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Outils pour le projet

Poutre continue d’inertie variable

Application n° 6

Ponts construits en encorbellement et compléments

En introduction est traité le calcul des effets d’un gradient thermique sur une poutre d’inertie variable. Une
méthode en est déduite pour le calcul des moments de clavage des ponts construits en encorbellement ainsi
qu’une variante pour le calcul des coefficients de la formule des 3 moments.

Enfin on aborde le calcul des courbes enveloppes de l’effort tranchant et des contraintes de cisaillement.
.

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1ere Partie

1) Gradient thermique sur une poutre d’inertie variable

Les cas de chargement thermique sont définis par une variation de température uniforme entre l’extrados et
l’intrados de la poutre. Lorsque la hauteur est variable, les rotations sur appui d’une travée isostatique sont alors
obtenues à partir des intégrales suivantes

Le plus souvent les variations de hauteur sont d’allure parabolique par demi-travée

Le cas le plus courant étant

Dans ce cas, les intégrales correspondantes peuvent être déterminées de manière analytique

Ces expressions ne sont pas définies lorsque mais on peut les prolonger par continuité puisque

Pour on écrira donc comme on pouvait s’y attendre pour une poutre de hauteur constante

Examinons maintenant le cas d’une travée constituée de deux parties de hauteurs variables de manière
parabolique mais de longueur et de caractéristiques différentes (usuellement les deux hauteurs seront
identiques mais cela n’est pas nécessaire pour établir les expressions suivantes)

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A partir des intégrales suivantes

En décomposant les moments et on vérifie

2) Moments de clavage d’une travée de poutre continue

Les charges à prendre en compte après le clavage sont :

- Le retrait de ’équip ge mobile (deux charges concentrées ascendantes aux extrémités du


voussoir de clavage)
- L’effe de la prise du béton (deux charges concentrées ascendantes aux extrémités du
voussoir de clavage et une charge uniforme sur la longueur de ce voussoir)

En pratique il sera commode de décomposer ce chargement de la manière suivante :

- Une charge concentrée ascendante au milieu du voussoir de clavage


- Une charge concentrée descendante au milieu du voussoir de clavage et deux charges
concentrées ascendantes aux extrémités du voussoir de clavage
- Deux charges concentrées ascendantes aux extrémités du voussoir de clavage et une
charge uniforme sur la longueur de ce voussoir

L’effe du premier chargement est nettement plus important que celui des deux autres car la longueur du
voussoir de clavage est normalement assez petite vis-à-vis de la longueur de la travée. Et son calcul est
relativement simple car le milieu du clavage est un point de maillage naturel correspondant au raccord
des variations de la hauteur de la poutre et de ’ép isseur du hourdis.

Les deux autres intégrales peuvent évaluées rapidement car les variations d’i er ie sur la longueur du
clavage sont pratiquement négligeables : on peut donc procéder comme si la poutre était d’i er ie
constante. Les tempéraments anxieux pourront toujours établir une expression plus rigoureuse mais ce
’es vraiment pas nécessaire dans le cadre d’u pré dimensionnement.

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Nous déterminerons donc les intégrales de Mohr suivantes

Segment

Segment

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Calcul et

A partir des expressions ci-dessus on en déduit par exemple pour

Ce qui donne

Le calcul de peut être effectué de la même manière

Négligeant la variation d’i er ie sur la longueur du voussoir de clavage on trouvera pour les deux termes
complémentaires

3) Coefficients de la formule des 3 moments

Les coefficients , et de la formule des 3 moments peuvent être déterminés de la même manière.

On trouvera

Il peut être préférable de déterminer les intégrales I0 I1 et I2

4) Formule des 3 moments – une seule travée chargée

Dans le cas où seule la travée d’indice « i » est chargée les seuls termes non nuls du second membre des
équations canoniques sont et et les équations correspondantes sont les suivantes

Comme tous les autres termes du second membre sont nuls ont peut écrire

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On en déduit

C'est-à-dire

La solution peut s’exprimer sous la forme suivante

Ces équations peuvent être utilisées dans le cas d’une travée de rive.
- En rive gauche

- En rive droite

5) Clavage d’une travée intermédiaire

Usuellement les clavages sont effectués à partir des travées de rive. Le clavage des travées de rive ne fait pas
apparaitre de moment hyperstatique : il s’agit d’une seule travée isostatique.

Phase 1 – mise en place de l’équipage mobile et poids propre du voussoir de clavage

A ce stade, il s’agit d’un moment isostatique, le moment sur appui de chacune des consoles étant équilibré soit
par la continuité des travées déjà clavées soit par l’encastrement provisoire du fléau sur la pile.

Phase 2 – enlèvement de l’équipage mobile et durcissement du béton

La poutre est maintenant continue avec d’un coté les travées déjà clavées et de l’autre l’encastrement provisoire
sur une pile. Cet encastrement provisoire et la pile elle-même ont une souplesse dont la connaissance n’est pas
nécessaire pour établir l’enveloppe des moments lors du clavage car la part de moment qui resterait dans
l’encastrement provisoire à l’issue de cette phase sera annulée lors de l’étape suivante.

On traite donc cette phase comme si la poutre était :

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- Continue à gauche et sur appui simple à droite dans le cas d’un clavage depuis la travée de rive gauche
(clavage hyper-iso)
- Sur appui simple à gauche et continue à droite dans le cas d’un clavage depuis la travée de rive droite
(clavage iso-hyper)

Phase 3 – libération du fléau

La superposition des moments obtenus lors des phases 1 et 2 donne un moment évidemment non nul sur
l’encastrement provisoire. La libération du fléau consiste à supprimer cet encastrement. Pour les valeurs du
moment après cette opération il faut donc appliquer sur l’appui concerné un moment opposé au moment
isostatique de la phase 1

Dans le cas d’un clavage hyper-iso

Et pour

Dans le cas d’un clavage iso-hyper

Et, pour

Ce cas n’est pas à considérer pour le dernier clavage (hyper-hyper) puisqu’il n’y a alors plus d’encastrement
provisoire.

6) Précontrainte extérieure

Le tracé du câble de précontrainte extérieure sur un demi-fléau peut être en première analyse représenté par deux
segments de droite : un de chaque coté du déviateur.

Les coordonnées sont données par rapport à la fibre supérieure de la poutre. Il est commode d’introduire le point
noté pour écrire l’équation du tracé sous la forme suivante

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On vérifie

La détermination des rotations en extrémité de travée fera intervenir les intégrales suivantes

On posera

De la sorte

7) Intégration parabolique et formule de Simpson

Les câbles de fléau sont ancrés en tête de chaque voussoir et, si les câbles éclisses sont ancrés en milieu de
voussoir il est d’usage de ne prendre en compte leur effet qu’à partir du joint entre voussoir. Pour cette raison on
détermine les contraintes au mois à chaque joint de voussoir. Il n’est généralement pas considéré comme
nécessaire de déterminer les contraintes au milieu de chaque voussoir.

Les voussoirs courants sont généralement de longueur constante mais ce n’est pas toujours le cas. Le voussoir de
clavage est généralement plus court qu’un voussoir courant et le voussoir sur pile est au contraire plus long.

Pour déterminer les intégrales nécessaires pour le calcul des rotations on utilise généralement une méthode
numérique et le plus souvent la formule de Simpson. Dans notre cas il est prudent d’examiner l’incidence des
variations de longueur des intervalles.

Trois points distincts permettent de définir une parabole.

L’équation de la parabole est

En posant

On trouve

Ce qui permet de déterminer les intégrales

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On trouvera respectivement

Lorsque les longueurs sont égales on obtient

On notera que :

Intégration sur n intervalles égaux :

- Lorsque n est pair on utilise la formule ci-dessus pour tous les intervalles groupés deux par deux

- Lorsque n est impair on peut utiliser la formule des trapèzes ou la formule pour le dernier intervalle.

Lorsque les valeurs intermédiaires de l’intégrale sont demandées on pourra écrire :

- Pour le premier intervalle

- Pour le second on pourra écrire au choix

- Pour le dernier intervalle il n’y a pas de valeur et seule la 1ere formule est théoriquement possible
mais on peut noter que la 2eme peut donner un résultat correct en prenant si

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2eme Partie

1) Etude d’un fléau

Les caractéristiques du fléau sont déterminées en fonction des lois de variation de la hauteur et de l’épaisseur du
hourdis inférieur à partir des méthodes utilisées dans l’application numéro 4. Dans le cas du pont de GIERS
(application BP n° 20) les données sont les suivantes

La valeur de b correspond ici à la moitié de la largeur du tablier.


Dans une feuille distincte ou non on constitue le tableau des coordonnées des points de contour, dans le cas
suivant ce calcul est fait pour les deux sections sur appui et à la clé.

Un graphique permet de valider le calcul des points de contour à partir des paramètres du fléau.

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0
-7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7
-1

-2

-3

-4

-5

-6

Les points de contour étant obtenus, on trouve les caractéristiques mécaniques d’une section arbitraire, par
exemple la section sur appui, et on constitue une table de données pour connaitre leurs variations sur la longueur
du fléau.

La table de données est établie pour 21 points régulièrement espacés, ce qui permet de disposer d’un nombre de
points suffisant pour déterminer les expressions polynomiales de l’aire, du moment statique et du moment
d’inertie par rapport à la fibre supérieure.

Il est recommandé d’examiner, en fonction des degrés n de la variation de hauteur et m de la variation


d’épaisseur du hourdis, le degré de ces polynômes comme cela est suggéré dans l’application n°4. Ici n=2 et m=1
et on en déduit que :

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- L’aire est un polynôme de degré 2
- Le moment statique un polynôme de degré 4
- Le moment d’inertie un polynôme de degré 6

Ces polynômes peuvent être déterminés par régression linéaire. On définit ainsi les champs suivants

- I25:N25 degrés des polynômes retenus


- M26=DROITEREG(I3:I23;H3:H23^(3-M25:N25)
- K27=DROITEREG(J3:J23;H3:H23^(5-K25:N25)
- I28=DROITEREG(K3:K23;H3:H23^(7-I25:N25))

En complément de ’ ire du moment statique et du moment d’i er ie on a également recherché un


ajustement polynomial pour ’i verse de ’i er ie et deux autres grandeurs qui permettront de déterminer
les rotations isostatiques sous ’effe des câbles éclisses et des câbles extérieurs.

Les polynômes constituent ici une approximation des fractions rationnelles correspondant aux expressions
exactes. Le choix du degré de ces polynômes est arbitraire : d’ici que le degré peut être adapté en examinant la
correspondance entre les valeurs exactes et les valeurs ajustées.

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A titre d’exemple pour l’inverse de l’inertie le graphique ne permet pas de distinguer les deux expressions

0,18

0,16

0,14 1/Igx
0,12 Aju

0,10

0,08

0,06

0,04

0,02

0,00
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2

On pourra vérifier que c’est également le cas des deux autres ajustements.

Les expressions polynomiales permettent de déterminer facilement :


- Les coefficients a, b et c de la formule des 3 moments
- Les rotations isostatiques sous l’effet des câbles éclisses et des câbles extérieurs

Par exemple, pour la formule des 3 moments :

- I36=H4 (pas d’i égr io


- I37=I36*SOMMEPROD(S3:S23;N3:N23)/3 (intégrale I0)
- I38=I36*SOMMEPROD(S3:S23;N3:N23;H3:H23)/3 (intégrale I1)
- I39=I36*SOMMEPROD(S3:S23;N3:N23;H3:H23^2)/3 (intégrale I2)

La détermination des coefficients a, b et c est effectuée à partir des formules ci-dessus qui sont utilisables
que la travée soit ou non symétrique. Ce calcul sera effectué dans un autre fichier.

2) Précontrainte de fléau

La feuille ‘Travées’ est tout à fait similaire à celle de l’application n° 3

On détermine tout d’abord les longueurs de chaque travée, à l’aide de la fonction SOMME.SI

- C4 =SOMME.SI(INDEX(Xdat;0;4);A4;INDEX(Xdat;0;3))

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Les coefficients a, b et c sont déterminés par sommation sur les travées sachant que et

- F4=SI(C4=0;"";SOMME.SI(Donnees!$D$4:$D$16;Travées!A4;Sn_2))
- E4=SI(C4=0;"";SOMME.SI(Donnees!$D$4:$D$16;Travées!A4;Sn_1)-F4)
- D4 =SI(C4=0;"";SOMME.SI(Donnees!$D$4:$D$16;Travées!A4;Sn_0)-2*E4-F4)

Le calcul des coefficients et ainsi que celui de la matrice inverse des équations canoniques ne posent pas de
difficultés.

La position des foyers est déduite immédiatement des coefficients focaux.

Pa contre, la position et l’amplitude des maxima par travée pour un couple unité sur appui de droite ou de gauche
ne peuvent être obtenus qu’en établissant les équations de la déformée de chaque travée rendue isostatique et
soumise à un couple unité sur appui. C’est ce qui a été fait dans le cadre de l’application n° 3.
La seule différence est ici que ces déformées sont définies sur chaque segment par des polynômes de degré 6.

3) Flèches « isostatiques »

Le moment est linéaire et il convient donc de déterminer la valeur de dans l’intervalle d’indice k

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