Vous êtes sur la page 1sur 15

2 - L’amortissement :

1-1-la définition de l’amortissement :

L’amortissement est la constatation comptable et annuelle de la perte de valeur


des actifs d’une entreprise subie du fait : l’usage, temps, ou de l’obsolescence de l’actif
en question liée à une évolution des techniques ou des technologiques.

L’amortissement est enregistré dans le compte de PCM (dotations aux


amortissements).

1-2-Aspect fiscal :

La dotation est une charge particulière, en ce sens n’est pas décaissé, Cette
charge permet fiscalement une diminution du résultat imposable et donc une réduction
de l’impôt.

L’économie d’impôt qui en résulte représente ainsi pour l’entreprise une source
d’autofinancement pour ses investissements.

Donc , on constate que l’amortissement est un avantage fiscal accordé à l’entreprise


mais le problème est présenté dans la décision de l’entreprise de choisir d’une manière
optimale le mode d’amortissement appliqué autrement dit, choisir une modalité
d’amortissement plus avantageuse fiscalement et réaliser une optimisation fiscale .

D’une manière générale, il y a deux modalités d’amortissement essentiel :


l’amortissement linéaire et l’amortissement dégressif :

 L’amortissement linéaire qui consiste à répartir de manière égal la perte de


valeur des immobilisations sur la durée de vie de celui-ci.
 L’amortissement dégressif qui permet aux entreprises d’appliquer un coefficient
fiscal au taux linéaire. C’est un mode d’amortissement fiscal que l’entreprise
peut choisir ou pas.

Ce mode d’amortissement a plusieurs avantages sont :

1) Inciter les entreprises à investir.


2) Permettre à l’entreprise de déduire de leurs résultats des annuités décroissantes.
Généralement, les annuités déduites dans les premières années sont plus importantes
que les dernières annuités.

1-3-La raison d’utilisation de cette méthode :

Ce mode d’amortissement accéléré est prévu car la période normale


d’utilisation d’un élément peut dépendre également de progrès technique, des aléas de
fabrication ou de l’état de marché. Ce qui fait que les installations deviennent
démodées avant d’être usées, surtout qu’on a dans une période d’accélération
technologique.

Alors, l’entreprise peut utiliser la méthode dégressif pour : amortir les biens très
vite et en contrepartie payer moins d’impôt en diminuant le résultat obtenu mais à
condition que ce choix soit justifié pour être accepter par le fisc.

Aussi la loi donne une possibilité de passer de l’application de taux dégressif au


taux linéaire dans les derniers exercices ce qui rend la valeur d’amortissement plus
importante fiscalement même si dans les dernières années.

Scénario 1  :

En cas d’une entreprise qui veut être plus compétitive dans le marché avec
l’utilisation optimale des immobilisations qui peuvent être démodées ou moins
compétitive avec l’usage et le temps(le problème d’accélération technologique).

Dans ce cas, On Supposons qu’une immobilisation acquise le 20 aout N à 145 200


DH, amortissable sur 5 ans.

L’entreprise doit choisir le mode d’amortissement le plus rentable/optimal entre


l’amortissement linéaire et l’amortissement dégressif. L’exercice comptable coïncide
avec l’année civile.

 Le calcul de l’amortissement linéaire :
 Taux linéaire = 20%

Exercices Valeur annuité Cumule VNA


d’entrée d’amortissement

Exercice N (5mois) 145 200 12 100 12 100 133 100

Exercice N+1 145 200 29 040 41 140 104 060

Exercice N+2 145 200 29 040 70 180 75 020


Exercice N+3 145 200 29 040 99 220 45 980

Exercice N+4 145 200 29 040 128 260 16 940

Exercice N+5 (7mois) 145 200 16 940 145 200 0

Le calcul de l’amortissement dégressif :


 Le taux dégressif = taux linéaire * coefficient
= 20%*2 = 40%

Exercices VNA Annuité Cumul VNA Comparaison : Taux


(début) d’amortissement (fin) constatant/nombre
des années restantes

Exercice N (5mois) 145 200 24 200 24 200 121 000 100/4=25%

Exercice N+1 121 000 48 400 72 600 72 600 100/3 =33.33%

Exercice N+2 72 600 29 040 101 640 43 560 100/2=50%


supérieur à 40%

Exercice N+3 43 560 21 780 123 420 21 780 Taux linéaire 50%

Exercice N+4 21 780 21 780 145 200 0 Taux linéaire 100%

On constate que la méthode de l’amortissement dégressif est plus avantageuse surtout


dans les premières années alors si l’entreprise veut gonfler les charges et réduire le
résultat et puis bénéficier d’une économie d’impôt , elle doit impliquer la méthode
dégressif car elle est la méthode la plus optimale fiscalement .
Scénario 2  :
Par exemple, une entreprise (ABC) a acheté un matériel de transport (un
camion) amortissable sur 5 ans.
Au cours de 2éme année d’utilisation, le camion a fait un accident ce qui entraine une
baisse de la valeur de ce matériel avant l’expiration de sa durée de vie.
Dans ce cas, la société décide de vendre ce camion, il fait appel à un expert-comptable
pour évaluer la perte de cette valeur.
Cette perte a été enregistrée dans le compte 7512 (produit de cession
d’immobilisations), alors les produits non courants de l’entreprise peut avoir une
diminution importante ce qui engendre un résultat non courant plus faible ou négatif.
Cette opération a une incidence sur le résultat net, donc l’entreprise bénéficie d’une
diminution de résultat et puis une économie d’impôt. (Optimisation fiscale).
Scénario 3  :
L’entreprise au lieu de choisir d’acheter une voiture de tourisme et bénéficie
d’un amortissement limité à 60 000/an, elle peut choisir d’acheter une voiture de
service pour les besoins de l’entreprise et l’enregistrer comme une immobilisation et
bénéficie d’un amortissement plus élevé pour gonfler ses charges et payer moins
d’impôt (économie d’impôt= optimisation fiscale).

2-Les provisions :
2-1-la définition de la provision  :
Selon l’article 10 (I-F-2°) du C.G.I., la provision est la constatation en comptabilité
soit de la dépréciation d'un ou plusieurs éléments de l'actif non amortissables, soit
d'une charge ou d'une perte non encore réalisée et que des événements en cours
rendent probable. La dépréciation, la charge ou la perte doit être nettement précisée
quant à sa nature et d'une évaluation approximative quant à son montant.
Une provision est une déduction opérée sur les résultats d’un exercice en vue de faire
face ultérieurement à une perte ou à une charge dont l’objet est nettement précisé.
Il s’agit donc au plan fiscal d’une déduction grevant le bénéfice imposable sous
certaines conditions.
2-2-Les conditions de déductibilité fiscale des provisions :
 Elles doivent faire face à des pertes ou charges fiscalement déductibles.
 Les pertes ou les charges doivent être nettement précisées.
 Les pertes ou les charges doivent être probable.
 La charge ou la perte doit résulter d’événement en cours à la clôture de
l’exercice.
2-3-le traitement fiscal des provisions :
La provision procure à l’entreprise un avantage de trésorerie en permettant d’anticiper
des charges ou des pertes. L’étude du sort des provisions constituées nous amène à
distinguer les deux cas suivants.
Le traitement fiscal des provisions nous amène à distinguer deux cas suivants :
Cas n°1 : La provision a été régulièrement constituée
Lorsque la perte ou la charge provisionnée de réalise, il faut comptabiliser :
 Une charge ou une perte
 Une reprise de provision

Dans le cas où la perte ou la charge prévue se réalise effectivement, l’entreprise peut,


dans certains cas, bénéficier d’une économie d’impôt au niveau d’IS.
Exemple d’explication 1 :
Au 31 décembre N, La société SAADI prévoit des dépenses de révision des machines-
outils pour un montant estimé à 30.000 DH. L’entreprise décide de constituer une
provision de 50% du montant estimé à la clôture des exercices N et N+1.
Les révisions ont été effectuées le 15 avril N+2 pour un montant de 36.000
On peut résumer l’impact des opérations comptables effectuées par l’entreprise sur l’IS
comme suit ;( on travail avec l’hypothèse d’un résultat constante et un taux d’IS de
30%).
Pour N :
• L’entreprise bénéficie d’une déduction (dotation aux provisions) de 15.000 DH
• Donc une réduction au niveau d’IS de 4.500 (15.000 *0,3)
Pour N+1 :
• L’entreprise bénéficie d’une déduction (dotation aux provisions) de 15.000 DH
• Donc une réduction au niveau d’IS de 4.500 (15.000 *0,3)
Pour N+2 :
• L’entreprise constate d’une reprise de 30.000 DH
• Donc une augmentation au niveau d’IS de 9.000 (30.000 *0,3)
• L’entreprise constate aussi une charge d’un montant de 36.000, donc une réduction
d’impôt de 10.800
Donc, on conclure que l’entreprise a bénéficie d’une économie d’impôt au niveau d’IS
de 10.800.
Cas n°2 : La provision a été irrégulièrement constituée
La provision est sans objet si elle a été constituée de façon irrégulière à l’origine ou
lorsqu’elle est maintenue au bilan alors qu’elle n’a plus de raison d’être.
Quand l’administration fiscale découvre cette irrégularité, elle la rapporte aux résultats
imposables même si la provision remonte à un exercice prescrit. Dans ce cas, la
réintégration de la provision s’effectue au niveau du résultat de l’exercice le plus
ancien non atteint par la prescription.
2-4-Principales provisions couramment pratiquées :
Provisions pour dépréciation :
Les provisions pour dépréciation ont pour objet de constater une diminution de la
valeur d'un élément de l'actif. Si la dépréciation est définitive, elle se traduit par une
moins-value ou une perte.
Les principales provisions pour dépréciation sont :
 Les provisions pour dépréciation des immobilisations non amortissables :
terrains, fonds de commerce.
 Les provisions pour dépréciation de stocks.
 Les provisions pour dépréciation de créances (créances douteuses ou
litigieuses).
La déductibilité de la provision pour créances douteuses est conditionnée par
l’introduction d’un recours judiciaire dans un délai de douze (12) mois suivant celui de
sa constitution, en application des dispositions de l’article 10 (I-F-2°-3ème alinéa) du
C.G.I84.
Ainsi, les sociétés doivent, dans les douze (12) mois qui suivent celui de la constitution
de la provision :
 Soit annuler la provision devenue sans objet avant l’expiration du délai précité.
 Soit, exercer les poursuites judiciaires appropriées.
 Les provisions pour dépréciation des portefeuilles des titres.
Pour les titres cotés en bourse, la provision pour dépréciation se justifie dès lors que le
dernier cours en bourse précédant la clôture de l'exercice est inférieur au prix
d'acquisition.
Pour les titres non côtés, la provision se justifie dans la mesure où il est établi que
l'actif net réel de la société émettrice, évalué à sa valeur actuelle, s'est déprécié,
notamment du fait de déficits cumulés, de faillite ou de liquidation judiciaire, ce qui
implique l'existence d'un rapport établi par des experts ou des commissaires aux
comptes.
Provisions pour risques et charges :
 Provisions pour procès ou litiges en cours :
Lorsque des procès en cours sont intentés à l’encontre de la société, et que des risques
de versements de dommages sont probables, la société peut constituer des provisions
déductibles pour faire face à cette situation.
 Provisions pour amendes et pénalités :
Lorsque la société est amenée à payer des amendes et pénalités, elle peut constituer
une provision déductible, lorsque ces amendes et pénalités sont elles-mêmes
déductibles.
3- Impact de la variation du stock sur le résultat
A la fin de chaque exercice et lors de l’arrêté des comptes, chaque entreprise doit
procéder à l’évaluation des stocks. Alors, les stocks initiaux doivent être annulés et les
stocks finaux doivent être constatés. Ainsi, l’entreprise doit réaliser un inventaire
physique lors de chaque exercice (recensement des éléments de stock).

3.1 Variations des stocks relatives aux achats de m/ses ou de MP


La nature du solde du compte « variation des stocks » permet de déterminer le signe de
la variation dans le compte de résultat et alors l’impact de cette variation sur le
résultat.

 Variation du stock = SI – SF
Scénario 1:
Si : SI > SF S>0 Solde Débiteur Augmentation des charges
Diminution de Résultat
Scénario 2:
Si : SI < SF S<0 Solde Créditeur Diminution des charges
Augmentation de Résultat
3.2 Variations des stocks relatives aux Produits et produits en cours
 Variation du stock = SF - SI
Scénario 1:
Si : SF > SI S > 0Solde CréditeurAugmentation des Produits
Augmentation de Résultat

Scénario 2:
Si : SI < SF S<0 Solde Débiteur Diminution des Produits
Diminution de Résultat

En conclusion, l’entreprise ne doit pas attendre jusqu’à la fin de l’année pour


l’évaluation des stocks. Pour optimiser sa fiscalité par rapport au stock, il faut faire le
suivi du stock encours de l’année, pour ne pas tomber dans les scénarios qui ont
comme conséquence l’augmentation de résultat et par la suite l’augmentation de
l’impôt.

4- Rattachement des charges et produits aux exercices concernés en vertu


de principe de spécialisation des exercices

4.1 Opérations avec les Fournisseurs


Les opérations avec les fournisseurs généralement entraine des charges déductible
(Achat). Alors, Le gérant doit choisir la date optimale de payer ses charges. Il peut
décider d’étaler ou non certaines charges.
Exemple :
L’entreprise a estimé qu’elle va payer un montant important d’impôt cette année, alors
elle peut décider d’acheter un lot de matières premières (qui va les utiliser dans la
production de l’année suivante) à la fin de l’exercice et l’enregistrer parmi les charges
pour diminuer l’impôt.
4.3 Opérations avec les clients
Les opérations avec les clients génèrent généralement des produits imposables. Ainsi,
le gérant peut décider d’étaler ou non certains produits.
Exemple :
Revenu de loyer ; le locataire paye à l’entreprise un loyer couvrant la période du
01/04/2019 au 31/03/2020. Alors la partie relative à cette année, c’est un produit
imposable et l’autre partie est à déduire pour respecter le principe des spécialisations
des exercices. Donc ici, l’entreprise à diminuer son impôt (par la déduction de la partie
non lie à l’exercice), et a bénéficié d’un montant important qui peut l’utiliser pour
réaliser des investissements rentables.

5-Les écarts de conversions  :


Dans le plan comptable on peut distinguer entre deux types d’écarts de conversions :

5-1 Ecart de conversion Passif :


- Relatifs aux augmentations des créances et aux diminutions des dettes libellées
en monnaie étrangers ils sont évalues à la clôture de chaque exercice selon le
dernier cours de change.
- Ces écarts constates suite à cette évaluation sont imposable au titre de l’exercice
de leur constations.

 L’entreprise ayant à son passif des dettes libellées en monnaie étrangères doit :

 Evaluer ces dettes au cours du jour a la date de clôture de l’exercice


 Tenir compte des écarts ainsi dégagés pour la détermination de son résultat
fiscal. C’est-à-dire réintégrer au résultat fiscal de manière extracomptable ces
écarts de conversion relatifs à l’exercice de conversion des dettes ou des
créances et leur déduction extracomptable l’exercice suivant. De même, les
écarts de conversion sont provisionnés en charges déductible constatées en
comptabilité.

Gains de change :
Les créances et les dettes libellées en monnaie étrangères sont évaluées, à la clôture de
chaque exercice, selon le dernier cours de change. Les règlements relatifs à ces
créances et dettes sont comparés aux valeurs historiques et entrainent la constations
des pertes et gains de change.
Par ailleurs, les sociétés doivent convertir leurs créances et dettes figurant au bilan à la
clôture sur la base du dernier cours de change. Ce qui peut générer un écart de
conversion passif ça veut dire augmentation des créances pi diminution des dettes qui
est comptabilisé au du bilan de la société.
Ces écarts sont imposables au titre de l’exercice de leur constations.
Fiscalement, ils sont appréhendés de manière extracomptable au niveau de l’état de
passage de résultat net comptable au résultat net fiscal réintégration du nouvel écart de
conversion passif et déduction de l’ancien écart de conversion passif de l’exercice
passé.
Par ailleurs, il peut arriver que la société assure une couverture de son risque de
change. Par risque de change, il y a lieu d’entendre l’ensemble des risques auxquels est
exposée une société qui travaille avec le marché étranger, et qui sont attribuables à la
variation du cours du change dans le temps. L’objectif étant de neutraliser l’impact de
la fluctuation du cours de change relatif à une opération effectuée à l’étranger. Sur le
plan fiscal, les frais de souscription du contrat de couverture de change sont
déductibles étant donné qu’ils sont engagés dans l’intérêt de la société. Concernant les
différences de change et du fait que le contrat de couverture de change permet de
neutraliser l’impact de la fluctuation du cours de change en garantissant à la société un
taux de change fixe, aucun écart de conversion n’est à constater.

5-2Ecart de conversion Actif :


- Relatifs aux diminutions des créances et à l’augmentation des dettes constatées
suite à cette évaluation ils sont déductibles du résultat de l’exercice de leur
constations
- Ils sont bien sur évalués à la clôture de chaque exercice en fonction du dernier
cours de change.

Pertes de change :
Lorsqu’un règlement se traduit pour la société par une augmentation de la dette ou une
diminution de la créance par rapport aux montants comptabilisés, pour cause de
fluctuation monétaire, l’opération entraine la constations d’une perte de change
déductible.

Par ailleurs, les dettes et les créances libellées en monnaies étrangères, doivent être
évaluées à la clôture de chaque exercice en fonction du dernier cours de change. Les
écarts de conversion-actif, relatifs aux diminutions des créances at à l’augmentation
des dettes, constatés suite à cette évaluation sont déductibles pour la détermination du
résultat de l’exercice de leur de leur constatation aucun traitement extra comptable
n’est à effectuer car une provision comptable est constatée pour couvrir cette perte
latente.

Par ailleurs, il peut arriver que la société assure une couverture de son risque de
change. Par risque de change, il a lieu d’entendre l’ensemble des risques auxquels est
exposée une société qui travaille avec le marché étranger, et qui sont attribuables à la
variation du cours du change dans le temps. L’objectif étant de neutraliser l’impact de
la fluctuation du cours de change relatif à une opération effectuée à l’étranger. Sur le
plan fiscal, les frais de souscription du contrat de couverture de change sont
déductibles étant donné qu’ils sont engagés dans l’intérêt de la société. Concernant les
différences de change et du fait que le contrat de couverture de change permet cde
neutraliser l’impact de la fluctuation du cours de change en garantissant à la société un
taux de change fixe, aucun écart de conversion n’est à constater.

Noter bien :
Selon le principe du nominalisme monétaire, les créances et les dettes libellées en
dirhams figurent au bilan pour leur valeur nominale. Cette valeur demeure inchangée
même si la valeur du dirham se déprécie. Toutefois, il est possible de constituer des
provisions pour dépréciation sur les créances à long terme non productives d’intérêt

Les gains et pertes de change font partie des produits et charges financiers. Selon le
principe comptable de clarté, leur comptabilisation doit être effectuée de manière
distincte et ne peuvent être compensés. Toutefois, il est possible, sous certaines
conditions, de tolérer la compensation de ces gains et pertes de change à l’état écarts
de conversion.

En effet, les gains de change peut être faite pour des raisons fiscales, notamment dans
l’objectif de minimiser la base de la cotisation minimale en matière d’IS, en cas de
réalisation de résultat déficitaire par l’entreprise.

7- Résultat fiscal et paiement de l’impôt :


7-1- La gestion des déficits fiscaux :

Pour les entreprises dont l'année fiscale se solde par un déficit, l'administration
fiscale a mis en place plusieurs dispositifs de report de ces déficits fiscaux. Bien gérés,
ces reports peuvent s'inscrire dans une stratégie d'optimisation fiscale.

De cette manière, le déficit reportable représente une charge sur l’exercice dont
il est reporté. Ce dispositif réduit mécaniquement le bénéfice de l’impôt sur les
sociétés de l’année afférente. Dans le cas où le bénéfice de l’année du report ne
parvienne pas à prendre en charge tout le déficit, le reste est reporté sur les prochaines
années tant que le bénéficiaire portable n’a pas été entièrement payé. Le principal
intérêt du report en avant des déficits est la réduction ou l’annulation de l’impôt sur les
sociétés dû au titre des bénéfices. Le fait de reporter les déficits est un moyen pour
bénéficier d’une économie d’impôt.

 Une société peut très bien être fiscalement déficitaire et comptablement


bénéficiaire ou inversement.
 Un résultat fiscal négatif va donc permettre une économie d’impôt mais pas
l’année où celui-ci apparaît. Il s’agit donc d’une économie d’impôt différée.
 Toutefois, les déficits fiscaux provenant des amortissements régulièrement
comptabilisés et compris dans les charges déductibles de l’exercice, sont
reportables sans limite de temps.

Application  1 :
Soit une société ARK qui réalise au titre de l’exercice 2019, un Résultat fiscal
bénéficiaire de 500.000 DH.
Les résultats fiscaux des années précédentes sont donnés dans le tableau suivant :

Année Déficit total Sur exploitation Sur amortissements


2014 90.000 35.000 55.000
2015 311.500 251.500 60.000
2016 225.000 160.000 65.000
2017 155.000 92.500 62.500
2018 70.000 70.000 0
Total 851.500 609.000 242.500

Le résultat fiscal brut de 2019 ne permet pas l’imputation de la totalité des déficits.
Ainsi, que le déficit hors amortissement de l’exercice 2014 n’est plus imputable au
titre de l’exercice 2019, il est définitivement perdu.

Déficits reportables = 851.500 – 35.000 = 816.500

La société ARK a intérêt à déduire d’abord :


 Le déficit hors amortissement des exercices 2015 et 2016 soit :
251.500 + 160.000 = 411.500

Résultat Fiscal après imputation des déficits de 2015 et 2016 = 500.000 – 411.500 =
88.500

 Et aussi une partie du déficit hors amortissement de l’exercice 2017 :


Le déficit hors amortissement de 2017 est imputé à hauteur de 88.500.
Il reste donc à imputer sur les années suivantes un montant de (92.500-88.500 =
4.000).
Imputation total des déficits = 251.500 + 160.000 + 88.500 = 500.000
Résultat Fiscal Net en 2019 = 500.000 – 500.000 = 00

Reliquat des déficits à reporter  :


 Hors amortissements  :
- Exercice 2017 : 4.000
- Exercice 2018 : 70.000
 Amortissements différés reportables  :
- Total = 242.500

Scénario 1  :Supposons que la CM de l’exercice 2019 est de 35.500

 Is théorique 2019 sans imputation des déficits = (500.000 x 17.5%) – 22.500 =


65.000 Dh
Donc, l’entreprise va payer le montant le plus élevé qui est de 65.000
 Is théorique 2019 après imputation des déficits = 0
Donc, l’entreprise ne paiera pas de l’impôt, mais il reste redevable de la CM qui
est de 35.500

Scénario 2  :Supposons que la CM de l’exercice 2019 est de 72.523 Dh

 IS théorique sans imputation des déficits = 65.000


Donc, l’entreprise va payer le montant le plus élevé qui est de 72.523
 IS théorique après imputation des déficits = 0
Donc, l’entreprise ne paiera pas de l’impôt, mais il reste redevable de la CM qui
est de 72.523 Dh

7-2- Gestion des Acomptes :

S’il est reconnu que le report de paiement d’un montant peut donner lieu à un
gain en trésorerie certain, il n’est pas intéressant dans la mesure où l’entreprise sera
contrainte à payer des pénalités et majorations de retard selon la nature de l’impôt et en
fonction de l’importance du retard constaté.

Dans ce contexte, la société dispose d’une possibilité de ne pas payer les quatre
acomptes sur IS.
La société qui estime que le montant d’un ou plusieurs acomptes au titre d’un
exercice est égale ou supérieur à l’impôt dont elle sera finalement redevable pour cet
exercice, peut de dispenser d’en effectuer de nouveaux.

Application 2 :
La société ARK soumise à l’IS, elle établit une situation financière à la fin de
chaque trimestre et procède à des simulations en vue d’estimer le résultat final de
l’exercice ainsi que l’impôt à payer.

La société vous fournit les informations suivantes :


Trimestre Montant Date de versement
1 98.500 31-03-2019
2 98.500 30-06-2019
3 98.500 30-09-2019
4 98.500 31-12-2019

Après l’analyse de sa situation financière, la société a estimé que cette situation


est déséquilibrée, et le paiement des 4 acomptes de l’IS avec un montant de 394.000va
automatiquement affaiblir la trésorerie de l’entreprise, ce qui peut l’entraîner à la
faillite.

Supposons que l’entreprise a estimé que l’exercice suivant va certainement


bénéficiaire avec un montant très important, par exemple, il va réaliser un nouveau
projet d’investissement afin d’augmenter son activité et renforcer sa structure
financière.

Dans ce cas-là, l’entreprise va prendre la décision de reporter la totalité de


l’impôt à l’exercice suivant parce que cela donne lieu à un gain en trésorerie certain.

Même si que le report de paiement de l’impôt à une date ultérieure entraîne le


paiement des pénalités et des majorations de retard, il reste mieux pour l’entreprise de
reporter l’impôt et de payer des pénalités et des majorations plutôt que de payer
l’impôt cette année et tomber dans la faillite.

Trimestre Montant Date de versement Paiement


1 98.500 31-03-2019 A reporter
2 98.500 30-06-2019 A reporter
3 98.500 30-09-2019 A reporter
4 98.500 31-12-2019 A reporter