Vous êtes sur la page 1sur 84

ABB 1 | 10

revue
Actualités technologiques
du Groupe ABB

Électricité : vecteur du développement durable 6


Éolien marin : raccords parfaits 20
Appareillage moyenne tension : une belle distribution 57
Domotique : les couleurs de l’intuition 79

Les réseaux
électriques du futur
Les lumières de la ville qui font scin-
tiller la couverture de cette Revue ABB
illustrent bien notre dépendance à
l’énergie électrique. Vue du ciel, l’élec-
tricité est sans doute la première mani-
festation de l’activité humaine sur la
Terre. Elle est désormais quasi omni-
présente dans notre économie. Pour
bâtir les réseaux énergétiques de de-
main, la chaîne qui relie producteurs
et consommateurs doit relever quatre
grands défis : capacité, fiabilité, effica-
cité et pérennité. Ce sont aussi les fils
conducteurs de l’innovation ABB en
matière de réseaux intelligents.

2 revue ABB 1|10


Sommaire

Des réseaux 6 Maillage intelligent


Tisser un réseau d’énergie efficace pour un monde durable.
10 Que la lumière soit… intelligente
d’avenir Les futures autoroutes d’une électricité propre, sûre et
durable

Des renouvelables 16 Vent debout !


PCS 6000 STATCOM stabilise le réseau électrique et
favorise l’insertion des énergies renouvelables.
bien intégrées 20 Liaisons durables
Le transport en courant continu à haute tension (CCHT)
donne le cap du réseau intelligent.
24 Énergie en stock
Les FACTS de dernière génération contribuent à la stabilité
des réseaux électriques.

Une conduite 27 L’intelligence aux commandes


L’intégration de la supervision SCADA et de la gestion de la
distribution DMS renforce l’analyse et la conduite du réseau.
éclairée 33 Interconnexions
Le système nerveux du réseau intelligent
38 Conduite à 360°
Des outils décisionnels, basés sur la surveillance et la
maîtrise de la consommation d’énergie, dopent les capaci-
tés d’adaptation, de réaction et de communication de la
distribution électrique.
44 Toile électrique
ABB collabore avec de grands instituts de recherche pour
relever les défis du réseau électrique du XXIe siècle.

Des équipements 49 Réactivité sur toute la ligne


La compensation de puissance réactive, moyen efficace

fiables 57
pour contrer les chutes de tension.
Pôle position
Pôle PT1 : un concentré d’innovation pour la technologie de
coupure dans le vide
63 La cinquantaine en grande forme
Les transformateurs restent dans la force de l’âge avec la
maintenance proactive TrafoAsset ManagementTM d’ABB.

Une consommation 70 Agent double


Les variateurs amassent des trésors d’informations sur

avisée 76
l’état fonctionnel des machines et procédés industriels.
De l’intelligence au compteur
Une centrale de mesure communicante
79 Les couleurs de l’intuition
Deux produits domotiques et immotiques d’ABB sont
lauréats du prestigieux concours mondial de design
Red Dot Award.

Sommaire 3
Éditorial

Les défis de l’intelligence

Chers lecteurs,
Un nouveau principe éclaire notre rapport à la desserte. Même si ces derniers investiront les
l’action : « l’important, ce n’est pas de travailler moindres recoins, la masse de données fournies
plus, mais mieux » ! De fait, le temps et l’éner- par l’instrumentation existante est d’ores et
gie que nous déployons à analyser nos métho- déjà impressionnante. Conséquence, il ne s’agit
des de travail est souvent plus bénéfique que pas tant d’équiper davantage le réseau mais
notre ardeur à la tâche, sans changer de fusil d’assurer l’échange et le partage de ces don-
d’épaule. Ce qui vaut pour chacun s’appli- nées, et de piloter les nœuds qui en sont le
que aussi aux grands systèmes. Prenons les centre névralgique.
réseaux de transport et de distribution : faire Certains de ces sujets ont constitué la trame
progresser leur mode d’exploitation ne va pas d’une précédente édition de la Revue ABB,
sans se poser la question de gérer au mieux intitulée « Puissance utile ». Ce numéro reprend
cette évolution. Peut-on accepter de pousser le flambeau en abordant les grandes thémati-
les infrastructures existantes aux limites de leur ques liées aux réseaux intelligents. Côté trans-
capacité, au risque d’exposer le client final à port, HVDC Light® est la technologie reine pour
des pannes à répétition et des délestages sau- raccorder les parcs éoliens tout en améliorant la
vages ? Ne vaut-il pas mieux leur greffer plus stabilité du réseau par sa maîtrise de la puis-
d’« intelligence » ? sance réactive. Une technique de stockage
Les réseaux électriques sont de plus en plus d’avantgarde, permettant de pallier temporai-
sollicités, sous l’effet conjugué de l’augmentation rement l’intermittence des renouvelables, est
de la consommation totale d’énergie, de l’ouver- également présentée.
ture des marchés à la concurrence et de la part La conduite des opérations fait aussi l’objet de
croissante des renouvelables dans le bouquet plusieurs articles se penchant sur les progrès
énergétique. Or les énergies éolienne et solaire de la gestion de réseau, sous le double prisme
sont par nature intermittentes et difficilement du logiciel et de la technologie. Pour autant, que
prévisibles ; pis, elles sont souvent produites loin dire d’un système de contrôle-commande, aussi
des lieux de consommation, là où les infrastruc- bon soit-il, si, sur le terrain, les équipements sont
tures locales sont moins robustes. Pour y remé- contre-performants ? D’où notre intérêt pour la
dier, de nouveaux profils du consommateur et du maintenance des transformateurs et les avan-
réseau de distribution se dessinent : le premier cées des appareillages moyenne tension.
devient producteur actif ou « prosommateur », et En bout de chaîne, le compteur électronique
le second, fédérateur d’une myriade de petites renseigne instantanément le particulier sur ses
productions décentralisées. usages, préfigurant de nouveaux modèles de
La règle du « travailler plus » reviendrait à com- facturation qui permettront de diminuer les poin-
penser cette variabilité accrue de la production tes électriques. Enfin, une gestion intuitive de la
en augmentant les réserves tournantes. Cette consommation aide les propriétaires à économi-
stratégie n’a pas seulement un coût ; elle peut ser l’énergie.
aussi annuler en partie les gains écologiques Puisse cette Revue ABB mettre en lumière
de la production renouvelable. Le parti pris de notre capacité à faire de l’ensemble des parties
l’intelligence adopte une vision plus globale du prenantes de la filière, du gestionnaire de réseau
transport électrique. Alors que le système de de transport au client, les grands bâtisseurs des
conduite d’un réseau traditionnel considère la réseaux électriques du XXIe siècle !
demande d’électricité comme « établie », les
réseaux intelligents inciteront de plus en plus Bonne lecture,
les usagers à adapter leur courbe de charge à
la disponibilité des ressources.
L’aptitude d’un système de conduite à prendre
des décisions optimales dépend de la connais-
sance précise et instantanée de l’état du réseau. Peter Terwiesch
Point de départ de la collecte de données : les Directeur des technologies
capteurs placés en des endroits stratégiques de ABB Ltd.

4 revue ABB 1|10


Éditorial 5
Maillage intelligent
Tisser un réseau d’énergie efficace pour un monde durable
BRICE KOCH, BAZMI HUSAIN – L’électricité est la forme d’énergie la plus polyva-
lente au monde. Or l’infrastructure nécessaire pour la produire, la transporter,
la distribuer et l’utiliser est plus que centenaire. Dès les premières heures de
la filière, ABB a été à l’avant-garde de l’innovation technologique. Ce patri-
moine électrique et ses précieux services ont été l’un des leviers de la
croissance économique et industrielle mondiale, au cours des dernières
décennies. Aujourd’hui, rares sont les activités, tant industrielles que privées,
qui puissent se passer d’électricité ! Sa consommation augmente plus vite
que celle de n’importe quelle autre forme d’énergie, partout dans le monde,
surtout dans les pays affichant une industrialisation rapide, comme la Chine
et l’Inde. Dans le même temps, la numérisation croissante de l’économie
accentue les exigences de fiabilité de la desserte, les interruptions, même de
courte durée, pouvant être sources d’énormes manques à gagner.

6 revue ABB 1|10


Les 4 vertus progressistes du réseau intelligent

Capacité à répondre Fiabilité Efficacité tout Capacité d’accueil


à l’accroissement de la fourniture au long de la des énergies
de la demande chaîne de valeur renouvelables

– Économie – Disponibilité – Production – Raccordement


– Efficacité – Ajustement – Transport – Régularité
– Connectivité – Sécurité – Consommation – Stabilité

Fort impact sur les performances exigées du réseau

Éléments de différenciation des systèmes électriques du futur :


– ouverture à tous les types de technologie et capacités de production ;
– adaptation aux défis environnementaux.

lioration significative de l’efficacité énergéti-


que, à chaque maillon de la chaîne de va- Plus de 40 % de
leur, bouleversera l’ensemble du système
électrique, dans son organisation comme l’énergie électri-
dans son exploitation.
Tels sont les enjeux du futur « réseau intelli-
que mondiale est
gent ». encore produite à
Bilan de compétences partir du charbon,
Le réseau de distribution intelligent doit
ce qui en fait la

A
ujourd’hui encore, plus de répondre à quatre grandes exigences
40 % de l’énergie électrique sociétales : principale source
mondiale est produite à partir – capacité
du charbon, ce qui en fait la pre- – fiabilité d’émissions de
mière émettrice de CO2. Ce constat, relayé
par l’ascension fulgurante de la consom-
– efficacité
– pérennité
CO 2.
mation, réclame d’ambitieuses mutations.
Capacité de production partie de la face émergée de l’iceberg : c’est
Pour relever ces défis, de nouvelles solu- Rien ne bridant notre soif énergétique, on le grand nombre de microcoupures qui
tions devront être mises en œuvre, tout au peut s’attendre à ce que la consommation pèse le plus sur l’économie. Une récente
long de la chaîne de valeur électrique. Si la d’électricité augmente considérablement à étude menée aux États-Unis révèle que le
production est appelée à augmenter, il lui l’avenir. Si les prévisions de l’Agence Inter- manque de fiabilité des systèmes électri-
faut en même temps réduire ses émissions nationale de l’Énergie (AIE) se confirment, ques coûte 80 milliards de dollars par an au
de gaz à effet de serre. Bref, transport, dis- nous aurons besoin chaque semaine de pays [1].
tribution et consommation doivent gagner raccorder au réseau une nouvelle centrale Un approvisionnement électrique plus fiable
en efficacité. de 1 gigawatt, avec toute l’infrastructure ne concourt pas seulement au bon état de
Nos modes actuels de production, de associée. Et cette perspective vaut pour les santé de l’économie et à l’amélioration de la
transport et d’exploitation de l’énergie élec- 20 années à venir ! Le système électrique qualité de vie, mais aussi à la lutte contre le
trique sont contre-performants. Pour preu- de demain devra être en mesure de faire dérèglement climatique. En effet, un systè-
ve, près de 80 % de l’électricité se perd sur face à cet accroissement de capacité de me électrique capable de gérer en toute
le trajet qui relie producteur d’énergie pri- façon économique. sécurité les perturbations et de stabiliser le
maire et consommateur final. réseau fait moins appel aux centrales de
Bien que le taux de croissance de la pro- Fiabilité de fourniture production d’appoint et limite ainsi les émis-
duction d’énergies renouvelables (EnR) soit Plus la quantité d’électricité transportée est sions polluantes.
élevé, la part des EnR dans le mix énergéti- importante, plus le système se rapproche
que global reste modique. Ces énergies, en de ses limites de stabilité. En parallèle, toute Efficacité énergétique
particulier celles provenant de sources inter- interruption de fourniture (grande panne ou Les projections de l’AIE montrent qu’une
mittentes et variables (éolienne et solaire), incident mineur) est de moins en moins utilisation plus efficace de l’énergie a davan-
posent des défis supplémentaires dont l’un, acceptable. tage de chances d’aboutir à une réduction
et non des moindres, est la disponibilité ; La fiabilité du système électrique a toujours des émissions de CO2 dans les 20 prochai-
celle-ci met en lumière la nécessité du sto- été une priorité des ingénieurs ; elle s’est nes années que toute la panoplie d’enga-
ckage de l’énergie et de systèmes permet- d’ailleurs considérablement améliorée au gements et de mesures réunis [2].
tant de coordonner les sources de pro- cours des dernières décennies. Pour autant, Toutefois, d’après une étude conjointe du
duction disponibles avec les « puits de les interruptions demeurent un risque réel. Programme des Nations Unies pour l’Envi-
consommation ». Cette double exigence Les pannes en cascade qui plongent tout ronnement (PNUE) et de New Energy Fi-
d’intégration croissante des EnR et d’amé- un pays dans le noir ne sont qu’une infime nance [3], sur les 119 milliards de dollars

Maillage intelligent 7
Doper la production et le transport pour un meilleur usage de l’électricité

Production Transport et distri- Tertiaire et


Énergie primaire Transport électrique bution électriques Industrie résidentiel

d’économies
Énergie disponible

80 % de pertes

30 %
Réduction des
Amélioration des Amélioration de Amélioration pertes, amélioration
rendements l’acheminement de la combustion des performances Amélioration Automatisation
productifs des postes de la productivité du bâtiment

– Jusqu’à 80 % de pertes dans l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique.


– Certaines pertes sont inhérentes à la production.

L’efficacité énergétique, d’un bout à l’autre de la chaîne électrique, permet de réduire les pertes de 30 %.

investis dans les énergies propres en 2008, Le Parlement européen a voté, en juillet
Accroître la fiabilité seul 1,8 milliard a été déboursé pour amé- 2009, un règlement fixant de nouvelles
liorer l’efficacité énergétique. classes de rendement pour la plupart des
de l’approvisionne- La frilosité des investisseurs dans ce do- moteurs électriques industriels. Si cette
ment électrique maine est déconcertante. En effet, ce type
d’investissement s’amortit généralement en
mesure phare est presque passée inaper-
çue, elle devrait pourtant permettre d’éco-
contribue à la moins de deux ans, du fait des économies nomiser 135 TWh (milliards de kilowattheu-
d’énergie ; dans n’importe quel autre sec- res) par an d’ici à 2020 en Europe, soit le
bonne marche de teur, un retour sur investissement aussi ra- triple des économies attendues du retrait
l’économie et à pide mettrait le marché en ébullition. Le
manque d’information des ménages, des
programmé des ampoules à incandescence
ou encore l’équivalent de la consommation
une meilleure entreprises et des pouvoirs publics en ma- électrique totale de la Suède (132 TWh) en
tière d’équipements écoperformants est un 2007.
qualité de vie, et obstacle majeur. Facteur aggravant : la

enraye le change- multiplicité des solutions proposées.


Le manque d’incitations économiques
Intégration durable des EnR
La production d’électricité à partir de sour-
ment climatique. constitue un autre frein. Pourquoi un pro- ces d’énergie renouvelables (soleil, vent,
priétaire devrait-il investir dans la perfor- vagues ou géothermie) est sans conteste
mance énergétique si son locataire est le un puissant moyen d’éviter les émissions
seul à en bénéficier ? Pourquoi un respon- de CO2. Tout porte à croire que les progrès
sable des achats consacrerait-il une plus de la technologie et des rendements de
grande partie de son budget à l’acquisition conversion, ainsi que la chute des coûts de
d’équipements éco-énergétiques si toutes production, augmenteront la part de ces
les économies dégagées tombent dans EnR dans le bouquet énergétique.
l’escarcelle du service qui règle les notes L’hydraulique est par nature la source
d’électricité ? d’énergie électrique « zéro émission » et,
En outre, les solutions à haute perfor- d’après l’AIE, elle le restera durant les
mance énergétique sont rarement photo- 20 prochaines années.
géniques et se cachent souvent derrière Si produire de l’électricité « verte » est déjà
des noms abscons. Les variateurs de vi- tout un défi, encore faut-il la raccorder au
tesse, qui optimisent le rendement des réseau électrique. En effet, de grandes dis-
moteurs électriques, se logent dans des tances doivent être parcourues pour ache-
coffrets métalliques : comment savoir alors miner l’hydroélectricité jusqu’aux centres
que leur potentiel d’économie d’énergie de consommation. En Chine, par exemple,
est plusieurs fois supérieur à celui de l’am- d’énormes puissances transitent sur plus
poule électrique fluocompacte qui fait cou- de 2 000 km, avec de faibles pertes.
ler tant d’encre ? Les systèmes d’entraîne- Par son intermittence, l’éolien menace la
ment mis en place par ABB permettent, à stabilité du réseau et oblige à recourir à une
eux seuls, d’éviter de rejeter 170 millions énergie d’appoint. Il nécessite en outre des
de tonnes de CO2 chaque année dans le technologies adaptées pour raccorder les
monde, soit 20 % de toutes les émissions parcs marins très éloignés des côtes. Ce
de l’Allemagne ! double obstacle sera levé par l’amélioration

8 revue ABB 1|10


des techniques de stockage et le transport Brice Koch
en courant continu à haute tension L’électricité Vice-président et
(CCHT). membre du Comité exécutif du Groupe ABB
C’est toutefois l’usager qui décide en der- d’origine solaire, Responsable Solutions marchés et clientèle
nier ressort du volume et du mode de
consommation énergétique. Compte tenu
éolienne, houlo- ABB Asea Brown Boveri Ltd.
Zurich (Suisse)
des prix actuels de l’énergie et des faibles motrice ou géo- brice.koch@ch.abb.com
écarts entre les différents tarifs, les incita-
tions à économiser l’énergie ou à l’utiliser thermique est un Bazmi Husain
lorsque son coût est faible sont limitées. La
technologie pourrait offrir au client plus de
puissant moyen Responsable Smart Grid Initiative d’ABB
ABB Asea Brown Boveri Ltd.
transparence sur sa consommation réelle, à d’éviter les rejets Zurich (Suisse)
tout moment, et sur sa facture. L’ajuste- bazmi.husain@ch.abb.com
ment instantané production-consommation de CO2.
contribue encore à la réduction des marges
de réserve utile. des applications industrielles et commer-
ciales. L’automatisation et la gestion tech-
ABB possède un portefeuille complet de nique des bâtiments (GTB) constituent un
produits, systèmes et services permettant autre domaine propice aux économies
de développer et d’améliorer le système d’énergie, dans lequel ABB intervient. Les
électrique contrôle-commande à grande compteurs d’énergie ABB, les techniques
échelle, transport flexible en courant alter- d’interconnexion facilitant l’ajustement
Bibliographie
natif FACTS (Flexible AC Transmission offre-demande et les logiciels permettant
[1] Laboratoire national Lawrence Berkeley,
Systems), commande de postes, liaisons d’interagir avec les marchés de l’énergie Berkeley Lab Study Estimates $80 Billion
CCHT et câblées, gestion de la distribution sont exploités dans de nombreux sites à Annual Cost of Power Interruptions,
et appareillages basse tension. Les systè- travers le monde. 2 février 2005.
[2] Agence Internationale de l’Énergie, World
mes d’entraînement, les machines à haut Acteur majeur du développement des ré-
Energy Outlook 2008.
rendement et le déploiement des techni- seaux électriques intelligents, ABB œuvre [3] PNUE, New Energy Finance, Global Trends
ques de régulation des procédés contri- en faveur d’une énergie toujours plus effi- in Sustainable Energy Investment 2009,
buent à accroître l’efficacité énergétique cace, économique et durable. juillet 2009.

Maillage intelligent 9
Que la lumière soit ...
intelligente
ENRIQUE SANTACANA, BAZMI HUSAIN, FRIEDRICH PINNEKAMP, PER
Les futures autoroutes HALVARSSON, GARY RACKLIFFE, LE TANG, XIAOMING FENG – Les réseaux
d’une électricité propre, électriques sont des infrastructures stratégiques pour toutes les
sociétés modernes. Pourtant, nombre d’entre eux souffrent de vétusté
sûre et durable et de contraintes d’exploitation inimaginables à l’époque lointaine de
leur installation. Ils doivent à présent se muer en réseaux intelligents
pour relever les défis posés par le monde développé et les pays en
développement : accroissement de la demande, nécessité d’améliorer
les rendements de conversion ainsi que l’efficacité de la distribution et
de la consommation, fourniture d’une électricité de grande qualité et
intégration des ressources renouvelables, gage de développement
durable. Le terme « réseau intelligent » (RI) a souvent été utilisé par les
énergéticiens au cours des dernières années pour désigner
l’informatisation des systèmes existants ; or les réseaux peuvent devenir
intelligents en s’appuyant sur des technologies matures ou émergentes.
Il faudra du temps pour surmonter de nombreux obstacles d’ordre
technique, logistique, réglementaire et sécuritaire (confidentialité des
données et droit des consommateurs).

10 revue ABB 1|10


1 Comparaison de la croissance de la demande d’énergie primaire et électrique

Chine
Europe et Amérique
du Nord
94 % 177 %
5.4 % 26 %

Inde
Moyen-Orient et
Afrique

89 % 140 %
Amérique du Sud 116 % 261 %

48 % 78 %

Demande d’énergie primaire Source : valeurs calculées par ABB à partir du scénario de référence
Demande d’électricité AIE 2007–2030 (WEO-2009)

– Accessible : tous les usagers doivent niveau de consommation, la fiabilité et la


pouvoir s’y raccorder. Le RI doit qualité de la fourniture sont fortement cor-
notamment insérer les sources d’éner- rélés au niveau de développement écono-
gies renouvelables (EnR) et permettre mique d’un pays ou d’une région. Selon

L
ors de la réunion annuelle de l’As- une production locale à haut rendement, l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), la
sociation nationale des Gouver- peu ou pas émettrice de carbone ; consommation mondiale d’électricité aug-
neurs, aux États-Unis, en février – Fiable : le réseau doit être sûr et la mente deux fois plus vite que la demande
2009, le responsable d’un grand qualité de la desserte garantie. Il lui faut d’énergie primaire ➔ 1, l’Asie étant le pre-
groupe énergétique a commencé par évoluer au diapason de l’ère numérique mier moteur de cette croissance ➔ 2. Faire
avouer qu’il ne savait pas ce que recouvrait tout en se protégeant des risques et face à cette explosion de la demande obli-
exactement le terme de « réseau intelli- aléas qui en découlent ; gera à mettre chaque semaine en service
gent 1 » [1]… au grand soulagement des – Économique : l’innovation, la gestion une nouvelle centrale de 1 GW, avec toute
nombreux professionnels qui partageaient efficace de l’énergie, la libre concur- son infrastructure, pendant les 20 prochai-
secrètement son ignorance ! rence et la soumission aux mêmes nes années !
La définition du concept varie effectivement règles doivent garantir des coûts
d’un pays à l’autre. Pour être qualifié d’« in- optimisés, au bénéfice de tous les L’informatisation de la société va aussi de
telligent » aux États-Unis, par exemple, un utilisateurs. pair avec la fourniture fiable d’une électri-
réseau doit réunir les caractéristiques sui- cité de qualité. À l’inverse, un manque de
vantes [2–6] : La Chine, une des économies les plus gour- fiabilité peut engendrer d’énormes pertes
– Être capable d’autocicatrisation après mandes en énergie de la planète, n’est pas financières. Si l’on en croit un rapport du
une perturbation ; en reste : selon la Commission mixte sino- Laboratoire national Lawrence Berkeley de
– Faire participer le client à la gestion américaine sur l’énergie propre (JUCCCE) 2005, le coût des perturbations du sys-
active de la demande ; [8], « le réseau intelligent est un système de tème électrique aux États-Unis totalise à
– Résister aux attaques physiques et transport et de distribution d’électricité qui l’année 80 milliards de dollars, la majeure
cybernétiques ; intègre à la fois des éléments classiques et partie (52 milliards) étant due à des coupu-
– Fournir une électricité de qualité pour novateurs du génie électrique, des techni- res brèves. Le nombre d’incidents, de 2002
répondre aux besoins du XXIe siècle ; ques complexes de détection, de mesure à juillet 2008, est repris en ➔ 3. Par ailleurs,
– Accueillir tous les moyens de production et de suivi, et des technologies de l’infor- le risque d’attaques terroristes sur les actifs
et de stockage ; mation et de la communication en vue physiques ou ressources logiques des ré-
– Assimiler de nouveaux produits, d’améliorer les performances du réseau et seaux renforce le besoin de systèmes plus
services et marchés ; d’offrir un large éventail de nouveaux servi- robustes et autocicatrisants.
– Optimiser l’utilisation des actifs et leur ces à la clientèle. Un RI n’est pas défini par L’environnement est une autre priorité : le
efficacité opérationnelle. les technologies qu’il intègre, mais plutôt CO2 est responsable de 80 % de l’impact
par ce qu’il peut faire » [8]. total des gaz à effet de serre et la produc-
En Europe, un rapport de la Commission [7] tion d’électricité en est la principale source
définit les quatre qualités attendues du ré- Les besoins d’émission. La figure ➔ 4 compare la
seau intelligent : L’électricité est la forme d’énergie la plus
– Flexible : le RI doit répondre aux besoins polyvalente et la plus universelle au monde :
Note
des clients tout en s’adaptant aux plus de cinq milliards d’individus y ont ac- 1 On préfère parfois à ce terme celui de « réseau
évolutions et défis à venir ; cès et ce chiffre ne peut qu’augmenter. Le communicant » ou « réseau du futur ».

Que la lumière soit ... intelligente 11


2 Consommation d’électricité dans le monde et par région 3 Perturbations signalées aux États-Unis entre 2002 et 2008

30 000 50

Nombre de perturba-
tions aux États-Unis
40
25 000 Autres
Consommation globale
d’électricité en TWh

(9 917) 30

pays/région en 2030
20 000 20

Contribution par
Am. Nord
(5 679) 10
15 000
Europe 0
2008
10 000 (3 855) 2002 2003 2004 2005 2006 2007
(jan-juil)
Inde
Catégorie 5 0 1 0 0 0 0 0
5 000 (1 966)
Chine Catégorie 4 4 2 0 3 1 2 1
0 (7 513) 22 20 19 12 11 13 10
Catégorie 3
2000 2006 2015 2030 Catégorie 2 17 16 8 22 17 15 15
Année
Source : FERC 2008
Source : scénario de référence AIE 2007–2030 (WEO-2009)

courbe d’évolution des émissions annuel-


4 Augmentation de l’empreinte carbone, la production d’électricité étant la première source
les de CO2 (en gigatonnes) des centrales d’émissions de CO2
électriques à celle des autres sources ; for-
ce est de constater que plus de 40 % de
10 Centrales électriques
cette pollution est imputable aux centrales 9
Industrie
classiques ! La clé de la réduction de cette 8 (hors cimenteries)
Émissions annuelles de CO2

empreinte carbone, tout en satisfaisant aux 7 Transport routier


en gigatonnes

besoins croissants d’électricité, réside 6 Résidentiel


dans l’insertion des EnR, une gestion dyna- 5 et tertiaire

mique de la charge (« réponse à la deman- 4 Déforestation

de »), une plus grande efficacité énergéti- 3 Autres


2
que et la conservation des ressources. Raffineries, etc.
1
Pourtant, la pénétration croissante des EnR Transport international
0
est elle-même source de nouveaux défis : 1970 1980 1990 2000
Année
citons, par exemple, l’incertitude de la pro- Source : IPCC, Migration of Climate Change, Cambridge University Press, 2007.
duction et l’éloignement des parcs éoliens
et centrales solaires des lieux de consom-
mation, qui accentuent les contraintes sur le RI s’appuiera sur un ensemble de tech-
les infrastructures existantes. nologies d’instrumentation, d’information, Selon l’Agence
Ces nouvelles exigences ne peuvent être de communication et de contrôle-comman-
satisfaites qu’en transformant les réseaux de qui couvriront tous les maillons de la internationale de
existants qui, plus que cinquantenaires
pour la plupart, fléchissent aujourd’hui sous
chaîne, de la production d’énergie à sa dis-
tribution et sa consommation ➔ 5.
l’Énergie, la
le poids de l’âge et des contraintes. Le RI Les obstacles techniques les plus urgents consommation
apparaît de plus en plus aux yeux des in- à surmonter sont :
dustriels et des pouvoirs publics, comme – l’augmentation, à moindres coûts, de la mondiale d’électri-
LA réponse consensuelle à ces défis ; une capacité du réseau en minimisant
tendance attestée par le gouvernement autant que possible son impact
cité augmente
américain qui a décidé, fin 2009, d’injecter environnemental ; deux fois plus vite
plus de 4 milliards de dollars de son plan – l’accroissement du taux d’utilisation des
de relance [9] dans la recherche-dévelop- équipements et ouvrages, grâce à la que la demande
pement, les projets pilotes et le déploie- gestion et la régulation du transit de
ment technologique des RI, ainsi que l’éla- puissance ;
d’énergie primaire.
boration des normes afférentes. L’Union – la gestion et la régulation des flux de
européenne et la Chine ont également an- puissance pour réduire les pertes de
noncé des initiatives majeures en faveur de transport-distribution et les pointes
la recherche, des projets pilotes et du dé- électriques ;
ploiement des RI en 2009. – le raccordement des EnR locales et
distantes, et la gestion des productions
Les défis intermittentes ;
Pour relever les grands enjeux de l’électri- – l’intégration et l’optimisation du
cité du XXIe siècle – faire mieux avec moins stockage d’énergie pour soulager les
et améliorer l’efficacité, la fiabilité et la sécu- réseaux ;
rité de l’approvisionnement sur le long ter- – le raccordement de charges mobiles
me, dans le respect de l’environnement –, (par exemple, véhicules électriques

12 revue ABB 1|10


5 Le RI couvre tous les maillons de la chaîne électrique 6 Domaines technologiques du RI

Intelligence de conception

Communication

Capteurs/Actionneurs

Conversion/Transport/
Stockage/Consommation

7 Exemples d’applications commandées


depuis la couche décisionnelle

– Conduite et planification du microréseau


– Détection d’intrusions et contre-mesures
rechargeables) pour diminuer les La couche décisionnelle et es actionneurs – Suivi d’état de l’équipement et diagnostic
– Surveillance, protection et contrôle-
contraintes réseau et les utiliser sont déterminants : sans composants pilo-
commande à grande échelle
comme ressources ; tables pour modifier l’état du réseau, amé- – Système d’identification d’incidents
– la réduction des risques de pannes liorer ses performances et sa fiabilité, les et d’alerte en ligne
générales et, le cas échéant, la détec- données collectées et transmises auront – Surveillance et amortissement des
oscillations de puissance
tion et l’isolement de toutes les pertur- peu de valeur. Meilleure est la gestion de la
– Optimisation de la tension et
bations du système de même que la production des centrales, de l’écoulement de la puissance réactive
reprise rapide du service ; de puissance sur les lignes de transport et – Détection de la vulnérabilité à
– la gestion de la participation des de la consommation du client final, plus ef- l’écroulement de tension
– Équilibrage intelligent de la charge et
consommateurs à la demande pour ficace et fiable sera l’exploitation du ré-
reconfiguration des lignes d’alimentation
alléger la charge du réseau et optimiser seau. Faute de systèmes de transport – Commande d’un relais à enclenchement
l’utilisation des actifs. flexibles en courant alternatif « FACTS » automatique et adaptatif
(Flexible AC Transmission Systems) pour – Gestion de l’énergie au niveau du client final
– Compensation dynamique de puissance
Composants technologiques gérer le transit de puissance, par exemple,
avec stockage d’énergie et onduleurs à
Un RI est bâti sur quatre niveaux technolo- un gestionnaire de réseau de transport source de tension
giques qui coopèrent pour lui conférer ses indépendant serait incapable de réduire
fonctionnalités ➔ 6. À la base de l’édifice se les congestions sans recourir à des op-
situe la couche « physique », analogue aux tions de dispatching plus coûteuses. À dé-
muscles du corps humain : c’est là que faut de piloter des dispositifs tels que des tion automatique des équipements lors de
l’énergie est convertie, transportée, stockée changeurs de prises ou des batteries de leur couplage au réseau.
et consommée. Viennent ensuite la couche condensateurs commutés automatique-
« capteurs/actionneurs », qui correspond ment, la filière électrique ne pourrait même Les solutions
aux nerfs sensoriels et moteurs percevant pas envisager de solutions d’optimisation Les RI seront construits sur la base de
l’environnement et contrôlant les muscles, de la tension et de la puissance réactive technologies existantes et novatrices. ABB
puis la couche « communication », apparen- pour réduire les pertes en ligne. a été un précurseur de leur développement
tée aux nerfs qui transmettent les signaux Pour que la couche décisionnelle fonc- bien avant que le terme n’existe, comme le
sensoriels et moteurs. L’ensemble est tionne, les données rapatriées des disposi- démontrent les exemples ci-après.
orchestré au sommet par la couche « déci- tifs raccordés au réseau doivent être trans-
sionnelle », équivalente à notre cerveau. mises aux automates – le plus souvent Surveillance à grande échelle (WAMS)
Celle-ci est constituée de tous les pro- implantés dans le centre de conduite – où Le système WAMS (Wide Area Monitoring
grammes informatiques implantés dans un elles sont traitées avant d’être renvoyées System) d’ABB collecte, en des points
relais, un dispositif électronique intelligent aux dispositifs sous forme de directives de stratégiques, des informations temps réel
ou « IED » (Intelligent Electronic Device), un conduite. Cette fonction de transmission sur l’état du réseau, avec un horodatage
automatisme de poste, un centre de fiable et sûre des informations, là où le ré- précis par satellite GPS. Le WAMS amé-
conduite ou de support client ➔ 7. Ces pro- seau en a besoin, est entièrement dévolue liore l’analyse du réseau, intégrant des me-
grammes traitent les données remontées à la couche communication. sures de phaseurs pour détecter toute ins-
des capteurs ou des systèmes d’informa- La communication horizontale entre équi- tabilité. Le MIT (Massachusetts Institute of
tion et de communication pour générer des pements de terrain (actionneurs ou IED, Technology) l’a reconnu en 2003 comme
directives de conduite ou informations qui par exemple) est également fréquente car l’une des 10 technologies capables de
faciliteront la prise de décisions commer- certaines fonctions temps réel ne sont exé- changer le monde.
ciales de l’énergéticien. Ces directives, cutables que par ce biais. Interopérabilité
exécutées par des actionneurs, agissent et sécurité sont primordiales pour garantir Téléconduite
sur la couche physique pour modifier la les échanges entre systèmes répartis sur Les superviseurs SCADA (Supervisory
production des centrales et les flux de puis- des supports physiques distincts, suivant Control And Data Acquisition) contrôlent
sance sur le réseau. des topologies différentes, et la configura- des milliers de points de mesure collectés

Que la lumière soit ... intelligente 13


par des terminaux distants, sur les réseaux tions de conversion. Avec plus de 50 ans
8 Salle de commande de la centrale du
nationaux et régionaux. Ils modélisent le d’expérience, ABB est mondialement re-
Karnataka (Inde)
réseau et en simulent le fonctionnement, connu comme le leader du marché et de la
détectent les défauts, préviennent les pan- technologie CCHT.
nes et participent au négoce de l’énergie.
ABB a livré plus de 5 000 superviseurs Détection de défauts et rétablissement du
dans le monde – plus que n’importe quel système
autre fournisseur – dont le plus important Au cœur de l’offre RI d’ABB figure un sys-
se trouve au Karnataka, en Inde : il super- tème d’automatisation de postes électri-
vise 830 postes électriques qui alimentent ques qui assure l’acquisition et la télétrans-
16 millions de personnes ➔ 8. Le système mission des données, la supervision et la
peut améliorer de 50 % l’efficacité de l’ex- conduite du réseau, ainsi que la protection
ploitation et réduire de 70 % les temps de et l’analyse des défauts. Normalisés
coupure. CEI 61850, les automatismes de postes
9 SVC Light ® avec stockage d’énergie
d’ABB sont interopérables avec des pro-
Amélioration du transit de puissance (FACTS) duits conformes similaires. Parmi plus de
Les dispositifs FACTS compensent l’induc- 700 systèmes de ce type vendus à ce jour,
tance de la ligne pour maximiser le transfert l’un des plus grands automatismes de poste
de puissance (compensation série) et offrir au monde, installé par ABB, est à Moscou.
des capacités de gestion des flux. Dans
certains cas, ils peuvent même doubler la Conduite de la production d’électricité
capacité de transport du système électri- L’optimisation des systèmes auxiliaires des
que. Les FACTS atténuent également les centrales d’énergie, qui peuvent consom-
perturbations et stabilisent le réseau (com- mer jusqu’à 8 % de la production, est
pensation dynamique par inductances source d’importantes économies. D’autres
shunt). Le plus gros compensateur statique gisements résident dans l’amélioration du
de puissance réactive, fonctionnant dans système de combustion et le démarrage
la plage de +575 MVAr capacitifs à plus rapide des chaudières. Des écono-
–145 MVAr inductifs sous 500 kV, équipe le mies d’énergie thermique et électrique
système de l’énergéticien américain Alla- peuvent être réalisées avec les technolo-
gheny Power et a été fourni par ABB. gies ABB existantes. Le RI n’est pas la
Au total, le Groupe a installé plus de
700 FACTS, soit plus de la moitié du parc Vers l’efficacité industrielle panacée mais une
mondial. L’optimisation des systèmes d’entraîne-
ment électriques représente le plus gros
synergie de techno-
Transport en courant continu à haute tension potentiel d’économies d’énergie dans l’in- logies existantes et
(CCHT) dustrie. Leur pilotage en vitesse variable
Les systèmes CCHT convertissent le cou- suffirait à économiser près de 3 % d’éner- novatrices.
rant alternatif (CA) produit en courant conti- gie, soit l’équivalent de plus de 200 centra-
nu (CC) pour son transport, puis le retrans- les thermiques à flamme d’une puissance
forme en CA utilisable par les consom- unitaire de 500 MW. À l’échelle mondiale, le
mateurs. Ils autorisent le couplage de parc installé de variateurs de vitesse ABB
réseaux de fréquences différentes (50 ou évite le rejet de 170 millions de tonnes de
60 Hz) ainsi que l’îlotage et la maîtrise des CO2 par an, soit 20 % du total des émis-
instabilités sur un segment de réseau. Le sions allemandes. La régulation des procé-
CCHT est parfait pour acheminer l’électricité dés est une autre manière efficace et di-
sur des parcours difficiles (liaisons sous-ma- recte d’économiser près de 30 % d’énergie,
rines, par exemple) et de longues distances, grâce aux technologies ABB.
tout en minimisant les pertes ; une liaison en
courant continu à très haute tension Gestion énergétique du bâtiment
(CCTHT), comme celle de Xiangjiaba-Shan- Selon le Conseil mondial des entreprises
ghai à ±800 kV, en Chine, pourrait réduire pour le développement durable (WBCSD),
ces pertes de plus de 30 %. Le système livré l’automatisation du bâtiment permet de ré-
par ABB détient le record mondial de la duire jusqu’à 60 % la consommation
puissance transitée et de la distance : plus d’énergie, soit 10 % de la consommation
de 6 400 MW sur 2 071 km ! mondiale. La gestion technique du bâti-
ment (GTB) d’ABB autorise un réglage indi-
Les coûts d’infrastructure du CCHT sont viduel des appareils dans chaque pièce
aussi moins élevés (réduction de l’emprise pour améliorer la gestion énergétique. Le
au sol et du nombre de pylônes et de li- système i-bus/KNX d’ABB est installé dans
gnes), ce qui compense le surcoût des sta- des hôtels, aéroports, centres commer-

14 revue ABB 1|10


ciaux et habitations du monde entier ; à électriciens, que complique l’ajout de gran-
Singapour, par exemple, il a permis de ré- des quantités de renouvelables intermitten-
duire de 30 % la consommation de plu- tes (éolien ou solaire) au bouquet énergéti-
sieurs grands édifices. que. Le stockage à grande échelle aide à
compenser les déséquilibres du système et Enrique Santacana
Photovoltaïque et hydraulique réduit le recours aux coûteuses capacités Président-directeur général d’ABB Inc.
ABB fournit la commande de centrales de réserves tournantes. Les batteries avec Cary (Caroline du Nord, États-Unis)
hydroélectriques, éoliennes et solaires, convertisseurs CC-CA sont une solution. enrique.santacana@us.abb.com
ainsi que les liaisons longues distances Le plus grand système de stockage d’éner-
permettant de greffer au cas par cas ces gie sur batteries (BESS 2) au monde, im- Bazmi Husain
énergies propres au réseau. Un système planté à Fairbanks, en Alaska, est d’origine Friedrich Pinnekamp
ABB : il peut débiter 26 MW pendant 15 mi- ABB Smart Grids
nutes, ce qui laisse suffisamment de temps Zurich (Suisse)
ABB a été un à l’entreprise d’électricité pour raccorder bazmi.husain@ch.abb.com
un dispositif de secours en cas de panne. friedrich.pinnekamp@ch.abb.com
précurseur des
« réseaux intelli- Intégration du stockage et des FACTS
Les FACTS, nous l’avons dit, régulent le
Per Halvarsson
ABB Power Systems, Grid Systems/FACTS
gents » bien transit de puissance ou la tension sur un Västerås (Suède)
réseau pour maximiser la capacité en ajus- per.halvarsson@se.abb.com
avant que le tant la réactance de la ligne ou en injectant
terme n’existe. du réactif. En combinant un système de
stockage sur batteries et un FACTS (pour
Gary Rackliffe
ABB Power Products
donner la solution SVC Light® with Energy Raleigh (Caroline du Nord, États-Unis)
d’automatisation de ce type, avec son Storage 3), il est possible d’injecter ou de gary.rackliffe@us.abb.com
installation électrique, équipe déjà la plus prélever rapidement de la puissance active
puissante centrale solaire d’Europe en cas de besoin ➔ 9. En outre, cela per- Le Tang
(100 MW), en Espagne (Andasol). En Algé- met d’équilibrer le transit, de gérer les pics Xiaoming Feng
rie, ABB a livré la commande complète de et de maîtriser la qualité de la tension et de ABB Corporate Research
la première centrale solaire intégrée à cycle la puissance. Cette solution sera opéra- Raleigh (Caroline du Nord, États-Unis)
combiné (175 MW) tandis qu’il construisait tionnelle en 2010. Les futurs systèmes le.tang@us.abb.com
en un temps record une centrale solaire à fonctionneront dans la gamme du MW. xiaoming.feng@us.abb.com
concentration de 1 MW clé en main, avec
un rendement de 80 %. La puissance Le réseau du XXI e siècle
d’énergie renouvelable raccordée par ABB Le RI n’est pas la panacée mais résulte Bibliographie
au réseau atteint à ce jour 230 GW. d’une synergie de technologies existantes [1] Berst, Jesse, « Why the Smart Grid Industry
Can’t Talk the Talk », Smart Grid News, 5 mars
et novatrices. Judicieusement appliquées, 2009, www.smartgridnews.com, consulté en
Éolien marin celles-ci augmenteront l’efficacité de la novembre 2009.
ABB est le premier fournisseur mondial production, du transport et de la consom- [2] Chambre des représentants des États-Unis,
d’équipements électriques et de services mation, ainsi que la fiabilité et la rentabilité Energy Independence and Security Act of 2007,
US H.R. 6, 2007, http://georgewbush-white-
pour l’éolien. Le Groupe fournit des systè- de l’exploitation. Elles garantiront l’intégra- house.archives.gov/ news/releases/
mes électriques complets pour la produc- tion des EnR et l’optimum économique du 2007/12/20071219-6.html, consulté en
tion éolienne et des liaisons sous-marines réseau par l’accès aux marchés de l’élec- novembre 2009.
pour le raccordement aux réseaux terres- tricité et la participation des consomma- [3] Ministère américain de l’Énergie (DOE), The
Smart Grid: An Introduction, 2008, www.oe.
tres. Une liaison HVDC Light® avec ses câ- teurs. Leader technologique depuis un siè- energy.gov/SmartGridIntroduction.htm, consulté
bles secs et ses stations de conversion cle, ABB dispose d’un riche portefeuille de en novembre 2009.
compactes reliera au réseau allemand l’un produits et systèmes qui serviront à [4] Ministère américain de l’Énergie (DOE), Smart
des plus grands parcs au monde d’une ca- construire et à optimiser les réseaux du grid system report, 2008, www.oe.energy.gov.,
consulté en novembre 2009.
pacité atteignant 400 MW, à 125 km au XXIe siècle.
[5] Electricity Advisory Committee, Smart Grid:
large des côtes de Borkum, en mer du Enabler of the New Era Economy, 2008.
Nord. [6] Ministère américain de l’Énergie (DOE), Grid
2030: A National Vision for Electricity’s Second
100 Years, juillet 2003, www.oe.energy.gov,
Stockage d’énergie Notes
consulté en novembre 2009.
Un réseau interconnecté doit respecter en 2 Le BESS comprend une énorme batterie en
[7] Plate-forme SmartGrids, rapport de la
nickel-cadmium, des modules de conversion de
permanence la loi électrique de l’égalité puissance, des dispositifs de mesure, de
Commission européenne, www.smartgrids.eu,
instantanée entre la puissance délivrée et la consulté en novembre 2009.
protection et de contrôle-commande, et un
[8] Joint US-China Cooperation on Clean Energy
puissance appelée. Tout décalage entre équipement de maintenance. En service, il
(JUCCCE), Smart grid – Future Grid? – A Basic
production et consommation oblige la fré- assure pendant plusieurs minutes la continuité
Information Report on Smart Grid, 18 décembre
de la fourniture électrique entre la survenue
quence réseau à s’écarter de sa valeur d’une perturbation et le raccordement d’un
2007.
nominale de 50/60 Hz. Équilibrer les flux [9] American Recovery and Reinvestment Act of
dispositif de secours.
2009, Pub. L. No. 111-5, 13 Stat. 115, 2009.
est donc une préoccupation majeure des 3 Lire aussi « Énergie en stock », p. 24.

Que la lumière soit ... intelligente 15


Vent debout !
PCS 6000 STATCOM stabilise le réseau électrique et
favorise l’intégration des énergies renouvelables
TOBIAS THURNHERR, CHRISTOPH G. SCHAUB – Nul doute que puissance réactive dans le système électrique ; à défaut,
le paysage énergétique de demain sera un « bouquet une mauvaise gestion de cette variable risque de multiplier
composé » d’énergies renouvelables (EnR) comme l’hydrau- les pertes réseau, de surcharger les ouvrages et d’engen-
lique, l’éolien, le solaire et l’énergie marémotrice. Il faut drer des contraintes électriques (niveaux de tension inac-
donc adapter le réseau électrique pour lui permettre ceptables et instables), quand ce ne sont pas des pannes.
d’accueillir ces nouveaux producteurs et de les exploiter à ABB possède un catalogue fourni de compensateurs
l’optimum. Sur le versant de la distribution, il convient de statiques de puissance réactive et de solutions à la carte
moduler cette production diffuse pour que l’électricité pour relever ces défis. L’une d’elles, baptisée « PCS 6000
injectée sur le réseau offre la même fiabilité que celle STATCOM » pour Power Converter System 6000 STATic
fournie par les centrales classiques. Pour maintenir les synchronous COMpensator, s’attache à fiabiliser, à renforcer
performances du transport et de la distribution, il est et à optimiser un parc éolien au Royaume-Uni.
impératif de maîtriser l’équilibre offre-demande de

16 revue ABB 1|10


cher des gisements de vent réunissant les d’un circuit en courant alternatif, comme
qualités de régularité, d’accessibilité, de les inductances (génératrices et transfor-
viabilité économique et d’insertion paysa- mateurs), les condensateurs, voire le
gère. D’où le fort
potentiel des instal-
lations en mer : le La production éolienne est
vent y est en effet
plus régulier et l’ac- appelée à jouer un rôle de
cès, moins contrai-
gnant.
premier plan dans la fourni-
ture d’électricité ; le STATCOM
Le raccordement
des aérogénéra- d’ABB contribuera à la stabi-
teurs aux infra-
structures électri-
lité du réseau.
ques existantes est un défi en soi. câble de transport lui-même, contribuent
L’environnement déterminant l’emplace- à l’impédance (cf. encadré 2, Revue ABB,
ment idéal d’un parc éolien, il s’avère 3/2009, p. 35). Inductances et conden-
que ces implantations sont souvent éloi- sateurs produisent ou consomment du
gnées des lignes de transport offrant une réactif, créant ainsi des flux de courant ;
marge de capacité suffisante. Par ailleurs, pour en réduire les effets, il faut intégrer,
il n’est pas rare que le comportement en des points sensibles du réseau, des
des génératrices éoliennes se démarque dispositifs avec une impédance caracté-
de celui de leurs homologues thermiques ristique, qui maximiseront le transfert de
ou nucléaires, par exemple, sur trois puissance active.

N
otre niveau de vie et notre points : la capacité d’injection de puis- Dans les zones nécessitant beaucoup de
consommation énergétique sance réactive, le réglage de la fréquen- puissance réactive (présence de nom-
ne cessent de croître au fil des ce et le maintien de la production en ré- breux moteurs asynchrones, par exem-
ans. Selon une étude pros- gime perturbé ou « reprise au vol » ple), la tension locale est réduite et il faut
pective du cabinet-conseil danois MAKE (rétablissement de la fourniture après un insérer une batterie de condensateurs
Consulting, spécialiste de l’éolien, la de- défaut du réseau). Dans les régions où pour adapter l’impédance des moteurs
mande d’énergie mondiale progressera l’éolien contribue pour beaucoup à la et maintenir la tension nominale. Cette
de 79,6 % entre 2006 et 2030. Pour en- production électrique totale, ces lacunes tenue en tension est primordiale car la
diguer cette boulimie tout en s’affran- peuvent éroder la stabilité du réseau tout plupart des composants électriques ne
chissant des combustibles fossiles, gros entier. tolère que de faibles écarts de tension ;
émetteurs de gaz à effet de serre et res- une tension trop basse ou trop élevée
ponsables du réchauffement climatique, C’est pourquoi les exploitants et ges- provoque l’instabilité du réseau, le dys-
il faut recourir massivement à des sour- tionnaires de réseaux imposent aux fonctionnement des composants ou leur
ces d’énergie propres et renouvelables. parcs éoliens des normes techniques, détérioration.
appelées « réglementations des intercon-
En 2006, 18 % de l’énergie produite était nexions », véritables sésames pour obte- En outre, les flux de puissance réactive
de type renouvelable, principalement nir l’autorisation de couplage au réseau. augmentent la charge sur les lignes et
hydroélectrique. Difficile pour autant de dans les transformateurs, ce qui restreint
prédire la contribution globale des EnR Contrôler la puissance réactive, d’autant leur capacité de transport de
au mix énergétique de demain, tant cette réguler la tension puissance active. En abaissant le réactif
évolution obéit à des choix politiques. Contrairement à la fréquence, qui doit transitant dans les lignes, on augmente
Néanmoins, si les initiatives annoncées être identique en tous points du maillage le transfert de puissance et on réduit les
aujourd’hui par les pouvoirs publics sont électrique, la tension est un paramètre pertes : une solution plus rapide, plus
mises en œuvre, la part totale de la pro- local qui varie selon l’endroit et le transit efficace et plus économique que la
duction renouvelable devrait atteindre de puissance dans le réseau. Dans un construction de nouvelles lignes.
23 % à l’horizon 2030… quand les plus circuit présentant une charge purement ABB dispose d’une offre complète de
optimistes n’ambitionnent pas 62 % ! ohmique, les formes d’ondes de tension dispositifs de compensation de puis-
et de courant sont en phase et la puis- sance réactive et de solutions taillées sur
Au-delà des projections, la production sance active transportée est maximale. mesure pour relever ces défis.
éolienne sera aux premiers rangs de la Cependant, les propriétés inductives du
fourniture énergétique. Dans certains réseau modifient le flux d’énergie électri- L’une d’elles est le compensateur stati-
pays, les aérogénérateurs jouent déjà un que, entraînant un déphasage des ondes que synchrone PCS 6000 STATCOM. Ce
rôle majeur dans la production d’électri- de tension et de courant. Dans un circuit convertisseur électronique de puissance
cité et des régions ont encore de la place alimenté en courant continu, l’impédance satisfait aux impératifs de performances
pour accueillir de nouveaux parcs. Hélas, est égale à la résistance totale du circuit. dynamiques et est capable de débiter un
il devient de plus en plus difficile de déni- Par contre, les composants électriques courant totalement réactif, même durant

Vent debout ! 17
1 Représentation schématique du parc éolien 2 ABB STATCOM en conteneur

110 kV

33 kV

STATCOM

les creux de tension : c’est la solution


parfaite pour les parcs éoliens qui peu-
vent ainsi se plier aux réglementations
des interconnexions les plus exigeantes,
stabiliser les tensions directes et inver-
ses dans les sites industriels, et assurer
une compensation de puissance réactive
au démarrage des moteurs ainsi qu’un Contrairement aux éléments passifs de Tous les STATCOM sont refroidis à l’eau
réglage dynamique de la tension dans type condensateurs ou inductances, le par un échangeur thermique eau-air ex-
les réseaux de transport fragiles. STATCOM peut débiter tout son courant terne ou un circuit de refroidissement à
réactif, même à de faibles tensions ; il l’eau brute. Celui-ci évite le recours aux
ABB STATCOM n’est limité que par le besoin de puis- ventilateurs et diminue, voire élimine
Le Royaume-Uni fut l’un des premiers sance active pour couvrir ses pertes. La l’échange d’air avec le milieu environ-
pays à imposer, par l’entremise de ses capacité de fourniture de puissance nant, empêchant l’infiltration de pous-
gestionnaires de réseaux, une réglemen- réactive du système décroît proportion- sière, de sable et de sel dans l’appareil.
tation sur la régulation de puissance nellement à la tension, tandis que pour Les besoins de maintenance en sont
réactive des parcs éoliens. Plusieurs les composants passifs, elle est propor- d’autant réduits.
STATCOM d’ABB y sont déjà en exploi- tionnelle au carré de la tension.
tation pour renforcer les performances Le STATCOM d’ABB trouve place dans
statiques et dynamiques du réseau. Un PCS 6000 STATCOM est un convertis- un bâtiment ou, solution plus économi-
STATCOM de 24 MVAr, installé depuis seur à source de tension, connecté au que, dans un conteneur extérieur protégé
peu à Little Cheyne Court, près de Rye, réseau par l’intermédiaire d’un transfor- des intempéries ➔ 2 et abritant une unité
dans le Kent (sud-est de la Grande-Bre- mateur. Il embarque des modules élec- de refroidissement, un système de com-
tagne), garantit le respect de ce « code troniques « PEBB » (Power Electronics mande équipé d’une interface homme-
réseau ». Building Blocks) à base de semi-conduc- machine, une climatisation pour le local
teurs de grande de conduite et un système de chauffage
puissance IGCT. pour la partie convertisseur. L’ensemble
Le STATCOM d’ABB est piloté Mis au point dans est intégralement câblé et testé avant
les années 1990, livraison pour réduire les temps d’installa-
par un puissant automate ces thyristors inté- tion et de mise en service.
programmable AC 800PEC grés commutés
par la gâchette Commande STATCOM
assurant des fonctions de cumulent les avan- Le STATCOM d’ABB est piloté par un
tages des transis- puissant automate programmable à élec-
régulation et de protection tors bipolaires à tronique de puissance AC 800PEC, qui
rapides et précises. grille isolée IGBT
et des thyristors
se charge des fonctions de régulation et
de protection rapides et précises, de
blocables par la coordination des tâches plus lentes
Ce STATCOM d’ABB est raccordé au se- gâchette GTO : faibles pertes en com- (supervision, commande de refroidisse-
condaire du transformateur 110 kV/33 kV mutation et en conduction, rapidité de ment…), et de communication par une
du parc éolien ➔ 1 dont il stabilise la ten- commutation et robustesse. Une même interface client. Le tout forme une seule
sion locale en créant une chute de ten- plate-forme d’IGCT est utilisée pour les unité montée et configurée en Suisse
sion aux bornes du transformateur. Pour- variateurs de vitesse moyenne tension, avant expédition.
tant, selon les exigences du client ou du les convertisseurs de fréquence destinés
code réseau, le STATCOM aurait pu être à la traction ferroviaire et les convertis- Un simulateur à échelle réduite permet
couplé directement au réseau de trans- seurs 4Q des grosses turbines éoliennes. d’adapter et de tester complètement le
port par le primaire du transformateur L’IGCT est synonyme de forte densité de logiciel avant livraison : la mise en service
principal. puissance et de compacité, réduisant sur site se réserve les derniers réglages
l’encombrement de l’unité. fins.

18 revue ABB 1|10


Les STATCOM des parcs éoliens ou des et la réinjecte à la
3 Diagramme de commande ABB STATCOM
réseaux de transport fonctionnent habi- fréquence fonda-
tuellement en mode de commande V-Q. mentale, ce qui Puissance
Autrement dit, le producteur ou le trans- atténue les réso- réactive

porteur indique une tension de consigne nances des éolien- Capacitive Point de fonctionnement
maxi STATCOM
V0 et une pente N ➔ 3. Le STATCOM me- nes. Une oscillation
sure la tension réseau et injecte si néces- haute fréquence
saire du réactif qui varie linéairement avec entraînerait un dé- Tension
V0 réseau
la différence entre la tension mesurée et la faut harmonique
tension de consigne. Si la mesure est dans la commande Tension
inférieure à la consigne, le STATCOM joue de la turbine et la mesurée

le rôle de batterie de condensateurs : il déconnexion im-


N
injecte de la puissance réactive pour médiate des aéro-
soutenir la tension réseau. Inversement, générateurs. Grâce
si la mesure dépasse la consigne, le a u S TAT C O M Inductive maxi

STATCOM sert d’inductance et fait bais- d’ABB, le parc pro-


ser la tension réseau. La pente définit duit une énergie
la proportionnalité entre la sortie du propre sans atten-
4 Formes d’ondes de tension 33 kV dans le parc éolien
STATCOM et l’écart mesure-consigne. dre la livraison de
composants pas- 40
Questions d’harmoniques sifs pour régler ce

Tension réseau (kV)


20
Un convertisseur couplé au réseau doit problème. La ten-
obéir à certaines règles de limitation des sion réseau, mesu- 0
harmoniques, conformément aux nor- rée avec le STAT-
-20
mes IEEE 519-1992 et CEI 61000-2-12, COM déconnecté,
est reproduite en -40

➔ 4 : la tension har- 10 15 20 25 30 35 40 45 50

Le STATCOM se monique superpo-


Temps (ms)

sée à l’onde fon- 4a Sans STATCOM


fait condensateur damentale ➔ 4a
40
lorsque la mesure disparaît dès que
Tension réseau (kV)

le STATCOM est 20

de tension est raccordé ➔ 4b.


0

inférieure à la con- Plébiscite -20

signe, et induc- La solution PCS


6000 STATCOM
-40
10 15 20 25 30 35 40 45 50
tance quand elle d’ABB est robuste, Temps (ms)

fiable et perfor- 4b Avec STATCOM


est supérieure. mante. Greffée aux
installations éoliennes, elle remplit un
par exemple. Selon la taille de l’unité, la double objectif : la mise en conformité du
topologie multiniveau permet au PCS parc avec les règles de raccordement au
6000 STATCOM de remplir ces exigen- réseau et, pour le fournisseur d’électri-
ces sans filtre réseau. Au besoin, un filtre cité, la compensation rapide et dynami-
adapté peut être fourni en option pour que de la puissance réactive. Les STAT-
compenser la fourniture de réactif du COM d’ABB s’imposeront de plus en Tobias Thurnherr
STATCOM ou filtrer certains harmoniques plus pour satisfaire aux exigences de Christoph G. Schaub
du réseau. continuité et de sécurité de la production ABB Discrete Automation and Motion
et de la fourniture électriques par des Turgi (Suisse)
L’impédance d’entrée du STATCOM aérogénérateurs et d’autres sources tobias.thurnherr@ch.abb.com
d’ABB peut être réglée pour un certain d’énergie moins fiables. Cette demande christoph.g.schaub@ch.abb.com
rang d’harmoniques : un précieux atout n’en sera que plus forte avec le déploie-
pour amortir les systèmes résonants ! ment des réseaux électriques du futur
Une installation équivalente à celle de dans les pays en développement. Lectures complémentaires
– MAKE Consulting, The Wind Forecast –
Little Cheyne Court est commandée de
Macro Perspective, décembre 2008,
manière à ce que l’impédance d’entrée http://www.make-consulting.com/fileadmin/
du STATCOM soit résistive pour certains pdf/2008/081219_Appetiser_Marcro_Perspec-
multiples de la fréquence fondamentale. tive.pdf, consulté le 3 août 2009.
– Linhofer, G., Maibach, P., Umbricht, N., « Un
Ainsi, dans cette gamme de fréquences,
train d’avance », Revue ABB, 3/2008, p. 49–55.
le STATCOM absorbe l’énergie du réseau

Vent debout ! 19
Liaisons
durables
RAPHAEL GÖRNER, MIE-LOTTE BOHL – L’électricité étant majoritairement
Le transport en produite par de grosses centrales à flamme ou nucléaires, les gestion-
courant continu à naires de réseaux de transport (GRT) et de distribution (GRD) s’appuient
traditionnellement sur la nature modulable de cette production pour
haute tension (CCHT) compenser l’inélasticité et la fluctuation de la demande. La montée en
puissance des énergies renouvelables (EnR), telles que l’éolien et le
donne le cap du solaire, change la donne : elles ont en effet le défaut d’être plus délicates
réseau intelligent à piloter et à anticiper. Les réseaux doivent alors pouvoir réagir rapide-
ment, dans des conditions optimales de fiabilité et d’économie, à la
grande variabilité et imprévisibilité de la puissance délivrée. La techno-
logie CCHT, plus particulièrement sa version légère HVDC Light®, auto-
rise un réglage rapide et précis des tensions et flux de puissance. Fiable
et économique, elle peut renforcer la flexibilité des réseaux en courant
alternatif (CA) existants. HVDC Light® est aussi « sur le pont » pour
raccorder les grands parcs éoliens marins aux réseaux CA à terre.

20 revue ABB 1|10


1 Besoins de transport et offres technologiques en courant continu à haute tension

Besoins Technologies
Transport massif et efficace de CCTHT, CCHT
l’électricité sur de longues distances
Transport sous-marin CCHT, HVDC Light ®
Raccordement des énergies renouvelables Hydraulique distante : CCHT, CCTHT
Éolien marin : HVDC Light
Réseau CC : HVDC Light
Fiabilité du réseau HVDC Light
Difficulté à construire de nouvelles lignes Liaisons souterraines HVDC Light Conversion
lignes aériennes CA → CC : CCHT, HVDC Light
Interconnexion de réseaux Liaisons asynchrones CCHT, HVDC Light,
Négoce d’énergie dos à dos

variante HVDC Light, se différencient sur-


tout par leurs champs d’application ➔ 1. La liaison CCHT
La première a pour domaine d’élection le
transport massif d’électricité (milliers de Xiangjiaba-
mégawatts) sur les grandes distances
(milliers de kilomètres) reliant, par exem-
Shanghai à
ple, les centrales hydroélectriques aux 800 kV transporte
lieux de consommation. C’est le cas de
la liaison Xiangjiaba-Shanghai à 800 kV, 6 400 MW sur
qui achemine 6 400 MW sur plus de
plus de 2 000 km.

L
e CCHT a un rôle à jouer dans 2 000 km, avec un rendement global de
l’avènement des réseaux du 93 % pour une emprise au sol ne dépas-
futur. Les intérêts de la techno- sant pas 40 % de celle du transport
logie sont multiples. alternatif. À plus de 99,5 %, sa disponibi-
Flexibilité : le CCHT s’adapte rapidement lité est aussi très élevée.
aux évolutions de l’exploitation du réseau
et aux besoins des clients ; HVDC Light, pour sa part, est idéal pour
Accessibilité : il accueille toutes les sour- insérer des productions renouvelables
ces d’énergie, renouvelables et locales diffuses (éoliennes, par exemple), dans
comprises ; les réseaux CA existants. Sa grande sou-
Fiabilité : il garantit la qualité de la fourni- plesse d’exploitation et d’adaptation en
ture électrique et sa tenue aux aléas et fait une solution toute désignée pour le
dangers de la production renouvelable ; transport et les réseaux électriques intel-
Économie : il assure une gestion efficace ligents.
des opérations et de l’énergie, en se
pliant aisément aux nouvelles réglemen- Le projet BorWin1 est le premier raccor-
tations. dement CCHT au monde entre un parc
éolien marin et le réseau CA à terre.
Nombreux sont les apports techniques Basée sur HVDC Light et longue de
du CCHT : 200 km, la liaison relie le parc BARD Off-
– Maîtrise des transits de puissance ; shore 1, en mer du Nord, au réseau de
– Soutien de la puissance réactive ; distribution allemand en courant alterna-
– Régulation de la tension ; tif à haute tension (CAHT). 400 MW y
– Amortissement des oscillations de transitent depuis fin 2009, à une tension
puissance ; continue d’environ 150 kV.
– Compensation du flicker ;
– Qualité de l’onde de tension ; BARD Offshore 1 totalise 80 éoliennes
– Gestion des charges asymétriques ; dont la puissance unitaire de 5 MW ali-
– Prise en compte des charges intermit- mente une liaison câblée de 36 kV CA.
tentes. Cette tension est ensuite portée à 155 kV
CA avant d’atteindre la station de conver-
Autoroutes électriques sion HVDC Light, implantée sur une
Certaines des architectures de transport plate-forme maritime ➔ 2, pour passer
les plus exigeantes à ce jour sont bâties en 150 kV CC et alimenter deux câbles
sur l’offre CCHT d’ABB. Les deux techno- sous-marins de 125 km. Ceux-ci débou-
logies en lice, le CCHT classique et sa chent sur deux câbles CC terrestres de

Liaisons durables 21
75 km qui livrent 400 MW à la station de
2 Plate-forme BorWin alpha abritant la station de conversion HVDC Light® de BARD Offshore 1
conversion de Diele, en Allemagne.

Fondations technologiques
HVDC Light s’appuie sur des convertis-
seurs à source de tension et des transis-
tors bipolaires à grille isolée « IGBT »
(Insulated-Gate Bipolar Transistors) rac-
cordés en série pour obtenir le niveau de
tension souhaitée. Ces composants ont
trois vocations : transfert de l’électricité,
compensation de la puissance réactive,
atténuation des harmoniques et du flicker.

Outre le convertisseur, une station HVDC


Light se compose d’appareillages CA et
CC, de filtres et d’un système de refroi-
dissement. Par sa conception, le conver-
tisseur d’ABB garantit un fonctionnement
en régimes établi et dynamique avec des
niveaux de courant à la terre induit extrê-
mement faibles. C’est là un avantage
décisif pour l’offshore puisque l’installa-
tion n’a pas besoin de protection catho- très utile au démarrage d’un réseau en lution la plus significative concerne la
dique. mer. Au départ, le convertisseur agit tenue aux creux de tension et la reprise
comme un générateur en mode réglage au vol qui obligent l’aérogénérateur ou le
L’amplitude et la phase de l’onde de ten- de fréquence, créant une tension de sor- parc éolien à résister à de brusques
sion CA peuvent être librement et vite tie CA d’amplitude et de fréquence re- creux de tension pouvant descendre à
contrôlées, dans les limites assignées du quises. Puis la tension s’élève progressi- 15 % de la tension réseau nominale (voire
système ; puissances active et réactive vement pour éviter les surtensions à 0 %), durant 150 ms.
sont alors maîtrisées indépendamment transitoires et les
et rapidement, avec de faibles taux appels de courant.
d’harmoniques, même dans des réseaux Enfin, les aérogé- HVDC Light est la solution
fragiles. nérateurs se rac-
cordent automati- idéale pour intégrer des
Normalement, chaque station gère de
manière autonome sa contribution à la
quement au réseau
offshore dès qu’ils
productions d’EnR diffuses
puissance réactive. La puissance active détectent pendant (éolien, par exemple) dans les
peut passer quasi instantanément et en un certain temps
continu d’un régime de « pleine exporta- une tension CA réseaux CA existants.
tion » à celui de « pleine importation ». Le correcte. Cette fonc-
flux de puissance active dans le système tion est impossible
HVDC Light est équilibré par une station dans le CCHT classique à thyristors car De plus, l’éolien a souvent des exigences
contrôlant la tension CC, l’autre extré- elle requiert une forte tension de ligne de réponse en fréquence : la puissance
mité réglant la puissance transportée. pour permettre aux thyristors de com- débitée par le parc doit augmenter en
Pas besoin de ligne télécoms pour équi- muter. réaction à la baisse de la fréquence ré-
librer le transit. seau et inversement. Dans un parc couplé
Une liaison HVDC Light peut aussi réta- à une liaison HVDC Light, cette réponse
D’un point de vue système, un convertis- blir le réseau après une panne générale. en fréquence peut être dévolue à une
seur HVDC Light se comporte comme un Dans ce cas, le convertisseur se décon- ligne télécoms qui transmet également la
moteur ou un générateur à inertie nulle, necte automatiquement du réseau et fréquence réseau instantanée ainsi que
agissant à la fois sur la puissance active continue à fonctionner en îlotage, grâce d’autres variables. Sachant qu’amplitude,
et la puissance réactive, sans pour autant au transformateur convertisseur dont fréquence et phase de la tension sur le
contribuer à la puissance de court-circuit l’enroulement auxiliaire spécial alimente bus du parc éolien sont totalement
du réseau puisque le courant alternatif la station de conversion. contrôlables par les convertisseurs, la fré-
est contrôlé par le convertisseur. quence réseau peut être sans grand délai
Des « codes de réseau » stricts « reproduite » dans le réseau éolien.
Insertion de l’éolien marin La forte augmentation de la puissance
L’aptitude d’une station de conversion éolienne installée dans le monde s’ac- Une baisse de la tension réseau réduit
HVDC Light à appliquer une tension CA compagne d’un resserrement des exi- d’autant le transfert de puissance, en
(de phase ou d’amplitude arbitraire) est gences opérationnelles du réseau. L’évo- raison de la limite de courant du conver-

22 revue ABB 1|10


tisseur à terre. Dans un système HVDC liaison HVDC Light dotée d’un hacheur Autre réalisation HVDC Light : la nouvelle
Light classique reliant deux réseaux de découple le réseau éolien du défaut et interconnexion est-ouest qui transporte-
distribution, ce problème est résolu en des transitoires électriques sur le réseau ra 500 MW à 200 kV entre l’Irlande et le
abaissant immédiatement la puissance principal, réduisant ainsi la fatigue méca- Pays de Galles. Sur les 250 km séparant
d’entrée du convertisseur redresseur, nique des composants des aérogénéra- les stations de conversion, 186 km sont
par réglage du courant en boucle fer- teurs. parcourus par un câble sous-marin en
mée. mer d’Irlande et les 64 km restants, par
Cette innovation HVDC Light d’ABB de courts câbles terrestres. La liaison
Par contre, une diminution de la puis- équipe aujourd’hui l’un des plus grands sera opérationnelle en 2012.
sance d’entrée du convertisseur en mer parcs éoliens au monde, pour le compte
peut faire grimper la tension de bus du du GRT allemand Transpower (ancienne- Ces socles technologiques qui tracent le
parc, entraînant le déclenchement du ment E.ON Netz). C’est aussi le premier sillon des super réseaux du futur évo-
convertisseur et/ou des aérogénérateurs. exemple de raccordement CCHT de l’éo- luent à l’image des réseaux CAHT. Il y a
Une parade consiste à utiliser la tension lien offshore au réseau CA. un siècle, des interconnexions permet-
réseau du parc pour abaisser instanta- taient à des unités de production et li-
nément la sortie du générateur. La technologie HVDC Light se caracté- gnes de transport locales de bâtir des
r ise par une très faible pollution électro- réseaux à l’échelle locale qui, à leur tour,
En raison de la faible capacité CC de la magnétique, des câbles secs, des sta- débouchaient sur des réseaux de portée
liaison, une interruption du transit peut tions de conversion compactes et des régionale. Adaptatifs et intelligents… les
faire bondir la tension CC à un niveau pertes réduites de 25 % par rapport à réseaux du futur afficheront aussi plus de
inacceptable (jusqu’à, par exemple, la li- celles du transport classique. Cette fiabilité et de performance, ainsi qu’une
mite de déclenchement à 30 % du niveau liaison s’inscrit dans l’objectif allemand meilleure maîtrise de la production, de
de surtension) en à peine 5 à 10 ms. Les de porter de 15 à 25–30 % la part de la l’intégration des sources décentralisées,
générateurs doivent pouvoir détecter ce production d’électricité couverte par les de la consommation, des tensions ré-
défaut et réduire dans l’intervalle la puis- EnR, à l’horizon 2030. seau et des flux de puissance. Le CCHT
sance délivrée au réseau. Autre solution : sera au cœur de ces réalisations.
utiliser un hacheur CC qui, en dissipant Graines de champion
L’un des leitmotiv du réseau intelligent
est l’intégration des EnR, éolien marin en
Une station de tête, dans le transport CAHT. Au-delà de
ses vertus écologiques propres, la solu-
conversion HVDC tion est aussi l’occasion de remplacer les

Light capable combustibles fossiles par les EnR. Autre


avantage s’ajoutant aux performances
d’appliquer une du transport HVDC Light : ses équipe-
ments sont fabriqués en matériaux non
tension alterna- dangereux.

tive, de phase et Les réseaux électriques du futur, portés


d’amplitude par un cadre réglementaire efficace, offri-
ront plus de choix aux consommateurs,
arbitraires, est renforceront la concurrence entre four-
nisseurs et encourageront l’innovation
capitale pour technologique. À mesure qu’on leur in-
démarrer un suffle de l’« intelligence », la disponibilité
et la qualité de la desserte peuvent être
réseau offshore. bien mieux contrôlées, en renfort des
réseaux CA existants.

l’excédent de puissance ne pouvant être Le récent projet HVDC Light BorWin1 est
transmis par l’onduleur, minimise le ris- un excellent exemple de jalon technolo-
que de variation brusque de puissance gique participant à la construction du ré-
et de défaillance des aérogénérateurs. seau de demain ; ces raccordements Raphael Görner
CCHT de l’éolien marin de même que les ABB Power Systems, Grid Systems
Diminuer la puissance de sortie du géné- échanges d’énergie transfrontaliers faci- Mannheim (Allemagne)
rateur est certes une méthode efficace literont aussi le déploiement des « super raphael.goerner@de.abb.com
mais qui dépend de la réponse des turbi- réseaux ». Ces liaisons CC superposées
nes aux fluctuations de tension. Un ha- au transport CA, au large des côtes ou Mie-Lotte Bohl
cheur CC s’avère plus robuste car son sur le continent, seront capables d’injec- ABB Power Systems, HVDC and FACTS
fonctionnement est le même pour tous ter de fortes puissances dans les réseaux Ludvika (Suède)
les types d’éoliennes. De surcroît, une existants. mie-lotte.bohl@se.abb.com

Liaisons durables 23
Énergie en stock
Les FACTS de dernière génération contribuent
à la stabilité des réseaux électriques

ROLF GRÜNBAUM, PER HALVARSSON – L’intermittence et la variabilité des


sources d’énergie sont un des nombreux défis que les réseaux intelli-
gents doivent relever, a fortiori au vu de la pénétration croissante de
l’éolien et du solaire. Pour stabiliser les réseaux, ABB propose différen-
tes solutions, notamment des systèmes de transport flexibles en
courant alternatif « FACTS » (Flexible AC Transmission Systems). Sa
dernière innovation associe un dispositif SVC Light® et le stockage
d’énergie sur accumulateurs. Cette alliance technologique a un triple
but : équilibrer les flux de puissance afin d’absorber de grandes quan-
tités d’énergies renouvelables, stabiliser les réseaux et atténuer les
perturbations dans un contexte d’intégration des énergies « vertes ».

24 revue ABB 1|10


1 Vue d’artiste d’une installation SVC Light® with Energy Storage. Un système type de ±30 MVAr
capable de débiter 20 MW pendant 15 min occupe une surface approximative de 50 x 60 m.

L
’injection accrue d’énergies puissances et des services système, com-
2 Circuit SVC Light with Energy Storage
renouvelables (EnR) dans les ré- me le réglage de la fréquence, auxquelles
seaux électriques est un facteur s’ajoute une application prometteuse : les
SVC Light #1 #2 #3 #n
d’instabilité et complique le res- infrastructures de recharge des véhicules ~
pect des règles de raccordement aux ré- hybrides. Il convient de souligner ses re-
seaux. Pour renforcer leur stabilité et atté- marquables capacités de stockage et de
PCC
nuer les perturbations, ABB a développé puissance qui avoisinent aujourd’hui les
un système de stockage dynamique 20 MW et sont renforcées par la nouvelle
d’énergie électrique qui associe des bat- génération de systèmes FACTS qui devrait
teries lithium-ion (Li-ion) à des compensa- permettre de débiter 50 MW pendant
Stockage sur batteries
teurs statiques de puissance réactive 60 min et plus. Sachant que le prix des
STATCOM 1. Baptisé SVC Light® with accumulateurs continue de baisser, des
Energy Storage ➔ 1, il se raccorde aux ré- applications exigeant plus de capacités
seaux de transport, de répartition et de de stockage deviendront envisageables. À
distribution, et utilise des semi-conduc- titre d’exemple, citons le stockage sur La solution ABB
teurs de puissance « IGBT » (Insulated- plusieurs heures de l’électricité d’origine
Gate Bipolar Transistors). renouvelable pendant les périodes creu- autorise le
ses, qui pourra être injectée sur le réseau
Cette innovation ABB répond aux besoins aux heures de forte demande.
contrôle indépen-
de stockage d’énergie des industriels et dant et dynami-
des transporteurs et distributeurs d’éner- Comment ça marche ?
gie, principalement ceux qui doivent maî- Le système de stockage d’énergie est que des puissan-
triser en permanence la puissance réac- raccordé au réseau par l’intermédiaire
tive et temporairement la puissance d’une inductance de phase et d’un trans-
ces active et
active. Cette double exigence est satis- formateur de puissance ➔ 2. La solution réactive.
faite de manière indépendante avec des SVC Light® with Energy Storage peut
performances dynamiques accrues. En contrôler à la fois la puissance réactive Q,
effet, le contrôle de la puissance réactive comme un compensateur SVC Light ordi-
permet, par ricochet, de réguler la tension naire, et la puissance active P. La tension
et de stabiliser le réseau, alors que le sou- réseau et le courant du convertisseur à
tien de la puissance active ouvre la voie à source de tension (CST) fixent la puis-
de nouveaux services basés sur le sto- sance apparente de ce dernier alors que
ckage dynamique d’énergie. les besoins de stockage d’énergie déter- Note
1 Compensateur statique synchrone qui offre les
minent la taille de la batterie. Par consé-
mêmes fonctionnalités qu’un compensateur
Le stockage d’énergie peut servir à diffé- quent, la puissance active crête de la bat- statique de puissance réactive mais s’appuie
rentes fins, notamment le soutien des terie peut être inférieure à la puissance sur des convertisseurs à source de tension.

Énergie en stock 25
3 Électronique de puissance du convertisseur 4 Bâtiment des batteries

apparente du convertisseur CST (10 MW, diodes ➔ 3 raccordés en série pour gérer – faible autodécharge ;
par exemple, pour un SVC Light de la tension requise. Le convertisseur, re- – absence de maintenance.
±30 MVAr). froidi par eau, est compact, avec une
capacité de courant élevé. Domaines d’application
Les perturbations sur le réseau ne durant Les domaines d’application du stockage
en général qu’une fraction de seconde, la Chaque module de puissance contient dynamique d’énergie sont multiples : re-
continuité de la fourniture ne doit être as- plusieurs sous-modules de semi-conduc- prise de service après incident généralisé,
surée qu’un court instant. De même, un teurs (modules StakPak™ d’ABB). continuité de fourniture jusqu’au démar-
service système comme le réglage de la rage des groupes de réserve, soutien du
fréquence locale ne s’impose générale- L’énergie sur sa réserve réseau avec optimisation des puissances
ment que pendant quelques minutes. Un Le convertisseur SVC Light étant conçu active et réactive. Ce type de stockage
système de stockage d’énergie peut ainsi pour des applications de forte puissance offre une solution au renforcement des ré-
fournir le surplus de puissance active né- et les IGBT étant raccordés en série pour seaux de transport et de distribution pour
cessaire et être rechargé ultérieurement adapter le niveau de tension, la tension répondre aux pics de consommation et
par le réseau lorsqu’il a retrouvé son fonc- entre pôles est élevée. Par conséquent, optimiser la tarification. Il permet de lisser
tionnement normal. plusieurs accumulateurs sont raccordés les pointes et, donc, d’éviter de payer son
en série pour accroître cette tension. Pour électricité au prix fort. Enfin, il peut assu-
Principaux constituants des tensions encore supérieures, plu- rer des fonctions de contrôle de la qualité
Un système SVC Light® with Energy Sto- sieurs chaînes d’accumulateurs peuvent du courant électrique pour la traction
rage complet se compose des éléments être installées en parallèle. ferroviaire et contribuer à équilibrer la
suivants : Le système d’accumulateurs se compose production éolienne et solaire, aléatoire
– transformateur de puissance ; de modules de batteries Li-ion sur racks. par nature.
– convertisseur SVC Light ; Un groupe de modules de batteries four-
– système d’accumulateurs ; nit la tension continue nécessaire de Ce système ABB de stockage dynamique
– appareillage haute tension CA et CC ; même que la capacité de stockage d’énergie sera disponible courant 2010.
– système de contrôle-commande et de demandée. Les batteries Li-ion ont été in-
protection ; tégralement testées pour cette applica-
– auxiliaires. tion [1]. Le bâtiment hébergeant les batte-
ries est illustré en ➔ 4.
Sa modularité simplifie son adaptation Rolf Grünbaum
®
aux besoins de puissance et de stockage. La solution SVC Light with Energy Sto- Per Halvarsson
Les accumulateurs et le convertisseur rage bénéficie des nombreux atouts de la ABB Power Systems, Grid Systems/FACTS
CST sont intégrés et embarquent des technologie Li-ion : Västerås (Suède)
fonctions de supervision et de contrôle – forte densité énergétique ; rolf.grunbaum@se.abb.com
d’état qui privilégient la sécurité et la réso- – très court temps de réponse ; per.halvarsson@se.abb.com
lution rapide des problèmes. Enfin, le sys- – forte puissance en charge comme en
tème affiche de faibles pertes et une décharge ;
cyclabilité très élevée. – excellente cyclabilité ; Bibliographie
[1] Callawik, M., et al., « Flexible AC transmission
Les semi-conducteurs de puissance du – grande adaptabilité ;
systems with dynamic energy storage »,
convertisseur CST sont des IGBT et des – haut rendement charge-décharge ; EESAT 2009, Seattle, États-Unis, octobre 2009.

26 revue ABB 1|10


L’intelligence aux
commandes
MARINA OHRN, HORMOZ KAZEMZADEH – La dernière décennie fut pour le
L’intégration de la système électrique une période de profonds bouleversements, sous la
supervision et de la double poussée des progrès du génie électrique et de la restructuration
de la filière. De nombreuses entreprises d’électricité ont basculé d’une
gestion de la distribution culture monopolistique et régalienne à une logique de marché concurren-
tiel. Dans le même temps, les systèmes d’information sous-jacents aux
renforce l’analyse et la activités de transport et de distribution ont gagné en robustesse et en
conduite du réseau puissance, au point d’être aujourd’hui capables de mutualiser un grand
nombre d’applications sur une seule plate-forme. Ces évolutions pré-
figurent un réseau largement automatisé, doué d’« intelligence » dans
son exploitation et sa supervision, voire apte à s’autocicatriser. En
somme, un réseau adaptatif, plus fiable et mieux armé pour répondre
aux impératifs techniques, économiques et sociétaux de demain.
Précisons que cet article s’inscrit avant tout dans un contexte nord-
américain même si les enjeux et solutions évoqués ont une portée
universelle.

L’intelligence aux commandes 27


gestion des demandes d’intervention et génération de systèmes de contrôle-
des incidents, administration du person- commande, apparue au début de la dé-
nel, traitement des enregistrements et cennie 1990, remplit ces conditions.
affichages d’événements. Les avancées de l’informatique font aussi
progresser les systèmes de gestion DMS
Fort d’une longue expérience de la et OMS. Les premiers étaient à l’origine
recherche-développement, d’une fine des extensions du tandem SCADA/EMS,
con naissance du terrain et de partena-
riats étroits avec les énergéticiens du
monde entier, ABB a tout pour appré- À mesure que la
hender la globalité et le détail des techno-
logies émergentes et des applications distribution élec-
indispensables au système électrique du
XXI e siècle.
trique gagne en
intelligence et en
Rétrospective
Les origines de la téléconduite électrique sûreté, les cen-
remontent aux années 1920 : les entre-
prises fondatrices du Groupe ABB, ASEA
tres de conduite
et BBC, équipent les centrales d’énergie assument de
des premiers systèmes de commande à
distance. Toutefois, il faut attendre les nouvelles tâches
années 1960 et les prémices du contrôle-
commande informatisé pour donner
de gestion.
corps à la « téléconduite/supervision de

L
eader historique du secteur des réseau », au sens moderne du concept. au niveau de la distribution, ou des sys-
technologies et de l’innovation tèmes autonomes ; c’était ignorer les
énergétiques, ABB est à la pointe Au départ, la supervision SCADA était besoins spécifiques de la distribution
du développement des systèmes conçue pour un seul client : son système électrique qui réclamait des systèmes
d’information (SI) dédiés au transport et à réservé, foncièrement « propriétaire », bien différenciés.
la distribution d’électricité. Les années était fermé à toute autre application.
1970 consacrèrent l’avènement de la Cette exclusive compliquait la coordina- La supervision et la conduite des ré-
téléconduite « SCADA » (Supervisory Con- tion des réseaux, qui restaient vulnéra- seaux de distribution faisaient alors ap-
trol and Data Acquisition) et de la gestion bles. Il fallait donc inventer des stratégies pel à des systèmes de faible technicité :
d’énergie « EMS » (Energy Management pour éviter qu’une cascade d’incidents les traditionnels tableaux muraux constel-
Systems), relayées, la décennie suivante, sur le réseau ne dégénère en panne gé- lés de mémos, punaises et avis de modi-
par la gestion des marchés « MMS » (Mar- nérale, comme celle qui frappa New fication ne facilitaient guère le suivi d’état,
ket Management Systems) puis, dans les York, en juillet 1977. quand ils ne compromettaient pas la sé-
années 1990, par la gestion d’incidents curité du réseau ! Le papier était roi : le
« OMS » (Outage Management Systems) Les années 1980 marquent la percée de pilotage des interventions de maintenan-
et de la distribution « DMS » (Distribution l’informatique et la mise au point de mé- ce s’appuyait sur les plans papier des
Management Systems). Toutes ces solu- thodes pour modéliser les réseaux de circuits de distribution, souvent annotés
tions n’ont cessé de progresser et de distribution à grande échelle, de façon à la main et menacés d’obsolescence,
s’étoffer au fil des ans. Pour autant, la standardisée. La supervision SCADA et tout comme la planification, l’exécution
tendance est aujourd’hui à l’intégration la gestion d’énergie EMS progressent en et le suivi des manœuvres programmées
de ces briques technologiques au sein parallèle pour doter les gestionnaires de obéissaient à des ordres sur papier. Les
d’un édifice commun. réseau de transport (GRT) de meilleurs dérangements et demandes d’interven-
outils de maîtrise des transits massifs de tion des clients étaient signalés par télé-
Cette plate-forme mutualisée a pour nom puissance sur de longues distances. Sur phone au dispatcheur qui n’avait pas
« Gestionnaire de réseau ABB » (Network les marchés de l’énergie, l’heure est à toujours d’accès direct à toute l’informa-
Manager TM). Elle regroupe toutes les la déréglementation. Transport aérien, tion utile. Ces « tickets de panne » ser-
applications phares des années 1970– télécoms et gaz naturel s’ouvrent à la vaient aussi à suivre les incidents tandis
1990, qu’elle enrichit du gestionnaire de concurrence : régulateurs et énergéti- que les communications avec les équi-
distribution DMS pour aider les électri- ciens y songent aussi pour la profes- pes de terrain se faisaient par radio ; les
ciens à réduire leurs coûts d’exploitation sion ! agents devaient commencer par signaler
et de maintenance tout en améliorant le leur position au dispatching pour coor-
service au consommateur. Le module Or cette mutation passe obligatoirement donner ensuite oralement les manœu-
DMS offre une panoplie de fonctions : par une refonte des systèmes d’informa- vres, marquages et autres opérations.
modélisation et gestion évoluées du ré- tion (surtout pour les marchés de gros) et
seau, commutation et localisation élec- par l’amélioration des systèmes SCADA/ Heureusement, la distribution électrique
tronique des points de mesure intégrées, EMS existants. Coïncidence : la nouvelle n’en est pas restée là ! Ses nombreux

28 revue ABB 1|10


1 Coordination et dialogue des forces 2 Le Gestionnaire de réseau ABB est une plate-forme intégrée fédérant les applications
d’intervention : deux qualités primordiales SCADA, DMS et OMS.
de la gestion de réseau

Gestionnaire de réseau

Interface géographique

Applications DMS
– Flux de puissance – Analyse des manœuvres – Gestion des déclenche-
équilibrés et déséquilibrés de reprise de service ments d’intervention
– Estimation d’état – Réglage de la tension/ – Gestion des incidents
– Localisation des défauts puissance réactive – Gestion des opérations
– Gestion des ordres – Commutation et reprise – Gestion du personnel
de commutation à distance/automatiques – Enregistrements opérateurs
– Manœuvre de réduction – Gestion des aiguillages
de surcharge – Avis d’interruption de service
– Production de rapports
de pannes

Base de données de la distribution et modèle de réseau

Adaptateurs DMS
– SIG
– SI client Supervision (SCADA)
– AMI/MDMS
– Passerelles de
poste/ligne
– Supervision (SCADA)
– Gestion des forces Infrastructure
d’intervention
– Serveur vocal Traitement des Échange de don- Historisation et
interactif Frontal de
données nées avec adapta- entreposage de
– Gestion des travaux communication
géographiques teurs externes données

Systèmes et applications externes

centres de conduite ont évolué au rythme Nouveau paradigme énergétique


Applications et des progrès techniques et des contrain- Ces dernières années, plusieurs facteurs
tes économiques. Bien des systèmes de indissociables, mais externes à la filière
logiciels de pointe supervision hérités des réseaux de trans- électrique, ont accéléré la progression et
port ont pris en charge la surveillance et le déploiement des applications pour ré-
affinent les analy- la commande des disjoncteurs de ligne seau intelligent (RI) : société, puissance
ses et permettent moyenne tension. Dans certains cas, les publique, conjoncture économique et
superviseurs ont même dépassé ce péri- technologie.
l’automatisation mètre pour investir d’autres équipements
comme les réenclencheurs, interrupteurs L’ascension des énergies renouvelables,
des opérations. et commutateurs de batteries de conden- de la production décentralisée et des
sateurs. programmes associés de « réponse à la
demande » oblige à envisager la gestion
Des avancées notables de réseau sous un nouveau jour. L’ouver-
À mesure que les réseaux de distribution ture des marchés et le négoce d’énergie
gagnent en « intelligence » et en sûreté, permettent au consommateur final de
les centres de conduite assument de choisir sa source d’alimentation. Autre
nouvelles tâches de gestion. Leurs SI aiguillon du changement : le renchérisse-
hétérogènes se rationalisent et dialo- ment de la production et du transport
guent sans entrave pour constituer un électriques, sur le double plan des infra-
système de surveillance et de gestion in- structures et des combustibles. D’un
tégré. Applications et logiciels de pointe point de vue commercial, les distribu-
affinent les analyses et permettent l’auto- teurs comptent sur le RI pour les aider à
matisation des opérations. Les systèmes maintenir ou accroître la fiabilité de la
de contrôle-commande des centres de desserte, à augmenter le taux d’utilisa-
conduite ne rendent pas seulement le ré- tion des équipements, à gérer la vétusté
seau plus intelligent ; ils améliorent aussi des ouvrages et à réduire l’impact des
le soutien à l’exploitation, à la mainte- pertes de savoir-faire liées au départ en
nance et à la planification. Ces opéra- retraite des employés, dans de nom-
tions intégrées aident ainsi les distribu- breux pays.
teurs électriques à atteindre leurs objec-
tifs en dépit d’exigences toujours crois- La technologie est l’autre levier de déve-
santes ➔ 1. loppement des RI : bien des outils et

L’intelligence aux commandes 29


3 Le centre de conduite du futur intègre systèmes d’information, équipements de terrain et informations client.

Gestionnaire de réseau ABB


AMI/MDMS SIG
SCADA et DMS
Centre de conduite OMS Gestion des forces
SI client
Applications avancées d’intervention

Gestion Serveur vocal


Intégration des travaux interactif
SCADA/EMS

Transmissions Agents d’exploitation

Localisation des défauts


Commutation et reprise
Flux de puissance de service automatiques
déséquilibrés
Raccordement de
véhicules hybrides
rechargeables

Protection
de ligne Réenclencheur Interrupteur
Interrupteur de
Calculateur/ Régulateur de de ligne
couplage aval
passerelle de poste tension Intégration AMI/RD
Production
Réglage tension/
Commande de décentralisée et stoc- Compteur
puissance réactive
condensateurs kage d’énergie résidentiel

Poste Ligne Client

fonctionnalités requis aujourd’hui n’étaient postes électriques et des dispositifs


De nombreux tout simplement pas disponibles il y a électroniques intelligents « IED » (Intelli-
quelques années. Les communications gent Electronic Devices).
distributeurs en font partie. Les distributeurs peuvent
renforcent l’auto- à présent choisir entre de nombreux
moyens de transmission : réseaux spé-
Longtemps leader de l’intégration SCADA
de distribution/DMS, ABB poursuit ses
matisation des cialisés dont ils sont propriétaires (liaisons efforts d’amélioration pour répondre aux
radio SCADA, par exemple) ou infras- exigences d’un nombre croissant de dis-
postes pour amé- tructures tierces (réseaux mobiles…). Si tributeurs équipant leurs réseaux de su-
liorer l’accès aux plusieurs facteurs peuvent influencer leur
décision, une tendance se confirme :
perviseurs. Parmi les fonctionnalités de
ses solutions ➔ 2, citons le rapatriement
informations des l’importance croissante des transmis- des informations d’état et des données
sions bidirectionnelles. analogiques du superviseur au DMS,
équipements l’envoi de télécommandes et d’ordres
intelligents répar- Le nombre d’équipements de lignes de
distribution dotés de capacités de détec-
manuels du DMS au superviseur, une in-
terface de dialogue intégrée tournant sur
tis sur le terrain. tion et de mesure, de traitement, de con- une même console opérateur pour les
trôle-commande et de communication ne deux systèmes, avec une procédure
cesse d’augmenter ; ces dispositifs et ap- d’identification unique pour tous les utili-
pareils intelligents investissent même nos sateurs.
foyers. Ce déploiement sera néanmoins
tributaire de l’élaboration et de la conver- Les gestionnaires de réseau tirent des
gence des normes d’interopérabilité. bénéfices tangibles de cette convergence.
Elle accroît l’efficacité de l’opérateur, qui
Les atouts de l’intégration n’a plus affaire qu’à un seul système et
Chef de file mondial du développement s’affranchit ainsi du recours à de multi-
des réseaux électriques du futur, ABB a ples systèmes brassant des données
consacré beaucoup de temps et de potentiellement différentes. Elle mutualise
moyens à la réalisation des systèmes de les analyses de sécurité des manœuvres
conduite qui sont au cœur de toute solu- sur les postes et circuits (contrôle des
tion de RI. L’intégration est triple : DMS points de mesure dans une zone affec-
et SCADA, infrastructure de comptage tant les activités d’une autre zone). Elle
évolué « AMI » (Advanced Metering In- rationalise la gestion des connexions uti-
frastructure) et DMS, intégration des lisateurs et des droits d’accès, sur un
données provenant des passerelles de seul système. Enfin, elle améliore et ren-

30 revue ABB 1|10


force le support des applications DMS,
4 La conduite de réseau avancée permet à l’opérateur de dresser plus vite un bilan du
OMS et SCADA de distribution. système et d’améliorer sa prise de décisions.
Jusqu’à présent, le débat sur le dévelop-
pement du RI a surtout porté sur le po-
tentiel des infrastructures et techniques
émergentes de comptage évolué (AMI).
Résultat : le nombre de ces installations
et applications explose. ABB s’emploie à
doter les distributeurs des moyens de
mieux exploiter les données AMI : des
inter faces entre AMI, MDMS (gestion des
données de comptage) et SCADA/DMS
ont été créées et améliorées pour signa-
ler les pannes, interroger les compteurs
et avertir des reprises de service. Cette
intégration a l’avantage d’écourter les
interruptions de fourniture à la clientèle
et de mieux utiliser les ressources du ter-
rain. L’emploi d’autres données AMI
dans les applications DMS (indications
de tension et relevés périodiques de
consommation…) est aussi à l’étude.
Cela permettrait d’améliorer les profils
de tension dans tout le réseau et, ainsi,
de mieux appréhender la charge du sys-
tème.

En outre, nombreux sont les distributeurs


à amplifier l’automatisation des postes et
à multiplier les passerelles sur leurs sys-
tèmes pour améliorer l’accès aux infor-
mations des IED équipant les postes et
réseaux de distribution. Beaucoup de
ces dispositifs offrent des fonctions de gérer les réseaux de distribution en ter- avec des systèmes AMI et MDMS, des
communication avancée pour la com- mes de performance, de réglage de la passerelles de postes/lignes et des
mande des réenclencheurs, commuta- tension, de charge des équipements, de concentrateurs.
teurs et régulateurs de tension. Leur in- gestion des travaux et des incidents, et
de fiabilité. Elles La répartition de cette intelligence entre
utilisent pour cela le centre de conduite intégré et les équi-
Face au nombre croissant de un modèle s’ap- pements de terrain variera d’un distribu-
puyant sur la base teur à l’autre ; plusieurs stratégies pour-
distributeurs équipant leur de données de la raient même cohabiter au sein d’une

réseau de superviseurs, ABB distribution et la


topologie du ré-
même entreprise d’électricité.

continue d’étendre le périmè- seau électrique. Applications diversifiées


Ce modèle récu- Avec son Gestionnaire de réseau Network
tre d’action de ses solutions père les données Manager, ABB est à la tête du dévelop-
d’un système d’in- pement d’applications pointues pour la
d’intégration SCADA/DMS. formation géogra- gestion des réseaux de distribution.
phique (SIG) ; il est Cette plate-forme utilise le modèle du
tégration avec le DMS déporte la périodiquement actualisé pour garantir réseau pour formuler des recommanda-
conduite au niveau du poste et de la li- précision et exactitude. tions d’optimisation opérationnelle. Elle
gne, tout en optimisant le réseau entier 1. intègre des applications DMS avancées
Le couplage SCADA/DMS avec d’autres La clé de voûte d’un système de condui- permettant d’analyser les écoulements
systèmes donne un centre de conduite te intelligent est l’intégration de ses diffé- de puissance de la distribution, d’optimi-
résolument intégré et parfaitement apte rents systèmes d’information ➔ 3. Nom- ser le fonctionnement des condensa-
à gérer le RI. breux sont les distributeurs à étendre le teurs et régulateurs, et d’étudier les
champ d’action du SCADA au-delà des
À l’heure du tout-intégré postes électriques et sur les lignes, pour
Note
Un centre de conduite 100 % intégré améliorer l’observabilité et la conduite du 1 Cf. « Des données brutes à l’information
comprendra des applications DMS pour réseau. La supervision s’interface alors pointue », Revue ABB, 3/2009, p. 38–44.

L’intelligence aux commandes 31


manœuvres de reprise de service sur dé- et des changeurs de prises des transfor- calculateurs de poste et passerelles,
fauts et pannes ➔ 4. mateurs régulateurs de tension. capteurs et compteurs communicants.
L’application de localisation des défauts Certains engendreront davantage de
L’application « DPF » (Distribution Power « FL » (Fault Location) utilise l’analyse des manœuvres locales, ajoutant un niveau
Flow), intégrée au Gestionnaire de ré- courts-circuits et peut faire chuter les de complexité supplémentaire à l’exploi-
seau d’ABB, offre des solutions de flux indicateurs CAIDI et SAIDI 2 en réduisant tation des réseaux de distribution.
de puissance déséquilibrés pour l’ana- la durée des interventions permettant de Même secondé par une dose croissante
lyse en ligne du réseau temps réel, la si- localiser les défauts du système. Elle d’« intelligence » déportée, le centre de
mulation à la demande de scénarios s’appuie sur les mesures de courant de conduite intégré continuera de centrali-
d’exploitation et l’analyse automatique défaut et sur la connectivité du réseau en ser la supervision et la coordination du
des plans de reprise de service. DPF est temps réel pour en déduire les emplace- système entier.
conçu pour extraire du SIG des modèles ments possibles des défauts sur les cir-
de distribution à grande échelle et fournir cuits de distribution. Axes stratégiques
des solutions rapides en temps réel. Les réseaux de distribution du XXIe siècle
L’application prend en charge les ré- Autre applicatif du Gestionnaire de réseau auront besoin de centres de conduite
seaux de distribution maillés, les sources d’ABB : l’analyse des manœuvres de re- à la pointe de l’innovation. Aussi ABB
d’oscillations multiples, les boucles élec- prise « RSA » (Restoration Switching Ana- investit-il massivement dans le dévelop-
triques et les boucles de phase souter- lysis) fournit au dispatcheur une méthode pement de ces centres intégrés, fédérant
raines. rapide d’identification des choix de com- à la fois les systèmes existants et les
mutation pour isoler une zone en défaut applications nouvelles.
L’application d’optimisation de la tension et réalimenter un maximum de clients,
et de la puissance réactive « VVO » (Volt/ sans provoquer de nouvelles surcharges. L’exploitant de ce réseau intelligent aura
Var Optimization) permet au distributeur RSA calcule et analyse les plans de com- une vue globale de la distribution électri-
mutation pour isoler l’endroit précis du que : suivi d’état, surveillance, contrôle-
défaut et réapprovisionner les clients dé- commande, traitement des incidents,
Les mécanismes couplés de la zone en question. planification des travaux, optimisation de
la charge des équipements, meilleur
de réponse à la Ces applications fournissent à l’électri- contrôle de la production décentralisée,
cien des outils manuels d’aide à la déci- du stockage d’énergie et des ressources
demande, sous sion tout en assurant aussi une exploi- RD. Nul doute que le centre de conduite

contrôle du four- tation totalement automatique, sans


intervention humaine. À mesure qu’un
intégré permettra aux distributeurs de
répondre aux objectifs de la clientèle,
nisseur ou du nombre croissant d’entreprises d’électri- des propriétaires de réseaux, de leur
cité se rallie aux réseaux intelligents, personnel et de la société elle-même.
consommateur, améliore son exploitation des données et
utilise des technologies plus pointues,
auront des réper- ces applications évoluées s’exécuteront
cussions sur les de plus en plus en mode automatique,
améliorant d’autant la fiabilité et l’effica-
flux de puissance cité des activités de distribution.

et les plans de Passage obligé


tension. Le centre de conduite intégré sera une
pièce maîtresse du réseau de distribution
intelligent. Dans cette perspective, ABB Marina Ohrn
de minimiser les pointes électriques et de ne cesse d’enrichir ses fonctionnalités ABB Power Systems, Network Management
réduire les pertes de puissance active : un pour satisfaire aux exigences techniques Zurich (Suisse)
bon moyen de différer le recours aux ca- et économiques des distributeurs électri- marina.ohrn@ch.abb.com
pacités supplémentaires de production, ques.
de transport et de distribution (postes), Hormoz Kazemzadeh
de réduire les coûts d’achat de combus- Globalement, l’exploitation des réseaux ABB Power Systems, Network Management
tibles et d’énergie et, in fine, les émis- de distribution se compliquera. L’essor Raleigh (Caroline du Nord, États-Unis)
sions de gaz à effet de serre. VVO sur- de la production décentralisée et du hormoz.kazemzadeh@us.abb.com
veille le réseau et optimise les réglages stockage d’énergie influera sur les tran-
de la conduite en minimisant la somme sits de puissance du système électrique.
Note
pondérée « charge + pertes + dépasse- De même, la réponse à la demande (RD),
2 CAIDI : durée moyenne de coupure par
ments de tension/courant » dans les sys- sous contrôle du fournisseur ou du interruption et par consommateur (somme de
tèmes de distribution triphasés, déséqui- consommateur, affectera ces flux et les toutes les durées de coupure divisée par le
librés et maillés. L’application calcule plans de tension. On note également une nombre de ces interruptions) ; SAIDI : durée
moyenne d’interruption par consommateur
aussi les réglages de commande opti- tendance à numériser toujours plus les
(somme de toutes les durées de coupure
maux des condensateurs commutables équipements de distribution tels qu’IED, divisée par le nombre total de clients desservis).

32 revue ABB 1|10


Connexions
Le système nerveux du réseau intelligent
DACFEY DZUNG, THOMAS VON HOFF, JAMES STOUPIS, MATHIAS de leurs fonctions de contrôle-commande s’est accompa-
KRANICH – Il n’est pas d’évolution du système électrique gné de besoins croissants de communication.
vers une architecture de « réseaux intelligents », avec ses Aujourd’hui, la distribution électrique s’oriente vers un
exigences de conduite avancée, sans développement des réseau intelligent (RI) aux multiples capacités : intégration
moyens de communication ad hoc. Les techniques de massive de la production décentralisée, participation du
transmission mises en œuvre par les entreprises d’électri- client au service du réseau, sur un marché désormais
cité ont anticipé de plusieurs décennies l’avènement de concurrentiel, automatisation accrue de la distribution,
ces réseaux : voici plus de 60 ans que BBC (l’une des pilotage dynamique et local de la charge, télérelève des
entreprises à l’origine du Groupe ABB) a amorcé la compteurs d’énergie… D’où l’importance d’un réseau de
« télécommande centralisée » permettant d’agir à distance communication capable d’interconnecter tous les équipe-
sur certains gros consommateurs électriques (chaudières, ments de conduite et de protection de la distribution, sur
sèche-linge, machines à laver…) pour limiter leur utilisa- une multitude de canaux, dans un double objectif d’inter-
tion en période de pointe. Le déploiement des réseaux et opérabilité et de fiabilité.

Connexions 33
1 Infrastructures de communication d’une entreprise d’électricité

Production
Gestion de centrale
Automatisation de postes
Protection et conduite

Lignes 800 kV, 400 kV Transport


(Transport THT) Gestion de réseau
Automatisation de postes
Protection et conduite
Lignes 220 kV, 132 kV
Pylônes (Transport HT)
Poste 220 kV ou 132 kV

Distribution
Poste 33 kV Gestion de réseau
Départ 33 kV
Lignes 11 kV Automatisation de postes
ou 66 kV
(Distribution) Automatisation de lignes
Ordinateur station
de base
Interrupteur coupe-charge 11 kV Disjoncteur 415 V Automatisation
Poste asservi (RTU) Client industriel installation client
Transformateur 415 V (triphasé) Télérelève de compteurs
de distribution sur Détection de raccordements
poteau 11 kV/415 V 240 V sauvages
Client résidentiel Téléservices
(monophasé)
Gestion de charge

Réseau étendu Réseau étendu Boucle locale (« dernier kilomètre »)


de transport de distribution Commande installation client

2 Exigences de communication d’un réseau intelligent

PDE*, responsable Marchés et

L
e réseau de distribution électri- d’équilibre** contrats

que communicant a vu le jour il y


a plus de 60 ans, lorsque BBC et Marché de
GRT
d’autres entreprises se lancèrent, l’énergie

en Europe, dans la télécommande cen-


tralisée de groupes de consommateurs Téléconduite/
électriques qu’il s’agissait de connecter supervision
GRD Agréga- Factura-
teurs tion
ou de déconnecter, de façon sélective,
pour gérer les pointes de consommation
Gestion
[1]. Et pour transmettre ces téléactions en Automatisation
dynamique de la Comptage évolué
de la distribution
toute fiabilité, rien de tel que la ligne d’ali- HT charge

mentation elle-même ! Le principe ? Le


distributeur émet des signaux électriques
à une fréquence audio, qui franchissent Installation client
les transformateurs moyenne tension (MT) Comp-
G G G
teur
et basse tension (BT) pour être détectés MT
par les récepteurs raccordés aux lignes
BT
BT de l’installation client. Ces ordres S S S
L+G
L L L G S L
commutent à distance de lourdes char-
* Production décentralisée d’électricité
ges ou des groupes de consommateurs ** Entité chargée d’équilibrer les injections/
L+G L+G L+G
(électroménager, chauffe-eau, chauffage soutirages d’électricité sur le réseau.

électrique, éclairage public…). La dispo-


nibilité d’une voie de transmission fiable Un seul réseau régional peut assurer toutes les fonctions du réseau intelligent : automatisation de la
entre le centre de conduite du réseau et distribution, gestion dynamique de la charge et télérelève des compteurs.

l’équipement de l’utilisateur en bout de


ligne permet ainsi à l’énergéticien de mériques point à point et les transmis- sée. Dans ce contexte libéralisé, le client
mieux maîtriser les pointes électriques. sions point à point sur lignes électriques devient « proactif ». L’époque où le réseau
HT [2], sous protocoles de communica- de distribution était exploité suivant une
ABB fournit aux entreprises d’électricité tion normalisés [3]. topologie arborescente, avec des trans-
des solutions clés en main de communi- ferts d’énergie unidirectionnels (des gran-
cation longue distance ➔ 1. Pour les ap- Constant développement des centrales de production aux consom-
plications de téléconduite et supervision Le cadre réglementaire et économique du mateurs), est révolue. Les installations de
SCADA (Supervisory Control And Data réseau électrique et de son exploitation a production locale, de stockage et de
Acquisition) sur le réseau de transport HT, évolué au cours de la dernière décennie 1, consommation sont aujourd’hui diffuses
ces liaisons s’appuient sur la fibre optique du fait de l’ouverture des marchés et de la sur le territoire et le sens du transit électri-
large bande, les liaisons hertziennes nu- part accrue de la production décentrali- que dans le réseau de distribution peut

34 revue ABB 1|10


changer rapidement : ces deux contrain- possible. Cette reconfiguration distante,
3 Critères de choix d’un support de
tes obligent à renforcer les protections et effectuée par le gestionnaire du réseau de transmission
moyens de contrôle-commande. Parallè- distribution (GRD) moyenne tension ou le
lement, les consommateurs sont de plus calculateur de poste, est une mission pri- – Disponibilité du support physique : cuivre
en plus pointilleux en matière de disponi- mordiale des automatismes de distribution ou fibre optique
bilité et de qualité d’alimentation. En té- qui doivent intervenir sur plusieurs dizai- – Disponibilité des liaisons câblées ou
de sites pour pylônes (antennes-relais)
moignent les récentes ou futures régle- nes ou centaines d’équipements, dans un – Performance de la transmission : débit
mentations visant à pénaliser le distributeur très court délai : quelques centaines de (bande passante) et délai pour un nombre
en cas d’interruption du courant. L’objec- millisecondes à quelques secondes. Pré- donné de nœuds communicants
tif est donc de maintenir et d’accroître la cisons que les fonctions de protection de – Fiabilité et disponibilité de la transmission
– Sécurité des données : confidentialité,
qualité et la fiabilité de la fourniture. Cette distance nécessitant des actions « ré-
intégrité, authentification
continuité de service est notamment me- flexes » de l’ordre de la milliseconde ne – Interopérabilité et conformité normative
surée par l’indicateur « SAIFI » (System relèvent pas de cette catégorie. – Investissements de départ
Average Interruption Frequency Index) qui – Dépenses récurrentes : coûts de
transmission fixes (mensuels)
comptabilise le nombre moyen annuel de Gestion dynamique de la charge
– Technologie évolutive et pérenne
coupures longues par client en BT et sert Cette fonction permet d’anticiper, de plani-
de base de calcul à l’indemnisation des fier et de moduler la consommation, le
consommateurs pour la gêne et les per- stockage d’énergie et la production dé-
tes financières occasionnées. Pour rem- centralisée, en fonction de la quantité ture et d’installation des équipements, et
plir ces exigences croissantes, le réseau d’électricité disponible et de son prix. L’ob- leur coût global d’exploitation.
de distribution doit avoir recours à plus jectif est d’accroître l’efficacité du réseau
d’automatisation et d’« intelligence », ce et d’éviter les surcharges en combinant de Technologie réseau
qui nécessite une infrastructure de com- façon optimale les mesures de planifica- Un large éventail de techniques de trans-
munication à la pointe de l’innovation. tion/prévision et de délestage de la charge. mission sont d’ores et déjà à l’œuvre pour
Le facteur temps a ici moins d’importance soutenir les RI : câble, sans-fil ou systè-
Les défis du réseau communicant que pour l’automatisation de la distribu- mes hybrides mêlant les deux solutions. Il
L’impact du réseau intelligent porte essen- tion : les délais de propagation du signal se est peu probable qu’une seule technolo-
tiellement sur l’infrastructure de distribu- situent autour de quelques minutes. gie prétende à l’exhaustivité. L’interopéra-
tion MT et BT, à l’échelle d’une région. bilité est donc impérative, à double titre :
Sous l’angle de la communication, les Télérelève des compteurs électriques elle doit garantir les échanges, d’une part
fonctionnalités du RI se déclinent en trois Le « comptage évolué » a pour mission entre équipements installés sur différents
catégories, auxquelles correspondent dif- d’enregistrer les flux de puissance réelle- réseaux empruntant des supports physi-
férents besoins de transmission ➔ 2. ment consommés et de produire ainsi une ques distincts, d’autre part entre équipe-
facturation tenant compte de la période ments hétérogènes, multimarques. Stan-
Automatisation de la distribution tarifaire choisie et de l’abonnement sous- dards et normes techniques sont ici
Cette fonction assure la conduite opéra- crit. L’infrastructure correspondante fait le déterminants.
tionnelle du réseau : surveillance des ni- lien entre des milliers, voire des millions de
veaux de courant et de tension, envoi de compteurs, parfois difficiles d’accès, et le Le choix d’un système de communication
télécommandes aux organes de coupure, centre de facturation. Les consommations adapté aux RI repose sur un grand nom-
effectives cumulées ou les courbes de bre de critères dont certains sont énumé-
charge permettant la facturation sont rés en ➔ 3.
Le cadre régle- transmises tous les jours ou tous les Les technologies appelées à se déployer
mois. pour concrétiser le RI dépendront à la fois
mentaire et éco- de ces critères et des exigences de cha-

nomique du L’habitat domotique peut aussi se raccor-


der au RI [4] et ajouter son lot d’exigences
que entreprise d’électricité. Les enjeux
techniques sont triples : performance de la
réseau électrique en matière de communications locales, transmission, sécurité et interopérabilité.
intra muros [5] ; notre article se cantonne La bande passante fournie par l’infrastruc-
et de son exploi- néanmoins aux besoins de communication ture de communication doit être évolutive
des RI de portée régionale 2.
tation a évolué au et apte à véhiculer les milliers ou millions
de données d’un système énergétique
cours de la der- Nous le voyons, les RI ont de maigres be- moderne. Les exigences réglementaires et
soins en communication : ils se conten- opérationnelles induites par le risque
nière décennie. tent de faibles débits et temps de propa- cybernétique, qui menace les installations
gation (exception faite des téléprotections). sensibles, engendrent une seconde prio-
transformateurs… Quand un défaut tou- Lorsque les délais de transmission restent rité : la sécurité.
che un segment MT, il faut tout d’abord acceptables, de simples mécanismes de
l’isoler, à l’aide des protections, puis vite détection d’erreur et de retransmission
reconfigurer les chemins d’alimentation, automatique suffisent à fiabiliser les
Note
moyennant des interrupteurs MT, pour ré- échanges. Les principaux critères de 1 Lire aussi « Que la lumière soit… intelligente »,
tablir le courant dans la zone la plus vaste choix sont donc les dépenses de fourni- p. 10.

Connexions 35
Interopérabilité et normalisation sont donc
4 Techniques et domaines d’application des radiocommunications
les premières fondations du réseau du
futur. Elles réduiront les temps d’étude du
Protocole/ Exploitant/ Plage de
distributeur en privilégiant les fonctions Support
Standard Propriétaire fréquences
Débit Applications

d’auto-configuration en plug and play.


Radio Propriétaire, Distributeur 150 MHz en VHF Voix : automat.
Seuls les systèmes remplissant pleine- Bas
VHF/UHF PMR électrique 400 MHz en UHF dist., téléconduite
ment ces critères seront en mesure d’as-
Client, (Faible portée)
sumer les tâches d’automatisation de la Sans-fil WLAN,
distributeur 2,4 GHz Haut Télérelève,
2,4 GHz ZigBee
électrique domotique
distribution, de gestion dynamique de la
Distributeur Transmissions
charge et de comptage évolué, intrinsè- Point à Propriétaire,
électrique 5 à 60 GHz Haut rapides : automat.
multipoint WiMAX
ques à la notion de RI. ou tiers dist., téléconduite
GSM/GPRS Voix & données :
Voyons à présent les principales techni- Réseau mobile
UMTS Tiers
900 à 1 800 MHz (EU)
Bas/Haut automat. dist.,
public 800 à 1 900 MHz (US)
ques de transmission qui sous-tendent le AMRC télérelève

RI ➔ 7. Satellite
Propriétaire,
Tiers
6 GHz,
Bas Télérelève
EUTELSAT 12 GHz

Filaire
Un distributeur peut très bien construire, le
long de ses conducteurs d’énergie, des
5 Classification des courants porteurs en ligne par applications
canaux de transmission reliant ses nœuds
de distribution. Ce sont des câbles de cui-
vre qui véhiculent des signaux de modem CPL bas débit CPL haut débit (BPL)
téléphonique bas débit ou des signaux nu-
mériques rapides DSL (Digital Subscriber Téléconduite
Transport HT –
longue distance [2]
Line). Les systèmes de dernière génération
utiliseront la fibre optique pour acheminer, Distribution MT
Automatisation de la distribution,
Artère de communication
gestion dynamique de la charge
par exemple, des signaux Ethernet et réa-
Automatisation de la distribution,
liser des réseaux métropolitains haut débit Distribution publique BT gestion dynamique de la charge,
Accès Internet public
(boucle locale CPL)
transmettant plusieurs Mbit/s. télérelève de compteurs

Distribution domestique BT Domotique/Immotique [5] Réseau local privé


Radio
Ces réseaux ➔ 4 sont bâtis et exploités
par le distributeur d’énergie. Leur faible
débit (quelques kbit/s) est compensé par tème électrique. Emprunter ces réseaux la distance et la disponibilité de la liaison
leur longue portée qui peut atteindre oblige en outre les énergéticiens à passer peuvent être insuffisantes au regard des
30 km. Les radiofréquences utilisées se des contrats de services avec des four- applications de RI, plus exigeantes en ter-
situent dans des bandes « libres de droit » nisseurs d’accès tiers et à en supporter mes de portée et de fiabilité que de débit.
ne nécessitant ni autorisation, ni licence, les coûts fixes. Le CPL bas débit sur lignes de distribu-
ni paiement (900 MHz pour les réseaux tion MT/BT fait aujourd’hui l’objet de dé-
radio Ethernet à étalement de spectre, Satellite veloppements techniques, réglementaires
aux États-Unis), ou dans des bandes Les réseaux satellitaires peuvent être à et normatifs.
payantes (150 MHz en VHF ou 400 MHz bas et haut débit, moyennant, pour ces
en UHF pour les modems radio à bande derniers, des antennes paraboliques plus Tout porte à croire qu’un RI exploité par
étroite, en Europe [6]). La télérelève de chères ; ils sont aussi exploités par des un distributeur électrique sera un assem-
compteurs fait appel à des réseaux radio opérateurs tiers. En matière d’allocation blage de plusieurs techniques et systè-
spécialisés, avec émetteurs à faible de la bande passante, ces derniers pro- mes.
consommation et terminaux mobiles. Le posent des services tant dédiés (pour
haut débit est le domaine des hyperfré- l’automatisation de la distribution et la Entre technologies et besoins,
quences point à multipoint, exploitées par gestion dynamique de la charge) que par- le courant passe
le distributeur d’énergie. tagés (télérelève). Selon les fonctions du RI, plusieurs tech-
nologies sont envisageables. Nous l’avons
Mobile Courants porteurs vu, les besoins en bande passante sont
Les deux fleurons de la téléphonie mo- Une solution toute trouvée : le support en général modestes ; c’est la disponibili-
bile AMRC 2 et GSM/GPRS 3 ➔ 4 sont électrique lui-même ! ➔ 5. Sur le segment té qui prime. Les énergéticiens ont donc
aujourd’hui relayés par une 4ème généra- HT, la transmission par courants porteurs tendance à préférer leurs propres infra-
tion de standards comme WiMax et LTE, en ligne (CPL) a fait ses preuves [6]. Côté structures à celles des fournisseurs tiers.
évolution de l’UMTS. Ces réseaux ayant BT, nombreuses ont été les tentatives de Le tableau ➔ 4 recense les systèmes sans
vocation à optimiser la couverture et la déploiement d’accès Internet haut débit fil convenant à ces deux possibilités de
bande passante, il faut donc s’assurer « BPL » (Broadband over Power Line).
que leurs performances sont à la hauteur Certes, le BPL autorise des débits compo- Notes
des exigences de portée inhérentes aux sites de plusieurs dizaines de Mbit/s, 2 Aux États-Unis
tâches stratégiques de conduite du sys- dépendants de la charge du réseau, mais 3 Dans la plupart des pays (États-Unis compris)

36 revue ABB 1|10


6 Radio UHF AR400 d’ABB 7 Les outils de communication de la distribution électrique de l’avenir

obile CPL
em
f o rm PIMP
e- tiv e
at ac
Pl nter ite + Exploita
i ondu tion S
léc
Té +A

DH
HF
dm

/U
i

HF

ni
st
oV
Fi

ra
tio
radi

la
ule
H aut déb

n
i re
it

T é léconduite se

(FO
Modem

Ether net
e t c u i v re )
Transmissions
sur réseau
de distribution

Sans-
R ése
as

B

fil
bit

au m
ob

x
il e

i
Vo

H
+

PD
e
d uit
con
Télé
Sa
tell
ite bi l e R
R a d i o mo l l e P M
p rof e s s io n n e

fourniture et d’accès. Dans la pratique, Citons la nouvelle solution radio UHF ABB Power Systems
les modems radio, exploités par l’entre- AR400 ➔ 6, l’insertion de modules de Baden (Suisse)
prise d’électricité, sont souvent mieux communication dans les équipements de mathias.kranich@ch.abb.com
adaptés ; quand les besoins en bande terrain (cartes Ethernet sur terminaux de
passante sont faibles, ils offrent le meilleur téléconduite RTU560) et le partenariat
rapport coût-bénéfice. Par ailleurs, la avec des fournisseurs de services (no-
transmission sur réseaux mobiles publics tamment par satellite). La gestion intégrée
est gage de simplicité et d’économie. du réseau et l’acheminement des don- Bibliographie
nées sur un large éventail de supports et [1] ABB Calor Emag, Switchgear Manual,
Chapter 14.6: Load management, ripple
Le déploiement de nouveaux réseaux de voies de transmission seront assurés. control, 10th revised edition, 2001.
communication pour l’entreprise électri- [2] Ramseier, S., Spiess, H., « Coup de foudre
que s’avère plus facile avec le sans-fil ou Grâce à son offre globale de solutions de pour les courants porteurs en ligne »,
les courants porteurs sur lignes de distri- téléconduite et supervision de réseaux, de Revue ABB, 2/2006, p. 50–53.
[3] Mohagheghi, S., Stoupis, J., Wang, Z.,
bution. Les CPL ont la faveur des systè- postes asservis RTU (Remote Terminal « Communication Protocols and Networks
mes de télécommande centralisée ; de Units), d’automatismes de lignes et de for Power Systems – Current Status and Future
vastes réseaux numériques, surtout des- distribution, et de systèmes de communi- Trends », IEEE Power System Conference and
tinés à la télérelève de compteurs, sont cation, ABB est le partenaire et vecteur Exposition, 2009.
[4] Dörstel, B., « Cadre de vie », Revue ABB,
en service ➔ 3. L’exploitation des RI né- idéal du réseau intelligent. 4/2008, p. 11–14.
cessite des systèmes CPL sur lignes de [5] Rohrbacher, H., Struwe, C., « Énergétique,
distribution plus fiables, souples et ouverts intelligente et économique, l’automatisation
à l’ajout de services. Les défis sont au de l’habitat sur bus KNX », Revue ABB, 1/2008,
p. 14–17.
nombre de trois : fiabiliser les transmis-
[6] ABB Utility Communications, Distribution
sions, augmenter la portée des CPL et Communications,
faciliter leur déploiement. www.abb.com/utilitycommunications.
Dacfey Dzung
L’offre ABB Thomas von Hoff
Les réseaux de communication véhiculant ABB Corporate Research Lectures complémentaires
les données des RI sont complexes, multi- Baden-Dättwil (Suisse) – Timbus, A., Larsson, M., Yuen, Ch., « Active
Management of Distributed Energy Resources
systèmes et multi-technologies. ABB a le dacfey.dzung@ch.abb.com
using Standardised Communications and
savoir-faire pour aider les distributeurs thomas.von.hoff@ch.abb.com Modern Information Technologies », IEEE
électriques dans leur choix du support et Transactions on Industrial Electronics, 2009.
de la technique de transmission adaptés. James Stoupis – Yuen, Ch., Comino, R., Kranich, M. « The role of
communication to enable smart distribution
Par sa connaissance des besoins et ABB Corporate Research
applications », CIRED, juin 2009.
contraintes des énergéticiens, ABB peut Raleigh, NC (Caroline du Nord, États-Unis)) – Taylor, T., Ohrn, M., « Gestion éclairée de la
proposer des solutions pérennes, capa- james.stoupis@us.abb.com distribution », Revue ABB, 3/2009, p. 45–49.
bles de satisfaire aux exigences futures. Mathias Kranich

Connexions 37
Conduite à 360°
Des services plus efficaces et plus fiables avec une gestion
de la distribution intégrée et communicante

WILLIAM PETERSON, XIAOMING FENG, ZHENYUAN WANG, sont de plus en plus équipées de capteurs et de fonctions
SALMAN MOHAGHEGHI, ELIZABETH KIELCZEWSKI – Les de communication propres à automatiser les postes et la
distributeurs d’électricité sont constamment à la recherche distribution, et à déployer l’infrastructure de comptage évolué
de moyens pour améliorer la qualité de la fourniture et du ou « AMI » (Advanced Metering Infrastructure). L’intégration
service tout en optimisant la courbe de charge et en minimi- des données de capteurs dans les applications DMS avan-
sant les coûts de fonctionnement. Au centre de conduite, les cées est cruciale pour tirer profit des investissements
applications de gestion de la distribution, plus connues sous consentis et justifier le coût de mise en place de cette
l’acronyme anglais « DMS » (Distribution Management instrumentation et des outils de communication. Grâce à ses
System), ont le potentiel pour y parvenir en fournissant dans applications pointues, le système de distribution offre aux
les meilleurs délais des informations précises et détaillées clients des services plus performants et plus fiables, tout en
sur le réseau, qui permettent à l’exploitant de prendre des participant à la réduction de l’empreinte écologique de la
décisions stratégiques. Traditionnellement, le DMS puise production énergétique. La disponibilité d’informations en
l’essentiel de ses données dans les mesures fournies par le temps réel ou quasi réel ne fait pas que renforcer les capaci-
système de téléconduite (SCADA), les appels clients et les tés des applications existantes, comme l’analyse d’incidents ;
rapports des équipes de maintenance et de dépannage. elle concrétise les applications intrinsèques au « réseau
Avec l’informatisation des réseaux électriques, ces sources intelligent », jusqu’ici irréalisables.

38 revue ABB 1|10


1 Gestion de la distribution intelligente ABB avec infrastructure de comptage évolué

Demandes Estimation d’état


Portail web Gestion
d’intervention de la distribution
client des travaux
par le client (D-SE)

Réponse
Gestion
SI client SIG OMS à la demande
d’actifs
(RD)

Bus ESB

Adaptateur Adaptateur Adaptateur Intégration DMS-MDMS


MDMS I MDMS II MDMS N par ABB

MDMS I MDMS II MDMS N

réseaux Network ManagerTM. Les ressorts

U
ne « infrastructure de comptage chement/déclenchement des équipe-
évolué » désigne une plate-forme ments), niveaux de charge (intensité) aux de cette intégration sont illustrés en ➔ 1 ;
de collecte, de transmission, de points de livraison (transformateurs du des adaptateurs MDMS autorisent le
regroupement et de diffusion des client final), sources d’alimentation (trans- transfert des données de comptage évo-
informations d’état, de qualité et de formateurs de postes de distribution), pro- lué AMI de n’importe quel fournisseur
consommation électrique, remontées des fils de tension des départs (ligne principale MDMS par le biais du bus multiservice
compteurs basse tension électroniques1. et embranchements). La télémesure des « ESB » (Enterprise Service Bus) d’ABB.
Dans ce contexte, le compteur n’est plus superviseurs classiques est certes capable
un banal instrument de mesure ou « point de fournir des informations sur les équipe- Un OMS de pointe
de comptage » : désormais, il interagit avec ments de postes et de lignes, mais le coût Est appelée « panne » toute interruption
le réseau. de l’infrastructure nécessaire à la collecte longue du service électrique qui survient
de ces données, au niveau et au-delà du lorsqu’un fusible, un réenclencheur ou un
Le déploiement rapide et massif de cette transformateur, est tout bonnement prohi- disjoncteur élimine un défaut ; les clients
technologie au sein de la distribution élec- bitif. Cet obstacle peut être levé en utilisant situés en aval de la protection sont alors
trique donne un sérieux coup de pouce l’infrastructure de comptage évolué exis- privés d’alimentation. Dans pareil cas, et à
aux applications DMS qui peuvent désor- tante, qui non seulement fournit cette in- défaut de communication directe entre le
mais améliorer la prise de décisions et at- formation à bien moindres frais – seul le compteur du client et le DMS, la démarche
teindre plus vite les objectifs fixés par la coût de l’intégration DMS/AMI est à pren- la plus raisonnable et, peut-être, la seule
conduite du réseau, dans les meilleures dre en compte – mais est aussi à même envisageable, consiste à avertir par télé-
conditions de fiabilité et d’économie. L’in- d’atteindre chaque ménage. phone l’entreprise locale de distribution,
tégration DMS/AMI ne va pas de soi ; puis à attendre que le courant revienne.
néanmoins, forte des applications emblé- Architecture du système Rien de tel en présence d’une infrastruc-
matiques du réseau intelligent (RI), telles Le couplage DMS/AMI donnera naissan- ture AMI ! Le signalement automatique de
que la gestion d’incidents « OMS » (Outage ce, au centre de conduite, à toute une l’incident au DMS est l’affaire de quelques
Management System), l’estimation d’état nouvelle génération d’applications de dis- secondes. Un programme d’analyse de
de la distribution « D-SE » (Distribution tribution intégrées et communicantes. panne y traite en continu les messages de
State Estimation) et la réponse à la deman- Pourtant, cette intégration peine à se panne entrants pour localiser précisément
de « RD », elles aussi appelées à bénéficier standardiser, en raison la multiplicité des la coupure et en déduire l’endroit le plus
de la convergence, elle promet un avenir technologies AMI existantes et de la di- probable du ou des défauts avant d’infor-
performant et fiable tant aux acteurs du versité des exigences pour chaque appli- mer les usagers du temps de réalimenta-
système électrique qu’à leurs clients. cation de RI. ABB entend intégrer facile- tion estimé. Avec AMI, le temps d’analyse
ment le système de gestion des données du défaut ne se compte plus en heures
Mariage de raison de comptage « MDMS » (Metering Data
Les applications DMS avancées se nour- Management System) de n’importe quel
Note
rissent d’informations en temps réel ou fournisseur de solutions AMI dans les 1 Version électronique, communicante et
quasi réel : connectivité du réseau (enclen- produits DMS de son Gestionnaire de multi-index du bon vieux « compteur bleu »

Conduite à 360° 39
mais en minutes. Pour le client, la durée de
2 Logigramme de l’estimation d’état
la panne en est écourtée d’autant !
Lorsqu’une coupure touche le réseau de
distribution, l’OMS (et ses deux grandes x z zm
h( ) +/-
composantes, l’avis de panne et l’avis de
reprise de service 2) doit repérer rapide-
Δz
ment et précisément le lieu de l’incident de
façon à y dépêcher les équipes d’interven- État initial
tion et à informer les clients du délai at- Δx
x0 Intégrateur G( )
tendu de réparation. Deux mécanismes
entrent en jeu : la télémesure du supervi-
seur ou le moteur d’inférence de panne.
De tout temps, la télémesure a été la mé-
thode la plus rapide et la plus précise pour autrement dit, la création d’un système sation) ont besoin de connaître l’état de ce
déterminer ou vérifier la localisation de l’in- d’appel automatique, peut écourter le système. D-SE s’appuie sur des techni-
cident. Pourtant, le coût élevé de son in- temps de gel et permettre ainsi au moteur ques d’analyse statistique et d’optimisa-
frastructure de transmission et de mesure d’inférence de résoudre rapidement de tion pour obtenir la meilleure estimation de
explique son utilisation a minima. On lui multiples pannes dans un circuit. l’état du système, à partir de l’ensemble
préfère le moteur d’inférence de panne. De plus, l’emploi et l’insertion des données des mesures ou « observations » disponi-
Ce mécanisme collecte et analyse auto- rapatriées des compteurs intelligents peu- bles. Partant de là, D-SE produit un mo-
matiquement les signalements d’incidents vent aussi s’enrichir des fonctions OMS dèle temps réel représentant au mieux
pour les localiser dans l’espace et dans le suivantes : l’état opérationnel du système pour per-
temps ; il utilise l’emplacement des trans- – vérification d’incidents ; mettre ensuite aux ingénieurs de déceler la
formateurs et organes de protection du – identification de multiples incidents surcharge de circuits.
client, ainsi que la connectivité du réseau sur un même circuit ;
pour en déduire l’organe de protection – repérage de ruptures de conduc- Cet ensemble d’informations peut relever
manœuvré. L’efficacité du mécanisme dé- teurs ; de multiples choix : si l’on ne s’intéresse
pend de la rapidité avec laquelle le client – confirmation de reprise. qu’au comportement statique du système
signale la panne. En effet, nombreux sont électrique, par exemple, un ensemble
les clients qui, pour divers motifs, n’appel- L’une des applications les plus directes composite de tensions complexes, à cha-
lent pas ou remettent à plus tard leur si- d’AMI serait la vérification d’incidents, en que nœud du réseau, détermine à lui seul
gnalement, ce qui a pour inconvénient de utilisant les données de comptage de la son état de fonctionnement. Cette connais-
limiter l’information mise à la disposition du même façon que les données de supervi- sance des tensions complexes en chaque
moteur et d’amoindrir la qualité et la fiabi- sion. On peut alors localiser l’équipement point nodal du réseau, ainsi que le modèle
lité des résultats de l’inférence. et le lieu de la panne si les clients en aval de composants reproduisant les transfor-
sont coupés alors que ceux situés immé- mateurs et lignes de distribution, permet-
Pour combler cette lacune, le moteur diatement en amont restent alimentés. tent de calculer les flux de puissance et de
d’inférence de panne introduit des para- Autre application AMI : la panne causée courant entre deux nœuds adjacents. Au
mètres réglables déterminant le nombre par la rupture d’un câble. Il est ainsi possi- demeurant, nombreux sont les cas où la
d’appels nécessaires pour induire la ble de circonscrire la zone située au niveau mesure directe de l’état du système est
cause de l’incident et la vitesse à laquelle ou autour du conducteur à celle délimitée impossible ou irréalisable ; seules des me-
le système « passe le relais » au dispositif par les clients hors service et en service. sures indirectes 3 sont fournies à l’estima-
de protection suivant du réseau électri- tion d’état pour en déduire, avec le maxi-
que ; en clair, le système regroupe auto- Enfin, le DMS peut communiquer avec le mum de précision, l’état du système.
matiquement plusieurs appels en une compteur pour confirmer la reprise de
seule panne, à un niveau supérieur du ré- service, grâce au rappel téléphonique des En théorie, l’estimation d’état d’un système
seau électrique. L’une de ces variables, usagers. Cette confirmation automatique, composé de N variables ne nécessite que
dénommées « temps de gel de la panne », à la charge du réseau de compteurs, évi- N mesures indépendantes. Dans la prati-
définit le temps durant lequel une panne terait au distributeur d’avoir à recontacter que, une certaine redondance, dictée par
doit rester au niveau d’un dispositif avant sa clientèle. le rapport du nombre de mesures indé-
d’être autorisée à remonter le système. pendantes au nombre de variables d’état,
S’il est naturellement souhaitable d’écour- Autre fonction bénéficiant de l’intégration est nécessaire pour parer aux inévitables
ter ce délai pour identifier une multitude des données des compteurs électroniques erreurs aléatoires faussant les mesures. Il
de défauts, la variabilité des comporte- et des capteurs dans DMS : l’estimation va de soi que plus cette redondance est
ments dans les appels clients fait que 6 à d’état de la distribution (D-SE).
10 minutes peuvent être nécessaires pour
cumuler le nombre d’appels voulu. Estimation d’état de la distribution Notes
Un « état » se définit comme un ensemble 2 Ces deux fonctions obligent à répartir des
points de mesure sur les sites clients.
C’est là qu’intervient avantageusement la d’informations caractérisant un système ;
3 Ces mesures dépendant fonctionnellement des
solution AMI ; le traitement des données toutes les grandes fonctions d’exploitation variables d’état, elles fournissent des
AMI comme autant d’appels clients ou, (protection, contrôle-commande et optimi- informations indirectes sur l’état du système.

40 revue ABB 1|10


3 Estimation de la marge de capacité

Demande

Limite de la demande

Marge de réserve

Marge de capacité

Charge actuelle

Charge prévue

Charge prévue
Prévision de
consommation
Consommation
réelle
T T+Δt T+2·Δt Temps
Instant
présent

– la modélisation complexe de réseaux ques de la réduction de la consommation


Les données AMI de distribution multiphasés déséquili- d’électricité, la mise en œuvre de program-
brés pose un sérieux défi à la formula- mes de réponse à la demande :
participent au ren- tion d’algorithmes d’estimation – aide les distributeurs à différer leurs

forcement de la puissants et robustes, à partir de


différents types de mesures.
investissements dans l’élargissement
ou le renforcement des infrastructures
fiabilité et de l’effi- existantes ;
L’intégration des données de comptage – allège la facture énergétique du client ;
cacité du réseau. lève ces obstacles, surtout par sa capa- – diminue la volatilité des cours de
cité à fournir quantité de mesures en l’électricité sur les marchés au comp-
élevée, meilleure est l’estimation d’état ; temps quasi réel (puissance, tension et tant (règlement et livraison immédiats
avec une redondance de niveau 1, le nom- courant), à chaque point de raccorde- des contrats de fourniture).
bre de mesures est tout juste suffisant ment à la fourniture électrique. La mise à
pour estimer l’état du système. disposition d’une telle somme de don- Les programmes de réponse à la demande
nées améliore grandement la qualité de sont souvent lancés par le distributeur sur
D’ordinaire, l’estimation d’état revêt la for- l’estimation d’état. En augmentant la pré- la base de données qui, fondées sur des
me d’un problème d’optimisation dans cision du modèle du système temps réel, prévisions de consommation, permettent
lequel les variations de décision sont les d’autres fonctions DMS (optimisation de d’évaluer la marge de capacité à un hori-
variables d’état et la fonction objectif à la tension et de la puissance réactive, re- zon donné ➔ 3 : une marge à la baisse ou
minimiser est une mesure de l’écart de la prise de service, équilibrage de la charge, négative déclenche une action RD. Plu-
fonction de mesure par rapport à la me- optimisation de la configuration…) peu- sieurs solutions de RD offertes par les
sure réelle. La formule est schématisée vent être exécutées avec une fiabilité électriciens sont personnalisables au gré
en ➔ 2, avec : accrue. des besoins. Elles poursuivent trois grands
– x = estimation d’état ; objectifs :
– h( ) = fonction de mesure ; Réponse à la demande (RD) – Réduction de la charge en cas de prix
– Δz = écart entre la fonction de Ce vocable désigne les actions de gestion élevé de l’électricité : les clients
mesure dans l’état estimé z et la à court terme de la charge incitant le client baissent leur consommation en
mesure réelle zm ; cette valeur donne final à maîtriser sa consommation d’éner- fonction des signaux de prix émis par
une correction Δx, à l’aide de la gie en jouant sur les écarts de tarif de le fournisseur avec un court préavis.
fonction de gain G( ). l’électricité ou les incitations financières La tarification de l’électricité peut être
pour modérer ou déplacer ses usages revue au mois, à la journée ou en
L’estimation d’état n’a jamais été viable électriques lorsque les prix du marché de temps réel, et se décline en trois
pour les réseaux de distribution électrique, gros sont élevés ou l’équilibre du système formules : indexation horaire (en
et ce pour deux raisons : est menacé [1]. Pour le producteur-fournis- temps réel ou un jour à l’avance) sur
– on ne dispose que de très peu de seur, cet « écrêtage de pointes 4 » est la les prix du marché de gros, tarifs
mesures temps réel ; pour un circuit de première finalité de la RD, même si des ob-
distribution alignant plusieurs milliers de jectifs périphériques (gestion des services
Note
nœuds, il faut se contenter d’une ou de systèmes et amélioration de la fiabilité du
4 Délestage en douceur de la charge durant les
deux mesures, habituellement en tête système dans son entier) entrent aussi en traditionnelles périodes de forte consommation
de ligne d’alimentation; ligne de compte. Outre les vertus écologi- énergétique

Conduite à 360° 41
spéciaux applicables uniquement aux
4 Infrastructure de la réponse à la demande (RD)
heures de pointe « critiques » et
tarification horosaisonnière. Régulateur/Marché Prévision de charge
– Réduction de la charge pour augmen- Gestion des données
de comptage (MDMS)
ter la fiabilité du réseau et parer aux
contraintes de production (aléas
techniques et climatiques) : les clients
se conforment à la demande d’« effa-
cement » prévue dans leur contrat de Vérification et validation
Agrégateur
fourniture, en échange d’incitations
Signaux de Sans-fil CPL Sans-fil
Histori-
financières (primes, facilités de ques RD
contraintes Signaux de Serveurs de collecte de données Tertiaire
réseau prix Commandes/
paiement ou tarifs préférentiels) (sécurisation) Mises à jour
tarifaires/Ordres
proportionnelles à la puissance d’effacement Transmissions
Contrats
Moteur décisionnel RD
effaçable. En cas de non-respect, ils RD

encourent des pénalités. Parmi ces Demand response engine


Résidentiel
programmes, citons le pilotage direct
des usages du consommateur par le
SI
fournisseur, les délestages ciblés et client
Tertiaire
tarifs à effacement (récompensant le Poste opérateur Industrie
client qui ne consomme pas en
période de forte charge) et la réponse
à la demande d’urgence (en cas
5 Exemple de réseau domestique
d’effondrement des réserves).
– Mise aux enchères de l’électricité
lorsque l’énergéticien prédit un déficit Vers fournisseur d’énergie

de fourniture : le programme RD ouvre Consommation


une fenêtre dans laquelle les clients pilotable par
le marché
soumettent leur offre d’effacement ou
de revente d’électricité. Solaire PV

68° Transmission
Infrastructure Ther-
mostat
L’infrastructure RD associe un moteur Afficheur différentiel Compteur
communicant
décisionnel à l’échelle du système, installé Interrupteurs de
gestion de charge
chez le distributeur, et des solutions auto-
matiques et semi-automatiques, sur le site
client. L’entreprise d’électricité peut être
en contact direct avec l’utilisateur résiden-
tiel, commercial ou industriel, ou indirect, Véhicule hybride rechargeable
au travers de prestataires de services ou
de médiateurs, comme les « agrégateurs » ;
ceux-ci se chargent de fédérer des grou- Le moteur RD reçoit également les don- à la demande à diffusion précise » [2])
pes de consommateurs et de transmettre nées de comptage du MDMS. Au besoin, aboutiront, côté client, à plus de réactivité
leurs contributions agrégées comme une il peut aussi recevoir des données du aux signaux de prix et de sécurisation
seule et unique offre de fourniture électri- SCADA. du réseau, et côté gestionnaire, à une
que ➔ 4. meilleure visibilité du système électrique.
Performance L’infrastructure de comptage évolué
Le moteur RD communique avec le systè- L’efficacité d’un programme RD dépend échange des données en temps réel, dans
me d’information (SI) client pour obtenir le de l’exactitude avec laquelle le système de les deux sens, avec les équipements si-
détail des contrats et d’autres données af- télémesure comptabilise et valide les ré- tués après le compteur électronique du
férentes à la fourniture, notamment les ponses du client à un événement RD. En réseau domestique ➔ 5 : thermostats, affi-
clauses de participation de chaque client l’absence de comptage bidirectionnel pré- cheurs, charges pilotables par le marché
ou groupe de clients à un programme de cis, le fournisseur s’appuie beaucoup sur et interrupteurs de gestion de la charge,
RD : délai de notification minimal requis, une combinaison de mesures rapatriées reliés au compteur intelligent et, ce faisant,
nombre maxi autorisé d’interruptions de en vrac des principaux postes électriques au fournisseur, peuvent alors recevoir des
service dans une journée, une semaine ou du réseau et de méthodes stochastiques données (signaux de prix actualisés ren-
une saison, réduction maxi autorisée et telles que l’allocation de la charge et l’esti- seignant les processeurs) et/ou des com-
durée maxi autorisée d’un événement mation statistique. Au demeurant, l’avène- mandes (signaux d’effacement destinés
identifiant les clients en mesure d’être ment du comptage évolué ouvre des pers- aux actionneurs).
contactés durant une action RD. pectives plus réalistes à ce comptage L’intégration des données AMI et RD per-
bidirectionnel de précision. Des événe- met d’adopter des programmes en temps
ments RD en temps réel précis (« réponse réel et quasi réel qui, à leur tour, autorisent

42 revue ABB 1|10


des temps de réponse plus courts, une en couleur, tableaux de bord, anima-
gestion plus fine et une fiabilité accrue, qui
profitent autant aux clients qu’au réseau.
tions…). Ces solutions, auxquelles s’ajou-
tent les fonctionnalités du moteur d’infé-
L’intégration de
rence de panne, fournissent au personnel quantité de
En l’absence de communication en temps de conduite des outils performants d’ana-
réel ou quasi réel entre l’entreprise d’élec- lyse de visu, en temps réel, de l’incident. mesures temps
tricité et les clients, il est impossible de
vérifier immédiatement la réaction de ces La représentation graphique des relevés
réel, certes problé-
derniers à un événement RD. L’électricien de comptage et la possibilité de cibler cer- matique, ouvre la
doit alors attendre le prochain cycle de tains compteurs peuvent se combiner à
collecte de données, qui peut avoir lieu des systèmes de gestion des équipes d’in- voie à de nouvelles
dans les heures ou les jours qui suivent,
pour effectuer ses calculs. La valeur ajou-
tervention, aidés des SIG, pour optimiser
la tâche des dispatcheurs. Qui plus est, les
applications qui
tée d’une communication temps réel/quasi opérateurs peuvent revoir toutes les modi- dopent l’efficacité
réel réside dans la possibilité pour le four- fications des données de comptage, dans
nisseur de vérifier et de valider les répon- un créneau temporel donné, pour étudier et la fiabilité du
ses du client à un événement RD et aux la dynamique évolutive du réseau, dans
signaux correspondants, puis de déclen- l’espace comme dans le temps. En com-
réseau.
cher, si nécessaire, des actions palliatives plétant cette analyse graphique de tempé-
(contacter un autre groupe de clients ou ratures et de données météorologiques, mesures temps réel n’est pas sans risques
émettre un événement RD d’urgence). les facteurs de causalité deviennent évi- ni difficultés, mais elle ouvre la voie à de
dents et des scénarios peuvent être étu- nouvelles applications qui participent à la
Perspectives applicatives diés pour évaluer les futurs impacts d’un réduction des durées d’interruption de
Les réseaux de distribution qui desservent incident. service (OMS), à l’optimisation de la ten-
des millions de clients tertiaires et résiden- sion et de la puissance réactive (VVO), à
tiels équipés de compteurs communicants Les outils d’agrégation, qui remontent les l’amélioration de la connaissance de l’état
voient exploser les volumes de données à données de comptage aux transforma- du réseau (D-SE) et à l’interaction du client
traiter ! La gestion de ces avalanches teurs, sont utiles pour mettre en lumière, à (RD). Les laboratoires de recherche-déve-
d’informations temps réel pose un sérieux l’aide de courbes de niveau, les zones où loppement d’ABB tirent parti de ces inno-
défi, amplement illustré par la gigantesque ces appareils risquent la surcharge et, à vations pour créer des applications amé-
panne survenue en Amérique du Nord, le l’inverse, celles accusant une forte densité liorant l’efficacité, la fiabilité et l’exploitation
14 août 2003 : la commission d’enquête de transformateurs sous-utilisés. Ces du réseau.
chargée d’analyser l’incident pointa une fonctions ont aussi leur utilité en situation
connaissance insuffisante de l’état du ré- de délestage d’urgence. Dans la majorité
seau par les différents acteurs du système des cas, la disponibilité de données comp-
électrique. teurs et capteurs permet d’évaluer plus
rapidement les dégâts. Ces données peu-
Pour brasser efficacement les masses vent aussi être associées à une cartogra-
croissantes de données en provenance phie du terrain et à des techniques vidéo et
des compteurs et des capteurs, les appli- lidar (détection, mesure et localisation de
cations de gestion doivent être capables cibles par faisceau lumineux laser). Celles-
de fédérer, de synchroniser et de recou- ci sont déjà à l’œuvre dans les études William Peterson
per des sources éparses et hétérogènes d’ouvrages électriques (poteaux/lignes) ou Xiaoming Feng
pour produire des informations manipula- de croissance de la végétation ; reste à les Zhenyuan Wang
bles. Le déploiement de l’infrastructure intégrer dans l’analyse des infrastructures Salman Mohagheghi
AMI peut à cette fin tirer parti du « traite- et des données globales du réseau. Elizabeth Kielczewski
ment des événements complexes ». Ces ABB Corporate Research
systèmes analysent une multitude d’évé- Vision d’avenir Raleigh (Caroline du Nord, États-Unis)
nements en continu pour identifier des Si, il y a une vingtaine d’années, l’automa- william.peterson@us.abb.com
situations exceptionnelles, comme la sur- tisation de la distribution n’était pas une xiaoming.feng@us.abb.com
charge ou la déstabilisation imminente du priorité, la demande croissante d’énergie zhenyuan.wang@us.abb.com
réseau. Les données sont traitées en lo- électrique et la sensibilité accrue des po- salman.mohagheghi@us.abb.com
cal et diffusées uniquement si la charge, à pulations aux questions environnementa- elizabeth.kielczewski@us.abb.com
l’échelle du réseau, le nécessite. les et au développement durable plaident
pour l’instrumentation et la numérisation
Les outils de visualisation tirent aussi profit des réseaux de distribution. Les automa- Bibliographie
des données AMI. Ils s’appuient sur les tismes de postes/lignes et le comptage [1] Federal Energy Regulatory Commission (FERC),
données spatiales des systèmes d’infor- évolué se déploient à marche forcée, dans Assessment of Demand Response & Advanced
Metering, Collectif rédactionnel, août 2006.
mation géographique (SIG) et mettent en le monde entier, et déversent quantité de
[2] Johnson, H., W., « Communication Standards for
œuvre de nombreuses techniques moder- données dans les systèmes de conduite. Small Demand Resources », PSCE’09, IEEE/PSE,
nes (représentation par courbes de niveau Certes, l’intégration de tels volumes de Seattle, WA, États-Unis, 15–18 mars 2009.

Conduite à 360° 43
Toile électrique
ABB collabore avec de grands instituts de recherche pour
relever les défis des réseaux électriques du futur

CHERRY YUEN, ALEXANDER OUDALOV, ANDREW D. PAICE, standards indispensables à leur déploiement. Nombre
KLAUS VON SENGBUSCH – Pour lutter contre le changement d’entre eux sont déjà à l’œuvre pour moderniser
climatique et améliorer leur efficacité énergétique et l’exploitation des réseaux et les rendre plus efficaces,
opérationnelle, de nombreuses entreprises d’électricité ont plus fiables et plus « intelligents ». Les recherches pour
progressivement fait des réseaux intelligents (RI) une faire progresser le transport et la distribution électriques
priorité. En Europe comme aux États-Unis, les pouvoirs se sont concentrées sur la mise en œuvre de fonctionnali-
publics ont compris l’importance des RI pour réaliser leurs tés évoluées dans les produits ABB et les installations
objectifs environnementaux et sécuriser leur approvision- clients. Cet article rend compte des projets menés en
nement énergétique : un thème dès lors relayé par les collaboration avec des partenaires externes et partielle-
médias. Rien de neuf, en revanche, pour ABB qui dével- ment financés par des organismes publics tels que la
oppe depuis plusieurs années les technologies et les Commission européenne.

44 revue ABB 1|10


mettait 3,4 milliards de dollars pour « sti- sent aux consommateurs un approvi-
muler par l’innovation technologique la sionnement électrique fiable et de
transition des États-Unis vers un systè- meilleure qualité, ainsi qu’un accès à des
me électrique communicant, robuste, ef- énergies propres et, éventuellement,
ficace et fiable » [1]. Sur le Vieux conti- moins chères. Les gestionnaires de ré-
nent, la Commission européenne finance seaux et les fournisseurs d’électricité
désormais des projets destinés au déve- misent aussi sur leur capacité à fédérer
loppement de technologies qui « jouent la production décentralisée et à minimi-
un rôle clé dans la transformation du ser les pertes.
réseau classique de transport et de
distribution en un réseau interactif et uni- Au demeurant, les défis technologiques
fié de services énergétiques utilisant pour insérer et exploiter ces micro-
des méthodes et systèmes européens réseaux sont énormes. Il est notamment
de planification et d’exploitation com- difficile d’assurer leur stabilité en cas de
muns » [2]. défaillances et de perturbations d’origi-
nes diverses : passer de l’interconnexion
Si les véritables RI sont encore une pers- à l’îlotage peut induire d’importants
pective lointaine, ABB travaille depuis déséquilibres offre-demande de puissan-
quelques années au développement des ce et, partant, de graves problèmes de
technologies et normes nécessaires à réglage de la fréquence et de la tension.
leur avènement, dont beaucoup sont Le maintien de la stabilité et de la qualité
déjà utilisées. Des projets en cours de- du courant en mode îloté impose des
vraient notamment apporter de nouvelles stratégies de contrôle-commande élabo-
solutions de transport d’une énergie non rées tenant compte de l’ensemble des
plus totalement produite par de grandes paramètres de production, de consom-

L
es systèmes électriques ont été centrales, mais aussi par de petits géné- mation et de stockage d’énergie.
traditionnellement exploités de rateurs alimentant des villages, des vil-
manière centralisée ; ainsi l’éner- les, voire des usines. Ces réseaux de Les besoins en protection sont un autre
gie est-elle acheminée des cen- « distribution active » garantiraient l’ali- enjeu de taille. En cas de défaut, le
trales de grande capacité aux lieux de mentation électrique continue des infra- microréseau doit être découplé du ré-
consommation sur des infrastructures structures stratégiques de communica- seau principal aussi vite que possible
construites selon un schéma unidirec- tion et de conduite qui sont le poumon
tionnel et vertical : production-transport- de l’économie. De même, le rapproche-
distribution. Or la filière se heurte ment des zones de production et des Pour ABB, le
aujourd’hui à une contradiction : il lui faut centres de consommation réduirait signi-
fiabiliser la fourniture de quantités tou- ficativement les pertes de transport et de réseau intelligent
jours plus importantes d’énergies renou-
velables et propres, tout en empruntant
distribution. ABB travaille dans ce do-
maine en étroite collaboration avec des
est une infrastruc-
des infrastructures qui n’ont pas été partenaires externes ; leurs efforts ont ture essentielle-
conçues ni dimensionnées, à l’origine, abouti à la réalisation de plusieurs pro-
pour les accueillir ! Ce patrimoine électri- jets pilotes, dont quatre (More Micro- ment active.
que doit donc se muer en un réseau grids, AuRA-NMS, address et MEREGIO)
adaptatif, plus efficace et écologique sont évoqués dans cet article ➔ 1. pour protéger ses propres charges. Si la
pour intégrer l’électricité issue de multi- défaillance est imputable au microré-
ples sources diffuses et de diverses qua- Microréseaux seau, des fonctions de protection doi-
lités, et garantir à tous les consomma- Ce terme désigne des systèmes de dis- vent pouvoir détecter les courants de
teurs une desserte fiable et conforme à tribution moyenne tension (MT) et basse court-circuit normalement faibles, dus à
leurs besoins. tension (BT) alimentés par des sources l’électronique de puissance des micro-
d’énergie décentralisées, des dispositifs générateurs, afin d’isoler la partie criti-
Le terme « réseau intelligent » (RI) a de de stockage et des charges commanda- que du microréseau. La conception et
nombreuses acceptions. Pour ABB, il bles. Ils peuvent s’interconnecter au ré- l’exploitation spécifiques des microré-
s’agit d’une infrastructure essentielle- seau ou fonctionner en mode îloté, de seaux nécessitent une étude des divers
ment active qui s’autocontrôle, s’appuie manière contrôlée et coordonnée. Évolu- aspects de la protection du réseau BT,
sur des standards et normes industriels, tion logique des réseaux de distribution tels que de nouveaux principes de
transcende les frontières et participe aux traditionnels, ils agrègent quantité de relayage.
marchés de gros de l’énergie en conju- producteurs locaux et diffus, tels que mi-
guant stabilité, sécurité, efficacité et res- croturbines, piles à combustible, petits Déploiement massif des microréseaux
pect de l’environnement. générateurs diesel, panneaux photovol- C’est dans cette optique que s’inscrit le
taïques (PV), éoliennes, petite hydrauli- projet Advanced Architectures and
Les RI ont beaucoup fait parler d’eux. En que et dispositifs de stockage d’énergie Control Concepts for More Microgrids
octobre 2009, le Président Obama pro- (batteries…). Ces microréseaux garantis-

Toile électrique 45
1 La Commission européenne mise sur l’intégration de la production 2 Microréseau basse tension de Gaidouromantra, sur l’île grecque
décentralisée et l’amélioration de l’efficacité énergétique. de Kythnos

Génératrice PV

Marchés de l’énergie
~
=

Réseau CA 3-400 V Réseau CA 3-400 V

~
~ = ~
~ = =
=
~
~ ~ ~ =
= = =
~
MORE MICROGRIDS Batterie PV Diesel Génératrice PV
Génératrice PV
Bâtiment de
commande

de la Commission européenne. Princi- Membre du comité de pilotage, ABB


paux objectifs : siège au conseil des constructeurs et Si les véritables
– stratégies de contrôle-commande coordonne l’ensemble des travaux d’éla-
centralisé et décentralisé pour boration des schémas et fonctions de RI sont encore
identifier la manière la plus efficace de protection des microréseaux ainsi que
réguler la tension et la fréquence, et de nouveaux concepts, comme les
une perspective
minimiser le déséquilibre entre microréseaux à courant continu. De plus, lointaine, ABB
microsources de production et en tant que fournisseur de services
charges, en cas d’îlotage ; systèmes, ABB s’intéresse de près à travaille depuis
– nouveaux schémas de protection l’exploitation de ces microréseaux.
adaptés au microréseau ;
plusieurs années
– aspects technico-commerciaux de
l’insertion de multiples microréseaux
L’amélioration de la qualité du service à
la clientèle passe par une gestion plus
au développe-
BT comportant un grand nombre fine des opérations temps réel des ment des techno-
d’éléments actifs (petits générateurs, réseaux de distribution électrique. Des
solutions de stockage d’énergie et verrous technologiques doivent sauter si logies et normes
charges flexibles) sur un réseau de
distribution MT ;
l’on veut intégrer les petites productions
d’énergies renouvelables (EnR) aux infra-
nécessaires à leur
– avantages opérationnels/environne- structures existantes, lourdes, comple- avènement.
mentaux et impact des microréseaux xes, passives et trop coûteuses à rem-
sur les stratégies futures de rempla- placer prématurément. Envisager une
cement et d’extension des infrastruc- conduite centralisée du réseau de de- des incidents) sont assurées par le ges-
tures de transport et de distribution, main n’est pas réaliste : il faut trouver les tionnaire du réseau de distribution (GRD).
à l’échelle régionale, nationale et moyens de déporter la commande. Le projet AuRA-NMS explore les moyens
européenne. de déléguer progressivement l’« intelli-
Des recherches sont actuellement me- gence » de cette commande centralisée
Huit microréseaux pilotes sont actuelle- nées dans ce but par trois géants de et hiérarchisée à un réseau d’égal à égal,
ment opérationnels pour éprouver et l’énergie (ABB, EDF Energy et Scottish constitué d’automates et d’outils d’aide
valider plusieurs configurations, straté- Power) et huit universités, sous la hou- à la décision implantés dans chaque
gies de conduite et algorithmes de pro- lette de l’Imperial College de Londres. Le poste électrique. Ces automatismes
tection ➔ 2. projet, baptisé « AuRA-NMS » (Autono- pourraient ouvrir et fermer des commu-
mous Regional Active Network Manage- tateurs commandés à distance pour re-
Le projet More Microgrids, lancé début ment System), est commandité par l’En- porter les charges vers différentes par-
2006 et conclu en janvier 2010, fait inter- gineering and Physical Science Research ties du réseau et corriger ainsi la tension,
venir 22 constructeurs, dont ABB, Sie- Council (EPSRC) du Royaume-Uni et de même que vérifier l’état de charge
mens, ZIV et SMA Solar Technology, des dispose d’un budget total d’environ 6,25 des systèmes de stockage et les rende-
distributeurs électriques comme Liander, millions d’euros 2.
MVV et EdP, et des équipes de recher-
che 1 de 12 pays européens. Il est cofi- AuRA-NMS Notes
nancé à hauteur de 4,7 millions d’euros Dans un centre de conduite, les fonc- 1 Citons les universités d’Athènes, de Porto et de
Manchester, l’ISET (Belgique), le technocentre
par le 6 ème programme-cadre de recher- tions semi-automatiques d’exploitation
Labein (Espagne) et le groupe CESI (France).
che et de développement technologique et d’analyse (transits de puissance, re- 2 Cette somme tient compte de la contribution
(FP6) de la Commission européenne. configuration, courts-circuits, traitement spécifique des partenaires industriels.

46 revue ABB 1|10


ments de la production décentralisée. address La lutte contre le dérèglement climatique
Un système de communication efficace La gestion dynamique de la charge donne est un effort de longue haleine qui impli-
ferait remonter ces informations et per- la possibilité aux particuliers et aux PME que un bouleversement de la production
mettrait aux automates ne disposant que d’interagir avec l’exploitation du réseau et de l’utilisation de l’énergie par l’indus-
d’une vue partielle du système de coo- en modulant leur consommation électri- trie et la société toute entière. ABB aide
pérer pour adopter un ensemble optimal que. Au cœur du concept figure l’« agré- ses clients à maîtriser leur consomma-
d’actions en cas de défaut, d’excursion gateur » qui représente une vaste com- tion d’énergie et à réduire leur impact
de tension ou de contraintes réseau limi- munauté de petits consommateurs sur le environnemental grâce à une large gamme
tant la production d’un générateur. Les marché de l’électricité et facture des mo- de produits, de systèmes et de services
automates des postes primaires se coor- difications de leur profil de consomma- [3] . Le Groupe est également partie pre-
donneraient mutuellement pour sécuriser tion en tant que service à d’autres nante d’un autre projet européen de
l’exploitation du réseau, tant en régime acteurs du système énergétique, comme création de « régions à émissions mini-
normal que perturbé. Leurs fonctions de les revendeurs, les GRD et les responsa- males » ou « MEREGIO » (Minimum Emis-
contrôle-commande doivent pouvoir gé- bles d’équilibre. Le projet prévoit à cette sions Region), s’appuyant sur un réseau
rer la coordination de deux GRD aux fin le développement de plates-formes optimisé, durable et autant que possible
règles opératoires divergentes et l’aug- de mise en œuvre technique et commer- décarboné.
mentation du nombre de sources de ciale, et l’étude de mesures encoura-
production distribuées sur leur propre geant les consommateurs à prendre part MEREGIO
réseau. à la gestion du système énergétique. Le Le projet MEREGIO réunit ABB, IBM,
volet technique comprend un dispositif SAP, EnBW (l’un des premiers énergéti-
En sa qualité de responsable du projet de communication et de contrôle du ré- ciens allemands), Systemplan Enginee-
AuRA-NMS, ABB apporte son expertise seau, et l’interface client energy box. Des ring et l’université de Karlsruhe. C’est
de l’automatisation des postes électri- algorithmes sont à
ques et de l’estimation d’état de la distri- l’étude pour opti-
bution. Il fournit également les automa- miser l’exploitation Grâce à une étroite collabora-
tismes de poste COM615 et le système du réseau MT/BT
SVC Light® with Energy Storage. et les usages éner- tion avec des partenaires
Lancé fin 2006, le projet doit s’achever
gétiques sur le site
du client ; ils doi-
externes, ABB fournira des
début 2010. Des installations pilotes vent aussi permet- solutions taillées sur mesure.
équipent actuellement des postes d’EDF tre de sélectionner
Energy en Angleterre. les services d’effacement temporaire ou une des six propositions retenues par le
de déplacement de la consommation en concours E-Energy, système énergéti-
Dans un futur proche, les EnR, notam- heures creuses. La plate-forme commer- que du futur basé sur les technologies
ment éoliennes et photovoltaïques, de- ciale décrit les services proposés par de l’information et de la communication
vraient couvrir une large part des besoins un agrégateur sur le marché de l’électri- (TIC), patronné par le ministère fédéral
énergétiques. Toutefois, les aléas météo- cité. allemand de l’Économie et de la Techno-
rologiques peuvent désorganiser la des- logie.
serte électrique. Rien de grave si le sys- Le projet address a démarré en juin 2008
tème de distribution sait répondre pour une durée de quatre ans. La struc- Prenant comme « région modèle » celle
opportunément à une brusque fluctua- ture proposée sera testée dans trois si- de Karlsruhe/Stutggart 3, le projet s’ap-
tion de la fourniture. Des équipements tes en France, en Espagne et en Italie. puie sur les TIC pour minimiser les émis-
de stockage permettront de compenser Cinq spécialistes de l’énergie, EDF, Iber- sions carbone dues au chauffage et à la
ces variations et la consommation drola (Espagne), ENEL (Italie), ABB et consommation d’électricité : 1 000 comp-
d’énergie domestique pourra être opti- KEMA (Allemagne), ainsi que les univer- teurs communicants à interfaces bidirec-
misée par des interfaces client (energy sités de Manchester (Grande-Bretagne) tionnelles large bande seront installés
box), capables de réagir à un déficit et de Cassin (Italie) en sont les principaux dans le cadre d’un projet pilote, dont
d’énergie en délestant brièvement cer- membres, appuyés par 18 autres parte- 800 chez des clients résidentiels et in-
tains usages non essentiels pour conti- naires européens. address est cofinancé dustriels, 150 dans des unités de pro-
nuer à alimenter les appareils prioritaires. à hauteur de 9 millions d’euros par le duction et 50 dans les systèmes de stoc-
Bien appliquée, cette stratégie de ges- 7 ème programme-cadre de recherche et kage d’énergie. Un certificat d’efficacité
tion dynamique de la charge peut renfor- de développement (FP7/2007-2013) de énergétique régionale indiquera aux
cer la souplesse du système électrique la Commission européenne. ABB est consommateurs leur empreinte CO2.
et favoriser l’envol des EnR. Le projet membre à la fois des comités d’étude et
« address » (Active distribution networks de gestion, et pilote les travaux de déve-
with full integration of demand and distri- loppement de la plate-forme de commu-
buted energy resources) de la Commis- nication. Le Groupe joue également
sion européenne entend concrétiser cet un rôle majeur dans l’élaboration des Note
3 Région parmi les plus densément peuplées
objectif. nouveaux algorithmes de conduite du
d’Allemagne et considérée comme l’un des
réseau. premiers pôles industriels et de haute
technologie d’Europe.

Toile électrique 47
D’un point de vue technique, l’exploita-
3 Le réseau du futur ? Différents acteurs collaborent pour transformer le système
tion efficace d’un réseau électrique traditionnel en un RI efficace et respectueux de l’environnement.
nécessite l’intégration optimale de nom-
breuses sources de production dé cen-
tralisées et la gestion dynamique de la
consommation. Dans ce dernier cas, le Producteurs
GRD doit connaître en temps réel la dis-
Transport GRT
ponibilité de l’offre et la demande des haute tension
110-380 kV,
consommateurs, dans l’ensemble du ré- réseau maillé
seau. L’infrastructure de communication
des installations pilotes lui fournira les in- Distribution GRD
moyenne tension
formations nécessaires pour contrôler le 6-35 kV, réseau radial
réseau en prédisant le flux de puissance More
Microgrids
et en réagissant rapidement aux change- Distribution GRD
basse tension
ments de situation. Le GRD peut égale- 380 V, réseau radial
ment envoyer aux consommateurs des
signaux de prix (tarifs horosaisonniers)
Distribution Consomma-
les invitant à moduler leur consommation basse tension teurs
en fonction du coût et de la disponibilité 380 V, réseau radial

de l’énergie 4.

Dans ce projet, ABB apporte son exper- réglementaires des fournisseurs d’élec- Cherry Yuen
tise de la conduite des réseaux et de tricité et gestionnaires de réseaux. Le Alexander Oudalov
l’automatisation de la distribution. Il Groupe bénéficie aussi d’une collabora- Andrew D. Paice
s’agit notamment de la détection des tion fructueuse avec d’autres institutions ABB Corporate Research
congestions, de l’optimisation de l’ex- à la pointe de la recherche sur les ré- Baden-Dättwil (Suisse)
ploitation du réseau (en minimisant les seaux intelligents ➔ 3. Les résultats de cherry.yuen@ch.abb.com
manœuvres en cours de maintenance, ces différents projets sont complémen- alexander.oudalov@ch.abb.com
par exemple) et de l’anticipation de l’of- taires et s’appliquent à une large gamme andrew.paice@ch.abb.com
fre et de la demande (injections/prélève- de produits et de solutions d’ABB visant
ments) aux différents nœuds du réseau, à répondre aux besoins différenciés de Klaus von Sengbusch
moyennant des algorithmes complexes. chaque client. ABB Power Products
La précision d’une prévision dépendra Mannheim (Allemagne)
de la qualité des données saisies dans Si le réseau électrique du futur répond au klaus.von-sengbusch@de.abb.com
l’algorithme : certains calculs sont effec- vocable universel de « réseau intelligent »,
tués à partir des valeurs temps réel de les défis posés par l’introduction de ces
tension et d’intensité reçues des équipe- technologies différeront beaucoup d’une
ments du réseau et des informations re- région du monde à l’autre. Il n’y aura
montées par les compteurs intelligents. donc pas de modèle unique de RI. Grâce
En outre, le système de gestion de ré- à une collaboration active avec des
seau d’ABB servira d’interface avec le entreprises d’électricité, des universités
marché et les systèmes de négoce et d’autres acteurs du secteur énergéti-
d’énergie 5 ; il évitera les congestions que, ABB sera en mesure d’apporter des
avec des mécanismes d’éclatement vo- solutions au cas par cas. C’est là que
lontaire du marché de gros en sous-mar- réside toute l’« intelligence » de la straté- Notes
4 Validation d’un concept, en vigueur en
chés locaux, de part et d’autre des gie !
Allemagne depuis 2010, selon lequel les
congestions (market splitting), et analy- entreprises d’électricité doivent proposer à
sera les données relatives aux futurs leurs clients des tarifs en fonction de la
échanges d’énergie afin de prédire le situation présente du réseau.
5 Ces systèmes font aussi partie intégrante du
transit de puissance sur le réseau de dis-
projet MEREGIO.
tribution.

Le projet quadriennal MEREGIO a com-


mencé en 2008 ; la première expérimen- Bibliographie
[1] Maison Blanche, 27 octobre 2009,
tation sur le terrain avec les clients devrait
http://www.whitehouse.gov/the-press-office,
débuter en 2011 et durer un an. consulté le 11 novembre 2009.
[2] Commission européenne, Towards Smart Power
Quatre projets, une vision Networks: Lessons learned from European
research FP5 projects, 2005,
En participant à ces projets, ABB dispose
http://ec.europa.eu/research/energy,
d’informations très récentes et de pre- consulté le 10 novembre 2009.
mière main sur les besoins techniques et [3] Nordstrom Anders, H., « Défis climatiques et
énergétiques », Revue ABB, 3/2009, p. 6–10.

48 revue ABB 1|10


Réactivité sur toute la ligne
La compensation de puissance réactive, moyen efficace pour
contrer les chutes de tension dans les réseaux électriques

ROLF GRÜNBAUM, PETER LUNDBERG, BJÖRN THORVALDSSON – réseaux électriques ne peuvent plus compter sur les généra-
Les gigantesques pannes électriques survenues récemment teurs pour disposer de puissance réactive ; ils doivent
en Europe et aux États-Unis ont fait prendre conscience de désormais la fournir eux-mêmes. Injecter rapidement une
la nécessité de sécuriser et de fiabiliser l’approvisionnement quantité satisfaisante de puissance réactive dans les réseaux
en électricité des zones résidentielles, des bâtiments publics urbains pour stabiliser leur tension est une obligation
et des sites industriels. À l’évidence, un grand nombre de d’autant plus contraignante qu’un pourcentage élevé de
réseaux électriques souffre de sous-investissements, situa- récepteurs inductifs (moteurs asynchrones des climatiseurs,
tion exacerbée par les incertitudes sur le partage des rôles par exemple) est raccordé au réseau ou que ce dernier est en
et sur les nouvelles règles du jeu imposées au marché défaut. Les compensateurs statiques de puissance réactive
concurrentiel. Ainsi, depuis la séparation entre activités de remplissent parfaitement cette délicate mission.
production et activités de transport, les gestionnaires de

Réactivité sur toute la ligne 49


la ligne concernée est déconnectée et
1 Variation de la tension sur un jeu de barres
l’électricité qu’elle transportait est reportée en fonction de la charge avec et sans SVC
sur les autres lignes, augmentant la puis-
sance réactive consommée. Lorsque la
fourniture de réactif est limitée, la charge
supplémentaire imposée aux lignes provo-
que une chute de tension dans le réseau.

Tension
Si de la puissance réactive n’est pas injec-
tée à cet instant précis, la tension peut
chuter brusquement et entraîner une pan-
ne généralisée car le réseau de transport
ne peut plus assurer le transit d’énergie Puissance

électrique. Avec SVC de puissance infinie

À l’évidence, en produisant de la puissance Sans compensation


Avec SVC de puissance limitée
réactive aux caractéristiques dynamiques
adéquates, au bon moment et aux bons
endroits, on peut prévenir ou, pour le moins,
limiter les pannes de courant. Sur ce plan,
2 Schéma unifilaire d’un système générique
le dispositif SVC d’ABB s’avère efficace.

Compensation rapide et lente


Outre les SVC, la puissance réactive peut MA

également être fournie par des condensa- Réseau Ligne Charge

teurs commutés mécaniquement MSC


(Mechanically Switched Capacitors). Or

U
n des atouts maîtres de ces ces deux dispositifs sont très différents, les
3 Couple de charge et de la machine en fonc-
compensateurs statiques de premiers assurant une compensation ra- tion de la vitesse et du courant de la machine
puissance réactive (plus connus pide et les seconds une compensation
sous leur abréviation anglaise lente. Les MSC sont donc d’une grande
SVC pour Static Var Compensators) est utilité pour les applications aux exigences 1

leur aptitude à injecter de la puissance moyennes en matière de réponse dynami-


0,8
Couple/courant

réactive sur les réseaux à différents régi- que ou de fréquence de manœuvre com-
mes de marche. Ils contribuent ainsi à me, par exemple, le soutien de tension en 0,6
maintenir leur stabilité, voire à la rétablir, régime établi sur des cycles de charge de
0,4
dans les régimes les plus perturbés. Cet 24 heures. Pour des applications plus
article décrit le cas précis où les dispositifs contraignantes, ils sont inadaptés et les 0,2
SVC participent efficacement au soutien SVC (voire les STATCOM 1) deviennent indis-
0
dynamique de la tension dans des réseaux pensables. 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
électriques fortement chargés du fait d’un Vitesse (m/s)

nombre élevé de charges inductives. Stabilité dynamique de la tension Courant

L’installation d’un SVC en un point critique Couple de la machine


Couple de charge
Les SVC appartiennent à la famille des de la desserte électrique constitue un puis-
systèmes de transport flexibles en courant sant moyen d’action pour le soutien dyna-
alternatif FACTS (Flexible AC Transmission mique de la tension et le renforcement de
Systems) utilisés à différentes fins pour la marge de stabilité. L’aptitude d’un SVC
4 Défaut phase-terre à proximité de la charge
renforcer les performances des réseaux à maintenir une tension constante au point
électriques. de charge d’une configuration donnée du
Un déficit de puissance réactive est sou- réseau est fonction de la puissance du SVC
vent à l’origine d’un écroulement de ten- SVC et de la charge. La relation est illus-
sion dans le réseau électrique car, en gé- trée en ➔ 1.
néral, cette puissance joue précisément un Les compensateurs SVC interviennent à MA

rôle de premier plan dans la stabilisation deux moments : lors d’une sous-tension Réseau Ligne Charge

de la tension. Or elle ne peut – et ne doit consécutive à un défaut et lors d’une sur-


pas – transiter sur de longues distances tension en cas de charge faible ou à vide.
car elle occasionne des pertes en ligne et Un réseau générique est illustré en ➔ 2. Le
des chutes de tension. Il faut donc la pro- centre de charge est alimenté par une ligne
duire au plus près des besoins, à savoir les de transport et la charge est constituée, en
lieux de consommation. grande partie, de moteurs asynchrones Note
1 Convertisseur électronique à source de tension
Une ligne électrique chargée consomme (MA) sensibles aux sous-tensions. Dans ce
utilisé sur les réseaux de transport en courant
de la puissance réactive. En cas de défaut cas, le réseau doit fournir de la puissance alternatif (CA) pour injecter ou absorber de la
sur le réseau, un court-circuit par exemple, à la fois active et réactive à la charge. Outre puissance réactive.

50 revue ABB 1|10


les pertes Joule, les défauts dans les ré- Compensateur statique de puissance
5 Dispositif SVC constitué de TCR/TSC/FC
seaux posent plusieurs défis que nous dé- réactive SVC
crivons ci-après. Un SVC est réalisé à partir d’inductances
commandées par thyristors TCR (Thyristor-
Sous-tensions Controlled Reactors), d’éléments conden-
Des sous-tensions peuvent survenir lorsque sateurs commutés par thyristors TSC
des générateurs sont hors service ou lors (Thyristors-Switched Capacitors) et/ou
de défauts dans les lignes adjacentes. Ces d’éléments condensateurs fixes FC (Fixed
défauts, qui sont généralement transitoires Capacitors) agencés en filtres. Une configu-
(100 à 150 ms), entraînent une chute de ration type est reproduite en ➔ 5.
tension d’ampleur variable soit pendant le Un TCR comprend une inductance fixe en
défaut, soit directement après sa dispari- série avec un thyristor bidirectionnel. Il TCR TSC TSC Filtres
tion. s’agit en général d’inductances dans l’air,
Si le SVC est très près d’un défaut tripha- isolées à la fibre de verre et imprégnées de
sé, il ne peut pas faire grand chose pour résine époxyde.
6 Caractéristiques V-I du SVC
atténuer la chute de tension pendant ce Un TSC comprend une batterie de conden-
défaut. Pour des défauts plus éloignés ou sateurs en série avec un thyristor bidirec- Tension (V T)
entre une phase et la terre, il peut, dans tionnel et une inductance d’amortissement
une certaine mesure, contribuer à stabili- qui sert également à désaccorder le circuit
Vmax
ser la tension à proximité en continuant pour éviter toute résonance parallèle avec ΔV Lmax

d’injecter de la puissance réactive sur le le réseau. Le thyristor branche et débran- ΔV Cmax Vref

réseau pendant toute la durée du défaut. che la batterie de condensateurs pendant Vmin

Les régimes de sous-tension sont particu- un nombre entier de demi-cycles de la ten-


lièrement préoccupants lorsque la charge sion appliquée. Le TSC n’étant pas com-
est constituée d’un pourcentage élevé de mandé en phase, il n’engendre aucune
machines asynchrones (moteurs de pom- distorsion harmonique.
pes ou de climatiseurs, par exemple). Le Un SVC complet constitué de TCR et de
rapport en régime établi entre le couple de TSC peut être conçu de différentes façons ICmax ILmax

charge et le couple électrique produit en pour satisfaire à un certain nombre de cri- Courant total du SVC
fonction de la vitesse est repris en ➔ 3. tères de fonctionnement avec le réseau.
Pendant le défaut, les machines asynchro- De plus, une compensation lente de l’éner-
nes décélèrent, ce qui aura une incidence gie réactive peut, au besoin, être réalisée
sur le réseau à l’élimination du défaut. au moyen de condensateurs MSC. Un déficit de
Dans les cas les plus graves, la tension ré-
seau ne peut être rétablie après le défaut. Caractéristiques du SVC puissance réac-
Supposons, par exemple, qu’un défaut
phase-terre survienne à proximité du cen-
Un SVC possède les caractéristiques
tension-courant (V-I) statique et dynami-
tive est souvent à
tre de charge en ➔ 4. En produisant de la que illustrées en ➔ 6. On fait varier la ca- l’origine d’un
puissance réactive pendant le défaut, le ractéristique courant/susceptance du SVC
SVC assure un fort soutien dynamique de pour réguler la tension le long d’une pente. écroulement de
la tension, ce qui permet de remédier au
problème, surtout après l’élimination du
Le réglage de la pente ainsi que d’autres
équipements de contrôle de la tension
tension dans le
défaut. jouent un rôle non négligeable dans le ré- réseau électrique.
seau. Il est également important lorsque
Surtensions l’on détermine la valeur de tension où le Le dispositif SVC
Si les surtensions sont gérées de la même SVC atteindra la limite de sa plage de
manière que les sous-tensions, elles doi- contrôle. Une forte pente prolongera la
d’ABB peut jouer
vent impérativement être contrôlées en plage de contrôle active vers une tension un rôle clé en
cas de délestage de la charge. En effet, plus faible mais au détriment de la préci-
une brusque perte de charge induit des sion de régulation de la tension. produisant de la
surtensions résultant de l’excès de puis- La valeur de tension à laquelle le SVC ne
sance réactive fournie par les générateurs, produit ni n’absorbe de puissance réactive
puissance réac-
les lignes aériennes et les câbles souter-
rains du réseau. La rapidité de réaction du
est la tension de référence Vréf. Celle-ci
peut être ajustée dans une plage donnée.
tive pour prévenir
SVC garantit un soutien total en un seul ou limiter les pan-
cycle du fondamental ; de plus, il consom- Prévenir l’écroulement de tension
mera de la puissance réactive pour limiter La Saudi Electricity Co exploite, à l’ouest nes de courant.
la tension réseau. Dès que la charge réap- de l’Arabie Saoudite, un réseau de trans-
paraît, le SVC revient à son point de consi- port électrique composé de câbles souter-
gne d’origine et soutient à nouveau le rains et de lignes aériennes 380 kV, de
réseau. nombreux postes sources 380 kV/110 kV

Réactivité sur toute la ligne 51


7 Schéma simplifié du réseau de transport de la région occidentale saoudienne

Umm Lajj

Al Madinah (Médine)
Yanbu‘al
G Bahr SVC

ARABIE SAOUDITE

Rābigh

Mer Rouge G

G Al Khurmah
SVC Jiddah (Djeddah)
Makkah (La Mecque)
SVC

SOUDAN G

Al Lith

qui alimentent des postes de transforma- pics de consommation et les périodes Sud, Faisaliyah et Jamia furent mis en ser-
tion 110 kV/13,8 kV essentiellement par de charge normale ; vice en 2008 et 2009. Les 2 derniers doi-
des câbles souterrains ➔ 7. • Rétablissement de tension insatisfaisant vent encore être commandés. Les SVC
après défauts en régimes de charge des postes de Faisaliyah et Jamia sont il-
Le réseau saoudien connaît des contraintes intermédiaire ; lustrés en ➔ 8 et ➔ 9.
spécifiques liées au très grand nombre de • Écroulements de tension lors des pics
climatiseurs (jusqu’à 80 % de la charge to- de consommation. Analyser le problème
tale) qu’il alimente, notamment un rétablis- Sur un défaut phase-terre à proximité de
sement lent de la tension et le calage du Une étude complète des besoins de puis- Djeddah, dans le réseau 380 kV ou directe-
rotor des moteurs, voire l’écroulement de la sance réactive fut réalisée pour les niveaux ment dans le réseau 110 kV, la tension
tension accompagné de courts-circuits de tension 380 kV, 110 kV et 13,8 kV. Ses directe commence par chuter entre 0,7 et
dans le réseau de transport ou de réparti- principales conclusions pour la planifica-
tion. Dans cette région proche de la Mer tion et l’exploitation du réseau électrique
Rouge, qui compte de gros centres de sont : Les compensa-
consommation électrique comme les villes • Éliminer plus rapidement et autant que
de Djeddah, La Mecque et Médine, la stabi- possible les défauts pour réduire les teurs SVC injectent
lité du réseau est mise à mal, surtout en été
et pendant la période du pèlerinage Hajj.
besoins de compensation dynamique
de puissance réactive ;
rapidement une
Des simulations ont montré que le réseau • Mettre en place une compensation quantité satisfai-
électrique pourrait s’écrouler en cas de dé- dynamique de puissance réactive pour
fauts phase-terre à proximité d’un centre de éviter le calage du rotor des moteurs sante de puissance
charge au cours des périodes de pointe.
Pour y remédier, 3 dispositifs SVC puissants
asynchrones sur les défauts phase-
terre ;
réactive dans les
ont été installés dans le but précis de stabi- • Recourir à une compensation dynami- réseaux pour stabi-
liser la tension réseau lorsque les climati- que de puissance réactive uniquement
seurs de toute la région tournent à plein pendant une brève période : au cours liser leur tension,
régime ➔ 7 [1]. du défaut et pendant environ 1 s après
son élimination ;
surtout lorsque de
Caractéristiques de la desserte électrique : • Compenser la puissance réactive pour gros récepteurs
• Écart important entre les charges contrecarrer les fluctuations de tension
minimales et maximales (annuelles et liées aux variations journalières de inductifs (moteurs
journalières) ;
• Très forte concentration de climati-
charge.
asynchrones des
seurs ; Les besoins totaux de compensation dyna- climatiseurs, par
• Impédance élevée des transformateurs mique de puissance réactive furent esti-
de puissance 380 kV/110 kV et 110 kV/ més à 3 000 MVAr (mégavoltampères réac- exemple) sont rac-
13,8 kV pour limiter les courants de tifs). L’installation de 5 SVC de –60 MVAr/
court-circuit ; +600 MVAr chacun (60 MVAr inductifs à
cordés au réseau.
• Éloignement de la production. 600 MVAr capacitifs) sur 5 lignes de 110
kV différentes résoudrait le problème du 0,8 pour chaque unité (p.u.). Le flux des
Ces caractéristiques ont un impact sur les calage du rotor des moteurs asynchrones moteurs des climatiseurs décroît, ce qui
performances et le fonctionnement du ré- et assurerait le contrôle de tension journa- leur faire perdre du couple électrique. Quasi
seau, créant des problèmes particuliers : lier des charges. instantanément, ils décélèrent car leur cou-
• Besoin de contrôler la tension entre les Les 3 premiers SVC des postes de Médine ple électrique transitoire devient négatif.

52 revue ABB 1|10


8 SVC du poste de Faisaliyah 9 SVC du poste de Jamia

10 Vitesse moteur, couple et tension 110 kV/13,8 kV sans 11 Vitesse moteur, couple et tension 110 kV/13,8 kV avec
compensation : la tension ne peut être rétablie. compensation : la tension est rétablie.
Vitesse moteur

Vitesse moteur
1,00 1,00

0,99 0,99
(p.u.)

(p.u.)
0,98 0,98

0,97 0,97

CE CM CE CM
1,75 1,75
Couple

Couple
(p.u.)

(p.u.)

-0,50 -0,50

V pos110 V pos14 V pos110 V pos14

1,05 1,05
Tension

Tension

0,95 0,95
(p.u.)

(p.u.)

0,85 0,85

0,75 0,75

0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0,30 0,35 0,40 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0,30 0,35 0,40
Temps (s) Temps (s)
CE = Couple électrique CE = Couple électrique
CM = Couple mécanique CM = Couple mécanique
Vpos110 = Tension directe à 110 kV Vpos110 = Tension directe à 110 kV
Vpos14 = Tension directe à 13,8 kV Vpos14 = Tension directe à 13,8 kV

Pendant le reste de la durée du défaut, le Prévenir le calage des rotors car il leur faut un cycle et demi pour com-
couple électrique oscille à cause du désé- De toute évidence, pour éviter le calage penser entièrement la chute de tension.
quilibre mais avec une valeur moyenne infé- des rotors, il faut réduire la chute de ten- S’ils sont suffisamment puissants, la ten-
rieure au couple de charge, du fait de la ré- sion pendant le défaut et rétablir la tension sion peut être soutenue dans des propor-
duction de tension. La perte de vitesse se au plus vite après son élimination. Une tions qui empêchent les moteurs de conti-
poursuit mais à un moindre rythme. À l’éli- telle tâche nécessite une importante com- nuer à perdre de la vitesse après la
mination du défaut, les moteurs doivent à la pensation de puissance réactive dans un décélération initiale ➔ 11. Un nouveau
fois être remagnétisés et réaccélérés. Les court laps de temps. Le soutien de tension point de fonctionnement « stable » est
importantes composantes actives et réacti- appliqué à proximité des moteurs donne alors atteint. Pendant le défaut, il est très
ves qui en résultent dans le courant de les meilleurs résultats. L’emplacement difficile d’augmenter la tension jusqu’au
charge provoquent une forte chute de idéal se situe dans chaque poste de trans- point d’accélération des moteurs. Il est in-
tension dans les impédances de source. formation 110 kV/13,8 kV, au niveau du dispensable de stopper ou de diminuer la
Une grosse part de l’impédance se situe 13,8 kV. En théorie, cela suppose d’instal- perte de vitesse aussi vite que possible,
dans les transformateurs de puissance ler un très grand nombre de SVC plutôt car plus on intervient tôt, plus il est facile
110 kV/13,8 kV. En cas de pics de consom- petits. En pratique, la bonne solution est de réaccélérer le système suite à l’élimina-
mation, les moteurs auront perdu trop de un nombre limité de puissants SVC au tion du défaut. En d’autres termes, en rac-
vitesse pour pouvoir réaccélérer après niveau du 110 kV. courcissant le temps de réponse du SVC,
l’élimination du défaut et la tension ne peut La décélération initiale des moteurs asyn- on diminue les besoins de puissance réac-
être rétablie ➔ 10. chrones ne peut être évitée par les SVC tive. Des études ont montré qu’il est prati-

Réactivité sur toute la ligne 53


tension dans le sys- La stabilité de la régulation doit être main-
12 Schéma unifilaire du dispositif SVC
tème. Il s’agit, en tenue pour des réseaux de différentes
général, d’un défaut qualités. En général, la tenue aux courts-
Ligne 1 110 kV
phase-terre au voi- circuits varie d’un facteur de 2 entre les
Ligne 2
sinage d’un SVC ou réseaux forts et les réseaux fragilisés. Le
d’un défaut triphasé régulateur est ajusté pour réagir rapide-
plus distant. Dans le ment dans le cas du réseau le plus fragile.
600 MVA cas d’un signal de On admet un SVC au temps de réponse
faible valeur, le dis- plus lent pour le réseau le plus fort. Dans le
positif réagit à des cas d’un réseau encore plus fragile, des
variations mineures algorithmes de réduction de gain automa-
de la tension ré- tique sont activés.
seau, notamment On demande en priorité à un SVC de ré-
suite à la manœuvre seau de transport de fournir rapidement
d’un changeur de des MVAr lors des fortes chutes de tension
TCR TSC 1 TSC 2
230 MVAr 215 MVAr 215 MVAr prises ou lors du suite à des défauts qui se situent le plus
3ème, 5ème 7ème, 11ème ème
3 ,5 ème ème
7 , 11 ème

61 MVAr 24 MVAr 61 MVAr 24 MVAr branchement/dé- souvent entre une phase et la terre. La ten-
branchement d’une sion directe chute en général à 0,7 p.u.
inductance de ligne pour un défaut proche et graduellement à
quement impossible de réaccélérer les ou d’une batterie de condensateurs. Pour des valeurs supérieures pour des défauts
moteurs après l’élimination du défaut si les réseaux de transport, on s’intéresse plus éloignés. Face à une chute d’une telle
les SVC ne sont pas opérationnels pen- principalement au temps de réponse du ampleur, le régulateur du SVC atteint très
dant le défaut. SVC aux signaux de forte valeur. rapidement ses limites (± 1 cycle), délai qui
Un SVC de réseau de transport sert, avant reste foncièrement constant quel que soit
Au moment précis où le défaut disparaît, la tout, à réguler la tension directe et, dans de le gain du régulateur. Les thyristors des
tension bondit d’un coup et le courant rares cas, la tension inverse. Pour ce faire, TSC deviendront passants au point appro-
réactif fourni aux moteurs augmente ins- les valeurs de tension instantanées doivent prié de l’onde 2 et les TCR ne seront plus
tantanément. Par ailleurs, pour réaccélérer, être mesurées pour
ces moteurs ont besoin d’un courant actif chaque phase et les
élevé. Lorsque la tension aux bornes des composantes har- Il est pratiquement impossible
moteurs reste très basse, le courant actif moniques de la ten-
requis ne peut circuler, ce qui ralentit le ré- sion être suppri- de réaccélérer les moteurs après
tablissement de la tension dans le réseau.
Au pire, les moteurs calent. Le soutien de
mées, deux tâches
qui prennent du
l’élimination du défaut si les
la tension permet donc son rétablissement temps. En première SVC ne sont pas opérationnels
plus rapide. CQFD ! approximation, le
traitement des si- pendant le défaut. Lorsqu’ils le
Performances des SVC gnaux de tension
Chacun des trois SVC délivre 60 MVAr peut être perçu
sont, on diminue les besoins de
inductifs à 600 MVAr capacitifs. Ils sont comme un filtrage puissance réactive.
raccordés aux postes à isolation gazeuse passe-bas de pre-
des lignes 110 kV. La tension nominale sur mier ordre avec une constante de temps conducteurs. Le SVC sera pleinement
le jeu de barres moyenne tension (MT) du d’environ 10 ms ; la pente est le courant conducteur en 1,5 cycle. Le temps de
SVC est de 22,5 kV. On trouve deux induc- direct multiplié par une constante. La régu- commutation du TSC peut être plus long
tances TSC de 215 MVAr chacune et un lation se fait avec un régulateur PI (propor- selon son état antérieur (chargé ou dé-
condensateur TCR de 230 MVAr ➔ 12. Les tionnel et intégral) ou, le plus souvent, avec chargé). Les condensateurs sont le plus
filtres d’harmoniques d’une puissance to- un simple régulateur I qui agit sur l’écart fréquemment déchargés.
tale de 170 MVAr sont divisés en deux entre une tension de consigne et la tension
bras distincts, raccordés au jeu de barres réelle modifiée par la pente. La sortie est un Rétablir plus vite la tension
MT par l’intermédiaire de disjoncteurs. signal qui peut être perçu directement En régime de court-circuit, la tension di-
Chaque bras comporte deux doubles fil- comme un ordre de susceptance envoyé recte faiblit et le SVC est purement capa-
tres accordés couvrant les harmoniques au circuit principal. Les thyristors ne peu- citif. Dans un réseau peu chargé, une
de rangs 3, 5, 7 et 11. vent commuter qu’une seule fois par demi- surtension transitoire peut survenir à l’éli-
cycle et phase. Un montage triphasé peut mination du défaut. Cette surtension est le
Temps de réponse être modélisé avec un retard moyen. fait principalement de l’incapacité du ré-
Lorsque l’on parle de temps de réponse En général, on obtient un temps de répon- seau à absorber la puissance réactive pro-
d’un SVC, il faut distinguer le comporte- se de l’ordre de 2 cycles, soit moins que duite par le SVC. Un système de régulation
ment sur un « signal de forte valeur » de les 40 ms maxi exigés par les exploitants classique doit attendre que la tension dé-
celui sur un « signal de faible valeur ». Dans pour un réseau fort. (La fréquence du ré- passe sa valeur réglée avant que le régula-
le premier cas, le SVC réagit aux défauts seau saoudien est de 60 Hz, où 2 cycles teur ne puisse commencer à réduire l’ordre
du réseau entraînant une forte variation de correspondent à 33,3 ms.) de susceptance envoyé au circuit princi-

54 revue ABB 1|10


13 Surtension transitoire de 1,4 p.u. avec blocage du TSC au 4ème 14 Nouvelle fonction de blocage du TSC : surtension ramenée à 1,1
passage par le zéro de courant p.u. avec blocage du TSC au 1er passage par le zéro de courant

1,50 1,50
Tension réseau

Tension réseau
(110 kV)

(110 kV)
(p.u.)

(p.u.)
0,70 0,70

7,00 7,00
(p.u.)

(p.u.)
BREF

BREF
0 0

Courant TSC1 I ab Courant TSC1 I bc Courant TSC1 Iab Courant TSC1 Ibc
Courant TSC1 Ica Courant TSC1 I ca
12,5 12,5
Courants 1

Courants 1
phase TSC

phase TSC
(kA)

(kA)
0 0

-12,5 -12,5

0 0,100 0,125 0,150 0,175 0,200 0,225 0 0,100 0,125 0,150 0,175 0,200 0,225
Temps (s) Temps (s)

15 Courbes enregistrées au SVC de Faisaliyah 16 Courbes enregistrées au SVC de Médine Sud

Ua Ub Ua Ub
Uc Uc
(Tensions de phase) (p.u.)

(Tensions de phase) (p.u.)

1,5 1,5
1,0 1,0
Tension réseau

Tension réseau
(110 kV)

(110 kV)

0,5 0,5
0,0 0,0
-0,5 -0,5
-1,0 -1,0
-1,5 -1,5

0,1 0,1
(Tension directe) (p.u.)

(Tension directe) (p.u.)


Tension réseau

Tension réseau

0,0 0,0
(110 kV)

(110 kV)

-0,1 -0,1
-0,2 -0,2
-0,3 -0,3
-0,4 -0,4

8 8
6 6
4 4
(p.u.)

(p.u.)
BREF

BREF

2 2
0 0
-2 -2

0 0,20 0,25 0,30 0,35 0,40 0 0,20 0,25 0,30 0,35 0,40
Temps (s) Temps (s)

pal. Inévitablement, cela entraîne une sur- Une simulation de la surtension transitoire ficacité dans les simulations, il restait à la
tension qui dure au minimum un cycle. est reproduite en ➔ 13. Il est clair que l’ex- valider en vraie grandeur. Les résultats ob-
Dans le réseau étudié, des tensions supé- tinction du TSC doit être plus rapide. Pour tenus avec la nouvelle fonction de régula-
rieures à 1,5 p.u. peuvent survenir. De améliorer la situation, une nouvelle fonc- tion sont illustrés en ➔ 14.
nombreux dispositifs SVC à travers le tion de régulation fut développée et mise
monde ne deviennent capacitifs qu’après en œuvre dans les trois SVC saoudiens : De la théorie à la pratique
l’élimination des défauts car aucun moyen les TSC sont bloqués au premier passage Le réseau électrique subit trois défauts
efficace n’existait pour résoudre ce pro- par le zéro de courant après élimination du phase-terre au cours de l’été 2008, c’est-
blème à l’époque de leur installation. défaut. Si cette approche a prouvé son ef- à-dire à la période des pics de consomma-

Réactivité sur toute la ligne 55


tion. Deux des défauts se produisirent dégradés. Ce soutien efficace suppose
17 Projet saoudien de compensation de
puissance réactive SVC dans la région de Djeddah (Faisaliyah) ➔ 15 de faire fonctionner toutes les phases du
et un à Médine ➔ 16. SVC de manière purement capacitive.
Plusieurs enseignements majeurs peuvent Le SVC réagit rapidement à chaque dé- Autre inconvénient : la tension sur les
être tirés du projet saoudien :
– Les problèmes de calage des moteurs et
faut, devenant purement capacitif en un phases qui ne sont pas en défaut peut
d’écroulement de tension sont typiques cycle et demi. Pendant le défaut, la tension dépasser la valeur continue maximale.
des réseaux électriques qui alimentent de réseau demeura constante ou augmenta Une telle hausse pourrait saturer le trans-
gros récepteurs inductifs (moteurs légèrement. On releva que la tension dans formateur de puissance du SVC, problè-
asynchrones de climatiseurs, par ex.).
– Les SVC assurent un soutien efficace de la
les phases non perturbées ne chuta que me qui n’est, toutefois, pas apparu à la
tension directe pendant les défauts, très peu après le creux initial. À l’élimina- suite du défaut ➔ 17.
permettant de maintenir la rotation des tion du défaut, la phase en défaut se réta-
moteurs asynchrones à des vitesses satisfai- blit instantanément. Le SVC réduisit légè- Des réseaux plus stables avec
santes.
rement sa puissance (environ 100 MVAr) et des SVC plus rapides
– Les SVC doivent fonctionner à capacité
élevée pendant les défauts. Plus le SVC fonctionna à 500 MVAr pendant près de 4 Les réseaux électriques qui alimentent de
réagit vite, moins sa puissance doit être cycles ; ensuite, il la ramena graduellement gros récepteurs inductifs comme les mo-
élevée. Des SVC de très grosse puissance à environ 200 MVAr au cours des 5 cycles teurs asynchrones des climatiseurs pré-
ne sont obligatoires que s’il faut intervenir
suivants pour rester à cette valeur pendant sentent un risque élevé d’écroulement de
après l’élimination d’un défaut.
– Une compensation de courte durée est toute la période enregistrée de 30 s. Il est tension ou de calage du rotor des moteurs,
suffisante (quelques secondes). intéressant de noter que la phase en défaut particulièrement en présence de défauts.
– Les SVC sont robustes et peuvent ne revint pas complètement à sa valeur de Ces réseaux tendent à consommer de
fonctionner pendant les défauts et après
prédéfaut au cours des 30 s. grandes quantités de puissance réactive ;
leur élimination.
– Les SVC doivent pouvoir bloquer les or cette dernière ne doit pas transiter sur
condensateurs TSC immédiatement après Au moment du défaut, la tension entre la de longues distances au risque de provo-
l’élimination des défauts pour prévenir les phase B et le neutre chuta instantanément. quer des chutes de tension et des pertes
surtensions transitoires lors des régimes à
La tension directe mesurée dans le SVC de puissance active. Pour maintenir la sta-
faible charge.
– Le temps de réponse type d’un SVC sur chuta avec une constante de temps d’en- bilité de la tension dans ces réseaux, des
un signal de forte valeur (0 à la puissance viron 10 ms, temps nécessaire à la sépara- compensateurs SVC s’avèrent particuliè-
maxi) est d’un cycle et demi avec les tion des phases et au filtrage des harmoni- rement utiles, surtout si leur temps de ré-
condensateurs déchargés.
ques. Le régulateur de tension devint ponse est court. En règle générale, plus la
– Le temps de réponse type d’un SVC sur un
signal de faible valeur est de deux cycles purement capacitif en à peine plus d’un réponse est dynamique, moins les besoins
et demi pour un réseau électrique robuste seul cycle et le circuit principal en un cycle en MVAr sont élevés. Donc, en raccourcis-
et donc de deux cycles dans un réseau et demi sur les trois phases. Cet écart sant le temps de réponse, on peut réduire
fragilisé sans modification de réglage.
s’explique par l’effet d’échantillonnage, les besoins de MVAr avec un impact positif
chaque phase ne pouvant devenir conduc- sur la stabilité du réseau.
trice qu’au passage par zéro de sa tension.
Les TSC devinrent conducteurs avec un
L’expérience minimum de transitoires. À l’élimination du
défaut, les TSC restèrent en service. Les
prouve l’efficacité courants contenaient encore un minimum

des SVC pour de transitoires.


Rolf Grünbaum

soutenir la tension Le défaut de Médine était de même nature Peter Lundberg


que celui de Djeddah ➔ 14 , la différence Björn Thorvaldsson
directe pendant et majeure étant l’heure d’apparition : 4 h 45 ABB Power Systems
pour Djeddah et 8 h 45 pour Médine, c’est-
après les défauts à-dire lorsque le réseau est plus chargé.
Grid Systems/FACTS
Västerås (Suède)

phase-terre. L’asymétrie pendant le défaut était plus rolf.grunbaum@se.abb.com


importante et la tension sur une des pha- peter.lundberg@se.abb.com
ses non perturbées était faible, alors que bjorn.thorvaldsson@se.abb.com
sur la troisième, elle était inchangée. Le
rétablissement fut quelque peu plus lent et
le SVC maintint sa pleine puissance pen- Note
2 Mode de commutation synchrone permettant
dant plus longtemps. Il faut savoir que la
de choisir le moment du cycle où la commuta-
capacité maximale ne fut requise que pen- tion intervient.
dant quelques dixièmes de seconde.

Cette expérience en vraie grandeur prouve Bibliographie


l’efficacité des SVC pour soutenir la ten- [1] Al-Mubarak, A. H., Bamsak, S. M., Thorvalds-
son, B., Halonen, M., Grünbaum, R.,
sion directe pendant et après les défauts
« Preventing voltage collapse by large SVCs
phase-terre. Le SVC est réactif et les TSC at power system faults », IEEE PSCE, Seattle,
se comportent correctement en régimes WA, mars 2009.

56 revue ABB 1|10


Pôle position
Le pôle PT1, un THORSTEN FUGEL, DIETMAR GENTSCH, ARNE KLASKA, CHRISTOPH MEYER –
Il y a plus de dix ans, ABB inventait le pôle encastré pour les applica-
concentré d’innovation tions moyenne tension (MT). Cet appareil de coupure est avantageux à
plus d’un titre : rigidité diélectrique élevée, bonne tenue à la pollution et
pour la technologie zéro-maintenance sur le cycle de vie. Le PT1 est le dernier-né de cette
de coupure dans famille exemplaire. Son isolant thermoplastique lui permet de conserver
toutes les performances de ses aînés, avec des atouts supplémentaires
le vide en termes, notamment, de paramètres applicatifs et d’écobilan.

Pôle position 57
1 Vue en coupe d’une chambre de coupure 2 Conception générale d’un pôle encastré
sous vide ABB (type VG4)

b
b
c

c
f d
e
g

f
i g

j
h

a Tige/borne f Isolateur en a Borne supérieure f Tringle de manœuvre


b Protection contre céramique b Chambre de avec ressort de
la torsion g Gainage coupure sous vide pression des contacts
c Soufflet métallique h Contacts c Tige g Point de fixation
d Capot i Tige/borne d Borne inférieure h Connexion à
e Gainage j Capot e Connecteur souple l’actionneur

L
a fonction d’un disjoncteur est
triple : tenue du courant nominal,
coupure des courants de court-
circuit et blocage des tensions technologie des pôles encastrés. Sa encastrés résistent à différentes condi-
supérieures aux valeurs assignées. gamme actuelle couvrent les besoins ty- tions climatiques et n’exigent aucune
pes des réseaux MT (valeurs maxi de ten- maintenance. En d’autres termes, le vide
À l’ouverture de ses contacts pour cou- sion nominale 40,5 kV, de courant 3 150 A et l’isolant conservent leurs propriétés
per un courant, un arc électrique se forme. et de courant de court-circuit 50 kA). pendant plus de 30 ans.
Dans un réseau à courant alternatif (CA),
l’arc s’éteint au passage suivant par le La chambre de coupure sous vide et ses ABB, inventeur des pôles encastrés, est
zéro de courant. Les contacts de l’appa- bornes sont entièrement encapsulées également le premier fabricant mondial
reillage MT actuel sont encapsulés dans dans une résine époxyde. Les bornes avec près d’un million d’appareils en ser-
une chambre de coupure sous vide ➔ 1. supérieure ➔ 2a et inférieure ➔ 2d sont vice et une production annuelle qui dé-
ABB fabrique des chambres de coupure reliées au bras de contact ou au jeu de passe les 200 000 unités ➔ 3.
sous vide MT depuis plus de 30 ans. barres de l’appareillage électrique. Le
Alors qu’à la fin des années 1990, la contact inférieur devant être raccordé Au-delà du succès de cette technologie
coupure dans le vide et celle dans le SF6 sur une pièce mobile, un connecteur et de ses énormes avantages, ABB n’a de
se partageaient le marché à parts plus souple est nécessaire pour conduire le cesse d’améliorer ses performances. Le
ou moins égales, la technologie sous courant ➔ 2e. dernier-né de la famille des pôles encas-
vide s’est aujourd’hui imposée. Comp- Cette pièce mobile est actionnée par une trés est le PT1. À la différence de ses pré-
tant parmi les leaders du secteur, ABB tringle de manœuvre isolante ➔ 2f raccor- décesseurs, il n’est pas isolé dans une
produit annuellement près de 350 000 dée à l’actionneur du disjoncteur ➔ 2h. La résine époxyde mais dans un matériau
chambres de coupure sous vide qui blo- tringle en polyamide contient un ressort. thermoplastique de dernière génération.
quent des tensions jusqu’à 40,5 kV et La partie inférieure du pôle ➔ 2g est fixée à
coupent des courants de court-circuit de l’enveloppe du disjoncteur par quatre vis. Propriétés des pôles thermoplastiques
63 kA maximum. La fonction, la forme et le procédé de fa-
Comparée aux systèmes à pôle ouvert brication comptent parmi les facteurs
En plus de supporter le champ électrique ou assemblé, cette technologie offre une décisifs de la réussite d’un nouveau ma-
interne, l’isolant doit également endurer rigidité diélectrique élevée ainsi qu’une tériau (ou classe de matériaux) dont le
les tensions externes à fréquence indus- meilleure tenue à la pollution, à l’humidité choix doit faire l’objet d’une analyse
trielle et les tensions de choc1 (jusqu’à et aux contraintes mécaniques. Elle approfondie.
95/200 kV). Or cette qualité peut être permet de concevoir des appareils
considérablement altérée par différents compacts, robustes et modulaires. Autre
Note
agents polluants comme la poussière. avantage notable : les pôles prétestés et
1 Aptitude d’un appareil à supporter les
C’est une des raisons pour lesquelles ajustés sont faciles et rapides à intégrer surtensions provoquées, par exemple, par les
ABB développa, il y a plusieurs années, la aux disjoncteurs sous vide. Les pôles chocs de foudre et de manœuvre.

58 revue ABB 1|10


Choix du matériau
3 Gamme des pôles encastrés ABB
La méthode systématique de sélection
d’un matériau suppose une validation
aussi précise que possible de ses carac-
téristiques au vu de la durée de vie es-
comptée de l’appareil (30 ans minimum).
Cette analyse doit porter sur ses proprié-
tés physico-chimiques, de même que
sur les quantités à utiliser et les techni-
ques de fabrication.

La face interne de l’enveloppe du pôle


encastré étant en contact direct avec la
surface en céramique de la chambre de
coupure, les propriétés mécaniques,
thermiques et diélectriques du PT1 revê-
tent une importance particulière. Du fait
des facteurs diélectriques, la densité est diminuer la viscosité, les composites de ces essais, les pôles furent fixés sur une
la propriété primordiale. Par ailleurs, le résine époxyde contiennent générale- tôle d’acier et soumis à une force de
pôle étant une interface entre différents ment de la silice (particules de SiO2). 5 000 N appliquée par l’intermédiaire de
matériaux (polymère, céramique et mé- Comparées à ces particules et en pre- la tringle de manœuvre, soit 1,7 fois plus
tal) et soumis à une large plage de tem- nant le même matériau de matrice, les que la force maximale en fonctionne-
pératures (de –30 °C à +115 °C en ser- fibres confèrent une rigidité mécanique ment. Pendant les essais, la température
vice et –60 °C pendant le stockage), il supérieure et une plus grande résistance fut portée de la valeur ambiante de 20 °C
convient de minimiser le coefficient de dans le sens des fibres grâce à une à 85 °C, ce qui explique l’allongement
dilatation thermique tout en maximisant meilleure transmission des efforts. initial de 0,5 % des pôles. Pendant les
la stabilité mécanique et l’allongement 4 semaines de la campagne d’essais, la
de rupture. Servant par ailleurs d’isolant Pour aider les clients à passer des pôles longueur des pôles ne varia pas pour
diélectrique externe lorsque les contacts en résine époxyde aux pôles en thermo- diminuer à la fin lors du refroidissement,
de la chambre de coupure sont ouverts, plastique, les deux types de pôles ont aboutissant à un allongement résiduel de
on doit également maximiser sa rigidité des dimensions externes très proches et 0,2 % maxi (soit quasiment l’incertitude
diélectrique et son indice de résistance les mêmes dimensions fonctionnelles, de mesure). Les essais n’ont donc pas
au cheminement (IRC)2. garantie d’une interchangeabilité totale. permis de démontrer un allongement du
Les tringles de manœuvre et les connec- pôle par fluage ou relaxation.
Analyse comparative teurs souples sont aussi identiques.
Une comparaison des pôles PT1 en ther-
moplastique et P1 en résine époxyde Au cours de cette
met en lumière des différences notables, phase de transi- Le recours au thermoplastique
mais également des similitudes. tion, les vis à file-
tage métrique et allège le pôle PT1 de près de
Le recours au thermoplastique allège le les inserts en laiton
pôle PT1 de près de 35 % par rapport au des pôles en résine
35 % par rapport au P1.
P1. En considérant exclusivement le ma- époxyde ont été
tériau isolant, la masse est en réalité ré- remplacés par des vis autotaraudeuses. Pour déterminer la stabilité durable des
duite par un facteur supérieur à 3 si l’on Ces dernières sont déjà utilisées avec thermoplastiques (en particulier, les poly-
tient compte des éléments suivants : succès avec des matériaux thermoplasti- amides), l’hydrophilie du matériau doit
densité plus faible du thermoplastique ques dans d’autres secteurs industriels, être étudiée.
(12 %), rigidité diélectrique fortement ac- notamment l’automobile. Leur couple de
crue (près de 50 %), rigidité et endurance serrage de 35 Nm confère une grande La norme CEI stipule qu’un disjoncteur à
mécaniques supérieures (respectivement stabilité (100 000 manœuvres mécani- vide raccordé en position ouverte doit
±100 % et 300–400 %). Toutes ces amé- ques sans dégrader la stabilité), soit une pouvoir continuer à bloquer les tensions,
liorations contribuent, de surcroît, à ré- résistance équivalente à celle d’un pôle même après absorption d’une quantité
duire le volume. en résine époxyde fixé avec une vis mé- d’eau importante. Pour vérifier cette pro-
trique M10 et un couple de serrage de priété, des essais climatiques furent me-
Les fortes pressions d’injection appli- 50 Nm. nés à une température et une hygromé-
quées en fabrication autorisent l’utilisa- trie supérieures à la normale (absorption
tion de fibres de verre courtes, ce qui Des essais de fluage et de relaxation ont d’eau accrue pendant 500 h à 60 °C et
était impossible auparavant du fait de permis de vérifier si les dimensions du
l’injection sous basse pression des pôle étaient susceptibles d’évoluer en
Note
composites de résine époxyde. Pour cours d’exploitation (hausse de la tem- 2 Mesure des propriétés de claquage électrique
améliorer le mélange des composants et pérature et force de contact) ➔ 4. Pour d’un matériau

Pôle position 59
4 Résultats des essais de fluage et de relaxation 5 Procédés de fabrication des pôles en
thermoplastique et en résine époxyde
Pourcentage de variation de longueur
0,6 1
2
0,5 3 Moulage par
Prétraitement
Variation de longueur (%)

4 injection
0,4

0,3
Moulage par
Prétraitement
injection
0,2

0,1
Écart inférieur à l’incertitude de mesure

0,0 Montage
Prémontage
-2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 final
Durée (jours)

Ces essais réalisés sur le pôle encastré PT1 à 5 000 N et 85 °C ont montré l’absence de déformation
Essais
mesurable. Les très fortes variations au début et à la fin de la campagne d’essais correspondent à
l’échauffement et au retour à la température ambiante.

75 % d’humidité). Parallèlement, les pô- mes au cours des deux procédés, tandis
6 Pôle PT1 pour 31,5 kA (6a) et 25 kA (6b)
les étaient soumis à une tension alterna- que les températures d’injection diffèrent
tive de 50 kV. Tous les pôles testés ont notablement. Pour la résine époxyde, 6a 6b
prouvé leur stabilité à ces régimes de elle est légèrement supérieure à la tem-
fonctionnement. pérature ambiante, alors que la tempéra-
ture de fusion du thermoplastique atteint
De surcroît, le pôle devait aussi effectuer 300 °C. En d’autres termes, il y a apport
correctement une manœuvre de ferme- de chaleur pour l’injection de résine
ture sur un courant de court-circuit, sui- époxyde et dissipation de chaleur pour le
vie d’une réouverture. La stabilité méca- durcissement du thermoplastique.
nique du thermoplastique étant bien plus
élevée que celle des composites de ré- Dès que le matériau est durci, on ouvre
sine époxyde, les nouveaux pôles PT le moule pour en extraire le pôle. Cette
réussirent brillamment ces essais. opération ne pose pas de problème par-
ticulier car l’adhérence du thermoplasti-
Procédés de fabrication que avec l’acier et les autres métaux est
Globalement, les procédés de fabrication en général très faible. Les pôles passent
des deux types de pôles sont compara- ensuite en phase de montage final et
bles. Pour commencer, les groupes d’in- d’essai. À ce stade, on ajoute la tringle
serts avec la chambre de coupure sous de manœuvre et le capot de protection
vide et les bornes pour le moule sont pré- de la chambre de coupure sous vide
assemblés. Ces sous-ensembles subis- pour le transport. Les dimensions fonc-
sent un prétraitement (nettoyage et es- tionnelles et l’endurance des pôles font
sais, notamment) avant d’être placés l’objet d’essais individuels. du pôle en résine époxyde correspon-
dans le moule qui est fermé, verrouillé et dant (P1). Le tableau ➔ 7 détaille les va-
rempli de matériau isolant. En raison des La fabrication des pôles en thermoplasti- leurs caractéristiques.
forts écarts de pression pendant le mou- que sur une presse à injection moderne,
lage par injection, le temps de remplis- entièrement automatisée et instrumen- Le PT1 étant destiné aux applications
sage du moule varie. Pour les composites tée, permet d’accroître encore la fiabilité MT, ses performances respectent, voire
de résine époxyde, le remplissage est déjà élevée du procédé mis en œuvre dépassent les exigences de la norme CEI
suivi d’un temps de durcissement, alors pour les pôles en résine époxyde. 62271-100. Il satisfait aux critères des
que pour les thermoplastiques, il s’agit classes les plus strictes de la norme, à
d’un temps de refroidissement. Le dérou- Pôle PT1 savoir M2 (endurance mécanique), E2
lement du procédé est illustré en ➔ 5. La figure ➔ 6 illustre les deux variantes (endurance électrique) et C2 (pouvoir de
du pôle PT1. coupure de courants capacitifs, batteries
Pour la résine époxyde, le procédé est de condensateurs à gradins et câbles à
une réaction chimique alors que pour le Le pôle en ➔ 6a peut couper des cou- vide).
thermoplastique, il s’agit d’un durcisse- rants de court-circuit jusqu’à 31,5 kA, Cette classification atteste la confor-
ment par refroidissement avec cristallisa- supporter des courants assignés maxi mité normative du pôle PT1, mais ne
tion du matériau. Les températures des de 1 250 A et bloquer des tensions attei- fixe aucune limite de performance.
moules sont approximativement les mê- gnant 17,5 kV, valeurs identiques à celles Ainsi, par exemple, la norme prescrit

60 revue ABB 1|10


que le disjoncteur réussit sans amorçage
7 Caractéristiques du pôle PT1
du pôle. Par ailleurs, des essais de dé-
Caractéristiques 1206-25 1212-25 1206-31 1212-31 charges partielles sur un grand nombre
électriques et mécaniques 1706-25 1712-25 1706-31 1712-31 de pôles confirmèrent l’absence de cel-
Tension nominale kV 12 / 17,5 12 / 17,5 12 / 17,5 12 / 17,5 les-ci, corroborant l’excellente tenue des
Fréquence nominale Hz 50 / 60 pôles encastrés ABB en service.
Tension nominale de tenue à
la fréquence industrielle (ms) kV … 42
Domaines d’application du pôle PT1
Tension nominale de tenue
aux chocs de foudre kV … 95 Dernier-né de la gamme des pôles en-
Courant nominal normal (ms) A 630 1250 630 1250 castrés ABB, le PT1 sera monté dans les
Courant nominal de coupure versions actuelles des disjoncteurs VD4
en court-circuit (ms) kA 25 25 31,5 31,5 et VM1 ➔ 8 pour couper les courts-
Courant nominal de fermeture circuits et protéger les câbles en charge
en court-circuit (valeur crête) kA 63 63 80 80
et à vide, les transformateurs, les mo-
Masse kg 4,8 4,8 5,6 5,6
teurs, les générateurs de même que les
Force de contact N 2400 2400 3200 3200
batteries de condensateurs. Il sera éga-
Endurance mécanique
(nbre de manœuvres FO) 30 000
lement proposé sur le marché des
Durée de vie utile années 30
constructeurs OEM ou encore comme
Nbre de manœuvres FO au
élément de remplacement pour les pro-
courant nominal de coupure jets de modernisation. Des exemples
en court-circuit (ms) 50 d’application sont repris en ➔ 9.
Température de
fonctionnement °C -30 à +40
Pour le client, rien de plus aisé que de
remplacer un pôle encastré existant par
10 000 manœu vres mécaniques de fer- tés dans un tableau électrique ABB de un pôle PT. Le PT1 est en effet totale-
meture/ouverture (FO) pour l’endurance type UniGear et protégés dans des enve- ment compatible avec les pôles P1 et
mécanique, alors que le PT1 en supporte loppes PowerCube. présente les mêmes dimensions fonc-
facilement 30 000 sans maintenance. Ce montage fut pour tous les essais de tionnelles. Pour simplifier la tâche des
type CEI obligatoi- constructeurs OEM, ABB leur transmet-
res (endurance mé- tra non seulement les rapports d’essais
La fabrication des pôles en canique, échauffe- mais les conseillera et leur fournira les
ment, pouvoir de déclarations requises pour minimiser le
thermoplastique sur une fermeture et de nombre d’essais à reproduire pour la
coupure, essais de conformité aux normes CEI. Les essais
presse à injection moderne, court-circuit) et pour diélectriques sont souvent les seuls que
entièrement automatisée et les essais diélectri- le client doit réaliser après montage du
ques. De plus, les disjoncteur dans son appareillage élec-
instrumentée, permet essais de pouvoir trique.
de coupure de cou-
d’accroître encore plus la rants capacitifs Atouts du pôle PT1
fiabilité déjà élevée du pro- (batteries de con- Les pôles thermoplastiques offrent tous
densateurs à gra- les avantages des pôles encastrés ABB
cédé mis en œuvre pour les dins et câbles à et satisfont aux exigences de qualité les
vide) et d’enduran- plus strictes : isolation diélectrique opti-
pôles en résine époxyde. ce électrique furent misée, protection de la chambre de cou-
réalisés de la même pure sous vide et maintenance nulle. Ils
On peut donc affirmer que le pôle PT1 manière. Le pôle étant destiné au marché possèdent, en outre, plusieurs avanta-
surpasse toutes les exigences normati- mondial, les valeurs des essais furent ges sur les pôles encastrés de généra-
ves et affiche des performances supé- adaptées pour couvrir les exigences de la tion actuelle, avec des performances
rieures ou égales à celles des pôles exis- plupart des normes. Par exemple, la ten- égales, sinon supérieures à celles des
tants en composites de résine époxyde. sion d’essai de fréquence industrielle fut pôles en résine époxyde.
réglée à 42 kV, celle de tension de choc
Essais à 95 kV, avec un temps de court-circuit de En matière d’écobilan, les pôles PT mar-
Nous l’avons dit, le PT1 satisfait à toutes 4 s. Tous ces essais respectèrent les rè- quent un progrès significatif par rapport
les exigences de la CEI 62271-100 et gles du STL (Short-circuit Testing Liaison), à leurs prédécesseurs, en particulier aux
aux essais de type obligatoires. Ces es- organisme mondialement reconnu, et fu- étapes de fabrication et de recyclage3.
sais furent réalisés sur un PT1 équipant rent donc réalisés en présence d’un tiers Pour preuve, ABB a calculé l’empreinte
des disjoncteurs à vide de types VD4 et indépendant.
VM1. Pour appuyer encore la démons-
Note
tration, les essais ne furent pas réalisés Parmi les nombreux autres essais, citons 3 Lire également « Les déchets ont de l’avenir »,
sur des disjoncteurs distincts, mais mon- un essai d’arc interne selon CEI 62271-200 Revue ABB, 2/2009, p. 10–16.

Pôle position 61
8 Disjoncteur de type VD4 avec pôle PT1

carbone des deux types de pôle. Ce rifique du pôle PT étant nettement plus
9 Exemples de domaines d’application des
chambres de coupure sous vide PT1 calcul ne s’est pas cantonné à la fabrica- faible, il offre plus de sécurité au client.
tion des pôles eux-mêmes, mais a égale- Enfin, plus léger de 35 %, il est plus fa-
– Centrales électriques ment englobé celle des matières premiè- cile à manipuler et à transporter.
– Postes de transformation res 4. Les résultats montrent que la
– Industrie chimique
– Métallurgie
fabrication des pôles thermoplastiques Le pôle PT, dernier-né des pôles encas-
– Industrie automobile de type PT émet au minimum 50 % de trés d’ABB, représente l’ultime avancée
– Alimentation électrique des aéroports CO2 de moins que celle de leurs prédé- technologique de produits au succès
– Construction navale cesseurs, ce qui correspond à une baisse confirmé. Totalement compatible avec la
– Alimentation électrique des bâtiments
d’environ 3 000 t de CO 2 par an, au vu génération précédente, il est aussi per-
du nombre d’unités produites 5. formant, sinon plus que ses prédéces-
seurs avec, rappelons-le, un écobilan
Autre atout des thermoplastiques : le très favorable.
La fabrication des procédé de fabrication peut être contrôlé
avec une précision extrême, réduisant
pôles thermo- les variations de propriétés du matériau

plastiques de comme celles du pôle. La technologie


des machines de moulage par injection
type PT émet au étant aujourd’hui arrivée à maturité, le
procédé de fabrication des pôles PT peut
minimum 50 % de être totalement automatisé, avec enre-
gistrement et contrôle complets de tous
CO2 de moins les paramètres pertinents. Cela permet
Thorsten Fugel
Dietmar Gentsch

que celle de leurs non seulement une meilleure traçabilité, Arne Klaska
mais aussi une gestion plus poussée de Christoph Meyer
prédécesseurs. la qualité par la méthode SPC de contrôle ABB Calor Emag Mittelspannung
statistique des procédés ; de quoi renfor- Ratingen (Allemagne)
cer le niveau de qualité, déjà très élevé, thorsten.fugel@de.abb.com
des pôles encastrés actuels. dietmar.gentsch@de.abb.com
arne.m.klaska@de.abb.com
Sur le plan technique, le pôle PT1 affiche christoph.meyer@de.abb.com
des performances supérieures à celles
du P1 en résine époxyde, notamment en
matière d’endurance mécanique et de Notes
4 À partir des données d’origine publiées
tenue aux basses températures, ce qui
ou fournies directement par le fabricant du
permet d’élargir son domaine de fonc- matériau.
tionnement. Qui plus est, la charge calo- 5 115 000 pôles/an

62 revue ABB 1|10


La cinquantaine en
grande forme
THOMAS WESTMAN, PIERRE LORIN, PAUL A. AMMANN – Entretenir sa forme
pour rester jeune : un dessein salutaire pour beaucoup d’entre nous,
Les transformateurs
mais également pour les transformateurs de puissance. En effet, bon restent dans la force de
nombre des transformateurs installés dans le monde atteignent un âge
où garder la forme devient une question de survie, pour eux comme l’âge avec la mainte-
pour les sociétés qui les utilisent. La défaillance d’un transformateur
pouvant avoir des conséquences catastrophiques, leurs exploitants
nance proactive Trafo
exigent une disponibilité élevée et de courts délais d’intervention. Avec Asset ManagementTM
un parc installé vieillissant et des budgets de maintenance étriqués, les
transformateurs restent en service largement au-delà de leur durée de
vie optimale. Or considérer qu’ils sont tous aptes à fonctionner quelques
années de plus est un pari risqué. La gestion d’un parc de transforma-
teurs doit répondre à un double objectif : réduire le risque de défaillance
et en minimiser l’impact. TrafoAsset ManagementTM d’ABB est un outil
intelligent d’aide à la décision en matière de maintenance des transfor-
mateurs qui permet de les garder au meilleur de leur forme.

La cinquantaine en grande forme 63


1 Transformateur endommagé par une défaillance grave

2 Transformateur en (1) après remise en état et en service

L
es transformateurs de puissance la fiabilité et de la
qui représentent souvent le plus disponibilité de ces
gros investissement d’une centra- actifs stratégiques
le, d’un poste électrique ou d’une tout au long de
usine sont indispensables au fonctionne- leur vie. Un transfor-
ment des infrastructures haute tension (HT). mateur représente
Leur défaillance peut gravement perturber un investissement
la bonne marche des systèmes, provoquant lourd, entre 2 et 4
des arrêts de production intempestifs et millions de dollars ;
des coupures de courant. L’origine de quoique rare, une
ces défaillances est multiple : maintenance défaillance peut
insuffisante, exploitation déficiente, protec- avoir des effets ca-
tion inadaptée, défauts non détectés, coup tastrophiques et, au
3 Estimation du coût du remplacement inopiné d’un transformateur
de foudre ou court-circuit ➔ 1,2. Un incident pire, mener une en- élévateur classique
électrique a des répercussions sur le chiffre treprise à la ruine
d’affaires, donne lieu à des pénalités et ➔ 3. De plus, la plu- Nettoyage du site 500 000 $
entache la réputation d’une entreprise qui part des pays ayant Manque à gagner (500 000 $/jour) 10 millions de $
peut perdre ses clients. une législation stric- Installation (main d’œuvre et logistique) 100 000 à 300 000 $
te en matière de Modifications supplémentaires et travaux sur site 300 000 $
En 2002, l’Institute of Nuclear Power fourniture électri- Nouveau transformateur 2 à 4 millions de $
Operations évaluait à plus de 70 le nom- que, les pénalités
bre de pannes liées, depuis 1996, à de pour interruption de La défaillance d’un transformateur peut coûter, outre le préjudice pour
la réputation de l’exploitant, jusqu’à 15 millions de dollars. Source :
gros transformateurs auxiliaires ou éléva- service peuvent at-
Double Life of a Transformer Seminar, Clearwater, FL, États-Unis, 2004
teurs de tension [1]. Plusieurs de ces inci- teindre 100 fois le
dents eurent d’importantes répercussions prix du kW.
sur le fonctionnement des postes électri- placement et de réparation augmenter
ques ; par ailleurs, plus de 30 arrêts d’ur- Un parc vieillissant lentement mais sûrement. Les courbes ➔ 4
gence de réacteurs, arrêts de centrales et Les transformateurs ont beau afficher une indiquent l’évolution du taux de défaillance
problèmes de fourniture électrique trou- sûreté de fonctionnement élevée, le parc des transformateurs installés dans l’indus-
vaient leur origine dans des transforma- mondial installé est relativement âgé. En trie (violet), les centrales électriques (par-
teurs défaillants avec, le plus souvent, effet, l’âge moyen du parc industriel est de me) et les réseaux de transport (gris). Les
des pertes de production et de coûteuses 30 ans et celui des infrastructures de pro- deux premières sont plus pentues car ces
réparations. duction et de transport de 40 ans. Sans transformateurs y sont souvent plus forte-
Le coût financier majeur de la défaillance être une « bombe à retardement », un ment sollicités. L’âge n’est pas le seul fac-
des transformateurs de puissance incite transformateur vieillissant voit son taux de teur d’accroissement du risque de dé-
les entreprises électriques à s’assurer de défaillance, ainsi que ses coûts de rem- faillance, mais en constitue généralement

64 revue ABB 1|10


4 Évolution du taux de défaillance des transformateurs dans trois 6 Présentation de la maintenance proactive TrafoAsset
applications différentes Management d’ABB

50
Industrial transformer
Transformateur industriel Analyse
45 Analyse de conception
Transformateur
Generator de centrale
transformer Historique du parc installé
40
Transformateur
Network de réseau
transformer Surveillance en continu des transformateurs
Taux de défaillance (%)

35 Évaluation d’état

30

25 Évaluation des risques


Variables : importance du transformateur et risque de défaillance
20

15

10 Scénarios de gestion d’actifs


Planification de la maintenance économique
5

0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70
Années Entretien régulier Inspection en Rénovation en Fin de vie ou
Source : CIGRÉ WG 12-05, « An international survey on failures in large power des actifs début de vie milieu de vie remise à neuf
transformers », ELECTRA, 88, p. 21-48, 1983

5 Investissements passés et présents


Le parc mondial
250
prend de l’âge
Investissements
transformateurs

200

alors que le coût


Nombre de

150

100

50 de remplacement
0
des transforma-
1920-1929

1930-1939

1940-1949

1950-1959

1960-1969

1970-1979

1980-1989

1990-1999

1980-1989

1990-1999

2000-2009

2010-2019

2020-2029

2030-2039

2040-2049

2050-2059

teurs vieillissants
Année de fabrication Année de remplacement

Investissements prévus actuellement


a forcé nombre
Investissements prévus avec TrafoAsset
Management TM
d’entreprises à les
5a Un pic d’investissement dans des transfor- 5b TrafoAsset Management d’ABB permet de
maintenir en ex-
mateurs neufs fut atteint entre 1960 et 1970.
Sans stratégie de maintenance optimisée ni
lisser l’éventuel pic d’investissement.
ploitation au-delà
prolongement de leur durée de vie, un nou -
veau pic devrait se produire 50 ans après. de la durée préco-
un bon indicateur. Parmi les autres fac- exploitants ne peuvent plus s’offrir le luxe
nisée.
teurs, citons le type d’application et la ten- d’une simple maintenance à échéance fixe
dance à faire fonctionner les transforma- qui limite les risques en passant au crible
teurs à charge maximale, conséquence tous leurs transformateurs chaque année.
économique d’un marché dérégulé et Ils doivent, au contraire, recourir à une
concurrentiel. stratégie plus élaborée de maintenance
La figure ➔ 5 montre que le pic d’investis- conditionnelle qui se focalise sur les trans-
sement eut lieu dans les années 1960 et formateurs à haut risque 1. Encore faut-il
1970 pour beaucoup d’entreprises euro- disposer d’informations fiables sur l’état
péennes et américaines. Le coût de rem- des transformateurs !
placement des équipements vieillissants a
forcé nombre d’entre elles à maintenir ces Maintenance proactive avec TrafoAsset
transformateurs en exploitation au-delà de Management d’ABB
la durée préconisée. Ce choix impose tou- Pour prendre des décisions stratégiques
tefois d’optimiser leur maintenance et de et quotidiennes éclairées, les responsables
prendre des mesures pour rallonger leur d’exploitation ont besoin d’outils spéciaux
durée de fonctionnement. leur permettant d’intervenir à bon escient
Parallèlement, les impératifs financiers de et au bon moment. Sur ce plan, une ten-
rentabilité des investissements mettent dance émerge clairement : la maintenance
Note
sous contrainte les budgets de mainte- à échéance fixe cède le pas à la mainte-
1 Transformateur qui présente une forte
nance tout comme la libéralisation et la nance conditionnelle. Les décisions ne probabilité de défaillance ou dont la défaillance
déréglementation du marché. Dès lors, les sont plus prises selon un calendrier fixe, aurait un impact majeur sur l’activité.

La cinquantaine en grande forme 65


établi sur la base du retour d’expérience et
7 Architecture d’un système de surveillance en continu des transformateurs
de l’observation, mais bien au vu de l’état
réel de l’appareil et du niveau de fiabilité Température ambiante

supervision SCADA
Contacts auxiliaires
(soleil/ombre) IDD ou équivalent TEC
exigé par sa fonction. C’est ce que pro-

pour les signaux


d’alarme vers la
HYDRAN M2
pose TrafoAsset Management à travers ou équivalent TAPGUARD 260
ou équivalent
trois volets : bilan, analyse des risques et T° huile
TC
planification des interventions dans un en
T° huile haut
scénario de gestion des actifs ➔ 6. en bas de cuve
de cuve Armoire de
commande
Commutateurs
État des lieux Ethernet administrés
(MOXA) ou équivalents
Avec les données de conception, les infor- Transformateur

mations sur le parc installé, le bilan de Salle de commande/poste distant

santé et l’historique de maintenance, ABB


dispose d’une vision à 360° du parc. Ces Réseau TCP/IP client

données sont au cœur du système ABB


d’évaluation et de suivi d’état car non seu-
lement elles minimisent le risque de dé- Télésurveillance par le PC avancé TEC Poste de travail 1 Poste de travail n
Centre de services ABB
faillance mais surtout elles fournissent de Liaison SCADA* selon
CEI 60870-5-101/CEI 60870-5-104/CEI 61850/DNP 3.0
précieuses informations qui servent de
point de départ à une maintenance et une Câbles cuivre/Bus CAN * Supervisory Control and Data Acquisition
Transmission sur TCP/IP
remise en service plus rapides. Fibre optique

Source : Uhlmann, O., ABB Transformer Service Engineering Solutions Portfolio Overview, 2009
Analyse de conception
ABB dispose des plans originaux de plus
de 30 marques d’appareils et les données
8 Interface de surveillance du transformateur avec l’état des principaux éléments
techniques de près de 75 % du parc de
gros transformateurs de puissance instal-
lés en Amérique du Nord, notamment ceux
de Westinghouse, GE, ASEA et BBC, ainsi
que de technologies d’anciennes généra-
tions. Tous les nouveaux transformateurs
ABB sont conçus et fabriqués selon le
même concept avec des composants
standardisés, éprouvés et modulaires qui
garantissent la flexibilité, la sûreté et l’adap-
tabilité de toutes les conceptions.

Historique
Le système d’ABB recense une grande
partie de ses produits. Une pléthore de
données sur les transformateurs est dis-
ponible et continuellement mise à jour
avec, notamment, des informations sur le
propriétaire actuel et l’historique. Ce sys-
tème constitue un formidable support Source : ABB TEC Monitor, http://tec2.vbelnat.se/, consulté en janvier 2010.
pour la détection proactive des problè-
mes. Ainsi, une analyse révéla environ
700 points potentiellement problémati- Suivi d’état des transformateurs de charge de chaque appareil et tempéra-
ques au niveau des systèmes de refroidis- La surveillance et le suivi d’exploitation ture ambiante) et transmettent ces valeurs
sement du parc installé. La recherche s’imposent comme un élément clé de la analogiques au système. L’interface fournit
s’est centrée sur les transformateurs de gestion des transformateurs. Ils autorisent
10 à 600 MVA âgés de plus de 20 ans et une détection précoce des défauts surve-
refroidis par huile ou par eau. Des fuites nant dans la cuve ou les accessoires, per- Notes
dans ces systèmes avaient entraîné la dé- mettant à l’exploitant d’évaluer la gravité 2 La surveillance des transformateurs permet de
ramener le risque de défaillance cataleptique de
faillance complète de beaucoup d’entre de la situation. Plusieurs transformateurs
0,07 % à 0,03 % [2].
eux et, dans un cas particulier, trois mois sont raccordés au réseau informatique de 3 Première étape de résolution des problèmes qui
d’interruption de production et un man- l’exploitant et peuvent être surveillés de- consiste à collecter des informations et à
que à gagner pour l’exploitant. Les don- puis une salle de commande ou un poste analyser les symptômes pour identifier les
causes sous-jacentes. Généralement, la mainte-
nées du système ont permis de contacter distant ➔ 7. Des capteurs mesurent diffé-
nance de premier niveau est réalisée par un
de manière anticipée les exploitants et de rentes valeurs (gaz dissous, teneur en hu- personnel dont la connaissance des produits lui
vérifier régulièrement les appareils. midité et température de l’huile, courant permet de résoudre les problèmes caractérisés.

66 revue ABB 1|10


9 Exemple de résultats fournis par le programme MTMP d’ABB

Site 1 – Résultats de l’évaluation d’état et plan d’action


Acces- Risque
Transfo Mécanique Électrique Thermique Réduction du risque – Actions
soires global
Risque de défaillance

Arc Échauf- Contrôle visuel et réparation en


2 Bobinage 95
électrique fement atelier/rebobinage
Échauf - Réparation sur site et révision complète du
5 Cuve fement 80
du CPEC changeur de prises en charge (CPEC)
Vieillis- Régénération/filtration de l’huile et diagnostic
1 sement Traversée 70
de l’huile avancé/changement traversée HT
Arc Thermo- Remplacement du thermomètre de l’huile en haut
6 50
électrique mètre de cuve/suivi en ligne de l’analyse des gaz dissous
Gel de
Importance relative 3 40 Changement du gel de silice
silice

7 25 Actions de maintenance classiques


Action urgente requise

Action préventive à prévoir Actions de maintenance classiques/


8 15
10 % de capacité de surcharge
Légère maintenance à envisager
Actions de maintenance classiques/
Transformateurs analysés 4 10
15 % de capacité de surcharge

9a Étape 1 : le bilan de santé du parc de trans - 9b Étape 2 : l’évaluation de l’état et de la conception d’un groupe de transformateurs à haut risque
formateurs fournit une évaluation du risque. suggère des mesures concrètes pour chaque appareil.

La force du système de surveillance


d’ABB, baptisé Transformer Electronic Les exploitants
Control (TEC), tient au fait que seule une
poignée de capteurs polyvalents suffit ne peuvent plus
pour collecter toutes les informations per-
tinentes. Les autres paramètres requis
s’offrir le luxe
sont calculés, n’augmentant que margi- d’une simple
nalement la complexité du transformateur.
L’exploitant n’est donc plus obligé de maintenance à
consacrer beaucoup de temps à trier et à
9c Étape 3 : l’évaluation de durée de vie et la
simulation de profil (des quelques transfor- interpréter les données. De plus, le res-
échéance fixe qui
mateurs présentant des anomalies aux
étapes 1 et 2) utilisent l’analyse approfondie
ponsable dispose d’indications cruciales limite les risques
sur les actions nécessaires à la mainte-
pour déterminer l’état des transformateurs.
Le cercle rouge indique qu’une action
nance de premier niveau 3. en passant au
immédiate est requise.
Évaluation d’état
crible tous leurs
des données d’état précises en créant un
ABB est le pionnier des systèmes d’éva-
luation d’état personnalisables. Son pro-
transformateurs
modèle du transformateur et de son fonc- gramme MTMP (Mature Transformer Ma- chaque année.
tionnement. Les mesures sont ensuite nagement Program) est un processus
comparées aux valeurs simulées ➔ 8, ce d’évaluation d’état ultramoderne et très
qui permet de détecter les écarts et de si- peu invasif. Le parc de transformateurs
gnaler les dysfonctionnements probables de puissance d’un client est passé au cri-
du transformateur, son degré d’usure et ble pour identifier les appareils à rempla-
celui de ses accessoires. Le système re- cer ou à rénover et déterminer le délai
cense également les alarmes du transfor- d’intervention.
mateur et enregistre chaque événement
ainsi que l’enchaînement des conditions Le diagnostic se déroule en trois étapes
débouchant sur une alarme pour aider ➔ 9. Pour commencer, on procède à un
l’exploitant à en déterminer la cause. Cette « examen clinique » général à partir de
surveillance en continu offre des avanta- données facilement disponibles : valeurs
ges indéniables. Une étude du CIGRÉ a de la plaque signalétique, huile et gaz dis-
montré qu’elle peut réduire de 50 % le ris- sous, profil de charge et historique ➔ 9a.
que de défaillance cataleptique 2 [2]. De Ensuite, on examine plus en détail une
plus, la détection précoce des problèmes sélection d’appareils du parc complet
peut diminuer de 75 % les coûts de répa- ➔ 9b. La conception d’origine est évaluée
ration et de 60 % le manque à gagner. Les à l’aune de règles et d’outils de concep-
économies annuelles atteignent 2 % du tion modernes et des diagnostics avan-
prix d’un appareil neuf, soit 40 000 à cés sont effectués pour déterminer, selon
80 000 dollars [3]. une méthode structurée, chacune des

La cinquantaine en grande forme 67


principales caractéristiques de l’appareil : Scénarios de gestion des actifs geurs de prises en charge, traversées,
état mécanique, thermique (vieillissement Pour l’exploitant, les risques ne se limitent pompes, sondes thermiques, soupapes,
de l’isolant) et électrique de la partie acti- pas aux aléas techniques inhérents aux joints ou systèmes de refroidissement, par
ve et des auxiliaires (changeurs de prises, appareils, mais englobent aussi les consé- exemple. Cette rénovation inclut aussi
traversées, soupapes de surpression, quences économiques d’une défaillance souvent la partie active, avec nettoyage,
système de séchage de l’air, pompes et comme, par exemple, le coût de la non- resserrage des enroulements et raccorde-
relais). Seuls 2 ou 3 appareils sur une fourniture d’énergie. Dans cette optique, ments, ou montage de nouvelles pièces.
centaine font généralement l’objet d’une ABB a développé, conjointement avec un
étude approfondie ➔ 9c. Au cours de cette acteur majeur du secteur, un modèle qui Avantages
ultime étape, des spécialistes analysent évalue le coût global (coût de possession Lorsqu’elle ignore le type de risque encou-
les appareils à l’aide d’outils de simula- sur le cycle de vie) d’un parc sur une pé- ru par son parc, une entreprise tend à su-
riode donnée ➔ 6. Ce modèle prend en rinvestir dans la maintenance des transfor-
compte quatre éléments du coût global : mateurs à faible risque et à sous-investir
La détection pré- investissement, maintenance, exploitation dans celle des transformateurs à haut ris-
et coûts indirects. Des scénarios compa- que ➔ 10. Or, dans le premier cas, 30 à
coce des problè- ratifs et des études de sensibilité peuvent 50 % des dépenses de maintenance s’avè-
mes peut dimi- être réalisés pour différentes années de
remplacement ou d’intervention sur l’ap-
rent inutiles [6]. Pour les éviter, on peut
évaluer à intervalles réguliers l’état du parc.
nuer de 75 % les pareil. Pour chaque scénario, le modèle Le recours à une maintenance préventive
donne la valeur actualisée nette. Un sous- ou prédictive réduit les dépenses liées aux
coûts de répara- programme d’optimisation permet égale- transformateurs, mises à mal par les cou-
tion et de 60 % le ment de minimiser automatiquement le
coût global du parc. Le programme établit
pes dans les budgets de maintenance
avec la dérégulation du secteur. Concen-
manque à gagner. la liste des échéances optimales pour la trer les ressources humaines et financières
maintenance ou le remplacement d’un sur les besoins prioritaires (selon le résultat
tion. Un bilan détaillé est alors transmis au transformateur ou groupe de transforma- de l’évaluation d’état) permet d’améliorer
responsable d’exploitation qui dispose teurs. La valeur actualisée nette du parc la fiabilité du parc pour un coût bien infé-
ainsi de données objectives sur ses trans- complet est déterminée à partir de l’état rieur à celui de la maintenance tradition-
formateurs pour l’aider dans sa prise de de chacun des appareils et des opérations nelle à échéance fixe.
décision : capacité de surcharge, aug- de maintenance choisies pour améliorer
mentation des valeurs assignées de puis- leur état. Le responsable d’exploitation On estime de 5 à 15 ans le gain de durée
sance ou de tension, prolongement de la peut ainsi envisager différents scénarios de vie potentiel offert par une maintenance
durée de vie [4]. de maintenance et connaître l’impact préventive judicieuse. Les avantages éco-
financier de chacun d’eux. Originalité de nomiques des mesures préventives et des
Évaluation des risques la démarche : au-delà des dépenses de actions correctives peuvent aussi s’expri-
L’évaluation des risques ➔ 6 couvre deux maintenance, elle tient compte de leur mer en termes de prolongement de la du-
aspects : d’une part, le risque de défaillance intérêt économique sur la fiabilité de l’ap- rée de vie des transformateurs, en élimi-
qui est établi à partir des données de la pareil [5]. nant les défaillances résultant de l’absence
phase d’analyse, à savoir âge ou durée de de maintenance opportune.
service, caractéristiques assignées (kV, Solutions de maintenance
MVA, etc.), types d’application, cycles de À partir des données disponibles et des Maintenance proactive
charge, problèmes ou conditions d’exploi- plus récents outils et solutions de mainte- TrafoAsset Management d’ABB apporte
tation, dernières données collectées (par nance ➔ 6, ABB préconise des actions et aux exploitants les informations, l’expertise
ex., analyse de l’huile et des gaz dissous), propose des prestations « sur mesure » : et les outils de maintenance indispensa-
disponibilité d’un appareil de réserve ou de entretien périodique, inspection en début bles à l’optimisation de leur parc de trans-
pièces de rechange ; d’autre part, l’impor- de vie, rénovation
tance (degré de criticité) du transformateur en milieu de vie et
en question dans la continuité de service remise à neuf. La TrafoAsset Management se
du réseau électrique. En d’autres termes, rénovation en milieu
quelles seraient les conséquences de la de vie prévisible est concentre sur le bilan,
défaillance d’un transformateur donné sur
le fonctionnement global du système ?
devenue cruciale
pour les exploi-
l’analyse des risques et la pla-
C’est la comparaison de ces deux aspects tants confrontés au nification des interventions.
qui permet de définir le degré d’urgence vieillissement de
des actions à mener ➔ 9a. Le gestionnaire leurs transformateurs. Elle comprend une formateurs, dans une logique d’améliora-
d’actifs peut ainsi s’assurer que les trans- révision complète de l’appareil en plusieurs tion de la gestion des actifs et de réduction
formateurs les plus vulnérables sont pris étapes, notamment des diagnostics pous- des risques de défaillance intempestive.
en compte en priorité. sés de l’état mécanique, thermique et De plus, la masse de données collectées,
électrique pour augmenter sa durée de vie de la conception à l’évaluation d’état, per-
résiduelle et sa fiabilité. Des pièces neuves met de réduire l’impact d’une défaillance
ou remises à neuf sont utilisées : chan- en écourtant les délais de remise en ser-

68 revue ABB 1|10


10 TrafoAsset Management™ d’ABB : la maintenance proactive en pratique

Un client d’ABB, exploitant d’un des plus grands ordre de priorité des actions correctives. Le
parcs de transformateurs, utilisait une simple client put alors redéployer ses ressources vers
maintenance à échéance fixe. Il ne savait donc les transformateurs à haut risque et, par là
pas si la maintenance effectuée sur chaque même, réduire ses coûts.
Thomas Westman
appareil correspondait à son profil de risque. De
plus, suite à la libéralisation du marché, le Cet exemple met clairement en évidence les ABB Power Products
budget de maintenance fut réduit et risquait de avantages d’une maintenance conditionnelle. Le Zurich (Suisse)
devenir insuffisant au vu de la structure de client optimise son temps et ses ressources thomas.westman@ch.abb.com
risque du parc. avec, pour résultat, une meilleure fiabilité du
parc. Une part bien plus importante du budget
ABB évalua l’état des 128 transformateurs du de maintenance est consacrée aux transforma- Pierre Lorin
parc, répartis dans 54 postes électriques, pour teurs les plus vulnérables ou qui jouent un rôle ABB Power Products
déterminer le risque de défaillance de chacun clé dans le réseau. La maintenance proactive Genève (Suisse)
d’eux. Cette évaluation permit de classer les de ces transformateurs diminue le risque de
pierre.lorin@ch.abb.com
appareils selon leur état réel et de déterminer un défaillance intempestive.

Paul A. Ammann
Appareils Budget avant évaluation Budget après évaluation
11 transformateurs ABB Power Products
à haut risque 110 000 $ (9 % du budget) 245 500 $ (25 % du budget) Baden (Suisse)
47 transformateurs paul.a.ammann@ch.abb.com
à risque moyen 470 000 $ (37 % du budget) 434 000 $ (45 % du budget)
70 transformateurs
à faible risque 700 000 $ (54 % du budget) 294 500 $ (30 % du budget)
Bibliographie
Total : 128 1 280 000 $ 974 000 $
[1] Institute of Nuclear Power Operations (INPO),
Significant Operating Experience Report, Ref.
La solution de maintenance optimisée réduit de 24 % le budget de maintenance du client
SOER02-3, 18 septembre 2002.
(soit 306 000 dollars/an) et améliore la maintenance des transformateurs à haut risque.
[2] CIGRE Technical Brochure 248, « Economics of
transformer management », juin 2004.
vice. Une maintenance proactive basée [3] Boss, P., Lorin, P., Viscardi, A., et al.,

L’approche de la sur la méthode TrafoAsset Management Economical aspects and experiences of power
transformer on-line monitoring, Session plénière
aide les exploitants à minimiser le risque
gestion des actifs de défaillance intempestive ainsi que les
du CIGRÉ, 2000.
[4] Boss, P., Horst, T., Lorin, P., et al., Life

d’ABB offre une pénalités pour les énergéticiens ou le man-


que à gagner pour les industriels ➔ 10.
assessment of power transformers to prepare
rehabilitation based on technical-economical
analysis, Session plénière du CIGRÉ, 2002.
vision claire des [5] Lorin, P., Lifetime decisions: Optimizing lifetime
Une gestion des actifs et des services costs for transformers through informed
risques et des be- proactifs basés sur une connaissance pré- decisions, ABB Review Special Report Power
Services, 10–15, 2004.
soins de mainte- cise de l’état réel des transformateurs sont
d’une importance capitale au vu de l’âge
[6] IEEE PES Transformers Committee, Tutorial:
Transformer fleet health and risk assessment,
nance pour ga- avancé du parc mondial et des exigences Dallas, TX (États-Unis), mars 2007.
accrues de qualité et de continuité de ser-
rantir la fiabilité et vice. L’approche modulaire et intégrée de
gestion des actifs d’ABB offre une vision
la disponibilité des claire des risques et des besoins de main-
Lectures complémentaires
– Eklund, L., Lorin, P., Koestinger, P., et al.,

appareils. tenance pour garantir la fiabilité et la dispo- « Essais transformés sur site avec
TrafoSiteRe-pairTM », Revue ABB 4/2007,
nibilité des appareils. Les responsables p. 45–48.
d’exploitation peuvent ainsi utiliser à bon - Jonsson, L., « La transformation des transfor-
escient leurs budgets de maintenance et mateurs : contrôler et surveiller son parc de
de remplacement en donnant la priorité transformateurs avec TEC », Revue ABB
4/2002, p. 50-54.
aux appareils à haut risque. – Lorin, P., « Forever young (longlasting
transformers) », IEE Power Engineer, 19(2),
TrafoAsset Management d’ABB procure p. 18–21, avril/mai 2005.
un service performant car il réduit le risque – Lorin, P., Fazlagic, A., Pettersson, L. F.,
Fantana, N., « Solutions pour la gestion d’un
de défaillance pour un budget de mainte- parc de transformateurs vieillissant »,
nance donné et, en cas de défaillance, en Revue ABB 3/2002, p. 41–47.
minimise l’impact. - Potsada, S., Marcondes, R., Mendes, J.-C.,
« Extreme maintenance: No location too
Pour en savoir plus sur l’offre ABB de transforma- challenging for an onsite repair! », ABB Review
teurs, rendez-vous sur www.abb.com/transformers. Special Report Power Services, p. 59–62,
2004.
– Westman, T., ABB Transformer Service
Marketing and Sales Presentation Pack, 2009.
– ABB Transformer Experts, Transformer Service
Handbook, 2006.

La cinquantaine en grande forme 69


Agent double
Les variateurs se font l’écho de l’état fonctionnel des machines
et procédés industriels

MICHAL ORKISZ, MACIEJ WNEK, PIEDER JOERG – Avec des disponibles peuvent être aussi laborieux que coûteux. ABB a
procédés toujours plus complexes et des marges en chute imaginé une solution pour extraire et traiter facilement des
libre, l’industrie doit plus que jamais minimiser les arrêts de données importantes sans investissement supplémentaire et
production en surveillant étroitement ses actifs et en détec- sans arrêter les machines. En récupérant et en exploitant
tant les signes avant-coureurs des défauts et problèmes de toute la richesse des données accumulées par des appareils
ses équipements critiques. Or les systèmes de surveillance déjà présents sur les lignes de production, comme les
d’actifs ne sont pas utilisés partout, souvent à cause du variateurs, les clients peuvent détecter précocement les
surcoût de l’instrumentation et du câblage, a fortiori s’il faut anomalies de fonctionnement et maximiser la disponibilité
les installer sur des équipements existants. Autre raison : de leurs machines.
sélectionner et interpréter les énormes quantités de données

70 revue ABB 1|10


d’ABB qui alimentent et pilotent souvent
1 Module DriveMonitorTM d’ABB
des équipements sensibles. Ces variateurs
hébergent une puissante électronique de
commande qui cumule et transmet des di-
zaines, sinon des centaines de signaux
avec une résolution inférieure à la millise-
conde.
Pour servir à la surveillance d’actifs, les
données doivent être récupérées du varia-
teur sous une forme ou une autre. En
interne, les signaux – notamment des va-
leurs de mesure, de réglage et de calcul
(vitesse, fréquence, couple, flux, courant,
puissance, température, paramétrages…) déterministe. L’absence de fréquence de
– sont stockés dans des mémoires réguliè- commutation constante complique quelque
rement mises à jour. Ils peuvent être récu- peu l’utilisation des méthodes d’analyse
pérés sous la forme de valeurs OPC 1 ou spectrale. Chaque spectre contenant de
chargés dans un enregistreur de données. nombreuses composantes difficiles à pré-
Ce dernier est une mémoire tampon pro- dire collectées les unes à la suite des autres,
grammable qui stocke les valeurs de diffé- le moyennage point par point de nombreux
rentes variables, à une cadence d’échan- spectres, par exemple, est indispensable
tillonnage spécifique, généralement suffi- pour obtenir un spectre « propre ».
samment élevée pour permettre une analyse En général, les signaux actuellement dispo-
spectrale des données. En fonctionnement nibles dans les variateurs ACS servent es-
normal, les données anciennes sont écra- sentiellement à des fonctions de comman-

L
es industriels sont constamment sées par les données plus récentes jusqu’à de et de régulation. Par conséquent,
sous pression pour réduire leurs ce que l’enregistreur soit déclenché par un certains prétraitements nécessaires à la
coûts, gagner en productivité et événement : défaut ou alarme, franchisse- surveillance d’actifs, comme le filtrage anti-
améliorer leur qualité de service. ment d’un seuil ou commande logicielle. repliement, ne sont pas appliqués. Les
Concilier efficacement ces objectifs impose Cette mémoire tampon étant circulaire, cer- points de données sont échantillonnés ou
de connaître en permanence l’état fonction- taines données antérieures et postérieures calculés à des cadences maximales de
nel des actifs de production – en particulier au déclenchement
les machines critiques – et de tirer profit de peuvent être conser-
cet état des lieux pour identifier et corriger vées. Le système La plupart des procédés
rapidement les défauts avant qu’ils ne se D r i v e M o n i t o r TM
répercutent sur d’autres parties du procédé d’ABB ➔ 1 peut lire intègre des dispositifs capa-
[1]. Un bon système de surveillance d’actifs
aide à prédire la fiabilité des équipements et
le contenu de la mé-
moire tampon d’un
bles d’acquérir et de générer
le risque de défaillance. Au vu des avanta- variateur. Il se com- des signaux qui peuvent
ges qu’ils procurent, pourquoi ces systè- pose d’un module
mes ne sont-ils pas utilisés partout ? Pre- matériel sous la for- également servir à des fins
mière raison, les équipements existants en
sont souvent déjà dotés et l’installation de
me d’un PC indus-
triel et d’une couche
de diagnostic.
capteurs et de câbles supplémentaires logicielle qui collecte et analyse automati- 40 kHz, mais ne sont accessibles qu’à des
pourrait s’avérer à la fois compliquée et quement les signaux et les paramètres du cadences inférieures (en conservant cha-
coûteuse. Une deuxième raison tient à variateur [2]. que 40ème point de données, par exemple).
l’interprétation des résultats. En effet, dans En traitement du signal, les fréquences su-
de nombreux cas, récupérer des données Enrichissement des données périeures à celle dite de Nyquist – corres-
servant normalement à une fonction d’un Leur résolution étant fixe et leur prétraite- pondant à la moitié de la vitesse d’échan-
procédé pour en tirer des informations sur ment effectué, les signaux du variateur exis- tillonnage – doivent être filtrées avant
une autre n’est pas évident. Ainsi, par tent généralement sous une forme difficile- l’échantillonnage des signaux. Sans ce fil-
exemple, déterminer la dimension fractale ment exploitable à des fins de diagnostic. trage, les pics des fréquences les plus éle-
d’un phénomène peut être relativement Par conséquent, les données doivent subir vées apparaîtront au bas du spectre, ren-
aisé, mais la rapporter à l’état fonctionnel quelques « transformations » pour servir au dant l’interprétation très difficile. Ainsi, par
d’une machine est une autre affaire ! diagnostic. exemple, les signaux contenant les fré-
La plupart des procédés intègre des dispo- Comme leur nom l’indique, les variateurs de
sitifs capables d’acquérir et de générer des fréquence modulent la fréquence du cou- Note
signaux qui, correctement regroupés et trai- rant fourni au moteur. La technique DTC 1 Acronyme de OLE for Process Control :
interface ouverte de communication industrielle
tés, peuvent également servir à des fins de (Direct Torque Control) de commande des
temps réel entre équipements de contrôle-
diagnostic. À titre d’exemple, citons les va- moteurs utilisée par les variateurs ABB commande de marques et de modèles
riateurs de fréquence de la gamme ACS donne une séquence de commutation non différents

Agent double 71
quences de 400 Hz, 600 Hz, 1 400 Hz et du variateur en pa-
2 Spectre d’un couple électrique
1 600 Hz qui sont échantillonnées à 1 kHz rallèle avec le signal
produisent tous le même spectre replié d’origine, notam- 1,5
avec un pic à 400 Hz. ment la valeur ins-
Pour connaître les changements de fré- tantanée de la fré-
quence de sortie induits par le variateur, les quence de sortie 3. 1,0

Couple (kNm)
fréquences élevées sont primordiales. Or Cette fréquence est
celles-ci peuvent être récupérées car elles alors intégrée pour
ne sont pas filtrées par le filtre anti-replie- produire l’angle du 0,5

ment ; de plus, la fréquence de sortie du champ électrique


variateur est rarement constante. du stator qui rem-
0
Ce processus est illustré en ➔ 2. Le spectre place la valeur x 0 5 10 15 20 25 30 35
individuel vrai qui contient les pics originaux d’origine de chaque Fréquence (rangs)

et repliés, calculés à partir des données de point de données.


mesure, figure en ➔ 2a. L’échelle de l’axe x Une normalisation 2a Avec pics repliés
est modifiée pour que la fréquence de sortie supplémentaire peut
soit égale à 1. Ce spectre est « déplié » en le être appliquée aux 1,5

dupliquant (alternance de recto-verso) le valeurs y.


long des multiples de la fréquence de Ny- Cette conversion
1,0

Couple (kNm)
quist. Un certain nombre de spectres dé- débouche sur un
pliés pour différentes fréquences de sortie axe x dont les inter-
est ensuite moyenné pour que les pics pré- valles ne sont plus 0,5
cédemment repliés reprennent leur place égaux, empêchant
initiale ➔ 2b. le recours à une
Un entraînement électrique est normale- approche spectrale 0
ment piloté en vitesse variable pour contrô- par transformée de 0 5 10 15 20 25 30 35
Fréquence (rangs)
ler un paramètre applicatif. Le variateur mo- Fourier rapide (FFT).
dule la fréquence de sortie en réponse à On utilise alors la
2b Avec un spectre moyenné « déplié »
une commande externe (augmentation du méthode du pério-
débit de pompage, par exemple) ou à une dogramme de Lomb
fluctuation interne (augmentation du glisse- [3] qui, appliquée à un des courants de pha-
ment d’un moteur asynchrone avec la se d’une machine de levage, est illustrée en Les variations de
charge sur un convoyeur, par exemple), ➔ 3. Le signal d’origine caractérisé par une
voire une combinaison des deux. Les mé- forte variabilité de la fréquence et de l’am- fréquence peu-
thodes traditionnelles d’analyse spectrale
supposent une fréquence constante ; quand
plitude figure en ➔ 3a. La valeur efficace du
courant fournie par le variateur est donnée
vent être analy-
celle-ci varie, deux approches sont possi- en ➔ 3b et la fréquence mesurée instanta- sées selon deux
bles : sélectionner les moments où la fré- née en ➔ 3c. La forme de l’angle du champ
quence est constante ou changer l’échelle électrique du stator ➔ 3d suit la tendance approches :
de l’axe des temps.
La première approche tire parti de la masse
qui veut que plus la fréquence est élevée,
plus l’angle augmente rapidement. La sinu-
sélectionner les
de données disponibles en permanence. À soïde régulière illustrée par le trait plein de moments où la
vrai dire, on peut exclure la plupart de ces l’onde (couleur moutarde) en ➔ 3e est obte-
données pour ne se concentrer que sur cel- nue lorsque le signal de courant d’origine fréquence est
les présentant un réel intérêt. Reste à savoir
comment faire la distinction entre données
est normalisé (moyennage point par point)
par la valeur efficace du courant et son axe
constante ou
pertinentes et inutiles ? Un bon critère x ré-espacé pour refléter l’angle. Cela don- changer l’échelle
consiste à ne retenir que les données col- ne un spectre avec un pic de fréquence uni-
lectées au moment où la fréquence de sor- que (trait plein en ➔ 3f), alors que le spectre de l’axe des
tie varie peu et lorsque le procédé présente des données brutes en pointillés n’en
des caractéristiques qui surviennent de contient pas.
temps.
manière régulière. Différentes transformations peuvent être
Parfois, les points de fonctionnement va- appliquées selon l’information recherchée.
rient à un tel rythme qu’il est impossible de Exemple : supposons que les ingénieurs
trouver un échantillon de données pendant cherchent à savoir si un moteur présente
n’importe quelle période de temps. Dans ce des défauts spécifiques (déséquilibre, dé-
cas, la solution consiste à convertir les don- salignement ou roulements défectueux).
nées du domaine temporel en une autre Plutôt que de mesurer la valeur instantanée
grandeur comme, par exemple, l’angle du de la fréquence de sortie, un signal de vi-
champ électrique 2. Pour ce faire, plusieurs tesse du moteur peut être acquis. Après
valeurs de mesure peuvent être récupérées transformation, l’axe x représente l’angle de

72 revue ABB 1|10


3 Normalisation et transformation du courant à fréquence (et amplitude) variables

2 000 1 200 3,0

Courant (A, valeur efficace)


2,5
1 000 1 000

Fréquence (Hz)
Courant (A)

2,0
¶ 800
1,5

-1 000 600
1,0

-2 000 400 0,5


0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
Temps (s) Temps (s) Temps (s)

3a Signal d’origine 3b Courant (valeur efficace) 3c Fréquence instantanée

15 2
Angle du champ électrique

1,0
Courant normalisé

Courant normalisé
du stator (tours)

1
10 0,8

0,6
0

5 0,4
-1
0,2

0 -2 0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10 12 14 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Temps (s) Angle (tours) Fréquence angulaire (rangs)

3d Fréquence intégrée (angle) 3e Signal transformé 3f Spectre (signal brut en pointillés, signal
transformé en trait plein)

l’arbre qui, à son tour, facilite la recherche trouver l’origine d’un


4 Fragment du spectre des signaux de couple d’un laminoir.
de défauts moteur liés à la vitesse de rota- problème après son Sur l’axe horizontal, 1 est égal à la fréquence de sortie.
tion de l’arbre. identification.

Données de diagnostic Analyse spectrale 0,4


“X”
Les données des variateurs ainsi converties Les variateurs équi-
Couple (kNm)

0,3
peuvent être analysées selon les deux mé- pés d’un redresseur
thodes générales suivantes pour extraire actif peuvent utiliser 0,2
F Rot
2·FRot
des informations utiles au diagnostic : les spectres du cou-
2·“X”
0,1
– variabilité point à point au sein d’un rant et de la tension
même signal ; d’entrée pour four- 0
– corrélations entre signaux. nir des informations 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6
précieuses sur la Fréquence (rangs)

La variabilité point à point peut faire l’objet qualité de l’alimen-


d’une analyse spectrale dans laquelle les tation électrique. La
composantes périodiques sont représen- mesure simultanée des tensions et cou- quence de sortie soit égale à 1. Deux pics
tées par des pics dans le spectre alors que rants de phase permet aux ingénieurs de sont liés à la fréquence de rotation, FRot. De
différents défauts ou états du système se vérifier l’absence de déséquilibre, de dé- plus, une série de pics est présente à une
manifestent sous la forme de caractéristi- phasage, de distorsion harmonique… De fréquence interharmonique de X = 0,7742
ques spectrales avec différentes fréquen- la même manière, l’analyse de la teneur en (37,86 Hz) et 2X (1,5484), ce qui corres-
ces. La méthode par corrélations entre si- harmoniques du courant de sortie permet pond probablement à une fréquence de
gnaux fournit, quant à elle, des informations de vérifier la qualité de l’électricité envoyée résonance dans la machine entraînée. Il
sur le point de fonctionnement et les ano- au moteur. Le variateur fournit à la fois des s’agit là d’une information intéressante pour
malies associées. informations sur le moteur (fréquence, cou- le diagnostic car ces résonances accélèrent
D’autres méthodes utilisent les données ple, puissance, valeur efficace du courant l’usure de la machine qui, à son tour, peut
acquises en comportement normal d’une et flux) et sur son propre fonctionnement dégrader certains aspects de qualité du
machine ou d’un procédé, et signalent im- (tension CC interne, erreur de vitesse et procédé comme la constance d’épaisseur
médiatement tout écart. Quelle que soit la fréquence de commutation). En réalité, du matériau laminé.
méthode, l’objectif est toujours plus ou l’analyse spectrale des données dresse un
moins le même : établir les indicateurs clés bilan de santé plus complet que l’analyse Notes
de performances qui fournissent des infor- « classique » des signaux électriques ou vi- 2 Ces domaines sont équivalents lorsque la
mations pertinentes sur, par exemple, l’état bratoires. fréquence est constante.
3 Fréquence à laquelle le variateur se cale sur le
d’une machine, la robustesse d’un procédé Un exemple de spectre de couple moyenné
courant de sortie. Le variateur contrôle cette
ou la qualité du courant électrique. Les d’un laminoir est donné en ➔ 4. L’axe hori- fréquence de sortie afin d’en connaître la valeur
conclusions peuvent également aider à zontal est mis à l’échelle pour que la fré- exacte.

Agent double 73
Phénomènes transitoires
5 Phénomènes transitoires dans un signal de couple
L’analyse spectrale révèle également la pré-
sence de phénomènes transitoires dans les
35
données du variateur. Tout comme les com-
2,0
posantes oscillatoires stationnaires des si- 30

Couple (kNm)
Couple (kNm)
1,5
gnaux, la présence d’autres phénomènes
1,0
plus temporaires peut également être 25
symptomatique de problèmes potentiels. Il 0,5

en va ainsi, par exemple, du signal de cou- 20 0


0 1 2 3 4 0 10 20 30 40 50 60 70
ple brut du laminoir, mesuré sur 4 s ➔ 5a. Temps (s) Fréquence (s)
Une certaine forme d’oscillation de près
d’une demi-seconde apparaît après environ 5a Forme d’onde brute avec oscillation 5b Spectre du fragment d’oscillation
3 s. Le spectre de ce fragment d’oscillation
en ➔ 5b montre clairement une composante
6 Évolution dans le temps du rapport couple/vitesse (τ/n 2) d’un ventilateur
de fréquence de 10 Hz et ses harmoniques.
La source de cette oscillation est inconnue
0,87
mais le spectre a mis en évidence un pro-
blème potentiel qui doit être examiné. 0,85
S’il est irréaliste de collecter en continu des
données haute fréquence, la collecte et 0,83
l’examen périodiques de ces signaux aug-
Unités arb.

mentent considérablement la probabilité de 0,81

détecter des phénomènes temporaires in-


désirables. 0,79

0,77
Évolution du point de fonctionnement
Le suivi simultané d l’évolution de plusieurs
0,75
grandeurs opérationnelles (courant, couple, 0 1 2 3 4 5 6 7
vitesse, puissance et fréquence) dans les Temps (jours)
données du variateur est un exemple de
méthode de corrélations entre signaux dont
nous avons déjà parlé. En analysant la rela- La puissance P est égale à la différence de des variables du procédé comme la tempé-
pression multipliée par le débit-volume Q : rature de l’air aspiré. De plus, la comparai-
P = Δ p⋅Q son de ces données à des valeurs issues
L’analyse spec- Elle peut également s’exprimer comme un du système de régulation (dans ce cas pré-
produit du couple τ et de la vitesse de rota- cis, les températures) permet de détecter
trale des données tion n : tout écart imprévu.
P = τ ⋅n
dresse un bilan Le suivi de l’évolution du point de fonction-
de santé plus En fonctionnement normal sous géométrie nement ne nécessite aucun matériel sup-
constante, Q et V sont tous deux propor- plémentaire car les données existent déjà
complet que tionnels à n, donc : dans le variateur. Les données analysées
τ = C⋅ρ⋅n2 peuvent soit être présentées en l’état, soit
l’analyse classi- la constante C variant selon la géométrie subir une analyse complémentaire par la
que des signaux du ventilateur. technique de l’analyse en composantes
principales (ACP) décrite ci-après.
électriques ou Il s’ensuit que le rapport τ/n2 reflète la den-
sité du fluide et la géométrie du ventilateur, Analyse cyclique du procédé
vibratoires. qui change rarement. Certaines applications commandées en vi-
tesse variable sont cycliques par nature.
tion entre certaines grandeurs, on peut La courbe ➔ 6 donne ce rapport pour un Prenons l’exemple d’une application de
connaître à la fois l’état fonctionnel de la ventilateur commandé en vitesse variable laminage où le couple et le courant aug-
machine et du procédé ; la relation entre le sur plusieurs jours. Les oscillations (au mentent ou grimpent brutalement lorsqu’une
couple et la vitesse, régie par les lois de cours d’une journée) témoignent des varia- brame pénètre dans les cylindres pour en-
proportionnalité des ventilateurs, en est un tions quotidiennes de température et, donc, suite chuter de manière soudaine à la sortie
bon exemple. de la densité de l’air pompé. Une densité de la brame. Ces transitoires peuvent être
élevée (température froide) apparaît au analysés pour détecter une instabilité ou un
L’écart de pression dynamique sur la sortie cours de la nuit alors qu’une densité faible écart du procédé par rapport au comporte-
Δp est proportionnel à la densité du fluide ρ (température plus chaude) est manifeste ment normal, qui peut être symptomatique
et au carré de la vitesse de sortie V, soit : pendant la journée. Les seules données du d’une usure des cylindres ou de variations
Δp = ρ⋅V2/2 variateur permettent de suivre l’évolution de matériau.

74 revue ABB 1|10


7 Profil de couple type d’un laminoir Variateur de fréquence moyenne tension
ACS 1000 d’ABB

40 50
40

2ème composante principale


30 30
Couple (kNm)

20
10
20
0
-10
10
-20
-30
0 -40
-1,0 -0,5 0 0,5 -40 -20 0 20 40 60
Temps (s) 1ère composante principale

7a Exemples de profils de couple ascendant et 7b Les deux groupes de points représentent la


descendant hausse et la baisse du couple.

Pour n’extraire que les informations les plus vent souvent au cœur d’un procédé indus-
Les variateurs ne pertinentes, les données haute résolution triel collectent et génèrent de grandes
collectées au moment des transitoires de quantités de données qui, correctement
sont qu’un exem- couple sont traitées par analyse ACP [4] de traitées, peuvent servir à des fins de sur-
réduction de dimensionnalité qui condense veillance et de diagnostic d’actifs. Ces va-
ple « d’agents la variabilité entre les données. Des profils riateurs ne sont qu’un exemple parmi tant
doubles ». Citons de couple types d’un laminoir sont illustrés d’autres « d’agents doubles ». Citons égale-
en ➔ 7; chaque profil en ➔ 7a, correspon- ment les départs-moteurs, les relais de pro-
également les dant à un transitoire, est réduit à un point tection et les fusibles intelligents. Qui plus
unique en ➔ 7b. Les transitoires ou points est, ces appareils peuvent également utili-
départs-moteurs, qui tendent à se regrouper à l’intérieur de ser leur propre puissance de calcul à des
les relais de pro- certaines limites indiquent généralement
que le procédé fonctionne normalement
fins d’analyse.

tection et les fusi- alors que ceux qui se trouvent à l’extérieur


peuvent signaler un problème. Toutes les
bles intelligents. données peuvent être sauvegardées pour
examen approfondi ultérieur ou, si l’analyse Michal Orkisz
est réalisée en temps réel, des données ABB Corporate Research
supplémentaires peuvent être collectées. Cracovie (Pologne)
michal.orkisz@pl.abb.com
Des machines et des procédés
en bonne santé Maciej Wnek
Dans le contexte concurrentiel mondial ABB Low Voltage Products
actuel, les arrêts intempestifs peuvent être Turgi (Suisse)
désastreux pour une entreprise. C’est pour- maciej.wnek@ch.abb.com
quoi les industriels cherchent en perma-
nence à maximiser la disponibilité de leurs Pieder Joerg
machines. Pour une efficacité maximale, ABB Discrete Automation and Motion
une certaine forme de surveillance d’actifs Turgi (Suisse)
doit être mise en place afin de planifier les pieder.joerg@ch.abb.com
interventions de maintenance ou prendre
les mesures qui s’imposent pour prévenir Bibliographie
[1] Mitchell, J., S., Physical Asset Management
les défaillances et leurs conséquences.
Handbook (185), Clarion Technical Publishers,
Cette surveillance d’actifs gagne du terrain États-Unis, 2002.
au fur et à mesure que les procédés indus- [2] Wnek, M., Nowak, J., Orkisz, M., Budyn, M.,
triels s’automatisent et que le personnel Legnani, S., « Efficient use of process and
diagnostic data for the lifecycle management »,
diminue.
Proceedings of Euromaintenance and 3rd World
Les aspects positifs de la surveillance d’ac- Congress on Maintenance, Bâle, Suisse,
tifs ne doivent toutefois pas être rognés par p. 73–78, 2006.
l’installation d’équipements supplémentai- [3] Press, W., H., Flannery, B., P., Teukolsky, S., A.,
Vetterling, W., T., Numerical Recipes: The Art of
res. Souvent, les données collectées par
Scientific Computing, Cambridge University
des appareils déjà en place peuvent être Press, 1986.
utilisées à d’autres fins, sans surcoût. C’est [4] Jolliffe, I., T., Principal Component Analysis,
ainsi que les variateurs ABB qui se retrou- Springer, 2002.

Agent double 75
De l’intelligence au
compteur
Une centrale de mesure communicante
JÜRGEN LASCH – Notre perception de l’énergie évolue dans deux sens :
d’un côté, nous sommes de plus en plus sensibilisés à l’environnement
et, en particulier, aux conséquences de nos habitudes de consomma-
tion ; de l’autre, la flambée du coût de l’énergie nous pousse à réduire
par tous les moyens nos usages. Difficile pour autant de faire le lien entre
les petits gestes du quotidien de chacun et leurs retombées collectives
sur les enjeux écologiques de demain. Et le règlement de nos factures,
le plus souvent mensuel ou bimensuel, n’arrange rien à l’affaire !

76 revue ABB 1|10


1 EDSM, le nouveau compteur domestique 2 Tableau électrique intelligent :
d’ABB un concentré de fonctionnalités

750 mm
300 mm
L
’avènement du comptage basse et permet de réaliser des économies sur
tension évolué change la donne. le marché concurrentiel de la fourniture
La Foire de Hanovre 2009 fut électrique. Complété d’une passerelle de
l’occasion pour ABB de présen- données ➔ 3, il offre une solution globale
ter ses compteurs électroniques résiden- et communicante de numérisation et
tiels qui, associés à une « passerelle de d’automatisation du comptage d’éner-
communication », permettent de visuali- gie : il peut récupérer, suivre et afficher
ser et de calculer, de façon ciblée et les données d’autres postes de consom-
3 Passerelle de communication ABB
sélective, la consommation de chaque mation (eau, gaz, chauffage…) pour
ménage. Ces boîtiers sont dotés d’un constituer une plate-forme de mesure
écran graphique ergonomique permet- intégrée ➔ 4. Les informations transitant
tant au client d’optimiser instantanément par la passerelle peuvent être consultées
ses usages électriques et d’apprécier en par les résidents sur un PC, un téléphone
temps réel les économies réalisées, par mobile ou l’écran Busch-Comfort-
exemple, lors de l’achat d’un réfrigéra- Panel ®… ➔ 5. La passerelle les transmet
teur basse consommation. également aux fournisseurs d’énergie.
Les autres équipements nécessaires se
Dès cette année, le gouvernement fédé- logent tout aussi bien dans l’armoire
ral allemand a rendu ces compteurs électrique qui devient alors un véritable
intelligents obligatoires sur le territoire central de communication.
national. Grâce à son compteur division-
naire électronique EDSM (Electronic Do- La mise en place de ces compteurs
mestic Supply Meter) ➔ 1 et son disposi- affranchit le distributeur des fastidieux
tif de fixation et de contact intégré BKE-I, relevés manuels, à domicile ; celui-ci
ABB optimise la mesure et la distribution peut désormais calculer les consomma- La consommation
d’électricité domestique. Cette innova- tions à distance et à intervalles réguliers,
tion permet non seulement de réduire sans avoir à dépêcher d’agents sur le domestique est
l’encombrement des tableaux électriques
➔ 2 mais aussi de moderniser le parc
terrain. Pour l’abonné, la consommation
domestique est visible et gérable à tout
visible à tout
existant avec l’adaptateur BKE-A. moment, dans un format clair et compré- moment, dans un
hensible ; chacun peut la moduler sans
Le boîtier EDSM d’ABB, facile à monter, attendre, tandis qu’une analyse détaillée format compré-
apporte une touche futuriste au bon aide à mettre en lumière une anomalie du
vieux compteur résidentiel. Il jette les réseau ou les « watts perdus ».
hensible.
bases de la mesure informatisée des
consommations, rationalise les usages

De l’intelligence au compteur 77
4 Architecture du comptage évolué

Prise
Écran
Prise Busch-ComfortPanel®

Prise Prise

Prise

Passerelle Relevés des consommations


gaz/eau transmis par liaison
filaire ou sans fil

EDSM

Distributeurs de
Compteur gaz et d’eau
d’énergie

Tableau électrique Distributeur


Inter- d’électricité
sectionneur

Ces compteurs communicants et inté-


5 Affichage des consommations sur
Busch-ComfortPanel® L’énergéticien grés préfigurent le réseau du futur qui
accordera au consommateur une plus
peut améliorer grande liberté de choix de son fournis-
la répartition de seur. L’alimentation d’un foyer équipé
d’un compteur télérelevable peut être
puissance jour- coupée sur-le-champ, dès résiliation du
contrat de fourniture. La généralisation
nalière et hebdo- de ces appareils s’accompagnera de

madaire. plus en plus d’une modulation des tarifs


en fonction des heures de consomma-
tion, incitant le particulier à profiter des
heures creuses pour lancer le gros élec-
Compteur électronique domestique EDSM
troménager (lave-linge …), gourmand en
énergie. Pour l’énergéticien, la motiva-
Caractéristiques du compteur d’énergie
électrique active, simple et double tarif : tion est double : équilibrer et lisser la de-
mande et la répartition de la puissance
– Conception normalisée VDN Elektronische dans la journée, voire la semaine ; réduire
Haushaltszähler, version 1.02
la charge tant sur la production d’électri-
– Simplicité de montage et
de remplacement cité, en évitant les coûteuses pointes
– Simple ou double tarif électriques, que sur la gestion des ré-
– Horloge temps réel intégrée seaux grevés par le recours accru aux
– Haute immunité électromagnétique
énergies renouvelables.
– Prêt à l’emploi

Pour en savoir plus, lire « Les couleurs de


l’intuition », p. 79.

Jürgen Lasch
Striebel & John GmbH & Co. KG
Sasbach (Allemagne)
juergen.lasch@de.abb.com

78 revue ABB 1|10


Les couleurs
de l’intuition
Deux produits domotiques et immotiques sont lauréats du
prestigieux concours mondial de design Red Dot Award

BERNHARD DÖRSTEL, PETER SIEGER – Les nouvelles techno- l’institution Red Dot Design pour la remarquable intuitivité de
logies, censées faciliter la vie, s’avèrent parfois d’une comple- leur interface de dialogue. Busch-priOn est une commande
xité frustrante. Développer des produits mariant innovation et modulaire conçue pour l’automatisation de l’habitat sur bus
ergonomie met à l’épreuve plus d’un concepteur de talent. KNX. Elle commute et coordonne des fonctions comme
ABB a pourtant relevé ce défi avec deux produits de l’offre l’éclairage, le chauffage et la climatisation, et fait interagir les
domotique et immotique Living Space® de Busch-Jaeger : appareils électroniques du logement depuis un point central,
l’écran Busch-ComfortPanel®, pour la gestion technique du individuellement ou dans le cadre de « scénarios » prépro-
bâtiment (GTB), et la commande Busch-priOn®, pour la grammés : jeux d’ombre et de lumière, ambiance musicale …
régulation par pièce, tous deux distingués en 2008 par

Les couleurs de l’intuition 79


1 Commande triple
Busch-priOn®

Le rétroéclairage de couleur identifie les


fonctions d’éclairage (jaune), d’ombrage (bleu)
et de scénarisation d’ambiance (violet).

2 Les commandes domotiques Living Space® s’accompagnent de symboles fonctionnels,


parfaitement intelligibles.

R
ichesse fonctionnelle et confort
d’utilisation sont les deux
grandes qualités qui font d’une
technologie une exception.
Busch-priOn en fait partie. En adoptant
le principe de « simplexité » (néologisme
désignant la simplicité d’usage d’une
commande de haute technicité, axée sur
l’essentiel), l’utilisateur peut intuitivement
piloter les fonctions les plus complexes :
une simplification bienvenue dans un
univers high tech de plus en plus alambi-
qué !

Polyvalent, pragmatique et élégant Écran Busch-ComfortPanel

La commande déportée Busch-priOn ré-


concilie la commutation programmée des de l’habitant. Un appui sur le bouton
classique et les fonctions avancées d’un de réglage permet de créer un espace à Par sa modularité,
panneau électronique moderne. Elle vivre, au gré des envies : lumières tami-
assure une conduite claire et intuitive des sées, stores baissés, musique favorite. Busch-priOn®
lots techniques de l’habitat comme
l’éclairage, le chauffage/rafraîchissement Les développeurs de Busch-priOn et de
s’adapte aux
et l’ombrage (stores et volets). Son con- Busch-ComfortPanel ont eu pour mot besoins de chacun.
fort d’exploitation se retrouve dans le d’ordre la simplicité d’emploi ; l’utilisa-
choix des couleurs représentant chaque teur devait pouvoir naviguer à son aise
tâche, tout comme sa modularité permet dans le menu de sélection des fonctions
une adaptation fine aux besoins de l’uti- sans avoir besoin de consulter la notice.
lisateur ➔ 1.
Busch-priOn se distingue par son écran
Ses nombreuses possibilités fonction- tactile à matrice active TFT de 9 cm de
nelles offrent une réelle liberté d’adéqua- diagonale et son bouton-poussoir rotatif.
tion aux exigences de chacun. Luminai- Sa commande par menu fait défiler
res, stores et appareils électroniques une ronde de pictogrammes explicites,
peuvent être commandés un à un ou représentant les 8 zones de fonction de
intégrés dans une « scénarisation d’am- l’habitat. Deux gestes suffisent : un tour
biance » reproduisant toutes les habitu- de bouton affiche successivement les

80 revue ABB 1|10


Tapis rouge pour Living Space ®

L’offre domotique intelligente Living Space ®


de Busch-Jaeger a aussi remporté le prix Red
Dot Communication Design 2008, grâce à
une plate-forme de présentation interactive
permettant d’explorer toutes les facettes de
ce nouvel espace de vie et de confort
individualisé. L’utilisateur est invité à visiter
une maison virtuelle équipée des technolo-
gies et produits Busch-Jaeger dont il peut
expérimenter le concept et évaluer les
avantages. Cette présentation fut inaugurée
à l’édition 2008 du salon Light+Building de
Francfort (Allemagne).

3 La commande Busch-priOn sur bus KNX, 4 Les quatre couleurs de la commande


lauréate du Red Dot: Best of the Best 2008 Busch-priOn Busch-priOn
Éclairage
utilise un puissant
processeur à
Ombrage Chauffage
faible consomma-
tion d’énergie et
Scénarisation
un affichage mo-
d’ambiance

À chaque fonction de commande de l’habitat


derne à rétro-
correspond une couleur intuitive et intemporelle
(jaune, bleu, orange et violet).
éclairage par LED.

commandes, une légère pression les ces éléments de commande, écran tac-
sélectionne ➔ 2. Un fin liseré de couleur tile TFT compris, possèdent un éclairage
reflète la fonction activée ➔ 3. Avec ses commutable de jour et de nuit afin
trois teintes d’écran et ses variantes d’adapter le niveau d’éclairement aux
d’exécution, Busch-priOn épouse tous besoins du moment.
les styles.
De plus, les touches à bascule permet-
On peut aussi lui raccorder une « Media tent de sélectionner des fonctions
Box » pour piloter des fonctions multi- programmables par l’utilisateur. Quand
média (TV, radio, lecteur DVD, chaîne l’écran est désactivé, Busch-priOn fonc-
hi-fi …). Sur le Busch-ComfortPanel, tionne comme un interrupteur M/A classi-
l’agencement de la maison, avec l’em- que : un appui sur le bouton rotatif com-
placement des commandes, peut être mute directement l’action prédéfinie.
reproduit et visualisé en clair.
Les commandes sont facilement sélectionnées Le confort et l’efficacité énergétique sont
par simple appui sur le bouton rotatif. Le fin Chaque fonction est sélectionnée et optimisés grâce à un récepteur infrarouge
liseré de couleur reflète directement la fonction
actionnée rapidement ; chaque luminaire et un détecteur de proximité (en option),
choisie (ici, le bleu pour la manœuvre des
stores).
peut être piloté et régulé en direct. Le sur le bandeau supérieur de Busch-priOn,
bouton rotatif commande aussi les sto- qui conjuguent esthétisme et commodité :
res et volets, tandis que l’ambiance ther- l’approche d’une personne enclenche
mique est modulable dans chaque pièce, automatiquement le rétroéclairage de
grâce à la fonction de réglage individua- Busch-priOn. De même, une sonde ther-
lisé de la température. mique et un thermostat d’ambiance peu-
vent se loger en partie basse.
Le bouton rotatif peut aussi se combiner
ou s’étendre à différents modules. Tous

Les couleurs de l’intuition 81


La couleur en plus l’une des distinctions les plus prisées au La mise en service de Busch-priOn est
Les commandes Busch-priOn et Busch- monde récompensant la créativité, l’in- rapide et sans problème pour l’électri-
ComfortPanel s’appuient sur un concept novation et la qualité, dans trois discipli- cien. Sa programmation, basée sur un
aussi original qu’intuitif : un code couleur nes : produit, communication et design. principe bien connu, peut aussi être mé-
symbolise chaque fonction ➔ 4. Ainsi, morisée sur une carte SD chez l’installa-
tout ce qui a trait à l’éclairage est en Il est attribué par un jury international teur, puis transférée dans le système sur
jaune (soleil et lumière), au chauffage en d’experts éminents, qui évalua, pour le chantier.
orange (chaleur ambiante) et à la com- le volet communication, près de 6 000
candidatures de Éco-efficace
39 nations. Seuls Synthèse de haute technologie du bâti-
Busch-priOn et Busch- 38 produits décro- ment, de convivialité, de fonctionnalités
chèrent le « point personnalisables, d’innovation, d’élé-
ComfortPanel s’appuient rouge des meil- gance et de simplicité, la commande
sur le langage universel leurs » pour l’excel-
lence de leur de-
domotique Busch-priOn a tout pour
plaire ! Sans compter que sa régulation
de la couleur pour sign. Busch-Com- pointilleuse de l’éclairage et du climat
fortPanel et Busch- intérieur contribue à l’amélioration de
symboliser chaque fonction priOn furent primés l’efficacité énergétique.

de commande. pour la convivialité


de leur commande Certains passages de cet article s’inspirent d’un
précédent numéro de la Revue ABB : cf. « Cadre de
utilisateur ➔ 3.
vie », 4/2008, p. 11–14.
mande des volets/stores en bleu (om-
brage), tandis que le violet se réserve les Bâti technologique
scénarios lumineux : une logique univer- Busch-priOn s’appuie sur une plate-
sellement comprise ! Cette symbolique forme modulaire, configurable individuel-
peut être complétée de descriptifs expli- lement. Un sous-système de bus assure
cites, qui rendent tout marquage de l’alimentation en énergie de chaque mo-
l’interface utilisateur superflu. dule et les échanges de données. L’en-
La commande extra-plate se fond dans semble utilise un puissant processeur à
tous les intérieurs ; sa finition en plasti- faible consommation d’énergie et un affi-
que blanc, verre blanc, verre noir et acier chage moderne à rétroéclairage par
inox (avec revêtement anti-traces de LED. Bernhard Dörstel
doigts) parachève son élégance. Busch-Jaeger Elektro GmbH
Busch-priOn convient aussi bien à l’ha- Société du Groupe ABB
La plus haute marche du podium bitat individuel qu’aux bâtiments tertiai- Lüdenschied (Allemagne)
Fin 2008, la commande domotique res. Son boîtier encastré à commande bernhard.doerstel@de.abb.com
Busch-priOn remportait le célèbre prix simple, double ou triple s’adapte à tou-
du design Red Dot Award pour la moder- tes les configurations, surtout dans les Peter Sieger
nité et l’ergonomie de son interface. Avec projets de rénovation. Toutes les varian- Sieger Agency for Business Communication
plus de 10 000 produits en lice et la par- tes sont compatibles ABB Powernet® Halver (Allemagne)
ticipation de 60 pays, ce concours est EIB/KNX et ABB i-bus® EIB/KNX. sieger@buero-sieger.de

82 revue ABB 1|10


Rédaction

Peter Terwiesch
Chief Technology Officer
Group R&D and Technology

Clarissa Haller
Head of Corporate Communications

Ron Popper
Manager of Sustainability Affairs

Axel Kuhr
Head of Group Account Management

Friedrich Pinnekamp
Vice President, Corporate Strategy

Andreas Moglestue
Chief Editor, ABB Review
andreas.moglestue@ch.abb.com

Édition
La Revue ABB est publiée par la direction R&D and
Technology du Groupe ABB.

ABB Asea Brown Boveri Ltd.


ABB Review/REV
CH-8050 Zürich
Suisse
Dans le numéro 2|10

La Revue ABB paraît quatre fois par an en anglais,


français, allemand, espagnol, chinois et russe. Elle
est proposée gratuitement à tous ceux et celles qui
s’intéressent à la technologie et à la stratégie
L’intelligence sur
d’ABB. Pour vous abonner, contactez votre
correspondant ABB ou directement le bureau de la
rédaction de la revue.
les rails…
La reproduction partielle d’articles est autorisée
sous réserve d’en indiquer l’origine. Cette édition de la Revue ABB a montré comment les innova-
La reproduction d’articles complets requiert
l’autorisation écrite de l’éditeur. tions technologiques du Groupe permettent à toute la filière
électrique (production, transport et utilisation) de gagner en
Édition et droits d’auteur ©2010
souplesse, en adaptabilité et en fiabilité tout en suivant la voie
ABB Asea Brown Boveri Ltd.
Zurich (Suisse) du développement durable. Pour autant, la dynamique d’ABB
dans le secteur du transport ne s’arrête pas aux réseaux
Impression
Vorarlberger Verlagsanstalt GmbH
d’énergie. En atteste notre prochain numéro qui explorera les
AT-6850 Dornbirn (Autriche) pistes d’innovation du Groupe visant à faciliter et à accélérer la
mobilité des personnes et des biens.
Maquette
DAVILLA Werbeagentur GmbH
AT-6900 Bregenz (Autriche) Les réalisations d’ABB dans l’industrie ferroviaire seront notre
Traduction française
fil conducteur. Sans être à proprement parler un constructeur
Dominique Helies de matériel ferroviaire, ABB fournit de nombreux composants
dhelies@wanadoo.fr indispensables au chemin de fer : moteurs et transformateurs de
Avertissement traction, convertisseurs électroniques, sous-stations… Mais le
Les avis exprimés dans la présente publi cation Groupe est aussi une « locomotive » sur les fronts des services,
n’engagent que leurs auteurs et sont donnés
de la maintenance et de la modernisation des équipements tout
uniquement à titre d’information. Le lecteur ne
devra en aucun cas agir sur la base de ces écrits en s’attachant à fiabiliser les opérations de ses clients. Notre
sans consulter un professionnel. Il est entendu que prochain numéro se penchera donc sur les mutations technolo-
les auteurs ne fournissent aucun conseil ou point
de vue technique ou professionnel sur aucun fait ni
giques appelées à révolutionner le train, sur tous les continents.
sujet spécifique et déclinent toute responsabilité sur Chemin faisant, nous reviendrons sur les grandes réalisations et
leur utilisation. Les entreprises du Groupe ABB inventions du Groupe et des entreprises qui l’ont façonné, des
n’apportent aucune caution ou garantie, ni ne
prennent aucun engagement, formel ou implicite, tout débuts de l’électrification ferroviaire à nos jours.
concernant le contenu ou l’exactitude des opinions
exprimées dans la présente publication.
En marge du rail, nous évoquerons certaines initiatives du
ISSN : 1013-3119 Groupe œuvrant pour un transport durable, que ce soit dans les
navires ou les automobiles avec, par exemple, la recharge des
www.abb.com/abbreview
batteries électriques.

Prochain numéro 83
Connect renewable power to the grid?

Electricity generated by water, sun and wind is most abundant in remote areas
like mountains, deserts or far out at sea. ABB’s leading power and automation
technologies help renewable power reach about 70 million people by integrating
it into electrical grids, sometimes over vast distances. Our effort to harness
renewable energy is making power networks smarter, and helping to protect
the environment and fight climate change. www.abb.com/betterworld Naturally.

Vous aimerez peut-être aussi