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NOUVELLES STRATEGIES DE GESTION DES CAS DE COVID-19

1. Contexte
La pandémie de COVID-19 a touché l’Afrique depuis le mois de mars créant une psychose
au sein de la population. Le Bénin a enregistré son premier confirmé au niveau du
Laboratoire national des fièvres hémorragiques le 16 mars 2020. Ce cas a fait l’objet d’une
déclaration officielle du ministre de la santé pour marquer le début d’une autre phase de
la lutte au Bénin.
En effet, depuis janvier 2020, en tenant compte de son ouverture sur le monde et de ses
échanges importants avec la République Populaire de Chine, épicentre de la maladie en
ce moment, le Bénin avait adopté les premières mesures visant à empêcher l’entrée du
virus sur le territoire national. Ainsi, des mesures visant à déconseiller les voyages vers
les pays touchés, puis l’auto-isolement des personnes revenant de ces pays ont été
développées. Les failles notées dans leur application ont amené à des ajustements
successifs. L’adoption de la quarantaine systématique a conduit à mettre sous surveillance
sanitaire ferme, toutes les personnes revenues de voyage. Avec l’amélioration de la
disponibilité des intrants de laboratoire, il a été retenu d’élargir le champ de réalisation du
test biologique réservé jusqu’ici aux cas suspects, à ces personnes à risque avant de les
autoriser à rentrer dans la population. Aujourd’hui, les risques d’une contamination
communautaire ont conduit à retenir la mise en place d’une stratégie de traitement à visée
prophylactique pour faire face au risque de contamination massive. La mise en œuvre de
cette stratégie se déroulera sous la supervision des acteurs des zones sanitaires avec des
logistiques minimales à mobiliser pour en faciliter une meilleure couverture.

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2. Généralités

La maladie à coronavirus 2019 ou Covid-19 (acronyme anglais de coronavirus disease


2019) est une maladie infectieuse émergente de type zoonose virale causée par une
souche de coronavirus appelée SARS-CoV-2. Les symptômes les plus fréquents en sont
fièvre, toux, rhume, éternuement, fatigue, douleurs de gorge, dyspnée, perte de l’odorat
ou du goût, diarrhée et, plus rarement, un syndrome de détresse respiratoire aiguë
pouvant entraîner la mort, notamment chez les personnes rendues fragiles par l'âge ou
des comorbidités. Une autre complication mortelle est liée à une réponse exacerbée du
système immunitaire (choc cytokinique).
La maladie est apparue en novembre 2019 à Wuhan, en Chine centrale avec des cas
inhabituels de pneumopathie justifiant de sévères mesures de confinement en janvier
2020. En mars 2020, l'épidémie est requalifiée en pandémie par l'Organisation mondiale
de la santé (OMS). La pandémie de Covid-19 se propage rapidement dans de nombreux
autres pays qui prennent à leur tour des mesures similaires en mars, provoquant des
fermetures de frontières, un brusque ralentissement de l'économie mondiale et un krach
boursier le 12 mars 2020.

La Covid-19 est contagieuse avec transmission interhumaine via des gouttelettes


respiratoires, surtout lorsque les gens toussent ou éternuent, ou via un contact manuel
avec une surface contaminée suivi d'un toucher de la main sur le visage. La période
d'incubation se situe généralement entre deux et quatorze jours, avec une moyenne de
cinq jours. Une proportion importante des personnes infectées ne présentent aucun
symptôme mais peuvent transmettre la maladie. Son diagnostic repose surtout sur un test
(RT-PCR) et/ou sur les images pulmonaires faites au scanner.

En termes de prévention, le lavage très fréquent des mains, la limitation des contacts
interhumains (distanciation sociale, mesures-barrières, confinement), ainsi que le port d'un
masque médical, permettent de limiter le taux de reproduction du virus et donc de faciliter
la gestion de la crise par les services de santé. Malgré des recherches intenses, il n'y a
encore ni traitement (inhibiteur ou médicament spécifique reconnu), ni vaccin.

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3. Approche de réponse

Afin de faire face à la pandémie et à ses conséquences, le Bénin a introduit dans son
arsenal de prise en charge deux molécules :

- les dérivés de la chloroquine telle que l’hydroxychloroquine (sulfate chloroquine) et


le phosphate de chloroquine
- les produits à base d’azithromycine

L’utilisation de ces molécules est décidée dans le cadre de la prise en charge des cas
confirmés. Elle est actuellement recommandée pour les contacts en vue de prévenir les
risques d’une contamination massive au niveau communautaire. Les deux stratégies
d’utilisation des molécules peuvent être conduites simultanément.

4. Stratégie de prise en charge

La prise en charge se fait par bithérapie intégrant les deux molécules. La prise en charge
est chez les sujets confirmés. Chez les cas suspects, elle démarre par une monothérapie
à la chloroquine.

▪ Chez les sujets confirmés, le schéma thérapeutique se présente comme suit :

- produit à base de chloroquine


o hydroxychloroquine 200mg comprimé : 1comprimé toutes les 8 heures (7h,
15h, 23H) pendant 10 jours
o ou phosphate de chloroquine 250 mg comprimé : 1 comprimé toutes les
deux 12h (8h, et 20h) pendant 10 jours
- azithromycine 250 mg comprimé : 2 comprimés le premier jour de traitement à 20h,
un comprimé du 2ème au 5ème jour à 20h.

Deux molécules sont utilisées comme des adjuvants au traitement afin de renforcer
l’efficacité de la chloroquine. Il s’agit

- la vitamine C à raison de 1000 milligramme par jour


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- et du zinc comprimé, un comprimé par jour pendant 10 jours

▪ Chez les sujets suspects, le schéma thérapeutique est à base de chloroquine.


L’azithromycine est associée si les résultats de laboratoire sont positifs. La
posologie de ces médicaments est la suivante :

o hydroxychloroquine 200mg comprimé : 1comprimé toutes les 8 heures (7h,


15h, 23H) pendant 10 jours
o ou phosphate de chloroquine 250 mg comprimé : 1 comprimé toutes les
deux 12h (8h, et 20h) pendant 10 jours
o azithromycine 250 mg comprimé : 2 comprimés le premier jour de traitement
à 20h, un comprimé du 2ème au 5ème jour à 20h.
Dans ce lot de patients, peuvent être classés les sujets fortement exposés à des cas
(contacts de 1er degré d’un cas confirmé), notamment les agents de santé se trouvant
à l’accueil ou le tri des structures sanitaires.

5. Site de prise en charge :

Les différents sites de prise en charge selon les cas sont :

- Cas confirmés asymptomatiques : site de quarantaine (internat, hôtel, domicile …)


- Cas confirmés graves : au niveau des CTE
- Cas confirmés symptomatiques simples : sites dédiés identifiés au niveau de
chaque zone sanitaire.

6. Stratégie de prévention

C’est une stratégie visant à contenir la pandémie, surtout à assurer l’assainissement du


réservoir de virus. Elle consiste à mettre sous une molécule et ou sous les deux molécules,
les sujets présentant des liens établissant qu’ils sont exposés à la COVID-19.

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6.1. Schémas thérapeutiques retenus et indications

Chez les sujets contacts de cas confirmés, les sujets exposés fortement à un risque non
déterminé, il faut appliquer le schéma thérapeutique suivant :

- hydroxychloroquine 200mg comprimé : 1comprimé toutes les 8 heures (7h, 15h,


23H) pendant 10 jours
- ou phosphate de chloroquine 250 mg comprimé : 1 comprimé toutes les deux 12h
(8h, et 20h) pendant 10 jours

L’application du schéma thérapeutique appelle de notre part plus de volontarisme afin de


mettre effectivement en route le traitement.

En cas d’allergie à la chloroquine, le traitement reposera sur l’administration de


l’azithromycine seul.

6.2. Mode d’administration :

Les médicaments sont administrés par voie orale uniquement en prise supervisée. Chaque
fois que nécessaire, le soignant se déplace vers le soigné à l’heure régulière pour lui
présenter les comprimés, les lui administrer et cocher la fiche thérapeutique.

6.3. Acteurs

Le schéma thérapeutique sera appliqué par le personnel chargé des soins et du suivi
médical dans les hôtels et autres infrastructures retenues pour la quarantaine sous la
supervision du médecin-coordonnateur.

6.4. Logistiques

Elle comporte les médicaments, l’eau de boisson, du citron, du sucre, un verre ou gobelet
et la fiche thérapeutique.

6.5. Eléments de suivi

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La tenue des outils de suivi est requise au cours de la prise en charge. Il s’agit de la fiche
thérapeutique et du registre qui doivent être régulièrement remplis avec les informations
sur la prise des produits, mais aussi les symptômes présentés par le patient. Pour la
pharmacovigilance, la fiche technique de notification des Effets Indésirables dus à un
médicament, un vaccin ou produit de santé doit être renseignée pour chaque cas mis sous
traitement (chimiothérapie ou chimioprévention).

7. Diagnostic et laboratoire

La nouvelle stratégie proposée pour faire face à la demande massive pouvant naître de la
transmission communautaire comporte deux volets : le recours au test de diagnostic
rapide et surtout la mise en place de centre de prélèvement décentralisé qui se rapproche
davantage de la population. Les composants de la nouvelle stratégie de diagnostic sont :

- le centre de tri et prélèvement : c’est un poste installé en dehors du centre de santé,


dans la communauté et comportant un minimum d’équipement (table chaise),
matériel de prélèvement, matériel de protection, fiche d’investigation ; ce centre
animé par deux agents de santé ou des volontaires procède au tri des cas adressés
par les centres ou venus volontairement, identifie les cas suspects chez qui les
actions appropriées sont enclenchées notamment l’isolement, le recueil
d’information pour le spot rep, le recensement des contacts, le test de diagnostic
rapide, le prélèvement d’échantillon pour le laboratoire si nécessaire, la mise en
route du traitement et la désinfection des locaux.
- le test rapide : le test de diagnostic rapide est prévu pour y être déployé. Au regard
de la spécificité élevée de ce test, tous les cas positifs seront mis systématiquement
sous traitement tandis que les tests négatifs chez les sujets suspects ou à risque
élevé seront contrôlés avec un test PCR.
- Le dispositif de laboratoire sera étendu avec des sites d’analyse pour la PCR à
Cotonou (Lazaret), Abomey-Calavi, Pobè (CDTUB), Allada (CDTLUB) et Parakou.
Les derniers appareils de QPCR commandés permettront de couvrir tous ces sites
en dehors des appareils des autres structures

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Un centre de tri et de prélèvement sera installé dans chaque chef-lieu de commune. Les
grandes communes telles Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè Podji et Parakou et Djougou
vont accueillir plus de centres afin de garantir un meilleur accès aux services.