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Supplément publié dans l’édition de L’AGEFI Hebdo

du 5 décembre 2019

ESG
ENVIRONNEMENT,
ENVIRONNEMENT, SOCIAL,
SOCIAL,
GOUVERNANCE
GOUVERNANCE

P. 2 ESG : LES CONVICTIONS S’AFFINENT,


LES APPROCHES SE DIVERSIFIENT

P. 6 LES GÉRANTS FRANCHISSENT LE PAS


DE L’ENGAGEMENT ACTIONNARIAL
P. 8 LES PORTES DU MARCHÉ
DE L’ÉPARGNE S’OUVRENT ENFIN

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Nicolas BÉNÉTON, Vincent DUREL, Anne-Laure FRISCHLANDER, François MILLET, Avec l’aimable
responsable gérant de portefeuille, directrice générale France, responsable de la Stratégie, participation de
investissement durable actions européennes Belgique & Luxembourg ESG et Innovation Cédric FOUCHÉ,
chez Robeco chez Fidelity International chez BNY Mellon Investment chez Lyxor Asset directeur financier délégué
Management Management chez Agrica Épargne

Réalisé en collaboration avec L’AGEFI et le soutien de Robeco, Fidelity International, BNY Mellon Investment Management, Lyxor Asset Management et Agrica Épargne
ESG : ENVIRONNEMENT, SOCIAL, GOUVERNANCE

ESG : LES CONVICTIONS S’AFFINENT,


LES APPROCHES SE DIVERSIFIENT
Impact investing, gestions très mature, fourmille l’avenir, la perspective est le dévelop-
thématiques, intégration d’initiatives. Et les coups pement de stratégies ʻclimat transi-
tion̓, qui se fonderont sur l’analyse
ESG… le monde de de pouce réglementaires de la capacité des entreprises à ré-
l’investissement, désormais se multiplient. duire leurs émissions, en particulier

L
dans les secteurs les plus intensifs,
e Plan d’actions sur la finance Un besoin d’amélioration plutôt que de stratégies low carbon,
durable de la Commission eu- qui se limitent à faire un constat du
ropéenne arrive à point nom-
de la qualité des données passé. Les gérants indiciels pourront
« Les investisseurs sont à la recherche s’appuyer sur des fournisseurs qui
mé. Cette initiative européenne,
de clarté dans les standards » confirme agrègent des données sur ces en-
aux multiples facettes, promet d’offrir
de nouveaux outils et d’amorcer une François Millet, head of strategy, ESG jeux » anticipe François Millet.
homogénéisation des démarches, au- and innovation de Lyxor AM, pour Face à ces constats, certains investis-
jourd’hui foisonnantes, de toutes les qui « le Plan d’actions européen sur seurs s’attachent à renforcer leur ana-
parties prenantes : investisseurs, gé- la finance durable est très important lyse qualitative. « Nous nous heurtons
rants d’actifs, entreprises, agences de car il va apporter des clari- sur le crédit aux mêmes
notation extra-financière, fournisseurs fications, notamment dans problèmes de divergences
de labels, producteurs d’indices, au- le domaine environnemen- des notations des émet-
torités de régulation, ou ONG. L’enca- tal, à travers la taxonomie teurs par les agences, que
drement par des normes des pratiques des activités durables. Les sur les actions, témoigne
des acteurs de l’ESG se renforce. En entreprises vont devoir “Les Cédric Fouché. Nous re-
parallèle, forts d’une maturité grandis- améliorer la qualité des investisseurs commandons de donner
sante sur ces thématiques, les inves- données qu’elles publient, une moindre importance
tisseurs affinent leurs demandes, tan- par exemple sur leur tra- sont à la aux méthodes quantita-
dis que la gamme des stratégies des jectoire de décarbona- recherche tives, dans l’attente d’une
gérants d’actifs s’étoffe. tion. » L’amélioration de la uniformisation (sans doute
qualité des données est en de clarté au niveau européen), au
L’article 173 de la loi de transition effet un enjeu clé dans cet dans les profit de méthodes qua-
énergétique du 17 août 2015 a déjà univers. « Nous attendions
donné une belle impulsion au marché un éclairage de la taxono- standards” litatives, en faisant la part
belle aux ODD, malgré
français de l’ESG, même s’il a fait ap- mie dans le cadre du calcul leurs biais sectoriels. Il faut
paraître des difficultés concernant la de l’empreinte carbone mettre en place une gou-
qualité des données à la disposition et sur les problématiques vernance des données,
des investisseurs. « L’article 173 a ap- de double-comptabilisa- par exemple pour évaluer
porté un enrichissement des données tion pour le scope 3 no- des groupes dotés de multiples fi-
mais a aussi mis en lumière beau- tamment, mais ce n’est pas encore liales. » Cependant, Nicolas Bénéton,
coup de divergences, observe Cédric le cas. Elle crée beaucoup de com- sustainable investment specialist chez
Fouché, directeur financier délégué, plexité et les émetteurs vont avoir Robeco SAM, relativise ce besoin
d’Agrica Epargne. Pour le calcul de un devoir de publication de données d’homogénéisation : « On constate
l’empreinte carbone, les institutionnels extrêmement précises. Il y aura aussi effectivement des divergences d’opi-
ont fréquemment recours à des pres- une période d’adaptation pour obtenir nions entre les agences de nota-
tataires externes, qui fournissent des ces données standardisées, surtout tion extra-financière. Mais elles nous
résultats souvent différents, même en pour les secteurs les plus carbonés » semblent souhaitables, car il s’agit
se reposant sur une même méthode. anticipe Vincent Durel, gérant de por- d’appréciations fondamentales, quali-
Cela pose la question de la pertinence tefeuille sur les actions européennes tatives. Un consensus ESG n’est pas
des reportings article 173 et de leur chez Fidelity International. Aussi, l’in- souhaitable. En revanche, des diver-
évolution au cours des années. Nous térêt même d’une stratégie fondée gences sur les données carbone sont
sommes dans l’attente d’une conver- sur l’évaluation des émissions des plus problématiques, car elles doivent
gence qui commence à peine. » entreprises peut être questionné. « A être plus objectives. Une donnée ESG

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doit être prospective, tandis que l’em- treprises et que ces dernières ne pu- objectifs sont encore très récents,
preinte carbone est une vision du pas- blient pas encore suffisamment de aussi « on ne peut pas exiger des en-
sé. Aussi, elles sont complémentaires. » données pour quantifier leur contribu- treprises qu’elles sachent dès mainte-
tion aux ODD. Nous considérons que nant parfaitement communiquer, juge
Les ODD établissent seulement dix d’entre eux sont inves- Nicolas Bénéton. Les ODD sont une
un nouveau cadre tissables au travers des marchés ac- boîte à outils utile à tous les gestion-
Au-delà des normes réglementaires, tions européens : ceux ayant trait, par naires d’actifs, aux entreprises ou aux
les investisseurs se sont saisis de l’oc- exemple, à la diversité, la santé, la res- ONG et devraient permettre d’instau-
casion donnée par la publication des ponsabilité dans la production (la sup- rer un langage commun. Cependant,
ODD (Objectifs de développement ply chain), les infrastructures » analyse nous devons faire de la pédagogie sur
durable) pour enrichir encore la nature Vincent Durel. La capacité à avoir ac- leur vocation, car ils ne permettront
de leurs engagements. Au nombre de cès à des données pertinentes repré- pas systématiquement de mesu-
17 et établis en 2015 par les membres sente en effet un frein dans le déve- rer des impacts. Pour ce faire, il faut
de l’ONU, ils couvrent une très large loppement de nouvelles offres. « Nous d’abord s’assurer de la cohérence
palette d’enjeux pour les Etats, tels avons un cadre beaucoup plus précis entre la stratégie d’investissement
que la pauvreté, les inégalités ou grâce aux ODD, à la taxonomie et aux d’un fonds et les indicateurs utilisés
l’éducation, outre l’environnement ou projets qui en découlent chez les ges- (sur la diversité, le capital humain, la
le climat. « Même si un grand nombre tionnaires d’actifs. Bien entendu, nous gouvernance). Raisonnablement, il
des ODD ne sont pas ̒investissables̓, voudrions pouvoir offrir des produits faut surtout chercher une contribution
la gestion passive peut aussi apporter qui rentrent dans toutes ces initiatives, d’un portefeuille à un ODD. »
sa contribution sur quelques ODD, via mais à ce stade, cela reste encore dif-
les thèmes de l’économie circulaire, ficile, estime Anne-Laure Frischlan- Une très grande diversité
des smart cities, des nouvelles mobi- der. Les trois quarts des entreprises d’attentes des investisseurs
lités, par exemple » observe François ne sont par exemple pas capables Dans ce contexte d’enrichissement
Millet. Pour les atteindre à l’horizon aujourd’hui de publier des données des indicateurs, des objectifs pour-
de 2030, la mobilisation des investis- correspondant aux ODD et de même suivis pour contribuer au dévelop-
seurs, aux côtés des Etats et des en- concernant la taxonomie, elle repose- pement durable, les institutionnels
treprises est indispensable. Ils fixent ra sur des données qui ne sont pas comme les sociétés de gestion ont
ainsi un nouveau cadre. « Les ODD encore disponibles. Aussi les gérants suivi une courbe d’apprentissage, se
offrent un cadre intéressant, même d’actifs doivent être prudents avec sont forgé leurs propres convictions
s’ils sont plutôt conçus pour les en- les promesses d’offres  vertes. » Ces et le paysage de l’investissement

Répartition des encours sous gestion IR Ventilation des encours OPC ISR par stratégie dominante
(1.458 mds € à fin 2018) (données à fin 2018 / 151 mds €)

Mandats ISR
Best-in-universe

Source : Etude AFG (La gestion investissement responsable, à fin 2018)


(266 Mds €) 18 % et Best effort
12 % 1 % Gouvernance
3 % Social
OPC ISR
(151 mds €)
10 % 46 % Mandats ESG 9 % Thématiques
(677 mds €)
5 % Environnement

25 % Best-in-class 79 %
OPC ESG
(365 mds €)

L’importance des mandats (65 % des encours L’approche « best in class » continue à dominer
de l’investissement responsable en France, l’univers des fonds ISR en France.
contre 35 % pour les OPC) confirme La percée des gestions thématiques se cantonne
le caractère institutionnel de ce marché. à moins de 10 % des encours.

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ESG : ENVIRONNEMENT, SOCIAL, GOUVERNANCE

responsable s’est considérablement témoigne Cédric Fouché. Il faut soit en œuvre, qui permet de s’adapter
élargi. « Les stratégies ESG existent se reposer sur un fournisseur de à différentes politiques d’allocations
depuis 30 ans, mais elles n’avaient données extra-financières, soit faire d’actifs. « Il y a dans le best in class
pas la même définition par le pas- confiance à la méthodologie d’un une gradation qui permet d’être plus
sé. Il y a eu une standardisation ces gestionnaire, dans une logique ESG ou moins proche de l’indice, d’avoir
dernières années, notamment en globale et non critère par critère. une tracking-error très faible ou au
France grâce à l’article 173 et aux Afin de s’adapter aux sensibilités de contraire d’éliminer la majorité du
reportings qui en découlent. Mais chaque institution, le recours à des marché », détaille François Millet.
on observe des diver- mandats de gestion et C’est ainsi que dans l’univers de la
gences de demandes au non à des fonds ouverts, gestion passive, la dynamique de
niveau européen, relève “Toutes les paraît plus adapté. » l’investissement responsable reste
Anne-Laure Frischlander, favorable au best in class : « Le
directrice générale France
institutions best in class est loin d’avoir vécu,
de BNY Mellon IM. D’une n’ont pas le La pertinence du puisqu’il est au contraire en pleine
simple demande de pro- best in class est
duction de reportings
même degré interrogée expansion  : sur le marché des ETF,
qui représente environ 30 % des
conformes aux normes, d’avancement, En termes d’offres, le ʻmutual funds̓ en Europe, les pro-
à des approches mains-
tream, avec par exemple
la même marché de l’ISR, essen-
tiellement institutionnel,
duits explicitement ESG ont collec-
té 11,5 milliards d’euros depuis le
l’intégration pour l’en- approche, ni a longtemps fondé son début de l’année et 90 % d’entre
semble des portefeuilles
de l’objectif des 2 degrés,
les mêmes développement sur l’ap-
proche « best in class »,
eux ont une approche best in class,
ajoute François Millet. Sur le marché
voire une approche en- ressources” qui consiste à retenir les européen des ETF, qui est à 80 %-
tièrement intégrée sus- meilleurs élèves dans 90 % institutionnel, ce n’est plus un
tainable, en passant par chaque secteur. Les mo- trend, c’est une transformation et
des démarches d’exclusion chez teurs du développement de l’ISR elle touche aussi bien les actions
les investisseurs anglo-saxons, la sont désormais multiples. « Le best que les obligations ʻcorporate̓. » Ces
«  gender equality  » en Europe du in class me paraît sur le déclin, ob- réflexions amènent certains gestion-
Nord, ou une approche « environne- serve Nicolas Bénéton. Il ne répond naires à faire évoluer le concept his-
ment  » pour les Français. Pour sa par exemple pas aux ODD ou à une torique du best in class vers le « best
part, la gouvernance, le G de l’ESG, recherche d’impact. Ce n’est jamais in universe. » « Toute approche (best
a récemment moins été mise en qu’une obligation de moyens  : on in class, best in universe, best ef-
exergue, alors que les grands scan- écarte 10 %, 20 % voire 70 % des fort…) est légitime à partir du mo-
dales financiers sont majoritairement titres d’un univers, mais ensuite ? Le ment où elle est faite d’une manière
liés à des erreurs de gouvernance. » gérant vit cela comme une contrainte disciplinée avec des objectifs bien
Les institutionnels s’interrogent ain- et cherche à rééquilibrer son porte- spécifiques. Chez Fidelity, nous
si sur l’intérêt des différentes ap- feuille. Le best in class oblige à se considérons que l’approche best in
proches, les moyens à mettre en fonder sur une multitude de critères. universe permet d’être très sélectif
œuvre et le périmètre de la déléga- Ainsi, nous privilégions soit l’intégra- au sein de la zone euro, de retenir
tion. « Il faut être humble par rapport tion ESG sur des critères plus pré- les sociétés qui ont les meilleures
aux différentes approches, qui cor- cis et adaptés, soit une vision plus pratiques en matière de dévelop-
respondent à des affinités diverses orientée vers les produits et services pement durable, celles affichant les
et aussi à la capacité à accéder à fournis, ce qui est bien la vocation meilleures performances financières
la donnée. Au sein d’Agrica, nous de la gestion thématique. Cepen- et non-financières, analyse Vincent
avons une politique d’investisseur dant, le best in class reste sans Durel. Elle permet aussi de s’inter-
responsable depuis une quinzaine doute un outil puissant pour un in- roger sur les bons modèles de dé-
d’années. Et parmi les membres de vestisseur institutionnel qui n’a prati- veloppement durable et d’exclure
l’Alliance professionnelle Retraite qué que l’exclusion et veut basculer les secteurs où il est difficile de faire
Agirc-Arrco, tous n’ont pas le même ses portefeuilles sur une approche de l’investissement durable, tel que
degré d’avancement, ni la même ESG. » Cette stratégie offre en effet le secteur pétrolier, la défense ou les
approche, ni les mêmes ressources, une grande souplesse dans sa mise jeux par exemple. »

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Les approches thématiques niable de l’article 173, mais site de travailler sur les indica-
ce n’est plus cosmétique. “On observe teurs », juge François Millet.
répondent à un besoin On a vraiment dépassé la un vrai « Dans l’univers des grandes
de sens gestion de niche, puisque sociétés cotées, l’influence
Ainsi, en complément et afin de répondre nous gérons plusieurs changement d’une stratégie d’impact in-
à des convictions spécifiques des in- fonds thématiques pour de la vesting sera liée à la taille du
vestisseurs, en particulier concernant la plusieurs milliards d’euros gestionnaire d’actifs, à sa ca-
transition énergétique et la préservation d’encours. » Cependant, les considération pacité en conséquence à pe-
de l’environnement, les gestions théma- gérants doivent encore faire des ser sur les décisions du ma-
tiques prennent progressivement une preuve de pédagogie vis-à- nagement d’une entreprise »,
place majeure dans les offres des so- vis de beaucoup d’investis- investisseurs estime Anne-Laure Frischlan-
ciétés de gestion. En premier lieu, les in- seurs qui restent réticents vis-à-vis des der. Les sociétés de gestion
vestisseurs privés sont apparus les plus à l’idée de faire une place à définissent en effet des mé-
sensibles à cette offre, mais la percep- la gestion thématique dans stratégies thodologies d’impact inves-
tion qu’en ont les institutionnels évolue leur allocation stratégique. thématiques” ting spécifiques aux marchés
favorablement. « Les ETF couvrent un « Les offres se sont étoffées des sociétés cotées : « Nous
grand nombre de thématiques (gen- avec, outre les fonds d’exclusion et les contribuons à l’impact investing en dé-
der equality, water, new energy…). Au- fonds best in class et impact, des fonds terminant par exemple pour notre stra-
jourd’hui ces derniers sont appréciés par thématiques, à résonnance ESG. Mais tégie d’investissement durable sur les
la gestion privée, car ils raisonnent bien ces derniers se heurtent à la contrainte actions de la zone euro, des indicateurs
avec les attentes de cette clientèle. Mais d’investisseurs institutionnels dont les al- environnementaux (empreinte carbone,
les institutionnels commencent à placer locations doivent respecter des ʻbench- consommation d’eau, production de
des montants importants sur certaines marks̓, ce qui a pu provoquer une dé- déchets), sociaux (représentation des
thématiques, telles que l’eau et l’ac- ception des gérants d’actifs. Ce n’est femmes en entreprise et nomination de
tion climatique  » relève François Millet. que le début et les investisseurs doivent femmes managers) et de gouvernance
Le souhait des acteurs est de donner encore repenser leur façon d’intégrer les (responsabilité fiscale et répartition des
du sens à l’investissement et de profi- fonds thématiques dans leur allocation », revenus). En zone euro, nous avons la
ter, sur le long terme, du potentiel des juge Anne-Laure Frischlander. capacité d’obtenir un nombre impor-
« mega-trends. » « Nous préférons une tant de données sur les sociétés – par
gestion qui soit d’abord en phase avec L’impact investing émerge exemple on peut couvrir 90 % des so-
nos valeurs paritaires, lesquelles peuvent dans l’univers des actifs listés ciétés composant l’indice sur des indica-
difficilement s’exprimer en dehors d’une Donner du sens à son investissement, teurs environnementaux – et c’est ainsi
approche multiforme sur mesure », c’est aussi attendre des résultats tan- que nous pouvons mesurer et comparer
confirme Cédric Fouché. «  On observe gibles, offrir des ressources afin d’influer l’intensité du fonds par rapport à ce-
un vrai changement de la considération sur une situation. C’est la vocation de lui de l’indice, donner des équivalents
des investisseurs vis-à-vis des stratégies l’impact investing, qui à l’origine s’est économiques réels (chiffrage en termes
thématiques. Il y a une dizaine d’années, développé dans l’univers des entreprises d’émissions annuelles d’automobiles
il s’agissait d’allocations satellites, plutôt non cotées. « Il est issu du private equity évitées, plus faible consommation d’eau
utilisées à des fins de diversification et et du financement privé d’actifs réels (in- et moindre production de déchets) et
dont on sortait facilement pour réajus- frastructures, immobilier, etc.), et la ques- ainsi mettre en évidence la valeur créée
ter un portefeuille en fin d’année. Nous tion est de savoir si on peut retrouver les par un investisseur qui privilégie un inves-
avons observé que les flux se sont stabi- attributs classiques de l’impact (intentio- tissement dans le fonds plutôt que dans
lisés et que ces produits sont désormais nalité, mesurabilité) dans les actifs listés. l’indice » détaille Vincent Durel.
bien installés dans les allocations, même Pour obtenir un impact à grande échelle, La voie a déjà été ouverte sur le mar-
s’ils sont sensibles aux cycles et peuvent on ne peut se limiter au non-coté et aux ché obligataire par les green bonds.
parfois sous-performer, constate Nicolas actifs réels. Il faut donc intervenir sur les « Le marché des green bonds est sans
Bénéton. Les investisseurs ont confiance actifs listés, qui apportent de la liquidité doute la partie la plus standardisée de
en ces opportunités, y compris dans le aux investisseurs, donc une possibilité l’ISR  » relève François Millet. «  Ils per-
monde institutionnel. Ils ont de vraies de placer des montants bien plus impor- mettent de mettre en œuvre une ges-
convictions vis-à-vis d’industries qui sont tants. Définir une mesurabilité dans cet tion à impact sur l’obligataire, confirme
devenues matures. Il y a eu un effet indé- univers est possible, même si cela néces- Anne-Laure Frischlander, mais nous

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ESG : ENVIRONNEMENT, SOCIAL, GOUVERNANCE

devons être sélectifs : nous


rejetons encore un grand
“Définir une avec leurs convictions
ESG et à l’inverse à dé-
En conséquence, « les investisseurs
considérant que leurs obligations fidu-
nombre d’émissions dites mesurabilité sinvestir, voire à dénoncer, ciaires ne se limitent plus uniquement à
green que nous n’analy- celles dont le comporte- générer du rendement », François Millet
sons pas comme telles.
dans ment ne leur convient pas, s’attend à voir apparaître « une prime
Par ailleurs ce marché, qui l’univers des est-elle susceptible d’avoir pour les entreprises les plus respec-
s’est beaucoup développé
ces dernières années, reste
actifs listés une influence sur le cours
de Bourse des socié-
tueuses de critères de développement
durable. » Voire, à l’inverse, Vincent Du-
encore très concentré sec- nécessite tés concernées ? « Si les rel anticipe « une décote pour les en-
toriellement ce qui contraint
l’investisseur à des biais. »
de travailler grands acteurs de la gestion
indicielle collectent massi-
treprises qui n’adapteront pas une vraie
politique de développement durable
Cette mobilisation d’une sur les vement sur des ETF ESG, dans leur gestion quotidienne et leurs
part de plus en plus vaste
des investisseurs, prêts
indicateurs” certaines entreprises seront
naturellement exclues des
investissements, comme par exemple
le secteur du tabac qui subit une dé-
à privilégier les entreprises en phase allocations », note Nicolas Bénéton. cote de 30 %. »

LES GERANTS FRANCHISSENT LE PAS représentation des institutionnels par les


gérants aux assemblées générales n’est
DE L’ENGAGEMENT ACTIONNARIAL cependant pas aisée. « Un investisseur
institutionnel doit transmettre et expliciter

P
à son gérant sa politique de vote, afin
our aller un cran plus loin dans colas Bénéton, Sustainable Investment qu’elle soit mise en œuvre dans le cadre
leur stratégie d’investisseur res- Specialist chez Robeco SAM. L’enga- d’un mandat » estime Nicolas Bénéton.
ponsable, les sociétés de gestion gement actionnarial dépassant le simple Mais en pratique, ce n’est pas toujours
ne se limitent plus à écarter les titres vote aux AG, les investisseurs obliga- le cas. « La politique de vote des ges-
des sociétés qui ne répondent pas à taires font aussi entendre leur voix. « Ils tionnaires n’est pas celle des investis-
leurs exigences ESG, ni à exercer leurs se montrent de plus en plus exigeants seurs institutionnels et il se peut qu’elle
droits de vote : elles se fondent sur les par rapport aux facteurs ESG. Les en-
ne soit pas en ligne avec leurs objectifs,
conclusions de leur analyse extra-fi- treprises dont les qualifications ESG
notamment sur les fonds ouverts, rap-
nancière pour engager des discussions semblent insuffisantes sont soumises à
porte Cédric Fouché, directeur financier
avec le management des entreprises sur des examens plus approfondis. Leurs di-
délégué d’Agrica Epargne. En outre, la
le terrain de l’ESG. « L’engagement dé- rigeants se montrent attentifs aux préoc-
difficulté pour un institutionnel d’avan-
passe la simple participation à l’assem- cupations des détenteurs d’obligations,
cer dans cette voie est que la question
blée générale annuelle, qui permet de même si ces derniers ne détiennent pas
de sa responsabilité fiduciaire à ce sujet
s’accorder ou non sur des résolutions de droit de vote » constate Anne-Laure
précises. Nous rencontrons environ Frischlander, directrice générale France n’est pas clairement définie, ce qui in-
16.000 sociétés par an et l’engagement de BNY Mellon IM. cite à la prudence. » Les conditions de
se concrétise à l’occasion de toutes les la représentation aux assemblées gé-
réunions que nous avons avec elles pen- Le positionnement des institutionnels nérales par les gérants d’actifs de leurs
dant l’année, au cours desquelles nous en question clients investisseurs ne sont donc pas
passons notamment en revue tous leurs Afin de gagner en capacité d’influence, encore clairement établies. « Il est vrai
enjeux sectoriels  tant sur le plan finan- les investisseurs forment de plus en plus que nous manquons d’informations sur
cier que non-financier », décrit Vincent souvent des alliances pour mener des les priorités de vote des porteurs d’ETF,
Durel, gérant de portefeuille, actions eu- campagnes. « Nous avons une longue observe François Millet, head of strategy,
ropéennes, chez Fidelity International. expérience du vote et de l’engagement ESG and innovation, de Lyxor ETF. Des
Dans cette perspective, les analystes actionnarial pour le compte d’investis- enquêtes à ce sujet pourraient apporter
ESG sont amenés à intervenir lors de ces seurs institutionnels. Et depuis de nom- des enseignements intéressants et en
rencontres. « Ces démarches font partie breuses années, nous avons recours à parallèle, former les investisseurs sur ces
intégrante des processus de gestion, la plateforme dédiée des PRI, qui permet problématiques serait utile. » Le sujet est
aussi les spécialistes de l’engagement à plusieurs investisseurs (institutionnels d’autant plus complexe que les investis-
rencontrent régulièrement les entre- et sociétés de gestion) de s’allier pour seurs et les gérants peuvent ne pas tous
prises, soit avec les analystes, soit dans peser dans les discussions avec une partager les mêmes convictions. « Nous
le cadre d’actions spécifiques » relève Ni- entreprise » relate Nicolas Bénéton. La observons parfois certaines divergences

6
entre les souhaits des investisseurs re- Plus des deux tiers des sociétés de gestion françaises
présentés par une même société de dialoguent avec les entreprises
gestion. En conséquence, nous faisons

Source : AFG « Exercice des droits de vote par les sociétés


Modalités de dialogue en matière de gouvernance avec les émetteurs
en sorte d’imposer à tous les gérants de (plusieurs réponses possibles)
En % des SGP Dont SGP >
notre maison une politique de vote com- de l’échantillon à 100 assemblées
mune sur une résolution donnée, tout en Selon une règle 20 % 30 %
l’associant à une vraie stratégie d’enga- Au cas par cas 59 % 78 %
gement », précise Vincent Durel. Pas de dialogue 29 % 7%

de gestion en 2018 » (mai 2019)


Au moins un critère positif 71 % 93 %
Les grands gérants anglo-saxons Les gérants s’opposent fréquemment
plus présents
Assemblées où au moins un vote d’opposition a été exprimé
L’un des phénomènes récents est d’ail-
En pourcentage de Nationalité des émetteurs Tous
leurs l’intervention plus fréquente des l’ensemble Europe émetteurs
gestionnaires anglo-saxons. « Pour des assemblées France (hors France) Hors Europe confondus
Moyenne toutes SGP 80 % 71 % 69 % 73 %
mettre en œuvre une stratégie d’enga-
gement efficace aujourd’hui, il faut une
En termes de thématiques, le sujet de ponsable et l’objectif de faire évoluer,
taille significative. Or, les grosses so-
la rémunération des dirigeants cristallise grâce au dialogue, les pratiques des
ciétés de gestion américaines – entre entreprises », juge Nicolas Bénéton.
bien souvent les oppositions. « Nous
autres – sont présentes dans ce do- Un constat qui implique d’avoir une
avons une politique extrêmement stricte
maine, ce qui est une bonne nouvelle politique d’engagement exigeante au
en matière de rémunération des diri-
pour tous les acteurs de l’ESG. C’est titre de l’ensemble de ses portefeuilles.
geants d’entreprises. En conséquence,
parce que nous avons un intérêt éco-
lors des assemblées générales aux-
nomique significatif dans certaines en- Les gérants et analystes spécialisés
quelles nous participons, nous votons
treprises que nous pouvons les faire ont ainsi un rôle à jouer, auprès des
contre les résolutions concernant les
évoluer, être convaincants », observe entreprises, d’interlocuteurs légitimes
rémunérations dans environ 27 % des
Vincent Durel. « Si, en complément sur leurs enjeux de développement
cas », indique ainsi Vincent Durel.
de nos interventions, nous pouvons durable. « Dans ce contexte, la ges-
avoir le soutien des grands gérants an- Détenir les titres pour peser tion active a vraiment de la pertinence,
glo-saxons, nous pourrons gagner en La combinaison de l’engagement ac- car elle donne aux gérants la vocation
efficacité », se félicite Nicolas Bénéton. tionnarial et d’une stratégie d’investis- d’accompagner les entreprises, d’ap-
sement responsable peut cependant porter une valeur ajoutée et donc de
Dans un contexte de montée en puis- jouer un rôle d’actionnaire respon-
être confrontée à une difficulté  : la
sance des acteurs de la gestion passive, sable, estime Vincent Durel. Un gérant
nécessité, pour influer sur la politique
la question de leur démarche en tant de portefeuille spécialiste du dévelop-
d’une entreprise que l’on conteste, de
qu’actionnaire se pose nécessairement. pement durable doit en effet avoir une
posséder ses titres. « Ce constat met
Aussi, des politiques de vote sont élabo- approche bienveillante d’accompa-
en exergue un potentiel paradoxe pour
rées et surtout les gérants exercent ac- gnement des entreprises dans la du-
l’investisseur institutionnel, qui veut
tivement leurs droits de vote. « Il ne faut montrer qu’il pratique l’engagement, rée, même s’il doit savoir s’exprimer
pas imaginer que les gérants passifs ne qu’il dialogue avec les entreprises, lorsqu’il considère que l’une d’elles
votent pas et n’ont pas d’équipes ISR. mais peut ne pas souhaiter détenir en ne fait pas suffisamment d’effort. » Et
Nous votons car nous détenons bien les portefeuille certains titres. Or, si on veut ceci au profit in fine d’une améliora-
actions qui composent nos indices de pouvoir mener un dialogue efficace tion de leurs performances : « Avec
références ESG ou non. Nous avons une avec le management d’une société, il une durée de détention moyenne des
politique de vote et nous publions des faut détenir ses titres. On ne peut pas titres de plus de quatre ans dans cer-
r̒ eportings̓ sur nos campagnes de vote. rester à l’écart et attendre des parties tains de nos portefeuilles, il est dans
Nos taux d’opposition aux résolutions prenantes qu’elles dialoguent avec l’intérêt de nos clients que nous en-
sont en ligne avec ceux de notre sec- les entreprises concernées. Quel in- couragions un comportement durable
teur : nous avons ainsi voté contre une vestisseur ISR par exemple acceptera à long terme des entreprises dans les-
des résolutions dans 77 % des assem- d’avoir en portefeuille les plus grandes quelles nous investissons. Ces efforts
blées auxquelles nous avons participé, compagnies pétrolières ? Pour chan- se traduiront par de meilleurs résul-
lors de la dernière campagne, et contre ger les choses, il faut pourtant en avoir. tats et donc de meilleurs rendements
22 % du total des résolutions qui sont Il y a un équilibre à trouver entre les pour les investisseurs », observe An-
présentées », détaille François Millet. contraintes de l’investissement res- ne-Laure Frischlander.

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ESG : ENVIRONNEMENT, SOCIAL, GOUVERNANCE

LES PORTES DU MARCHÉ tés de gestion, de compagnies d’as-


surance qui souhaitent être à 100  %
DE L’ÉPARGNE S’OUVRENT ENFIN ESG dans 6 à 18 mois. La généralisa-

S
tion de l’offre ESG est à venir », anti-
timulé par de nouvelles incita- travail de fond de renouvellement des cipe Anne-Laure Frischlander.
tions réglementaires, l’investis- gammes en faveur d’une offre ESG,
sement responsable (IR) est à qui restait jusqu’à présent assez limi- Dans cette perspective, les sociétés
l’aube de son décollage sur le mar- tée », observe Anne-Laure Frischlan- de gestion doivent construire des
ché de l’épargne. Historiquement, der, directrice générale France de BNY offres qui répondent à ces nouvelles
le concept de l’ESG est resté plutôt Mellon IM. attentes. « Les gestions thématiques
cantonné au marché institutionnel : sont plus parlantes pour ces épar-
seuls 5 % des français se sont vu Un problème d’offre gnants que des stratégies fondées
proposer des produits ISR par leur et non de demande sur les notations des agences. Les
établissement financier, selon une en- Les gestionnaires d’actifs regrettent particuliers s’intéressent même à des
quête VigeoEiris, FIR (« Les Français en effet la faiblesse de la promotion problématiques qui leur paraissent
et la finance responsable »). Mais cela des produits ESG par les distribu- éloignées de leur univers, géogra-
va devenir, à l’avenir, une obligation. teurs. « Je suis convaincu que la dif- phiquement ou du point de vue tem-
La loi Pacte prévoit en effet que tous ficulté, quels que soient les canaux porel, telle l’augmentation des tem-
les contrats d’assurance-vie multi- de distribution, est liée à un problème pératures à un horizon de plusieurs
supports devront présenter, dès le d’offre et non de demande. La de- dizaines d’années. D’autre part, ils
1er janvier 2020, au moins une unité mande sous-jacente, potentielle, est sont plus sensibles à des sujets plus
de compte IR (solidaire, labellisée ISR énorme. Les acteurs qui poussent concrets, comme l’égalité dans l’en-
ou labellisée Greenfin, ex-TEEC). En leurs offres dans ce domaine ces der- treprise entre hommes et femmes
parallèle, au niveau européen, la Com- nières années rencontrent d’ailleurs ou la thématique de l’eau » observe
mission souhaite, à travers son Plan un grand succès commercial » estime François Millet, head of strategy,
d’actions pour la finance durable, une Nicolas Bénéton, sustainable invest- ESG and innovation, de Lyxor AM.
modification des directives mif et Dis- ment specialist chez Robeco SAM. De même, pour Nicolas Bénéton,
tribution d’assurances, afin de prendre Outre les incitations réglementaires, la précision de l’information délivrée
obligatoirement en compte la sensibili- les gérants misent aussi sur la plus aux investisseurs privés est clé pour
té des épargnants au développement forte appétence pour l’investissement les faire franchir le pas : « Le ̒best in
durable. « La plus grande révolution responsable des nouvelles généra- class̓ n’a pas trouvé sa place pour
qui est en train de s’opérer, c’est la ré- tions. « Nous avons deux mouve- le retail. Il était source de contro-
glementation de l’épargne, avec la loi ments concomitants, l’un ̒top down̓, verses et donnait des portefeuilles
Pacte, qui intègre les labels ESG dans réglementaire, et l’autre qui vient de extrêmement hétérogènes et sans
les contrats d’assurance-vie en unités l’épargnant futur qui s’intéresse de politique d’investissement claire car
de compte. Nous sommes au début plus en plus à l’ESG. Nous sommes sans objectifs, juge-t-il. La clientèle
d’un profond mouvement, que ce soit encore aux prémices d’un nouveau de distribution est très attentive aux
sur l’épargne salariale, l’épargne re- marché, les flux ne sont pas encore exclusions. Aussi, il faut être clair sur
traite, ou dans l’offre des compagnies importants, mais il y a des annonces ce que nous ne faisons pas, ce que
d’assurance. Il va se traduire par un marquantes de banques, de socié- nous excluons, que ce soit en termes
sectoriel, normatif ou de politique
Plus des deux tiers des français n’ont « jamais entendu parler » d’ISR de controverses, et sur l’impact que
Source : Enquête “Les Français et la finance

nous allons générer (empreinte car-


Total
bone, nombre de personnes à qui
responsable”, VigeoEiris, FIR, Sept 18

« connaît »
17 %
Le financement participatif / 22 % on a pu donner accès à l’eau…). Ce
Crowdfunding 5% 42 % 36 %
sont les points sur lesquels il faudra
L’épargne solidaire 13 % 2% 45% 42 % travailler pour convaincre la clientèle
L’investissement 8%
11 %
68 %
de distribution. »
socialement responsable 2% 24%
Seuls 5 % 6%
se sont vus proposer Fournir des indicateurs pertinents
Je connais très bien Je connais
de tels produits par
leur établissement financier
J’en ai entendu parler Jamais entendu parler L’enjeu est de réussir à combiner la
mise en œuvre de convictions spéci-

8
fiques des particuliers en matière de auront besoin de repères. «  Il faut sure, en Allemagne et dans les pays
développement durable avec une avoir une offre très bien articulée, sur nordiques, tandis que le Luxembourg
politique d’investissement leur as- des produits spécifiques et labellisés. a élaboré un label assez comparable
surant la constitution d’une épargne Il y a de la place pour tous les types au label ISR français, mais c’est en
sur le long terme. « Les jeunes gé- d’approches, de la gestion active ou France qu’ils ont le plus d’influence,
nérations souhaitent donner un sens passive, des fonds ESG thématiques détaille François Millet, head of strate-
à leur épargne, tout en recherchant ou plus généralistes, des approches gy, ESG and innovation de Lyxor AM.
de bonnes performances, juge de type ̒best in class̓, ̒best in universe̓, Il faut distinguer les labels qui super-
Vincent Durel, gérant de portefeuille, ̒best effort̓. » Mais chaque fonds doit
visent les ̒process̓, la transparence,
actions européennes chez Fidelity être construit avec un ̒process̓ dis-
les ̒reportings̓, comme le label ISR
International. Dans cette perspec- cipliné et les labels permettent une
du ministère de l’Économie et des
tive, les gérants doivent leur assu- clarification, car un engagement est
rer des objectifs de performance, pris. Pour gagner en crédibilité, il est Finances, qui couvre obligatoirement
une philosophie d’investissement primordial que ce marché soit bien les trois facteurs E, S et G, des labels
claire et transparente et publier des encadré », ajoute Vincent Durel. Si plus ciblés mais qui tranchent aussi
indicateurs pertinents qui illustrent l’instauration de labels, dans la pers- sur le fond et qui regardent la straté-
l’apport sociétal des investisse- pective de la montée en puissance gie, comme le label Greenfin du mi-
ments réalisés  : il y a un besoin de des offres ESG sur le marché de la nistère de la Transition énergétique et
pédagogie et de communication.  » distribution, est une tendance eu- écologique. » A terme, un label euro-
L’émergence des labels est ainsi très ropéenne, la France a pris une lon- péen est attendu. Il s’appuiera sur les
favorablement accueillie car, face à la gueur d’avance. « Les labels ont pris conclusions du projet de taxonomie
grande diversité des stratégies ESG, de l’importance en Autriche et en des activités durables de la Commis-
les distributeurs et les clients finaux Belgique, et, dans une moindre me- sion européenne.

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Nicolas BÉNÉTON, responsable investissement durable chez Robeco
Nicolas Bénéton, CFA, Spécialiste de l’Investissement Durable. Porte-parole de l’ensemble
des expertises du Groupe Robeco en matière de gestion durable, il accompagne le
développement de notre gamme auprès des investisseurs français. Nicolas Bénéton était
précédemment Consultant en gestion de fonds ISR. De 2008 à 2011 il a été en charge de la
notation de fonds et de sociétés de gestion pour Fitch Ratings. De 2004 à 2008, analyste de
Fonds chez BNP Paribas Asset Management, il opérait également au sein du département
d’ingénierie du reporting et des performances de BNP Paribas Securities Services. Nicolas
Bénéton est titulaire de la certification Chartered Financial Analyst et d’un Master 2 en
Techniques Financières & Bancaires de l’Université Paris II Panthéon-Assas.
Vincent DUREL, gérant de portefeuille, actions européennes chez Fidelity International
Vincent Durel est un gérant d’actions européennes et un membre clé de l’équipe de gestion
dédiée à l’investissement durable chez Fidelity International. Il a plus de 20 années d’expérience
en gestion d’actifs. Vincent Durel a rejoint Fidelity en 2004 en tant qu’analyste financier sur
les actions françaises, avant de devenir gérant de portefeuille sur les actions européennes en
2006. Avant Fidelity, il a travaillé en tant qu’analyste en recherche actions entre 1997 et 2004
chez Jefferies, puis chez Kepler-Cheuvreux. M. Durel est titulaire d’un master de l’université
Paris Assas depuis 1997 et diplômé de la Société française des analystes financiers (SFAF).

Anne-Laure FRISCHLANDER, d
 irectrice générale France chez BNY Mellon IM
Anne-Laure Frischlander-Jacobson est directrice générale de BNY Mellon Investment
Management pour la France, la Belgique et le Luxembourg et a plus de 20 ans d’expérience
du développement commercial et de la relation clientèle dans le secteur de la gestion d’actifs.
Elle a rejoint BNY Mellon en janvier 2005 (Londres, UK) depuis HSBC Private Bank (France) où
elle était responsable commerciale au sein du département des investisseurs institutionnels et
professionnels. Anne-Laure a commencé sa carrière comme gérant de fortune, auprès d’un
conseiller financier indépendant. Elle est titulaire d’un master d’économie et management
de l’université Paris-Sorbonne ainsi que du investment management certificate de la United
Kingdom Society of investment professionals (UKSIP).
François MILLET, responsable de la stratégie, ESG et innovation chez Lyxor Asset Management
François Millet supervise la stratégie produits de Lyxor sur les ETF et les solutions indicielles
à l’échelon global. Il a la responsabilité de la conception et du développement de la gamme
des ETF ESG. Il a rejoint Lyxor en 2009 après avoir occupé les fonctions de directeur des
fonds indiciels et ETF pour SGAM AI, où il a développé à compter de 2004, l’activité de
fonds passifs, ETF et produits indiciels optimisés et alternatifs. En 2005, il a lancé la première
gamme d’ETF structurés en Europe. Avant cela, il a travaillé pendant 14 ans chez SG CIB,
au sein de l’activité Equity Capital Markets.
François Millet est titulaire de troisièmes cycles en Monnaie & Finance des universités
de La Sorbonne et d’Assas (Paris).
Cédric FOUCHÉ, directeur financier délégué chez Agrica Épargne
Cédric Fouché, 41 ans, obtient en 2001 un DESS d’analyse financière à l’Université Lille II, un
MBA Finance à l’Université Laval (Canada) en 2002, puis le diplôme de la SFAF en 2011. En
2003, Il débute en tant qu’ingénieur financier au sein du groupe Experia. En 2005, il devient
inspecteur commercial à l’Union Financière George V, puis rejoint l’AMF pour contrôler les
prospectus des fonds. Il rejoint La Mondiale Gestion d’Actifs en 2006 comme analyste OPCVM
et devient multigérant en 2011. Il prend, en 2013, la responsabilité de l’allocation tactique, puis
crée le département d’ingénierie financière en 2016. Il rejoint en 2017, AGRICA ÉPARGNE,
filiale de gestion d’actifs du Groupe AGRICA, en tant que directeur financier délégué.

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LYXOR FIDELITY INTERNATIONAL
www.lyxor.com www.fidelity.fr
Lyxor Asset Management est Fidelity International propose des
un spécialiste européen de la solutions d’investissement de
gestion d’actifs, expert dans tous premier ordre et des expertises
les styles d’investissement, actif, liées à la retraite aux investisseurs
passif, alternatif. Des ETF à la institutionnels, particuliers, ainsi
multi-gestion, avec 156,9 milliards d’euros* en gestion qu’aux conseillers financiers. Les
et en conseil, Lyxor crée des solutions d’investissement clients de Fidelity International sont ainsi en mesure
innovantes pour répondre aux enjeux de long terme de la de mieux planifier leur avenir et celui des générations
gestion de l’épargne. Grâce à ses experts, à sa tradition futures. En qualité d’entreprise indépendante,
d’ingénierie et de recherche, le groupe Lyxor combine Fidelity International est empreinte d’une approche
quête de performance et gestion du risque. générationnelle et investit sur le long terme. Depuis près
(1) Lyxor Asset Management SAS est une société de de 50 ans, Fidelity International s’attache à accompagner
gestion agréée par l’Autorité des Marchés Financiers ses clients dans la planification de leur retraite et
(« AMF ») sous le numéro GP98019. à atteindre leurs objectifs financiers à long terme.
(2) Lyxor International Asset Management SAS est une Fidelity International compte 384,5 milliards d’euros
société de gestion agréée par l’Autorité des Marchés d’actifs gérés et administrés pour le compte de plus
Financiers (« AMF ») sous le numéro GP04024. de 2,4 millions de clients en Asie-Pacifique, en Europe,
* Incluant EUR 18,8 mds d’encours conseillés, équivalent au Moyen-Orient et en Amérique du Sud.
à USD 175,1 mds (incluant USD 21,0 mds d’encours
conseillés), à fin octobre 2019.

BNY MELLON ROBECO


INVESTMENT MANAGEMENT www.robeco.com/fr
www.bnymellonim.com/fr Fondé en 1929, Robeco est un
BNY Mellon Investment Management, gérant d’actifs international «
présente dans 35 pays, est l’une des pure player. » La société possède
plus grandes sociétés de gestion 17 bureaux répartis à travers le
au monde avec 1 900 milliards de monde et son siège est basé
dollars d’actifs sous gestion au à Rotterdam, aux Pays-Bas. L’intégration unique de
30 septembre 2019.  recherches fondamentales, durables et quantitatives
Le modèle de BNY Mellon Investment Management a permet à Robeco d’offrir aux investisseurs, aussi
été conçu en fonction des besoins de ses investisseurs bien institutionnels que privés, une vaste gamme de
pour offrir le meilleur des deux mondes : l’expertise stratégies actives d’investissement, couvrant un large
spécialisée de nos huit sociétés d’investissement éventail de classes d’actifs. A fin septembre 2019,
visionnaires, qui proposent des solutions couvrant les Robeco gère 199 milliards d’euros d’actifs sous gestion
principales classes d’actifs mondiales, alliée à la solidité, dont 129 milliards intégrant les critères ESG. Robeco
la gestion financière éprouvée et la présence mondiale est une filiale de ORIX Corporation Europe N.V.
de BNY Mellon. Chaque société d’investissement
dispose de ses propres culture, philosophie et processus
d’investissement, tout en faisant partie des gestionnaires
les plus renommés dans leur univers d’investissement
respectif. Aujourd’hui, les huit sociétés d’investissement
de BNY Mellon Investment Management sont Alcentra,
ARX, Dreyfus Cash Investment Strategies, Insight,
Mellon, Newton, Siguler Guff et Walter Scott.

11
FRANÇOIS VINCENT CÉDRIC ANNE-LAURE NICOLAS
MILLET DUREL FOUCHÉ FRISCHLANDER BÉNÉTON
Responsable Gérant de portefeuille, Directeur financier Directrice générale Responsable
de la stratégie, ESG actions européennes délégué France, Belgique investissement durable
et Innovation chez Fidelity chez Agrica épargne & Luxembourg chez Robeco
chez Lyxor Asset International chez BNY Mellon
Management Investment Management

L’Agence économique et financière fondée en 1911,


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