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THESE

Présentée à

L’Université de Pau et des Pays de l’Adour


Ecole Doctorale des Sciences Exactes et leurs Applications

Par

Guillaume ANIES

Pour obtenir le grade de

DOCTEUR
Spécialité : énergétique

Modélisation, simulation dynamique,


validation expérimentale et optimisation énergétique
d’une unité de rafraîchissement solaire par absorption

Soutenue publiquement le 28 Novembre 2011

Rapporteurs :
Pierre Neveu Professeur - PROMES, Perpignan
Alberto Coronas Professeur - Universitat Rovira i Virgili, Tarragone, Espagne

Examinateurs :
Jesús Guallar Paracuellos Professeur - GITSE, Saragosse, Espagne
Jean-Pierre Bédécarrats Maître de conférences (HDR) - LaTEP, UPPA

Directeurs de thèse et co-encadrant :


Pascal Stouffs Professeur - LaTEP, UPPA
Jean Castaing-Lasvignottes Maître de Conférences - PIMENT, Université de la Réunion
Avant propos

Ce travail a été réalisé au sein du laboratoire de Thermique, Energétique et Procédés (LaTEP) et de l'Ecole Nationale
Supérieure de Génie des Systèmes Industrielles de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour. Son financement a été
assuré par une bourse du Ministère de l'Enseigne Supérieur et de la Recherche.

Je remercie Monsieur le Professeur Pascal STOUFFS et Monsieur Pierre CEZAC, Directeurs successifs du LaTEP,
pour m'avoir accueilli dans leur laboratoire et Monsieur Jacques MERCADIER, Directeur de l'ENSGTI de l'Université
de Pau et des Pays de l'Adour, pour m'avoir accepté dans ses locaux.

Je suis très sensible à l'honneur que m'ont fait Monsieur le Professeur Alberto CORONAS de l'Université de Taragonne
(Espagne) et Monsieur le Professeur Pierre NEVEU de l'Université de Perpignan, en acceptant d'examiner ce travail et
d'en être les rapporteurs.

J'esprime ma profonde gratitude à Monsieur Le Professeur Pascal STOUFFS et Monsieur Jean CASTAING-
LASVIGNOTTES pour la confiance qu'ils m'ont accordé lorsqu'ils m'ont confié ce travail de recherche. Je tiens tout
particulièrement à remercier Monsieur Jean CASTAING-LASVIGNOTTES pour sa générosité et sa passion dans le
partage de la connaissance et enfin sa présence bienveillante et ses encouragements durant ces trois années de thèse.

Je tiens à adresser mes plus sincères reconnaissances à Monsieur le Professeur Jesus Guallar Paracuellos de l'Université
de Saragosse, et à Monsieur Jean-Pierre Bédécarrats, Maître de Conférences (HDR) de l'Université de Pau, pour avoir
accepté de faire partie de ce jury. Je tiens également à remercier Monsieur Francis DEQUE (EDF R&D - Les
Renardières) d'avoir accepté mon invitation pour assiter à la présentation de ces travaux.

Je voudrais également remercier ceux qui ont contribué à ce travail au travers des projets ORASOL et ABCLIMSOL et
avec lesquels j'ai été amené à collaborer : François BOUDEHENN, Mickaël ALBARIC et Philippe PAPILLON (CEA-
INES), Nadège CHATAGNON, Francis DEQUE et Marc BACHMANN (EDF R&D), Nabil BENABDELMOUMENE
et Julien HEINTZ (CETIAT), Driss STITOU et Nathalie MAZET (PROMES), Franck LUCAS et Olivier MARC
(PIMENT), Nolwenn LE PIERRES, Gianpierro EVOLA, Lingaï LUO et Etienne WURTZ (LOCIE), Michel PONS
(LIMSI), Christian GHIAUS et Noël JABBOUR (CETHIL), Amandine LE DENN et Daniel MUGNIER (TECSOL),
Bruno GAGNEPAIN et Celine COULAUD (ADEME), Sandrine AMBLARD (Centre R&D CIAT).

J'aimerais aussi adresser mes remerciements à toute l'équipe pédagogique et administrative de l'école d'ingénieurs
(ENSGTI) de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, où j'ai pu effectuer mes premiers pas dans l'enseignement.
J'exprime donc ici ma profonde gratitude aux membres et ex-membres de la filière énergétique et en particulier Erwin,
Stéphane, Michel, Jean, Jean-Pierre et Jean-Paul.

Je remercie Muriel ALAPHILIPPE et Jean-Luc SAUBATTE de l'IUT GTE de Pau, Amandine LE DENN du bureau
d'études TECSOL, Azdine, Chritian et Serge de l'entreprise AQUASUN et bien sûr pour leur aide et leurs conseils lors
du montage de l'installation de démonstration du laboratoire.

- iii -
Je voudrais également remercier mes collègues doctorants Guillaume VARET, Lionel FLESINSKI, Rachid
HANNAOUI, Adil MOUAHID, Eric KERGOSIEN, Maxime PERRIET-MUZET, Kossivi GOKPI, Abdou TOURE,
Alexandre DEYDIER, Eric CLOAREC pour leur bonne humeur et leur aide durant ces trois années. Qu'ils sâchent que
je garderais en mémoire tous les bons moments passés ensemble.

Comment ne pas rendre hommage à mes Parents, mon frère et ma soeur qui comptent beaucoup pour moi. Et bien sûr je
ne saurais conclure sans remercier Astrid, tant sa compréhension et son soutien ont été déterminants ces dernières
années.

- iv -
Nomenclature

Nomenclature

a1 Coefficient de déperdition thermique par conduction du capteur solaire [W.m-2.K-1]


a2 Coefficient de déperdition thermique par convection du capteur solaire [W.m-2.K-2]
Cp Chaleur massique [J.kg-1.K-1]
COP Coefficient de performance [-]
D Diamètre [m]
e Epaisseur [m]
I Irradiation (ensoleillement) [W.m-2]
h Enthalpie spécifique [J.kg-1]
HR Humidité relative [%]
Débit massique [kg.s-1]
M Masse [kg]
NUT Nombre d'unité de transfert [-]
Pb Basse pression [Pa]
Ph Haute pression [Pa]
Q Puissance thermique [W]
Q Energie thermique [W.h]
US Facteur d'échange global [W.K-1]
Tb Température source froide [K]
Th Température source chaude [K]
Tm Température source ambiante [K]
u Energie interne massique [J.kg-1]
U Energie interne [J]
V Volume [m3]
Puissance électrique [W]
W Energie électrique [W.h]
Xd Concentration massique de la solution diluée en bromure de lithium [%]
Xc Concentration massique de la solution concentrée en bromure de lithium [%]

v
Nomenclature

Symboles
Efficacité [-]
Rendement ou efficacité [-]
0 Rendement optique [-]
k Conductivité thermique [W.m-1.K-1]
Masse volumique [kg.m-3]

Indices
abs Absorbeur
capt Capteur
cond Condenseur
dés Désorbeur
dist Distribution
ech Echangeur
élec Electrique
evap Evaporateur
ext Extérieur
prod Production
ref Refroidissement
sat Saturé
sol Solution
th Thermique
ventilo-conv Ventilo-convecteur

vi
Table des matières

Table des matières

INTRODUCTION GENERALE 1
Références bibliographiques 7

CHAPITRE I - ETAT DE L'ART DU RAFRAICHISSEMENT SOLAIRE 9


I. Introduction 10
II. Les capteurs solaires thermiques 10
II.1. Les capteurs statiques 10
II.1.1. Capteurs plans non vitrés 11
II.1.2. Capteurs plans vitrés (air et eau) 11
II.1.3. Capteurs sous vide (circulation ou caloduc) 12
II.1.4. Capteurs plans vitrés ou sous vide avec miroir de concentration parabolique 13
II.2. Les capteurs mobiles 14
II.2.1. Capteurs cylindro-parabolique (1 axe) 15
II.2.2. Capteurs à lentille Fresnel (1 axe) 16
II.2.3. Parabole de révolution (2 axes) 17
III. Les procédés de rafraîchissement solaire 18
III.1. Les systèmes frigorifiques à cycle ouverts 18
III.1.1. Dessiccation solide (DEC) 18
III.1.2. Dessiccation liquide 20
III.2. Les systèmes frigorifiques à cycle fermés 22
III.2.1. Systèmes à adsorption 22
III.2.2. Systèmes à absorption liquide 28
IV. Actualité de la climatisation solaire 36
IV.1. Etat du marché 36
IV.2. Etat de l’offre technologique 39
IV.3. Les projets de recherches nationaux 44
IV.3.1. Projet ORASOL 44
IV.3.2. Projet ABCLIMSOL 47
V. Modélisation des machines à absorption 49
V.1. Les modèles statiques simplifiés 50
V.2. Les modèles dynamiques 52
VI. Conclusion 52
Références bibliographiques 54

vii
Table des matières

CHAPITRE II - MODELISATION DE QUATRE MACHINES A ABSORPTION


DOMESTIQUES SIMPLE EFFET 61
I. Introduction 62
II. Protocole expérimental et résultats 63
II.1. Tests de la Rotartica Solar 045 63
II.1.1. Présentation de la machine 63
II.1.2. Résultats expérimentaux en régime statique 64
II.1.3. Résultats expérimentaux en régime dynamique 69
II.2. Tests de la Sonnenklima Suninverse 73
II.2.1. Présentation de la machine 73
II.2.2. Résultats expérimentaux en régime statique 74
II.2.3. Résultats expérimentaux en régime dynamique 77
II.3. Tests de la EAW Schüco LB 15 79
II.3.1. Présentation de la machine 79
II.3.2. Résultats expérimentaux en régime statique 80
II.3.3. Résultats expérimentaux en régime dynamique 82
II.4. Tests de la EAW Schüco LB 30 84
II.4.1. Présentation de la machine 84
II.4.2. Identification de régime statique 86
II.4.3. Description du comportement de l'installation en régime transitoire 88
III. Modélisation en régime permanent 88
III.1. Modélisation selon la méthode Kühn et Ziegler 88
III.2. Modélisation phénoménologique 92
III.2.1. Cycle à absorption simple effet (cycle idéal) 92
III.2.2. Intégration technologique (cycle réel) 95
III.2.3. Procédure d’identification des paramètres dimensionnels 97
III.2.4. Rotartica Solar 045 98
III.2.5. Sonnenklima SUNINVERSE 103
III.2.6. EAW Schüco LB 15 104
III.2.7. EAW Schüco LB 30 106
III.2.8. Synthèse 107
IV. Modélisation en régime transitoire 109
IV.1. Modélisation selon la méthode Kühn et Ziegler 109
IV.2. Modélisation phénoménologique 112
IV.2.1. Intégration des paramètres inertiels au modèle statique 112

viii
Table des matières

IV.2.2. Rotartica Solar 045 114


IV.2.3. Sonnenklima SunInverse 116
IV.2.4. EAW Schüco LB 15 117
IV.2.5. EAW Schüco LB 30 120
V. Conclusion 122
Références bibliographiques 124

CHAPITRE III - ETUDE EXPERIMENTALE D'UNE UNITE DE RAFRAICHISSEMENT


SOLAIRE 127
I. Introduction 128
II. Présentation de l'installation AQUISOL 128
II.1. Situation géographique et données météorologiques 129
II.2. Champ de capteurs solaires thermiques 130
II.3. Ballon de stockage chaud 133
II.4. Machine à absorption 133
II.5. Aéro réfrigérant (Dry cooler) 134
II.6. Ventilo-convecteurs et cellules climatiques 135
II.7. Instrumentation et incertitudes de mesures 135
II.8. Régulation de l'installation 139
II.8.1. Le circuit solaire 139
II.8.2. Le circuit désorbeur 140
II.8.3. Machine et circuits de refroidissements et d'eau glacée 140
II.9. Mise en service et problèmes rencontrés 141
III. Fonctionnement de l'unité de rafraîchissement solaire 142
III.1. Indicateurs de performance 142
III.2. Fonctionnement type 144
III.2.1. Essai du 11 juillet 2011 144
III.2.2. Essai du 12 septembre 2011 148
III.3. Fonctionnement type modifié 151
III.4. Fonctionnement sans ballon de stockage 155
III.4.1. Essai du 20 septembre 2011 155
III.4.2. Essai du 21 septembre 2011 157
IV. Conclusion 159
Références bibliographiques 162

ix
Table des matières

CHAPITRE IV - MODELISATION D'UNE UNITE DE RAFRAICHISSEMENT SOLAIRE 163


I. Introduction 164
II. Modélisations des différents matériels 165
II.1. Canalisations 166
II.1.1. Modélisation 166
II.1.2. Validation expérimentale 168
II.2. Champ de capteurs solaires thermiques 168
II.2.1. Modélisation 168
II.2.2. Validation expérimentale 171
II.3. Ballon de stockage chaud 173
II.3.1. Modélisation 173
II.3.2. Validation expérimentale 176
II.4. Aéro-réfrigérant et Ventilo-convecteurs 179
II.4.1. Modélisation 179
II.4.2. Validation expérimentale du modèle de l'aéro-réfrigérant 180
II.4.3. Validation expérimentale du modèle des ventilo-convecteurs 181
II.5. Machine à absorption Rotartica 183
III. Outil de modélisation d'unité de rafraîchissement solaire 184
III.1. Couplage des différents composants 184
III.2. Etude de sensibilité paramétrique 188
III.2.1. Etude de sensibilité paramétrique du champ de capteurs 188
III.2.2. Etude de sensibilité paramétrique du réservoir de stockage 189
III.2.3. Etude de sensibilité paramétrique des aéro/ventilo-convecteurs 189
IV. Conclusion 190
Références bibliographiques 193

CONCLUSION GENERALE 195


Références bibliographiques 201

x
Introduction générale

-1-
Introduction générale

Le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), travail sur la


question du réchauffement climatique. Dans son dernier rapport [1], auquel ont participé plus de
2500 scientifiques de 130 pays, le GIEC affirme que le réchauffement climatique depuis 1950 est
très probablement d'origine humaine. Ces conclusions ont été approuvées par plus de 40 sociétés
scientifiques et académies des sciences, y compris l'ensemble des académies nationales des sciences
des grands pays industrialisés. Les projections des modèles climatiques présentées dans le dernier
rapport du GIEC indiquent que la température de surface du globe est susceptible d'augmenter de
1,1 à 6,4 °C au cours du XXIe siècle. Cependant, le réchauffement devrait se poursuivre au-delà de
cette date, même si les émissions s'arrêtent en raison de la grande inertie des océans et de la durée
de vie du dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

Ce phénomène implique de fortes conséquences humaines et environnementales à moyen et


long terme. Par conséquent, ayant pris conscience de la gravité de la situation, la communauté
mondiale a décidé de prendre des initiatives pour limiter le processus. L'un des plus célèbres en
vigueur se trouve être le protocole de Kyoto [2]. Il s'agit d'un traité international imposant aux pays
industrialisés une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% par rapport à l'année
1990. L'industrie de la réfrigération est l'une des plus touchées par le protocole à cause de l'impact
important des fluides frigorigènes sur l'environnement. Par exemple, en Europe, l'utilisation de
HFC-134a sera interdite à partir de 2015 que ce soit dans les nouvelles comme dans les anciennes
installations [3].

La consommation d'énergie dans les bâtiments a augmenté ces dernières années avec le
développement de l'économie mondiale et représente 30% de l'énergie totale utilisée. Aujourd’hui,
le secteur du bâtiment est responsable du quart des émissions de gaz à effet de serre [4]. Peu à peu,
la contribution des énergies renouvelables devient indispensable pour atteindre les objectifs de
réduction fixés par les différentes autorités.

Durant la dernière décennie, l'augmentation du niveau de vie, le renforcement de l'isolation


des bâtiments (Réglementation Thermique), une demande de confort accrue et l'augmentation des
températures estivales ont conduit à un fort développement de la climatisation [5, 6]. L'Institut
International du Froid à Paris (IIF / IIR) a estimé qu'environ 15% de toute l'électricité produite dans
le monde est employée pour la réfrigération et la climatisation. La consommation d'énergie pour les
systèmes de climatisation a récemment été estimée à 45% de l'ensemble de l'énergie consommée
par les bâtiments résidentiels et tertiaires [7].

-2-
Introduction générale

Ce développement de la climatisation est responsable d’un pic important de consommation


électrique en été, le système de production et de transport d’électricité se rapprochant parfois de ses
limites de capacité [4]. Associés aux éventuelles fuites de fluides frigorigènes, ces pics de
production électrique induisent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, accentuant
le cercle vicieux du changement climatique [5].

Dans les années 1970, la réfrigération solaire reçut un grand intérêt, lorsque le monde a
souffert de la crise pétrolière, qui avait été initiée par les membres arabes de l'OPEP. Il y avait de
nombreux projets de développement ou de démonstration des technologies de réfrigération solaire
[8, 9]. Les technologies de réfrigération solaire ont l'avantage de supprimer la majorité des effets
négatifs des machines frigorifiques traditionnelles. De plus, comme on peut le voir sur la figure 1, la
quasi coïncidence entre les pics de besoins frigorifique et le rayonnement solaire disponible
constitue un autre point positif à verser au compte de la réfrigération solaire. Par conséquent, dans
le contexte actuel, l’utilisation de l’énergie solaire pour la climatisation des bâtiments est de
nouveau un concept séduisant.

Figure 1 : Rayonnement solaire et besoin de climatisation au cours d'une journée d'été [10]

En génie climatique, le terme de climatisation fait référence à une installation qui garantit une
valeur de consigne pour la température (et dans certains cas le taux d’humidité). Une installation de
rafraîchissement solaire permet d’abaisser le niveau de température mais la valeur de consigne ne
peut pas toujours être garantie (la nuit par exemple, ou lors d’une période chaude mais sans soleil).
Il est cependant possible de garantir une valeur de consigne, lorsque cela est nécessaire, par un
appoint. On utilisera donc le terme de rafraîchissement solaire pour une installation autonome, et
climatisation solaire lorsqu’un appoint est utilisé.

Différentes technologies sont disponibles sur le marché, dans la gamme de puissance 50 kW


et plus et peuvent être couplées avec des capteurs solaires thermiques. Les principaux obstacles à
leur développement à grande échelle, avant même leur coût élevé, sont le manque de connaissance

-3-
Introduction générale

pratique sur la conception, le contrôle et le fonctionnement de ces systèmes. Dans la gamme petite
puissance, c'est le manque de technologie sur le marché qui à empêché leur croissance [11]. Dans
les années 80, de nombreux travaux ont été menés sur le développement de systèmes solaires
appliqués à la climatisation, en particulier aux Etats-Unis et au Japon. Des étapes importantes ont
été franchies dans le développement de composants et systèmes, mais finalement l'activité s'est
arrêtée principalement pour des raisons économiques [11].

En réponse au contexte actuel plus favorable, plusieurs entreprises ont commencé à


développer des machines dont les puissances nominales sont comprises entre 5 kW et 50 kW. Puis,
des kits clés en mains sont apparus sur le marché [12, 13]. L'intérêt demeure actuellement dans la
poursuite du développement des systèmes de petite capacité de conditionnement d'air. Ces derniers
font l'objet de projets à la fois de recherche et de démonstration dans de nombreux pays et aussi
dans le cadre de coopérations internationales (par exemple, le Programme de l'Agence
Internationale de l'Energie, chauffage et refroidissement solaire) [13].

Les travaux se focalisent donc sur l'étude des procédés de rafraîchissement solaire et plus
particulièrement sur les systèmes à faible puissance frigorifique. L'objectif de ce type d'installation
est d'élargir le marché des systèmes de rafraîchissement solaire au résidentiel, ce qui représente un
enjeu environnemental important. Toutefois, ces procédés ne sont pas encore rentables
économiquement du fait de leur coût d'investissement, de fonctionnement mais aussi de
maintenance. Cet aspect économique reste un frein majeur et la stratégie de développement de ces
systèmes réside dans l'optimisation des performances globales des installations.

La problématique scientifique sous-jacente à l'optimisation de ces systèmes de


rafraîchissement solaire réside en une double difficulté. Premièrement, il s'agit d'être capable de
connaître et prédire le comportement instationnaire du système dans son ensemble, lui-même induit
par le caractère transitoire du fonctionnement de chacun des sous-systèmes et des sources/puits
auxquels ils sont raccordés. Les différentes dynamiques mises en jeu concernent tout d'abord la
source solaire, le moyen par lequel elle est captée (nature et technologie du capteur : plan, sous
vide, à concentration) et avec quelle qualité (en terme de température et de puissance). Les
suivantes viennent de la configuration du groupe frigorifique chargé de transformer l’effet
calorifique en effet frigorifique et de la nature du besoin en rafraîchissement (charges frigorifiques
du bâtiment). Deuxièmement, il faut analyser le comportement du système, afin d'en déduire ses
performances à tout instant ainsi que quantifier son efficacité saisonnière. Les outils développés lors
de la première étape seront alors utilisés de manière à évaluer la pertinence de différentes

-4-
Introduction générale

configurations choisies. Ces résultats permettront la définition d'une méthodologie à appliquer lors
du dimensionnement d'une telle installation afin d'optimiser le rapport performance/coût de ce type
de procédé de rafraîchissement.

C'est dans ce cadre que le travail présenté dans ce manuscrit prend place, précisément sur les
systèmes de rafraîchissement solaire utilisant une machine frigorifique à absorption liquide. Ces
travaux se sont illustrés à l'échelle nationale dans deux programmes ANR Prebat, intitulés
ORASOL (pour Optimisation de procédés de RAfraîchissement SOLaire) [14] et ABCLIM-SOL
(ABsorption CLIMatisation SOLaire) [15, 16, 17]. Le premier était destiné à étudier et comparer
différents types de systèmes de rafraîchissement solaire (à absorption, physi-sorption ou chimie-
sorption), tant du point de vue expérimental que par simulation. Ce projet impliquait plusieurs
équipes de recherche ou partenaires (PROMES, INES, TECSOL, CIAT, CEA, Université de la
réunion, Université de la Rochelle). Le second avait pour objectif l’étude de l’intégration de ce type
de composant dans le bâti (partenaires EDF, CETHIL, CETIAT et INES). Les contributions du
laboratoire, réalisées dans le cadre de ces deux projets et mentionnées dans ce manuscrit, sont les
suivantes :
• la modélisation et la simulation (statique et dynamique) de quatre systèmes de
rafraîchissement solaire, implantés chez les différents partenaires.
• le montage d’un pilote de démonstration, son analyse (sous les divers angles évoqués plus
haut), sa modélisation et sa simulation (statique et dynamique) afin d'étudier différentes
configurations.

Par conséquent, avant de répondre à la problématique précédemment définie, le chapitre 1


analyse les différentes solutions envisageables pour le rafraîchissement solaire, d'un point de vue
technique, efficacité et maturité, afin d'expliquer pourquoi notre choix s'est porté vers un système
tri-therme à absorption. Ensuite, un état de l'art des modélisations existantes pour les machines à
absorption est réalisé.

Le chapitre 2 présente le développement de notre outil de modélisation et de simulation des


machines à absorption. Son principe repose sur l'identification des paramètres caractéristiques des
machines par l'intermédiaire de résultats expérimentaux obtenus sur banc d'essai ou dans des
conditions réelles [16, 17, 18]. La méthode est ensuite appliquée à quatre machines du marché
(Rotartica, Sonnenklima, EAW Schüco LB 15 et 30) grâce aux résultats expérimentaux obtenus lors
des deux projets ANR Prebat auxquels nous avons contribué.

-5-
Introduction générale

Grâce à des fonds en provenance de la région Aquitaine (dans le cadre de collaborations avec
un laboratoire de recherche de Saragosse) et du projet ORASOL, un pilote expérimental a pu être
réalisé au laboratoire. Les étapes de dimensionnement, de mise en service et d'analyse de ses
performances sont présentées dans le chapitre 3. Cette installation permet d'étudier différentes
configurations, comme par exemple avec ou sans ballon de stockage, avec ou sans régulations. Par
conséquent, suite à une période d'essais réalisés sur l'installation, les principaux résultats
expérimentaux obtenus sont présentés.

Dans le chapitre 4, les mesures acquises sur cette installation réelle permettent le
développement et la validation des différents modèles numériques des sous-ensembles du système :
capteurs solaires, tour de refroidissement sèche, ventilo-convecteur, ballon de stockage et
canalisations; en particulier lors des phases de fonctionnement en régime transitoire. Enfin, l’étude
du couplage constitue la dernière partie dans laquelle nous avons essayé différentes combinaisons
technologiques capteur solaire/rafraîchisseur en fonction de critères tels que les énergies mises en
jeu, le rendement des capteurs, le rendement du stockage, le COP solaire, le COP thermique, le
COP électrique.

-6-
Introduction générale

Références bibliographiques

[1] GIEC, 2007 : Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des Groupes de travail I, II et III au
quatrième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Équipe de
rédaction principale, Pachauri, R.K. et Reisinger, A., GIEC, Genève, Suisse, 103 pages, ISBN 92-9169-222-0,
[2] Protocole de Kyoto à la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques,
FCCC/INFORMAL/18 GE.9860500 (F),
[3] D. Clodic, Zéro fuite : limitation des émissions de fluides, 203 pages, Editeur : Pyc Livres (1997) ISBN-13: 978-
2911008122,
[4] ADEME, les chiffres clés du bâtiment, énergie, environnement, éditions 2010,
[5] B. Aebischer, M. Jakob, G. Henderson, G. Catenazzi (2007). Impact of climate change on thermal comfort,
heating and cooling energy demand in Europe. Proceedings eceee 2007 Summer Study, Saving Energy, Just do
it! 4–9 June 2007, La Colle sur Loup, France. ISBN: 978-91-633-0899-4,
[6] L. GRIGNON-MASSE, Développement d’une méthodologie d’analyse coût-bénéfice en vue d’évaluer le
potentiel de réduction des impacts environnementaux liés au confort d’été : cas des climatiseurs individuels fixes
en France métropolitaine, thèse soutenue le 20 mai 2010 à l'école des Mines de Paris,
[7] Y. Fan, L. Luo, B. Souyri, Review of solar sorption refrigeration technologies: Development and applications,
Renewable and Sustainable Energy Reviews, 11 (2007) 1758-1775,
[8] P.Lamp, F. Ziegler, European research on solar-assisted air conditioning. International Journal of Refrigeration
21, 89-99, 1998,
[9] D.S. Kim, C.A. Infante Ferreira, Solar refrigeration options – a state-of-the-art review, International Journal of
Refrigeration 31 (2008) 3-15,
[10] A. Joffre, Énergie solaire thermique dans le bâtiment, Chauffage, Climatisation, Technique de l'Ingénieur, BE 9
165,
[11] Hans-Martin Henning, Solar assisted air conditioning of buildings – an overview, Applied Thermal Engineering
27 (2007) 1734-1749,
[12] Stephen White, State of the art in solar cooling, CSIRO Energy Technology, October 2009,
[13] Daniel Mugnier, Task 38 – Solar air-conditioning and refrigeration workshop, Solar cooling economics,
Orlando, January 2010,
[14] F. Lucas, Contribution à l'étude de technologies et de méthodes durables pour la conception des bâtiments en
climat tropical, Habilitation à diriger les recherches, Soutenue le 9 décembre 2009,
[15] N. Chatagnon, M. Bachmann, G. Anies, J. Castaing-Lasvignottes. Analyse énergétique statique d’une machine à
absorption solaire. Congrès Français de Thermique. SFT 2010, Le Touquet, 25-28 mai 2010,
[16] N. Chatagnon, M. Bachmann, G. Anies, J. Castaing-Lasvignottes. Simulation of a domestic absorption chiller.
Colloque Francophone sur l'energie - environnement - economie et thermodynamique. COFRET'10, 5–7 mai
2010, Iaçi – Roumanie,
[17] J. Heintz, N. Benabdelmoumene, G. Anies, S. Gibout, E. Franquet, J. Castaing-Lasvignottes. Modeling and main
parameters identification of an absorption chiller, experimental validation. International Conference on Solar
Heating, Cooling and Buildings. Eurosun 2010, 28 septembre -1 octobre 2010, Graz, Austria.

-7-
Introduction générale

-8-
CHAPITRE I

Etat de l'art du rafraîchissement solaire

-9-
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

I. Introduction
Avant de répondre à la problématique précédemment définie en introduction, une analyse des
différentes solutions de rafraîchissement solaire envisageables est réalisée, afin d'expliquer
pourquoi notre choix s'est orienté vers un système tri-therme à absorption. Par conséquent, dans un
premier temps, différentes technologies de captation de l'énergie solaire sont exposées. Les
principaux procédés de rafraîchissement solaire et leurs cycles associés sont expliqués et complétés
d'une liste de leur répartition dans le monde en fonction de différents critères (puissances, domaines
d'applications, type de capteurs...). Notre démarche étant orientée vers les installations de petites
puissances (< 15 kW), les machines à absorptions disponibles dans cette plage de puissance, ainsi
que l'investissement nécessaire et les perspectives de réductions de leurs coûts sont énumérés.
Ensuite, dans la mesure où il s'agit de connaître et prédire le comportement instationnaire d'un
système à absorption dans son ensemble, une recherche bibliographique sur les différents modèles
de simulation numérique disponibles a été effectuée. Le but était d'identifier si les modèles
correspondant à nos attentes en termes de fiabilité et temps de calculs existaient déjà, en particulier
pour le cycle à absorption.

II.Les capteurs solaires thermiques


Les capteurs solaires thermiques transmettent directement le rayonnement solaire sous forme
de chaleur à un fluide caloporteur, liquide (généralement de l’eau avec ou sans antigel) ou gazeux
(généralement de l’air), ou diphasique (technologie DSG : Direct Steam Generation).
Parmi les technologies de capteurs solaires thermiques, deux grandes catégories se
distinguent, les capteurs plans (statiques) avec ou sans faible concentration du flux solaire et les
capteurs mobiles à grande concentration (orientés en fonction de la position du soleil). Dans la
première, on trouve les capteurs plans à simple ou double vitrage (on en trouvera pour l’eau, avec
ou sans antigel, comme pour l’air) et les capteurs sous vide. Dans la deuxième, on trouve les
capteurs paraboliques et cylindro-paraboliques ainsi que les capteurs à lentille de Fresnel. Ces
technologies permettent d’atteindre de plus hautes températures.

II.1. Les capteurs statiques


Pour produire de la chaleur grâce à l’énergie solaire à des niveaux de température faible, c'est-
à-dire jusqu’à 100-120°C, les capteurs plans sont les plus adaptés. Il existe aujourd’hui, du fait des
avancées techniques, tout un panel de modèles et de fabricants.

- 10 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

II.1.1. Capteurs plans non vitrés


Il s’agit de la technologie la plus simple. Ces capteurs sont constitués d’une surface réceptrice
qui absorbe le rayonnement solaire direct et diffus (appelé absorbeur) pour le transmettre au fluide
caloporteur qui circule dans un réseau de tubes et directement en contact avec la surface absorbante.
Les capteurs plans sans vitrage se présentent généralement sous forme d’une moquette de
tubes noirs (Figure 1), en matière synthétique résistante aux ultraviolets et très facile à mettre en
place. Ils sont utilisés pour chauffer les piscines à un niveau de température de l’ordre de 30°C pour
un faible coût [1] ou encore pour produire de l’eau chaude sanitaire dans les pays très chauds et
ensoleillés. Les applications de ce type de capteurs sont aujourd’hui très limitées car les
températures atteintes sont faibles du fait des pertes thermiques importantes qu’ils présentent.

Figure 1 : Capteur plan non vitré appelé aussi « moquette solaire » du fabriquant Giordano Industries.

II.1.2. Capteurs plans vitrés (air et eau)


Les capteurs plans vitrés sont les plus répandus du fait de leurs meilleures performances dues
à une meilleure isolation mais aussi des avancées techniques réalisées sur la qualité de l’absorbeur
qui est une surface sélective fortement absorbante dans le visible et faiblement émissive dans
l’infrarouge. Le vitrage est destiné à limiter les pertes thermiques convectives et radiatives. La vitre
permet de créer un effet de serre dans le capteur grâce à la propriété du verre pratiquement opaque
dans l’infrarouge réduisant ainsi l’échange avec le milieu extérieur. La Figure 2 présente une coupe
schématique des capteurs à air et à eau les plus courants. On trouve également une couche isolante
sur la face arrière pour éviter les pertes par conduction. Ainsi, ces capteurs permettent d’atteindre
des températures d’eau de l’ordre de 100°C dans le cas des doubles vitrages. Leurs applications les
plus répandues sont la production d’eau chaude sanitaire et le chauffage de bâtiments.

- 11 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Vitre Vitre
Absorbeur Absorbeur

Conduite d’air Conduite du fluide


Isolation caloporteur
Isolation Boîtier du capteur
Boîtier du capteur
Figure 2 : Coupe schématique de capteurs plans à air (à droite) et à eau (à gauche).

II.1.3. Capteurs sous vide (circulation ou caloduc)


Pour les cas où le besoin de chaleur est à une température supérieure à 100°C ou que la
surface disponible est limitée, il est intéressant d’utiliser des capteurs plans sous vide. Ils sont
l’évolution des capteurs précédents, c'est-à-dire que le procédé de l’isolation par le vide en fait la
technologie la plus aboutie en termes de performances pour un capteur plan [2]. Ils se présentent
sous la forme de tubes de faible diamètre (quelques centimètres) dans lesquels est placé l’absorbeur.
L’intérieur du tube est vidé de son air, supprimant ainsi les pertes par convection entre l’absorbeur
et la paroi du tube. La surface de l’absorbeur est, comme dans le cas précédent, recouverte d’une
couche dite sélective et le verre est traité de sorte à éviter les émissions infrarouges.
Deux technologies sont utilisées dans ces capteurs, l’absorbeur classique à circulation directe
[3] et celui à caloduc [4]. Dans le cas de la première technologie, le fluide caloporteur reçoit
directement l’énergie solaire captée en circulant dans l’ampoule sous vide. Sur la Figure 3, on peut
observer le principe de fonctionnement de ce type de capteur utilisant des tubes coaxiaux. Le fluide
froid entrant dans le capteur circule dans le tube intérieur, se dirige dans l’absorbeur placé dans
l’ampoule sous vide et remonte dans le tube extérieur une fois en bas. Mais ces capteurs nécessitent
un procédé de fabrication complexe afin d'assurer les liaisons entre les parties en verre et les parties
métalliques.

Figure 3 : Principe de fonctionnement d’un capteur sous vide à circulation directe (type Viessmann)

Pour pallier ce problème et réduire les coûts de fabrication, une innovation a été d’utiliser un
caloduc pour transférer l’énergie captée au fluide caloporteur. Un caloduc est une enceinte

- 12 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

hermétique contenant un fluide à l’équilibre liquide vapeur [5]. Il permet de transférer des flux de
chaleur thermique très importants avec un faible écart de température en mettant en œuvre
l’évaporation et la condensation de son fluide interne.

Figure 4 : Principe de fonctionnement d’un capteur à caloduc (type Tecnisun)

Sur la Figure 4 est présenté le principe de fonctionnement d’un tel échangeur. On peut
remarquer que la surface réceptrice du flux solaire correspond à l’évaporateur, c'est-à-dire que le
fluide interne s’évapore grâce au rayonnement solaire. La vapeur ainsi créée se dirige vers le haut
du caloduc pour se condenser par contact avec le fluide caloporteur du circuit solaire dans le
collecteur du capteur. Les condensats retournent ensuite vers l’évaporateur grâce à un effet de
capillarité développée dans le milieu poreux qui tapisse la paroi intérieure du caloduc. Cet effet
capillaire est par conséquent le moteur du caloduc. Dans le cas des capteurs plans, il est aidé par la
gravité comme le condenseur se trouve au dessus de l’évaporateur, mais son action dépend de
l’inclinaison du capteur. En résumé, un caloduc permet un transfert de chaleur continu par
transformation de l’énergie reçue en enthalpie de changement de phase (chaleur latente) et un
transfert de masse (déplacement des différentes phases du fluide interne).

II.1.4. Capteurs plans vitrés ou sous vide avec miroir de concentration parabolique
Une autre innovation a été apportée au capteur plan par quelques marques suite au
développement des capteurs à concentration et à l’observation de leurs performances. Elle consiste
en l’utilisation de réflecteurs à composés paraboliques (CPC, Compound Parabolic Concentrator)
possédant un important angle d’admission, afin d’orienter l’énergie solaire vers l’absorbeur.
L’importance de cet angle permet d’éviter l’utilisation d’un système de pointeur solaire et ainsi
d’avoir un capteur fixe.

- 13 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Réflecteur
Réflecteur
(Optionnel)
Vitre Absorbeur
Absorbeur

Tube sous Support du capteur


Conduite du vide
Isolation fluide caloporteur Conduite du fluide
caloporteur ou
Boîtier du capteur calocuduc

Figure 5 : Coupe schématique de capteurs plans à concentration.

La Figure 5 présente les deux principaux types de capteurs, c'est-à-dire pour un capteur vitré
dans le cas de gauche et un capteur à tube sous vide dans le cas de droite. Cette technologie permet
de concentrer plus de rayonnement solaire sur un même absorbeur en utilisant le rayonnement
arrivant sur les surfaces séparant les absorbeurs et ainsi de réduire le nombre d’absorbeurs,
d'améliorer le rendement et de réduire le coût.

100 η capt[%]

80

60
+ so
us v
ide
40 + co
nce
+c n t rat
cap

ou ion
ch
teu

+ es
20 vi éle
r

tra cti Tf - Text


pl a

ge ve
Irrad.
n

0 [m².K/W]
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25

Figure 6 : Courbes caractéristiques des rendements de capteurs plans [6, 11].

La Figure 6 montre l’évolution des performances des capteurs solaires thermiques avec les
différentes évolutions majeures qui sont apparues au cours de leur développement grâce à
l’ingéniosité des fabricants [1, 6].

II.2. Les capteurs mobiles


Lorsque les capteurs plans ne sont plus adaptés aux niveaux de températures souhaités
(>120°C), il est nécessaire d’utiliser des capteurs permettant une concentration du rayonnement
émis par le soleil. Le flux solaire est reçu par une surface de grande taille appelée surface
d’ouverture, puis dirigé vers un absorbeur de surface plus petite par l’intermédiaire de réflexions
(sur des miroirs) ou par des réfractions (à travers des prismes ou lentilles). Le taux de concentration
géométrique est défini par le rapport entre ces deux surfaces. Ces capteurs permettent une réduction
des pertes thermiques (proportionnelles à la surface du récepteur) et par conséquent d’obtenir de

- 14 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

meilleurs rendements et de plus hautes températures. Mais ils n’utilisent que le rayonnement direct
du soleil et nécessitent un système de pointage plus ou moins évolué en fonction de la technologie.
Leur rendement optique est réduit du fait des techniques de concentration utilisées et ils ont besoin
de plus d’entretien pour maintenir un état de propreté indispensable à leur bon fonctionnement. Les
solutions pour concentrer le flux solaire sont très nombreuses [7, 8] et sont présentées ci-dessous.

II.2.1. Capteurs cylindro-parabolique (1 axe)


Il s’agit de la technologie la plus utilisée dans les grandes centrales solaires
thermodynamiques de production d’électricité. Le miroir concentrateur est un cylindre de section
parabolique et ne comporte qu’une seule direction de courbure (cf figure 7). La concentration a lieu
sur la ligne où est placé le récepteur tubulaire dans lequel circule le fluide caloporteur (eau ou huile)
qui peut être chauffé jusqu’à 450°C.

Figure 7 : Schéma de principe d’un capteur à concentration cylindro-parabolique [9]

De très grandes puissances peuvent être installées par interconnexion de plusieurs capteurs.
La limitation dans ce cas vient des pertes de charges et des pertes thermiques qui augmentent avec
la taille de l’installation. La Figure 8 montre deux exemples d’installations utilisant ce type de
capteurs à concentration. La photo de gauche présente l’installation de production d’eau chaude
sanitaire de la prison du comté de Jefferson (Colorado, Etats-Unis), où 100 m2 de capteurs cylindro-
parabolique de petite taille alimentent un ballon d’eau chaude de 20 m3 [10]. La photo de droite
quant à elle, n’est autre qu’un aperçu du champ de capteurs de la centrale solaire thermodynamique
Solar Electric Generating System (SEGS) de Kramer Junction (Californie, Etats-Unis) [11]. Dans le
désert de Mojave, on trouve 9 centrales solaires utilisant des capteurs cylindro-paraboliques pour
une capacité totale de 354 MWélec.

- 15 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Figure 8 : Photographies de deux installations utilisant des capteurs cylindro-paraboliques [10, 11]

II.2.2. Capteurs à lentille de Fresnel (1 axe)


Les collecteurs à miroirs de Fresnel offrent une solution alternative aux capteurs cylindro-
paraboliques. Ce système utilise des miroirs plans disposés en lamelles parallèles qui s’inclinent de
manière à suivre le soleil et à concentrer les rayons sur l’absorbeur tubulaire placé au dessus (cf
Figure 9). Le fluide caloporteur (eau, huile, vapeur) circulant dans l’absorbeur peut être chauffé
jusqu’à 400-450°C.

Figure 9 : Schéma de principe d’un capteur à concentration à lentille de Fresnel [12]

Ils sont plus simples et meilleur marché, mais moins performants en termes de concentration.
La Figure 10 présente deux types d’installations envisageables avec ces capteurs à concentration
utilisant des lentilles de Fresnel [11]. Sur la photographie de gauche, on peut observer un prototype
de microcentrale (Bergame, Italie) développé par la société allemande PSE AG et destiné à équiper
les toits des bâtiments collectifs. Celle de droite donne un aperçu du champ de capteurs à miroir de
Fresnel, situé à Tabernas en Andalousie (Espagne), d’une puissance de 800 kW thermique.

- 16 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Figure 10 : Photographies de deux installations utilisant des capteurs à lentille de Fresnel [11]

II.2.3. Parabole de révolution (2 axes)


Elle est le concentrateur idéal pour concentrer les rayons du soleil (figure 11). Par contre, il
est indispensable d’orienter l’axe de la parabole dans la direction du soleil, afin que les rayons
solaires réfléchis convergent vers le foyer (zone de concentration maximale).

Figure 11 : Schéma de principe d’une parabole de révolution [9]

La nécessité de mobiliser la parabole selon deux axes de rotation pour assurer la poursuite du
soleil entraîne une limitation de la dimension unitaire de ce type d’installation. Par conséquent, la
surface courante de ces paraboles est de 50 à 100 m2 (la plus grande réalisée faisant 500 m2). Le
facteur de concentration moyen obtenu au foyer dépasse généralement le millier et permet
d’atteindre de très hautes températures (plus de 800°C).

Figure 12 : Photographies de l’Eurodish [12] et de la plus grande parabole solaire SG4 [13]

- 17 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

La Figure 12 montre les deux échelles de paraboles de révolution réalisées jusqu’à présent, la
taille courante avec l’EuroDish (8.5 m de diamètre) [12] et la plus grande jamais réalisée, la « SG4
– Big Dish » (25 m de diamètre) [13]. La première est un Dish Stirling de 10 kW électrique avec un
rendement de près de 22% [14], c'est-à-dire que le rayonnement solaire concentré sert de source
chaude à un moteur Stirling relié à une génératrice de 10 kWélec. Il s’agit de celui présent à Font
Romeu Odeillo (Pyrénées-Orientales, France). La seconde photographie représente le plus grand
concentrateur parabolique solaire du monde avec une surface d’ouverture de 500 m². Il se trouve sur
le campus de l’Université Nationale Australienne. Cette parabole concentre plus de 2000 fois le
rayonnement solaire, ce qui lui permet d’atteindre de très hautes températures (380°C) [15].

III. Les procédés de rafraîchissement solaire


Un grand nombre de procédés est envisageables grâce aux capacités des capteurs solaires
thermiques existants à l'heure actuelle [16]. Parmi eux, certains procédés novateurs sont encore en
développement afin d'évaluer expérimentalement ou théoriquement leurs réelles performances, par
exemple à base d'un cycle à éjecteur [17, 18, 19, 20], à effet magnéto thermique [21] ou encore à
effet thermo acoustique [22, 23, 24]. Ces systèmes novateurs ne présentant encore que très peu ou
pas du tout d'application réelle dans le rafraîchissement solaire, le paragraphe suivant présente les
principaux procédés étudiés de nos jours. Ils sont regroupés suivant deux grandes catégories les
systèmes frigorifiques à cycle ouverts et ceux à cycles fermés.

III.1. Les systèmes frigorifiques à cycle ouverts


On parle de systèmes à cycle ouvert car dans ces procédés des échanges de matières avec
l’extérieur sont réalisés. Le principe consiste à humidifier l’air dans le but d’abaisser sa température
sèche. De l’eau est donc injectée dans l'air, absorbant ainsi la chaleur de celui-ci pour s’évaporer.
Ce phénomène ne se conçoit que si l'air initial est suffisament sec. Cette déshumidification
préalable peut être effectuée par un matériau hygroscopique, qui peut aussi bien être liquide que
solide [25, 26].

III.1.1. Dessiccation solide (DEC)


La technologie la plus courante utilise des roues à adsorption rotatives généralement
constituées de Silica-gel, de Zéolite ou de Chlorure de Lithium comme matériaux de sorption. La
Figure 13 présente le principe de fonctionnement d’une telle installation, ainsi qu’un aperçu de la
centrale de traitement d’air correspondante.

- 18 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

s
ue
iq
r m
he
st Ballon de
ire
o la stockage
ss chaud
e ur
pt
Ca

Bâtiment rafraîchis
11 10 9 8 7 6
Air vicié
Air vicié
chaud

Humidificateur
Echangeur
de chaleur
Charges thermiques
(sécheur)

1 2 3 4 5
Air neuf Air neuf
chaud rafraîchis

Humidificateur
Roue Dessiccante Roue
(deshumidificateur) Echangeur de chaleur

Figure 13 : Schéma (haut) et aperçu (bas) d’un système à dessiccation solide avec roue à sorption [26].

Le procédé permettant le refroidissement de l’air destiné à rafraîchir le bâtiment comme


indiqué sur la Figure 13 est le suivant :
• L’air extérieur (chaud et humide) entre dans le système et traverse une roue dessiccante en
rotation, afin d’être déshumidifié (trajet 1-2). La réaction d’adsorption étant exothermique,
l’air est réchauffé.
• L’air entre ensuite dans un échangeur, afin d’être pré-refroidi par l’air extrait du bâtiment
(trajet 2-3). Plusieurs technologies sont envisageables comme celle de l'échangeur rotatif.
• L’air est ensuite humidifié afin d'obtenir l'effet frigorifique souhaité (trajet 3-4).
• L’air extrait du local est à nouveau humidifié, afin d'abaisser encore un peu plus sa
température sèche (trajet 6-7).
• Cet air traverse ensuite l’échangeur rotatif, permettant de refroidir l’air neuf lors de la phase
2-3. Par conséquent, la température de l’air augmente entre les points 7 et 8.
• L’air est ensuite chauffé en utilisant de la chaleur à un niveau de température compatible avec
une production par voie solaire entre les points 8 et 9.
• L’air ainsi chauffé passe dans la roue dessiccante, afin de désorber l'eau contenu dans
l'adsorbant (étape de régénération trajet 9-10).

- 19 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Un tel cycle permet l'utilisation d'une source solaire que l'on peut obtenir au moyen de
capteurs plans à eau ou à air. Dans le cas de l’eau, les capteurs peuvent être associés à un ballon de
stockage, afin de pouvoir faire face en partie aux passages nuageux. L’échange de chaleur 8-9 sera
réalisé grâce à un échangeur air/eau. Sinon, il peut être envisagé d’utiliser simplement des capteurs
solaires à air [27]. La Figure 14 présente les tracés des transformations suivies par l’air extérieur (1-
4 en bleu) et l’air extrait (6-10 en rouge).

Figure 14 : Traces dans le diagramme de l’air humide des transforamtions suivies par l’air extérieur (bleu) et
vicié (rouge) dans un système à dessiccation

En 2001, Henning et al. [27] ont montré que ce procédé permettait d’économiser jusqu’à 50%
d’énergie primaire par rapport à une solution conventionnelle à compression mécanique de vapeurs.
De plus, ces installations ont des coûts de fonctionnement très faibles et respectent l’environnement.
Pour améliorer ces procédés, des travaux concernent l’amélioration de la déshumidification [28, 29]
et des systèmes de régulation [30, 31]. Par contre, ce type d’installation de rafraîchissement solaire
nécessite une conception particulière dans le cas de conditions d'humidité importante, comme les
régions côtières ou tropicales [32, 33, 34].

III.1.2. Dessiccation liquide


Dans le cas de la dessiccation par liquide, la déshydratation est réalisée par absorption. La
roue dessiccante est remplacée par un ensemble déshumidificateur et régénérateur. Ces éléments
permettent le refroidissement de l'air soufflé grâce à une solution absorbante, généralement
eau/chlorure de lithium ou eau/chlorure de calcium.

- 20 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Air refroidi

Capteurs 3
solaire Air rejeté
thermiques Humidificateur
5 Tour de
refroidissement
2

Ballon de
stockage

4 1
Air extérieur Air extérieur
Echangeur
ou ambient ou ambient
de chaleur

Régénérateur Déshumidificateur

Figure 15 : Schéma de principe d’un système à dessiccation liquide

Le principe de fonctionnement est décrit sur la Figure 15 [17] :


• L’air extérieur (1) entre dans l'absorbeur afin d'être déshumidifié. La chaleur d'absorption
(réaction exothermique) est évacuée vers l'extérieur par la tour de refroidissement.
• L’air (2) traverse ensuite un humidificateur, afin d’être refroidi à la température souhaitée (3)
puis est soufflé dans la pièce à rafraîchir.
• La solution diluée créée dans l'absorbeur est pulvérisée dans le désorbeur au dessus de
l’échangeur alimenté par la source chaude solaire (réaction endothermique).
• L’air extrait du bâtiment (vicié) est soufflé dans le régénérateur. L’air ainsi chauffé et
humidifié est rejeté à l’extérieur. La solution concentrée obtenue est renvoyée vers le
déshumidificateur pour un nouveau cycle.

De manière à augmenter les performances du système, un échangeur récupérateur de chaleur


est installé entre la solution diluée sortant du régénérateur et la solution concentrée sortant du
déshumidificateur. Cet échangeur permet de préchauffer la solution diluée avant son entrée dans le
régénérateur et de sous-refroidir la solution concentrée avant son retour vers le déshumidificateur. Il
réduit ainsi les quantités de chaleur à fournir au régénérateur et à évacuer à l’absorbeur.
Après avoir réalisé une étude théorique et expérimentale sur ce type de système, K. Gommed
et G. Grossman [35] ont réalisé un prototype. Ils ont pu en analyser ses performances, identifier les
problèmes et mener à bien l’optimisation de la conception. Le système, d’une capacité de
rafraîchissement de 16 kW a été installé au Centre de génie énergétique de Haïfa (Israël). Le fluide
de travail utilisé est le couple LiCl/H2O et le système est connecté à un champ de capteurs solaires.
Les performances du système ont été surveillées pendant les cinq mois de l’été 2003 dans des

- 21 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

conditions de fonctionnement variables. L’analyse des données a montré que l’installation


permettait d’atteindre un COP thermique de 0.8 (rapport entre le froid produit et la chaleur
consommée).

III.2. Les systèmes frigorifiques à cycle fermés


Les cycles thermodynamiques de ces systèmes sont appelés trithermes car fonctionnant entre
une source froide, une source chaude et un puits infini [36]. Leur schéma de principe dans le cas de
leur utilisation pour du rafraîchissement solaire de bâtiment est présenté sur la Figure 16. Les
principes de fonctionnement associés à chacun des systèmes à sorption sont présentés dans ce qui
suit avec tout d’abord l’adsorption, physique puis chimique et ensuite l’absorption.

Bâtiment rafraîchis
Tour de
refroidissement
Ventilo-
convecteur
s
ue
iq
r m
he Ballon de
st Ballon de
re stockage
ai stockage
ol
rss chaud froid
u
te
ap Machine
C frigorifique
à sorption

Figure 16 : Schéma de principe des installations de rafraîchissement solaire à sorption

III.2.1. Systèmes à adsorption


Deux grandes catégories de systèmes à adsorption peuvent être distinguées : continu et
intermittent, mais en fonction de l’utilisation, ces cycles sont plus ou moins adaptés à l’utilisation
de l’énergie solaire [37]. Un procédé intermittent dans le cadre de la réfrigération pour la
conservation de vaccins par exemple, est tout à fait adapté à l’énergie solaire car le fonctionnement
est journalier [38]. Une utilisation du froid produit sur une plus longue période implique alors son
stockage systématique dans un matériau à changement de phase par exemple. Par contre, lorsque le
but est de rafraîchir un bâtiment, un système continu est mieux adapté car si, par exemple, la
journée précédente les conditions météorologiques étaient médiocres, le système ne serait pas
capable de remplir son objectif. De plus, ces cycles peuvent être opérationnels sans pièces mobiles
hormis quelques électrovannes. Il en résulte de faibles vibrations, une simplicité mécanique, une
fiabilité et une longue durée de vie.

- 22 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Une autre catégorisation structurelle des systèmes à adsorption concerne la nature de l’effet,
c'est-à-dire si le phénomène est physique ou s’il comprend une réaction chimique. C’est donc
suivant cette structure que ces deux cycles sont présentés dans les deux paragraphes suivants.
Physisorption (Adsorption physique)
Les machines frigorifiques à adsorption fonctionnent grâce à la faculté de certains solides,
d’adsorber (réaction exothermique) et de désorber (réaction endothermique) une vapeur à la surface
du matériau qui les constitue (pouvant atteindre plusieurs dizaines de m2 par gramme). L’adsorption
est un phénomène largement connu et très utilisé notamment dans la capture de gaz (traitement de
l’air, dépollution, industrie chimique,…). La mise en oeuvre d’une machine frigorifique
fonctionnant selon ce principe requiert la présence de deux enceintes dont l’une contient le solide
adsorbant, l’autre constituant le réservoir de fluide frigorigène. La présence d’un solide empêche
toute circulation entre les éléments, si bien que le fonctionnement est cyclique : à une phase de
production frigorifique doit succéder une phase de régénération afin de remettre le système dans un
état apte à produire à nouveau du froid [39, 40]. Les associations sorbant/sorbat [41] les plus
connues et utilisées sont :
• Zéolithe/Eau,
• Silicagel/Eau,
• Charbon actif/Méthanol.
Les adsorbants les plus utilisés pour la climatisation sont les silicagels ou les zéolithes, avec
l’eau comme réfrigérant ou encore les charbons actifs avec le méthanol puisqu’il peut être refroidi
en dessous de 0°C. Mais le méthanol possède une chaleur latente de vaporisation plus faible que
celle de l’eau. D’autre part, le couple zéolithe/eau demande des températures de régénération
importante, alors que les couples charbon actif/méthanol et silicagel/eau peuvent utiliser des apports
de chaleur à des températures inférieures à 100°C [42]. Par conséquent, le couple le plus utilisé
pour la climatisation solaire est silicagel/eau. L’équilibre thermodynamique entre le solide et le gaz
est divariant si bien que le cycle d'une machine à adsorption se représente sur un diagramme P, T, x
(diagramme d’Oldham) comme par exemple dans le cas du couple Zéolithe/Eau de la Figure 17. Sur
cette figure, on peut observer le tracé d'un cycle produisant du froid à 5°C, évacuant la chaleur de
condensation et d’adsorption à 35°C et consommant de la chaleur à 85°C.

- 23 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire
concentration massique
(masse Eau / masse Sorbant)
EAU
Pression (mBar)

%
%
%
%

%
PURE

16

10
12
20
18

14
100

50 C 2 3
Ph

10
Pb E 1 4

Temperature (°C)
1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Tb Tm Th

Figure 17 : Représentation des points caractéristiques du cycle à adsorption sur un diagramme d’Oldham, pour
le couple Zéolithe/eau

Chauffage isostérique Desorption

T P X 1 2 T P X

Refroidissement isostérique Adsorption


3 4

T P X T P X

Figure 18 : Schéma de principe d’une machine à adsorption

Le principe de fonctionnement est assez simple et se scinde en 4 phases, comme présenté sur
la Figure 18. Dans la mesure où nous traitons de l’opportunité de l’utilisation des machines à
sorption dans le cadre de la réfrigération solaire, décrivons son fonctionnement depuis le matin. A
ce moment, la production frigorifique vient d’avoir lieu et le système va être régénéré. L’apport de
chaleur au solide provoque une légère désorption qui pressurise progressivement l’ensemble
désorbeur/condenseur. Cette étape rapide consomme peu de chaleur et désorbe si peu de gaz qu’elle
s’effectue en supposant une transformation à composition constante (rapport de la masse de fluide

- 24 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

frigorigène sur la masse d’adsorbant) que l’on nomme aussi isostérique. Lorsque la pression qui
règne dans le système atteint la pression de saturation du fluide frigorigène correspondant à la
température du condenseur Tm, alors débute la condensation. Si on suppose que cette dernière
impose alors sa pression à l’enceinte contenant le sorbant, la désorption proprement dite débute. Le
point caractéristique du solide se déplace alors suivant une isobare vers les plus hautes températures
en désorbant le fluide frigorigène qui va ensuite se condenser. Cette deuxième étape s’achève
lorsque le désorbeur atteint la température maximale du cycle Th. La troisième étape est assez
similaire à la première et s’effectue par dépressurisation en suivant une isostère (composition
constante) à cause du refroidissement du système. Lorsque ce dernier atteint la pression à laquelle a
lieu l’évaporation proprement dite, alors débute la phase de production frigorifique, qui dans le cas
d’une application solaire, se déroule la nuit. Le solide contenu dans l’enceinte adsorbe alors le gaz
en provenance de l’évaporateur en libérant la chaleur d’adsorption. L’adsorption s’achève lorsque la
température Tm est atteinte dans le solide et que tout le fluide frigorigène a été évaporé puis
adsorbé. La production frigorifique s’arrête et le système doit alors être régénéré pour pouvoir
produire à nouveau.

Desorbeur Adsorbeur
Condenseur

Condenseur

Adsorbeur Evaporateur Desorbeur Evaporateur

Figure 19 : Schéma de principe d’une machine à adsorption avec adsorbeur/désorbeur interchangeables

Il existe différentes variantes de systèmes à adsorption visant à augmenter les performances


du cycle et à rendre la production frigorifique continue. Afin d’obtenir un fonctionnement quasi-
continu avec une machine à adsorption destiné au rafraîchissement de bâtiment, il est nécessaire de
coupler deux cycles à adsorption comme présenté sur la Figure 19. Les machines sont alors
composées de deux adsorbeur/désorbeur, c'est-à-dire deux compartiments contenant un solide
adsorbant qui ont chacun un échangeur chaud (apport de chaleur) et un échangeur froid
(refroidissement), auxquels sont raccordés un ensemble condenseur/détendeur/évaporateur. Le
principe de fonctionnement devient alors le suivant :
• Le fluide frigorigène préalablement adsorbé dans un adsorbeur/désorbeur est chassé par
l'utilisation de l'eau chaude (compartiment du haut), il est donc en mode désorbeur.

- 25 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

• Le fluide frigorigène se condense dans le condenseur et la chaleur produite est éliminée par
l'eau de refroidissement.
• Le condensat est pulvérisé dans l'évaporateur et s'évapore sous pression partielle faible. Cette
étape produit l'effet de refroidissement utile.
• La vapeur de réfrigérant est adsorbée sur l'autre adsorbeur/désorbeur (compartiment du bas),
il est en mode adsorbeur. La chaleur est enlevée par l'eau de refroidissement.
Une fois que le compartiment du bas est complètement chargé et celui du haut entièrement
régénéré, les fonctions des deux compartiments sont permutées par ouverture et fermeture de
vannes. Les deux chambres peuvent être couplées directement pendant quelques temps au moment
de leur échange de rôle afin de parvenir à une certaine récupération de chaleur, puisque la chambre
chaude doit être refroidie à l’étape suivante et vice versa. Ainsi, un adsorbeur est toujours
disponible pour adsorber la vapeur produite à l'évaporateur. Le fonctionnement quasi-continu d’une
telle machine est décrit sur la Figure 20 [43], on peut remarquerdans cet exemple la présence de
cycles d’environ 7 min entre chaque permutation adsorbeur-désorbeur.

Figure 20 : Evolution des températures lors du fonctionnement d’un refroidisseur à adsorption continu [46]

Avec une température de source chaude d’environ 80°C, ces systèmes obtiennent des COP
d’environ 0,6, mais peuvent fonctionner avec des températures plus basses. Les capteurs plans
conviennent donc à ce type de machine. Actuellement, seuls quelques fabricants asiatiques
proposent ce type de machines à adsorption. Etant donné le faible nombre de machines produites,
leur coût reste élevé.
Des travaux traitent de systèmes à quatre adsorbeurs-désorbeurs qui permettent d’améliorer
les performances sous certaines conditions [44, 45, 46]. Saha et al [45] comparent, grâce à une
estimation numérique en statique, ce système avec le cas précédent à deux compartiments
d’adsorbant. Le COPth (rapport entre la production frigorifique et la chaleur consommée) est plus
élevé dans le cas où la température de la source chaude est inférieure à 70°C, mais il est inférieur
dans le cas inverse. Par contre, la production frigorifique est plus conséquente lorsque la

- 26 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

température est supérieure à 70°C. Les auteurs expliquent alors qu’il pourrait être intéressant de
convertir le système en mode deux compartiments à partir d'un certain niveau de températures, afin
de maintenir une production efficace.
Chimisorption (adsorption chimique)
Les machines frigorifiques thermochimiques fonctionnent grâce à la faculté de certains
solides à réagir chimiquement avec une vapeur. La réaction mise en jeu doit être renversable, c'est-
à-dire que dans un sens à lieu la synthèse du gaz par le solide (réaction exothermique) et dans
l’autre la décomposition de la vapeur par le réactif (réaction endothermique). Après un cycle de
synthèse/décomposition, le réactif se trouve dans les mêmes conditions qu’au préalable, si bien
qu’une machine frigorifique fonctionnant selon ce principe se comporte exactement comme une
machine à adsorption et subit 4 étapes durant son cycle :
• Chauffage – pressurisation,
• Décomposition – condensation,
• Refroidissement – dépressurisation,
• Synthèse – évaporation.

N° 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

Réactifs NH3 Zn10-6 Cu10-6 Sn9-4 Pb8-3,25 Ba8-0 Sn4-2,5 Pb3,25-2 Ca8-4 Sr8-1 Ca4-2 Zn6-4 Pb2-1,5

N° 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25

Réactifs Pb1,5-1 Mn6-2 Zn4-2 Cu5-3,3 Fe6-2 Cu3,3-2 Co6-2 Pb1-0 Mg6-2 Ni6-2 Ca2-1 Ca1-0 Mn2-1

N° 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36

Réactifs Mg2-1 Fe2-1 Co2-1 Ni2-1 Zn2-1 Mnl-0 Fe1-0 Mgl-0 Co1-0 Ni1-0 Zn1-0

Figure 21 : Différents équilibres monovariants utilisant l’ammoniac comme fluide réactif [50]

- 27 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Une différence majeure se situe cependant au niveau des équilibres thermodynamiques mis en
jeu qui sont monovariants dans le cas des principaux couples réactif/fluide frigorigène étudiés. Le
diagramme d’Oldham correspondant comporte alors seulement une courbe par réactif (au lieu d’un
réseau d’isostères) comme on peut l’observer sur la Figure 21 [47]. Le fluide frigorigène le plus
utilisé est l’ammoniac (NH3) et les réactifs principaux des chlorures (MnCl2, NiCl2, BaCl2,…).
L’état d’avancement de la réaction est décrit par son taux de réaction, rapport de la quantité ayant
réagi sur la quantité maximale pouvant réagir.
Afin d’améliorer les performances ou d’identifier des applications adaptées à ce procédé
thermochimique, des travaux portent sur la réalisation de systèmes hybrides avec des machines à
adsorption physique [48, 49], sur la qualité de la réaction [50] ou encore sur le potentiel de
l’utilisation de différents types de réactifs [51, 52].
Comme dans le cas de l’adsorption, des opérations de R&D et de démonstration sont
actuellement en cours, afin de valider une régénération par voie solaire de ce type de cycle. C’est
notamment le cas pour une application basse température par un cycle original combinant 2
machines en opposition de phase et qui fonctionnent grâce à un bas niveau de température issu de
l’utilisation de capteurs plans [53, 54]. Ce projet nommé CLIMSOL a constitué en la réalisation
d’un prototype à l’échelle 1 et à l’étude des performances d’un procédé thermochimique solide/gaz
couplé à des capteurs solaires thermiques plans pour le rafraîchissement d’un bâtiment (salle de
conférence de 130 m2). Il permet une production frigorifique de l’ordre de 20 kWh de froid à 4°C à
partir de 20 m2 de capteurs solaires thermiques plans, soit environ une production de froid d’une
puissance de 5 kW pendant 4 heures. Une analyse des résultats expérimentaux acquis sur deux
périodes estivales (2007 et 2008) conduit à un rendement de captation de 50% pour les capteurs
solaires et un COP du procédé variant de 30 à 40% en production de froid à 4°C.

III.2.2. Systèmes à absorption liquide


Les machines frigorifiques à absorption liquide sont des machines trithermes. Elles
fonctionnent donc grâce à trois niveaux de températures Tb, Tm et Th (vérifiant Tb< Tm< Th). Elles
produisent du froid uniquement à partir d’un apport de chaleur à la température Th, c'est-à-dire sans
échange de travail avec l’extérieur. Les deux températures Tm et Tb imposent respectivement deux
niveaux de pression :
• Ph : la Haute Pression au niveau du condenseur et du générateur,
• Pb : la Basse Pression au niveau de l’évaporateur et de l’absorbeur.
Les machines frigorifiques à absorption liquide fonctionnent grâce à la faculté de certains
liquides d’absorber (réaction exothermique) et de désorber (réaction endothermique) une vapeur.
Elles utilisent également le fait que la solubilité de cette vapeur dans le liquide dépend de la

- 28 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

température et de la pression. Ainsi, ces machines utilisent comme fluide de travail un mélange
binaire, dont l’un des composants est beaucoup plus volatil que l’autre et constitue le fluide
frigorigène. Les couples les plus utilisés sont l’Ammoniac+Eau (NH3/H2O, où l’ammoniac est le
fluide frigorigène), et l’Eau+Bromure de Lithium (H20/LiBr, l’eau étant le fluide frigorigène). Le
premier permet de faire du froid négatif pour des besoins de climatisation ou de froid industriel
alors que le second ne peut faire que du froid positif (point triple à 0°C) donc il est exclusivement
destiné au rafraîchissement de bâtiment. Il existe d’autres solutions comme NH3/LiNO3 [55, 56],
LiBr/HO(CH2)OH [57, 58] et bien d’autres [59, 60, 61], mais leur emploi reste encore du domaine
de la recherche et du développement ou entraîne de moins bonnes performances que les deux
solutions les plus courantes.

Eau Pure
Solution diluée Solution H20/LiBr
Solution concentrée
m
Fluide frigorigène 7 5

DESORBEUR
1 Haute
CONDENSEUR Pression
6 4'
c

3 Xc
8
2 d Basse
Pression
4
Xd
EVAPORATEUR ABSORBEUR

Figure 22 : Structure d’une machine frigorifique à absorption H2O/LiBr.

La Figure 22 représente une installation à absorption liquide simple effet fonctionnant avec
le couple H2O/LiBr et ses différents éléments. Un système à absorption comprend tout d’abord,
comme les machines à compression de vapeur, un ensemble condenseur/détendeur/évaporateur,
dans lequel ne transite que le fluide frigorigène pur. Cet ensemble est connecté à la partie motrice
du procédé, chargée de modifier l’état du frigorigène évaporé pour le rendre condensable à la
température de l’environnement. La mise en œuvre d’un tel cycle nécessite les quatre composants
actifs (Figure 22) suivants :
Le condenseur : composant analogue à celui des machines à compression de vapeur. C’est la
température Tm du condenseur qui fixe la température de condensation et donc la pression dans
l’ensemble désorbeur/condenseur (Haute Pression). La condensation nécessite le rejet de la chaleur

- 29 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

de condensation Qcond à la température Tm. Le trajet (7 1) correspondant comprend une phase de


désurchauffe, la condensation ainsi qu’un éventuel sous refroidissement.
L’évaporateur : à la sortie du condenseur (1), le fluide frigorigène liquide subit un laminage
à travers le détendeur (1 2). Puis, le fluide s’évapore grâce à la chaleur du milieu à refroidir
produisant ainsi la puissance frigorifique Q evap (2 3). La pression dans l’ensemble

évaporateur/absorbeur (Basse Pression), est fixée par la température Tb de la source froide.


L’absorbeur : la vapeur issue de l’évaporateur (3) rencontre au sein de celui-ci la solution
concentrée (dite pauvre en frigorigène) provenant du désorbeur (8). Cette solution absorbe la vapeur
et s’enrichit en frigorigène. Cette transformation étant exothermique, la chaleur dégagée Qabs est
évacuée à la température Tm. En sortie d’absorbeur (4), on obtient ainsi une solution diluée (riche en
fluide frigorigène). Ce composant effectue un enrichissement en fluide frigorigène.
Le désorbeur : la solution diluée (5) reçoit dans celui-ci la quantité de chaleur Qdésorb à une
température Th, provoquant ainsi la désorption d’une partie du fluide frigorigène dissous dans la
solution (réaction endothermique). Le désorbeur produit alors de la vapeur d’eau (7) et une solution
concentrée en bromure de lithium (6). Cet organe réalise un appauvrissement en fluide frigorigène.
La différence de pression entre l’ensemble absorbeur/évaporateur (Pb) et le
désorbeur/condenseur (Ph) nécessite en outre la présence :
• D’un détendeur sur le circuit de fluide frigorigène (1 2),
• D’un détendeur sur le circuit de solution concentrée (pauvre en fluide frigorigène) (6 8),
• D’une pompe sur le circuit de la solution diluée (riche en fluide frigorigène) (4 4’).
Notons que le fluide qui traverse la pompe est un liquide. Le travail mécanique que réalise
cette dernière étant de la forme VdP , on peut en conclure qu’il sera très faible devant les

puissances thermiques mises en jeu dans un tel cycle.


Le diagramme d’Oldham est le plus utilisé et le plus pratique pour une étude du cycle de la
solution. Il donne la concentration massique de la solution en soluté en fonction de la température et
de la pression. C’est un diagramme (Ln (P), -1/T), paramétré en concentration massique. La Figure
23 présente un tel diagramme relatif au couple H2O/LiBr.
Dans ce diagramme, les isotitres sont sensiblement des droites. La droite de concentration 0%
correspond à l’équilibre liquide/vapeur de l’eau pure. La richesse de l’isotitre est définie par rapport
à la concentration massique en bromure de lithium.

- 30 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Xd Xc
concentration massique en LiBr
(masse LiBr / masse Solution)
EAU
Pression (mBar) PURE 40%45%50% 55% 60% 65% 70%
100

50 1 5sat 6
Ph

Courbe de cristallisation

10
Pb 3 4 8sat

5
MLiBr = 87 g/mol
MH2O = 18 g/mol

Temperature (°C)
1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Tb Tm Th

Figure 23 : Représentation du cycle à absorption sur un diagramme d’Oldham, couple H2O/LiBr.

Pressions de fonctionnement
Les températures des sources Tm (environnement) et Tb (production de froid) fixent les deux
pressions Ph et Pb. Ces deux pressions correspondent aux pressions de vapeur saturante de l’eau
(isotitre xLiBr = 0) aux températures Tm (point 1) et Tb (point 3).
Variation du titre au cours du cycle
Le titre xc de la solution concentrée en sortie de désorbeur est donné par l’intersection de
l’isotherme Th et de l’isobare Ph (point 6). D’une manière analogue, le titre xd de la solution diluée
en sortie d’absorbeur correspond à l’intersection de l’isotherme Tm et de l’isobare Pb (point 4).
Titre et température de la solution à l’entrée de l’absorbeur
L’absorbeur reçoit la solution concentrée provenant du désorbeur, après que celle-ci ait été
détendue dans le détendeur (6-8). Cette chute de pression se traduit par une baisse de la température
due à une vaporisation partielle de la solution. L’absorbeur reçoit donc un mélange de solution
liquide et de vapeur (8), dont il n’est pas possible, à l’aide de ce diagramme de préciser ni la
température, ni la masse relative des deux phases. A l’entrée de l’absorbeur, ce mélange est refroidi,
d’une part par mélange avec la vapeur froide arrivant de l’évaporateur, d’autre part, directement par
le fluide caloporteur. Ce refroidissement entraîne tout d’abord une re-absorption de la vapeur
produite par la détente, puis, l’absorption de vapeur provenant de l’évaporateur. Le processus
d’absorption commence au point 8sat, défini par l’intersection de l’isotitre xc et de l’isobare Pb.
Titre et température de la solution à l’entrée du désorbeur
Le désorbeur reçoit la solution diluée issue de l’absorbeur, après que celle-ci ait traversé la
pompe (4-4’). Ce liquide sous-refroidi, ne peut pas être représenté sur le diagramme d’Oldham, où

- 31 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

ne figurent que des états d’équilibre liquide/vapeur. Si la compression est supposée isotherme, le
titre et la température sont ici connus et restent identiques au titre et à la température du point 4. A
son entrée dans le désorbeur, le liquide est donc tout d’abord réchauffé jusqu’à la température T5sat,
donnée par l’intersection de l’isotitre xd et de l’isobare Ph. La désorption commence alors au point
5sat ainsi défini.
Outre les principaux organes cités plus haut, ces machines sont dotées d’un échangeur de
chaleur interne permettant de préchauffer la solution sortant de l’absorbeur qui se dirige vers le
désorbeur (partie du trajet 4-5) grâce à la solution chaude qui quitte le désorbeur en direction de
l’absorbeur (partie du trajet 6-8). Le schéma de principe devient alors celui présenté sur la Figure
24.
Eau Pure
Solution diluée Solution H20/LiBr
Solution concentrée
m
Fluide frigorigène
7 5

DESORBEUR
1
CONDENSEUR
6
Echangeur
Haut
6' Pression
4'
c

3 Xc
8
2 d Basse
Pression
4
Xd
EVAPORATEUR ABSORBEUR

Figure 24 : Représentation schématique d’une machine à absorption dotée d’un échangeur interne de solution

Le couple eau/ammoniac est de plus doté sur la vapeur en sortie de désorbeur d’un rectifieur
qui a pour rôle de concentrer cette vapeur en fluide frigorigène (ammoniac). En effet les vapeurs
issues du désorbeur ne sont pas pures et contiennent encore un peu d’eau. La rectification permet de
ramener la majeure partie de cette eau vers le désorbeur, afin de ne laisser passer que des vapeurs
très riches en ammoniac. Cet organe n’a pas lieu d’être pour le couple, H20/LiBr où l’eau est le seul
constituant à l’état de vapeur. Par contre, dans le cas de ce dernier couple il est nécessaire d’ajouter
un dispositif anti-cristallisation [62, 63, 64]. Lorsque la température à la source chaude devient trop
importante et entraîne une augmentation de la différence de température entre Tm et Th, c'est-à-dire
que le point 8sat sur la Figure 23 se rapproche de la courbe de cristallisation, la solubilité du bromure
de lithium dans l’eau diminue et des cristaux peuvent apparaître dans la solution. Ces cristaux
peuvent alors obstruer la circulation de la solution et endommager la pompe de circulation.

- 32 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Une amélioration considérable des performances peut être apportée par la mise en oeuvre
d’un cycle à deux étages (Figure 25). De telles machines font apparaître un nouveau niveau de
pression intermédiaire Pi, ainsi qu'un nouveau niveau de température Ti, mais qui reste interne au
fonctionnement. Par conséquent, le procédé reste tritherme [65].

Figure 25 : Schéma et représentation dans le diagramme d’Oldham d’une machine à absorption bi étagée

Le fonctionnement de cette machine est équivalent à la superposition de deux cycles simple


effet :
• L'un fonctionnant entre Tb, Tm et Th et utilisant l'évaporateur E, le désorbeur D1, le
condenseur C1 et l'absorbeur A.
• L'autre fonctionnant entre Tb, Tm et Ti et utilisant l'évaporateur E, le désorbeur D2, le
condenseur C2 et l'absorbeur A.
Le gain énergétique se situe dans la récupération de la chaleur de condensation produite à Ti
dans C1 pour assurer la désorption gratuite de la solution en D2. De nombreuses autres
configurations existent. On trouve également des machines triple effet. La valeur du COPth dépend
des conditions de fonctionnement, à savoir des niveaux de températures du cycle (Tl, Tm, Th). La
gamme typique des COPth se situe entre 0,6 et 0,75 pour une machine simple effet. Les cycles plus
efficaces, mais plus complexes comme celui vu précédemment conduisent à des COPth d'environ
1,2 pour le double effet et 1,7 pour le triple effet. Néanmoins ces cycles sont encore en cours de
développement pour les applications solaires et nécessitent une température Th nettement supérieure
[65, 66]. Les niveaux de températures nécessaires au fonctionnement de ces machines sont de
l’ordre de 80-100°C pour le cycle simple effet et <150°C pour le cycle bi-étagé. Donc leur
alimentation énergétique est tout à fait compatible avec une chaleur d’origine solaire (capteurs plans
pour le simple effet et à concentration pour les multi-étagés). C’est pourquoi, en plus de la grande
maturité de cette technologie souvent utilisée pour réaliser de la récupération de chaleur, elle est la

- 33 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

plus utilisée dans le domaine du froid solaire. Le paragraphe II.4 prouve cette prédominance avec
un état de l’art des différents systèmes installés dans le monde.
Sa grande présence dans le domaine du froid solaire tient également à un autre avantage qui
réside dans sa faculté à s’adapter aux variations des conditions qui l’entourent ainsi qu’à la variation
des besoins frigorifiques. Plusieurs constructeurs mettent ainsi l’accent sur le maintien des
performances (COPth ~Cte) de leurs machines quelle que soit la charge. Comme en témoigne le
graphe de la Figure 26, où est portée la proportion de puissance consommée en fonction de la
proportion du besoin frigorifique. On y remarque ainsi que ces évolutions sont très proches de la
première bissectrice, et ce malgré une amplitude importante de la température de condensation (de
18°C à 35°C). Il peut être également noté l’étendue du champ de variation de charge accessible à la
machine (de 15 à 115 %) ce qui lui donne une grande adaptabilité.

Figure 26 : Performances à charge partielle d’un groupe à absorption [67]

Une autre innovation, nommé GAX pour Generator-Absorber-heat-eXchanger [68, 69], peut
être apportée au cycle simple effet. Elle permet d’exploiter une plage de température plus
importante, allant de celle du simple effet à celle du double effet. Sa particularité tient à la
récupération d’énergie à la fois sensible et latente lors de la descente en température et d’une partie
de l’absorption, au profit de la montée en température et d’une partie de la désorption. La Figure 27
présenté le cycle obtenu sur un diagramme d’Oldham.

- 34 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

P
Desorbeur
Condenseur
Ph
Xd

Xc
Pb

Evaporateur Absorbeur T
Tb Tm Th

Figure 27 : Représentation d’un cycle GAX dans le diagramme d’Oldham

On peut constater sur la Figure 27 que son fonctionnement suppose un écart important entre
les températures Tm et Th pour assurer une récupération d’énergie à des niveaux de températures
suffisamment intéressants. Aussi, son utilisation est réservée uniquement au couple NH3/H2O qui
n’est soumis à aucune cristallisation et donc à aucune limitation de cet ordre vers les hautes
températures. La récupération d’énergie se traduit finalement par une réduction de la part à fournir
effectivement au désorbeur et donc par des COP plus élevés que ceux des cycles standards [70]. Ces
machines pouvant fonctionner avec des niveaux de températures plus élevés, leurs performances ont
récemment été évaluées par simulation dans le cas d’un couplage à des capteurs à concentration à
lentilles de Fresnel [71]. Les résultats obtenus démontrent que ce type de capteurs est tout à fait
capable de satisfaire la quantité et la qualité de l’énergie exigée par le système. Le rendement global
obtenu est supérieur aux machines classiques grâce aux conditions de fonctionnements optimales
obtenues. Dans les conditions nominales, l’efficacité est de 0.63 pour les capteurs et 0.85 pour la
machine à absorption GAX, soit un COP du système de 0.54.
Beaucoup d’installations de froid solaire, utilisant des cycles à absorption couplées à des
capteurs solaires thermiques plans et même à concentration, peuvent être recensées aussi bien pour
le rafraîchissement de bâtiments qu’à des fins industrielles. Bon nombre de ces installations ont été
réalisées afin d’améliorer les connaissances et d’acquérir un savoir-faire lorsqu’elles sont couplées à
l’énergie solaire. Par exemple, Izquierdo et al [72] présentent les résultats d’une installation utilisant
une petite machine qui était commercialisée par une société espagnole (Rotartica 045v), de 4.5 kW
fonctionnant à l’aide du couple H2O/LiBr pour une habitation à Madrid, en août 2005. Le COPth
moyen durant cette période a été de 0,49, mais lorsque l'énergie électrique utilisée par l'équipement
auxiliaire a été prise en compte, le COPth rapporté en énergie primaire est descendu à 0,37. D’autres
travaux traitent de l’utilisation de ces systèmes dans des zones tropicales (très humides), comme par
exemple ceux de Marc et al [73]. Ils présentent une étude expérimentale d'un système à absorption
solaire mis en œuvre à La Réunion, situé dans l'hémisphère sud, à proximité du tropique du
Capricorne. La particularité de ce projet est de réaliser un refroidissement efficace des salles de

- 35 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

classe, par un système de refroidissement solaire sans aucun appoint (chaud ou froid). L'objectif de
cette étude expérimentale est de définir les limites de l'utilisation d'un tel système dans les
conditions climatiques tropicales, sans réglage de la température de consigne. Enfin, quelques
installations réalisées avec des machines à double effet couplées à des capteurs à concentration ont
été recensées [74, 75] mais il s’agit de système disposant d’un appoint gaz. La première est utilisée
pour rafraîchir un bâtiment à Séville et l’autre dans un procédé industriel de désalinisation à
Almeria également en Espagne. Dans le premier cas, le COP moyen quotidien est de 1.1 à 1.25 avec
75% de la source chaude produite par les capteurs solaires à lentilles de Fresnel, dont le rendement
est de 0.44. L’autre installation traite d'un système de dessalement solaire basé sur une usine de
distillation multi-effet raccordée à une machine à absorption double-effet. La machine utilisée est de
fabrication française (ENTROPIE) et est couplée à des capteurs cylindro-paraboliques.

IV. Actualité de la climatisation solaire

IV.1. Etat du marché


D’après le rapport de la sous-tâche B de la tâche 38 de l'Agence Internatinale de l'Energie
[76], fin 2009, il avait été recensé 113 systèmes de rafraîchissement solaire de grandes puissances et
163 de petites puissances dans le monde. Parmi ceux-ci sont inclus ceux qui ne sont pas
couramment utilisés (installations de recherche par exemple). On parle de petite puissance pour une
installation dont la source chaude doit fournir au maximum 20 kW pour un fonctionnement
nominal. 254 systèmes de rafraîchissement solaire ont été localisés en Europe, 13 en Asie
(principalement Chine et Japon), 4 en Amérique (3 au Etats-Unis et 1 au Mexique), 3 en Australie
et 2 en Afrique (Egypte et Afrique du Sud). La Figure 28 suivante montre la répartition mondiale en
fonction du niveau de puissance.

140
120
100
> 20 kW < 20 kW
80
60
40
20
0
Grèce chine Portugal France Italie AutricheAllemagne Espagne autres
Pays

Figure 28: Répartition mondiale des installations de rafraîchissement solaire.

- 36 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

On peut remarquer une importante part pour les systèmes de petites puissances qui semblent
bel et bien être l’objectif visé par les systèmes solaires. Aujourd’hui, le nombre de ces installations
est estimé à 450. Durant cette dernière décennie, les études sur le rafraîchissement solaire sont en
nette augmentation. La Figure 29 permet de s’apercevoir de l’importance de cette hausse et
d’identifier les pays qui étendent leurs travaux sur le sujet depuis 2005.

140

120

100
2005 2009
80

60

40

20

0
Allemagne Grèce Espagne Portugal Italie Autriche France Hollande Turquie

Figure 29 : Représentation du développement du rafraîchissement solaire en Europe entre 2005 et 2009.

1%
6%

11% 82%

Absorption Adsorption DEC Solide DEC Liquide

Figure 30 : Répartition des principales technologies de rafraîchissement solaire utilisées

La Figure 30 montre que sur les 276 installations recensées, les cycles à ab/adsorption
représentent la très grande majorité des systèmes avec 82% pour l’absorption. De plus, il est à noter
que ces systèmes sont les seuls à être présents dans la catégorie petite puissance. Dans cette dernière
plage de puissance, les machines à absorption commercialisées par CLIMATWELL et
ROTARTICA ont été respectivement adoptées dans 34% et 23% des cas. SORTHECH et
INVENSOR sont les seuls fabricants de refroidisseur à adsorption présents à cette échelle (Figure
31). Fin 2009, il n’existait que des installations de grandes puissances utilisant un procédé
dessiccant.

- 37 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Others Invensor
Rotartica
4% 1%
23%
Broad
1%
EAW
Yazaki 9%
12%
Thermax
1%
Pink
1%
Climatwell
Sortech 34%
Sonnenklima
12%
2%

Figure 31 : Répartition des parts du marché pour chacun des fabricants

Précédemment, les différentes technologies thermiques de captation solaire ont été recensées.
La Figure 32 permet de voir leur répartition. Les capteurs plans et sous vides sont les technologies
les plus utilisées dans les systèmes de rafraîchissement solaire, par rapport aux autres techniques de
captation. Les technologies peuvent varier selon les pays (un capteur plus performant permettra de
réduire la surface occupée) ou les besoins d’une installation (niveaux de températures).

7% 45%
0%
3%

45%
Plan Sous vide
Cylindro parabolique A air
Plan + CPC

Figure 32 : Répartition des différentes technologies de capteurs solaire thermique utilisées

L’absorption est la seule technologie à utiliser les 4 technologies de capteurs permettant de


produire de l’eau chaude solaire (Figure 33). Les technologies ab/adsorption sont les plus
appréciées parce qu’elles sont les plus adaptées aux différents capteurs avec des rapports
performance/encombrement parmi les plus faibles.

- 38 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Figure 33 : Répartition des types de capteurs couplés au procédé au absorption.

Les machines à absorption sont les machines frigorifiques à sorption les plus présentes sur le
marché du rafraîchissement solaire que ce soit de petites ou grandes puissances. Leur combinaison
avec les capteurs solaires thermiques plans et sous vides est assez bien connue dans le domaine des
grosses installations. Cependant, dans le cas des petits systèmes, le comportement instationnaire de
ces machines n’est pas encore bien connu du fait de tous les paramètres transitoires influençant le
fonctionnement de celles-ci, comme la ressource solaire, les conditions environnementales et la
charge frigorifique du bâtiment. Les systèmes à dessiccation n’ont pas encore pénétré le marché
comme ont pu le faire l’absorption et l’adsorption. Pour ce qui est des technologies de captation, les
capteurs plans et sous vide sont les plus utilisés et on ne retrouve que très peu de systèmes
nécessitant un flux solaire concentré. Regardons de plus près les machines à absorption disponibles
sur le marché et les coûts estimés d’une telle installation de rafraîchissement solaire à l’heure
actuelle, afin de comprendre cette forte représentation.

IV.2. Etat de l’offre technologie


Bien que le cycle des machines frigorifiques à absorption ait une origine antérieure (Carré,
1857) à celui des machines à compression mécanique des vapeurs (Linde, 1875) [77], le marché de
la réfrigération a été depuis ses origines dominé par ce dernier et surtout depuis 1930 avec
l'introduction des fluides frigorigènes de la famille des chlorofluorocarbones (CFC, comme le R12)
et des hydro chlorofluorocarbones (HCFC, tels que le R22) comme fluides de travail. Des machines
à absorption simple-effet sont commercialisées depuis les années 1930, alors que les doubles-effets
sont apparues dans les années 1970-90, mais leur coût élevé, le faible prix de l’énergie et
l’élargissement de la gamme des machines à compression ont fortement limité leurs applications.
Aujourd’hui, les refroidisseurs à absorption reçoivent un regain d’attention du fait de leur
potentiel en récupération de chaleur thermique résiduelle, en cogénération et même trigénération, en
plus de leur avenir dans les systèmes de climatisation solaire. L’intérêt qui leur est porté dans
l’utilisation de l’énergie solaire pour les alimenter ne date pas d’aujourd’hui. Dès 1962, des

- 39 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

applications de conservation des aliments avec des cycles à absorption discontinus pour les régions
isolées ou les pays moins développés avaient été pensées tandis que leur utilisation dans l’air
conditionné commençait à peine à être envisagée pour les bâtiments tertiaires dans les pays
développés et même pas imaginée dans le résidentiel [78]. Au début, les possibilités des systèmes à
absorption explorées étaient des installations conventionnelles adaptées pour être en mesure de
fonctionner avec de l’eau chaude produite par un champ de capteurs solaires [79]. Leurs conditions
de conception et d’exploitation ont également été analysées [80]. Après la crise du pétrole, un
regain d’intérêt est apparu pour les machines à absorption solaire destinées à la climatisation dans
les pays développés, qui étaient déjà dans ces années considérées comme un bon complément aux
systèmes de chauffage solaire et de production d’eau chaude sanitaire [81]. Des analyses plus
détaillées sur ces systèmes à absorption solaire ont vu leur nombre augmenter, car contrairement
aux applications conventionnelles, ces systèmes fonctionnent très souvent hors des conditions de
conception, c'est-à-dire à charge partielle et avec des conditions de fonctionnement transitoires
(source solaire, température extérieure, charge frigorifique). Par conséquent, des travaux sur la
modélisation et la simulation théorique, basés sur la caractérisation expérimentale des machines à
absorption [82], ont été entrepris afin d’évaluer les performances du système [83]. Les premières
installations expérimentales et démonstratives ont alors commencé à apparaître [84, 85, 86, 87].
Malheureusement, la baisse des prix de l’énergie les années suivant cette crise pétrolière et la forte
implantation des machines à compression de vapeur dans le marché de la climatisation ont empêché
l'expansion de cette technologie. Par conséquent, jusqu'à nos jours, ces installations d'absorption
solaire conservent surtout un caractère démonstratif [88, 89, 90, 91, 92, 93]. Le fort développement
des installations, observé en Espagne ces dernières années par exemple [94, 95], est dû à
l’apparition de machines commerciales de petite puissance destinées au résidentiel ou au petit
tertiaire conçues spécialement pour les applications solaires.
Historiquement, les fabricants de machine à sorption se sont concentrés sur les hautes
puissances, de quelques centaines de kW au MW frigorifique (machines Broad, York, Carrier,
Trane, Nishyodo, Mayekawa, etc.). Ce n’est que ces dernières années que l’offre en machine à
sorption de petites puissances s’est diversifiée. La Figure 34 présente les différents fabricants de
machines à sorption de puissance inférieure à 50 kW en fonction des puissances frigorifiques et des
couples utilisés.

- 40 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Figure 34 : Fabricants de machine à sorption de puissances inférieures à 50 kW

Pour les petites puissances, les fabricants de machines à absorption restent plus nombreux que
leurs homologues des machines à adsorption. De plus, le marché des machines à absorption de
petites puissances évolue rapidement. Ainsi ces dernières années deux machines ont disparu du
marché : la machine ROTARTICA, filiale de FAGOR qui a souhaité arrêter la fabrication suite à la
crise économique en 2009 et la machine SONNENKLIMA dont la société est en liquidation
judiciaire depuis fin 2009. Néanmoins, la commercialisation de cette dernière est reprise par la
société AbKM Klimatechnic depuis le dernier trimestre 2010. En revanche, une nouvelle machine
NH3/H2O de 19 kW, développée par la société PINK a été présentée lors du salon INTERSOLAR
2010. Depuis, la machine PINK de 12 kW (Chilii PSC12) a connu une modification de ses
conditions nominales de débit pour porter sa puissance nominale à 14 kW. Le Tableau 1 présente
les différentes machines à absorption de petites puissances existantes. 14 machines (en incluant la
machine ROTARTICA) sont ainsi disponibles pour les installations de petites puissances (< 70
kW). De nouveaux fabricants de machines à absorption, alimentées par eau chaude solaire, veulent
se placer sur le marché du rafraîchissement solaire et développent actuellement leurs produits, à
savoir Aosol (5 kW, Portugal), Solar Frost (2-10 kW, Autriche) et Robur (17 kW, Italie).
La plupart des installations réalisées à ce jour sont des opérations de démonstration ou de
recherche et des efforts sont encore nécessaires pour optimiser la conception des nouvelles
installations. L’effort technique pour l’implantation d’une installation de rafraîchissement solaire
est plus élevé que pour un système conventionnel. Ceci provient à la fois de la mise en oeuvre de la
partie production d’énergie solaire (la production d’énergie n’étant pas incluse dans les éléments
d’une installation classique), et des besoins plus élevés en refroidissement du système, liés à
l’utilisation de groupes de froid à sorption. Le coût de certains composants est d’autre part encore
assez élevé, le niveau de production étant loin d’avoir atteint un stade de fort développement
industriel. Quelques exemples sont présentés dans le Tableau 1. Il faut compter 12000 € pour une

- 41 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

machine de 5 à 8 kW et 22000 € pour une machine de 10 à 17 kW. Afin de réduire le coût global et
de faciliter le développement de ces systèmes de petites puissances, des kits de rafraîchissement
solaires à absorption et adsorption sont apparus. Des sociétés comme Schüco international
(Allemagne, machine EAW), Sol-ution (Autriche, machine EAW), SolarNext (Allemagne, machine
Pink, Yazaki, AGO) et Gasokol (Autriche, machine EAW) proposent donc des systèmes clés en
main à absorption jusqu’à 100 kW frigorifique incluant le champ de capteurs, les stockages chaud
et/ou froid, les pompes de circulation nécessaires, le système d’évacuation de chaleur, la machine à
absorption et la régulation.

1300 € 400 €
2600 € 3% 1% Champ de capteurs
5% 4000 €
Local technique
11600 € 8%
Production de froid
23%
Electricité
Régulation et surveillance
Mise en service
3100 € Ingénierie
6% 26400 €
54%

Figure 35 : Répartition du coût des différents postes de dépenses d’une installation de rafraîchissement solaire de
35 kW réalisée en France

En résumé, les coûts d’investissement de ces systèmes, hors subvention, sont sensiblement au
dessus de ceux des équipements conventionnels. La Figure 35 présente la répartition des dépenses
d’une installation réalisée en France. Par contre, les coûts de fonctionnement des installations de
rafraîchissement solaire sont bien moins élevés que ceux des installations classiques. Ceci est
particulièrement vrai lorsque la puissance électrique souscrite, auprès du fournisseur EDF par
exemple, doit être augmentée pour faire face aux pics de consommations liés à une climatisation
classique. En général, et bien que le bilan économique soit propre à chaque installation, le coût
complet annuel (incluant l’investissement, les coûts de fonctionnement et de maintenance) est
supérieur à celui d’une installation conventionnelle.

- 42 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Tableau 1 : Synthèse des caractéristiques des machines à absorption de moins de 70 kW

- 43 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Une capitalisation d’expérience des fabricants, des bureaux d’études et des installateurs
devrait aussi permettre une diminution des coûts. Grâce à l’ensemble de ces améliorations, les
systèmes devraient atteindre, étape après étape, un coût global proche des installations
conventionnelles, tout en permettant une considérable économie d’énergie primaire, contribuant
ainsi aux objectifs de réduction des impacts environnementaux de la climatisation. Ainsi, les coûts
au kW froid de ces installations sont passés de 5000-8000 €/kW en 2007 à 4500 €/kW en 2008 et
une estimation à 3000 €/kW pour 2012 a été réalisée. Les potentiels de réductions des coûts de ces
kits de rafraîchissement solaire sont les suivants [96] :
• Maximum 10% d’ici 2-3 ans pour le champ de capteurs,
• Maximum 20% d’ici 2011 et jusqu’à 50% une fois la production en série atteinte pour les
machines à absorption (> 500 unités),
• 40 à 50% au niveau du circuit de refroidissement,
• Minimum 60% pour la régulation et la surveillance tout en améliorant l’efficacité des
systèmes,
• 10 à 30% pour l’installation avec la standardisation des systèmes de rafraîchissement en kit.
Le bénéfice environnemental justifie le soutien des pouvoirs publics à des projets de
démonstration, généralement sous la forme de subventions à l’investissement, permettant ainsi de
rendre ces systèmes économiquement viables.

IV.3. Les projets de recherches nationaux


À l'échelle nationale, deux programmes ANR Prebat, intitulés ORASOL et ABCLIM-SOL,
ont pris place dans ce contexte du rafraîchissement solaire. Notre contribution dans le cadre de ces
projets était :
• le montage d’un pilote de démonstration, son analyse (sous les divers angles évoqués plus
haut), sa modélisation et sa simulation (statique et dynamique) en vue de la comparaison des
différentes solutions.
• la modélisation et la simulation (statique et dynamique) de quatre systèmes de
rafraîchissement solaire, implantés chez les différents partenaires.

IV.3.1. Projet ORASOL


Programme ANR PREBAT 2006.
Coordinateur : LPBS, Franck LUCAS.
Partenaires : CIAT, CEA, INES LOCIE, LaTEP, LIMSI, PROMES, TECSOL SA.
ORASOL a pour objectif général d’améliorer la connaissance sur les performances des
procédés de rafraîchissement solaire de bâtiments et de mettre à disposition des maîtres d’oeuvre,

- 44 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

des outils d’aide à la décision, leur permettant de proposer aux maîtres d’ouvrage une installation
dont les performances et le dimensionnement soient optimisés. A l’échéance de ce programme
d’une durée de 3 ans, il est prévu de réaliser :
• Une étude d’optimisation des procédés thermodynamiques.
• Des outils de dimensionnement utilisables en phase étude de faisabilité.
• Des outils d’optimisation de dimensionnement d’installations.

Pour investiguer les techniques de rafraîchissement solaire les plus prometteuses, de manière
fondamentale, mais aussi très appliquée, quatre pôles de travail sont définis.
Le pôle 1, chargé de « l’analyse thermodynamique des procédés », a un rôle transversal
d’établissement des outils, permettant d’analyser et de comparer objectivement sur une base
commune les prototypes testés, tout en mettant en évidence les améliorations possibles. Toutefois,
l’influence des transitoires imposés, soit par le climat, soit par la conduite des installations, sur les
performances globales et les irréversibilités de chacun des procédés, doit être évaluée et comparée.
Il convient de définir, avant toute analyse, des critères communs, mais intégrant les différences de
chaque procédé, afin de quantifier et comparer in fine leurs performances. Ces critères sont d’ordre
énergétique (premier principe de la thermodynamique), exergétique ou entropique (second principe
de la thermodynamique) ou technologique (puissance par unité de surface, de masse, de volume,
etc.). Les critères économiques ne sont pas considérés, d’une part parce que, très dépendants de la
conjoncture économique globale, d’autre part parce qu’étant du ressort des industriels. La deuxième
problématique, concerne l’analyse thermodynamique des transitoires. Les analyses
thermodynamiques, second principe en particulier, sont habituellement développées pour les
fonctionnements stationnaires (typiquement nominaux) des machines et procédés. Or l’énergie
solaire est par essence variable, ce qui rend nécessaire de mettre au point de nouveaux outils
d’analyse. Les verrous à lever pour disposer de ces nouveaux outils sont de deux ordres :
• Il faut des données (mesures ou états calculés) sur les évolutions temporelles de chaque
composant des installations. Cela nécessite de modéliser finement les comportements
transitoires des différents composants.
• Certains cadres thermodynamiques sont à repenser, par exemple l’air extérieur n’est pas à une
température fixe. Il faut donc penser thermodynamiquement l’intégration du procédé global
(installation de rafraîchissement solaire + bâtiment + climat).
Le pôle 2 destiné à l’étude des Procédés de refroidissement par dessiccation propose d’étudier
deux types de composants pour la fonction dessiccation : la roue dessiccante qui est actuellement le
seul produit disponible sur le marché et l’échangeur dessiccant. Une modélisation de la roue
intégrée dans un système complet de production de froid permettra d’étudier la conduite et les

- 45 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

logiques de régulation et de définir ainsi un optimum en termes de composition et de performance


de l’installation. Les modèles de comportement développés seront intégrés dans un environnement
de simulation SimSPARK afin de simuler, sur une saison complète, le comportement de
l’installation, couplée à un bâtiment. Une étude numérique permettra ensuite de définir une méthode
de dimensionnement de ce type d’installation.
Le rôle du pôle 3 Procédés de refroidissement par absorption est d’étudier les installations de
production de froid par absorption de différentes puissances adaptées au rafraîchissement des
bâtiments. Pour les installations de rafraîchissement solaire par absorption, il existe déjà des codes
de simulation de première génération permettant d’aider le concepteur. Ces codes nécessitent un
haut niveau d'expertise en modélisation (TRNSYS par exemple) ou sont en cours de développement
(outil ODIRSOL développé par TECSOL et le CSTB dans le cadre d'un projet ADEME/PUCA).
Cependant, dans tous les cas, ces codes ne proposent pas un couplage réel entre le bâtiment et la
machine de production de froid. Ainsi par exemple, la réponse du bâtiment n’est pas prise en
compte par la simulation de la production de froid. Il est alors difficile d’estimer correctement la
dérive de température dans le bâtiment. Les codes de deuxième génération doivent tenir compte de
ce couplage. Leur validation est une étape fondamentale avant l’utilisation de ces outils en phase
étude pour des projets commerciaux. La procédure comporte, notamment, une comparaison des
résultats de simulation avec des mesures expérimentales. Deux procédures sont prévues :
• validation des modèles de composants, de systèmes et du couplage système/bâtiment sur des
prototypes expérimentaux.
• validation du couplage système/bâtiment et système/bâtiment/utilisateur sur des installations
réelles.
Le pôle 4 étudie les Procédés de refroidissement thermochimiques mettant en oeuvre une
réaction chimique renversable entre un sel et un gaz réfrigérant (BaCl2/NH3). La contribution de ce
pôle consiste, sur la base des résultats expérimentaux obtenus sur un pilote représentatif à l'échelle
1, à développer et valider une modélisation dynamique de ce procédé instationnaire afin de
caractériser et d’optimiser les performances thermodynamiques et énergétiques d'un tel système. Un
tel modèle doit permettre une évaluation technico-économique de ce procédé thermochimique.
Le bilan d’avancement intermédiaire du projet ORASOL montre des avancées significatives
sur le plan expérimental et théorique pour les trois procédés de rafraichissement étudiés. Le Tableau
2 résume l’ensemble des caractéristiques des installations utilisées dans le programme ORASOL.
Le pole d’analyse thermodynamique a établi les bases théoriques permettant de procéder à la
comparaison des différentes technologies. Mêmes si certaines installations de rafraichissement
n’ont pas encore été finalisées, les résultats expérimentaux obtenus montrent que des améliorations
sensibles ont été apportées aux procédés permettant d’augmenter les coefficients de performances.

- 46 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

Les améliorations portent principalement sur le contrôle commande des procédés. Les modèles de
composants sont généralement finalisés et doivent être réassemblés pour permettre une
représentation complète des installations. Il faut noter que cette partie est aboutie et en phase de
validation pour le pole 4. La fin du projet doit donc permettre, sur la base des outils expérimentaux
et numériques, la comparaison des technologies et apportera des réponses plus précises sur leur
optimisation.

Tableau 2 : Caractéristiques des installations expérimentales du programme ORASOL

IV.3.2. Projet ABCLIMSOL


Programme ANR PREBAT 2007.
Coordinateur : CETIAT.
Partenaires : CEA, EDF R&D, CETHIL, LaTEP.

Le projet ABCLIM-SOL, sélectionné et financé par l’Agence Nationale de la Recherche


(ANR) dans le cadre du programme PREBAT 2007 avait pour objectif principal de permettre une
meilleure compréhension ainsi qu'une meilleure caractérisation des systèmes de rafraîchissement
solaire de petite puissance couplés au bâtiment, au niveau scientifique et technique, en évaluant

- 47 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

trois d’entre eux récemment mis sur le marché. La finalité de ce projet était d’apporter des
connaissances sur les performances thermiques de ces machines ainsi que sur leur intégration au
sein de systèmes multifonctions intégrés aux bâtiments résidentiels et du petit tertiaire pour une
valorisation maximale de l’énergie solaire sur une année complète de fonctionnement. Enfin, le
dernier objectif du projet ABCLIM-SOL était de fournir un certain nombre de préconisations aux
industriels et bureaux d’études concernant la conception, le dimensionnement et la mise en oeuvre
de ces systèmes dans les différents secteurs du bâtiment.

Le projet ABCLIM-SOL, qui a débuté début février 2008 pour une durée de 3 ans, a été
coordonné par le CETIAT et mené avec les partenaires suivants : CEA-INES, CETHIL, EDF R&D
et LaTEP. L’ADEME a assuré le suivi du projet pour l’ANR. Le projet ABCLIM-SOL s’est
organisé en 4 tâches successives dont les objectifs sont détaillés ci-dessous.
Tâche 1 : tests en conditions statiques et dynamiques de 3 machines à absorption. L’objectif
de cette tâche est de caractériser les performances énergétiques de trois machines de
rafraîchissement solaire utilisant des cycles à absorption H2O/LiBr disponibles sur le marché. Cette
phase de caractérisation comporte des tests en conditions statiques et en conditions dynamiques. Le
choix de ces machines repose sur 3 critères principaux : disponibilité de produits commercialisés ;
plage de puissances représentative des nouvelles générations de machines ; innovation technique
annoncée (compacité, échangeurs de chaleur innovants, refroidissement par voie sèche pour une des
machines).
Tâche 2 : modélisation des composants d'une machine à absorption. Cette modélisation
consiste à utiliser les résultats des essais statiques et dynamiques réalisés dans le cadre de la tâche 1.
Une approche consistant à étudier les différentes caractéristiques de chaque composant des
machines à absorption (absorbeur, condenseur, évaporateur, désorbeur pour l’essentiel) permet de
cerner avec une plus grande précision les paramètres ayant une influence majeure sur les
performances des systèmes étudiés, en vue de déceler d’éventuels points d’amélioration.
Tâche 3 : intégration des machines à absorption dans des systèmes multifonction solaire
(chauffage, ECS, rafraîchissement). Cette tâche a pour objectif d’étudier la faisabilité de
l'intégration des systèmes de rafraîchissement solaire, incluant les machines précédemment testées,
aux bâtiments (adaptation de leur puissance aux besoins et contraintes des bâtiments étudiés
(émetteurs, systèmes de chauffage…). Cette phase consiste en particulier à étudier la multi-
utilisation de l'énergie solaire pour la production d'eau chaude sanitaire, pour les besoins de
chauffage et de rafraîchissement via un équipement à absorption solaire. Au sein de cette tâche, il
est également prévu de réaliser une analyse technico-économique de l’utilisation de ces systèmes
dans le bâtiment. Cette étude de faisabilité doit largement faire appel à la simulation afin

- 48 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

d’envisager différentes configurations et scenarii d’utilisation. Elle doit également permettre de


quantifier les performances instantanées bien sûr, mais aussi et surtout intégrées sur des périodes
plus importantes : à la saison de climatisation dans le cas d’un fonctionnement mono-utilisation ou
à l’année dans le cas d’un fonctionnement multi-utilisation.
Tâche 4 : recueil de recommandations relatives à l'intégration de ces systèmes de
rafraîchissement solaire de faible puissance au bâtiment, notamment en terme de dimensionnement
(volume du ballon tampon nécessaire), de contraintes sur la typologie des capteurs (plans, sous
vide,…), de couplage avec les autres systèmes de génie climatique, de complémentarité avec les
systèmes solaires combinés, de stratégies de gestion associées et de performances énergétiques,
économiques et environnementales saisonnières. Ce recueil de recommandations se base sur
l'ensemble des résultats de l'étude. In fine, ce recueil permettra une meilleure identification des
configurations techniques possibles des systèmes énergétiques (incluant une machine à absorption)
et l’évaluation des performances associées selon les secteurs de bâtiments, usages et zones
climatiques étudiés dans le cadre de ce projet.

V. Modélisation des machines à absorption


Le développement, la fabrication et la commercialisation des machines à absorption s’est
accompagnée d’une activité assez intense de recherche et développement concernant les machines à
absorption. La modélisation et la simulation de tels systèmes ont conduit à beaucoup de travaux ces
dernières années. Dans la mesure où nous avons aussi comme objectif de réaliser un modèle non
seulement à l’échelle de la machine mais aussi à celle du système de rafraichissement solaire, il
nous a semblé intéressant de consulter les travaux antérieurs en la matière.
Globalement il existe deux types d’applications des modèles selon que l’estimation des
performances d’après un cahier des charges en terme de température est visée (on parlera ensuite de
modèle statique) ou au contraire que l’objectif est l’évolution temporelle du comportement de la
machine en fonction de conditions variables. On parlera alors de modèle dynamique.
Une dernière séparation convient d’être faite selon la nature du modèle utilisé. On trouve en
effet des modèles que l’on dénommera phénoménologiques qui reposent sur l’établissement de lois
de conservations classiques (masse, énergie) et d’autres qui résultent d’un traitement soit statistique
ou mathématique des informations (parfois sur une base phénoménologique néanmoins) et que l’on
appellera simplifiées.

- 49 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

V.1. Les modèles statiques simplifiés


Ce type de modèle repose sur l’utilisation de polynômes à plusieurs degrés qui dans la plupart
des cas donne la puissance frigorifique et le COP en fonction des températures. Citons ainsi le plus
ancien développé en 1979 par Blinn [97]. Les relations qu’il a choisies sont les suivantes :
3 3 j −1

Capacity = a ij (Tcw,i ) (T )g
i −1
(1)
i =1 j =1

3 3 j −1

COP = bij (Tcw,i ) (T )


g
i −1

i =1 j =1 (2)
Où a et b peuvent être déterminés à partir de données constructeurs. Durant sa thèse, son modèle a
été testé sur une machine ARKLA WF-36. Afin d’améliorer son modèle, Blinn ajouta par la suite la
prise en compte de deux nouvelles variables, la température d’eau glacée et le débit massique d’eau
chaude. La comparaison entre les résultats fournis par le modèle de Blinn et des résultats
expérimentaux obtenus par Froemming et al. [98, 99] ont montré que le modèle développé par
Blinn sous-estimait les effets de démarrage à froid et les phénomènes de marche arrêt.
Un autre modèle développé par Koeppel [100] donne le COP à partir de polynomes de degré 4
dépendants des températures et des débits de fluide caloporteur et de facteurs prenant en compte
l’écart aux valeurs nominales de fonctionnement de la machine.
Sur la base de précédents travaux de Takada (1982) et Furukawa et al. (1983), affinés plus tard par
Furukawa et al. (1987), Kern (1987) Riesch et al. (1987) et Ziegler (1998) [101], un autre modèle
simplifié a été développé par Hellmann et Ziegler pour décrire les performances caractéristiques de
machines à absorption. Il exprime à la fois la capacité et le COP des pompes à chaleur à absorption
comme caractéristique de fonctions algébriques des températures du fluide caloporteur de chacun
des échangeurs. Il s’agit d’un modèle reposant quant même sur les lois de transfert de chaleur qui
ont lieu au sein des différents échangeurs de la machine. Une étude sur les différentes méthodes
d’évaluation des performances des échangeurs a été réalisée par Ziegler en 1998, afin de vérifier
leurs pertinences dans le domaine des machines à absorption. C’est ainsi qu’il a estimé que la
température moyenne logarithmique pouvait être remplacée par la différence de température
moyenne arithmétique, plus simple d’utilisation. Par conséquent, il lui a été possible de représenter
le fonctionnement caractéristique des pompes à chaleur à absorption en seulement deux équations,
une pour la production frigorifique et l’autre pour la chaleur consommée. Le COP est alors
simplement le rapport entre les deux.
∆∆T − x
Qevap =
u (3)
et

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Etat de l’art du rafraîchissement solaire

∆∆T − x'
Qdesorb =
u' (4)
avec
∆∆T = (TG − T A ) − (TC − TE ) ⋅ R (5)

x et x’ sont des paramètres caractéristiques en K,
u et u’ sont des paramètres caractéristiques en kW/K,
R est la pente des isostères dans le diagramme de Dühring (1.1 dans le cas des machines
H2O/LiBr).

Ce modèle ne nécessite que très peu de données et la carte complète de fonctionnement des
machines peut être interpolée. Cette méthode a même été appliquée à un grand nombre de cycles
plus complexes que le simple effet [101]. Les résultats obtenus avec le modèle ne s'écartent que
légèrement des résultats obtenus avec une simulation numérique plus fine, si la plage de
changement dans les conditions de fonctionnement n'est pas trop grande. Le modèle est donc bien
adapté pour être mis en œuvre dans les logiciels de simulation comme TRNSYS pour la
modélisation des machines à absorption avec une approche boîte noire [102].
Sur la base de ce modèle de Ziegler, plusieurs variantes ont vu le jour comme celui de Kuhn
et Ziegler [103] afin d’étendre le domaine de validité aux plages de températures plus élevées.
Velarde et al. [104] ont appliqué avec d’assez bons résultats cette méthode sur deux machines
commercialisées, une Yazaki WFC-10 et une Thermax LT21S. Puig-Arnavat et al [105], l’ont
appliqué, quant à eux, à plusieurs refroidisseurs simple effet (Rotartica 4.5 kW, Safarki et al. 15kW
et Broad 768 kW) et double effet (Broad 1163 kW) avec là aussi une bonne réussite.
Un autre type de modèle qui cette fois-ci ne comporte plus rien en liaison avec les
phénomènes de transferts ou les lois de conservation associés au fonctionnement des machines à
absorption fait appel au domaine très foisonnant des Réseaux de Neurones Artificiels (RNA). Cette
méthode purement mathématique fonctionne par auto apprentissage et devient de plus en plus fiable
avec le nombre de données qu’elle traite [106, 107, 108].
Rosiek et Batlles ont utilisé cette méthode afin de prédire et d'évaluer le comportement de
l’installation de rafraîchissement solaire du bâtiment CIESOL [109]. L'objectif principal de ce
travail était donc d'utiliser un réseau de neurones pour estimer les coefficients de performance et la
capacité de refroidissement de la machine à absorption dans le but d’estimer l'efficacité globale de
l'installation de refroidissement solaire. Son application à utilisé dans leur cas un ensemble de 1639
points de mesure, dont deux tiers ont servi à la formation de réseau de neurones et 1 tiers à sa

- 51 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

validation. La machine ayant fait l’objet de ces travaux est une machine à absorption WFC SC 20
(simple effet, LiBr/H2O) d'une capacité nominale de 70 kW.
Plus récemment, et plus proche aussi de la thermodynamique et des transferts de chaleur Kim
et Infante Ferreira [110], sur la base des phénomènes physiques et des équations qui les régissent,
ont proposé des modèles permettant de simuler les performances de plusieurs machines
commerciales. Le modèle relatif aux fluides présents dans ces machines (équations d’état) reste
toutefois assez sommaire.

V.2. Les modèles dynamiques


Si les modèles précédents se révèlent très pratiques car rapides pour effectuer des études de
pré-dimensionnement ou de diagnostic ou encore pour être implémentés dans des solveurs de type
TRNSYS [102], certains d’entre eux par leur nature purement mathématique rendent aussi difficile
leur extrapolation hors du domaine d’étude et bien moins encore la possibilité d’une étude de
sensibilité paramétrique ou d’optimisation. Ils présentent par ailleurs un certain nombre
d’inconvénients parmi lesquels la difficulté de rendre compte du caractère transitoire et dynamique
associé au fonctionnement réel de ces machines (surtout dans le cas d’une alimentation énergétique
par voie solaire).
Devant un besoin grandissant de ce type d’outils de calcul, beaucoup de travaux sur la
simulation des machines à absorption ont vu le jour depuis une dizaine d’années. Citons par
exemple les travaux de Butz et Stephan (1989) [111] qui ont étudié le comportement d’une machine
à absorption face à un échelon de débit ou de température à partir d’un modèle dynamique reposant
sur l’écriture des équations différentielles relatives au bilan de matière et d’énergie des différents
composants. D’autres comme Willers et al. [112] ont utilisé un solveur d’équation comme TRNSYS
pour simuler le comportement transitoire d’une machine eau/ammoniac. Castaing et al. [113] ont
eux aussi simulé une machine eau/ammoniac commerciale (Robur) au moyen d’un modèle
dynamique et ont permis de rendre compte de régimes aussi variables que celui de la mise en
marche de l’installation avec une assez grande fiabilité. D’autres papiers ont été écrits sur la même
base scientifique et diffèrent ensuite soit par les bibliothèques de propriétés utilisées (REFPROP
[114], EES [115] ou bien issues de travaux comme ceux de Patek et al. par exemple [116, 117]) soit
par les outils de résolution ou les méthodes numériques mis en œuvre (EES [118], Modelica [119],
Matlab-Simulink [120, 121]).

VI. Conclusion
Le désir de confort en été, induit une croissance de la demande en climatisation des locaux qui
est essentiellement couverte par les systèmes à compression mécanique de vapeur. Ces derniers

- 52 -
Etat de l’art du rafraîchissement solaire

bénéficient de performances énergétiques intéressantes mais sont dépendant d’une contribution


mécanique souvent issue elle-même de l’électricité. Il existe pourtant des solutions alternatives qui
ont recours à des cycles thermodynamiques particuliers et dont l’énergie motrice est de la chaleur.
Ces cycles tri-thermes font, comme nous l’avons vu dans ce chapitre, une large part aux
machines à sorption et plus particulièrement à absorption. Afin de bien cerner ce qui les distingue
en termes de fonctionnement, de performance ou de mise en œuvre technologique, chacun d’entre
eux fait l’objet d’une partie spécifique dans ce chapitre. Parallèlement, les niveaux de températures
qui sont requis pour faire fonctionner de tels cycles sont relativement faibles ou en tous cas
suffisamment peu élevés pour pouvoir être produit par une technologie largement répandue
aujourd’hui, à base de capteur plan essentiellement. Certes les quelques améliorations qui ont été
apportées à ces capteurs, soit par l’emploi de tubes sous vide, soit par concentration au moyen de
réflecteurs a permis depuis quelques années d’atteindre des températures idéales pour le
fonctionnement de systèmes de rafraichissement solaire ainsi que des rendements suffisamment
importants pour que cette filière débute son développement industriel et économique. Parmi les
systèmes de rafraichissement, et malgré la croissance des cycles ouverts, ceux à absorption
occupent la part la plus importante pour une raison principalement liée à leur plus grande maturité
technologique. On trouve en effet environ une quinzaine de modèles pour un peu moins d’une
dizaine de fabriquant dans la gamme de puissance inférieure ou égale à 70 kW. Beaucoup
d’exemples d’installations de rafraichissement solaires existent dans le monde mais la filière peine
encore à percer un marché pour l’instant en tout cas très dépendant du cout élevé des installations
que l’on estime être aux environs de 3000 €/kW l’année prochaine.
Les travaux de recherche et de développement qui sont menées dans le cadre de cette
thématique du rafraichissement solaire restent très actifs comme en témoigne ou en a témoigné
l’Agence Internationale de L’Energie ou encore l’Agence Nationale de la Recherche au travers de
différents programmes comme ORASOL ou ABCLIMSOL auxquels nous avons participé et
collaboré. Enfin, et dans la mesure où notre travail comporte une part importante liée à la
modélisation et à la simulation, un état de l’art des modèles développés jusqu’ici est présenté, en
distinguant ceux qui permettent d’évaluer les performances pour un état donné du système
(approche statique) de ceux qui rendent compte des phases dynamiques liées au fonctionnement de
la machine face à des conditions variables comme celle de l’ensoleillement ou des charges
thermiques.

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- 60 -
CHAPITRE II

Modélisation de quatre machines à absorption


domestique simple effet

- 61 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

I. Introduction
Conçues et dimensionnées afin de répondre à des conditions nominales, les machines à
absorption sont souvent soumises à des conditions de fonctionnement variables (charges
frigorifiques, températures et flux). Être capable de prédire l’influence de ces modifications sur le
comportement de la machine et les performances énergétiques associées se révèle assez délicat. Une
alternative à l’expérimentation et l’analyse systématique sur pilote réside dans la simulation
numérique du système. Cela suppose tout d’abord d’avoir une bonne connaissance de la machine
simulée, de ses performances et des paramètres qui la définissent (caractéristiques des échangeurs
de chaleur, débits internes de solution, masse et volume des composants notamment). Dans la
mesure où les performances sont directement liées aux niveaux de température et aux
caractéristiques des échangeurs, différentes conditions expérimentales ont été appliquées à quatre
machines à absorption solaire :
• Rotartica Solar 045
• Sonnenklima SunInverse
• EAW Schüco LB 15
• EAW Schüco LB 30

Ce chapitre présente la manière dont le premier objectif de développement d'un modèle


capable d'estimer les performances transitoires de chacune des machines étudiées a été rempli. Une
première partie présente les protocoles expérimentaux suivis et les essais réalisés sur ces machines
en régime permanent et sous conditions dynamiques contrôlées. La variété des conditions
opératoires testées a permis de discerner les zones de fonctionnement acceptables de celles où les
machines présentent un fonctionnement non nominal, voire très dégradés. Ensuite, ces résultats
expérimentaux sont utilisés pour construire deux types de modèle Le premier est une modélisation
non phénoménologique développé par Kühn et Ziegler en 2005 [1, 2]. La seconde quant à elle est
une modélisation physique proposée par Castaing en 2004 [3]. Les résultats de simulation obtenus
sont alors comparés aux résultats expérimentaux, afin d'identifier la méthode la plus adaptée à nos
objectifs de simulation en régime transitoire.

- 62 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

II.Protocoles expérimentaux et résultats

II.1. Tests de la Rotartica Solar 045

II.1.1. Présentation de la machine


Le département EnerBat du centre R&D EDF des Renardières, désirant étudier les systèmes
de rafraîchissement solaire, s’est doté d’une machine à absorption liquide ROTARTICA SOLAR
045. Elle utilise le couple Eau/LiBr. Sa puissance frigorifique nominale est de 4.5 kW pour un
COPth de 0.62, avec comme triplet de températures 90 °C à l’entrée du désorbeur, 35 °C à l’entrée
du circuit de refroidissement et 12 °C en sortie d’évaporateur [4]. Cette machine à absorption peut
fonctionner selon une plage de fonctionnement qui couvre les régimes de températures suivants
pour :
• la source chaude (désorbeur) de 70 °C à 108 °C,
• l’évacuation de la chaleur (absorbeur et condenseur) de 30 °C à 45 °C,
• la production de froid de 6 °C à 20 °C.

Cette machine utilise un système rotatif constitué d’un tambour contenant l’ensemble des
composants qui la constitue. Ce système, dont nous pouvons observer une vue éclatée à la Figure 1,
permet :
• le mélange de la solution,
• le transfert de liquide entre les éléments,
• la répartition du liquide sur les échangeurs à ruissellement.

Enfin, cette machine a été conçue pour des débits nominaux des circuits d’eau chaude, d’eau
de refroidissement et d’eau froide, de respectivement 900 L/h (minimum 600 L/h), 1980 L/h
(minimum 1500 L/h) et 1560 L/h (minimum 1200 L/h). Cette machine possède un système de
régulation interne lui permettant d’éviter les dommages pouvant être occasionnés par une
cristallisation de la solution et d’assurer un fonctionnement optimal minimum. C’est pourquoi, elle
ne démarre que si les débits minimums de chacun des circuits sont respectés et si la température du
fluide caloporteur alimentant le désorbeur est supérieure à 80°C. Dans le cas où cette température
dépasse 108°C, elle passe en sécurité et se met en attente en s’isolant grâce à une vanne trois voies
réalisant un by-pass du fluide caloporteur du désorbeur, stoppant ainsi la désorption. Si durant les
20 minutes suivant cette opération, les conditions de fonctionnement ne redeviennent pas
acceptables, la machine s’arrête, de même avec la demande en eau glacée (contrôle thermostatique)
et dans le cas où la température en entrée de désorbeur est trop faible.

- 63 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Echangeur ABSORBEUR
de solution
interne

EVAPORATEUR

Tentrée desorb Tsortie evap


Tentrée abs/cond
Tsortie abs/cond
Tsortie desorb Tentrée evap
RESERVOIR
DE FLUIDE
DESORBEUR FRIGORIGENE

POMPES PITOT
CONDENSEUR

Figure 1 : Coupe réelle (à gauche) et schématique (à droite) du système rotatif ROTARTICA

Sur la coupe schématique de la machine présentée à la Figure 1, on peut remarquer que les
échangeurs de l’absorbeur et du condenseur sont montés en série. C’est pourquoi, il n’y a que trois
circuits connectés à ces machines. De plus, toutes les machines qui sont étudiées dans ce mémoire
possèdent cette particularité.

II.1.2. Résultats expérimentaux en régime statique


Un banc d’essai a été monté à partir de cette machine à absorption liquide dans une cellule
CLIMATRON (conditions environnantes contrôlables), afin d’analyser ses performances. Les
circuits d’eau chaude, d’eau de refroidissement et d’eau froide sont simulés grâce à trois sources
thermostatées programmables (Vulcatherm). Leur rôle est de maintenir la consigne de température à
l’entrée du désorbeur, à l’entrée de l’absorbeur/condenseur et à la sortie de l’évaporateur, avec les
débits imposés. Une centrale d’acquisition collecte les mesures indispensables à la réalisation des
différents bilans énergétiques de l’installation (voir Figure 2 pour les températures et débits
mesurés). Les mesures de températures et de débits sont respectivement réalisées à l’aide de sondes
PT100 4 fils (gamme -20°C -> 120°C, une incertitude de ±0.1°C sera retenue) et de débitmètres
électromagnétique (une incertitude de ±1% sera retenue).

- 64 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Preparation
de fluide caloporteur
Source solaire
Desorbeur

.
mdesorb
Tentrée desorb Tsortie desorb

Tentrée evap .
Preparation
mabs/cond
Preparation
de fluide caloporteur
Charge frigorifique Tsortie evap Tsortie abs/cond de fluide caloporteur
Evaporateur Tour de refroidissement
. Tentrée abs/cond
Absorbeur/condenseur
mevap
Figure 2 : Schéma du banc expérimental.

Pour évaluer les performances de cette machine dans le cas du conditionnement d’air de
bâtiments, ce banc a été utilisé, afin de réaliser des essais en régime permanent, avec différentes
plages de températures. Généralement, les ventilo-convecteurs (émetteurs froids) sont dimensionnés
pour fonctionner avec une plage de températures entrée/sortie de 7/12°C. Pour le circuit eau glacée,
les températures de départ testées seront donc 7, 12 et 15°C. Pour ce qui est du circuit désorbeur, il
y a trois limitations. Premièrement, la machine démarre si la température en entrée est supérieure à
80°C, deuxièmement, cette température doit rester inférieure à 108°C et dernièrement, la machine
s’arrête si elle descend sous les 70°C. Donc pour ce circuit, des températures de 70, 80, 90 et 100°C
seront appliquées à l’entrée du désorbeur. Pour le refroidissement (absorbeur/condenseur), les
températures 30, 35 et 40°C ont été sélectionnées, afin de tester différents climats.
Selon le protocole précédent, toutes les combinaisons de températures ont été testées sur la
machine Rotartica solar 045. Quelques-unes d'entre elles aboutissent à des résultats inutilisables tels
que les conditions de travail autour de la courbe de cristallisation conduisant à des anomalies de
fonctionnement ou des pannes de la machine. Ces essais sont indispensables car ils permettent de
définir et distinguer la zone dans laquelle le fonctionnement de la machine est normal (c'est-à-dire
lorsque les performances sont conformes aux attentes) de la zone où manifestement, la machine
fonctionne moins bien (COPth très faibles). Sur la totalité, 16 essais ont été conservés pour la suite.
Les résultats présentés ci-dessous dans le Tableau 1 ont été obtenus après au moins une heure de
conditions d’états stables. Parallèlement aux mesures de températures et de débits, la puissance
électrique requise par l'unité rotative a été mesurée à environ 380 W. Cette valeur ne tient pas
compte d'autres composants tels que les ventilateurs ou les pompes requises par le système pour
fonctionner.

- 65 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Tevap Tabs/cond Tdesorb Q evap Q abs / cond Q desorb COP


Essai sortie entrée entrée
°C °C °C kW kW kW -
A 14.9 35.1 90 5.84 ± 0.43 15.22 ± 0.64 9.59 ± 0.35 0.61 ± 0.02
B 12.1 35 90 4.75 ± 0.42 13.15 ± 0.62 8.55 ± 0.34 0.56 ± 0.03
C 15.1 40.1 89.9 3.19 ± 0.4 9.65 ± 0.58 6.64 ± 0.31 0.48 ± 0.04
D 12.1 40.2 89.9 2.2 ± 0.39 7.66 ± 0.55 5.63 ± 0.3 0.39 ± 0.05
E 14.6 30.1 90 8.62 ± 0.45 20.47 ± 0.7 12.24 ± 0.38 0.70 ± 0.01
F 11.9 30.1 90 7.42 ± 0.44 18.26 ± 0.68 11.13 ± 0.37 0.67 ± 0.02
G 15.1 35.2 79.8 3.85 ± 0.41 10.54 ± 0.59 6.8 ± 0.3 0.57 ± 0.04
H 12.2 35.3 79.8 2.69 ± 0.4 8.3 ± 0.56 5.66 ± 0.29 0.48 ± 0.05
I 7.1 35.3 79.8 0.96 ± 0.38 4.92 ± 0.52 3.94 ± 0.27 0.24 ± 0.08
J 15 35 70 1.65 ± 0.38 5.77 ± 0.53 4.04 ± 0.26 0.41 ± 0.07
K 12.1 35 70 0.58 ± 0.37 3.77 ± 0.51 3.07 ± 0.25 0.19 ± 0.11
L 15.1 30.3 70 4.24 ± 0.41 11.03 ± 0.59 6.73 ± 0.29 0.63 ± 0.03
M 11.9 30 70 3.16 ± 0.4 8.98 ± 0.57 5.72 ± 0.28 0.55 ± 0.04
N 15 40 100 5.3 ± 0.42 15.02 ± 0.64 10.06 ± 0.39 0.53 ± 0.02
O 14.9 35 100.2 8.21 ± 0.45 20.38 ± 0.71 12.69 ± 0.42 0.65 ± 0.01
P 11.7 34.9 100.2 6.4 ± 0.44 18.15 ± 0.68 12.21 ± 0.42 0.52 ± 0.02

Tableau 1 : Récapitulatif des différentes configurations de fonctionnement testées sur la machine Rotartica.

Le Tableau 1 regroupe pour chacun de ces essais les mesures des données de fonctionnement,
soit :
• les températures mesurées d’entrées et de sorties sur les boucles d’eau de source
chaude (désorbeur), de refroidissement (absorbeur/condenseur) et d’eau froide
(évaporateur),
• les puissances échangées par ces boucles, ainsi que le COP.

Ces 16 essais retenus représentent bien la machine car ils utilisent chacun des configurations
différentes (Figure 3). Ils regroupent des fonctionnements avec des températures d’entrées de
désorbeur de 70°C à 100°C, des températures d’entrées d’absorbeur/condenseur de 30°C à 40°C et
des températures de sorties d’évaporateur de 7°C à 15°C.

Figure 3 : Représentation graphique de la plage de fonctionnement cernée par les 16 essais retenus.

- 66 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

La Figure 4 montre bien les différents régimes de puissances de ces essais en fonction des
températures utilisées. Par exemple, lors de l’essai M, la machine produit de l’eau froide à 12°C
avec une température en entrée de désorbeur de seulement 70°C, ce qui a pour conséquence une
faible production d’eau froide (3.1 kW avec un COP de 0.55), malgré une température d'entrée
d’absorbeur/condenseur de 30°C. En opposition à ce cas, l’essai E permet à la machine de produire
un maximum d’eau froide à 15°C (8.6 kW avec un COP de 0.7), grâce à une température d’entrée
de désorbeur de 90°C et une entrée d’absorbeur/condenseur de 30°C.
.

25 Q [kW] Evaporateur
Desorbeur
20 Absorbeur/Condenseur

15

10

0
A B C D E F G H I J K L M N O P
Essais

Figure 4 : Représentation des puissances échangées pour chacun des essais.

La Figure 5 met en évidence la grande différence entre les niveaux de puissance atteints par
cette machine, allant d’une puissance frigorifique de 0,6 à 8,62 kW. En analysant un de ces graphes,
c'est à dire lorsque l'on considère la température de réfrigération constante, les meilleures conditions
sont atteintes lorsque la machine est bien refroidie et chauffée à haute température. En considérant
l'influence de la température de réfrigération, plus cette valeur est faible, plus la puissance de
refroidissement atteinte par la machine diminue.

Ts evap = 15°C Ts evap = 12°C

9 9
8 8
7 7
. 6 . 6
5 5
Qevap [kW] Qevap [kW]
4 4
3 3
2 2
1 30 1 30
0 35 Te abs/cond 0 35 Te abs/cond
100 40 [°C] 100 40 [°C]
90 80 90 80
70 70
Te desorb [°C] Te desorb [°C]

Figure 5 : Puissance frigorifique en fonction des conditions de fonctionnement

- 67 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Une comparaison entre les résultats expérimentaux obtenus et les données du fabricant est
réalisée à la Figure 6. Pour le niveau de puissance de refroidissement et le COPth (rapport des
contributions thermiques), les mesures sont très proches (un peu plus bas) des performances
annoncées. Il n'y a pas de données constructeur pour le test I, car il n'y a pas de résultats avec une
température de sortie de refroidissement de 7°C dans la documentation commerciale.
.

Qevap [kW] Constructeur Experimentale 0.8 COPth Constructeur Experimental


10
0.7
8 0.6
0.5
6
0.4
4 0.3
0.2
2
0.1
0 0.0
Essai A B C D E F G H I J K L M N O P Essai A B C D E F G H I J K L M N O P

a) b)
Figure 6 : Comparaison entre les puissances frigorifiques (a) et les COPth (b) expérimentaux et constructeurs
pour chacun des essais

Un avantage important des machines à absorption est leur faculté à adapter leur comportement
à charge partielle. Cette flexibilité va généralement de 20 à 120% des conditions nominales avec
des performances quasiment constantes (COPth). Cela ne s'applique pas vraiment à cette machine
résidentielle de petite taille mais néanmoins, la baisse du débit du circuit désorbeur a été testée à
hauteur de 78 et 63% de la valeur nominale. La deuxième valeur est le débit minimum accepté par
la machine. Les conséquences correspondantes sur le taux de transfert de chaleur et sur le COPth
sont présentées sur la Figure 7. Pour preuve, en abaissant la puissance de chauffage entrant dans le
système, on réduit le débit massique de fluide frigorigène recyclé, et dans le même temps, la chaleur
rejetée au condenseur et à l'absorbeur ainsi que l'effet frigorifique produit à l'évaporateur. Comme
mentionné précédemment et comme il a été observé expérimentalement sur la Figure 7, ces
variations de débits n'ont pas d'influence sur la valeur du COPth. Si bien que, la production froide
reste proportionnelle à l'apport de chaleur.

- 68 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
Q [kW] COP th
15 0.6

12 0.5

.
Qcool
0.4
9

.
Qheat 0.3
6
0.2

.
3 Qchill 0.1

0 0
63% 78% 100%

Figure 7 : Comportement de la machine avec l’évolution du débit d’eau chaude (désorbeur)


(63%, 78% et 100% du débit nominal)

Ce caractère particulier, a deux conséquences majeures. Premièrement, la production peut être


adaptée en permanence à la demande sans aucune perte d'efficacité et deuxièmement, cela peut être
contrôlé par des moyens très simples. Une vanne contrôlant le débit de fluide caloporteur haute
température entrant dans la machine et commandée par la température de sortie de l'eau glacée est
assez fréquente. En outre, elle permet également d'utiliser la machine sous ses conditions de travail
maximales. Ainsi, il est possible d’optimiser l'utilisation de l'énergie solaire reçue en s'adaptant à la
charge de climatisation. Par conséquent, la source chaude de la machine pourra conduire à une plus
grande énergie stockée, par exemple.

II.1.3. Résultats expérimentaux en régime dynamique


Afin d’analyser le comportement de cette machine lorsqu’elle est conduite par des conditions
dynamiques de fonctionnement et intégrée dans un système de froid solaire, le précédent banc
d’essai a été modifié en banc semi virtuel de production de froid solaire et il est présenté sur la
Figure 8. Il fonctionne grâce à une interface entre la partie testée du système et la partie émulée par
l'intermédiaire de TRNSYS : la partie testée correspond à la machine à absorption et la partie
émulée correspond au reste du système (tour de refroidissement, capteurs solaires, ballon tampon,
ventilo-convecteurs, bâtiment…). Ces derniers sont simulés grâce aux précédements Vulcatherm [5]
afin de simuler des fonctionnements journaliers caractéristiques :
• Un des 3 VULCATHERM a été programmé de manière à simuler en temps réel les capteurs
solaires, c'est-à-dire qu’en utilisant des données météorologiques et une équation
caractéristique du rendement des capteurs, on déduit la puissance solaire simulée à fournir
au fluide caloporteur,
• Un autre sert à simuler le comportement d’un aéro-réfrigérant (tour de refroidissement
sèche), sur le même principe que précédemment on déduit la puissance à évacuer grâce à un
modèle simplifié utilisant son efficacité,

- 69 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

• Le dernier ne représente pas le système d’émission mais la charge frigorifique du bâtiment à


rafraîchir, pour cela un modèle simplifié représentant le comportement dynamique d’un
bâtiment a été réalisé sur les bases d’un modèle du CEA INES.

Preparation

e
ag
de fluide caloporteur

ck
S to
Source solaire
Desorbeur

ge
c ka
Sto
.
mdesorb

Ts desorb Te desorb

. Ts abs/cond
ge

mevap Preparation
kac
St o

de fluide caloporteur
Tour de rerfoidissement
Preparation Te evap Absorbeur/condenseur
de fluide caloporteur ge
Charge frigorifique
.
a
ck

Evaporateur Ts evap m abs/cond


S to

Te abs/cond

Figure 8 : Schéma de principe de l’installation utilisée pour les essais en dynamique

Le principe de la méthode d’essais envisagée pour la caractérisation dynamique des machines


à absorption s’inspire de celle en dynamique des systèmes solaires combinés (SSC) développée à
l’INES et elle-même basée sur la méthode d’essais CCT (Concise Cycle Test, soit essais en cycle
court) [6]. Ce protocole d’essais évalue les performances des SSC sur 12 jours représentatifs des 12
mois de l’année. Pour les systèmes de froid solaire [7], il semble possible d’envisager une
caractérisation dynamique sur 3 jours représentatifs de la période estivale, définis selon :
• une journée de fonctionnement moyen de la machine et où la température moyenne
interne du bâtiment reste supérieure à la consigne,
• une journée de fonctionnement maximal de la machine et où la température moyenne
interne du bâtiment reste supérieure à la consigne,
• une journée de fonctionnement maximal de la machine et où la température moyenne
interne du bâtiment reste inférieure à la consigne.

Ces jours décrivent les conditions de fonctionnement auxquels le système de froid solaire doit
faire face avec des apports solaires plus ou moins intenses et des demandes en froid plus ou moins
importantes et continues. Ils ont été sélectionnés grâce à une modélisation d’un système de froid

- 70 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

solaire réalisé sous TRNSYS sur la période estivale [7]. Le climat utilisé pour les simulations est
celui de Carpentras (près de Avignon, France). Il est issu du logiciel METEONORM et fait partie
des climats de référence utilisés pour l’évaluation des systèmes solaires. Le bâtiment considéré est
une enceinte mono-zone d’une consommation énergétique en chauffage équivalente à 60
kWh/(m2.an) avec un renouvellement d’air de 0,4 Vol/h. Ensuite, deux types de régulation ont été
définis. La première est installé sur la production d’eau chaude solaire et met en marche la pompe
lorsque la température du ballon devient inférieure à celle interne au capteur. La seconde quant à
elle, indique à la machine à absorption, lorsque la température intérieure du bâtiment devient
supérieure à 26°C, qu'il est nécessaire de rafraîchir le bâtiment. Les journées caractéristiques
sélectionnées sont présentées sur la figure 9 et correspondent aux jours 43 (13 juillet), 55 (25 juillet)
et 72 (11 août) de la saison.

1.2 E [kW/m ]
2 Journée 55 35 T [°C] Journée 43 Journée 55 Journée 72
Journée 43
1 30
Journée 72
0.8
25
0.6
20
0.4

0.2 15
Time [h] Temps [h]
0 10
0 3 6 9 12 15 18 21 24 0 3 6 9 12 15 18 21 24

Figure 9 : Ensoleillement et Température extérieure lors des trois journées retenues, Carpentras [4]

Différentes configurations ont été définies, afin d’être testées dans le cadre du projet ANR
Prebat 2007 ABCLIMSOL. Pour chaque configuration, les débits des trois boucles de fluides de la
machine à absorption ont été pris égaux aux débits nominaux donnés par le constructeur. Le
mémoire du projet ANR présente en détail les différents résultats obtenus [8]. Dans cette étude, on
s'intéresse uniquement à une configuration standard définie grâce à des ratios autour desquels
semblent se dessiner les performances optimales de ces installations de froid solaire, notre but
premier étant la modélisation de la machine en dynamique. Ces ratios sont de 4.5 m² de capteurs
solaires et 55 L de stockage chaud par kW de froid nominal de la machine à absorption. Donc les
résultats présentés sont ceux obtenus lorsque la machine à absorption ROTARTICA est couplée à
20 m2 de capteurs solaires plans, à un ballon tampon de 250 L et à une tour de refroidissement sèche
(U=80 W/m².K, S=25 m² et débit d’air de 6000 m3/h).

- 71 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
.
120 T [°C] Entrées Q, W [kW]
Desorbeur 25
Sorties
100
20 Absorbeur + Condenseur
80
15
60 Absorbeur + Condenseur Desorbeur
10
40 Evaporateur

20 5
Evaporateur Elec Machine
Heure Heure
0 0
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00 10:00 11:00 12:00 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00 10:00 11:00 12:00

Figure 10 : Températures et puissances expérimentales obtenues pour la journée J55 sur la ROTARTICA

Au début du jour J55, la puissance de chauffage délivrée par la source de chaleur (soleil) est
d'abord utilisée pour augmenter la température du fluide caloporteur de ce circuit. Lorsque ce
dernier atteint la température requise de 80°C pour fonctionner (après environ 1 heure), la
désorption a lieu dans la machine. Quelques minutes après, le fluide frigorigène se condense, puis
s'écoule vers l'évaporateur. Comme de la vapeur est disponible dans ce dernier, l'absorption peut
avoir lieu, conduisant à l'augmentation de la température dans l'absorbeur. Ensuite, la température
de la source chaude augmente en raison de la montée du soleil, toute la machine adapte alors son
régime aux conditions de travail, conduisant à des niveaux de puissance plus élevés. Après environ
10 heures de fonctionnement, la machine s'arrête car elle a reçu l'ordre que le bâtiment n'avait plus
besoin de froid.
.
.

90 T [°C] Desorbeur Entrées 20 Q, W [kW]


Sorties
80 T Eva E 18
70 16
14
60
12 Absorbeur + Condenseur
50
Absorbeur + Condenseur 10
40
8 Desorbeur
30 6
20 Evaporateur
4
10 Evaporateur 2
heure Elec Machine heure
0 0
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00

Figure 11 : Températures et puissances expérimentales obtenues pour la journée J43 sur la ROTARTICA

Le jour J43 est différent du précédent puisque le niveau de la haute température atteint à
l'entrée du désorbeur reste en dessous de 80°C, en raison des conditions moins ensoleillées.
Globalement, les performances atteintes par la machine sont plus basses que pendant la journée J55.
Quelques minutes après que la machine a démarré, elle s’est arrêtée suite à un problème de
vibration pendant un court moment et a redémarré. Après environ 8 heures, lorsque la température
chaude est trop basse (70°C), la machine s'arrête.

- 72 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
110 T [°C] Desorbeur 25 Q [kW]

90 20

70 15

50 Absorbeur + Condenseur 10

30 5

10 Heure
Evaporateur Heure 0
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00
-10 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00 Desorbeur Absorbeur/condenseur Evaporateur

Figure 12 : Températures et puissances expérimentales obtenues pour la journée J72 sur la ROTARTICA
Lors de la journée 72, on peut noter que la température de l'eau chaude solaire atteint
pratiquement les 110°C en milieu d'après midi. Il s'agit d'une conséquence de la régulation
thermostatique qui indique à la machine que la température de consigne de l'intérieur du bâtiment
est respectée. C'est pourquoi, on peut observer plusieurs démarrages de la machine durant cette
journée, 5 fois exactement. Comme la machine ne consomme pas de chaleur au désorbeur, la
température du stockage ne cesse d'augmenter. Dans ces conditions, il pourrait être intéressant
d'utiliser un stockage froid. Sinon, la machine pourrait être démarrée lorsque la température
commence à être trop élevée, afin de produire du froid même si le bâtiment ne nécessite pas d'être
rafraîchi.

II.2. Tests de la Sonnenklima Suninverse

II.2.1. Présentation de la machine


Le laboratoire A&T du CETIAT, étudiant les systèmes de rafraîchissement solaire, s’est doté
d’une machine à absorption liquide SONNENKLIMA. Elle utilise le couple Eau/LiBr. Sa puissance
frigorifique nominale est de 10 kW pour un COPth de 0.78, avec comme triplet de températures
75°C à l’entrée du désorbeur, 35°C à l’entrée du circuit de refroidissement et 15°C en sortie
d’évaporateur [9]. Cette machine à absorption peut fonctionner selon une plage de fonctionnement
qui couvre les régimes de températures suivants pour :
• la source chaude (désorbeur) de 55 °C à 95°C,
• l’évacuation de la chaleur (absorbeur et condenseur) de 27°C à 36°C,
• la production de froid (évaporateur) jusqu’à un minimum de 6°C.
Enfin, au niveau des circuits d’eau chaude, d’eau de refroidissement et d’eau froide, elle a été
conçue pour des débits de respectivement 1.2 m3/h, 2.6 m3/h et 2.9 m3/h (plafond rafraîchissant) ou
1.3 m3/h (ventilo-convecteurs). La campagne de mesure a donc été doublée afin d’analyser le
comportement de la machine dans les deux modes de fonctionnements.

- 73 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Figure 13 : Aperçu de la machine SONNENKLIMA (à gauche) et son schéma descriptif (à droite)

II.2.2. Résultats expérimentaux en régime statique


Un banc d’essai a été monté à partir de cette machine à absorption liquide, afin d’analyser ses
performances. Les circuits d’eau chaude, d’eau de refroidissement et d’eau froide sont simulés
grâce à trois sources thermostatées programmables. Leur rôle est de maintenir la consigne de
température à l’entrée du désorbeur, à l’entrée de l’absorbeur/condenseur et à la sortie de
l’évaporateur, avec les débits imposés. Une centrale d’acquisition collecte les mesures
indispensables à la réalisation des différents bilans énergétiques de l’installation. Les incertitudes de
mesures de celle-ci sont de 0.1°C pour les températures et de 1% pour les débits. Ce banc a été
utilisé dans le but de réaliser différents essais en régime permanent sur la machine à absorption,
pour des températures d’entrée de désorbeur imposées entre 55°C et 95°C, de refroidissement de
27°C à 39°C (absorbeur/condenseur) et des températures de consigne en sortie d’évaporateur de
8°C à 18°C.
Deux phases de tests en régime permanent ont dû être réalisées suite à des problèmes de fuite
[10]. La machine ne fonctionnait pas correctement et les essais ont été arrêtés. Elle a été envoyée au
service après vente du fabricant pour être réparée. Une fois de retour, elle a été testée de nouveau en
régime permanent, cette fois fois-ci à l’INES, avant que ne soit effectués les essais en régime
dynamique [11]. Mais là encore, un problème a été décelé lors du traitement des données acquises
au niveau de la mesure du débit du fluide caloporteur alimentant le désorbeur. Une correction de la
mesure a été apportée, afin de pallier ce problème mais les résultats sont à prendre avec précaution.
Les essais réalisés sur la machine SONNENKLIMA présentent des écarts importants en termes de
bilan thermique. L’erreur provient très probablement de la mesure de débit sur le circuit du
désorbeur.
Cas du fonctionnement avec un plafond rafraîchissant comme émetteur froid
Parmi la vingtaine de tests effectués par l’INES, certains montrent des performances
dégradées dues à un fonctionnement éloigné des conditions nominales. Ces essais sont

- 74 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

indispensables car ils permettent de définir et distinguer la zone dans laquelle le fonctionnement de
la machine est normal (c'est-à-dire lorsque les performances sont conformes aux attentes) de la zone
où manifestement, la machine fonctionne moins bien (COPth très faibles). Par conséquent, 20 essais
suffisamment différents ont été sélectionnés. Ils couvrent la plage de fonctionnement de
température dans laquelle la machine doit fonctionner. Ces derniers sont récapitulés dans le Tableau
2 qui regroupe pour chacun de ces essais, les mesures des données de fonctionnement, soit :
• les températures mesurées d’entrées et sorties sur les boucles d’eau de source
chaude (désorbeur), de refroidissement (absorbeur/condenseur) et d’eau froide
(évaporateur),
• les puissances échangées par ces boucles, ainsi que le COPth.
Tevap Tabs/cond Tdesorb Q evap Q abs / cond Q desorb COPth
Essai sortie entrée entrée
°C °C °C kW kW kW -
A 12.4 27.0 75.0 8.10 ± 0.61 21.06 ± 0.84 12.03 ± 0.98 0.67 ± 0.11
B 12.1 27.0 80.0 8.91 ± 0.60 23.42 ± 0.85 12.76 ± 1.07 0.70 ± 0.11
C 11.8 27.0 85.0 9.76 ± 0.60 25.57 ± 0.90 13.81 ± 1.19 0.71 ± 0.11
D 11.5 27.0 90.0 10.78 ± 0.59 28.19 ± 0.92 15.08 ± 1.34 0.71 ± 0.11
E 11.2 27.0 95.0 11.71 ± 0.58 30.61 ± 0.95 16.24 ± 1.47 0.72 ± 0.11
F 12.8 27.0 70.0 6.91 ± 0.62 18.05 ± 0.82 10.45 ± 0.80 0.66 ± 0.12
G 13.2 27.0 65.0 5.61 ± 0.63 15.14 ± 0.76 8.89 ± 0.64 0.63 ± 0.12
H 13.9 28.0 60.0 3.49 ± 0.65 10.40 ± 0.74 6.45 ± 0.40 0.54 ± 0.14
I 14.1 27.0 55.0 9.07 ± 0.66 23.15 ± 0.69 12.40 ± 0.25 0.73 ± 0.16
J 15.7 27.0 75.0 10.30 ± 0.60 25.34 ± 0.84 13.55 ± 1.03 0.76 ± 0.12
K 17.3 27.0 75.0 11.40 ± 0.58 27.61 ± 0.86 14.67 ± 1.14 0.78 ± 0.11
L 10.8 27.0 75.0 6.91 ± 0.57 19.04 ± 0.94 10.44 ± 1.25 0.66 ± 0.11
M 9.1 27.0 75.0 5.84 ± 0.63 16.94 ± 0.87 9.39 ± 0.83 0.62 ± 0.12
N 9.9 27.0 75.0 6.39 ± 0.64 17.90 ± 0.79 9.91 ± 0.73 0.64 ± 0.12
O 8.3 27.0 75.0 5.36 ± 0.63 15.82 ± 0.78 8.84 ± 0.78 0.61 ± 0.12
P 13.0 27.0 75.0 6.08 ± 0.64 16.82 ± 0.79 9.54 ± 0.67 0.64 ± 0.12
Q 13.7 30.0 75.0 4.17 ± 0.63 12.66 ± 0.81 7.64 ± 0.74 0.54 ± 0.12
R 13.8 33.0 75.0 1.95 ± 0.64 7.88 ± 0.75 5.56 ± 0.55 0.35 ± 0.13
S 17.7 36.0 75.0 1.60 ± 0.66 6.73 ± 0.69 5.12 ± 0.34 0.31 ± 0.15
T 12.0 39.0 75.0 9.04 ± 0.67 23.72 ± 0.69 12.82 ± 0.29 0.70 ± 0.15

Tableau 2 : Récapitulatif des différentes configurations de fonctionnement testées sur la machine, cas du plafond
rafraîchissant

La Figure 14 montre les différents régimes de puissances de ces essais en fonction des
températures utilisées. Par exemple, lors de l’essai O, la machine produit de l’eau froide à 8.3°C
avec une température en entrée de désorbeur de seulement 75°C et d’absorbeur/condenseur de
27°C, ce qui a pour conséquence une faible production d’eau froide (5.4 kW avec un COP de 0.61).
En opposition à ce cas, l’essai E permet à la machine de produire un maximum d’eau froide à

- 75 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

11.2°C (11.7 kW avec un COPth de 0.72), grâce à une température d’entrée de désorbeur de 95°C et
une entrée d’absorbeur/condenseur de 27°C.

.
35 Q [W] evaporateur refroidissement desorbeur
30

25
20

15

10

5
0
Essai A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T

Figure 14 : Représentation des puissances échangées pour chacun des essais, cas du plafond rafraîchissant

Cas du fonctionnement avec des ventilo-convecteurs comme émetteurs de froid


Tout comme dans le cas précédent, certains essais montrent des performances dégradées dues
à un fonctionnement éloigné des conditions nominales. Par conséquent, 19 essais suffisamment
différents ont été sélectionnés. Ils couvrent la plage de fonctionnement de température dans laquelle
la machine doit fonctionner. Ces derniers sont récapitulés dans le Tableau 3 qui regroupe pour
chacun de ces essais, les mesures des données de fonctionnement, soit :
• les températures mesurées d’entrées et sorties sur les boucles d’eau de source
chaude (désorbeur), de refroidissement (absorbeur/condenseur) et d’eau froide
(évaporateur),
• les puissances échangées par ces boucles, ainsi que le COPth.
.

30 Q [W] evaporateur refroidissement desorbeur

25

20

15

10

0
Essai A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S

Figure 15 : Représentation des puissances échangées pour chacun des essais, cas des ventilo-convecteurs

La Figure 15 montre les différents régimes de puissances de ces essais en fonction des
températures utilisées. Par exemple, lors de l’essai M, la machine produit de l’eau froide à 7.3°C
avec une température en entrée de désorbeur de seulement 85°C et d’absorbeur/condenseur de
25°C, ce qui a pour conséquence une faible production d’eau froide (7.2 kW avec un COPth de

- 76 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

0.65). En opposition à ce cas, l’essai Q permet à la machine de produire un maximum d’eau froide à
13.4°C (10.1 kW avec un COP de 0.74), grâce à une température d’entrée de désorbeur de 85°C et
une entrée d’absorbeur/condenseur de 27°C.

Tevap Tabs/cond Tdesorb Q evap Q abs / cond Q desorb COPth


Essai sortie entrée entrée
°C °C °C kW kW kW -
A 9,0 26,9 75,0 4.67 ± 0.26 16.67 ± 0.82 10.02 ± 0.78 0.47 ± 0.07
B 7,9 27,0 84,9 6.22 ± 0.28 20.16 ± 0.64 11.59 ± 0.38 0.54 ± 0.07
C 7,4 27,0 90,0 6.98 ± 0.29 21.66 ± 0.70 11.82 ± 0.25 0.59 ± 0.07
D 8,0 27,0 80,6 6.20 ± 0.27 17.30 ± 0.86 8.69 ± 0.62 0.71 ± 0.08
E 9,0 27,0 70,1 4.59 ± 0.28 13.17 ± 0.75 7.17 ± 0.50 0.64 ± 0.08
F 9,2 27,0 70,0 4.33 ± 0.29 13.42 ± 0.71 8.03 ± 0.39 0.54 ± 0.07
G 9,8 27,0 65,0 3.37 ± 0.29 11.16 ± 0.69 6.34 ± 0.31 0.53 ± 0.08
H 10,6 27,0 60,0 2.23 ± 0.25 8.44 ± 0.81 5.14 ± 0.91 0.43 ± 0.08
I 8,7 30,0 85,0 5.01 ± 0.25 16.73 ± 0.87 8.00 ± 0.89 0.63 ± 0.08
J 9,6 33,0 85,0 3.76 ± 0.24 13.35 ± 0.91 6.81 ± 0.97 0.55 ± 0.08
K 10,4 36,0 85,0 2.52 ± 0.22 10.32 ± 0.90 5.77 ± 1.06 0.44 ± 0.08
L 12,0 39,0 85,0 1.58 ± 0.21 7.99 ± 0.97 5.05 ± 1.17 0.31 ± 0.08
M 7,3 25,0 85,0 7.23 ± 0.27 22.40 ± 0.85 11.06 ± 0.73 0.65 ± 0.08
N 9,3 27,0 84,9 7.18 ± 0.19 21.72 ± 0.88 10.87 ± 1.16 0.66 ± 0.08
O 10,7 27,0 84,9 8.04 ± 0.26 23.43 ± 0.82 11.71 ± 0.78 0.69 ± 0.08
P 12,1 27,0 84,9 9.02 ± 0.28 25.47 ± 0.64 12.65 ± 0.38 0.71 ± 0.08
Q 13,4 27,0 84,9 10.07 ± 0.29 27.58 ± 0.70 13.68 ± 0.25 0.74 ± 0.08
R 6,4 27,0 85,0 5.56 ± 0.27 18.29 ± 0.86 9.25 ± 0.62 0.60 ± 0.08
S 13,4 27,0 84,9 10.03 ± 0.28 27.42 ± 0.75 13.64 ± 0.50 0.73 ± 0.09

Tableau 3 : Récapitulatif des différentes configurations de fonctionnement testées sur la machine, cas des ventilo-
convecteurs

II.2.3. Résultats expérimentaux en régime dynamique


Pour cette machine, le même protocole expérimental que pour la machine ROTARTICA est
suivi afin d’observer son comportement lorsqu’elle est soumise à des conditions opératoires
dynamiques. Le circuit chaud simule un champ de capteurs de 45 m² couplé à 550 L de stockage.
Par contre, cette fois-ci, elle n'est testée que dans le cas du fonctionnement pour plafond
rafraîchissant c'est-à-dire avec le débit nominal à l’évaporateur le plus important (plus grande
production frigorifique).
La machine SONNENKLIMA testée au laboratoire présentait des fuites au niveau des
compartiments fonctionnant sous vide. Ceci a eu pour conséquence de devoir tirer au vide la
machine à absorption toutes les 24h avec une dégradation des performances au fil des essais. Sur les
27 journées d’essais lancés, seules 11 sont exploitables. 5 journées présentent des oscillations

- 77 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

traduisant un comportement anormal de la machine et 11 journées ont dû été arrêtées en cours


d’essais suite à un dysfonctionnement de la machine. Finalement, les essais complémentaires prévus
n’ont pas pu être réalisés du fait d’un non fonctionnement de la machine, suite à la première session
d'essais dynamiques. Les résultats présentés dans ce document sont donc à considérer avec
précaution.

.
100 T [°C] Desorbeur Entrées 50 Q [kW] Absorbeur + Condenseur
Sortie
90 Série3 45
80 40
70 35
60 30
50 Absorbeur + Condenseur 25
Desorbeur
40 20
30 15
20 10 Evaporateur
Evaporateur
10 Heure 5 Heure
0 0
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00

Figure 16 : Températures et puissances expérimentales obtenues pour la journée J55 sur la Sonnenklima

On observe sur la figure 16 un fonctionnement anormal caractérisé par des températures


d'entrée évaporateur et refroidissement très proches et un COPth proche de 1. Les résultats
expérimentaux semblent donc très discutables. On peut remarquer que cette machine démarre avec
une température plus faible que la machine précédente, environ 75°C dans le cas de cette première
journée. Dans ces conditions, la production frigorifique est supérieure à la valeur nominale, mais
également très stable tout au long de la journée malgré une variation de la température d'entrée au
désorbeur. On peut également observer que la production frigorifique augmente jusqu'à atteindre un
régime stable.
.

80 Desorbeur Entrées 40 Q [kW] Absorbeur + Condenseur


T [°C]
Sortie
70 Série3 35

60 30

50 25

40 Absorbeur + Condenseur 20
Desorbeur
30 15
20 10 Evaporateur
Evaporateur
10 Heure 5 Heure
0 0
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00

Figure 17 : Températures et puissances expérimentales obtenues pour la journée J43 sur la Sonnenklima

- 78 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
120 Desorbeur Entrées 50 Q [kW]
T [°C] Sortie
Série3 45
100 40
35
80
30
25
60
Absorbeur + Condenseur 20
40 15
10
20 5 Heure
Heure 0
Evaporateur
0 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 Absorbeur/condenseur Evaporateur Desorbeur
Figure 18 : Températures et puissances expérimentales obtenues pour la journée J72 sur la Sonnenklima

Les essais réalisés à l'aide des journées J43 et J72 présentent également une anomalie
importante de fonctionnement probablement due aux mesures car la machine présente un COPth de
1 et un triplet de températures pouvant entraîner une cristallisation. Ces résultats semblent donc très
discutables. De plus, lors de la journée J43, un phénomène inconnu se produit après environ 2h30
d'expérimentation. Ces essais dynamiques réalisés sur cette machine sont difficilement
interprétables.

II.3. Tests de la EAW Schüco LB 15

II.3.1. Présentation de la machine


Le laboratoire A&T du CETIAT, étudiant les systèmes de rafraîchissement solaire, s’est
doté d’une machine à absorption liquide SCHÜCO LB 15 [12]. Elle utilise le couple Eau/LiBr. Sa
puissance frigorifique nominale est de 15 kW pour un COP de 0.75, avec comme triplet de
températures 90°C à l’entrée du désorbeur, 30°C à l’entrée du circuit de refroidissement et 11°C en
sortie d’évaporateur. Cette machine à absorption peut fonctionner selon une plage de
fonctionnement qui couvre les régimes de températures suivants pour :
• la source chaude (désorbeur) de 70°C à 110°C,
• l’évacuation de la chaleur (absorbeur et condenseur) de 25°C à 40°C,
• la production de froid (évaporateur) jusqu’à un minimum de 6°C.

Au niveau des circuits d’eau chaude, d’eau de refroidissement et d’eau froide, elle a été
conçue pour des débits de respectivement 2 m3/h, 5 m3/h et 1.9 m3/h.

- 79 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Figure 19 : Vue de devant (à gauche) et de derrière (à droite) de la SCHÜCO LB 15.

II.3.2. Résultats expérimentaux en régime statique


Un banc d’essai a été monté à partir de cette machine à absorption liquide, afin d’analyser ses
performances (Figure 19). Les circuits d’eau chaude, d’eau de refroidissement et d’eau froide sont
réalisés grâce à trois sources thermostatées programmables. Leur rôle est de maintenir la consigne
de température à l’entrée du désorbeur, à l’entrée de l’absorbeur/condenseur et à la sortie de
l’évaporateur, avec les débits imposés. Une centrale d’acquisition collecte les mesures
indispensables à la réalisation des différents bilans énergétiques de l’installation (voir Figure 20
pour les températures et débits mesurés). Les incertitudes de mesures de celle-ci sont de 0.1°C pour
les températures et de 1% pour les débits. Un relevé des données internes de la machine est effectué
pour chacun des essais (température de la solution au sein du désorbeur, pression de condensation et
d’évaporation).
.
mevap

Te evap Ts abs/cond
Préparation
de fluide caloporteur
Charge frigorifique
Evaporateur
Te d es orb
Préparation
de fluide caloporteur
T s evap Source solaire
Desorbeur
.
Ts desorb mdesorb
Te abs/cond
.
Préparation mabs/cond
de fluide caloporteur
Tour de refroidissement
Absorbeur/Condenseur

Figure 20 : Schéma de principe du banc expérimental

- 80 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Ce banc a été utilisé dans le but de réaliser différents essais en régime permanent sur la
machine à absorption, pour des températures d’entrée de désorbeur imposées entre 70°C et 95°C, de
refroidissement de 25°C à 40°C (absorbeur/condenseur) et des températures de consigne en sortie
d’évaporateur de 6°C à 15°C. Parmi la quarantaine de tests effectués par le CETIAT [13], certains
montrent des performances dégradées dues à un fonctionnement éloigné des conditions nominales.
Par conséquent, 27 essais suffisamment différents ont été sélectionnés. De plus, ils couvrent la
plage des températures de fonctionnements de la machine. Ces derniers sont récapitulés dans le
Tableau 4 qui regroupe pour chacun de ces essais, les mesures des données de fonctionnement,
soit :
• les températures mesurées d’entrées et sorties sur les boucles d’eau de source chaude
(désorbeur), de refroidissement (absorbeur/condenseur) et d’eau froide (évaporateur),
• les puissances échangées par ces boucles, ainsi que le COP.

Tevap Tabs/cond Tdesorb Q evap Q abs / cond Q desorb COPth


Essai sortie entrée entrée
°C °C °C kW kW kW -
Nominal 11,0 30,0 90,3 18.01 ± 0.63 45.17 ± 1.60 27.58 ± 0.72 0,65 ± 0.04
A 6,1 30,0 89,8 12.76 ± 0.58 34.59 ± 1.50 22.09 ± 0.68 0,58 ± 0.05
B 5,9 25,0 90,0 17.82 ± 0.63 47.35 ± 1.64 28.79 ± 0.74 0,62 ± 0.04
C 10,0 35,0 89,7 10.00 ± 0.55 28.18 ± 1.43 18.71 ± 0.64 0,53 ± 0.05
D 15,0 35,0 90,0 15.17 ± 0.60 38.87 ± 1.54 24.10 ± 0.69 0,63 ± 0.04
E 14,9 40,0 90,1 8.92 ± 0.54 25.05 ± 1.41 16.83 ± 0.63 0,53 ± 0.05
F 6,0 30,0 93,0 13.84 ± 0.59 38.18 ± 1.55 24.16 ± 0.69 0,57 ± 0.04
G 10,1 30,0 91,1 17.03 ± 0.62 44.57 ± 1.61 27.20 ± 0.73 0,63 ± 0.04
H 9,9 35,0 93,6 11.94 ± 0.57 33.44 ± 1.50 21.53 ± 0.67 0,55 ± 0.04
I 15,0 35,0 91,9 16.08 ± 0.61 42.35 ± 1.59 26.02 ± 0.73 0,62 ± 0.04
J 10,0 30,0 79,8 12.54 ± 0.58 33.17 ± 1.50 20.72 ± 0.68 0,61 ± 0.05
K 15,0 30,0 80,1 17.56 ± 0.63 43.40 ± 1.60 25.76 ± 0.73 0,68 ± 0.04
L 5,9 25,0 80,5 14.22 ± 0.59 38.38 ± 1.55 23.21 ± 0.69 0,61 ± 0.04
M 10,0 25,0 80,5 18.45 ± 0.64 46.93 ± 1.64 27.76 ± 0.74 0,66 ± 0.04
N 15,0 35,0 79,8 9.94 ± 0.55 27.38 ± 1.44 17.66 ± 0.64 0,56 ± 0.05
O 10,1 30,0 69,4 7.34 ± 0.53 20.92 ± 1.38 13.63 ± 0.61 0,54 ± 0.07
P 15,0 30,0 69,8 12.00 ± 0.57 30.61 ± 1.47 18.46 ± 0.66 0,65 ± 0.06
Q 6,0 25,0 70,5 9.94 ± 0.55 28.02 ± 1.45 17.23 ± 0.63 0,58 ± 0.05
R 10,1 25,0 70,5 14.34 ± 0.59 36.94 ± 1.54 21.87 ± 0.70 0,66 ± 0.05
S 15,0 25,0 70,5 18.04 ± 0.63 45.28 ± 1.62 26.15 ± 0.72 0,69 ± 0.04
T 6,0 30,0 84,5 10.75 ± 0.56 30.34 ± 1.47 19.47 ± 0.65 0,55 ± 0.05
U 9,9 30,0 84,6 14.39 ± 0.59 37.96 ± 1.54 23.33 ± 0.69 0,62 ± 0.04
V 15,0 30,0 85,2 19.35 ± 0.64 47.20 ± 1.62 28.03 ± 0.73 0,69 ± 0.04
W 6,0 25,0 85,6 16.24 ± 0.61 43.40 ± 1.60 26.22 ± 0.71 0,62 ± 0.04
X 9,9 25,0 83,0 19.30 ± 0.64 49.22 ± 1.66 29.14 ± 0.75 0,66 ± 0.04
Y 10,0 35,0 84,5 8.56 ± 0.54 24.78 ± 1.41 16.49 ± 0.62 0,52 ± 0.05
Z 15,1 35,0 85,5 13.60 ± 0.59 35.46 ± 1.52 21.83 ± 0.68 0,62 ± 0.05

Tableau 4 : Récapitulatif des différentes configurations de fonctionnement testées sur la machine

- 81 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Ces 27 essais retenus représentent bien la machine car ils utilisent chacun des configurations
différentes comme en témoigne la dispersion des points sur la Figure 21.

Figure 21 : Représentation graphique de la plage de fonctionnement cernée par les 27 essais retenus.

La Figure 22 montre les différents régimes de puissances de ces essais en fonction des
températures utilisées. Par exemple, lors de l’essai O, la machine produit de l’eau froide à 10°C
avec une température en entrée de désorbeur de seulement 70°C et d’absorbeur/condenseur de
30°C, ce qui a pour conséquence une faible production d’eau froide (7.34 kW avec un COP de
0.54). En opposition à ce cas, l’essai V permet à la machine de produire un maximum d’eau froide à
15°C (19.3 kW avec un COP de 0.69), grâce à une température d’entrée de désorbeur de 85°C et
une entrée d’absorbeur/condenseur de 30°C.
.

Q [kW]
Evaporateur Refroidissement Désorbeur
50

40

30

20

10

0
i

Z
M
A

U
V

X
Y
G
H

W
F

P
I
B

T
C
D

R
J
m
no

Figure 22 : Représentation des puissances échangées pour chacun des essais.

II.3.3. Résultats expérimentaux en régime dynamique


Pour cette machine, le même protocole expérimental que pour la machine ROTARTICA est
suivi afin d’observer son comportement lorsqu’elle est soumise à des conditions opératoires
dynamiques. Le circuit chaud simule un champ de capteurs de 67.5 m² couplé à 825 L de stockage.

- 82 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
100 T [°C] Entrées Q [kW]
Desorbeur Sorties Absorbeur + Condenseur
90 Série9 50
80
70 40
60 Desorbeur
30
50
Absorbeur + Condenseur
40
20
30
Evaporateur
20 10
10 Evaporateur Heure Heure
0 0
2:40 3:40 4:40 5:40 6:40 7:40 8:40 9:40 10:40 2:40 3:40 4:40 5:40 6:40 7:40 8:40 9:40 10:40

Figure 23 : Températures et puissances expérimentales pour la journée J55 sur la EAW Schüco LB 15

Lors de la journée J55, la machine démarre dès que la température de 80 °C en entrée de


désorbeur est respectée. Ensuite, on peut remarquer que cette température est maintenue environ 20
minutes. Pendant ce temps par contre, on peut observer que la production frigorifique croît
progressivement. Par la suite, les conditions météorologiques de cette journée sont telles que le
champ de capteurs est suffisamment puissant pour augmenter la température de la source solaire
jusqu’à plus de 90°C après 2h30 de fonctionnement. Ainsi, la puissance consommée au désorbeur
durant cette journée s’élève jusqu’à 30 kW. La production frigorifique est pratiquement constante
une fois la phase démarrage passée. On peut remarquer que les puissances de refroidissement et de
désorption ont des profils similaires alors que celle d’évaporation est quasiment constante. Ceci est
dû à la régulation interne à la machine qui commence par remplir l’évaporateur d’eau liquide de
manière à pouvoir ensuite maintenir une production constante en ayant toujours une réserve d’eau à
évaporer. Les niveaux de températures des deux autres circuits sont quant à eux très proches des
conditions nominales avec un peu plus de 30 °C en entrée de refroidissement et environ 11-12 °C en
sortie d’évaporateur. Par conséquent, une fois le régime établi, on peut remarquer que les
performances obtenues en termes de puissances et COPth sont similaires à celle des essais V et W
réalisés en régime permanent.
.

90 T [°C] Entrées Q [kW]


Sorties
80 Série9 50
Desorbeur
70 Absorbeur + Condenseur
40
60
50 30
40 Absorbeur + Condenseur Desorbeur
30 20

20
10 Evaporateur
10 Evaporateur Heure Heure
0 0
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 19:00 20:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 19:00 20:00

Figure 24 : Températures et puissances expérimentales pour la journée J43 sur la EAW Schüco LB 15

- 83 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Dans le cas de la journée J43, on peut observer que cette fois-ci les conditions
météorologiques ne permettent pas au champ de capteurs de fournir une quantité de chaleur
suffisante pour maintenir une température en entrée de désorbeur supérieure à 80 °C. On peut noter
que celle-ci reste constante à 80 °C durant la phase de démarrage, c'est-à-dire le temps que la
production frigorifique se soit stabilisée, après environ 30 minutes. Ensuite, elle chute aux alentours
de 72 °C, pour ensuite diminuer au fur et à mesure de la journée et finir par atteindre la température
minimale acceptée en entrée de désorbeur, déclenchant ainsi la phase d’arrêt de la machine.
Parallèlement, les niveaux de température de refroidissement et production d’eau glacée sont très
stables. Comme dans le cas de la journée précédente, on peut remarquer qu'une fois qu'un régime
stable est atteint, on retrouve bien les performances atteintes lors des essais Q et R précédents.

.
T [°C] Entrées 80 Q [kW]
Desorbeur Sorties
100 Série9 Absorbeur 70
+ 60
80 Condenseur
50
60 40
30
40
20
20 10
Heure
Evaporateur Heure 0
0 1:50 2:50 3:50 4:50 5:50 6:50 7:50 8:50 9:50 10:50
1:50 2:50 3:50 4:50 5:50 6:50 7:50 8:50 9:50 10:50 Absorbeur/Condenseur Evaporateur Desorbeur
Figure 25 : Températures et puissances expérimentales pour la journée J72 sur la EAW Schüco LB 15

Lors de cette journée 72, on peut noter que la température de l'eau en entrée de désorbeur est
proche de la limite maximum tolérée par la machine pendant la première moitié de la journée. La
machine n'ayant pas besoin de fonctionner (température de consigne du bâtiment respectée),
l'énergie solaire captée n'est pas consommée. Par conséquent, on observe une surchage du ballon de
stockage qui peut entraîner une création de vapeur d'eau dans le circuit conduisant à des décharges
par l'intermédiaire d'une soupape de sécurité. D'autre part, on peut observer plusieurs démarrages de
la machine durant cette journée, 7 fois exactement. En regardant de plus près, on peut même noter
que la machine réalise des phases d'arrêt de 10 minutes lorsque le besoin n'est plus nécessaire
contrairement à la machine Rotartica qui se mettait simplement en attente.

II.4. Tests de la EAW Schüco LB 30

II.4.1. Présentation de la machine


Contrairement aux machines étudiées précédemments dans le cadre du projet ABCLIMSOL,
c'est à dire sous conditions de fonctionnement maîtrisées sur banc d'essai, cette machine est installée

- 84 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

à l’Île de la Réunion (IUT St Pierre) pour climatiser des salles de TD. Par conséquent, elle
fonctionne avec des conditions réelles, c'est-à-dire en régime transitoire non contrôlé. Cette
machine fait partie des installations de rafraîchissement étudiées dans le cadre du projet ORASOL.
Elle fonctionne grâce à une machine à absorption simple effet EAW Schüco LB30 de 30 kW pour
un COPth de 0.75 avec un triplet de températures identiques à la machine EAW de 15 kW (90-30-
11°C) [12]. Elle possède une conception très similaire à la version plus petite du même fabricant
étudiée dans la partie précédente. Cette machine utilise le couple Eau/LiBr et peut fonctionner selon
une plage de fonctionnement qui couvre les régimes de températures suivants pour :
• la source chaude (désorbeur) de 70 °C à 95 °C,
• l’évacuation de la chaleur (absorbeur et condenseur) de 25 °C à 40 °C,
• la production de froid (évaporateur) jusqu’à un minimum de 6 °C.

Enfin, au niveau des circuits d’eau chaude, d’eau de refroidissement et d’eau froide, elle a été
conçue pour des débits de respectivement 3.6 m3/h, 12 m3/h et 4.3 m3/h.

Figure 26 : Aperçu du local technique de l’installation de la Réunion (à gauche) et de la machine EAW


SCHÜCO LB 30 décapotée (à droite)

La principale particularité de ce projet, nommé RAFSOL [14], consiste à mettre en œuvre un


système qui refroidit les salles de classe de l'Université sans aucun système d’appoint (chaud ou
froid). L'objectif est d'explorer les limites d'un tel système dans les conditions climatiques
tropicales, sans fixer une température de consigne, mais en gérant une possible augmentation de
température intérieure du bâtiment. Le confort thermique intérieur est réalisé par un système de
régulation qui maintient la température intérieure 6°C en dessous de la température extérieure. Les
principaux composants de l'installation sont présentés sur la Figure 27.

- 85 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Figure 27 : Principales composantes de l'installation et les points de mesure principaux: 1. Champ de capteurs
solaires, 2. Réservoir d'eau chaude, 3. Refroidisseur à absorption, 4. Réservoir d'eau froide, 5. Tour de
refroidissement, 6. Charges du bâtiment

L'ensemble du système est constitué de cinq composants principaux (Figure 27) : 90 m² de


capteurs solaires, deux réservoirs tampons (1500 L et 1000 L respectivement pour les réservoirs
d'eau chaude et froide), un refroidisseur à absorption de 30 kW, une tour de refroidissement de 80
kW et 13 ventilo-convecteurs. Les 90 m² de capteurs plans à double vitrage convertissent le
rayonnement solaire incident en énergie thermique en la transférant au fluide caloporteur. Cette eau
chaude est stockée dans un réservoir tampon chaud et est ensuite utilisée pour chauffer le désorbeur
de la machine à absorption qui produit l'eau glacée. La conception de cette machine à absorption est
similaire à la machine EAW Schüco LB15 vue précédemment, celle-ci étant simplement la version
de 30 kW. Cette eau glacée est stockée dans un réservoir tampon froid et est ensuite utilisée pour
alimenter les ventilo-convecteurs. Le refroidissement nécessaire à la machine est réalisé par une
tour de refroidissement humide ouverte de 80 kW. Pendant certaines périodes critiques de l'année,
lorsque la température extérieure est très élevée et que le système de refroidissement solaire ne peut
pas fournir assez de production frigorifique, le confort thermique à l'intérieur du bâtiment est réalisé
en utilisant des ventilateurs de plafond.

II.4.2. Identification de régime statique


Comme cette machine n'a pas été testée suivant le protocole définit lors du projet
ABCLIMSOL, différents régimes permanents ont donc été utilisés afin d'évaluer ces performances,
une fois son régime de fonctionnement stabilisé, sur une plage de température la plus large
posssible. Par conséquent, de tels régimes d’au moins 20-30 minutes, sans accident de
fonctionnement avant, ont été recherchés parmi les résultats expérimentaux des journées de

- 86 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

fonctionnement de RAFSOL. Par exemple, sur la Figure 28 qui représente la journée du 13 Mars
2010, un régime permanent a été identifié entre 14h35 et 14h55. À ce moment de la journée, on
peut remarquer que la machine fonctionne avec des niveaux de températures et de puissances
stables.

.
90 T [°C] Q [kW]
100
Tin heat
75

.
Qcool meas
75
60 Tout heat

.
45 Tout cool
50

.
Qheat meas

.
30
Tin cool Tin chill 25
15
Time Time

.
Tout chill Qchill meas
0 0
10:00 AM 11:00 AM 12:00 PM 1:00 PM 2:00 PM 3:00 PM 4:00 PM 5:00 PM 10:00 AM 11:00 AM 12:00 PM 1:00 PM 2:00 PM 3:00 PM 4:00 PM 5:00 PM

Figure 28 : Représentation des températures (a) et des puissances (b) pour le 13 Mars 2010

Cette méthode a été appliquée à deux mois d’expérimentation, ce qui a permis de sélectionner
7 régimes permanents, avec une plage de température de fonctionnement la plus large possible et où
la machine donne des performances cohérentes. Seulement 7 essais ont été retenus car le
fonctionnement est très stable et les conditions extérieures étaient très similaires sur la période de
mesure disponible. Ces derniers sont récapitulés dans le Tableau 5 qui regroupe pour chacun de ces
essais, les mesures des données de fonctionnement, soit :
• les températures mesurées d’entrées et sorties sur les boucles d’eau de source chaude
(désorbeur), de refroidissement (absorbeur/condenseur) et d’eau froide (évaporateur),
• les puissances échangées par ces boucles, ainsi que le COP.

Tevap sortie Tabs/cond entrée Tdesorb entrée Q evap Q abs / cond Q desorb COP
Test
°C °C °C kW kW kW -
A 10.3 27.3 73.1 18.6 ± 2.3 47.2 ± 6.6 28.2 ± 3.4 0.66 ± 0.17
B 10.9 27.8 73.0 18.6 ± 2.4 45.2 ± 6.6 27.0 ± 3.3 0.69 ± 0.18
C 9.2 28.7 78.2 18.8 ± 2.4 50.5 ± 7 32.9 ± 3.7 0.57 ± 0.14
D 8.7 28.7 83.6 20.5 ± 2.4 54.2 ± 7.1 35.6 ± 3.9 0.58 ± 0.14
E 9.5 29.4 83.6 20.7 ± 2.4 57.5 ± 7.2 38.2 ± 4 0.54 ± 0.12
F 8.6 28.9 81.1 19.4 ± 2.4 53.9 ± 7.1 35.4 ± 3.8 0.55 ± 0.13
G 10.3 28.6 80.2 19.1 ± 2.4 54.3 ± 6.7 36.2 ± 3.4 0.53 ± 0.18

Tableau 5 : Récapitulatif des différentes configurations de fonctionnement testées sur la machine

- 87 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

II.4.3. Description du comportement de l'installation en régime transitoire


Le comportement quotidien de la machine est décrit grâce à l'exemple de la Figure 28, extrait
de la troisième saison de fonctionnement du pilote RAFSOL. Le jour choisi est une journée
ensoleillée de fin d'été (13 Mars 2010). La Figure 28 présente les évolutions de températures et de
puissances thermiques. Jusqu'à 10h30, le champ de panneaux solaires chauffe l'eau de la cuve
chaude. Lorsque cette eau atteint une température de 80°C, la pompe de distribution de la boucle
désorbeur est allumée. Par conséquence, la machine démarre si les conditions du régulateur interne
sont respectées (température en entrée de désorbeur et débits de circulation de fluide caloporteur
minimum respectés). Pendant les premiers instants, les niveaux de puissance du refroidissement et
du chauffage sont importants tandis que la production d’eau glacée commence 10 minutes après et
augmente progressivement. Alors que pendant la première heure d’exécution, les puissances de
chauffage et de refroidissement diminuent progressivement jusqu’à atteindre un niveau stable, tout
comme la puissance d’évaporation. Un peu après 11h, on peut observer une petite augmentation
brutale de la puissance d’évaporation qui correspond à la mise en route des ventilo-convecteurs.
Dans les conditions de températures de 12h00 (chaleur Tin = 71,4°C, Tin cool = 27,4°C, Tout froid =
12,3°C), la capacité de refroidissement est d'environ 19 kW avec une source solaire de 30 kW. Ces
niveaux de puissance sont pratiquement maintenus toute la journée. A 16h00, la température
d'entrée de chauffage passe en dessous de 65°C. Par conséquent, la pompe de distribution du
désorbeur est arrêtée. La consommation de chauffage est stopée, mais la production d’eau glacée
continue pendant 10 minutes. Ce temps correspond à la montée en régime progressive de la
puissance frigorifique lors du démarrage, c’est à dire le temps d'accumulation d’eau dans
l’évaporateur. La machine finit donc d'évaporer la totalité de l'eau restante dans l'évaporateur avant
de s'arrêter.

III. Modélisation en régime permanent

III.1. Modélisation selon la méthode Kühn et Ziegler


Comme on a pu voir dans le chapitre I, la modélisation de machines à absorption développée
par Ziegler et al. [1], présente plusieurs avantages :
• elle détermine rapidement les performances attendues de la machine en fonction des
températures de fonctionnement externes,
• elle permet le développement de modèles numériques simples et précis de la machine
caractérisée et facilement intégrables à un environnement de simulation (par ex. TRNSYS),
• elle ne nécessite pas la connaissance des propriétés thermodynamiques du fluide de travail,
• elle est accessible sans connaissances préalables du principe du cycle à absorption.

- 88 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Une machine à absorption simple effet peut être considérée comme étant constituée de quatre
échangeurs : le désorbeur, l’absorbeur, le condenseur et l’évaporateur. Ces échangeurs sont
gouvernés par des transferts de masse et de chaleur qui peuvent s’exprimer en fonction des
températures par la relation suivante :
Q = US ⋅ ∆T (1)

Où US est le coefficient d’échange global ramené à la surface par unité de temps (W/K) et ∆T
représente l’écart de température de fonctionnement qui peut s’exprimer par la différence entre les
températures moyennes arithmétiques interne T et externe t, Ziegler [2].
∆T = T − t (2)

En fonction des équations (1) et (2), il est possible d’écrire les bilans énergétiques respectifs de
chaque composant de la machine à absorption par les équations (3), (4), (5) et (6).
Qevap = US evap ⋅ (t evap − Tevap ) (3)

Qcond = US cond ⋅ (t cond − Tcond ) (4)

Qabs = US abs ⋅ (t abs − Tabs ) (5)

Qdesorb = US desorb ⋅ (t desorb − Tdesorb ) (6)

Grâce au diagramme de Dühring et aux moyennes arithmétiques des températures internes T,


il est possible d’écrire la relation suivante en considérant que la solution est un absorbant :
Tdesorb − Tabs = R ⋅ (Tcond − Tevap ) (7)

Où R est la constante, qui correspond à la différence entre la pente de la ligne représentant la


pression de vapeur de la solution et celle de l'eau pure. Pour le couple eau et bromure de lithium
(H2O/LiBr), R vaut 1.1 dans le cas d’une machine simple effet.
En utilisant le premier principe de la thermodynamique, ainsi qu'en combinant les équations
(2) et (7), et en définissant la fonction caractéristique des températures ∆∆t équivalente suivante :
∆∆t = (∆Tdesorb + ∆Tabs ) + R ⋅ (∆Tcond + ∆Tevap ) (8)

On obtient l’équation :
∆∆t = (t desorb − t abs ) − R ⋅ (t cond − t evap ) (9)

Pour les machines ayant recours à des cycles plus complexes que celle à simple effet, Ziegler
et al. [1] ont défini les extensions de la fonction caractéristique des températures pour 7 cycles
complexes différents.
Kühn et Ziegler [2] ont étudié à partir de la méthode de Ziegler et al. [1] la pertinence des
corrélations en les appliquant à une machine à absorption de 10 kW, fonctionnant au couple
H20/LiBr en traçant la puissance frigorifique en fonction de la fonction caractéristique des
températures selon la relation :

- 89 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Qevap = f (∆∆t ) (10)

Les résultats peuvent être corrélés par la relation suivante :


Qevap = C1 ⋅ ∆∆t (11)

Les auteurs signalent quand même une déviation non négligeable en début et fin de zone des
valeurs de ∆∆t. Afin de rectifier cette déviation, les auteurs définissent une fonction caractéristique
des températures arbitraire ∆∆t’ qui s’exprime sous la forme de l’équation (12), ainsi que
l’expression linéaire de la puissance frigorifique.
∆∆t ' = tdesorb entrée − C2 ⋅ t abs / cond entrée + C3 ⋅ tevap sortie (12)

Qevap = C4 ⋅ ∆∆t '+C5 = C4 ⋅ t desorb entrée − C4 ⋅ C2 ⋅ t abs / cond entrée + C4 ⋅ C3 ⋅ tevap sortie + C5 (13)

Grâce aux résultats expérimentaux obtenus en régime statique sur les 4 machines précédentes,
il est possible de réaliser un fittage numérique, afin de définir les valeurs des coefficients C des
équations (12) et (13). Les résultats ainsi obtenus sont présentés dans le tableau 6. Il est ainsi
possible de tracer la production frigorifique en fonction de ∆∆t pour chacune des machines étudiées,
comme présenté sur la Figure 29.

Evaporateur Désorbeur R² R²
Type de machine à absorption C2 C3 Qevap Qdesorb
C4 C5 C4’ C5’
ROTARTICA 2.2 1.5 0.218 -1.832 0.277 -0.037 0.986 0.986
SONNENKLIMA (P) 2.9 2.4 0.259 0.977 0.285 3.906 0.984 0.987
SONNENKLIMA (V) 2.7 2.5 0.222 -0.493 0.250 2.400 0.980 0.953
EAW SCHÜCO LB15 2.51 1.9 0.467 0.926 0.570 6.778 0.980 0.980
EAW SCHÜCO LB30 0.1 1.1 0.216 0.835 1.031 -56.181 0.901 0.940

Tableau 6 : Valeurs des coefficients des équations (13) et (14), Kühn et Ziegler [2]
.

Qsimul [kW] Qsimul [kW]


10 25
Bissectrice Bissectrice Ziegler
8 Ziegler 20
Manufacturer
6 15

4 10

2 5
.
.

Qexp [kW] Qexp [kW]


0 0
0 2 4 6 8 10 0 5 10 15 20 25

ROTARTICA Solar 045 EAW SCHÜCO LB30


Figure 29 : Comparaison entre puissances frigorifiques simulées expérimentales pour deux des machines

- 90 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

De la même manière, en traçant la chaleur consommée au désorbeur en fonction de ∆∆t,


Figure 30, il est possible de définir l’expression de la puissance de désorption suivante :
Qdesorb = C4 '⋅tdesorb entrée − C4 '⋅C2 ⋅ tabs / cond entrée + C4 '⋅C3 ⋅ tevap sortie + C5 '
(14)
Mais aussi l’expression du coefficient de performance de la machine, à partir du graphique
représenté en Figure 31, correspondant aux COPth en fonction ∆∆t.
.

.
Qsimul [kW] Qsimul [kW]
15 45
Bissectrice 40 Bissectrice Ziegler
12 Ziegler 35
Manufacturer 30
9
25
20
6
15
3 10

.
Qexp [kW]
.

Qexp [kW] 5
0 0
0 3 6 9 12 15 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

ROTARTICA Solar 045 EAW SCHÜCO LB30


Figure 30 : Comparaison entre puissances de désorption simulées expérimentales pour deux des machines

0.80 COP simul 0.80 COP simul


Bissectrice
0.70 Bissectrice Ziegler
Ziegler
0.60 0.60
Manufacturer
0.50
0.40 0.40
0.30
0.20 0.20
0.10 COP exp
COP exp
0.00 0.00
0 0.2 0.4 0.6 0.8 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8

ROTARTICA Solar 045 EAW SCHÜCO LB30


Figure 31 : Comparaison entre les COPth simulées expérimentales pour deux des machines

L’adaptation de la fonction caractéristique des températures permet une évaluation assez


fiable des performances de la machine à absorption en terme de puissance.

- 91 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

III.2. Modélisation phénoménologique

III.2.1. Cycle à absorption simple effet (cycle idéal)


Dans le cas d’un cycle idéal où les échangeurs de chaleur sont supposés infinis, les niveaux de
température du cycle sont :
• Tb = Tevap : la température de l’évaporateur,
• Tm = Tcond = Tabs : la température du condenseur (Tcond) et de l’absorbeur (Tabs).
Dans le cas d’un cycle idéal ces températures sont toutes égales à la température
du puits infini souvent représenté par le milieu environnant.
• Th = Tdes : la température du désorbeur ou générateur.

Au sein du condenseur, le fluide frigorigène, ici l’eau, se condense à la température Tm, ce qui
permet de déduire la haute pression de la machine. Puis, avec la température d’évaporation Tb, nous
obtenons la basse pression. Ensuite, les couples (Pb, Tm) et (Ph, Th) permettent respectivement le
calcul des concentrations massiques des solutions pauvre et riche, grâce aux équations d’états de la
solution. Une fois ces grandeurs déterminées, il est possible de calculer l’enthalpie de chacun des
points de fonctionnement de la machine (Figure 32). Les différents débits circulant dans la machine
sont obtenus grâce à l’indication soit :
• Des besoins de climatisation (puissance frigorifique à l’évaporateur),
• Des apports solaires (source chaude au désorbeur) caractérisés par les capteurs
solaires et les conditions météorologiques,
• Du débit d de la pompe de circulation.

Cette modélisation phénoménologique des cycles à absorption nécessite la connaissance des


propriétés thermodynamiques du fluide de travail, le couple eau/bromure de lithium dans le cas des
machines étudiées. Toutes les données disponibles sur les propriétés thermodynamiques du couple
LiBr-H2O se rapportent à des états d'équilibre liquide/vapeur, car aucune donné n'est disponible en
liquide comprimé. Dans les études publiées par divers auteurs, la formulation de McNeely [17]
valable de 15 à 166°C est celle qui est le plus souvent utilisée. D'autres formulations [18, 19, 20, 21,
22, 23] existent mais elles sont moins utilisées dans les calculs de cycle, même si certaines d'entre
elles ont été développées avec l'intention d'étendre la plage de validité de ces propriétés. La
formulation la plus récente est celle adoptée par Patek et Klomfar [24, 25]. Ils ont complété les
anciennces en corrélant l'ensemble des données expérimentales disponibles. Cette bibliothèque
fournit les propriétés thermodynamiques de la solution sur une large gamme de variables

- 92 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

(températures, pressions, concentrations, enthalpies...), à partir de 0°C (ou de la température de


cristallisation) jusqu'à des températures de 220°C et pour toute la gamme des compositions. Notre
bibliothèque de propriétés thermodynamiques a donc été construire à partir des travaux de Patek et
Klomfar [24, 25]. La phase gazeuse du couple ne comprend pratiquement que de la vapeur d'eau
pure car la pression de vapeur du LiBr est négligeable devant la pression de vapeur de H2O. Par
conséquent, on considère le mélange gazeux comme de la vapeur d'eau pure. La description la plus
récente des propriétés thermodynamiques de l'eau liquide et gazeuse est fournie par la formulation
IAPWS-95 [26].
Dans ce qui suit, nous appelons m , c et d les débits massiques respectivement du fluide
frigorigène, de la solution concentrée et de la solution diluée, xc et xd, les concentrations massiques
de la solution concentrée et de la solution diluée. Pour bien comprendre le comportement de la
machine, on simplifie sa description mathématique en émettant plusieurs hypothèses :
• le fluide dans le condenseur et l’évaporateur est composé d'eau pure ;
• l'équilibre thermodynamique est atteint dans chaque composant ;
• on suppose que le fluide liquide dans chaque composant sort à état saturé ;
• les variables sont supposées uniformes dans l’espace.

Figure 32 : Schéma du désorbeur et ses notations.

Dans le cas du désorbeur (Figure 32) deux bilans masses peuvent être écrits :

m+c = d bilan sur la solution


(15)
xc ⋅ c = x d ⋅ d bilan sur le Bromure de Lithium

Une expression de c et d en fonction du débit de fluide frigorigène m et des concentrations


massiques en LiBr est déduite de ces bilans :
xd
c = m⋅
xc − x d
(16)
xc
d = m⋅
xc − x d

- 93 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

En appliquant le premier principe de la thermodynamique, au désorbeur on obtient :


Qdesorb = m ⋅ h7 + c ⋅ h6 − d ⋅ h5 (17)

Cette même démarche appliquée aux autres composants donne :


.
.
Bilan sur l’absorbeur :
.
Qabs = d ⋅ h4 − m ⋅ h3 − d ⋅ h8 (18)

Bilan sur le condenseur :


Qcond = m ⋅ (h1 − h7 ) (19)

Bilan sur l’évaporateur :


Qevap = m ⋅ (h3 − h2 ) (20)

Bilan sur la pompe :


W pompe = d ⋅ (h4' − h4 ) (21)

Figure 33 : schéma et bilan des différents composants de la machine à absorption

Ainsi le Coefficient Opérationnel de Performance de la machine, c’est à dire le rapport entre


la production frigorifique Q evap et la somme des consommations thermique Qdesorb et mécanique

Wpompe s’écrit :

Qevap
COPth = (22)
Qdesorb + W pompe
Ou encore :
(h3 − h2 )
COPth = (23)
xd xc
h7 + ⋅ h6 − ⋅ (h5 + h4 − h4 ' )
xc − x d xc − x d
Le COPth des machines à absorption utilisant le couple H2O/LiBr que nous venons de voir est
d’environ 0.75, lorsque les températures de fonctionnement sont de 90°C au désorbeur, 35°C au
condenseur et à l’absorbeur et 12°C à l’évaporateur.
Actuellement, toutes les machines simple effet possèdent un échangeur (appelé quelquefois
transmetteur interne) entre la solution diluée sortant à Tm de l’absorbeur et la solution concentrée
sortant du bouilleur à Th. Cet échangeur permet de préchauffer la solution diluée avant son entrée

- 94 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

dans le désorbeur et de sous-refroidir la solution concentrée avant détente. Il réduit ainsi les
quantités de chaleur à fournir au désorbeur (Qdesorb) et à évacuer à l’absorbeur (Qabs). Cet échangeur
peut être caractérisé par son efficacité :
T6' − T6
ε= (24)
T4 ' − T6

ce qui permet d’estimer la température de la solution concentrée avant détente T6'. L’état de la
solution diluée à l’entrée du désorbeur est, quant à lui, déduit du bilan enthalpique effectué sur
l’échangeur :
c ⋅ (h6 ' − h6 ) − d ⋅ (h4' − h5 ) = 0 (25)

L’ajout de cet échangeur permet d’améliorer les performances du cas précédent, le COPth vaut
à présent environ 0.8 avec un échangeur dont l’efficacité est de 50%, dans les mêmes conditions de
fonctionnement que précédemment.
Jusqu'à présent, les cycles ont été considérés comme ayant des sources et puits idéaux c'est-à-
dire avec des échangeurs de chaleur à surface infinie. Dans un cycle réel, les échangeurs de chaleur
sont nécessaires pour transférer l'énergie du fluide caloporteur à la solution ou au fluide frigorigène.

III.2.2. Intégration technologique (cycle réel)


Précédemment, il a été vu que le calcul d’un cycle frigorifique à absorption se définit et se
calcule très rapidement lorsque les températures de saturation sont connues (c'est-à-dire Tb, Tm et Th
vues précédemments). Or expérimentalement, les seules données connues ou maîtrisées sont celles
des fluides qui alimentent les échangeurs de la machine. Il est donc nécessaire de caractériser
l’échange qui a lieu dans chacun de ces échangeurs, afin de déterminer cette température de
saturation. Le transfert thermique qui a lieu au sein d’un échangeur fait intervenir la conduction au
travers de la paroi séparant les deux fluides et la convection dans chacun de ces derniers. Le flux
s'exprime en fonction des températures entrée/sortie des fluides. Il a été considéré par hypothèse
que le fluide frigorigène pur présent dans le condenseur et l’évaporateur ou que la solution présente
dans le désorbeur ou l’absorbeur était décrit par une seule température (hypothèse du fluide
infiniment agité). Le flux échangé, dans le cas du condenseur par exemple, s’écrit alors :
(T fe − Tc ) − (T fs − Tc ) T fe − Tc
Φ = US .∆TLM = US ⋅ = US ⋅ (26)
T fe − Tc T fe − Tc
ln ln
T fs − Tc T fs − Tc

Ainsi, la présence des échangeurs a une influence importante sur le fonctionnement de la


machine. Les températures Tb, Tm et Th, utilisées précédemment pour calculer le cycle idéal, étaient

- 95 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

celles de fonctionnement de la machine et non celles des sources (chaude pour le désorbeur,
refroidissement pour l’absorbeur et le condenseur, et froide pour l’évaporateur).
Expérimentalement, les seules données connues ou maîtrisées sont celles des fluides qui
alimentent les différents échangeurs de la machine. Une première étape consiste donc à partir des
températures des fluides caloporteurs, à déterminer les valeurs des températures de saturation, en
supposant une valeur connue du produit US de chaque composant. C’est pourquoi pour le calcul du
cycle réel, il va être nécessaire d’écrire de nouvelles équations pour chaque échangeur de la
machine. Comme pour le cas idéal, il suffit de connaître une puissance ou le débit volumique de la
solution diluée et trois températures. La différence réside dans le fait qu’il s’agit désormais des
températures alimentant chacun des échangeurs, elles-mêmes dépendant d’éléments extérieurs (le
soleil pour la source chaude, l’air extérieur pour l’absorbeur et le condenseur, la consigne de la
pièce à rafraîchir pour la source froide). Pour ce qui est de la puissance nécessaire à la
détermination des différentes quantités de chaleur mises en jeu, elle dépendra soit de la charge de la
pièce à rafraîchir soit de l’énergie solaire récupérable.
Dans l’exemple du désorbeur (Figure 34), les données connues sont : la température de l’eau à
l’entrée de l’échangeur, le débit d’eau circulant à l’intérieur (imposé par la machine) et la puissance
transmise. Chacun des principaux éléments de la machine sera alors caractérisé par un système de
trois équations obtenues grâce aux bilans suivants.

Figure 34 : Schéma du désorbeur et notations utilisées.

Le bilan sur le fluide caloporteur circulant dans l’échangeur s’écrit :


Qdesorb = mdesorb ⋅ Cpeau ⋅ (Tdesorb _ entrée − Tdesorb _ sortie ) (27)

Le flux de chaleur, transmis de l’eau à la solution, s’écrit :


Tdesorb _ entrée − Tdesorb _ sortie
Qdesorb = US desorb ⋅ ∆Tlm desorb = US desorb ⋅ (28)
Tdesorb _ entrée − Tdesorb
ln
Tdesorb _ sortie − Tdesorb

Enfin, le bilan interne à ce composant nous donne :


Q desorb = m ⋅ h7 − d ⋅ h5 − c ⋅ h6 (29)

- 96 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Le principe de base vu en première partie est très souvent modifié par l’association en série de
l’absorbeur et du condenseur (l’eau de refroidissement passant dans l’absorbeur puis dans le
condenseur, Figure 35). Ceci a pour conséquence de faire fonctionner la machine avec une
température de condensation légèrement plus élevée que celle d’absorption. Les pertes thermiques
entre la sortie de l’absorbeur et l’entrée du condenseur étant négligeables, nous pouvons écrire :
Tabs _ sortie = Tcond _ entrée (30)

Figure 35 : Représentation schématique d’une machine à absorption dotée d’un échangeur interne et de
l’association en série de l’absorbeur et du condenseur.

Les facteurs US sont généralement très difficiles à déterminer, ils dépendent de la surface
d’échange et de la qualité du transfert thermique qui a lieu au sein de l’échangeur. Chaque machine
possède ses propres échangeurs qui sont tous différents et ont donc leur propre facteur US. Deux
autres paramètres sont également très difficiles à évaluer et sont caractéristiques de chacune des
machines à absorption, il s’agit de l’efficacité de l’échangeur interne et du débit volumique de la
solution diluée (pompe). La détermination de ces 6 paramètres fait donc l’objet de la partie
suivante.

III.2.3. Procédure d’identification des paramètres dimensionnels


On cherche à identifier les paramètres caractéristiques d’une machine à absorption. Il s’agit
des quatre facteurs US, du débit de la solution diluée et de l’efficacité de l’échangeur interne, soit
six inconnues. Comme il a été vu précédemment, les systèmes d’équations ne peuvent se résoudre
directement. Il a donc été choisi de procéder par identification au moyen de la méthode du simplex
[27], du fait de sa simplicité d’utilisation et de sa rapidité. Son principe est expliqué ci-dessous.

- 97 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Comme les niveaux de puissance thermique atteints par la machine représentent les sorties (3
valeurs), que pour chaque essai leur somme doit respecter le premier principe de la
thermodynamique et qu’il y a 6 paramètres à déterminer, seuls 3 essais sont nécessaires pour
identifier les inconnues (deux puissances par essais). Les essais retenus pour l’identification seront
le nominal (ou proche du nominal) et deux extremums.
Pour identifier les paramètres, une méthode d'optimisation directe a été utilisée: l'algorithme
simplex à tailles variables [28]. Pour l'exécuter, n étant le nombre d'inconnues, cette méthode exige
n + 1 autres ensembles de variables, appelé vertex (ici 6 inconnues donc 7 ensembles). La qualité de
l'optimum est généralement mesurée par un critère qui dans notre cas est défini par:
2 2
Qdésorb mesurée − Qdésorb simulée Qévap mesurée − Qévap simulée
MIN + (31)
Qdésorb mesurée Qévap mesurée

Il compare les niveaux de puissances expérimentales et simulées du désorbeur et de


l'évaporateur. A chaque itération, parmi les 7 résultats obtenus (Vertex à 7 dimensions), le plus
mauvais est rejeté et un autre sommet est construit en fonction des autres (graphiquement dans le
sens du meilleur d'entre eux) avec un pas qui a été choisi variable (permettant des résultats plus
rapides et plus précis). Cette méthode a donc été appliquée à chacune des machines étudiées
précédemment, afin de construire leur modèle.

III.2.4. Rotartica Solar 045


Dans le cas de cette machine les essais B, I et N ont été choisis pour mener la campagne
d’identification (voir Tableau 1). Ce choix a été motivé par la volonté d’avoir l’étendue la plus
grande possible pour chaque triplet de température, de 80°C à 100°C pour l’entrée du désorbeur,
35°C et 40°C en entrée d’absorbeur/condenseur et 7°C et 15°C en sortie d’évaporateur.

100% Ecart relatif 0 100 200 300 400 Iterations

10% . .
80% Qevap 3
5% Qdesorb 3
.
60% 0% Qdesorb 2
.
Qevap 2
40%
-5%
.
-10% Qevap 1
20% -15% .
Qdesorb 1
Iterations -20%
0%
-25% Ecart relatif
0 100 200 300 400

a) b)
Figure 36 : Evolution du critère et de l’écart relatif entre les niveaux de puissance thermique expérimentaux et
simulés durant le processus d'identification

- 98 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

La Figure 36a montre l'évolution du critère et la Figure 36b se concentre sur la différence
relative entre les niveaux de puissances expérimentaux et simulés. Cette valeur diminue jusqu'à
atteindre la meilleure combinaison de paramètres. Dans chaque cas, le critère n'a jamais atteint zéro
et reste à son minimum (environ 15% dans le cas de la Figure 36) après un certain nombre
d'itérations (ici environ 300). Cette situation est due principalement aux incertitudes de mesures des
données expérimentales qui ne respectent pas rigoureusement les bilans énergétiques contrairement
au modèle. Pour éviter la probabilité d'obtenir un minimum local, différentes initialisations ont été
testées. Enfin, les valeurs identifiées pour les 6 paramètres donnés par l'algorithme sont présentées
dans le Tableau 7.

USevap USdes USabs UScond Débit de lasolution diluée Efficacité


[W/K] [W/K] [W/K] [W/K] [L/s]
4330 1740 1200 2300 0.0773 67.6%

Tableau 7 : Valeurs identifiées des paramètres de la machine ROTARTICA.

Du fait de la présence des 4 échangeurs dans une seule et même enceinte relativement
compacte [4], il est très difficile voire impossible d’estimer les différentes dimensions des surfaces
mises en jeu et encore moins les coefficients d’échanges globaux entre les fluides caloporteurs et le
fluide frigorigène. Les valeurs identifiées sont par conséquent délicates à interpréter et nous n’avons
pas eu d’autres choix pour en vérifier la cohérence que de comparer les résultats du modèle utilisant
ces valeurs identifiées avec les 13 autres jeux de points expérimentaux. Le résultat de cette
comparaison fait l’objet des Figures 37 et 38 où pour chaque essai, sont représentés les puissances
d’évaporation, de désorption et de refroidissement, ainsi que le COPth de la machine. Les essais
utilisés pour l'identification sont repèrés par des croix et ceux permettant la validation sont les
points.
.
.

10 Q simul [kW] 15 Q simul [kW]


8 12

6 9

4 6

2 3
.

Q exp [kW] Q exp [kW]


0 0
0 2 4 6 8 10 0 3 6 9 12 15

a) b)
Figure 37 : Comparatif entre les puissances évaporateur (a) et désorbeur (b) expérimentales et simulées.

- 99 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

-21 -18 -15 -12 -9 -6 -3 0


0.8 COP simul
. 0
Q simul [kW] -3
0.6
-6

-9 0.4

-12
0.2
-15
COPexp
-18 0.0

.
Q exp [kW] -21 0 0.2 0.4 0.6 0.8

a) b)
Figure 38 : Comparatif entre les puissances refroidissement (a) et COPth (b) expérimentaux et simulés

Les résultats se révèlent assez satisfaisants dans la mesure où les écarts moyens sont de
seulement 3%. Les puissances ainsi que le COPth sont donc relativement bien estimés à partir du
modèle. Afin de s’affranchir d’éventuels minima locaux dans la procédure d’identification, de
déterminer l’influence et de quantifier la plage d’incertitude des valeurs déterminées, nous avons
procédé dans ce qui suit à une étude de sensibilité paramétrique.
Grâce aux trois tests sélectionnés, représentant la plus grande plage de température de
fonctionnement, la sensibilité de chaque paramètre de conception identifié est analysée, afin de
comprendre le comportement de la machine. La Figure 39 montre l'évolution de la production
frigorifique et du COPth des trois tests utilisés lors de la procédure d'identification (représentée par
la température d’entrée du désorbeur, la température d'entrée du refroidissement et la température
de sortie de l’évaporateur) lorsque le facteur US de tous les échangeurs de chaleur varie de -10% à
+ 10% de sa valeur identifiée. La dépendance de la puissance frigorifique (relativement similaire
pour les autres échanges de la machine) avec la valeur US est démontrée.
.

6 Q evap -10% -5% 0% 5% 10% COP -10% -5% 0% 5% 10%


0.6
5
[kW]
0.5
4 0.4
3 0.3

2 0.2

1 0.1

0 0
90-35-12°C 80-35-7°C 100-40-15°C 90-35-12°C 80-35-7°C 100-40-15°C

Figure 39 : Influence des facteurs US sur la production frigorifique simulée (à gauche) et le COPth simulé (à
droite)

- 100 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Concernant l'influence des facteurs US, l'augmentation de leurs valeurs conduit


systématiquement à des niveaux de puissance plus élevée et un COPth plus important. La raison
principale vient du fait que le cycle réel se rapproche du cycle idéal, les températures de la solution
(ou fluide frigorigène) se rapprochent des sources ou du puits. Néanmoins, l'évolution du COPth se
révèle peu sensible aux variations autour des valeurs identifiées, ce qui est certainement dû à une
bonne conception des échangeurs de chaleur.

0.7 COP -10% -5% 0% 5% 10% 0.7 COP -10% -5% 0% 5% 10%

0.6 0.6

0.5 0.5

0.4 0.4

0.3 0.3

0.2 0.2

0.1 0.1

0 0
90-35-12°C 80-35-7°C 100-40-15°C 90-35-12°C 80-35-7°C 100-40-15°C

Figure 40 : Influence de l’efficacité de l’échangeur interne (à gauche) et du débit de solution diluée (à droite) sur
le COPth simulé

Par contre, la Figure 40 montre une plus grande influence sur le COPth de la machine de la
part de l'efficacité thermique de l'échangeur interne de solution et du débit de solution diluée
(valeurs identifiées croissantes et décroissantes de 5% et 10%). Un meilleur COPth est obtenu avec
un échangeur de chaleur interne à l'efficacité plus élevée. Ce composant est installé entre
l'absorbeur et le désorbeur. Donc, la solution diluée est préchauffée avant d’entrer dans le désorbeur
grâce au sous-refroidissement de la solution concentrée sortant du désorbeur. Donc moins d'énergie
est nécessaire pour produire la même quantité de froid. Ces résultats démontrent l'intérêt
énergétique de l'intégration d'un tel échangeur de chaleur dans les cycles à absorption. Augmenter le
débit de solution diluée conduit au contraire à diminuer la valeur du COPth. La solution dans ce cas,
ne reste pas suffisamment dans l'absorbeur et le désorbeur pour être correctement traitée. Cela a
pour conséquence d'augmenter la quantité de chaleur nécessaire, sensible plutôt que latente
(désorption). Cela tend aussi à éloigner la température de la solution de celle de la source ou du
puits et enfin à réduire la quantité de fluide frigorigène condensé ou évaporé.
En analysant de plus près l’influence du débit de la solution diluée (Figure 41), on peut
observer l'influence du débit volume de solution diluée sur la machine, en considérant deux triplets
de températures appliqués au cycle. De toute évidence, cette machine a été dimensionné pour rester
dans la zone la moins sensible au débit de solution diluée, car plus large est le cycle (différence
entre Tm et Th importante) et plus élevées sont les performances avec ces paramètres
caractéristiques. Dans le cas de la Figure 41a et 41c, lorsque la machine fonctionne dans des

- 101 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

conditions optimales en termes de températures, le fonctionnement est éloigné de la zone où les


performances se dégradent rapidement (débit dilué proche de 0) et possède des performances
proches de celle de l'optimal. Par contre, sur la Figure 41b et 41d, lorsque le refroidisseur
fonctionne à partir de niveaux de températures défavorables, le régime de fonctionnement se révèle
assez loin des conditions optimales. Mais attention, dans la zone où le débit de solution diluée est
faible (proche de 0), on observe de meilleures performances qui sont très probablement dues au fait
que l'on considère dans le cas de cette étude de sensibilité des facteurs US constants, alors que dans
cette zone la diminution du débit de solution diluée entraîne sûrement une réduction des facteurs
US, donc de moins bonnes performances, ou encore une tendance vers un optimum proche de la
zone de fonctionnement choisie par le constructeur.
.

.
20 Q [kW] Modèle identifié 6 Q [kW] Modèle identifié

.
.

Qreg Qreg
15
4
10
.

Qevap
2

.
5 Qevap
.

dvol [L/s]

.
0 0 dvol [L/s]

.
-5 0 0.05 0.1 0 0.05 0.1 Qcond
-2
.

-10 Qcond
-4
.

-15

.
Qabs
Qabs
-20 -6

a) b)

COP Modèle identifié 0.8 COP Modèle identifié


0.8

0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2
.

dvol [L/s]
0 0
.

0.00 0.05 0.10 0.00 0.05 0.10 dvol [L/s]

c) d)
Figure 41 : Représentation de l’évolution des puissances et du COPth de la machine en fonction du débit de la
solution diluée et de l’efficacité de l’échangeur interne (efficacité identifiée en noir, -10% en gris pointillé et
+10% en gris plein).
a) puissances pour 105-35-12°C b) puissances pour 75-35-12°C
c) COPth pour 105-35-12°C d) COPth pour 75-35-12°C

- 102 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

III.2.5. Sonnenklima SUNINVERSE


Tout comme dans le cas précédent, on cherche à identifier les paramètres caractéristiques de
cette machine à absorption. Il s’agit des quatre facteurs US, du débit de solution diluée et de
l’efficacité de l’échangeur interne, soit six inconnues. Comme les systèmes d’équations ne peuvent
se résoudre directement, il a été vu précédemment qu'une méthode d'identification a été développée
au moyen de l'algorithme du simplex. La méthode définie dans le cas de la ROTARTICA a donc été
appliquée grâce à trois des 20 essais retenus pour la SONNENKLIMA. Les essais D, G et J ont été
choisis pour mener la campagne d’identification (voir Tableau 2). Ce choix a été motivé par la
volonté d’avoir l’étendue la plus grande possible pour chaque triplet de températures. Pour éviter la
probabilité d'obtenir un minimum local, différentes initialisations ont été testées. L’identification
menée à partir de ces 3 essais a conduit aux résultats présentés dans le Tableau 8.

USevap USdes USabs UScond Débit de lasolution diluée Efficacité


[W/K] [W/K] [W/K] [W/K] [L/s]
4290 1950 1980 3650 0.066 46%

Tableau 8 : Valeurs identifiées des paramètres de la machine SONNENKLIMA.

Les résultats du modèle utilisant ces valeurs identifiées ont été comparés dans le cas des 17
autres jeux de points expérimentaux, pour vérifier leurs cohérences. Le résultat de cette
comparaison fait l’objet des Figures 42 et 43 où pour chaque essai, sont représentés les puissances
d’évaporation, de désorption et de refroidissement, ainsi que le COPth de la machine. Les essais
utilisés pour l'identification sont repèrés par des croix et ceux permettant la validation sont les
points.
.
.

Qsimul [kW] 18 Qsimul [kW]


12
15
9
12

6 9

6
3
3
.
.

Qexp [kW] Qexp [kW]


0 0
0

12

12

15

18

a) b)
Figure 42 : Comparatif entre les puissances évaporateur (a) et désorbeur (b) expérimentales et simulées

- 103 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

0.8 COP simul

2
-3

-2

-2

-2

-1

-1

-8

-4

0
0 0.7
.

Qsimul [kW] -4 0.6


-8 0.5
-12 0.4
-16 0.3
-20 0.2
-24 0.1 COP exp
-28 0.0

.
Qexp [kW]

8
0
-32

0.

0.

0.

0.

0.

0.

0.

0.
a) b)
Figure 43 : Comparatif entre les puissances de refroidissement (a) et le COPth (b) expérimentales et simulées

Les résultats se révèlent assez satisfaisants dans la mesure où les écarts moyens sont de
seulement 4% et dans la zone d’incertitude pour la grande majorité des essais retenus. Les
puissances ainsi que le COPth sont donc relativement bien estimés à partir du modèle.

III.2.6. EAW Schüco LB 15


Dans le cas de cette machine, les essais Q, Y et nominal ont été choisis pour mener la
campagne d’identification (voir Tableau 4). Ce choix a été motivé par la volonté d’avoir l’étendue
la plus grande possible pour chaque triplet de température, de 70°C à 90°C pour l’entrée du
désorbeur, 25°C et 35°C en entrée d’absorbeur/condenseur et 6°C et 11°C en sortie d’évaporateur.
Pour éviter la probabilité d'obtenir un minimum local, différentes initialisations ont été testées.
L’identification menée à partir de ces 3 essais à conduit aux résultats présentés dans le Tableau 9.

USevap USdes USabs UScond Débit de lasolution diluée Efficacité


[W/K] [W/K] [W/K] [W/K] [L/s]
4960 4370 5990 4660 0.1259 55%

Tableau 9 : Valeurs identifiées des paramètres de la machine SCHÜCO.

Les résultats du modèle utilisant ces valeurs identifiées ont été comparés dans le cas des 24
autres jeux de points expérimentaux, pour vérifier leurs cohérences. Le résultat de cette
comparaison fait l’objet des Figures 44 et 45 où pour chaque essai, sont représentés les puissances
d’évaporation, de désorption et de refroidissement, ainsi que le COPth de la machine. Comme la
machine mesure les pressions d’évaporation et de condensation en interne et qu’elles ont été notées
après lecture sur l’écran de la machine lors des expérimentations, il a été possible de réaliser la
comparaison des pressions relevées avec les pressions obtenues par simulation pour chacun des 27

- 104 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

essais retenus. Les essais utilisés pour l'identification sont repèrés par des croix et ceux permettant
la validation sont les points.

.
32
.

Qsimul [kW]
21 Qsimul [kW]
28
18
24
15
20
12
16
9
12
6
8
3

.
4 Qexp [kW]
Qexp [kW]
0 0
0

12

15

18

21

12

16

20

24

28

32
0

8
a) b)
Figure 44 : Comparatif entre les puissances évaporateur (a) et désorbeur (b) expérimentales et simulées

0.8 COP simul


5

5
-5

-4

-3

-2

-1

-5

0.7
.

-5 0.6
Qsimul [kW]
0.5
-15
0.4
-25 0.3

-35 0.2
0.1 COP exp
-45 0.0
.

Qexp [kW]
1

8
0

-55
0.

0.

0.

0.

0.

0.

0.

0.
a) b)
Figure 45 : Comparatif entre puissances de refroidissement (a) et COPth (b) expérimentales et simulées

Les résultats se révèlent assez satisfaisants dans la mesure où les écarts moyens sont de
seulement 4% et dans la zone d’incertitude pour la grande majorité des essais retenus. Les
puissances ainsi que le COPth sont donc relativement bien estimés à partir du modèle.

20 P [mbar] Expérimentale Simulée 120 P [mbar] Expérimentale Simulée


18
16 100
14 80
12
10 60
8
6 40
4 20
2
0 0
0 5 10 15 20 0 20 40 60 80 100 120

a) b)
Figure 46 : Comparaison entre pressions d'évaporation (a) et de condensation (b) expérimentales et simulées

- 105 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

La figure 46 montre que le modèle donne des informations précises sur les conditions de
fonctionnement interne à la machine, avec un écart moyen entre les pressions expérimentales
(seules machine à les mesurer) et simulées de seulement 3% pour la basse pression et 4% pour la
haute pression.

III.2.7. EAW Schüco LB 30


Dans le cas de cette machine, les essais A, E et G ont été choisis pour mener la campagne
d’identification (voir Tableau 5). Comme pour les autres machines, ce choix a été motivé par la
volonté d’avoir l’étendue la plus grande possible pour chaque triplet de température, de 73°C à
84°C pour l’entrée du désorbeur, 27°C et 29°C en entrée d’absorbeur/condenseur et 8.7°C et 10.4°C
en sortie d’évaporateur. Pour éviter la probabilité d'obtenir un minimum local, différentes
initialisations ont été testées. L’identification menée à partir de ces 3 essais à conduit aux résultats
présentés dans le Tableau 10.

USevap USdes USabs UScond Débit de lasolution diluée Efficacité


[W/K] [W/K] [W/K] [W/K] [L/s]
5850 6650 9940 4320 0.2086 57.4%

Tableau 10 : Valeurs identifiées des paramètres de la machine EAW SCHÜCO LB 30.

Les valeurs identifiées sont vérifiées en comparant les résultats du modèle utilisant ces valeurs
identifiées avec les 4 autres jeux de points expérimentaux. Le résultat de cette comparaison fait
l’objet des Figures 47 et 48 où pour chaque essai, sont représentés les puissances d’évaporation, de
désorption et de refroidissement, ainsi que le COPth de la machine. Les essais utilisés pour
l'identification sont repèrés par des croix et ceux permettant la validation sont les points.
.
.

Qsimul [kW] 40 Qsimul [kW]


22
20 35
18 30
16
14 25
12 20
10
8 15
6 10
4
.

Qexp [kW] 5 Qexp [kW]


2
0 0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 0 10 20 30 40

a) b)
Figure 47 : Comparatif entre les puissances évaporateur (a) et désorbeur (b) expérimentales et simulées

- 106 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

-60 -50 -40 -30 -20 -10 0 0.7 COP simul


. 0 0.6
Qsimul [kW]
-10 0.5

-20 0.4
0.3
-30
0.2
-40
0.1
COP exp
-50
0.0

.
Qexp [kW] -60 0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7

a) b)
Figure 48 : Comparatif entre puissances de refroidissement (a) et COPth (b) expérimentales et simulées

Les résultats se révèlent assez satisfaisants dans la mesure où les écarts moyens sont de
seulement 4-5% et toujours dans la zone d’incertitude. Les puissances ainsi que le COPth sont donc
relativement bien estimés à partir du modèle. Par contre, l’importance des incertitudes de mesures
peut être observées sur ces figures surtout pour le COPth.

III.2.8. Synthèse
Quatre machines à absorption ont été présentés et leur comportement analysés. Les
particuliarités de chacune d'entre elles sont rappelées dans le tableau 11 ci-dessous.

EAW EAW
ROTARTICA SONNENKLIMA
Modèle SCHÜCO LB SCHÜCO LB
Solar 045 SUNINVERSE
15 30
Tambour
Type Classique Classique Classique
rotatif
Couple Eau / LiBr Eau / LiBr Eau / LiBr Eau / LiBr
Puissance / COPth 4.5 kW / 0.6 10 kW / 0.78 15 kW / 0.75 30 kW / 0.75
Plage de températures
70-108°C 55-95°C 70-110°C 70-95°C
Entrée désorbeur
30-45°C 27-36°C 25-40°C 25-40°C
Entrée abs/cond
7-20°C > 6°C > 6°C > 6°C
Sortie évaporateur
Débits nominaux
désorbeur 900 L/h 1200 L/h 2000 L/h 3600 L/h
absorbeur/condenseur 1980 L/h 2600 L/h 5000 L/h 10700 L/h
évaporateur 1560 L/h 2900 L/h 1900 L/h 4200 L/h

Tableau 11 : Récapitulatif des principales caractéristiques des machines étudiées.

Grâce aux différents tests réalisés sur ces machines, une méthode d'identification de leurs
paramètres caractéristiques a été développée. Le Tableau 12 suivant rappelle les valeurs identifiées
pour chacune des machines.

- 107 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

USevap USdes USabs UScond d Efficacité


Machine
[W/K] [W/K] [W/K] [W/K] [L/s] -
ROTARTICA Solar 045 4330 1740 1200 2300 0.0773 67.6%
SONNENKLIMA 4260 1950 1980 3650 0.066 46%
EAW SCHÜCO LB15 4960 4370 5990 4660 0.1259 55%
EAW SCHÜCO LB30 5850 6650 9940 4320 0.2086 57.4%
Tableau 12 : Récapitulatif des paramètres dimensionnels identifiés.

Présentation des outils de calcul de performances des différentes machines à absorption


Grâce à l’identification des paramètres caractéristiques de chacune des machines testées, nous
avons une meilleure connaissance de celles-ci. Par conséquent, il est désormais possible de les
simuler en régime permanent. Grâce au logiciel EES (Engineering Equation Solver) et aux
caractéristiques dimensionnels de chacune des machines qui ont été identifiées, des outils de
simulation des différentes machines à absorption étudiées ont été réalisées. La Figure 49 présente
un aperçu de l'interface de l'outil dans le cas de la machine EAW Schüco LB 15. On remarque que
l’utilisateur peut évaluer les performances de la machine uniquement à partir des trois niveaux de
températures appliqués à ses bornes, c'est à dire en entrée de désorbeur, en entrée d'absorbeur
condenseur et en sortie d'évaporateur. L'utilisateur n’a pas accès aux paramètres caractéristiques de
chacune des machines ainsi qu’aux débits de fluide caloporteur, ces derniers étant respectivement
égaux à celles identifiées et ceux préconisés par le constructeur.

Figure 49 : Vue de l’interface de l’outil de simulation de la SCHÜCO LB 15 en régime permanent.

- 108 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

IV. Modélisation en régime transitoire


Précédemment deux méthodes de modélisation ont été utilisées pour estimer les performances
des machines à absorption. Les deux se sont avérées performantes lors de la simulation en régime
permanent pour les quatre machines étudiées dans ce manuscrit. À présent, comme l'un de nos
objectifs est d'être capable de prédire leur comportement en régime transitoire, ces méthodes vont
être appliquées dans de telles conditions. Par conséquent, les résultats expérimentaux obtenus en
régime dynamique, sont utilisés pour constituer les données d'entrées des modèles (températures
d'entrées de désorbeur, absorbeur/condenseur et évaporateur). Les résultats de simulation sont
ensuite comparés aux données expérimentales afin d'évaluer la précision et la pertinence des deux
méthodes de modélisation.

IV.1. Modélisation selon la méthode Kühn et Ziegler


Les Figures 50, 51, 52 et 53 présentent les comparaisons entre les résultats expérimentaux et
ceux de simulation pour les quatre machines à absorption étudiées dans ce manuscrit. Dans le cas de
la machine ROTARTICA, on peut observer une concordance entre la simulation et les résultats
expérimentaux assez satisfaisante, même pendant la phase de démarrage. Par contre, on peut noter
que la puissance d'évaporation suit la même tendance que la puissance de désorption alors que la
production frigorifique reste quasi constante toute la journée malgré l'augmentation de la chaleur
consommée au desorbeur. Par conséquent, l’évaluation du COPth est bien moins bonne.
.

20 Q [kW] Expérimental 0,8 COP th


Absorbeur + Condenseur Ziegler
18 Série2 0,7
16
0,6
14
Desorbeur 0,5
12
10 0,4
8 0,3 Expérimental
6 0,2 Ziegler
Evaporateur
4
0,1
2 Heure Heure
0 0,0
1:00 3:00 5:00 7:00 9:00 11:00 1:00 3:00 5:00 7:00 9:00 11:00

Figure 50 : Comparaison entre expérience et simulation pour la machine Rotartica lors de la journée J55

- 109 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
50 Q [kW] Absorbeur + Condenseur Experimental 1,0 COPth
Ziegler
45 Série2 0,9
40 0,8
35 0,7
30 0,6
25 0,5 Experimental
Desorbeur Ziegler
20 0,4
15 0,3
10 Evaporateur 0,2
5 Heure 0,1 Heure
0 0,0
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00

Figure 51 : Comparaison entre expérience et simulation pour la machine Sonnenklima lors de la journée J55
.

50 Q [kW] Experimental 0,9 COPth


Absorbeur + Condenseur Ziegler
Série2 0,8
40 0,7
0,6
30 Desorbeur 0,5
0,4
20
0,3
Evaporateur Experimental
10 0,2
Ziegler
0,1 Heure
Heure
0 0,0
0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00 0:00 1:00 2:00 3:00 4:00 5:00 6:00 7:00 8:00 9:00

Figure 52 : Comparaison entre expérience et simulation pour la machine EAW 15 kW lors de la journée J55

Dans le cas des machines Sonnenklima et EAW Schüco LB15, on peut remarquer que la
phase de démarrage présente une montée progressive de la puissance frigorifique que ce modèle
n’est pas capable de reproduire. Cette phase de démarrage est donc plus complexe dans le cas de ces
machines. Par exemple, la machine EAW Schüco LB15 réalise une accumulation d’eau dans
l’évaporateur afin de toujours avoir de l'eau disponible pour l'évaporation et obtenir ainsi un
fonctionnement plus stable tout au long de la journée. On peut observer que le comportement de la
Sonnenklima n’est pas bien estimé en régime dynamique même après la phase de démarrage
lorsqu'elle a atteint un régime stable. Cela vient très probablement des conditions de
fonctionnement (températures d’entrées d’évaporateur et de refroidissement très proches) ou encore
d’erreurs de mesures qui faussent les bilans énergétiques (débit circuit désorbeur). Dans le cas la
machine EAW Schüco LB15, le fonctionnement de la machine est assez bien représenté mais
seulement après environ 1h de fonctionnement. Par contre, on peut remarquer que l'évaluation des
puissances de désorption et d'évaporation est pratiquement linéaire. Ceci est d'ailleurs vérifié sur la
figure représentant l'évolution du COPth. Par conséquent, le pic de consomation au désorbeur et la
stabilité de la production frigorifique semblent être moyennées par le modèle conduisant ainsi à une
simulation approximative sur l'ensemble de la journée.

- 110 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Pendant l'arrêt de la machine, la production d’eau glacée est maintenue tandis que la
consommation de chauffage diminue. Cette étape correspond à l'évaporation de la totalité de l'eau
restante dans l'évaporateur. Pour ce type de machine, le modèle semble donc inapproprié pour
l'étude du comportement dynamique des systèmes de rafraîchissement solaire. Pour modéliser
correctement cette machine, il parait nécessaire de réaliser un modèle dynamique basé sur les
phénomènes physiques qui ont lieu dans celles-ci.
Tout comme sa version 15 kW, la machine EAW possède le même type de régulation interne
qui n’est pas du tout représenté par ce modèle. Par conséquent, le même problème est observé lors
du démarrage. De plus, on peut également remarquer sur la Figure 53 que le manque de résultats
expérimentaux en régime statique ne permet pas d’obtenir un modèle précis lorsque qu'il est
appliqué à des conditions dynamiques de fonctionnement.
.

100 Q [kW] Experimental 0,9 COPth


Ziegler Experimental
90 Qcool 0,8 Ziegler
80 0,7
70 0,6
Absorbeur + Condenseur
60
0,5
50
0,4
40 Desorbeur
0,3
30
20 0,2
10 Evaporateur 0,1
Heure Heure
0 0
9:00 10:00 11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 9:00 10:00 11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00

Figure 53 : Comparaison entre expérience et simulation pour la machine EAW Schüco LB30 (13 mars 2010)

Ce type de modélisation n’est donc pas très adapté à la simulation des machines à absorption
de petites puissances soumises à des conditions de fonctionnement transitoire. La première raison
est l'impossibilité de représenter les régulations internes complexes dont disposent certaines de ces
machines, très présentes lors des phases de démarrage. Ces démarrages pouvant durer jusqu’à 30
minutes, ils peuvent avoir un impact significatif lors de la simulation de journées moyennement
ensoleillées où la machine peut se retrouver à démarrer plusieurs fois par jour. Cette méthode peut
être un peu plus appropriée pour d’autres, comme c’est le cas pour la machine ROTARTICA, moins
complexe et dont le comportement est assez bien représenté par le modèle lors d’une journée de
beau temps. Malheureusement, on observe tout de même quelques phénomènes inertiels non
négligeables que cette méthode ne peut pas prendre en compte. De plus, ces modèles ne permettent
qu’une étude à l’échelle du système et non à celle de la machine pour l’amélioration ces
performances. Cette méthode ne peut donc pas être correctement utilisée pour représenter le
comportement transitoire de ces machines à absorption destinées au rafraîchissement solaire. À
présent, nous allons appliquer notre modèle phénoménologique aux machines éudiées afin de

- 111 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

modéliser ces machines et de prédire leur comportement lorsque des conditions dynamiques de
fonctionnement leurs sont appliquées.

IV.2. Modélisation phénoménologique

IV.2.1. Intégration des paramètres inertiels au modèle statique


Précédemment, la modélisation phénomènologique a été appliquée en régime permanent et à
permis d'arriver à une très bonne estimation des performances des machines étudiées dans ces
conditions de fonctionnement. De plus, ces essais nous ont permis d'identifier les caractéristiques
dimensionnelles des machines étudiées, c'est-à-dire les facteurs US, le débit de solution diluée et
l’efficacité de l’échangeur interne. Afin de prendre en compte les différentes inerties présentes au
sein de la machine, la modélisation phénoménologique vue précédemment a été appliquée en
régime transitoire. Par conséquent, le modèle est constitué des équations différentielles dépendantes
du temps suivantes :
Le bilan énergétique du système :
dU
= Qi + mi ⋅ hi (32)
dt i i

Le bilan de masse de la solution liquide :


dM
= mi (33)
dt i

Le bilan de masse de l’eau pure :


dM H 2 O
= mi ⋅ xi (34)
dt i

Pour bien comprendre le comportement de la machine, on simplifie sa description


mathématique en émettant plusieurs hypothèses :
• chacun des composants (désorbeur, condenseur, évaporateur et absorbeur) peut être
représenté par les éléments suivants :
o l’enceinte qui contient la solution ;
o l’échangeur de chaleur, c’est l’intermédiaire entre la solution et la source de chaleur ;
o la solution elle-même ;
• le fluide dans le condenseur et l’évaporateur est composé d'eau pure ;
• l'équilibre thermodynamique est atteint dans chaque composant ;
• on suppose que le fluide liquide dans chaque composant sort à état saturé ;
• on ne tient compte que de l’échange de chaleur convectif ;
• on suppose que les coefficients d’échange sont constants;

- 112 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

• les variables sont supposées uniformes dans l’espace.

Ensuite, lorsque l’ensemble des équations précédentes est appliqué sur le désorbeur par exemple, on
obtient alors le système suivant :
dU sol
= Qdesorb + Qdesorb pertes + d ⋅ h5 − c ⋅ h6 − m ⋅ h7
dt
dM sol
= d −c−m (35)
dt
dM H 2 O
= d ⋅ Xd − c ⋅ Xc − m
dt

Cette modélisation phénoménologique en régime transitoire fait apparaître de nouvelles


caractéristiques, inertielles cette fois-ci, comme on peut le voir dans le système d'équations (39).
Elles correspondent aux différentes masses de solution contenu dans les échangeurs et de métal
constituant les échangeurs de chaleur.

La quantité de chaleur que reçoit la solution s’exprime sous deux formes :


• La puissance thermique cédée par le fluide caloporteur :
Qdesorb = mdesorb ⋅ Cpeau ⋅ (Tdesorb entrée − Tdesorb sortie ) (36)

• Et le flux de chaleur passant du fluide caloporteur à la solution :


Qdesorb = US desorb ⋅ (Tdesorb sortie − Tdesorb ) (37)

L’utilisation d’un US global nécessite l’intégration d’une masse équivalente, correspondant à la


masse du métal de l’échangeur, à celle de la solution contenu dans le désorbeur :
U sol desorb = (M sol desorb + M equivalente desorb ) ⋅ u sol desorb (38)

Les pertes thermiques sont directement considérées comme une perte d'énergie de la part de la
solution ou du fluide frigorigène contenu dans chacun des échangeurs. Elles sont simplement
estimées par la relation suivante :
Q pertes desorb = hdesorb ⋅ S ext desorb ⋅ (Tdesorb − Tamb ) (39)

Où hdesorb représente le coefficient d'échange global,


Sext desorb est la surface d'échange du désorbeur avec l'air ambiant,
Tdesorb est la température de saturation de la solution au sein du désorbeur,
Tamb est la température de l'air ambiant.

On procède de la même manière pour décrire les trois autres composants à savoir l’absorbeur,
le condenseur et l’évaporateur. La résolution des équations différentielles représentant chacun des

- 113 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

éléments de la machine à absorption est réalisée par l'intermédiaire de la méthode d'Euler explicite.
Les données d'entrée de ce modèle transitoire sont les températures et les débits de fluides
caloporteurs alimentant chacun des échangeurs de la machine. L'identification des paramètres
dimensionnelles réalisé précédemment a permis d'identifier le débit de circulation de la solution
diluée ( d ) imposé par la pompe de circulation, ainsi les débits de solution concentrée et de fluide
frigorigène désorbé peuvent être estimés.
Les comparaisons entre expérience et simulation sont effectuées pour les températures de
fluide caloporteur et les puissances mises en jeu pour chacune des machines testées dans les figures
suivantes et pour différentes journées types. Ces résultats expérimentaux en régime dynamique vont
permettre d’identifier les différentes inerties des refroidisseurs, c'est-à-dire les masses de métal de
chacun des échangeurs, les masses de solution contenues initialement dans l’absorbeur et le
désorbeur, ainsi que leurs stratégies de contrôle. Cette opération est réalisée pour chacune des
machines à absorption étudiées dans le projet.

IV.2.2. Rotartica Solar 045


L’identification des paramètres inertiels de la Rotartica est réalisée grâce aux résultats
expérimentaux obtenus en régime transitoire et présentés précédemment. Parmi les trois journées,
une est utilisée pour déterminer les différentes inerties de la machine (J55) et les autres permettent
la validation de la modélisation (J43 et J72). Un zoom sur la phase de démarrage de la journée J55
est réalisé de manière à affiner les inerties (masses de solution et des échangeurs). J55 est un jour
très ensoleillé entraînant un démarrage très rapide de la machine. On peut également observer une
légère stabilisation de la production suite à l’appel de puissance suivant la mise en route. Ensuite, la
température en entrée de désorbeur ne cesse d’augmenter jusqu’à plus de 100°C pour finir par
naturellement diminuer suite au coucher du soleil.
.

T [°C] Desorber 20 Q [kW] Expérimentales


Simulées
100 18 Qevap
16
80 Entrées Absorber + Condenser
14
Expérimentales
Simulées 12
60
10 Desorber
40 8
Absorber + Condenser 6
4 Evaporator
20
Evaporator 2
0 0
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600

Figure 54 : Comparaison des températures et puissances expérimentales et simulées pour la journée J55

- 114 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

On peut remarquer que le modèle représente très bien le comportement de la machine, même
la phase de démarrage. L’écart relatif maximum observé sur les puissances est inférieur à 5%. La
comparaison du COPth permet de bien appréhender la fiabilité du modèle ainsi obtenu. On peut
remarquer que cette fois le modèle s'adapte bien aux changements de régime subis par la machine.

0.9 COP th
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4 Simulé
0.3 Expérimental
0.2
0.1 Temps [min]
0
0 100 200 300 400 500 600

Figure 56 : Comparaison entre les COPth simulé et expérimental pour la journée J55

La deuxième journée J43 est moins ensoleillée. Par conséquent, elle conduit à un démarrage
tardif de la machine. Elle possède même un arrêt de fonctionnement causé par un passage en mode
isolé de la machine suite à un problème de trop forte vibration qui a déclenché une alarme. Les
températures de démarrage se situent aux alentours de 80°C. On peut remarquer que le modèle
réagit bien à cet accident. Par conséquent, il représente assez bien le comportement de la machine,
même la phase de démarrage. L’écart relatif maximum observé sur les puissances est inférieur à
5%. Quand on représente le COPth ont arrive également à une bonne fiabilité du modèle, c'est-à-dire
dans les incertitudes de mesures, malgré l'écart légèrement plus important au niveau du désorbeur.
.

90 T [°C] Desorber 14 Q [kW] Expérimentales


Simulées
80 12 Qevap
Absorber + Condenser
70
Entrées 10
60 Expérimentales
50 Simulées 8 Desorber
40 6
30 Absorber + Condenser
4
20
10 2 Evaporator
Evaporator
0 0
20 120 220 320 420 520 20 120 220 320 420 520

Figure 57 : Comparaison des températures et puissances expérimentales et simulées pour la journée J43

- 115 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

0.9 COP th Simulé


0.8 Expérimental
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1 Temps [min]
0
50 150 250 350 450 550

Figure 59 : Comparaison entre les COPth simulé et expérimental pour la journée J43

La troisième journée quant a elle est présente des conditions saisonnières moyennes et le
besoin en froid lors de celle-ci n'est pas constant. Par conséquent, on observe de nombreuses phases
de marche arret entrainant un fonctionnement très transitoire de la machine. Sur la figure 60, on
peut remarquer que le modèle permet malgré ces conditions de fonctionnement, une assez bonne
estimation des performances de la machine Rotartica. .

T [°C] 25 Q [kW] Expérimentales


Desorbeur Simulées
100 Qevap
20
80 Absorbeur + Condenseur
Entrées 15
60 Expérimentale
Simulées Desorbeur
Absorbeur + Condenseur
10
40

20 5
Evaporateur
Evaporateur Temps [min]
0 0
0 100 200 300 400 150 170 190 210 230 250

Figure 59 : Comparaison entre les températures et les puissances simulées et expérimentales pour la journée J72

IV.2.3. Sonnenklima SunInverse


En ce qui concerne la machine SONNENKLIMA, les comparaisons effectuées montrent plus
d'écarts, principalement lors du démarrage. L'origine pourrait provenir d'une part d'un
fonctionnement un peu dégradé de la machine constaté lors des essais et probablement aussi d'un
protocole de démarrage inconnu que nous n'avons donc pas pu intégrer au modèle. Néanmoins, une
fois passé le démarrage, le modèle reste assez fidèle aux expérimentations même lorsqu'il y a
variation de la chaleur apportée au désorbeur.

- 116 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
40 Q (kW)

.
80 T (°C)
Desorbeur 35 Absorbeur + Condenseur
70
30
60
25
50 20
Simulation
Expérience Desorbeur
40 15

Absorbeur + Condenseur 10 Evaporateur


30
5 Simulation
20 Expérience
Evaporateur 0
Temps (min)
10 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 Temps (min)

Figure 60 : Comparaison des températures expérimentales et simulées pour la journée type 2

Dans le cas de cette machine, les écarts pourraient probablement venir également du problème
de mesure qui a été rencontré au niveau du débit de fluide caloporteur sur le circuit désorbeur (cf.
p.74). Un grand nombre de journées expérimentales réalisées sur cette machine présentent un
fonctionnement assez particulier avec des performances souvent meilleures que si la machine avait
ses températures d'équilibre égalent à celles des sources. On peut observer sur la Figure 62 que la
quantité de chaleur consommée au désorbeur est pratiquement confondue avec la production
frigorifique.
.

45 Q [W] Refroidissement
40 Absorbeur + Condenseur
35
30
25
20
Desorbeur
15
10 Evaporateur
5 Time
0
0:00 1:12 2:24 3:36 4:48 6:00 7:12 8:24

Figure 62 : Présentation d’une journée expérimentale de type 1 présentant un fonctionnement incohérent

IV.2.4. EAW Schüco LB 15


Dans le cas de la machine EAW Schüco LB15, l’identification des paramètres inertiels est
réalisée grâce aux trois journées expérimentales disponibles dans la configuration choisie. La
première est une journée très ensoleillée (J55). Cette journée d'essai est utilisée afin de déterminer
les paramètres inertiels (masse de solution et des échangeurs) en réalisant un zoom sur la phase de
démarrage. Mais la particularité inertielle la plus importante avec cette machine est l’accumulation
d’eau dans l’évaporateur pendant les 20 premières minutes. Cette régulation interne a pour effet une
production d’eau glacée croissante jusqu’à atteindre un maximum. Une fois ce protocole identifié,
le modèle obtenu permet de représenter très bien le comportement de la machine. On peut

- 117 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

remarquer sur la Figure 63 que dans ce cas, une fois que la température a atteint 80 °C, la machine
démarre. La température en entrée de désorbeur ne cesse d’augmenter jusqu’à plus de 95 °C pour
finir par naturellement diminuer suite au coucher du soleil. La machine s’arrête lorsque cette même
température tombe aux alentours de 65 °C.

.
100 T [°C] Desorbeur Entrées Q [kW] Expérimentale
Expérimentale Absorbeur + Condenseur Simulées
90 Simulées 50 Qevap
80
70 40
Desorbeur
60
30
50 Absorbeur + Condenseur
40
20
30
20 Evaporateur
10
10 Temps [min]
Evaporateur Temps [min]
0 0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500

Figure 64 : Comparaison des températures et puissances expérimentales et simulées pour la journée J55

0.9 COP th
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4 Simulé
0.3 Expérimental
0.2
0.1 Temps [min]
0
0 100 200 300 400 500

Figure 65 : Comparaison entre les COPth simulé et expérimental pour la journée J55

La deuxième journée est une journée qui présente des conditions saisonnières moyennes
(J43), celle-ci est utilisée afin de valider les paramètres inertiels déterminés grâce à la journée J55.
On peut remarquer que le modèle représente très bien le comportement de la machine lorsqu’elle est
soumise à des variations de la source d’énergie. Dans le cas de cette journée, la température de la
source chaude subit une diminution progressive tout au long de la journée.

- 118 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
T [°C] Entrées 50 Q [kW] Expérimentale
80 Desorbeur Expérimentale Simulées
Simulées 45 Qevap
70 Absorbeur + Condenseur
40
60 35
50 30
Absorbeur + Condenseur 25 Desorbeur
40
20
30
15
20 Evaporateur
10
10 Evaporateur 5
0 0
100 150 200 250 300 350 400 450 100 150 200 250 300 350 400 450

Figure 63 : Comparaison des températures et des puissances expérimentales et simulées pour la journée J43

0.9 COP th
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4 Simulé
Expérimental
0.3
0.2
0.1 Temps [min]
0
100 150 200 250 300 350 400 450

Figure 64 : Comparaison entre les COPth simulé et expérimental pour la journée J43

Le dernier jour présente des conditions moyennes saisonnières (J72), mais cette fois le
bâtiment n'a pas besoin d'être rafraîchi tout au long de la journée. La figure 62 présente la
comparaison entre les résultats expérimentaux et de simulation pour des niveaux de température. Le
graphique de gauche représente l'évolution de la température quotidienne. Au cours de cette journée
de test, la machine subit de nombreux cycles de marche/arret (20-30 minutes) en raison de la
demande de refroidissement irrégulière. Ainsi, lorsque la machine fonctionne, la température
d'entrée du désobeur est très élevée, autour de 100°C sur les coups de midi. En fin d'après-midi,
cette température diminue et le refroidisseur fonctionne avec une température de d'entrée de
désorbeur de 80°C.
T [°C] Desorbeur Entrées
100 Expérimentale
Simulées

80

60

40

20
Evaporateur Temps [min]
0
0 100 200 300 400 500

Figure 64 : Comparaison entre les températures expérimentales et simulées pour la journée J72

- 119 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Comme il y a beaucoup de cycle marche/arret, un zoom sur le fonctionnement au cours de


l'après-midi a été réalisé sur la figure 63 pour les niveaux de température et les puissances
thermiques. Nous pouvons remarquer que le modèle représente assez bien le comportement de la
machine quand elle est soumise à de nombreux cycles de marche/arret et des régimes de
températures très différents.

.
100 T [°C] Desorbeur Entrées 70 Q [kW] Expérimentale
Expérimentale Absorbeur + Condenseur Simulées
90 Simulées Qevap
60
80
50 Evaporateur Desorbeur
70
60 40
50
40 30
30 20
20 Temps
10 [min]
10 Evaporateur Temps [min]
0 0
280 330 380 430 480 280 330 380 430 480

Figure 65 : Zoom sur les comparaisons entre températures et puissances simulées et expérimentals pour J72

IV.2.5. EAW Schüco LB 30


L’identification des paramètres inertiels de la machine EAW Schüco LB30 est réalisée tout
comme les machines précédentes, grâce à plusieurs journées expérimentales disponibles, une pour
la détermination des différentes inerties et les autres pour valider ces valeurs. Deux de ces dernières
sont présentées ici, afin de montrer la cohérence des résultats de simulation. La première est une
journée qui présente des conditions saisonnières moyennes. Il s'agit de la journée du 13 Mars 2010.
On peut remarquer sur la Figure 66 que la machine a démarré une fois la température de consigne
en entrée de désorbeur atteinte. Dans le cas de cette journée, la température de la source chaude
subit une diminution progressive tout au long de la journée. Mais la particularité inertielle la plus
importante avec cette machine est l’accumulation d’eau dans l’évaporateur pendant les 20 premières
minutes, comme dans le cas de la version 15 kW. Cette régulation interne a pour effet une
production d’eau glacée croissante jusqu’à atteindre un maximum. Une fois ce protocole identifié,
le modèle obtenu permet une bonne estimation du comportement dynamique de la machine dans ces
conditions de fonctionnement.

- 120 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
90 T [°C] Entrées 70 Q [kW] Expérimentales
Expérimentales Simulées
80 Desorber Simulées Qevap
60 Absorber + Condenser
70
50
60
50 40
Desorber
40 Absorber + Condenser
30
30
20
20 Evaporator
10 10
Evaporator
0 0
50 150 250 350 450 50 150 250 350 450

Figure 66 : Comparaison des températures et puissances expérimentales et simulées pour le 13 Mars 2010

0.9 COP th
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
Simulé
0.3
Expérimental
0.2
0.1 Temps [min]
0
50 150 250 350 450

Figure 67 : Comparaison entre les COPth simulé et expérimental pour le 13 Mars 2010

Ensuite, une journée présentant des conditions plus favorables (ensoleillement plus
important), mais avec quelques passages nuageux, a été utilisée pour vérifier le modèle dans le cas
d'accident et de variations de charges. Il s'agit de la journée du 17 Janvier 2010. On peut remarquer
que la température en entrée de désorbeur augmente au cours de la journée et que le modèle
parvient à convenablement réagir. De plus, la phase de démarrage est toujours bien estimée, si ce
n'est un léger retard au démarrage probablement causé par la précision de la mesure, comme on l'a
vu précédemment. Sinon on peut noter également que le modèle parvient à correctement réagir lors
des passages nuageux qui entraînent des chutes de températures et donc de puissances assez
brutales. Par conséquent, le modèle développé pour cette machine permet d'obtenir une bonne
estimation du comportement transitoire.

- 121 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

.
90 T [°C] Entrées 90 Q [kW] Expérimentales
Expérimentales Simulées
80 Simulées 80 Qevap
70 70 Absorber + Condenser
Desorber
60 60
50 50
Absorber + Condenser Desorber
40 40
30 30
20 20
10 Evaporator
10
Evaporator
0 0
20 120 220 320 420 20 120 220 320 420

Figure 68 : Comparaison des températures et puissances expérimentales et simulées pour le 17 janvier 2010

0.9 COP th
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
Simulé
0.2 Expérimental
0.1 Temps [min]
0
20 120 220 320 420

Figure 69 : Comparaison entre les COPth simulé et expérimental pour le 17 janvier 2010

V. Conclusion
Ce chapitre a présenté les résultats expérimentaux obtenus en régime permanent et transitoire
sur quatre machines à absorption domestique simple effet. Différentes particularités ont été
identifiées sur chacune d'entre elles. Tout d'abord, au niveau technologique avec un design classique
pour les machines Sonnenklima et EAW Schüco et un design innovant utilisant un tambour rotatif
pour la Rotartica. Ensuite, chacune de ces machines possède des conditions de fonctionnement plus
ou moins différentes, c'est-à-dire en termes de température de démarrage, mais aussi minimale et
maximale tolérées. Elles sont également dimensionnées pour fonctionner à un régime nominal
particulier, imposant des débits de fluides caloporteurs. Par contre, il est possible de les faire varier,
afin de modifier le comportement selon les besoins et/ou la source de chaleur (fonctionnement à
charge partielle). Enfin, ces machines possèdent toutes des régulations internes plus ou moins
complexes, destinées à les protéger et à optimiser le fonctionnement. Par exemple, leur contrôle
commande permet d'éviter les risques de cristallisation de la solution pouvant endommager les
éléments internes aux machines. En outre, on a pu voir que certaines des machines réalisaient une
accumulation d'eau liquide dans l'évaporateur de manière à obtenir une production frigorifique
stable toute la journée, comme de l'eau est disponible en permanence pour l'évaporation.

- 122 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Précédemment, il avait été noté que la méthode Kühn & Ziegler était fiable et adaptée pour
l'étude des systèmes de rafraîchissement solaire. Elle a été appliquée sur les quatre machines, afin
d'observer la pertinence des résultats obtenus et vérifier si elle permettait de répondre à nos besoins.
On a pu observer que le modèle estimait bien le comportement statique des machines, mais une fois
utilisé pour simuler le fonctionnement dynamique journalier, les résultats étaient moins bons. Les
phénomènes inertiels étaient par conséquent trop importants, surtout dans le cas des machines
Sonnenklima et EAW Schüco du fait de la complexité de leur régulation. Par conséquent, une
modélisation phénoménologique a été développée, afin de répondre à nos objectifs.
Étant donné que quatre machines doivent être modélisées, une méthode de caractérisation a
été développée. Son principe repose sur l'utilisation de résultats en régime statique et dynamique,
mais également des hypothèses simplificatrices permettant d'obtenir des temps de calculs très
rapides. Ces deux étapes permettent d'identifier dans un premier temps les paramètres
dimensionnels (facteurs US, efficacité d'échangeur interne et débit de solution diluée) [27, 28, 29,
30, 31], puis les différentes inerties mises en jeu au sein des machines (masse des échangeurs,
volume de solution et stratégie de contrôle commande) grâce aux résultats obtenus sous conditions
dynamiques contrôlées [32, 33]. Cette méthode a permis d'obtenir les modèles physiques statiques
et dynamiques de chacune des machines étudiées sur banc d'essais (Rotartica, Sonnenklima et EAW
Schüco LB15). Ensuite, son domaine d'application a pu être élargi avec une application à partir de
résultats expérimentaux tirés d'une installation de rafraîchissement solaire en fonctionnement (EAW
Schüco LB30) [34]. La méthode conduit à des modèles permettant une très bonne estimation des
performances en régime permanent et du comportement en régime transitoire. Par conséquent, des
outils d'analyse des performances en régime statiques de chacune des machines ont été réalisés et
mis à disposition sur Internet suite au projet ANR ABCLIMSOL. Les modèles étant basés sur les
phénomènes physiques, ils peuvent également permettre l'optimisation de la conception des
machines.
À présent, il est possible de simuler le comportement de quatre machines à absorption
domestiques lorsque des conditions de fonctionnement dynamiques sont appliquées à leurs bornes.
L'étape suivante de nos objectifs est l'étude d'une installation de rafraîchissement solaire par
absorption, afin d'identifier des voies d'optimisation et d'obtenir des résultats expérimentaux
indispensables à la validation des modélisations choisies pour les éléments annexes du système
(champs de capteurs, ballon de stockage, aéro-réfrigérant et ventilo-convecteurs). Ensuite, il sera
possible d'aboutir à un outil de modélisation et de simulation d'unité de rafraîchissement solaire par
absorption basés sur quatre machines. Par conséquent, le chapitre suivant présente la réalisation et
les résultats expérimentaux du pilote de démonstration du laboratoire financé par la région
Aquitaine et le projet ANR ORASOL.

- 123 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

Références bibliographiques
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[12] Schüco, Systèmes solaires, machine frigorifique à absorption Schüco LB15 et LB30, notice de montage et
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Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

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[23] J. Patek, J. Klomfar, A simple formulation for thermodynamic properties of steam from 273 to 523 K, explicit in
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[24] W. Wagner, A. Pruß, The IAPWS formulation 1995 for the thermodynamic properties of ordinary water substance
for general and scientific use, J. Phys. Chem. Ref. Data 31, 387-535, 2002,
[25] C. Porte, W. Debreuille, A. Delacroix, La méthode Simplex et ses dérivées, Application à l'optimisation dans le
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[26] F. H. Walters, L. R. Parker, S. L. Morgan, S. N. Deming, Sequential simplex optimization, CRC press LLC 1991,
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absorption solaire. Congrès Français de Thermique. SFT 2010, Le Touquet, 25-28 mai 2010.
[28] N. Chatagnon, M. Bachmann, G. Anies, J. Castaing-Lasvignottes. Simulation of a domestic absorption chiller.
Colloque Francophone sur l'energie - environnement - economie et thermodynamique. COFRET'10, 5–7 mai 2010,
Iaçi – Roumanie.
[29] Anies G., Chatagnon N., Deque F., Stouffs P., Castaing-Lasvignottes J., Study of a domestic absorption chiller.
Part 1: experimental results, soumis à Energy Conversion and Management en Août 2011,
[30] Anies G., Chatagnon N., Deque F., Stouffs P., Castaing-Lasvignottes J., Study of a domestic absorption chiller.
Part 2: numerical modeling, soumis à Energy Conversion and Management en Août 2011,
[31] J. Heintz, N. Benabdelmoumene, G. Anies, S. Gibout, E. Franquet, J. Castaing-Lasvignottes. Modeling and main
parameters identification of an absorption chiller, experimental validation. International Conference on Solar
Heating, Cooling and Buildings. Eurosun 2010, 28 sept-1 oct 2010, Graz, Austria.
[32] G. Anies, N. Chatagnon, P. Stouffs, J. Castaing-Lasvignottes. Dynamic simulation of a domestic absorption chiller.
International Congress of Refrigeration 2011, 23rd IIR International Congress of Refrigeration, August 21-26,
2011, Prague, Czech Republic.
[33] J. Castaing-Lasvignottes, G. Anies, F. Boudehenn, P. Stouffs, Modeling and simulation of a manufactured
absorption chille, accepté à ECOS 2012 - International Conference on Efficiency, Cost, Optimization, Simulation
and Environmental Impact of Energy Systems, Perugia, Italy, June 26, 2012 – June 29, 2012,
[34] O.Marc, G.Anies, F.Lucas, J.Castaing-Lasvignottes, Modelling and simulation of a solar driven absorption chiller
using simplex method and experimental data, soumis à Solar Energy en Septembre 2011,

- 125 -
Modélisation de quatre machines à absorption domestique simple effet

- 126 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

CHAPITRE III

Etude expérimentale d'une unité de


rafraîchissement solaire

- 127 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

I. Introduction
Dans le cadre du projet ORASOL, une installation de production d’eau glacée à absorption
alimentée par de l’eau chaude solaire a pu être réalisée au sein du laboratoire. Outre ce financement,
nous avons bénéficié aussi de fonds régionaux (Aquitaine) à la fois dans un objectif de recherche et
de pédagogie. On souhaite, grâce à ce projet remplir les objectifs suivants :
• caractériser des performances du système solaire à absorption par un relevé de mesures
sur une période significative,
• effectuer la validation de modèles numériques,
• réaliser des travaux pratiques pour répondre à des objectifs pédagogiques.

Ce chapitre commence par présenter l'installation expérimentale du laboratoire et les


différents choix qui ont été réalisés. Ensuite, les résultats des journées de fonctionnement les plus
intéressantes sont présentées en trois parties. Tout d'abord, l'installation est étudiée dans le cas d'un
fonctionnement considéré comme type, c'est à dire en utilisant un stockage et ayant un démarrage
de la machine automatique en fonction des conditions de températures et de débits à ses entrées.
Puis, la régulation de la machine est by-passée de manière à pouvoir réaliser un démarrage plus
tardif vers 100°C. Enfin, le comportement de l'installation est analysé dans une configuration sans
stockage.

II.Présentation de l'installation AQUISOL


Suite aux pré-études réalisées par différents stagiaires du laboratoire [1, 2, 3, 4, 5] et le bureau
d'étude TECSOL [6], des choix de conception et de matériels ont été faits et l'installation a été
montée par la société AQUASUN. La Figure 1 présente un schéma simplifié de notre installation
avec ses principaux composants. L'ensemble est installé dans la cour attenante au hall de Travaux
Pratiques de l’IUT Génie Thermique et Energie, sur le campus de l’Université à Pau. L’installation
de rafraîchissement solaire est composée de :
• une machine à absorption de marque Rotartica d’une puissance nominale de 4,5 kW,
• un système de refroidissement à tour sèche (aéro-réfrigérant),
• un champ de capteurs hautes performances Viessmann Vitosol 200 et Tecnisun Sun 110,
• un volume de stockage chaud dont l’utilisation est optionnelle,
• un ensemble d’équipements hydraulique et de sécurité,
• un circuit de distribution de froid par ventilo-convecteur,
• deux cellules climatiques (ALGECO, figure 9),

- 128 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

• un système de régulation.
Tour de
refroidissement
Champ de sèche 15 kW
capteurs solaires Station météorologique
12.4 + 4.2 m² et acquisition

2 cellules climatiques
Ballon de Machine à absorption à charge réglable
stockage chaud ROTARTICA 30 m²
260 L 4.5 kW

Figure 1 : Schéma simplifié de l’installation expérimentale et de ses principaux composants

II.1. Situation géographique et données météorologiques


La ville de Pau est située dans le département des Pyrénées Atlantiques, en région Aquitaine
(cf Figure 2). Les coordonnées géographiques de la ville de Pau sont les suivantes :
• Latitude : 43°18’ Nord
• Longitude : 0°22’ Ouest
• Altitude: + 165 à 265 m par rapport au niveau de la mer
• Distance à la mer : 95 km

Figure 2 : Situation de la ville de Pau sur la carte de l'ensoleillement de FRANCE et sur celle du département des
Pyrénées Atlantiques (SUD-OUEST de la FRANCE) [6]

- 129 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

La situation géographique de Pau, non loin des Pyrénées, confère à la ville un microclimat
plutôt doux. La moyenne des minima pour les mois d'hiver est supérieure à 0 °C. Les températures
inférieures à -10 °C sont rares et celles inférieures à -15 °C exceptionnelles, il faut constater tout de
même - 20 °C en janvier 1985. En été, les maxima sont de l'ordre de 20 °C à 30 °C, et atteignent
très rarement des températures supérieures à 35 °C. Un vent chaud appelé foëhn peut faire monter la
température à plus de 20 °C certains jours d'hiver et dès que le vent cesse, la neige peut tomber. La
pluviométrie est forte, de l'ordre de 1100 mm par an (à comparer avec Paris, 650 mm, Bordeaux,
900 mm, Toulouse, 650 mm). Les brouillards sont peu fréquents et ne persistent guère au-delà de
midi. C'est surtout l'absence de vent qui caractérise le climat de la région paloise : en général ils
sont nuls ou très faibles et les vents forts très rares.
II.2. Champ de capteurs solaires thermiques
Pour le fonctionnement des machines à absorption, l’utilisation de capteurs permettant de
travailler à des températures entre 80 °C et 95 °C avec de bonnes performances est nécessaire. La
technologie des capteurs à tubes sous vide permet la meilleure valorisation de la ressource solaire, à
ces niveaux de température et à faible ensoleillement, en comparaison avec les capteurs plans. Nous
avons donc retenu la technologie à tubes sous vide et opté pour les marques Viessmann et Tecnisun.
Dans le but d’alimenter le ballon de stockage chaud et/ou le désorbeur de la machine à
absorption, un champ de capteurs solaires thermiques de 16.6 m² a été installé au sol en zone solaire
de l'IUT GTE de l'Université de PAU, comme on peut l'observer sur la Figure 3. Deux technologies
sont présentes dans ce champ de capteurs, 12.4 m² de capteurs plans sous vide à caloduc
TECNISUN (8 capteurs en version 10 tubes) [7] et 4.2 m² de capteurs plans sous vide à circulation
directe VIESSMANN (2 capteurs en version 20 tubes) [8]. Leurs caractéristiques sont présentées
dans le Tableau 1.

Figure 3 : Champ de capteurs solaires sous vide de 16.6 m²

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Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Capteur tube sous vide à Capteur tube sous vide à


Type
circulation directe caloduc avec réflecteur
Fabricant VIESSMANN TECNISUN
Capteur Vitosol 200 SD2 Sun 110 type 10
Nombre de tubes 20 10
Surface brute [m²] 2.83 1.99
Dimensions [mm] 1418x2015x143 1665x1198x111
Surface d’entrée [m²] 2.11 1.56
η0 * 0.806 0.63
a1 [W/m².K] * 1.133 1.24
a2 [W/m².K] * 0.00638 0.009
Contenance en eau [L] 4.2 0.49
Pois à vide [kg] 50.9 41
* Les caractéristiques η0, a1 et a2 données sont relatives à la surface d’entrée
Tableau 1 : Caractéristiques techniques des deux technologies de capteurs installées

Ils sont montés sur des supports à inclinaison variable réalisés en interne et présentés sur la
figure 4 [2]. Pour avoir l'angle d'incidence le plus faible possible, dans le cas d'un fonctionnement
en été (rafraîchissement solaire), les supports sont réglés au minimum, c'est à dire 30° par rapport à
l'horizontale. Ils sont orientés plein SUD. Tous les capteurs sont raccordés en séries en commençant
par les 8 capteurs TECNISUN et en finissant par les 2 capteurs VIESSMANN. Le champ de
capteurs peut être couvert à l'aide de bâches à tout moment, de manière à interrompre toute
absorption de rayonnement solaire et protéger les capteurs lorsque l'installation est à l'arrêt.

Figure 4 : Schéma et aperçu du support de capteur à inclinaison variable, ainsi que son système de réglage

Sur la Figure 5, on peut noter une différence majeure entre les deux technologies de capteurs
au niveau du collecteur. Dans le cas du capteur fabriqué par TECNISUN, on peut remarquer la
présence d'un échangeur coaxial entre les circuits aller (tube du bas) et retour (tube du haut), comme
présenté sur les Figures 5 et 6. Ceci a pour conséquence de limiter les écarts de températures
entrée/sortie du capteur et assurer un fonctionnement quasi isotherme. Dans le cas du capteur
VIESSMANN, la technologie du collecteur est standard, le tube aller reçoit l'énergie solaire captée
alors que le retour est un simple tube isolé par le caisson.

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Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Figure 5 : Aperçu des collecteurs des deux technologies de capteurs présentes sur le champ, TECNISUN (à
gauche) et VIESSMANN (à droite)

Figure 6 : Coupe de l'échangeur thermique coaxial présent dans les collecteurs des capteurs Tecnisun

La figure 7 présente une vue schématique du champ de capteurs permettant une meilleure
compréhension de sa conception. L'eau alimentant ce cicruit est puisée en bas du réservoir de
stockage au point 1. Enusite, cette eau traverse une canalisation afin d'être transportée vers le cicruit
aller du champ de capteur, point 2, au sein duquel le fluide caloporteur reçoit l'ensoleillement
solaire captée. Une fois ce circuit aller traversé le fluide caloporteur traverse cette fois-ci le circuit
retour des points 3 au 4, c'est ici que la différence entre les deux technologies intervient. Les
échangeurs internes aux capteurs Tecnisun préchauffent le fluide caloporteur circulant dans le
circuit aller.

Champ de capteurs
5
Canalisation
VIESSMAN TECNISUN
4 Ballon
Canalisation Canalisation de
3
2 stockage

Canalisation

Batterie 5 Batterie 4 Batterie 3 Batterie 2 Batterie 1


Figure 7 : Représentation schématique du circuit du champ de capteurs

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Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

II.3. Ballon de stockage chaud


Un ballon de stockage chaud a été installé entre le champ de capteurs solaires et le désorbeur
de la machine à absorption. Ce ballon sert de réservoir tampon afin de permettre une continuité de
fonctionnement lors des passages nuageux par exemple. Le volume de stockage doit pouvoir
permettre à la machine de maintenir son régime de fonctionnement pendant environs 10 minutes. Le
régime sera considéré maintenu pour une baisse maximum de 5°C de la température en entrée de
désorbeur. Le ballon de stockage coté chaud doit donc être capable de fournir une puissance de 7.2
kW (puissance de désorption nominale) pendant 10 minutes (soit une énergie stockée de 4350 kJ)
en accusant une baisse de température de 5°C au maximum. Un ballon de 210 litres serait suffisant,
mais les volumes de stockage disponibles chez différents fournisseurs se rapprochant le plus sont de
200 et 260 litres. Finalement, nous avons choisi d'utiliser un réservoir de 260 L afin d'obtenir une
autonomie d'un peu plus de 12 minutes.
On peut remarquer sur la Figure 8 que l'eau alimentant le désorbeur est puisée en haut du
ballon et réinjectée en bas du ballon après avoir traversé la machine. L'eau envoyée vers les
capteurs est quant à elle puisée en bas du ballon (point le plus froid) et le retour du champ de
capteurs peut être injecté à différents niveaux dans le ballon. Cette option a été apportée, afin de
tester l'influence de cette position sur la charge du ballon. Une autre configuration pourra être testée
sur cette installation. Il s'agit de l'étude de son comportement lorsque la fonction stockage n'est pas
utilisée (by-pass du ballon chaud).

Figure 8 : Ballon de stockage chaud

II.4. Machine à absorption


La machine à absorption ROTARTICA Solar 045 est l'élément principal de cette installation
pilote. Il s'agit de la version sans Dry cooler intégré qui a été étudié préalablement au centre R&D

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Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

EDF Les Renardière lors du projet ANR ABCLIMSOL (Chapitre II). Elle a été dimensionnée pour
fournir dans ses conditions nominales de température et de débit (voir chapitre II) une puissance
frigorifique de 4.5 kW avec un COPth de 0.62 [9].

Figure 9 : Photographies du local technique de l'installation de rafraîchissement solaire (à gauche) et de la


machine décapotée (à droite)

La Figure 9 montre bien la particularité de cette machine constituée d’un système rotatif
contenant l’ensemble des composants qui la constitue. La raison de ce choix est la conception
hermétique obtenue grâce au tambour qui supprime les risques d'entrée d'air. Dans la mesure où le
fluide frigorigène est de l'eau, l'ensemble est en dépression. La basse pression (Pb) est comprise
entre 15 et 40 mbar, alors que la haute pression (Ph) est comprise entre 50 et 100 mbar.
II.5. Aéro réfrigérant (Dry cooler)
Il s’agit d’une tour de refroidissement sèche Contardo [10], c'est à dire un échangeur de
chaleur eau/air (fluide caloporteur/air extérieur) située derrière les cellules climatiques (Figure 10)
de manière à ce qu'elle soit le plus possible à l'ombre durant la journée et près de la machine de
manière à réduire les pertes de charges du circuit et la taille de la pompe de circulation nécessaire.
Ce composant de l'installation permet d'évacuer la chaleur libérée par l'absorption et la
condensation dans l'air extérieur. L'air est aspiré par le dessous et rejeté par le haut avec un débit de
5800 m3/h.

Figure 10 : Tour de refroidissement sèche

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Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

II.6. Ventilo-convecteurs et cellules climatiques


La production frigorifique est distribuée, afin de rafraîchir deux cellules climatiques types
ALGECO (Figure 11) par l'intermédiaire de deux ventilo-convecteurs ODESSA HP taille 1 [11],
soit un par cellule (Figure 12). Ils fonctionnent avec un débit d'air de 1000 m3/h, ce qui leur permet
d'atteindre une puissance frigorifique de 3.2 kW par unité avec un régime d'eau entrée/sortie de
8/13°C et un air à 24°C et 50% d'humidité. Les cellules climatiques, présentées sur la Figure 12,
peuvent faire l'objet de variations de charge frigorifique afin d'analyser le comportement de la
machine à absorption pour différents niveaux de températures de distribution.

Figure 11 : Ventilo-convecteur de la cellule climatique 1 et son débitmètre

Figure 12 : Construction type ALGECO dans l’aire extérieure des Travaux Pratiques de l’IUT GTE

II.7. Instrumentation et incertitudes de mesures


En vue d'étudier et d'analyser son comportement, l'installation a été instrumentée. Les
grandeurs mesurées sont les débits de fluides caloporteurs circulants dans chacun des circuits et les
températures d'entrées et sorties des composants (machine à absorption, capteurs solaires, ballons
de stockage, aéro-réfrigérant, ventilo-convecteurs et cellules climatiques). Grâce à ces mesures, il
est possible de contrôler le bon fonctionnement des différents composants de l'installation, de
réaliser les bilans de chacun d'entre eux et de calculer différents indicateurs de performances
indispensables à l'analyse du système.

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Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Concernant les températures, l'installation est instrumentée de thermocouples de type T avec


passages étanches. La Figure 13 présente les points de mesures sur un schéma d'implantation de
l'installation. Au total, les 28 mesures de températures sont réalisées et présentées dans le Tableau
2.
Les mesures de températures au sein du champ de capteurs sont réalisées par batteries, c'est à
dire tous les deux capteurs solaires. Ce découpage a été réalisé car il était difficile d'implanter un
passage étanche entre les deux capteurs VIESSMANN du fait de leur conception.

Figure 13 : Schéma d'implantation et aperçu des différentes prises de mesures de température

voie description voie description


201 entrée aéro-convecteur 215 entrée ballon depuis capteurs
202 sortie aéro-convecteur 216 sortie ballon vers capteurs
203 entrée ventilo-convecteur algéco 1 217 air algéco 1 (avec PC et centrale)
204 sortie ventilo-convecteur algéco 1 218 air algéco 2
205 entrée ventilo-convecteur algéco 2 101 entrée capteur 1 aller
206 sortie ventilo-convecteur algéco 2 102 sortie capteur 1 retour
207 entrée évaporateur machine 103 sortie aller capteur 2 soit entrée aller capteur 3
208 sortie évaporateur machine 104 entrée retour capteur 2 soit sortie retour capteur 3
209 entrée refroidissement machine 105 sortie aller capteur 4 soit entrée aller capteur 5
210 sortie refroidissement machine 106 entrée retour capteur 4 soit sortie retour capteur 5
211 entrée désorbeur machine 107 sortie aller capteur 6 soit entrée aller capteur 7
212 sortie désorbeur machine 108 entrée retour capteur 6 soit sortie retour capteur 7
213 entrée ballon depuis désorbeur machine 109 sortie aller capteur 8 soit entrée aller capteur 9
214 sortie ballon vers désorbeur machine 110 entrée retour capteur 8 soit sortie retour capteur 9

Tableau 2 : Numérotation et dénomination des thermocouples

- 136 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Suite à la réalisation de plusieurs devis auprès de fournisseurs, la société serv’ instrumentation


a été sollicitée pour fournir des débitmètres à roues ovales Mac Naught [12] (Figure 14) permettant
une mesure précise et adaptée à nos besoins. 5 débitmètres ont été installés pour mesurer les 5
débits volumétriques suivants et équilibrer le réseau d'eau glacée comprenant deux ventilo-
convecteurs montés en parallèle :
• circuit capteurs solaires,
• circuit désorbeur,
• circuit refroidissement (absorbeur/condenseur et aéro réfrigérant),
• circuit ventilo-convecteur ALGECO 1,
• circuit ventilo-convecteur ALGECO 2.

Figure 14 : Débitmètre MAC NAUGHT à roues ovales

Afin d'acquérir les différentes mesures à l'aide d'un ordinateur, une centrale d'acquisition de la
marque AGILENT, référence 34970A, traite tous les signaux renvoyés par les différents capteurs et
les enregistre toutes les 10 secondes grâce au logiciel HP BenchLink Data Logger (pas de temps
modifiable). Ce logiciel permet également un affichage en temps réel des variables prédéfinies
avant le lancement de l'acquisition. Ainsi, il est possible d'avoir un contrôle direct sur le
comportement de l'installation. De plus, il est même possible de paramétrer des alarmes et ainsi
éviter tout risque d'accident.
Parallèlement à cette acquisition des données de fonctionnement de l'installation, une centrale
météorologique réalise un relevé des conditions météorologiques extérieures (Figure 15), à savoir la
température et l'humidité relative de l'air extérieur, la pression atmosphérique, la vitesse et la
direction du vent, ainsi que les ensoleillements globaux et diffus (à l'aide de pyranomètres
d’Eppley). Les mesures de l'ensoleillement sont réalisées sur le plan horizontal car comme on l'a vu
précédemment, le champ de capteurs est disposé sur des supports à inclinaison variable. Par
conséquent, afin de connaître le rayonnement solaire dans le plan des capteurs il sera nécessaire de
déterminer l'angle d'incidence [13].

- 137 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Le pyranomètre d’Eppley peut mesurer le rayonnement de tout un hémisphère, dans une


longueur d’onde allant de 0.3 à 3 m. Il ne capte donc pas les rayonnements infrarouges de grandes
longueurs d’ondes (dépassant 3 m) qui sont notamment émis par l’atmosphère et le sol. Constitué
d’une série de thermocouples exposés au rayonnement solaire et dont les soudures froides sont
maintenues à la température de l’air par conduction, il délivre en sortie une différence de potentiel
proportionnelle au flux incident. Il suffit alors de diviser les valeurs obtenues par son facteur de
sensibilité pour en déterminer le flux global mesuré. Cependant, il mesure l'ensoleillement global,
qui est la somme des composantes directe et diffuse du rayonnement solaire (la dernière provient
des diverses réflexions et dépend de la composition de l’atmosphère et de l’environnement). Afin de
quantifier ces deux valeurs, il est donc nécessaire d'utiliser deux pyranomètres, un pour la mesure
du rayonnement global et un pour le rayonnement diffus. Ce deuxième doit pour cela être équipé
d'un système permettant de cacher le rayonnement direct. Celui-ci a été réalisé (Figure 15) sur les
bases des documentations de l'anneau d'ombrage du constructeurs Kipp & Zonen [14] et du rapport
" Installation et mise en service d’un instrument de mesure du rayonnement solaire diffus" de Jean-
Damien BERRICHON [15], afin d'en équiper la station météorologique du laboratoire située sur le
toit de l'IUT GTE de l'Université.

Figure 15 : Station météorologique et dispositif d'ombrage pour mesure du rayonnement diffus

Cet accessoire pour pyranomètre est constitué d’un anneau dont le but est de retenir une partie
du rayonnement global issu du rayonnement solaire en le positionnant dans la course du soleil. Son
rôle est donc de bloquer les rayonnements direct et provenant du circumsolaire (environnement
visible dans le ciel et entourant le soleil) arrivant sur le pyranomètre en projetant une ombre sur le
capteur dans la direction du soleil. Cet anneau de 620 mm de diamètre est un ruban de 55 mm de
large qui projette une ombre suffisamment grande pour couvrir le dôme de 30 mm du pyranomètre.

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Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Toutes les sondes de température qui ont été installées sont des thermocouples de type T de
classe 1. Par conséquent la précision de lecture des températures est de T = ±0,5°C de -40 à
+125°C et ±0.004% de 125 à 350°C. Dans le cas des débitmètres, la précision annoncée par le
constructeur est de 0.5%. Afin d'évaluer l'incertitude de mesure des pyranomètres, une campagne de
mesures sur deux mois (septembre et novembre 2010) du rayonnement global effectué par les deux
pyranomètres a été réalisée. L'écart relatif moyen entre les deux valeurs observées était de 5%.
La Figure 16 représente l'installation et donne une indication des régimes de températures et
de débits obtenus lors d'une belle journée de fonctionnement.

Champ de Tour de
capteurs solaires refroidissement
12.4 + 4.2 m² sèche 15 kW
Station météorologique
Iglobale = 840 W/ m² Idiffuse = 85 W/ m² et acquisition

Text = 28.5°C

Hum = 33%

32.7 L/min
10.1 L/min
38.9°C
85.3°C 33.2°C

15.6 L/min 14.7°C


91.7°C
17.7°C
80.5°C 78.1°C
25 L/min

Machine à absorption Tint 1 = 24.7°C Tint 2 = 22.3°C


Ballon de
stockage chaud ROTARTICA Cellules climatiques
260 L 4.5 kW

Figure 16 : Synoptique de l’installation et état d'une journée type

II.8. Régulation de l'installation


L'installation a été réalisée de sorte à pouvoir contrôler tous les paramètres de
fonctionnement, c'est à dire le démarrage et l'arrêt des pompes, des ventilateurs et de la machine.
Mais, il est également possible de laisser le système se gérer seul grâce à différentes régulations,
internes au matériel (machine à absorption) ou annexes (circuit champ de capteurs).

II.8.1. Le circuit solaire


Le démarrage de la pompe du circuit solaire peut être commandé par une régulation qui
décide de l'allumage ou de l'arrêt de cette pompe. Il s'agit d'une régulation sur seuil de température,
c'est à dire que des sondes de températures sont raccordées à la régulation et lui envoient des
informations qu'elle traite, afin de renvoyer un signal de contrôle vers la pompe. Les lois utilisées

- 139 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

sont simples : lorsque la différence de température entre la sortie du champ de capteurs et le bas du
ballon est supérieure à 5°C, alors la pompe démarre. Par contre, afin d'éviter de refroidir le ballon,
une troisième sonde vérifie que la température de sortie de champ de capteurs ne soit pas inférieure
à celle de l'intérieur du ballon. Ensuite, quand cet écart de température devient inférieur à 2°C, la
pompe est arrêtée.

II.8.2. Le circuit désorbeur


Dans le cas du circuit désorbeur, il y a deux possibilités. La première est de faire fonctionner
cette pompe en même temps que celle du champ de capteurs. Cette configuration pourrait entraîner
une mauvaise utilisation du stockage. Une deuxième solution consiste à démarrer cette pompe en
fonction de la température du ballon. Comme la machine ne démarre que lorsque la température de
l'eau alimentant le désorbeur est supérieure à 80°C, la régulation décide de démarrer la pompe une
fois cette température atteinte en haut du ballon. À l'inverse, la machine s'arrête lorsque la
température devient inférieure à 76°C.

II.8.3. Machine et circuits de refroidissements et d'eau glacée


La machine à absorption possède différentes régulations internes. Tout d'abord, elle contrôle
une vanne trois voies autorisant le passage de l'eau chaude dans le désorbeur ou non. C'est donc
cette vanne qui s'ouvre de manière à démarrer la désorption. Avant cela, un contact thermostatique
signale à la machine le besoin ou non de froid. Par conséquent, s'il y a un besoin, la machine lance
une analyse de ses paramètres de démarrage. C'est à dire qu'elle vérifie le niveau de température en
entrée de désorbeur. Si cette température est supérieure à 80°C, alors les pompes des circuits de
refroidissement et d'évaporateur sont démarrées afin de vérifier si tous les débits minima sont
respectés. Si c'est le cas, la machine commence sa rotation et la vanne trois voies du circuit
désorbeur s'ouvre. La machine commence alors à produire du froid, par conséquent, elle démarre le
ventilateur de la tour de refroidissement pour évacuer la chaleur d'absorption et de condensation.
Dès que la température du ballon d’eau chaude descend en dessous de 76°C ou que la
température de sortie d'évaporateur est inférieure à 6°C, la machine se met en attente et la vanne
trois voies se referme de manière à by-passer le désorbeur. Si, 20 minutes plus tard, la température
en entrée de désorbeur n'est pas remontée au dessus de 80°C, alors la machine s'arrête de même que
les pompes des circuits de refroidissement et d'eau glacée et que le ventilateur de la tour de
refroidissement.
Parallèlement, des règles de sécurité sont intégrées à la machine. La machine à absorption
s’arrête lorsque la température de l’eau en sortie d’évaporateur descend en dessous de 6°C ou que la
température en entrée de désorbeur dépasse 108°C. Si la température à l’entrée de l’absorbeur
descend en dessous de 26°C, une seconde vanne trois voies présente sur le circuit refroidissement

- 140 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

réalise un by-pass de l'eau de refroidissement pour éviter la cristallisation de la solution dans


l’absorbeur. La chaleur ne s'évacuant plus, la température de la solution contenue dans l'absorbeur
augmente, évitant ainsi la cristallisation.
Par contre, sur cette installation, il est également possible de contrôler soi-même ces
paramètres de démarrage. Ils devront forcément être au moins égaux à ceux de la machine sinon
elle ne démarrera pas ou s'isolera. C'est à dire qu'il est possible de choisir de la faire démarrer
seulement lorsque la température est supérieure à 80°C en entrée de désorbeur par exemple, mais
pas inférieure. Où par exemple, il sera possible de décider de l'allumage du ventilateur de la tour de
refroidissement ou encore d'allumer les pompes de refroidissement et d'eau glacée avant que la
machine ne le décide.
II.9. Mise en service et problèmes rencontrés
L'installation ayant été réalisée par un installateur de la région paloise et le fournisseur de la
machine n'existant plus, la première mise en service du système de rafraîchissement solaire a été
réalisée par notre laboratoire fin septembre 2010 (suite à différents problèmes
d'approvisionnements). L’installation a nécessité le contrôle de l'étanchéité des circuits, la
vérification des différents débits, des réglages comme l'ajustement des vannes d'équilibrage sur les
différentes boucles hydrauliques et le contrôle du système d'acquisition.
Lors de cette première mise en service, il s'est avéré que le circuit d'eau glacée engendrait trop
de pertes de charges et que, par conséquent, la pompe n'était pas capable de fournir le débit
minimum nécessaire pour faire démarrer la machine. De même, pour le circuit solaire, dans le cas
sans ballon de stockage la pompe était sous dimensionnée. Par conséquent, une étude a été réalisée
par des étudiants de la licence professionnelle en froid de l'Université de Pau. Des modifications ont
été apportées sur l'installation, afin de satisfaire aux conditions de fonctionnement nominales de la
machine dans toutes les configurations envisageables sur le système. La centrale d'acquisition a
également due être changée car elle présentait un défaut de traitement des signaux des capteurs de
températures entraînant une oscillation de leurs valeurs.
Lors de la remise en eau de l'installation pour la deuxième mise en service effectuée au début
de l'été 2011, des fuites au niveau de l'aéro convecteur ont été identifiées, très probablement causées
par le gel et une mauvaise vidange de l'échangeur. Par conséquent, il a dû être réparé et la mise en
service de nouveau repoussée.
Le 29 juin 2011 est la date de la deuxième mise en service de l'installation avec ce jour là, le
démarrage de la machine, mais malheureusement un nouveau problème est apparu. La machine
n'arrivait pas à descendre en température. Au mieux 26°C ont été atteints en sortie d'évaporateur ce
jour là, c'est à dire à peine 2-3°C en dessous de la température extérieure. Après analyse de la
machine, il a été observé que la vanne d'étanchéité de la machine était ouverte et que cette

- 141 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

étanchéité n'était plus maintenue que par un bouchon. Par conséquent, il a été décidé de réaliser un
tirage au vide de la machine, afin de retirer les éventuels gaz inertes qui s'y seraient introduits.
Avant le tirage au vide la pression dans le tambour était de 19.4 mbar pour 20°C extérieur. Le vide
a pu être tiré jusqu'à une pression de 14.4 mbar. Après cette opération de maintenance réalisée sur la
machine, l'installation a fonctionnée correctement. La température en sortie d'évaporateur est
descendue en dessous de 9°C sans que les ventilateurs de ventilo-convecteurs ne soient allumés
(pratiquement sans charge par conséquent). Mais, il a été décidé de réalisé un deuxième tirage au
vide à chaud cette fois, après avoir coupé brusquement la machine, de manière à avoir une meilleure
séparation entre les gaz inertes et la vapeur d'eau du fait de la plus grande pression qui réside à ce
moment dans la machine.
Un autre problème s'est produit après quelques journées d'essais au niveau d'un débitmètre. Il
finit par ne plus supporter les chocs thermiques, entraînés par l'allumage de la pompe désorbeur
qu'une fois la température du ballon suffisamment chaude pour faire démarrer la machine. C'est à
dire qu'il s'est bloqué, ne laissant alors plus circuler le fluide dans le circuit désorbeur. Après un
nettoyage et une lubrification du débitmètre, il a fonctionné de nouveau mais sous réserve de le
laisser monter en température progressivement avec le ballon.

III. Fonctionnement de l'unité de rafraîchissement solaire


Les résultats expérimentaux des journées de fonctionnement les plus intéressantes ainsi que
leur protocole d'essai sont présentés dans ce paragraphe. Grâce à l'instrumentation complète de
l'installation vue précédemment, l'analyse des performances et du comportement dynamique du
système de rafraîchissement solaire peut être réalisée. Tout d'abord, différents indicateurs de
performances sont définis afin d'aider à l'interprétation des résultats expérimentaux obtenus sur
l'installation. Ensuite, l'installation est étudiée dans le cas d'un fonctionnement considéré comme
type, c'est à dire en utilisant un stockage et ayant un démarrage de la machine automatique en
fonction des conditions de température et de débit à ses entrées. Puis, la régulation de la machine est
by-passée de manière à pouvoir réaliser un démarrage plus tardif vers 100°C. Ensuite, le
comportement de l'installation est analysé dans une configuration sans stockage.
III.1. Indicateurs de performance
Afin d'étudier et d'analyser cette installation de rafraîchissement solaire à absorption, des
indicateurs de performance ont été définis [16]. Il s'agit de relations traduisant l'efficacité des
différents échanges d'énergie thermique et mécanique qui ont lieu au sein du système. La Figure 17
montre les quantités d’énergie échangées par le système de rafraîchissement solaire avec ses
différentes sources. Toutes les quantités mentionnées ci-dessous sont mesurées durant chacune des
expérimentations.

- 142 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Qaero
Wv aéro
aéro
réfrigérant

Cellules
W p ref climatiques
Qsol Ventilo-
Qref convecteur

rs
eu Qcapt Ballon Qdist 1
apt Qdesorb Qevap
c de +
de Machine
p
am stockage à Qdist 2
Ch Wp capt Wp desorb absorption W p dist
Wmachine Wv vc

Figure 17 : Schéma de principe et indicateurs de performance

Définitions des différentes énergies thermiques mises en jeu :


Qsol Energie solaire incidente dans le plan des capteurs (16.6 m²),
Qcapt Energie captée par le champ de capteurs,
Qtecnisun Energie captée par les capteurs TECNISUN,
Qech tecnisun Energie transférée par des échangeurs internes des capteurs Tecnisun,
QViessmann Energie captée par les capteurs VIESSMANN,
Qbatterie 1 Energie transmise au fluide caloporteur par la batterie de capteurs 1,
Qbatterie 2 Energie transmise au fluide caloporteur par la batterie de capteurs 2,
Qbatterie 3 Energie transmise au fluide caloporteur par la batterie de capteurs 3,
Qbatterie 4 Energie transmise au fluide caloporteur par la batterie de capteurs 4,
Qbatterie 5 Energie transmise au fluide caloporteur par la batterie de capteurs 5,
Qdesorb Energie fournie au désorbeur de la machine à absorption,
Qstock Energie thermique stockée dans le réservoir de stockage,
Qabs/cond Energie libérée par l'ensemble absorbeur/condenseur,
Qaero Energie évacuée par l'aéroconvecteur (tour de refroidissement sèche),
Qevap Energie frigorifique produite par l'évaporateur de la machine à absorption,

Définitions des différentes énergies électriques consommées par le système :


Wp capt Energie électrique consommée par la pompe du circuit solaire,
Wp des Energie électrique consommée par la pompe du circuit désorbeur,
Wp ref Energie électrique consommée par la pompe du circuit refroidissement,
Wmachine Energie électrique consommée par la machine à absorption,
Wv aéro Energie électrique consommée par le ventilateur de la tour de refroidissement,
Wélec Energie électrique consommée totale sans la distribution.

- 143 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Grâce à ces différentes énergies, il est désormais possible de définir les indicateurs de
performance relatifs à ce type d'installation :
Le rendement du champ de capteurs donné par la relation :
Qcapt
ηcapt = (1)
Qsol
Cet indicateur évalue la capacité du champ de capteurs à convertir l'ensoleillement en énergie
thermique.
Le coefficient de performance thermique de la machine à absorption :
Qevap
COPth = (2)
Qdesorb
Il s'agit du coefficient utilisé par le constructeur pour évaluer les performances de sa machine.
Il vaut 0.62 dans les conditions nominales de fonctionnement de température et de débit vus
précédemment d'après le constructeur.
Le coefficient de performance solaire net :
Qevap
COPsol = (3)
Qsol
Cet indicateur est plus approprié pour réaliser une comparaison des performances entre
différents systèmes de rafraîchissement solaire (dessiccation, adsorption ou absorption) puisqu'il fait
intervenir uniquement l'énergie solaire incidente et celle produite.
Le coefficient de performance électrique de production :
Qevap
COPelec = (4)
Wélec
Pour l'évaluation du travail électrique consommé, sont comptabiliés ceux de la machine à
absorption (mouvement de rotation), des pompes des circuits solaire, désorbeur et refroidissement,
ainsi que celle du ventilateur de la tour de refroidissement.
Ces indicateurs permettent une analyse des performances du système par rapport à l'énergie
payée (électricité). Le premier est plutôt global alors que le deuxième permet une comparaison
directe des performances d'un système de rafraîchissement solaire avec des systèmes à compression
mécanique de vapeur.
III.2. Fonctionnement type

III.2.1. Essai du 11 juillet 2011


Le jour 1 correspond à la journée d'essai sur l'installation réalisée le 11 juillet 2011. Le temps
fut moyen sur l'ensemble de la journée, car un peu nuageux entre midi et 14h alors qu'il s'agit de la
période la plus ensoleillée du fait de l'orientation et de l'inclinaison choisies pour les capteurs (cf.

- 144 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

chapitre III paragraphe II.2). Ensuite, le ciel s'est éclairci en milieu d'après midi comme on peut
l'observer sur la Figure 18. Cet essai a été réalisé sur une période d'environ 8h.

.
1200 E [W/m ]
2 T [°C] 35 25 Q [kW]
Solaire reçue
1000 30 Solaire captée
Text 20
25
800
20 15
600 Eglobal
15 10
400
10
Ediffus
200 5
5

0 0 0
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 19:00 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30

Figure 18 : Représentation des principales données météorologiques et des puissances reçues et captées

La configuration étudiée dans ce cas est la suivante :


• Les supports à inclinaison variable des capteurs sont réglés au plus bas, c'est à dire 30°.
• La pompe du circuit désorbeur est allumée en même temps que celle du circuit solaire et le
débit de circulation est fixé dans chacun d'eux à 16 L/min.
• L'eau provenant du retour du champ de capteurs entre dans le ballon au même niveau que
l'eau puisée dans le ballon, afin d'alimenter le désorbeur (position haute).
• La machine décide automatiquement de démarrer (lorsque la température en entrée de
désorbeur est de 80 °C, selon la documentation constructeur et lorsque les débits minima des
trois circuits sont respectés).
• Les ventilateurs des ventilo-convecteurs ne sont allumés que lorsque la machine a atteint un
régime de fonctionnement stable.
• la demande en froid est maintenue tout le long de la journée d'essai, c'est à dire que la
commande thermostatique est by-passée et que la machine produit du froid quand elle le
peut.
.

100 T [°C] 5 Q [kW]


95 4
90 3
85 2
80
1
75
0
70
-112:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30
65 101 105 109
60 -2
102 106 110
55 -3
50 -4
Aller batterie 1 Aller batterie 4 Batterie 5
12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30 -5 Retour batterie 1 Retour batterie 4

Figure 19 : Représentations des températures et puissances captées caractéristiques du fonctionnement du


champ de capteurs

- 145 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Sur la Figure 19, il peut être observé que l'eau contenue dans le ballon de stockage était aux
alentours de 55°C lors de la mise en marche de l'installation. On peut également remarquer, grâce à
la Figure 19, que les conditions météorologiques moyennes de ce milieu de journée ont une
influence sur la montée en température de l'eau chaude du circuit solaire. Les différents pics
observés en fin de journée, quant à eux sont dus aux cycles marche/arrêt réalisés par la machine en
fin de journée comme on peut le voir sur la Figure 20.

.
90 T [°C] 20 Q [kW] Solaire captée Desorbeur
80 18 Refroidissement Evaporateur
16
70
14
60 207 209 211 12
50 208 210 212 10
40 8
6
30
4
20 2
10 0
12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30

Figure 20 : Représentation des températures et puissances au bornes de la machine à absorption

Sur la figure 20, on peut remarquer que la machine démarre une fois que la température en
entrée de désorbeur est d'environ 82°C à environ 14h15. Un pic de puissance est observé lors du
démarrage de la machine. Il s'agit d'une conséquence de la rencontre de l'eau chaude solaire (82°C)
avec la solution qui est à ce moment là très proche de la température ambiante (25°C). On remarque
ensuite une augmentation des niveaux de températures entrée et sortie de refroidissement et une
baisse de ceux du circuit évaporateur (jusqu'à 12°C en sortie).
On notera vers 14h45, une augmentation de la charge frigorifique due au démarrage des
ventilateurs des ventilo-convecteurs disposés dans chacunes des cellules climatiques. Il s'en suit une
augmentation des niveaux de températures de l'évaporateur et par conséquent des niveaux de
puissances plus élevés sont obtenus. Le comportement de la machine est par la suite très stable. En
regardant de plus près les niveaux de puissances obtenus sur la Figure 20, après la phase de
démarrage, on peut remarquer une très bonne concordance entre la puissance solaire captée et la
puissance consommée au désorbeur. Cela signifie que le stockage semble être très peu utilisé
malgré la baisse de l'ensoleillement solaire reçue due au déplacement du soleil dans le ciel. Au
niveau du refroidissement, on peut observer que la tour de refroidissement sèche permet de
maintenir un niveau de température pratiquement idéal car la température en entrée d'absorbeur-
condenseur est très proche des conditions nominales, avec environ 35°C. L'aéroréfrigérant réalise
donc une baisse de température de 5°C grâce à un air extérieur de 30°C (Figure 18). En fin de
journée, la machine se met en attente durant des périodes de plus en plus importantes lorsque la

- 146 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

température passe en dessous de 78°C (contre 76°C prévu dans la documentation technique). Par
conséquent, il est décidé d'éteindre la machine à 18h, s'en suit une phase d'arrêt de 20 minutes
pendant laquelle l'eau chaude solaire ne circule plus dans le désorbeur (grâce à une vanne trois
voies disposée en entrée de désorbeur et régulée par le contrôle commande interne à la machine).
Par contre, l'eau de refroidissement et l'eau glacée continuent de circuler, afin de refroidir la
solution contenue dans la machine, avant de stopper la rotation du tambour et de s'éteindre.

2.5
20% 25%
2 COP élec

1.5
12%
1 9%
η capteur

0.5 34%
COP th Pompe solaire Pompe desorbeur
0 Pompe refroidissement Rotartica
12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30 Ventilateur Aéroréfrigérant

Figure 21 : Représentation des performances de l'installation et répartition des consommations électriques du


système

Sur la Figure 21, le rendement du champ de capteurs ainsi que le COPth de la machine à
absorption sont présentés. On peut noter quelques pics à plus de 100%, ceci est principalement dû à
l'influence de l'inertie du champ de capteurs. Cette même remarque permet de comprendre
pourquoi, sur la Figure 18, on observe un ensoleillement solaire capté plus important que celui reçu.
La baisse de puissance observée précédemment au niveau de l'évaporateur et du condenseur n'est
pas la seule conséquence de la diminution de la température en entrée d'évaporateur. Le COPth est
également réduit. Par contre, lorsque la charge augmente et par conséquent que la température en
entrée d'évaporateur croit, les niveaux de puissances augmentent tout comme le COPth. Les mêmes
observations peuvent être faites sur le COPélec. Ce coefficient de performance est plus adapté pour
une comparaison avec une machine à compression mécanique classique. Par contre, dans le cas de
cette installation ce COPélec n'est pas très élevé à cause des besoins du pilote (les pompes ont été
surdimensionnées, afin de tester le comportement de l'installation avec des débits plus importants)
et de quelques erreurs de dimensionnement hydraulique (conduites trop petites conduisant à
d'importantes pertes de charges).
La répartition des consommations électriques de l'installation est présentée sur la Figure 21.
Le poste le plus consommateur est celui du refroidissement avec sa pompe de circulation
(surdimensionnée de manière à pouvoir fonctionner avec des débits plus important que les
conditions nominales) et le ventilateur de l'aéroréfrigérant. La pompe du circuit solaire (champ de

- 147 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

capteurs) entraîne aussi d'importantes consommations, parce qu'il s'agit d'une part de celle qui
fonctionne le plus longtemps et d'autre part parce qu'elle est dimensionnée pour assurer le
fonctionnement de l'installation sans ballon de stockage.
Le Tableau 3 synthétise les résultats des calculs des principaux indicateurs de performances
pour cette journée d'essai. Ils seront utilisés pour comparer les performances obtenues avec les
autres configurations testées. On peut remarquer que sur l'ensemble de la journée le rendement du
champ de capteurs a été de 38% malgré les niveaux de température important. De plus, la machine a
très bien fonctionnée car les performances ont conduit à un COPth moyen de 0.63, du même ordre
de grandeur que la valeur annoncée par le constructeur dans le cas du régime nominal. Par contre,
lorsque le coefficient de performance solaire du système est calculé, on remarque que seulement
15% de l'énergie solaire a été convertie en énergie frigorifique.

Indicateurs de Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap Wélec ηcapt COPsol COPth COPélec
performance kWh kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - - -
Journée 1 (8h26)
101.6 38.8 11.1 24.2 37.4 15.1 11.2 0.38 0.15 0.63 1.35
(11/07/2011)

Tableau 3 : Principaux indicateurs de performance obtenus lors de la journée 1

III.2.2. Essai du 12 septembre 2011


Ce deuxième jour correspond à la journée d'essai réalisée sur l'installation le 12 juillet 2011.
Le temps fut très ensoleillé durant toute la journée contrairement au cas précédent, comme on peut
le voir la Figure 22. La configuration étudiée est la même que dans le cas précédent. Cet essai a
durée environ 6h30.
.

900 2
E [W/m ] T [°C] 31 20 Q [kW]
Solaire reçue
800 Eglobal 18
30 Solaire captée
700 16
29 14
600
28 12
500
Text 10
400 27 8
300 6
26
200 4
100 Ediffus 25
2
0 24 0
13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 22 : Représentation des principales données météorologiques et des puissances reçue et captée

On peut remarquer sur la figure 22 que la puissance captée par le champ de capteurs est plus
importante que lors de la journée précédente. Les quelques pics que l'on peut voir correspondent

- 148 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

aux instants où la machine à absorption démarre ou sort d'une mise en attente suite à, au moins, une
condition de fonctionnement contrôlée par la machine non respectée (température en entrée de
désorbeur trop faible dans ce cas).
La figure 23 représente le champ de température du circuit aller (à gauche) et retour (à droite).
Le champ de capteurs permet en moyenne d'augmenter la température du fluide entrant de 7-8°C
(différence entre la sortie 102 et l'entrée 101). La présence des échangeurs internes aux capteurs
Tecnisun induit un comportement particulier : la température la plus chaude n'est pas celle en sortie
de champ de capteurs, mais celle en sortie de capteurs Viessmannn (technologie ne disposant pas
d'échangeur interne). En fait, ces échangeurs permettent d'homogénéiser la température dans
l'ensemble du champ de capteurs et en influencent la dynamique.

95 T [°C] 95 T [°C]
90 90
85 85
80 80
75 75
70 70
65 65 110 108 106 104 102
60 101 103 105 107 109 110 60
55 55
13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 23 : Représentation des températures du circuit solaire aller et retour

Sur la figure 24, on peut observer l'importance de la stratification dans le réservoir de


stockage lorsque la machine consomme de la chaleur (environ 4.5°C entre le départ désorbeur et le
départ capteurs). Par contre, lorsque la machine est arrêtée ou en attente de meilleures conditions de
fonctionnement, la stratification est quasi inexistante (moins de 1°C) malgré le fait que l'eau
provenant du circuit solaire entre dans le ballon a une température supérieure à celle de l'intérieur.

90 T [°C] 90 T [°C]
85 80
80 70
75 60
207 209 211
70 50 208 210 212
65 40
60 30
55 213 214 215 216 20
50 10
13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 24 : Représentation des températures aux bornes du ballon de stockage (à gauche) et de la machine à
absorption (à droite)

- 149 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Sur la Figure 24, on peut remarquer que la température de production d'eau glacée tend au
mieux vers 15°C lorsque les ventilo-convecteurs sont allumés au démarrage de la machine dans ces
conditions de fonctionnement.
.

25 Q [kW] Solaire captée Desorbeur 3


Refroidissement Evaporateur
20 2.5
COP élec
2
15
1.5
10
1
COP th
η capteur
5 0.5

0 0
13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 25 : Représentation des puissances aux bornes de la machine et des performances de l'installation

Sur la Figure 25, on peut remarquer que le rendement du champ de capteurs est pratiquement
constant toute la journée grâce au beau temps. Les COPth et COPélec sont quant à eux du même
ordre de grandeur que lors de la journée précédente. On peut également observer quelques pics dûs
au phénomène de régulation observé sur la vanne trois voies du circuit désorbeur (phases d'attente).

Indicateurs de Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap Wélec ηcapt COPsol COPth COPélec
performance kWh kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - - -
Journée 2 (6h42)
74.0 37.3 11.4 23.0 37.2 15.1 10.8 0.50 0.20 0.66 1.39
(12/09/2011)

Tableau 4 : Principaux indicateurs de performance obtenus lors de la journée 2

A présent, si les indicateurs de performances de ces deux premières journées sont comparés,
on peut remarquer dans un premier temps qu'une plus grande quantité d'énergie solaire a été captée
lors de la deuxième journée bien que les capteurs aient reçu une plus faible quantité de rayonnement
solaire. Un meilleur rendement de captation est obtenu lors de cette journée très ensoleillée, 50%
contre 38% dans le cas précédent (temps nuageux en milieu de journée). Un plus grand
ensoleillement ce jour là et une proportion plus importante de rayonnement direct, ont favorisé les
performances des capteurs à concentration parabolique (Tecnisun). La machine à absorption a
consommé autant d'énergie lors de la première journée afin de produire la même quantité de froid,
tout en évacuant une chaleur équivalente. On peut donc noter des coefficients de performance,
thermique et électrique, équivalents.

- 150 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Durant ces deux journées, on peut remarquer qu'il n'y a pas d'augmentation de la température
en entrée de désorbeur (source chaude). Il est alors impossible d'analyser les performances de la
machine mais aussi du champ de capteurs dans des conditions de températures supérieures à 80 °C.
Le champ de capteurs est donc sous dimensionné. Son couplage avec le ballon tampon amplifie
l'inertie du système et ne lui permet pas d'atteindre des températures de fonctionnement plus
élevées.
Afin d'analyser les performances de l'installation avec des températures de source chaude plus
importantes, le protocole expérimental précédent a été modifié. Par conséquent, au lieu de laisser la
machine démarrer lorsque la température en entrée de désorbeur est de 80 °C et que les débits
minima sont respectés, elle n'est autorisée à le faire que lorsque cette température a atteint environ
100°C. Pour cela la machine est mise sous tension une fois cette condition atteinte.
III.3. Fonctionnement type modifié
Ce troisième jour correspond à la journée d'essai réalisée sur l'installation le 2 juillet 2011. Sur
la Figure 26, on peut voir que le temps fut très ensoleillé durant toute la journée. Cet essai fut
pratiquement idéal d'un point de vu météorologique avec un ensoleillement très important. Les
essais ont durée environ 8h lors de cette journée. les différents pics observés sur l'évolution de la
puissance solaire captée est due aux démarrage et à l'arrêt de la machine ainsi qu'une variation de
débit de circulation du fluide caloporteur du circuit champ de capteurs solaires réalisée en fin de
journée et étudiée plus loin dans ce paragraphe.

2
.

1000 E [W/m ] EGlobal T [°C] 32 20 Q [kW] Solaire reçue


900 31 18
Solaire captée
800 30 16
700 29 14
600 28 12
500 Text 27 10
400 26 8
300 25 6
200 24 4
EDiffus
100 23 2
0 22 0
11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30

Figure 26 : Représentation des principales données météorologiques et des puissances reçue et captée

La configuration étudiée dans ce cas est la suivante :


• Les supports à inclinaison variable des capteurs sont réglés au plus bas, c'est à dire 30°.
• une perte de charge est ajoutée au circuit solaire de manière à obtenir un débit de circulation
de 10 L/min dans le champ de capteurs.
• La pompe du circuit désorbeur est allumée lorsque la température souhaitée pour alimenter
le désorbeur est atteinte (100°C) avec un débit de 16 L/min (nominal).

- 151 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

• L'eau sortant du champ de capteurs entre dans le ballon au même niveau que l'eau puisée
dans celui-ci, afin d'alimenter le désorbeur (position haute).
• Les ventilateurs des ventilo-convecteurs ne sont allumés que lorsque la machine a atteint un
régime de fonctionnement stable (10°C).
• La demande en froid est maintenue tout le long de la journée d'essai.

.
120 T [°C] 101 105 109 8 Q [kW]
102 106 110 6
110
4
100
2
90
0
80 -211:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30

70 -4

60 -6
Aller batterie 1 Aller batterie 4 Batterie 5
11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30 -8 Retour batterie 1 Retour batterie 4

Figure 27 : Représentations des températures et puissances captées caractéristiques du fonctionnement du


champ de capteurs

Cette fois ci, le débit du fluide caloporteur circulant dans le champ de capteurs étant plus
faible, le fluide subit une plus grande élévation de température (Figure 27). La température de sortie
de champ est augmentée en moyenne de 12-13°C contre 7-8°C lorsque le débit était de 16 L/min.
Cette température plus importante dans les capteurs entraîne une diminution du rendement et donc
de l'énergie captée. En fin de journée, on peut remarquer une autre baisse du débit du circuit solaire
pendant environ 20 minutes sur la Figure 28. Elle est beaucoup plus grande cette fois ci et réalisée
manuellement en créant une importante perte de charge. Dans ce cas, l'influence sur les niveaux de
température est encore plus grande comme on peut le voir sur la Figure 27.
En fin de journée, on peut observer une augmentation du débit du circuit désorbeur. Elle
résulte de l'action de la régulation interne, sur la vanne trois voies montée sur le circuit désorbeur.
En effet, l'eau ne circulant plus dans le désorbeur les pertes de charges du circuit diminuent.
Sur la Figure 28, lorsque la pompe du circuit désorbeur est arrêtée, on peut remarquer que la
température de sortie du ballon en direction du désorbeur (en haut) augmente avec la même pente
que celle imposée par le champ de capteurs. La chaleur s'échappe par convection naturelle du
réservoir mais on peut observer que la température de retour du désorbeur vers le ballon n'évolue
pas. Par conséquent, l'effet thermosiphon est bien empêché par le clapet anti-retour.

- 152 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

.
110 T [°C] 40 m [L/min] Solaire Desorbeur
35 Refroidissement Evaporateur
100
30
90
25
80
20
70
15
60
213 214 215 216 10
50 5
40 0
11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30

Figure 28 : Représentation des températures aux bornes du ballon de stockage et des débits de circulation

Si à présent, on s'intéresse aux températures et aux puissances représentées sur la Figure 29, il
est possible d'analyser le comportement de la machine à absorption dans ces nouvelles conditions
de fonctionnement. Pendant le démarrage de la machine, on peut remarquer que la puissance
consommée au désorbeur est supérieure à celle captée par les capteurs solaires. Par conséquent, on
observe une diminution de la température d'entrée du désorbeur durant les 30 premières minutes de
fonctionnement. Ensuite, le champ de capteurs devient suffisament puissant pour assurer la
désorption et recharger le réservoir de stockage. On observe alors que la température d'entrée du
désorbeur se stabilise légèrement. Puis, vers 16h00, elle s'inverse de nouveau et cette température
diminue encore jusqu'à atteindre la valeur minimale tolérée par la machine avant de s'arrêter. On
peut voir que l'installation ne réussit pas à maintenir un niveau de température supérieur à 90°C en
entrée de désorbeur pendant plus de 30 minutes, mais le champ de capteurs est capable de collecter
l'énergie nécessaire à un fonctionnement autour de 85°C lorsque l'ensoleillement est très important.
Par conséquent, les conditions météorologiques idéales de cette journée ont permis de constater que
le champ de capteurs était sous dimensionné et permettrait difficilement d'obtenir les conditions
nominales de fonctionnement.
Concernant les boucles d'eau de refroidissement et d'eau glacée, on peut remarquer que les
mêmes niveaux de températures et de puissances sont obtenus. Ces circuits semblent moins
sensibles car les conditions extérieures (pour l'évacuation de la chaleur d'absorption et de
condensation dans l'ambiance) et intérieures (charge frigorifique interne aux bâtiments) sont très
proches dans les différents cas étudiés jusqu'à maintenant. Pour l'évaporateur, on peut noter la
même évolution de la température de sortie vers un minimum jusqu'à ce que les ventilo-convecteurs
soient allumés et augmentent la charge frigorifique sur le circuit. Suite à l'arrêt de la machine, la
puissance consommée au désorbeur s'annule. Puis, on peut remarquer que la machine possède une
certaine inertie, car les puissances d'évaporation et de refroidissement mettent environ 13 minutes à
redevenir nulles.

- 153 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

.
100 T [°C] 25 Q [kW] Desorbeur Refroidissement
90
Evaporateur Solaire captée
80 20
70
60 207 209 211 15
50 208 210 212
40 10
30
20 5
10
0 0
11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 18:30

Figure 29 : Représentation des températures et puissances aux bornes de la machine à absorption

Le Tableau 5 synthétise les principaux indicateurs de performances de cette journée d'essai.


On peut remarquer que le champ de capteurs a reçu beaucoup d'ensoleillement solaire et qu'il a pu
en capter pratiquement la moitié malgré les niveaux de températures plus élevés obtenus dans cette
configuration. De plus, contrairement à la journée 2, la machine a pu démarrer plus tôt comme la
période est plus adaptée (début juillet contre mi-septembre), c'est à dire que pour une même
inclinaison, la hauteur du soleil se prête plus à une captation maximale. La machine a consommée
plus de chaleur au désorbeur et produit plus d'eau glacée ce jour là avec un COPth équivalent à la
journée 2.

Indicateurs de Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap Wélec ηcapt COPsol COPth COPélec
performance kWh kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - - -
Journée 3 (8h11)
106 49.7 4.7 41.6 65.1 25.1 15 0.47 0.24 0.61 1.68
(02/07/2011)

Tableau 5 : Principaux indicateurs de performance obtenus lors de la journée 3

Dans les trois configurations étudiées, une bonne adéquation entre l'ensoleillement capté et la
chaleur consommée au désorbeur a pu être observé. Le stockage ne semble être nécessaire que
lorsque les conditions météorologies présentent un ciel très couvert. Les journées, où les conditions
de fonctionnement sont autant défavorables, ne se présentent que très peu de fois dans l'année car
lorsque le ciel est couvert, la température extérieure n'est généralement pas très élevée. De plus, une
installation de rafraîchissement solaire est uniquement destinée à abaisser le niveau de température
à l'intérieur d'un bâtiment et non à respecter une valeur de consigne. La capacité de rafraîchissement
de ce type d'installation dépend entièrement des conditions extérieures. L'utilité du stockage peut
donc être discutée dans ce contexte. Par conséquent, une nouvelle configuration a été testée, afin de
vérifier si une telle installation était capable de fonctionner sans réservoir de stockage. Ces essais

- 154 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

permettront peut être d'identifier de nouvelles pistes dans le but de réduire les coûts
d'investissement de ces systèmes tout en conservant ou en améliorant leurs performances actuelles.
III.4. Fonctionnement sans ballon de stockage

III.4.1. Essai du 20 septembre 2011


Lors de cette quatrième journée d'essai réalisé le 20 septembre 2011, le temps était très
ensoleillé comme on peut le voir sur la Figure 30, sauf vers 12h où quelques nuages étaient
présents. La configuration étudiée dans ce cas est la suivante :
• Les supports à inclinaison variable des capteurs sont réglés à 30°.
• le ballon de stockage est by-passé, la pompe du circuit solaire assure la circulation du fluide
caloporteur dans les circuits solaire et désorbeur qui sont donc directement connectés.
• les pompes des circuits de refroidissement et d'eau glacée permettent d'atteindre les débits
nominaux de circulation dans leur circuit respectif.
• Les ventilateurs des ventilo-convecteurs sont allumés dès que la machine entre en rotation.
• La demande en froid est maintenue tout le long de la journée d'essai.

2 T [°C]
900 E [W/m ] 30
Eglobal
800
25
700
600 Text 20
500
15
400
300 10
200
Ediffus 5
100
0 0
10:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30

Figure 30 : Représentation des principales données météorologiques

Si on regarde le comportement de l'installation durant cette journée, en particulier au niveau


de la machine (Figure 31), on peut remarquer qu'elle démarre beaucoup plus tôt que les jours
précédents. Par contre, la source solaire n'est pas assez puissante pour maintenir la machine en
fonctionnement. Par conséquent, on observe plusieurs mises en attente de celle-ci jusqu'à 12h30,
heure à laquelle elle se lance pour la journée. Malgré les mises en attente, la machine parvient à
tendre progressivement vers des régimes de températures permettant une production d'eau glacée.
Les conditions de refroidissement favorables, obtenues grâce à une température extérieure
inférieure à 25°C, même en fin de journée, ont permis une production d'eau glacée à 9°C, idéale
pour rafraîchir correctement un bâtiment. On peut également remarquer que la température en
entrée de désorbeur augmente jusqu'à 85°C (14h30), une fois que le champ de capteurs capte

- 155 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

suffisamment d'énergie pour assurer le fonctionnement continue de la machine. Comme on peut le


voir sur la Figure 31, l'ensoleillement solaire capté est supérieur à la chaleur consommée au
désorbeur la diférence est due aux pertes thermiques des canalisations. Les puissances aux bornes
de la machine durant cette journée sont similaires aux cas précédents avec environ 5 kW de froid à
9°C pour 7.2 kW de chaleur consommée, soit un COPth de 0.7. Ces bonnes performances sont la
conséquence d'un niveau de température extérieure très avantageux. Vers 16h, la machine
commence à réaliser des temps d'attente. Cela signifie que le champ de capteurs ne capte plus
suffisament d'ensoleillement (important angle d'incidence). Les temps d'attentes s'allongeant
progressivement, il a été décidé d'éteindre la machine vers 17h45. Suite à cet arrêt, on peut
remarquer que comme la machine ne consomme plus de chaleur, la température de l'eau dans le
champ de capteurs augmente rapidement comme le circuit à peu d'inertie, mais la température
semble tendre vers un maximum. Le déplacement du soleil entraînant une augmentation importante
de l'angle d'incidence en fin de journée les risques de surchauffes sont alors évités.
.

90 T [°C] 25 Q [kW] Desorbeur Refroidissement


80 Evaporateur Solaire captée
70 20
60
207 209 211 15
50 208 210 212
40
10
30
20 5
10
0 0
10:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 10:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30

Figure 31 : Représentation des températures et puissances aux bornes de la machine à absorption (journée 4)

La Figure 32 montre que le fonctionnement, obtenu grâce à cette configuration, est plus stable
que dans les cas précédents. Les COPth et COPélec évoluent respectivement autour d'une valeur
moyenne de 0.6 et 1.5, comme présenté dans le Tableau 6. Ils oscillent durant les phases de temps
d'attente, mais sont stables en milieu de journée.
2.5

2 COP élec

1.5

1
η capteurs

0.5
COP th
0
10:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30

Figure 32 : Représentation des performances de l'installation

- 156 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Enfin, si l'on compare le Tableau correspondant à cette journée d'essai avec celui de la
journée 3 (Tableau 5), on peut remarquer que la machine consomme la même quantité de chaleur au
désorbeur et produit autant de froid, alors que dans le cas présent, l'installation ne possède pas de
ballon de stockage. Par conséquent, une installation de rafraîchissement solaire est tout à fait
capable de fonctionner sans stockage lors de journées ensoleillées. Les très bonnes conditions
météorologiques (fort ensoleillement et faible température extérieure) ont même permis d'atteindre
de très bonnes performances avec 26 kWh de froid et principalement en dessous de 10 °C. Lorsque
le ciel est clair, le ballon de stockage semble inutile et ne fait que retarder le démarrage de la
machine.

Indicateurs de Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap Wélec ηcapt COPsol COPth COPélec
performance kWh kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - - -
Journée 4 (8h02)
107.2 50.7 - 42.3 66.5 26.0 17.7 0.47 0.24 0.61 1.47
(20/09/2011)

Tableau 6 : Principaux indicateurs de performance obtenus lors de la journée 4

III.4.2. Essai du 21 septembre 2011


Cette cinquième journée correspond au 21 septembre 2011. Le temps était nuageux jusqu'à
12h30, puis très ensoleillé jusqu'en fin d'après midi, comme on peut le voir sur la Figure 33. La
configuration précédente a été modifiée de manière à observer le comportement de la machine
lorsqu'elle est mise sous tension, seulement lorsque la température en entrée de désorbeur est de
100°C. Cet essai permettra également de voir si cette augmentation d'inertie (le fluide caloporteur
possède une plus grande énergie sensible) est suffisante à absorber l'énergie nécessaire à la mise en
régime de la machine lors de la phase de démarrage. Les ventilo-convecteurs sont allumés
seulement après 13h pour simuler l'apparition d'une charge thermique dans le bâtiment à ce
moment.
900 2 T [°C] 35
E [W/m ]
Eglobal
800 30
700
25
600
Text
500 20
400 15
300
10
200
Ediffus 5
100
0 0
11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 33 : Représentation des principales données météorologiques

- 157 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

La Figure 33 présente l'évolution des températures et des puissances aux bornes de la


machine. On peut remarquer que le champ de capteurs a mis environ 2 h pour chauffer l'eau du
circuit chaud (capteurs et désorbeur) à 100°C du fait du ciel nuageux. Une fois mise sous tension, la
machine démarre aussitôt, provoquant un fort appel de puissance, réduisant ainsi la température du
circuit chaud à 80°C, sans pour autant avoir les séquences de marche-arret liées à la mise en sécurité
de la machine. Avant la mise en marche des ventilo-convecteurs, la température du circuit d'eau
glacée commençait à tendre vers un minimum (6°C) et celle du circuit chaud augmentait
légèrement. Cette action a modifié le régime de fonctionnement de la machine. La température en
sortie d'évaporateur a augmenté jusqu'à 12°C alors que les températures d'entrées des circuits de
refroidissement et de désorbeur ont respectivement augmenté jusqu'à 30°C et 85°C pour ensuite se
stabiliser. Les niveaux de puissance sont d'environ 4.8 kW de froid pour 7.5 kW de chaleur
consommée, soit un COPth de 0.64 comme on peut le voir sur la Figure 35. Comme la journée
précédente, vers 16h, la machine commence à réaliser des temps d'attente dus à l'action de la vanne
trois voies du circuit désorbeur. Le même protocole d'arrêt que précédemment a donc été suivi.
.

T [°C] 207 209 211 20 Q [kW] Solaire captée Desorbeur


100 208 210 212 18 Refroidissement Evaporateur
16
80 14
12
60
10
8
40
6
20 4
heure 2 heure
0 0
11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 34 : Représentation des températures et puissances aux bornes de la machine à absorption (journée 5)

2.5

2 COP élec

1.5

0.5 η capteurs

COP th
0
11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 35 : Représentation des performances de l'installation

- 158 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Indicateurs de Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap Wélec ηcapt COPsol COPth COPélec
performance kWh kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - - -
Journée 5 (7h00)
90.5 44.7 - 37.2 55.9 20.5 14.9 0.49 0.23 0.55 1.38
(21/09/2011)

Tableau 7 : Principaux indicateurs de performance obtenus lors de la journée 5

Un meilleur fonctionnement pourrait être obtenu en utilisant une régulation du débit du circuit
de la source chaude. Les temps d'attente seraient réduits, car le débit étant plus faible, la chaleur
consommée au désorbeur serait moins importante. Par conséquent, si une telle régulation adaptée à
cette machine est installée, le fonctionnement de la machine sans ballon de stockage s'en verra
amélioré. La caractéristique spécifique de ces machines à conserver leur COPth malgré un
fonctionnement à charge partielle (chapitre I), leurs permettraient d'être mieux utilisées et de
composer avec les passages nuageux.

IV. Conclusion
L'installation expérimentale de rafraîchissement solaire par absorption a tout d'abord été
présentée. Ensuite, les principaux résultats expérimentaux ont été analysés pour trois types de
fonctionnement différents :
• la machine utilise un réservoir de stockage et qu'elle démarre automatiquement en fonction
des conditions de températures et de débits à ses entrées,
• la régulation de la machine est by-passée de manière à pouvoir réaliser un démarrage plus
tardif vers 100°C,
• dans une configuration sans stockage avec un démarrage contrôlé par la machine
• dans une configuration sans stockage avec un démarrage retardé (température en entrée de
désorbeur de 100°C)

Il a été observé très rapidement que le champ de capteurs était sous dimensionné, conduisant
ainsi à des niveaux de températures de sources chaudes inférieures aux conditions nominales.
Ensuite, il a été noté que la technologie à échangeur des capteurs Tecnisun modifiait la dynamique
du champ de capteurs. Lorsque le fonctionnement sans ballon de stockage a été envisagé, le champ
de capteurs a été capable de fournir la chaleur nécessaire au désorbeur avec des niveaux de
températures meilleurs que dans le cas qui comprenait le réservoir de stockage, conduisant ainsi à
de très bonnes performances dans cette configuration.

- 159 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Indicateurs Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap Wélec ηcapt COPsol COPth COPélec
de
performance kWh kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - - -
Moyenne 99.6 47.1 13.2 33.2 51.5 20.2 13.8 0.47 0.20 0.61 1.46
02/07/2011 106.0 49.7 4.7 41.6 65.1 -25.2 15.0 0.469 0.238 0.607 1.676
05/07/2011 117.7 56.8 - 47.5 74.1 -28.4 17.3 0.483 0.241 0.598 1.639
11/07/2011 101.6 38.8 11.1 24.2 37.4 -15.1 11.2 0.382 0.149 0.626 1.347
01/08/2011 97.2 45.4 - 23.0 31.8 -13.0 13.5 0.467 0.134 0.565 0.961
04/08/2011 98.9 48.9 - 41.0 64.0 -24.9 15.5 0.495 0.252 0.607 1.609
10/08/2011 96.6 48.3 19.3 26.2 42.2 -16.8 11.0 0.501 0.174 0.642 1.534
11/08/2011 92.3 44.3 10.3 30.0 46.5 -18.0 10.7 0.480 0.195 0.599 1.676
06/09/2011 99.5 49.0 - 28.5 45.0 -18.1 12.8 0.492 0.181 0.634 1.415
07/09/2011 107.7 49.2 - 35.5 58.6 -24.1 15.1 0.457 0.224 0.681 1.597
12/09/2011 84.4 43.3 27.1 23.1 37.2 -15.1 11.2 0.514 0.179 0.655 1.345
13/09/2011 94.7 43.7 7.0 31.2 45.6 -16.9 13.2 0.461 0.179 0.543 1.280
20/09/2011 107.2 50.7 - 42.3 66.5 -26.0 17.7 0.473 0.243 0.615 1.473
21/09/2011 90.5 44.7 - 37.2 55.9 -20.5 14.9 0.493 0.227 0.553 1.377

Tableau 8 : Indicateurs de performance moyens et spécifiques à chacune des journées d'essais

Le tableau 8 présente les performances des essais réalisés sur l'installation pilote du
laboratoire et leur moyenne. Elle a principalement fonctionné lorsque l'ensoleillement était
important, c'est pourquoi l'énegie solaire reçue est proche de 100 kWh/essai. Ensuite, le champ de
capteurs équipé des deux technologies de capteurs sous vide a eu un rendement de 47% en
moyenne. Pourtant, une majorité des essais ont été réalisés avec des températures de plus de 100°C
dans celui-ci, allant même jusqu'à 125°C pour la partie la plus chaude du champ de capteurs.
L'énergie restante dans le stockage en fin de journée d'essai était en moyenne de 13 kWh. Au niveau
de la machine à absorption, on peut observer qu'elle a consommée en moyenne 33.2 kWh de
chaleur pour produire 20.2 kWh. Par conséquent, elle a fonctionné avec un coefficient de
performance thermique de 0.61 conforme aux données constructeur. Par contre, dans le cas de cette
installation le COPélec n'est pas très élevé à cause des besoins du pilote (les pompes ont été
surdimensionnées, afin de tester le comportement de l'installation avec des débits plus importants)
et de quelques erreurs de dimensionnement hydraulique (conduites trop petites conduisant à
d'importantes pertes de charges). C'est pourquoi, un coefficient de performance électrique de
seulement 1.46 a été obtenu. La Figure 34 présente une répartition des postes de consommation
énergétique. On peut remarquer que les principaux postes sont les pompes des circuits de
refroidissement et d'eau glacée ainsi que les ventilateurs de l'aéro-réfrigérant et des ventilo-
convecteurs. Des améliorations sont donc à apporter à l'installation à ce niveau afin de réduire cette
consommation électrique et d'obtenir un meilleur COPélec.

- 160 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Ventilo-
Pompe eau convecteurs
glacée 18%
20%

Pompe solaire
14%

Ventilateur aéro- Pompe


réfrigérant désorbeur
13% Rotartica 5%
Pompe 7%
refroidissement
23%

Figure 36 : Répartition des consommations électriques du système

D'autre part, la température au sein du réservoir de stockage évoluant très rapidemment, une
source d'amélioration a été identifiée. Un stockage, utilisant un matériau à changement de phase,
dont la température de fusion est proche du régime nominal, permettrait d'améliorer les
performances et pas uniquement par temps nuageux. Le fonctionnement serait alors très stable et les
fluctuations amorties par le stockage. De plus, le volume de celui-ci serait grandement réduit.
Afin de valider ces observations et analyses, il est nécessaire d'estimer les gains par la
modélisation et la simulation de l'installation de rafraîchissement solaire. Par conséquent, le
chapitre suivant présente un outil de modélisation d'unité de rafraîchissement solaire par absorption
développé grâce au pilote expérimental du laboratoire et aux modèles de machines présentés lors du
chapitre précédent.

- 161 -
Etude expérimentale d’une unité de rafraîchissement solaire

Références bibliographiques

[1] A. C. Burnod, M. Lamasou, Etude d'une installation de rafraichissement solaire par absorption, projet de master 2
Ingénierie des systèmes industriels, 2008,
[2] T. Joucla, R. Laffite, R. Machicot, L. Slimani,projet No0806, Aménagement de la zone solaire, IUT Génie
thermique et énergie 2008,
[3] S. LE FOLL, Elaboration d’un système de rafraîchissement solaire par absorption et de station météorologique,
Mémoire de stage de Master Ingénierie des Systèmes Industriels, parcours Génie des Systèmes Thermiques,
septembre 2008,
[4] M. DELIGNY, Etude énergétique et dimensionnement d’une installation de rafraîchissement solaire par absorption,
Mémoire de stage de Master Ingénierie des Systèmes Industriels, parcours Génie des Systèmes Thermiques,
septembre 2009,
[5] M. DELIGNY, R. CICE, Etude d’un système de rafraîchissement solaire par absorption, projet de master 2
Ingénierie des systèmes industriels, 2010,
[6] A. Le Denn, Installation pilote de rafraîchissement solaire par absorption, NOTE TECHNIQUE, Août 2008,
[7] Site Internet de la Société Viessmann, http://www.Viessmannn.fr/,
[8] Site Internet de la Société Tecnisun, http://www.tecnisun.fr/,
[9] Rotartica Solar 045, Linea solar termica, manual de instalacion y mantenimiento, v.MI080530sc,
[10] Site Internet de la Société LU-VE, http://www.luve.it/cms/view,
[11] Site Internet de la Société France Air, http://www.france-air.com/
[12] Site Internet de la Société McNaught, http://www.macnaught.com.au/,
[13] J. A. Duffie, W. A. Beckman, Solar engineering of thermal process, second editions, Wiley-Interscience
Publication, 1991,
[14] Kipp & Zonen, Instruction Manual CM121, 2004,
[15] BERRICHON Jean-Damien, Installation et mise en service d’un instrument de mesure du rayonnement solaire
diffus, Stage de Master 1 réalisé au Laboratoire d’Energétique, d’Electronique et Procédés (LE2P), EA4079,
[16] M. Pons, N. Le Pierrès, Critères de comparaison des performances des systèmes de rafraîchissement solaire,
ORASOL Optimisation de procédés de RAfraîchissment SOLaire, Avril 2010,

- 162 -
CHAPITRE IV

Modélisation d'une unité de rafraîchissement


solaire

- 163 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

I. Introduction
Précédemment dans ce travail, une modélisation phénoménologique en régime dynamique a
été validée sur quatre machines à absorption, à partir de résultats expérimentaux réalisés sous
conditions de fonctionnement contrôlées (Chapitre II). Ensuite, une installation expérimentale de
démonstration a été conçue, mise en service et testée par notre laboratoire, afin d'en étudier le
comportement et pouvoir à plus long terme identifier des voies d'amélioration (Chapitre III). Notre
problématique première est de connaître et prédire le comportement instationnaire d'une unité de
rafraîchissement solaire par absorption dans son ensemble. Parmi les machines modélisées
précédemment dans le chapitre II se trouvait celle utilisée par notre installation. À présent, il est
donc nécessaire de réaliser des modèles transitoires fiables et rapides (en temps de calcul) des
systèmes annexes au procédé (capteurs solaires, réservoir de stockage, aéroréfrigérants et ventilo-
convecteurs) en vue de l'élaboration d'un modèle complet d'installation de système de
rafraîchissement solaire.
Les différentes dynamiques mises en jeu concernent tout d'abord la source solaire, c'est à dire
le moyen par lequel elle est captée et avec quelle qualité. La modélisation du circuit solaire,
composé du champ de capteurs et du réservoir de stockage, est donc réalisée. Ensuite, vient le
groupe frigorifique à absorption, chargé de convertir l’effet calorifique en effet frigorifique. Son
modèle a été précédemment développé. Le comportement de cette machine dépend par la suite de la
qualité de son refroidissement, fonction de l'environnement (air extérieur), mais aussi de la nature
du besoin en rafraîchissement, c'est à dire la charge frigorifique du bâtiment. L'estimation des
performances de ces deux derniers éléments nécessite la modélisation de la tour de refroidissement
et de la distribution de la production frigorifique, réalisée par des ventilo-convecteurs. D'autre part,
le deuxième objectif de ce pilote est d'obtenir des mesures précises sur ce type d'installation, afin de
valider les différents modèles développés.
Ce chapitre présente donc la modélisation des différents éléments composant l'unité de
rafraîchissement solaire par absorption du laboratoire. Ensuite, les modèles sont, dans un premier
temps, validés individuellement grâce aux résultats expérimentaux obtenus sur l'installation. Puis, le
couplage des modèles est testé sur deux journées. Enfin, l'outil de modélisation d'unité de
rafraîchissement solaire est utilisé, afin de réaliser une étude de sensibilité et quantifier l'impact de
différentes améliorations ou dégradations de la configuration du pilote expérimental du laboratoire.
Par conséquent, les critères de performances définis dans le chapitre précédent, tels que les énergies
mises en jeu, le rendement des capteurs, le rendement du stockage, les COP solaire, thermique et
électrique, sont calculés et analysés suivant différentes configurations.

- 164 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

II.Modélisations des différents sous-systèmes


Le modèle est composé de plusieurs types d’éléments distincts, connectés les uns aux autres
par l’intermédiaire de paires d’entrée/sortie d’eau, de manière à former les différents circuits du
système comme représentés sur la figure 1. Chaque élément modélisé interagit avec les éléments
auxquels il est connecté et éventuellement avec l’environnement ou le bâtiment et ses occupants.
Les différents types d'éléments considérés sont les suivants :
• 8 canalisations (8 fois une paire d’entrée/sortie),
• 1 champ de capteurs solaires (une paire d’entrée/sortie),
• 1 ballon stratifié (deux paires d’entrée/sortie, sans échangeur interne),
• 1 machine à absorption (trois paires d'entrée/sortie, une pour le désorbeur, une pour le
refroidissement et une pour l'eau glacée),
• 1 aéro réfrigérant (deux paires d’entrée/sortie, une sur l'eau et l'autre sur l'air
extérieur),
• 2 ventilo-convecteurs (2 fois deux paires d’entrée/sortie, une sur l'eau et l'autre sur l'air
rafraîchi).
Air extérieur

aéro
réfrigérant
Canalisation

Canalisation

Ventilo-
convecteur 2
Canalisation Canalisation Canalisation
Machine
Ballon à
absorption Ventilo-
de
rs

convecteur 1
te u

stockage
ap
ec

Canalisation
d

Canalisation Canalisation Air


mp

rafraîchi
a

(cellules
Ch

climatiques)

Figure 1 : Représentation des relations entre les éléments constitutifs du modèle

La figure 2 suivante présente le détail du champ de capteurs, qui possède des particuliarités du
fait de la conception technique des capteurs Tecnisun, intègrant des échangeurs entre les circuits
aller et retour.

- 165 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Champ de capteurs
Canalisation
VIESSMAN TECNISUN
Ballon
Canalisation Canalisation
de
stockage

Canalisation

Figure 2 : Représentation détaillée des relations entre les éléments constitutifs du modèle du champ de capteurs

La modélisation des sous-systèmes est réalisée dans l'environnement Delphi. Concernant la


méthode de résolution numérique, la méthode d'Euler s'est révélée suffisante. Les modèles retenus
sont détaillés dans les paragraphes qui suivent.

II.1. Canalisations

II.1.1. Modélisation
Les canalisations sont les éléments de base qui permettent la connexion des différents
éléments actifs du système. Il est possible d’évaluer simplement les déperditions de chaleur de la
canalisation, connaissant la résistance thermique de son enveloppe, la température ambiante et les
caractéristiques du flux d’eau entrant dans la canalisation (température et débit). L’inertie du tube
est remplacée par une masse d'eau équivalente, ajoutée à celle de l'eau. Par conséquent, la
modélisation de chacune des canalisations est réalisée grâce à l'application du premier principe de la
thermodynamique et en considérant que la température de sortie de la canalisation est égale à celle
de l'eau à l'intérieur,

Par exemple, dans le cas du circuit de distribution, c'est à dire réalisant la liaison entre l'évaporateur
de la machine et les ventilo-convecteurs, on obtient les équations suivantes :
• pour le circuit aller :
du aller distri
M aller distri ⋅ = Qaller distri + Wpertes charges + mevap ⋅ Cp eau ⋅ (Tentrée tube aller − Tsortie tube aller ) (1)
dt
• pour le circuit retour :
du retour distri
M retour distri ⋅ = Qretour distri + Wpertes charges + mevap ⋅ Cp eau ⋅ (Tentrée tube retour − Tsortie tube retour ) (2)
dt

- 166 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Figure 3 : Transferts de chaleur au sein d'une canalisation

La méthode utilisée pour estimer la quantité de chaleur échangée entre le fluide caloporteur
des différents circuits repose donc sur l'évaluation de la résistance thermique de chacune des
canalisations [1]. La figure 3 présente les résistances considérées pour chaque canalisation,
convection forcée du fluide interne (eau), conduction du tube (cuivre), conduction de l'isolant (gaine
isolante) et convection naturelle du fluide externe (air). Par conséquent, on en déduit l'expression du
flux de chaleur échangé entre le fluide caloporteur du circuit d'eau glacée et l'air extérieur suivante :
Teau aller − Text Teau aller − Text
Qaller distri = = (3)
Rtotale Rconv int + Rcond tube + Rcond isolant + Rconv ext
Soit :
Teau aller − Text
Qaller distri = (4)
r r
ln 2 ln 3
1 r1 r2 1
+ + +
2 ⋅ heau ⋅ π ⋅ r1 ⋅ L 2 ⋅ π ⋅ k tube ⋅ L 2 ⋅ π ⋅ k isolant ⋅ L 2 ⋅ hair ⋅ π ⋅ r3 ⋅ L

La méthode utilisée pour estimer l'énergie transmise au fluide caloporteur, par la circulation réalisée
par la pompe, est basé sur l'évaluation des pertes de charge et le débit volumique en considérant
l'expression suivante :
H m ⋅ ρ eau ⋅ g ⋅ Qv
Wpertes charges = (5)
η hydrau

Avec Hm les pertes de charge [m], ηeau la masse volumique du fluide caloporteur [kg/m3], g
l'accélération de la gravité [m/s2] et Qv le débit volumique [m3/s].

Afin de valider la modélisation choisie pour simuler le comportement des canalisations présentes
sur l'installation (circuit solaire, aéroréfrigérant et ventilo-convecteurs), une journée type de
fonctionnement a été sélectionnée parmi les essais réalisés sur le pilote expérimental. Les résultats
de simulation sont présentés dans le paragraphe suivant.

- 167 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

II.1.2. Validation expérimentale


Comme les différences de températures mesurées entre les entrées et les sorties des différentes
canalisations sont très faibles, seul le circuit le plus défavorisé sera étudié pour valider la
modélisation choisie. Le circuit solaire est très court donc les pertes sont très faibles. Ensuite le
circuit de refroidissement est à une température très proche de l'air extérieur (influence des
incertitudes importante sur la différence de température). Le circuit étudié est celui de l'eau glacée
car il s'agit du plus long.
L'essai utilisé pour cette validation est la journée du 2 juillet. Dans ce cas, la pompe du circuit
d'eau glacée n'est alimentée que lorsque la machine démarre. Le débit de circulation du fluide
caloporteur est de 25 L/min. Les données d'entrées de ce modèle sont donc le débit, les
températures en entrée de conduite et celle de l'air extérieur, c'est à dire les températures mesurées
par le capteur 204 et 208 et par la station météorologique. Les sorties du modèle sont la température
de l'eau en sortie des canalisations.

18 T [°C] 20 T [°C]

Expérimentale
17 Entrée 19
Simulées
16 18

15 17
Expérimentale Entrée Simulées
14 16
13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00

Figure 4 : Comparaison entre les températures de sortie expérimentales et simulées des circuits aller et retour
d'eau glacée pour la journée du 2 juillet 2011

La figure 4 présente les évolutions des températures d'entrées et sorties des circuits d'eau
glacée aller et retour. Tout d'abord, on peut remarquer que les températures chutent à 13h20 lors du
démarrage de la machine. Puis, lorsque les ventilateurs des ventilo-convecteurs sont allumés ont
observe une augmentation qui dure tout au long de la journée. Le modèle parvient à réaliser une
estimation assez fidèle du comportement de cette canalisation.

II.2. Champ de capteurs solaires thermiques

II.2.1. Modélisation
La modélisation de chacun des capteurs est réalisée grâce à l'application du premier principe
de la thermodynamique et des hypothèses suivantes :

- 168 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

• la température du fluide caloporteur est uniforme à l'intérieur du capteur,


• la température de sortie du capteur est égale à celle de l'eau à l'intérieur du capteur,
• la masse d'eau équivalente à la masse des tubes du collecteur est ajoutée à celle du
fluide caloporteur présente dans le capteur.

On obtient alors les équations suivantes dans le cas des capteurs Tecnisun :
du capt aller
M capt aller ⋅ = 0.5 ⋅ η capt ⋅ Φ reçu + Qéchangée + Wpertes charges + mcapt ⋅ Cp eau ⋅ (Te capt aller − Ts capt aller ) (6)
dt
du capt retour
M capt retour ⋅ = 0.5 ⋅η capt ⋅ Φ reçu − Qéchangée + Wpertes charges + mcapt ⋅ Cp eau ⋅ (Te capt retour − Ts capt retour ) (7)
dt

Du fait de la présence de l'échangeur interne à chaque capteur Tecnisun et de son montage, figure 5,
il a été choisi de considérer que 50% de l'énergie solaire captée était transmise au fluide caloporteur
circulant dans le tube aller et l'autre moitié à celui du tube retour.

Figure 5 : Schéma d'un capteur Tecnisun et de son échangeur de cahleur interne

Ensuite, comme la technologie Viessmann ne possède pas d'échangeur interne, on obtient les
relations suivantes :
du eau capt aller
M eau capt aller ⋅ = η capt ⋅ Φ reçu + Wpertes charges + mcapt ⋅ Cp eau ⋅ (Tentrée capt aller − Tsortie capt aller ) (8)
dt
du eau capt retour
M eau capt retour ⋅ = Wpertes charges + mcapt ⋅ Cp eau ⋅ (Tsortie capt retour − Tentrée capt retour ) (9)
dt

La puissance thermique reçue par les capteurs est modélisée par l'expression du rendement
des capteurs considérant les coefficients η0 (facteur optique du capteur), a1 et a2 (coefficients
relatifs aux pertes thermiques subies par le capteur) obtenus lors d'essais de certification et
renseignés par les deux constructeurs des capteurs utilisés sur l'installation [1, 2, 3, 4].

- 169 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Rendement des capteurs :

T fluide − Tair ext (T fluide − Tair ext )


2

η capt = η 0 − a1 ⋅ − a2 ⋅ (10)
S capt ⋅ Φ reçu S capt ⋅ Φ reçu

Avec :
Tfluide [°C]: la température moyenne du fluide dans le capteur,
Tair ext [°C] : la température extérieure,
Φreçu [W/m²] : le rayonnement total incident sur la surface du capteur,
η0 [-] : le facteur optique,
a1 [W/m².K] : le coefficient de transmission thermique,
a2 [W/m².K²] : coefficient de perte du deuxième ordre,

Ensuite, il est nécessaire de calculer l'ensoleillement reçu par le champ de capteurs en


fonction de son inclinaison et de son orientation. La station météorologique ne mesure pas le
rayonnement solaire dans le même plan, mais suivant l'horizontale. Le flux de chaleur reçu par
chacun des capteurs peut ensuite être déduit. Par conséquent, quelques définitions sont rappelées [2,
3, 4, 5].

Le flux irradiant reçu


cos(β ) 1 + cos(θ ) 1 − cos(θ )
Φ reçu = Φ direct horizontal × + Φ diffu horizontal ⋅ + Φ global horizontal ⋅ ρ ⋅
cos(θz ) 2 2 (11)

Où :
β est l'angle d'incidence (angle entre un rayon incident et la normale à la surface),
θz est l'angle zénitale,
θ est l'inclinaison (angle entre la surface captatrice et le plan horizontal),
ρ est l’albédo (coefficient permettant de prendre en compte le pouvoir réfléchissant du sol).

Maintenant que le flux solaire reçu est estimé, il est nécessaire de modéliser celui échangé par
l'intermédiaire de l'échangeur de chaleur intégré aux capteurs Tecnisun. Come on peut le voir sur la
figure 5, il s'agit d'un échangeur coaxial. La relation utilisée pour estimer le flux échangé est la
suivante :
Qechangée = UScapt ⋅ ∆T = UScapt ⋅ (Tsortie aller − Tsortie retour ) (12)

- 170 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Ces facteurs US dépendent de la surface d’échange et de la qualité du transfert thermique qui a lieu
au sein de l’échangeur. Ils ont été évalués à 250 W/K.

Figure 6 : Photographie de l'échangeur de chaleur présent dans les capteurs Tecnisun

II.2.2. Validation expérimentale


Afin de valider les modèles choisis pour estimer le comportement transitoire des deux
technologies du champ de capteurs, deux journées types ont été sélectionnées. Il s'agit des 2 et 11
juillet 2011. Ces deux jours ont déjà été présentés lors de l'analyse des performances de l'installation
de rafraîchissement solaire (Chapitre III). La première journée permet de vérifier le comportement
du modèle lorsque les conditions météorologiques sont très favorables au fonctionnement, c'est à
dire un jour très ensoleillé (Figure 7). Le débit de circulation du fluide caloporteur est de 10 L/min
dans ce cas. La seconde journée est moins bien ensoleillée avec un ciel très nuageux jusqu'à 14h30
puis qui finit par s'éclaircir (Figure 10). Le débit lors de cette journée est cette fois-ci de 16 L/min
(valeur égale au débit nominal du circuit désorbeur). Les résultats obtenus dans ces deux cas nous
permettrons de valider la pertinence de cette modélisation dans un cas faiblement transitoire et un
autre où la dynamique est plus marquée.
Le modèle du champ de capteurs est testé indépendamment du reste de l'installation. Par
conséquent, il est nécessaire de remplacer le reste du système par les données d'entrées
correspondantes. Dans ce cas, il s'agit du débit circulant dans le circuit solaire et de la température
de l'eau alimentant le champ de capteurs. Bien sûr, le modèle utilise également les conditions
météorologiques, c'est à dire les ensoleillements globaux et diffus ainsi que la température de l'air
extérieur.

Cas du 2 juillet 2011


La figure 7 présente les ensoleillements globaux, diffus et reçus par le champ de capteurs lors
de la journée du 2 juillet. On peut observer qu'à cette période de l'année, l'inclinaison choisie permet
une très bonne réception du flux solaire. De plus, ce jour là, le rayonnement était important avec un

- 171 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

pic à pratiquement 950 W/m2. Ensuite, la figure 8 montre que le modèle estime assez bien les
performances du champ de capteurs total, car la puissance simulée est proche de celle obtenue
expérimentalement. L'écart relatif moyen, entre l'énergie solaire captée expérimentale et celle
simulée lors de cette journée, est de 3 %.

.
2 12
1000 E [W/m ] Qcapté [kW]

10
800
8
600
6
400
Global Diffus Reçu 4
Exp Sim
200 2

0 0
11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20 11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20

Figure 7 : Représentation des ensoleillements globaux, Figure 8 : Comparaison entre les puissances solaires
diffus et reçus par le champ de capteurs captées expérimentale et simlulée

La figure 9 permet d'observer que la température en sortie de champ de capteurs est bien
estimée par cette modélisation. Cette figure montre surtout que la température en milieu de champ
(sortie Viessmann) est également correctement prédite. À présent, comme la modélisation
fonctionne bien lorsqu'il s'agit d'une journée ensoleillée, elle va être testée sur une journée
présentant des passages nuageux durant la monté en température entre 12h et 14h 30.

110 T [°C] 120 T [°C]

90 100

70 Tentrée 102 exp 102 sim 80

Tentrée 110 exp 110 sim

50 60
11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20 11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20

Figure 9 : Comparaison entre les températures simuluées et expérimentales en sortie de champ de capteurs (à
gauche) et au milieu du champ de capteurs (à droite)

Cas du 11 juillet 2011


La figure 10 présente les ensoleillements globaux, diffus et reçus par le champ de capteurs
lors de la journée du 11 juillet. On peut observer que le temps était couvert le matin, puis il s'est
progressivement éclairci. On note d'importants passages nuageux au début de l'essai. Ce jour là, le

- 172 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

rayonnement était pourtant important lorsque les nuages ne se trouvaient pas dans l'alignement entre
le soleil et le champ de capteurs, avec des valeurs à plus de 1000 W/m2.

1200 2
E [W/m ] Global Diffus Reçu 100 T [°C]

1000
90
800
80
600
70 Tentrée 102 exp 102 sim
400
60
200
Heure
Heure
0 50
12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30

Figure 11 : Comparaison entre les températures


Figure 10 : Représentation des ensoleillements
simulées et expérimentales en sortie de champ de
globaux, diffus et reçus par le champ de capteurs
capteurs

La figure 11 montre le comportement de la température de sortie du champ de capteurs. On


peut observer quelques déviations en début de journée lorsque le ciel est nuageux. L'écart relatif
moyen lors de cette journée n'est que de 6% sur l'évaluation de l'ensoleillement capté. Cette
modélisation est donc celle retenue pour la suite de cette étude. Dans le but d'estimer la chaleur
potentiellement fournie au desorbeur, la prochaine étape est la modélisation du réservoir de
stockage de l'installation.

II.3. Ballon de stockage chaud

II.3.1. Modélisation
D'après les résultats expérimentaux observés dans le chapitre précédent, nous avons pu
remarquer que le ballon de stockage présentait une différence de température pouvant aller jusqu'à
5°C entre le haut et le bas en fonction du mode de fonctionnement. Ce phénomène est dû au tirage
d'eau destiné à être chauffé par les capteurs depuis le bas du ballon et réinjecté en haut de celui ci
mais aussi, à cause du circuit désorbeur, qui puise de l'eau chaude en haut, avant de la renvoyer plus
froide en bas du réservoir de stockage. Un modèle ne prenant pas en compte cette stratification
signifie qu'il considère une température homogène dans tout le ballon. C'est à dire que la
température des fluides caloporteurs allant vers les circuits capteurs et le désorbeur est égale, alors
qu'en réalité une différence existe réellement. Par conséquent, il a été décidé d'utiliser un modèle
stratifié unidimensionnel, afin d'estimer son comportement dans toutes les configurations
envisageables.

- 173 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Le modèle utilisé est directement dérivé d'un modèle présent dans la bibliothèque du logiciel
de simulation TRNSYS (type 140/340) [6]. Il est tiré des travaux de Cynthia Ann Cruickshank [7,
8, 9] sur l'évaluation d'un réservoir de stockage thermique stratifié pour des applications de
chauffage solaire. Il s’agit d’un modèle de ballon stratifié à plusieurs paires d’entrées/sorties, qui est
adapté au système à modéliser. Ce modèle assimile le ballon à un cylindre droit de révolution à axe
vertical, entièrement rempli d’eau. Le volume d’eau est divisé en n strates horizontales de hauteurs
identiques, considérées à température homogène. Dans le cas présent, il a été choisi d'utiliser une
représentation par 4 strates, comme il y a quatre niveaux d'injection et/ou soutirage d'eau. Ces
strates sont numérotées de 1 à 4 du haut vers le bas (Figure 12). Plusieurs entrées/sorties permettent
d'injecter ou de soutirer de l’eau. Le phénomène de stratification est pris en compte en faisant
l’hypothèse que l’eau n’est pas brassée et que la température n’est homogène qu’au niveau d’une
strate.
Les phénomènes physiques pris en compte par le modèle sont :
• Les échanges de chaleur et d’eau par l’injection et le soutirage direct d’eau,
• Les échanges de chaleur par conduction à travers les différentes parois du ballon,
• Les échanges de chaleur par conduction entre strates adjacentes,
• Les échanges par convection forcée à l’intérieur du ballon.
L'écriture du modèle repose sur un certain nombre d'hypothèses, à savoir :
• la température et la densité du fluide dans chaque strate sont uniformes et constantes à
chaque pas de temps,
• la perte de chaleur vers l'extérieur de la cuve et la conduction dans les parois du réservoir est
suffisamment faible pour éviter la formation de gradients de température sur les deux autres
dimensions,

Vol 1 Tentrée circuit desorbeur


.
ou mdesorbeur
Vol 2
.
ou Qpertes i
Tsortie circuit capteurs Vol 3
.
mcapteurs
Tentrée circuit capteurs Vol 4 Tsortie circuit desorbeur
. .
mcapteurs mdesorbeur
Figure 12 : Modélisation d'un ballon de stockage stratifié (4 strates)

- 174 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Le bilan sur la première strate, dans le cas d'un retour du fluide caloporteur du champ de capteurs en
position haute (au niveau de cette première strate) donne :
dT1
Vol1 ⋅ ρ eau ⋅ Cp eau ⋅ = Énergie emmagasinée par le volume d'eau de la strate
dt
mcapteurs ⋅ Cp eau ⋅ (Tsortie circuit capteurs − T1 ) Injection et soutirage d'eau (champ de capteurs)

+ mdesorbeur ⋅ Cp eau ⋅ (T2 − T1 ) Injection et soutirage d'eau (circuit désorbeur) (13)

(k eau + ∆k ) ⋅ S ballon
+ ⋅ (T2 − T1 ) Échanges par conduction entre strates
∆x
+ US1 ⋅ (Text − T1 ) Échanges par conduction à travers la paroi

Bilan sur les strates intermédiaires dans la même configuration :


dT j
Vol j ⋅ ρ eau ⋅ Cp eau ⋅ = mcapteurs ⋅ Cp eau ⋅ (T j −1 − T j ) + mdesorbeur ⋅ Cp eau ⋅ (T j +1 − T j )
dt
(k eau + ∆k ) ⋅ S ballon ( (k + ∆k ) ⋅ S ballon (
+ ⋅ T j −1 − T j ) + eau ⋅ T j +1 − T j ) (14)
∆x ∆x
+ US j ⋅ (Text − T j )

Et enfin sur la dernière strate :


dT4
Vol 4 ⋅ ρ eau ⋅ Cp eau ⋅ = mcapteurs ⋅ Cp eau ⋅ (Tsortie circuit capteurs − T4 ) + mdesorbeur ⋅ Cp eau ⋅ (T2 − T4 )
dt
(15)
(k + ∆k ) ⋅ S ballon
+ eau ⋅ (T2 − T4 ) + US 4 ⋅ (Text − T4 )
∆x
Avec :
j : une strate, de 1 à 4 dans le cas présent,
Volj : le volume d’eau de la strate j [m3],
mcapteurs et mdesorbeur : respectivement les débits d’eau d’injection, de soutirage et de circulation

entre les différentes strates [kg/s],


Tj : la température d’eau de la strate j [°C],
keau : la conductivité thermique de l’eau [W/m.K],
∆k : le coefficient de correction de la conductivité de thermique de l'eau du fait de la
conduction élevée des parois métalliques du ballon, soit keau + ∆k = keffective,
Sballon : la section du ballon de stockage, soit la surface de contact entre chacune des strates
[m2],
∆x : la hauteur d’une strate soit la hauteur du ballon divisée par 4 [m],
USj : le coefficient d’échange thermique global à travers la paroi de la strate j [W/K]
Text : la température de l'air environnant du ballon [°C]

- 175 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

II.3.2. Validation expérimentale


Pour valider la modélisation présentée ci-dessus, deux journées d'essais avec des
configurations différentes sont utilisées. Dans le cas de la première, les débits des circuits solaire et
desorbeur sont égaux à 16 L/min. les pompes fonctionnent en même temps et la machine a démarré
dès que les conditions d'entrées satisfont son contrôle commande (80°C). Cette première journée a
été choisie afin d'observer le comportement du modèle lorsque le retour du champ de capteurs est
injecté en haut du ballon. Cette journée correspond au 11 juillet 2011. D'autre part, cette journée va
même permettre d'étudier le comportement du modèle lorsque les conditions météorologiques
extérieures sont dégradées. Ensuite, la deuxième journée est celle du 1er août 2011. Les débits de
fluide caloporteur des circuits champ de capteurs et désorbeur sont égaux. Par contre, le retour du
champ de capteurs a lieu en bas du ballon (correspondant à la troisième strate). Les entrées de ce
modèle sont les débits des fluides caloporteurs (circuit capteurs et desorbeur) et les températures
d'entrées du ballon (capteurs 213 et 215). Les sorties du modèle sont les deux températures de
sorties du ballon (capteurs 214 et 216). Dans le cas du ballon d'eau chaude, le capteur 215 est
couplé à l'entrée de la boucle solaire et le 213 à l'entrée du désorbeur de la machine. Les différents
points de mesures de l'installation sont rappelés à la figure 13.

Figure 13 : Schéma d'implantation et aperçu des différentes prises de mesures de température

- 176 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Cas du 11 juillet 2011


Les figures 14 et 15 présentent les résultats de simulation obtenus avec la modélisation décrite
précédemment. On peut remarquer que les résultats sont satisfaisants aussi bien du côté du champ
de capteurs que du désobeur. Même lorsque le champ de capteurs subit des conditions
météorologiques à fort comportement transitoires (passage nuageux), les estimations réalisées par le
modèle sont très proches de la réalité. Les écarts relatifs moyens sont de 3 % pour la puissance du
champ de capteurs et de 2% pour celle consommée par le desorbeur. Par conséquent, on en déduit
que ce modèle à quatre strates permet une prédiction assez fidèle des performances du réservoir de
stockage lorsque l'eau chaude solaire est injectée au même niveau que l'alimentation du desorbeur.

.
90 T [°C] 10 Q [kW]
9 Exp Sim
8
80
7
6
70 5
4
213 exp 216 exp 3
60
215 exp 216 sim 2
1
Heure
50 0
12:45 13:45 14:45 15:45 16:45 17:45 12:45 13:45 14:45 15:45 16:45 17:45

Figure 14 : Comparaison entre les températures et puissances expérimentales et simulées du champ de capteurs
aux bornes du réservoir de stockage (11 jullet 2011)
.

90 T [°C] 15 Q [kW]
Exp Sim
12
80

9
70
6

60 213 exp 214 exp


3
215 exp 214 sim
Heure
50 0
12:45 13:45 14:45 15:45 16:45 17:45 12:45 13:45 14:45 15:45 16:45 17:45

Figure 15 : Comparaison entre les températures et puissances expérimentales et simulées du désorbeur aux
bornes du réservoir de stockage (11 jullet 2011)

Cas du 1 août 2011


Les figures 16 et 17 présentent les résultats de simulation obtenus pour la journée du 2 août
2011. On peut également remarquer que les résultats sont satisfaisants aussi bien du côté du champ
de capteurs que du desobeur. Par contre, cette fois-ci on peut noter une légère déviation lorsque la
machine n'est toujours pas en fonctionnement. Une fois celle-ci démarrée, l'estimation devient alors

- 177 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

très proche de la réalité. Les écarts relatifs moyens sont de 5 % pour la puissance du champ de
capteurs et de 2 % pour celle consommée par le desorbeur. Par conséquent, on en déduit que ce
modèle à quatre strates permet également une assez bonne prédiction des performances du réservoir
de stockage lorsque l'eau chaude solaire est injectée à un niveau plus bas que l'alimentation du
desorbeur.

.
90 T [°C] 12 Q [kW]
Exp Sim
85
10
80
75 8
70
6
65
60 4
55
213 exp 216 exp 2
50
215 exp 216 sim Heure
45 0
12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00

Figure 16 : Comparaison entre les températures et puissances expérimentales et simulées du champ de capteurs
aux bornes du réservoir de stockage (1 août 2011)
.

90 T [°C] 14 Q [kW]
Exp Sim
85 12
80
10
75
70 8
65 6
60 4
55
213 exp 214 exp 2
50
215 exp 214 sim Heure
45 0
12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30 -213:00 14:00 15:00 16:00 17:00

Figure 17 : Comparaison entre les températures et puissances expérimentales et simulées du désorbeur aux
bornes du réservoir de stockage (1 août 2011)

Les modèles choisis pour simuler les performances du champ de capteurs et du ballon de
stockage ont été validés. Dorénavant, il est possible d'estimer la chaleur destinée à alimenter la
machine à absorption. Il reste maintenant à modéliser les deux autres circuits auxquels elle est
reliée.

- 178 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

II.4. Aéro-réfrigérant et Ventilo-convecteurs

II.4.1. Modélisation
La modélisation de chacun des échangeurs air/eau (aéro-réfrigérant et ventilo-convecteurs) est
réalisée grâce à l'application du premier principe de la thermodynamique et des hypothèses
suivantes :
• la température de sortie du fluide caloporteur est égale à celle de l'eau à l'intérieur du
de l'échangeur,
• la masse d'eau équivalente à la masse de l'échangeur est ajoutée à celle du fluide
caloporteur présente dans celui-ci.
On obtient alors l'équation suivante dans le cas de l'aéroréfrigérant :
du eau aero
M eau aero ⋅ = Qaero + Wpertes charges + mabs / cond ⋅ Cp eau ⋅ (Tentrée aero − Tsortie aero ) (16)
dt

et la suivante dans le cas des ventilo-convecteurs :


du eau ventilo−conv
M eau ventilo−conv ⋅ = Qventilo−conv + Wpertes charges + mventilo−conv ⋅ Cp eau ⋅ (Te ventilo−conv − Ts ventilo−conv ) (17)
dt

Comme les ventilo-convecteurs sont montés en parallèles, on a :


mevap
mventilo − conv =
2 (18)

L’efficacité d’un échangeur air/eau à courants croisés obéit à la relation :

1 − e (−C ⋅(1−e ))
( − NUT )

ε aéro = (19)
C
Avec
Cmin
C=
Cmax (20)
Cmin = mair ⋅ Cpair
(21)

mair est le débit d'air généré par le ventilateur de l'aéro réfrigérant

Cmax = mref ⋅ Cpeau


(22)

mref représente le débit d'eau de refroidissement circulant dans l’aéro-réfrigérant

Et où le nombre d’unité de transferts NUT est régi par l’équation suivante :


US
NUT =
Cmin

- 179 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

La méthode utilisée pour évaluer la quantité de chaleur transférée par ces échangeurs de chaleur
air/eau (Qaéro et Qventilo-conv) repose sur la notion d’efficacité [11-12]. On déduit alors :

1 − e (−C ⋅(1−e ))
( − NUT )

Qaero = ⋅ C min ⋅ (Tentree aero − Text ) (23)


C

Les expressions présentées peuvent également être écrites dans le cas des ventilo-convecteurs.
Par conséquent, on en déduit que le flux de chaleur échangé par chacun des ventilo-convecteurs
s'écrit :

1 − e (−C ⋅(1−e ))
( − NUT )

Qventil −conv = ⋅ C min ⋅ (Tentrée ventilo −conv − Tint ) (24)


C

Ces facteurs US dépendent de la surface d’échange et de la qualité du transfert thermique qui


a lieu au sein de l’échangeur. Ils ont été évalués à 4500 W/K pour l'aéroréfrigérant et 1500 W/K
pour chacun des ventilo-convecteurs grâce aux données fournies par les constructeurs. Afin de
valider la modélisation choisie pour représenter les échangeurs air/eau présents sur l'installation
(aéroréfrigérant et ventilo-convecteurs), une journée type de fonctionnement a été sélectionnée
parmi les essais réalisés sur le pilote expérimental. Les résultats de simulation sont présentés dans
les paragraphes qui suivent, en commençant par l'aéro réfrigérant.

II.4.2. Validation expérimentale du modèle de l'aéro-réfrigérant


L'essai utilisé pour cette validation est la journée du 2 juillet comme précédemment. Ce
modèle nécessite uniquement la température extérieure comme condition météorologique. Elle sera
donc représentée avec les résultats de simulation, afin d'évaluer la qualité du refroidissement. Dans
ce cas, la pompe du circuit refroissement n'est alimentée que lorsque la machine démarre. Le débit
de circulation est de 33 L/min pour l'eau et de 7800 m3/h pour l'air. Les données d'entrées de ce
modèle sont donc les débits et les températures des fluides caloporteurs en entrée (eau de
refroidissement et air extérieur), c'est à dire les températures mesurées par le capteur 201 et la
station météorologique. Les sorties du modèle sont la température de l'eau en sortie de la tour de
refroidissement (simulation du capteur 202) et la température de l'air chaud rejeté.

2 juillet 2011
La figure 18 présente les différentes températures du système ainsi que la puissance thermique
transférée à l'air grâce à l'aéro-réfrigérant. Tout d'abord, on peut remarquer que la température aux
bornes de la tour évolue même lorsque le fluide ne circule pas. Cette augmentation est due aux
apports solaires car à cette époque de l'année le soleil est au plus haut. Par conséquent, les cellules

- 180 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

climatiques ne sont pas assez hautes pour maintenir l'aéro réfrigérant à l'ombre. La modélisation
utilisée ne considère pas ce phénomène, c'est pourquoi on peut observer un écart dans ces
conditions. Par contre, lorsque la pompe démarre et que le fluide commence à circuler, on peut
noter une chute brutale de cette température. Par conséquent, seulement l'eau du circuit autour de la
mesure a été chauffé par le soleil (zone non isolé), l'information renvoyée par le thermocouple
n'était donc pas valable. Par contre, on peut remarquer à partir de ce moment là, que le modèle
estime très bien la température de sortie du fluide caloporteur. On obtient même seulement 1%
d'erreur moyenne relative entre les énergies de refroidissement expérimentales et simulées
évacuéeslors de cette journée. De plus, on peut noter que la tour de refroidissement permet
d'abaisser en moyenne la température du fluide caloporteur d'environ 5°C. On peut donc en déduire
que la modélisation choisie permet d'estimer assez bien le comportement de l'aéro-réfrigérant.

.
50 T [°C] 25 Q [kW] exp sim
Tentrée 202 exp Text 202 sim
45 20
40
15
35
10
30

25 5
Heure Heure
20 0
11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20 18:20 19:20 11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20 18:20 19:20

Figure 18 : Représentation des températures et puissances expérimentales et simulées aux bornes de l'aéro
réfrigérant pour la journée d'essai du 2 juillet 2011

II.4.3. Validation expérimentale du modèle des ventilo-convecteurs


La même journée d'essai que précédemment est utilisée pour valider la pertinence de la
modélisation choisie pour représenter les ventilo-convecteurs (2 juillet 2011). Par contre, cette fois-
ci, les conditions météorologiques ont un effet indirect sur le comportement des ventilo-
convecteurs. Elles ont une incidence sur la température intérieure des cellules climatiques. Une fois
couplées aux apports de chaleur interne, on obtient la charge frigorifique de la cellule climatique qui
sera directement représentée par la température intérieure. Cette température intérieure est utilisée
pour la simulation, afin d'évaluer la qualité de la distribution du froid, réalisée par un ventilo-
convecteur. Comme pour la pompe du circuit de refroidissment, celle du circuit d'eau glacée n'est
alimentée que lorsque la machine démarre. Par contre, comme on a pu le voir dans le chapitre
précédent, les ventilateurs des ventilo-convecteurs peuvent être allumés plus tard. La journée
choisie ici présente cette particuliarité. Les débits d'eau et d'air sont respectivement de 13 L/min et
1200 m3/h. Les données d'entrées du modèle sont également le débit de circulation des fluides

- 181 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

caloporteurs ainsi que leur température d'entrée (capteur 203) et la température interieure de la
cellule climatique. Les sorties du modèle sont la température de l'eau en sortie de ventilo-
convecteur (simulation du capteur 204) et la température de l'air froid soufflé dans la pièce. Comme
les deux ventilo-convecteurs présentent un comportement similaire, seul les résultats obtenus dans
le cas du ventilo-convecteur de la cellule climatique 1 seront présentés dans ce qui suit.

2 juillet 2011
La figure 19 présente les différentes températures du système ainsi que la puissance thermique
cédée par l'air au fluide caloporteur circulant dans les ventilo-convecteurs. Tout d'abord, comme
dans le cas précédent, on peut remarquer que la température aux bornes du ventilo-convecteur
évolue même lorsque le fluide ne circule pas. Par contre, l'évolution est plus faible comme seul un
transfert convectif naturel avec l'air intérieur permet d'échauffer le fluide. On peut observer que le
modèle tend à égaler la température du fluide à celle de l'air plus vite que la mesure ne semble le
montrer. Lorsque la pompe commence à faire circuler le fluide caloporteur, on peut remarquer que
la température du fluide baisse très rapidement aux alentours de 11°C alors que la température de
l'air intérieure continue d'augmenter. Ensuite, lorsque les ventilateurs sont allumés, on peut
remarquer que la température de l'air diminue immédiatement pour tendre vers 24°C. De plus, on
peut noter que chaque ventilo-convecteur entraîne une élévation moyenne de la température entre
l'entrée et la sortie d'environ 3°C. On peut observer que toutes ces étapes ont été assez bien
représentées par le modèle. La comparaison entre les puissances cèdées par l'air et absorbée par
l'eau montre l'efficacité de cette modélisation. Même la phase d'arrêt est assez fidèlement
reproduite. L'écart relatif moyen calculé entre ces quantités de chaleur échangées lors de la journée
est inférieur à 2%. On peut donc en déduire que la modélisation choisie permet d'estimer assez bien
le comportement des ventilo-convecteurs.
.

40 T [°C] Tentrée 204 exp Tint 1 204 sim 5 Q [kW] exp sim

35 4
30
3
25
2
20

15 1
Heure Heure
10 0
11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20 18:20 19:20 11:20 12:20 13:20 14:20 15:20 16:20 17:20 18:20 19:20

Figure 19 : Représentation des températures et puissances expérimentales et simulées aux bornes du ventilo-
convecteur de la cellule climatique 1 pour la journée d'essai du 2 juillet 2011

- 182 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

II.5. Machine à absorption Rotartica


Dans le cas de la machine à absorption, le modèle utilisé ici n'est autre que celui développé
précédemment dans ce mémoire. Cette partie présente sa validation à partir de conditions de
fonctionnement réelles, c'est à dire non contrôlées. Une journée de fonctionnement type est utilisée
pour tester la fiabilité du modèle. La journée d'essai du 2 juillet 2011 a donc été retenue. Les entrées
du modèle sont les débits des fluides caloporteurs (circuit desorbeur, absorbeur/condenseur et
évaporateur) et les températures d'entrées de la machine (capteurs 207, 209 et 211). Les sorties sont
les trois températures de sorties (capteurs 208, 210 et 212). Les capteurs 207 et 208 correspondent à
l'évaporateur, les 209 et 210 au circuit de refroidissement et les deux autres au désorbeur.

Cas du 2 juillet 2011


La figure 20 présente les différentes températures aux bornes de la machine à absorption ainsi
que les puissances de désorption, refroidissement et évaporation. Tout d'abord, on peut remarquer
que les températures simulées sont égales à celles d'entrées tant que les pompes de circulation n'ont
pas été actionnées. Par conséquent, les chaleurs consommées et produites sont nulles. Ensuite,
lorsque la machine démarre, i.e. que les pompes sont allumées et que la température de démarrage
est respectée en entrée de désorbeur, on peut remarquer que le modèle représente bien le
comportement de la machine durant la phase de démarrage. De plus, on peut également remarquer
une variation de charge au niveau de la production frigorifique. Il s'agit du moment où les
ventilateurs des ventilo-convecteurs ont été mis en marche. On peut observer que le modèle
parvient à reproduire ce phénomène et par la même occasion à correctement estimer les puissances
mises en jeu aux bornes de la machine. On obtient même respectivement 4%, 5% et 1% d'écart
moyen relatif entre les puissances expérimentales et simulées au niveau du désorbeur, de l'ensemble
absorbeur/condenseur et de l'évaporateur. On peut donc encore une fois en déduire que la
modélisation dévelopée précédemment permet d'estimer plutôt fidèlement le comportement de la
machine.
.

T [°C] Entrées 25 Q [kW]


100 Désorbeur Expérimentales Expérimentales
Simulées Simulées
20 Qabs/cond
80

15 Absorbeur/Condenseur
60
Absorbeur/Condenseur
40 10 Désorbeur

20 5
Evaporateur
Evaporateur
0 0
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 19:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 18:00 19:00

Figure 20 : Représentation des températures et puissances expérimentales et simulées aux bornes de la machine
à absorption pour la journée d'essai du 2 juillet 2011

- 183 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

À présent, comme tous les modèles des différents éléments de l'installation de


rafraîchissement solaire ont été validés, il est intéressant de tester le couplage complet, afin
d'étudier le comportement global du modèle et d'identifier des améliorations potentielles.

III. Outil de modélisation d'unité de rafraîchissement solaire

III.1. Couplage des différents composants


Pour réaliser la validation des modèles lorsqu'ils sont couplés, deux nouvelles journées ont été
sélectionnées, c'est-à-dire deux jours d'essais non utilisées précédemment lors des phases de
validation indépendantes de chacun des modèles. L'objectif étant d'étudier les résultats de
simulations avec d'autres données expérimentales et d'analyser la propagation des erreurs constatées
lors de la validation des composants. Il s'agit des journées d'essais du 10 et 11 août 2011. Les
conditions météorologiques de ces journées sont présentées sur la Figure 21. On peut remarquer que
les conditions d'ensoleillement sont similaires, mais que la température extérieure est plus
importante dans le deuxième cas. Deux configurations différentes (type et type modifié, voir
chapitre III), présentées plus loin, on été testées ces jours là.

2 2 T [°C]
1000 I [W/m ] T [°C] 27 1000 I [W/m ] 32
900 26 900
800 30
800
25
700 700 28
600 24 600
500 23 500 26
400 22 400
24
300 300
Globale Diffuse Extérieure 21 Globale Diffuse Extérieure
200 200 22
100 20 100
0 19 0 20
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00

Figure 21 : Conditions météorologiques des journées d'essais du 10 (à gauche) et 11 (à droite) août 2011

Les données d'entrée du modèle sont les ordres d'allumage des pompes de circulation des
différents circuits de fluide caloporteur (circuit desorbeur, absorbeur/condenseur et évaporateur), les
ensoleillements globaux et diffus du soleil, ainsi que les températures extérieures et intérieures des
cellules climatiques. Ces températures intérieures sont fournies dans la mesure où aucun couplage à
un modèle de bâtiment n'est réalisé, elles correpondent aux profils de charges de rafraîchissement.

10 août 2011
Cette journée d'essai a été réalisée suivant le protocole type, c'est-à-dire que la machine a
démarré lorsque la température en entrée de désorbeur était de 80 °C et les débits minimaux de la

- 184 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

machine étaient respectés (voir présentation de la machine Rotartica au chapitre II). De plus, les
débits des circuits du champ de capteurs, du désorbeur, du refroidissement et de l'eau glacée sont
respectivement de 16 L/min, 16 L/min, 33 L/min et 26 L/min. La pompe desorbeur démarre en
même temps que celle du champ de capteurs. Le démarrage de la pompe d'eau glacée entraîne
simultanément celui des ventilateurs des ventilo-convecteurs.

.
20 Ensoleillement 12 Q [kW] Expérimentales Simulées
[kW] Expérimentales Simulées
18 Reçu
16 10 Côté champs de capteurs
14 8
12
Capté
10 6 Côté désorbeur
8
6 4
4 2
Entré Expérimental Simulé
2
0 0
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00

Figure 22 : Comparaison entre les puissances solaires captées et les puissances aux bornes du réservoir de
stockage expérimentale et simulée (10 août 2011)

La Figure 22 présente les résultats de simulation obtenus avec le modèle couplé pour le
champ de capteurs. Tout d'abord, on peut remarquer que la puissance captée par le champ de
capteurs est bien estimée, seulement 2% d'écart relatif en moyenne. Puis, sur la figure de droite de
la figure 22, on peut noter que les puissances thermiques mises en jeux aux bornes du réservoir de
stockage sont également assez bien estimées.
.

20 Q [kW] Expérimentales 20 Q [kW] Expérimentales


Simulées Simulées
18 18
16 16 Tour de refroidissement
14 Absorbeur + Condenseur 14
12 12
10 10
Desorbeur
8 8
6 6 Ventilo-convecteurs
4 4
Evaporateur
2 2
0 0
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00

Figure 23 : Comparaison entre les puissances expérimentale et simulée aux bornes de la machine, de l'aéro-
réfrigérant et des ventilo-convecteurs (10 août 2011)

Ensuite, la Figure 23 présente les comparaisons entre les puissances simulées et


expérimentales aux bornes de la machine, de l'aéro-réfrigérant et des ventilo-convecteurs. On peut
observer que le modèle parvient à correctement reproduire le comportement de la machine dans son
ensemble. Le Tableau 1 indique les écarts relatifs observés entre les indicateurs de performances
expérimentaux et simulés (Chapitre III). On peut remarquer que l'écart le plus important est celui de

- 185 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

l'energie restante dans le stock en fin d'essai avec 8% d'écart. Malgré les précédents écarts, la
chaleur consommée au désorbeur est bien estimée. Par contre, on peut observer que la production
frigorifique est inférieure de 1%. La sous évaluation de la captation solaire a pénalisé la machine,
c'est pourquoi l'énergie stockée en fin de journée est plus importante. Malgré tout, le comportement
de l'installation a été respecté car le rendement des capteurs a été évalué avec un écart de seulement
2%, le COPth de la machine à 1% près et le coefficient de performance solaire de l'installation avec
seulement 2% d'écart. Le modèle se comporte donc correctement et a su prédire les performances
du système avec une précision satisfaisante.

Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap ηcapt COPsol COPth


Indicateurs de performance
kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - -
Expérimentaux du 10/08/2011 96.6 48.3 19.3 26.2 42.2 16.8 0.50 0.17 0.64
Simulés du 10/08/2011 96.6 47.1 20.8 26.3 41.3 16.6 0.49 0.16 0.63
Ecarts relatifs - 2% 8% 0% 2% 1% 2% 2% 1%

Tableau 1 : Comparaison entre les principaux indicateurs de performance expérimentaux et simulés obtenus lors
de cette journée du 10 août 2011

11 août 2011
Cette journée d'essai a été réalisée suivant le protocole modifié, c'est-à-dire que la machine
n'est autorisée à démarrer que lorsque la température en entrée de désorbeur est de 100 °C. D'autre
part, les débits volumiques des circuits du champ de capteurs, du desorbeur, du refroidissement et
d'eau glacée sont respectivement de 16 L/min, 16 L/min, 33 L/min et 26 L/min. La pompe
desorbeur démarre en même temps que celle du champ de capteurs. Le démarrage de la pompe eau
glacée entraîne simultanément celui des ventilateurs des ventilo-convecteurs.
.

18 Ensoleillement 12 Q [kW] Expérimentales Simulées


[kW] Reçu Expérimentales Simulées
16
10 Côté champs de capteurs
14
12 8
10 Capté
6 Côté désorbeur
8
6 4
4
Entrée Expérimental Simulé 2
2
0 0
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00

Figure 24 : Comparaison entre les puissances solaires captées et les puissances aux bornes du réservoir de
stockage expérimentale et simulée (11 août 2011)

- 186 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

La Figure 24 présente les résultats de simulation obtenus avec le modèle couplé pour le
champ de capteurs. Tout d'abord, on peut remarquer que l'énergie captée par le champ de capteurs
est bien estimée, seulement 1% d'écart relatif en moyenne. Puis, sur la figure de droite de la figure
24, on peut noter que les puissances thermiques mises en jeux aux bornes du réservoir de stockage
sont également assez bien estimées.
.

.
20 Q [kW] Expérimentales 20 Q [kW] Expérimentales
Simulées Simulées
18 18
16 Absorbeur + Condenseur 16 Aéro-réfrigérant
14 14
12 12
10 Desorbeur 10
8 8
6 6 Ventilo-convecteurs
4 4
Evaporateur
2 2
0 0
12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00

Figure 25 : Comparaison entre les puissances expérimentale et simulée aux bornes de la machine, de l'aéro-
réfrigérant et des ventilo-convecteurs (11 août 2011)

La Figure 25 présente les comparaisons entre les puissances simulées et expérimentales aux
bornes de la machine, de l'aéro-réfrigérant et des ventilo-convecteurs. Le Tableau 2 indique les
écarts relatifs observés entre les indicateurs de performances expérimentaux et simulés (Chapitre
III). De nouveau, on peut remarquer que l'écart le plus important est celui de l'energie restante dans
le stock en fin d'essai avec 8% d'écart. Les écarts se sont cumulés et la chaleur consommée au
désorbeur est encore sous-estimée. Par conséquent, la production frigorifique est inférieure à celle
mesuré expérimentalement lors de l'essai. Le comportement de la machine est bien respecté avec un
coefficient de performance simulé identique à la valeur expérimentale. Suite à ces premiers
résultats, on peut en déduire que le modèle se comporte relativement bien.

Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap ηcapt COPsol COPth


Indicateurs de performances
kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - -
Expérimentaux du 10/08/2011 92.3 44.3 14.3 30.0 46.5 18.0 0.48 0.19 0.60
Simulés du 10/08/2011 92.3 44.9 15.5 28.5 44.1 17.6 0.49 0.19 0.62
Ecarts relatifs - 1% 8% 5% 5% 2% 1% 0% 3%

Tableau 2 : Comparaison entre les principaux indicateurs de performance expérimentaux et simulés obtenus lors
de cette journée du 11 août 2011

L'outil de modélisation présentant des résultats satisfaisants aux incertitudes près, une étude
de sensibilité des différents paramètres de l'installation est réalisée dans la partie suivante.

- 187 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

III.2. Etude de sensibilité paramétrique


Maintenant que le modèle couplé a été validé grâce aux résultats expérimentaux, il est
possible d'évaluer par la simulation, les performances de l'installation dans différentes
configurations. Le modèle va donc permettre de quantifier certaines améliorations sur le champ de
capteurs, le réservoir de stockage, les ventilo-convecteurs et l'aéroréfrigérant. Il a été décidé
d'utiliser pour cela l'une des deux journées de la partie précédente utilisée pour valider le couplage
des modèles. On a choisi la journée du 10 août car la machine fonctionne avec la configuration
type, c'est à dire lorsque la machine démarre une fois que la température en entrée de désorbeur est
de 80°C. En revanche pour l'arrêt de la machine, il sera toujours réalisé au même instant que
précédemment, car elle ne s'était pas arrêtée seule suite à ses conditions d'entrées non respectées
mais suite à une intervention humaine. Ceci permettra de comparer les tests de sensibilités pour les
mêmes conditions d'entrées (ensoleillement, températures extérieure et intérieure) mais également
le même temps de fonctionnement. Pour ce qui est de la température intérieure, le profil de
température mesurée lors de la journée d'essai est utilisé. Par conséquent, lorsque la machine
démarre plus tôt que la configuration de référence, ce profil n'est pas modifié et les améliorations
apporté à l'installation ont un effet supérieur à la réalité dans certains cas. La configuration de
référence est celle actuelle du pilote expérimental. Les modifications du comportement entraîné par
chaque paramètre étudié sont comparées à la configuration de référence par l'intermédiaire des
indicateurs de performance.

III.2.1. Etude de sensibilité paramétrique du champ de capteurs


Il a été obervé précédemment que le champ de capteurs était sous-dimensionné. Les premiers
essais consistent donc à augmenter sa surface avec dans un premier temps des capteurs Viessmann,
puis des capteurs Tecnisun. Comme ils ne font pas la même surface, l'ajout de 4 capteurs Tecnisun
(6.24 m2) est comparé à celui de seulement 3 Viessmann (6.33 m2). Le Tableau 3 présente le
récapitulatif des résultats de l'étude de sensibilité réalisée sur le champ de capteurs. On peut
remarquer que l'ajout des capteurs Viessmann est bien plus bénéfique à l'installation que celui des
Tecnisun, avec respectivement +43% et +33% de production frigorifique. Les coefficients de
performance solaire et thermique restent sensiblement égaux, même le rendement du champ de
capteurs n'a pas été très affecté par l'élévation de la température du fluide caloporteur y circulant.
L'énergie stocké en fin d'essai se retrouve également bien plus importante que dans la configuration
actuelle. Par conséquent, l'ajout de 6 m2 supplémentaire à l'installation permettrait d'améliorer la
production de manière significative.

- 188 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap ηcapt COPsol COPth


Configurations
kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - -
Actuelle expérimentale 96.6 48.3 19.3 26.2 42.2 16.8 0.50 0.17 0.64
96.6 47.1 20.8 26.3 41.3 16.6 0.49 0.16 0.63
Actuelle simulée
- 2% 8% 0% 2% 1% 2% 2% 1%
133.6 65.3 25.7 39.6 60.9 23.9 0.49 0.18 0.60
+ 3 capteurs Viessmann
38% 35% 33% 51% 44% 43% -2% 5% -6%
132.6 62.5 24.4 36.3 56.1 22.1 0.47 0.17 0.61
+ 4 capteurs Tecnisun
37% 29% 27% 39% 33% 32% -6% -2% -5%

Tableau 3 : Synthèse des résultats de l'étude de sensibilité paramètrique sur le champ de capteurs

III.2.2. Etude de sensibilité paramétrique du réservoir de stockage


Des modifications au niveau du réservoir de stockage ont été apportées, à savoir une
augmentation, une réduction et une suppression de son volume. Dans le premier cas, on observe
tout naturellement que l'énergie stockée augmente de 30%, mais que la production frigorifique
diminue de 20%. Il semblerait que le champ de capteurs sous-dimensionnée de l'installation n'a pas
permis d'atteindre suffisament tôt la température minimale en entrée de desorbeur, réduisant ainsi le
temps de fonctionnement de l'installation tout en décalant la période pendant laquelle le
rafraîchissement est réalisé. Par contre, dans le cas où le volume de stockage est réduit de 100 L, on
peut observer l'effet inverse, c'est à dire que la production frigorifique est augmentée de 20%.
L'énergie stockée en fin de journée est également moins importante. Lorsque le réservoir de
stockage est supprimé, on peut remarquer que la production de froid est augmentée de 60% cette
fois-ci. On obtient alors un coefficient de performance solaire plus élevé de 64%.

Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap ηcapt COPsol COPth


Configurations
kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - -
Actuelle expérimentale 96.6 48.3 19.3 26.2 42.2 16.8 0.50 0.17 0.64
96.6 47.1 20.8 26.3 41.3 16.6 0.49 0.16 0.63
Actuelle simulée
- 2% 8% 0% 2% 1% 2% 2% 1%
96.6 47.2 25 22.2 34.1 13.5 0.49 0.14 0.61
+ 100 L de stockage
- -2% 29% -15% -19% -20% -2% -18% -5%
96.6 46.8 14.4 32.4 50.6 20.3 0.48 0.21 0.63
- 100 L de stockage
- -3% -25% 24% 20% 21% -3% 24% -2%
96.6 46.5 0 41.4 64.1 26.9 0.48 0.28 0.65
Sans volume de stockage
- -4% - 58% 52% 60% -4% 64% 2%

Tableau 4 : Synthèse des résultats de l'étude de sensibilité paramètrique sur le réservoir de stockage

III.2.3. Etude de sensibilité paramétrique des aéro/ventilo-convecteurs


Des améliorations et des dégradations ont été testées sur l'aéroréfrigérant et les ventilo-
convecteurs, afin d'observer leur influence sur le système de rafraîchissement solaire. Leurs

- 189 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

efficacités ont été multipliées, puis divisées par deux. Tout d'abord, on peut remarquer que ces
modifications n'ont que très peu d'influence sur l'aéro-réfrigérant. Il est donc très probablement sur-
dimensionné. Ensuite, l'augmentation des performaces des ventilo-convecteurs a très peu d'effet sur
le comportement de l'installation. Par contre, la réduction de leur efficacité entraîne une baisse de la
production frigorifique de plus de 20%. Comme les ventilo-convecteurs sont moins efficaces, ils
produisent moins de froid et la machine génère alors de l'eau de plus en plus froide qui diminue ses
performances : le COPth est réduit de 17%. Le dimensionnement optimal des ventilo-convecteurs de
l'installatiopn est très probablement entre ces deux configurations.

Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap ηcapt COPsol COPth


Configurations
kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - -
Actuelle expérimentale 96.6 48.3 19.3 26.2 42.2 16.8 0.50 0.17 0.64
96.6 47.1 20.8 26.3 41.3 16.6 0.49 0.16 0.63
Actuelle simulée
- 2% 8% 0% 2% 1% 2% 2% 1%
96.6 47 19.5 27.5 42.8 17.1 0.49 0.18 0.62
Surface aéro-réfrigérant augmentée
- -3% 1% 5% 1% 2% -3% 4% -3%
96.6 46.8 20.7 26.1 39.8 15.7 0.48 0.16 0.60
Surface aéro-réfrigérant diminuée
- -3% 7% 0% -6% -7% -3% -5% -6%
96.6 47.1 19.3 27.7 43.4 17.5 0.49 0.18 0.63
Surface ventilo-convecteur augmentée
- -3% 0% 6% 3% 4% -3% 7% -1%
96.6 46.6 21.5 25.1 36.9 13.3 0.48 0.14 0.53
Surface ventilo-convecteur diminuée
- -3% 12% -4% -13% -21% -3% -19% -17%

Tableau 5 : Synthèse des résultats de l'étude de sensibilité paramètrique sur les échangeurs air/eau

IV. Conclusion
Dans ce chapitre, le développement d'un outil de modélisation d'unité de rafraîchissement
solaire a été présenté. Il est constitué de tous les sous-systèmes qui la compose :
Le champ de capteurs solaires,
Le réservoir de stockage,
L'aéro-réfrigérant,
Les ventilo-convecteurs,
La machine à absorption,
Toutes les canalisations qui relient ces composants entre eux.

Chacun d'entre eux a tout d'abord été modélisé et validé individuellement à partir des résultats
expérimentaux obtenus en régime transitoire sur notre installation. Ils ont tous conduit à des
résultats concluant. Leur couplage a donc été réalisé afin de construire un outil d'évalution des
performances d'un système de rafraîchissement solaire par absorption [13]. Les résultats de

- 190 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

simulation étant satisfaisants, une étude de sensibilité des paramètres a été entreprise afin
d'identifier des voies d'optimisation de l'installation expérimentale. La figure 26 reprend les
principaux résultats obtenus lors de celle-ci.
.

140 Q [kWh]
Reçue Captée Stockée Desorb Abs/cond Evap
120

100

80
+43% +32% -20% +20% +60% +2% -7% +4% -21%
60

40

20

0
référence + 6 m² + 6 m² + 100 L - 100 L sans Aéro plus Aéro moins Ventilo-conv Ventilo-conv
Viessmann Tecnisun stockage stockage stockage efficace efficace plus efficace moins
efficace

Figure 26 : Représentation graphique de la synthése de l'étude de sensibilité paramétrique

Le champ de capteurs s'étant rélévé un peu sous-dimensionné, la première étude a été


d'augmenter la surface de celui-ci. 33% de surface en plus permettent d'améliorer la production
frigorifique de 43% avec une technologie Viessmann et de 32% avec une technologie Tecnisun.
Ensuite, la possibilité de fonctionner sans stockage, observée lors des essais expérimentaux réalisés
sur l'installation et présentés lors du chapitre III, a été testée à l'aide de cet outil. Le but de cette
étude était de quantifié l'impact de cette modification sur les performances de l'installation par
rapport à la configuration avec réservoir de stockage. Il s'est avéré que la production frigorifique a
été augmentée de 60% pour la date choisie. Ensuite, l'efficacité de l'aéro-réfrigérant a été modifiée
afin d'observer les conséquences sur l'installation. Les résultats de simulation nous ont permis de
conclure qu'il était déjà surdimensionné. Lorsque la même modification a été apportée aux ventilo-
convecteurs, aucune amélioration n'a été observée lorsque son efficacité a été augmentée. Par
contre, lorsque son efficacité a été réduite, des conséquences ont été observées sur le comportement
du système avec une production frigorifique réduite de plus de 20%.

Suite aux résultats encouragants obtenus grâce au modèle, différentes perspectives ont été
envisagées pour compléter l'outil de modélisation d'unité de rafraîchissement solaire par absorption.
Lors de l'étude expérimentale de l'installation, le fonctionnement sans réservoir de stockage est
apparu comme une solution performante par temps ensoleillé. Les premiers travaux consisteront à

- 191 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

étudier l'influence d'une régulation sur le débit du circuit désorbeur pour travailler à charge partielle
lorsque l'ensoleillement est moins important, afin d'éviter l'arrêt de la machine par une température
en entrée de désorbeur trop faible. Ensuite, comme il a été observé que les performances
diminuaient avec la température d'alimentation du désorbeur, il a été envisagé d'étudier le couplage
d'un réservoir de stockage intégrant des matériaux à changement de phase. Un tel stockage
permettrait de réduire son volume et augmenterait très probablement les performances de
l'installation, si la température de fusion de ces matériaux est proche de la température du régime
nominal.

- 192 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

Références bibliographiques

[1] Michael J. Moran, Howard N. Shapiro, Bruce R. Munson, David P. DeWitt, Introduction to Thermal Systems
Engineering : Thermodynamics, Fluid Mechanics, and Heat Transfer, ISBN 0-471-20490-0, 2003 by John Wiley &
Sons, Inc,
[2] J. A. Duffie, W. A. Beckman, Solar engineering of thermal process, second editions, Wiley-Interscience
Publication, 1991,
[3] Site Internet de la société Tecnisun, http://www.tecnisun.com/
[4] Site Internet de la société Viessmann, http://www.viessmann.com/
[5] R. Petela, Engineering Thermodynamics of Thermal Radiation For Solar Power Utilization, Inc, ISBN: 978-0-07-
163963-7,
[6] TRNSYS, A Transient Simulation Program, Ver. 15, University of Wisconsin Solar Energy Laboratory, Madison,
WI, 2000,
[7] C. A. Cruickshank, Evaluation of s stratified multi-tank thermal storage for solar heating applications, Queen’s
University, Kingston, Ontario, Canada, June, 2009,
[8] C. A. Cruickshank, S. J. Harrison, Heat loss characteristics for a typical solar domestic hot water storage, Energy
and Buildings 42 (2010) 1703-1710,
[9] R.J. Shyu, J.Y. Lin, L.J. Fang, Thermal Analysis of Stratified Tanks, Transactions of the ASME Journal of Solar
Energy Engineering, Vol. 111, February 1989, pp. 55-61,
[10] B. J. Newton, Modelin of solar storage tank, Master of science at the University of Wisconsin-Madison, 1995,
[11] Jan F. Kreider, Handbook of heating, ventilation and air-conditioning, ISBN 0-8493-9584-4 (alk. paper), 2001,
[12] N. Chatagnon, M. Bachmann, Caractérisation technique de la machine à absorption solaire Rotartica en régime
dynamique - Phase 2, ANNEXE - Projet ABCLIMSOL WP1, H-E15-2009-02819-FR 1.0, 2 octobre 2009,
[13] G. Anies, P. Stouffs, J. Castaing-Lasvignottes, Modeling and experimental validation of a solar cooling installation,
accepté ECOS 2012 - International Conference on Efficiency, Cost, Optimization, Simulation and Environmental
Impact of Energy Systems, Perugia, Italy, June 26-29, 2012,

- 193 -
Modélisation d’une unité de rafraîchissement solaire

- 194 -
Conclusion générale

Conclusion générale

- 195 -
Conclusion générale

Le contexte climatique et énergétique actuel est responsable d'un regain d'intérêt pour le
rafraîchissement solaire des bâtiments ces dernières années, plus particulièrement envers les
systèmes de petites puissances (inférieure à 20 kW). La raison principale est le développement du
marché du résidentiel, ainsi que du petit et du moyen tertiaire, de part l'augmentation du niveau de
vie et de la demande en confort thermique des occupants. Les machines à absorption sont les
machines frigorifiques à sorption les plus présentes sur le marché du rafraîchissement solaire que ce
soit de petites ou grandes puissances (Chapitre I). Leur combinaison avec les capteurs solaires
thermiques plans et sous vides est assez bien connue dans le domaine des grosses installations.
Cependant, dans le cas des petits systèmes, le comportement instationnaire de ces machines n’est
pas encore bien connu du fait de tous les dynamiques influençant le fonctionnement de celles-ci,
comme la ressource solaire, les conditions environnementales et la charge frigorifique du bâtiment.
De plus, l’effort technique pour l’implantation d’une installation de rafraîchissement solaire est plus
élevé que pour un système conventionnel. Ceci provient à la fois de la mise en oeuvre de la partie
production d’énergie solaire (la production d’énergie n’étant pas incluse dans les éléments d’une
installation classique), et des besoins plus élevés en évacuation de chaleur, liés à l’utilisation de
groupes de froid à sorption. Le coût de certains composants est d’autre part encore assez élevé, le
niveau de production étant loin d’avoir atteint un stade de développement industriel important. Une
capitalisation d’expérience des fabricants, des bureaux d’études et des installateurs devrait
permettre une augmentation des performances et une diminution des coûts. Grâce à l’ensemble de
ces améliorations, les systèmes devraient atteindre, étape après étape, un coût global proche des
installations conventionnelles, tout en permettant une considérable économie d’énergie primaire,
contribuant ainsi aux objectifs de réduction des impacts environnementaux de la climatisation.

L'objectif de ce travail s'inscrit donc dans le cadre de cette capitalisation d'expérience. Les
compétences du laboratoire se situant dans la modélisation de systèmes énergétiques, notre objectif
consistait à résoudre la problématique sous jacente à l'optimisation d'une unité de rafraîchissement
solaire à absorption liquide. Il s'agissait d'être capable de connaître et prédire le comportement
transitoire du système dans son ensemble, lui-même induit par le caractère instationnaire du
fonctionnement de chacun des sous-systèmes et des sources/puits auxquels il est raccordé. Ce
travail a donc consisté à réaliser des modèles pour chacun des sous-systèmes de l'installation. La
plus grande inconnue était la modélisation transitoire des machines à absorption afin de caractériser
quatre machines du marché à partir de résultats expérimentaux obtenu sur banc d'essai. Une
méthode d'identification des paramètres caractéristiques des machines à absorption a donc été
développée.

- 196 -
Conclusion générale

Dans le cadre du projet ANR ABCLIM-SOL, différentes machines à absorption domestique


simple-effet ont été testées sur banc d'essais sous conditions opératoires contrôlées en régime
permanent et transitoire [1, 2]. Des particularités ont été identifiées sur chacune d'entre elles. Tout
d'abord, différentes conceptions architecturelles ont été remarquées, plutôt classiques pour les
machines Sonnenklima et EAW Schüco et un design innovant, utilisant un tambour rotatif, pour la
Rotartica. Ensuite, chacune de ces machines possède des températures de démarrage et des plages
de températures tolérées différentes. Elles sont également dimensionnées pour fonctionner à un
régime nominal particulier, imposant des débits de fluides caloporteurs pour chacun de leurs
circuits. Par contre, il est possible de les faire varier, afin de modifier le comportement selon les
besoins et/ou la source de chaleur (fonctionnement à charge partielle), mais aucune information
n'est apportée par les constructeurs lorsque ces conditions de fonctionnement sont appliquées.
Enfin, ces machines possèdent toutes des régulations internes plus ou moins complexes, destinées à
les protéger et à optimiser le fonctionnement. Par exemple, leur contrôle commande permet d'éviter
les risques de cristallisations de la solution, pouvant endommager les éléments internes aux
machines. D'autre part, on a pu noter que certaines d'entre-elles réalisaient une accumulation d'eau
liquide dans l'évaporateur, afin d'avoir de l'eau disponible en permanence pour l'évaporation et ainsi
obtenir une production frigorifique stable toute la journée.

Grâce aux résultats obtenus en régime permanent et transitoire, une nouvelle méthode de
modélisation basée sur les phénomènes physiques a ensuite été développée, afin de répondre aux
objectifs. Son principe repose sur l'utilisation de résultats en régime statique et dynamique. Deux
étapes permettent d'identifier, dans un premier temps, les paramètres dimensionnels (facteurs US,
efficacité d'échangeur interne et débit de solution diluée) [3, 4, 5, 6, 7], puis dans un deuxième
temps, les différentes inerties mises en jeu au sein des machines (masse des échangeurs, volume de
solution et stratégie de contrôle commande), grâce aux résultats obtenus sous conditions
dynamiques contrôlées [8, 9]. Cette méthode a également pu être appliquée sur une machine
installée à l'Île de la Réunion et utilisée pour rafraîchir des salles de cours. Les résultats obtenus ont
permis de déduire que cette méthode de modélisation pouvait être appliquée à partir de résultats
expérimentaux obtenus dans des conditions réelles de fonctionnement [10], sans passage sur banc
d'essai au préalable. Les modèles phénoménologiques statiques et dynamiques de chacune des
machines étudiées, c'est à dire Rotartica (4,5 kW), Sonnenklima (10 kW), EAW Schüco LB 15 (15
kW) et EAW Schüco LB 30 (30kW), ont donc été réalisés. La méthode conduit à des modèles
permettant une très bonne estimation des performances en régime permanent et du comportement
en régime transitoire (écart relatif moyen inférieur à 5% pour les trois puissances mises en jeu aux

- 197 -
Conclusion générale

bornes des machines à absorption).

L'étape suivante consistait à partir d'un pilote expérimental à développer un outil de


simulation d'unité de rafraîchissement solaire à absorption. Par conséquent, une installation a été
réalisée au sein du laboratoire, afin d'étudier expérimentalement le comportement d'un tel procédé,
d'identifier des voies d'améliorations et d'obtenir des résultats expérimentaux indispensables à la
validation des modèles des sous-systèmes (champ de capteurs, réservoir de stockage, aéro-
réfrigérant, ventilo-convecteurs et canalisations). L'étude expérimentale, réalisée sur l'installation de
rafraîchissement solaire durant l'été 2011, a permis d'observer très rapidement que le champ de
capteurs était sous dimensionné, conduisant ainsi à des niveaux de températures de sources chaudes
inférieures aux conditions nominales. Ensuite, il a été remarqué que la technologie à échangeur des
capteurs Tecnisun modifiait la dynamique du champ de capteurs. Lorsque le fonctionnement sans
ballon de stockage a été envisagé, le champ de capteurs a été capable de fournir la chaleur
nécessaire au désorbeur avec des niveaux de températures meilleurs que dans le cas qui comprenait
le réservoir de stockage, conduisant ainsi à de très bonnes performances dans cette configuration.

Indicateurs Qsol Qcapt Qstock Qdesorb Qabs/cond Qevap Wélec ηcapt COPsol COPth COPélec
de
performance kWh kWh kWh kWh kWh kWh kWh - - - -
Moyenne 99.6 47.1 13.2 33.2 51.5 20.2 13.8 0.47 0.20 0.61 1.46

Tableau 1 : Performances moyennes de l'installation lors des essais 2011

L'installation a principalement fonctionné lors de journée ensoleillée (100 kWh/essai en


moyenne). Le rendement du champ de capteurs, équipés des deux technologies de capteurs sous
vide, a eu un rendement de 47% en moyenne pour des niveaux de températures de l'ordre de 80-
110°C. La machine à absorption a consommé en moyenne 33.2 kWh de chaleur pour produire 20.2
kWh. Elle a donc fonctionné avec un coefficient de performance thermique de 0.61 conforme aux
données du constructeur. Par contre, le COPélec n'est pas très élevé suite à quelques erreurs de
dimensionnement hydraulique (conduites trop petites et pompes surdimensionnées). C'est pourquoi,
un coefficient de performance électrique de seulement 1.46 a été obtenu. Il a été estimé que ce
COPélec pourrait être augmenté jusqu'à 4. Les principaux postes de consommations électriques sont
les pompes des circuits de refroidissement et d'eau glacée ainsi que les ventilateurs de l'aéro-
réfrigérant et des ventilo-convecteurs.

Disposant de résultats expérimentaux caractéristiques d'une installation de rafraîchissement


solaire, il a ensuite été possible d'entreprendre le développement d'un outil de modélisation d'unité

- 198 -
Conclusion générale

de rafraîchissement solaire. Il est constitué de tous les sous-systèmes qui la compose, c'est à dire le
champ de capteurs solaires, le réservoir de stockage, l'aéro-réfrigérant, les ventilo-convecteurs, la
machine à absorption et toutes les canalisations reliant ces différents composants entre eux. Chaque
modèle de sous système a été modélisé et validé individuellement à partir des résultats obtenus en
régime transitoire sur l'installation du laboratoire. Conduisant tous à des résultats de simulation
assez fidèles, leur couplage a été réalisé afin de construire un outil d'évalution des performances
d'un système de rafraîchissement solaire par absorption [11]. Les résultats de simulation étant
satisfaisants, une étude de sensibilité des paramètres a été entreprise afin d'identifier des voies
d'amélioration de l'installation expérimentale. Le champ de capteurs s'étant rélévé un peu sous-
dimensionné, la première étude a été d'augmenter la surface de celui-ci. Il a été montré qu'une
augmentation de la surface permettait d'augmenter la production frigorifique de manière
significative. Ensuite, la possibilité de fonctionner sans stockage a été testée à l'aide de cet outil afin
de quantifier l'impact de cette modification sur les performances de l'installation par rapport à la
configuration avec réservoir de stockage. Il s'est avéré que la production frigorifique a été
augmentée de 60% pour la date choisie. Ensuite, l'étude de sensibilité réalisée sur l'aéro-réfrigérant
nous a permis de conclure qu'il était surdimensionné. Lorsque la même modification a été apportée
aux ventilo-convecteurs, aucune amélioration n'a été observée lorsque son efficacité a été
augmentée. Par contre, on a pu observer que la production frigorifique a diminuée avec celle de
l'efficacité des ventilo-convecteurs.

Suite aux résultats encouragants obtenus avec l'outil de modélisation d'unité de


rafraîchissement solaire par absorption, différentes perspectives ont été envisagées. Tout d'abord,
nous pourrions améliorer la prise en compte des régulations internes des machines afin de rendre
encore plus précis les modèles transitoires de machines à absorption dévelopés lors de ce travail.
Puis, il pourrait être intégrer le calcul des pertes de charges afin de réaliser une estimation des
consommations électriques.
Lors de l'étude expérimentale de l'installation, le fonctionnement sans réservoir de stockage
est apparu comme une solution performante par temps ensoleillé. Les prochaines études pourraient
consister à évaluer l'influence d'une régulation sur le débit du circuit désorbeur pour travailler à
charge partielle lorsque l'ensoleillement est moins important, afin d'éviter l'arrêt de la machine par
une température en entrée de désorbeur trop faible.
Ensuite, comme il a été observé que les performances diminuaient avec la température
d'alimentation du désorbeur, et dans la mesure où le LaTEP est compétent en la matière, il a été
envisagé d'étudier le couplage d'un réservoir de stockage intégrant des matériaux à changement de
phase. Un tel stockage permettrait de réduire son volume et augmenterait très probablement les

- 199 -
Conclusion générale

performances de l'installation, si la température de fusion de ces matériaux est proche de celle du


régime nominal (entrée de désorbeur).
D'un point de vue pédagogique, différents travaux pratiques basés sur l'installation piolte de
rafraîchissement solaire du laboratoire sont en cours de réalisation, aussi bien sur l'étude d'une
boucle de production d'eau chaude solaire que sur le procédé de production frigorifique basé sur le
cycle à absorption utilisant une machine Rotartica de petite puissance (4.5 kW nominale).
D’un point de vue expérimental, comme le champ de capteurs solaires est apparu sous
dimensionné, il pourrait être envisageable d'ajouter des capteurs pour améliorer les performances.
De nouvelles campagnes de mesures estivales pourraient être réalisées afin de tester de nouvelles
configurations, il pourrait également être envisagé d'améliorer la conception des différents circuits
afin de réduire les pertes de charges et améliorer les performances électriques de l'installation.
Enfin, un couplage de type trigénération de la machine à absorption avec une unité de micro-
cogénération en étude par ailleurs au sein du laboratoire (Wispergen), pourrait constituer aussi un
axe de recherche et développement complémentaire à celui du rafraichissement solaire.

- 200 -
Conclusion générale

Références Bibliographiques

[1] M. Albaric, G. Anies, N. Benabdelmoumene, F. Boudehenn, J. Castaing-Lasvignottes, N. Chatagnon, F. Deque,


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[2] M. Albaric, G. Anies, N. Benabdelmoumene, F. Boudehenn, J. Castaing-Lasvignottes, N. Chatagnon, F. Deque,
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[6] Anies G., Chatagnon N., Deque F., Stouffs P., Castaing-Lasvignottes J., Study of a domestic absorption chiller.
Part 1: experimental results, soumis à Energy Conversion and Management en Août 2011,
[7] Anies G., Chatagnon N., Deque F., Stouffs P., Castaing-Lasvignottes J., Study of a domestic absorption chiller.
Part 2: numerical modeling, soumis à Energy Conversion and Management en Août 2011,
[8] G. Anies, N. Chatagnon, P. Stouffs, J. Castaing-Lasvignottes. Dynamic simulation of a domestic absorption
chiller. International Congress of Refrigeration 2011, 23rd IIR International Congress of Refrigeration, August
21-26, 2011, Prague, Czech Republic,
[9] J. Castaing-Lasvignottes, G. Anies, F. Boudehenn, P. Stouffs, Modeling and simulation of a manufactured
absorption chiller, accepté ECOS 2012 - International Conference on Efficiency, Cost, Optimization, Simulation
and Environmental Impact of Energy Systems, Perugia, Italy, June 26, 2012 – June 29, 2012,
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chiller using simplex method and experimental data, soumis à Solar Energy en Septembre 2011,
[11] G. Anies, P. Stouffs, J. Castaing-Lasvignottes, Modeling and experimental validation of a solar cooling
installation, accepté ECOS 2012 - International Conference on Efficiency, Cost, Optimization, Simulation and
Environmental Impact of Energy Systems, Perugia, Italy, June 26-29, 2012,

- 201 -
Résumé
Le rafraîchissement solaire constitue une alternative intéressante à la climatisation réalisée au moyen de machines
frigorifiques à compression mécanique de vapeur dont l’alimentation est électrique. Parmi les différentes solutions
susceptibles de convenir, l’utilisation d’un cycle frigorifique tri-therme permet une valorisation de chaleur solaire en
énergie frigorifique et constitue une voie prometteuse. Cependant, la variabilité des conditions aux limites
(météorologiques notamment) et de ses influences temporelles sur le comportement global rend, à ce jour, très difficile,
l’évaluation des performances énergétiques du système et plus encore son dimensionnement optimal, compte tenu de
l’absence de moyen d’investigation.
Cette thèse introduit la problématique du sujet et analyse les différentes technologies de rafraîchissement solaire
envisageables à l'heure actuelle, afin d'expliquer la forte prépondérance des systèmes à absorption. Ensuite, pour
répondre au problème, une nouvelle méthode de modélisation de ces machines permettant la prédiction des
performances en régime transitoire est introduite et appliquée à quatre machines du marché. Puis, une installation pilote
de rafraîchissement solaire est présentée dans le but d'analyser et de comprendre son comportement dynamique, afin
d'identifier des voies d'optimisation. Enfin, les résultats expérimentaux de cette installation sont utilisés dans le but de
développer et valider un outil complet d'analyse et d'optimisation des performances, c'est à dire depuis le champ de
capteurs jusqu'à la distribution de froid. Cet outil de modélisation de systèmes de rafraîchissement solaire pourra ensuite
être valorisé par la mise au point d'une méthodologie d'aide au dimensionnement de ce type d'installation, destiné au
décideur ou à l'ingénieur.

Mots clés : rafraîchissement solaire, absorption, modélisation, statique, dynamique, validation expérimentale.

Abstract
The general context of the thesis is the solar cooling. This is an interesting alternative to conventional air conditioning
systems, that is to say systems using mechanical vapour compression from electric power. Among the various solutions
that may be suitable, the use of a refrigeration tri-thermal cycle is a promising issue. However, given the lack of means
of investigation, the variability of the boundary conditions (including weather) and its temporal influences on the
overall behaviour makes it very difficult, to evaluate the energy performance of the system nowadays, and even more
difficult its optimal sizing.
This thesis introduces the issue of the subject and analyzes the different state-of-the-art solar cooling technologies in
order to explain the strong predominance of absorption systems. Then, to address the problem, a new method of
modelling of these machines for the prediction of transient performance is introduced and applied to four machines on
the market. Then, a solar cooling pilot is presented in order to analyze and understand its dynamic behaviour, to identify
ways of optimization. Finally, the experimental results of this plant are used in order to develop and validate a complete
analysis and performance optimization methodology, i.e. from the collector field to the cooling distribution. This
modelling tool for solar cooling systems can then be enhanced by the development of a methodology to help the design
of this type of installation, for the decision maker or for the engineer.

Key words: solar air-conditioning, absorption chiller, modeling, steady state, dynamic, experimental validation.

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