Vous êtes sur la page 1sur 6

Réponses de la direction générale du travail à la

cellule investigation de Radio France

— Combien de chantiers ont redémarré depuis le début du confinement ?


Nous n’avons pas de statistique à ce propos. La fédération du BTP évoquait au début du
confinement 95 % des chantiers à l’arrêt. Depuis un certain nombre ont repris.

— Les mesures de sécurité et de protection vis-à-vis des salariés sont-elles strictement


respectées par les entreprises du BTP qui reprennent leur activité ?
Est-ce que vous disposez d’une évaluation nationale du respect des mesures de
sécurité par les entreprises du BTP qui auraient repris le travail depuis le début du
confinement suite à des contrôles de l’inspection du travail ?
La statistique que vous évoquez serait très difficile à réaliser car par définition, un chantier est
vivant et les situations évoluent tous les jours et même au cours de la journée.
Ce qui importe c’est de mettre en œuvre une démarche de prévention effective qui impose en
tout premier lieu d’examiner, en fonction du travail à effectuer, les risques et les mesures à
mettre en œuvre en rapport avec ceux-ci. C’est l’absence d’évaluation qui le plus souvent
débouche sur des accidents graves ou mortels malheureusement trop « classiques » comme
le fait de monter sur une toiture sans aucune mesure de prévention.
Le ministère, en fonction de cette analyse, a développé une démarche visant justement à
fournir aux employeurs et aux représentants du personnel des outils pratiques pour mettre en
œuvre cette évaluation des risques de manière pédagogique et concrète dans le contexte du
covid-19. La culture de prévention est indissociable de la culture du métier et de la culture du
dialogue : un geste efficace est un geste sur et inversement ; et la définition du geste sûr et
efficace se fait plus facilement par le dialogue.
L’activité reprend ainsi dans le secteur de la construction dans le dialogue entre partenaires
sociaux. Celui-ci peut ainsi aboutir à la signature de protocoles de reprise d’activité comme à
la Réunion où le document a été paraphé par l’essentiel des organisations syndicales (95%
des salariés). Ailleurs cela peut prendre plus de temps.
C’est le rôle des services du ministère d’accompagner ce mouvement de reprise à la fois par
l’info- conseil et le contrôle. Marcher sur deux jambes est toujours plus facile. Au demeurant,
la mission d’information de l’inspection est pleinement reconnue par la convention n°81 de
l’organisation internationale du travail sur l’inspection du travail dont l’article 3 stipule :
« Le système d'inspection du travail sera chargé:
 (a) d'assurer l'application des dispositions légales relatives aux conditions de travail et
à la protection des travailleurs dans l'exercice de leur profession, telles que les
dispositions relatives à la durée du travail, aux salaires, à la sécurité, à l'hygiène et au
bien-être, à l'emploi des enfants et des adolescents, et à d'autres matières connexes,
dans la mesure où les inspecteurs du travail sont chargés d'assurer l'application
desdites dispositions;
 (b) de fournir des informations et des conseils techniques aux employeurs et aux
travailleurs sur les moyens les plus efficaces d'observer les dispositions légales; (…) »

Les acteurs s’organisent pour intégrer les gestes barrières aux gestes métiers. Les
coordinateurs de sécurité et de protection de la santé qui ont l’habitude des problématiques
de sécurité et de santé sur les chantiers sont évidemment mobilisés ainsi que les services de
santé au travail et les organismes de prévention comme l’OPPBTP.
L’inspection du travail réalise des contrôles. Le contrôle des chantiers fait d’ailleurs partie des
secteurs prioritaires en termes de contrôles pendant l’épidémie (instruction du 22 avril à la
suite de la reprise de l’activité observée dans le secteur). L’inspection a relevé plusieurs
chantiers où les gestes barrières et les préconisations sanitaires restaient insuffisamment voire
très insuffisamment respectées. Dans ce cas, l’agent de contrôle adresse une lettre
d’observation à l’entreprise concernée pour lui rappeler les mesures à prendre, puis fait une
nouvelle visite pour vérifier que son injonction a bien été suivie d’effets. Si les mesures tardent
ou si les carences sont importantes et relèvent d’une négligence coupable, elle dresse un PV
pour saisir le parquet ou effectue une mise en demeure, sous peine d’astreinte.

— Combien de contrôles ont été effectués jusqu’à présent (à distance et sur le terrain)
par l’inspection du travail ?

Les agents de contrôle de l’inspection du travail sont en télétravail sauf évidemment quand ils
interviennent sur le terrain pour des motifs justifiant cette intervention, laquelle doit être
assurée dans des conditions de sécurité optimales pour les agents. Le ministère du travail est
également tenu par les principes de prévention à l’égard de ses agents, au nombre desquels
celui de réduire l’exposition au risque.
En raison du confinement et de la priorité donnée au télétravail, routes les interventions
effectuées n’ont pas pu être saisies dans notre système d’information. Un nouveau système
de remontées d’information provisoire vient d’être mis en place pour améliorer la fiabilité des
données mais ne commencera à produire ses effets que dans les jours à venir.
Par ailleurs, le système d’inspection du travail a dû et su adapter ses modalités d’action dans
le contexte de la crise sanitaire. C’est ainsi que, dans un temps record, nous avons publié une
fiche sur les obligations de l’employeur en matière de santé sécurité durant la période
épidémique et déjà diffusé 47 fiches métier pour expliquer, très concrètement, comment
décliner les gestes barrières et consignes sanitaires dans autant de métiers, à commencer par
ceux les plus exposés comme caissier, livreur, intervenant en Ehpad, boulanger etc. Ce travail
d’ampleur a été mené grâce à la mobilisation sans faille de services du ministère du Travail et
au concours des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, de l’Anses, du réseau Assurance
maladie risques professionnels, de l’INRS, de l’Anact, de la MSA et de médecins du travail.
Au total le ministère du travail va publier une soixantaine de fiches. Certaines fiches sont
traduites en plusieurs langues, ne serait-ce que par ce que tous les travailleurs exerçant dans
notre pays ne parlent pas forcément toujours bien le français (pensons aux saisonniers
agricoles par exemple mais aussi aux ouvriers du bâtiment) et qu’il n’est pas mauvais qui
connaissent les obligations de sécurité incombant à leur employeur. Ces fiches ont été saluées
par l’OIT et ont inspiré d’autres pays.
Nous travaillons aussi avec les branches professionnelles sur des guides de bonnes pratiques
et de la continuité de l’activité économique durant l’épidémie. Celui du BTP a été le premier.
Une demi-douzaine d’autres ont été validés et sont en train d’être publiés. 26 sont en cours de
relecture.
Il s’agit d’un travail considérable et indispensable pour répondre de façon efficace et sur la
durée aux enjeux sanitaires exceptionnels auxquels nous sommes confrontés.
Ces documents sont d’abord un support de l’action pour l’employeur – qui est tenu à une
obligation de sécurité de moyen – mais aussi pour les salariés et leurs représentants. Ils
mettent en capacité d’agir les acteurs de la prévention en fonction de leurs responsabilités.
L’inspection du travail, dans ses rôles d’information, conseil et contrôle s’appuie naturellement
sur ces outils.

La crise du Covid 19 a définitivement abattu la cloison entre la santé publique et la santé au


travail. Une illustration : le dernier maillon de la chaine de distribution alimentaire – la vente au
détail – reposera in fine sur le respect des conditions sanitaires pour les salariés et donc pour
les clients eux-mêmes eu égard aux risques de contamination.

— De combien de masques et de matériel de protection disposent les inspecteurs du


travail ?

Comme nombre de services de l’Etat, au début de la crise, nous ne disposions pas


d’équipement individuel de protection, sinon quelques stocks dont la date d’utilisation été
parfois dépassée. Au demeurant, il faut rappeler que la principale de mesure de prévention
dans la phase exponentielle de contamination qui a débuté en mars a été le confinement et la
distanciation.
Il convient également de se rappeler que la priorité a été donnée – fort justement - à la dotation
en masques chirurgicaux et FFP2 au bénéfice du personnel affecté aux soins et aux tâches
indispensables dans les hôpitaux comme le personnel de la blanchisserie ou à la gestion des
déchets. Il était logique d’accorder cette priorité à ces catégories de personnel : si vous aviez
été admis vous-même dans un service de réanimation, quelle aurait été votre réaction si le
personnel de soin avait exercé son droit de retrait au motif tiré que l’acte invasif qu’il devait
effectuer l’exposait à un risque de contamination sans protection adaptée ?

À ce jour, tous les départements métropolitains ont été livrés en masques et en gel hydro
alcoolique autour du 20 avril. L’acheminement est en cours dans les territoires ultra-marins.
Au total cela représente 60 000 masques, en plus des quelques cartons dont nous disposions
encore. Ils ont été répartis selon l’importance des départements.

De manière plus générale, la DGT a travaillé avec les autres administrations concernées
pour répondre aux besoins et pour trouver des solutions alternatives offrant un niveau adéquat
de protection, dans le cadre de la recommandation européenne du 13 mars 2020 relative aux
équipements de protection individuelle de type masques FFP1, FFP2 et FFP3, aux dispositifs
médicaux de type masques chirurgicaux mais aussi aux lunettes et visières de protection.
Par ailleurs, nous avons aussi publié le 28 avril une nouvelle note sur la production et la
commercialisation des masques alternatifs grands publics destinés aux personnes plus ou
moins fréquemment en contact avec le public. Ici aussi, c’est un travail qui se voit moins, fait
moins de bruit, mais tout autant utile pour répondre dans la durée aux difficultés que posent
cette épidémie.

— Le manque de matériel de protection constitue-t-il un obstacle au bon


accomplissement de la mission de l’inspection du travail ?

Il y a lieu de rappeler que :


1/ nous privilégions dans un premier temps le contrôle à distance en interrogeant les
employeurs et représentants du personnel sur la mise en œuvre des mesures de prévention
mises en place dans les entreprises.
2/ Les interventions sur site sont effectuées lorsqu’elles sont justifiées par la nécessité
de procéder à des constats indispensables pour apprécier la réalité des situations de travail et
engager les suites contraignantes nécessaires s’il le faut.
D’autre part, les « gestes barrières » doivent être scrupuleusement respectées lors des
interventions, tout comme les mesures de prévention (gel, masques, règles d’utilisation des
véhicules de service).
S’agissant plus largement de l’efficacité de l’action de l’inspection du travail, il faut souligner
les actions conduites dans les supermarchés, qui emploient plusieurs centaines de milliers de
personnes et concernent tout le monde, sont ici exemplaires. L’action résolue, coordonnée et
organisée de l’inspection permet la mise en place des mesures indispensables pour protéger
les salariés et les clients. En Indre-et-Loire, suite à la mise en demeure concernant un magasin
de discount de Tours, la direction régionale a pris les mesures appropriées. Nous avons mené
des contrôles systématiques dans 14 autres magasins et adressé 7 mises en demeure pour
qu’elles soient effectives plus vite. D’autres actions, de plus ou moins grande ampleur, sont
en cours, qu’il s’agisse du commerce, de l’agriculture ou de la logistique… La méthodologie
d’action posée au début de l’épidémie, parce qu’elle privilégie un fonctionnement en système
sans exposer plus que de raison les agents de contrôle, est la bonne.

— Dans certaines régions, des inspecteurs.rices du travail disposent de masques FFP2


périmés, n’est-ce pas un problème ?
Il y a lieu de préciser que :
1. Des expertises techniques ont permis de garantir l’efficacité de ces masques en
protection contre le SRAS-Cov2 et donc d’autoriser l’utilisation de masques
périmés dans certaines conditions strictes (vérification des conditions de stockage
et série de tests comme par exemple la solidité de l’élastique, le bon ajustement du
masque sur le visage…). https://travail-
emploi.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/covid-19-le-
ministere-du-travail-autorise-desormais-et-sous-certaines
2. Ces masques – sous réserve des vérifications – ont une efficacité au moins égale
à celle des masques chirurgicaux ;
3. La priorité reste à la dotation de masques FFP2 au personnel soignant ;
4. Sauf exception, lors des interventions, le risque d’exposition ne justifie pas le
port d’un FFP 2 et lors des interventions sur les chantiers amiante, les collègues
disposent de l’équipement adéquat.

— Les inspecteurs du travail seraient « dissuadés » d’effectuer des contrôles (certains


emploient même l’expression « muselés » ou « entravés »), en ayant l’obligation de
solliciter au préalable une autorisation de leur hiérarchie. Qu’en pensez-vous ?

Il ne s’agit pas d’une autorisation mais d’un échange préalable (cf. instruction PJ) avec les
collègues et responsables d’unités de contrôle pour 1/ s’assurer qu’il n’y a pas d’autre façon
d’apprécier la réalité des situations de travail et de procéder aux constats indispensables à
l’ouverture de procédures juridiques ; 2/ vérifier les conditions matérielles d’intervention et la
bonne protection des agents.
Aucun agent n’est empêché de faire un contrôle mais il est normal que les conditions
d’intervention soient provisoirement redéfinies pour tenir compte de cette situation totalement
inédite. Il faut rappeler que le ministère du travail est également responsable de la santé et de
la sécurité de ses agents.
La seule réserve qui a été apportée dans une note du DGT du 22 avril dernier concerne
l’organisation d’opérations de contrôle collectives ciblées sur un secteur ou un ensemble
d’entreprises qui, impliquant une mobilisation collective, suppose l’accord du chef de service
qui doit d’ailleurs la piloter et l’appuyer.
La DGT, en tant qu’autorité centrale du système d’inspection du travail est ici pleinement dans
le rôle défini par l’OIT et le code du travail de coordonner et d’organiser le travail de l’inspection
et de protéger ses agents.

Pourquoi doivent-ils solliciter cette autorisation ?


Ce n’est pas une autorisation. Cf. réponse précédente.

Pourquoi le kit de sécurité n’est-il remis qu’après l’accord de la hiérarchie, comme en


Île-de-France ?
Bien au contraire, les Direccte et donc la Direccte d’Ile-de-France s’assurent que les agents
de contrôle de l’inspection du travail ont bien le kit « sécurité » qui leur est réservé avant qu’ils
ne partent en contrôle. C’est la responsabilité de l’administration employeur.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que ces directives sont en contravention avec
la convention internationale de l’OIT ?
Il ne suffit pas d’alléguer, il faut aussi établir. La convention n°81 de OIT définit l’inspection du
travail comme un système global (article 1) placé sous la surveillance et le contrôle d'une
autorité centrale (article 4) chargée d’assurer, d’une part, la coopération entre les services de
l’inspection et d’autres services publics ou privés exerçant des activités analogues et, d’autre
part, la collaboration entre les fonctionnaires de l'inspection du travail et les employeurs et les
travailleurs ou leurs organisations (article 5).
À ce titre, la Direction générale du travail (DGT), qui a autorité sur les services déconcentrés
et est chargée de l'application de la convention n° 81 de l’OIT, exerce pour les agents de
l'inspection du travail la fonction d'autorité centrale. Elle est totalement légitime à déterminer
les modalités d’intervention de l’inspection du travail. La DGT ayant autorité sur les agents de
l'inspection du travail dans le champ des relations du travail, elle donc fondée à fixer les
modalités de coordination entre les différentes unités de contrôle du système d'inspection.
Le principe d’indépendance qui s’applique à tous les membres du système d’inspection du
travail et de liberté des suites réservées aux interventions s’appliquent donc sans
réserve. Cette liberté d’appréciation des suites ne doit pas être confondue avec une
indépendance totale dans l’organisation du travail et dans l’action. Au demeurant, ne serait-il
pas choquant que l’inspecteur du travail décide s’il y a lieu ou non de procéder à un contrôle
à la suite d’un accident grave ou mortel. L’inspection du travail est tenue comme tout service
public au respect du principe d’égalité. C’est dans ce cadre que des actions ciblées de contrôle
seront menées soit sur les chantiers, soit dans les commerces, soit dans les entreprises pour
s’assurer en particulier du respect des consignes sanitaires.

— Dans un reportage diffusé sur France 3 le mercredi 22 avril


https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-3/19-20/jt-de-19-20-du-mercredi-22-avril-
2020_3897627.html (reportage visible à 13’40 sur ce lien), lors du contrôle d’un chantier,
le directeur régional de la DIRRECTE Ile de France, Gaëtan Rudant, ne porte pas de
masque et le responsable de l’inspection du travail présent à ses côtés ce jour-là,
Alexandre Azari, ne porte pas le sien en permanence. De plus, les règles de
distanciation sociale ne semblent pas respectées. Comment l’expliquez-vous ?

La DGT ne se prononce pas sur des suppositions – « semble » - mais sur des faits. Enfin, et
surtout, ce qui prime, sur le port du masque en termes de protection, c’est le respect des règles
de distanciation et le mètre minimum entre chaque personne. Pouvez-vous nous indiquer plus
précisément à quel moment vous estimez que ce mètre de distanciation sans port du masque
n’est pas respecté dans le reportage ?

— Pourquoi les 60 000 masques d’hygiène 3 plis commandés par le ministère du Travail
à destination notamment de l’inspection du travail « ne protègent pas des
contaminations virales ou infectieuses » ? Est-ce que cela ne constitue pas un risque
pour les agent.es sur le terrain ?

Il ne faut pas oublier les risques encourus par le personnel soignant et tout le personnel sur
lequel repose le bon fonctionnement des hôpitaux. Et donc, pour les raisons exposées plus
haut, la priorité quant à la dotation des masques chirurgicaux et FFP2 au bénéfice de ces
personnels.

Par ailleurs, la DGT applique à l’égard des agents placés sous son autorité les principes de
prévention. D’où la consigne donnée de donner la priorité aux interventions à distance, priorité
qui reste en vigueur.

Enfin, quand les agents interviennent sur des lieux de travail susceptibles de présenter un
risque biologique (hôpitaux, lieux de travail confinés où plusieurs salariés contaminées…), ils
doivent respecter les règles de distanciation. Ils ne se trouvent de ce fait pas dans le même
niveau d’exposition que les professionnels de santé et le port de masque FFP2 n’est donc pas
nécessairement requis. Dans ces situations (contrôles de laboratoires notamment), les agents
de contrôle respectent les mesures de sécurité préconisées par les employeurs et bénéficient
le plus souvent des équipements mis à leur disposition par les établissements (certains
laboratoires nécessitent par exemple des équipements de protection très spécifiques de types
heaumes ou tenue complète).
Les inspecteurs peuvent donc très ponctuellement, lorsque cela est nécessaire, avoir à porter
des masques FFP2. Les autres masques sont utilisés dans les autres situations. Les masques
FFP2 sont contingentés pour être attribués prioritairement aux soignants des hôpitaux. On
comprend bien pourquoi.

— Comment expliquez-vous qu’un agent de contrôle de l’inspection du travail en Puy-


de-Dôme ait été déjugé par sa responsable hiérarchique après avoir rappelé à un maitre
d’ouvrage certains principes de prévention du code du travail ?

Nous ne disposons pas du détail de cette affaire. L’inspection du travail s’appuie sur un code
de déontologie, des procédures internes, un conseil national de l’inspection du travail, l’OIT
pour régler d’éventuelles divergences d’appréciations internes, sans avoir à régler ces
différents à la radio.

— Que répondez-vous aux critiques estimant que la reprise économique serait ainsi
privilégiée au détriment de la protection des salariés ?

Nous les invitons à consulter la déclaration de Guy Ryder, le directeur général de l’OIT, qui a
rappelé, le 17 avril, l’importance d’assurer la protection adéquate pour tous ceux qui continuent
de travailler pendant l’épidémie ET de pérenniser les entreprises pour préserver les emplois
et soutenir les revenus. Se retrouver sans emploi ni salaire, et c’est une vraie crainte pour
toutes celles et tous ceux qui travaillent quand on constate la montée du nombre de
demandeurs d’emplois, n’est pas mieux que de travailler la peur au ventre. Il est vain d’opposer
travail et emploi. L’un ne va pas sans l’autre et toute la difficulté, et c’est là le cœur du métier
de l’inspection du travail, est de tenir les deux bouts de la protection des travailleurs et de la
préservation de l’activité économique. C’est ce que s’efforcent de faire les agents de
l’inspection et plus largement du ministère du travail.