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L1/SNV (FSB/USTHB) Cours de Biotechnologie Février 2019

Chapitre 2. Biotechnologie et agriculture

I. Définitions et objectifs
II. Applications agronomiques et industrielles
III. Culture in vitro
III.1. Concept de la totipotence cellulaire
III.2. Définition de la culture in vitro
IV. Principaux champs d’applications
IV.1. Multiplication des plantes
IV.1.1. Micropropagation
IV.1.2. Culture de méristème
IV.2. Amélioration des plantes
IV.2.2. Fusion de protoplastes
IV.3. Biotransformations
IV.4. Transgenèse végétale et OGM
IV.5. Biotechnologie et production animale
IV.5.1. Sélection des espèces
IV.5.2. Multiplication
IV.5.3. Application en médecine vétérinaire
V. Avantages et inconvénients de la biotechnologie agricole
Bibliographie
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Biotechnologie et agriculture

I. Définitions et objectifs

L'introduction et l'utilisation des biotechnologies agricoles sont étroitement liées à l'évolution


de l'amélioration des espèces de plantes et d'animaux.

Qu'est ce que la biotechnologie agricole ?

La biotechnologie est une variété de techniques scientifiques différentes, utilisées pour


améliorer la performance du matériel végétal, des animaux et de la transformation des produits
alimentaires. Parmi ces techniques, certaines ont été développées et pratiquées par les
générations passées pendant des milliers d'années «biotechnologie ancienne ou traditionnelle ».
A titre d'exemple, citons la sélection végétale pour développer une variété de cultures vivrières.
D'autres techniques plus récentes sont maintenant bien implantées « biotechnologie
moderne ».

La biotechnologie agricole moderne utilise des techniques de modifications génétiques et


d'analyse moléculaire en vue de la production et du traitement des produits agricoles.

La biotechnologie moderne utilise trois principaux outils :


- La culture de tissu.
- La sélection assistée par marqueurs, SAM (ou MAS, Marker Assisted Selection).
- Le génie génétique.

*La SAM est basée sur l’utilisation de marqueurs moléculaires, de petits segments d’ADN situés près d’un gène
d’intérêt (résistance à une maladie, par exemple) dans l’ADN de l'espèce hôte. Les marqueurs sélectionnés et
utilisés au laboratoire permettent de détecter précisément la présence ou l’absence du (ou des) gène(s) d’intérêt
recherché(s) dans les plants en cours de sélection.

Les besoins en produits alimentaires et les exigences sociales accrues mettent l'agriculture
moderne devant des défis majeurs :

 Une plus grande qualité et diversité des produits par le développement des plantes.

 Amélioration de la sécurité alimentaire d'une population mondiale toujours plus


nombreuse (production alimentaire en quantité suffisante).

 Meilleure protection de l'environnement pour optimiser la production.

II. Applications agronomiques et industrielles

Dans le cadre de l'amélioration des matières premières alimentaires, de nombreux programmes


de sélection de plantes ont été axés sur l'augmentation des rendements ou sur une agriculture
plus compatible avec l'environnement par :

 Renforcement de la résistance des cultures aux nombreux organismes nuisibles ou


bioagresseurs appelés aussi « ennemis des cultures », susceptibles d'affecter les
productions agricoles en provoquant des pertes parfois substantielles de rendement.
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*Les bioagresseurs se répartissent en trois grandes familles : les agents pathogènes responsables de maladies, les
ravageurs, prédateurs ou parasites et les adventices (mauvaises herbes) qui concurrencent les plantes cultivées pour
l’exploitation des ressources du milieu : éléments nutritifs, dioxyde de carbone, lumière, eau et espace .

 Tolérance des plantes aux pesticides

Les pesticides (qui vient du latin cida, tuer et de l'anglais pest, nuisible) sont des composés
chimiques dotés de propriétés toxicologiques (herbicides, fongicides, insecticides, raticides...),
utilisés par les agriculteurs pour lutter contre les plantes (champignons, mauvaises herbes) ou
les animaux (insectes, rongeurs) jugés nuisibles aux cultures.

 Adaptation des cultures aux contraintes climatique (le gel, la chaleur, les chocs de
température, le manque d'eau, le rayonnement solaire, la salinité des sols...).

 Meilleure utilisation des biofertilisants.

Un biofertilisant est un produit composé des microorganismes vivants qui contribue à améliorer
la croissance et le développement des plantes. Il optimise les fonctions du sol et sa fertilité grâce
à l'action des microorganismes qu'il contient. Le biofertilisant constitue une alternative naturelle
pour contrer les engrais chimiques.

Plusieurs types de biofertilisants sont intéressants pour l'agriculture :

a- Les biofertilisants à base de bactéries fixatrices d'azote : ces bactéries peuvent exister soit
sous forme libre (non symbiotique) soit en symbiose avec des plantes tout en assurant la fixation
de l'azote atmosphérique (N2).

- Azotobacter définit un genre de bactéries libres du sol, aérobies et capables de fixer l’azote de manière
non symbiotique. Ces bactéries sont présentes en quantité importante au niveau de la rhizosphère, à proximité des
racines des plantes.

- Rhizobium est un genre de bactéries aérobies du sol qui fixent l'azote et vivent en symbiose
spécifiquement avec des plantes de la famille des légumineuses (ex haricot, pois, lentilles, soja, arachide...). Cette
symbiose se traduit par la formation sur les racines de la plante hôte des nodules (nodosités : petits renflements
qui abritent des bactéries du genre rhizobium).

b- Les biofertilisants à base des bactéries solubilisatrices de phosphore : les bactéries du genre
Pseudomonas, Bacillus..., permettent de solubiliser le phosphore présent dans le sol, c’est-à-
dire de le transformer sous une forme soluble, biodisponible et assimilable par la plante.

c- Les biofertilisants à base des champignons mycorhiziens : les champignons mycorhiziens


colonisent le système racinaire des végétaux et développent une association symbiotique
appelée “mycorhize” (du grec myco, « champignon » et rhiza, « racine »). Ils permettent aux
plantes d’absorber plus de nutriments et d’eau contenus dans le sol. Ils se comportent aussi
comme des bioprotecteurs en augmentent la tolérance des végétaux aux différents stress
environnementaux (sécheresse, salinité, attaque par des agents pathogènes...).

 Qualité technologique : exemple, aptitude à la panification.

 Amélioration de la valeur nutritive : énergétique (protéines, lipides, glucides...),


vitamines et minéraux.
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 Meilleur goût et aspect : meilleures propriétés de conservation afin de faciliter le


transport des produits agricoles frais, de donner au consommateur l'accès à des aliments
agréables et précieux au plan nutritif, et de prévenir la détérioration, le pourrissement et
la perte de nutriments.

 Fabrication des molécules à but thérapeutique destinés à l'industrie pharmaceutique.

 Capacité de piéger des polluants (ex les métaux lourds) du sol.

III. Culture in vitro

III.1. Concept de la totipotence cellulaire

Une cellule est dite totipotente quand elle a la capacité de se différencier en n'importe quelle
cellule spécialisée et de se structurer en formant un organisme pluricellulaire. En effet, elle
repose sur l'aptitude à la dédifférenciation : les cellules peuvent redevenir des cellules juvéniles,
non spécialisées et se différencier ensuite pour donner à nouveau un individu complet. Les
méristèmes constituent un réservoir de cellules totipotentes par contre les autres types
cellulaires leur totipotence est plus ou moins facile à exprimer, ce qui nécessite l’utilisation des
substances exogènes.

III.2. Définition de la culture in vitro

Le terme in vitro (par opposition a in vivo = dans le vivant) est toute exploitation ou
expérimentation biologique qui se fait en dehors de l’organisme (dans des tubes, éprouvettes,
etc.). La culture in vitro est une technique assez récente pour la reproduction asexuée des plantes
(reproduction végétative artificielle). Elle comprend un ensemble de méthodes faisant
intervenir d’une part les éléments d’asepsie et d’autre part la mise en place d’un environnement
parfaitement contrôlé (milieux définis pour chaque type de plante, conditions optimales de
température de lumière et d’humidité…..) et un espace réduit (ces plantes sont miniaturisées).
Ces méthodes s’appliquent autant à des fragments de plantes (explants) qu’à des cellules
isolées.

IV. Principaux champs d’applications

Les diverses biotechnologies agricoles peuvent intervenir à plusieurs niveaux dans les espèces
: elles ont un rôle important à jouer pour l'amélioration des performances agronomiques des
animaux ou horticoles des plantes cultivées, c'est des outils puissants aux perspectives
industrielles et économiques très importantes. Les principales méthodes se répartissent comme
suit :

IV.1. Multiplication des plantes

Les avancées spectaculaires des techniques de multiplication végétative surtout en matière de


diffusion rapide ouvrent de nouvelles perspectives en terme de valorisation et de conservation
des ressources génétiques, elles permettent de faire face aux besoins croissants de la
consommation et aux importations qui ne cessent d’augmenter. On estime à plus de 300 espèces
de plantes qui sont multipliées in vitro de façon industrielle. On a créé des banques de
conservation par culture in vitro, des variétés anciennes et menacées de disparition. C'est un
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moyen de sauvegarder la biodiversité des espèces sauvages et les espèces rares ou difficiles à
multiplier naturellement.

IV.1.1. Micropropagation (directe)

C’est l’une des premières applications des biotechnologies modernes, elle permet le
développement des bourgeons axillaires préexistants (présent naturellement) ou en provoquant
l’apparition de bourgeons adventifs (en des endroits inhabituels). Ceci offre une grande garantie
de conformité génétique et une bonne stabilité des caractères au cours des repiquages successifs.
Cette méthode apporte un progrès considérable par rapport aux méthodes traditionnelles avec
un taux de multiplication de 100 à 1000 fois plus élevé. La composition minérale et hormonale
du milieu ainsi que la succession de différents milieux de culture sont des facteurs importants
dans l'obtention de taux élevés de multiplication. En un an, on peut produire plus de 4 millions
de plants d'œillets à partir d'un seul apex, ou encore 50 000 plants de framboisiers alors que
traditionnellement on en obtient 50. Les plantes obtenues sont de qualité et en très bon état
sanitaire.

IV.1.2. Culture de méristèmes

La culture de méristème est une culture aseptique sur milieu artificiel du dôme apical sans
ébauche foliaire. Ce tissu est intéressant car indemne de toute virose. On pourra très rapidement
obtenir de nombreuses plantes toutes semblables du point de vue génétique et débarrassées des
maladies dont elles étaient affectées. La culture des méristèmes a permis donc l’éradication de
nombreuses maladies (viroses, mycose, bactérioses) et la régénération d’un grand nombre. Il
est même possible de reconstituer des clones indemnes de maladies à partir de pieds mères
malades. Il existe plus de 50 espèces végétales qui ont été ainsi assainies c’est le cas de la
pomme de terre, la canne à sucre, de dahlia, etc.….

IV.2. Amélioration des plantes

Dans les programmes classiques d'amélioration des plantes, pour créer une nouvelle
variété il faut compter de 8 à 15 ans selon l'espèce (c'est très long). Les techniques de culture in
vitro sont des outils qui peuvent aider l'obtenteur de plantes à différents niveaux de son
programme d'amélioration, notamment pour réduire les délais de mise sur le marché des
nouveaux cultivars, les plants certifiés, les nouvelles créations, mais aussi pour assainir les
variétés, les conserver et réduire les coûts de production.

Cette variation peut être due à une modification du génome nucléaire ou du génome des
organites cytoplasmiques. Par cette méthode, on a pu obtenir une variabilité pour des caractères
tels que la résistance aux herbicides, la résistance aux maladies, la tolérance au stress (ex à la
salinité) et isoler des plantes présentant des caractères intéressants d'un point de vue
agronomique. Par exemple, des plants de canne à sucre présentant un taux de sucre plus
important ont été isolés. De même, des génotypes résistants à certains virus, ont été obtenus
chez la tomate et la pomme de terre.

IV.2.1. Fusion de protoplastes

C'est une méthode de recombinaison de deux cellules, utilisée en génie génétique, dont la
première étape consiste à débarrasser les cellules de leur paroi et obtenir des protoplastes.
Maintenus sur un milieu approprié, ces protoplastes peuvent régénérer leur paroi et se diviser
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pour donner naissance à un cal puis à une plante entière. L'absence de paroi permet d'induire
des fusions entre protoplastes appartenant à des espèces différentes sexuellement incompatibles
grâce à des traitements favorisant les fusions. C’est une forme de modification génétique qui
permet, chez les plantes, de former un nouvel hybride, héritant des propriétés génétiques des
deux espèces d'origine. La possibilité d'induire la fusion de protoplastes d'espèces éloignées,
porte la création de nouvelles variétés. Citons l'exemple de la pomate, hybride de la pomme de
terre et de la tomate, et entre le blé, genre Triticum et le seigle, genre Secale, pour produire le
triticale. Le recours à la fusion somatique a permis de produire des plants de pomme de terre
résistant à la maladie de l'enroulement. Par cette technique, une espèce de plante cultivée, la
pomme de terre (Solanum tuberosum), dont la productivité est fortement affectée par cette
maladie virale qui a pour vecteurs des pucerons, est fusionnée avec une espèce de solanée
sauvage non tubéreuse, Solanum brevidens, qui est résistante à la maladie. L'hybride résultant
de cette manipulation possède les chromosomes des deux plantes et donc le caractère d'une
espèce polyploïde.

* Cal : Un amas de cellules indifférenciées et totipotentes obtenu par culture in vitro.

IV.4. Biotransformations

Les biotransformations sont des processus qui s’effectuent en utilisant des cellules vivantes ou
de leurs systèmes enzymatiques. Elles constituent une technique très moderne pour la
conversion de certains substrats en produits tels que des produits chimiques, des aliments, des
substances biologiquement actives et d’autres. Elles sont associées à la transformation de
l’amidon, les protéines, le lait cru, le jus de fruits, les additives nutritionnelles, le fromage, le
lait sans lactose, et aussi à la transformation liées à la création d’antibiotiques semi-
synthétiques, les peptides bioactifs, les vitamines, etc. (Voir chapitre 3, 4 & 5).

IV.5. Transgenèse végétale et OGM

La transformation génétique consiste à introduire un ou plusieurs gènes dotés de propriétés


particulières dans une plante afin que celle-ci exprime ces propriétés. Ainsi, un organisme
génétiquement modifié est un organisme dont le matériel génétique a été modifié d’une manière
qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle.
La production de plantes transgéniques est récente. Les premiers travaux significatifs remontent
à 1983. Historiquement, la transformation génétique des plantes a été rendue possible grâce aux
découvertes majeures de phytopathologistes travaillant sur des tumeurs provoquées par deux
bactéries du sol, Agrobacterium tumefaciens et Agrobacterium rhizogenes. Il est apparu que ces
bactéries ont la capacité naturelle de transférer une partie de leur information génétique à la
plante-hôte blessée. En exploitant cette propriété, les chercheurs, ont réussi, grâce à des
marqueurs sélectionnables, à transformer des plantes.

5.1. Etapes de la transgénèse végétale

a- Etape 1 : Identifier, isoler, intégrer et multiplier un gène d'intérêt

L'identification d'un caractère que l'on veut introduire dans la plante, comme par exemple des
caractères de qualité nutritionnelle, la résistance à certains insectes, etc. Il doit ensuite être isolé
de l'organisme donneur. Il est intégré dans une construction génétique associant souvent
un gène marqueur. Ce gène marqueur permet de sélectionner les cellules qui ont intégré le gène
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d'intérêt. La construction est ensuite multipliée (clonée) afin de disposer d'une quantité
suffisante d'ADN pour son introduction dans les cellules végétales que l'on veut transformer.

b- Etape 2 : Transférer le gène

Il y a plusieurs méthodes pour introduire un gène dans une cellule :

- La transformation biologique : Cette technique utilise une bactérie du sol, Agrobacterium,


qui a la propriété de réaliser naturellement la transformation génétique d'une plante, afin de la
parasiter. Ainsi, un gène introduit dans la bactérie sera transféré dans la plante et intégré à son
génome. C'est la technique la plus couramment utilisée.

- Le transfert direct : Cette technique fait intervenir :


• soit une projection d'ADN dans les cellules de la plante par l'utilisation d'un canon à particules
qui projette dans les cellules des microparticules enrobées d'ADN (biolistique)
• soit l'introduction d'ADN dans des protoplastes, par action d'un agent chimique ou d'un champ
électrique (électroporation).

c- Etape 3 : Régénérer et évaluer les plantes transformées

Après sélection des cellules transformées, il faut régénérer les nouvelles plantes transgéniques.
Les cellules transformées se développent d'abord en cals, après quelques semaines, on observe
le développement de pousses. Elles sont alors placées dans un nouveau milieu de culture
permettant le développement des racines. Quand les racines sont suffisamment développées,
les plantules sont repiquées en pot et acclimatées en serre.
La régénération in vitro des cellules transformées est une étape difficile à maîtriser. Aussi,
le génotype, le type de tissus et les conditions de culture sont choisis en fonction de leur aptitude
à la régénération.

Les plantes régénérées sont ensuite analysées pour confirmer l'insertion de la construction
génétique dans leur génome. Des analyses moléculaires sont conduites dans ce sens. Des études
sur l'expression du gène ont lieu à plusieurs stades, ce qui permet de caractériser le niveau
d'expression et le comportement de la plante exprimant le nouveau caractère.

d- Etape 4 : Incorporer dans une variété commerciale

Les plantes transformées obtenues sont soumises à des croisements contrôlés pour étudier les
modalités de transmission du nouveau caractère à la descendance.
La transformation et la régénération étant des opérations délicates, le génotype de la plante
choisie est celui facilitant ces étapes. C'est pourquoi les plantes retenues sont ensuite soumises
à une succession de rétrocroisements afin d'introduire le gène dans le matériel élite et d'obtenir
de nouvelles variétés commerciales exprimant ce caractère.

IV.6. Biotechnologie et production animale

La biotechnologie fait de plus en plus partie intégrante de l'arsenal des moyens utilisés pour
améliorer la production animale afin de répondre aux demandes du consommateur, tout en
respectant les contraintes économiques, écologiques et éthiques imposées par la société. Elle
contribue à la production animale en améliorant les systèmes de production ainsi que le
patrimoine génétique des animaux d’élevage.
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Trois applications biotechnologiques ont été mises au point pour augmenter le potentiel de
reproduction des animaux :

IV.6.1. Sélection des espèces

Elle applique une panoplie de biotechnologies identiques à celle de la sélection végétale citant :

- La SAM : (Sélection Assistée par Marqueurs) application commerciale des biotechnologies


pour affiner et accélérer les programmes classiques de sélection animale.

- La transgénèse : elle consiste à ajouter, à inactiver ou à remplacer spécifiquement des gènes


dans les génomes des animaux. En 1980 fût développé le premier animal transgénique, soit une
souris qui sécrétait une plus grande quantité d’hormone de croissance. En 1985, cette technique
est appliquée avec succès à d’autres espèces comme le lapin, le mouton, la vache, la chèvre ou
le porc. La technique la plus utilisée pour effectuer la transgénèse animale est la micro-injection
d'ADN dans le noyau des cellules œufs (zygotes).
Les animaux transgéniques sont utilisés pour étudier les mécanismes génétiques, minimiser des
maladies humaines, produire des composés intéressants dans le lait des animaux et améliorer
les caractéristiques des aliments. Enfin, il existe des animaux transgéniques destinés à la
production de molécules thérapeutiques ou industrielles.

Toutefois, la transgénèse animale est beaucoup plus coûteuse et complexe que la transgénèse
végétale, par conséquent, les avancées dans ce domaine sont plus lentes.

- L'insémination artificielle : est une technique de reproduction qui consiste à prélever la


semence mâle (sperme) puis l'insérer dans les voies génitales de la femelle. Elle est largement
utilisée dans l’espèce bovine laitière. Plus de 90 % du lait et plus de 60 % de la viande
consommés sont issus d'animaux nés d’insémination artificielle.
Sa vocation première est l’amélioration des performances zootechniques mais elle est devenue
également un des principaux outils d’éradication des maladies dans les élevages. Elle a en effet
joué un rôle majeur dans la lutte vis à vis des maladies sexuellement transmissibles et plus
généralement dans la lutte contre les maladies infectieuses contagieuses telles que la
tuberculose.

IV.6.2. Multiplication

Elle utilise principalement pour la reproduction animale :

- Le clonage : le transfert du noyau d’une cellule d’un embryon précoce ou une cellule
somatique (procédure la plus courante) dans le cytoplasme d’un embryon au stade une cellule
ou d’un ovocyte peut conduire au développement de cet embryon reconstitué et à la génération
d’un organisme entier. Cette technique qui consiste à cloner un animal (et donc à le multiplier
à l’infini sans passer par le cycle normal de la reproduction) a été réalisée depuis longtemps
chez les batraciens et elle a été effectuée avec succès chez les bovins, les porcins, les ovins et
le lapin. L’exemple le plu connu est celui de la brebis Dolly, le premier mammifère cloné de
l'histoire (1996), qui portait la même identité génétique que son parent clone.
Les clones seront principalement utilisés comme animaux d’élite pour la reproduction. Ce sont
leurs descendants qui seront élevés pour la viande ou le lait.
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- La fécondation in vitro : c'est la mise de contact de gamètes femelles, les ovocytes, et de


gamètes mâles, les spermatozoïdes, dans un milieu artificiel en laboratoire, en dehors du tractus
génital.
Depuis le premier veau issu de fécondation in vitro né en 1981, cette technique a été étendue à
d'autres espèces (ovins, caprins, bovins) et a connu d'immenses progrès. La fécondation in vitro
est un excellent outil pour la préservation de la biodiversité, la sauvegarde des races en voie
d’extinction et pour la reproduction des animaux de haute valeur génétique ayant une mauvaise
fertilité.
La production d'embryons in vitro (PIV) comporte trois étapes : la maturation in vitro (MIV),
la fécondation in vitro (FIV) et le développement in vitro (DIV) qui permettent d'obtenir, à
partir d'ovocytes irnmatures, des embryons au stade de morula ou blastocyste, transférables
dans le tractus génital de femelles receveuses (Fig.1). L'étape de fécondation in vitro est assez
bien maitrisée dans les trois espèces bovine, ovine et caprine. Des améliorations importantes
ont été apportées aux étapes de maturation in vitro et développement in vitro mais seulement
30 % des ovocytes traités atteignent le stade de blastocyste. Néanmoins, ces blastocystes
montrent une viabilité plus faible que celle d'embryons obtenus in vivo.

Figure 1 : Schéma de la production d'embryons in vitro pour l'amélioration de la production chez les
espèces bovines. Les ovocytes subissent une maturation in vitro de 24h avant d'être mis en contact avec
les spermatozoïdes. Ces derniers doivent également subir une étape de capacitation avant la fécondation
proprement dite. Après la fécondation (18-24h), les zygotes sont mis en développement pour une période
de 6 à 8 jours avant d'atteindre le stade de blastocyste auquel ils peuvent être congelés ou transférés à
une femelle receveuse synchrone.

IV.6.3. Application en médecine vétérinaire


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Les biotechnologies sont appliquées en médecine vétérinaire dans trois domaines :

Thérapeutique : les produits thérapeutiques issus de biotechnologies sont : les produits


biopharmaceutiques, les traitements expérimentaux et les petites molécules thérapeutiques.

Diagnostic : les biotechnologies consistent à identifier les maladies (génétiques ou non).

Pharmacogénétique : elle fait appel aux outils de diagnostic et de bioinformatique, permettant


d’étudier les interactions entre les gènes et les médicaments.

V. Avantages et inconvénients de la biotechnologie agricole

Les biotechnologies modernes présentent plusieurs avantages répondant aux exigences d'ordres
alimentaires, sanitaires et environnementaux.

Les principaux avantages de la biotechnologie sont les suivants :

 Lutte contre les maladies et les insectes (amélioration de l'état de santé des plantes).
 Création de nouvelles variétés de plantes adaptées aux conditions climatiques
(sécheresses, froid....).
 Augmentation de la productivité et du rapport qualité/coût. L'amélioration de la nutrition
peut être atteint par l'introduction de vitamines et de protéines sur les denrées
alimentaires et à réduire les allergènes et les toxines naturelles.
 Performance supérieure. Par l'augmentation du rendement des cultures OGM, en
donnant plus de nourriture pour moins de ressources, en diminuant les pertes de récoltes
ainsi que les facteurs environnementaux.
 Limitation de la pollution générée par les pesticides chimiques aussi appelés produits
phytosanitaires (« phyto » et « sanitaire » : « santé des plantes »). Chaque fois qu'un
OGM est modifié pour résister à un ravageur contribue à réduire l'utilisation des
pesticides.
 Création de vaccins recombinants, tels : hépatite B, virus de Norwalk, entérotoxine E.
coli, choléra…
 Production de protéines d’intérêt pharmaceutique : sérum albumine humaine, hormone
de croissance humaine, glucocérébrosidase humaine.…

Même si elles ont des avantages, les biotechnologies modernes présentent plusieurs
inconvénients, parmi lesquels, on peut citer :

 Impact sur la biodiversité se traduisant par l'élimination des espèces comme des insectes
vivant dans des biotypes hébergeant des OGMs.
 Risques relatifs à la santé humaine : effets sur la santé par apparition de réactions
allergiques aux animaux OGMs (allergie des produits alimentaires OGMs).
 Erosion de la biodiversité et de la diversité génétique des espèces (restriction éventuelle
de cultivars, variétés et écotypes).
 Pollution par les transgènes (pollution génique) véhiculés par le pollen des plantes.
 Risque que des bactéries et des virus modifiés s'échappent de laboratoires de haute
sécurité et d'infecter la population humaine ou animale.
Bibliographie
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