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Irina Nicoleta IONESCU, « L’opposition parlementaire en Roumanie postcommuniste:

1990-2004 », Studia Politica. Romanian Political Science Review, vol VI, no 2/2006, pp 287-317

Après la chute du communisme, la Roumanie commence une difficile transition vers la


démocratie, vers le multipartisme, vers la compétition électorale. C’est à la suite de cet
événement que l’on voit déjà, en 1990, l’émergence des presque 70 partis politiques qui se sont
divisés entre les partis révolutionnaires et les partis historiques. Dans le processus de
démocratisation, les partis d’opposition ont joué un rôle très important. Irina Nicoleta Ionescu,
docteur en science politique, se propose de développer cet sujet dans l’article “L’opposition
parlementaire en Roumanie postcommuniste: 1990-2004” qui est paru dans le VIème volume de
la revue scientifique Studia Politica. Romanian Political Science Review, numero 2 de 2006. Le
titre exprime très bien l’idee principale de la recherche et est formulé dans une manière claire et
explicite.
L’article en question est un article scientifique bien realisé de point de vue structurel.
Tous les éléments caractéristiques d’un article scientifique peuvent y être rencontrés, même si,
parfois, on peut observer une certaine inversion dans l’ordre des parties composantes.
Le sujet de l’article est explicitement articulé dès le début et est constitué par les partis
politiques roumains postcommunistes, en se concentrant surtout sur les partis politiques qui ont
formé l’opposition. La période couverte par la recherche est comprise entre 1990-2004, période
très complexe qui surprend les démarches faites par les partis politiques pour réaliser la transition
vers la démocratie. C’est surtout dans les années ’90 que l’on voit un clivage explicite entre les
partis neocommunistes et les partis historiques, donc une forte activité des partis trouvés en
opposition. Si on pense au type du sujet, on peut le considérer comme un sujet proche, parce que
l’auteur à l’accès rapid et facil aux sources et a de la connaissance sur la société dans laquelle elle
vit.
L’hypothèse de l’article reaffirme l’objet de la recherche, c’est-à-dire l’activité
parlementaire des partis politiques d’opposition pendant la période postcommuniste. Les deux
variables de l’hypothèse sont les partis politiques, variable dépendente et la volatilite politique
élévée, la variable indépendante.
Le suivant élément structurel d’un article scientifique que l’on peut le retouver ici c’est la

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question de départ, très clairement formulée: “ Jusqu’à quel point l’activité parlementaire des
partis reflète/respecte la démocratie entre les pôles “pouvoir” et “opposition”, tels que definis par
les alliances qui forgent la structure de l’exécutif et de son soutien parlementaire? Qui a joué
efféctivement le rôle de partis d’opposition dans le Parlement roumain entre 1990-2004?” La
question de départ de l’article c’est adequate parce qu’elle accomplit tous les qualités d’une
question de départ bien formulée: la clarté, la faisabilité et la pertinence.
Dans la problematique, on retrouve premièrement l’intention de l’auteur d’identifier les
partis politiques qui ont constitué l’opposition parlementaire. Le deuxième propos est l’analyse
de la structure de l’opposition par rapport à la dynamique du systeme roumain de partis et,
dernièrement, c’est l’analyse de la mésure dans laquelle l’opposition parlementaire a reussi à
s’imposer, a reussi à se faire sentie présente. Les conceptes avec lesquelles l’auteur travaille sont
des conceptes appartenant à la sphère politique: vote, motion de censure, lois organiques, séances
plénières, participation, invéstissement, restructuration, remaniement, parti politique, etc.
Pour réaliser cette recherche, Irina Nicoleta Ionescu utilise tant la méthode qualitative,
pour étudier les documents comme débats parlementaires (motions simples, de censure, lois
organiques), donc une perspective individualiste, que la méthode quantitative, pour les
systématiser, donc une perspective holiste.
Comme sources, l’auteur fait appel aux données officielles du Moniteur Officiel, aux
Collections législatives et aux données que l’on retrouve sur le site du Parlement. Ces sources
entrent dans la catégorie des documents écrits, des archives publiques comme : les
stenogrammes des débats, les textes des motions et de la législation, sources qui constituent le
corpus empirique de la recherche.
Si on se demande pourquoi est-ce qu’on doit lire cet article, l’auteur nous repond en
motivant sa choix. C’est en premier lieu, un sujet rarement recherché, il y a peu des études sur les
partis politiques roumains d’opposition. La deuxième justification est que l’article nous aide à
observer, plus clairement, la position des partis politiques roumains dans le camps du pouvoir et
de l’opposition. La dernière raison pour laquelle l’article mérite à être lu est qu’il nous offre une
image sur le processus de maturation, sur l’évolution des partis politiques et du système politique
roumain.
En ce qui concerne le cadre théorique de la recherche, celui-ci comprend quatre
dimensions théoriques: les études sur l’activité parlementaire des partis politiques, les études sur

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l’opposition parlementaire, les théories qui visent la formation des coalitions et les recherches
concentrées sur les partis politiques et sur les insittutions postcommunistes.
Le cadre théorique est composé par deux grands parties: une première partie qui décrit “le
cas des démocraties consolidées” et une deuxième partie qui se concentre sur “l’espace
postcommuniste et le cas roumain”. Chaque parties, est, à la fois, composée de plusieurs
sousparties.
La première partie, “Le cas des démocraties consolidées”, parle, premièrement, de
l’opposion et des partis d’opposition, en ayant comme oeuvre de référence pour cet étude le
travail de Ghita Ionescu et Isabel Madariaga, qui s’appelle “L’oposition”. Ici l’auteur souligne les
tendances à l’égard de l’opposition, comme la diminution de son rôle dans les démocraties
libérale et la préférence de l’opposition pour le consensus au detriment de la compétition.
L’auteur observe une interdépendence entre le type de système de partis et la possibilité de
l’opposition d’agir dans le processus législatif et decisionnel. Le deuxième point d’intérêt de cette
partie est le Parlement et l’activité parlementaire des partis. L’auteur identifie ici les
caractéristiques internes de l’institution parlementaire comme la spécialisation des organismes
parlementaires, l’importance des commissions dans le processus décisionnel, la capacité
d’imposer son contrôle sur l’agenda et les ressources disponibles. Concernant l’activité
parlementaire des partis politiques les conclusions sont que, « plus les prérogatives d’un groupe
sont vastes, plus son pouvoir d’imposer la discipline parmi ses membres et grande et que, plus les
nombre des possibles alliances est grand, plus le nombre des choix pour le style de l’opposition
est grand »1. Le troisième sujet d’intérêt est l’implication des partis politiques dans le processus
de gouvernement. Pour le débattre, l’auteur prend comme support les théories sur le
comportement et les relations des partis politiques dans le processus de gouvernement. On voit ici
une catégorisation des partis, en fonction du soutien accordé à l’exécutif : des partis politiques
qui appartiennent à l’exécutif, d’autres qui le soutiennent, sans y appartenir et la troisième
catégorie, des partis qui ni n’appartiennent et qui ni soutiennent l’exécutif.

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Irina Nicoleta IONESCU, « L’opposition parlementaire en Roumanie postcommuniste:
1990-2004 », Studia Politica. Romanian Political Science Review, vol VI, no 2/2006, pp 292

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La deuxième partie, « L’espace postcommuniste et le cas roumain » se concentre, en
première instance, sur les partis politiques postcommunistes qui ont réussi à améliorer leur
participation au gouvernement, mais, néanmoins, n’ont pas réussi à proposer des programmes
politiques pertinentes. En effet, après 1989, il est très difficile, observe l’auteur, d’encadrer les
partis dans la typologie classique, c’est pour cela qu’ils ont été considérés comme des partis
attrape-tout. Le deuxième sujet est l’activité parlementaire des partis et l’opposition
parlementaire. Initialement, l’activité parlementaire était caractérisée par une forte fragmentation
et une haute migration entre les divers groupes, phénomènes qui, peu à peu, sont disparus. On
voit aussi un changement de perspective de la parte de l’opposition, plus positive, plus
constructive et avec la bienveillance de collaborer avec les partis du pouvoir.
Irina Nicoleta Ionescu fait aussi, dans cette recherche, une analyse des données,
premièrement une analyse séparée de chaque législature (1990-1992,1992-1996, 1996-2000,
2000-2004), en identifiant la formule gouvernementale, la majorité parlementaire, les initiatives
d’investissement ou de remaniement, la formulation des motions, la composition de la Chambre
de Députes et du Senat et l’activité parlementaire pour chacune d’entre elles. L’analyse séparée
des législatures et suivie par une analyse comparée, réalisée en fonction des cinq unités
d’analyse : le vote d’investissement des gouvernements, le comportement en cas de remaniement
le vote de confidence, le vote des motions et le vote des lois organiques.
L’article est fini, bien sur, par une conclusion (thèse). L’hypothèse est confirmée par la
thèse, qui affirme qu’il y a, vraiment, une volatilité dans le discours des partis qui se trouvent
hors de la majorité parlementaire, car, même si elles font des affirmations négatives à l’égard du
parti au pouvoir, il y a, quand même, un soutien visible et fréquent de la part de l’opposition pour
l’exécutif. On observe aussi, après l’analyse, un phénomène d’un « opposition coopérant », une
interdépendance entre la configuration du système partisan et la construction des majorités
gouvernementales et parlementaires et une maturation des partis politiques roumains. A la fin,
Irina Nicoleta Ionescu nous donne, explicitement, la réponse à la question de départ : « l’activité
parlementaire des partis reflet/respecte dans une manière modérée la démarcation entre les pôles
« pouvoir » et « opposition », tels que définis par les alliances qui forgent la structure de
l’exécutif et son soutien parlementaire ».2

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Irina Nicoleta IONESCU, « L’opposition parlementaire en Roumanie postcommuniste:
1990-2004 », Studia Politica. Romanian Political Science Review, vol VI, no 2/2006, pp. 317
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Pour moi, l’article d’Irina Nicoleta Ionescu c’est un bon exemple d’article scientifique
bien structuré, qui comprend tous les éléments qui compose un tel type de recherche. Il m’a aidé
à me rendre compte de comment est-ce qu’un projet de recherche, un article scientifique doit être
réalisé et quels sont ses éléments clés qui donnent la logique et la cohérence du travail. Une autre
raison pour laquelle j’ai choisi cet article c’était le sujet très intéressant, qui m’a donne une
perspective sur ce que signifient la scène politique roumaine et l’interaction entre les partis
politique pendant la période postcommuniste entre 1990-2004.