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Réf.

: M4165 V1

Essais de rupture - Essais


Date de publication :
10 décembre 2007 par choc

Cet article est issu de : Matériaux | Étude et propriétés des métaux

par Dominique FRANÇOIS

Résumé Cet article traite des ruptures brutales qui interviennent au cours du
chargement ou en fin de durée de vie lorsque les fissures à croissance lente atteignent
une valeur critique. Après une description succincte des mécanismes de rupture brutale,
la transition de ductilité des aciers ferritiques est présentée, avec un accent sur les
facteurs influençant cette rupture et notamment la notion de température de transition
fragile-ductile. Les essais de rupture par choc sont ensuite présentés, depuis les essais
Charpy jusqu’aux essais utilisant des éprouvettes de plus grande taille.

Abstract This article discusses the sudden breaks that occur during loading or end of
life, when the slow-growing cracks reach a critical value. After a brief description of
sudden fracture mechanisms, the transition of ferritic steels is presented, with emphasis
on the factors influencing this fracture, including the notion of a ductile–brittle transition
temperature. The damage by impact tests are subsequently presented, from Charpy tests
through to testing using larger specimens.

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Essais de rupture
Essais par choc
par Dominique FRANÇOIS
Professeur honoraire de l’École Centrale Paris

1. Mécanismes de rupture .......................................................................... M 4 165 – 2


1.1 Ruptures fragiles, ruptures ductiles ........................................................... – 2
1.2 Rupture par clivage...................................................................................... – 3
1.3 Rupture à faciès ductile ............................................................................... – 3
1.4 Rupture intergranulaire ............................................................................... – 4
1.5 Modes de rupture d’une pièce .................................................................... – 4
2. Notion de température de transition de ductilité........................... – 5
2.1 Essais sur éprouvettes lisses ...................................................................... – 5
Parution : décembre 2007 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200030444 - univ. paris est marne la vallee // 195.221.193.42

2.2 Essais sur éprouvettes entaillées ............................................................... – 5


3. Essais de choc au mouton-pendule..................................................... – 7
3.1 Intérêt des essais de choc au mouton-pendule......................................... – 7
3.2 Description de l’essai Charpy ..................................................................... – 7
3.3 Résultats de l’essai Charpy ......................................................................... – 9
4. Essais de choc sur grandes éprouvettes ........................................... – 10
4.1 But des essais sur grandes éprouvettes .................................................... – 10
4.2 Essais de gonflement par explosion (Pellini) ............................................ – 11
4.3 Essais de flexion par choc (Pellini) ............................................................. – 11
4.4 Essais de flexion par choc sur éprouvettes entaillées (Battelle) .............. – 11
4.5 Détermination de la courbe d’arrêt de fissure. Essai Robertson ............. – 12
4.6 Diagramme d’analyse des ruptures de Pellini........................................... – 13
5. Corrélations entre résultats d’essais.................................................. – 14
5.1 Intérêt des corrélations entre résultats d’essais de rupture ..................... – 14
5.2 Corrélations entre résultats d’essais de rupture par choc........................ – 14
5.3 Corrélations entre résultats d’essais de rupture par choc et ténacité
selon la mécanique de la rupture ............................................................... – 15
6. Conclusion ................................................................................................. – 16
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. M 4 165

es ruptures en service sont extrêmement coûteuses : lorsqu’elles survien-


L nent, si par bonheur elles n’entraînent pas de pertes de vie humaine, en
plus du remplacement des équipements détériorés, il convient de compter les
heures et les productions perdues, l’image de marque abîmée, les marchés
12 - 2007

disparus... À titre d’exemples, la rupture de boulons du système de commande


du gouvernail de l’Amoco Cadiz a provoqué son naufrage le 16 mars 1978 et la
marée noire dont on se souvient ; la rupture de la cloison étanche de la queue
du Boeing 747 du vol 123 de Japan Airlines a entraîné le 12 août 1985 la perte
du contrôle de l’appareil et la mort de 120 personnes ; la rupture de la jante
d’une roue a provoqué le 3 juin 1998 le déraillement du train à grande vitesse
M 4 165

ICE Wilhem Conrad Röntgen près de Eshede en Allemagne, faisant 101 morts
et une centaine de blessés.

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

Ces ruptures surviennent sous l’effet des sollicitations que supportent les
pièces excédant la résistance à la rupture des matériaux dont elles sont consti-
tuées. Il importe évidemment de connaître le mieux possible cette dernière
propriété, qui dépend de divers facteurs : température, vitesse de déformation,
environnement.
Aussi de nombreux essais ont-ils été imaginés pour évaluer la résistance à la
rupture des matériaux et certains d’entre eux sont depuis longtemps couram-
ment pratiqués dans l’industrie. Pour en bien apprécier la portée et les limites,
il est nécessaire de comprendre les mécanismes de rupture qui interviennent.
Cela permet d’apprécier l’intérêt des essais de choc sur éprouvettes entaillées
mis au point notamment par Georges Charpy il y a une centaine d’années [1].
Ces essais procurent des données précieuses pour évaluer la résistance à la
rupture des matériaux sous forme de la résilience, énergie absorbée lors du
choc. Ils permettent, tout particulièrement, de déterminer le risque de rupture
fragile des aciers, aux températures inférieures à la température de transition
fragile-ductile. Ils sont particulièrement utiles pour les constructions soudées.
Simples à mettre en œuvre et peu coûteux, les essais Charpy sont donc extrê-
mement répandus et conservent une très grande utilité (voir « Relation
résilience-ténacité. Apports de la modélisation numérique » [M 4 168]).
La résilience ainsi mesurée n’est qu’une donnée qui n’est pas transposable à
une structure réelle. Elle ne donne qu’une indication relative. Les essais Charpy
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ont été instrumentés de façon à en tirer des données plus quantitatives fournies
par l’enregistrement de la variation de l’effort exercé par le marteau au cours
du choc (norme ISO 148-1).
La principale difficulté de transposition des résultats de résilience des essais
Charpy tient à l’effet de taille, une structure de forte épaisseur étant plus fragile
que les petites éprouvettes Charpy. Aussi, des essais utilisant des éprouvettes
prélevées dans les tôles ou les produits devant réellement servir à la construction
ont-ils été imaginés. Ils procurent par exemple la température de ductilité nulle
d’un acier, désignée par l’acronyme NDT de l’anglais « nil ductility temperature ».
Dans cet article, nous n’envisageons que les ruptures brutales, celles qui sur-
viennent au cours du chargement ou en fin de durée de vie lorsque les fissures
à croissance lente atteignent une valeur critique. Nous excluons donc les
essais destinés à apprécier les risques de rupture différée, par fatigue, par cor-
rosion sous contrainte, par fluage. Ils sont abordés dans d’autres articles :
– Essais de fatigue [M 4 170] [M 4 171] ;
– Essais de fatigue-corrosion [M 135] ;
– Essais de fluage [M 140].
Après une description succincte des mécanismes de rupture brutale, nous
montrons pourquoi les aciers ferritiques présentent une transition de ductilité
et nous mettons en évidence les facteurs qui ont une influence sur cette rup-
ture. Nous développons alors la notion de température de transition fragile-
ductile. Puis nous décrivons les essais de rupture par choc en commençant par
les essais Charpy pour ensuite passer aux essais utilisant des éprouvettes de
plus grande taille.

1. Mécanismes de rupture Lorsque les joints de grains, qui sont à l’intersection de deux
cristaux, sont moins résistants que ces derniers, la rupture suit ces
joints et il s’agit de rupture intergranulaire.
Les ruptures par clivage sont de nature fragile, alors que les rup-
1.1 Ruptures fragiles, ruptures ductiles tures par cisaillement sont de nature ductile. Mais il existe un ris-
que de confusion dans la mesure où un matériau qui présente un
Les métaux, constitués de cristaux, se rompent essentiellement faible allongement à la rupture est qualifié de fragile, et où un
de deux façons : soit par écartement des plans cristallographiques matériau qui présente un grand allongement à la rupture est quali-
et il s’agit de rupture par clivage, soit par glissements le long de fié de ductile. Or, le premier peut très bien se rompre par cisaille-
ces plans séparant la pièce en deux lorsque leurs amplitudes ment et le second par clivage. Il importe donc de bien distinguer
deviennent excessives (figure 1) et il s’agit de rupture par microductilité et microfragilité de la ductilité et de la fragilité
cisaillement. macroscopiques au sens le plus courant de ces termes.

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20 000 MPa pour un acier). Pour que le processus se déclenche, il est


donc nécessaire que des déformations plastiques hétérogènes créent
localement de très importantes concentrations de contraintes : ces
déformations peuvent être des bandes de glissement étroites ou des
macles. Les inclusions, telles que des carbures, jouent un rôle essen-
tiel en constituant des obstacles aux glissements et en se clivant
elles-mêmes en premier lieu. Dans les métaux cubiques à faces
centrées, comme le fer gamma, l’aluminium, le cuivre, le nombre de
systèmes de glissement est suffisamment élevé pour que les concen-
trations locales de contrainte soient relaxées. Le clivage est de ce fait
impossible dans ces métaux.
L’apparition du clivage a lieu quand la contrainte σ dans l’élé-
ment de volume est suffisante, atteignant une contrainte critique
a clivage par écartement b cisaillement : séparation en σf. Cette contrainte de clivage est peu fonction de la température.
des plans cristallographiques deux parties par glissement Elle diminue quand la vitesse de sollicitation augmente. Cette
contrainte dépend essentiellement de la taille d du grain et elle
varie comme d −1/2. Il est important de comprendre que, de toute
façon, le clivage, d’après le mécanisme décrit, ne peut survenir
que si la limite d’élasticité Re a été atteinte.
c cisaillements multiples :
rupture par striction 1.3 Rupture à faciès ductile
Figure 1 – Mécanismes élémentaires de rupture de cristaux de
métaux Ce mode de rupture résulte de la naissance de cavités, puis de
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leur croissance et de leur coalescence sous l’effet de la déforma-


tion plastique [2] [3]. L’apparition des cavités a lieu surtout sur des
inclusions, par rupture de ces dernières ou par décohésion de leur
interface avec la matrice. À l’échelle macroscopique, la cassure a
un aspect fibreux. À l’échelle microscopique, on voit des cupules
correspondant à chaque cavité (figure 3). Dans de nombreuses
cupules subsistent les inclusions ou les morceaux d’inclusions qui
leur ont donné naissance. Ces cupules peuvent avoir une forme
sensiblement circulaire ou, au contraire, allongée dans une direc-
tion si leur formation est accompagnée d’un cisaillement.
Le mécanisme de rupture ductile est donc essentiellement un
phénomène de déformation plastique qui survient quand la défor-
mation atteint une valeur critique εf. Elle décroît quand la tempéra-
ture augmente ou quand la vitesse diminue en suivant les mêmes
variations que la limite d’élasticité. L’allongement de rupture εf est
fortement fonction de la contrainte moyenne (contrainte hydrosta-
tique). Il est fonction exponentielle du taux de triaxialité des
contraintes σ m σ (avec σm contrainte hydrostatique et σ
100 μm contrainte équivalente).

Figure 2 – Fractographie d’un acier ferritique XC12 montrant


un faciès de clivages avec des « rivières »

1.2 Rupture par clivage


Le clivage [2] [3] est un mode de rupture qui se propage le long
de plans cristallographiques, les plans de clivage, de bas indices
de Miller (plans {100} pour les cubiques centrés comme le fer
alpha, (1000) pour les hexagonaux comme le zinc). Macroscopi-
quement, la cassure présente donc un aspect brillant, à facettes
correspondant à chaque grain du matériau ; c’est un aspect sou-
vent appelé cristallin. À l’échelle microscopique, l’aspect est très
lisse, les plans cristallographiques ne présentant que peu
d’accidents : ce sont, en général, des marches correspondant au
rattrapage, par déchirure, de légères désorientations du plan de
clivage par rapport à l’orientation cristallographique idéale. Ces
marches, initialement perpendiculaires au front de fissure, se rejoi-
gnent lors de la propagation du clivage ; elles ont donc sur la frac- 3 µm
2 000 x
tographie l’allure de rivières qui coulent dans la direction de
propagation (figure 2). Au fond de certaines cupules sont visibles les inclusions qui leur ont donné naissance.

La contrainte qu’il faut exercer localement pour amorcer un cli- Figure 3 – Fractographie d’un acier inoxydable austénitique mon-
vage est très élevée (de l’ordre du dixième du module d’Young, soit trant un faciès de cupules

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

permet de résister à l’augmentation de la contrainte appliquée. Mais


Taux de triaxialité des contraintes il arrive un moment où cet écrouissage n’est plus suffisant. L’éprou-
vette ne peut plus alors supporter la charge appliquée qui passe par
un maximum. Il se forme une striction locale et la rupture ne tarde
Le taux de triaxialité des contraintes est le rapport de la con-
pas à survenir. La ruine de l’éprouvette résulte donc dans ce cas
trainte moyenne (ou hydrostatique) σm à la contrainte équiva-
d’une instabilité de plasticité.
lente σ . σm est la moyenne des trois contraintes principales ; Si la contrainte d’écoulement du matériau dépend de la vitesse
σ est la combinaison des composantes du tenseur des con- de déformation, l’instabilité de plasticité en est affectée. Comme
traintes qui figure dans le critère de plasticité : en général la contrainte d’écoulement augmente avec cette
vitesse, la striction correspondant à une augmentation locale de la
σ 2 = (σ1 − σ 2 ) + (σ 2 − σ 3 ) + (σ 3 − σ1) pour le critère de Von
2 2 2
vitesse de déformation, l’allongement réparti est alors accru.
Mises, σ1, σ2, σ3 étant les contraintes principales.
Au moment de l’apparition de la striction, au passage de la
σ est la différence entre la contrainte principale maximale charge par son maximum, la déformation atteint la déformation
et la contrainte principale minimale pour le critère de Tresca. répartie, ainsi appelée parce qu’elle est la même tout le long de la
En traction uniaxiale σ m σ = 1 3 ; en cisaillement pur partie utile de l’éprouvette ; elle peut être aisément déterminée par
la mesure de l’aire de la partie non strictionnée de l’éprouvette
σ m σ = 0 ; en traction équibiaxée σ m σ = 2 3 . après rupture. Cette déformation répartie est donnée par la for-
mule de Considère (voir l’encadré) dσ/dε = σ.

Condition de Considère

Le phénomène d’instabilité plastique est décrit par l’équa-


tion d’évolution de la contrainte dans l’éprouvette, dérivée de
la formule F = σA, F étant la charge appliquée, σ la contrainte
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rationnelle (c’est-à-dire la force rapportée à l’aire actuelle et


non pas à l’aire initiale) et A l’aire de la section :
dF = dσ + dA (1)
Lorsque la force passe par un maximum, dF = 0, et l’équa-
tion précédente permet d’écrire, compte tenu de ce que, L
étant la longueur de la partie utile de l’éprouvette, le volume
AL reste constant au cours de la déformation plastique :

dσ dL
= = dε (2)
σ L

Figure 4 – Fractographie d’un acier fragilisé par l’hydrogène mon- ε étant la déformation rationnelle, c’est-à-dire ln(L/L0) où L0
trant un faciès de rupture intergranulaire est la longueur initiale de la partie utile de l’éprouvette. La
relation (2) est la condition d’instabilité de plasticité de
Considère.
La pression hydrostatique tend à refermer les cavités, alors
qu’une tension hydrostatique a l’effet inverse. εf est fonction de la Lorsque la loi d’écrouissage peut être décrite par la
teneur inclusionnaire par l’intermédiaire du rapport de la distance formule :
moyenne entre inclusions à leur diamètre moyen. Enfin, εf dépend σ = σ 0 εn (3)
de l’exposant d’écrouissage n et augmente avec lui.
La condition de Considère s’écrit :
ε=n
1.4 Rupture intergranulaire Elle montre que la déformation répartie est d’autant plus
Elle survient si les joints des grains sont fragilisés par accumula- élevée que l’exposant d’écrouissage n est grand.
tion d’impuretés, de défauts, de dislocations ou d’inclusions. Elle
revêt deux aspects qui se rattachent aux deux précédents. Le pre- Pour une pièce plus complexe qu’une éprouvette de traction, la
mier est très lisse à l’échelle microscopique : la rupture suit les rupture peut également survenir à la suite d’une instabilité de plas-
joints de grain avec des déformations plastiques locales très ticité, qui se produit lorsque la charge atteint la charge limite. Tou-
réduites (figure 4) : c’est l’analogue du clivage. tefois, la condition correspondante n’est pas alors donnée par la
simple formule de Considère. (Au paragraphe 2.2.3.1 est donné par
Au contraire, dans certains cas, l’aspect microscopique présente exemple le moment de flexion limite d’un barreau entaillé.)
des cupules formées sur les inclusions rassemblées dans les
joints. Les critères de rupture se rattachent donc aux deux critères Lorsque la rupture survient après la charge limite, c’est cette
précédents : contrainte critique ou allongement critique suivant les dernière qui provoque la ruine de la structure par instabilité plasti-
cas. que. Mais il arrive souvent que la rupture, par clivage ou par
mécanisme ductile à cupules ou encore de façon intergranulaire,
se produise avant la charge limite.
1.5 Modes de rupture d’une pièce La prépondérance de l’un ou l’autre de ces divers modes de
ruine dépend, comme vu ci-dessus, de nombreux facteurs :
Pour simplifier tout d’abord, considérons la pièce la plus simple externes comme la température, la vitesse de déformation, le taux
possible : une éprouvette de traction. Au cours de l’essai de traction, de triaxialité des contraintes ; internes comme la structure cristal-
une fois atteinte la limite d’élasticité Re, la déformation plastique se lographique, la composition de l’alliage, le taux d’inclusions, la
faisant à volume constant, la section de l’éprouvette diminue dans taille de grain. Ces divers paramètres variant d’un point à un autre
la mesure où augmente l’allongement. L’écrouissage du matériau de la structure, l’analyse de la ruine n’est pas immédiate.

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2. Notion de température 2.2 Essais sur éprouvettes entaillées


de transition de ductilité 2.2.1 Effet de l’entaille sur la température de
transition
2.1 Essais sur éprouvettes lisses On a vu dans Lois de comportement des métaux. Élastoplasti-
cité. Viscoplasticité [M 4 152] que la présence d’une entaille aug-
Nous considérons le cas des métaux qui peuvent se rompre par mente localement le taux de triaxialité des contraintes σ m σ . Cet
clivage : les cubiques centrés et les hexagonaux, à l’exclusion des
effet provient du confinement de la déformation plastique. Celle-ci
cubiques à faces centrées. L’exemple le plus souvent considéré est
ne pouvant se développer librement, car la zone plastique est blo-
celui des aciers ferritiques.
quée à l’intérieur d’une masse qui reste élastique et se déforme
La limite d’élasticité Re décroît quand la température T augmente peu, la contraction de Poisson, nécessaire pour maintenir le
(figure 5). À une température critique Tc, Re rencontre la courbe volume constant, fait apparaître des contraintes de traction. Le
représentative de la contrainte de clivage σf. Un peu au-dessus de
taux de triaxialité σ m σ peut atteindre des valeurs élevées. Pour
cette température, au cours de l’essai de traction, l’éprouvette com-
une éprouvette parallélépipédique comportant une entaille latérale
mence par se déformer plastiquement, s’écrouit et se rompt par cli-
d’angle d’ouverture ω la formule (valable pour le critère de plasti-
vage quand la contrainte appliquée atteint σf. On voit que
cité de Von Mises) :
l’allongement de rupture, fonction de l’écart entre la limite d’élasti-
cité et la contrainte de clivage, augmente avec la température. Au-
1
dessous de la température Tc, le comportement est différent. Il faut, (σm σ )max = (1 + π − ω ) (5)
comme on l’a vu au paragraphe 1.2, commencer par déformer plas- 3
tiquement pour pouvoir déclencher le clivage. La rupture ne sur-
vient donc pas avant la limite d’élasticité. Mais dès qu’elle est déjà mentionnée dans [M 4 152], donne par exemple 1,94 avec un
atteinte, comme le niveau de contraintes est supérieur à σf, la rup- angle d’ouverture d’entaille ω = 45˚.
ture par clivage intervient. L’allongement de rupture est nul. À plus
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Tout se passe donc sur une éprouvette entaillée comme si la


hautes températures, l’allongement de rupture augmentant, on limite d’élasticité dans la zone plastifiée était fortement aug-
atteint la déformation de rupture ductile εf avant σf. Le faciès de rup- mentée. Si alors on se reporte au diagramme de Davidenkov
ture transite donc du clivage aux cupules. Au-delà de cette tempéra- (figure 5), on voit que la température de ductilité nulle est reportée
ture de transition de faciès Tf, supérieure à Tc, l’allongement de vers les plus hautes températures.
rupture reste à peu près constant. On voit donc qu’il existe une tran-
Il importe de ne faire travailler les structures qui peuvent com-
sition de ductilité, caractérisée par la température de ductilité nulle
porter des zones de concentration de contraintes, et qui risquent
Tc et par la température de transition de faciès Tf.
d’être sollicitées par des chocs, qu’au-dessus de la température de
Si l’on augmente la vitesse de sollicitation, la limite d’élasticité transition de ductilité.
augmente, alors que la contrainte de clivage σf diminue. La tempéra-
Encore faut-il la déterminer dans les conditions les plus sévères.
ture correspondant au croisement des deux courbes augmente
C’est pourquoi des essais ont été développés consistant à rompre
donc. Ainsi, la température de transition de ductilité est-elle fonction
par choc à grande vitesse des éprouvettes entaillées de diverses
de la vitesse de sollicitation v et est-elle augmentée si celle-ci croît.
dimensions et de diverses formes. La sévérité de ces essais est
La température absolue de transition Tc varie d’ailleurs selon la loi :
surtout fonction de la taille des éprouvettes, de façon à obtenir le
Tc v confinement de plasticité le plus fort possible. L’idéal serait d’utili-
= ln (4) ser des éprouvettes ayant l’épaisseur des tôles utilisées pour fabri-
Tc0 v0 quer la structure à qualifier. On se heurte évidemment à des
où Tc0 est une température et v0 une vitesse de référence. difficultés importantes quand ces épaisseurs sont fortes, en raison
des dimensions considérables que devraient prendre les machines
d’essai. D’autres types d’essais sont alors disponibles (§ 4).
σ En raison de la commodité d’application des efforts, ce sont les
Re éprouvettes de flexion qui sont les plus employées. Elles reposent
Clivage Faciès ductile sur deux appuis et reçoivent un mouton de choc à l’opposé de
l’entaille.

σf 2.2.2 Effet d’entaille dans une éprouvette


cylindrique entaillée
Rm
L’entaille dans le fût d’une éprouvette cylindrique sollicitée en
traction (figure 6) crée une concentration de contrainte [4] [5] [6].
Re
Elle est maximale au fond de l’entaille tant que la déformation
reste élastique. C’est sur cette circonférence qu’est atteinte en pre-
mier la limite d’élasticité au cours d’un chargement croissant. La
plastification s’étend progressivement depuis le fond de l’entaille
jusqu’à l’axe de l’éprouvette. Alors que la contrainte reste égale à
la contrainte d’écoulement Rp au fond de l’entaille, l’effet de confi-
nement augmente le niveau de contrainte qui devient maximal sur
0 Tc Tf T l’axe, où le taux de triaxialité des contraintes est le plus élevé.
σf containtre de clivage Il n’existe pas de solution analytique donnant le facteur de con-
Rm résistance à la traction centration de contrainte KT en élasticité. Murakami [7] et Peterson
Re limite d'élasticité [8] en procurent des valeurs tabulées. Pour les éprouvettes classi-
ques de l’approche locale de la rupture (voir Essais de mesure de
Figure 5 – Diagramme de Davidenkov qui montre schématiquement la ténacité. Mécanique de la rupture [M 4 166]), le tableau 1 donne
l’existence de la transition fragile-ductile les valeurs approximatives de ce facteur KT.

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

Pour déterminer de façon précise les niveaux de contrainte


22 22 22 atteints dans la partie entaillée de l’éprouvette, il faut effectuer des
calculs par éléments finis en utilisant la loi de comportement du
matériau.
La température critique Tc de transition de ductilité correspond à
r=1 r=1 r=1 l’égalité entre σzzmax et la contrainte de clivage σf avant toute
0 0 0
déformation plastique (Rp = Re). Cette température est donc
10 10 10 d’autant plus élevée que l’entaille est plus aiguë.

2.2.3 Effet d’entaille dans une éprouvette


115

115

115
r=2

r=4

parallélépipédique entaillée
r = 10

18 18 18 Nota : le lecteur est invité à consulter les références [4] [5] [6].

2.2.3.1 Plastification et moment de flexion limite


Tant que n’est pas atteinte la déformation plastique, la con-
trainte est maximale au fond de l’entaille où elle peut être calculée
en utilisant le facteur de concentration de contrainte KT. Sous char-
NT2 NT4 NT10 gement croissant, la plastification commence au fond de l’entaille
φ =10 et elle envahit progressivement le ligament. L’effet de confinement
Les cotes sont indiquées en millimètres. de la déformation plastique entraîne une augmentation du taux de
triaxialité de contrainte.
Figure 6 – Éprouvettes cylindriques entaillées classiques de l’appro-
che locale en mécanique de la rupture (d’après [6]) Il est maximal à la frontière de la zone plastifiée à fond
d’entaille. La théorie des lignes de glissement, applicable en défor-
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mation plane pour un matériau sans consolidation, une approxi-


mation raisonnable, permet de calculer ce taux maximal ainsi que
Tableau 1 – Facteur de concentration la contrainte maximale selon la formule (5). Lorsque le chargement
de contrainte KT pour des éprouvettes augmente, l’ensemble du ligament se plastifie au moment où est
cylindriques entaillées de rayon à fond d’entaille r atteinte la charge limite (figure 7). Pour un chargement en flexion,
et de diamètre minimal φ la borne supérieure du moment de flexion limite ML est donnée
par la formule :
φ/r = 1 φ/r = 2,5 φ/r = 5
ML = 0,69kB(w − a)2 (7)
1,2 1,5 1,9 où B est l’épaisseur de l’éprouvette, w sa hauteur, a la profondeur
de l’entaille et par conséquent w − a la largeur du ligament, et k est
Lorsque la section entaillée est entièrement plastifiée, l’analyse la limite d’élasticité en cisaillement (k = Rp/2 avec le critère de
de Percy Bridgman procure une solution de répartition de la
Tresca et k = Rp 3 avec le critère de Von Mises).
contrainte axiale σzz dans cette section. Cette analyse fait l’hypo-
thèse que la déformation est indépendante du rayon dans la sec- Par comparaison, le moment limite d’un barreau non entaillé de
tion minimale de l’éprouvette. La contrainte axiale maximale qui hauteur w − a est donné par :
se rencontre sur l’axe de l’éprouvette vaut :
ML0 = 0,5kB(w − a)2 (8)
⎢ φ ⎥
σ zz max = Rp ⎢1 + ln ⎛⎜1 + ⎞⎟ ⎥ (6) de sorte que le facteur de confinement ML/ML0 vaut 0,38.
⎣ ⎝ 4r ⎠ ⎦
2.2.3.2 Éprouvette Charpy avec entaille en V
C’est aussi sur l’axe de la partie entaillée que se trouve le taux
Il existe de nombreuses géométries d’éprouvettes parallélépipé-
de triaxialité de contrainte le plus grand :
diques entaillées sollicitées en flexion (éprouvettes Battelle, Pellini,
Charpy avec entaille en U, en V, en trou de serrure...). C’est
⎛ σm ⎞ 1 φ ⎞
= + ln ⎛⎜ 1 +
l’éprouvette Charpy avec entaille en V qui est la plus employée
⎜⎝ σ ⎟⎠ 3 ⎝ 4R ⎠⎟ (figure 8). Elle nécessite en effet peu de matière, elle est facile à
max
usiner, elle ne nécessite pas de charges trop élevées ; son entaille
Le tableau 2 donne les valeurs de la contrainte axiale maximale procure un confinement qui assure une détermination des courbes
et du taux de triaxialité de contrainte maximal pour les éprouvet- de transition de ductilité suffisamment sévère.
tes entaillées classiques de l’approche locale en mécanique de la Pour cette éprouvette, qui comporte donc une entaille de 45˚
rupture. d’ouverture, le facteur de concentration de contrainte KT est égal à
4,1. La contrainte maximale vaut 2,52 Rp (avec le critère de Von
Mises) et elle se situe à 0,56 mm du fond de l’entaille.
Tableau 2 – Contrainte axiale maximale et taux
de triaxialité de contrainte maximal Comme l’indique la formule (5), le taux de triaxialité de
pour les éprouvettes entaillées classiques contrainte maximal vaut 1,94 en ce point. La charge limite FL appli-
de l’approche locale en mécanique de la rupture quée au milieu de l’éprouvette sur la face opposée à l’entaille vaut
22,4 Rp (FL exprimée en newtons et Rp en mégapascals).
φ/r = 1 φ/r = 2,5 φ/r = 5 Comme c’est le cas pour les éprouvettes cylindriques entaillées,
la température de transition de ductilité déterminée à l’aide
σzzmax/Rp 1,10 1,21 1,35 d’éprouvettes Charpy V, dans lesquelles la contrainte est accrue
par effet de confinement, est supérieure à celle qui serait obtenue
(σm σ )max 1,43 1,54 1,69 avec des éprouvettes non entaillées. Il faut noter d’ailleurs que,
pour l’éprouvette Charpy V, la majoration de la contrainte est

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θ 3. Essais de choc au mouton-


a pendule
ω
α w
3.1 Intérêt des essais de choc
α
au mouton-pendule
Instinctivement, pour casser un morceau de métal, nous tapons
a les deux moitiés de l'éprouvette pivotent le long dessus à coups de marteau. Cette action intuitive est bien justifiée,
de deux lignes de glissement circulaires car la déformation à grande vitesse provoquée par le choc entraîne
une augmentation de la limite d’élasticité et, corrélativement, de la
résistance à l’instabilité plastique, de la déformation de rupture, et
une diminution de la contrainte de clivage pour les métaux cubi-
ques centrés ou hexagonaux. La sollicitation par choc augmente
0 a donc la fragilité. À la fin du XIXe siècle, sollicités par des éclate-
r ments de chaudières à vapeur, des ingénieurs ont cherché à met-
tre au point des essais de rupture par choc. La chute d’une masse
d’une hauteur donnée permet d’exercer un choc calibré sur une
β éprouvette, mais, lorsqu’elle produit la rupture, aucune indication
w n’est fournie sur l’énergie que cette dernière a consommée. Il faut
h +
α alors faire des essais comparatifs, par exemple à diverses tempé-
w–a ratures. L’utilisation d’un mouton pendule a procuré le moyen de
déterminer précisément cette énergie de rupture en comparant la
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β α hauteur de chute à celle de remontée du pendule après rupture de


– l’éprouvette heurtée au passage du marteau.
Par ailleurs, nous avons vu que la présence d’une entaille aug-
mente la limite d’élasticité par effet de confinement de la déforma-
– 2k 0 tion plastique. Les entailles, comme l’intuition le suggère une fois
b du fond de l'entaille émanent des lignes de glissement qui sont encore, ont un effet fragilisant. Or, les structures comportent des
des spirales logarithmiques qui aboutissent à des lignes variations de forme, des trous, voire des fissures accidentelles, qui
de glissement rectilignes dans la zone en compression sont le siège de concentrations de contraintes et de confinement
de la plasticité. Il importe donc, pour se mettre à l’abri des ruptu-
Figure 7 – Lignes de glissement d’une éprouvette entaillée sollici-
tée en flexion (deux solutions admissibles) (d’après [4] [5]) res, d’effectuer des essais dans les conditions les plus sévères pos-
sible et donc de les faire sur des éprouvettes entaillées. De plus,
dans le même ordre d’idée, les entailles devraient être aussi
aiguës que possible. À la limite, il serait judicieux d’utiliser des
éprouvettes préfissurées. Comme il est néanmoins plus facile de
10 mm

55 mm réaliser des entailles par usinage, de nombreuses formes ont été


expérimentées : entailles en U, en trou de serrure par exemple. Un
accord très général s’est maintenant dégagé pour l’utilisation de
2 mm l’éprouvette Charpy avec entaille en V. Les essais de choc sur de
Appuis telles éprouvettes sont normalisés (ISO 148-1). C’est uniquement
40 mm cet essai qui va maintenant être décrit.

Entaille : angle d'ouverture 45°


rayon du fond 0,25 mm 3.2 Description de l’essai Charpy
Figure 8 – Éprouvette Charpy avec entaille en V
3.2.1 Objectif
supérieure aux majorations indiquées dans le tableau 2 pour les Le but de l’essai Charpy est de mesurer l’énergie absorbée par la
éprouvettes cylindriques entaillées dont les rayons à fond rupture d’une éprouvette entaillée normalisée sous l’effet d’un
d’entaille sont plus grands. choc calibré. Cette mesure est réalisée à l’aide d’un mouton pen-
dule, normalisé lui aussi.
La mesure peut être faite à différentes températures. Est ainsi
Lignes de glissement dans une éprouvette entaillée tracée la courbe de transition de ductilité pour les métaux qui pré-
sentent un tel phénomène.
Au voisinage du fond d’une entaille de rayon de courbure r, L’essai peut être effectué en utilisant un mouton pendule instru-
les lignes de glissement sont des spirales logarithmiques. Ce menté qui permet d’enregistrer l’évolution de la force appliquée à
champ permet de calculer qu’à une distance x du fond de la l’éprouvette au cours du choc. Il procure alors davantage de ren-
fissure, la contrainte qui s’exerce sur le plan de symétrie de seignements sur le comportement du matériau.
l’éprouvette est donnée par : Les mesures obtenues, avec ou sans instrumentation, sont de
σ = 2k[1 + ln(1 + x/r)] (9) grande utilité pour s’assurer, de façon économique, que le maté-
riau n’est pas fragile et donc apte à l’emploi. L’essai Charpy est
Cette contrainte est maximale à une distance : tout particulièrement utilisé en construction soudée. En effet, la
x/r = exp(π/2 − ω/2) − 1 soudure risque de créer des zones fragiles, en particulier celle qui
En ce point, elle vaut 2k(1 + π/2 − ω/2). dans le métal de base est affectée par la température. La relative-
ment faible taille des éprouvettes Charpy permet de tester une

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

région localisée. Il est ainsi souvent exigé une énergie de rupture


de l’éprouvette Charpy V supérieure à un certain niveau (souvent Rupture fragile à clivages
40 J) à la température ambiante, ou à une température plus basse
selon les conditions d’emploi. Les aciers pour la construction
Lèvres
navale doivent avoir par exemple une énergie de rupture supé-
de cisaillement
rieure à 27 J à 0 ˚C, − 20 ˚C ou − 40 ˚C suivant les nuances. Déchirure ductile
Dans l’industrie nucléaire, l’intérêt de l’essai Charpy provient de
la faible dimension des éprouvettes qui peuvent donc être placées Entaille
au sein d’un réacteur nucléaire afin de suivre la fragilisation par
irradiation. Il a d’ailleurs été développé des éprouvettes de dimen-
sions plus faibles que celles de l’éprouvette Charpy normalisée
pour faciliter encore leur exposition au sein d’un réacteur [9].
Les résultats procurés par l’essai Charpy ont l’inconvénient,
même en rompant des éprouvettes préfissurées, de ne pas permet- Figure 9 – Schéma des lèvres de cisaillement
tre la prévision du comportement de structures réelles fissurées.
Celles-ci sont généralement de dimensions plus grandes que celles
de l’éprouvette Charpy et peuvent donc présenter des effets de con- plastiques peuvent déboucher sur ces bords selon une inclinaison de
finement de plasticité supérieurs. Les essais instrumentés constitue 45˚ ; il se forme alors des lèvres de cisaillement pendant la rupture
un progrès de ce point de vue, mais ils ne résolvent pas complète- (figure 9). La largeur de ces lèvres est d’autant plus grande que la
ment le problème. C’est la mécanique de la rupture, dont les essais ductilité est élevée. Ces déformations de cisaillement sur les bords
font l’objet du dossier Essais de mesure de la ténacité. Mécanique latéraux de l’éprouvette s’accompagnent d’une contraction latérale.
de la rupture [M 4 166], qui apportent la réponse sous la forme de la Sa mesure donne elle aussi une indication sur la ductilité.
ténacité KIc. Des corrélations entre les résultats des essais Charpy et Plus précisément, au fur et à mesure que l’effort du marteau sur
cette ténacité ont été proposées. En dépit de leur caractère approxi- l’éprouvette augmente, la déformation plastique commence à fond
matif, elles permettent d’éviter les essais coûteux de la mécanique
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d’entaille et une déchirure ductile peut y être amorcée ; sa propa-


de la rupture. Par ailleurs, le développement des capacités de calcul gation entraîne un accroissement du taux de triaxialité de con-
par éléments finis permettent des modélisations qui facilitent la trainte ainsi que de la vitesse de déformation près de son
transposition des résultats (voir Relation résilience-ténacité. Apports extrémité ; il en résulte l’apparition d’une rupture fragile par
de la modélisation numérique [M 4 168]). clivage ; celle-ci est limitée sur les bords par la formation des
lèvres de cisaillement. Sur l’éprouvette rompue, on observe donc
3.2.2 Pratique une partie centrale de rupture par clivages, entourée par des rup-
tures ductiles correspondant aux lèvres de cisaillement ; on parle
Comme indiqué sur la figure 8, l’éprouvette Charpy avec entaille aussi de rupture fibreuse. Suivant la plus ou moins grande ducti-
en V est un barreau de 55 mm de longueur et de 10 mm sur lité, la fraction de la surface de rupture occupée par ces zones
10 mm de côté. L’entaille possède un angle d’ouverture de 45˚ ; sa fibreuses est plus ou moins importante. Le taux de cristallinité,
profondeur est de 2 mm et son rayon de courbure à fond d’entaille fraction de la surface de rupture occupée par la rupture fragile par
est de 0,25 mm. L’éprouvette est posée horizontalement contre clivages, peut être mesurée. C’est encore un autre indice de plus
deux appuis distants de 40 mm. Le respect des tolérances est très ou moins grande fragilité.
important pour ne pas introduire une dispersion trop importante
sur les résultats. Elles correspondent à des tolérances maximales
3.2.3 Vérification et étalonnage des moutons
que l’on pourra, dans de nombreux cas, avoir avantage à dimi-
nuer. C’est ainsi que la longueur est de (55 ± 0,60) mm, la largeur Les machines d’essais (moutons-pendules) ont fait l’objet de la
(10 ± 0,11) mm, l’angle du V (45 ± 2)˚, le rayon du V norme NF A03-508, qui fixe la masse du mouton, sa vitesse, son
(0,25 ± 0,025) mm ; cette dernière tolérance, par exemple, est rayon de giration, la distance des appuis. La vérification de ces
excessive vu son importance sur le résultat. appareils fait l’objet d’une norme ISO relative au tarage des mou-
Lors du montage, le centrage de l’entaille est à effectuer à tons-pendules (ISO 148-2) assortie d’une norme concernant les
± 0,5 mm du plan de symétrie, la température doit être fixée à éprouvettes Charpy pour vérification (ISO 148-3). Avec l’usage, des
± 2 ˚C et la lecture des angles de remontée doit se faire sans paral- dérèglements et une certaine usure apparaissent et doivent être
laxe. corrigés. Les moutons-pendules doivent faire l’objet de vérifica-
tions périodiques ; il faut contrôler, en particulier, les appuis de
L’énergie de rupture est fournie par la chute d’un mouton-pen- l’éprouvette (écartement, rayons, dépouille), les angles de chute et
dule qui, dans les conditions normalisées, possède une énergie de de remontée du pendule, avec et sans index, la période de ses
300 J et est animé, au moment du choc, d’une vitesse de déplace- oscillations, le rayon et la verticalité du couteau, la distance entre
ment de 5 à 5,5 m/s. L’énergie consommée par la rupture de le centre d’impact et le centre de percussion, la vitesse d’impact et
l’éprouvette se déduit de la lecture des angles de chute et de l’importance des frottements (au niveau de son articulation).
remontée du pendule. Elle est rapportée à la section à fond
d’entaille pour calculer la résilience. D’après la normalisation
(NF EN 10045), l’énergie de rupture est représentée par le symbole 3.2.4 Essais Charpy avec enregistrement
KV et la résilience par KCV. Étant donné la forme de l’éprouvette,
l’aire de la section vaut 0,8 cm2. Il s’ensuit que KCV (en joules par Les essais de résilience avec enregistrement de la courbe effort-
centimètre carré) = 1,25 KV (en joules). temps (instrumented Charpy test) sont déjà de pratique ancienne,
mais les progrès effectués dans le domaine des jauges d’effort, et
L’examen des éprouvettes rompues permet aussi d’effectuer des une étude plus poussée de l’appareillage, permettent d’obtenir
mesures intéressantes pour qualifier la plus ou moins grande fra- maintenant des courbes exploitables et reproductibles. La force
gilité. Il est possible, en raccordant les deux morceaux, de déte- transmise par le marteau est obtenue grâce à des jauges de défor-
rminer l’angle de pliage au moment de la rupture. Plus grande est mation montées en pont de Wheatstone, dont deux d’entre elles
la ductilité, plus cet angle est évidemment grand. servent de compensation. Après un étalonnage en conditions stati-
Si le confinement de la plasticité est, comme vu précédemment, ques, il faut appliquer un facteur de correction de façon à ce que
important un peu en avant du fond de l’entaille, il ne peut être main- l’énergie de rupture déduite de l’enregistrement coïncide avec la
tenu au voisinage des bords de l’éprouvette. En effet, les glissements mesure effectuée avec le pendule.

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_________________________________________________________________________________________________________________ ESSAIS DE RUPTURE

Les aires sous-tendues par diverses portions de la courbe force-


déplacement procurent des énergies intitulées énergie d’impact Wt
Chute de charge (%) pour l’aire totale de 0 à St, Wm pour l’aire de 0 à Sm, Wiu pour
100 l’aire du 0 à Siu (Wa est en général égale à Wiu).

3.3 Résultats de l’essai Charpy


75

3.3.1 Courbe de transition fragile ductile


50 Les essais Charpy effectués à diverses températures permettent
de suivre l’évolution de l’énergie de rupture KV ou de la résilience
KCV et de tracer une courbe de transition fragile-ductile pour les
matériaux qui présentent une telle transition. Cette courbe
25
(figure 12) présente un palier bas et un palier haut reliés par une
montée plus ou moins raide. Les mesures présentent une certaine
dispersion, surtout dans le domaine de la transition. Dans ce
0 domaine apparaît souvent une bimodalité de rupture, certaines
0 25 50 75 100 éprouvettes présentant une importante ductilité et d’autres une
Cristallinité (%) importante fragilité pour une même température. De façon analo-
gue, les courbes de transition peuvent être tracées pour le taux de
Figure 10 – Relation entre la résilience et la cristallinité dans l’essai
Charpy V montrant divers enregistrements de l’effort en fonction cristallinité (ou le taux de cisaillement) ou pour la contraction laté-
du temps rale comme le montre la figure 12.
Des représentations analytiques des courbes de transition ont
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été recherchées. La forme suivante en tangente hyperbolique est


Charge F (kN) souvent adoptée :

T − T0 ⎞
25 KV = A + B tanh ⎛⎜
⎝ C ⎟⎠
(10)
Fm
20 où A + B est l’énergie de rupture au palier haut, A − B l’énergie de
rupture au palier bas, T0 la température au milieu de la transition
(KV = A). Le paramètre C représente la pente de la transition.
15
Fgy
Fiu 3.3.2 Résultats de l’essai Charpy avec
10 enregistrement
La force à la limite d’élasticité Fgy permet une estimation de la
Fa limite d’élasticité dynamique Rp :
5

L
Rp ≈ αFgy (11)
B (w − a )
0 2
0 2 4 6 8 10 12 14
Déplacement S (mm) Dans cette expression, L est la moitié de la distance entre appuis
Figure 11 – Exemple d’enregistrement de la force en fonction du (20 mm pour l’éprouvette Charpy), B l’épaisseur (10 mm pour
temps dans un essai Charpy instrumenté avec les définitions des l’éprouvette Charpy), w − a la longueur du ligament (10 − 2 = 8 mm
divers paramètres normalisés (d’après [6]) pour l’éprouvette Charpy). α est un facteur qui vaut 2,9 avec le cri-
tère de Tresca et 2,5 avec celui de Von Mises. Ainsi Rp = 90 Fgy avec
Lorsque le matériau est très fragile, l’enregistrement de la force le critère de Tresca et Rp = 78 Fgy avec celui de Von Mises (force
en fonction du temps (ou du déplacement) présente une montée exprimée en kilonewtons et limite d’élasticité en mégapascals).
rapide interrompue par une chute brutale. Lorsque le matériau pré- La force à l’arrêt Fa procure une utile corrélation pour connaître
sente une certaine ductilité, cette chute brutale est précédée par la température TKIa à laquelle la ténacité d’arrêt de fissure KIa vaut
une partie non linéaire qui peut passer par un maximum 100 MPa · m1/2 (la notion de ténacité KIc est développée dans le
(figure 10). dossier [M 4 166]). Empiriquement, il a été montré [12] que :
De nombreuses recherches sont encore en cours sur la pratique TKIa = TFa4kN + 13,5 ˚C (12)
des essais avec instrumentation [1], mais, d’ores et déjà, il existe
une norme internationale les concernant (ISO 148-1). Cette norme TFa4kN est la température à laquelle la force d’arrêt Fa vaut 4 kN.
définit la force à la limite d’élasticité Fgy, déterminée au point de
Cette corrélation permet de s’affranchir d’essais sur les éprou-
perte de linéarité sur la courbe de la force en fonction du temps, la
vettes de grandes dimensions que nécessite la détermination de la
force maximale Fm, la force au début de la propagation instable Fiu
ténacité selon la mécanique de la rupture.
correspondant à la chute brutale de la force, la force Fa, force à
l’arrêt, à la fin de cette chute brutale. Les déplacements correspon- L’essai Charpy avec enregistrement effectué avec des éprouvettes
dants sont désignés par Sgy, Sm, Siu, Sa (en général Siu = Sa). De Charpy préfissurées permet de déterminer les valeurs de ténacité
plus, le déplacement St correspond à F = 0,2 Fm (figure 11). dynamique, question qui sera abordée dans le dossier [M 4 166].

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________


KV (J)

KV (J)
140 300
120 Fissuration
250
transverse
100
200
80
150
60
100
40
20 T-L 50 L-T

0 0
– 80 – 60 – 40 – 20 0 20 – 80 – 60 – 40 – 20 0 20
Température (°C) Température (°C)

a énergie de rupture
Rupture fibreuse (%)

Rupture fibreuse (%)

100 100

80 80

60 60

40 40
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20 T-L 20 L-T

0 0
– 80 – 60 – 40 – 20 0 20 – 80 – 60 – 40 – 20 0 20
Température (°C) Température (°C)

b faciès
Expansion latérale (mm)

Expansion latérale (mm)

2,0 3,5
3,0
1,5 2,5
2,0
1,0
1,5
1,0
0,5
T-L 0,5 L-T

0,0 0,0
– 80 – 60 – 40 – 20 0 20 – 80 – 60 – 40 – 20 0 20
Température (°C) Température (°C)

c expansion latérale

T-L : fissuration perpendiculaire au travers de la tôle dans la direction du sens long du laminage
L-T : fissuration perpendiculaire au sens long du laminage dans la direction du travers

Figure 12 – Exemples de courbes de transition de ductilité pour un acier au carbone manganèse suivant deux orientations (d’après [10])

4. Essais de choc sur grandes l’épaisseur de la structure à certifier. L’énergie de rupture est trop
considérable pour qu’il soit encore possible d’utiliser un mouton-
éprouvettes pendule, qui devrait avoir des dimensions rendant difficile sa
réalisation. Les essais sur éprouvettes de grandes dimensions vont
donc être effectués par chute de masses ou par explosif. Les plus
classiques sont ceux qu’a mis en œuvre William Pellini. Dans ces
4.1 But des essais sur grandes essais, il est difficile de mesurer l’énergie de rupture. Mais, suivant
éprouvettes la température, ils présentent une rupture fragile ou une rupture
ductile. Réalisés à diverses températures, ils procurent la possibi-
Les essais de résilience opèrent sur de petits barreaux qui, s’ils lité de déterminer une température de transition appelée de ducti-
ont l’avantage d’utiliser peu de matière et d’être donc essentiels lité nulle (nil ductility temperature : NDT). Elle constitue un repère
pour le suivi des fabrications, ne fournissent pas toujours une qui permet le choix des aciers selon les conditions d’exploitation.
température de transition sûre. Pour la sécurité, il vaut mieux, Elle doit être en tout cas inférieure à la température minimale de
comme on l’a déjà indiqué (§ 2.2.1), utiliser des éprouvettes ayant service.

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_________________________________________________________________________________________________________________ ESSAIS DE RUPTURE

A
Charge explosive Entaille Coupe AA

h h

Dépôt e
A
Tôle de soudure
Dispositif de centrage
de l'éprouvette
Mouton
Sens du laminage
Zone déformée Matrice
e
par l'explosion

Butée
Figure 13 – Éprouvette et dispositif pour l’essai Pellini de déchirure D
par explosion

D distance entre appuis e épaisseur de la tôle


Les structures sont conçues pour éviter :
– l’amorçage de fissures ;
– leur propagation au cas où il en subsisterait après fabrication Figure 14 – Éprouvette et dispositif d’essai de flexion au mouton
ou au cas où il en apparaîtrait par des mécanismes de rupture dif- vertical Pellini
férée comme la fatigue ;
– une dernière sécurité consiste à s’assurer qu’au pire une fis-
sure se propageant de façon brutale serait arrêtée avant rupture épaisseur de 25 mm, la tôle fait 360 mm de longueur sur 90 mm de
catastrophique. Des essais ont donc été conçus pour déterminer largeur, la distance entre appuis D valant 305 mm. Un cordon de
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les conditions d’arrêt de fissure. soudure est déposé longitudinalement dans l’axe de l’éprouvette
et l’on a pratiqué un trait de scie pour amorcer la déchirure. Après
avoir été portée à température, l’éprouvette est placée sur deux
4.2 Essais de gonflement par explosion appuis, le cordon étant en dessous, et on laisse tomber le mouton
dont la masse (40 à 100 kg) et la hauteur de chute (< 4 m)
(Pellini) dépendent des caractéristiques mécaniques de l’acier et de son
L’éprouvette (figure 13), de forme carrée (côté 350 mm), a pour épaisseur. Une butée empêche l’éprouvette de dépasser une cer-
épaisseur celle de la tôle à examiner. Elle est soutenue sur ses taine flèche. En pratique, on choisit un demi-angle de pliage maxi-
bords par un bloc carré à évidement central circulaire (diamètre mal de l’ordre de 5˚.
320 mm). On dépose au centre de l’éprouvette un court cordon de Sous l’effet du choc, au début du pliage, une entaille aiguë
soudure fragile dans lequel on a pratiqué une fine entaille devant prend naissance à partir du trait de scie dans le cordon de sou-
amorcer la déchirure. Après avoir été mise à température, l’éprou- dure. Selon la température, cette entaille aiguë reste localisée dans
vette subit, sur la face opposée à la soudure, l’action des ondes de le cordon ou peut amorcer la déchirure transversale de l’éprou-
choc planes produites par une charge explosive de puissance vette. On détermine la température maximale pour laquelle
appropriée, placée à 600 mm de la tôle. l’éprouvette peut être considérée comme rompue : c’est la tempé-
Lorsque la température d’essai augmente, on observe rature de ductilité nulle (NDT). Au-dessus de cette température,
successivement : l’éprouvette plie et la fissure reste localisée au voisinage du cor-
don. Comme pour les autres essais, cette température de transi-
– une rupture totale en de nombreux morceaux par des fissures tion augmente avec l’épaisseur du produit, les conditions d’essai
radiales issues de l’entaille du cordon de soudure ; il peut ne pas y restant les mêmes.
avoir de gonflement de la tôle qui reste plane mais fragmentée ;
– un gonflement opposé à l’impact avec fissuration radiale pou- Deux éprouvettes sont essayées pour chacune des valeurs de
vant atteindre le contour de l’évidemment, c’est-à-dire intéressant température, celles-ci étant échelonnées de 5 en 5 ˚C. La NDT cor-
toute la zone déformée plastiquement ; respond à la température pour laquelle une des deux éprouvettes
– un gonflement de la tôle sans fissuration fragile ; il peut y avoir est rompue, alors que les deux éprouvettes essayées 5 ˚C au-des-
cependant des fissures ductiles, voisines de l’entaille du cordon de sus ne le sont pas. On considère une éprouvette comme rompue si
soudure. la déchirure atteint au moins l’un des chants. Il faut 8 à
10 éprouvettes pour déterminer la NDT.
On définit ainsi, entre ces trois cas, deux températures de
transition : à basse température, celle qui correspond à l’arrêt de la En équipant le mouton avec des jauges de contrainte, on peut
propagation au contour de l’évidemment, à plus haute tempéra- enregistrer sur un oscilloscope la courbe effort-temps. Cependant,
ture, celle qui correspond à l’amorçage de la rupture fragile. à moins d’écarter la butée limitant le pliage, on ne peut pas
enregistrer toute la courbe de déformation dans le domaine duc-
tile. Cela est en revanche possible dans le domaine de fragilité, au-
4.3 Essais de flexion par choc (Pellini) dessous de la NDT. De toute façon, ces courbes indiquent, par la
chute de l’effort après la fissuration du cordon, que l’on est bien en
Cet essai, plus simple à mettre en œuvre que le précédent, est présence d’un essai de propagation de la déchirure dans le corps
un essai de flexion par choc (chute d’un mouton vertical ou drop de l’éprouvette.
weight test), mais où la déformation est limitée, l’éprouvette étant
posée à plat, à faible distance du support (figure 14). Cette condi-
tion a été imposée pour pallier un des défauts de l’essai avec 4.4 Essais de flexion par choc sur
explosif : la température d’arrêt déterminée au contour d’évide- éprouvettes entaillées (Battelle)
ment ne correspond pas à l’absence d’enfoncement.
L’éprouvette de tôle, de forme rectangulaire, a pour épaisseur Cet essai a été mis au point à l’institut Battelle (Columbus, Ohio,
celle du produit à examiner. Les dimensions à adopter dépendent États-Unis) (Battelle drop weight tear test : BDWTT) pour l’étude de
de l’épaisseur (cf. norme ASTM E 208), par exemple pour une la rupture fragile de tubes. L’éprouvette de tôle, de forme

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

H (mm) L (%) Cr (%)


Mouton IIC
IL r
Face usinée 71 IIL 100
IIH

IH
Face
Entaille usinée 76 IC
r

Appui
254 Appui
35,5 50
305 e

5 ± 0,1 Entaille à 45° pressée


Détails de l'entaille
e épaisseur de la tôle Les cotes sont indiquées en millimètres. 0 0
– 30 – 20 – 10 0 10 20 30 40 50
T (°C)

Figure 15 – Éprouvette et dispositif pour l’essai Battelle de flexion État brut de


État normalisé
sur chant laminage
Critères de fragilité Température Température
rectangulaire (305 mm × 76 mm) a pour épaisseur celle du produit Courbe de transition Courbe de transition
à essayer. Dans l’un des chants de l’éprouvette, on a préparé par (°C) (°C)
enfoncement d’un coin en carbure une entaille en V (45˚, rayon < Hauteur cristalline H ...................... (mm) IH – 17 IIH + 48
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0,02 mm, profondeur 5 mm). Après avoir été portée à la tempéra- Largeur des lèvres L ......................... (%) IL – 24 IIL + 47
ture d’essai, l’éprouvette est placée sur chant, sur deux appuis, la Proportion de surface cristalline Cr .... (%) IC – 24 IIC
r
+ 45
r
masse venant tomber sur le côté opposé à l’entaille (figure 15). On
Acier A 52 au niobium
peut utiliser pour cet essai le mouton vertical Pellini, la masse et la
hauteur de chute dépendant des caractéristiques mécaniques de Figure 16 – Résultat de l’essai Battelle : pourcentage de cristallinité
l’acier et de son épaisseur. et d’épaisseur des lèvres ductiles et hauteur de rupture fragile
(cristalline) en fonction de la température d’essai
On détermine la température limite de propagation de la
déchirure fragile amorcée à fond d’entaille dans la zone localement
écrouie (et vieillie) par l’enfoncement du coin. On effectue l’essai mécaniques et leur épaisseur sont choisies pour permettre une
sur deux éprouvettes à chaque température, les températures répartition uniforme de la contrainte de traction sur l’éprouvette
étant échelonnées de 5 en 5 ˚C. Il faut une dizaine d’éprouvettes grâce à leur déformation plastique. L’éprouvette se termine à une
pour déterminer la température de transition. extrémité par une tête percée d’un trou dans lequel débouche un
trait de scie de 5 mm de long et 0,3 à 0,4 mm de large (figure 18).
Plusieurs critères peuvent être utilisés pour apprécier la fragilité :
soit la proportion de la largeur de l’éprouvette à mi-hauteur occupée Le trou permet de refroidir par circulation d’azote liquide la région
par les lèvres ductiles (L %), soit la proportion de surface cristalline de l’éprouvette où se trouve le trait de scie. L’autre extrémité de
(Cr %), soit la hauteur atteinte par la déchirure fragile sous l’entaille l’éprouvette reste à température ambiante ou peut même être
(H). La température de transition correspond alors à 50 % pour L ou chauffée de façon à obtenir un gradient régulier de température que
Cr ou à 35,5 mm pour H (figure 16). Toutefois, pour cet essai éga- l’on maintient linéaire (4 à 5 ˚C/mm) en régulant à des valeurs cons-
lement, la température de transition augmente avec l’épaisseur du tantes les températures des deux extrémités. Il convient que l’extré-
produit dans des conditions semblables d’essai. mité froide soit à une température du domaine fragile, inférieure à
la température de transition, et l’extrémité chaude à une tempéra-
En équipant le mouton employé pour ces essais avec des jauges ture du domaine ductile, supérieure à la température d’arrêt.
de contrainte, on peut enregistrer sur un oscilloscope la courbe
effort-temps. La mesure de l’énergie à partir de l’aire de la courbe Après avoir appliqué au système la contrainte moyenne de trac-
permet d’introduire un nouveau critère, autre que l’aspect de la tion choisie, on déclenche la rupture fragile à partir du trait de scie,
cassure : la transition d’énergie de rupture correspondra à 50 % de au moyen d’un choc appliqué généralement à l’aide d’un pistolet
l’énergie maximale de rupture, dans le domaine ductile. Cette tem- ou d’un marteau pneumatique sur la tête de l’éprouvette. Connais-
pérature est en bon accord avec les précédentes. L’allure des cour- sant le gradient de température, on peut déterminer la tempéra-
bes enregistrées sur la figure 17 montre qu’une certaine ture régnant à l’extrémité de la fissure, à son arrêt. La zone fragile
déformation plastique peut précéder la rupture fragile comme ayant souvent un contour parabolique (figure 19), la température
dans les essais de résilience. d’arrêt est celle qui existe au sommet de la parabole. (Cette forme
du contour résulte d’une propagation de la fissure plus rapide au
centre de l’éprouvette que sur les bords en raison du confinement
de la plasticité). On prend parfois la température correspondant à
4.5 Détermination de la courbe d’arrêt une épaisseur donnée des lèvres ductiles qui bordent la rupture
de fissure. Essai Robertson fragile, 5 ou 10 mm par exemple.

4.5.1 Essais avec gradient de température 4.5.2 Essais isothermes


L’éprouvette, de forme rectangulaire (la longueur vaut quatre Devant l’imprécision sur la mesure de la température d’arrêt
fois la largeur, l’épaisseur est celle du produit à examiner), a sa déterminée par les essais avec gradient de température, Robertson
longueur disposée dans la direction choisie pour l’étude de la pro- a proposé d’effectuer des essais isothermes. La température
pagation de la déchirure. Cette éprouvette est reliée au dispositif d’arrêt sera alors comprise entre la température la plus élevée qui
exerçant une traction perpendiculairement à la direction de propa- donnera une rupture complète de l’éprouvette et la température la
gation par deux ailes minces soudées. Leurs caractéristiques plus basse provoquant son arrêt.

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a essai Charpy V
b

a éprouvette en acier calmé b éprouvette en acier semi-calmé

Figure 19 – Aspect de la rupture d’éprouvettes Robertson

b essai Battelle σ/Rp


Rm /Rp
III Plastique
10 cm
1
15 cm B A
3/4
30 cm
1/2 II Élastique
60 cm I
1/4
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CAT
0 35 à 55 N / mm2

NDT 20 40 60 80 100 FTP


15
ΔT (°C)
c essai Pellini

CAT crack arrest temperature, courbe d'arrêt de fissure


FTE fracture transition elastic, température de transition élastique -
plastique
FTP fracture transition plastic, température de transition totalement
Temps plastique
I CAT fortes épaisseurs
Figure 17 – Comparaison des enregistrements des courbes effort-
temps dans le domaine de transition pour divers essais II CAT faibles épaisseurs
III petites fissures toutes épaisseurs
A FTE fortes épaisseurs (de 30 à 40 mm environ)
B FTE faibles épaisseurs (de 6 à 30 mm environ)
Traction
Pièce intermédiaire Figure 20 – Diagramme d’analyse de la rupture d’après Pellini
Éprouvette (plastique)
≈ 250
Brûleur La température ainsi déterminée est comprise entre les deux
Pistolet 50 à 70 températures d’arrêt mesurables dans l’essai avec gradient (som-
met de la parabole ou lèvres de 5/10 mm). Ces températures
dépendent cependant de l’épaisseur du produit et augmentent
Entaille à
avec elle : par exemple 1,5 ˚C par millimètre pour les épaisseurs
la scie
inférieures à 25 mm et 0,8 ˚C par millimètre au-dessus.

Température (°C)
100 4.6 Diagramme d’analyse des ruptures
50 Cotes en millimètres de Pellini
0
Utilisant les résultats fournis par les essais précédents pour les
– 50
aciers de construction courants, Pellini a proposé un diagramme
– 100 d’analyse des ruptures qui comporte, en ordonnées, la contrainte σ
rapportée à la limite d’élasticité Rp et, en abscisses, la température
Figure 18 – Éprouvette pour l’arrêt de déchirure Robertson et son repérée par rapport à la température de ductilité nulle NDT
gradient de température (figure 20).
La courbe de base du diagramme est la courbe d’arrêt de fissure
Pour ne pas modifier le régime de contraintes et cependant CAT (crack arrest temperature). Par ailleurs, à la NDT, d’après la
obtenir le démarrage d’une fissure fragile, il est recommandé mécanique de la rupture (voir [M 4 166]), à chaque niveau de con-
d’opérer comme précédemment en refroidissant la tête et en y trainte existe une dimension critique de défaut qui peut se propa-
provoquant par un choc l’apparition de la déchirure, mais de main- ger. Pour chaque dimension, portée à gauche du diagramme, on
tenir les deux derniers tiers de l’éprouvette à la même température trouve donc à la NDT le départ d’une courbe décalée par rapport à
de façon à étudier la propagation en conditions isothermes. la courbe d’arrêt de fissure. Toutes ces courbes se rejoignent à la

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

charge de rupture en condition de rupture ductile. Comme la La prévision du comportement à la rupture d’une structure fissu-
courbe d’arrêt de fissure est décalée vers les hautes températures rée est possible grâce à la mécanique de la rupture traitée dans le
quand on augmente l’épaisseur, le diagramme de Pellini comporte dossier [M 4 166]. Cependant, les essais de détermination de la téna-
deux familles de courbes. Il permet alors, étant donné un niveau cité KIc ou Jc, données nécessaires pour les analyses de tailles de
de contrainte et une taille de défaut, de lire le décalage minimal de défauts critiques, sont de réalisation bien plus complexe que celle
la température de service par rapport à la NDT pour être certaine- des essais de rupture décrits ci-avant. Dans certains cas, il n’est
ment au-dessus de la température de transition. même pas possible de mettre en œuvre facilement les essais de
mécanique de la rupture (détermination de la fragilisation par irradia-
C’est ainsi que, si la contrainte ne dépasse pas la moitié de la tion par exemple). En expertise de pièces rompues, on ne dispose
limite d’élasticité (appareil sans concentration de contraintes ni pas habituellement de données sur la ténacité, alors que sont sou-
contraintes résiduelles), pour des tôles de 25 mm d’épaisseur, il vent disponibles des résultats d’essais Charpy V. Les corrélations
faut que la NDT de l’acier soit inférieure de 15 ˚C à la tempéra- entre ces derniers et la ténacité sont donc fréquemment bien utiles.
ture minimale de service avec des défauts possibles ne
dépassant pas 60 cm.
5.2 Corrélations entre résultats d’essais
La sécurité maximale est donnée par la courbe d’arrêt de fissure. de rupture par choc
Les corrélations qui ont été tracées avec le plus de précision
concernent évidemment les essais les plus utilisés. Il s’agit en par-
5. Corrélations entre ticulier des essais Charpy V, de flexion par choc Pellini et Battelle,
de fissuration Robertson, avec les critères, précisés au tableau 3,
résultats d’essais choisis pour leur représentativité.
Les corrélations obtenues pour une gamme étendue d’aciers de
construction (voir Aciers de construction métallique. Normalisa-
tion. Désignations [M 4 520]), effervescents, semi-calmés ou cal-
5.1 Intérêt des corrélations entre
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més (voir définitions dans Solidification. Macrostructures et qualité


résultats d’essais de rupture des produits [M 59]), et pour des épaisseurs comprises entre 10 et
22 mm, sont indiquées dans le tableau 4. En général, l’essai de
Les essais de rupture sont plus ou moins aisés et coûteux. Les référence a été l’essai de résilience Charpy V, de beaucoup le plus
plus économiques en quantité de matière et les plus simples de répandu, mais on a indiqué aussi les corrélations avec l’essai
réalisation sont les essais Charpy V sans enregistrement. Cepen- Robertson. On a reporté dans le tableau 4 l’équation de la droite
dant, il serait souvent utile pour une conception judicieuse d’une de régression normale, le nombre de points N ayant servi au calcul
structure, d’avoir une idée sur la température de ductilité nulle et le coefficient de corrélation r.
NDT ou sur la courbe d’arrêt de fissure CAT sans avoir réalisé les
essais correspondants. Disposer de corrélations entre les résultats Exemple : la figure 21 représente la corrélation entre la tempéra-
des divers essais permet donc, de façon approximative, de répon- ture de transition au niveau 28 J (35 J/cm2) sur éprouvette Charpy V
dre à cette question. (TK28) et la température d’arrêt de l’essai Robertson (θs).

Tableau 3 – Critères et symboles des divers essais


Type d’essai Nom générique Critère retenu Symbole

Flexion par choc Charpy V Température de transition au niveau 28 J TK28

Flexion par choc Pellini Température de ductilité nulle NDT

Flexion par choc Battelle Température correspondant à 50 % de cristallinité TB 50

Fissuration en traction Robertson à gradient Température d’arrêt au sommet de la parabole θs

Tableau 4 – Corrélations entre résultats d’essais


Coefficient Nombre
Corrélation Équation de la droite de régression normale de corrélation de résultats
r N

Pellini-Charpy V (NDT) = − 16 + 0,51 (TK28) 0,80 67

Battelle-Charpy V (TB 50) = 30 + 0,94 (TK28) 0,86 36

Robertson-Charpy V (θs) = 17 + 0,64 (TK28) 0,90 56

Pellini-Robertson (NDT) = − 29 + 0,84 (θs) 0,90 58

Battelle-Robertson (TB 50) = 10 + 1,29 (θs) 0,94 28

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θs(°C)

1 000
t + 273 5
+ 50

TK28

– 50 + 50 3
TK28(°C)
TB 50
2
NDT
– 50 θs

1
θs = 17 + 0,64 TK28
coefficient de corrélation : r = 0,90
Nombre de résultats : N = 56 0
aciers de construction 0 1 2 3
+ aciers peu alliés
1 000
Figure 21 – Corrélation entre TK28 et θs TK28 + 273
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De façon générale, ces corrélations indiquent un bon accord Figure 22 – Corrélations entre l’inverse des températures absolues
entre les résultats des divers essais de rupture fragile qui classent de transition des divers essais et TK28
les aciers dans le même ordre. Toutefois, il faut noter l’absence
d’équivalence simple entre les différentes températures de transi-
tion comme par exemple un décalage constant. Celui-ci se mar-
querait par une droite de pente 1 ; or les pentes mesurées 5.3 Corrélations entre résultats d’essais
s’écartent assez sensiblement de cette valeur. de rupture par choc et ténacité selon
On sait que la température de transition Tc est d’autant plus éle- la mécanique de la rupture
vée que la vitesse de sollicitation v est plus grande [relation (4) au
paragraphe 2.1)].
C’est en partie à cette influence de la vitesse que les températu- 5.3.1 Courbes de transition
res de transition mesurées avec les divers essais doivent d’être dif-
Comme la détermination de la ténacité selon la mécanique de la
férentes. C’est ainsi que l’on a pu tracer des corrélations analogues
à celles mentionnées précédemment, mais en prenant cette fois rupture (voir [M 4 166]) nécessite des éprouvettes de grandes
l’inverse des températures absolues de transition. Ces corrélations dimensions, des corrélations ont été recherchées avec les résultats
mettent en évidence la sévérité des divers essais (figure 22). Plus des essais Charpy. C’est ainsi que Germain Sanz [11] avait proposé
la pente de la droite est faible, plus la vitesse de déformation est une corrélation empirique entre la température TKIc où la ténacité
rapide et plus la part de la propagation est grande par rapport à KIc vaut 100 MPa · m1/2 et la température TK28 celle où l’énergie de
l’amorçage dans l’essai en question. Le classement obtenu ainsi, rupture KV vaut 28 J, pour déduire la courbe de transition de la
par ordre de sévérité décroissante, est : essai Robertson (θs), essai ténacité de celle de l’énergie de rupture.
Pellini (NDT), essai Battelle (TB 50), essai Charpy V (TK28). Cette idée a été reprise en particulier par Kim Wallin [12] qui a
Il n’en reste pas moins que ces essais ne permettent que de clas- proposé l’utilisation d’une courbe maîtresse (master curve) main-
ser les différents aciers vis-à-vis de leur aptitude à la rupture fra- tenant introduite dans la norme ASTM E1921. Elle est de forme
gile. Il n’est pas possible de choisir un matériau avec une faible exponentielle, comme la formule (10) avec une température T0 cor-
marge d’erreur uniquement à partir de leurs résultats. En l’absence respondant à KIc = 100 MPa · m1/2. La corrélation entre cette tem-
de corrélation entre les températures de transition déterminées par pérature et la température TK28 est :
ces essais et les températures de transition réelles des structures
elles-mêmes, on ne peut que se guider sur les statistiques des éne- T0 = TK28 − 18 ˚C (13)
rgies moyennes de rupture, données à la température de l’avarie, Dans le même ordre d’idée, Dominique François et Arnold Kra-
sachant que la dispersion des résultats atteint 50 %. Ainsi, dans le sowsky [13] ont proposé une corrélation fondée sur le rapport
cas des ruptures survenues aux Liberty Ships et aux pétroliers T2 entre la dimension de la zone plastifiée et l’épaisseur B de l’éprou-
pendant la Seconde Guerre mondiale, on a observé les valeurs sui-
vette, sous la forme :
vantes des énergies de rupture, sur éprouvettes Charpy à entaille
V, à la température de l’avarie :
2
– tôles où la cassure a pris naissance : 8 J ; ⎛K ⎞
B = β ⎜ Ic ⎟ (14)
– tôles traversées par la cassure : 12,5 J ; ⎝ Rp ⎠
– tôles où les cassures se sont arrêtées : 21 J.
Le naufrage du Titanic est également dû à une résilience avec β un paramètre caractéristique du type d’essai
insuffisante des tôles utilisées pour construire la coque. selon le tableau 5.

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

Tableau 5 – Valeurs du paramètre β de la formule (14) suivant le type d’essai (1)


Amorçage Limite de validité
Charpy V Fellini Battelle Limite de
Type d’essai de déchirure de courbe R
Tf NDT DWTT déformation plane
Ji Jmax

β 0,4 1,5 0,6 2,5 0,3 à 0,7 0,1 à 0,2

(1) voir le dossier [M 4 166] pour les notions de mécanique de la rupture, en particulier de la signification de J

5.3.2 Corrélations au palier ductile


Notations et symboles
Une autre approche est l’établissement d’une corrélation entre
l’énergie de rupture Charpy au plateau ductile KVPD (J) et la téna- Symbole Unité Définition
cité [12] :
a m Profondeur d’entaille, longueur de fissure
J1mm = 0, 53KV 1,38 ⎛ − T − 20 ⎞
PD exp ⎜
⎝ ⎟ (15)
m2
400 ⎠ A Aire de la section d’une éprouvette

où J1mm est la valeur du taux de restitution d’énergie J (intégrale A+B J Énergie de rupture au palier ductile
J en kJ/m2) pour 1 mm de déchirure et T la température (˚C). De
A−B J Énergie de rupture au palier fragile
plus, la forme de la courbe J (kJ/m2) en fonction de la longueur Δa
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(mm) de déchirure est donnée par la formule :


B m Épaisseur d’une éprouvette
J = J1mmΔam (16)
C K ou ˚C Paramètre de représentation de la pente
l’exposant m étant lui-même donné par la formule : de transition de ductilité

m = 0,133KV 0,256 ⎛ − T − 20 ⎞ − Rp0,2 + 0, 03 Cr % Proportion de surface cristalline (taux de


PD exp ⎜
⎝ 400 ⎟⎠ 4 664
(17)
cristallinité)

où Rp0,2 est la limite d’élasticité à 0,2 % (MPa), T la température d m Taille de grain


(˚C), KVPD l’énergie de rupture au palier ductile (J).
F N Charge appliquée

FL N Charge limite
6. Conclusion Fgy N Charge à la limite d’élasticité
Les essais de choc ont été mis au point au début du XXe siècle Fm N Charge maximale
et utilisés alors essentiellement comme essais de réception pour
garantir la qualité des aciers. Ils ont ensuite permis la détermina- Fiu N Charge au début de la propagation instable
tion des courbes et des températures de transition de ductilité.
Leur instrumentation a enrichi les résultats qu’ils permettent
Fa N Charge à l’arrêt
d’obtenir.
L’inconvénient est qu’ils donnent des indications qui ne peuvent H m Hauteur atteinte par la déchirure fragile
être rigoureusement transposées aux structures réelles. La sous l’entaille dans l’essai Battelle
mécanique de la rupture procure les outils pour résoudre ce pro-
blème. Elle permet d’apprécier la dimension des défauts critiques J J · m−2 Taux de restitution d’énergie (intégrale J)
se propageant sous un chargement donné. Elle fait l’objet du dos-
sier Essais de mesure de la ténacité. Mécanique de la rupture J1mm J · m−2 J pour 1 mm de déchirure
[M 4 166]. Mais les essais qui découlent de la mécanique de la rup-
ture présentent une certaine complication et sont assez coûteux de Ji J · m−2 Valeur de J à l’amorçage de la déchirure
réalisation. Ils nécessitent souvent des éprouvettes de dimensions
importantes. Aussi les essais de choc conservent-ils une très Jmax J· m−2 Limite de validité de la courbe R
grande utilité, encore aujourd’hui, pour garantir la qualité et déte-
rminer les limites d’utilisation en température. k Pa Limite d’élasticité en cisaillement
Parmi la grande variété des essais de choc qui ont été proposés,
certains se sont imposés, les autres tombant en désuétude. De nos KIc Pa · m1/2 Ténacité
jours, sont largement pratiqués les essais Charpy V en raison de
leur réalisation simple et du peu de matière qu’ils nécessitent. De KIa Pa · m1/2 Ténacité à l’arrêt
façon moins courante, la détermination de la NDT conserve son
utilité. Elle est faite surtout à l’aide d’essais Pellini ou Battelle en KCV J · m−2 Résilience
flexion. Les essais d’arrêt de fissure, qui nécessitent un
appareillage complexe et encombrant, sont bien plus rarement KV J Énergie de rupture
pratiqués.

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_________________________________________________________________________________________________________________ ESSAIS DE RUPTURE

Notations et symboles Notations et symboles

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

KVPD J Énergie de rupture au palier ductile Tc K ou ˚C Température critique de ductilité nulle sur
(KVPD = A + B) éprouvette lisse

KT Facteur de concentration de contrainte Tc0 K ou ˚C Température de référence

L m Longueur de la partie utile d’une éprou- Tf K ou ˚C Température de transition de faciès de


vette, longueur de la moitié de la distance rupture
entre appuis
TKIa K ou ˚C Température correspondant à
L% % Proportion de la largeur à mi-hauteur de KIa = 100 MPa · m1/2
l’éprouvette Battelle occupée par les lèvres
ductiles TFa4kN K ou ˚C Température à laquelle Fa vaut 4 kN

L0 m Longueur initiale de la partie utile de TK28 K ou ˚C Température à laquelle KV = 28 J


l’éprouvette
v m · s−1 Vitesse de sollicitation
m Exposant
v0 m· s−1 Vitesse de référence
ML N·m Moment limite
w m Hauteur d’une éprouvette
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n Exposant d’écrouissage (loi σ = σ0εn)


Wt J Énergie d’impact
N Nombre de résultats
Wm J Énergie absorbée à la charge maximale
r m Rayon à fond d’entaille
Wiu J Énergie absorbée à la chute brutale de la
r Coefficient de corrélation charge

Re Pa Limite d’élasticité Wa J Énergie absorbée à l’arrêt

Rp Pa Contrainte d’écoulement α Paramètre

Rp0,2 Pa Limite d’élasticité à 0,2 % Δa m Longueur de déchirure

S m Déplacement du marteau (essai Charpy) ε Déformation

Sgy m Déplacement à la limite d’élasticité εf Déformation critique de rupture

Sm m Déplacement au maximum de la charge σ Pa Contrainte

Siu m Déplacement au début de la propagation σ Pa Contrainte équivalente (en général de Von


instable Mises)

Sa m Déplacement à l’arrêt σ0 Pa Paramètre de la loi d’écrouissage (loi


σ = σ0 εn )
St m Déplacement lorsque F = 0,2Fm
σf Pa Contrainte de clivage
T K ou ˚C Température
σm Pa Contrainte moyenne ou hydrostatique
T0 K ou ˚C Température au milieu de la transition de
ductilité, température correspondant à KIc ω rad Angle d’ouverture de l’entaille latérale
= 100 MPa · m1/2
φ m Diamètre minimal d’une éprouvette
TB 50 K ou ˚C Température de transition de ductilité cylindrique entaillée
Battelle
θs K ou ˚C Température d’arrêt Robertson

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ESSAIS DE RUPTURE ________________________________________________________________________________________________________________

Gonflement
Essai Pellini
Rupture
Essai Flexion
Choc NDT
Éprouvette Battelle
Résilience Déchirure
Charpy Robertson
Ductilité Fissure
Acier Pellini
Clivage Ténacité
Cisaillement BDWTT
Macle en
Inclusion CAT
Triaxialité en
Striction fr
Considère FTE
Éprouvette en
Davidenkov fr
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Poisson FTP
Entaille en
Charpy fr
Mouton-pendule NDT
Charpy en

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P
O
U
Essais de rupture R
Essais par choc
E
par Dominique FRANÇOIS
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Normalisation
NF EN 10045-1 10-90 Matériaux métalliques. Essai de flexion préparation et caractérisation des éprou-
par choc sur éprouvettes Charpy. vettes de référence Charpy V pour la
Partie 1 : méthode d’essai vérification des machines d’essai (mou-
ton-pendule)
NF EN 10045-2 12-92 Matériaux métalliques. Essai de flexion
12 - 2007

par choc sur éprouvettes Charpy. ISO 12135:2002 12-02 Matériaux métalliques. Méthode unifiée
Partie 2 : vérification de la machine d’essai pour la détermination de la téna-
d’essai (mouton-pendule) cité quasi statique
ISO 148-1:2006 2-06 Matériaux métalliques. Essai de flexion ASTM E 208 2006 Standard Test Method for Conducting
par choc sur éprouvette Charpy. Partie 1 : Drop-Weight Test to Determine Nil-Ducti-
méthode d’essai lity Transition Temperature of Ferritic
Steels
ISO 148-2:1998 12-98 Vérification des machines d’essai par ASTM E 1921 2005 Standard Test Method for Determination
Doc. M 4 165

choc (moutons-pendules) pour l’essai des of Reference Temperature T0 for Ferritic


aciers
Steels in the Transition Range
ISO 148-3:1998 12-98 Matériaux métalliques. Essai de flexion
par choc sur éprouvette Charpy. Partie 3 :

Organisme
Battelle
http://www.battelle.org/

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