découvertes décisives, celle des
radioéléments artificiels par Irène et Frédéric Joliot en 1934 qui permit la
création de traceurs, notion inventée par Georges de Hevesy en 1913, se
retrouva à la base du concept fondateur de la médecine nucléaire. En
découvrant les moyens de produire des isotopes radioactifs, Irène et Frédéric
Joliot offrirent à la recherche en biologie des outils nucléaires d’une efficacité
sans équivalent.
La médecine nucléaire et l’imagerie fonctionnelle sont aujourd’hui les
seules techniques susceptibles d’apporter des informations extrêmement
précises sur les organismes vivants de manière non traumatique et sans en
perturber les grands équilibres.

A. Un peu d’histoire…

1900 : l’utilisation de la radioactivité à des fins médicales est envisagée.


Pierre Curie est le premier à penser que les corps radioactifs, provoquant
des brûlures par leur rayonnement, pourraient être utilisés à des fins
thérapeutiques.

1905 : Les chercheurs reconnaissent l’action bénéfique des rayons du


radium pour le traitement des tumeurs de la peau et du col de l’utérus, les
cellules cancéreuses étant plus sensibles aux rayonnements que les cellules
saines. C’est la naissance de la curiethérapie.

1913 : Georges de Hevesy, chercheur Hongrois, utilise le radium, isotope


radioactif naturel, pour en étudier sa distribution dans le corps d’un
mammifère, il s’agit du premier traceur.

1935 : I. et F. Joliot, physiciens français, reçoivent le prix Nobel pour leur


découverte des isotopes radioactifs en 1934. Lors de la conférence de
remise du prix, F. Joliot déclare : « la méthode des indicateurs employant
des radioéléments synthétiques trouvera probablement des applications
pratiques en médecine». G. de Hevesy utilise le phosphore 32 pour montrer
que la formation des os est un processus impliquant en permanence des
pertes et des remplacements.

1938 : S.Hertz utilise de l’Iode radioactif pour l’étude de la physiologie


thyroïdienne

30
1939 : G.C. de Hevesy met au point une méthode de détermination du
volume sanguin utilisant des globules rouges marquées au phosphore 32.
J.H. Lawrence utilise ce procédé pour étudier les leucémies.

1950 : le premier scanner manuel apparaît, doté d’un compteur Geiger-


Müller puis d’un compteur à scintillations. Cette technique sera améliorée
l’année suivante par B. Cassen qui crée un scanner rectilinéaire (objectif
photographique qui ne déforme pas l'image).

1952 : premier dispositif clinique d’imagerie par positons.

1957 : Anger invente une caméra à scintillations, gamma caméra capable


de produire des images en corrélation avec le fonctionnement des organes,
c’est la scintigraphie.

1968-1971 : le premier instrument d’imagerie tomographique et


premier instrument d’imagerie tomographique assistée par calculs.
1973 : première image d’IRM

Fin des années 1970 : une nouvelle technique d’examen d’imagerie


médicale apparaît : la tomographie par émission de positons

2001 : les pouvoirs publics donnent l’autorisation d’équiper plus


largement les hôpitaux de TEP.

1991-2003 : les revues scientifiques évaluent les performances et


l’utilité de la TEP en cancérologie par rapport aux autres examens
d’imagerie.

B. Détection des pathologies :

1. Les traceurs :
Les propriétés chimiques d’un isotope radioactif sont identiques à celles
d’un isotope stable, à la seule différence que le radio-isotope est instable.
Cette instabilité provoque la désintégration qui se traduit par l’émission de
rayonnements. Il suffit alors de disposer d’outils de détection appropriés
pour suivre à la trace les radio-isotopes. Par exemple, le Potassium 40, qui
est mélangé au potassium stable dans notre alimentation va suivre
exactement le même trajet dans notre corps que ses isotopes stables. La
détection des rayonnements émis par le Potassium 40 permet alors de

31
suivre à la trace le déplacement de l’ensemble du potassium. Un radio-
isotope peut donc servir de traceur à l’aide d’outils de détection appropriés.
Il est aussi possible de connaître la localisation d’une molécule par le même
principe. Cette dernière est marquée par un radio-isotope qui lui sert
d’étiquette. Le marquage peut être effectué de deux manières:
remplacement d’un atome de la molécule par un de ses isotopes radioactifs
ou accrochage à la molécule d’un atome radioactif. La molécule marquée
est alors un traceur.
On utilise cette méthode en médecine, par exemple pour suivre l’action
d’un médicament. Il faut noter que dans ces cas précis, le traceur est
utilisé en très petite quantité mais assez suffisante pour être détectée par
des appareils très sensibles. Aussi, les effets des rayonnements radioactifs
ne sont pas dangereux à ces très faibles doses. De plus, la période de ces
isotopes est courte (de quelques minutes à quelques jours) et ils
disparaissent très rapidement de notre corps.
Ainsi, les radio-isotopes ont permis, grâce à leur capacité de traçabilité, de
découvrir le corps humain et ses mécanismes.

2. A la pointe de la technologie !!
a. La scintigraphie :

La scintigraphie est un examen durant lequel une petite quantité de


radioactivité est utilisée pour réaliser des images d’un organe, d’où le nom
de médecine nucléaire.
Les images scintigraphiques obtenues permettent au médecin de voir le
fonctionnement de l’organe et d’établir un diagnostic afin de mieux soigner
le patient. L’examen consiste à une injection intraveineuse ou par inhalation
d’éléments radioactifs qui vont se fixer préférentiellement sur un organe
cible. Les radio-isotopes utilisés sont des émetteurs de rayonnements γ
(donc émission de photons).Ces isotopes se fixent donc à la matière et
émettent des rayons γ, détectés et analysés par un appareil spécialisé : la
gamma caméra, couplée à un ordinateur.
Ces isotopes se comportent comme des balises qui signalent d’éventuels
disfonctionnement ou la présence de tumeurs. Les gamma caméras
modernes tournent autour du patient et prennent des séries de vues
suivant des angles différents des organes étudiés. Du fait que les photons
scintillent, on appelle ce phénomène : le phénomène de scintillation,
d’où le nom de la scintigraphie.

32
Le principe de la scintigraphie est utilisé dans l’exploration de la thyroïde,
du squelette (scintigraphie osseuse) ou en cardiologie pour évaluer le
fonctionnement du cœur (tomoscintigraphie myocardique).
Il faut rappeler que l’examen est sans danger pour l’organisme puisque la
quantité de radioactivité injectée est de très faible dose. Par ailleurs, la
demi-vie des éléments radioactifs injectés ou inhalés est suffisamment
courte pour éviter l’irradiation prolongée.

b. La TEP :

A la fin des années 1970, une nouvelle technique d’examen d’imagerie


médicale est apparue : la Tomographie par Emission de Positons, dont le
nom est le plus souvent abrégé en TEP. Dès le départ, la TEP est apparue
comme une technique extrêmement intéressante. En effet, ses caméras
permettaient d’obtenir des images tout aussi bien de la circulation du sang
que de l’oxygène dans le corps que ce soit au niveau du cerveau, du cœur
et des principaux organes, et ceci sans perturber leur fonctionnement.
Cependant, au début des années 1990, on a pu douter que cette technique
d’imagerie médicale allait vraiment être utilisée car elle nécessitait des
appareillages extrêmement coûteux.
Développée au départ pour les recherches scientifiques sur le cerveau et le
coeur, la TEP est aujourd’hui beaucoup utilisée en cancérologie clinique et
ce, pour deux raisons. D’une part, de nouvelles caméras se sont
développées et permettent maintenant d’examiner l'ensemble du corps.
D’autre part, depuis une dizaine d’années, plusieurs centaines d’articles
scientifiques ont été publiés et montrent combien cette technique peut être
utile à différents stades de la maladie, que ce soit lorsque l’on cherche à
voir si le cancer s’est propagé à d’autres endroits dans le corps ou pour
déterminer si un traitement s’est montré efficace.

33
Devant les résultats obtenus en cancérologie grâce à l’utilisation de la TEP,
les pouvoirs publics ont décidé en 2001 d’équiper plus largement les
hôpitaux.
La TEP est parfois connu sous le nom de PETscan, abréviation de
l’Anglais Positron Emission Tomography, mais le terme utilisé en France est
TEP.

Cette tomographie consiste à l’injection d’éléments radioactifs par voie


intraveineuse. Ces radio-isotopes, émetteurs β+, sont obtenus à l’aide d’un
cyclotron. Le cyclotron est un accélérateur électromagnétique de haute
fréquence. Dans son principe,
le cyclotron utilise l’action
combinée d’un champ
magnétique et d’un champ
électrique pour délivrer un
faisceau de particules
accélérées. Ces particules
électriquement chargées sont
introduites au centre d’une
enceinte où règne un vide très
poussé. Elles décrivent une
trajectoire en spirale depuis le
centre du cyclotron jusqu’au
bord tandis que leur vitesse
s’accroît. Elles parcourent
plusieurs tours avant d’être
extraites de l’accélérateur puis
projetées à très grande vitesse
sur une cible située à quelques
mètres. Il se produit alors des
transmutations avec
production d’isotopes radioactifs et des désintégrations d’atomes, lesquels
retrouvent un état stable en émettant un rayonnement.

Une fois introduits dans l’organisme, les émetteurs β+ libèrent des positons
qui vont interagir avec la matière, plus précisément avec les électrons. Les
deux particules s’annihilent et donnent naissance à l’émission simultanée de

34
deux photons gamma en ligne droite et dans deux sens opposés. Cette paire
de photons est recueillie par la couronne de détecteurs de la caméra à
positons. Ce qui justifie la disposition des détecteurs, par paire également, en
couronne autour de l’organe étudié.

L’ordinateur localise avec précision chaque site émetteur β+ par


intersection des différentes droites obtenues. De ce fait, cette capacité à
s’annihiler en émettant deux photons de sens opposés fait de la TEP une
méthode quantitative. Puis, l’ensemble des données est enregistré,
analysé, et transformé mathématiquement. L’ordinateur prend en compte
la possibilité de diffusion et d’absorption des rayons gamma par les tissus.
L’image obtenue est dépourvue de ces imperfections grâce à des
algorithmes de correction (un algorithme est un ensemble de règles
opératoires dont l'application permet de résoudre un problème énoncé).
Ces opérations faites, la position du radio-traceur au sein d’une tranche de
quelques millimètres d’épaisseur de l’organe examiné est reconstruite sur
ordinateur. Par combinaison de tranches successives, on peut obtenir des
images tridimensionnelles de l’organe étudié.
Le radio isotope généralement utilisé pour cet examen est le
[18F]-flurodéoxyglucoce (en abrégé [18F]-FDG) : le fluor 18, associé au
glucose, fait office de traceur. Le flurodéoxyglucoce est un sucre semblable
au glucose rendu radioactif.
Pour vivre, fonctionner et se reproduire, les cellules ont besoin de glucose.
Plus l’activité des cellules est importante, plus leur consommation en
glucose augmente. Les cellules cancéreuses se multiplient sans cesse, elles
ont donc une activité importante qui nécessite beaucoup d’énergie. C’est
pourquoi leur consommation en glucose est anormalement élevée par
rapport aux cellules normales. C’est grâce à cette consommation excessive
du glucose que l’on peut repérer le tissu cancéreux avec la caméra TEP.
Le [18F]-FDG se comporte comme le glucose, mais contrairement à celui-
ci, il n’est pas une source d’énergie utilisable par la cellule cancéreuse. Il
s’accumule alors dans la cellule qui devient radioactive. En devenant
radioactive, elle émet des rayonnements qui peuvent être détectés par la
TEP.

35
Quels effets secondaires?
Une TEP n’est pas un examen douloureux et aucun effet secondaire n’a été
rapporté à ce jour. Cependant, en raison de la radioactivité du produit
injecté, les femmes doivent informer le médecin en cas de retard de règles,
d’une éventuelle grossesse, ou d’un allaitement. Le médecin prend alors la
décision en fonction de la situation de la patiente, de réaliser ou de reporter
l’examen. (Ces précautions sont aussi valables pour la scintigraphie).
Il faut compter environ douze heures pour que la quasi-totalité du produit
radioactif ait disparu.
Ainsi les examens de médecine nucléaire fournissent une information
fonctionnelle unique qui, à l’heure actuelle, ne peut être obtenue par aucune
autre technique d’imagerie. Pour bon nombre de maladies, les examens de
médecine nucléaire fournissent l’information la plus utile nécessaire au
diagnostic et, si nécessaire, au choix du traitement approprié. Par ailleurs, la
médecine nucléaire est beaucoup moins traumatisante que la chirurgie
exploratrice, et les réactions allergiques au radio pharmaceutique sont
extrêmement rares. C’est pourquoi la médecine nucléaire est une médecine
essentielle, souvent utilisée dans les établissements cliniques.

C. Guérir par la radioactivité, c’est possible !


La radiothérapie est utilisée depuis de longues années pour le traitement du
cancer. Elle consiste à exposer les cellules cancéreuses d’une tumeur à des
rayonnements (appelés aussi rayons ou radiations), qui empêchent la
multiplication des cellules malades et entrainent leur destruction. Selon la
zone à traiter, les rayons utilisés peuvent être différents (photons, rayons X
ou électrons). Ces divers types de rayons peuvent être associés entre eux.
C’est pour cette raison que, pour un même traitement, une patiente peut être
placée sous différents appareils : appareils de cobaltothérapie (utilisation
thérapeutique des rayons gamma de
haute énergie (1,25 MeV) provenant
d'une source de cobalt 60 radioactif,
dans l'intention de détruire des cellules
cancéreuses) ou accélérateurs
linéaires. Ces rayonnements sont
produits soit par des accélérateurs de
particules, soit par des sources
radioactives. C’est ce qu’on appelle
l’irradiation de la tumeur.

La radiothérapie est un traitement


fréquent du cancer. Son action dépend
de la localisation de la tumeur, de son
stade d’évolution et de l’état général de
la personne malade. La radiothérapie peut être associée à d’autres
traitements du cancer, comme la chirurgie et la chimiothérapie. Le médecin
spécialiste de la radiothérapie est un cancérologue, appelé oncologue
radiothérapeute ou encore radiothérapeute. C’est lui qui détermine la

36
zone à traiter. Cette zone est appelée volume cible. Il détermine également
la manière dont les autres organes ou les autres régions du corps non atteints
seront protégés des rayons. Il définit ensuite la dose de rayons à administrer.

Quels sont les différents types de radiothérapie ?

Il existe deux types de radiothérapie :


-la voie externe : les rayons (photons de haute
énergie ou des électrons) sont émis en faisceau par
une machine, appelée accélérateur linéaire de
particules ou accélérateur, située à proximité de
la personne malade, ils traversent la peau pour
atteindre la tumeur. Cette voie est la plus courante.

-la voie interne : les sources radioactives (iridium,


césium, iode125) sous forme de billes, de petits fils
ou grains, sont implantées directement dans le corps
de la personne malade. C’est la curiethérapie.

Ainsi, la radiothérapie externe, qui peut être associée


à la curiethérapie dans certains cas, est utilisée en
fonction de la localisation de la tumeur.

Comment se déroule la radiothérapie ?

Un traitement par radiothérapie devrait comporter cinq étapes : le centrage et


le repérage de la zone à traiter, la préparation de la mise en traitement, le
contrôle des doses (dosimétrie), le traitement proprement dit et la surveillance
pendant le traitement.

Le traitement par radiothérapie externe


Généralement, le traitement par radiothérapie externe est réalisé « en
ambulatoire », c'est-à-dire que le patient se rend dans son centre de soins
pour la séance de radiothérapie, puis rentre chez lui sans être hospitalisé. Il
pourra donc être traité sans interrompre ses activités quotidiennes. Le patient
n’est pas « radioactif »durant le traitement et donc ne présente aucun danger
pour son entourage. Le nombre de séances est variable, mais le plus souvent
le traitement dure quatre à cinq jours, et ce pendant plusieurs semaines.
Avant le traitement, il y a la phase de préparation. La première séance est
dite du « centrage » ou « repérage ». Des radiographies ou un scanner sont
réalisés afin de définir précisément la zone à traiter. Ces zones sont appelées
"champs d’irradiation". Lors du centrage, le radiothérapeute repère la cible
sur laquelle les rayons vont être envoyés. C’est pourquoi cette étape est aussi
appelée " phase de simulation " : elle se déroule dans la salle du simulateur.
La position que le patient devra adopter à chaque séance est définie avec
précision. Dans certains cas, on dessine à même la peau de la personne
malade les repères, à l’aide soit d’une peinture violette, soit d’un feutre
permettant de cibler la zone atteinte. Ces marques sont conservées durant
toute la durée du traitement.

37
Ensuite, le radiothérapeute, en collaboration avec le physicien, prescrit et
calcule la dose totale des radiations, exprimée en Gray, que le patient doit
recevoir, ainsi que le fractionnement des doses par séances : c’est la
« dosimétrie »
Les séances qui suivent la préparation sont plus courtes. A chaque séance, les
manipulateurs de radiothérapie installent le patient dans la salle de
l’accélérateur, sur le lit de traitement. Pendant le temps de l’irradiation, le
patient est seul mais peut communiquer en permanence avec les
manipulateurs situés dans une pièce voisine grâce à un système de micros et
caméras. Les rayonnements ne se voient pas et ne s’entendent pas.
Durant toute la durée de la radiothérapie, le patient revoit régulièrement le
radiothérapeute, environ une fois par semaine, pour s’assurer que le
traitement se déroule dans de bonnes conditions.

La curiethérapie
La curiethérapie « à haut débit de dose » peut être prescrite en ambulatoire.
En revanche, la curiethérapie « à bas débit de dose » nécessite une
hospitalisation et le patient doit donc séjourner à l’hôpital. Il faut tout d’abord,
implanter les sources radioactives dans la zone à traiter, si nécessaire sous
anesthésie. Puis le patient doit rester dans une chambre isolée durant le
temps du traitement. Après le retrait des sources radioactives et lorsque son
état général est satisfaisant, le patient peut rentrer chez lui. Il faut prévoir
une période de rétablissement après le traitement.

Y a-t-il des risques particuliers liés à la radiothérapie ?

La difficulté la plus importante liée à la radiothérapie vient du fait qu’en


irradiant, on ne peut éviter totalement d’irradier les tissus environnants. Il y a
donc un risque d’abîmer des cellules saines, c'est-à-dire non cancéreuses,
situées à proximité de la zone à traiter .Cependant, ces cellules sont capables
de se reconstituer, à l’inverse des cellules atteintes de la tumeur. Cette
détérioration entraîne des « effets secondaires ». Même si ces risques sont
connus, ils n’en constituent pas moins des conséquences difficiles pour le
patient lorsqu’elles surviennent. Toutefois, les techniques de radiothérapie
sont de plus en plus précises et permettent de réduire au maximum la
survenue de ces effets secondaires.

Quels sont les effets secondaires possibles ?

Les rayons atteignent la tumeur, mais également les cellules saines. C’est la
raison pour laquelle la radiothérapie entraîne des effets secondaires. Certains
apparaissent pendant le traitement. D’autres peuvent survenir après l’arrêt
du traitement. Les complications graves sont actuellement rarissimes.

Les effets secondaires diffèrent d’une personne à l’autre, selon la


radiothérapie, la zone traitée et l’état général du patient. L’équipe médicale
informe la personne traitée sur ce qui peut se produire et sur les moyens d’y
faire face.
Quelques effets secondaires possibles :

38
-une irritation de la peau de la zone traitée : les rayons peuvent provoquer
des réactions au niveau de la peau qui apparaissent généralement entre le
5ième et 10ième jour de la radiothérapie.
-La fatigue : en cas d’irradiation très localisée, aucune fatigue n’est à
craindre. Mais si l’irradiation est étendue, après quelques séances, il y a un
risque d’épuisement.

Les autres effets secondaires possibles varient selon la région traitée.

-en cas d’irradiation de la bouche, du cou ou du haut du thorax : la


radiothérapie peut provoquer des difficultés à avaler, à déglutir, un manque
de salive et une perte d’appétit.

-en cas d’irradiation de l’abdomen : les régions de l’estomac et de l’intestin


peuvent être altérées par les rayons. Cela peut provoquer des troubles tels
que des vomissements ou des nausées. Mais mieux vaut éviter de manger
quelques heures avant et après la séance de radiothérapie.

-en cas d’irradiation du bassin : des troubles urinaires…

-en cas d’irradiation de la tête : les rayons risquent d’entraîner une perte de
cheveux temporaire si la tumeur est bénigne et la radiothérapie peu dosée,
ou définitive en cas de tumeur primitive du cerveau, traitée avec des doses
plus importantes.

-anxiété ou dépression, modification de l’appétit, perte de poils sur la partie


traitée, modification des habitudes de sommeil…

Selon les cas, des médicaments et des conseils pratiques peuvent réduire ces
effets secondaires, qui cessent en principe progressivement après la
radiothérapie .Il est important que la personne traitée signale à l’équipe
soignante la survenue de problèmes de ce type ou autres, tout d’abord car
elle peut lui proposer des solutions efficaces mais aussi pour éviter que des
effets secondaires dits « aigus »ne deviennent chroniques, c'est-à-dire qu’ils
persistent longtemps après le traitement.

Y a- t-il des risques de complications ?

Les complications graves liées à la radiothérapie sont devenues très rares .S’il
s’avère qu’elles sont les conséquences d’une erreur humaine ou de
défaillances techniques, elles font l’objet d’une enquête et d’une prise en
charge spécifique des patients, comme c’est le cas pour tous les traitements
médicaux lorsque des évènements imprévus surviennent.
Cependant, certaines complications peuvent être liées à la « radiosensibilité
individuelle » : c’est la sensibilité particulière des cellules d’une personne aux
irradiations, qui varie selon les individus. Le suivi régulier du patient par
l’équipe médicale permet de détecter au plus vite une réaction trop forte au
traitement, et de le réajuster.

39
Enfin, si l’équipe médicale propose à la personne malade de mettre en œuvre
une radiothérapie, c’est que le bénéfice attendu apporté par la destruction
des cellules cancéreuses est supérieur aux risques potentiels encourus.

La radiothérapie est donc un moyen très utilisé de nos jours pour contrer
cette maladie fatale qu’est le cancer.

La radioactivité a toujours été présente sur la Terre, et bien que son


utilisation par les Hommes ait eu plusieurs conséquences néfastes, son
développement dans la médecine nous a permis d’élargir nos connaissances
du fonctionnement du corps humain afin de pouvoir mieux le guérir.
Néanmoins, nous avons montré que la radioactivité constitue un danger pour
l’Homme qu’il ne faut pas négliger, puisqu’une exposition trop intense peut
avoir des conséquences très graves sur l’individu. Il est donc nécessaire de
s’en protéger. Pour cela, nous faisons appel à la radioprotection.
Mais il ne faut pas oublier que la découverte de la radioactivité a permis une
grande avancée nouvelle dans la médecine. Grâce à la radioactivité, nous

40
pouvons actuellement guérir la plupart des cancers en exposant les tissus
cancéreux à des irradiations faibles qui détruisent les cellules mutées.
Ainsi, la radioactivité, bien qu’elle soit nuisible pour l’Homme dans certains
cas, est aujourd’hui indispensable puisqu’elle est très utilisée en médecine, de
la simple radio au traitement des cancers.
De nos jours, la médecine nucléaire, en constante évolution, laisse apparaître
de nouvelles technologies plus précises sur le diagnostic et sur le traitement
des pathologies. Jusqu’où peut-elle évoluer ? Y-a-t-il une limite à cette
évolution ? Quel sera l’avenir de la médecine nucléaire ?

Famille radioactive : un noyau radioactif se transmute en un autre noyau. Si


ce noyau est lui-même radioactif, il se désintègre à son tour et ainsi de suite
jusqu’à ce qu’il se forme un noyau stable. L’ensemble des éléments issus d’un
même noyau « père » forme la famille radioactive.

Leucémie : grave maladie du sang qui se traduit par une augmentation


considérable des leucocytes ou globules blancs du sang.

Neutrino : signifie « petit neutron » (italien). Des neutrinos (ou des


antineutrinos) apparaissent lorsque les noyaux instables se désintègrent par la
radioactivité β. Ce sont d’étranges particules, de charge électrique nulle, qui se
déplacent à la vitesse de la lumière en transportant de l’énergie. Leur masse
extrêmement faible est, à l’heure actuelle, difficilement décelable.

Photons : grains de lumière véhiculant une énergie qui dépend de la nature


du rayonnement.

Curiethérapie : radiothérapie mettant en œuvre des sources radioactives


implantées à proximité des tumeurs.

Electroscope : appareil constitué d’une tige et de deux feuilles, d’or ou


d’aluminium, qui s’écartent lors d’une électrisation.

Radiothérapie : traitement d’un organe malade par rayonnement, externe


ou interne.

41
1. La chambre à brouillard :

La chambre à brouillard permet de mettre en évidence la présence des


rayonnements radioactifs .Cet appareil est constitué d’un récipient en verre
dans lequel est placée une atmosphère saturée de vapeur (plus souvent de
l’alcool) à la température ambiante. Le passage de rayonnements ionisants
provoque la formation de fines gouttelettes d’eau visibles à l’œil nu. Plus la
particule ionisante est grande plus la trace formée est large :

C’est le cas de la particule α dont l’ionisation est


importante puisqu’elle produit des noyaux d’hélium.
Elle forme une épaisse mais courte traînée blanche de
quelques centimètres. Figure1 : particule alpha

Les particules plus petites comme les électrons


(rayonnement β-) ou les positons
(rayonnement β+) forment des traînées beaucoup plus
fines mais plus élongées du fait de leur légèreté et donc de
leur facilité à traverser la matière. En effet, ces particules
ont une faible masse et une grande vitesse. Leur pouvoir
ionisant est donc
faible mais leur pouvoir de pénétration est très grand.

Figure 15: particule bêta

Le rayonnement électromagnétique γ accompagne


généralement les réactions alpha et bêta ; il n'est visible
que grâce aux traces que laissent les électrons
secondaires issus de l'effet photoélectrique que
produisent les photons γ.
Les photons γ
2. L’électroscope aux feuilles d’or :
Les électroscopes simples sont constitués d’un plateau relié par un conducteur
à deux feuilles d’or conductrices de masse très faible. Une boîte métallique
avec des fenêtres vitrées (pour pouvoir observer les feuilles) sert d’écran
électrostatique et protège les feuilles des courants d’air.

42
Quand les feuilles sont chargées, elles portent des charges de même signe qui
se repoussent et les feuilles s’écartent. La déviation est d’autant plus
importante que la charge est grande.
Il est possible de charger l’électroscope par contact en apportant une charge
positive ou négative qui se répartie sur le plateau et les feuilles.
On peut aussi le charger par influence. Par frottement sur un tissu, on charge
une tige d’ébonite. Dans ce cas la tige porte des charges négatives. Si on
approche la tige du plateau de l’électroscope, il apparaît par influence des
charges de signes opposés (positives) sur le plateau. (De même, en utilisant un
objet chargé positivement, on chargerait l’électroscope négativement). Il
apparaît donc des charges négatives sur les feuilles qui s’écartent. Lorsqu’on
arrête le contact tige-plateau, les feuilles se rapprochent et s’écoulent vers la
Terre.
Ainsi, l’électroscope est utilisé comme détecteur des rayonnements ionisants
puisque les feuilles d’or s’agitent au contact de la tige avec un tel
rayonnement.

43
4. La radioactivité, il faut en user mais pas en abuser !
Le tableau ci-dessous illustre les effets sur la santé des doses de rayonnements ionisants.
Dose en Millisievert
Effets sur la santé
( mSv )
cancer et effets Héréditaires

Dose annuelle moyenne provenant d'une centrale


0,001
nucléaire

0,02 Radiographie pulmonaire typique

Dose de rayons cosmiques lors d'un vol océan à


aucun effet précoce

0,04
l'autre
Limite réglementaire fixée par la CCSN pour la dose
1 annuelle provenant des installations nucléaires à
l'intention des membres du public
Dose annuelle moyenne provenant du rayonnement
2
naturel
Limite de dose de la CCSN pour les travailleurs sous
rayonnement dans une seule année ne doit pas
50
dépasser 100mSv au cours de la période de
dosimétrie de 5 ans
Limite de dose de la CCSN pour les travailleurs sous
100 rayonnement dans une période de dosimétrie de 5
ans
effets précoces

Seuil avant la nausée, la réduction des globules


500 blancs.Anomalies minimes sur les prélevements
sanguins
Fatigue, troubles digestifs,formles sanguines
1000
altérées
2000 Hospitalisation indispensable mais seuil avant la
mort précoce

44
Premier signe cutané, destruction des barrières
3000
imminologiques
4000 50%de survie
50% des irradiés meurent s'ils ne sont pas
5000
hospitalisés
6000 Mort prématurée
90% des irradiés meurent s'ils ne sont pas
8000
hospitalisés
100% des irradiés meurent s'ils ne sont pas
10000
hospitalisés
Dose équivalente typique lors de la thérapie de la
250000
glande thyroÏde

5.La peur au sein du nucléaire :


Voici quelques articles qui illustreront parfaitement la tension qui règne actuellement
lors d’un transport de matières radioactives qui part d’une
usine de La Hague, au port de Cherbourg. La cargaison doit
partir aujourd’hui, c'est-à-dire le Vendredi 6 Mars 2009 pour le
Japon. Mais ces articles vous en apprendront bien plus que
nous.
BIBLIOGRAPHIE

45
-Marie Curie, femme savante ou sainte vierge de la science ? (auteur :
Françoise Balibar)

-La radioactivité : mécanismes et applications. (l’esprit des sciences, édition


ellipses ; auteur : Marie Christine de la Souchère)

-la radioactivité : 30 mots clés pour comprendre

-une radioactivité de tous les diables ; bienfaits et menaces d’un phénomène


naturel … dénaturé…

-cent ans après : la radioactivité, le rayonnement d’une découverte (René


Bimbot, André Bonin…, édition EDP sciences)

-L’IRM pas à pas ; auteurs Dr Hoa, A. Micheau, G. Gahide, E. Le Bars, P.


Taourel ; édition : campus medica

-Repères et mesures en T.D.M. et I.R.M. ; auteurs : B.Febvre, R. Duvauferrier,


A. Ramée

-Radiobiologie et radioprotection : Maurice Tubiana, Jeannine Lallemand


(édition « Que sais-je ? »)

-Imagerie médicale : Peter Renton

-Encyclopédie des jeunes : l’énergie et la matière (éditions Larousse)

-Médecine nucléaire : Rubinstein, Laurent, Stegen

-Techniques d’irradiation des cancers : la radiothérapie conformationnelle :


Jean Jacques Mazeron

- Radioprotection en milieu médical : principes et mise en pratique ;


auteurs : Y.S. Cordoliani et H. Foehrenbach

- Hôpital et innovation technologique : le modèle de l’imagerie ; auteur :


Michel Amiel

- Larousse médical, encyclopédie multimédia, la référence en médecine


(CD-ROM).

- Vos patients et les rayons : un guide pour les médecins praticiens (IRSN).

- Recommandations 2003 du Comité Européen sur le Risque de


l’Irradiation (CERI) ; étude des effets sanitaires de l’exposition aux faibles
doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection.

- L’imagerie médicale, de la médecine nucléaire aux neurosciences ; CEA,


de la recherche à l’industrie.

46
- La radioactivité, des radioéléments aux applications scientifiques ; CEA
de la recherche à l’industrie.

- L’homme et les rayonnements, de la radiobiologie à la radioprotection ;


CEA de la recherche à l’industrie.

- Sciences et vie junior, hors série n°71.

- Aternative santé : tout savoir sur les examens médicaux (revue).

- Dépliant sur la scintigraphie recueilli à l’Hôpital Nord-Parisien de


Sarcelles).

- Journal Métro du Jeudi 5 Mars 2009 .

- Journal 20 minutes du Jeudi 5 Mars 2009.

- Journal Direct matin du Jeudi 5 Mars 2009.

- Pratique.fr /santé/

- Fr.encyclopédia. yahoo.com

- Essentielsanté.com

- Site médical de l’ISERM.

- Areva.com

- http://www.cea.fr/jeunes/themes/la_radioactivite

- http://www.centrepaulpapin.fr/recherche/resultats.asp?searchTerm=TEP

- http://www.fotosearch.fr/noresult.asp?errmsg=notfound&zh=sa&keyword=radioth
%C3%A9rapie

- Laradioactivité.com

- /radioactivité/effet de la radioactvité sur l’organisme/conséquences de la


radioactivité sur la santé/htm.

- Google image.

-Vidéo : la radioactivité, « c’est pas sorcier » ; réalisatrice : Catherine Breton

-Vidéo : la radioactivité ; réalisé par Philippe Turcat

47
- Tchernobyl (vidéo) ; réalisateur : Thomas Johnson ; Paris : Play film
(prod.), 2005.

48