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Ahmed BENNOUNA

Le crédit-bail
au Maroc
Un mode de financement original

Préface de Robert Papin

Histoire et Perspectives Méditerranéennes


Le crédit-bail au Maroc
Un mode de financement original
Histoire et Perspectives méditerranéennes
Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud
Dans le cadre de cette collection, créée en 1985, les Éditions
L'Harmattan se proposent de publier un ensemble de travaux concernant le
monde méditerranéen des origines à nos jours.

Déjà parus

Francesco CORREALE, Le front colonial de la guerre 1914-1918, Trafic


d’armes et propagandes dans l’Occident maghrébin, 2014.
Mustapha HOGGA, Théocratie populiste ou séparation des pouvoirs au
Maroc ? Histoire et alternative démocratique, 2014.
André-Paul WEBER, Régence d’Alger et Royaume de France (1500-
1800). Trois siècles de luttes et d’intérêts partagés, 2014.
Cyril GARCIA, Trois historiens face à la guerre d’Algérie, 2014.
Seghier TAB, Les élus français d’origine maghrébine et la politique
représentative, 2013.
Mariam MONJID, L’Islam et la modernité dans le droit de la famille au
Maghreb, Etude comparative : Algérie, Maroc et Tunisie, 2013.
Tahar HADDAD, La naissance du mouvement syndical tunisien, 2013.
Geneviève FALGAS, Les Français de Tunisie de 1881 à 1931, 2013.
Ismaïl REGRAGUI, La diplomatie publique marocaine : une stratégie de
marque religieuse ?, 2013.
Anis BEN ALI, Le rapatriement des Français d’Afrique du Nord dans la
presse. Alpes-Maritimes 1955-1962, 2013.
Mohamed CHABANE, Heurts et malheurs du secteur agricole en Algérie,
1962-2012, 2013
Hosni KITOUNI, La Kabylie orientale dans l’histoire. Pays des Kutuma
et guerre coloniale, 2013.
Geneviève GOUSSAUD-FALGAS, Les Français de Tunisie de 1881 à
1931, 2013.
Jean BISSON, La guerre en Méditerranée 8 novembre 1942-9 septembre
1943. L’histoire revisitée, 2012.
Adel BOUSNINA, Le littoral et le désert tunisiens. Développement
humain et disparités régionales en Tunisie, 2012.
Guy FEUER, Kamel YAHMI, Un dialogue pour la réconciliation, Un
Algérien de France – Un Français d’Algérie, 2012.
Abderrahman EL BERRHOUTI, Outils médiatiques et populations du
Moyen Atlas marocain, 2012.
Fedj MAÂTOUG, John F. Kennedy, la France et le Maghreb (1957-
1963), 2012.
Ahmed BENNOUNA

LE CREDIT-BAIL AU MAROC
Un mode de financement original

Préface de Robert Papin

L’Harmattan
© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-02914-6
EAN : 9782343-029146
AVANT-PROPOS
Cet ouvrage est destiné :
• Aux professionnels
• Aux dirigeants et cadres financiers des entreprises
• Aux étudiants en économie et en gestion
• Aux élèves des grandes écoles de commerce
Cet ouvrage aborde d’une manière exhaustive tous les aspects
fondamentaux du crédit-bail à savoir :
• Aspects juridiques
• Aspects comptables
• Aspects fiscaux
• Aspects économiques
Il aborde également, pour la première fois au Maroc, la
problématique complexe du coût du crédit-bail en tenant compte de la
double incidence de la fiscalité et de l’actualisation sur les flux
financiers.
Dans certains cas, même si le taux apparent d’un contrat de crédit- bail
est supérieur à celui d’un emprunt classique, l’arbitrage entre le recours
au crédit-bail et le financement par emprunt peut être favorable au
crédit-bail en fonction d’un ensemble de variables.
On démontre que la décision de choix entre les deux modes de
financement est fonction de la nature du matériel à financer, de la
déductibilité ou non de la TVA, du régime des dotations aux
amortissements, de la rentabilité de l’entreprise, de son coût moyen
pondéré du capital et de sa situation fiscale.
Le modèle des coûts développé dans cet ouvrage permet à toute
entreprise confrontée à l’arbitrage entre le crédit-bail et l’emprunt de
choisir la solution de financement la moins coûteuse.

5
PRÉFACE

Ahmed BENNOUNA nous propose un ouvrage particulièrement


précieux pour tous les chefs d’entreprise, les financiers et les étudiants.
Dans un langage très simple, il nous présente un mode de
financement que beaucoup de spécialistes ont exposé en termes trop
sophistiqués pour inciter les entreprises à s’y intéresser.
Ahmed BENNOUNA maîtrise l’art de transmettre le fruit d’années
d’expérience et son expérience est grande.
Ancien élève de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris, il est
docteur en sciences de gestion de l’université Paris-Dauphine. Il est
aussi expert-comptable diplômé d’Etat.
Il connaît le crédit-bail sur le bout des doigts car il a été le
directeur général d’une société de crédit-bail et c’est un des meilleurs
experts de ce type de financement au Maroc.
Etant pédagogue et expert, ces deux atouts ont permis à l’auteur
de rédiger un livre remarquable de clarté et de précision, un livre dont
le pays avait besoin car le crédit- bail contribue à son développement
économique.
Si beaucoup d’entreprises marocaines disparaissent c’est parce
qu’elles consacrent leurs fonds propres au financement de leurs
immobilisations au lieu de les réserver au financement de leurs
besoins en fonds de roulement.
Leur endettement à court terme les fragilise et elles sont à la merci de
clients défaillants.
Les banques n’aiment guère accorder des crédits à court terme à
leurs clients.
Elles préfèrent leur consentir des prêts à long ou moyen terme
pour financer des immobilisations qui leur donnent la possibilité de
prendre des garanties sous forme d’hypothèques ou de nantissements.
Ces prêts ne sont pas toujours faciles à obtenir, ils ne

7
couvrent pas la totalité du montant des immobilisations et les
entreprises doivent donc en financer une partie par des fonds propres.
Le crédit-bail aurait permis de consacrer ces fonds propres au
financement des stocks et des crédits clients.
Un de mes professeurs se plaisait à dire «On est aussi bien au
volant d’un camion en leasing qu’au volant d’un camion dont on est
propriétaire ou qu’on a financé par un prêt bancaire».
Mais ce crédit-bail n’est-il pas beaucoup plus coûteux que des prêts
bancaires ? Nombreux sont les chefs d’entreprises qui en sont
convaincus.
Ils savent toutefois que les sociétés de crédit-bail ont baissé le coût de
leurs interventions et que le crédit-bail bénéficie d’avantages fiscaux non
négligeables.
Mais il est bien difficile de mesurer l’impact de ces avantages
fiscaux et d’apprécier les aspects juridiques, économiques et
comptables de ce type de financement.
L’ouvrage d’Ahmed BENNOUNA est là pour répondre à leurs
interrogations et pour les rassurer.
Robert Papin
Fondateur d’HEC-Entrepreneurs
Président d’Honneur de la Fondation
Internationale des Entrepreneurs.

8
SOMMAIRE
Pages
– Introduction ............................................................................................ 11
– Chapitre 1 : Aspects juridiques ...................................................... 19
– Section 1 : Régime juridique du crédit-bail au Maroc........ 21
– Section 2 : Ambiguïté de la nature juridique du crédit-bail 56
– Section 3 : Nature juridique substantielle du crédit-bail 65
– Chapitre 2 : Aspects comptables .................................................. 69
– Section 1 : La comptabilisation chez le crédit-bailleur ...... 73
– Section 2 : La comptabilisation chez le crédit preneur .... 86
– Section 3 : Etats financiers consolidés et normes
internationales .............................................................. 90
– Chapitre 3 : Aspects fiscaux ............................................................ 101
– Section 1 : Impôts locaux.............................................................. 104
– Section 2 : Taxe sur la valeur ajoutée ...................................... 111
– Section 3 : Impôts sur les revenus professionnels .............. 117
– Section 4 : Droits d’enregistrement .......................................... 123
– Chapitre 4 : Aspects économiques................................................ 125
– Section 1 : Le rôle stratégique des banques commerciales 128
– Section 2 : L’évaluation du poids des financements en
crédit-bail ........................................................................ 141
– Section 3 : La mise en valeur des ressources des sociétés
de crédit-bail ................................................................ 156
– Chapitre 5 : Etudes empiriques sur le coût du crédit-bail 165
– Section 1 : Les déterminants du taux débiteur exigé par le
crédit-bailleur .............................................................. 168
– Section 2 : La prime d’agence et complémentarité ................ 177
– Section 3 : Le bon signal .................................................................. 188
– Chapitre 6 : Arbitrage entre le crédit-bail et l’emprunt .. 197
– Section 1 : Les outils financiers utilisés .................................... 200
– Section 2 : La méthode de la VAN du crédit-bail .................. 220
– Section 3 : Coûts selon le mode de financement ................ 223

9
– Chapitre 7 : Illustrations : Exemples concrets ...................... 231
– Section 1 : Matériels ouvrant droit à l’amortissement
dégressif ........................................................................ 234
– Section 2 : Matériels ouvrant droit à l’amortissement
linéaire ............................................................................ 241
– Section 3 : Véhicules de tourisme .............................................. 246
– Section 4 : Biens immobiliers ...................................................... 259
– Conclusion générale ............................................................................ 268
– Bibliographie .......................................................................................... 279
– Table des matières ................................................................................ 285

10
INTRODUCTION

Le terme leasing est généralement employé à l’exclusion de tout


autre pour désigner le leasing considéré comme une forme générique
recouvrant des réalités très différentes, par opposition au crédit-bail qui
désigne la forme française et par la suite la forme marocaine la plus
proche.
Le leasing est un produit financier complexe relevant, à la fois, de la
location et du financement à moyen terme.
Sa caractéristique fondamentale est la séparation entre la propriété
juridique et la propriété économique d’un bien.
Le principe de la dissociation de l’usage et de la propriété d’un
bien a des origines très anciennes.
Le financement des biens en leasing est une technique ancestrale
puisqu'on a trouvé des exemples dans la civilisation sumérienne
quelque 2.000 ans avant Jésus-Christ(1).
Aristote a déjà défini l’essence de cette technique quelque 350 ans
avant Jésus-Christ : «la richesse consiste bien plus dans l’usage que dans la
propriété».
Le terme «lease», lui-même en droit foncier anglo-saxon désignait
pour une personne le droit à l’exploitation d’une propriété agricole dont
elle n’est pas le propriétaire.
L’histoire moderne du leasing débute aux Etats-Unis, à partir des
années cinquante, avec la création de la United States Leasing
Corporation en 1952 à l’initiative de D.P. Booth Junior.
Etant directeur d’une entreprise de conditionnement de produits
alimentaires et ne pouvant acquérir de nouvelles machines par les
moyens de financement traditionnels en vue d’exécuter un

(1) Le crédit-bail et le leasing - Pascal Philipossian - page 6

11
important marché passé avec l’armée, il pensa à la formule de
louage(1).
Quiconque s’occupe pour la première fois du leasing rencontre
nécessairement des difficultés dues aux concepts propres au leasing.
Une étude précise et exhaustive sur le leasing doit discerner le
constant du contingent car la terminologie et les principes généraux
régissant le leasing varient largement d’un pays à l’autre.
Les auteurs ont souvent éprouvé certaines difficultés à définir le
leasing à cause de la variété de ses formes.
Le schéma suivant repris de l’ouvrage du docteur Rinderknecht
donne une classification en fonction de l’objet et des caractéristiques du
leasing(2) :

(1) Leasing mobilier Leasing immobilier

Leasing de Leasing de Leasing de


(2) biens biens de biens
d’investisement consommation d’investissement

(3)
Leasing de Leasing Lease Droit Transfert de Leasing de Lease
financement opérationnel back d’utilisation propriété financement back

(1) Premier niveau : c’est une distinction établie en fonction de


l’objet du leasing sur la base d’un critère de droit réel. Elle reflète une
subdivision des objets du leasing en biens mobiliers et en biens
immobiliers.
(2) Deuxième niveau : c’est une distinction fondée sur l’objet du
leasing et sur des critères d’affectation du bien. Elle reflète une
subdivision des objets du leasing en biens d’investissement et en
biens de consommation.

(1) El Mokhtar Bey, Le crédit-bail immobilier, P.U.F Que sais- je ? 1983 - page 3
(2) Le leasing industriel, commercial et immobilier, publication Lausanne, 1985 - page
18

12
(3) Troisième niveau : c’est une distinction fondée sur les
caractéristiques du leasing selon des critères du droit des obligations et
contrats.
Cette différenciation fondée sur les caractéristiques du leasing
distingue pour les biens d’investissement, le leasing de financement, le
leasing opérationnel, et le lease back.
Le leasing de financement ou leasing financier est un moyen de
financement à moyen terme assimilable au crédit-bail.
La propriété juridique du bien est conservée par le bailleur qui
fournit un financement et est rémunéré en fait par une marge de taux
d'intérêt.
Le preneur étant le propriétaire économique du bien, supporte les
coûts de maintenance, d’assurance ainsi que le risque d’obsolescence.
A l’issue de la période de location irrévocable le locataire a le
choix entre trois options :
• relouer le matériel pour des montants très bas ;
• racheter le matériel à une valeur résiduelle prédéterminée ;
• restituer le matériel.
Le leasing opérationnel s’apparente plus à une prestation de
services qu’à un moyen de financement.
Il s’analyse comme une location résiliable où le bailleur assume
l’entière responsabilité du bien et en assure la maintenance.
Le lease-back (cession-bail) est une opération par laquelle une
entreprise vend un bien à une société de leasing qui lui reloue
immédiatement sous forme de leasing financier.
Pour les biens de consommation, l’éventail va de la pure et simple
cession de jouissance au transfert de propriété.
Le grand succès du leasing outre-Atlantique a été à l’origine de son
introduction en Europe et notamment en France avec la création en
1962 de la première société de leasing LOCAFRANCE.

13
L’introduction du leasing au Maroc date de 1965 avec la création de
la première société de leasing dénommée la Compagnie Marocaine de
Location d'Equipements (Maroc leasing).
Elle fut l’émanation de la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas),
groupe financier français ayant une grande expérience de l’économie
marocaine(1).
Aujourd’hui six sociétés affiliées chacune à un groupe bancaire se
partagent le marché national.
Plusieurs de ces sociétés ont été créées avec la participation et/ou
l’assistance technique des principales sociétés de crédit-bail françaises.
C’est pourquoi, en l’absence de toute base législative spécifique, la
pratique de ce mode de financement au Maroc s’est inspirée de
l’exemple français tant sur le plan de la gestion que sur celui des solutions
techniques.
Cependant, nous avons assisté à partir de 1993 à de profondes
réformes touchant plusieurs branches de l’activité économique
marocaine et notamment les aspects financiers juridiques comptables et
fiscaux du crédit-bail.
Sur le plan juridique, la loi bancaire promulguée le 06 Juillet 1993
consacre pour la première fois au Maroc l’appellation «Crédit-bail» en
définissant les opérations de crédit-bail mobilier et immobilier et en
considérant les sociétés de crédit-bail comme des établissements de crédit.
Cette loi du 06 Juillet 1993 a d’ailleurs été remplacée par la
nouvelle loi bancaire n° 34-03 du 14 février 2006 qui a étendu les
champs d’intervention du crédit-bail.
La loi n°15/95, formant code de commerce, promulguée le 1er août
1996 et publiée au bulletin officiel le 03 Octobre 1996, définit le

(1) Jusqu’à la marocanisation de 1973, la structure du capital social de Maroc leasing


était comme suit :
groupe Paribas = 55 %
Banque Nationale pour le Développement Economique = 27% Société
Nationale d’investissement = 8%
Autres actionnaires = 10%

14
régime légal du crédit-bail mobilier et du crédit-bail immobilier et en
dégage les caractères substantiels et les modalités d’application.
Sur le plan comptable, la loi N°9/88, relative aux obligations
comptables des commerçants promulguée le 25 décembre 1992 et
entrée en vigueur le 1er janvier 1994, a précisé les modalités
d’enregistrement des opérations de crédit-bail en s’attachant aux
conséquences découlant du droit de propriété.
Les sociétés de crédit-bail sont tenues d’appliquer le nouveau plan
comptable des établissements de crédit depuis le 1er janvier 2000.
Sur le plan fiscal, les sociétés de crédit-bail ainsi que les preneurs de
crédit-bail ont toujours bénéficié d’un régime privilégié.
Déjà, la note du ministère des Finances du 14 juillet 1965
confirmée par la note du 1er juillet 1978 a qualifié le contrat de crédit-bail
de contrat de location avec promesse unilatérale de vente et a autorisé
les sociétés de crédit-bail à immobiliser les biens loués et à pratiquer
un taux d’amortissement double de celui généralement admis pour
chaque nature de matériel(1).
Compte tenu de cette disposition toujours en vigueur, les sociétés de
crédit-bail proposent des contrats de location dont les durées sont
calquées sur les durées de ces amortissements accélérés.
Ce qui revient à dire que les preneurs de crédit-bail, enregistrant les
loyers en charges déductibles, bénéficient indirectement de ces
amortissements doubles.
En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A),
l’administration fiscale a d’abord qualifié l’opération de crédit-bail de
prestation de services en la classant avec les opérations soumises au
taux normal de la TVA.
Mais, avec la loi de finances pour l’année 1994, l’administration
fiscale a changé de position en soumettant les opérations de crédit-
bail au taux réduit de 7% au lieu du taux normal de 20%, en les
alignant avec les opérations de banque et de crédit(2).

(1) Note du ministère des Finances N° 8/018612 du 1er juillet 1978


(2) Article 7 de la loi de finances 1994

15
Ce taux réduit a été porté par la loi de finances pour l’année 2006 de
7% à 10% à partir du 1er janvier 2006.
Ce reclassement constituait un avantage concurrentiel important
pour le crédit-bail par rapport aux autres sources de financement
surtout lorsque les biens financés n’ouvraient pas droit à déduction de
la T.V.A.
En effet, et conformément à la loi, les sociétés de crédit-bail
récupéraient la T.V.A payée au fournisseur au taux de 20%,
calculaient les loyers sur la base hors taxes en appliquant sur ces
loyers le taux réduit de 7% et ensuite de 10%.
Ce n’est que depuis le 1er janvier 2008 que cet avantage a été
neutralisé par la loi de finances pour l’année 2008 en alignant à nouveau le
taux des opérations de crédit-bail sur le taux normal de 20%.
Le crédit-bail a connu un développement remarquable depuis son
introduction au Maroc.
Les sociétés de crédit-bail ont financé à fin 2012 un total de 154,6
milliards de dirhams et la progression ajustée des financements en
crédit-bail a été de l’ordre de 26% par an de 1965 à 2004.
Cette progression ajustée a été de plus de 13% par an pendant les dix
dernières années et les investissements hors taxes en crédit-bail se sont
établis à 13,6 milliards de dirhams en 2012.
L’encours fin décembre 2012 des crédits distribués par les sociétés
de crédit-bail s’est établi à 40,8 milliards de dirhams.
Cette percée du crédit-bail dans l’économie marocaine incite à la
réflexion quant aux raisons d’un tel succès.
En fait, nous assistons depuis 1997 à une baisse continue des
barèmes des sociétés de crédit-bail en raison des baisses successives des
TEG maximum fixés par Bank Al-Maghrib et de la concurrence entre les
sociétés de crédit-bail pour capter les clients les plus solvables.
La marge d’intermédiation des sociétés de crédit-bail, qui est égale à la
différence entre le taux de placement et le taux de refinancement, connaît
une baisse continue pour atteindre aujourd’hui un niveau raisonnable.

16
Cependant, il est légitime de se demander pourquoi les entreprises
recourent au crédit-bail en supportant une marge d’intermédiation
plutôt qu’à un crédit classique moins cher.
En fait, la détermination du coût du crédit-bail pour l’entreprise
utilisatrice est relativement complexe.
Il s’agit, d’un mode de financement particulier et il est nécessaire de
tenir compte de l’influence de la fiscalité et de l’actualisation.
Avant d’aborder la problématique du coût du crédit-bail nous
allons exposer, au préalable, les spécificités juridiques, comptables,
fiscales et économiques du crédit-bail au Maroc.
Sur le plan juridique, nous allons essayer d’appréhender les
conséquences de la loi bancaire du 6 juillet 1993 et de la nouvelle loi
bancaire du 14 février 2006.
Nous allons analyser la loi du 1er août 1996 formant code de
commerce pour la partie relative aux opérations de crédit-bail, étudier la
convention de crédit-bail, et faire ressortir les incidences de la nouvelle
législation sur la convention de crédit-bail.
Nous allons également souligner l'ambiguïté de la nature
juridique du crédit-bail en mettant en relief les insuffisances de
l’analyse juridique formelle et les altérations du contrat de louage.
Nous allons enfin essayer de cerner la nature juridique substantielle
du crédit-bail.
Sur le plan comptable, nous allons exposer les modalités
d’enregistrement des opérations de crédit-bail chez le preneur et chez le
crédit-bailleur conformément aux prescriptions du code général de
normalisation comptable et du nouveau plan comptable des
établissements de crédit.
Nous allons également mettre en relief les principales divergences
avec le référentiel international IFRS et le référentiel américain US
GAAP.
Une place importante sera réservée à la comptabilité financière et à la
notion fondamentale de réserve latente des sociétés de crédit-bail.

17
Sur le plan économique, nous allons essayer de mettre en évidence le
rôle stratégique des banques commerciales au niveau de la politique
des risques et de la politique des marchés de leurs filiales, les sociétés de
crédit-bail.
Il sera procédé, également, à l’évaluation du poids des financements
par crédit-bail en faisant notamment des comparaisons judicieuses avec
les crédits moyen terme et les crédits à l’équipement du système
bancaire.
Une analyse sectorielle des concours crédit-bail dispensés par les
sociétés de crédit-bail sera effectuée pour mettre en relief les
déséquilibres sectoriels de ces concours et faire ressortir les
principaux secteurs bénéficiaires.
Il sera procédé, également, à une segmentation des concours crédit-
bail par nature de matériel financé pour faire ressortir les types de
matériels les plus financés en crédit-bail.
Il sera proposé, également et dans le même ordre d’idées, une
étude sur le rôle socio-économique du crédit-bail dans l’économie
marocaine.
Sur le plan fiscal, il sera procédé à une étude approfondie de la
législation fiscale marocaine en matière de crédit-bail pour mettre en
évidence les avantages liés aux spécificités de cette législation et leurs
multiples conséquences.
Nous présenterons ensuite quelques études empiriques sur le coût du
crédit-bail et nous aborderons la problématique de l’arbitrage entre le
crédit-bail et l’emprunt en développant quelques exemples concrets en
fonction de la nature du bien à financer et d’un ensemble de variables.

18
CHAPITRE 1

ASPECTS JURIDIQUES

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