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ASSOCIATION FRANÇAISE DES TUNNELS

ET DE L’ESPACE SOUTERRAIN

Organisation nationale adhérente à l’AITES


www.aftes.asso.fr

Recommandations
de l’AFTES

Maîtrise économique &


contractualisation
GT25R3F1
RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

Maîtrise économique & contractualisation


Texte présenté par Jean-François THIBAULT (SPETSF), Andrew BOURGET (EGIS TUNNELS) Animateurs du Groupe de Travail

Ce document a été rédigé en collaboration avec :


Jérôme AUBRY (Chantiers Modernes Construction), Alain BALAN (Consultant – Ex-Inexia), Bertrand BARROIS (Soletanche-Bachy),
Eric BENTZ (SCOR), Charles BERNET (KLB Groupe pour RFF), Dominique BESSEMOULIN (Soletanche-Bachy), Nanni BIANCHI (EG Team),
Laurent CHANTRON (BG), Pascal CHIGANNE (Urbaine), Alain CUCCARONI (RFF), Jean-Claude DAUMARIE (Inexia), Jacques DEBRIL LOISEAU (Bouygues),
Sabrina DE ALMEIDA-FANTIN (Spie Batignolles), Benoît DESCOURVIERES (RFF RAA), Frédéric DUBOST (Bec), Rodolphe GUYON (Sytral),
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

Gilles HAMAIDE (CETu), Thierry HUYGHUES-BEAUFOND (Ste Grand Paris), Pierre JULLIEN (Systra), Michel LALLEMENT (Razel), Vincent LEGRAND (Egis Rail),
Guy MALBRANCKE (SEMTCAR), Julien MOLAS (Molas & Associés), Rodolphe MUNIER (Grand Lyon), Nathalie MONIN (BG), Gilles PARADIS (SNCF),
Jean-Luc PERRIOLLAT (EDF), Jean PIRAUD (ANTEA), Michel PRE (Setec TPI), Florent ROBERT (CETu), Michel ROIGNOT (Sytral), Annie ROUDET (RFF),
Marco RUSSO (Icaruss), Hervé THIEBAUT (Setec TPI), Hubert TOURNERY (Egis Tunnels), Pierre VEYRON (Setec TPI)

Sont à remercier pour leur participation à la relecture du document :


Magali SCHIVRE (Systra), François RENAULT (Vinci Construction), Alain ROBERT (Egis Tunnels), Loïc THEVENOT (Eiffage),
Nicolas DURAME (Bouygues - Travaux Publics), Laurent CHASSAGNE (RATP)

L’A.F.T.E.S. recueillera avec intérêt toute suggestion relative à ce texte.

Sommaire
1 - Préambule 171 7.3 - Dimensionnement et évolution de la mission . . . . . . . . . 177
7.3.1 - Mission complémentaire de suivi des reconnaissances. . . . .177
2 - Introduction 171 7.3.2 - Mission complémentaire de pilotage du processus de
2.1 - Objet. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171 management du risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .177
2.2 - Domaine d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171 7.3.3 - Passation du marché travaux (ACT) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .177
2.3 - Objectifs de la recommandation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171 7.3.4 - Étude des variantes d’entreprises. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .177
7.3.5 - Travaux (DET). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .178
3 - Concilier les attentes et les objectifs 7.4 - Incitation à l’optimisation lors de la conception . . . . . . . 178
des acteurs du projet 172 7.5 - Procédure d’attribution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
3.1 - Expression des attentes et Objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . 172 7.5.1 - Concurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .178
3.2 - Comment concilier les attentes et objectifs. . . . . . . . . . . 172 7.5.2 - Sélection du titulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .178
3.2.1 - Relations entre les acteurs et implication. . . . . . . . . . . . . . . .172 8 - Contrat de travaux 178
3.2.2 - Maîtrise économique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .172
3.2.3 - Processus de management du risque. . . . . . . . . . . . . . . . . . .172 8.1 - Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
8.2 - Documents rendus contractuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
4 - Processus de management du risque 173 8.3 - Formes de rémunération de l’Entreprise et détermination
4.1 - Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173 du délai d’execution. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
4.2 - Le Processus de Management du Risque : 8.3.1 - Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .179
un processus itératif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173 8.3.2 - Marché à prix global et forfaitaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .179
4.3 - Avant la désignation du Maître d’œuvre . . . . . . . . . . . . . 173 8.3.3 - Marché sur bordereau de prix. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .179
4.4 - Après la désignation du Maître d’œuvre . . . . . . . . . . . . . 174 8.3.4 - Marché forfaitaire avec bordereau de prix des risques . . . . .180
4.5 - Après la désignation de l’Entreprise de travaux . . . . . . . 174 8.3.5 - Marché en dépenses contrôlées à prix objectif
(« cost+fee ») . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .180
5 - Contenu de l’estimation financière 174 8.3.6 - Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .180
5.1 - Estimation du budget de l’opération . . . . . . . . . . . . . . . . 174 8.4 - Processus d’attribution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
5.2 - Périmètre des prestations pour le contrat 8.4.1 - Processus recommandé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .181
de maîtrise d’œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175 8.4.2 - Cas particulier des variantes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .181
5.3 - Périmètre des prestations pour le contrat de travaux . . . 175 8.5 - Sélection du titulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
8.6 - Gestion dynamique du contrat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
6 - Organisation de l’opération 175 8.7 - Prévention des conflits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
6.1 - Formes contractuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
6.2 - Organisation interne du Maître de l’ouvrage . . . . . . . . . . 176
9 - Autres formes de contrats de travaux 182
6.3 - Définition du Programme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176 9.1 - Conception réalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
6.4 - Expert/conseil du Maître de l’ouvrage . . . . . . . . . . . . . . . 176 9.1.1 - Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .182
6.5 - Assurances. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176 9.1.2 - Points de vigilance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .182
9.1.3 - Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .183
7 - Contrat de maîtrise d’œuvre 177 9.2 - Consultation anticipée des Entreprises . . . . . . . . . . . . . . 183
7.1 - Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177 9.3 - Cas particuliers : Partenariat Public/Privé -
7.2 - Contenu de la mission . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177 Délégation de Service Public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183

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RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1
Les spécificités du contexte réglementaire français (Code des marchés publics, loi MOP, etc) sont prégnantes dans la version de la recommandation
du GT25 publiée ici. Une version compatible avec le référentiel international est en cours de préparation et sera diffusée prochainement en anglais.

1 - Préambule

Le Groupe de Travail 25 de l’AFTES a émis en 2007 une première recom- des opérations (Maître de l’ouvrage, Maître d’œuvre, Entreprise et Assureurs)
mandation sur le thème « Contractualisation & optimum économique ». leur indépendance d’expression sur leurs objectifs et leurs attentes (cités en
Annexe 1) afin d’établir l’état des lieux de la situation des acteurs, et d’en faire
Prenant acte à la fois du fort développement de nouvelles formes contrac- la synthèse (chapitre 3). Sont ensuite évoquées les dispositions générales
tuelles, de démarches novatrices mises en œuvre par certains Maîtres de propres à une opération de travaux souterrains, concernant le processus de
l’ouvrage, afin de mieux maîtriser le coût de leurs ouvrages, et des craintes Management du Risque (chapitre 4), la structuration des estimations (cha-
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que les risques spécifiques inhérents aux ouvrages souterrains continuent pitre 5) et l’organisation de l’opération et du Maître de l’ouvrage (chapitre 6).
de susciter auprès des promoteurs, le Groupe de Travail 25 a été reconsti- Sont ensuite abordées les précautions à intégrer dans les contrats de maîtrise
tué afin de proposer une mise à jour de sa recommandation. d’œuvre et de travaux dans un contexte d’une séparation entre la concep-
tion et la réalisation (chapitres 7 et 8, respectivement) puis les dispositions
La démarche du Groupe de Travail a été de laisser aux principaux acteurs propres aux contrats de construction intégrant la conception (chapitre 9).

2 - Introduction

2.1 - Objet ronnementale et sociale des projets d’infrastructures et d’aménagement des


espaces urbains.
L’objet de cette recommandation est de traiter de l’organisation générale et Ils sont en contrepartie des ouvrages coûteux, souvent longs à construire et
de la gestion contractuelle d’opérations de construction d’espaces souter- représentent donc un enjeu financier toujours très important pour les Maîtres
rains dont le succès réside dans la bonne maîtrise des risques pouvant être de l’ouvrage, ce qui rend impératif la maîtrise des risques qui y sont par na-
élevés par rapport à la valeur de l’ouvrage. ture associés :
Dès lors la maîtrise des coûts repose principalement sur le niveau du risque - Risque de dérive des coûts par ailleurs déjà naturellement élevés s’agis-
au moment de contractualiser les travaux et de la gestion des risques entre sant d’ouvrages souterrains, pouvant remettre en cause l’équilibre finan-
les différents acteurs Maîtres de l’ouvrage, Maîtres d’œuvre, Entreprises et cier de l’opération.
Assureurs, c’est-à-dire de leur identification, de leur traitement, de leur af- - Risque de non maîtrise des délais de construction pouvant, outre la re-
fectation et de leur prise en charge en termes de coût et de délai. mise en cause des objectifs de mise en service des infrastructures, géné-
A cette fin l’agencement pertinent des dispositions prévues par les textes rer des pertes d’exploitation et remettre en cause l’équilibre économique
en vigueur associé à la mise en œuvre des recommandations AFTES est à des contrats de travaux.
la base de la maîtrise des coûts de réalisation dans les diverses situations Ainsi, par manque d’anticipation, la manifestation des risques peut entraî-
pouvant être rencontrées par un Maître de l’ouvrage. ner de lourdes difficultés pour les différents acteurs du financement, de la
conception, de la construction, et de l’exploitation des infrastructures souter-
2.2 - Domaine d’application raines. La non-maîtrise de ces risques et l’ampleur de leurs conséquences
sont un frein important au développement du secteur des espaces souterrains
Cette recommandation a vocation à s’appliquer à l’ensemble des opérations La recommandation a donc comme objectif de proposer aux Maîtres
de conception du génie civil et de construction d’ouvrages souterrains neufs de l’ouvrage des dispositions spécifiques à chaque étape de leurs opé-
sous maîtrise d’ouvrage, publique ou privée, compte tenu des impératifs légis- rations, adaptées aux risques auxquels leur projet est exposé, permet-
latifs et réglementaires français et tout au long de l’opération. tant d’obtenir un niveau de fiabilité économique et de s’assurer d’une
La phase Etudes Préliminaires (EP), telle que définie par la loi MOP, n’est pas trai- forte implication de tous les acteurs, à travers des contrats de maîtrise
tée par la présente recommandation. Toutefois les documents à prévoir à l’issue d’œuvre et de travaux équilibrés, transparents et anticipant les disposi-
de l’EP sont décrits en tant que cadre de référence pour les études d’Avant-Projet. tions prises lorsque les risques se matérialisent.
Ce document a l’ambition de servir de support dans des actions de commu-
2.3 - Objectifs de la recommandation nication qui seront développées à l’intention des Maîtres de l’ouvrage. En
effet, chaque projet suscite des problématiques particulières qu’un échange
Les ouvrages souterrains sont de plus en plus souvent la réponse adéquate de vues peut traiter de manière beaucoup plus satisfaisante qu’un texte de
vis-à-vis du manque d’espace disponible en surface et/ou d’intégration envi- portée évidemment générale.

* Notamment sur l’analyse technique des risques géologiques, hydrogéologique & géotechniques (GT32R1F2) et des avoisinants (GT16R1F1).

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RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

3 - Concilier les attentes et les objectifs des acteurs du projet

3.1 - Expression des attentes et objectifs de tous les acteurs. Celle-ci s’obtiendra d’autant mieux que des conditions
favorables seront réunies dans le processus contractuel :
Les attentes et objectifs ont été exprimés indépendamment dans le cadre de - Comme l’implication n’est rien sans la compétence, une sélection des
sous-groupes de travail composés de représentants de Maîtres de l’ouvrage acteurs qui ne soit pas fondée uniquement sur des critères économiques
(25.1), de Maîtres d’œuvre (25.2), d’Entreprises (25.3) et d’Assureurs repris mais qui laisse une place prépondérante à l’expérience récente en condi-
in extenso en Annexe 1. tions similaires et à la qualité des moyens ou des techniques proposés.
Les attentes et objectifs exprimés traduisent la dissymétrie des positions oc- - Des délais suffisants qui soient laissés aux différents acteurs pour les
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cupées par les principaux acteurs par rapport à l’opération : réponses aux appels d’offres.
- Le Maître de l’ouvrage porte le projet, se place en garant vis-à-vis de la - Une incitation permanente à l’amélioration du projet dont la contribution
collectivité et en sera in fine le bénéficiaire, mais il est généralement non active au processus de management du risque et la présentation de
sachant sur sa conception et sa construction. variantes techniques peuvent être les moyens.
- Maître d’œuvre, Entreprise et éventuellement Assureur qui sont en principe Le Maître de l’ouvrage se doit de mettre en œuvre dès l’origine de son
experts, ont vis-à-vis du projet un intérêt principalement économique. opération :
La connaissance imparfaite du milieu dans lequel sont réalisés les travaux - une organisation claire de son fonctionnement propre et des inter-
souterrains exacerbe cette situation. faces entre les acteurs,
- une définition précise des exigences fonctionnelles de son projet.

3.2.2 - Maîtrise économique

Au-delà de la garantie de la qualité du projet, remplir l’objectif de


maîtrise économique du Maître de l’ouvrage de veiller à l’absence de
dérive financière et à la maîtrise des délais, suppose :
- des estimations préalables rigoureuses dont la précision
dépendra du stade des études auquel elles auront été établies,
qui seront liées au programme fonctionnel et qui intègreront
explicitement les trois composantes du coût qui sont l’estimation
technique de l’ouvrage, l’estimation des risques résiduels à ce
stade et la provision pour imprévus,
- d e prévoir un outil de pilotage du coût à terminaison et du délai
Figure 1 - Attentes et objectifs des acteurs.
final partagé entre les acteurs.
3.2 - Comment concilier les attentes et objectifs
3.2.3 - Processus de management du risque
La synthèse exposée ci-après restitue une vision partagée conciliant les
objectifs et les attentes des parties aux contrats dans le domaine spécifique Pour répondre aux attentes formulées par les différents acteurs face à la
des travaux souterrains. prépondérance du risque qui caractérise les projets d’ouvrages souterrains,
La recommandation a pour ambition de traduire cette vision partagée dans cette recommandation préconise comme l’outil le plus adapté au pilotage
la contractualisation des relations entre les différents acteurs : Maître de de leur réalisation le processus de management du risque mis en œuvre
l’ouvrage, Maître d’œuvre et Entreprise. dès la genèse du projet.
Le Maître de l’ouvrage qui détient le pouvoir économique reste le seul dé- Si le recours à l’Assureur procure au Maître de l’ouvrage un complément de
cisionnaire de l’organisation contractuelle de son opération et c’est donc à maîtrise de son opération, les principes qui régissent l’assurance (existence
lui en priorité que s’adresse cette recommandation. Pour autant elle vise à d’un dommage et caractère aléatoire) font que le recours à l’Assureur ne
obtenir l’adhésion de tous les acteurs sur les principes régissant la contrac- saurait se substituer à l’analyse et au traitement des risques.
tualisation de leur relation avec le Maître de l’ouvrage. Il conviendra donc que les contrats établis entre le Maître de l’ouvrage et son
Maître d’œuvre, puis avec l’Entreprise et l’Assureur définissent de manière
3.2.1 - Relations entre les acteurs et implication explicite :
- le périmètre de l’ouvrage prévu et les conditions de rémunération de sa
Cette situation particulière où le niveau de risque d’un ouvrage souterrain réalisation,
sera généralement supérieur à celui d’un ouvrage classique amène les - la définition et l’attribution des risques et la rémunération de leur trai-
Maîtres de l’ouvrage à exprimer la nécessité d’une implication maximale tement,

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RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

- et ainsi, en complément, la couverture des imprévus par l’Assureur. tés dans le périmètre où sa compétence s’exerce et l’ambigüité, obstacle
Ainsi chaque acteur sera à même d’assumer pleinement ses responsabili- essentiel au bon déroulement d’un projet, sera éliminée.

4 - Processus de management du risque


Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

4.1- Préambule

La norme NF ISO 31000 définit le risque comme « l’effet de l’incertitude


sur l’atteinte des objectifs » et l’exprime par la combinaison des consé-
quences d’un évènement et de sa vraisemblance.
Une opération se trouve exposée à des risques de toute nature : po-
litique, réglementaire, foncier, environnemental, organisationnel, tech-
nique, etc. qu’une analyse menée a priori doit permettre d’identifier et
de gérer.
Elle est également exposée à des imprévus qui, par définition, ne
peuvent être appréciés que de manière très approximative et globale.
Il est recommandé de mettre en œuvre une démarche organisée de
prise en considération objective des risques identifiés tout au long du
déroulement de l’opération et qui ne se limite pas aux seuls risques
techniques.

4.2 - Le processus de management du risque : *(1) La recherche de mesures de traitement peut conduire à la nécessité de reconnaissances
complémentaires qui amélioreront le bilan des connaissances pour préciser le niveau de risque,
un processus itératif avant d’entreprendre des mesures de traitement pouvant être lourdes de conséquences.

Figure 2 - Logigramme du management du risque.


Un Processus de Management du Risque (cf. Annexe III.3.a) doit être mis
en œuvre dès le début de l’opération, jusqu’à l’achèvement des travaux.
Ce processus, qui se veut dynamique au fur et à mesure de l’avancement 4.3 - Avant la désignation du Maître d’œuvre
des études, doit être intégré dans les contrats que ce soit en conception
non aboutie (contrat de maîtrise d’œuvre ou conception-réalisation) ou en Ce processus itératif doit être mis en œuvre par le Maître de l’ouvrage et ses
conception aboutie (contrat de travaux). assistants dès le début de l’opération. La tenue d’un registre des risques
Au démarrage de l’opération, lors des études préliminaires, le management récapitule, à chaque itération, tous les risques identifiés, les responsabilités
du risque est avant tout un outil permettant d’orienter les premières cam- (c’est-à-dire qui est en charge de leur évaluation, leur traitement, etc.), le ni-
pagnes de reconnaissances. A ce stade, le plus souvent, l’information est veau de risque, et les mesures de traitement associées ainsi que les risques
très pauvre et le contenu de l’analyse des risques initiale est sensiblement résiduels demeurant à l’issue de l’itération considérée.
modifié dès que parviennent les résultats des premières reconnaissances. L’étude de faisabilité de l’ouvrage telle que préconisée par le CETU (cf. An-
Il faut souligner en effet qu’une étude de risques n’a de réelle valeur que si nexe III) répond à cette attente. Elle permet de fournir une évaluation du
elle s’appuie sur un niveau de connaissance minimum du contexte du projet. niveau de risque, et d’indiquer, dès les études préliminaires, le traitement
Aussi à l’exception de certains contextes, où la géologie et l’état des envisagé pour les risques évalué comme trop élevés dès les études prélimi-
avoisinants sont déjà bien reconnus par ailleurs, il convient d’être très naires (EP). Le Maître de l’ouvrage dispose dès lors d’une première version
réservé sur les études de risques faites avec peu de reconnaissances : du registre des risques, avec le programme de traitement des risques affé-
elles sont souvent très éloignées de la réalité. Il faut proscrire toute rents. Le Maître de l’ouvrage doit se prononcer sur l’acceptabilité du niveau
pratique tendant à substituer une analyse des risques à des recon- de risque. Le projet peut être remis en cause, ou la sélection d’un Maître
naissances adaptées. d’œuvre pour la phase AVP reportée, si le niveau de risque est trop élevé ou
Le schéma ci-contre représente le processus itératif qui permet, à un stade si le degré de fiabilité de l’appréciation du risque trop faible.
donné de l’opération avec une connaissance des risques formalisée dans un Cela permet au Maître de l’ouvrage d’évaluer le niveau de risque de son
registre des risques, de passer au stade suivant. opération avant contractualisation avec un Maître d’œuvre.

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RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

Lors de la contractualisation avec un Maître d’œuvre, le Maître de l’ou- Le traitement du risque est mis en œuvre par le Maître d’œuvre mais reste à
vrage doit prévoir dans sa consultation de demander aux candidats de la charge du Maître de l’ouvrage.
se prononcer sur le registre des risques, et si possible de prévoir un Au cours des études, le Maître d’œuvre met à jour le registre des risques
échange avec les candidats sur ce point en particulier (cf chapitre 7). ainsi que le programme de traitement des risques. Le registre des risques
est soumis à l’acceptation du Maître de l’ouvrage à des étapes prédéfinies.
4.4 - Après la désignation du Maître d’œuvre Lors de la préparation du Dossier de Consultation des Entreprises (DCE), le
Plan de Management des Risques, tel que défini par le fascicule 69 du CCTG,
Une fois le Maître d’œuvre désigné, ce dernier doit faire vivre le Proces- sera complété par le registre des risques (cf. Annexe III.2.i)
sus de Management du Risque, et mettre à jour le registre des risques.
Les études permettant d’affiner et de compléter le registre des risques 4.5 - Apres la désignation de l’entreprise de travaux
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

doivent être vues par le Maître de l’ouvrage comme un investissement utile,


car elles permettront de réduire les incertitudes quant aux délais et aux Pour des opérations complexes où l’évaluation des risques reste élevée, il
coûts de réalisation de l’ouvrage. Ces études doivent disposer du budget et est recommandé que le Plan de Management des Risques fasse l’objet, pen-
du temps nécessaires pour être pertinentes. dant la phase de consultation des entreprises, d’un échange avec les entre-
Le traitement du risque est destiné à modifier le risque, ce qui englobe : prises candidates et donc de choisir les procédures de mise en concurrence
- Le refus du risque : le Maître de l’ouvrage décide de ne pas poursuivre en conséquences (cf. chapitre 8).
l’étude du projet considéré. Cela peut être par exemple l’abandon d’une En cas d’occurrence de l’évènement redouté associé à un risque identifié, le
solution. Plan de Management des Risques doit prévoir les dispositions contractuelles
- L’élimination de la source du risque, en modifiant, par exemple, la géo- qui s’appliquent (dispositions techniques, rémunération et droit à délais,
métrie du projet. procédures de résolution, …).
- La réduction de la vraisemblance du risque. Les différentes recommandations pour intégrer le Processus de Manage-
- La réduction des conséquences, en adaptant par exemple les méthodes ment du Risque aux contrats de maitrise d’œuvre et de travaux sont déve-
de creusement. loppées dans les chapitres 7 et 8.

5 - Contenu de l’estimation financière

5.1 - Estimation du budget de l’opération - avant le lancement de la procédure de passation du ou des contrats de
travaux, l’estimation du CPT doit être définitive.
La maîtrise des coûts passe par la maîtrise du projet, impossible sans une Le CPT doit comprendre toutes les prestations nécessaires aux travaux pour
maturité minimale de ce projet. Des études et investigations adaptées sont l’exécution complète de l’ouvrage. Au stade des études, cette évaluation doit
nécessaires pour obtenir une vision suffisamment claire des difficultés pou- donc présenter distinctement :
vant être rencontrées. Ce niveau d’étude doit ainsi permettre d’apprécier - une estimation technique des travaux : c’est une évaluation réaliste et
les principales incertitudes afin d’initier l’étude de risque dès les études raisonnable des ouvrages définis à un stade d’étude donné. Elle est éta-
préliminaires, et en tout cas avant de contractualiser avec le Maître d’œuvre. blie sur la base d’une appréciation la plus probable du niveau de diffi-
L’évaluation financière qui contribue à l’établissement par le Maître de l’ou- culté de creusement du tunnel attendu en rapport avec la connaissance
vrage du budget d’opération puis qui lui permet d’en contrôler les évolutions géologique et géotechnique du site, l’état des avoisinants et des condi-
se fait par étapes successives. tions de réalisation envisagées. Cette estimation établie par le Maître
Concernant les opérations sous maitrise d’ouvrage publique, les étapes pré- d’œuvre doit faire référence à des ouvrages récents réalisés dans des
conisées par les textes sont : conditions comparables,
- au moment de l’établissement du programme, détermination par le - une estimation d’une somme à valoir (SAV) : elle couvre l’ensemble des
Maître de l’ouvrage d’une enveloppe financière prévisionnelle (EFP) imprécisions qui subsistent dans la définition des ouvrages et des coûts
comprenant distinctement une partie affectée aux travaux, unitaires, elle ne couvre pas les imprécisions liées aux incertitudes géo-
- avec l’AVP, estimation par le Maître de l’ouvrage sur proposition, de techniques et avoisinants,
la maîtrise d’œuvre, du coût prévisionnel des travaux (CPT) qui peut - une estimation d’une provision pour risques techniques : elle est établie
être définitif ou provisoire, notamment tant que les données techniques dans le cadre de l’étude des risques, elle couvre, notamment, les coûts
nécessaires ne sont pas connues ; son contour correspond à celui de la liés aux incertitudes géotechniques et sur les avoisinants.
part affectée aux travaux de l’EFP, qui tout comme le programme, doit Cette évaluation doit être réalisée par partie et par nature d’ouvrage. Il
être poursuivie pendant les études d’avant-projet (AVP), est recommandé que ces estimations soient établies en fourchette par la

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maîtrise d’œuvre. Dans un souci de transparence ces fourchettes doivent Que ce soit pour une maitrise d’ouvrage publique ou privée, l’objectif de
être présentées au Maître de l’ouvrage, mais la maîtrise d’œuvre doit faire maitrise du budget de l’opération est le même. Ainsi il est recommandé au
une proposition sur un montant situé dans la fourchette et expliquer les Maître de l’ouvrage privé de suivre les mêmes étapes que pour la maîtrise
motivations de son choix. d’ouvrage publique en veillant toutefois à l’adapter à la structure d’élabora-
L’évaluation du CPT étant déterminée en phase AVP elle est naturellement tion progressive du projet (EP, AVP, PRO, réalisation) d’une part et aux règles
attachée à un programme ; elle ne comprend donc pas de provision destinée propres à cette maitrise d’ouvrage notamment sur les processus d’élabora-
à couvrir une modification significative du programme. tion, de consultation et de passation des marchés d’autre part.
Pour déterminer un budget d’opération, à l’issue de chaque phase d’étude, il
convient que le Maître de l’ouvrage ajoute notamment à l’évaluation du coût 5.2 - Périmètre des prestations pour le contrat de
prévisionnel des travaux l’estimation des coûts pour : maîtrise d’œuvre
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

- les études et les reconnaissances,


- la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ouvrage, Le périmètre des prestations pour la contractualisation entre le Maître de
- la libération des emprises et acquisitions foncières ainsi que, la mise à l’ouvrage et la maîtrise d’œuvre doit englober l’estimation technique des
disposition de points de branchement pour l’énergie et l’eau, travaux, la somme à valoir et la provision pour risques identifiés dans l’esti-
- la provision pour risques non techniques du MOA, mation de la partie de l’EFP affectée aux travaux. Ce périmètre est la base de
- la provision pour imprévus. l’estimation provisoire et sert de référence pour l’acceptation, par le Maître
de l’ouvrage de l’estimation du CPT proposé avec l’AVP.

5.3 - Périmètre des prestations pour le


contrat de travaux

Le périmètre des prestations pour la contractualisa-


tion entre le Maître de l’ouvrage et les entreprises doit
couvrir le même périmètre que celui indiqué au 5.2.
Lorsque la contractualisation se fait sur la base d’une
conception aboutie (de niveau PRO) établi par le Maître
d’œuvre pour le compte du Maître de l’ouvrage, le
montant de la SAV est normalement réduit puisque
l’ouvrage doit être défini. Il reste en outre une esti-
mation des risques résiduels, à savoir ceux qui n’ont
pas été totalement éliminés lors de la conception,
ces risques sont destinés à être traités par le plan de
management des risques (PMR) prévu par le fascicule
69 du CCTG.
Figure 3 - Découpage budgétaire de l’opération.

6 - Organisation de l’opération

6.1 - Formes contractuelles


Transférer la maîtrise d’ouvrage :
La présente recommandation n’aborde pas les modalités de choix de la c) Contrat de Partenariat Public - Privé
forme contractuelle mais émet des recommandations en fonction de la d) Délégation de service public
forme choisie.
Les quatre formes sont : Le présent chapitre émet des recommandations propres au Maître de
Conserver la maîtrise d’ouvrage (application de la loi MOP) : l’Ouvrage quelle que soit la forme adoptée. Les chapitres 7 et 8 s’appliquent
a) Séparation entre maîtrise d’œuvre et Travaux à la forme a) laquelle est la plus commune et applicable aux entités pu-
b) Conception – réalisation bliques et privées, le chapitre 9 aborde les formes b), c) et d) respectivement.

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RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

6.2 - Organisation interne du Maître de l’ouvrage contractualisation de la maitrise d’œuvre.


Pour les opérations réalisées dans le cadre de la loi MOP ce principe est
Il est recommandé que le déroulement de l’opération soit structuré par un clairement rappelé : « En cas de modification de programme ou de presta-
programme directeur. En Annexe II figure un exemple sur lequel sont souli- tions décidées par le Maître de l’ouvrage, le contrat de maîtrise d’œuvre fait
gnées les principales étapes abordées dans la recommandation. l’objet d’un avenant qui arrête le programme modifié et le coût prévisionnel
Il est également recommandé que l’organisation de l’opération soit décrite des travaux concernés par cette modification, et adapte en conséquence la
dans une note d’organisation générale révisée en fonction de l’évolution rémunération du Maître d’œuvre et les modalités de son engagement sur le
de l’opération qui précise : coût prévisionnel. »
- l’organisation interne du Maître de l’ouvrage ainsi que les délégataires
et l’étendue de leur délégation, avec référence au plan de management 6.4 - Expert/conseil du Maître de l’ouvrage
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des risques,
- les périmètres d’intervention des Assistants à maîtrise d’ouvrage et Il est recommandé que le Maître de l’ouvrage s’adjoigne, dès l’origine de
Maîtres d’œuvre, en cas de Maîtres d’œuvre multiples, ainsi que leurs l’opération, les services d’un Conseil Technique Expérimenté en travaux
interfaces et les structures du Maître de l’ouvrage chargées de gérer souterrains, indépendant des Maîtres d’œuvre et Entreprises, chargé de
ces interfaces, Il est recommandé que les missions d’Assistance à lui fournir des avis techniques et/ou contractuels notamment en matière
maîtrise d’ouvrage soient définies par rapport à des objets précis et non d’admissibilité des risques ou en cas de différend avec ces intervenants.
pas comme des missions d’assistance générales, Cet expert peut être, soit extérieur, soit provenir de ressources internes mais
- les processus et les délais de communication et d’approbation. distinctes des services en charge de la maîtrise d’ouvrage. Cette démarche
(En référence aux préconisations de l’Instruction du Gouvernement du 29 a pour but de combler le déficit de compétence du Maître de l’ouvrage dans
avril 2014 fixant les modalités d’élaboration des opérations d’investisse- ses échanges avec les Maîtres d’œuvre ou les Entreprises. Elle s’apparente
ment et de gestion sur le réseau routier national en matière de plan qualité à des démarches similaires, comme le “second regard géotechnique” ou le
d’opération: « Chaque phase des opérations d’investissement et de gestion “contrôle extérieur de la maîtrise d’œuvre” mais ne se substitue en aucun
sur le réseau routier national donne lieu à un plan qualité de l’opération cas à la responsabilité du Maître d’œuvre.
(PQO) afin de garantir la qualité des prestations et des choix réalisés, ainsi
que la traçabilité des décisions. 6.5 - Assurances
Le PQO précise notamment :
- la formalisation des rôles et tâches respectifs, notamment pour ce qui La décision de couvrir ou pas une opération par une assurance spécifique ne
concerne la répartition des missions de pilotage stratégique et opéra- doit pas être prise a priori mais doit résulter d’un processus d’analyse des
tionnel ; conditions spécifiques de l’opération.
- les risques spécifiques et les exigences qualité de l’opération ; A ce sujet il est utile que certains principes généraux soient rappelés :
- l’organisation des contrôles ; - La couverture d’un risque par un Assureur n’est jamais totale. Outre
- les modalités d’instruction et d’approbation du projet et les validations les questions de plafond et de franchise, seules les conséquences d’un
relevant du niveau central. dommage matériel sont généralement assurables.
La cohérence des plans qualité des prestataires avec le PQO est une tâche - Intervient de plus la notion de contrat aléatoire ce qui restreint encore le
relevant du pilotage opérationnel. champ de l’assurance aux conséquences d’un évènement imprévu ou
La maîtrise de la qualité d’une opération doit répondre à un impératif de la survenue d’un risque résiduel après que des mesures de traite-
de pragmatisme et être proportionnée aux enjeux. Elle s’inscrit dans la ment, dont l’Assureur aurait été informé, ont échoué.
démarche qualité demandée par le niveau central aux services déconcen- - Enfin il faut distinguer les domaines entre d’une part la TRC (Tout Risque
trés sur l’ensemble de leur production et qui fait l’objet d’audits périodiques Chantier), assurance de dommages relative à une opération et d’autre
du niveau central. ») part la RC (Responsabilité Civile) assurance de responsabilité (donc im-
pliquant une recherche et éventuellement un partage de ou des respon-
6.3 - Définition du programme sabilités) relative à l’ensemble d’une activité.
La cotation se faisant essentiellement en fonction de l’ouvrage et de ses
L’attention du Maître de l’ouvrage est attirée sur le caractère non-évolutif techniques de réalisation, il est certain qu’une analyse de risque menée en
des ouvrages souterrains qui nécessitent la prise en compte dès la définition amont quand les risques sont suffisamment précisés et avant que le projet
du programme des contraintes fonctionnelles et de maintenance pour la n’y soit exposé (c’est-à-dire au moment de la désignation de l’Entreprise )
durée de vie de l’ouvrage. de manière complète et transparente vis-à-vis de l’Assureur est un moyen
Les modifications de programme restent un risque du Maître de l’ou- d’obtenir une couverture aux meilleures conditions.
vrage, elles doivent être dûment explicitées et formalisées, les consé-
quences éventuelles sur les missions contractuelles doivent être décrites. La formule préconisée d’un point de vue opérationnel est la couverture en
L’impact d’une modification de programme pouvant être hors de proportion TRC souscrite par le Maître de l’ouvrage avec un volet dommages aux
pour un ouvrage souterrain, sa définition doit être stabilisée avant toute tiers.

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7 - Contrat de maîtrise d’œuvre

7.1 - Préambule Par ailleurs, l’attention du Maître de l’ouvrage doit être attirée sur le
caractère hautement contreproductif d’inclure l’obtention des données de
La loi MOP offre un cadre général à l’élaboration des contrats de maîtrise site (reconnaissances géotechniques, aussi bien que reconnaissances des
d’œuvre. La loi MOP s’impose aux Maîtres de l’ouvrage publics, mais il est avoisinants) dans les contrats de maîtrise d’œuvre.
également recommandé aux Maîtres de l’ouvrage privés de s’y référer. Les En effet, le volume de ces reconnaissances dépend directement du proces-
ouvrages souterrains, quelle que soit leur destination finale, doivent relever sus d’analyse de risques à charge du Maître d’œuvre, qui ne peut en être
de l’annexe III Infrastructure à l’arrêté du 21/12/1993. qu’à ses prémices lors de la contractualisation. Ce volume peut représenter
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Il est rappelé que la mission de maîtrise d’œuvre selon la loi MOP est une un coût très important par rapport aux études elles-mêmes. S’il est compris
mission forfaitaire avec, à son point de départ, un programme fonctionnel dans les offres, il biaise le jugement de celles-ci : les candidats peuvent
clair, sans ambigüité, d’un niveau de détail adapté et d’un faible niveau de être alors portés à sous-estimer, ou du moins à estimer sur des bases non
risques résiduels affectant les études. Il est donc essentiel que la contrac- avérées, ces reconnaissances.
tualisation avec un Maître d’œuvre ne soit concrétisée qu’après que le pro- De plus lorsque les reconnaissances sont comprises dans le contrat forfai-
gramme de l’opération a atteint un degré suffisant de maturité. taire du Maître d’œuvre celui-ci se trouve dans un conflit entre son intérêt
Au cours de l’Avant-Projet, le programme pourra être ajusté et complété, le financier et l’intérêt du projet.
cas échéant sur suggestion du Maître d’œuvre en fonction des contraintes Dans une démarche de risque maîtrisé, le Maître de l’ouvrage doit se
mises en évidence par son travail sur la conception. donner la possibilité d’engager progressivement les reconnaissances qui
seront utiles à la réduction des risques à un niveau qu’il juge acceptable.
7.2 - Contenu de la mission
7.3 - Dimensionnement et évolution de la mission
Bien qu’elle n’impose pas, dans le domaine des infrastructures, de mission
de base regroupant les différents éléments, la loi MOP suggère une mission 7.3.1 - Mission complémentaire de suivi des reconnaissances
témoin en deux phases :
- Une phase de conception regroupant : avant-projet, projet et assistance Une rémunération au bordereau pour le suivi des reconnaissances supplé-
aux contrats de travaux. mentaires à celles prévues dans le forfait initial est à prévoir.
- Une phase travaux regroupant le visa des études d’exécution, la direction
de l’exécution des travaux et l’assistance aux opérations de réception. 7.3.2 - Mission complémentaire de pilotage du processus de
Dans le domaine des ouvrages souterrains, compte tenu du mûrissement management du risque
nécessaire à l’appréhension du contexte et de ses risques, il est fortement
recommandé de ne pas diviser les missions de chacune des deux La mission complémentaire de pilotage du processus de management du
phases, et d’assurer une continuité de prestataire d’une phase à l’autre. risque en phase de conception et de construction doit être rémunérée par un
En outre, les contrats de maîtrise d’œuvre doivent explicitement mentionner forfait spécifique.
tous les éléments de mission qu’il est indispensable qu’un Maître d’œuvre
réalise concernant des ouvrages souterrains : 7.3.3 - Passation du marché travaux (ACT)
a) La mission de base doit inclure les prestations suivantes :
- Les missions de synthèse et de conception géotechnique telles que défi- Au moment de la consultation pour le contrat de maîtrise d’œuvre, afin
nies dans les recommandations du GT 32. Ceci recouvre l’ensemble des d’éviter la spéculation, les intentions du Maître de l’ouvrage en matière
missions G2 (pour la phase de conception) et G4 (pour la phase travaux) d’allotissement, de procédure de mise en concurrence (et notamment
définies dans la norme NF P 94-500 et assorties des précisions issues recours à la procédure de marché négocié), du nombre de concurrents
de la recommandation du GT 43. pouvant répondre aux appels d’offres de travaux doivent être exprimées. À
- Les missions équivalentes pour la prise en compte des effets induits ce stade il ne peut s’agir que d’hypothèses, et donc un réajustement devra
sur les constructions avoisinantes telles qu’elles sont définies dans la être opéré si, au moment de la livraison des dossiers de consultation, ces
Recommandation du GT16 paramètres ont évolué.
b) Les missions complémentaires à prévoir sont :
- Le pilotage du processus de management du risque relatif à la concep- 7.3.4 - Étude des variantes d’entreprises
tion et à la construction.
- La définition et le suivi des campagnes de reconnaissance géologique et Il est recommandé de préciser dans le contrat de maîtrise d’œuvre que l’exa-
des avoisinants, dans le cadre de la démarche de réduction des risques. men des variantes significatives n’est pas inclus dans le forfait, afin qu’un
Il est recommandé au Maître de l’ouvrage de veiller à ce que le Maître réajustement en terme de prix et de délai soit négocié lorsque le Maître de
d’œuvre présente toutes les compétences nécessaires dans ces domaines. l’ouvrage décide d’ouvrir son projet à variantes à l’issue de la conception.

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7.3.5 - Travaux (DET) La recevabilité des optimisations doit être mesurée en coût global, prenant
en compte les conséquences sur l’ensemble du projet. Il conviendra toute-
Dans un contexte où, du fait du niveau des risques résiduels, la durée des fois de prévoir également un mécanisme d’ajustement des délais d’études
travaux ne peut être fixée, il est recommandé qu’une clause d’adaptation du qui peuvent s’en trouver rallongés.
forfait de la mission DET en fonction de leur durée soit prévue dans le dossier Pour autant, des difficultés rencontrées lors de la construction du fait de l’oc-
de consultation des candidats à la maîtrise d’œuvre, aux deux conditions cu- currence d’évènements redoutés ou d’imprévus, ne doivent pas interférer
mulatives suivantes : avec le mécanisme d’optimisation.
- d’une part, que l’allongement de la durée du chantier ne soit évidemment
pas imputable au Maître d’œuvre, 7.5 - Procédure d’attribution
- d’autre part, que le complément de rémunération prorata temporis, soit
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lui-même déterminé forfaitairement par le contrat. 7.5.1 - Concurrence

7.4 - Incitation à l’optimisation lors de la conception Quelle que soit la procédure adoptée, le critère sur la qualité des candidats
doit avoir un poids suffisant dans le jugement des offres.
Afin d’impliquer le Maître d’œuvre dans l’optimisation du projet celui-ci doit y Afin de ne pas exclure de la compétition les ingénieries qui auraient participé
avoir un intérêt économique. Or dans le domaine des travaux souterrains, plus aux études préliminaires, sans pour autant induire une concurrence déloyale,
que dans d’autres, cette optimisation ne pourra souvent être réalisée qu’après il est recommandé de prévoir une prestation d’analyse critique des études
l’arrivée de données complémentaires issues des reconnaissances, ce qui ne préliminaires, qui doit être une étape de l’appel d’offre, à réaliser dans un
peut résulter que d’un processus relativement lent. L’optimisation peut alors en- délai spécifié, et qui doit être rémunérée spécifiquement pour assurer l’im-
traîner des reprises lourdes d’études. Or, de par son contrat, le Maître d’œuvre plication des candidats. Cette prestation, doit notamment inclure une appré-
peut ne pas y avoir intérêt, notamment, si sa rémunération était indexée sur le ciation des risques de la solution retenue à l’issue des études préliminaires.
montant du marché de travaux, ce qui doit être absolument proscrit.
Il est nécessaire qu’au contraire un mécanisme contractuel soit en place de 7.5.2 - Sélection du titulaire
façon à ce que le Maître d’œuvre puisse profiter de ces optimisations.
Selon la loi MOP, la rémunération de la conception doit être forfaitaire, mais En ce qui concerne la notation en vue de choisir le Maître d’œuvre il est
elle peut être assortie de clauses d’ajustement. Il est donc fortement recom- recommandé qu’une part prépondérante soit donnée dans les critères de
mandé de faire usage de ces clauses d’intéressement telles qu’elles sont jugement des offres aux candidats retenus pouvant se prévaloir d’une expé-
d’ailleurs d’ores et déjà prévues dans les textes de référence, notamment rience récente dans des conditions similaires.
la loi MOP: « Le contrat de maîtrise d’œuvre peut, en outre, prévoir d’autres La valeur et l’expérience des hommes affectés aux fonctions clefs du projet
clauses d’incitation à de meilleurs résultats quantitatifs ou qualitatifs. » sont des facteurs de succès tout à fait essentiels, notamment du fait que la
(Décret 93-1268 article 30), explicitée dans le Guide MIQCP : « Le Maître de conception d’ouvrages souterrains est fortement empirique. Il est donc recom-
l’ouvrage est invité à mettre en œuvre des clauses incitatives d’implication du mandé qu’un engagement nominatif dans les candidatures soit exigé. Néan-
Maître d’œuvre s’il est établi que l’investissement du Maître d’œuvre, quali- moins ce type d’engagement se heurte à des obstacles pratiques en termes de
tatif et quantitatif, conduit à des optimisations techniques, qualitatives et/ou programmation et de ce fait ne peut qu’être borné dans le temps.
quantitatives amenant un impact positif sur le coût global de l’ouvrage sans Pour chaque candidat proposé à ces fonctions clefs il est recommandé que soit
réduction sur sa qualité, ou sur ses performances sociales, économiques, en- rédigé un court argumentaire permettant d’en apprécier la pertinence et la qualité
vironnementales,…. Il appartient alors au Maître de l’ouvrage de proposer les en rapport avec le projet, afin qu’il soit loisible au candidat de proposer une autre
clauses contractuelles qui s’appliquent. ». personne dont l’équivalence en termes de compétence puisse être démontrée.

8 - Contrat de travaux

8.1 - Préambule
- que des délais suffisants, en rapport avec l’ampleur du marché, la forme
Ce chapitre émet des recommandations et mises en garde par rapport à du contrat (Variantes possibles ou non, marché forfaitaire ou non, contrat
chaque forme de contrat et de processus d’attribution du contrat de travaux. en conception-réalisation …) et les documents demandés soient laissés
Il est considéré que la clef du succès d’un projet repose sur l’implication de pour chacune des phases du processus (établissement des offres -au
ses acteurs. En ce sens il est recommandé : moins 3 mois-, analyse des offres, mise au point du contrat, ..).
- que la sélection des candidats au marché de travaux laisse une place - que l’acceptabilité des variantes, sans être exclue a priori, soit incluse
prépondérante aux candidats pouvant justifier d’un savoir-faire récent à l’intérieur de limites précisées dans le Règlement de Consultation et
en conditions similaires. qu’une participation active au processus de management du risque soit

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encouragée dès la remise de l’offre en lui attribuant une part importante 8.3.2 - Marché à prix global et forfaitaire
dans les critères de jugement des offres.
- que les mécanismes d’ajustement de rémunération et de délais en fonc- Ce type de marché, qui fige le montant du contrat pour une prestation
tion des évènements soient prévus dès le projet de contrat. parfaitement définie, nécessite impérativement une complète définition
du projet dans ses aspects tracé, fonctionnel, constructif et/ou environne-
8.2 - Documents rendus contractuels ment, associée à une connaissance exhaustive des conditions géologiques,
hydrogéologiques, géotechniques et avoisinants ainsi que la maîtrise des
Le Mémoire de Synthèse géologique hydrogéologique et géotechnique interférences avec le milieu ambiant (bâti, voirie, entrée/sortie…). En outre
(conformément aux dispositions du Fascicule 69) et le document la période de réalisation (niveaux de nappe influant sur les quantités de
équivalent concernant la sensibilité des avoisinants (tel que défini pompage, période hivernale neutralisant certains transports,…) des diffé-
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dans la recommandation du GT16), à l’exclusion du dossier des don- rentes parties de l’ouvrage doit être connue en phase de consultation des
nées brutes ayant servi à leur élaboration, font partie des documents entreprises (donc respect de la date du début des travaux).
contractuels. Il doit être réservé aux cas rarissimes des opérations où le niveau de
Ces documents ont servi à la conception initiale du projet élaborée par le risques résiduels est insignifiant.
Maître d’œuvre, et décrite dans le Mémoire de Conception. Ce dernier doit
être fourni dans le Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) à titre 8.3.3 - Marché sur bordereau de prix
indicatif pour la compréhension du dossier.
En matière de travaux souterrains, la nature des méthodes et moyens pro- Cette forme de marché est adaptée aux opérations où les risques rési-
posés, dont le changement en cours de chantier est rarement possible, a duels peuvent entrainer des variations dans les quantités des natures
une influence prépondérante sur l’offre de l’Entreprise. C’est pourquoi il d’ouvrage sans que la définition de l’ouvrage ne soit remise en cause.
est recommandé aux parties de procéder à la mise en cohérence entre la A ce titre les prescriptions du CCAG Travaux (Article 17) doivent être rete-
conception initiale du projet et le mémoire technique de l’entreprise sur la nues, aussi bien en matière de définition des natures d’ouvrage que dans
base duquel cette dernière a établi ses prix. la limitation des variations des quantités. (« les ouvrages ou équipements
Cette mise en cohérence a lieu avant la notification du marché et correspond réglés par application d’un même prix unitaire dans le détail estimatif
à une phase nécessaire quel que soit le type de contrat, dans le respect de constituent une même nature d’ouvrage ») et (« ...l’importance de certaines
la procédure de mise en concurrence retenue et de l’égalité de traitement. natures d’ouvrages est modifiée de telle sorte que les quantités exécutées
Elle se traduit par la contractualisation des éléments structurant l’offre de diffèrent de plus d’un tiers en plus ou de plus d’un quart en moins des
l’entreprise dans le Plan de Management des Risques et par l’adaptation quantités portées au détail estimatif du marché.. Les stipulations qui pré-
éventuellement nécessaire des autres pièces du projet de marché. cèdent ne sont pas applicables aux natures d’ouvrages pour lesquelles les
montants des travaux figurant, d’une part, au détail estimatif du marché et,
8.3 - Formes de rémunération de l’entreprise et d’autre part, au décompte final des travaux sont l’un et l’autre inférieurs à
détermination du délai d’exécution 5 % du montant du marché.…») respectivement.
Deux cas peuvent se présenter :
8.3.1 - Généralités - les variations de quantités n’ont pas d’incidence sur les délais
d’exécution de l’ouvrage. (par exemple une variation faible de longueur
Il est recommandé d’adopter une forme de rémunération de l’Entreprise et d’application de profils ou de quantités de soutènement ou de traitement
de détermination du délai d’exécution des travaux en fonction des risques de terrain, fourchette modérée d’appréciation des venues d’eau, etc.. ).
résiduels lors de l’attribution du marché de travaux. Dans ce cas les délais d’exécution peuvent rester fixes (cf art.19 du CCAG
Les différentes formes de marché sont : Travaux).
- Marché à prix global et forfaitaire. Deux paramètres restent essentiels dans ce type de marché :
- Marché sur bordereau de prix. a. la définition des prix unitaires : le caractère forfaitaire des prix
- Marché forfaitaire avec bordereau de prix d’adaptation. unitaires implique que ceux-ci doivent être suffisamment diversifiés
- Marché en dépenses contrôlées à coût d’objectif « cost+fee ». pour prendre en compte des moyens et des cadences différents,
En tout état de cause, il est absolument recommandé de ne pas traiter au ce qui doit permettre en particulier la rémunération des traversées
forfait le règlement des risques, ceux-ci devant faire l’objet d’une répar- de différents horizons (cadences d’abattage dans une argile ou un
tition entre les parties et, pour ceux portés par le Maître de l’ouvrage, de calcaire différentes par exemple, cf fascicule 69). La nature des
rémunération et/ou délais complémentaires (application d’un bordereau de travaux souterrains implique une incertitude latente ne pouvant
prix des risques identifiés). être totalement supprimée. Dès lors le contrat doit établir des four-
La recommandation se réfère, ci-après, aux documents administratifs et chettes raisonnables de caractéristiques d’application des prix ( par
techniques principaux administrant les marchés publics de travaux souter- exemple de quantités de soutènement définissant un profil-type, de
rains (CCAG Travaux et Fascicule 69 du CCTG) que leurs révisions récentes dureté de roche, de débits de venues d’eau …) dont il sera possible
ont rendus particulièrement pertinents. à l’entreprise d’assumer les conséquences au travers de son prix

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unitaire. Ainsi les sous détails de prix refléteront au plus près le contrat, selon article précédent.
détail de l’offre économique. Dans un tel marché, les études d’exécution des prestations au forfait doivent
b. la détermination des quantités : les variations de quantités de telle ou être soit fournies par le Maître de l’ouvrage lors de la consultation des en-
telle nature de travaux pouvant avoir une influence directe sur le prix uni- treprises soit à tout le moins établies suivant des hypothèses suffisamment
taire ou sur le délai, il apparait souhaitable que tout échange permettant précises et explicites afin d’éviter deux écueils : la minimisation des quantités,
d’éclaircir l’établissement des avant métrés puisse avoir lieu. de soutènement en particulier, par une Entreprise qui aurait sous-estimé son
- les variations de quantités peuvent avoir une incidence sur les forfait ou, à l’inverse, des vérifications abusives exigées par un Maître d’œuvre
délais d’exécution de l’ouvrage : par exemple l’incertitude significative désireux de sécuriser son projet sans impact économique.
sur la détermination des longueurs d’application des profils type, sur les Cette forme de rémunération ne doit être utilisée que si la part des travaux au
venues d’eau, etc. bordereau est faible en rapport avec la globalité du marché puisque relative aux
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Dans ces circonstances conformes à celles que le CCAG Travaux retient pour seuls risques résiduels.
autoriser les prolongations de délais (article 19.2.2), il est recommandé que Pour les risques dont la vraisemblance est faible (improbable) ou pour lesquels il
les documents du marché décrivent explicitement un mécanisme de révi- existe une insuffisance d’informations pour les caractériser il est recommandé
sion des délais. de ne pas prévoir de prix spécifiques mais de définir la procédure qui sera
Les modalités peuvent s’inspirer du principe du délai déterminant. Celui-ci adoptée pour leur rémunération dans le cadre d’un avenant. Ceci par souci de
associe, par profil type ou évènement particulier (venue d’eau, reconnais- transparence du contrat car non seulement ils sont sujets à spéculations lors
sances à l’avancement, etc.) une cadence d’avancement ou un délai com- de la consultation des entreprises mais il est peu probable que l’évènement re-
plémentaire, respectivement, sur lesquels l’Entreprise s’engage. Dès lors le douté sera en tout point celui qui adviendra. Cette procédure devra être décrite
délai d’exécution n’est plus fixé a priori mais est calculé par le quotient dans le Plan de Management des Risques.
des longueurs d’application des profils types sur les cadences prévues au
contrat et en fonction des évènements effectivement rencontrés, ce qui 8.3.5 - Marché en dépenses contrôlées à prix objectif
constitue le « délai déterminant » utilisé pour la rémunération des installa- (« cost+fee »)
tions et des moyens de production.
Cette incertitude dans la détermination du délai d’exécution impose par ail- Pour les Maîtres de l’ouvrage privés, cette forme est particulièrement recomman-
leurs que, dans le bordereau, des prix rémunèrent le fonctionnement des dée dans les cas où la connaissance de l’environnement de réalisation de l’ouvrage
installations de chantier, les frais de chantier et l’amortissement du matériel est très faible et très complexe au moment de la contractualisation des travaux.
sur une base calendaire. Seuls les frais de mise en œuvre (main d’œuvre, Dans ces projets une grande souplesse et rapidité de réaction aux évènements est
matériaux, consommables) restent rémunérés à l’unité d’œuvre. demandée aux titulaires et le coût du génie civil est généralement faible par rapport
De ce fait la variation du délai d’exécution due aux variations de quantités ne à l’opération globale et le bénéfice d’exploitation escompté.
porte pas préjudice à l’entreprise. Par ailleurs cette forme est aussi adaptée lorsque les risques résiduels peuvent
Nota bene : Lorsque des prix unitaires sont créés, pour permettre le règlement non seulement entrainer des variations importantes de quantités mais éga-
du traitement de certains risques tel que prévu dans le registre des risques, il est lement des changements dans la nature même des travaux, notamment le
recommandé d’évaluer soigneusement les quantités qui leur sont affectées et dont système de creusement ou de soutènement, ou dans la consistance du projet
les variations peuvent avoir des conséquences sur leur valeur. (modification importante de tracé, ré arrangement des ouvrages, créations d’at-
Lorsque cette évaluation précise n’est pas possible il est recommandé dans l’éta- taques supplémentaires, bouleversement des méthodes …).
blissement des prix unitaires, de traiter séparément les éléments rémunérant les L’Entreprise est alors intégralement couverte de ses coûts directs contrôlés par
frais fixes, les frais proportionnels au temps et les frais proportionnels aux quan- la maîtrise d’œuvre - en toute transparence par l’accès aux livres de compte
tités et de qualifier au plus près les conditions d’exécution des unités d’œuvre. (Open-book) - dans la limite du prix d’objectif. Sa marge brute résulte de l’ap-
Ainsi par exemple une provision pour traitement de terrain comportera des prix plication d’un coefficient fixe appliqué sur les coûts, proposé lors de la consul-
d’installation, des prix de fonctionnement des ateliers à l’unité de temps et de tation des entreprises.
mise en œuvre à l’unité d’œuvre. Cette forme de rémunération doit obligatoirement être associée à un prix d’ob-
jectif, mécanisme d’encouragement à l’implication de l’Entreprise dans le pro-
8.3.4 - Marché forfaitaire avec bordereau jet. Un bonus ou malus est associé à des seuils en fonction de l’atteinte de cet
de prix des risques objectif. Leur mise en œuvre permet de moduler la rémunération en fonction
de l’écart avec l’objectif. Ce prix d’objectif ainsi que le délai d’exécution doivent
Lorsqu’un projet respecte globalement les conditions d’un forfait (cf 8.3.2) être adaptés en fonction de la survenance d’imprévus ou de modification dans
mais qu’il reste exposé à des risques résiduels limités et bien identifiés, les le programme de l’opération.
travaux peuvent être rémunérés au forfait et les mesures de traitement
peuvent faire l’objet d’une rémunération complémentaire sous forme 8.3.6 - Synthèse
d’un bordereau de prix.
Si la survenance de ces risques résiduels interfère avec les délais d’exécution, La maîtrise des coûts dépend à l’évidence de l’élimination des risques,
les règles pouvant donner lieu à une extension de délai doivent être définies au fonction du développement des études ; mais pour des raisons impératives

180 TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

(de délai, de disponibilité de terrains ou d’impossibilité matérielle) celle-ci ne cédure de Marché négocié chaque fois que possible. Pour des projets parti-
peut pas toujours être menée au niveau souhaité. culièrement complexes et où le niveau de risque résiduel du Maître de l’ou-
Ainsi, le Maître de l’ouvrage pourra en fonction du contexte de son projet : vrage peut être significativement influencé par des dispositions constructives
- Soit prendre acte de l’état d’avancement de son opération et choisir la forme propres à des technicités spécifiques de chaque Entreprise, elle permet leur
contractuelle appropriée. Du niveau de risques résiduels dépend donc la contribution à l’identification et l’analyse de risques dans la première phase
forme du contrat selon le schéma ci-dessous : de négociation, laquelle sera partagée avec tous les candidats. Dès lors leur
offre définitive sera établie sur la base d’une analyse commune révisée et
validée par le Maître de l’ouvrage, en fonction des diverses contributions. Le
registre des risques est alors identique pour tous les candidats.
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

8.4.2 - Cas particulier des variantes

Le concours des entreprises évoqué ci-dessus peut aussi être assuré par la
possibilité qui leur est offerte de présenter une ou des variantes.
- Il est rappelé qu’une variante se définit comme une offre alternative
technique et/ou financière présentée par les entreprises candidates et
respectant les exigences formulées par le Maître de l’ouvrage.
- En marchés publics la présentation de variantes est soumise à un régime
d’autorisation, et la décision d’admettre, ou pas, la présentation de va-
riantes doit appartenir au Maître de l’ouvrage, ce principe doit être formu-
Figure 4 - Type de contrat en fonction du niveau d’étude atteint. lé dès la consultation pour le contrat de maîtrise d’œuvre.
Le Maître de l’ouvrage peut, par ce moyen, espérer une optimisation de son
- Soit déterminer a priori la forme contractuelle qu’il retient et atteindre la opération. Mais son attention est attirée sur les contreparties qu’il supporte
maturité nécessaire à la forme envisagée (en termes de reconnaissances et de ce fait :
études). Du choix de type de contrat que souhaite alors le Maître de l’ouvrage, - Une complexité accrue dans l’analyse des offres, qui peut aboutir à une
dépend alors le niveau de risque résiduel du projet selon schéma ci-dessous : reprise partielle du projet. En tout état de cause, le niveau d’exigence
initial du Maître de l’ouvrage doit être maintenu.
- Il est recommandé que la présentation de variantes soit formellement
encadrée : leur(s) domaine(s) d’application, ainsi que les contraintes mi-
nimales auxquelles elles sont soumises, doivent être précisément expli-
citées dans le Règlement de consultation. Le maintien de ce niveau mini-
mal d’exigence nécessitant une non-dégradation du niveau de risque par
rapport à la solution de base, il est indispensable de fournir avec la va-
riante le registre des risques adapté, démontrant cette non-dégradation.
- Des dispositions particulières sont à prévoir dans le règlement de consul-
tation du marché de travaux, en procédure et délai complémentaire pour
traiter l’appropriation par la maîtrise d’œuvre de la variante.
La présentation de la variante doit donc être suffisamment détaillée pour
permettre la vérification des critères évoqués ci-dessus.
Figure 5 - Niveau d’études en fonction du type de contrat souhaité.
8.5 - Sélection du titulaire
Nota bene : En France la réglementation des marchés publics interdit
le recours aux formules autres que le forfait ou le bordereau de prix. De Le contrat de travaux porte essentiellement sur des prestations matérielles
ce fait le Maître de l’ouvrage public se trouve contraint de développer son qui participent à la qualité du produit final. Pour autant, la valeur et l’expé-
projet jusqu’à un niveau de risques résiduels compatible avec ces formes de rience des hommes affectés aux fonctions clefs du projet sont des facteurs
rémunération décrites ci-dessus du 8.3.2 au 8.3.4. de succès tout à fait essentiels.
L’engagement nominatif sur des candidatures se heurte à des obstacles
8.4 - Processus d’attribution pratiques en terme de programmation et de ce fait, si il était exigé par le
Maître de l’ouvrage, devrait être borné dans le temps. Il est recommandé que
8.4.1 - Processus recommandé toutes les candidatures proposées à ces fonctions clefs, que ce soit pendant
la consultation des entreprises ou lors de la réalisation du marché en cas de
Dans le contexte des travaux souterrains il est recommandé d’utiliser la pro- propositions différentes de celles du mémoire, fassent a minima l’objet d’un

TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015 181


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

court argumentaire permettant d’apprécier la pertinence et la qualité de la conseils dans la résolution des éventuels différends qui peuvent survenir.
personne proposée. Il s’agit d’une force de proposition non contraignante et non d’un comité
d’arbitrage ;
8.6 - Gestion dynamique du contrat - Le comité est idéalement composé de trois membres, qui sont désignés
par l’ensemble des parties à raison de leurs compétences profession-
Il est recommandé de prévoir au contrat qu’un point d’avancement de la nelles, techniques et juridiques, ainsi que de leur expérience significative
réalisation soit systématiquement formalisé par l’Entreprise, par exemple à dans le domaine des travaux souterrains. Ces qualités doivent être de
25,50 et 75 % d’avancement, à des moments clés du phasage de réalisation nature à conférer aux membres de ce comité une autorité morale sur
ou au moins annuellement, en fonction de la taille de l’opération, dans le but : les parties ;
- de mesurer l’avancement physique du chantier, d’analyser les éventuels - La mission de conseil du comité et ses modalités sont définis dans un
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retards et d’examiner les mesures de rattrapage envisagées, contrat entre les membres du comité et toutes les parties. La rémunéra-
- d’évaluer un bilan financier de l’opération à date lié à l’avancement des tion de ces derniers est prise en charge par le Maître de l’ouvrage ;
travaux et aux évènements (risques ou imprévus) survenus, - Le contrat conclu entre les membres du comité et toutes les parties doit
- de mettre au point des dispositions financières au moins transitoires aux expressément exclure toute possibilité d’action en responsabilité de la
fins de ne pas pénaliser la trésorerie de l’entreprise, en l’attente du rè- part de ces dernières, de leurs ayants-droit et assureurs, à l’encontre des
glement contractuel, membres du comité, à raison des conseils et recommandations qu’ils
- de fournir une projection du coût à terminaison et du délai final du contrat auront pu formuler ;
de travaux pour le Maître de l’ouvrage. - Dans l’exercice de leurs missions, les membres du comité visitent régu-
Dans ce cadre, l’obligation d’information de la part de l’Entreprise, si elle lièrement le site de l’opération et sont régulièrement informés de l’avan-
existe, devrait s’accompagner d’une obligation de traitement des évène- cement et de l’état de l’opération ;
ments, au moins à titre provisoire, par le Maître de l’ouvrage. - Les avis des conseils sont sollicités par un des acteurs sur un sujet iden-
Cette gestion du contrat par point d’étape devient une disposition contrac- tifié en cours ou par anticipation. Les avis sont rendus après une période
tuelle et n’entre pas dans le cadre du règlement des différends et litiges. de concertation du comité, pendant lequel il peut se faire communiquer
toute pièce nécessaire ou entendre toute personne concernée. Les avis
8.7 - Prévention des conflits rendus ne sont ni obligatoires, ni contraignants, et les parties peuvent dé-
cider librement de les appliquer. Les avis apportés doivent toujours avoir
Il est recommandé que soit constitué, à l’initiative du Maître de l’ouvrage, un pour finalité de favoriser une issue amiable aux potentiels différends ;
« Comité de Conseil » suivant les principes suivants : - Les membres du comité exercent, en toute circonstance, leur mission en
- Ce comité est institué par le contrat à l’initiative du Maître de l’ouvrage. toute indépendance et de manière impartiale. Ils observent une stricte
Le comité existe dès le début du chantier pour toute la durée du contrat confidentialité au regard des informations auxquelles ils ont accès.
et a pour objet de fournir aux acteurs (MOA, MOE et entreprises) des

9 - Autres formes de contrats de travaux

destination ou à la mise en œuvre technique de l’ouvrage. Sont concernées


9.1 - Conception réalisation des opérations dont la finalité majeure est une production dont le processus
conditionne la conception, la réalisation et la mise en œuvre ainsi que des
9.1.1 - Généralités opérations dont les caractéristiques, telles que des dimensions exception-
nelles ou des difficultés techniques particulières, exigent de faire appel aux
En dérogation aux dispositions générales de la loi MOP, ce dispositif associe moyens et à la technicité propres des opérateurs économiques ».
Entreprise et Maître d’œuvre, qui conçoivent ensemble le projet dont seules
les exigences fonctionnelles sont imposées. 9.1.2 - Points de vigilance
En marchés publics son emploi est restreint (cf. art.37 du Code des Marchés
Publics) : Ce dispositif peut présenter aux yeux du Maître de l’ouvrage des avantages
« Les pouvoirs adjudicateurs soumis aux dispositions de la loi du 12 juillet attrayants :
1985 susmentionnée ne peuvent, en application du I de son article 18, re- - il permet d’éviter des appels d’offres successifs pour la désignation du
courir à un marché de conception-réalisation, quel qu’en soit le montant, Maître d’œuvre puis de l’Entreprise.
que si un engagement contractuel sur un niveau d’amélioration de l’ef- - il permet d’espérer une plus grande diversité de solutions possibles et des
ficacité énergétique ou des motifs d’ordre technique rendent nécessaire solutions optimisées par l’association du concepteur et du constructeur.
l’association de l’entrepreneur aux études de l’ouvrage. - il permet de globaliser à charge d’une entité unique, le groupement
Les motifs d’ordre technique mentionnés à l’alinéa précédent sont liés à la concepteur constructeur, les risques imputables à la conception (i.e.

182 TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

sous-dimensionnement) et à la construction (i.e. non-respect des ca- 9.2 - Consultation anticipée des entreprises
dences).
Mais ces avantages ne vont pas sans contreparties : Dans ces approches le Maître d’œuvre garde la responsabilité de la concep-
- en phase de conception le Maître de l’ouvrage ne peut intervenir dans tion avec, à terme, un contrat classique de travaux.
les choix de conception pour autant qu’ils respectent le programme fonc- - Etudes réalisées par l’entreprise pour intégration dans le projet du Maître
tionnel. Un soin tout particulier doit alors être apporté à l’établissement de d’œuvre :
ce programme sous tous ses aspects (Maintenance, Fiabilité-Disponibili- Le décret 93-1268 applicable aux marchés publics ainsi que l’article 26
té-Maintenabilité-Sécurité (FDMS) en cas d’équipements…), plus encore de la loi MOP prévoit une possibilité d’intervention de l’Entreprise dès le
que lors d’une contractualisation avec une simple maîtrise d’œuvre, du stade de l’Avant-Projet :
fait de l’impact financier accru d’éventuels changements de programme.  « Lorsque les méthodes ou techniques de réalisation ou les produits
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

Ceci requiert donc un délai plus important pour sa rédaction. industriels à mettre en oeuvre impliquent l’intervention, dès l’établis-
- le niveau de reconnaissances nécessaires pour établir chaque offre, gé- sement des avant-projets, de l’entrepreneur ou du fournisseur de pro-
néralement demandée au niveau Avant- Projet, ne peut être inférieur à duits industriels, le Maître de l’ouvrage peut décider de les consulter de
ce qu’il doit être en appel d’offres de travaux classique, certaines de ces façon anticipée pour un ou plusieurs lots de technicité particulière….
reconnaissances ne pourront être déclenchées qu’après les questions I. Les études spécifiques d’avant-projet pour le ou les lots concernés
posées par les différents candidats. Le délai d’appel d’offres s’en trouve ont pour objet : ….
allongé d’autant. d) De permettre au Maître de l’ouvrage d’arrêter avec l’entre-
- il faut vérifier la cohérence entre le niveau d’acceptabilité du Maître de preneur ou le fournisseur les conditions d’exécution de son
l’ouvrage et les risques que le groupement Concepteur/Constructeur re- contrat….» (Article 26) »
porte sur lui. - Un autre dispositif, mais qui ne concerne que les Maîtres de l’ouvrage
- l’indépendance du Maître d’œuvre vis-à-vis de l’Entreprise n’est plus privés, a pour objet de solliciter l’Entreprise dans une équipe intégrée
assurée. avec le Maître d’œuvre.
- l’indemnisation des candidats en phase d’offre renchérit le coût global Il a été développé au Royaume Uni avant d’être adopté dans d’autres pays
de l’opération. anglo-saxons pour des projets particulièrement complexes où le Maître
de l’ouvrage souhaite que le constructeur soit associé à la conception. Ce
9.1.3 - Recommandations souhait est généralement motivé par les circonstances suivantes :
• la fiabilité de l’estimation est incertaine
- Outre les restrictions imposées par la réglementation des marchés pu- • les études sont assimilables à de la recherche et développement
blics, cette procédure devrait être réservée à des cas spécifiques où, • la réduction du délai de réalisation induit des économies de
du fait de la diversité des solutions constructives possibles, il n’est pas construction
possible d’en déterminer une a priori indépendamment de la valorisation • une mise en service anticipée en supprimant la phase de consulta-
économique et donc de l’implication de l’entreprise. tion des entreprises génère des revenus supplémentaires
- Le Maître de l’ouvrage doit disposer, au moment de lancer l’appel d’offres, Il doit donc apporter un avantage économique significatif pour com-
de reconnaissances très complètes couvrant toute l’étendue des solu- penser les surcoûts de cette approche, (manque de concurrence, perte
tions envisageables, voire prévoir dans sa consultation un délai laissant d’efficacité dû principalement au chevauchement d’activités parallèles).
possibilité de réaliser aux frais du Maître de l’ouvrage et à destination Cette approche est particulièrement pertinente quand l’ouvrage souter-
de tous les candidats, un programme de reconnaissance complémen- rain se trouve sur le chemin critique de l’opération et représente une part
taire que ceux-ci pourraient avoir souhaité. Comme pour une maîtrise faible du coût global.
d’œuvre classique il est recommandé que ces travaux de reconnaissance Cette procédure consiste, pour les études, à choisir le constructeur non pas sur
ne soient pas partie du contrat de conception/réalisation. des critères économiques mais uniquement sur des critères de compétence,
- Il est nécessaire que le Maître de l’ouvrage se dote d’une assistance d’un d’expérience et de moyens (« concours de beauté »), de l’associer aux équipes
niveau équivalent à celle d’une maitrise d’œuvre classique et présente de la maîtrise d’œuvre à partir de l’Avant-Projet afin que l’optimisation de la
tout au long de l’opération, à la fois pour : construction soit intégrée au processus de conception, avec un arbitrage en
a. élaborer le programme fonctionnel qui doit être établi de manière continu entre qualité-coût-délai-risque. Lorsque la conception atteint un stade
très détaillée et complète ; de développement suffisant, le mode de rémunération de l’Entreprise pour la
b. définir, suivre et interpréter les reconnaissances à réaliser avant le phase travaux est déterminé, généralement « cost+fee » avec un prix d’ob-
lancement de l’appel d’offres ; jectif mais il est possible d’aussi utiliser les formes du forfait ou du bordereau.
c. analyser la pertinence des solutions apportées par les offres des
groupements Maîtres d’œuvre/Entreprises ainsi que les Plans de 9.3 - Cas particuliers : partenariat public/privé -
Management des Risques (PMR) associés délégation de service public
d. superviser l’application du PMR en cas de survenue d’un risque ou
d’un imprévu. Ces contrats se situent aux frontières de cette recommandation puisque leur

TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015 183


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

objet principal est le financement de l’opération. Ils lient une organisation pu- opérationnelles à des entités qui lui sont liées. En particulier la conception et
blique ou parapublique (Concédant) à une entité privée (Partenaire, Conces- la construction sont généralement assurées par un groupement Concepteur/
sionnaire) en charge de la conception, construction, exploitation et finance- Constructeur dans un cadre forfaitaire.
ment de l’ouvrage et impliquent une délégation de la maîtrise d’ouvrage. En conséquence c’est dans le contrat de concession/partenariat que doit être
Le financement par l’emprunt impose que la société Partenaire/Concession- traitée toute la problématique de management du risque et que figurent les
naire ne soit exposée à aucun risque. De ce fait elle sous-traite ses activités dispositions contractuelles qui en découlent.

Annexes
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Annexe 1 - Attentes des parties

1.1 - Préambule ment ou une organisation du planning et jalons sécurisant l’ensemble du


processus. Un programme de conception-réalisation doit être extrêmement
Ce chapitre est rédigé dans le cadre des trois sous-groupes de travail le détaillé.
GT25.1 composé de représentants de MOA, GT25.2 composé de représen- b) Attentes :
tants de MOE et le GT25.3 de représentants des entreprises afin d’aboutir Le MOA attend un mémoire géotechnique (cahier A + interprétation du
à une vision partagée concernant les objectifs et les attentes des parties au bureau d’études qui aura fait les études préalables au programme) pour
contrat dans le domaine spécifique des travaux souterrains. le marché de MOE. Ce mémoire géotechnique sera complété par le MOE
en AVP et PRO (cahiers B et C) pour être contractualisé dans le marché de
1.2 - Attentes du Maître de l’ouvrage travaux. Dès le programme le mémoire doit être complet et solide, car le
contrat de MOE, et donc son coût d’objectif et son forfait sont établis sur
1.2.a - Programme fonctionnel de l’ouvrage cette base. Toute imprécision impactera le marché de MOE ou de concep-
tion-réalisation.
1.2.a.1 - L’ouvrage finalisé
a) Objectifs : 1.2.b - Politique de gestion des risques
- Pérennité au-delà des DTU habituels et/ou de la durée d’un PPP
(100 ans) Il s’agit d’un processus permanent pendant toute la phase de conception.
- Maintenabilité et exploitabilité à moindre coût Les études qui précèdent les consultations doivent comporter une analyse de
- Anticipation éventuelle des modifications réglementaires en cours risques détaillée, qui sera la base du choix du mode de contractualisation et de
- Intégration urbaine et architecturale des ouvrages la réponse des entreprises à la consultation.
- Performance de l’exploitation maximalisée Cette analyse, complétée de la réponse des entreprises vivra ensuite tout au
- Avoir le moins de modifications de programme possible long des travaux.
b) Attentes : La maîtrise des risques ne peut pas être envisagée si l’entreprise ne maîtrise
- Le programme doit laisser une certaine latitude à la maîtrise d’œuvre pour pas sa technique.
sa conception, tout en bornant certains sujets déjà étudiés et sur lesquels a) Objectifs :
des variantes ne seront pas autorisées (tracés, emprises possibles ou inter- - Que le contrat soit équilibré
dites, etc.). Pour cela, le niveau de détail doit être adapté suivant les sujets. - Que l’entreprise ne provisionne pas de risques inutiles
Autrement dit, le programme doit faire figurer les éléments fonctionnels et - Que l’entreprise ne provisionne pas de risques qui ne relèvent pas de sa
objectifs, en essayant de ne pas imposer de solution technique, sauf pour compétence
les sujets où elle s’impose. - Que les risques provisionnés (par l’entreprise ou le Maître de l’ouvrage) ne
soient que les risques probables tout en étant suffisants pour sécuriser le
1.2.a.2 - Réalisation de l’ouvrage budget final.
a) Objectifs : b) Attentes :
La réalisation doit être bordée techniquement dès le programme. Cela - Le MOA attend de l’entreprise qu’elle mette en œuvre des moyens adaptés
implique une très bonne connaissance de l’environnement et la prise en qualité (savoir-faire et maîtrise de la technologie) et quantité afin de ne
en compte de l’ensemble des contraintes générales dès la rédaction du pas répercuter ses manquements sur le MOA, sous couvert de l’apparition
programme (études géotechniques hydrogéologiques, diagnostic fon- d’aléas ou de risques :
cier, diagnostic bâti…), et sans attendre les études d’AVP ou de PRO. • hors profils géologiques (charges d’explosifs inadaptées)
Que le programme soit suffisamment détaillé et solide pour que les contrats • tassements dus à des terrains trop durs/trop mous (mauvaise utilisa-
qui en dépendent évoluent le moins possible. Il comprendra un allotisse- tion de l’outil)

184 TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

1.2.c - Estimation financière contradiction avec l’optimisation du projet.


Limiter son risque à un engagement en rapport avec ses honoraires.
a) Objectifs : Avoir un contrat permettant d’épouser les intérêts du MOA, à savoir assurer la
Qu’elle varie le moins possible dans le temps. Donc qu’elle intègre le bon bonne réalisation de l’ouvrage dans le respect des délais et des coûts, sans
niveau de risque dès le départ. Cela nécessite évidemment une recon- que cela contrevienne aux deux objectifs précédents.
naissance géotechnique très approfondie dès les études préalables.
b) Attentes : 1.3.b.2 - Notoriété
Qu’elle soit établie de manière transparente, avec le détail : Contribuer à la gestion harmonieuse du projet vis-à-vis des tiers ou des
• Ouvrage (connu) parties prenantes du projet.
• Sommes à valoir (incertitude sur le projet)
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• Provisions pour risques (incertitudes géotechniques hydrogéolo- 1.3.c - Attentes de la MOE aux différentes phases du projet
giques, maîtrise du foncier, état du bâti…) détaillée si possible sui-
vant typologie de risques a minima 1.3.c.1 - Compétence des intervenants
De l’ensemble des intervenants, le Maître d’œuvre attend qu’ils:
1.2.d - Planning et Jalons - disposent des compétences nécessaires en travaux souterrains, soit en
interne, soit par l’assistance d’une AMO Technique,
Il y a un lien évident entre le coût du projet et le respect du planning (immo- - disposent d’organigrammes clairs qui permettent d’identifier le niveau de
bilisations, etc.) prise de décision, notamment dans la gestion des risques,
a) Objectifs : - comprennent la définition des rôles et responsabilités et s’y tiennent.
Que le planning soit respecté, afin de maîtriser au mieux les coûts, au- En particulier, le Maître d’œuvre attend du Maître de l’ouvrage (assisté si
delà de tout objectif politique. nécessaire par une AMO) qu’il sache :
Concernant les jalons, il faut s’assurer qu’ils permettent une grande sécu- - Définir le niveau de risque acceptable pour chacun de ses objectifs.
rité par rapport aux ouvrages annexes en interface : - Arbitrer, sur la base d’éclairages fournis par le Maître d’œuvre, lors de
Exemple du cas du tunnelier : conflit entre des solutions répondant à des risques/coûts/délais contra-
• il faut de la marge pour les puits ou stations pour que le tunnelier ne dictoires.
soit pas arrêté. - Donner au Maître d’œuvre tous les moyens d’analyse des délais et des
• le puits d’entrée du tunnelier doit être disponible suffisamment tôt. coûts, en particulier par l’engagement à temps des reconnaissances
Le planning et les jalons laisseront si possible l’intelligence et les mé- (sous-sol, bâti, et environnants, contexte environnemental, etc..) parfois
thodes de l’entreprise s’exprimer, en n’étant pas trop rigides et contrai- non prévues initialement, ceci de manière graduelle, en rapport avec
gnants (ne jalonner qu’avec les vrais besoins, notamment des marchés l’avancement des étapes du projet pour satisfaire ses exigences de cou-
en interface). verture des risques ou bien de réduire ces exigences, quand ces recon-
Un dispositif incitatif est peut-être un moyen à mettre en œuvre pour naissances se heurtent à des difficultés de réalisation.
fiabiliser le planning, tout en veillant à ce que cela ne se fasse pas au Être capable de définir son programme non seulement en matière d’exploita-
détriment de la qualité et de la pérennité de l’ouvrage. tion et de maintenance, mais aussi ses exigences minimales de sécurité pour
les opérations futures de rénovation lourde.
1.3 - Attentes du Maître d’œuvre Identifier clairement les missions complémentaires à la mission de base de
la loi MOP et les expliciter.
1.3.a - Préambule Être capable de prendre des décisions rapides en termes techniques (soit
en termes de validation interne, soit en s’appuyant sur ses AMO), financier,
Le rôle du Maître d’œuvre est, à partir d’objectifs et d’un programme fonction- risque et contractuels tant en cours d’études que de travaux (au fil de l’eau).
nel clair, sans ambigüité et d’un niveau de détail adapté rédigé par le MOA, de :
Concevoir et de piloter l’exécution du projet selon les prescriptions de la loi 1.3.c.2 - Préalable à la mission
MOP dans le respect de la réglementation, des dispositions administratives L’engagement forfaitaire du Maître d’œuvre ne doit intervenir qu’après :
et techniques et des règles de l’art. - La finalisation du programme, que l’ingénierie engagée comme MOE ait
Conseiller la MOA, à chaque étape du projet, pour lui permettre de choisir participé à sa finalisation ou non.
et de définir ses solutions de compromis vis-à-vis de ses propres objectifs - L’achèvement d’études préliminaires du projet d’un niveau suffisant et
(opérationnels, budgétaires, de délais, …). menées sur la base d’informations suffisamment complètes pour qu’elles
puissent être considérées comme fiabilisant convenablement l’enveloppe
1.3.b - Objectifs du Maître d’œuvre des coûts ou le délai maximum probable de réalisation (l’avis de la MOE
devrait être recherché à travers une mission spécifique).
1.3.b.1 - Contractuel - Le choix de mode de dévolution des contrats travaux. (Ceci devrait être éta-
Assurer l’équilibre financier de son contrat sans que cet objectif entre en bli dès que possible, dans l’idéal lors de l’établissement du programme).

TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015 185


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

- La réalisation d’un dossier de reconnaissances géologiques, hydrogéolo- est arrêté, soit dès l’AVP, et ce jusques et y compris la réalisation des travaux
gique et géotechniques en rapport avec la complexité du sous-sol, du bâti, Il est même souhaitable que les études préliminaires elles-mêmes (donc
permettant la mesure du niveau de risque. les études de faisabilité des ouvrages non courants) puissent être réalisées
- L’établissement du planning prévisionnel des études et des travaux. dans le cadre de contrats d’ingénierie anticipés par rapport à la forfaitisation
Il apparaît donc logique que l’engagement forfaitaire pour la phase PRO et la de la mission principale de MOE.
suite n’intervienne qu’à la fin de l’AVP, sans que cela empêche la conclusion
d’un contrat de maîtrise d’œuvre au début de celui-ci. 1.3.c.6 - Éléments ayant une influence sur la rémunération des
missions MOE
1.3.c.3 - Organisation des missions À partir des considérations ci-dessus, la rémunération des missions de MOE
a) Les études préliminaires doivent faire partie d’une mission distincte de devrait respecter les principes suivants :
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

par l’impact non prévisible du contexte du sous-sol sur le programme. a) La rémunération du MOE ne devrait être que faiblement dépendante des
b) Si cette procédure est nécessaire, l’accompagnement et le conseil du évolutions du montant des travaux.
Maître d’œuvre dans l’obtention de la DUP doivent être recherchés. b) Les coûts et les délais issus des études préliminaires doivent pouvoir faire
c) Les missions complémentaires pour la mise en œuvre du plan de mana- l’objet d’une analyse critique du MOE incluse dans l’AVP avant fixation du
gement des risques en ouvrages souterrains doivent être prévues pen- forfait de rémunération.
dant toutes les étapes de l’opération que sont les études préliminaires, c) L’ampleur de la mission ACT (nombre de lots, nombre d’offres à analyser)
l’avant-projet, le projet, l’assistance pour la passation des contrats de doit être encadrée.
travaux, la direction de l’exécution des contrats de travaux, et la mise en d) Les marchés devraient prévoir une disposition pour l’établissement d’ave-
service. nants pour la modification du programme.
d) Les missions complémentaires non prévisibles (telles que la maîtrise e) Le contrat devrait prévoir des mécanismes d’ajustement de la rémuné-
d’œuvre des sondages, et d’une façon générale l’acquisition des données ration en cas d’évènements nouveaux indépendants du MOE, comme par
de site) doivent pouvoir faire l’objet d’une rémunération spécifique (méca- exemple une modification substantielle des conditions de terrain déduites
nisme de prix nouveaux, prix au bordereau ou autre), y compris en ce qui de campagnes complémentaires, l’allongement de la durée des travaux
concerne l’exploitation des résultats. Il faut veiller tout particulièrement à ou encore les modifications de programme.
ce que le Maître d’œuvre n’ait pas d’intérêt (pécuniaire ou autre) à faire
réaliser ou non ces reconnaissances ; dans tous les cas la réalisation 1.4 - Attentes des Entreprises
elle-même des reconnaissances ne saurait faire partie des missions de aux différentes phases du projet
maîtrise d’œuvre.
e) Les modifications de programme doivent faire l’objet d’études spécifiques 1.4.a - Préambule
et le mode de rémunération de la MOE en lien avec celles-ci doit être
déterminé avant de les acter. Les entreprises de construction sont des structures économiques et sociales
qui regroupent des moyens humains, matériels et financiers pour réaliser
1.3.c.4 - Sélection de l’ingénierie des projets et des ouvrages dans un environnement concurrentiel.
La réduction des risques passe par la nécessité de permettre à chacun d’ap-
préhender le projet et ses enjeux. Cela passe donc par : 1.4.b - Objectifs de l’entreprise
a) Une définition du type d’assistance souhaité (AMO, MOE, etc…),
b) Un critère de sélection donnant prépondérance aux qualifications des in- L’objectif premier de l’entreprise est d’exercer une activité de production
tervenant clés et à leur organisation, en rapport avec l’ouvrage à construire associée à une rémunération, c’est la seule justification économique, une
(éventuellement prévoir la contractualisation des organigrammes), entreprise ne pouvant pas survivre sans en faire sa priorité.
c) Une durée des appels d’offres compatible avec la taille de l’opération et Cette rémunération doit permettre de couvrir les dépenses directes et les
des livrables à fournir, risques associés, amortir des frais généraux et dégager une marge béné-
d) Une transparence des exigences minimales de moyens souhaités par la ficiaire.
MOA, globalement ou sur un sujet particulier, en attirant l’attention des Les frais généraux couvrent notamment les dépenses de fonctionnement
soumissionnaires sur ce point, avec l’exigence minimale en termes de des bureaux d’études, des activités de Recherche et Développement, du
compétences et d’heures, management Qualité-Sécurité-Environnement, des directions fonctionnelles
e) Une claire précision des risques portés par la MOE, par la mise à disposi- et du matériel.
tion du PMR de l’opération. La marge bénéficiaire permet de rémunérer les capitaux investis et de dé-
velopper l’entreprise.
1.3.c.5 - Continuité de mission Au-delà, l’existence de l’entreprise dépend aussi du développement et du
Compte tenu de l’incertitude sur les conditions de réalisation des ouvrages renouvellement de ses savoir-faire, dont elle doit maintenir la réputation
souterrains et afin d’assurer la responsabilisation des acteurs, la continuité auprès de ses clients.
de mission de la MOE est nécessaire à partir du moment où le programme

186 TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

1.4.c - Attentes de l’Entreprise vis-a-vis du MOA & du MOE équitable (soit par le biais de la pré-qualification, soit par la prise en compte
des propositions techniques des entreprises dans le cas de procédure ou-
1.4.c.1 - Généralités (prise en charge financière des conditions de verte).
réalisation)
Les marchés de construction ne sont pas des prestations de fourniture de 1.5 - Attentes des Assureurs
produits dont le coût de fabrication est parfaitement établi et constaté avant
la commercialisation. Prévoir le coût de construction d’un ouvrage consiste 1.5.a - Préambule
pour l’entreprise à s’engager, avec pour seule référence ses expériences pré-
cédentes, sur une rémunération suffisante pour la réalisation d’un prototype L’application du Joint Code of Practice for Risk Management of Tunnels Works
qui n’a jamais été construit dans les mêmes conditions de site, de temps, (JCOP, British Tunnelling Society et Association of British Insurers) fait partie
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

d’environnement et de sols, et ceci dans le respect des conditions d’hygiène des conditions d’assurance Tous Risque Chantier (TRC) lors de la construction
et sécurité maximum pour le personnel. d’un ouvrage souterrain.
Dans ce contexte, il est primordial de bien caractériser et répartir la prise en Cette recommandation propose la mise en œuvre d’une démarche de gestion
charge des conséquences des événements prévisibles et imprévisibles à venir. des risques très à l’amont du projet. Il incombe ainsi au Maître de l’ouvrage
Selon une terminologie normalisée les évènements se classent 2 catégories : de l’initier. Avec le développement du projet, les nouveaux acteurs (AMO, MOE,
Les risques (selon la terminologie ISO 31000 et le projet de recommandation Entreprise,…) contribuent à enrichir l’appréciation du risque et à proposer
du GT32.2.). des solutions pour le rendre « acceptable ». Le risque résiduel peut être alors
Ils sont généralement exprimés par la combinaison entre, d’une part, les transféré à l’assurance.
conséquences d’un évènement et d’autre part sa vraisemblance).
Les imprévus, évènements non identifiables, devant faire l’objet d’un traite- 1.5.b - Avant le démarrage des travaux
ment spécifique prévu au contrat.
L’assureur définit sa participation et donc son engagement à une police TRC
1.4.c.2 - Dispositions contractuelles selon son estimation financière du Sinistre Maximum Possible, pouvant surve-
En préambule, l’entreprise souhaite que l’intégralité des documents du DCE nir lors de la réalisation du projet. Cette évaluation, propre à chaque assureur,
qui lui ont servi à établir son offre, fassent partie intégrante du contrat. dépend du dossier technique qui lui est soumis. Il comprendra notamment :
En particulier, celui-ci devrait intégrer les éléments suivants : a) un descriptif des ouvrages,
a) Existence d’un Mémoire de Synthèse Géotechnique (Cahier B au sens de b) le mode contractuel de partage des risques entre le Maître de l’ouvrage et
la recommandation du GT32) qui comprenne notamment un profil en long les constructeurs,
géologique synthétique servant de base à la détermination des différentes c) le contexte géotechnique,
vitesses d’avancement. d) une ventilation du montant total des travaux par nature d’ouvrage (tunnel,
b) Emprises de chantier : elles doivent être en adéquation avec le projet, sa stations, rameaux, puits, équipement,…),
définition et le planning général de réalisation, en quantités suffisantes no- e) le planning des travaux,
tamment vis-à-vis de la sécurité et identifiées. f) les méthodes envisagées pour leur construction,
c) Planning général calé sur le calendrier (notion d’influence des saisons, g) un descriptif de l’organisation autour de la gestion des risques
charge de l’entreprise plus ou moins importante selon la date prévue d’exé- h) le registre des risques,
cution). i) Les termes et conditions de l’assurance TRC doivent être compris par l’as-
d) Fourniture des avant métrés ayant servi à l’élaboration du DQE. suré. A cet effet, il est indispensable d’effectué un travail pédagogique pour
e) Définition des environnants ayant une incidence sur le projet (fondations de éliminer toutes les ambigüités afin d’aboutir, avant sinistre, à une situation
bâtis, obstacles prévisibles dans le terrain issus d’ouvrages précédents), et/ non équivoque pour le bénéfice d’un règlement rapide.
ou sur la santé et la sécurité des personnels (présence de terrains pollués,
poches de gaz ... ). Une formule de rémunération adaptée au degré d’incer- 1.5.c - Durant les travaux
titude des caractéristiques du projet.
f) Des conditions de paiement (avances, révision .... ) adaptées à l’équilibre de Dès le démarrage des travaux, une Procédure de Traitement des Sinistres doit
la trésorerie du chantier. être établie. Elle définit les interlocuteurs à mettre en rapport à l’occasion de
g) Mise en place de procédures de conciliation permettant la prise en compte la déclaration de dommages et les pièces à produire pour permettre d’établir
des imprévus au fur et à mesure de leur apparition et leur traitement avec un quantum de ces dommages.
des délais suffisants pour avoir le recul nécessaire, en évitant les risques L’assureur doit être informé des évolutions majeures du projet : Coût des
de forclusion ; le suivi immédiat des imprévus permettant cependant à l’en- travaux, planning, options techniques,…pour que son engagement soit
treprise un règlement rapide des montants ainsi engagés hors du contrat, conforme à son exposition effective.
celle-ci n’ayant pas vocation à financer où à faire avance de fonds pour des Un consultant peut être missionné par l’assureur afin d’analyser l’exposition
événements ne faisant pas partie du contrat. des travaux et de proposer des améliorations (Prévention incendie, exposition
ln fine, il serait souhaitable que le jugement des offres soit opéré de façon aux évènements naturels, Management du risque,…)

TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015 187


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Annexe 2 - Programme directeur – Pour un contrat de Travaux au bordereau (risques résiduels limités)
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Annexe 3 - Glossaire

3.1 - Les acteurs 5. La direction de l’exécution du contrat de travaux ;


6. L’ordonnancement, le pilotage et la coordination du chantier ;
3.1.a - Les définitions qui suivent sont issues de la loi MOP 7. L’assistance apportée au Maître de l’ouvrage lors des opérations de
réception et pendant la période de garantie de parfait achèvement.
3.1.a.1 - Maître de l’ouvrage
Le Maître de l’ouvrage est la personne morale, [...] pour laquelle l’ouvrage est 3.1.b - Les définitions qui suivent sont issues de l’Article 2
construit [...].Il lui appartient, après s’être assuré de la faisabilité et de l’oppor- du CCAG Travaux -2009
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

tunité de l’opération envisagée, d’en déterminer la localisation, d’en définir le


programme, d’en arrêter l’enveloppe financière prévisionnelle, d’en assurer le 3.1.b.1 - Maître de l’ouvrage (MOA)
financement, de choisir le processus selon lequel l’ouvrage sera réalisé et de Pouvoir adjudicateur pour le compte duquel les travaux sont exécutés.
conclure, avec les Maîtres d’œuvre et entrepreneurs qu’il choisit, les contrats
ayant pour objet les études et l’exécution des travaux. 3.1.b.2 - Maître d’œuvre (MOE)
Le Maître de l’ouvrage définit dans le programme les objectifs de l’opération Personne physique ou morale, publique ou privée, qui, en raison de sa com-
et les besoins qu’elle doit satisfaire ainsi que les contraintes et exigences [...] pétence technique, est chargée par le Maître de l’ouvrage ou son mandataire,
relatives à la réalisation et à l’utilisation de l’ouvrage. afin d’assurer la conformité architecturale, technique et économique de la
réalisation du projet objet du marché, de :
3.1.a.2 - Assistance à maîtrise d’ouvrage - diriger l’exécution des marchés de travaux,
Le Maître de l’ouvrage peut confier les études nécessaires à l’élaboration du - lui proposer leur règlement,
programme et à la détermination de l’enveloppe financière prévisionnelle à - l’assister lors des opérations de réception ainsi que pendant la période
une personne publique ou privée. de garantie de parfait achèvement.

3.1.a.3 - Conduite d’opération 3.1.b.3 - Entreprise (titulaire du contrat de travaux)


Le titulaire est l’opérateur économique qui conclut le marché avec le repré-
I - Le Maître de l’ouvrage peut recourir à l’intervention d’un conducteur d’opé- sentant du pouvoir adjudicateur. En cas de groupement d’opérateurs écono-
ration pour une assistance générale à caractère administratif, financier et miques, le « titulaire » désigne le groupement, représenté par son mandataire.
technique.
II - La mission de conduite d’opération exercée par une personne publique ou 3.2 - Les contrats et les éléments des contrats
privée est incompatible avec toute mission de maîtrise d’œuvre, de réalisation
de travaux ou de contrôle technique portant sur le ou les mêmes ouvrages, 3.2.a - Délégation de service public
exercée par cette personne directement ou par une entreprise liée au sens de
l’article 4 de la présente loi. (loi n° 2001-1168 du 11 décembre 2001 dite loi MURCEF, article L. 1411-1
III - La mission de conduite d’opération fait l’objet d’un contrat écrit du Code général des collectivités territoriales) et (§ 2.4.2 du Manuel d’appli-
cation du Code des Marchés Publics 2004 [abrogé])
3.1.a.4 - Maître d’œuvre La délégation de service public est « un contrat par lequel une personne
La mission de maîtrise d’œuvre que le Maître de l’ouvrage peut confier à une morale de droit public confie la gestion d’un service public dont elle a la res-
personne de droit privé ou à un groupement de personnes de droit privé doit ponsabilité à un délégataire public ou privé, dont la rémunération est subs-
permettre d’apporter une réponse architecturale, technique et économique au tantiellement liée au résultat de l’exploitation du service. Le délégataire peut
programme [...]. être chargé de construire des ouvrages ou d’acquérir des biens nécessaires
Pour la réalisation d’un ouvrage, la mission de maîtrise d’œuvre est distincte au service.»
de celle d’entrepreneur. La différence fondamentale entre un marché public et une délégation de ser-
Le Maître de l’ouvrage peut confier au Maître d’œuvre tout ou partie des élé- vice public résulte du mode de rémunération retenu. Pour un marché public,
ments de conception et d’assistance suivants : le paiement est intégral et immédiat et effectué par l’acheteur public. Pour
Les études d’esquisse ; une délégation de service public, la rémunération est tirée de l’exploitation
1. Les études d’avant-projets ; du service.
2. Les études de projet ;
3. L’assistance apportée au Maître de l’ouvrage pour la passation du contrat 3.2.b - PPP
de travaux ;
4. Les études d’exécution ou l’examen de la conformité au projet et le visa (Loi sur les contrats de partenariat)
de celles qui ont été faites par l’entrepreneur ; Le contrat de partenariat est un contrat administratif par lequel l’Etat ou un

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établissement public de l’Etat confie à un tiers, pour une période détermi- selon lesquelles est arrêté le coût prévisionnel assorti d’un seuil de tolé-
née en fonction de la durée d’amortissement des investissements ou des rance, sur lesquels s’engage le Maître d’œuvre, et, d’autre part, les consé-
modalités de financement retenues, une mission globale ayant pour objet quences, pour celui-ci, des engagements souscrits.
le financement, la construction ou la transformation, l’entretien, la mainte- I - Lorsque la mission confiée au Maître d’œuvre comporte l’assistance
nance, l’exploitation ou la gestion d’ouvrages, d’équipements ou de biens au Maître de l’ouvrage pour la passation du ou des contrats de travaux, le
immatériels nécessaires au service public. contrat prévoit l’engagement du Maître d’œuvre de respecter le coût prévi-
Il peut également avoir pour objet tout ou partie de la conception de ces sionnel des travaux arrêté au plus tard avant le lancement de la procédure
ouvrages, équipements ou biens immatériels ainsi que des prestations de de passation du ou des contrats de travaux.
services concourant à l’exercice, par la personne publique, de la mission de Le respect de cet engagement est contrôlé à l’issue de la consultation des
service public dont elle est chargée. entreprises de travaux. En cas de dépassement du seuil de tolérance, le
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Le cocontractant de la personne publique assure la maîtrise d’ouvrage des Maître de l’ouvrage peut demander au Maître d’œuvre d’adapter ses études,
travaux à réaliser. sans rémunération supplémentaire.
II - Lorsque la mission confiée au Maître d’œuvre comporte en outre la di-
3.2.c - Conception Réalisation rection de l’exécution du contrat de travaux et l’assistance au Maître de
l’ouvrage lors des opérations de réception, le contrat prévoit également un
(Loi MOP) engagement du Maître d’œuvre de respecter le coût, assorti d’un nouveau
Le Maître de l’ouvrage peut confier par contrat à un groupement de per- seuil de tolérance, qui résulte des contrats de travaux passés par le Maître
sonnes de droit privé ou, pour les seuls ouvrages d’infrastructure, à une de l’ouvrage.
personne de droit privé, une mission portant à la fois sur l’établissement Le respect de cet engagement est contrôlé après exécution complète des
des études et l’exécution des travaux, lorsque des motifs d’ordre technique travaux nécessaires à la réalisation de l’ouvrage en tenant compte du coût
rendent nécessaire l’association de l’entrepreneur aux études de l’ouvrage. total définitif des travaux résultant des décomptes finaux et factures des
entreprises.
3.2.d - Programme Pour contrôler le respect de l’engagement, le contrat de maîtrise d’œuvre
prévoit les modalités de prise en compte des variations des conditions éco-
(Loi MOP) nomiques.
Le Maître de l’ouvrage définit dans le programme les objectifs de l’opération En cas de dépassement excédant le seuil de tolérance fixé par le contrat de
et les besoins qu’elle doit satisfaire ainsi que les contraintes et exigences de maîtrise d’œuvre, la rémunération du Maître d’œuvre est réduite. Le contrat
qualité sociale, urbanistique, architecturale, fonctionnelle, technique et éco- de maîtrise d’œuvre détermine les modalités de calcul de cette réduction
nomique, d’insertion dans le paysage et de protection de l’environnement, qui ne peut excéder 15 p. 100 de la rémunération du Maître d’œuvre corres-
relatives à la réalisation et à l’utilisation de l’ouvrage. pondant aux éléments de missions postérieurs à l’attribution des contrats
de travaux.
3.2.e - Allotissement III - En cas de modification de programme ou de prestations décidées par le
Maître de l’ouvrage, le contrat de maîtrise d’œuvre fait l’objet d’un avenant
(Code des Marchés) qui arrête le programme modifié et le coût prévisionnel des travaux concer-
Afin de susciter la plus large concurrence, et sauf si l’objet du marché ne nés par cette modification, et adapte en conséquence la rémunération du
permet pas l’identification de prestations distinctes, le pouvoir adjudicateur Maître d’œuvre et les modalités de son engagement sur le coût prévisionnel.
passe le marché en lots séparés dans les conditions prévues par le III de Le contrat de maîtrise d’œuvre peut, en outre, prévoir d’autres clauses d’in-
l’article 27.A cette fin, il choisit librement le nombre de lots, en tenant no- citation à de meilleurs résultats quantitatifs ou qualitatifs.
tamment compte des caractéristiques techniques des prestations deman- Le contrat de maîtrise d’œuvre peut ne pas prévoir les engagements men-
dées, de la structure du secteur économique en cause et, le cas échéant, tionnés aux I et II ci-dessus, s’il est établi que certaines des données tech-
des règles applicables à certaines professions. niques nécessaires à la souscription de tels engagements ne pourront être
connues au moment où ces engagements devraient être pris.
3.2.f - Enveloppe financière prévisionnelle (EFP)
3.2.h - Mémoire de synthèse géologique (MSG)
(Loi MOP)
Estimation financière de l’opération, incluant les études et les travaux, établie Issu du CCTG Fascicule 69
par le Maître de l’ouvrage à l’issue des études préalables ou préliminaires. Article I.2.1 - Le mémoire de synthèse géologique, hydrogéologique et géo-
technique.
3.2.g - Coût prévisionnel des travaux (ex. Coût d’objectif) : Le MSG contient celles des données qui ont été retenues et interprétées
en vue de l’établissement du marché, à partir des résultats des sondages,
(Décret 93-1268) puits ou galeries de reconnaissance, des essais ou mesures effectués en
Article 30 : Le contrat de maîtrise d’œuvre précise, d’une part, les modalités laboratoire ou sur le site, des informations sur les eaux de surface ou souter-

TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015 191


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

raines. Il présente les données géologiques, hydrogéologiques et géotech- boration des opérations d’investissement et de gestion sur le réseau routier
niques servant de base à la conception des ouvrages pour leur exécution. national).
Il traduit l’interprétation que fait le Maître d’œuvre et que retient le Maître Les études préliminaires, permettent au Maître de l’ouvrage d’arrêter le
de l’Ouvrage, de la nature, des caractéristiques et du comportement des parti d’ensemble de l’ouvrage et ont pour objet de :
terrains traversés. Ces derniers sont classés en sous-ensembles, en préci- - préciser les contraintes physiques, économiques et d’environnement
sant notamment leurs valeurs caractéristiques en fonction de la probléma- conditionnant le projet, à partir des documents de base remis par le
tique posée, en indiquant les dispersions et variations attendues pour ces Maître de l’ouvrage, et se renseigner sur l’existence et l’implantation
paramètres. des ouvrages et réseaux souterrains, subaquatiques et aériens suscep-
Le MSG explicite les incertitudes géologiques, hydrogéologiques ou tibles d’être rencontrés à l’emplacement des travaux ;
géotechniques non levées. - présenter une ou plusieurs solutions techniques, architecturales, d’im-
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

plantation et d’insertion dans le paysage pour les ouvrages concernés


3.2.i - Plan de management des risques (PMR) ainsi qu’une comparaison des différents éléments composant ces solu-
tions, assorties de délais de réalisation, et examiner leur compatibilité
(Issu du CCTG Fascicule 69) avec la partie de l’enveloppe financière prévisionnelle retenue par le
Le Plan de Management des Risques est un document défini par le fascicule Maître de l’ouvrage et affectée aux travaux ;
69 du CCTG Travaux applicable aux marchés publics de travaux de génie - permettre de proposer éventuellement certaines mises au point du pro-
civil, et rendu contractuel. gramme ;
Le fascicule 69 (art I.2.2) impose d’annexer au CCTP du marché de travaux, - vérifier la faisabilité de l’opération, au regard des différentes contraintes
outre le Mémoire de Synthèse Géologique, « le Plan de Management des du programme et du site, et proposer éventuellement la nature et l’im-
Risques, [qui] liste les risques résiduels, à savoir ceux non couverts par les portance des études et reconnaissances complémentaires nécessaires.
dispositions techniques prévues au marché et contre lesquels le Maître de (Arrêté du 21 décembre 1993 précisant les modalités techniques d’exécu-
l’ouvrage juge nécessaire de se prémunir. [Le PMR] analyse les évènements tion des éléments de mission de maîtrise d’œuvre confiés par des Maîtres
à leur origine, apprécie leur vraisemblance et en définit les conséquences de l’ouvrage publics à des prestataires de droit privé - ANNEXE III - Éléments
prévisibles » sur le pilotage de l’opération. « […] Il rappelle les dispositions de mission de maîtrise d’œuvre pour les opérations de construction neuve,
techniques prévues pour prévenir les évènements redoutés et limiter leurs de réutilisation ou de réhabilitation d’ouvrages d’infrastructure)
conséquences (reconnaissances à l’avancement, …). Les études préalables (à l’enquête publique) ont pour finalité :
Il contient la description des dispositions techniques et organisationnelles - de définir le coût, les fonctionnalités et les caractéristiques principales
envisagées : ainsi que les possibilités de phasage d’une variante privilégiée qui sera
• pour mettre le chantier en sécurité lors de leur survenance, portée à l’enquête publique,
• pour poursuivre le chantier, - de rassembler l’ensemble des éléments nécessaires à la constitution
• le PMR propose enfin les principes ou modalités de rémunération de du dossier d’enquête publique, préalable à l’autorisation administrative
ces interventions. de réalisation du projet (déclaration d’utilité publique ou déclaration de
projet), en terme notamment de justification du choix de la variante et
3.2.j - Programme d’exécution des travaux : d’analyse des impacts sur l’environnement.
(Instruction du Gouvernement du 29 avril 2014 fixant les modalités d’éla-
(CCAG Travaux) boration des opérations d’investissement et de gestion sur le réseau routier
Le programme d’exécution des travaux précise notamment les matériels national).
et les méthodes qui seront utilisés et le calendrier d’exécution des travaux Un dossier d’étude de faisabilité du tunnel est à produire à l’issue des
précisant la date de démarrage des travaux et leur durée d’exécution. Le études préalables. Cependant cette étude de faisabilité est à initier plus ou
projet des installations de chantier et des ouvrages provisoires est annexé moins tôt selon la complexité du site ou de l’ouvrage. Ces études peuvent
à ce programme. être lancées dès le stade des études d’opportunité lorsqu’elles sont néces-
saires pour apprécier la faisabilité de l’ouvrage ou dès la première phase
3.2.k - Les phases d’études des études préalables ; dans ces deux cas elles doivent être menées pour
chaque variante d’étude qui le justifie. Leur objectif est au minimum de
Les phases initiales des projets sont qualifiées d’études d’opportunité. s’assurer de la faisabilité de chaque solution. Pour les ouvrages les moins
Ces études peuvent porter sur une problématique générale d’aménagement difficiles, elles sont menées pour la seule variante proposée au moment de
routier d’un itinéraire ou concerner un projet en particulier. la deuxième phase des études préalables.
Les études d’opportunités de projet portent sur une opération déterminée Pour les ouvrages les plus complexes et/ou ceux pour lesquels le niveau
avec l’objectif de dégager des grands principes relatifs aux modalités de sa d’incertitude est élevé, une étude plus détaillée d’avant-projet d’ouvrage
réalisation et de vérifier sa pertinence fonctionnelle, technique, financière et d’art (APOA) doit être envisagée lors des études préalables. Ce niveau
socio-économique. d’études exige notamment de mettre en œuvre un programme de recon-
(Instruction du Gouvernement du 29 avril 2014 fixant les modalités d’éla- naissances adapté.

192 TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

Le dossier d’étude de faisabilité du tunnel doit comprendre à minima une • fixer, avec toute la précision nécessaire, les caractéristiques et dimen-
analyse des risques géologiques et géotechniques à l’appui de la détermi- sions des différents ouvrages de la solution d’ensemble ainsi que leurs
nation de la provision pour risques. Cette dernière doit être identifiée dans implantations topographiques, en vue de leur exécution;
l’estimation préalable de l’opération. • vérifier, au moyen de notes de calculs appropriées, que la stabilité et la
(Document d’information sur les études des ouvrages souterrains – CETU résistance des ouvrages est assurée dans les conditions d’exploitation
– A paraitre). auxquelles ils pourront être soumis;
Les études d’avant-projet, fondées sur la solution retenue et le pro- • préciser les tracés des alimentations et évacuations de tous les fluides
gramme précisé à l’issue des études préliminaires ou de diagnostic ap- ainsi que des réseaux souterrains existants et, en fonction du mode de
prouvées par le Maître de l’ouvrage, ont pour objet : dévolution des travaux, coordonner les informations et contraintes né-
• de confirmer la faisabilité de la solution retenue compte tenu des études cessaires à l’organisation spatiale des ouvrages;
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

et reconnaissances complémentaires et en particulier de celles du sous- • préciser les dispositions générales et les spécifications techniques des
sol éventuellement effectuées ; équipements répondant aux besoins de l’exploitation;
• de préciser la solution retenue, de déterminer ses principales caracté- • établir un coût prévisionnel des travaux décomposés en éléments tech-
ristiques, la répartition des ouvrages et leurs liaisons, de contrôler les niquement homogènes;
relations fonctionnelles de tous les éléments majeurs du programme ; • permettre au Maître de l’ouvrage d’arrêter le coût prévisionnel de la so-
• de proposer une implantation topographique des principaux ouvrages ; lution d’ensemble ou, le cas échéant, de chaque tranche de réalisation,
• de vérifier la compatibilité de la solution retenue avec les contraintes et d’évaluer les coûts d’exploitation et de maintenance;
du programme et du site ainsi qu’avec les différentes réglementations, • permettre au Maître de l’ouvrage de fixer l’échéancier d’exécution et
notamment celles relatives à l’hygiène et à la sécurité ; d’arrêter, s’il y a lieu, le partage en lots;
• d’apprécier, le cas échéant, la volumétrie, l’aspect extérieur des ouvrages b) En outre, lorsqu’après mise en concurrence sur la base de l’avant-projet
et les aménagements paysagers ainsi que les ouvrages annexes à en- ou sur la base des études de projet, une variante respectant les conditions
visager ; minimales stipulées dans le dossier de consultation a été proposée par le
• de proposer, le cas échéant, une décomposition en tranches de réalisa- ou les entrepreneurs et acceptée par le Maître de l’ouvrage, les études de
tion, de signaler les aléas de réalisation normalement prévisibles, no- projet doivent être complétées pour:
tamment en ce qui concerne le sous-sol et les réseaux souterrains, et de • assurer la cohérence de toutes les dispositions avec les avant-projets
préciser la durée de cette réalisation ; ainsi qu’avec les dispositions découlant, le cas échéant, d’un permis de
• de permettre au Maître de l’ouvrage de prendre ou de confirmer la déci- construire modifié;
sion de réaliser le projet, d’en arrêter définitivement le programme ainsi • établir la synthèse des plans et spécifications émanant d’une part de
que certains choix d’équipements en fonction des coûts d’investisse- l’avant-projet définitif établi par le maître d’oeuvre et d’autre part des
ment, d’exploitation et de maintenance, d’en fixer les phases de réali- propositions de l’entrepreneur.
sation et de déterminer les moyens nécessaires, notamment financiers ; (Arrêté du 21 décembre 1993 précisant les modalités techniques d’exé-
• d’établir l’estimation du coût prévisionnel des travaux, en distinguant cution des éléments de mission de maîtrise d’œuvre confiés par des
les dépenses par partie d’ouvrage et nature de travaux, et en indiquant Maîtres de l’ouvrage publics à des prestataires de droit privé - ANNEXE
l’incertitude qui y est attachée compte tenu des bases d’estimation uti- III - Éléments de mission de maîtrise d’œuvre pour les opérations de
lisées ; construction neuve, de réutilisation ou de réhabilitation d’ouvrages d’in-
• de permettre l’établissement du forfait de rémunération dans les condi- frastructure).
tions prévues par le contrat de maîtrise d’œuvre.
Les études d’avant-projet comprennent également l’établissement des 3.3 - Les risques
dossiers à déposer, le cas échéant, en vue de l’obtention du permis de
construire et autres autorisations administratives nécessaires et qui re- Selon la norme ISO 31000:2009 « Management du Risque – Principes et
lèvent de la compétence de la maîtrise d’œuvre, ainsi que l’assistance du lignes directrices »
Maître de l’ouvrage au cours de leur instruction.
Les études de projet, fondées sur le programme arrêté et les études 3.3.a - Processus de Management
d’avant-projet approuvées par le Maître de l’ouvrage et sur les prescrip-
tions de celui-ci, découlant des procédures réglementaires, définissent la Le Processus de Management du Risque est décrit dans la recomman-
conception générale de l’ouvrage. dation GT32R2F1 de l’AFTES, qui s’appuie sur la norme NF ISO 31000
a) Les études de projet ont pour objet de: relative au management du risque. Il s’agit d’une démarche itérative qui
• préciser la solution d’ensemble au niveau de chacun des ouvrages d’in- se déroule pendant toute la durée de l’opération, qui permet la gestion
frastructure qu’elle implique; du risque et dont le cadre organisationnel doit figurer dans les docu-
• confirmer les choix techniques, architecturaux et paysagers et préciser ments contractuels tant du contrat de maitrise d’œuvre que du contrat de
la nature et la qualité des matériaux et équipements et les conditions de travaux.
leur mise en oeuvre;

TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°249 - Mai/Juin 2015 193


RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

3.3.b - L’appréciation du risque des évènements susceptibles de se produire ainsi qu’à l’estimation
de la vraisemblance (probabilité que l’évènement se produise) et de la
La démarche d’appréciation des risques géotechniques comporte trois conséquence (effet d’un événement affectant les objectifs) de ces évè-
étapes : l’identification, l’analyse et l’évaluation des risques géotechniques. nements.
Le risque est alors caractérisé en référence à la vraisemblance et à la consé-
3.3.c - L’identification du risque quence de l’évènement redouté sur tel ou tel objectif ou sur tous les objec-
tifs. Le niveau de risque résultant de la combinaison de la vraisemblance et
Le risque est défini comme l’effet de l’incertitude sur l’atteinte des objectifs : de la conséquence peut s’exprimer de manière quantitative, semi-quantita-
- l’incertitude est l’état, même partiel, de défaut d’information concernant tive ou qualitative.
la compréhension ou la connaissance d’un événement de ses consé-
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

quences ou de sa vraisemblance ; 3.3.e - L’évaluation du risque


- l’effet est un écart, positif et/ou négatif, par rapport à une attente ;
- L’atteinte des objectifs étant pour le domaine des travaux souterrains L’évaluation du risque est la comparaison des résultats de l’analyse du
comprise comme la réalisation des travaux de construction dans le res- risque avec les critères de risque afin de déterminer si le risque est accep-
pect des coût et délai prévus, des performances de l’ouvrage attendues table ou tolérable.
et dans le respect de l’environnement et des avoisinants. Les critères de risque sont des termes de référence choisis ou établis par
Ainsi défini, le risque correspond à la possibilité que se produise un événe- le Maître de l’ouvrage et qui délimitent le domaine de son acceptabilité.
ment (changement d’un ensemble particulier de circonstances) qui consti- Comme pour le niveau de risque, la détermination de la valeur des critères
tuerait un écart par rapport aux conditions attendues et dont la conséquence peut s’exprimer de manière quantitative, semi-quantitative ou qualitative.
serait susceptible d’affecter sensiblement l’atteinte des objectifs.
L’identification du risque consiste en un processus de recherche, de recon- 3.3.f - Le traitement du risque
naissance et de description du risque. En pratique, il s’agit, pour chaque
incertitude recensée dans le «registre des incertitudes» de déterminer quel Le traitement du risque est le processus destiné à modifier le risque.
pourrait être l’évènement susceptible de se produire et de créer ainsi un Plusieurs actions sont possibles :
écart par rapport à la situation de référence. - le refus du risque consistant à décider de ne pas poursuivre l’étude du
projet considéré (abandon d’une variante par exemple) ;
3.3.d - L’analyse du risque - l’élimination de la source du risque (modification de la géométrie du projet
par exemple) ;
L’analyse du risque est le processus mis en œuvre pour comprendre la - la réduction de la vraisemblance (par des reconnaissances géologiques
nature d’un risque et pour déterminer le niveau de risque caractérisant par exemple) ;
l’importance d’un risque exprimée en termes de combinaison des consé- - la réduction des conséquences (en adaptant les méthodes par exemple).
quences et de leurs vraisemblances. Les risques qui ne sont pas totalement éliminés constituent les risques
En pratique, il est procédé pour tout risque identifié à une recherche résiduels qui doivent être répartis et/ou assumés entre les différents acteurs.

Annexe 4 - Bibliographie

4.1 - Recommandations de l’AFTES

• AFTES (2007) Recommandation GT 25.R2F1 « Comment maîtriser le coût de son projet » Revue TOS n°201
• AFTES (2012) Recommandation GT32.R2F1 « Recommandations sur la caractérisation des incertitudes et des risques géologiques, hydrogéologiques et
géotechniques » Revue TOS n°232
• AFTES (2007) Recommandation GT 39R1F1 « Gestion des risques dans les travaux souterrains - Le Code of Practice» Revue TOS n°214
• AFTES Recommandation GT16 « Prise en compte des effets induits par le creusement sur les constructions avoisinantes dans la conception et la réalisation
des ouvrages souterrains » (A paraître)
• AFTES Recommandation GT32 « Prise en compte des risques techniques dans les DCE pour les projets de tunnels » (A paraître)
• AFTES Recommandation GT43 « Application aux ouvrages souterrains de la nouvelle norme sur l’ingénierie géotechnique » (A paraître)

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RECOMMANDATION DE L’AFTES N°GT25R3F1

4.2 - Textes normatifs, réglementaires et autres recommandations

4.2.a - Code des Marchés Publics

• CCAG Travaux
• CCAG Prestations Intellectuelles
• Loi MOP- Loi n°85-704 du 12 juillet 1985 modifiée relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée
• Décret n°93-1268 du 29 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d’œuvre confiées par des Maîtres de l’ouvrage publics à des prestataires de droit
privé
• Ministère de l’Ecologie –Fascicule 69 (Travaux en souterrain) du CCTG Travaux –Mai 2012
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation, totales ou partielles sous quelques formes que ce soit sont expressément réservés

• Ministère de l’Ecologie – CETU - Guide d’application du Fascicule 69 –Déc. 2013


• MIQCP –Conception-réalisation – Recommandations pour un bon usage du processus – Juin 2010
•M  IQCP - Contrat-guide pour la rédaction d’un marché public de maitrise d’œuvre dans le domaine des infrastructures
• Guide à l’intention des Maîtres de l’ouvrage Publics, Négociation des rémunérations de maîtrise d’œuvre du 28 janvier 2011
• Instruction du Gouvernement du 29 avril 2014, fixant les modalités d’élaboration, d’instruction, d’approbation et d’évaluation des opérations d’investissement
sur le réseau routier national
• Ordonnance du 17 juin 2004
• Ordonnance du 16 juillet 2009 (ou DSP)

4.2.b- Normes

• NF ISO 31000 :2009 Management du risque : principes et lignes directrices


• ISO Guide 73 : 2009 Management du Risque - Vocabulaire
• NF ISO 3010 : 2010 Gestion des risques -- Techniques d’évaluation des risques
• NF P 94500 Etudes Géotechniques, novembre 2013
• Normes SIA (Suisse) 118, 118/192 et 118/198

4.2.c - Recommandations (autres qu’AFTES)

• GERMA – Syntec Ingénierie - Management des projets complexes de Génie Civil et Urbain - Guide pratique pour la Maîtrise et la Gestion des Risques -
Janvier 2012.
• ITIG Code of Practice for Risk Management of tunnel works, 2nd edition, May 2012
• RFF Manuel de maîtrise des risques des opérations en maîtrise d’ouvrage directe décembre 2007
• AITES : Guidelines on Contractual Aspects of Conventional Tunnelling, Working Group No. 19 May 2013
• AITES : Guidelines for tunnelling risk management, 2004
• ASCE : Geotechnical Baseline Reports for construction : suggested guidelines, April 2014

La présente recommandation GT25R3F1 s’est résolument placée dans le contexte des marchés publics et privés en France. Pour cette raison la
recommandation fait explicitement référence aux textes législatifs ou réglementaires français en vigueur pour ces marchés.
La généralisation au contexte international demande donc une adaptation. C’est la raison pour laquelle, le GT25, plutôt que de publier la présente
recommandation en version bilingue, travaille sur une version conservant les mêmes principes, lesquels restent universellement applicables, sans
faire référence à des textes français. Ceci nécessite un travail rédactionnel complémentaire pour rendre le texte autoporteur et, dans certains cas,
faire référence à des recommandations internationales. C’est cette dernière version qui fera l’objet d’une publication bilingue.

This GT25R3F1 recommendation is firmly set in the context of public and private markets in France. For this reason, the recommendation refers ex-
plicitly to current French legislation and regulations for these markets.
Generalisation to the international arena therefore requires adaptation. This is why, rather than publishing a bilingual version of this recommendation,
the GT25 concentrates on a version retaining the same universally applicable principles, without referring to French texts. This requires additional
drafting work to produce an independent text and, in some cases, refer to international recommendations. It is this latter version that will be published
as a bilingual text.

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