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Les supports et

les techniques
d’audit
comptable et
financier
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

SOMMAIRE
Introduction

Chapitre I : les supports d’audit comptable et financier

Section 1  : les supports de base

I. Le manuel de procédures comptable


II. Autres supports

Section 2  : les autres outils support de l’ACF

I. Le questionnaire de prise de connaissance


II. La grille d’analyse des taches
III. Le diagramme de circulation
IV. Le questionnaire de contrôle interne

Chapitre II : les techniques d’audit comptable et financier

Section  1: les techniques de description

I. Le mémorandum
II. L’inspection physique
III. La lettre de circularisation

Section 2  : les techniques d’interrogation

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

I. Les sondages
II. Les interviews
III. Les vérifications et les rapprochements divers

Conclusion

Références bibliographiques et webographiques

Introduction

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

T
oute entité économique est conduite à établir des
comptes nécessaires au suivi de son activité. Ces
derniers tracent son évolution et constituent un moyen
d’information pour l’ensemble des agents en relation avec l’entité
en question (associés, Etat, personnel, actionnaires). Pour
donner une crédibilité à ces comptes à l’égard de ces tiers,
l’intervention d’un professionnel est vivement souhaitable. C’est
à cette fin que l’audit comptable et financier a développé ses
pratiques propres, permettant aux auditeurs de formuler une
opinion sur les états financiers, et ce en se basant sur une
démarche rigoureuse et des techniques et des outils qui facilitent
la mission de l’auditeur.

Dans ce présent rapport, l’accent sera mis sur les différents


supports et techniques utilisés dans une mission d’audit
comptable et financier et dont la sélection dépend spécialement
des critères relatifs au contexte de l’entité à auditer.

La problématique de ce rapport peut être formulée comme suit  :


Quels sont les supports sur lesquels l’auditeur doit se baser
et les techniques qu’il doit choisir durant les différentes
étapes de la mission d’audit ?

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Le schéma général du rapport se résume dans la figure ci-


dessous :

Les étapes de Les supports de base Les outils supports Les techniques
l’audit
comptable et
financier

La prise de *Le manuel des * le questionnaire *L’interview


connaissance procédures de prise de
*les outils
générale connaissance
* Les documents informatiques
externes
*la lecture et la
* les documents synthèse des
internes documents:

L’évaluation * Le diagramme de *le mémorandum


du contrôle circulation
*les sondages
interne * La grille d’analyse
des taches *l’interview
* Le questionnaire
*Le manuel des * l’inspection
du contrôle
procédures physique
interne
* le dossier comptable *Les outils
Examen des
informatiques
*le dossier
comptes et
organisationnel, *Les vérifications
des états de
juridique, fiscal et social et les
synthèse
rapprochements
divers

Chapitre I : les supports d’audit comptable et financier

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Section 1  : les supports de base

I. Le manuel de procédures comptable

a. Définitions

*procédure :
Un ensemble d’opérations multiples peut se décomposer en un nombre fini de
processus liés entre eux. Chaque processus correspond à une activité de production ou
de gestion déterminée. Il implique le déroulement d’un ensemble d’actions visant à
remplir une finalité globale. Cette finalité relève généralement d’une même fonction.
Par découpage progressif, chacun de ces processus peut être divisé à son tour en
éléments simples : les procédures.
Une procédure est :
 un enchaînement de taches élémentaires standardisées
 déclenchée en amont par l’expression d’un besoin quelconque
 limitée en aval par l’obtention d’un résultat attendu
* manuel de procédures :
Les procédures écrites deviennent une nécessité dans toutes les organisations où une
seule personne ne peut plus assumer la responsabilité du contrôle sous tous ses
aspects. Il convient de rappeler que le contrôle suppose la formulation des instructions
et des procédures visant à atteindre des objectifs permanents ou ponctuels ainsi que
leur communication à toute personne ayant une responsabilité d’exécution.
Plusieurs définitions ont été présentées pour éclaircir la notion du manuel de
procédures, l’ordre des experts comptables français le définit comme suit :
« par manuel de procédures, il faut entendre principalement des consignes d’exécution
des taches, les documents utilisés, leur contenu, leur diffusion et leur conservation, les
autorisations, les approbations, les saisies et le traitement des informations nécessaires
à la vie de l’entreprise et à son contrôle ».1
Ainsi on peut dire que le manuel de procédures est :

 un guide qui décrit les taches et les responsabilités assignées à un service.

1
Jaques Renard, « Théories et pratiques de l’audit interne », édition organisation 1998 .

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

 Un guide des documents utilisés et leur contenu.


 Un guide des approbations et des autorisations.
Dans un manuel de procédure, une procédure se décompose en une série de parties :2

*La présentation synthétique de la procédure : fournit une vue générale, en appelant sous
forme succincte l’objet effectif de la procédure et ses principales caractéristiques, les services
émetteurs, la liste des destinataires…

*Le diagramme des flux et de la fiche des taches  : contiennent les informations concernant la
procédure : son déroulement chronologique, les noms des intervenants, le contenu des taches,
les consignes d’exécution, l’indication des supports utilisés. C’est le noyau central du manuel.
Chaque procédure est décrite de façon explicite, dans le cadre de l’organisation en vigueur.

*Fiches de taches : descriptif détaillé des taches, référence des supports.

b. Les finalités du manuel de procédures

Avec les changements de plus en plus rapides que connaît l’environnement des entreprises, les
procédures ne peuvent être figées, elles évoluent constamment à fin de s’adapter aux nouvelles
réalités. Naturellement, ces procédures n’existent pas toujours sous forme écrite.

Lorsqu’elles ne sont inscrites que dans les mémoires humaines, la mise à jour est plus difficile à
assurer. Elles n’ont alors que la consistance d’habitudes routinières et elles sont rapidement
dégradables dans le temps. Pourtant, leur éventuelle cohérence reste un élément clé de
l’efficacité de l’ensemble.3

Les finalités d’un manuel de procédures sont :

 Une obligation réglementaire  :

Le manuel des procédures comptables « au Maroc » (décrivant l’organisation comptable)


devient une obligation dans le cas ou l’entreprise réalise un chiffre d’affaire qui dépasse les 7,5
millions de dirhams conformément à l’article 4 de la loi N° 9-88 du 25/12/1992 relative aux
obligations comptables des commerçants.

 Un facteur de modernisation  :

2
Rapport de stage de conception : Conception d’un manuel de procédures, cas de la SNRT, 2005-2006.
3
Rapport de stage de conception « Conception d’un manuel de procédures : cas de la Sté BLS MD », 2005-2006.

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

-La protection des risques majeurs : la complexité croissante des systèmes techniques et
administratifs, les contraintes telles que : personnel insuffisamment formé, manque du
temps pour formés les nouveaux recrus, imposent progressivement la mise en œuvre de
procédures écrites. Celles-ci doivent correspondre fondamentalement aux besoins de
fiabilité et de sécurité.

 Un effet organisationnel  :
-La transcription d’un travail organisé : la rédaction des procédures vise à décrire les
taches effectuées de manière organisée par les actions réalisées, à expliciter les
enchaînements des opérations et leurs synchronisations. En plus, elle constitue un facteur
de fiabilité et de qualité pour les partenaires de l’entreprise.

-La diffusion du savoir-faire : les procédures dressent la liste des actions, qui, à la suite
d’un événement donné, permettent d’aboutir au résultat escompté. Elles sont un moyen de
divulguer sous forme de documents accessibles à tous, les méthodes préconisées dans
l’entreprise et de faire connaître les conséquences d’erreurs éventuelles.

 Un support pédagogique  :4
-Un outil de formation : théoriquement les formations des agents relèvent de leurs
supérieurs hiérarchiques. Toutefois, on sait que sous la pression du quotidien, ceux-ci,
n’accordent guère du temps à cette tache. Ils n’ont d’ailleurs pas toujours les qualités
requises. L’absence de manuels constitue un obstacle psychologique supplémentaire. Les
responsables se sentent handicapés, reportent indéfiniment la formation de leurs
subordonnées. Quant aux intéressés, obligés de se débrouiller malgré tout, ils n’osent pas
toujours interroger leurs supérieurs. L’existence de manuel est un bon moyen de répondre
à cette difficulté. Il divulgue une bonne partie des informations nécessaires. Munis de cette
base, les exécutants peuvent plus facilement interroger leurs supérieurs sur des points
éventuellement obscurs. Les fiches de procédures servent de points de départ pour la
formation des subordonnés. Elles simplifient la tache de l’encadrement en établissant une
aide au dialogue.

 Un effet structurant  :
4
Mémoire de fin d’étude sous le thème « rédaction de manuel de procédures et analyse du contrôle interne du
département pièce de rechange » préparé par: mlle. karafi bissam

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

-Un instrument de décentralisation : Les procédures peuvent être un facteur de


décentralisation. Les responsables hiérarchiques faisant connaître, par le biais des
procédures écrites, ce qu’ils attendent de leurs collaborateurs, leur présence est rendue
moins indispensable.

-La piste de l’auditeur :5 L’existence conjointe des procédures et de l’audit conditionne en


partie l’attention et le respect qui sont accordés aux règles. Les procédures sont d’autant
plus appliquées qu’elles sont réputées contrôlables. Les contrôles a posteriori accroissent
la valeur du dispositif, allégeant du même coup la charge de l’encadrement direct.

Les procédures formalisées doivent constituer la référence première de l’auditeur. Elles


fournissent une piste utile pour ses travaux d’investigation, leur absence rendrait le
contrôle délicat, voire impossible et l’audit impraticable. L’audit est nécessaire au respect
des procédures et les procédures sont utiles au bon déroulement de l’audit.

II. Autres supports


a. Les données sectorielles

Au niveau de la phase de prise de connaissance de l’entité à auditer, l’auditeur financier a


besoin de collecter des informations sectorielles pour concevoir le questionnaire de prise de
connaissance. Celles-ci portent sur la composition du secteur, ses facteurs clés de succès, la
production et la commercialisation du secteur, le taux de marge du secteur…
Ces informations sont demandées auprès de :
- La chambre de commerce et d’industrie,
- La direction des statistiques,
- Les groupements professionnels…

b. Les rapports d’audit antérieurs

Le dossier d’Audit interne représente une structure d’accueil et d’organisation de la


mission d’audit, il a pour but de rassembler les informations récoltés et/ou produites au cours
de la mission ce qui permet à l’auditeur de garder la trace des vérifications effectuées, des
erreurs ou anomalies décelées, et donc va lui permettre de justifier les conclusions de son

5
Mémoire de fin d’étude sous le thème « rédaction de manuel de procédures et analyse du contrôle interne du
département pièce de rechange », karafi bissam

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

rapport par des données classées structurés et archivées, et de pouvoir répondre à toute
question ou contestation. Il Constitue la mémoire écrite des différentes étapes de la mission
d’audit.

Les auditeurs externes doivent légalement pouvoir justifier leur rapport de certification. De ce
fait, le rapport d’audit contient tous les travaux récurrents (exercices annuels) et les
informations qui représentent un intérêt pour les contrôles futurs.

Le rapport d’audit rassemble :

- des données sur la mission  : identification de l’entreprise, caractéristiques de la mission,

- des données sur l’entreprise et son organisation : activité, organigramme,

- des données sur le contrôle interne : procédures, tests de conformité,

- des données comptables, juridiques, fiscales et sociales 

- des données générales et de synthèse : gestion de la mission (plan de mission,


correspondances diverses, lettres d'affirmation), finalisation de la mission (note de
synthèse, rapports, communications diverses), états financiers, documents liés aux
vérifications spécifiques,

- des données sur l'évaluation des risques inhérents et des risques liés au contrôle,

- des données de contrôle (généralement classées par référence aux cycles) : programmes


détaillés de travail, travaux réalisés, conclusions ; ceux-ci portant sur le contrôle interne
et sur les comptes.

c. Le dossier organisationnel et juridique  : Il s’agit de l’organigramme de l’entité à


auditer, de l’organisation de son activité, des statuts, procès verbaux, organes
dirigeants, principaux contrats, contentieux éventuels….6

d. Le dossier comptable : c’est le support le plus important au niveau d’un audit


comptable et financier. Il s’agit des états de synthèse, des journaux comptables, des PV
des assemblées, du journal d’inventaire, du référentiel applicable ou adopté, des
méthodes comptables, spécificités, de l’historiques de comptes…

6
B.Grand, B. Verdalle « Audit comptable et financier », Edition: 2, Economica, 2006

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

e. Le dossier fiscal et social : il s’agit des documents spécifiant les régimes fiscaux
applicables, les conventions, les redressements notifiés….

Section 2  : les autres outils support de l’ACF

Dans cette section, les supports avancés sont les outils utilisés par l’auditeur. Il s’agit d’un
ensemble d’outils dont la conception est réalisée par l’auditeur lui même via le traitement et
l’analyse des supports de base présentés ci-dessus. Ces outils constituent des supports dont
l’aboutissement est la formulation du jugement final portant sur les comptes de l’entité
auditée.

I. Le questionnaire de prise de connaissance

Il faut noter au préalable que lorsqu’on parle de « questionnaire » en audit ; ce ne sont pas des
questions que l’on pose mais des questions que l’on se pose. L’auditeur va y répondre en
utilisant toutes les techniques appropriées : interviews, observations, documents…
Or la prise de connaissance du domaine ou de l’activité à auditer ne doit pas se faire dans le
désordre, l’auditeur ne pouvant prendre le risque d’omissions essentielles. Pour l’aider dans
cette démarche d’apprentissage il va donc utiliser un questionnaire, c’est le « le questionnaire
de prise de connaissance» récapitulant les questions importantes dont la réponse doit être
connue si on veut avoir une bonne compréhension du domaine à auditer. Outre le fait qu’il
permet d’organiser la réflexion et les recherches, ce document est indispensable :
- Pour bien définir le champ d’application de sa mission,
- Pour prévoir en conséquence l’organisation du travail comptable et en particulier en
mesurer l’importance,
- Pour préparer l’élaboration des questionnaires du contrôle interne.
- Pour avoir des éléments de preuve en cas de défaillances au niveau des comptes.
Chaque auditeur construit son questionnaire de prise de connaissance en fonction de ses
acquis, de ses expériences, de ce qu’il sait et de ce qu’il a besoin d’apprendre. Il peut être
d’importance variable ; mais quelles que soient ses dimensions, ce questionnaire est
indispensable à la compréhension du sujet par l’auditeur.7

7
H. Angot, C. Fischer, B. Theunissen « audit comptbale, audit informatique », Boeck Université, 2004

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Un questionnaire de prise de connaissance complet doit comprendre trois parties, allant du


général au particulier, et portant sur les volets suivants :
- Le contexte socioéconomique : la taille, l’activité, le secteur, la situation budgétaire et
commerciale, l’effectif et l’environnement du travail….
- Le contexte organisationnel : l’organisation, la structure, les relations de pouvoir,… 
- Le fonctionnement de l’entité : les méthodes et les procédures, les informations
réglementaires, le système d’information, les réformes prévues ou en cours….

Exemple de questionnaire de prise de connaissance

Le contexte socioéconomique

- Secteur d’activité

 nature du secteur d'activité : Vitrerie et menuiserie aluminium


 présentation générale :
 appréciation économique du secteur d'activité (en développement ou
en récession)
- Produits

 principaux produits :
 part respective dans le chiffre d'affaires :
- organisation de l'activité

 mode d'approvisionnement :
 mode de production :
 mode de distribution :
 mode de stockage :
- Concurrence

 principaux concurrents :
 positionnement de l'entité dans le secteur :
- Part de marché et situation du marché

 part de marché détenue par l'entité :


 situation du marché :
 appréciation des forces et faiblesses de l'entité sur le marché :
- Principaux clients

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

 liste des principaux clients et poids respectif dans le chiffre d'affaires :


 existence de contrats commerciaux :
 modes de facturation, modes de règlement :
 appréciation de la fragilité dans la relation clients :
 existence de conflits avec les clients :
- Principaux fournisseurs

 liste des principaux fournisseurs et poids respectif dans les achats (ou
frais généraux) :
 existence de contrats commerciaux :
 appréciation de la dépendance au regard de fournisseurs :
 existence de conflits avec les fournisseurs :
 appréciation du risque de rupture d'approvisionnement
Le contexte organisationnel

Implantation

 implantation géographique :
 nature des installations (usine, succursale, bureau, entrepôt, magasin :
tableau des implantations avec coordonnées et description) :
 politique immobilière (propriété, location, crédit-bail) :
structure interne

 organigramme des services :


 fonctions et responsabilités :
 identification des interlocuteurs importants pour la mission :
 existence de manuel de procédures :
Le fonctionnement

conseils externes

 en matière comptable :
 en matière juridique :
 en matière fiscale :
 en matière sociale :
Données sociales

 régimes sociaux
 particularité
 conflits sociaux
 mode de rémunération des dirigeants

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Données comptables

- mode de gestion comptable

 système comptable :
 existence d'une comptabilité analytique :
 outil informatique :
 liste des intervenants et fonctions respectives :
 données quantitatives :
 identité et rôle des intervenants externes :

- mode de gestion budgétaire

 procédures d'élaboration des budgets et données prévisionnelles :

 procédures de suivi et de mise à jour des données budgétaires :


 responsabilités :

- organisation comptable

 plan comptable :
 plan de journaux :
 écritures types :
 mode de classement comptable :
 archivage des documents comptables :

- particularités

 règles comptables particulières :


 traitement des situations :
 existence et traitement des tableaux de bord :

- calendrier d'arrêté comptable

 calendrier interne :
 calendrier indicatif pour les intervenants externes :

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

- partenaires financiers

 liste des établissements financiers et conditions bancaires :


 signatures autorisées :
 gestion des espèces (identification des mouvements, agents en contact,
mesures de sauvegarde, valeur moyenne conservée) :
 accidents financiers survenus :
- politique de financement et d'endettement

 stratégie de financement des investissements


 accords financiers (découverts, escompte, cession de créances) :
 endettement actuel (contrats et garantie) :

- règles d'inventaire
 procédures d'inventaire :
 documents types utilisés :
 outils de gestion de l'inventaire permanent :
 méthodes d'évaluation :
 politique de dépréciation (fait générateur, détermination, outil)
Support informatique

- fonctions informatisées

 domaines concernés :
 liste des traitements informatisés :
 outils utilisés (logiciel intégré, application spécifique, outil
bureautique) :
 opérateurs (compétence et formation) :
 procédures de protection et de sauvegarde :
 procédures de maintenance (intervenants et contrats) :

- fonctions externalisées

 liste des traitements externalisés :


 modes opératoires :
 liste des intervenants (et contrats) :

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

II. La grille d’analyse des taches


La grille d’analyse des taches est la photographie à un instant T de la répartition du travail.
Sa lecture permet de déceler sans erreur possible les manquements au principe de la
séparation des taches et donc d’y porter remède. Elle permet également d’être le premier
pas vers l’analyse des charges de travail de chacun.8
On peut concevoir une grille en découpant toutes les opérations relatives à la fonction ou
au processus concerné. Les cabinets d’audit bien organisés disposent de grilles préétablies
mentionnant en colonne 1 et ligne à ligne, le détail des taches élémentaires. Dans la
colonne 2 on indique la nature de la tache en se référant aux grandes catégories en principe
inconciliables pour une bonne séparation ; on indique donc s’il s’agit :
- D’une simple tache d’exécution,
- Ou d’autorisation,
- Ou d’enregistrement comptable,
- Ou de contrôle.
Les colonnes suivantes de la grille sont destinées à indiquer les personnes concernées.
Pour chaque tache et en commençant par la première, l’auditeur va chercher qui l’accomplit.
A chaque fois qu’il encontre un personnage nouveau, il indique son nom en tête d’une
colonne et fait une croix en face de la tache concernée. 9
Exemple de grille d’analyse des taches du cycle de trésorerie

Nature de Chef Comptables


Tâches caissier Courtier
la tâche comptable Client

Réception des lettres EX 


contenant les chèques

Endossement des AU 
chèques

Préparation des avis de AU 


recette

Etablissement des listes EN 


8
Jacques RENARD, « Théorie et pratiques de l’audit interne », éditions d’organisation, 4ème édition 2002.
9
Jacques RENARD « Théorie et pratiques de l’audit interne », éditions d’organisation, 4ème édition 2002.

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

des chèques et avis de


recette

Préparation des AU 
bordereaux de remise des
chèques

Dépôt des bordereaux à EX 


la banque

Enregistrement des EN 
recettes dans la
comptabilité clients

Préparation des fiches EN 


journal récapitulative des
remises en banques

Enregistrement des EN 
opérations dans le grand
livre

Préparation des fiches EN 


Journal récapitulatives
des écritures de crédits
des comptes clients

Vérification des écritures C 


de recettes fournies par
le caissier

Source : cours d’audit intégré. A. Chraibi. ENCGT


On remarque qu’il y a un cumul de taches au niveau du poste du caissier (autorisation,
enregistrement et contrôle) ce qui porte atteinte au principe de séparation des taches. Cette
situation est dangereuse dans la mesure ou elle facilite la fraude et donc oriente l’auditeur
financier à accorder une attention particulière aux documents et comptes émanant de ce
service.

III. Le diagramme de circulation

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Si la grille d’analyse des taches est statique, le diagramme de circulation est dynamique : l’un
est la photographie, l’autre le cinéma. Le diagramme de circulation, ou flow chart, permet de
représenter la circulation des documents entre les différentes fonctions et centres de
responsabilité, d’indiquer leur destination et donc de donner une vision complète du
cheminement des informations et de leurs supports. 10

En effet, le diagramme de circulation est un schéma que l’auditeur dresse pour étudier :

 L’organisation du traitement des documents afférent à une chaîne ou une catégorie


d’opérations ;
 La validité et l’efficacité du contrôle interne ;
 Le mode d’enregistrement comptable des opérations.
La description graphique des opérations s’opère au moyen d’une ligne de flux qui retrace dans
un ordre chronologique le cheminement des documents générés par ces opérations. 11

L’établissement du diagramme de circulation suppose l’emploi d’une table de symboles et le


choix d’un type de présentation. Toutefois, il n’existe pas une table universelle mais une
multitude de tables dont le choix demeure libre de la part de l’auditeur. On notera enfin que le
nombre de symboles contenus dans la table doit rester suffisamment limité pour que leur
utilisation soit simple et leur assimilation rapide.

La table de symboles la plus utilisée est la suivante :

10
Jacques RENARD, « Théorie et pratiques de l’audit interne », éditions d’organisation, 4ème édition 2002.
11
J.Raffegeau, « Audit et contrôle des comptes », Publi-union, 1979

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Symbole de circulation

Document (ici en 2 exemplaires)

Opération manuelle

Traitement informatique

Archivage définitif

Comparaison entre deux documents

Archivage provisoire

Oui Procédure alternative

Non

Point terminal d’un diagramme

Source : Jacques BERNARD, « Théorie et pratiques de l’audit interne », éditions


d’organisation, 4ème édition 2002. Page 342

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Pour que le document joue bien son rôle il est nécessaire de respecter un certain nombre de
règles.

 L’auditeur ayant défini les symboles qu’il utilise, adopte une approche séquentielle du
processus. Chaque apparition de document, chaque apparition de service, va donner lieu
à la création d’un symbole et d’une colonne identifiée.
 Les informations recueillies pour dessiner le diagramme le sont auprès de toutes les
sources possibles : documentation, interviews, organigrammes, etc. elles sont validées
dès que possible.
 Dans l’exécution du diagramme, l’auditeur prend un certain nombre de précautions :
- éviter les détails excessifs qui risquent de générer un diagramme trop complexe et des
confusions,
- veiller à ce que tout document ait un point final d’aboutissement,
- Eviter les diagonales : ne dessiner que des lignes de circulation horizontales ou verticales,
- Limiter à l’indispensable les notes complémentaires qui doivent rester l’exception.
 L’exactitude et l’exhaustivité du flow chart sont validées par des discussions avec les
audités.
 Les symboles utilisés peuvent être extrêmement variés : les informaticiens, les analystes,
les organisateurs utilisent les mêmes ; mais en général, l’auditeur n’a pas besoin d’une
telle variété.

4. Le questionnaire du contrôle interne :


Ó définition

Les questionnaires de contrôle interne sont sous forme d’une liste exhaustive de
questions fermées qui n’admettent des réponses que par « oui » ou « non ». Ces réponses
servent à recenser les moyens en place destinés à atteindre les objectifs de contrôle interne.

Ils sont mis en œuvre ultérieurement, lorsqu’on élabore le programme de travail : chaque
question doit permettre d’identifier les points de contrôle sur lesquelles on va procéder à des
tests qui, apportant une réponse, vont permettre d’identifier les faiblesses et de porter un
jugement.

Ces questionnaires de contrôle interne sont souvent l’objet d’un débat : questionnaire ou
cheks-list? Autrement dit : documents à élaborer ou documents pré-établis ? Observons tout

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

d’abord que s’agissant d’évaluer le dispositif de contrôle interne au travers des questions
concernant une organisation ou une fonction précise, il ne saurait y avoir de questionnaires de
contrôle interne généraux, ils sont nécessairement spécifiques à la différence des dispositifs qui
sont universel.

De même que le questionnaire de prise de connaissance est en principe spécifique à l’auditeur,


de même le questionnaire de contrôle interne est spécifique à la mission.

En effet, ce questionnaire de contrôle interne va permettre de passer du général au


particulier et d’identifier pour chaque fonction quels sont les points de contrôle essentiels.
C’est pourquoi il y’a autant de questionnaires de contrôle interne que de missions d’audit.
Dans la mesure où ces missions sont en grande partie récurrentes, la tentation est grande de
préparer un document standard à usage répétitif : un questionnaire pour l’audit des achats, un
pour l’audit de la trésorerie, un pour l’audit de recrutement, etc.

Lors des missions récurrents, chaque questionnaire de contrôle interne est construit en
s’aidant du questionnaire de précédant. Dans les services d’audit bien organisés, ce
questionnaire est sur disquette : on ajoute, on modifie, on supprime, on met à jour ; bref, on
enrichit pour obtenir un produit nouveau. Au cours de cette phase de création et
d’enrichissement, l’auditeur va élaborer ses questions sous la forme la plus précise qui soit. Ce
sont nécessairement des questions ouvertes, puisqu’il ne s’agit là ni d’une interview, ni d’une
enquête d’opinion ni d’un examen dans lesquels on peut utiliser les questions à choix
multiples. Ce procédé ne concerne pas les questionnaires de contrôle interne, lesquels
obéissent à une structure précise qui garantit la couverture de l’ensemble du sujet. Et comme il
s’agit, dans la plupart des cas, d’un sujet nouveau, seule la question ouverte est concevable.

Ó Structure
Cinq questions universelles permettent de regrouper l’ensemble des interrogations concernant
les points de contrôle, en couvrant tous les aspects :

Qui  ?
Questions relatives à l’opérateur, qu’il s’agit d’identifier avec précision,
quels sont ses pouvoirs et dans quelle mesure il y’a identité entre la réalité et le référentiel.
Pour répondre à ces questions, l’auditeur utilise organigrammes hiérarchiques et fonctionnels,
analyses de postes, grilles d’analyse de tâches…

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Quoi  ?

Permet de regrouper toutes les questions pour savoir de quoi il s’agit, quel est l’objet de
l’opération : quelle est la nature du produit fabriqué, quels sont les personnels concernés ?...

Où  ?

Pour ne pas omettre de tester tous les endroits où l’opération se déroule : Lieux de stockages,
lieux de traitement…

Quand  ?

Permet de regrouper les questions relatives au temps : début, fin, durée, Planning…

Comment  ?

Questions relatives à la description du mode opératoire : (comment se fabrique le produit ?


comment achète-t-on ?…) .L’utilisation de la piste d’audit peut être utile pour suivre,
comprendre et apprécier toute uns chaîne de traitement.

Ces 5 questions, qui regroupent tous les points de contrôle susceptibles d’être observés,
peuvent être utilisées à d’autres fins car elles constituent un moyen mnémotechnique
intéressant pour ne rien omettre.12. Dans l’élaboration des questionnaires de contrôle interne,
elles constituent la trame commune avec laquelle vont se décliner les questions spécifiques à
chaque sujet d’audit.

12
Jacques RENARD, Théorie et pratique de l’audit interne, Les Editions d’Organisation,1997, p.135-137.

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Exemple  :

Dans le cas d’un audit de la paie et de l’examen de son dispositif de contrôle interne,
le questionnaire de contrôle interne évoquera les questions suivantes (liste non
exhaustive) :

1. Qui  ?
 Qui fixe les niveaux de rémunération ?
 Qui décide de l’octroi des avances sur salaires ?
 Qui autorise les heurs supplémentaires ?
 Qui réalise les calculs de paie ?
 Qui autorise le paiement ou virement ?
2. Quoi  ?
 Quels sont les éléments constitutifs de la paie ?
 Les prêts et avances y sont-ils intégrés ?
 Les remboursements de frais sont-ils enregistrés dans la paie ?
3. où  ?
 Où sont enregistrées les données de base ?
 Où sont-elles centralisées ?
 Y a-t-il plusieurs centres de paiement ?
4. Quand  ?

 Quel est le planning des différentes opérations ?


 Quand sont effectués les rapprochements ?
 Quand les calculs sont-ils vérifiés ?
 A quelle date sont réalisés les virements ou remises de chèques ?
5. Comment

 Comment sont fixés les taux de rémunération ?


 Comment sont enregistrés les éléments variables ?
 Comment sont calculées les retenues sur salaires ?
 Comment sont effectués les contrôles et rapprochements ?

Chapitre II : les techniques d’audit comptable et financier

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Section  1: les techniques de description

I. Le mémorandum

Une première approche possible du contrôle interne est la description narrative, à laquelle
on donne traditionnellement le nom de mémorandum. L'auditeur fait la synthèse écrite des
entretiens qu'il a avec les responsables intéressés et des documents qu'il a pu réunir.

L’approche par mémorandum présente des avantages certains, elle autorise l’auditeur à une
certaine souplesse dans le déroulement de ses conversations avec les responsables de
l’entreprise. Moins directif, l’auditeur écoutera mieux son interlocuteur. Inversement, celui-ci,
se sentant moins contrôlé, se montrera plus direct et plus coopératif13.

Toutefois, les propos tenus sont généralement embrouillés : ils mêleront souvent l’essentiel et
l’accessoire, et l’auditeur devra s’armer de tout son courage pour réaliser une synthèse dont il
craindra toujours que, victime du tout trop spontané de la conversation, elle n’omette quelque
aspect important. A ce sujet, faisons remarquer que l’auditeur peut pallier cet inconvénient en
utilisant un questionnaire dit « ouvert ».

Ce type de questionnaire ne doit pas être confondu avec celui utilisé lors de l’évaluation du
contrôle interne et qui est dit par opposition « fermé ». Le questionnaire «  ouvert »  se
caractérise par le fait qu’une réponse par « oui » ou « non » est impossible. Chaque question
implique un développement et nécessite donc une compréhension du système.

L’utilisation de ce questionnaire est généralement très efficace pour préparer l’interview avec
les responsables et pour vérifier, après coup, qu’aucun point important n’a été omis.

Indépendamment de ces inconvénients, le mémorandum reste difficile d’accès au lecteur


étranger ; un effort important requis pour acquérir d’un circuit une compréhension
d’ensemble, un effort impraticable dès que les procédures deviennent trop longues ou trop
complexes.

L’approche par mémorandum ne peut donc être recommandée que dans les cas simples. Dans
les cas plus compliqués, l’utilisation d’autres techniques sera nécessaire.

13
J. RAFFEGEAU, Audit et contrôle des comptes, publi –Union Editions 1979

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Exemple  :

Nous nous servirons de cette méthode pour décrire en partie un circuit d’achat.

A acheteur de la société « Union technique » établit à partir de l’état des stocks et


des prévisions de fabrication un demande d’achat sur lequel il indique les
quantités demandées, leurs prix, les modalités de paiement et de la livraison .
Cette demande d’achat est transmise à B du service achat.
Celui-ci établit alors en quatre exemplaires un bon de commande pré numéroté.
Les deux premiers sont adressés au fournisseur, qui doit se servir de l’un des deux
pour accuser réception de la commande.
Le troisième, joint à la demande d’achat, fait l’objet d’un classement provisoire
dans l’attente de l’accusé de réception du fournisseur.
Le quatrième est envoyé à C, autre membre du service achat, qui le classe
provisoirement en séquence numérique dans l’attente de l’accusé de réception.
Lorsque l’accusé de réception arrive dans l’entreprise, il est transmis à C qui
compare le délai de livraison indiqué par le fournisseur et celui qui figure sur le bon
de commande n°4. puis l’accusé de réception est transmis à D qui appartient lui
aussi au même service.
contrôle du prix porté sur l’accusé de réception à partir du fichier prix.
L’accusé de réception est remis à B, qui le classe définitivement par ordre
alphabétique du nom du fournisseur avec l’exemplaire n°3 du bon de commande et
la demande d’achat.

2. L’inspection et l’observation physique

Une observation physique est la constatation de la réalité instantanée de l’existence et du


fonctionnement : d’un processus, d’un bien, d’une transaction, d’une valeur.

Cette technique est celle qui possède la valeur probante la plus élevé et est celle qui est
privilégié par les commissaires de l’armée de terre.

L’observation physique s’applique à tout processus, bien, produit, support matériel d’une
donnée quantifiée. La liste ci-dessous n’est pas limitative :

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

 Les biens immobiliers tangibles


 Les biens mobiliers tangibles : matériels et équipements de toutes natures.
 La documentation représentative de droits ou de dettes immobilières, mobiliers ou de
valeurs pécuniaires, incorporelles :
- encaisse physique ;

- créances (factures,…) ;

- dettes.

 Les processus matériels de contrôle ou de protection des actifs de l’entité concernée :


Systèmes de sécurité et de protection (incendie, back up informatique, surveillance des
installations, diffusion des informations, etc.…).

L’observation physique intervient essentiellement dans le cadre des audits de régularité ou de


conformité. Dans les audits d’efficacité, il n’est qu’une phase accessoire : appréciation de la
quantité de biens, d’engagements, de l’existence d’un processus…

Comment ?

L’observation physique prend deux formes : directe ou indirecte.14

 Directe
Elle consiste essentiellement en la vérification détaillée et visuelle d’un descriptif donnée avec
le bien ou le processus devant porter les mêmes marques d’identification ou correspondre au
descriptif. Elle doit permettre de porter un avis sur l’état physique et/ou de fonctionnement
apparent du bien à l’instant de l’observation.

Elle peut, pour les valeurs fiduciaires ou les créances, prendre la forme d’un comptage d’unités
ou de signes représentatifs de valeur.

Elle peut et doit enfin, dans le cas où le bien se présente en quantité, prendre l’aspect d’un
comptage desdites unités.

 Indirecte
On entend par-là la vérification de l’existence d’un bien au travers de documents authentiques
au sens juridique du terme ou de documents émis par des tiers liés au sujet par des relations

14
http://www.cheviyer.com/cv-olivier/index-fichiers/memoire-dess.pdf

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

juridiques précises et strictes (mandataires, tiers détenteurs, dépositaires) ou par des relations
contractuelles simples (clients).

Cette observation indirecte peut être faite de deux manières :

- soit par consultation directe de documents représentatifs du droit ou de


l’engagement (contrats, courriers,…) ;

- soit par correspondance avec le tiers concerné (lettre de confirmation de banque,


circularisations clients où il leur est demandé d'indiquer leur solde).

a. L’examen et le contrôle d’un inventaire physique effectué par l’organisme


L'auditeur n'a pas la prétention de vérifier par lui-même l'intégralité des actifs concernés mais
plutôt :

o De déterminer si la procédure mise en place est fiable ;


o D'observer si la procédure est correctement appliquée par le personnel de l'organisme ;
o D'effectuer des tests de vérification par sondages.

Dans le cadre d’un inventaire physique de stocks qui constitue le cas d'application le plus
fréquent, l'objectif visé est essentiellement de s'assurer de l'existence physique des stocks.

L'auditeur procède par sondage soit à des contrôles des fiches en vérifiant lui-même les
quantités reportées, soit en relevant des références et en inventoriant les quantités. Il
s'assurera par la suite que ce sont bien ces quantités qui figurent sur les relevés d'inventaire
définitif.

b. Le contrôle de l'existence physique d'un actif

L'objectif de ce contrôle est généralement de s'assurer non seulement de l'existence d'un actif
mais aussi de la propriété effective.

Cette procédure peut concerner en particulier les effets à recevoir ou les espèces en caisse.

Pourtant il ne faut jamais confondre « existence » et « propriété » ; ainsi l’auditeur ne peut pas
dissocier le contrôle physique d’une chose, du support documentaire (factures, contrats,
marchés,…) qui en donne la justification de propriété. Néanmoins, on peut ajouter que

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

l’examen physique avec sa qualité indissociable de comptage de l’existant, peut s’appliquer à


une gamme très large de populations physiques et comptables : stocks, espèces, effets…

3. La confirmation directe (la circularisation) :

a- Présentation
L’une des techniques permettant l’observation physique est la confirmation directe.
L’instruction de référence en fait mention, mais une fois de plus, elle reste limitée dans son
emploi par le commissariat

La confirmation directe, également appelée « circularisation », consiste à demander à un tiers


externe à l’organisme de confirmer directement par écrit au commissaire vérificateur
des informations d’ordre comptable et financier, ou tout autre renseignement.

En effet, la confirmation ne doit pas être adressée au commissaire aux comptes par
l’intermédiaire de l’entreprise contrôlée. S’il en était ainsi le niveau de preuve serait d’une
qualité inférieure car la réponse n’aurait plus la qualité d’une preuve externe. 15

La confirmation directe auprès de tiers possède une très grande force probante car elle
permet à l’auditeur financier de disposer d’un document dont il est certain qu’il a été établi par
le tiers concerné (il ne peut pas s’agir d’un faux).

Deux critères sont à considérer avant la décision d’utilisation :

L’importance relative : est essentiellement l’importance du poste par rapport au


total de l’actif. Il est difficile de fixer un seuil standard qui pourrait s’appliquer
automatiquement.
La relativité du risque : qui s’apprécie selon la nature même du poste du bilan
considéré.

b- La mise en œuvre de la confirmation directe

Relations avec la société contrôlée avant la mise en œuvre :


Sachant que la confirmation directe est une procédure encore peu connue de beaucoup
d’entreprises, et notamment des PME, il apparaît opportun à l’auditeur :
15
Alain MIKOL « Les audits financiers », collection d’audit, édition d’organisation 1999. Page 155

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

- de se concerter très étroitement avec la société contrôlée pour obtenir son accord sur
l’utilisation de la confirmation.
- De définir en détail avec les modalités pratiques de réalisation (travaux à faire par la
société, notamment copie de relevés, frappe et reproduction de la lettre de confirmation,
confection des enveloppes, principes d’expédition et de retour).
Choix des éléments à confirmer 
On distingue généralement deux catégories de tiers à confirmer :

a. Les tiers qui peuvent b. Les tiers qui doivent être


être confirmés préalablement sélectionnés en
exhaustivement raison de la taille de la population

Ó Tiers qui peuvent être confirmés exhaustivement 


Dans cette catégorie, on trouve généralement les banques, les organismes de crédit, les
avocats, cabinet de contentieux, conseils fiscaux, administrations fiscales, conservations des
hypothèques. Les informations qu’ils donneront porteront à la fois sur les comptes et les
engagements de la société.

En ce qui concerne les banques, par exemple, l’intérêt ne réside pas dans la confirmation du
solde du compte courant (qui est connu par le relevé de compte bancaire, lequel a été
confronté au compte « Banque » tenu par l’entreprise, grâce à l’état de rapprochement) mais
plutôt dans celle des effets escomptés non échus : lignes crédit ouvertes et utilisées, conditions
bancaires, signatures autorisées, engagements reçus, etc.

En général, le coefficient de réponse est excellent lorsqu’on s’adresse aux organismes cités ci-
dessus.

Ó Tiers qui doivent être préalablement sélectionnés :


Il s’agit surtout des clients, des fournisseurs, du personnel et éventuellement des
débiteurs et créditeurs divers.

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

L’objectif de la confirmation des clients est de s’assurer avant toute chose qu’il n’y a pas
d’actif fictif. On procédera donc en envoyant un relevé détaillé des risques sur le client
sélectionné, c'est-à-dire non seulement les factures non encore facturées. C’est ce que l’on
appelle la demande de confirmation positive, car on sollicite l’accord du client.

Une autre méthode consiste à pratiquer une confirmation négative, c'est-à-dire à ne


demander au client de ne répondre que s’il est en désaccord avec les sommes présentées. Cette
pratique à l’avantage de faciliter les opérations d’exploitation des réponses. Par contre, elle
peut conduire à assimiler à des réponses positives un comportement d’indifférence.

L’objectif principal de la confirmation des fournisseurs est de déceler des passifs non
comptabilisés. En ce sens, le terme « demande de confirmation » appliqué aux fournisseurs est
impropre car, en fait, on demandera plutôt aux fournisseurs d’adresser à l’auditeur le relevé
effectué par lui des créances qu’il a sur la société contrôlée. C’est ce relevé qui sera rapproché
de la comptabilité.16

Sélection des tiers :


L’auditeur effectuera une sélection des tiers à confirmer. Pour cela, il aura recours aux
sondages.

L’étendue des sondages sera essentiellement fonction de l’appréciation du risque sur le poste
considéré : cette appréciation se base sur la qualité des procédures et du contrôle interne mise
en place.

Le choix des soldes à confirmer doit tenir compte de toutes les particularités de l’entreprise
contrôlée. Généralement seront retenus :

Les soldes importants ;


Les soldes anciens ;
Les comptes annulés ou ayant fait l’objet de transferts ou de régularisations dans la
période ;
Les comptes au nom des employés ;
Les soldes anormaux (dans le contexte de l’entreprise : clients créditeurs par exemple).

La confirmation directe auprès de tiers présente plusieurs avantages. S’agissant d’un


élément probant externe, elle bénéficie d’un plus haut niveau de fiabilité. Elle ne nécessite pas
16
Robert OBERT « Audit et commissariat aux comptes », DUNOD, 2ème édition 2000. Page 87

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

la mise en œuvre de techniques complexes et maintient la durée du contrôle dans des limites
raisonnables. Elle permet d’obtenir des indications sur certaines opérations dont le contrôle est
difficile (engagements ou passifs éventuels).

Toutefois, la confirmation directe connaît aussi certaines limites dans la mesure où les
réponses obtenues ne sont pas toujours en nombre suffisant et parce qu’elle dépend de la
qualité du système comptable de celui qui répond.

Egalement, elle ne permet pas d’atteindre avec la même efficacité tous les objectifs de contrôle
(assertions). Ainsi par exemple, en ce qui concerne les créances commerciales, elle confirmera
l’existence des créances, pas leur caractère recouvrable ni l’absence de créances non
enregistrées. Dès lors, il sera le plus souvent nécessaire de compléter le contrôle par d’autres
méthodes plus appropriées aux objectifs non couverts par la confirmation.

Section 2: les techniques d’interrogation

I- Les sondages
Il est impossible à l’auditeur d’étudier toutes les pièces qui entrent dans le champ d’action de
son contrôle. Il lui faudra donc se limiter à des sondages.

1- Domaines d’application du contrôle par sondage

Deux types d’opérations peuvent motiver l’auditeur à utiliser les sondages, il s’agit :

- de l’appréciation du contrôle interne et des procédures comptables (tests de


procédures)
- de la vérification des comptes (contrôles substantifs)

a- Appréciation du contrôle interne et des procédures comptables

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Dans l’évaluation du risque et du contrôle interne, des tests de procédures sont effectués si
l’auditeur envisage d’évaluer un risque lié au contrôle de niveau inférieur pour une assertion
particulière.

En fonction de la compréhension que possède l’auditeur des systèmes comptables et de


contrôle interne, l’auditeur identifie les caractéristiques ou les attributs qui révèlent
l’existence d’un contrôle, ainsi que les déviations éventuelles qui traduisent une mise en
œuvre insuffisante de ces contrôles. L’auditeur peut alors tester la présence ou l’absence
d’attributs.

En général, les sondages en audit se prêtent aux tests de procédures lorsque le contrôle
révèle l’évidence de preuves suffisantes.

b- Vérification des comptes

Les contrôles substantifs portent sur des montants et sont de deux types : les procédures
analytiques et les contrôles portant sur le détail des transactions et des soldes. Les contrôles
substantifs ont pour but d’obtenir des éléments probants afin de détecter des anomalies
significatives dans les états financiers. Lors de contrôles substantifs portant sur des
transactions, l’auditeur peut recourir aux sondages en audit et à d’autres méthodes de
sélection d’échantillons à des fins de contrôle et de collecte d’éléments probants en vue de
vérifier une ou plusieurs assertions sous-tendant une rubrique des états financiers ou de
procéder à une estimation indépendante d’un montant.

2- Types de sondage

On distingue habituellement les sondages ordinaires et les sondages mathématiques

a- Sondages ordinaires

Encore utilisés par un grand nombre d’auditeurs, les sondages ordinaires sont basés sur
l’expérience, les impressions, c'est-à-dire sur des critères essentiellement subjectifs.

Cette technique laisse à l’auditeur l’entière liberté quant aux choix des échantillons, de leur
dimension, de la formation des lots et de leur mode de prélèvement.

L’auditeur doit d’efforcer de créer un effet de surprise dont il tirera bénéfice. Pour cela, il
doit varier sans cesse son programme de sondages. Il pourra ainsi contrôler les dix derniers
jours de l’année, l’année suivante contrôler les dix premiers jours durant un mois
quelconque, ou encore, contrôler tous les dixièmes clients de la balance clients…

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

L’auditeur, en raison du caractère subjectif sous-jacent doit toujours veiller à la


représentativité du sondage qu’il effectue, critère d’une étude de qualité ;

b- Sondages mathématiques

De plus en plus, les auditeurs recherchent des critères objectifs qui assurent un coté plus
rigoureux à leur analyse. Ils ont donc recours aux techniques d’échantillonnage statistique.

La théorie des sondages est basée sur les probabilités à deux événements : l’élément est
acceptable ou l’élément est à refuser

3- Conclusion d’un sondage

Trois possibilités sont offertes à l’auditeur après le contrôle par sondage : il accepte, il
continue ou il refuse.

 Il accepte dans le cas où :

- l’échantillon est suffisamment représentatif de la population, la précision et le niveau


de confiance satisfaisants ;
- le nombre d’erreurs extrapolé à la population totale est faible ;
- les erreurs ne portent pas sur des sommes importantes ;
- les erreurs ne sont pas systématiques ;
- les erreurs ne sont pas intentionnelles

 Il refuse quand l’une des conditions énoncées ci-dessus n’est pas remplie.

 L’auditeur a la possibilité de continuer d’approfondir s’il le juge nécessaire, si le nombre


d’erreurs est relativement important mais insuffisant pour refuser.

II- Les interviews


1. Définition de l’interview d’audit

L’interview est un outil que l’auditeur utilise fréquemment, mais une mission d’audit qui ne
serait opérée qu’avec des interviews ne pourrait être considérée comme une mission d’audit
interne. De surcroît, l’interview d’audit interne ne saurait être confondue avec des
techniques d’apparence similaire :

- ce n’est pas un entretien, ni une conversation ;

- ce n’est pas un interrogatoire.

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

L’interview d’audit interne n’est pas un entretien

L’audit interne n’est pas dans la position du journaliste qui interview un homme politique,
sur une demande. Ici, c’est celui qui écoute (l’auditeur) qui est demandeur de l’entretien. Ce
ne saurait pas davantage être une conversation car l’interview d’audit est organisé et centré
sur les objectifs à atteindre qui sont l’obtention d’un certain nombre d’information.

L’interview n’est pas un interrogatoire dans lequel le rapport serait celui d’un accusé face à
son accusateur. Tout au contraire l’atmosphère d’une interview d’audit interne doit être une
atmosphère de collaboration. C’est la raison pour laquelle il faut vivement déconseiller
l’usage du magnétophone, lequel ne crée pas les conditions d’une bonne interview et la fait
ressembler à un interrogatoire de police. En audit interne, l’interview est COOPERATIF.

2. Les 7 règles d’une bonne interview

Elles s’inspirent du nécessaire esprit de collaboration qui doit s’instaurer entre audité et
auditeur, interviewé et intervieweur.

 1re règle

Il faut respecter la voie hiérarchique. Sauf urgence exceptionnelle l’auditeur ne doit pas
procéder à une interview sans que le supérieur hiérarchique de son interlocuteur ne soit
informé. La plupart du temps cette information préalable se fait au cours de la réunion
d’ouverture de la mission. Mais lorsqu’il faut procéder à une interview qui n’était pas
programmée à l’avance, il est essentiel que cette règle puisse être respectée.

 2e règle :

Rappeler clairement la mission et ses objectifs. L’interlocuteur de l’auditeur doit connaître le


pourquoi et le comment de l’interview. Il serait désastreux qu’il puisse s’imaginer que l’on va
lui tendre des questions pièges, que l’interview n’est en somme qu’un interrogatoire déguisé.
Donc, et c’est le grand principe de transparence qui gouverne toute mission d’audit, on
s’efforce de ne rien cacher des objectifs poursuivis.

 3e règle :

Les difficultés, les points faibles, les anomalies rencontrées seront évoqués avant toute autre
chose. En d’autres termes, on situe d’entrée de jeu le dialogue au niveau de connaissance où
se situe l’auditeur dans le déroulement de sa mission en rappelant le résultat de ses toutes
dernières investigations. Du même coup, on évite toute digression laudative, telle que l’on
peut rencontrer dans la narration.

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

 4e règle :

Qui est la contrepartie logique de la première : les conclusions de l’interview, résumées avec
l’interlocuteur, doivent recueillir son adhésion avant d’être communiquées sous quelques
formes que ce soit à sa hiérarchie. Rien ne serait plus négatif que le résultat d’une interview
communiqué en confidence à sa hiérarchie alors que l’intéressé n’a pas encore véritablement
donné son aval sur les conclusions à tirer de ses propos.

 5e règle :

Conserver l’approche système, en vertu de ce principe que l’auditeur ne s’intéresse pas aux
hommes. On doit donc se garder de toute question ayant un caractère subjectif en mettant en
cause les personnes. Pour un interviewé : l’auditeur n’hésite pas à le ramener dans le droit
chemin si d’aventure- et ce n’est pas exceptionnel- ce dernier dérive dans ses réponses sur
des questions de personnes.

 6e règle :

Savoir écouter et chacun sait que n’est pas facile. L’auditeur doit éviter d’être celui qui parle
plus qu’il écoute ; or le premier exercice est plus facile- et plus agréable- que le second. Dans
cette écoute l’auditeur doit savoir être néanmoins un « faciliteur », pratiquer d’instinct la
maïeutique de SOCRATE et conduire l’entretien pour le maintenir sur les rails. Il y a un
subtil équilibre à trouver entre le « savoir écouter » et le « ne rien dire ».

 7e règle :

L’auditeur qui procède à une interview doit considérer son interlocuteur comme un égal.
Non pas un égal au sens hiérarchique du terme, mais un égal dans la conduite du dialogue.
Et on sait bien que ce n’est pas facile pour un jeune auditeur qui très souvent doit recueillir
des informations auprès de personnes supérieures en grade, parfois très supérieures en
grade, et parfois trouver le juste équilibre entre l’attitude exagérément respectueuse. Voire
obséquieuse, et la familiarité excessive et mal venue. La juste appréciation du contexte et de
la personnalité de l’interlocuteur vont peser lourd dans la recherche de cet équilibre : tout
faux pas peut avoir ici des conséquences désastreuses.

Dans le respect de ces principes, l’interview se déroule normalement en 4 étapes.

3. les étapes de déroulement de l’interview

a- Préparation de l’interview

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Une interview ne s’improvise pas, elle se prépare, c’est la règle d’or, de ce fait, préparer une
interview c’est :

 Définir au préalable le sujet de l’interview : c'est-à-dire définir quelles sont les


informations que l’auditeur souhaite obtenir ? Ces informations peuvent lui être
nécessaires ou bien pour parfaire sa connaissance du domaine à auditer, ou bien pour
apprécier tel ou tel point du contrôle interne. Quelle qu’en soit la cause, la définition
du sujet est la première démarche.

 Préparer l’interview c’est aussi connaître son sujet et ceci recouvre deux éléments
importants :
- connaître la personne que l’on va rencontrer : quelles sont ses activités, ses
responsabilités, sa place dans la hiérarchie…

- mais connaître son sujet c’est aussi connaître l’objet de l’entretien, disposer
d’informations quantitatives sur l’activité concernée, apparaître comme
quelqu’un qui est concerné par cette activité.

 Préparer l’interview c’est ensuite élaborer les questions. Il ne s’agit pas cette fois, de
rédiger un questionnaire de contrôle interne. C’est d’ailleurs souvent pour répondre à
ce dernier que l’interview est pratiquée. Il s’agit, compte rendu de la personnalité de
l’interlocuteur et du contexte, de poser les bonnes questions pour obtenir la réponse.
Pour ce faire, les questions seront toujours ouvertes, non fermées. On ne demande
pas « est ce que les gardiens contrôlent bien les visiteurs ? » ( bien sur la réponse
serait toujours « oui ») mais « comment s’effectue le contrôle des visiteurs par les
gardiens ? »

 Prendre rendez-vous est un acte indispensable pour un bon déroulement de


l’interview. Même si l’entrevue a été prévue lors de la première réunion de la
mission, l’auditeur ne doit pas se présenter sans prévenir. Il serait également
maladroit pour lui de « convoquer » : l’interview se déroule obligatoirement chez
l’audité, dans son bureau ; l’interlocuteur se sent « chez lui » et le climat de confiance
s’instaure plus facilement.

b- Début de l’interview

 Il faut commencer par se présenter : l’auditeur rappelle qui il est, quel est l’objet de la
mission et ce qu’il vient faire. D’entrée de jeu, il précise la technique qu’il compte

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

utiliser ; questions préétablies, prises de notes, en expliquant que là la façon normale


de procéder en interview d’audit interne.

 Des les premières questions l’auditeur doit s’adapter à son interlocuteur, trouver le
ton juste, éviter la plaisanterie avec celui qui ne plaisante pas, détendre l’atmosphère
avec celui qui communique facilement…mais dans tous les cas d’abord s’intéresser
au travail de l’audité avant de commencer le questionnement.
 En ce début d’interview et pour bien positionner ses questions, l’auditeur observe les
attitudes de son interlocuteur. L’auditeur peut s’aider par la PNL (programmation
Neurolinguistique) afin de décoder les gestes et les positions de son interlocuteur et
de s’adapter à ces derniers. L’objectif reste l’obtention de l’information et guère le
jugement de l’interlocuteur.

c- Les questions

Si les questions ont été bien élaborées, et si elles sont posées à quelqu’un qui est en état de
réceptivité, l’auditeur va obtenir l’information recherchée, à condition de ne pas omettre
deux précautions :

 Toujours vérifier que l’on a bien compris la réponse de l’interlocuteur.


 Toujours laisser l’audité s’exprimer.
 En effet, l’auditeur ne doit pas se transformer en confesseur, à l’écoute des malheurs
et des difficultés de son vis-à-vis, et surtout si celui-ci met cause des personnes, et
singulièrement sa hiérarchie.
 Les réponses sont notées par écrit, mais ceci doit être fait sans casser le rythme de
l’interview.
Lorsque toutes les questions sont épuisées, tout n’est pas encore achevé.

d- La conclusion de l’interview

 Conclure c’est procéder à une validation générale en résumant les principaux points
notés pour s’assurer qu’il n’y a ni erreur d’interprétation, ni omission.
 Conclure, c’est aussi demander à l’audité si quelques autres points ne méritent pas,
selon lui, d’être abordés.
 Enfin, et lorsque tout est dit, conclure c’est remercier l’audité pour le temps qu’il a
bien voulu consacrer à l’interview.

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Procéder à une interview n’est donc pas un exercice facile, il exige un solide travail de
préparation et la capacité à déjouer les trois symboles de l’écoute :

-croire que l’écoute est processus naturel alors qu’il exige un effort de volonté.

-croire qu’il n’y a pas de différence entre entendre et écouter alors que seul le premier
s’exerce sans effort.

-croire que tout auditoire est uniforme alors qu’un travail d’adaptation à l’interlocuteur
est dans tous les cas indispensable.

Reste encore à respecter la règle d’or : « écouter, c’est d’abord se taire ». S’il sait vaincre ces
obstacles, l’auditeur fera à chaque interview une moisson d’information répondant aux
interrogations de son questionnaire de contrôle interne. Mais pour que tout ceci puisse être
exploité efficacement, il est nécessaire que la feuille d’interview rapporte de façon exhaustive
les réponses aux questions. Pour ce faire, les notes prises doivent impérativement et dans les
instants qui suivent, être mises au propre sur le document adéquat. Toutefois, si les notes ont
pu être prises de façon suffisamment claire sur la feuille d’interview, il ne sera pas nécessaire
de procéder à une réécriture.

III- Rapprochement et Reconstitution


Se sont plutôt des procédés qui sont utilisés par les auditeurs au cours du travail sur le
terrain. Ces procédés sont largement utilisés :

 Par tous les responsables chargés de la vérification au premier degré,


 Par les auditeurs externes.
 Les auditeurs internes n’y ont recours que pour s’assurer de la validité des
opérations effectuées.

1. le rapprochement
Un rapprochement est la vérification à posteriori, par d’autres sources ou moyens, de la
validité d’un fait, d’une affirmation ou d’une déclaration. Les sources ou moyens peuvent
être de nature endogène (support d’information dans la chaîne d’un processus) ou exogène
(confirmation écrite extérieure). 17

17
Olivier Lemant, « La conduite d’une mission d’Audit interne », DUNOD 1997. Page 205

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

De ce qui découle le rapprochement est orienté vers la vérification d’un fait ou d’une
affirmation d’une ou plusieurs opérations, donc utilisé en audit de conformité. On confirme
l’identité d’une affirmation dés l’instant qu’elle provient de deux sources différentes.

A titre d’exemple :

 Effectif connu par le service personnel et effectif connu de l’unité ;


 Stock comptable et stock réel ;
 Vente de produits à une filiale et achats de la filiale à la société mère ;
 Entrées et sorties dans les bureaux et état des heurs supplémentaires. 18
C’est dans l’utilisation des techniques de rapprochement que l’auditeur interne va faire
preuve d’imagination pour aller chercher les réponses à son questionnaire de contrôle
interne.

2. les reconstitutions
Une reconstitution est le rétablissement d’un résultat, à partir d’éléments réels et
pertinents, soit par utilisation du processus lui-même, soit par la mise en œuvre de processus
différents mais homologues aux phénomènes contrôlés. 19

En d’autres terme la reconstitution permet de passer au travers d’un système, d’un processus
ou d’une organisation donnée, un flux d’information réelle et ayant déjà fait l’objet d’un
traitement, ou théoriques, sélectionnées par l’auditeur, de manière à obtenir un résultat
connu ou attendu.20

La reconstitution est utilisée pour évaluer la fiabilité, le fonctionnement d’un système d’un
processus, donc en audit d’efficacité.

18
Jacques BERNARD, « Théorie et pratiques de l’audit interne », éditions d’organisation, 4ème édition 2002.
Page 326

19
Olivier Lemant, « La conduite d’une mission d’Audit interne », DUNOD 1997. Page 205

20
Robert OBERT « Audit et commissariat aux comptes », DUNOD, 2ème édition 2000. Page 79 – 80

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Conclusi
on
E
N guise de conclusion, nous pouvons dire que pour mener à bien

sa mission, l’auditeur s’appuie sur des outils et techniques et

produit des livrables constituant la preuve de la marche de sa mission.

Il est primordial de préciser que tous les outils et les techniques utilisées

par l’auditeur peuvent être bonnes et génèrent les résultats escomptés

mais leur application dépend de la personnalité de l’auditeur, de son

implication, de sa capacité à s’adapter aux contextes nouveaux.

Ainsi que toute technique utilisée présente aussi bien des avantages

que des inconvénients qui dépendent non seulement de la manière de les

utiliser mais également du contexte de leur utilisation. Une technique

appropriée à une entreprise de taille petite peut ne pas être adaptée dans

une grande entreprise. C’est notamment le cas des interviews qui, plus le

circuit de l’information grandit, plus la technique est difficile à mettre en

place.

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Références bibliographiques et webographiques

 Les ouvrages

Ó Alain MIKOL « Les audits financiers », collection d’audit, édition


d’organisation 1999.

Ó B.Grand, B. Verdalle « Audit comptable et financier », Edition: 2, Economica,


2006
Ó E. Barbier « MIEUX PILOTER ET MIEUX UTILISER L'AUDIT », Editions
Maxima, 1998
Ó J. RENARD, « Théorie et pratiques de l’audit interne », éditions
d’organisation, 4ème édition 2002.

Ó J.Raffegeau, « Audit et contrôle des comptes », Publi-union, 1979

Ó H. Angot, C. Fischer, B. Theunissen « audit comptbale, audit informatique »,


Boeck Université, 2004

Ó Robert OBERT « Audit et commissariat aux comptes », DUNOD, 2ème


édition 2000.

 Rapports et Thèses

Ó Rapport de stage de conception « Conception d’un manuel de procédures : cas


de la Sté BLS MD », 2005-2006.

Ó Rapport de stage de conception : Conception d’un manuel de procédures, cas


de la SNRT, 2005-2006.

Ó Mémoire de fin d’étude sous le thème « rédaction de manuel de procédures et


analyse du contrôle interne du département pièce de rechange » préparé par:
mlle. karafi bissam

 Les sites Web

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Ó www.ifaci.com

Ó ww.wikipedia.com

Ó http://www.audit.cfwb.be/deroulement_mission2.asp

Ó http://www.cheviyer.com/cv-olivier/index-fichiers/memoire-dess.pdf
Ó www.mag-audit.fr

Table des
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matières
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Introduction……………………………..………………………………………………………………..3

Chapitre I : les supports d’audit comptable et financier …………….6

Section 1 : les supports de base……………………………………………………………………………6

I- Le manuel de procédures comptable…………………………………………………………6


II- Autres supports……………………………………………………………………………………..10

Section 2 : les autres outils support de l’ACF………………………………….…………………11

I- Le questionnaire de prise de connaissance…………………………………………………11


II-La grille d’analyse des taches…………………………………………………………………...12
V. Le diagramme de circulation……………………………………………………………………13
VI. Le questionnaire de contrôle interne........................................................................16

Chapitre II : les techniques d’audit comptable et financier……..20

Section 1: les techniques de description……………………………………….………………..…..20

IV. Le mémorandum……………………………………………………………………………………20

V. L’inspection physique……………………………………………………………………………..22

VI. La lettre de
circularisation……………………………………………………………………….24

Section 2 : les techniques d’interrogation………………………………………………………….32

IV. Les sondages………………………………………………………………………………………….32


V. Les interviews………………………………………………………………………………………..34
VI. Les vérifications et les rapprochements divers…………………………………………..39

Conclusion…………………………………………………………………………………………………………41

Références bibliographiques et webographiques……………………

Annexes ………………………………………………………………………………………………………

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Table des matières

Introduction

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Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Chapitre I : les supports d’audit comptable et financier

Section 1  : les supports de base

III. Le manuel de procédures comptable


a. Définitions

b. Les finalités du manuel de procédures

IV. Autres supports


a. Les données sectorielles
b. Les rapports d’audit antérieurs
c. Le dossier organisationnel et juridique 
d. Le dossier comptable :
e. Le dossier fiscal et social :

Section 2  : les autres outils support de l’ACF

VII. Le questionnaire de prise de connaissance


VIII. La grille d’analyse des taches
IX. Le diagramme de circulation
X. Le questionnaire de contrôle interne

Chapitre II : les techniques d’audit comptable et financier

5
Les supports et les techniques d’audit comptable et financier

Section  1: les techniques de description

II. Le mémorandum
III. L’inspection physique
IV. La lettre de circularisation

Section 2  : les techniques d’interrogation

VII. Les sondages


VIII. Les interviews
IX. Les vérifications et les rapprochements divers

Conclusion

Références bibliographiques et webographiques