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Université Paris Diderot IA3 – Année 2017/18

Département de Sciences Exactes L2 Math, L2 Math-Info

Introduction à l’arithmétique
Corrigé du partiel du 4 novembre 2017
Durée : 2h

Aucun document n’est autorisé, ni poly, ni TD, ni notes de cours. Les cal-
culatrices ne sont pas autorisées non plus.
Les exercices sont indépendants.
Résoudre une équation ou plusieurs équations dans Z signifie donner l’en-
semble de ses solutions en nombres entiers relatifs.

Questions de cours
Exercice 1 Énoncer, de manière précise et rigoureuse, l’existence et l’unicité
de la décomposition produit de facteurs premiers dans N.

Correction : Pour tout n ∈ N∗ , il existe k ∈ N, il existe k nombres


premiers p1 < · · · < pk et il existe k nombres entiers naturels non nuls
a1 , . . . , ak tels que :
Yk
n= pα
i .
i

i=1

Remarque : si k = 0, on considère par convention que le produit ci-dessus


est le produit vide et vaut 1.

Cette décomposition est unique, c’est-à-dire que si on a une autre dé-


composition
αk β1 β`
n = pα1 . . . pk = q1 . . . q` ,
1

avec ` ∈ N, les qi des nombres premiers avec q1 < q2 < · · · < q` et αi des
entiers naturels non nuls, alors :

k = `,
et pour tout i ∈ {1, . . . , k}, pi = qi et αi = βi .

Exercice 2 On rappelle que ϕ(n) désigne le cardinal du groupe (Z/nZ)∗ des


éléments inversibles de Z/nZ pour la multiplication.
1. Combien vaut ϕ(125) ?

1
2. Combien y a-t-il de nombres entiers entre 1 et 125 qui sont premiers
avec 125 ? (On pourra utiliser un résultat du cours sans le redémontrer.)

Correction :
1. On remarque que 125 = 53 . Or, 5 étant premier, d’après le cours,

ϕ(125) = 53 − 52 = 125 − 25 = 100

2. Z/nZ est égal à l’ensemble des classes modulo n des entiers x ∈


{1, . . . , n}. Or, la classe de x est inversible modulo n si et seulement
si pgcd(x, n) = 1 (d’après le théorème de Bézout). Donc (Z/nZ)∗
est égal à l’ensemble {x̄|x ∈ {1, . . . , n}, pgcd(x, n) = 1}. Donc l’en-
semble des entiers entre 1 et 125 qui sont premiers avec 125 contient
ϕ(125) = 100 éléments.

Exercice 3
1. Déterminer pgcd(468, 182).
2. Trouver une solution dans Z2 pour l’équation de Bézout
468u + 182v = pgcd(468, 182).

3. Résoudre 468x ≡ 24 mod 182 dans Z.


4. Résoudre 468x ≡ 52 mod 182 dans Z.

Correction :
1. Appliquons l’algorithme d’Euclide-Bézout :

i ri qi xi yi 468 = 2 × 182 + 104


0 468 1 0 182 = 1 × 104 + 78
1 182 2 0 1
2 104 1 1 −2 104 = 1 × 78 + 26
3 78 1 −1 3 78 = 3 × 26
4 26 3 2 −5
Donc, pgcd(468, 182) = 26.
5 0
2. Remontons l’algorithme d’Euclide :

26 = 104 − 78
= 104 − (182 − 104) = 2 × 104 − 182
= 2 × (468 − 2 × 182) − 182
26 = 2 × 468 − 5 × 182

2
Donc (2, −5) est une solution à l’équation :

468u + 182v = 26

3. Méthode 1 : Supposons que x ∈ Z vérifie

468x ≡ 24[182]. (1)

Cela signifie qu’il existe k ∈ Z tel que :

468x + 182k = 24.

Puisque pgcd(468, 182) = 26 ne divise pas 24, d’après le théorème de


Bézout, cette équation n’a pas de solution, et donc l’équation (1) n’a
pas de solutions dans Z.
Méthode 2 : D’après ce qui précède, 2 × 468 ≡ 26[182], et donc :

468x ≡ 24[182] ⇔ 26x ≡ 48[182]

Or, 182 = 2 × 7 × 13, donc, d’après le théorème des restes chinois,


cette équation équivaut au système :

 26x ≡ 48 [2]
26x ≡ 48 [7]
26x ≡ 48 [13]

La troisième ligne étant équivalente à 0 ≡ 9[13], l’équation (1) n’a


donc aucune solution.
4. Méthode 1 : Soit x ∈ Z. Alors x satisfait l’équation :

468x ≡ 52[182] (2)

si et seulement s’il existe k ∈ Z tel que : 468x + 182k = 52, c’est-à-dire


(en divisant par 26 = pgcd(468, 182)) si et seulement s’il existe k ∈ Z :

18x + 7k = 2.

Donc

x vérifie (2) ⇔ 18x ≡ 2 [7]


⇔ 4x ≡ 2 [7]
⇔ 2 × 4x ≡ 2 × 2 [7]
⇔x≡4 [7].

Ainsi, l’ensemble des solutions de (2) est {4 + 7n, n ∈ Z}.

3
Méthode 2 : Soit x ∈ Z. Alors x satisfait l’équation(2) si et seulement
s’il existe k ∈ Z tel que :

468x + 182k = 52.

D’après ce qui précède, (2 × 2, 2 × −5) = (4, −10) est solution de cette


équation, et donc l’ensemble des solutions de cette équation est :
 
182 468
(4 + n , −10 + n ), n ∈ Z = {(4 + 7n, −10 + 18n), n ∈ Z}
26 26

et donc, l’ensemble des solutions de l’équation (2) est {4+7n, n ∈ Z}.


Méthode 3 : D’après le théorème des restes chinois, (2) équvaut à :

 468x ≡ 52 [2]
468x ≡ 52 [7]
468x ≡ 52 [13]

la première et la troisième ligne sont vérifiées par tout entier x car


468 et 52 sont des multiples de 2 et de 13. De plus, 468 = 67 × 7 − 1
et 52 = 7 × 7 + 3, donc (2) équivaut à :

−x ≡ 3[7]

Ce qui finalement équivaut à :

x ≡ −3[7].

(On constate que les résultats obtenus avec les trois méthodes sont
bien les mêmes.)

Exercice 4
1. Trouver deux entiers u, v tels que 15u + 13v = 1. En déduire une solution
particulière x0 à valeures entières du système d’équations suivant

x ≡ 3 mod 13
(3)
x ≡ 4 mod 15,

puis résoudre le système (3) dans Z.


2. Résoudre le système suivant dans Z

x ≡ 6 mod 39
(4)
x ≡ 8 mod 15.

4
Correction :
1. Appliquons l’algorithme d’Euclide-Bézout :

15 = 1 × 13 + 2
13 = 6 × 2 + 1

On obtient une relation de Bézout entre 15 et 13 en calculant :


     
1 0 0 1 0 1 ∗ −6
=
0 1 1 −1 1 −6 ∗ 7

donc 1 = −6 × 15 + 7 × 13.
On en déduit que :


 7 × 13 ≡ 0 [13]
7 × 13 ≡ 1 [15]

,

 −6 × 15 ≡ 1 [13]
−6 × 15 ≡ 0 [15]

Donc 4×7×13−3×6×15 = 364−270 = 94 est solution du système (3).


On en déduit que le système (3) équivaut à :

x ≡ 94 [13]
x ≡ 94 [15]

et, d’après le théorème des restes chinois, puisque pgcd(13, 15) = 1 ce


système équivaut à l’équation :

x ≡ 94[195]

2. D’après le théorème des restes chinois, le système (4) équivaut à :




 x ≡ 6 [3]
x ≡ 6 [13]


 x ≡ 8 [3]
x ≡ 8 [5]

Les lignes 1 et 3 n’ont aucunes solutions communes car 6 6≡ 8[3]. Donc


le système (4) n’a aucune solution.

Exercice 5 Déterminer le dernier chiffre dans l’écriture décimale de 3 3335 555 .

5
Correction : Le nombre 3 333 est congru à 3 modulo 10. Or :

32 ≡ −1[10]
33 ≡ −3[10]
34 ≡ 1[10]

Calculons le reste dans la division euclidienne de 5 555 par 4 : comme 100


est un multiple de 4, on a

5 555 ≡ 55 ≡ 3[4].

La division euclidienne de 5555 par 4 s’écrit donc 5555 = 4q +3, avec q ∈ N.


Ainsi,
q
3 3335 555 ≡ (34 ) 33 ≡ 1q × 33 ≡ 7[10].
Ce qui finalement signifie que le reste dans la division de 3 3335 555 par 10
est 7.

Exercice 6 On considère la suite d’entiers naturels u définie par récurrence


par :
u0 = 0, u1 = 1, ∀n ∈ N, un+2 = un+1 + un .
1. Calculer u2 , u3 , u4 , u5 et u6 .

Pour tout n ∈ N, pour tout m ∈ N∗ , on a les relations suivantes, que l’on ne


demande pas de démontrer (cela pourrait se faire par récurrence), et que l’on
pourra utiliser pour résoudre les questions suivantes de cet exercice :

(−1)n+1 un+2 un + (−1)n un+1 2 = 1, (5)

un+m = um un+1 + um−1 un . (6)


2. Déduire de la relation (5) que pour tout n ∈ N, un et un+1 sont premiers
entre eux.

3. Soient n, m ∈ N.
(a) Soit d un diviseur commun de un et um . Montrer que d divise un+m .
(b) Soit d0 un diviseur commun de um+n et un . Montrer que d0 divise um .
(c) En déduire pgcd(um+n , un ) = pgcd(um , un ).
4. En déduire que pour tout k ∈ N, pgcd(um+kn , un ) = pgcd(um , un ).
5. En appliquant l’algorithme d’Euclide-Bézout à m et n, montrer

pgcd(um , un ) = upgcd(m,n) .

6. Calculer le pgcd de u66 = 27 777 890 035 288 et de u42 = 267 914 296.

6
Correction :
1. Les premiers termes de la suite u sont :
u2 = u0 + u1 = 1
u3 = u1 + u2 = 2
u4 = u2 + u3 = 3
u5 = u3 + u4 = 5
u6 = u4 + u5 = 8
2. La relation (5) donne une relation de Bézout entre un et un+1 , qui
sont donc premiers entre eux.

3. Soient n, m ∈ N.
(a) Soit d un diviseur commun de un et um . Si m = 0, alors d divise
bien un+m = un . Sinon, m > 1 et d divise um un+1 et um−1 un
donc divise leur somme, qui est égale à un+m d’après (6).
(b) Soit d0 un diviseur commun de um+n et un . Si m = 0, alors d0
divise bien um = 0 (car 0 = 0d0 ). Sinon, d’après (6),

um un+1 = un+m − um−1 un ,

donc d0 divise um un+1 . Or d0 est premier avec un+1 car d0 est un


diviseur de un et un est premier avec un+1 d’après la question
précédente. D’après le lemme de Gauss, d0 divise um . Alors d0
divise um .
(c) D’après (a), tout diviseur commun de un et um est un divi-
seur commun de um+n et un . D’après (b), tout diviseur com-
mun de um+n et un est un diviseur commun de de un et
um . Par conséquent, um+n et un ont les mêmes diviseurs com-
muns que un et um , et en particulier ils ont le même pgcd :
pgcd(um+n , un ) = pgcd(um , un ).
4. En utilisant la question (3), on peut démontrer que pour tout k ∈ N,
pgcd(um+kn , un ) = pgcd(um , un ) par récurrence sur k.
5. Soient a, b deux nombres entiers naturels, b 6= 0 et a = bq + r la
division euclidienne de a par b. Alors

pgcd(ua , ub ) = pgcd(ub , ur )

d’après la question précédente.


Dans l’algorithme d’Euclide appliqué à m et n, notons r0 , r1 , . . . , rk =
pgcd(m, n), rk+1 = 0 les restes successifs. D’après la remarque ci-
dessus,

pgcd(um , un ) = pgcd(uri , uri+1 ) pour tout i ∈ {0, . . . k}


= pgcd(urk , u0 ) = pgcd(urk , 0) = urk
= upgcd(m,n) .

7
6. D’après la question (5),

pgcd(u66 , u42 ) = upgcd(66,42) = upgcd(2×3×11,2×3×7) = u6 = 8.