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Revue des Études Anciennes

Le Corps-Tombeau (Platon, Gorgias, 493 a, Cratyle, 400 c, Phèdre,


250 c)
Pierre Courcelle

Résumé
Histoire de la métaphore du corps-tombeau, de pair avec celle du corps-cadavre qui gangrène l'âme, à partir de Philolaos et
Platon, en passant par le jeune Aristote et les stoïciens. Ce thème donna lieu à toutes sortes de variantes, depuis Philon
d'Alexandrie jusqu'aux «spirituels » du XIIe siècle. A la suite des néo-platoniciens, les Pères de l'Église l'ont le plus souvent
agréé et mis en rapport avec plusieurs versets des psaumes, des évangiles et des Épitres pauliniennes.

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Courcelle Pierre. Le Corps-Tombeau (Platon, Gorgias, 493 a, Cratyle, 400 c, Phèdre, 250 c). In: Revue des Études Anciennes.
Tome 68, 1966, n°1-2. pp. 101-122;

doi : https://doi.org/10.3406/rea.1966.3766

https://www.persee.fr/doc/rea_0035-2004_1966_num_68_1_3766

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LE CORPS - TOMBEAU
Platon, Gorgias , 493 a, Cratyle, 400 c, Phèdre , 250 c.

En trois passages de ses œuvres, Platon se réfère à la doctrine


selon laquelle le corps est un tombeau pour l'âme. Dans le Gor¬
gias , écrit entre 395 et 390 avant J.-C., Socrate, après avoir cité
les vers d'Euripide : « Qui sait si vivre n'est pas mourir pour
l'âme et si mourir n'est pas vivre?1 », déclare avoir entendu dire
à un philosophe que notre vie présente est une mort, un tombeau
(σήμα), du fait qu'une des parties de l'âme est sujette à des pas¬
sions contraires 2. Dans le Cratyle , composé vers l'an 385, Socrate
rappelle que certains définissent le corps (σώμα) comme le σήμα
de l'âme, au double sens du mot : d'une part il est le tombeau où
elle se trouve présentement ensevelie, d'autre part il est le signe
ou la marque par quoi elle exprime ses manifestations ; quant aux
Orphiques, ils expliquent le nom du corps (σώμα) par une autre
étymologie : il est, selon eux, la geôle où l'âme est gardée (σφζηται)
jusqu'à ce qu'elle ait payé sa dette, c'est-à-dire expié une faute
commise dans une vie antérieure3. Enfin, dans le Phèdre écrit
un peu avant 366, Socrate joue à nouveau sur le double sens de
σήμα : tombe et marque ; il parle du temps où les âmes humaines
contemplaient la Beauté, car « nous étions purs et ne portions
pas la marque de ce tombeau (άσήμαντοι) que, sous le nom de

είναι
μέντοι
τής
μωτηρίου
έκτείση
sur
μεν3.
τό
δν
est
un
μαίνει
(Phêdon,
1.οίον
2.tonneau
μέν
docile
ce*ψυχής
Euripide,
Platon,
δπερ
τής
texte
μοι
σώμά
άναπείθεσΟοα
τά
62αaux
ψυχής,
εικόνα
bmon
ήδη
percé.
ών
αν
δφειλόμενα,
μάλιστα
;Cratyle,
Gorgias,
impulsions
Polyidos,
έστιν
Cratyle,
σημαίνη
δή
article,
του
*ώςτεθαμμένης
2νεκα
είναι
ήμΐν
400
493
ίγωγε
θέσθαι
400
καΐ
fragment
Tradition
c,τό«σώμα»,
ήa,δίδωσιν,
(πιθανός),
οΰν
σήμα,
c),
μεταπίπτειν
éd.
éd.καΐ
ψυχή,
dans
οί
τής
L.
A.άμφΐ
639,
Méridier,
platonicienne
Croiset,
ήκουσα
τής
καί
Revue
τούτον
ψυχής
unéd.
δε
έν
ταύτη
'Ορφέα
καί
Sicilien
άνω
A.
des
p.
ψυχής
τω
των
τούτο,
δέ
p.ούδέν
Nauck,
174-175
éludes
κάτω.
«νυν
περίβολον
76etτοΰτο
la
σοφών,
σήμα
τοΰτο
: traditions
παρόντι
comparait
ΚαΙ
ώσπερ
δεΐν
t.latines,
: IlΚαΙ
III,
τί>
έν
»γάρ
παράγειν
ajoute
ώς
Ιχειν,
δρθώς
βνομα,
Leipzig,
ήμεΐς
ω
αυτό
*t.chrétiennes
νυν
σήμά
καί
àέπιθυμίαι
XLIII,
un
que,
ίνα
ήμείς
καλεϊσθαι.
όνομάζεται,
τω
διότι
ώς
πίθος,
ούδέ
1869,
du
τινές
σώζηται,
ίντι
1965,
δίκην
αδ
τέθναμεν,
du
fait
είσΐ
γράμμα.
p.c'est-à-dire
ίσως
φασιν
corps-prison
τούτω
171.
p.
que
τυγχάνει
διδούσης
Δοκοΰσι
406-443.
έως
τέθνα-
l'âme
αυτό
δεσ-
Voir
σκαΐ
αν
η-
à
102 REVUE DES ÉTUDES 'ANCIENNES

corps, nous portons et promenons actuellement avec nous, atta¬


chés à lui de la même façon que l'huître est attachée à sa coquille1 ».
Cette doctrine, dans la pensée de Platon, va de pair avec celle du
bourbier où, selon la République, l'œil de l'âme est enfoui 2.
Le passage du Cratyle , corroboré par ceux du Gorgias et du
Phèdre, montre, je crois, que, comme l'ont soutenu MM. Dodds3
et Moulinier4 contre l'opinion accréditée, la doctrine du corps-
tombeau est d'origine non pas orphique, mais pythagoricienne :
le philosophe auquel fait allusion Socrate dans le texte du Gorgias
est très probablement Philolaos6. Ajoutons toutefois que les
deux traditions ont dû être associées très tôt, en tout cas à partir
de Platon.
Philon d'Alexandrie, au, Ier siècle après Jésus-Christ, at¬
tache un intérêt spécial à la doctrine du corps-tombeau et
l'utilise pour l'exégèse biblique. Il considère le νους humain comme
enchaîné par la foule des sensations trompeuses et même enseveli
dans le corps mortel qui est, au sens propre, un tombeau (σήμα)6 ;
bien des hommes, dit-il, sont des Sardanapales qui suffoquent
la substance de l'âme et l'enfouissent dans le corps7. Lorsque

καθαροί
μάζομεν,
Hermias,
Rép.,
λεκτική
άρχήν
βμμα
περιαγωγοϊς
thème
science
quant
R.
1950,
1961,
12
άτ'
δόξαις
τις
άβροδίαιτον
νάς
τήν
τομένους
σώματι
1.
2.
3.
4.
5.Harder,
6.
7.(àένδεδεμένον
Platon,
σήμα
Platon,
ούσίαν
E.
L.
Philolaos,
Philon
έπινοοΰντες
Ibid.,
X,
du
p.
notamment
propos
κατορωρυγμένον
religieuse,
ίνα
R.
ίκανωτάτω,
Moulinier,
414,
202.
«611
τό
βντες
Jn
μέθοδος
όστρέου
bourbier
τών
Dodds,
βεβαιώσηται,
Ueber
IV,
d'Alexandrie,
Phèdre,
Phaedrum,
καλέσειε,
αίμα
République,
της
e.αύτών
12.
· χρωμένη
duffragment
συγγένειαν
καΐ
122,
Texte
νους)
t.ψυχής,
G.
Ciceros
*αισθήσεων
μόνη
ήδονάς
»Orphée
The
XLVII,
σαρκών
250
άσήμαντοι
dans
Méautis,
χάνδον
p.μάλλον
τρόπον
:μηδείς
éd.
cité
Greeks
c,236,
VII,
ΈπεΙ
15,
ταύτη
αίς
'Somnium
De
laήν
éd.
et
καί
Couvreur,
άθυτα
1959,
ci-dessous,
πρός
dans
littérature
specialibus
πρός
γάρ
l'orphisme
Le
533
?3
διήλθομεν
έλεύθερον
L.
δ'
and
δεδεσμευμένοι.
τφ
δέ
αίδείσθω
ήρέμα
βχλω
πορεύεται,
mythe
:d,
p.
έντετυμβευμένον
αυτό
Robin,
H.
ψυχήν
ύπορρεΐ
"Ενιοι
τήν
the
παρασκευάζουσιν,
δντι
éd.
185-214.
Scipionis',
τούτου
p.de
Diels,
irrational,
τοσούτω
p.μόνον
grecque
άόριστον
E.
έλκει
178,
àέν
legibus,
Timarque,
p.
τέχναις.
107,
δικαστής
καί
έχόντων.
l'époque
Chambry,
δέDie
μυρία
ß43-44
τάς
29.
δΣαρδανάπαλλοι
οάπολαύειν
άφετον
n.
καί
profane
ρνυν
Königsberg,
Fragmente
Phrase
Sur
IV,
υποθέσεις
Berkeley,
βκαί
4.
παραγαγεΐ
: καί
ódans
classique,
Sur
...
άνάγει
188,
δή
όμολογών
la
ρp.t¡>
άτελεύτητον
έποπτεύοντες
coquille
έχρήν
λανθάνει
άγχοντες
174
reproduite
le
et
Revue
σώμα
éd.
βαρβαρικφ
bourbier,
αΰταρκες
chrétienne,
θνητώ
der
1951,
:άνω,
Cohn-Wendland,
1929,
άναιροΰσα,
Ούκουν,
νParis,
εάν,
des
Vorsokratiker,
d'huître,
τήν
καί
περιφέροντες
άγνοεΐν
p.
τόν
études
καί
σώματι,
p.συνερίθοις
sans
τυμβεύοντες
1955,
169,
cf.
άκρασίαν
ήν,
άπατήσαι
121,
άποτείνοντες,
τινι
dans
ήν
άνθρωπίνον
άποπνίγοντες
ένM.
commentaire
anciennes,
cf.
n.μηδενός
δπερ
έπ'
8'p.
αύγη
τόRecherches
n.Aubineau,
aussi
87.
δέγώ,
4.
24-26,
t.της
αύτήν
κυρίως
καί
άγνοεΐ.
τήν
Voir
V,
I,καθαρά
ψευδέσι
Platon,
Berlin,
ήt.έφαπ-
ψυχής
p. νουν,
συμ-
criti¬
άγαν
όνο-
δια¬
déjà
LU,
252,
και-
την
par
καί
τφ
Le
de
άν
LE CORPS-TOMBEAU 103
t
Dieu, dans la Genèse , demande à Adam : « Où es-tu? », cette de¬
mande est moins une interrogation qu'une admonestation à l'âme
qui a troqué l'immortalité et la vie heureuse contre la mort, et
se trouve ainsi ensevelie1. Lorsque Dieu maudit Caïn, il repousse
par là la prière des méchants et les considère comme morts à la
vie véritable, portant avec eux leur corps comme un tombeau
où ils ont enfoui leur âme misérable2. La nudité de Noé est,
pour Philon, l'occasion d'une exégèse allégorique sur la mise à nu
de l'âme : cette mise à nu consiste à fuir la tombe où elle fut
longtemps ensevelie, c'est-à-dire le poids de la chair : plaisirs
et passions3. Il exhorte l'âme olympienne et céleste à dépasser,
dans sa course,, et à ne pas compter au nombre des biens l'acuité
des sens, la santé, la beauté, la force physiques : ces faux biens
ne sont, en effet, que les ornements du tombeau de l'âme4. Au
contraire, les âmes qui ont pénétré la complète inanité du corps
s'en évadent comme d'une geôle ou d'un tombeau (μνήμα) et s'en¬
volent vers l'éther pour s'adonner à la contemplation des êtres
célestes 5.
Philon fait remonter à Moïse — à qui Héraclite l'aurait emprun¬
tée — la doctrine selon laquelle la mort véritable est non la mort
commune, simple séparation de l'âme et du corps, mais la mort de
l'âme ensevelie dans toutes les passions et tous les vices : pour elle,

ipsorum
Al
λεσαν
ροίς
quot
transmutatus
faciem,
sepulchri
par
preussischen
στρέφεται,
οίον
per
in
aliorum
αισθήσεων
δσοις
μεΐσθε
Buch
III,
2.
3.
4.
5.
1.quo
summam
δέ
H.
9)πρός
Ibid.,
Philon,
bonis
τύμβον
VI,
δτό
:muHum
Lewy,
πολλήν
ώς
etsi
«effectue
etiam
της
more
Non
2e
σώμα,
demutatus
αιθέρα
I,μηδέν
άκρίβειαν
uirentem
κάν
De
Akademie
éd.,
Quaest.
Quod
uirtutem,
ψυχής
esin
70,
Neue
interrogatio
aßectuum
somniis,
περιφέροντας,
temporis
φλυαρίαν
et
εύεξία
pessimos.
p.
p.Deus
seαύτών
φυγοϋσαι
miseriam,
έξαρθεισαι
Philontexte
48,
gerentes,
285
in
οίκος
uitam
καί
es,
der
totum
Gen.,
n.
Genesim,
χρήσωνται,
sit
1,(sur
ut
omiserias
2,κατατάξαι
κάλλος
139,
αύτοΰ
»Wissenschaften,
immutabilis,
uidetur
homo?
ήPhilon
agant,
in
II,
in
Gen.,
miseram
δ'
carnale
τύμβος
inμετεωροπολοϋσι
sepulcro
éd.
quibus
69,
ώσπερ
I,der
καταγνοΰσαι
περιμάχητον
P.
illud
Derelicta
quamplurimas
45,
cum
IV,
démarquerait
p.φ
νομίζον
Savinel,
pondus
Ueberarbeitung
έν
362
animam
éd.
sepultas
την
10)
150,
lumulatus
dictum,
arbitretur
έξ
ή (sur
τηRichter,
1932,
:πανάθλιον
ότιουν
είρκτης
immortalitate
éd.
των
«αυτούς
oneris
p.AGen.,
in
fuisti.
A.
82
sed
καί
δεσμωτήριον
precibus
p.
άγαθών
ici
ilio
fuerat
atque
τόν
illos
Mosès,
χρή
(éd.
at.75,
minae
ήPosidonius.
Ambrosius,
IX,
£ώμην
τόν
sesepelí
VI,
» αιώνα.
Cohn-Wendland,
μνήματος
aexpellens,
porte
ψυχήν
καλεΐν
; 21)
anxietates
άληθη
uita
Leipzig,
sicut
autem
p.
μερίδι;
uitaque
et
entes.
άνανταγώνιστον
: :coarguitio
137«uera
Εύχάς
έγκατώρυξαν.
Altera
Selon
etiam
μέν
βίον
dans
κεκόσμηται
:»malorum
sicut
1829,
'Τγείαν
Le
felicissima
emortuos
malorum
καί
τεθνάναι,
άνω
texte
Sitzungsberichte
Ε.
nudatio
euitans
fugiens
δέ
:t.p.Norden,
τύμβον
Vbi
III,
κούφοις
272
(Deus)
φαύλων
σώματος
grec
esse,
singulosque
es
uoluptates,
ad
καί
est
sepulcrum,
p.
παραδρα-
(sur
τόretrouvé
nunc,
mortem
235,
animae
auertit
Aeneis
τcorpus
σώμα
άλλα
Gen.,
άπο-
έκά
πτε-
καί
4)der
de:
104 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

le corps est un tombeau ; le quitter par la mort physique est une


délivrance, car c'est quitter « le cadavre qui nous est lié » (νεκρός
σύνδετος) 1. Cette image remonte au moins au Protreptique d'Aris-
tote, où la vie est comparée au supplice étrusque consistant à
attacher un prisonnier vivant à un cadavre2.
L'expression des Quaestiones in Genesim (I, 70) : τό σώμα οίον
τύμβον περιφέροντας, évoque surtout le Phèdre , 250 c : άσήμαντοι
τούτου δ νυν δή σώμα περιφέροντες όνομάζομεν, δστρέου τρόπον δεδεσμευμέ-
νοι. De fait, Philon fait allusion au moins deux fois à ce passage,
notamment lorsqu'il montre Moïse se dépouillant de son corps
qui l'enveloppait à la manière d'une coquille d'huître, et met¬
tant ainsi son âme à nu 3. La métaphore de l'homme qui porte

. τεθνήκαμεν
Παρό
ού
βευο
Μωυσέως
καί
ψυχής
του
έν
μενος,
ψυχή.
raclite,
p.
τεθνάναι
ζήν
βιοΰν
15,
generatione
euidentia
«de
cf.
tua
tormenti
Lactance,
consolationis
quasi
et
pose
vraisemblable,
drie
νετο
1.
ribus
diuinae
luendarum
praedonum
est
corpora
sic
2.195,
έαυτώ
hominum
les
3.
τόν
Virgile,
78,
ώς
σώματος.
ήPhilon,
quin
Aristote,
apud
nostros
etPhilon,
de
μένης
μας
pirates
τής
καί
obiurgans
Cf.
et
ζώσης
cf.
1ϊνα
P.
κοινόν,

Jamblique.
référer
:etiam
mentis
ductus
aerumnis
uiua
genus,
καί
κήδεται
De
Sextus
L.,
Aristotelem,
τών
φησιν
άκολουθήσας
έν
Ό
έστι
ζήν.
Inst.
Aen.
senserunt,
Legum
μή
δέ
causa
uanitate
ánimos
lyrrhêniens,
Etruscorum
suae
De
gigantibus
σή
t.Protreptique
cum
πάθεσι
δέ
έν τόν
III,
puisqu'il
iungebat
έξ
τόν
interpretes,
VIII,
III,
άλλά
υπό
καί
ce
compulsusque
et
euni
XLIV,
uirtutibus
Empirious,
ματι
ουκ
Ήρακλειτός
ήμΐν
dixisset
natos
ών
ψυχής,
fit
mortuis,
72,
fragment
allegoriae,
sanie
Voir
ϊδιον
έκείνων
cum
18,
έν
κακοΰ
atque
ut
qui
485-488,
quos
άποθανεΐν
τόν
συνεκέκρατο
καί
ρ.τεθάφθαι,
15,
nous
τφ
τω
778
18,
interdum
esse
corpora
ci-dessous,
dans
simili
taboque
manibus
luendorum
τω
corporibus
uitam
βίον
210
(éd.
του
ίδιον
éd.
Cicero
infelicitate
76,
κακίαις
qui
aduersa
σώματι
C.
τεθνάναι
:Hypolyposes
καί
dixerunt,
est
àβίον
«I,:δόγματι,
Revue
éd.
commémorât?
nos
A.
lS.
καί
Rose,
nos
Ό
δέ
éd.
Quanto
φησιν,
'Eudème
non
rapporté
uiuis
106-108,
καί
νεκρού
in
Moses,
ueteres
incidissent,
Durand-Bellessort,
fluentis
E.
αύτδ
»,afïectos
νεκρού
obδέ
Delobre,
aduersis
p.
άπηλλαγμένης
extremis
scelerum
έντετυμβευμένης,
philosophique,
copulatos,
esse
L.,
διαζεύξεως,
άπάσαις...
ώς
fragm.
|"κατ*
aliqua
φιλόσοφος
δτε
ali
107,
componens
dixisset
δτι
δτε
ergo
μόνον,
t.φησί
plutôt
νυν
quid
III,
p.
illi
poenam
aussi
|éd.
esse
δέ
complexu
n.XIX,
εξοχήν
δντως
28
καί
συνδέτου
accommodata
μέν
59-61),
p.
tecausa
siue
scelera
Nam
C.
μέν,
230,
partibus
crudelitate
uidisse
2,ήμεΐς
: 72
par
γάρ
supplicio
melius
ut
qu'au
«τόν
τό
Mondésert,
άλλά
γάρ
et
uates
Ex
p.
Εδ
putet
εραστής
manibusque
=éd.
cum
les
του
t.uiuos
δτε
σώματος
nasci
θάνατον,
110,
suscepta
*αρ.
ζήν
κακοΰ
240,
συμφυα
p.
in
quibus
uideantur
LXXXVIII,
«Protreptiques
άποθνήσκομεν,
C.-W.,
ήμεΐς
καί
Mutschmann-Mau,
Hortensii
Protreptique
«ueritatique
ζώμεν,
siue
Ζώμεν
64
misero
μέν
multa
»Augustin,
θανάτφ
homines,
καί
atque
n.
excogitata
cum
;11quam
πλημμελήται
(àJacques
'Ηράκλειτος
in
3.
ών
καί
σώματος
p.t.:propos
humanae,
in
ζώμεν,
τό
νδς
άλογεΐ
mortuis
quae
«sacris
longa
ει
manus
eos
V,
100
τεθνηκυίας
του
εκ
uita
uerumque
τόν
Cicero,
dialogi
νεκρού
aptissime
άποθανεΐν
έστι
δέ
iterauit
άποθανεΐν
p.
1963,
ρContra
uicinius
qui
de
d'Aristote
uidemus
Brunschwig,
(sur
καλοΰ
superiore,
necabantur,
de
6έκείνων
άποθάνοιμεν,
initiisque
sic
286,
τάς
νClément
atque
μόνον
inquit,
esse
quondam,
τάς
δστρέου
ψυχής
Mézence)
uelut
cum
ήμών.
morte
p.
Gen.,
id
τό
Leipzig,
18
sit
κατά
ψυχάς
Iulianum
colligabantur,
συνδέτου
coniunctos
του
de
171-190,
ψυχάς
ipsum
της
oribus
et
καί
in
:άριστον
ipsa
illud,
uitae
»,θάνατον,
;στοχαζό-
poenarum
Συνησθά-
έντυμ-
hominum
necabat.
tradendis
II,
d'Alexan¬
gemimus
Sur
principio
c'est
ζώντος
quorum
δηλών
:ψυχής
τοϋτο
Arislote
έν
cum
ήμών
rerum
«1958,
postea
17)
δίκην
άνα-
quod
ora,
erro-
Mor-
αής
Hé-
pro¬
τω
IV,
peu
ή: »|;
»in
I LE CORPS-TOMBEAU 105

son propre cadavre1, et celle de la coquille2 furent reprises par


Épictète. Celle-ci surtout devait avoir un succès durable3.

περιπεφυκότος
φύσιν
γάρ
μαι
πεφυκός
καί
τάζον
παίγνια
σεΐν
είναι
ούν
μέν
ται
fragm.
πον
ώσπερ
1.
2.
3. δεσποίνων,
βιουν
του
άλλο
άπό
κανωνικοί,
Épictète,
τότό
Plutarque,
ένδεδεμένη
ένθένδε
Βέν
της
καί
νεκρό
άνθρώπου
115,
του
άγαθόν...
έπηρεάζηται
ούδέν
δλίγα
νήσω
Νεκυίας.
πνευμάτια
κρείττονος,
éd.
αρ.
Diss.
ποθούσης
De
ουκ
ν,H.
ειπείν.
άλλ*
τω
Marc-Aurèle,
σάλον
φροντίζων
exilio
περιαφουμένου,
"Οτι
I,εικός
ώςDiels,
άνιάσομαι
σώματι,
20,
άπαξ
πρός
Επίκτητος
έχούση
17,
νεκρούς
τό
μετανάστασιν.
;17,
της
Die
I,607
κοχλί
έν
éd.
του
τίνων,
23,
έν
Pensées
Fragmente
διά
τω
την
J.
d,
έμαυτω
πολύν,
1,θνητού
Souilhé,
éd.
τό
ρ.ου
κελύφει
έλεγεν.
βαρυτάτην
της
βαστάζοντα,
άφειμένον
III,
Didot,
μνημονεύειν
84άγαθόν
καθάπερ
De
διανοίας
der
δέ
:41,
σώματος,
p.
Επινοεί
ψυχής
Iosepho
Cf.
t.éd.
Vorsokratiker,
78θείς
I,άνάγκην
ούκ
:IV,
των
Trannoy,
col.
φησίν
Επίκουρος
χρηματίζω,
μηδ'
άπογυμνουμένης
τό
71,
24,
εϊκος
καί
¿734
ένδον
ώστε
καν
άγαθόν
C.-W.,
óρ.άναφέρειν
έκπεφεύγως.
(après
Επίκουρος
p.102
Berlin,
Πλάτων,
είναι
όστρέου
37
δεσποτών
έναργέστερον
εΐπη
καθ'
t.: : citation
ήμών
Ψυχάριον
Παιδίων
1961,
IV,
έν δτι
ήν
τω
όστρέου
p.καί
δτι
p.
ούκέτι
παρεσκεύασ-
έν
76,
τε
d'Empedocle,
δίκην
κελύφει,
357)
την
δργαΐ
σαρκΐ
φύσει
χαλεπών
εΐ,
8προσπε-
: Είτα,
Έγώ
βασ-
κατά
περι-
δύνα¬
τρό¬
καί
δει
έσ-
τό _

έξ οϊης τιμής τε καί δσσου μήκεος δλβου

μεθέστηκεν,
νου
έκ τόπου
καί σεληνής
παραλλάξη
ού Σάρδεων
γήν άμειψαμένη
δυσανασχετεί
'Αθήνας,καίουδέ
καί
τον ξενοπαθεΐ,
Κορίνθου
έπΐ γής βίον,
Λήμνον
καθάπερ
έάν ήμικρόν
φυτόν
Σκύρον,
ενταύθα
άγεννές
άλλ' τόπον
ούρα-
άπο-

ού
νου
τήν
γεώδες
μαραΐνομένη.
ούδ'
somn.
δυνάμενα
τάξιν
έν
αύτή
Scip.
μέση
δστρεον
του
πάθοί.
XXI,
την
Plotin,
τη
χορού
2,πορεία
του
Porphyre,
éd.
περικειμένη
Enn.
*δλου
van
εί μέντοι
αύτοϋ
Weddingen,
II,
τάξιν
Senlentiae
9, άνάγκη
7,φέρειν,
χελώνη
μετ'
35,έκείνης
Bruxelles,
,éd.éd.
έπΐ
οίον
Henry-Schwuzer,
ληφθείσα
Β.γής
τάξειεν
είMommert,
1957,
ένίσχεσθαι...
χορού
p.
πατοϊτο
έαυτήν,
37,μεγάλου
p.24
p. 15,
:233
ούδέν
ού
Favonius
« Vt
4 δυνηθεΐσα
:έν
:Τά
in"Ωσπερ
αντάξει
cithara
δέ
ύπό
Eulogius,
φθείρεται
φερομέ¬
τούτων
φυγείν
tesludo,
ούν De
τό

et Dauid
sic ipsa mundanae
IV, 10, harmoniae
36, C. S. E. uelut
L.,machinam
t. XXXII,praebet
2, p. 295,
» ; Ambroise,
17 : « Cithara
De inier
estpellatione
caro nostra
lob
quando peccato moritur ut Deo uiuat ; cithara est quando septiformem accipit spiritum
in baptismatis sacramento. Testudo enim, dum uiuit, luto mergitur ; ubi mortua fuerit,
tegmen eius captatur in usum canendi et piae gratiam disciplinae, ut septem uocum dis¬
crimina numeris modulantibus obloquatur. Similiter caro nostra, si uiuat inlecebris cor-
poralibus, in quodam caeno uiuit et uoragine uoluptatum... »; Grégoire de Nysse, De
beatitudinibus oratio Vili, P. G., t. XLIV, 1298 A (sur l'âme collée et clouée par les sensa¬
tions) : ... κατά τάς χελώνας καί τους κοχλίας οΐόν τινι δστρακίνφ κα-
λύμματι ένδεδεμένη δυσπορευτός έστι πρός τάς τοιαύτας κινήσεις, δλον συνε-
πίσυρομένη
P. L., t. XXXV,
τοϋ 1371
βίου :τό« Qui
άχθος.
deus,Augustin,
penetrata Quaestwnes
carnis lestudine,
XVIIintelligendus
in Matth., est.
quaest.
lileXIII,
enim
ad margaritam ipsam iam peruenerat, quae in tegumentis mortalitatis, quasi concharum
obstáculo in profundo huius saeculi... aliquando latuerat » ; Proclus, In rem p., éd. Kroll,
t. I, p. 172, 4 : Αύτό μέν γάρ καί ή ψυχή πασα πρδς τό όστρεώδες δργανον.

T. 237,
καθαρώτερα
p.
σας
είς II,τότιρ.χθόνιον,
26
χωριστόν
126,
: Αύτή
12:
τώνκαθ'
μετά
δέ
άπό
όστρεωδών
τάς
δ του
τήν
ζή
έν τω
δστρεώδους
μετά
έκ δστρεώδει
του
τοϋ
τούτων
δστρεώδους
δστρεώδους
δντα
σώματος.
σώματι
σωμάτων.
πολλάς
σώματος
σώματος.
Ρ. 298,
Inκαί
Tim.,
15
δρμήν.
παθητικάς
Ρ.: ...
éd. άπό
299, Ρ.25187,
Diehl,
...
: τούτου
δτι
t.έχού-
11III,
δέ:

ούδέ
ένός δντος
ή έν τφ
έκείνου
δστρεώδει
τοϋ δχήματος,
σώματικαίζωή,
τόδεκαίτό τούτο
δστρεώδες
φανερόν. όμοίως
Ρ. 320, γίνεται
16: δτι ëv,
δέ
vertus
ούκ άδηλον.
naturelles
Marinus,
de Proclus)
Vita Procli
: ... 3,ώνéd.τάJ.-F.
ίχνηBoissonade
καί έν τω(Didot),
τελευταίω
p. 152καί(à δpropos
στ ρ εdes
ώ-
106 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

Aux yeux de Sénèque, les hommes esclaves de leur ventre ne


sont que des animaux ; certains même ne sont que des cadavres
d'animaux; ils vivent comme dans un dépôt mortuaire1; de
même, les paresseux qui s'adonnent au repos sans l'étude ne font
que mettre au tombeau un vivant2; les débauchés qui vivent
de nuit et craignent la mort ne se rendent pas compte qu'ils sont
d'ores et déjà des ensevelis vivants3.
Maxime de Tyr dénonce l'âme enfouie dans le corps par l'abon¬
dance et l'intensité des besoins physiques, au point de n'avoir
pas même une vision en songe de la vérité des choses 4. Il compare
à un reptile enfoui dans son trou cette âme lâche qui se complaît
dans le corps et participe à ses passions5.
Les Hermétistes considèrent que le vrai gnostique doit déchirer
le tissu de l'ignorance et pour cela mépriser le corps ; celui-ci
n'est autre, à leurs yeux, que « mort vivante, cadavre sensible,
tombeau que l'on emporte avec soi® ».
Dans sa Réfutation de toutes les hérésies , Hippolyte de Rome,
qui est peut-être un disciple de saint Irénée, attribue à Pytha-
gore la doctrine selon laquelle l'âme est enfouie dans le corps

δει537,
v. αύτου
P. G.,
περιβλήματί
t. XXXVII,έναργώς
502 A : διεφαίνετο. Grégoire de Nazianze, Lava uirginiíalis,
Ούχ ώς δή φερέοικον υπ' άχθεΐ όστρακόεντι
έλκουσαν μογερώς ύγρόν δέμας ϊχνεσι νωθροΐς.
Sur l'homme
Grégoire
660 C. de Nysse,
σκεΰοςOratio
όστράκινον,
calech. 8,cf.p.Eusèbe
42, 11 de; S.Cesaree,
Nil, Narralio
Demonslr.
VI,VII,
P. G.,
2, p.
t. LXXIX,
335, 29 ;

1. Sénèque, Epist. LX, 4, éd. Préchac, p. 92 : « Hos itpque, ut ait Sallustius, 'uentri
oboedientes' ( Calil . I, 1) animalium loco numeremus, non hominum, quosdam uero ne
animalium quidem, sed mortuorum. Viuit is, qui roultis usui est, uiuit is, qui se utitur ;
qui uero latitant et torpent, sic in domo sunt, quomodo in condiliuo. Horum licet in limine
ipso nomen marmori inscribas : mortem suam antecesserunt. » Cf. Boèce, Cons. Ph. V,
dita
metrnube
3, v. ».22, éd. L. Bieler, dans C. C., t. XCIV, p. 94, sur l'âme « nunc membrorum con¬
2. Ibid., LXXXII, 3, p. 102 : « Puto, aeque qui in odoribus iacet, mortuus est quam
qui rapitur unco : otium sine litteris mors est et hominis uiui sepultura. »
3. Ibid., CXXII, 3, p. 82 : « Et hi mortem timent, in quam se uiui condiderunl. »
4. Maxime de Tyr, Philosophumena X, 1, éd. Hobein, p. 111, 15 : Ένύπνίον γάρ zi
Ιστιν
σώματι άτεχνώς
ύπό κόρου
ούτοσί
κα! 6πλησμονής
δεϋρο βίος,μόγις
καθ'πωςδνόνεψώττει
ή ψυχή κατορωρυγμένη
τά δντα. έν
5. Ibid., VII, 5, p. 82, 16 : Ή δέ δειλή ψυχή κατορωρυγμένη έν σώματι,

ώς6.81,έρπετόν
λαγηναι
συσπαράττεται
ρ. Hermelica
18 : αύτου,
κατορώρυκτο.
νωθές
VII,
καί
ούδέ
2,εις
άλγοΰντι
éd.
έξερπύσαι,
φωλεόν,
Nock-Festugière,
τφ φιλεΐ
σώματι
άλλά τόν
καιομένω
συναλγεΐ
p. φωλεόν
81 : Πρώτον
συγκάεται,
καί
καΐβοώντι
ούδεπώποτε
δέ δει
συμβοα.
καίσεσπαραττομένφ
περιρρήξασ-
θέλει
Cf. VII,
άπαλ-
5 α,

θαι Ôv φορείς χιτώνα, τό της άγνωσίας ύφασμα, τό της κακίας στήριγμα, τόν
της φθοράς
νεκρον, τόν περιφόρητον
δεσμόν, τόν σκοτεινόν
τάφον.περίβολον, τόν ζώντα θάνατον, τόν αίσθητόν
)

LE CORPS-TOMBEAU 107

comme dans un tombeau1. Clément d'Alexandrie, dans son


Protreptique , utilise le Protreptique d'Aristote lorsqu'il compare
l'action qu'exerce sur les hommes le serpent diabolique, au sup¬
plice étrusque du vivant attaché à un cadavre2. Par exemple,
le démon fait prendre pour des temples de dieux immortels des
lieux bâtis en réalité sur des tombes ou des prisons (entendons
par là : sur des cadavres) 3.
Dans les Stromates, Clément lutte contre le gnostique Marcion,
dont les doctrines lui semblent manifestement imprégnées de
platonisme. Il cite à ce propos notre passage du Cratyle et at¬
tribue à Orphée l'idée que le monde — et plus spécialement
notre corps — sont une prison, un lieu de punition infligée à l'âme ;
quant au corps-tombeau, il est persuadé que Platon suit sur ce
point la doctrine de Philolaus 4. S'il blâme Marcion de platoniser,

'νυν
ρας
των
οίονεΐ
νάτους,
γες
ρυγμένον
κονιαμένοι,
θρωπος
αιχμαλώτους
νομένους,
δεικνύντας
φεύξεσθε
Amobe,
tholis
contegere
proirptum
nibus
notera
ci-dessous,
qui
sous,
γάρ
3,άποκαθαίρεσθαι
κολάζεσθαι
αυτό
λέγει
σημαίνει
μέντοι
ένεκα
μάντιες,
σήματί
1.3.
2.4.
ρ.précède
τόν
είναι
τούς
Hippolyte,
Clément
Ibid.,
άστρων
Clément
203,
p.
ένταΰθα
contumeliam,
είναι
sunt
έγκατορωρυγμένας
δίδωσι
γάρ
que
μάλιστα
Adv.
δταν
αύτόν
110,
6 5ώς
έκ
ciñeres
άπορραγάδας
&άνθρώπους,
ζών
τουτέστι
est
n.
τούτο)
III,
les
aureis
:της
των
immédiatement
δτήν
γέμοντες,
n.nal.,
Πλάτων
άν
έν
των
d'Alexandrie,
4,των
διά
φέρεσθαι
συνδεΐν
aut
expressions
»44,
Πυθαγόρειος
τούτον
3).
correspondent
τήν
Elenchos
(cf.
τω
σημαίνη
(Crai.
ψυχής,
ειδώλων
ψυχήν
θέσθαι
δέ
atque
ένταϋθα
VI,
et4;
pro
τινας
τέθαπταΐ.
σωμάτων
Matth.
quorum
σώματι.
τούς
ταΐς
ψυχήν
p.6,
sublimibus
dis
400
δέ
λέγονται
καί
έμοί
φησίν,
34,
ossa
*οί
éd.
έν
τιμωρίας
VI,
του
ώς
immortalibus
ένσωματουμέναις
τάφους
de
τά
ήέν
είναι
XXIII,
Protrept.
δεσμωτηρίων
Strom.
b-c).
νέκυν,
le
τω
6Marchesi2,
άμφί
delubra
25,
Clément,
θείαν
ψυχή,
et
τεθαμμένης
:Κρατύλω
ώδε
άπολυθώμεν.
δοκεΐν,
τεμένη
ήλιου
Τοΰτο,
au
passage
Νεώς
σώματι,
Ισωθεν
functorum
"Αξιον
elata
Cf.
4,
σώμασιν,
δέ
κολάσει
'Ορφέα
III,
ώς
*ά27).
οιονεί
G.
οΰσαν
Théodoret,
I,Μαρτυρέονται
τούς
et
καί
αύτάς
νεώς
ψυχά
μέν
τάφους
aristotélicien
fastigiis,
κολαστήριον,
3,
φησίν,
7,
βαρβαρικώς
p.
C.templa
έν
mortuos
Όρφεΐ
όστέων
13,
λέγει
δέ
4,
313,
ταύτη
S.,
έκφεύγοντες,
εύφήμως
de
τοΰτο
τάφ<ρ,
έν
έπικεκλημένους.
άστέρας,
τω
2στ'
esse
καθάπερ
V,
G.
θνητάς
καί
2,ψυχαΐς
Jamblique,
t.3μνήματι
£στι
έν
C.
8,Therap.
mortuorum
G.
δέ
;XXVI,
auctorum
σώματι
uos
τινάς
corporum
«της
αν
σήμα
τό
τόν
νέκρων,
22,
S.,
τω
C.
Quid
ώδε
relatif
άνίστασθαι
τό
δνομαζομένους,
colere,
τιμωρούμενον,
δνομα,
δέ
αύτοϊς
κολάζεσθαι,
προσήκει
S.,
t.μέν,
καί
ρ.
λόγον
Φιλολάου
εις
νυν
ήV,
*p.καί
είρημένον
XII,
quod
έπΐ
t.συνέζευκται
93,
δεσμωτήρια...
Protrept.
«όρθώς
conscriptionibus
au
152,
τάς
κολαστήριον
καί
13,
δταν
XV,
παρόντι
Καί
sepulturas?
δτι
aut
superiate
τόν
καί
ώς
13
Χ,
οί
p.
multa
άνατίθησι
supplice
éd.
ψυχάς
18
inexpiabilem
κατ'
ούκ
τάφω
p.
παλαιοί
8,Ιλεον
γάρ
:δίκην
91,
δέώσιν
λέξεως
συσσαπώσιν.
Λέγουσι
8,Canivet,
καλεΐσθαι.
4: ex
dans
201,
Λέγει
:καί
*1,
éd.
:Ιστιν
αυτούς.
σήμά
sunt

τάφους
καί
Τάφοι
Αίκίζεται
τόν
ρ.
καί
των
έν
his
étrusque
διδούσης
Nonne
17
Pistelli,
les
γίνεσθαι
έγκατορω-
ουχί
νεκροΐς
τόν
67,
μνημονευσαι,
θεολόγοι
τω
templa,
:διότι
έξ
bustis?
έν
δτινές
conprobatur
καθάπερ
dans
δέ
textes
Κατάγουσι
ζώων
fieri
13
Πυθαγό¬
ούράνων.
III,
έστέ
δέ
περί
σώματι,
ύμΐν
κόσμον
Δοκοΰσι
οίp.:Sources
patet
(ci-des¬
δέ
εισέτι
τοϋτφ
κατα-
ών
numi-
φασιν
έργω
Φρύ-
48,
3,
άθα-
τούς
»quae
άπό
cités
κε-
του
άν¬
γε¬
καί
On
16,
δή
et*
1,
έν
108 BEVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

Clément n'en approuve pas moins saint Paul d'avoir écrit que
« le corps est mort à cause du péché » (Rom. VIII, 10), montrant
par là que, s'il n'est pas un temple de Dieu, il est le tombeau de
l'âme1. A plusieurs reprises, il remploie aussi, en le christianisant,
le passage de la République de Platon sur l'œil de l'âme enfoui
dans le bourbier du corps2.
Tertullien lutte de même,, dans son De resurrectione , contre
les Gnostiques : Marcion, Apelle, Valentin, Alexandre'; car ils
appellent le corps un cadavre3. Il leur reproche leur interpré¬
tation allégorique de l'épisode de la Genèse (XXIII, 4) où Abraham
cherche un tombeau pour inhumer Sara. Ces Gnostiques disent que
la vraie mort est l'ignorance où l'homme est enseveli lorsqu'il
ne connaît pas Dieu ; étant mort à Dieu, il croupit dans son erreur
comme dans un tombeau ; selon eux, la résurrection de la chair
n'a pas un sens physique ; elle signifie que l'on dissipe la mort de
l'ignorance, que l'on sort du tombeau du vieil homme, selon la
parole du Christ comparant les scribes et les Pharisiens à des
sépulcres blanchis4. D'autres disent que sortir du tombeau est

chrétiennes,
pose
έν
φηνίζων
10),
χής.
ψυχών.
αυτη
λήσαί
τω
νον
θεώ,
τό
σαρκΐ
είς
θοΰσιν,
7,έν
men.
Harnack,
etiam
discidium
minus
qu£i
et 4.
(après
ρύττοντες.
1.
3.
2.
conclut,
G.
σβορβόρφ
έν
ήδονήν
δηλών
ίχθύι
τών
quis
ήClément
Tertullien,
à»C.
Cf.
θάπτοντες
ήin
mortem
citation
κατορωρυγμένον
μCf.
άκάνθαις
laS.,
ποτε
ατροφή
Eusèbe
ούκ
adita
errore
άλλων
doctrine
τά
Marcion,
carnis
τP.
τω
p.t.ώς
ιτράγων
γενέσθαι
προειρημένα
230,
Monceaux,
2φη
d'Alexandrie,
είδότες
LVII,
XVII,
καλουμέν<ρ
spiritaliter
ueritate
deStrom.
δτι
iacuerit
De
de
κακίας
καΐ
atque
ζώων
φυόμενον
I16
;du
Césarée,
resurrectione
p.
μή
Cor.
resurrectione
p.
: Ισραηλιτική,
τούς
δίκην
Cralyle
Άνθ'
97,
II,
δτι
»animae,
redanimatus
230,
νεώς
65,
έν
quam
κατορ
Histoire
XV,
óintellegendam.
145.
σφετέρους
1,34.
χρώμενος
έπιβοφ
τη
τό
Vita
Paedagog.
8νω
Strom.
1ρόδον
έκχυθέντες,
δτου
(cf.
32)
3,
etetinμαργαρίτην
γαστρί
μέν
sed
deConstanlini
3,
mortuorum
suiv.
I.
τά
littéraire
mortuorum
ώsepulchro.
: δή
Philolaus
Oi
G.
III,
*Cor.
ρυκται.
άβλαβώς
ignorantiam
etακοΰται
ή« C.
μάλιστα
νεκρούς,
;δέ
οδν
Τό
αύτη,
II,δέ
reuiuificatus
il11,
την
III,
S.,
Non
ούκ
reproduit
de
1,μέν
οίον
τετάφθαι
έθνική
IV,
77,
t.Itaque
18,
XIX,
sur
16
III,
καρδίαν
l'Afrique
έξευρεϊν.
τόν
enim
λαβείν
σώμα
αΰριον
XV,
Cf.
έοικώς,
2,
;3,
έφυβρίζοντες
3,
τουτέστιν
φύσει
le
VI,
26,
Dei,
9,
p.
VI,
corps-tombeau
G.
νουν
3,hanc
p.
περιττή
et
Deo
le3,
C.
230,
νεκρδν
19),
per
C.
άληθώς,
chrétienne,
9,
έχειν.
114,
καί
6,
passage
resurrectionem
éd.
C.,
ρευστόν
II,
δp.
ignorantiae
αυτήν
S.,
44,
esse
23
τάφος
quam
έγκατορύξας
Heikel,
τεχνίτου
δή
15
t.20,
αυτούς
944
t.3,*δι'
:in
II,
III,
:XII,
«τω
φησιν
ΓΓρός
ρ.
ci-dessus
118,
ένhomo
άλλ'
Γεωργού
άμαρτίαν
:σώφρων
uero,
ον,
t.p.
Platon,
453,
«p.
τφ
11,
δ'
σώματι,
I,p.
925
εις
5,
...
morte
89,
ήδη
τόν
ήp.
τούτοις
'Αριστοτέλης
έστίν
167,
eam
quae
σώματι
79,
27,
mortuus
ρ.adserentes
ψυχή
θάνατον
:353-363
31
de
Resp.
έν
«177,
τεθνήκασι
μέν
et
ούδ'
6uindieandam,
4,
discussa
Cadaueris
»sit
:ταφεώνα
Clément,
Ιτι
δστρείου
:VII,
{Rom.
καθηδυπα-
τη
Αυτάρκης
ρ.
δέ
6οδν
III,
in
καθάπερ
Deo
της
;:αν
κοιλίςι,
280,
κατο-
έπίσα-
αύτών
A.
15,
medio,
ΟΙ
ipsam
410
VIII,
ϊδιον
uelut
μελ-
von
non
ψυ¬
μό¬
op¬
τω
no-
92,
δέ
31c,
LE CORPS-TOMBEAU 109

s'échapper de ce siècle, qui est la demeure des morts, c'est-à-dire


des non-gnostiques qui ignorent Dieu, ou encore se délivrer du
corps comme d'un tombeau : car il retient l'âme captive dans la
mort qu'est la vie du siècle1. Tertullien soutient, au contraire, la
résurrection au sens physique ; le Christ, dit-il, une fois sorti du
tombeau, est encore sujet aux fièvres et aux ulcères2.
Les néo-platoniciens reprennent, naturellement, à leur compte
la doctrine du corps-tombeau. Sans son traité De la descente de
Vâme dans le corps , Plotin loue Platon d'avoir préconisé le mépris
du sensible et reproché à l'âme son union avec le corps, qu'il la
dise dans un tombeau (Cratyle , 400 c), une prison (Phédon , 62 b )
ou une caverne qui figure le monde (République , 514 a) 3. Si le
corps est qualifié tombe ou prison, c'est parce qu'il fait subir à
l'homme tous les maux : chagrin, désir, crainte4. Énée de Gaza,
qui remploie cette page, a très bien saisi sur quelles références
platoniciennes diverses elle est bâtie ; lui-même a développé,
d'après le passage du Cratyle , le τετάφθαι de Plotin en οϊον έν
σήματι τω σώματι θαπτομένην5.

de
cessu
tantur,
dealbatis
detineat.
et 1.ulceribus
2.
ipso
sepulchro
Tertullien,
Ibid.,
animae
quia
corpore,
»adaequauerit
XXII,
etueteris
obnoxius.
resurrectionem
saeculum
De
quia
54,
resurrection#
hominis
etp.» (cf.
corpus
mortuorum
949Matth.
:eruperit,
uindicantes
« uice
Exiit
mortuorum,
XXIII,
sepulchri
sitplane
quia
habitaculum,
27).
de
iam
et
XIX,
conclusam
sepulchro
»Dominus
de 7,corporis
id
25,exire
est
animam
scribas
p. ignorantium
945
sepulchro
de saeculo
: inet« saecularis
Sed
Pharisaeos
etiamnunc
eteuadere
Deum,
plerique
uitae
sepulchris
uel
interpre-
febribus
ab
morte
etiam
ex-
'

3. Plotin, Enn. IV, 8, 1, 30, éd. Henry'-Schwyzer, p. 228 : Kai τήν πρός τό σώμα

κοινωνίαν
λέγειν,
μέγαν
αύτω,
τη
caverne
πάντα
βοις
κόσμος
τιών
p.
Σωκράτης
γοντα
πεδοκλής
όνομάζει,
της
(Crai.
μένην
4.
5.103,
ψυχή
ψυχής
Ibid.,
Énée
καί
ού
400
είναι
ώσπερ
chez
λέγεται
Plotin
ώς
δπου
αύτή
τήν
τών
φησιν
τοις
c)μέν
de
της
μεμψάμενος
άμέλει
Grégoire
έν
IV,
αυτό
2φη
εν
δς
Gaza,
γε
ψυχήν
fait
αύτών
τινι
Έμπεδοκλεΐ
σπήλαιον
άντρον
άλλοις
ψυχής
αύτω
έν
8,
λύσιν
είναι
κακοπαθεϊν
πορείαν.
τό
unκαί
de
3,
φρουρά,
φρουρά
Theophr.,
autre
αίσθητόν
όλοφύρεται,
της
Nysse
τήν
1,
την
κακοΐς
πεποίηκεν
μεμψάμενος
των
τών
ως
καί
p.καθόδου,
emprunt
πρός
,ψυχήν
δεσμών
δεσμω
δεσμών
την
dans
233
τό
έπειδή
καί
άντρον,
P.
γινομένη,
άπαν
άντρον
τό
ψυχήν
:Mullus,
G.,
" καί
ταλαιπωρεΐν
λέγει,
Περί
τινι
έν
au
νοητόν
έν
νυν
καί
άφικόμεθα,
λύσιν
άτιμάσας
t.ήντινα
Cratyle
Πολιτεία
τόν
δεσμω
καί
LXXXV,
(fragm
φησιν
άνοδον
λέγωμεν.
Festschrif
ήδέκαί
καί
πορείαν.
οίον
έν
της
γνώμην
400
.τόν
τε
άπορρήτοις
είναι
δεσμός
καί
του
Β(Resp.
έν
δέ
είναι
έν
γεγόναμεν.
c.άνθρωπείας
880
120),
Th.
έν
De
άνοίαις
Πλάτων
τήν
σπηλαίου
σήματι
Cf.
(Phaed.
:Klauser,
514
ού
άπορρήτοις
plus,
*Αλλά
(Phaed.
τόδε
τόJ.πρός
διάφωνον
cσώμα
Daniélou,
;καί
λόγον
en
τό
62μεταβάλλων
517
Καί
νυν
Münster,
ψυχής,
67
τω
τό
φυγήν
b)έπιθυμίαις
παν
Enn.
bκαί
d)
)*μέν
τόδε
σώμα
σώματι
έκ
άποθαυμάζει
λεγόμενον
καί
καί
Ιχει

Leτάφος,
IV,
του
ή61964,
τώντό
δοκώ
symbole
τετάφθαι
τό
έκ
έν
έν
της
4,σπηλαίου
παν
σπήλαιον
θαπτο¬
Φαίδωνί
έντεϋθεν
καί
p.σώματι
τών
22,
μοι
ψυχής
λόγον
43-51.
καί
deφό-
'Εμ¬
αι¬
30,
λέ¬
—la6
110 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

A la mort de Plotin, Porphyre nous apprend qu'Apollon,


consulté par Amélius sur le lieu où séjournait l'âme de son maître,
rendit l'oracle suivant : « Maintenant, délié de ton enveloppe, tu
as quitté le tombeau où reposait ton âme démonique, et tu arrives
à l'assemblée des démons d'où s'exhalent des souffles délicieux1. »
Cette terminologie explique, mieux que tout autre texte, le vers
de l'épitaphe du médecin romain Asclépiade, auteur d'un ouvrage
sur l'immortalité de l'âme : « Il avait été enchaîné par une néces¬
sité toute puissante à une tombe marine. » Cette tombe n'est autre
que le corps matériel auquel l'avait enchaîné sa chute dans la
génération, jusqu'à ce que la mort l'en délivre2.
Parmi les néo-platoniciens postérieurs, Jamblique remploie à
son tour le passage du Protreptique d'Aristote sur la vie, supplice
étrusque qui lie l'âme vivante au corps-cadavre 3. L'empereur
Julien discourant contre les Cyniques décrit l'âme enfouie dans
les organes des sens, mais susceptible pourtant de se purifier et
de les utiliser par la force de la pensée4. Macrobe déclare que le

1. Porphyre, Vita Platini XXII, 45, éd. Henry-Schwyzer, p. 33 :


Νυν δ' δτε δή σκήνος μέν έλύσαο, ση μα δ' Ιλειψας
ψυχής δαιμονίης,
δαιμονίην έρατοΐσιν
μεθ'άναπνείουσαν
όμήγυριν Ιρχεοα
άήταις.
ήδη
2. C. J. G., η0 6208, ν. 7 :
Ούδ' άρα θνητός 2ην, ύπ' άνάγκης δ' 'Τψιμέδοντος
τύμβω είναλέω πεπεδη μένος ήνυσεν οϊμον.
Cf. Proclus, 1957,
Wiesbaden, Iíymn.
p. IV,
30 : 10, éd. E. Vogt, dans Klassisch-
» philologische Studien, Heft 18,
Μή κρυερής γενέθλης ένΐ Λύμασι πεπτωκυΐαν
Ψυχή ν ουκ έθέλουσαν έμήν επί δηρόν άλασθαι
Ποινή τις κρυόεσσα βίου δεσμοΐσι πεδήση.
P. Boyancé,
mont, Recherches
Le culte
sur ledessymbolisme
Muses chezfunéraire
les philosophes
des Romains,
grecs,Paris,
Paris, 1942,
1937,p. p.278.
287 ; F. Cu-
3. Jamblique, Prolrept. 8, éd. Pistelli, p. 47, 21 : Τίς άν οδν εις ταύτα βλέπων
οΐοιτο ευδαίμων είναι καΐ μακάριος, oî πρώτον εύθύς φύσει συνέσταμεν, καθά-

περ
θείως
Ιοικε
λάκις
έπί κολάσει
φασίν
πρός
τους
ol άρχαιότεροι
οί
τό τάς
άλισκομένους
σώμα
μεγάλων
τελετάς
της
λέγουσι
τινών
ψυχής.
προσδεσμεύοντας
λέγοντες,
τόάμαρτημάτων.
"Ωσπερ
φάναι
ώσπερ
διδόναι
γάρκατ'
άν
τούς
Πάνυ
την
έπΐ
άντικρύ
ένψυχήν
τιμωρία
τη
γάρΤυρρηνία
τοις
ήτιμωρίαν
σύζευξις
πάντες;
ζώσιβασανίζειν
νέκρους
καΐ
τοιούτω
Τούτο
ζην άντι-
ήπολ¬
γάρ
μας
τινϊ

διατετάσθαι
προσώπους
Comme a bienέκαστον
καΐ
vu J.προσκεκολλήσθαι
Brunschwig,
πρός ίκαστον
ari. cité,
μέρος
πασιp. 182,
προσαρμόττοντας,
τοιςleαίσθητικοΐς
διατετάσθαιτου
οΰτως
appliqué
σώματος
έοικεν
à l'âme
μέλεσιν.
ή étirée
ψυχή

et 4.spatialisée
Dionysos
Julien,
démembré
Oratio
par l'incarnation
VI,
et déchiré
189 c, éd.
par
suppose
G.les Rochefort,
Titans.
un rapport
Voir
Paris,
ci-dessous,
ancien
1963,avec
p.p. 156
111,
le mythe
(sur
n. 3lesetorphique
organes
5. des
de
sens) : 'Τπουργεΐ γάρ ταϋτα πρός φρόνησιν είτε έγκατορωρυγμένη τη ψυχή,
ώς άν θαττον καταρθεΐσα δύναιτο τή γε ώς άρχή καΐ άκινήτω του φρονεΐν δυ¬
νάμει, είτε, ώσπερ τινές οϊονται, καθάπερ δι' όχετών τοιούτων είσφερούσης της
ψυχής
LE CORPS-TOMBEAU 111

corps tombeau de l'âme signifie le monde matériel : c'est là le


gouffre de Dis, l'enfer véritable selon les philosophes1. 11 assure
découvrir dans le Songe de Scipion une allusion à la doctrine du
σώμα / σήμα2, et la fait remonter au mythe orphique selon lequel
les débris de Dionysos déchiré par les Titans furent ensevelis8.
Olympiodore oppose deux sortes de mort pour l'âme, selon Pla¬
ton : l'une, décrite dans le Gorgias, est son enfouissement dans
le corps-tombeau4, l'autre, décrite dans le Phédon, consiste à se
délier et s'évader de ce corps-tombeau5.
Les commentateurs néo-pythagoriciens voulurent mettre cette
doctrine sous le patronage du poète le plus illustre : Homère,
prétendent-ils, a employé régulièrement le mot propre pour
peindre le corps entrave de l'âme : il appelle δέμας le corps vivant
en tant qu'il est une chaîne, mais σώμα (c'est-à-dire σημα) le cadavre,
parce
dont l'âme
que, s'est
comme envolée®.
une pierre tombale, il commémore l'homme

A leur suite, Origène, dans le De principiis, qualifiait le corps

ipsa
cruore
auctores
uinciatur
σημα
culum,
tamquam
tur
traditur
emersisse,
dum,
suae
τήν
γόμεθα,
"Αιδην
μ(passage
λον
σις.
yícf
άπό
35,
τινά
γάρ1.
2.
ε3.
4.
5.
6.ν,intellegi,
10,
τρόπον
Macrobe,
corpora,
Ibid.,
óΚαΙ
arcana
Πυθαγορίαν
Olympiodore,
τών
του
Pseudo-Plutarque,
της
et
idτί
patiuntur.
είς
corpus
δέconstituendis
éd.
est
Titanio
rursus
reproduit
:ζώντων
έπειδή
έστιν,
έπΐ
σώματος.
eψυχής
quia
ideo
λέγει
τό
1,I,A.
carcere
animae
non
qui
διττός,
12,
11,
quibus
τών
In
σώμα
Meineke,
esse
νους,
corpus
ex
αύτός
furore
deserit,
τό
ab
somn.
3,
ή12,
Hoc
δεσμωτήριον.
In
àήμετέρων
άεί
diuiso
ειπείν
sepulcrum.
euolauerunt'.
ψυχή
p.
sepulcrum,
άφανές,
ilio
p.
quelques
inclusae
quem
6Platonis
sacris
animae
45,
ώς
δέμας
δέμας
έξηγεΐται
Scip.,
50,
in
De
indiuiduo
p.
μέν
» ad
*23
άζωίας
membra
σήμακατάγων,
206)
3uila
diximus
άναπτύξωμεν
caerimoniarum
δτι
είς
indiuiduum
:1,προσαγορεύει,
ψυχών
sepulcrum,
variantes
animae
hoc
Vnde
«Phaedonem,
Gorgiam
quod
:10,
Ipsum
Nam
et
έν
τό
Δοκεΐ
Καί
natus
" poesi
est
μεταλαμβάνει,
9-10,
άφανεΐ
λέγει
discerptus
Cicero
mentem
κρεΐττον
career
έκάτερος
ut
carcererò
uinculum
τούτο
Liberum
XXX,
près,
in
Homeri
éd.
constet
τοις
hoc
reuertendo
γάρ
pariter
singulos
έσμεν
éd.
οδν
fuerunt,
est
I.ένταϋθα
uocari,
sans
Ditis
ώς
et
δ'
Willis,
φιλοσόφοις
1,
τάφοντόσήμα,
άνάτασις,
Norvin,
λέγεται
sepultorum
foedum
Patrem
τόν
animal,
124,
nuncupatur,
frustis
éd.
"Ομηρος
της
έν
utrumque
nom
τόν
concaua,
ipse
ex
aliud
et
μϋθον
τούτοις
W.
p.éd.
ψυχής
δέp.
indiuiduo
mundi
d'auteur,
43,
δέ
diuiditur.
neceese
sepullis,
tenebris,
Orphaici
Norvin,
παρά
όóesse
Bernardakis,
97,
τό
14
ait
τάφο
"πρώτος
άπολύων
hoc
significan»,
δέ
δουλωθείσης
*ίστέον,
et
1:inferos
: «est
implet
Πλάτωνι,
είναι
:'Qui
εις
inferos
Qui
σώμα
p.
rursus
νουν
par
"Οτι
praebendo
horridum
Ideo
ν,141,
ut
σημα
τόper
βStobée,
τό
έδήλωσε
δδτι
καΐ
negauerunt
officia
in
ύλικόν
t.corporum
νin6unus
χείρον
uocauerunt.
corpus
quasi
4diuersas
σώμα
corpore
VII,
περιφέρο-
illorum
τεθνάναι
:άναβιώσκων
δέ
θάνατος
έν
τω
Λοιπόν
sordibus
seet
τό
Eclogae,
et
μέν
quoddam
suspican-
σ<ί>ματι.
κατάτα-
p.
'esse
diuiden-
naturae
τρόπον
integer
τό
σώμα.
gentes
uinclis
anima
399,
quam
sacris
Γορ-
uin¬
άλ¬
μέν
» etI,1
δει
λε-

καί Ού δέμας, ούδέ φυήν (II. I, 115) «


Δέμας δ' ήϊκτο γυναικί (Od. IV, 796) ·
112 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

δέμας parce que l'âme s'y trouve liée1. Notice reproduite par
Épiphane de Chypre qui combat Origène dans le Panarion composé
entre 374 et 377 2. Cette notice devait mentionner en même temps
le corps-tombeau, car les deux métaphores apparaissent côte à
côte, comme chez les commentateurs d'Homère et chez Macrobe,
dans une Lettre anti-origéniste de Justinien3. Méthode d'Olympe,
qui avait combattu Origène dans son De resurrectione écrit avant
l'an 311, connaissait déjà le double sens du σήμα4 et reprochait à
son interlocuteur origéniste de qualifier le corps prison et tombeau5.
Sa phrase fut remployée telle quelle par Épiphane® et, plus tard,
à nouveau par Grégoire Palamas qui précise et renforce σήμα par
τάφος7. Selon la Lettre d'Épiphane à Jean de Jérusalem, écrite
en 394, Origène soutenait que les âmes humaines sont des anges
déchus du ciel en ce bas monde pour punition d'un péché et re¬
légués dans des corps comme en des tombeaux ; car le corps est un

καί
"Ητοι έμήν άρετήν είδός τε δέμας τε [Od. XVIII, 251)
Tò δ' άποβεβληκός την ψυχήν ούδέν άλλο ή σώμα καλεί, ώς έν τούτοις *
καί Σώμα δέ οϊκαδ' έμον δόμεναι πάλιν (II. VII, 79)
καί Σώματ' άκήδεα κείται Ivi μεγάροις Όδυσήος (Od. XXIV, 187)
Σώμα γάρ έν Κίρκης μεγάρω κατελείπομεν ήμεΐς (Od. XI, 53).

Tò ώσπερεί
δέ,
Eustathe,
γάρ αύτό,
Commentarli
σήμα
ζώντος
καταλείπεται.
adμεν
Homeri
του άνθρώπου,
Jliadem, t. I,δεσμός
Leipzig,
ήν 1827,
της ψυχής,
p. 53, 17
τελευτήσαντος
: Ίστέον δε
βτι σημειοϋνται oí παλαιοί τό δέμας τόν μέν ποιητήν έπΐ έμψυχου άεί τιθέναι
σώματος
επί
μνήμα
grecque,
άψύχου,
thèse,
γενέσθαι
ώς τουτέστιν
συνδεδεμένου
Paris,του1956,
ζώντος
έστερημένου
p. τη
460.
ποτέ.
ψυχήCf.ψυχής,
καί
F. Buffière,
δι' διά
αύτής
τόLesσήμα
συνεστώτος,
mythesκαί,
d'Homère
ώς
τό άν
δέetτις
γεla εϊποι,
σώμα
pensée

προυπηρχόν
1. Origène, De
τίνες
principiis
άμαρτίαιI, ταΐς
8, 1, ψυχαΐς,
dans G. άφ'
C. S.,ώνt. εκάστη
XXII, p.πρός
97, 1 τήν
: Άλλά
άξίανδήλον
απολαμ¬
βτι
βάνει Πέμπονται δέ άπό θεοΰ πρός τιμωρίαν, βπως ένταϋθα πρώτην κρίσιν

ύποδέξωνται.
έν
p. 3.
2.411,
τωJustinien,
ÎÉpiphane
σώματι.
6. Διόπερ
de
Epist.
Chypre,
synod.,
καίPanarion,
dans
δέμαςMansi,
κέκληται
haer.Conciliorum
LXIV,τό4, σώμα
6,amplissima
éd. Holl,
διά τόdans
colleclio,
δεδέσθαι
G. C.t. IX,
S.,τήν
t.536
XXXI,
ψυχήν
D-E :

"Οθεν
έν 4.τούτφ
Méthode
ó Πλάτων
δεδεμένης
d'Olympe,
δέμας
καί
De τεθαμμένης.
τό
resurrectione
σώμα καίI, 4,σήμα
2, éd. Bonwetsch,
εκάλεσεν, dans
ώς G.
οιονεί
C. S.,τής
t. XXVII,
ψυχής
p. 224, 5 : « Daher sie auch passend Fell genannt werden, weil auch eine Fessel dieser Leib,
des Anzeichens halber auch ein Grabmal zu sein der Seele, welche verurteilt, in ihm
begraben zu werden... »
5. Ibid., I, 30, 4, p. 263, 8 : Καί σύ δέ, ήν δ' έγώ, δεσμόν αύτό καί φυλακήν καί
σήμα
6.
7. Épiphane
Grégoire
καί άχθος
Palamas,
de Chypre,
καί πέδας
Prosopopoeia,
op. cit.,
είναιp. &φης,
436,
p. 5,15.
έγώ
10 : Σώμα...
δέ ού φημί.
καλείται καί τάφος καί
φρουρά καί σήμα καί δέμας.
LE CORPS-TOMBEAU 113

σήμα, un μνήμα, et son nom même signifie qu'il enferme l'âme


comme le tombeau recèle un cadavre1. Épiphane vise, à travers
Origene, les origénistes du ive siècle : Évagre le Pontique, par
exemple, maintenait que le corps est le tombeau de l'âme2.
Origène lui-même, en deux passages conservés, parle, d'après Pla¬
ton, du νοΰς enfoui 3, et applique la parole évangélique : « Laissez
les mortsenensevelir
devenus eux-mêmes
les morts
des tombeaux4.
» {Matth. VU, 22), à ceux qui sont

Ces avertissements répétés lancés contre la doctrine du σώμα/


σήμα n'empêchèrent ni Grégoire de Nazianze, mort en 390, ni
Grégoire de Nysse, mort en 394, ni saint Ambroise, mort en 397,
de la reprendre à leur compte.
Basile de Césarée avait déjà remployé au moins trois fois le
passage de la République de Platon sur le νους enfoui dans le
bourbier : il jugeait ce passage conforme à la doctrine pauli-
nienne et l'appliquait à l'âme rendue impropre à la contempla¬
tion5. Grégoire de Nazianze, dans le panégyrique funèbre de

t.άγύμναστον
in
tumulos
et
hoc
dici,
suppellectilem
clausam
θαρτος
pouvait,
jusqu'à
Pontique,
λειπώμεθα
νοΰ
περί
μεν.
18,
ψυχάς
1959,
καί
είναι
οπτέον
θαι
σοφία:
μηδεμίαν
14
Sources
1.
3.
II,
2.
4.
5.
caelis,
corpora
; applique
ob
Galat.
Épiphane
qui?
Évagre
Origène,
Basile,
τροφήν
p.Θεοΰ.
μνημεία
μέλλοντι
olov
Eusèbe
κτωμένους
id
κατορωρυγμένοι
la
chrétiennes,
etψυχή
162,
habeat,
par
του
289
etthèse,
animae
iuxta
science
eepulchra
credentium
χρήναι
V,postquam
Regu}ae
leAd
la
le
έαυτοΐς
3:ϊχων
ëvσώματος
άκολασίαν
16).
In
de
*corpus
Excerpta
Θάπτουσι
de
: mot
Pontique,
connaissance
ήτάφος
«Graecos
Paris,
quomodo
adulescentes
τινι
Césarée,
Lucam,
Chypre,
essentielle.
γενόμενοι.
de
De
Illud
τοιούτον
του
t.πρός
(Resp.
aux
fusius
sic
caelo
σήμα,
Spiritu
peccauerint
non
κτήμα
1962,
XVII,
quoque
βορβόρφ
τω
inpaïens
σώματος
δέμας,
In
fragm.
δέ
καΐ
θεωρίαν
Epist.
Praep.
γάρ
templa
ruerint
sepulchra
corpora
tractalae
VI,
Ps.
μή
sensible,
Ps.
άνθεκτέον
ψυχής
p.
hoc
Cf.
IX,
sancto
περί
Paris,
γήϊνον
πως
498
quis
110,
LXXVII,
:ad
έν
XLVIII,
156,
idII,
A.
est
61,
δυσσεβείας
;in
προνοίαν
Christi
τόν
Iohannem
γαστέρα
ista
aest
VIII,
ß22,
Guillaumont,
Origene
et
σώμα.
n.
4,
νεκροί
b),
supernis
'memoriam
s'élever
éd.
κατορυγέντος,
1945,
plerisque
11,
ο 5,
tumuli
uinculum
135.
καί
νουν,
ρέοικότα
P.
relegatas,
F.βéd.
αύτοϋ
esse,
12,
1,
3,ó31,
G.,
Boulenger,
p.τούς
éd.
P.
£χειν
Évagre
ρπεριουσίαν
dicente
μανίαν,
àM.
LI,
P.
deiectas
μάλλον
τε
ω
cadauera
sed
des
P.
t.autem
211
G.,
Mras,
δσον,
G.t
Rauer,
4,
interpretan,
που
ταις
¿πόση
XXXII,
siue
έαυτών
Les
poenas
contemplations
carceres
G.,
εις
:3,
t.t.nO
patiatur
ajoutait
trad,
ίνα
XXXI,
t.δέ
esse
«secundum
λέγων
iuxta
XII,
Paris,
φησί
επιθυμιών
dans
ήδοναΐς
Kephalaia
mortuorum.
dans
XVII,
μέν
καΐ
τινά
μή
δλον,
antiquorum
νεκρούς
άνάγκη
168
par
in
damnatorum?...
1445
aliam
G.
Πλάτων,
1935,
τόν
que
istum
γάρ
quod
940
τω
άγνωσίας
G.
eoΒsaint
C.
φθαρτήν,
141
ώσπερ
αύτοϋ
uariam
D
C.
νουν
cette
=
Παυλω,
Βquod
de
άφορμήν
S.,
σάρκινος
proprietatem
p.
Gnostica
animae
A
τήν
:munduro,
έν
Jérôme,
S.,
:»Τάφος
éd.
plus
56
t.: luere
Έάν έγκατορύξω-
ύπηρεσίαν
âme
έαυτοϊς
ita
Φευκτέον...
t.έν
κατορωρύχ-
XLIII,
ψυχήν
Β.
:Θεοΰ
Graeci
Παντός
en
XLIX,
ένταΰθα
animam
angeli
Pruche,
»Nunc
οδν
δς
βορβόρφ,
peccatorum,
au
(Rom.
éd.
plus
άνθρωπος,
d'etνου
μέθη
παραινεί
Évagre
Labourt,
sermonis
tombeau
άθέατον
τι
1,cadauer
τάφο
quasi
fuerint
Berlin,
corpus
hautes
ύπερ-
p.ύπο-
φιλο¬
XIII,
ακά¬
inτάς
του
dans
τήν
88,
in
se
leν

Ret>. Ét. anc. ' 8


114" REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

son frère Césaire, assure que la pire tristesse, pour l'homme, n'est
pas de mourir, mais au contraire de voir sa vie se prolonger ici-bas,
son âme continuer d'adhérer au tombeau qu'elle porte avec soi1.
Dans un poème autobiographique, ' il interpelle durement sa
propre chair au moyen de qualificatifs empruntés presque tous
au vocabulaire platonicien : bourbier, entrave, masse de plomb,
tombeau2. A l'un de ses correspondants il conseille, dans un
contexte entièrement issu du Phédon, de s'exercer à la mort
durant sa vie, c'est-à-dire de délier, autant qu'il est possible,
son âme du corps-tombeau3. Grégoire de Nysse applique hardi¬
ment de telles vues à l'histoire du chrétien : s'il a crucifié sa
chair avec le Christ, il sait comme lui rouler la pierre que consti¬
tue le poids de la vie avec ses illusions, sortir du corps-tombeau
et s'élever vers les hauteurs où il circule parmi les êtres cé¬
lestes 4.
Saint Amhroise, pour sa part, a largement mis à profit la lec¬
ture des Quaestiones in Genesim de Philon. Nous retrouvons chez
lui, traduits presque mot à mot, les développements philoniens

τφ
της
του
ημάς
τόν
ματικόν
εϊ
σκίαν
ριφέρομεν,
γεγονότες.
1378
1.τιφρονήματι
2. θείον
σαρκός
Πνεύματος
Grégoire
ï καΐ
αύτούς;
θανάτου
φως
λυπεΐσθαι
Δαβίδ
δεδουλωμένη
de
deτης
της
Ού
δτι
τά
Nazianze,
χάριν
Nazianze,
σκηνώματα
τηδε
τά
σαρκός
άληθείας
ώςχρή,
φαινόμενα
ούκ
άνθρωποι
άποκαλουντα
Carmen
ζωή,
Orot.
τούναντίον
άποδέχεται.
κατορωρυγμένον
άναβλέψαι.
σκοτασμου
VII,
οίον
de
ρίψωμεν;
άποθνήσκομεν
seipso
22,
οφθαλμός
"άνιασώμεθα
δτι
XLVI,
P.
Διό
καίβραδύνομεν
Ού
G.,
τόπον
6 πρός
7,
t.άσθενής
κόσμος,
τόν
aduersiis
φέρων,
XXXV,
τηκακώσεως
τάπαροικία
της
έν
νοούμενα
φως
τουτέστιν
carnem,
άδυνατεΐ
τοις
784ήλιακής
αμαρτίας
Cτάφοις
καΐ
μηκυνομένη,
:βλέψωμεν;
P.Ού
ίλύν
ήG.,
πρός
θάνατον,
τοις
άκτΐνος
t.γνωσόμεθα
βυθοΰ
XXXVII,
τό
οίςπε-
πάθεσι
πνευ¬
Ούκ,
κατά
θεοί
την
καΐ

Βόρβορε {Res p. VII, 533 d), Ιλυόεσσα πέδη, βρίθουσα μολυβδίς (Res ρ. VII, 519 a),
βράσμα
θήρ κακόν
άδάμασθ',
καΐ σήμα
υλης έκγονε
τεής καί
μαρναμένης,
δεσμός άνάσσης...
3. Grégoire de Nazianze, Epist. ad Philagrium XXX, 4, éd. P. Gallay, Paris, 1964,
p. 39 : Ζην άντι του παρόντος, τω μέλλοντι, θανάτου μελέτην (Phaed. 81 α) — τοΰτο
6 4.
του
φησι
εϊτε
Grégoire
Πλάτων
σώματος
de Nysse,
— είτε
τόνEpist.
τηδε
σήματος,
Ill
βίονadποιούμενον
Eustathiam,
κατ' εκείνον
καί
Ambrosiam
ειπείν,
λύονταetδση
τήν
Basilissam
δύναμις.
ψυχήν 2,(Phaed.
éd. G. 67Pas¬
d)
quali, Leiden, 1959, p. 20, 10 : Ό καθηλώσας τφ θείφ φόβ<ρ τάς σάρκας αύτοΰ
καί
τικής
ζωήςσυσταυρωθείς
περιπατήση,
άπάτης λίθοντω
καί
καίΧριστφ
όέξελθών
καταλιπών
καίτου
άποκύλισας
τήν
σωματικού
ύλικήνάφ'
καί
μνημείου
έαυτοΰ
χαμαίζηλον
τόν ώςέν
βαρύν
των άνθρώπων
καινότητι
της βιω-

του
ζωήν,
άνω
λης
τος κατά
σώματος,
δίκην
φρονών
άναβάς
γε
συμμετεωροπορεΐν
(Ooloss.
τήν
δέ
άλλ'
διά
έμήν
έξελαφρύνας
III,
τής κρίσιν
υψηλής
1, 19-20),
έκείνων
διά
έπιθυμίας
οδ
(cf.της
óPhaedr.
έστίν
Χριστός,
καθαρωτέρας
είς των
246
τήν c)
καί
έπουράνιον
κατωνομασμένων,
έπίμή
ζωής,
τάβαρούμενος
άνω
ώστε
πολιτείαν
τήν αύτω
σάρκα,
έν
τφκαί
οίς
άχθει
νεφέ¬
οδ-
τά

ύπομνήματα τής του δεσπότου ύπέρ ήμών φιλανθρωπίας όραται.


LE CORPS-TOMBEAU 115

sur le corps-tombeau à propos d'Adam1, de Caïn2 et de Noé8.


La chair, dit-il, gît dans le tombeau qui lui est propre, à moins
de se soumettre à l'âme4. La mort est une délivrance pour l'âme,
puisqu'elle est la séparation d'avec notre cadavre6, l'ensevelisse¬
ment des vices e. Il conseille de s'exercer dès maintenant à la mort
philosophique en soulevant notre âme hors de la chair, en nous
dressant hors du tombeau du corps 7. Il faut nous élever au-dessus

"de
riam
Voir
inpiorum,
carnem
aliud
ceterisque
que
de
Gemino
uelut
effugiens
num),
onerata
la
uiduis,
nimio
E.
p.
CLI,
niam
subdita
sed
daueris
adsumat
Cf.
683
sepultura
'Adam
Philon
[Aen.
uiris
XLVI,
«nec
rum,
(Num.
Gaudet
Ambroise
3.
4.
5.
1.
2.
6.
7.
locution
261
395
laDe
Philon,
humer
L.,
resuscitatur
increpatio.
l'âme
se
: Ibid.,
le
et
Ambroise,
Ambroise
8,recidisti?
résonance
uirtutum
quam
«quandam
II,
uino
ipsos
(loh.
t.in
sacramento
:3,
ubi
perdu,
texte
VII,
somno
XXIII,
C.
dereliquerit.
Aduertimus,
sicut
fuerit
igitur
diuersis.
«XXX,
«gratiam,
quo
esse
265
(Sepulchrum
C.
au
le
(anima)
animi
uitiis
C.,
quoniam
ci-dessus,
Quam
indulgent,
es'
calquée
V,
nec
XI,
sepulta
renforce
souffle
40,
C.,
tombeau
de
lumulum
sepulcro
;t.sepultis
debeat.
comme
animae,
16,(Gen.
amictu
De
Dereliquisti
III,
alios
(Pseudo-Hégésippe),
De
p.
Epist.
suscitatio?
10
De
paulinienne
t.P.
per
ìncluditur,
sarcinam
CIV,
17),
Philon,
uelut
»multi...
regenerationis,
p.
107
qui
CHI,
quod
quibus,
;Ambroise
Caïn
Noe
L.,
sur
paradiso
bono
de
630)
gratiam
III,
etiamsi
est,
»recognoscunt
Coloss.
p.
717,
inquit,
in
la
Non
iacent
p.
mens
»croit
ad
morti
est
la
:t.uelut
sepulto
Aen.
tunc
circumferentes,
103,
;XXIX,
«locum
p.
ci-dessus,
et
pensée
621
nulla
mortis
9),
quae
çrrorem
XVI,
De
grâce
Horontianum
somno
16
l'âme
corporis
sobrii
enim
inquit,
Abel
206
enim
Vnde
Lewy.
id
ut
uitam
nostra
iam
ficationem
Abraham
II,
du
n.
adlumulatur
sepulti
Christi
:cuiusmodi
XIV,
uideantur
ajoute
II,
«quieti
est
iam
intra
gratiae
260
2.
:spirituelle,
IV,
qui
obeditionis,
mot
111-113,
Per
12),
satis
II,
de
enterrée
grauiore
«ap.
265
sunt,
non
patens
et
suum
non
»Obtunsi
bonis,
p.
70,
aeternam
uestitur,
A
abirit
15,
;»Philon
se
habeat
9,
ici,
mortem
ille
:;Augustin,
Historias
corpore
XLVII,
humum
id
;:quasi
est
103,
cf.

ibi
41,
nimio
I,«in
cui
spiritalis
De
p.
C.
se
LXXI,
Christi
semble-t-il,
uiuere,
Inuadunt
propos
est
sit
nesciat...
ait
ut
p.
6,etiam
quo,
ci-dessous,
par
anima
sepultus
de
717,
p.
atque
excessu
uino
S.
n.et
infelicem
simoriantur
en
cum
489,
e»tguttur
mortua
mors
57,
:ideo
consepeliatur,
qua
si...
404,
uino
istam
la
5,toutefois
»E.
et
1.
quodam
'Moriatur
uoluitur
sed
4V,
;traduisant
in
6,Contra
de
postea
p.
convoitise
se
Ambroise
delectationibus
miseriores
10
Paulin
adiumulatus
:aura
L.,
mortuo
beatitudine,
exsuit
neglegentiae
ibi
mystica
13
sepéliunt
tP.
corpore
»214
53,
in
Satyri
urbem
539,
Alia
pro
l'épisode
anima
;:iacet
Quid
la
t.L.,
:p.
«inîoderunt
Augustin,
quibus
m1,
mortuus
«uitia
Gemina
:modo
cette
Dei
Julianum
référence
XXXII,
et
sepulturi
«24
117,
Auertit
est
spirare
de
t.sicut
C.
anima
Sisocietatem,
est
II,
insomno
liberatur,
terrenae
suo
εύεξίςρ
(Ps.
XVI,
:ut
anomine
des
Noie,
».se...
autem
nisi
sunt
S.
«es?
sepulcro
nunc
phrase
enim

η.
de
iam
21,
es
Nesciunt
sua
de
sepulchrum
atque
et
biens
autem
suscitatur;
E.
V,
4.
Tract,
se
non
marcescat
Judith)
Non
choisir
et
nimia
mea
morti,
animam
5,uinoque
1296
1,
auignorantiae
»;
sepulti...
qua
tamen
Carm.
II,
L.,
10
mors
consideremus
par
uitia
autem
cupiditatum
denudatio
C.
passioni
p.
auaritiae
Psaume
n'est
Césaire
possit?
dum
terrestres
5,
suo
anima
interrogatio
(11)
gratia
t.est
et
in
Ain
S.
328,
ebrietate
uiuere.
consepullus
14,
quid
nisi
deponat,
:XVIII,
LXVI,
contubernium
omnibus
E.
loh.
nudatio
sepultam.
conditio
animis
suam.
pas
at(Deus)
«huiusmodi
quoddam
in
corporis
cum
P.
Venit
7corporis
Inebriatis
L.,
sepultura
circumferunl.
d'Arles,
discit
»in
V,loquantur
ipsa
sonino
:XLV,
cupiditatibus
elle-même
Voir
L.,
animae,
etet
«Il
quam
t.passionibus
sepeliant
p.
Quid
enim
cuiusmodi
aiustorum'
236,
Quid
incapable
sapientis.
in
sûrement
LXXIII,
t.iustorum
ergo
ebrietate
humana,
oflerre.
explique
precibus
mortuis,
410,
errori.
»le
luxus.
àsepulta
12,
Betha-
XLIV,
contu-
Cf.
Sermo
carnis
homi-
cause
uitio-
mise-
texte
C.
enim
uino
caro
ergo
qua
est,
qui
26,
ca-
5De
du
S.
» »:;
116 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

de notre tombeau terreux, alors que la plupart des hommes vivent


entourés d'un sépulcre1. Quand saint Paul dit : « Qui me déli¬
vrera de ce corps de mort? », il prie pour que l'âme malade puisse
se dresser hors de ce tombeau 2 ; trop de chrétiens n'ont pas
foi que ce redressement soit possible, et restent fixés à leur tom¬
beau8. Jacob mourant, au contraire, qui est la préfigure du sage
chrétien, abandonnait son corps au tombeau pour se dresser en
lui-même, se recueillir et se dérober au siècle présent 4 ; persuadé
que la mort était pour lui l'immortalité, il laissait au tombeau son
corps comme une chose distincte de lui-même5.
Dans son Commentaire sur saint Luc , Ambroise interprète
allégoriquement la résurrection du fils de la veuve de Naïm
(Luc VU, 11-14) : à ses yeux, les porteurs du cercueil sont les
passions dues au corps ; le tombeau en question figure nos mau¬
vaises mœurs6. Les impies — comme les démoniaques dont parle

bernio
isto
usum
ut
circumdati
sed
Et
tanquam
mulaii
busto
poris
Ambroise
in
defatigatis
morum
sui
Exultans
dum,
sepulchrum,
inplicatus
mortis
cum
pretiosa
nisi
uel
corporis
lucis
spem
tarnen
1.
2.
3.
4.
5.
6.
se
hic
bene
corporis,
mortis
exsurgamus
ignis
quasi
Ambroise,
corpore
Ibid.,
Ambroise,
heredes
atque
uellet,
uacuus
mortis
sed
et
uitae
secernitur
positi
Χ,
adhaerent,
Dei
dierum
lectus
tabernaculum
struunt
de
habitudine
spiritu,
44,
inmodicae
superno
paraît
in
impedimento
»et
I,corporis
iam
intra
tumulo
sui
omnis
corporeo
includitur
quodam
imitantes
surgamus
(cf.
cui
alit
p.8,relinquunt,
repleti
doloris,
In
De
futurae
741,
autem
36,
moritura
sepulcro.
Ps.
jouer
sciat
etsemet
sepulchra,
mentem?
cum
quia
recipiendum
Ps.
Lucam
Ps.
Iacob
quodam
inuolucris
aboleuerint
p.uiribus
2uigor
mortuis,
cupiditatis
V,
feretro,
28,
caelum
:isto
XL,
sepulchri
I,resuscitali
quia
sur
securus
adleuemus
de
XLVIII,
«eorum
nec
miscebatur
ipsum
11
etet55,
Si »resurgunt
ut
6V,
tumulo
le
exire
Hi
;busto
hebetatur
12,
uita
anima
corpus
:possit
uigilanti
quasi
in
hic
XIII,
«1,
89-91,
double
hoc
perturbationis
quorum
deberi
in
sunt
Non
mortem
lecto
sese
p.
domicilio
C.
et
beata
tantum
extrema
exaestuat
18,
gurgustio
progenie
tenetur,
terrae
235,
in
ea
est
adsurgere,
se
animam
S.
tumulo
3nostri
est
iste
colligens
C.
aetati.
manu
cadauera.
p.
;animae,
posse
tainquam
»sens
in
supremi
E.
II,
animorum
guttur
;Rom.
S.
mortis,
23
illam
372,
in
II,
futura
sit
L.,
[Dan.
9,
E.
mandaret.
praesumebat.
:de
funeris
suorum
sed
et
Dei
próxima
»non
«et
uel
nostram
9,37,
memoria
L.,
t.III,
exuitur.
Quis
20
praesentibus
in
immortalitatem
sepulchrum
generatione
memoria.
non
funeris
quiete
38,
de
superna
LXIV,
est,
Vox
frigidus
XII,
crediderunt.
in
t.tempora
quo
C.: 13).
«XXXII,
uel
portitores.
quo
est
p.
iniuriis
S.
sepulchro
solius
non
Ideoque
aegra
redit,
corpora
ex
Non
2).
pia
eorum,
55,
E.
Vnde
lectus
instrumento
concreta
p.utique
seistius
paradisi
Et
umor
Sunt
L.,
liberari
fungitur.
46,
23
praecurrebat
corporis
est
enim
iacet
terrena
mollis
se4,
redditur
ideo
et:t.lumulis
doloris,
Habitaculum
in
corpus
Sed
18
non
iaceant
rebus
p.
«carni
putabat.
nos,
qui
anima
XXXII,
exundat
Aetate
terreno
noster
anima
aeternum
tanquam
217,
:nec
Apostolus
mentis
quamuis
«est,
loquentium
uiuentes
receptacula
Et
iacemus
sdum
Sed
subduxerat
fìlius
nisi
cubili
suis
relinquens
13
dedefunctorum,
nostra
ideo
»qui
spiritus
inpiger,
afïectu
se
Videbatur
et
2,
:sepulchro
(cf.
uel
in
caro
«uigore
affixi
matri,
ire
alteri
illud
tumulo
uermes
p.
Quid
ergo
frustra
suprema
corpore
et
sepulchro
exanimes,
Rom.
deprecatur,
pigra
54,
infirmitatis?
non
tanquam
uerba
sint.
»atque
labe
caueamus,
illis
cui
etadsurrexit
enim
penetrare.
mandabat'
;reuocatur
25VII,
sollicitus
clauden-
possit.
De
corporis
homines
quadam
sui
nouissi-
sumus,
liceret,
:in
»Verbo
mortis
uitae,
purae
simul
«aliud
sunt
atlu-
bono
cum
24).
cor¬
suo
Ille
de
ut»
LE CORPS-TOMBEAU 117

l'Évangile — sont des âmes habitant des tombeaux1. Leur gosier,


dit le Psalmiste (V,* 10), est un sépulcre ouvert2; la guérison
consiste pour eux à quitter ce tombeau pour la demeure spiri¬
tuelle3. Dès ici-bas la guérison par excellence, selon la doctrine
paulinienne, s'obtient si l'on meurt avec le Christ et si l'on est
enseveli en esprit avec lui par le baptême4.
Le corps-tombeau est devenu une formule chrétienne qu'enre¬
gistre Eucher de Lyon dans son recueil5. Pseudo-Phébade®

perfidia
eorum
Christus,
liberaberis
sanctus
quibusdam
aliud
non
a 1.
tumulo,
habitent?
Ambroise,
sunt
est,
Matthaeus
(Ps
ab
eripitur
corpora
auideantur
sepulchrum
. hoc
sepulchro.
V,» In10tumulo
aperfìdorum
Lucam
insepulchro.
(11),
habitare
monumentis
·tuum
resurges
unde
VI, guttur
Quis
45,
nisi
tumulis
uerba
sip.quaedam
iste
illos
audias
est.
250,
mortua
est
sepulchrorum
habitasse
S6 tumulus
eDei
(sur
defunctorum
pulchru
proferuntur.
uerbum...
Lucsignauit,
tuus
(cf.
Vili,
mnisi
sepulchra,
enim
Matth.
Iam
Ab
27)
mali
siquidem
patens
hoc
:resurges
«Vili,
mores?
Nec
insepulchro
quibus
talium
immerito
28).
in
Tumulus
est
funere,
Quid
animae
Dei
teguttur
libérât
uerba
etiam
enim
tuus
iam
in

2. Ibid., VII, 41, p. 299, 19 (après un passage issu de l'Entretien cTOrigène avec Hêra-
clide) :«Autquia sepulchrum patens guttur est inpiorum (Ps. V, 10 (11) memoria
eorum abolenda praescribitur quorum simu) cum corpore meritum occidit, nec reuoeatur
ab officio patris filius, sed fidelis a perfidi communione secernitur. Est enim quasi sepultura
Justo rum qualis illa de qua dictum est : 'Haec enim mittens hoc unguentum in corpus meum
ut
ad cum
sepeliendum
eo resurgat,
me fecit'
diaboli
(Matth.
perfidiam
XXVI,in se
12) sepelire
et ideo non
qui bona
debet.fide
Estin etse ilia
sepelit
prophetica,
Christum,
ut
supra sepulchra maiorum quaedam ponamus, quae lector agnoscis, infidelis intellegere non
debet, non» quo eibus imperetur aut potus, sed sacrae oblationis ueneranda communio
reueletur.
3. Ibid., VI, 53, p. 253, 7 (sur Luc VIII, 39) : « Et ideo qui remedium sanitatis fuerat
consecutus a tumulis et sepulchris in illam spiritalem domum redire praeeipitur, ut fiat
Dei templum, in quo erat mentis sepulchrum. »
4. Ambroise, De fuga saeculi IX, 57, p. 207, 3 : « Nunc autem iam non uetus homo in
nobis, sed noua est creatura habens in se similitudinem Christi, cuius mortis similitudini
consepulti (cf. Rom. VI, 4; Gal. III, 27 ; Col. II, 12) imaginem uitae eius adsumpsimus,
alas gratiae spiritalis aeeepimus » ; De sacramentis III, 1, 1, 1, 1, C. S. E. L., t. LXXIII,
p. 37 : « Hesterno de fonte disputauimus, cuius species ueluti quaedam sepulchri forma est,
in quem, credentes in patrem et filium et Spiritum sanctum, reeipimur et demergimur et
resurgimus, hoc est resuscitamur » ; II, 7, 23, 28, p. 35 : « Cum enim mergis, mortis suseipis et
eepulturae similitudinem. » Cf. Eutrope prêtre, Epist. ad Geruntii filias, 2, P. L., t. XXX,
51 C : * Qui hic mortuus fuerit, mundi uoluptatibus non utendo et corporis stimulos obte-
rendo consepultvs esse uidetur cum Christo (Rom. VI, 11), et si consepultus, utique in sepul¬
cro sine quo esse non potest sepultura. Huic et mors alia communis illa debetur, quae ani-
mam a uineulis corporis soluit et libérât, cui corpori aeque suum sepulcrum et sua sepultura
debetur. His duabus mortibus post geminum sepulcrum beata illa et perpetua uita succe-
dit... Haec sunt itaque duo sepulcra, quae sibi et Paulinus uir singularis ad imaginem pa-
triarchae sollicitissimus requisiuit, unum ubi et ueterem hominem cum actibus suis spo-
liatus occuleret, et licet needum corpus deposuisset, carnalia non haberet in carne ; aliud
ubi corpore ipso, cum uenerit Dominus confringere terram eius, exposito, animam collocet
in quiete... » Ce Paulinus est Paulin de Noie. Cf. déjà Grégoire de Nysse, In cantica canti-
corum, éd. H. Langerbeck, p. 189, 2-9.
5. Eucher, Formulae 5, C. S. E. L., t. XXXI, p. 34, 19 : « Cadauera, infidelium corpora...
Sepulchrum, corpus peccatoris mortuam uitiis animam intrinsecus retinens. In euangelio :
'Quia similes estis sepulchris dealbatis' (Matth. XXIII, 27). »
6. Pseudo-Phébade, De fide 3, P. L., t. XX, 39 A : « Haeretici... dicent tibi : Vae utique
118 BEVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

et saint Jérôme lui-même l'ont employée1. Chez Prudence2 et


dans les Confessions d'Augustin 3, elle garde une coloration nette¬
ment platonisante, car elle est mise en rapport avec la notion
d'oubli. Augustin, qui connaît par V Hortensius de Cicéron le
passage d'Aristote sur le supplice étrusque de l'âme rivée au corps
comme à un cadavre4, interprète à son tour le verset du Psal-
miste : « Leur gosier est un sépulcre béant 5 », et la parole du Christ :
« Laissez les morts ensevelir leurs morts® ». Il s'agit, selon lui,
des impies qui sont en quelque sorte des corps morts et détournent
autrui de la conversion. Car l'âme morte a pour tombeau le corps 7.

illi
delictorum
mihi
de
Blésilla
in
cens
phane
1.2.
laerit,
saeculi
Jérôme,
in
:résurrection
Prudence,
à'Blesilla,
sepulchro
et
qui
Jean
sasuorum,
iacebat
inconversion)
Epist.
de
carne
Cathemerinon
exi
scelerum
Jérusalem
de
sepulchro,
foras'.
ut
ad
baptizatus
Lazare)
de: iacenti
Florenlinum
«sepulcro
»et
«Redolebat
ne
uitae
pectus
(394)
On
» I,lucis
sed
ne;somnus
Epist.
non
33,
mens
notera
dicat
confremuit
socordis
qui
sepultura
criminum
oblitum
éd.
fuerit,
IV,
ad
suscita
sopori
:usque
aliquid
que
'Hieronyme,
Lavarenne,
2,Marcellam
opprimât
éd.
ut
ces
crimine
suae.
Iesus
seruiat,
la
ad
per
anima
negligentiae,
Labourt,
emplois
controverse
términos
baptisma,
»etp.
XXXVIII,
ipsius,
ueni
conturbatus
5 sont
p.
: foras'
Le17,
et
dum
origéniste.
in
antérieurs
coq
diuitiarum
122,eadem
(cf.
in
chante,
2,(en
inloh.
corpore
p.spiritu
375)
resurgat.
68,
àXI,
fasciis
dit-il,
la17
: est,
«Lettre
43,
clamauit
(en
Forsitan
de
conligata
à» 384,
propos
d'Épi-
morte
sur
di-
et

3. Augustin, Con}. Χ, 8, 12, 1, éd. Labriolle, p. 248 : « Transibo ergo et istam naturae
meae gradibus ascendens ad eum qui fecit me, et uenio in campos et lata praetoria memo¬
riae, ubi sunt thesauri innumerabilium imaginum cuiuscemodi rebus sensis inuectarum.
Ibi reconditum est quidquid etiam cogitamus, uel augendo uel minuendo uel utcumque
uariando ea quae eensus attigerit, et si quid aliud conmendatum et repositum est, quod
nondum absorbuit et sepeliuit obliuio. »
4. Texte cité ci-dessus, p. 104, η. 2.
5. Augustin, In Ps. V, 12, 1, C. C., t. XXXVIII, p. 24 (sur le verset 11) : « Sepulcrum
patens est guttur eorum. Ad uoracitatis signi ficationem referri potest, propter quam
plerumque homines adulatione mentiuntur. Et mirabiliter dixit : patens sepulcrum
quoniam semper inhiat illa uoracitas, non ut sepulcro, quae receptis cadaueribus muniun-
tur. Potest et aliud intellegi, quod mendacio et blanda adulatione trahunt in se quos ad
peccata illectant, et eos tamquam deuorant cum in suam uitam conuertunt. Quod quibus
contingit
dicti sunt quoniam
; quia et ipsi
peccato
quodammodo
moriuntur,exanimes
recte illisunt
a quibus
uitam non
inducuntur,
habende sepulcra
ueritatis, patentia
et mor-
tuos in se recipiunt quos uerbis mendacibus et uano corde interemtos in se conuertunt. »
6. Augustin, De Trinitate IV, 3, 5, éd. Mellet-Camelot, p. 349 : « De morte autem animae
a morte corporis distinguenda, quid plura documenta commemorem, cum Dominus in
una sententia euangelica utramque mortem cuiuis facile discernendam posuerit, ubi ait :
'Sine roortuos sepelire mortuos suos' [Matth. VIII, 22). Sepeliendum quippe corpus
mortuum
telligi
illuminabit
uoluit,
erat
te quales
Christus'
; sepultores
excitan
( Eph
autem
tur
. V,cum
14).
eiusdici
» perturinfidelitatis
: "Surge, quiimpietatem
dormís et in
exsurge
animaa mortuos
mortuis in-
et
7. Augustin, Jn Ps. LXXXVII, 11-12, C. C., t. XXXIX, p. 1216 (sur le verset 12) :
«Numquid enarrabit quis in sepulcro mieericor diam tuam... Sic au¬
tem dictum est in sep ulero, ut intellegantur ii qui sunt in sepulcro, qui et superius
significati sunt nomine mortuorum ubi ait ; Numquid mortuis facies mirabilia.
LE CORPS-TOMBEAU 119

A propos de la résurrection de Lazare, Augustin explique que


l'âme morte gît au tombeau sous la pierre de la consuetudo per¬
verse 1 ; en revanche, l'homme qui fait l'aveu de ses fautes est
déjà tiré du tombeau2.
Avec de tels répondants, l'usage de cette métaphore put se
prolonger du ve au xiie siècle.
Pierre Chrysologue peint le mauvais riche dont l'âme, avant
même qu'il ne meure, est mise au tombeau, un tombeau qui est
son châtiment perpétuel8. Il imagine les Apôtres eux-mêmes,
après la mort du Christ, ensevelis un moment dans le doute et
le désespoir4. Grégoire le Grand déclare que les pervers sont des
tombeaux, car leur âme est privée de vie5. Il oppose à ce tombeau

tanquam
tudine,
ipse
tere
tiarr,
soluitur?
crum,
pauperem,
clausi
certe
tionum
aduersis
non
ideo
nihil
«unum
Quia
Animae
Similes
enarrabit
mors
procede
"Fetet*
'Noli
suetudinis
Lazaro,
(loh.
propriis,
(Matth.
rum
P.
animae,
sepulcro,
Qui
3.
4.
5.
1.
2.
Ipse
L.,erat,
terrenam
peccatorum
discumbentes,
captiuus,
exprobrat
Augustin,
Pierre
Grégoire
fidei
iacet
non
facere'.
XI,
sepulcra
peccat
iam
in
t.;non
sibi
XVI,
tentatio
namque
de
incipit
quia
LII,
uenit
sed
quam
quo
ut
propter
saxo
sed
ad
44).
prandentes
relinquerent
praegrauatur?
Quae
esse
de
sub
estis
sed
Chrysologue,
sepulcro
est
uiuat
virtute
et
pietatis
541
Quando
19).
sepulcrum..
processit
sepulcro
le
in
sepulcra
molem
malae
seruus
semper
Ipse
omnes
corporis
sepultus.
corporis,
mortuos
Tract,
In
ipsam
incredulitatem
enim
continuo
Grand,
mortuae
suorum,
collidebat
D»poenae
sepulcro
solueritis,
Ps.
squidem
non
:producentis.
emetum
tuo.
consuetudinis
;«habere
pulcris
sepulto
opum
totus
in
te
crederent
misericordiam
eductus
extrema,
Mortuus
et
CI,
et
de
Mor.
pondere.
epulantes
Qui
loh.
audit,
Sermo
tegunt,
sepulturam
.Sermo
Nec
iam
si
corpus
Etenim
corrigitur,
semper,
saluti,
monumento,
Tunc
ducetur
sermo
;non
utique
uoce
etpessimam
autem
in
impositam
tunc
XXII,
ad
reuixit
ipsis
Iudaeorum
misericordiam
quem
est,
CXXI,
eorum,
LXXXIII,
lob
est
prandentes,
iam
funereis
sepulcrum
dealbatis...
illos
sed
»de
Fit
ipsum
2,
inquit,
quid
mortuus
cum
etautem
desperatio,
eos
grauabaris.
peccare
sed
XV,
censibus
3,
7,
sepulcro
cito
hoc
nec
saeculo
sepulcrum.
;terra
despicit
uisus
incum
28,
P.
et
7,famam,
sit
Dominus,
quia
aliud
nisi
nondum
tarnen
59,
uicit,
in
ante
reuiuiscit
perfidia
illos
C.
L.,
in
diues
C.
semel
sic
P.
in
est.
consueuit,
corde
defecerat
70,
audis
diceretur
mortui,
C.,
compeditus,
non
tantum
suscitauit,
t.C.,
per
corde
ad
L.,
premit,
terra,
sternebat
et
quieti
(Joh
congerie
Surge
resuscitandum
quae
P.
Vnde
tamquam
LII,
»etmortuus
t.solutus
processit
(Mailh
t.ianuam
erat
paenitentis
hominem
L.,
sepulcra
sepullus
scopulos,
sed
.;XXXVI,
XL,
LII,
t532
tuo
quia
XX,
uest
crediderant
t.sepulti
et
corporis
Dominus
:sepultus
domus
etLXXV,
aerunt
iacentes
Soluite
.auditus,
procede
p.
ipse
m,
A
433
tanquam
est.
sepulchris.
tabe
inter
nondum
tantum
Lazaro
uitae.
XXIII,
odorem
ille
19).
quam
:1440
est
id
confitendo
mortuorum
«mundo,
in
p.
B-434
;clamando
Quando
illa,
At
cum
corrumpitur
minor
uinctus
inferno?
est
est,
quam
1118
in
227
omnia
Si»soluta
naufraghilo
inuenit,
»;
:non
iste
desperationi,
eum
reprobi
sic
euangelio
pontpae
sed
«animae
in
et
teterrimum.
est
audis
metuentes,
27-28)...
A
XLIX,
:CVnde,
Quid
unam
fuit
«iacente
diues,
poenali
bene
sepulcro
:iam
soluitur?
;career,
(sur
Surge
imçlicatus
mala
«Miser
proferre
et
animam
non
sed
Ehominem
uirtus
designantur,
enim
mortuae,
et
personam,
Job,
de
ignobile
sinite
sicut
rant,
3,
domum
immo
talibus
et
ergo
uigilabit.
in
fidei
peior,
sepultos
accepit
traditus
Nam
»ilio
22,
illud
in
iacebas,
;XXI,
mole
ut...
corde
Dicis
prodesset
A
si
conscien-
Christi.
reddidit,
CXXIV,
diximus,
dicitur
p.
pedibus
consue¬
diuitia-
caelo
inquit,
cogita-
quibus
clausi,
abire
paeni-
sepul¬
sigma
illam,
dicit
et
quis
cuius
421
in
ante
con¬
32)
tuo,
non
:eiest
et»:ï
se
in
120 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

de mort le tombeau spirituel de l'âme enfouie dans la

Les spirituels du xne siècle, spécialement ceux qui ont pratiqué


les néo-platoniciens, reprennent volontiers de tels thèmes. Bernard
Silvestre, imprégné de philosophie chartraine, décrit dans son
De mundi uniuersitate l'âme du monde enfouie dans la masse de
la matière corporelle 2. Guillaume de Saint-Thierry, au terme d'un
développement sur la descente de l'âme (catabathmos) qu'il
oppose aux « degrés ascendants » (àva6a6(jto() des Psaumes des
degrés, dépeint en termes quasi plotiniens l'abrutissement de
l'âme, qui va croissant jusqu'à ce qu'elle soit enfermée dans le
corps-tombeau3. Un autre cistercien, Ailred de Rievaulx,
les démons extrayant les voluptueux de leur corps, sépulcres
puants, pour les livrer aux puanteurs infernales4. Les « Fils des
ténèbres », selon Adam de Perseigne, sont les hommes qui ne
quittent jamais le souterrain de leur chair misérable et qui, dans

quibus exstinctae a uita beatitudinis aniinae uelut in sepulluris latent? Iniquus ergo
iste ad sepulcra ducetur, quia in prauorum cordibus recipietur, quoniam soli eum illi sus-
cipiunt, in quibus mortuae a Deo anima e reperiuntur. »
1. Grégoire le Grand, Mor. in Iob,V, 6, 9, P. L., t. LXXV, 683 B (sur Job, IV, 22) :
«Gaudentque uehementer, cum inuenerint sepulcrum. Sicut enim se-
pulcrum locus est quo absconditur corpus, ita diuina contemplatio quoddam sepulcrum
mentis est, quo absconditur anima. Quasi enim huic adhuc mundo uiuimus, cum mente
in eum foras uagamur ; sed mortui in sepulcro abscondimur, cum mortificati exterius,
in secreto internae contemplationis celamur. .. Hinc est quod Paulus per contempla-
tionem mortuos et quasi in sepulcro absconditos discipulos uideret, quibus dicebat :
Mortui enim estis, et uita uestra abscondita est cum Christo in
Deo (Col. III, 3-4). Qui ergo mortem quaerit, gaudet cum sepulcrum inuenit, quia qui
mortifîcare se appétit, ualde ad inuentam requiem contemplationis hilarescit. .. Qui igitur
thesaurum quaerit, gaudet cum sepulcrum inuenerit, quia sapientiam perquirentes, cum
sacrpe Scripturae paginas uoluimus, cum exempla praecedentium perscrutamur, quasi ex
sepulcro gaudium surnimus, quia mentis diuitias apud mortuos inuenirous : qui quia huic
mundo perfecte exstincti sunt, in occulto cum diuitiis requiescunt. »
2. Bernard Silvestre, De mundi uniuersitate, éd. Barach et Wrobel, p. 51, 32 (à
de l'âme) :
« Sed quae compedibus, quae carcere clausa tenetur
et quia corporea mole sepulta iacet. »
3. Guillaume de Saint-Thierry, De natura corporis et animae II, fin, P. L., t. CLXXX,
724 D et suiv. : « Sic enim uiuit (anima) quamdiu in sepulcro corporis includitur. At ubi
inde auulsa fuerit, pêne sicut in brutis animalibus, quibus se sentit similem, toto (tota?)
cum corpore moritur. » Noter que Plotin, Enn. I, 8, 13, trad. Bréhier, p. 128, après avoir
parlé de la « région de dissemblance », ajoute : « L'âme alors meurt comme meurt une
âme ; mourir pour elle, tant qu'elle est plongée dans le corps, c'est s'enfoncer dans la
et s'en rassasier, jusqu'à ce qu'elle remonte et retire ses regards du bourbier ; c'est
là venir dans le Hadès et y sommeiller. »
4. Ailred de Rievaulx, De inslitulis inclusarum 33, dans Sources chrétiennes, t. LXXVI,
Paris, 1961, p. 156 : « Non sic impii, non sic, quos de corpore, quasi de foetenti sepulchro,
pessimi spiritus, cum instrumentis infernalibus extrahentes, pollutos libidine, obuolutos
cupiditate, iniciunt ignibus exurendos, tradunt uermibus lacerandos, aeternis fetoribus
députant suffocandos. >
LE CORPS-TOMBEAU 121

la prison de leur corps, s'adonnent aux œuvres ténébreuses : ils


habitent en permanence le tombeau de leur concupiscence1.
Au xyne siècle encore, Bossuet, qui connaît à travers Augustin
le développement du jeune Aristote sur le supplice de l'âme liée
au corps comme à un cadavre2, semble agréer, en dépit de la
controverse anti-origéniste, la doctrine du corps-tombeau : en
réalité, il la tire vers le christianisme par une interprétation au¬
dacieuse, et conclut de là à la nécessité de la mortification du
corps par la croix du Christ8.
La métaphore du corps-tombeau, dont l'origine semble pytha¬
goricienne — et non orphique, comme celle du corps-prison 4 —
lui fut souvent liée à partir de Platon, mais a gardé sa vie propre
et ses résonances particulières. L'échantillonnage que nous four¬
nissons suffit à montrer qu'elle tint jusqu'au xne siècle une place
considérable, en particulier chez certains auteurs comme Philon
et saint Ambroise ; par eux elle reçut droit de cité dans la tradi¬
tion patristique, en rapport avec les exégèses touchant Adam,

dans
subterráneo
operibus,
seruitus
Cf.
concupiscentia,
santeur
blant,
1815,
qu'il
sophes,
concevoir
sans
naissance,
t.du
tianisme,
—àdans
mort
pas
comme
de
d'un
Philosophie
tiennes
1965,
berger,
1.
quelle
2.
3.
VI,
4.et
corps.
Alain
parer
être
Adam
Bossuet,
Sources
attachoit
quelque
Voir
son
deuil
p.p.
et
la
une
du
du
nos
Frankfurt
des
et
signification
leur
en
177
autre
509
ces
406-443.
de
Voilà
auteur.
ànumquam
qu'un
corps-prison
omni
prison,
sur

corps
spirituel
eux-mêmes.
de
âmes
faire
sépulcres
miserae
Piatons
Lille,
sépulcres
chrétiennes,
:(sur
enseigner
péché
s'abandonnant
Pensées
«fin
Élévations,
cette
Perseigne,
tout
ce
in
Quand
fonte
qui
tel
sur
vivantes
Sap.
»qu'on
pouvoit-ce
un
Distinctiones,
qua
ampar
vivants
précédent
carnis
supplice
aund
métaphore
eux
grecque
alibi
supplice

lacrymaruro
du
chrétiennes
homo
fait
(Phédon
IX,
Main,
on
que,
D'où
pouvoit
la
nos
t.lezur
faste
Epist
accoutumoit
sont
VIIe
penser
mortification
non
quam
LXVI,
15)
signe
s'ils
avec
quasi
âmes
être,
nous
se
au
du
1965,
Problem
semblable
;, et
:exeunt,
attachées
et
62
ad
P.
pût
dire
mes
«semaine,
péché
mot
avoient
etdes
de
in
aux
sinon
pouvons
C'est
ils
plangenda,
sont
6/
Paris,
sepultus
L.,
Guillélmum
p.
morales.
trouver
la
quand
sepulcris
articles
Cratyle
donnoient
de
corps
philosophes
geschickte
103-116
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122 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES

Caïn, Noé et plusieurs versets du Psalmiste, des évangiles ou des


Épîtres pauliniennes.
Le corps-tombeau va de pair avec l'image du corps-cadavre qui
gangrène l'âme et l'empêche de prendre l'essor contemplatif. Ni
la lutte contre Marcion, qui tirait argument de cette doctrine pour
nier la résurrection de la chair au sens physique, ni la controverse
anti-origéniste ne firent disparaître cette métaphore du langage
chrétien. Nourris de Plotin ou Macrobe, un Bernard Silvestre et
un Guillaume de Saint-Thierry se souviennent que le corps-tom¬
beau désigne la matière comme terme ultime de la chute de l'âme.
Saint Ambroise et Bossuet opposent à ce tombeau maléfique,
d'où il faut s'évade!·, le tombeau spirituel où le croyant s'ensevelit
avec le Christ par le baptême ou la mortification volontaire. Il est
révélateur de voir deux hommes aussi différents que saint Ailred
de Rievaulx et l'antichrétien Porphyre s'accorder à employer
la métaphore du corps-tombeau, en rapport avec les démons,
dont ils se font pourtant une idée tout à fait contraire : Porphyre,
porte-parole de l'oracle d'Apollon, promet au « démon » de Plo¬
tin, sitôt quitté le tombeau du corps, les effluves délicieux de
l'assemblée des démons bienheureux ; Ailred, lui, ne voit dans le
corps-tombeau qu'un des accessoires puants au service des démons
infernaux 1.
Pierre COURCELLE.

1. Voir ci-dessus, p. 110, n. 1, et 120, n. 4.

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