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EN QUÊTE DU POSTCOLONIAL

La crise des Antilles françaises et après...

Silyane Larcher

Editions du Croquant | « Savoir/Agir »

2009/2 n° 8 | pages 127 à 132


ISSN 1958-7856
ISBN 9782914968584
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Actualité

En quête du postcolonial
La crise des Antilles françaises et après…

a u milieu d’une belle après-midi,


cris de colère et appels au calme se
répondent dans un brouhaha sans
fin. Ce vendredi 6  mars 2009, jets de
Silyane Larcher
Doctorante en science
politique à l’EHESS,
centre de recherches
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pierre, tirs de gaz lacrymogènes, incen- politiques Raymond-
dies  de voitures se succèdent à Fort- Aron
de-France, chef-lieu et centre adminis-
tratif de la Martinique. Des hommes
en colère, les poings en l’air, scandent
leur hostilité aux gardes mobiles qui un des leurs. Selon l’unique quotidien
leur font face. À la Maison des syndi- de l’île, il s’agissait en effet d’un agri-
cats, affolés, des militants, des Foya- culteur sympathisant du Collectif… À
lais 1, quelques élus politiques aussi, ont la nuit tombée, le calme était revenu :
trouvé refuge. Non loin, au débouché l’embrasement social et urbain n’avait
de l’avenue François-Mitterrand, un fait aucun mort. Le lendemain matin,
tracteur agricole est en flammes. Des 5 000 manifestants foulaient à nouveau
jeunes originaires des quartiers popu- le pavé en signe de protestation…
laires limitrophes, Trénelle et Citron, y Cela faisait un mois déjà qu’à la pré-
ont mis le feu. L’engin agricole avait en fecture, le Kolektif 5  févryé, l’équi-
effet paru défier les barrières Vauban et valent du Lyannaj Kont’Pwofitasyon
les barrages de fortune érigés par des (LKP) guadeloupéen, affrontait les
membres du « Collectif du 5 février » et représentants de la grande distribution
leurs sympathisants, décidés à interdire afin de mettre fin à « la vie chère ». La
l’accès au centre-ville à ceux qu’ils assi- plate-forme revendicative reprenait de
milaient à des briseurs de grève ou des nombreux points de celle du LKP : aug-
« provocateurs » ! Or, sans le savoir, les mentation des minima sociaux, baisse
jeunes incendiaires s’étaient trompés de des prix des produits de consommation
cible. Le propriétaire du tracteur était courante, de l’électricité, des loyers, du
transport, accès à la culture, accompa-
1. Habitants de Fort-de-France. gnement social et aide à la formation.

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Certaines de ces mesures sont officiel- alé ! 5  » – s’était imposé à l’ordre des
lement proposées par les deux assem- choses. Avec une grande détermination
blées locales. Mais ici, on demande car- et un écho réel, même si en raison de
rément 350  €  d’augmentation des bas la fermeture des commerces, des écoles
salaires 2 ! Bref, on veut vivre mieux. et des administrations, le mouvement
Pourtant, d’après les indicateurs éco- a alimenté de houleux débats à la télé-
nomiques, la Martinique est, des quatre vision, dans les rues, entre amis, au
départements d’outre-mer (DOM), bureau (quand on pouvait s’y rendre)
celui qui s’en sort le mieux : premier ou sur Internet. L’enjeu était : gagner
pour le produit intérieur brut par habi- contre les « profiteurs », les « couillon-
tant de la Caraïbe, équivalent à celui neurs  » et les «  exploiteurs  » de tout
de la Grèce. Néanmoins, avec 21,8  % poil, de toute race ! D’ailleurs, dès la
de chômeurs (dont 40  % de moins de matinée, un accord-cadre sur la baisse
trente  ans), le taux de Rmistes est de des prix des « 400 produits de première
plus de 16  %, le taux de dépassement nécessité » avait pu être arraché.
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du seuil de pauvreté de 12 %, soit res- Mais le mouvement révélait aussi
pectivement quatre et deux fois plus des oppositions. Au même moment en
que la moyenne nationale 3. Les aides effet, sur la petite autoroute de la Mar-
publiques en matière d’emploi, d’inser- tinique 6 , venant du nord et du sud de
tion professionnelle, les aides sociales l’île, deux convois de plusieurs centai-
et fiscales, n’y font rien. Elles restent nes de semi-remorques, de camions, de
inadaptées. véhicules 4x4, se dirigeaient vers la pré-
fecture. Un « collectif des entreprises »
formé la veille, composé de planteurs,
Tordre le coup au destin : « Genyen
bétjé-a, gannyé béké-la ! 4 » de salariés et de représentants de syndi-
cats du secteur agricole, de chefs d’en-
Pourtant ce 6  mars, à en croire les treprises des principales zones commer-
médias, un accord était imminent. Les ciales et industrielles de l’île, entendait
représentants de la grande distribution «  manifester pacifiquement  », selon la
et le Collectif allaient enfin signer : la presse, pour «  le droit au travail  » et
victoire se profilait. Le slogan fédéra- à «  la libre circulation  ». Parmi eux,
teur des défilés dans les rues de Fort- des agriculteurs salariés étaient venus
de-France – « sé pou la viktwa nou ka avec leur tracteur… Les entrepreneurs
avaient «  reçu l’accord du préfet pour
qu’une délégation vienne lui porter un
2. Non sans réticences, la revendication sera
courrier », selon Jean-François Hayot,
finalement revue à la baisse pour l’aligner sur celle
du LKP.
3. Ces chiffres sont délivrés par l’Insee-Antilles- 5. En français : « C’est à la victoire que nous allons. »
Guyane via son bulletin mensuel : Antiane-Echo, Le slogan est affiché sur les tee-shirts et les
janvier 2008. banderoles dans les rues.
4. En créole martiniquais et guadeloupéen : 6. La Martinique compte 400 000 habitants environ
« Vaincre le béké ! » pour une superficie de 1 100 km 2.

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un de leurs principaux porte-parole, réalité complexe. La période esclava-


rappelant qu’ils assuraient «  plus de giste n’épuise pas le tout de l’histoire
40 000 emplois dans le secteur privé en de la Guadeloupe et de la Martinique,
Martinique  ». Ce patron est le fils de elle en constitue un moment, central et
Bernard Hayot, première fortune de fondateur, mais un moment seulement.
l’île et président-directeur général du La violence des jeunes d’aujourd’hui
premier groupe industriel, commer- a une signification politique plus pro-
cial et agroalimentaire des Antilles (le fonde, elle a ses ressorts dans les socié-
groupe éponyme dispose de commer- tés antillaises actuelles (et plus spé-
ces et d’entreprises diverses en Marti- cifiquement en Martinique), que des
nique et en Guadeloupe). Il a également mutations travaillent en profondeur.
des liens familiaux avec les principaux Un fait parfois négligé : les Antilles,
représentants de la grande distribution comme les autres sociétés des «  Amé-
engagés dans les âpres négociations avec riques noires  », selon l’expression de
le Kolektif. Ces riches familles apparte- Roger Bastide, sont le résultat socio-
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nant au groupe dit « béké » ou « Blancs anthropologique du contact colonial
créoles », descendants des propriétaires qui a mis en présence, pour les besoins
d’esclaves, focalisent la colère populaire de l’économie de plantation, planteurs
autant pour ce qu’elles symbolisent que européens et esclaves africains. L’escla­
pour leur position de « minorité domi- vage s’y comprend autant comme
nante 7  ». Mais il faut insister  sur ce rapport d’exploitation au travail que
point : malgré ses efforts pour se main- comme état social, c’est-à-dire comme
tenir sociologiquement, le groupe n’est type de société. En ce sens, il constitue
ni homogène ni monolithique 8 . à la fois une matrice anthropo-cultu-
relle et un fait structurant. Toutefois,
l’esclavage comme institution légale
Des sociétés jeunes où la mémoire
(l’esclave comme propriété) a disparu
de l’esclavage n’explique pas tout
définitivement depuis plus de 160 ans ;
On peut être tenté d’expliquer la plu- l’unité économique de la plantation,
part des conflits sociaux des Antilles en revanche, est morte depuis seule-
françaises à travers la seule mémoire ment un peu plus de 40  ans, dans les
de l’esclavage. Mais à s’en tenir là, on années 1960. Ainsi, l’abolition de l’es-
court le risque de passer à côté d’une clavage n’a pas eu pour conséquence la
disparition des conditions sociales du
7. Édith Kovàts-Beaudoux, Les Blancs créoles de monde des plantations. L’esclavage est
la Martinique. Une minorité dominante, Paris,
L’Harmattan, 2002. Seule synthèse scientifique
donc à la fois proche et lointain. Quand
accessible sur le sujet, l’ouvrage est tiré d’une les discours l’évoquent, il se présente
thèse d’anthropologie dirigée par Roger Bastide, donc de manière plurivoque, enchevê-
soutenue en 1965 à l’université Paris-V. Malgré
son caractère daté et une terminologie parfois trée, parfois par une allusion au détour
maladroite (« race blanche »), il demeure un d’une conversation, parfois dans la
document d’information précieux.
8. Ibid., chapitres ii et iii. connivence entre les acteurs, dans une

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sorte d’évidence partagée, parfois de social pour les membres d’un groupe,
manière grossie, en fonction du sujet perçue comme moralement exorbi-
et surtout des enjeux. S’en tenir aux tante, leur confère une dimension sym-
références à l’esclavage, c’est donc en bolique évidente. Pour autant, les vio-
rester à la surface des choses. Dans un lences de ces jeunes laissés pour compte
tel contexte, en particulier quand elles sont moins dirigées contre des descen-
dénoncent une relation socioéconomi- dants de « maîtres » en tant que tels que
que d’exploi­tation ou une relation de contre une autre violence, sociale cette
hiérarchie sociale radicale, ces référen- fois : leur «  disqualification sociale 10  ».
ces opèrent comme une véritable gram- La confrontation directe dans «  leur
maire sociale et culturelle, pas toujours monde » avec ces planteurs, propriétai-
facile à interpréter, qu’il faut décoder. res terriens et hommes d’affaires, qui
Ici comme ailleurs, au-delà des ouï- incarnent l’autre pôle de la hiérarchie
dire, des proverbes et des traditions sociale martiniquaise, la rend même
populaires, les jeunes des quartiers plus palpable.
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pauvres de Fort-de-France ne savent Car c’est bien de cela qu’il s’agit :
pas grand-chose de la complexité du comment faire les comptes du commun
passé de leur société 9. Certains ne pour que chacun ait sa place à la table
savent même plus identifier un « béké », du partage social ? Sur quoi repose la
ce qui est pourtant facile à partir de cité ? Question qui en l’occurrence va
leurs patronymes, peu nombreux. Au bien au-delà de l’ascendance ou même
point de les confondre parfois avec les d’une histoire et d’un territoire parta-
personnes originaires de la Martinique gés, fût-ce dans le conflit. C’est encore
et «  blanches  ». Fait plus exception- plus vrai dans des sociétés où le vent de
nel, mais cependant notable, une per- la Révolution française a déposé une
sonne «  claire  », généralement identi- exigence : le principe égalitariste qui,
fiée comme « mulâtre » dans le lexique en détruisant l’esclavage comme ins-
commun, tout chargé des catégories titution et comme état social, «  hori-
héritées de la société esclavagiste, peut zontalise  » les individus 11. Cela a été
se voir assimilée à un « béké » en raison régulièrement l’enjeu des insurrec-
de sa position sociale. Ces glissements tions serviles, puis post-esclavagistes
se transmettent d’une génération à antillaises en 1787, 1789, dans les années
l’autre. La reproduction d’une position 1790, en 1802, 1822, 1831, 1848, 1870…
dominante de pouvoir économique et Or c’est cette présupposition d’égalité,
niée par le convoi des planteurs ce jour
9. Sur la transmission scolaire de cette connaissance,
voir : Dominique Taffin (sous la direction de),
Enseigner l’histoire dans la Caraïbe. Actes du 10. S erge Paugam, La disqualification sociale. Essais
colloque organisé par la Société des Amis des sur la nouvelle pauvreté, Paris, Puf, 2000.
Archives et de la recherche sur le patrimoine 11. Cf. David B. Gaspar, David P. Geggus, A
culturel des Antilles, mai 2007, Fort-de-France, Turbulent Time: the French Revolution and
Éditions des Archives départementales de la the Greater Caribbean, Bloomington, Indiana
Martinique, à paraître en 2009. University Press, 1997.

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de mars  2009, qui vaut ici le rappel à variées de délinquance et de marginali-


l’ordre désespéré des casseurs et incen- sation (drogue, alcool, etc.), l’ennui que
diaires de Trénelle : celui de l’égalité crée l’absence de but, la désespérance.
de n’importe qui avec n’importe qui. La régulation sociale qui faisait naguère
Surtout, en cessant d’être la masse les réussites de la départementalisation
indifférenciée et silencieuse, les oubliés est aujourd’hui usée.
de l’institution du commun, ceux que La stabilité du pouvoir d’achat assu-
l’on ne voit même pas, rappellent à tous rée par l’emploi public, véritable manne
leur voix légitime au chapitre. Ils nous d’une économie de consommation, est
placent de plain-pied au cœur du litige en train de s’éroder. Cela doit s’inter-
sur les termes d’une reconnaissance préter autant au regard des limites de
réciproque entre les parties, non sur les la redistribution de l’État-providence à
comptes du passé, mais bel et bien ceux l’échelle nationale, qu’à l’échelle locale,
du présent : leur titre à avoir, en tant au regard des départs en retraite des
qu’égal, autant que les autres leur part fonctionnaires papy-boomers (nés avec
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du commun. la départementalisation). En Martini-
Cette question sociale si spécifi- que, la Fonction publique emploie en
que – à ses pôles extrêmes, classe et effet un salarié sur trois (un sur cinq dans
race s’y affrontent – dans des sociétés l’Hexagone). L’économie des services
aujourd’hui post-plantationnaires, nous aux particuliers emploie deux salariés
révèle le pli du politique aux Antilles sur cinq. Enfin, les activités productri-
françaises. Mal appréciée dans les débats ces de biens (la sphère productive) ne
politiques locaux alors qu’elle ne relève représentent que 20 % des salariés, soit
pas du seul ressort de l’État, on y trouve 25 000 emplois 13. Avec une population
des vérités inquiétantes qui appellent comparable de 388 293  habitants, la
des choix d’orientation collective. Dordogne dispose de 20 790  entrepri-
ses avec 109 614 emplois privés 14 .
Ces chiffres conduisent à quelques
Au-delà du statut ?
constats alarmants. Ainsi, une écono-
La régulation sociale et
mie qui peut se maintenir alors qu’un
l’indispensable projet politique
cinquième seulement de ses activités
Ces quartiers défavorisés concen- sont productrices de biens et de capi-
trent tous les dysfonctionnements de la tal n’a pas besoin de créer de l’emploi,
société martiniquaise, avec un effet de tout au moins du salariat privé. Elle
loupe : le chômage, les familles mono- se maintient autrement. Ce qui rend
parentales (60  % des chômeurs de la évident le lien entre emploi public et
Martinique et 78  % des signataires consommation dans ce qui est un sys-
d’un contrat emploi-solidarité sont des tème socioéconomique particulier. Des
femmes 12), l’échec scolaire, les formes
13. I bid.
12. Insee : Antiane-Écho, op. cit. 14. Insee, Aquitaine, décembre 2007.

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logiques apparemment contradictoires


parviennent à assurer l’équilibre d’un
ensemble plus général : l’organisation
matérielle de la société. Ce qui pose
de façon patente le problème des choix
d’orientation des activités de dévelop-
pement économique, mais surtout de
leur diversification, afin que la part
de la sphère publique dans l’emploi
s’y trouve allégée et ouvre des espaces
d’activité aux jeunes bras laissés pour
inutiles 15 , ces oubliés du système. n
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15. En créole, un « bon à rien » se dit « an initil »,


c’est-à-dire « un inutile ».

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