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Université Cadi Ayyad

Faculté poly-disciplinaire de Safi


Département Economie et gestion

Mémoire en vue de l’obtention de la Licence


Economie et gestion

Sujet :

L’évaluation du risque de crédit


bancaire

Préparé par : Sous la direction des professeurs :

M. MOUFDI Kamal M. SAIDI Charaf


Melle. EL HIMEUR Sara M. ELOUAFA Khalid
M. ABASSI Abdelaali

Année universitaire : 2017-2018


Condoléance :

C’est avec une grande douleur et une profonde


tristesse que j’ai appris le départ brutal de Monsieur
ASSTOUR Mustapha Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Il y a des nouvelles comme celle-ci que l’on
ne veut pas croire. Des nouvelles qui nous attristent
profondément. Un homme qui nous a tellement
inspiré et encouragé.
Afin d’honorer une dernière fois la mémoire
de cet homme qui m’a tout appris. Etait vraiment
un super prof et, même si je ne l’ai pas en
longtemps. Il aura toujours une place dans ma
mémoire. Trois années à suivre ses cours, a profité
de son expérience et de sa culture.
Toutes nos penses et condoléances vont a tous ses
proches : familles, amis, collègues, et ses élèves
certainement, de ce grand monsieur.

« Adieu Monsieur le professeur…, on ne vous oubliera


jamais ».

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DEDICACE

A nos chers parents,


Qui nous ont toujours soutenus. Sans vous, nous
n’aurions jamais atteint nos objectifs.
Qu'ils récoltent maintenant le fruit de leur patience
et de leur amour

A nos chers frères et sœurs,


Qui sont la joie de la famille et les animateurs de
tous les moments de notre vie familiale.
Qui nous ont toujours aimé et soutenu.

A tout le corps professoral de la faculté


de Safi
Qui nous a inculqué toutes les meilleurs valeurs
de la vie en cycle normal et au cours du
troisième cycle,

A tous nos amis,


A toutes les personnes qui nous aiment.

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Remerciement

Après avoir rendu grâce à Dieu le tout puissant et le


Miséricordieux, qui nous a donné la force et la patience
d’accomplir ce modeste travail. Nous tenons à remercier
vivement tous ceux qui, de près ou de loin ont participé à la
rédaction de ce document, il s’agit plus particulièrement de :
Monsieur SAIDI Charaf, qui, en tant que Directeurs de
mémoire, il est toujours montrés à l’écoute et très disponible
tout au long de la réalisation de ce mémoire, ainsi pour
l’inspiration, l’aide et le temps qu’il est bien voulu nous
consacrer et sans qui mémoire n’aurait jamais vu le jour.
Ces remerciements vont tout d’abord au corps professoral
et administratif de la faculté polydisciplinaire de Safi pour la
richesse et la qualité de leur enseignement et qui déploient de
grands efforts pour assurer à leurs étudiants une formation
actualisée.
On n’oublie pas nos parents pour leur contribution, leur
soutien et leur patience.
En fin, nous adressons nos plus sincères remerciements à
tous nos proches et amis, qui nous ont toujours encouragés au
cours de la réalisation de ce projet.

Merci infiniment à tous et à toutes.

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Résumé

En recourant de plus en plus aux modèles à forme réduite, la théorie de l’évaluation du risque de
crédit bancaire se distance de plus en plus de l’ingénierie financière traditionnelle qui donne la
part belle aux modèles structurels. Bien qu’ils postulent l’absence d’arbitrage, les modèles à
forme réduite reposant sur la distribution des pertes d’une entreprise dans un monde risque-
neutre plutôt que sur un processus de diffusion. Il s’ensuit que la faillite n’est pas un processus
prévisible comme dans le modèle original de Merton mais survient de façon subite. L’avenir de
l’évaluation du risque de crédit bancaire semble être du côté des modèles hybrides qui combinent
les modèles structurels et les modèles à forme réduite.

Abstract

By using more and more reduced-from models, the valuation theory of credit risk tends to move
away from traditional financial engineering which rests on structural models. Although they
postulate no arbitrage, reduced-from models are based on the distribution of losses of a firm in a
risk-neutral world instead of on a diffusion process. Therefore, failure is not predictable as in the
original Merton model but it is sudden. Hybrid models combining elements of structural and
reduced-form models seem to be the orientation of future research in this area.

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Sommaire
Introduction générale ............................................................................................................... 7

Partie I : Cadre théorique et méthodologique ......................................................................... 9


Chapitre 1 : l’analyse du risque crédit ............................................................................................. 11
Section1 : Les crédits accordés par la banque ................................................................................... 11
A. Définition du crédit ................................................................................................ 11
B. Les différents types de crédit bancaire ..................................................................... 12
Section2 : Le risque de crédit .............................................................................................. 16
A. Définition du risque de crédit .................................................................................. 16
B. Typologie des risques de crédit ................................................................................ 17
Section3 : l’évaluation du risque de crédit ........................................................................... 19
A. Cas des particuliers .................................................................................................. 20
B. Cas des entreprises .................................................................................................. 21
Chapitre 2 : La gestion du risque de crédit ....................................................................................... 24
Section 1 : Généralités sur les moyens de se prémunir du risque de crédit ......................................... 24
A. Les supports ............................................................................................................ 25
B. Les garanties ........................................................................................................... 26
C. Les clignotants ........................................................................................................ 28
Section 2 : La prévention du risque de crédit ....................................................................... 31
A. Octroi des crédits bancaire ...................................................................................... 31
B. Les préventions individuelles du risque de crédit .................................................... 32
Section3 : la gestion du risque de crédit pour les particuliers .............................................. 33
A. L’approche classique ............................................................................................... 34
B. Le crédit scoring ...................................................................................................... 35

Conclusion générale ................................................................................................................ 39

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Introduction générale

Dans l’économie moderne, l’activité bancaire est devenue incontournable. Elle conditionne la vie
économique des états, des entreprises et des particuliers. Aussi, le crédit et le capital en général
constituent des éléments importants en tant que facteurs de production et partant, des moteurs de
développement économique.

Pour préserver le capital investi, le crédit doit s’adosser à des mécanismes qui permettent la
maîtrise des difficultés qui peuvent survenir. S’il est vrai que le crédit est lié au risque, la banque
se doit de s’y prémunir. En effet, au sein des institutions bancaires, la maîtrise du risque, sa
gestion, la spécialisation dans les activités et l’anticipation surtout dans la gestion de
l’encaissement disponible sont des notions clés sur lesquels les responsables doivent agir pour ne
pas être confrontés à un blocage des activités.

Le banquier se doit de prendre le maximum de précautions afin de réduire le risque de non


remboursement et ainsi limiter la défaillance du client. La banque évolue dans un secteur très
risqué et est susceptible d’avoir des difficultés pour recouvrer ses prêts, compromettant ainsi la
continuité de ses activités. Dès lors, il devient particulièrement intéressant d’analyser sa politique
de gestion du risque de crédit.

La finalité pour la banque dans l’octroi d’un crédit est son remboursement. Pourtant, dans divers
situations, les remboursements ne s’effectuent pas à l’échéance prévue. Parfois, ils se trouvent
même définitivement compromis. Face à cette situation, la banque se voit donc contrainte de
matérialiser un risque de contrepartie par la prise de garanties.

Les banques en général et les banques marocaines en particulier, qu’elles soient de petite ou de
grande taille font recours à différentes méthodes de gestion qui leur permettent de se couvrir
contre les risques des crédits bancaires pour améliorer leur performance à différents niveaux.

Le risque de crédit bancaire, en raison des problèmes économiques et financiers qu’ont subis
plusieurs banques ces dernières années, sont désormais au cœur de toutes les préoccupations. En
ces temps de crise, plus particulièrement, la gestion du risque de crédit bancaire représente un
thème d’actualité récurrent, et la maîtrise de ceux-ci un défi important à relever.

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En effet, au sein des institutions bancaires, la maîtrise du risque, sa gestion, la spécialisation dans
les activités et l’anticipation surtout dans la gestion de l’encaisse disponible sont des mots clés
sur lesquels les responsables doivent agir pour ne pas se heurter à la cessation des activités. Elles
doivent disposer des ressources mais aussi stimuler les clients, tout en veillant à leurs possibilités
de remboursement ; d’où la nécessité de maîtriser de la gestion du risque.

Le risque de crédit est très important pour les banques, les émetteurs d’obligations et les
investisseurs. Il est soumis à la fois aux cycles économiques, à la conjoncture du secteur
d’activité, au risque-pays et aux évènements propres à la vie de l’entreprise. Il diminue en phase
d’expansion économique, car les gains considérables engrangés par les entreprises durant cette
période réduisent de fait la probabilité de défaillance ; il augmente en période de récession, car
les gains diminuent, les entreprises se retrouvent plus souvent que d’habitude dans des difficultés
pour rembourser leurs emprunts bancaires ou obligatoires.

Le crédit est une anticipation de recettes futures. Tout crédit comporte le risque que ces recettes
ne se produisent pas et qu’aucun remboursement ou bien seulement un remboursement
« particulier » à l’échéance, ce risque appelé risque d’insolvabilité est essentiel dans l’activité de
la banque dont une des fonctions est la distribution de crédits. L’appréciation du risque
d’insolvabilité est dons une première importance et on peut schématiser ainsi le comportement
de la banque conférée à ce risque ; un crédit n’est accordé que si le banquier estime que la
probabilité de remboursement excède celle de non remboursement.

Tout au long de ce mémoire, nous analyserons les méthodes de gestion de risque des crédits
accordés par les banques. Cela nous mènera à répondre aux questions suivantes : Qu’est-ce que
le risque de crédit ? Comment modéliser ce risque, l’évaluer et le gérer ? C’est pourquoi dans un
premier temps nous analysons le risque de manière générale et faire l’évaluation de ce risque de
crédit. Nous viendrons ensuite à présenter la gestion du risque de crédit bancaire, on parle des
généralités sur les moyens de se prémunir des risques de crédit, et de la gestion externe et interne
du risque. Et enfin une deuxième partie avec laquelle, nous élaborons un cas précis sur la gestion
du risque de crédit au Maroc avec une grande banque de la place de Safi du groupe ATTIJARI
WAFA BANK pour finir par des suggestions qui seront formulées avant la conclusion.

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Partie I : Cadre théorique et
méthodologique

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Introduction de la partie I

L’objectif de cette partie est de procéder à un examen détaillé des théories, des méthodologies,
des outils permettant d’approcher et de maîtriser le risque de crédit supporté par une banque
opérant dans un environnement de marchés financiers.

Les risques de crédit sont au carrefour de multiples compétences et savoirs, concernant le monde
bancaire et industriel, les marchés financiers, les approches micro et macroéconomique. Ces
outils peuvent être utilisés pour forger des instruments d’évaluation des risques de crédit.

Le risque de crédit un élément indispensable de l’activité économique tout comme une source
d’instabilité majeure pour le système financiers. Longtemps ce risque n’a pu se transférer ni
s’échanger pour tel sur des marchés. Le risque sur la signature d’un l’emprunteur était
indissociable du prêt, inséparable du service de mise à disposition de liquidité. Les banques
géraient leurs crédits sur la durée. S’appuyant sur des règles de diversification et de limites. Les
investissements institutionnels géraient leurs portefeuilles de façon très contrainte, ne pouvant
modifier leur profil de risque que par des transactions sur cash. Les règles de diversification
limitaient les investissements sur une même signature, même pour des titres ayant des
caractéristiques de rendement très élevées. Sans la faculté de séparer la gestion du risque de
crédit des actifs auxquels ce risque était attaché, les stratégies de portefeuille des banques ou des
investisseurs restaient pauvres et très étroitement limitées.

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Chapitre I.1 :l’analyse du risque de crédit
Le risque de crédit correspond au risque de défaillance d’un client de l’institution bancaire.

Section1 : Les crédits accordés par la banque

Il s’agira dans cette section de mettre en exergue la notion de crédit et la classification des crédits
selon leur nature.

A-Définitions du crédit

 Définition économique :

Un crédit bancaire est une somme d’argent accordée par une banque appelée créancier, à une
personne moral ou personne physique appelée débiteur, moyennement un engagement de
remboursement à une date donné. La banque ne rémunère par la facturation d’un taux d’intérêt
journalier ou annuel et des frais. Le crédit en économie, terme désignant des transactions en
nature ou en espèce effectuées en contrepartie d’une promesse de remboursement dans un délai
généralement convenu par avance.

Comme le définit G.PETIT-DUTAILLIS, dans ce livre intitulé «Le risque de crédit


bancaire » : «Faire crédit c’est faire confiance ; c’est donner librement la disposition effective et
immédiate d’un bien réel, ou d’un pouvoir d’achat ,contre la promesse que le même bien, ou un
bien équivalent, vous sera restitué dans un certain délai, le plus souvent avec rémunération du
service rendu et du danger encouru, danger de perte partielle ou total que comporte la nature
même de ce service .

Pruchaud J, quant à lui, affirme que : « Le crédit bancaire est en général l’opération par laquelle
la banque met une somme déterminée à la disposition d’un tiers appelé emprunteur moyennant
l’engagement pris par ce dernier de payer au banquier les intérêts convenus et de lui restituer à
l’époque fixée par le remboursement, une somme équivalente à celle qui lui a été fournie ».

Pour Bernard.V et Collis J.C, « Le crédit est un acte de confiance comportant l’échange deux
prestations dissociées dans le temps, biens ou moyens de paiement contre promesse ou
perspective de paiement ou de remboursement ».

 PETIT-DUTAILLIS, le risque de crédit bancaire, Edition scientifique Riber, Paris, 1967, p : 18.

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 Définition juridique :
Le crédit au sens de l’article 32 de la loi bancaire du 19 Avril 1986 est définit comme suit :
« Tout acte par lequel un établissement habilité à cet effet met ou permet de mettre
temporairement et à titre onéreux des fonds à la disposition d’une personne moral ou physique,
ou contacté pour le compte de celle-ci un engagement par signature ».

La loi n090-10 du 14 Avril 1990 relative à la monnaie et au crédit de son article 112 définit
le crédit comme suit : « Une opération de crédit est tous actes à titre onéreux par lequel une
personne met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ou prend dans
l’intérêt de celle-ci engagement par signature tel qu’un aval, cautionnement ou une garantie ».

Le crédit est une notion qui comporte deux éléments principaux à savoir le temps et le risque.
D’une part, la location de l’argent en fonction de la durée du prêt, pour le prêteur correspond à
une indisponibilité de fonds. D’autre part, au fur et à mesure de la durée du prêt, le risque
d’insolvabilité de l’emprunteur augmente, cela justifie une sorte de prime qui s’ajoute au loyer
de l’argent.

Le crédit englobe trois éléments essentiels :

-le temps : pendant lequel l’emprunteur dispos du bien prêté, et le prêteur se prive de la
jouissance de ce bien.

-la confiance : fait par le créancier au débiteur, donc obtenir un crédit c’est bénéficier de la
confiance, la promesse de réalisation du prêt.

- le prix du crédit est l'intérêt. Le service rendu se voit clairement quand on compare le poids du
gain prêté et celui de la récolte obtenue, et on peut partager le bénéfice avec le prêteur.

Les crédits peuvent être classés en fonction de certains critères notamment la durée, le degré de
libéralité des banques, l'objet, la forme et d'après l'origine des crédits.

B- Les différents types de crédit bancaire :

JOHN STUART classe les différents types de crédits en fonction de certains critères notamment
la durée, le degré de libéralité des banques, l'objet, la forme et d'après l'origine des crédits.

 PRUCHAUD J, Evolution des techniques bancaires, Editions scientifique Riber, Paris, 1960, p : 50
 BERNARD V et COLLI J.C, Les crédits bancaires aux entreprises, Revue bancaire, P : 43

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 a- Les types de crédit selon la durée :

Selon ce critère, on distingue les crédits à court terme, à moyen terme et à long terme.

-Les crédits à court terme :

On désigne sous le terme des crédits à court terme l'ensemble des techniques de financement
spécialisées relatives aux opérations du cycle d'exploitation et d'autre part des moyens de
financement dont la durée est extrêmement courte, de quelques jours à quelques mois. Pour
préciser cette définition, il faut examiner la nature des opérations auxquelles le crédit est attaché.
« Ainsi, suivant la durée du cycle de production ou de commercialisation, le crédit à court terme
peut être relativement long et atteindre une période de l'ordre d'un an, on désigne alors ces
crédits sous le nom de court terme prolongé, et on les distingue des opérations plus courtes qui
portent sur une période de trois à six mois » Conso.

- Les crédits à moyen terme :

Selon Pruvost, « le crédit à moyen terme ainsi que son nom l’indique, est un crédit sur une durée
moyenne qui peut aller de 24 à 84 mois c’est-à-dire de 2 ans à 7 ans ». Les crédits à moyen terme
oscillent entre les crédits à court terme et les crédits à long terme.

Certains les appellent des « crédits à long terme courts » tandis que d'autres les appellent des «
crédits intermédiaires ». Ils servent au financement des activités rentables à moyen terme.

-Les crédits à long terme :

Les crédits à long terme peuvent, en matière commerciale commencé à 5 ans. Mais du point de
vue des finances de l'Etat, cette durée ne constitue véritablement pas du long terme, il faut qu'elle
soit encore plus longue. C'est ainsi que l'on le définit à partir de 7 ans. Les entreprises préfèrent
ce genre de crédit lorsqu'elles investissent dans des projets qui donneront des résultats qu'à long
terme (ex : usine).

 Jhon Stuart, le crédit dans l’économie, PUF, Paris, 1967, PP51-52


 Pierre Conso, Gestion financière de l’entreprise, 2005, PP 310-31
 Jean-Marie Pruvost, Dico du financier, 2009, P : 72

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 b- Les types de crédits selon le degré de libéralité des banques :

Selon le degré de libéralité des banques, on distingue les crédits mobilisables et les crédits non
mobilisables, on parle de crédits mobilisables lorsque la banque centrale donne un accord de
déclassement sur la signature du client, ce qui permet à une banque de solliciter auprès un crédit
et lui donne en même temps son accord sur le refinancement d'une partie du crédit.

Les signatures qui ne bénéficient pas d’accord de classement de la Banque Centrale sont des
crédits non mobilisables car non acceptés au refinancement.

 C- Les types de crédits selon leur objet :

Tout banquier a besoin de savoir ce qu'en est de l'utilisation du crédit sollicité par son client.
C'est pourquoi il exige de l'emprunteur d'indiquer ses projets afin que le banquier puisse savoir
s'il vaut la peine de les financer.

Pour l’entreprise, on distingue généralement les crédits d’exploitation et les crédits


d’investissement.

- les crédits d'exploitation :

Ces crédits sont destinés à :

• faciliter les approvisionnements (c'est-à-dire les biens et les services nécessaires à la


fabrication).

• permettre la transformation des matières et fournitures en produits finis (c'est-à-dire permettre


l'utilisation de ces matières et fournitures et le paiement du personnel de l'usine).

• faciliter la commercialisation des biens produits ou achetés en finançant les frais de livraison,
d'après-vente, de publicité, etc. Nous relevons que ces crédits ont une durée courte, car le cycle
d'exploitation d'une entreprise est généralement inférieur à une année.

-les crédits d'investissement

Ils sont destinés à l'acquisition soit des investissements corporels (machines, matériels et
outillages, etc.) soit des investissements incorporels (financement de frais d'établissement, le
financement des dépenses de recherche et de développement, l'achat ou la mise en place du fonds
de commerce, etc.).

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Selon Desmicht, le crédit investissement ou encore appelé prêt libre aux entreprises fait partie
des crédits qui sont destinés aux entreprises. Ce sont des prêts à moyen et long termes et leurs
caractéristiques financières sont variées aussi bien en taux qu’en échéancier de remboursement.

 d-Les types de crédits selon leur forme :

Cette typologie est définie suivant le degré de liberté dans l'utilisation de ces crédits. Ainsi, on
distingue généralement les crédits liés au projet et les crédits non liés.

- Les crédits liés au projet :

Les bénéficiaires n'ont pas le plein droit d'en utiliser à leur gré. Le prêteur les leur donne après
qu'ils aient présenté le projet à financer et les bailleurs de fonds analysent sa viabilité et sa
fiabilité. Son niveau dépend principalement du volume d'investissement ainsi que du schéma de
financement intérieur et celui attendu de l'extérieur. Ces genres de crédits sont les plus octroyés
aux PVD. Ils bénéficient de ces crédits à des fins précises et clarifiées par les bailleurs de fonds.

- Les crédits non liés :

L'utilisation par le bénéficiaire de la ligne de crédit est libre. Il ne doit pas présenter de projets
spécifiques aux bailleurs c'est le genre le plus rare dans les pays pauvres.

Nous distinguons deux grands types de crédits :

Le marché intérieur est constitué par l’Etat et ses démembrements d’une part, la Banque centrale
ou alors les particuliers, les entreprises et les organismes financiers implantés dans le pays
d’autre part.

Elle provient également de l'épargne nationale tant oisive que celle qui est prête à être investie.
Elle se présente en définitive comme une simple transaction financière entre l'Etat et les agents
économiques en activité à l'intérieur du même pays.

Les ressources proviennent aussi de l'extérieur : le crédit extérieur trouve son existence dans les
fonds étrangers qui sont mis à la disposition l'économie nationale. Les agents économiques
s'adressent dans ce cas soit à des pays tiers, soit à des organismes.

 François Desmicht, pratique de l’activité bancaire,2007,P69

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régionaux et internationaux, ou encore à des sociétés ou institutions bancaires privées. Il s'agit
donc ici d'une transaction entre deux collectivités économiques différentes, d'un transfert de
ressources d'une économie à une autre.
Au regard de tous ces types de crédits présentées, il est important de se demander quels sont les
risques qui y sont liés ?

Section 2 : le risque de crédit

Dans cette section, nous allons d’abord voir la notion de risque bancaire avant de présenter les
différents types de risques.

 A-Définition du risque de crédit :

Le risque en matière bancaire peut être défini, selon Michel ROUACH comme étant « un
engagement portant une incertitude dotée d'une probabilité de gain et de préjudice, que celui-ci
soit une dégradation ou une perte ».

SAMPSON pour sa part considère que: « la tension qui habite les banquiers est inséparable de
leur métier, ils veillent sur les économies d'autrui et partant ils font les bénéficier en les prêtant à
d'autres ce qui comporte inévitablement des risques. Il continue en précisant qu'un banquier qui
ne prend pas de risque n'en est pas un ».

D’après Martinet, « le risque est un phénomène aléatoire correspondant à une situation ou le


futur n’est prévisible qu’avec les probabilités ».

Généralement, la prise de risque est tout simplement liée à l'objet principal de l'activité bancaire :
l'octroi de crédit. Cette prise de risque est inéluctable et justifie l'existence même des banques.

Le simple retard dans un remboursement peut être préjudiciable pour une banque qui travaille
avec des fonds empruntés, car comme tout commerçant ou industriel, il doit faire face, de son
côté, à ses propres échéances et, par conséquent, compter sur les rentrées nécessaires à l'équilibre
de sa trésorerie. Si, par suite de circonstances imprévisibles, ou même par suite d'une politique
de crédit imprudente, les retards se généralisaient, il pourrait en résulter une immobilisation de
capitaux susceptible de mettre la banque en sérieuses difficultés, même si les crédits accordés ne
sont pas compromis.

 MICHEL R, et GERARD N, le contrôle de gestion bancaire et financier, Revue banque, 1998, P30.

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 B-Typologie des risques de crédit :

Les établissements financiers, et bancaires en particulier, dans cette situation actuelle marquée
par divers bouleversements, sont soumis aux différentes catégories des risques.

Le risque de crédit :

Appelé aussi risque de contrepartie ou risque de défaut, c'est le principal risque qui menace le
bien être des établissements de crédit, d'où il désigne le risque de défaut des clients ainsi que la
dégradation de la situation financière d'un emprunteur face à ces obligations. D'après Godlewiski
C. J. « Le risque de crédit peut être défini comme une non performance de la contrepartie
engendrant une perte probable au niveau de la banque » De plus ce risque dépend de la
probabilité de défaillance de contrepartie que ce soit un pays, un particulier, une entreprise ou un
établissement de crédit avec laquelle la banque est engagée.

Le risque de solvabilité :

Désigne l'insuffisance des fonds propres afin d'absorber les pertes éventuelles par la banque, en
effet, ce risque ne découle pas uniquement d'un manque de fonds propres mais aussi des divers
risques encourus par la banque tel que, le risque de crédit, du marché, du taux et de change.
L'exposition des banques à ce type de risque peut mettre en danger son activité, d'où l'objectif
recherché par les institutions financières c'est d'essayer d'ajuster les fonds propres aux risques
afin de faire face à ce genre de risque d'insolvabilité.

Le risque de liquidité :

Ce type de risque désigne l'insuffisance de liquidité bancaire pour faire face à ces besoins
inattendus. En effet, ce risque peut conduire à la faillite de la banque suite à un mouvement de
panique des déposants, qui peuvent demander leurs dépôts au même temps. Le recoure aux
retraits massifs des fonds par les épargnants, ainsi que leurs inquiétudes sur la solvabilité de
l'établissement bancaire, peut aggraver la situation de cette dernière et entraîne ce qu'on appelle
« une crise de liquidité brutale ».

 SAMPSON A, Les banques dans un monde dangereux, 19982, P38.


 Alain. Charles Martinet, L’actionnaire, 2000, P81.
 Godlewski C.J. < modélisation de la prévision de la défaillance bancaire une application aux banques des
pays émergents >, 2003, P 70.

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Le risque de taux d'intérêt :

C'est un risque qui concerne essentiellement les opérations de crédits ainsi que celle du marché,
ce type de risque concerne tous les catégories d'intervenants que ce soit financier ou autre, tant
qu'ils sont préteurs ou emprunteurs sur le marché. Selon Joël Bessis, ce risque est identifié par le
fait de voir les résultats affectés défavorablement, par les mouvements des taux d'intérêt. En
outre, une banque supporte un risque de hausse des taux si elle prête à un taux fixe et se
refinance au taux variable et vice versa pour le cas de baisse des taux. De même toute évolution
inattendue du taux d'intérêt peut influencer négativement sur l'activité bancaire, en affectant la
crédibilité de la banque et provoquant des retraits des dépôts de la part des clients.

Le risque du marché :

Il correspond à la baisse de la valeur du portefeuille d'actifs (obligation, action, ...) détenu par la
banque à la suite d'une évolution défavorable de la valeur des cours sur le marché, en d'autre
terme ce risque provient de l'incertitude de gains résultant de changement dans les conditions du
marché. Ce type de risque découle principalement de l'instabilité des paramètres du marché (taux
d'intérêt, indices boursiers et taux de change), d'où l'effet des marchés volatils, de la
libéralisation, et des nouvelles technologies sont accompagnés par un accroissement remarquable
de risque de marché.

Le risque de change :

Ce type de risque trouve sa naissance dans les établissements financiers, à partir des opérations
de prêts et d'emprunts à plus d'un an, en monnaie étrangère. En d'autre terme la banque supporte
cette catégorie de risque lorsqu'elle se trouve face à une évolution défavorable du taux de
change. En outre, il est aussi remarquable qu'il existe une interaction entre le risque du taux et
celui de change.

 Bessis Joël. <Gestion des risques et gestion Actif-Passif des banques > 1996 Edition DALLOZ.

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Le risque opérationnel :
Le nouvel accord de Bâle, défini les risques opérationnels « comme le risque de perte provenant
de processus internes inadéquats ou défaillants, de personnes et système, ou d'événements
externes ». D'une manière générale c'est le risque qui résulte d'un événement externe qui perturbe
la réalisation des objectifs de l'établissement (catastrophes naturelles, incendies, changements de
loi ou de réglementation) ou erreur humaine (fraude, erreur), ainsi que au dysfonctionnement de
système d'information.

Le risque pays :

D'après Mikdashi Z. « le risque pays, s'applique aux différente formes d'endettement qu’ils
s’agissent de créances non négociables (bancaires ou non bancaires), ou de titres de portefeuille
d'investissement ou de négoce et provient de l'incapacité ou de refus d'un pays à fournir des
devises nécessaires pour satisfaire les engagements financiers de l'Etat ou des agents
économiques privés opérant dans ce pays ».

Ce risque constitue un autre aspect du risque bancaire, il est appelé aussi le risque souverain
puisqu'il se manifeste suite au non remboursement de la créance étrangère, qui est due à la
condition économique, politique, sociales et financière de pays débiteur. Il trouve son origine
dans deux principaux phénomènes, une incapacité de paiement et le refus de remboursement des
dettes, qui sont liées aux opérations internationales. On d'autre terme ce risque représente tous
les éléments d'incertitudes qui se matérialisent par une volatilité spécifique de l'investissement
international par apport à un investissement domestique.

Section3 : L’évaluation du risque de crédit


L’évaluation du risque de crédit consiste à chercher une appréciation de la sensibilité au risque
de crédit par le bais de nouvelles approches développés récemment. Ainsi, l’évaluation du risque
de crédit varie selon le client de la banque.

 Mikdashi Z. < Les banques à l'ère de la mondialisation >Economie -Paris, 1998.

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A- Cas du particulier :

Pour le cas du particulier, porte essentiellement sur la constitution du dossier, l’étude des
garanties et l’étude financière.

a) la constitution du dossier :

Pour obtenir un prêt personnel (crédit à court terme), le client demande à la banque les imprimés
relatifs à la demande du prêt personnel. Ces imprimés sont remplis par le client et portent des
informations sur l'identité, l'état civil du client et éventuellement le nom du banquier chargé de la
gestion du compte. Ces imprimés doivent être signés par le client, en plus de ces imprimés, le
client remet à la banque les (3) derniers bulletins de salaires et enfin une lettre de demande de
crédit manuscrite portant le montant du crédit sollicité qui doit être accompagner le dossier de
demande.

b) L'étude du dossier :

Elle porte essentiellement sur :

• La capacité d'endettement du client : cette capacité se mesure par la détermination de la quotité


saisissable du salaire, cette quotité saisissable est égale au tiers du salaire brut du client.

• Le niveau des engagements actuels du client à la banque : c'est-à-dire la banque dispose de


l'état du compte du client qui lui permet d'apprécier le niveau de ces engagements actuels
(avance en compte, découvert, autres petits crédits).

• L'étude des engagements du client au niveau de son employeur (les prêts internes obtenus au
sein de son établissement.

• L'étude des engagements au niveau des autres banques.

c) L'étude des garanties :

Pour un crédit à court terme les garanties prises sont :

• Engagement de domiciliation : c'est un document établis en trois exemplaires par la banque,


dans lequel le client demande à son employeur de virer obligatoirement son salaire dans son
compte ouvert à la banque pendant toute la durée du remboursement du prêt, tout en précisant
que ce virement est irrévocable sauf sur présentation d'une main levée de garantie. Ce document
est contre signé par l'employeur qui conserve un exemplaire et transmet les autres à la banque.

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• La caution salariale : est accompagnée d'une domiciliation de salaire au même titre que le
débiteur principal. Cette caution salariale est aussi contre signée par la banque et l'employeur du
Co débiteur.

d) L'étude financière :

Elle porte sur la capacité du client de faire face à ces engagements. Elle porte sur la base du
salaire brute sur lequel il faut déterminer la quotité saisissable qui correspond au tiers du salaire
brut, multiplié par la durée du prêt doit être égale ou supérieure au montant du prêt majoré des
frais financiers que sollicite le client (échéance mensuelle). Et pour le crédit à long terme le
banquier pour le risque de crédit, il se base d'abord à la domiciliation du salaire du particulier
ensuite sur l'hypothèque ou une promesse d'hypothèque ou un nantissement du droit d'usage à
temps. D'où la décision d'accorder ou de rejeter le crédit à long terme (immobilier) se trouve sur
la validité du titre de propriété, sur la durée du prêt bancaire et sur la quotité saisissable.

B-CAS DE L'ENTREPRISE :
Une entreprise, pour solliciter un crédit bancaire, doit donner à la banque les moyens d'apprécier
sa situation financière et l'opportunité de lui accorder le crédit. Le banquier doit s'assurer que le
crédit demandé est nécessaire à la bonne marche de l'entreprise, qu'il ne sera pas détourné et qu'il
pourra être remboursé et que le banquier a le moins de risque en engageant ses fonds dans cette
activité. C'est pourquoi la banque est tenue d'effectuer :

a) L'analyse financière traditionnelle :

Elle consiste à faire une synthèse sur les données de l'entreprise qui sollicite le crédit. Cette
analyse se fait à partir :

- Les trois (3) derniers bilans ;

- Les trois (3) derniers comptes résultat ;

- Les trois (3) derniers comptes d'exploitation.

Les états financiers prévisionnels (bilan prévisionnel, compte d'exploitation prévisionnelle


planning de trésorerie prévisionnel, l'échéancier financier prévisionnel) et même éventuellement
le rapport le plus récent du commissaire aux compte de l'entreprise.

• LE BILAN :

L'étude d'une demande de crédit exige de la part du banquier une certaine visibilité. A ce titre, le
bilan qui est considéré comme une « une photographie » de l'entreprise en un moment donné,

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met en relief les emplois (actifs) et les ressources (passifs) qui servent à financer les premiers. La
mise en place d'un concours suppose en règle générale que l'on ait au moins (3) bilans, à
l'exception des entreprises qui viennent d'être créées. Nous avons deux approches dans la
présentation du bilan :

- L'optique fonctionnelle qui met l'accent sur les problèmes économiques et les problèmes
d'équilibre, comme le Fonds de Roulement et le Besoin en Fonds de Roulement.

- L'optique financière met en relief différents ratios qui peuvent être utilisés pour apprécier le
risque de prévention des difficultés.

• LE COMPTE RESULTAT :

Le compte résultat est un document essentiel dans la vie comptable de l'entreprise qui regroupe
en sein, l'ensemble des charges et des produits de l'exercice. L'analyse du compte résultat permet
de mesurer les performances de l'entreprise :

- La production : le chiffre d'affaires ne correspond qu'à une partie vendue de la production des
biens et services et des marchandises vendues en l'état.

- La marge brute d'exploitation : elle a pour principal intérêt de permettre des comparaisons avec
d'autres entreprises du secteur pour apprécier la compétitivité de l'emprunteur sur son marché et
de mettre en évidence la spécificité de son activité par rapport à sa branche de rattachement.

- La valeur ajoutée : elle permet à l'entreprise de s'autofinancer.

- L'excédent brut d'exploitation : est la ressource fondamentale que l'entreprise tire de son
exploitation pour développer ses capacités de production (investir), améliorer sa trésorerie,
rémunérer les capitaux engagés (actionnaires ; préteurs). Il joue un rôle clés dans l'établissement
des prévisions de trésorerie et du tableau de financement. Il doit être suffisant pour permettre à
l'entreprise de payer ses frais financiers, d'amortir ses installations, de constituer les prévisions
nécessaires.

- Le résultat d'exploitation : est le solde disponible après déduction des dotations aux
amortissements et aux prévisions à l’excédent.

- Le ratio : « la capacité d'autofinancement nette sur la valeur ajoutée » : est un signal d'alarme
très important ; sa dégradation signifie que la compétitivité de l'entreprises sa dépendance
financière vis-à-vis de ses préteurs externes s'accroit. Son principal inconvénient résulte du fait
que certaines entreprises n'ont pas d'états financiers ou les états financiers ne sont pas certifiés

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donc peu fiables. D'où la mise en place de nouvelles méthodes pour contourner ce problème
d'états financiers.

b) LES AUTRES METHODES D'ANALYSE :

Ils comprennent généralement le rating qui peut être interne ou externe.

• LE RATING EXTERNE :

Elle a une estimation du risque de titre de créances émis par une entreprise. Elle évalue la
possibilité de paiement des intérêts et le remboursement du principal des dettes. Les principales
agences des notations sont Moody's, Standard and Poor's, Dull & Phillip et Fitch. Ces notations
offrent une information rapide permettant d'évaluer le degré de risque pour le crédit à octroyer.

• LE RATING INTERNE :

Elle s'inspire du rating externe avec quelque fois le même système de notation ou une notation
avec correspondance par rapport au système des agences.

L'analyse du risque de crédit relève dicte à la banque les politiques à mettre en place dans la
gestion. Il convient de noter que ces analyses ne se font pas isoler, elles participent à une
combinaison dans la plupart des cas. Celle-ci a pour but d'affiner et d'avoir une meilleure
visibilité du risque encouru devant l'octroi du crédit.

En général, l'intérêt d'évaluer le risque de crédit d'un emprunteur (entreprise ou particulier) est
surtout de savoir si celui-ci est solvable ou s'il est capable de faire face à ses engagements envers
les créanciers (notamment les banques).

Il ne s'agit pas d'évaluer tout simplement et de laisser le libre cours au crédit (amortissement
naturel), mais il s'agira de mettre en place des outils de suivi permanent de ce risque de crédit et
de son impact dans le cadre de la politique de gestion. La mesure du risque de crédit surtout sur
l'entreprise est donc un enjeu important, qu'il s'agisse des besoins traditionnels ou des besoins
émergents générés par les nouveaux instruments comme les emprunts obligataires, l'émission
d'action, etc. C'est ainsi que les banques doivent disposer des outils de gestion fiables et encore
plus fortes dans la période actuelle de montée du risque de crédit, et surtout de faire face aux
documents (comptes, bilan, etc.) douteux ou falsifiés par certaines entreprises présentés lors de la
demande du crédit.

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Chapitre I.2: La gestion du risque de crédit

Introduction du chapitre I
Les métiers de la banque, qu’il s’agisse des activités de la banque de détail ou des activités de la
banque d’investissement, sont générateurs de risques, sui sont aujourd’hui particulièrement
importants en raison des transformations qui ont affecté l’économie mondiale (concurrence
accrue dans de nombreux secteurs, ouverture croissance sur l’extérieur, forte volatilité des
variables financière, etc.). L’insuffisance de maîtrise de ces risques, pourrait entraîner des pertes
affectant la rentabilité et les fonds propre de la banque.

La gestion des risques est donc très importante pour les banques, car elle leur permet de
surveiller les risques afin de se protéger contre tout évènement aux conséquences néfastes.

Tout au long de ce chapitre, nous traitons de la gestion des risques de crédit bancaire. Donc, il
sera composé de trois sections à savoir : La première nous permettra de présenter les généralités
sur les moyens de se prémunir du risque de crédit, la deuxième sera consacrée à la prévention du
risque de crédit, et la troisième constituera à la gestion interne et externe du risque de crédit
bancaire.

Section 1: Généralités sur les moyens de se prémunir du risque de


crédit
Suite à l’étape de l’identification des éventuels risques de contrepartie sur un portefeuille, les
établissements bancaires cherchent à se prémunir au maximum avant de devoir passer à une
possible gestion curative. La gestion préventive est majeure pour les banques car elle permet de
réduire le plus possible la situation de non remboursement d’un client.

L’activité bancaire, pour parer aux défaillances des emprunteurs a mis en place des «gardes
fous » qui se présentent sous diverses formes.

En effet, le secteur bancaire a réfléchi sur les documents ayant une valeur juridique, des garanties
réalisables permettant de recouvrer au moins une partie de la créance, une assurance-crédit (sous
régionale ou internationale) pour compléter cette garantie.

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Cette section nous permettra de cerner les contours des moyens de se prémunir des risques de
crédit dans trois paragraphes que sont :

- Les supports à exiger dans l’administration du crédit.

-Les garanties pour se prémunir du risque de défaillance

- Les clignotants permettant de détecter les risques de crédit.

A. les supports (documents)

Un ensemble de document accompagne le crédit tout au long de sa vie. Ces supports alimentent
aussi une banque de données pour de futur renouvellement du dit crédit ou pour une autre forme
de concours que l’entreprise sollicitera auprès de la banque.

Ces documents constituent une liasse très utile pour la mise en place de base de données comme
celles faites par la banque de Maroc.

Nous allons tout le long de ce paragraphe développer une présentation des documents les plus
importants dans le dossier du crédit.

1- La convention du crédit

C’est un document élaboré par la banque dans lequel elle explique les modalités du crédit. Elle a
une valeur de contrat car le client après avoir pris connaissance du dit document doit approuver
afin de lui donner toute son essence juridique.

2- Assurance-crédit

L’assurance-crédit a pour objectif d’apporter des réponses concrètes pour des questions relatives
à la prévention et gestion du risque d’impayé, au recouvrement des créances en souffrance, à une
indemnisation rapide. En effet, pour trouver la solution adéquate au besoin spécifique, les
compagnies d’assurance ont réfléchi à divers formes d’assurance : l’assurance-crédit dans ce cas
l’assureur prend une position qui se rapproche de celle de la caution moyennant le versement
d’une prime à la charge de l’emprunteur et l’assurance incendie qui permet un dédommagement
en cas de destruction, de dégradation ou du vol d’un des biens de l’entreprise qui peut servie de
suretés.

Les uns comme les autres permettant en général de garantir :

-Le paiement des créances impayées issues de procédures collectives,

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-l’indemnisation des impayés qui pourraient la mettre en péril (impayés exclusivement pouvant
entrainer des dépôts de bilan),

-Le recouvrement des sommes prêtées à des entreprises,

-ETC.

Les formules sont nombreuses. Devant un prêt la banque fera d’abord un briefing des risques et
cherchera à y rattacher une assurance qui lui permettra de recouvrer ses fonds.

locales de ressources à long terme ( ligne de crédit), de garanties de risque politique et de


formation en analyse de risque, il existe une technique d’incitation à l’attribution de crédits à
moyen terme, encore peu développée, qui consiste à « partager » avec une institution financière
le risque commerciale de défaut de ses débiteurs par l’octroi de garanties partielles.

Elles viennent en sus des garanties classiques. Et vu l’importance des montants demandés les
banques peuvent recourir à des organismes qui font fonction de garantir les prêts des grands
ouvrages comme le financement des infrastructures, des centrales électriques, etc.

Dans cette partie donc nous présenterons les organismes qui s’expriment dans la contre garantie
de prêts des montants importants. Ces organismes permettent :

-La garantie des prêts à moyen ou long terme destinés au financement du projet économique et
financièrement rentable.

-L’allégement des conditions d’emprunt par la bonification d’intérêt ou l’allongement de la


durée du crédit.

-Le financement des opérations spécifiques sur emprunts subventions : projets intégrateurs,
assistance technique, étude de viabilité technique et financière.

-La prise de participation dans le capital.

B. Les garanties

La politique de garanties est la réponse traditionnelle de la banque lorsqu’il s’agit de se prémunir


d’un risque à l’occasion d’une opération de crédit. Cette réponse est souvent la même et peu
originale : l’encours de crédit sur un débiteur doit être systématiquement couvert par des
garanties juridiquement organisées. Ces garanties ont pour motivation un possible non-
remboursement du crédit.

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Cette politique est généralement rendue systématique par des instructions et des règles de
décisions prises au sein de l’établissement bancaire. Un principe de couverture par des garanties
ne suffit pas en soi. Il faut que soit défini, éventuellement cas par cas. La qualité de la couverture
réclamée par rapport au crédit accordé.

Donc, elles sont les conséquences d’une situation emprunteur-préteur et permettant au créancier
de se prémunir contre le risque d’insolvabilité de son débiteur en prenant sur celui-ci des suretés.

Elles peuvent se présenter sous comme suit : les suretés classiques, et les garanties liquides.

1) Les suretés classiques :

Elles viennent se greffer pour garantir au créancier de recouvrer au moins le principal prêt.

a) Les sûretés personnelles :

Pour quelques entreprises, elles peuvent se présenter sous la forme de caution du dirigeant qui
présente un double avantage car le dirigeant va se sentir impliqué dans les activités de
l’entreprise et veillera à la réussite de l’investissement, mais également en cas de procédure
collective, la banque peut saisir directement le patrimoine du dirigent pour éviter la concurrence
des créanciers.

« Elles garantissent l’exécution d’une obligation par un débiteur, elles ont pour objectif de
consolider les chances de paiement du créancier, le prémunissant contre l’insolvabilité du
débiteur ».

Le cautionnement est un contrat unilatéral qui correspond au fait que « la personne qui se rend
caution d’une obligation se soumet envers le créancier à la satisfaire, si le débiteur ne la satisfait
pas lui-même ». La caution délimite son engagement en termes de somme et de durée avant de
formuler son engagement. Il existe deux formes de caution :

- La caution simple qui s’engage à payer à la place du débiteur après des poursuites du
débiteur par le créancier
- La caution solidaire qui s’engage à rembourser sans pouvoir exiger que le créancier
commence par poursuivre le débiteur.

 102 AYNES L (1997), Le cautionnement, édition Dalloz, page 10


 103 BERGER A.N. et UDELL G.F. (1990), « Collateral, Loan Quality, and Bank Risk », Journal of Monetary

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L’ensemble des garanties font l’objet d’un acte à condition suspensive. Il y a une part
d’évènements incertains. C’est-à-dire qu’elles ne sont utilisées qu’en cas de défaillance du
débiteur.

Les règles en matière des garanties doivent être très précises car elles nécessitent une procédure
très minutieuse et spécifique. Il ne faut cependant pas oublier que les suretés ne réduisent pas le
risque de non remboursement à zéro compte tenu de la complexité de certains dossiers, des délais
de traitement et de la qualité des garanties. Dans des situations spécifiques les sûretés peuvent
totalement être remises en question. En effet des garanties peuvent perdre une grande partie de
leurs valeurs et ne plus couvrir la créance.

b) Les suretés réelles :

La panoplie est d’autant plus large qu’il existe de suretés réelles. En effet, pour l’entreprise, la
banque sollicitera cette deuxième forme sous la formule de nantissement (fonds de commerce,
du matériel de l’entreprise,…) ou d’hypothèque de rang privilégié.

Ces suretés ont un caractère illusoire car si le débiteur est en procédure collective, le rang de la
banque va s’effriter au profit de l’état et des travailleurs de l’entreprise.

2) Les garanties liquides :

Elles sont composées de dépôts à terme et autres placements et des ordres de virement
irrécouvrables et permettent à la banque de suivre le circuit des ressources de l’entreprise pour
pouvoir très vite recouvrer le montant de son crédit.

Les garanties dans leur objectif premier auraient dû suffire pour prévenir les risques de
défaillance du débiteur mais en général elles ne satisfont pas à cet objectif. Néanmoins, elles
permettent aux entreprises d’accéder au crédit car améliorant le regard des créanciers vis-à-vis de
l’emprunteur.

C. Les clignotants
La banque peut détecter les risques plus particulièrement le risque de crédit doit analyser
l’entreprise depuis sa création jusqu’à la situation actuelle par le biais des clignotants suivants à
savoir :

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1) La présentation des comptes

L’activité économique de l’entreprise génère des mouvements des biens, de services, de moyens
de règlement dans l’entreprise et les agents économiques. Ces mouvements sont dits des flux et
répondent à une classification selon que les flux soient liés :

-à la nature :

Réel : concerne des biens matériaux et services,

Financier : monnaie ou autres moyens de règlement

-à la destination :

Externe : concerne l’entreprise dans ces échanges avec des partenaires (achat, vente,…)

Interne : concerne les échanges entre deux composantes de l’entreprise (ateliers, usine,
filiales,…)

Toutes ces opérations doivent faire l’objet d’enregistrement pour chaque partie de l’entreprise
(biens, services, ressources,…) et d’une ouverture de compte qui enregistre tous les mouvements
du dit élément (augmentation de valeur, diminution, destruction,…). A la suite de
l’enregistrement des divers flux, l’entreprise pourra générer des documents de synthèse qui
servent de présentation des comptes. Ce sont :

Le bilan

Le compte résultat

La balance

Le tableau financier des ressources et des emplois

2) Vie de l’entreprise

La vie de l’entreprise doit être étudiée pour apprécier dans la mesure où l’entreprise effectue des
échanges dans son milieu qui améliore sa situation initiale. Donc, il est important de tenir compte
de la vie de l’entreprise pour refléter à temps opportun, une nouvelle image du patrimoine.

Mais quelque fois, les banques ne l’utilisent pas car certaines entreprises ne disposent pas des
états financiers.

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3) Les informations externes

L’entreprise est régie par des réglementations juridiques, monétaires et comptables qui
accompagnent sa vie de la naissance à sa mort.

4) Fonctionnement du compte de l’entreprise dans la banque :

La banque dispose d’information sur la tenue du compte de l’entreprise. Elle examinera avec
soin les événements relatifs à la société c'est-à-dire :

- Les impayés,
- Le respect des échéances,
- Le solde moyen du compte.
5) Les autres clignotants
 La direction : un changement principalement ;
 Les associés ou actionnaires : les cessions de titres, l’entrée d’u nouvel associé, etc.
 Le décès du principal animateur de l’entreprise le cas des PME
 Les produits obsolètes ou marchés saturés
 Un changement de législation
 La défaillance du bailleur le plus important
 La perte de licence
 Le redressement fiscal
 La tendance baissière du chiffre d’affaire
 Le changement du régime
 Une tension de la trésorerie
 Une baisse de l’activité

Tous ces éléments montrent que la mesure du risque de même que sa gestion constituent des
éléments que la banque doit maitriser pour sortir vainqueur des maux liés au crédit. En effet, la
banque est confrontée à des éléments externes et internes aux entreprises at à leur environnement
qu’il lui sera assez difficile de comprendre.

C’est pourquoi tant au niveau national, qu’à l’international, de même qu’en son sein, la banque
développe des moyens de gestion qui lui permettent de minimiser les effets du risque de crédit,
tenant compte de tous les aspects (réglementaire, économique,…) de l’environnement aussi bien
interne qu’externe de l’entreprise.

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Section 2 : Réduction préventive du risque de crédit.

La réduction du risque consiste en la mise en œuvre des mesures de gestion internes visant à
réduire la probabilité de réalisation du risque et le montant des conséquences en cas de
survenance. Cette phase opérationnelle comprend deux types d’actions coordonnées.

- La réduction Préventive : La prévention vise à réduire la fréquence du risque, c'est-à-dire


sa probabilité de survenance. On cherche à éviter le risque. Il s’agit aussi bien de
procédures internes que du monitoring de la mesure du risque, en particulier pour suivre
l’évolution de la probabilité de survenance. On définit souvent des warning systèmes,
dont le but est de signaler l’augmentation d’un risque.
- La réduction curative : La protection vise à réduire le montant du sinistre maximum par
un ensemble d’actions engagées dans l’hypothèse où le risque se réaliserait. C’est une
phase active dans laquelle un train de mesures est mis en œuvre selon un calendrier
déterminé pour limiter les conséquences du risque : en réduisant ses effets directs et en
évitant un phénomène de contagion, indirect.
A. Octroi des crédits bancaires

L’octroi de crédit constitue l’activité principale des banques commerciales, qu’il s’agisse de
crédits de trésorerie ou de dettes à long terme destinées à financer les investissements. Elles sont
par nature exposées au risque de crédit.

. Procédure d’octroi du crédit bancaire

L’emprunteur présente une demande de prêt. Outre sa justification (usage des fonds), il doit
fournir un ensemble d’informations utiles à l’instruction de la demande.

Le risque de crédit est mesuré par les analystes crédit de la banque selon des méthodes
empiriques (analyse financière, grilles de dépouillement) ou par un service centralisé si la
banque applique un modèle de crédit (rating interne, modèle théorique).

Si cette mesure est toujours faite par rapport à une échelle, elle est rarement exprimée en termes
de probabilité de défaut.

Ensuite, l’analyse constitue le dossier de crédit, intégrant des éléments qualitatifs et déterminant
l’impact de l’accord du prêt, et établit une recommandation d’accord ou de refus. Selon les
délégations d’autorité de crédit, la direction des engagements, et/ou le comité de crédit, prend la
décision. Les conditions sont alors fixées : maturités, mode de remboursement et conditions

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(intérêts, commissions), tout comme les clauses du contrat. Pour réduire le risque, des garanties
sont éventuellement mises en place.

Durant toute la durée du crédit, un monitoring du risque est réalisé pour suivre l’évolution de la
situation de l’emprunteur (mesure fréquente du risque de crédit et suivi de sa tendance). Le
chargé de clientèle doit collecter en permanence toutes les informations utiles. Selon l’évolution
du risque, l’application des covenants est adaptée ; en cas de grave dégradation, les garanties
peuvent être mises en œuvre.

B. Prévention individuel du risque du crédit

Pour traiter le risque de crédit, une institution financière dispose de plusieurs outils organisés
autour de trois axes.

 Définition d’une politique de crédit

Une banque octroie des crédits à ses clients, l’ensemble constituant un portefeuille. Elle doit
donc considérer chacun des crédits au regard de son impact sur ce portefeuille et définir une
politique de crédit.

 La diversification du portefeuille des crédits réduit la concentration de celui-ci sur


quelques débiteurs. Plus les crédits sont répartis, moins la banque est en risque.
Cette diversification s’entend aussi bien en termes d’emprunteurs, de secteurs
d’activité et de zones géographiques.
 Conceptuellement, le netting de position consiste pour une banque à ajuster le
risque acheté au risque vendu. Cette compensation interne des positions peut être
bilatérale ou multilatérale. Adaptée au cas du risque de taux et de liquidité, elle
peut aussi concerner le risque de crédit sur des obligations, aboutissant alors â
bâtir des produits structurés.

 Traitement individuel des risques

L’évaluation du risque de crédit permet à une banque de mettre en place plusieurs mesures de
gestion :

- La tarification :

Il s’agit de tarifier les crédits selon le risque qu’il présente ; le spread facture doit correspondre à
une fonction croissante de la probabilité de défaut ou faillite.

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- La contractualisation :

Le contrat de crédit doit prévoir des dispositions restrictives de nature à réduire le risque de la
banque : les convenants (obligations de faire, interdictions, ratio à respecter, contrainte
d’information, etc.).

- La « collatéralisation » :

Le créancier peut demander à son débiteur de lui remettre des actifs en garantie.

En cas de défaillance de l’emprunteur, le créancier conserve les actifs servant de collatéral pour
se dédommager de la perte enregistrée. Pour la banque commerciale, il s’agit souvent d’une
sûreté réelle ou personnelle, pouvant prendre la forme d’une garantie d’une maison mère. Pour
les opérations de marché, ce sont des titres négociables ou des liquidités. La mécanique juridique
de transfert du collatéral est complexe et peut être envisagée selon différents modalités
(nantissement, caution, fiducie sûreté, etc.).

 Gestion globale du risque

Une institution financière peut engager une double stratégie de traitement du risque résiduel
généré par l’ensemble des crédits.

- La couverture interne du risque de crédit :

Elle est assurée par les dotations aux provisions techniques, volontaires et obligatoires,
constituées à chaque exercice. Elles représentent des fonds propres implicites destinés à absorber
d’éventuelles pertes liées à la défaillance

- La couverture sur le marché :

Elle peut être obtenue par l’achat de protection du risque de crédit ou le transfert des créances et
du risque associé par titrisation.

Section3 : La gestion du risque de crédit pour les particuliers :


Les crédits aux particuliers sont pour le secteur bancaire un domaine d’activité à part entière.
Pendant longtemps, l’endettement des particuliers, notamment à court terme, a paru suspect. Les
ménages dégagent traditionnellement une capacité de financement, le recours au crédit
demeurant un événement exceptionnel, comme l’achat d’un logement par exemple. Aujourd’hui
ces réticences ont disparu et les particuliers utilisent quotidiennement le crédit tant à court qu’à

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moyen ou long terme et l’endettement bancaire des particuliers est un marché en expansion
régulière qui supplée parfois opportunément la demande moins active émanant des entreprises.
Dans un premier temps, les établissements de crédit ont traité les demandes de crédits des
particuliers selon les mêmes méthodes que les demandes de crédit des entreprises. Mais le grand
nombre de dossiers à traiter, le faible montant des crédits demandés et la rapidité nécessaire de la
réponse ont conduit les banques à automatiser le traitement des demandes de crédits par la
méthode bien connue aujourd’hui dite crédit scoring.

A-L’APPROCHE CLASSIQUE :
Dans l’approche classique du risque des crédits aux particuliers le banquier analyse la capacité
de remboursement de l’emprunteur, les annuités ou mensualités de remboursement ainsi que les
intérêts ne doivent pas constituer une charge insupportable par rapport aux revenus actuels ou
futurs. L’octroi du crédit s’accompagne en outre fréquemment d’une prise de garantie que le
banquier fera jouer si l’insolvabilité de l’emprunteur se manifeste. Les particuliers demandent
deux sortes de crédits : des crédits à court terme destinés à pallier un décalage temporaire entre
revenus et dépenses et des crédits à moyen et long terme dont l’objet est le fonctionnement de
l’acquisition de biens immobiliers.

• Les crédits à court terme sont demandés soit pour financer l’achat d’un bien de consommation
précis (automobile, appareil électroménager) soit pour financer un besoin que l’emprunteur n’est
pas obligé d’indiquer En premier lieu, il convient que le montant du crédit soit en rapport avec
les revenus de l’emprunteur. La norme ordinairement retenue est un montant de crédit
représentant environ deux mois de revenus. D’autre part, l’insolvabilité de l’emprunteur peut
avoir deux origines, puisqu’il s’agit d’un décalage entre revenus et dépenses du particulier, le
risque est que le revenu futur diminue ou dis paraisse, d’où l’impossibilité de rembourser.
L’autre risque est de prêter à un client qui ne se souciera pas d’honorer ses engagements. La
malhonnêteté de l’emprunteur est un risque difficile à apprécier car le banquier ne dispose pas de
beaucoup d’éléments pour anticiper un tel comportement. Il peut cependant utiliser le fichier du
client s’il s’agit d’un client ancien et vérifier si son compte a fonctionné dans des conditions
normales. L’existence d’incidents de paiement antérieurs fréquents entraîne le refus de la
demande de crédit. Le risque d’insuffisance du revenu future est plus facile à appréhender : il
s’agit de s’assurer de l’existence et de la permanence de ce revenu. En ce qui concerne les
revenus salariaux, et ce cas le plus fréquent, les bulletins de paye permettent de vérifier
l’existence du revenu ainsi que l’ancienneté d’emploi dans la même entreprise ce qui fournit une
présomption de maintien au cours de la période suivante. Les revenus non salariaux sont plus
difficiles à évaluer. Enfin les revenus du capital ne doivent pas être négligés. Au total, trois

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éléments importants à l’occasion de l’étude d’une demande de crédit à court terme formulée par
un particulier : un montant raisonnable, un revenu existant et l’absence d’incidents de paiement.

• Les crédits à long et moyen terme Les crédits à long et moyen terme sont demandés pour
financer l’acquisition ou des travaux d’amélioration d’un logement. Leur montant est plus élevé
que celui des crédits à court terme. L’insolvabilité de l’emprunteur présente les mêmes causes
que précédemment mais l’appréciation du risque est rendue plus délicate par l’allongement de la
période du prêt, ce qui accroît l’incertitude relative au maintien du revenu pendant cette période.
Les revenus actuels salariaux et autres, sont les seuls éléments d’appréciation pour les
particuliers ne disposant pas de biens patrimoniaux. Le montant du crédit demandé est fonction
de la valeur du logement à financer mais il peut être limité par la capacité de remboursement de
l’emprunteur. En règle générale, les charges mensuelles de remboursement du crédit c'est-à-dire
le capital et les intérêts, ne doivent pas excéder 35% des revenus de l’emprunteur : un client dont
la situation professionnelle connaîtra au cours des années à venir une amélioration verra sa
capacité de remboursement s’améliorer corrélativement. A la différence des crédits à court terme
la prise de garantie est plus aisée. Le logement dont le crédit finance l’achat ou la réparation fait
l’objet d’une hypothèque au profit du prêteur. L’emprunteur contracte en outre obligatoirement
une assurance vie qui garantit le paiement des sommes à échoir en cas de décès. Au total, cette
approche repose sur l’expérience du crédit man et sur l’application de normes couramment
admises. Lorsque le nombre de dossiers à traiter est élevé et que les montants unitaires sont
faibles, l’établissement de crédit supporte des coûts élevés qu’il essaye de compenser par des
frais de constitution de dossier que le client admet difficilement. D’où l’automatisation du
traitement de ces crédits.

B-LE CREDIT SCORING :


Le crédit scoring est une technique qui s’efforce de synthétiser le risque de non remboursement
d’un crédit au moyen d’une note (score). Le problème est en effet de déceler parmi les
informations qui caractérisent un emprunteur celles qui « expliquent » le mieux sa solvabilité. A
chaque information est attribuée une pondération et la totalisation des pondérations, comparée à
une note critique préalablement définie, indique s’il faut accepter ou refuser le crédit. A ce titre,
le crédit scoring facilite la prise de décision. Pour que la technique du crédit scoring telle qu’elle
vient d’être brièvement définie, soit performante, deux conditions sont nécessaires ; les
emprunteurs doivent présenter une certaine homogénéité de comportement afin que les critères
décisionnels soient valables pour tous. D’autre part, le crédit doit également présenter une
certaine identité de montant, de durée ou objet pour que les risques encourus soient comparables.
Ces deux conditions expliquent alors que le crédit scoring s’applique tout particulièrement aux

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crédits à la consommation. A ces raison, s’en ajoutent d’autres, les crédits à la consommation
sont des crédits de faibles montant (Inférieur à 60.000dh) l’analyse de la demande de crédit ne
doit pas être trop coûteuse. Sinon le profit de la banque serait annulé. De même, les dossiers
doivent être rapidement traités, les emprunteurs désirant connaître dans un délai rapide la
réponse donnée à leur demande.

les méthodes de crédit scoring A la base du crédit scoring, on trouve en général l’analyse
discriminante qui se définit ainsi : l’analyse discriminante est une méthode statistique qui
permet, à partir d’un ensemble d’informations qui caractérisent chaque élément d’une
population, de distinguer plusieurs classes homogènes vis-à-vis d’un critère préétabli et
d’affecter tout nouvel élément à la classe à laquelle il appartient. De cette définition, il ressort
que le crédit scoring comporte deux étapes :

• la détermination des classes et des informations qui caractérisent chacune d’entre elles ;

• l’utilisation des résultats de l’analyse pour tout nouveau demandeur de crédit.

L’analyse discriminante d’un échantillon de dossiers L’analyse discriminante s’effectue à partir


d’une population constituée par un échantillon de dossiers de demandes de crédit déjà traités par
la banque. Dans cet échantillon, deux classes peuvent être distinguées aisément puisqu’il s’agit
de dossiers archivés : les bons clients qui ont remboursé leur crédit sans incident et les mauvais
clients qui, soit les ont pas remboursés, soit ont eu un ou plusieurs incidents de paiement (retard
dans le règlement des traites). Les incidents de paiement nécessitent des lettres de relance, des
visites d’agents de recouvrement, des procédures de saisie-arrêt, c'est-à-dire des coûts
supplémentaires. Le problème à résoudre est de trouver les critères qui caractérisent le mieux les
bons et les mauvais clients. Trois démarches successives sont nécessaires pour résoudre ce
problème.

• La détermination des critères de solvabilité Dans un premier temps, il faut passer à la cible
toutes les informations relatives aux emprunteurs et qui figurent dans les dossiers déjà traités.
Ces informations sont : l’adresse, la profession, l’âge, la situation familiale, le revenu, la
référence bancaire, etc. Vingt à trente informations sont généralement retenues et mises en
relation avec le fait d’être bon ou mauvais payeur. Il apparaît alors une certaine identité de
critères pour chaque classe. Plus précisément, les mauvais clients :

- n’ont pas de téléphone ;

- habitent des chambres meublées ;

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- n’ont pas de compte en banque ;

- travaillent depuis moins de six mois dans leur entreprise ;

- ont entre vingt-six et trente ans ;

- sont divorcés ou séparés ;

- ont un enfant ou plus de quatre, etc. A l’inverse, les bons clients :

- ont un téléphone ;

- sont propriétaire de leur logement ;

- ont un compte bancaire ;

- travaillent dans la même entreprise depuis plus de dix ans ;

- sont mariés et ont deux ou trois enfants, etc.

• La détermination de la note totale (ou score) Chaque critère pertinent se voit attribuer une note
qui tient lieu de pondération de son importance respective. L’analyse discriminante met en
évidence que certains critères sont lus significatifs que d’autres et permet de calculer la
pondération à attribuer à chacun d’entre eux. En additionnant pour tout élément de l’échantillon
de la note attribuée aux critères de solvabilité, on obtient une note totale. Si l’analyse
discriminante a été menée avec soin, les deux classes apparaissent clairement au sein de
l’échantillon de départ. Sur un graphique, on porte en abscisses les notes totales obtenues par les
différents clients de l’échantillon et en ordonnée on porte le nombre de clients ayant obtenu ces
notes, en prenant soin de tracer une courbe pour les bons clients et une courbe pour les mauvais
clients (les dossiers ayant été traités, ce renseignement est connu de la banque). Sur ce
graphique, les deux courbes doivent être distinctes l’une de l’autre, car les mauvais clients
obtiennent des notes plus basses que les bons clients.

Conclusion du chapitre II

Les établissements bancaires sont donc dans l’obligation de prendre des sécurités pour garantir
les engagements. En effet les risques liés aux crédits sont nombreux et la situation de l’entreprise
peut rapidement se dégrader. Avec ses techniques les banques augment leurs chances d’obtenir
un remboursement total du prêt et dans les temps. Il est compréhensible qu’un organisme ne
prête des fonds à un tiers sans avoir un minimum de sécurité pour palier des événements

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inattendus. Les banques trouvent des solutions pour gérer correctement le risque de contrepartie
pour ne pas engager directement une gestion curative souvent longue et couteuse.

Conclusion de la partie I

Comme nous avons pu le voir dans cette première partie théorique de la gestion du risque de
crédit, la maitrise du risque de contrepartie est un enjeu majeure pour les banques. Il est
inconcevable qu’un établissement de crédit ne focalise pas son attention sur un risque qui occupe
au moins trois quart des menaces sur ses portefeuilles. Les établissements de crédit ont un réel
intérêt à avoir des cellules du risque efficace pour limiter les pertes temporelles et financières en
assurant la pérennité de l’activité de crédit.

Notre premier chapitre se concentrer sur les notions de crédit et de risque bancaire avant de
présenter la classification des crédits selon leur nature et les différents types de risque. Donc
l’objectif de ce chapitre est de proposer une revue sur la pédagogie de l’analyse du risque de
crédit bancaire.

Le second chapitre s’oriente sur la gestion préventive du risque de contrepartie. Gestion regroupe
l’ensemble des techniques bancaires utilisées pour anticiper le plus possible l’apparition du
risque. Cette pratique a son importance car il semble bien plus aisé de gérer une menace qui n’est
pas encore apparue ou qui va apparaitre, que de devoir trouver des solutions lorsque le risque est
déjà survenu.

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Conclusion générale

Dans notre économie capitaliste, les établissements bancaires sont de plus en plus confrontés à la
logique du capitalisme actionnariale. Les banques poursuivent une stratégie permettant de
générer une forte rentabilité à court terme pour rémunérer les actionnaires. Ce sont désormais les
marchés qui dictent majoritairement les intentions sur les orientations des établissements de
crédit.

Dans cet environnement qui ne cesse d’évoluer, les banques ont dû s’adapter pour rester
compétitives. La gestion des risques de crédit occupe ainsi une place essentielle dans le bon
fonctionnement bancaire car si des incidents voient le jour, la survie de l’établissement peut être
engagée.

L’ensemble des acteurs bancaires ont fait des progrès pour assurer de bonne capacité financière à
long terme afin de développer la profitabilité et la pérennité du secteur. Il est à présent nécessaire
que les établissements de crédit puissent traiter rapidement et efficacement les données qui sont à
leurs dispositions pour gérer les risques de crédits. Il devient alors important que les banques
prennent conscience de la composition de leurs portefeuilles, afin d’analyser les différentes
variables de rentabilité ou de risque pour mener des politiques adaptées.

Désormais la question de la performance et des plus-values sur l’activité de crédit sont au cœur de
la gestion des établissements bancaires. La réglementation et la concurrence intense ont obligé
les banques à réformer en profondeur les filières de gestion du risque. La compétence majeure
que les établissements de crédit doivent développer en continue se caractérise par l’adaptabilité.
Les banques qui sauront anticiper et évoluer dans leurs environnements pourront saisir des
opportunités au détriment des autres. Il ne suffit plus d’être passif pour survivre dans le secteur
bancaire mais d’être le plus proactif.

Ce mémoire permet donc d’avoir une vue d’ensemble sur la gestion du risque de crédit au sein
des établissements bancaires. Des éléments positifs ont été décelés, ils devront être maintenus et
renforcés pour assurer la performance des banques. Cependant des points négatifs sont apparus,
ils devront être impérativement corrigés pour ne pas nuire à l’activité. A la fin de ce projet les
banques peuvent ainsi faire un constat sur l’efficacité de leurs gestions des risques et mener des
mesures correctrices par rapport aux différentes recommandations formulées. Chaque banque a
une politique de crédit très précise et ses conseils ne pourront pas convenir à toutes les stratégies

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de prêt. Le secteur bancaire toujours en grande mutation n’est pas prêt de s’arrêter. De nouvelles
techniques de gestion voient le jour pour que les banques puissent s’adapter à ces changements
importants tout en restant efficaces.

Dans quelles mesures l’activité de crédit traditionnelle va-t-elle être modifiée par la révolution
des nouvelles sources de financement, banques en ligne, crowdfunding, les business angels, les
marchés financiers ?

Dans quelles mesures les banques vont favoriser leurs financements sur les marchés financiers au
détriment de l’activité traditionnelle compte tenu de la conjoncture ?

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