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INSTITUT SUPERIEUR DE MANAGEMENT (ISMA)

COURS DE CONTENTIEUX FISCAL


Préparé et présenté par

BILLONG BI NGAWE
Inspecteur Principal des Impôt
Chef de Cellule de la Répression des Infractions Fiscale à la
Direction Générale des Impôts
Introduction Générale

Le contentieux fiscal peut se définir comme l’ensemble des voies de droit au moyens des
quelles sont réglés les litiges nés de l’application de la loi fiscal aux contribuables. Il
s’agit d’apprécier la dette fiscale du contribuable non par rapport à sa situation
personnelle mais au regard de la loi fiscale tant en ce qui concerne son contenu que les
modalités qui ont concourues à sa détermination.

Dans sa consistance, le contentieux fiscal peut se présenter sous deux aspects, le


recours pour excès de pouvoir et le recours de pleine juridiction. Dans la première
variante, il peut s’agir d’une requête en annulation d’un acte règlementaire édicté sur le
plan fiscal alors que stricto sensu, il concerne soit les impositions ou les actes de
recouvrement. Ainsi dans son second aspect, le contentieux fiscal peut donc concerner
soit la contestation des impôts que l’on doit (contestation d’opérations d’assiette ou de
liquidation de l’impôt), soit tout simplement sur les opérations de recouvrement de
l’impôt. Le contentieux fiscal constitue l’un des éléments substantiel pour la garantit des
droits du contribuable contre l’application arbitraire de la loi fiscale ; puisqu’il a pour
finalité le contrôle de l’action du fisc.

Le livre des procédures Fiscales consacre en ses articles L 115 et suivants,


l’encadrement du contentieux fiscal au Cameroun en ce qui concerne la contestation des
impositions et la sollicitation de la clémence de l’Administration en cas de difficultés pour
le paiement des impôts. C’est ainsi qu’il s’agira ici de visualiser la juridiction gracieuse
(2ème partie) après s’être appesantit sur la juridiction contentieuse (1 ère partie).
Première partie : La juridiction contentieuse

Il s’agit ici de s’intéresser aux motifs des réclamations et aux opérations


concernant la phase administrative (chapitre 2) avant de visualiser la procédure
juridictionnelle (Chapitre 3) après l’exploration des principes du contentieux fiscal
(chapitre 1).

Chapitre 1er : L’organisation et les principes du contentieux fiscal

Le contentieux fiscal est encadré par un certain nombre de principes qui visent la
sécurisation tant de la procédure que les intérêts des protagonistes. Par ailleurs sont
organisation par le législateur camerounais est assez perméable pour l’introduction des
requêtes.

Section 1ère : Les principes du contentieux fiscal

Les uns sont liés à la nature de l’acte et à son auteur (I), les autres à la personne
du contribuable et aux moyens soulevés (II) et en fin aux délais (III).

I- Principes liés à la nature et à l’auteur de l’acte contesté

A- La nature de l’acte : l’Avis de mise en Recouvrement (AMR)

L’acte contesté doit émaner d’une procédure d’imposition conduisant à


l’établissement d’une dette fiscale. Il peut donc s’agir d’une opération d’assiette qui
soit constate le non paiement d’impôts déclaré, soit corrige la défaillance du
contribuable ou corrige la déclaration du contribuable au regard des informations dont
dispose l’Administration ou bien d’un redressement suite à un contrôle sur place.
L’AMR est donc l’acte qui constate la dette fiscale due par le contribuable qui doit
être acquittée au plus tard dans un délai de quinze (quinze) jours suivant la date de
sa notification (article L 53 du CGI). Il reste entendu que l’AMR sauf cas de la
déclaration sans paiement, doit être accompagné de la notification de taxation
d’office ou de la réponse aux observations en cas de contrôle qui sous peine de
nullité, doivent obligatoirement signifier au contribuable la faculté dont il dispose de
se pourvoir en contentieux.

B- L’auteur de l’acte (AMR) :

L’acte doit émaner du chef de Centre des Impôts territorialement compétent ou du


Directeur des Grandes Entreprises à la suite d’une action d’imposition résultant soit
d’une opération d’assiette ou suite à un contrôle fiscal. Sa signature rend exécutoire
l’AMR qui est directement pris en charge par le Receveur des Impôts rattaché.
II- Principes liés à la personne du contribuable et aux moyens de son action
A- La personne du réclamant

Le réclamant doit être un contribuable personne morale ou physique enregistrée à la


date de l’imposition dans le fichier des contribuables de la DGI. La requête doit être
signée de lui ou par son mandataire et la dette contestée doit avoir été établie au nom de
l’entreprise dont il est le Dirigeant.

B- Les moyens de la réclamation

La réclamation doit être fondée sur les éléments de fait ou de droit qui entachent
l’imposition ou la procédure d’imposition d’irrégularité. Il peut s’agir de la mauvaise
application ou d’interprétation de la loi, d’erreur dans le calcul des impositions ou dans
l’appréciation de la base d’imposition ou tout simplement des vices de procédure.

III- Les principes liés aux délais


A- La computation des délais

En l’absence d’un Code de Procédure Administrative, la jurisprudence a consacrée la


computation des délais sur la base des règles édictées par le Code des Procédures
Civiles. Ils sont comptés différemment selon qu’ils sont exprimés en jour, mois ou année
et sur la base des règles du « Dies a quo » et du « Dies ad quem ».

B- La force juridique des délais


1- Une question d’ordre public :

Le respect des délais est une question d’ordre public, c'est-à-dire qu’il s’impose à tous et
nul ne peut en déroger. Ainsi, toute dérogation ou prorogation ne peut être que celle
prévue par la loi.

2- Un moyen d’ordre public :

Le respect des délais étant Erga omnes, sa violation peut être soulevée d’office par le
juge à toute étape de la procédure sans violation de la règle de l’Ultra petita.

Section 2 : L’organisation du contentieux fiscal

Comme tout acte administratif, la contestation en matière fiscale donne lieu à une
procédure administrative (I) préalable à la saisine du juge (II).

I- Sur le plan administratif

La singularité de l’acte d’imposition susceptible de causer des préjudices irréparables


tant pour de l’Administration que pour le contribuable suite à une mauvaise interprétation
donne lieu à un double examen sur le plan administratif contraire aux actes ordinaires
d’où un recours hiérarchique (A) qui doit obligatoirement précéder le recours gracieux
préalable (B).

A- Le recours hiérarchique

C’est la requête adressé par le contribuable au supérieur hiérarchique de l’auteur de


l’acte. Elle vise généralement en l’annulation de tout ou partie des impositions.

B- Le recours gracieux préalable

Il s’agit d’un acte de la procédure juridictionnelle prescrite par les dispositions de l’article
17 de la Loi N° 2006/022 du 29 décembre 2006 fixant l’organisation et le fonctionnement
des tribunaux administratifs qui dispose que le recours contentieux devant la cours
suprême statuant en matière administrative n’est recevable qu’après rejet d’un recours
gracieux préalable. En claire, la recevabilité du recours contentieux est conditionnée par
la production par tout justiciable potentiel d’un recours gracieux préalable.

II- Sur le plan juridictionnel

Ici, le principe du double degré de juridiction est fondamental pour la sécurisation des
intérêts du contribuable.

A- Les juridictions d’instance

Avant la loi du 29 décembre 2006, seule la Chambre Administrative de la Cours


Suprême située à Yaoundé faisait office de juridiction d’instance en matière
administrative. Cette situation était source de précarité pour les contribuables qui
devaient en cas de contestation des impositions se déplacer pour Yaoundé. En vue de
faciliter l’accès au juge en matière administrative, la reforme judiciaire intervenue en
2006 a créée les tribunaux administratifs dans les chefs lieu de régions du Cameroun.
Aussi, en cas de rejet du recours gracieux préalable adressé au Ministre des finances, le
contribuable doit dans le délai legal saisir le tribunal administratif du lieu de
l’établissement de l’imposition contestée.

B- Les juridictions d’appel

Elles ont pour rôle de se prononcer en vue de corriger ou de confirmer les décisions
rendues par les tribunaux administratifs. Ainsi en cas de non satisfaction auprès d’un
tribunal administratif, le contribuable doit introduire son recours en appel auprès de la
chambre Administrative de la Cours Suprême et la contestation peut aller jusqu’à
l’Assemblée Plénière qui statut comme juge de dernier ressort.